Vous êtes sur la page 1sur 22

Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Introduction
Un système de communication a pour fonction d’assurer le transport de l’information
entre un émetteur et un (ou plusieurs) récepteur(s) reliés par un canal de communication. Tout
le problème de la transmission est de trouver une bonne transformation de l’information en
signal tel que le canal soit capable de le propager correctement c’est-à-dire que le récepteur
puisse trouver suffisamment d’information dans le signal reçu pour reconstituer l’information
initiale.
L’infrastructure d’un réseau, la qualité de service offerte, les solutions logicielles à mettre en
œuvre dépendent largement des supports de transmission utilisés.
Les supports de transmission exploitent les propriétés de conductibilité des métaux (paires
torsadées, coaxial), celles des ondes électromagnétiques (faisceaux hertziens, guides d’onde,
satellites) ou encore celles du spectre visible de la lumière (fibre optique). Généralement on
classe les supports en deux catégories :

 Les supports guidés (supports cuivre et supports optiques)


 Les supports libres (faisceaux hertziens et liaisons satellites)

Ce chapitre est sur deux parties, la première partie est consacrée pour l'étude des faisceaux
hertziens, et la deuxième partie est basée sur la fibre optique et la technologie WDM.

2.1 Transmission par faisceau hertzien

2.1.1 Définition d’un faisceau hertzien

Un faisceau hertzien est un système de transmission qui utilise comme support les ondes
radioélectriques avec des fréquences très élevées, il sert à transporter les données entre deux
points fixes, ce qu’on appelle liaison point à point. Cette dernière est composée de 2 antennes
émettrices-réceptrices. Les ondes radioélectriques qui se propagent entre ces deux antennes,
doivent être dégagées de tout obstacle, c'est une liaison à visibilité directe. La figure 2.1 montre
une transmission par faisceau hertzien.

Page 16
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Figure 2.1 : Transmission par faisceau hertzien.

2.1.2 Structure d’une liaison hertzienne

Une liaison hertzienne comprend deux stations terminales et des stations relais, elle est
composée d’un ou plusieurs bonds. On appelle stations relais, celles situées entre les stations
terminales. On appelle bond hertzien, la distance séparant deux stations consécutives.
Une liaison comprend généralement des stations relais actives ou passives qui permettent
d’amplifier et de réémettre le signal vers la station destinataire.
Il est nécessaire pour les faisceaux hertziens d’avoir une station relais si la distance entre les
deux points à relier est trop grande ou si des obstacles empêchent les antennes situées en ces
deux points d’être en visibilité l’une de l’autre. Dans ces situations il faut établir une liaison en
plusieurs bonds en utilisant des stations relais. La figure 2.2 montre la structure d’une liaison
hertzienne. [9]

Figure 2.2 : Structure d’une liaison hertzienne.

Page 17
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

2.1.3 Les techniques de transmissions

Dans les conditions les plus simples, un support ne peut transporter qu'un seul signal à
la fois. Le multiplexage est l’opération qui consiste à grouper plusieurs voies, attribuées
chacune à une communication, de façon à les transmettre simultanément sur le même support
sans qu'elles se mélangent ou se perturbent mutuellement. A la réception, un démultiplexage
aussi parfait que possible doit permettre de séparer ces voies et de les restituer sous leur forme
originale. La figure 2.3 montre un exemple de multiplexage de signaux numériques.

Voie n°1

Sortie avec les voies multiplexées


Voie n°2 Multiplexeur

Voie n°N

Figure 2.3 : Schéma de multiplexage des signaux numériques.


On distingue deux types de multiplexage, cités dans les sections suivantes :

2.1.3.1 Multiplexage par division de fréquence FDM « Frequency Divison


Multiplexing »

Ce type de multiplexage consiste à affecter des plages de fréquences qui ne se


recouvrent pas à chaque "utilisateur" ou signal sur un support. Ainsi, tous les signaux sont
transmis en même temps, chacun utilisant différentes fréquences. Cette technique est la
technique de multiplexage la plus ancienne. La figure 2.4 représente ce type de multiplexage.
[10]

Page 18
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Figure 2.4 : Schéma représentant la technique de transmission FDM.

2.1.3.2 Multiplexage par répartition dans le temps TDM « Time Divison


Multiplexing »
Le multiplexage TDM consiste à affecter à un utilisateur unique la totalité de la bande
passante pendant un court instant et à tour de rôle pour chaque utilisateur, ce qui permet de
regrouper plusieurs canaux de communications à bas débit sur un seul canal à débit plus élevé.
La figure 2.5 représente le multiplexage temporel. [10]

Figure 2.5 : Schéma représentant la technique de transmission TDM.

2.1.4 Les technologies de transmissions

Le réseau de transmission qui comporte les lignes de transmission et les équipements


de groupement exploite implante les technologies : PDH et SDH.

2.1.4.1 La trame MIC (Multiplexage par Impulsion Codées)

La trame MIC a été développée pour la communication temporelle des voix


téléphoniques numériques. Elle permet de multiplexer 30 voies téléphoniques, qui ont ensuite
été utilisées pour transmettre toutes sortes de données numériques (FAX, VIDEO...etc.). Cette
trame MIC permet non seulement de transmettre les 30 voies mais aussi, leur signalisation, et

Page 19
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

la synchronisation de l’ensemble des informations. Le signal entrant vers la trame doit passer
par 3 étapes, l’échantillonnage, la quantification et le codage. [10]
 Structure de la trame E1 primaire :

La trame E1 primaire est représentée à la figure 2.5.

Figure 2.6 : Représentation de la trame MIC primaire.

Une trame E1 est une fenêtre de 125 μs découpée en 32 intervalles, chaque intervalle étant
occupé par un échantillon qui dure donc environ 4 μs, cette durée étant appelée Intervalle de
Temps (IT) ou bien Time Slot. Les TimeSlots sont remplis par des échantillons de parole
arrivant à un débit de 64 Kbit/s ce qui donne 2048 Kbits/s pour une trame, car le nombre de bits
par échantillon est de 8 bits.

Les timeslots sont numérotés TS0 à TS31. TS0 est réservé à la synchronisation et TS16 est
réservé à la signalisation.

2.1.4.2 La technologies PDH (Plesiochronous Digital Hierarchy)


La hiérarchie numérique plésiochrone ou PDH est une technologie utilisée dans les
réseaux de télécommunications afin de véhiculer les voies téléphoniques numérisées. Le
transfert de données est basé sur un flux de 2048 kbit/s. Pour la transmission de la voix, ce flux
est séparé en 30 canaux de 64 kbit/s pour les données et 2 canaux de 64 kbit/s pour la
signalisation et la synchronisation. Le débit binaire du PDH se limite à 565 Mbit/s.
Le débit exact pour une voie varie légèrement autour de 2048 kbit/s. Afin d'amener plusieurs
flux de 2 Mbit/s d'un point à un autre, ils sont combinés par multiplexage en groupes de quatre.
Afin de compenser les légères différences de débit entre les flux, on utilise le bit stuffing qui
consiste à ajouter des bits inutiles aux flux plus lents ; ce qui a pour effet d’élever le débit
binaire de ces flux. Une fois tous les flux au même débit, on les multiplexe de manière ordinaire,
ce qui consiste à prendre 1 bit du flux #1 suivi d'un bit du #2, puis le #3 et enfin le #4.

Page 20
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

L'équipement émetteur ajoute également des informations permettant de décoder le flux


multiplexé. Il est ensuite possible de combiner les flux de manière hiérarchique : 4 flux de 2048
kbits/s donnent un flux de 8448 kbits/s, 4 flux de 8448 kbits/s donnent un flux de 34368 kbits/s,
et ainsi de suite jusqu’à 565 Mbits/s. [11]
Tableau 2.1 : Les niveaux hiérarchiques PDH.
E1 2 048 kbit/s
E2 8 448 kbit/s
E3 34 368 kbit/s
E4 139 264 kbit/s

2.1.4.3 La technologies SDH (Synchrono Digital Hierarchy)

La hiérarchie numérique synchrone, ou SDH, est un ensemble de protocoles pour la


transmission de données numériques à haut débit. Contrairement au PDH, les composants
émetteurs ne sont pas quasi-synchrones mais parfaitement synchrones.

Elle est utilisée pour simplifier le multiplexage temporel (en synchronisant l'ensemble du
réseau) permettant ainsi des débits plus élevés et aussi afin d'avoir un réseau flexible pour
répondre rapidement aux nouveaux besoins du marché. Elle permet également de gérer un parc
d'équipements à distance et d’offrir aux clients une qualité de service quantifiable.
Il existe différentes trames en SDH. La trame de base est appelée le STM-1 (Synchronous
Transport Module, niveau1). STM-1 a une longueur de 2430 octets. Sa fréquence de
transmission est de 125us ; ce qui nous donne un débit de : 2430*8/125=155.52 Mbit/s. Le
tableau 2.2 montre les niveaux hiérarchiques du SDH. [11]
Tableau 2.2 : Les niveaux hiérarchiques SDH.
STM-1 155.52 Mbit/s
STM-4 622.08 Mbit/s
STM-16 2488.32 Mbit/s
STM-64 9953.28 Mbit/s

2.1.5 Caractéristiques des faisceaux hertziens

On distingue cinq caractéristiques des faisceaux hertziens :

Page 21
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

2.1.5.1 LOS et N-LOS

Une liaison peut s’établir en visibilité directe (Line Of Sight – LOS) entre plusieurs
stations sur des points hauts. Elle a une portée variant de 10 à 60 km, mais la distance qui est
souvent utilisée est de 50 km. Le bon fonctionnement des liaisons FH est conditionné par les
caractéristiques des bonds radioélectriques entre les stations et par celle des antennes utilisées.
Ces bonds sont en visibilité directe donc dégagées de tout obstacle et avec des réflexions, des
phénomènes de réfraction et de diffraction négligeables. La figure 2.7 présente différents cas
de visibilité.

Figure 2.7 : Différents cas de la visibilité.

2.1.5.2 Polarisation d’une antenne

La polarisation en radiodiffusion peut être de plusieurs types définis comme suit (voir figure
2.8) :

 Polarisation verticale : le vecteur électrique est dans le plan vertical.


 Polarisation horizontale : le vecteur électrique est dans le plan horizontal.

Page 22
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Figure 2.8 : Polarisation horizontale et verticale.

2.1.5.3 Les types de modulation

Parmi plusieurs types on distingue deux modulations fréquemment utilisées dans le


domaine mobile :

 PSK=> Phase Shift Keying Le principe de cette modulation c’est de véhiculer de


l’information binaire via la phase d’un signal de référence (porteuse)
 QAM=> Quadrature Amplitude Modulation Est un schéma de modulation largement
utilisé dans les systèmes de communication moderne. Chaque symbole représente n bits
et m états : (16-QAM, 32-QAM, 64-QAM, 128-QAM)

2.1.5.4 La fréquence

La bande de fréquence est un ensemble de fréquence comprise entre deux limites. Les
bandes de fréquences qui sont exploitées par l’opérateur MOBILIS sont de 6, 8, 11, 13, 15, 18,
23, 38, 42, 60 et 80 GHz des espacements entre les canaux (Channel spacing) de 14, 28 et 40
Mhz, qui sont utilisés dans la planification des radiofréquences. Cet espacement décrit la
différence de fréquences entre des attributions adjacentes dans un plan de fréquence.

2.1.5.5 La capacité

La capacité est la quantité maximale d’information qu’il est possible de transmettre de


l’entrée vers la sortie du canal. Elle dépend du type de modulation utilisé et du channel spacing :

Page 23
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

 Le type de modulation (QAM) : MOD = 2ˆn QAM


 Le chanel spacing (Espacement de canal) :
CS = (7 Mhz ; 14 Mhz ; 28 Mhz ; 42 Mhz ; 112 Mhz. . .)

La capacité est donc :

Capacité = n×CS [Mbps]

2.1.6 Les équipements d’un faisceau hertzien


Le réseau de transmission comporte plusieurs constructeurs d'équipements dont les plus
utilisés sont Ericsson, ZTE, et HUAWEI. Ces équipements sont utilisés soit à l'intérieur du
shelter (maisonnette servant d’abri pour les équipements du réseau GSM), auquel cas ils sont
appelés IDU (Indoor Unit) ou à l'extérieur, auquel cas ils ils sont appelés ODU (OutDoor Unit).
Un faisceau hertzien contient les équipements suivants : [12]

 IDU (Indoor Unit) :

L’IDU est l’équipement qui a pour fonction globale la modulation et la démodulation du


signal qu’il reçoit, il permet de générer les trames E1 avec un débit généralement de 2Mbits/s.
Il peut être considéré en 1+0 (sans protection) ou en 1+1 (avec protection).
L’IDU (1+1) permet de générer des signaux identiques l’un en fonction normale et l’autre en
relais effectuant une commutation automatique de canaux lorsque la première liaison est
défectueuse. La figure 2.9 présente l’exemple d’un IDU.

Figure 2.9 : Exemple d’un IDU.


 ODU (Outdoor Unit) :

L’ODU est l’équipement qui a pour fonction d’émettre le signal fourni par l’IDU et de
réceptionner le signal HF. Il définit la polarisation selon la position. L’ODU, comme son nom
l’indique, est placé à l’extérieur du shelter. La figure 2.10 présente l’exemple d’un ODU.

Page 24
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Figure 2.10 : Exemple d’un ODU.


 Parabole ou antenne FH :

C'est un dispositif qui réalise la transformation d'une onde électrique en une onde
magnétique en vue de sa propagation dans l'espace. La transformation inverse est aussi réalisée
par le même dispositif. C'est donc un dispositif réciproque.

Figure 2.11 : Antenne FH.


 Câble de fréquence intermédiaire IF :
Il s’interface entre l’IDU et l’ODU, il véhicule le signal de fréquence intermédiaire issu du
modem.

Figure 2.12 : Cable IF.


Page 25
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

 Pylône :
C’est un support en charpente métallique sur lequel on installe toute la partie extérieure des
équipements d’émission et de réception, à savoir, les ODU et les antennes. Il peut avoir des
pattes pour son ancrage sur le toit des bâtiments.

Figure 2.13 : Pylône.

2.1.7 Configuration des liaisons hertziennes

Pour la configuration des équipements il existe deux types de configuration, la


configuration non-sécurisée et la sécurisée contre les échecs de liaisons. [10]

2.1.7.1 Configuration non sécurisée (1+0)


Dans ce cas il y a deux antennes qui fonctionnent en émission et en réception
simultanément, avec la même fréquence et la même polarisation. En cas de rupture de la liaison,
il n’existe aucune redondance pour assurer un service quelconque.

Figure 2.14 : La configuration non sécurisée (1+0).

2.1.7.2 Configuration sécurisée


Il existe divers types de configurations sécurisées :

 La configuration (1+1) :

Page 26
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

(1+1) Hot Standby Single Antenna configuration :

Cette configuration (1+1) est basée sur l’émission et la réception entre deux antennes (de même
polarisation et de même fréquence) composées de deux ODU, qui sont couplés par un hybride
(H).

Figure 2.15 : La configuration sécurisée (1+1) « hot standby Single antenna configuration »

Hot Standby – Space Diversity Double Antenna configuration (1+1) :

Dans cette configuration il y a deux antennes (même fréquence et même polarisation) dans
chaque site, l’une fait l’émission et la réception et l’autre réservée à la réception.

Figure 2.16 : La configuration securisée (1+1) « hot standby-Space diversity Double.


antenna»

«Twin path –Frequency diversity» (1+1):

Deux antennes dans chaque site fonctionnent simultanément avec différentes fréquences et
polarisations.

Figure 2.17 : La configuration securisée (1+1) Twin path –Frequency diversity.


 La configuration (2+0) : Cette configuration permet de doubler la capacité de la
liaison en exploitant un seul canal avec deux polarités (H/V).

Page 27
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Figure 2.18 : La configuration (2+0).


 La configuration (4+0) : Cette configuration permet d’avoir quatre porteuses en
exploitant juste deux canaux.

Figure 2.19 : La configuration (4+0).

2.1.8 Bilan de liaison

Avant d’installer un système de radiocommunication ou une liaison hertzienne, il est


nécessaire d’effectuer le calcul du bilan de liaison. En effet, le bilan de liaison est un outil
fondamental pour dimensionner les puissances à mettre en jeu dans un canal de transmission.
Ce calcul permet de déterminer si le niveau de puissance reçue par le récepteur sera suffisant
pour que la liaison fonctionne correctement. [13]
La figure 2.20 présente un schéma général de principe d’une liaison hertzienne :

Page 28
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Figure 2.20 : Schéma de principe d’une liaison hertzienne.


 Emetteur : Il est caractérisé par sa puissance émise, exprimée en dBm.
 Liaison émetteur- antenne émission : Elle est généralement réalisée en câble coaxial.
A plus haute fréquence (supérieure à quelques GHz), elle peut être réalisée en guide
d’onde Elle est caractérisée par son atténuation L E , exprimée en dB. Dans les petits
systèmes, où tout est intégré (Wifi, téléphone mobile, etc..) Cette liaison n’existe pas
(LE = 0dB).
 Antenne émission : Elle est caractérisée par son Gain d’antenne GE, exprimé en dBi.
 Distance d : c’est la distance entre l’émetteur et le récepteur. On peut montrer (à partir
du calcul de la sphère de l’antenne isotrope et de la définition du gain d’antenne), que
la distance entre l’émetteur et le récepteur, introduit une atténuation AEL (pour
atténuation en espace libre) égale à : 𝐀𝐄𝐋 = 𝟐𝟎𝐥𝐨𝐠 ( 𝟒𝛑𝐝/ 𝛌 ) Cette grandeur est
exprimée en dB.
 Liaison antenne réception- récepteur : Comme la liaison émetteur-antenne émission,
la liaison antenne réception-récepteur est caractérisée par l’atténuation LR, exprimée en
dB.
 Antenne réception : Elle est caractérisée par son gain d’antenne GR, exprimé en dBi.
 Récepteur : Le paramètre qui nous intéresse ici est PR, puissance reçue par le récepteur,
est généralement exprimée en dBm

Page 29
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

2.1.8.1 Expression de la puissance reçue

Pour déterminer P R, la puissance reçue par le récepteur, il suffit en partant de P E de


retrancher toutes les sources d’atténuation du signal et d’ajouter les gains d’antenne. La loi
suivante exprime le calcul du bilan : PR =PE −LE +G E −AEL +G R −LR
Remarques :
- le terme PE – LE + GE correspond à la PIRE (puissance isotrope rayonnée équivalente), au
niveau de l’antenne d’émission.
- LE et LR sont nuls si l’émetteur et le récepteur sont reliés directement à leurs antennes.

2.1.8.2 Sensibilité d’un récepteur


La sensibilité d'un récepteur est l'amplitude du signal qu'il faut appliquer à son entrée
pour obtenir à la sortie du démodulateur un rapport signal/bruit déterminé (transmission
analogique) ou un taux d’erreur donné en transmission numérique (10-3 ou 10-6).

2.1.8.3 Condition de bon fonctionnement d’une liaison hertzienne

Pour qu’une liaison hertzienne fonctionne correctement, il faut que la puissance reçue
soit supérieure à la sensibilité du récepteur. De plus, on prendra généralement une marge (on
essayera d’avoir des dB en plus) pour tenir compte des atténuations supplémentaires qui
peuvent être dues à des réflexions multiples ou à la météo (pluie, neige, brouillard, etc..)

2.2 Transmission par fibre optique

2.2.1 Transmission optique


La transmission optique consiste en une la propagation de la lumière en lieu et place de
la propagation des ondes radioélectriques et exige un support de transmission spécial, la fibre
optique.
L'information à transmettre est transportée par des ondes lumineuses guidées par la fibre
suivant le principe de réflexion. La figure 2.21 illustre le chemin emprunté par un rayon
lumineux le long de la fibre.

Figure 2.21 : Parcours d'un rayon lumineux de long de la fibre optique.

Page 30
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

2.2.2 Généralités sur la fibre optique

2.2.2.1 Définition la fibre optique


La fibre optique est un support physique de transmission de données à très haut débit
qui varie de 50 Mbit/s à 250 Mbit/s en émission et de 100 Mbit/s à 1Gbit/s en réception. Elle
peut assurer cette dernière jusqu’ à des Térabits/s, et ceci grâce à la technologie WDM.
La fibre optique peut être assimilée à un fil en verre ou en plastique très fin qui a la
propriété de conduire la lumière d'une manière guidée à des vitesses élevées sur de grandes
distances avec peu d’affaiblissement. Ce dernier peut être que de l’ordre de 0.2 dB/km à
comparer aux 15 dB/km du cuivre.
Les fibres optiques peuvent être classées en 3 catégories :
 Les fibres monomodes : elles transportent le signal sur un seul chemin lumineux. Elle
est surtout utilisée pour les très longues distances.
 Les fibres multimodes à saut d'indice : La lumière se réfléchit angulairement (en Zig-
Zag). C'est le plus courant dans les entreprises.
 Les fibres multimodes à gradient d'indice : La lumière suit une trajectoire sinusoïdale.
Elle est utilisée pour des lignes téléphoniques de moyenne portée.

Figure 2.22 : La fibre optique.

2.2.2.2 Structure de la fibre optique

La fibre optique est en composée des éléments de base suivants :


 Le cœur, milieu diélectrique intérieur, conducteur de la lumière ou sera confiner la plus
grande partie de l’énergie lumineuse véhiculée dans la fibre, d’indice de réfraction n 1.
 La gaine, qui entoure le cœur d’un milieu diélectrique, d’indice de réfraction n 2 plus
faible. Les pertes des rayons lumineux se produisent dans la gaine.
 Le revêtement de protection, qui assure une protection mécanique de la fibre.

Page 31
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Figure 2.23 : Structure d'une fibre optique.

2.2.2.3 Description d’une liaison optique

Une fibre optique est un média de transmission au même titre que le cuivre. Le cuivre
transmet l’information grâce aux électrons, pendant que la fibre optique transmet l’information
par les photons.
Pour le transport des photons constituant le signal, l’utilisation d’une fibre optique impose une
double transformation, comme l’illustré dans la figure 2.24.

Figure 2.24 : Schéma d'une liaison optique.

 Au départ, le signal électrique est converti en signal lumineux et injecté dans la fibre
optique ; le cheminement du signal est assuré par divers équipements tels que
commutateurs, coupleurs, dérivateurs, etc.
 À l’arrivée, le signal lumineux affaiblit est reconverti en signal électrique.

2.2.3 Le multiplexage en longueur d’onde WDM

A l’inverse de la technologie TDM qui n’utilise qu’une seule longueur d’onde par fibre
optique, la technologie WDM (Wavelength Division Multiplexing) met en œuvre un
multiplexage de longueurs d’onde. L’idée est d’injecter simultanément dans une fibre optique
plusieurs trains de signaux numériques sur des longueurs d’ondes distinctes. Le WDM consiste
à diviser le spectre optique en plusieurs sous canaux, chaque sous-canal étant associé à une

Page 32
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

longueur d’onde. La fibre optique se prête bien à ce type d’usage car sa bande passante est très
élevée : de l’ordre de 25 000 GHz. Elle présente donc un fort potentiel au multiplexage de très
nombreux canaux sur de longues distances.

2.2.3.1 Structure du système WDM

Le système de multiplexage par longueur d'onde (WDM) est constitué de : [11]

 OTU (Optical Transponder Unit) :

Appelé aussi transpondeurs, l’OTU assure deux tâches importantes : la première tâche
est de faire la conversion du signal gris du coté client vers un signal coloré les signaux gris
généralement ont un large spectre qui est le résultat de l’utilisation de la fibre pour un seul
signal cependant pour les system WDM la largeur de spectre est très petite.

Par exemple pour un system WDM 80 Longueur d’onde la largeur de spectre est de 0.4
nm Et c’est grâce à ̧ça qu’on pourra multiplexer de nombreuses longueurs d’onde sur une seule
fibre en utilisant unité MUX.

 OM (Optical MUX) / OD (Optical DEMUX) :

L’OM fait l’opération de multiplexage qui est la tache de fusionner plusieurs signaux
optiques avec différentes longueurs d’ondes vers une seule fibre pour transmettre ; l’OD fait
l’opération inverse à partir d’une seule fibre on retire plusieurs longueurs d’ondes.

 OA (Optical Amplifier) :

L’amplificateur optique ou appelé aussi OFA Amplificateur `a Fibre optique est un


composant qui amplifie les signaux optiques dans les communications optiques.

 OSC (Optical Supervisory Unit) :

Le OSC est un composant passif sa tâche est de gérer et de surveiller.

Page 33
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

O O
S S
C C

Figure 2.25 : Structure du système WDM.

2.2.3.2 Modes de transmission de WDM

 Transmission unidirectionnelle :

Le système WDM unidirectionnel adopte deux fibres optiques, l’une n’implémente la


transmission de signaux que dans un sens, et un autre équipement (ADM) met en œuvre la
transmission de signaux dans la direction opposée. Ce type de système est largement utilisé
dans le monde entier. La figure 2.26 présente la transmission unidirectionnelle.

Figure 2.26 : Transmission unidirectionnelle.

 Transmission bidirectionnelle :

Le système WDM bidirectionnel utilise une seule fibre optique transmettant des signaux
optiques dans les deux directions simultanément. Les signaux allant dans des directions
opposées ont des longueurs d'onde différentes. Ce mode est généralement utilisé dans le
système DWDM pour réduire le coût. La figure 2.27 présente la transmission
bidirectionnelle.

Page 34
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Figure 2.27 : Transmission bidirectionnelle.

2.2.4 La technologie DWDM


La technologie WDM est dite DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing)
lorsqu’on regroupe plusieurs canaux de communications sur une même fibre optique, où
l’espacement est égal ou inférieur à 0.8 nm (espace inter canaux), ou lorsque plus de 16 canaux
sont utilisés. Des tests ont déjà été effectués avec des espacements de 0.4 et 0.2 nm.
Les systèmes commercialisés aujourd’hui proposent 4, 8,16, 32, 80 et même 160 canaux
optiques à 2,5 Gbit/s par canal. Les débits atteints avec de tels systèmes sont de 10, 20, 40, 80,
200 et même 400 Gbit/s.
Un système à 16 canaux de 2.5 Gbit/s, soit 40 Gbit/s, permet l’acheminement de 500 000
conversations téléphoniques simultanément sur une seule paire de fibres optiques. Il faut
également s’attendre à un accroissement du débit offert sur chaque canal qui pourrait
rapidement atteindre 10 Gbit/s.
On peut véhiculer simultanément sur une même fibre optique, de la voix dans des trames
SDH, de la vidéo dans des cellules ATM, des données dans des trames IP, etc. Le WDM est
une technologie de transport indépendante des protocoles utilisés. Elle est donc capable de
multiplexer sur une fibre optique tout ce que l’on sait faire transiter isolément sur ce type média.
[14]

2.2.4.1 L’architecture de base d’un réseau DWDM

Le réseau DWDM se compose de nœuds d’extrémité, de nœuds de commutation et de


liaisons aux fibres optiques. Les nœuds d’extrémités consistent en modulateur/démodulateurs
(ou modems) à chaque voie, ainsi qu’en multiplexeurs et démultiplexeurs servant
respectivement au groupement et à la séparation des ondes lumineuses et fréquences différentes.

Page 35
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Les modulateurs convertissent les signaux optiques en données numériques. Les nœuds
de commutation se composent de multiplexeurs et de démultiplexeurs à insertion/extraction, de
commutateurs de longueur d’onde et de convertisseurs de longueurs d’onde.
Les multiplexeurs servent à grouper les signaux de longueurs d’onde différentes à des
fins de transmission alors que les démultiplexeurs séparent ces mêmes signaux à de fins de
commutation.
Le commutateur des longueurs d’ondes interconnecte les voies d’entrée aux voies de
sortie voulues. Les convertisseurs de longueur d’onde ont pour fonction de convertir, au sein
d’une même fibre optique, les longueurs d’ondes surexploitées en longueurs d’ondes
disponibles de manière à optimiser l’utilisation des voies.
Le DWDM fonctionne généralement avec au moins 8 canaux de transmission. Il en
existe également à 16, 40 voire beaucoup plus rarement 96 canaux. Avec les fibres existantes,
il est possible de multiplier le débit par 17, ou même par 42, sans avoir à investir lourdement
dans de nouvelles infrastructures. La figure 2.20 présente les principales composantes d’un
réseau DWDM. [14]

Figure 2.28 : Principales composantes d’un réseau DWDM.

Page 36
Chapitre 2 Généralité sur les faisceaux hertziens et la fibre optique

Conclusion

Dans ce chapitre nous nous sommes intéressées à l'étude de l'évolution des technologies
de transmission utilisées dans les réseaux de transport afin de bien comprendre le
fonctionnement des systèmes à planifier. Nous avons présenté en premier lieu quelques
généralités sur les faisceaux hertziens, nous avons donné une vue d’ensemble sur la
transmission par faisceaux hertziens ainsi que les différentes techniques et les technologies de
cette dernière. Ensuite nous sommes passées au réseau de transport optique, en commençant
par quelques généralités sur la fibre optique en citant ses catégories, puis la technologie
WDM/DWDM et son importance.
Une bonne connaissance des communications, que ce soit sans fil ou filaire permet aux
opérateurs de bien gérer les ressources, de faciliter l'évolution de leur réseau en intégrant des
techniques plus performantes.
Après avoir vu toutes les informations essentielles concernant les deux supports de
transmission (fibre optique et faisceau hertzien) qu'on va les utiliser dans le prochain chapitre,
nous pouvons maintenant passer à la partie pratique du notre mémoire où on va manipuler et
utiliser un logiciel de simulation, nous détailleront ça dans le chapitre qui suit.

Page 37