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SANTE DE L’ENVIRONNEMENT-SANTE DES POPULATIONS

Déclaration de Monsieur Ousmane KONE, Ministre de l’Environnement, de


l’Assainissement et du Développement Durable de la République du MALI

L’environnement influe sur l’état de santé de la population et la plupart des


maladies sont jugées être d’origine environnementale.

Les activités agricoles, industrielles, minières et artisanales bien que bénéfiques


sur le plan économique génèrent des polluants qui peuvent contaminer les
matrices environnementales (l’eau, le sol et l’air). Les aliments sont également
sujets à des contaminations.

Les projets de développement comme les aménagements hydro-agricoles, les


mines et les routes peuvent créer des biotopes favorables à la prolifération des
vecteurs de maladies comme le paludisme et les bilharzioses.

A l’échelle familiale, nous générons des polluants à travers les ordures


ménagères, les eaux usées, les excréta et la pollution de l’air intérieur.

En milieu urbain, la pollution de l’air extérieur induite par les transports et


l’incinération des déchets en plein air combinée avec les conditions climatiques
(harmattan) devient de plus en plus préoccupante.

La détérioration de la qualité de l’environnement couplée à des


comportements et pratiques d’hygiène défavorables sont à l’origine des
maladies comme le paludisme, les affections broncho-pulmonaires, les
diarrhées et les intoxications.

Cette dégradation de l’environnement affecte la qualité des écosystèmes où


l’on tire la plupart de nos ressources naturelles que sont les ressources en eau,
la faune et la flore.

Les changements climatiques donnent une nouvelle dimension à la


problématique en exacerbant les menaces sur la santé et l’environnement.

Parmi ces menaces, on pourrait citer : la sècheresse, les inondations, la perte


de la biodiversité, la déforestation, la perte des terres arables, conduisant à la
diminution des rendements agricoles et occasionnant des problèmes de

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sécurité alimentaire. La malnutrition qui en résulte affecte particulièrement les
enfants de 0 à 5 ans et constitue un problème majeur de santé publique.

Face à ces défis, le Mali a signé et ratifié la plupart des conventions, accords et
traités internationaux régissant le lien entre la santé et l’environnement. Il s’est
également doté d’une législation forte pour prendre en charge ces questions.

Fidèle à ses engagements internationaux en matière de développement


durable, le Mali a signé à Libreville le 29 août 2009 « La Déclaration de
Libreville sur la Santé et l’Environnement en Afrique ».

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette la déclaration, il a élaboré et adopté


un document d’Analyse de la situation et estimation des besoins (ASEB) en
santé et environnement et un plan d’action national conjoint en santé et
environnement (PANC).

Il ressort de l’analyse de la situation de base en matière de santé et


environnement que les principaux facteurs de risques environnementaux sont
non seulement d’ordre naturel tels que les inondations (perte de 5,9 millions
Euros en 2003), la sécheresse, l’érosion, l’ensablement, l’invasion acridienne,
mais surtout d’ordre anthropique comme la dégradation des berges, la
déforestation estimée à environ 100 000 ha/an, la prolifération des plantes
aquatiques, la pollution des eaux, la pollution de l’air , la pollution du sol, la
prolifération des vecteurs de maladies, les déchets, le changement climatique,
la perte de la biodiversité et les contaminations alimentaires.

Les conséquences de ces différents éléments sur la santé se traduisent par une
augmentation de l’incidence des maladies à transmission vectorielle, les
infections respiratoires aigües ; les maladies diarrhéiques ; les intoxications, les
maladies cardiovasculaires et la malnutrition.

L’étude a également abouti aux constats suivants :

- l’absence de textes juridiques spécifiques régissant le lien santé et


environnement;

- l’inexistence d’un mécanisme formel de coordination intersectoriel pour la


santé et environnement ;

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- la faible prise en compte des questions des liens entre santé et
environnement dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté qui est le
cadre de référence des politiques du Gouvernement ;

- l’inexistence d’agenda de recherche sur la santé et environnement ;

- l’insuffisance de ressources humaines spécialisées en santé et


environnement ;

- l’inexistence d’un mécanisme de coordination des systèmes de surveillance de


l’environnement et de la santé ;

- l’inexistence d’un mécanisme d’évaluation conjointe de santé et


environnement ;

- l’absence d’indicateurs nationaux globaux pour le suivi et l’évaluation des


programmes de santé et environnement;

- la faible prise en compte des aspects santé et environnement dans les


rapports nationaux sur l’état de l’environnement ;

- l’inexistence d’une législation exigeant la pratique de l’évaluation de l’impact


sanitaire contrairement à l’étude d’impact environnemental et social ;

- la faible allocation budgétaire en faveur de l’environnement et de la santé.

Face à cette situation des dispositions sont en cours pour entre autres :

- l’identification des indicateurs nationaux globaux pour le suivi des


programmes de santé et environnement ;

- l’instauration de l’étude d’impact sanitaire à travers des outils appropriés


dans le cadre des études d’impact environnemental et social ;

- la dotation des structures de recherche en ressources humaines spécialisées,


matérielles et financières.

Je vous remercie.

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