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En conclusion, le système fiscal marocain qui n’est ni simple, ni efficace, ni équitable, ou si

peu… Le bilan de la réforme fiscale des années 80 reste finalement bien loin des objectifs
tracés.

Certes, ce dernier continue pour l’instant de produire des recettes, et quelquefois même
assez pour susciter bien des méprises. Mais outre les faits et les analyses développés tout
au long de la première partie de ce travail, il nous faut ajouter ici que l’évolution récente a
tout l’air d’une véritable fuite en avant. Car chacun sait bien que le pseudo « bon
comportement » des recettes fiscales de ces derniers temps n’est qu’une dangereuse
illusion.

 « Le Maroc est le pays le plus inégalitaire d’Afrique du Nord » : tel est le constat
implacable fait par l’ONG OXFAM, L’expertise plaide pour une fiscalité plus équitable et
établit par la même un constat précis et consistant des inégalités de richesses qui déchirent
le pays.  

Une chose est sûre ce constat est tombé à point nommé alors que le gouvernement a déjà
lancer, en 2020 à Rabat, des troisièmes assises de la fiscalité sous le thème de l’ « équité
fiscale ». L’objectif déclaré de cette entreprise à terme étant de fournir aux politiques, une
base de travail pour l’élaboration d’un projet de loi-cadre (2020-2024) visant la réforme du
système fiscal. 

Pour l’anecdote, la préparation de ces assises de la fiscalité a été confiée à Mohamed


Berrada, économiste et ex-ministre des Finances, durant les années 1980.

En 1988, le jeune ministre libéral, avait accusé à l’époque le patronat de défendre des
rentes de situation, en s’opposant à la libéralisation du commerce.

Trois décennies après (c.à.d. en 2018), cet homme est appelé, cette fois-ci par le roi
Mohammed VI pour empêcher le Maroc de basculer dans le club des paradis fiscaux. Le
challenge est de réfléchir à une modernisation « par le haut » d’un dispositif fiscal
archaïque fondé sur les rentes et les privilèges.     

On est loin ici de la philosophie de la justice sociale qui se traduit par une redistribution
juste et équitable des richesses.

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À l’origine, l’équité fiscale a toujours été un principe fondateur des régimes démocratiques.

La légitimité de l’État dépendait ainsi de la perception des impôts en vue d’assurer les
services publics dans l’intérêt général de la collectivité.

Dans les régimes autoritaires, le système fiscal est souvent considéré comme un outil
régalien qui tend à asseoir la supériorité du pouvoir en place, notamment à travers le
financement de son appareil répressif et son train de vie luxueux.

Pour les solutions qui pourraient être envisagées, En va adopter la réponse de Mr Berrada

D’après lui une bonne réforme fiscale consiste à :

baisser les taux, de l’IR comme l’IS, tout en élargissant la base imposable. Tout cela doit
être établi progressivement, sur une période de cinq ans.

 Pour l’IS, il est impératif de garder la progressivité car elle réduit les inégalités.
 En revanche, il faut adopter le principe de la neutralité au niveau de la TVA, car les
taux multiples compliquent la vie des entreprises, qui n’arrivent pas toujours à
récupérer les taxes versées à l’État.
 Enfin, il faut supprimer la cotisation minimale, qui est, selon lui, un impôt injuste. Ce
n’est pas normal que les entreprises paient un impôt sur un résultat déficitaire.
 En parallèle, il faut multiplier les contrôles chez les entreprises qui déclarent des
déficits chaque année ! car on oublie souvent que l’impôt, c’est la reconnaissance
d’un citoyen vis-à-vis d’un État. Il n’y a pas de démocratie sans civisme fiscal.

En observant toujours, la complexité du système marocain qui est souvent critiquée,


notamment du fait du nombre d’interlocuteurs et des méthodes vieillissantes.

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Au Maroc, il y a trois centres collecteurs, la DGI, la trésorerie générale et les communes
pour les taxes locales. Pour améliorer la relation avec les contribuables, il faut de la
transparence et un système de communication fluide. L’idée est de créer un guichet unique
capable de fournir toutes les explications et de régler tous les problèmes, sans balader le
citoyen d’un service à l’autre.

Les développements informatiques sont aussi très importants, notamment pour la mise en
place de contrôles à distance, qui éviteraient beaucoup de pertes de temps et facilitent la
tâche pour les entreprises et le fisc simultanément. L’initiative du gouvernement a cet
égard a permet d’évoluer le contrôle fiscal qui a connu un grand essor cette dernières
années

Les conventions d’amnisties fiscales signées au mois de décembre 2020 comprennent


certes des avantages, mais peuvent générer également des distorsions entre les
entreprises.
La mise en place d’un nouveau service intitulé « CORRIDOR CGEM-DGI » milite en faveur
de la restauration de la confiance entre le fisc et les entreprises marocaines, obligées de
faire face aux nouveaux risques générés par la crise.
Avec la Covid-19, entrevoir une reprise économique en 2021 ne sera pas une mince affaire
et demandera plus de temps. Concernant les enseignements à tirer de cette crise,
relativement au système fiscal marocain, l’État doit accélérer la mise en œuvre des
recommandations des dernières assises fiscales en tenant compte des travaux de la
Commission royale chargée du modèle de développement.
Cette crise a démontré avec insistance l’ampleur du secteur informel (plus de 5 millions de
Marocains travaillant dans l’informel ayant bénéficié de l’aide publique Covid-19) et la
nécessité de la généralisation de la couverture sociale pour tous les Marocains, de faire
preuve d’un sens de solidarité et d’engagement collectif (État et citoyens) pour une société
plus juste et plus égalitaire; et nous espérons qu'il y aura d'autres avancées à l'avenir pour
aider notre pays à remédier à ses fragilités.

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