Vous êtes sur la page 1sur 83

Laure Zanella

AMOUR DE SOI
-
AMOUR DE L'AUTRE

Sortir des mécanismes destructeurs qui nous


mènent au conflit
pour créer un monde de Paix, en soi, et tout
autour de soi

2
INDEX

Introduction
1 – Principes de base de la Communication Non Violente
2 - Apprendre à formuler ses demandes clairement
3 – Prendre ses responsabilités
4 – Accepter les autres tels qu'ils sont
5 – Sortir des jugements
6 – Passer de l'obligation au choix
7 – Les générateurs d'agressivité
8 – Sortir des projections que nous faisons sur les autres
9 – La peur
10 – Chacun dispose de sa propre version de la vérité
11 – L'amour de soi
12 – Le négatif attire le négatif, et vice versa !
13 – Ce qui est, et l'interprétation qu'on en fait
14 – Ressources illimitées
15 – Reprendre le pouvoir sur sa vie
Conclusion
Liens utiles
Votre avis sur cet ebook

3
INTRODUCTION

De nos jours, la violence est de plus en plus présente dans nos vies, qu'il
s'agisse de guerre, d'attentats et autres crimes qu'on constate un peu partout
dans le monde, ou d'une violence plus sourde au quotidien, des pics
explicites ou non régulièrement échangés avec ceux qui nous entourent,
des insultes qu'on se jette à la figure entre automobilistes et j'en passe.

On pourrait qualifier certains de ces éléments de « petites bricoles sans


importance », mais à force d'être subies et répétées, elles ternissent notre
éclat naturel, notre joie de vivre et toute la lumière qui existe en nous.

Et comme un caillou qu'on jetterait dans la mare, le négatif que nous


lançons à un autre se répercute sur lui et risque ensuite de se répercuter sur
d'autres, puis sur d'autres encore et ainsi de suite, comme une onde de choc
qui partirait d'un point central et se propagerait à des kilomètres à la ronde.

Le fait est que le positif fonctionne exactement de la même manière,


seulement, les cœurs sont parfois tellement blessés qu'il devient difficile
d'aller dans ce sens. Nous avons tellement l'habitude de laisser nos
automatismes négatifs prendre le dessus, que nous ne savons parfois plus
comment renverser la vapeur.

Est-ce vraiment dans un monde comme celui-là que vous souhaitez vivre ?
Je suppose que non, et ce n'est pas mon cas non plus. J'aimerais vivre dans
un monde plus lumineux, plus en paix, où les rires et les échanges
authentiques seraient de la partie la grande majorité du temps, où l'entraide
et la solidarité seraient perçues comme des élans tout à fait normaux, et
puisque vous lisez ces lignes, je suppose que votre souhait pourrait aussi
ressembler à celui-là.

Peut-être que certains se disent que ce n'est pas possible, que c'est trop
tard, qu'on ne peut pas inverser la tendance.... Je suis convaincue du
contraire, seulement, pour qu'un changement effectif se produise, ce ne
sont pas les autres que nous devons faire changer, mais c'est par nous-

4
mêmes qu'il faut commencer.

Chaque jugement, chaque critique, chaque attaque qui ne sera pas lancée
évitera à ce que Miguel Ruiz appelle du « poison émotionnel » de se
répandre, aussi bien en les autres qu'en nous-mêmes.

À chaque fois que nous blessons un autre, c'est aussi à nous-mêmes que
nous faisons du mal. Je souhaite donc partager ici avec vous différentes
méthodes pratiques et concrètes qui permettront à ceux qui le souhaitent
d'aller vers le changement intérieur désiré et d'ouvrir la voie à plus de paix
et de joie dans leur vie.

Ce que vous faites, vous le faites pour vous-même bien sûr, mais cela aura
inévitablement des répercussions sur tous ceux qui vous entourent. Ces
petites graines de changement que vous allez semer en cherchant à devenir
une meilleure version de vous-même vont germer et finiront par porter de
beaux fruits.

Je vous propose donc simplement d'expérimenter, de tenter le coup, de


persévérer surtout, et de voir ce qui pourrait en ressortir pour vous.

J'ai souhaité réunir dans cet ouvrage différentes techniques accessibles à


tous ainsi que des clés de compréhension permettant de laisser aller la
colère, le ressentiment et tout ce qui nous conduit bien souvent vers des
conflits, pour laisser la place à plus de lumière et de sérénité.

Je vous souhaite de trouver à travers ces outils le bien-être et l'harmonie


que vous recherchez, aussi bien avec vous-même qu'avec ceux qui vous
entourent. Et ce que je souhaite par-dessus tout c'est que chacune de ces
petites graines de paix qui seront ainsi plantées nous permettent à tous un
jour prochain de vivre dans un monde plus serein.

Avec mes meilleures pensées


Laure

5
« Sois le changement
que tu veux voir dans le monde »

Gandhi

6
1 – Principes de base de la Communication Non
Violente

Je vous propose pour ouvrir le bal d'aborder les bases de la


Communication Non Violente, cette merveilleuse méthode créée par
Marshall Rosenberg. C'est une façon de communiquer avec les autres (et
soi-même ) qui permet d'ouvrir la porte à un échange plus vrai, plus
authentique, où on entend l'autre et où on a l'opportunité d'être entendus
nous aussi.

L'un des principes fondateurs de la Communication Non Violente (CNV)


est que derrière chaque critique, chaque jugement, chaque reproche, etc., il
y a un besoin non satisfait, les attaques extérieures n'étant que des
tentatives très maladroites d'exprimer ce besoin.

En somme, quand quelqu'un nous blâme ou nous attaque, le but de la


manœuvre n'est pas réellement de nous blesser, mais plutôt de tenter de
répondre au besoin insatisfait présent en lui. On comprendra aisément que
cette approche donnera bien souvent des résultats contraires à ceux
espérés, d'où l'intérêt d'apprendre à communiquer différemment.

Le but de la manœuvre est de faire preuve d'empathie envers l'autre, de


sortir des jugements pour se concentrer seulement et uniquement sur les
besoins qui sont cachés derrière les propos de l'autre, en faisant preuve de
bienveillance et en suivant cet élan du cœur qui est naturellement le nôtre.
L'autre bénéfice est d'apprendre à exprimer clairement ses propres
besoins, et surtout de le faire sans mettre l'autre en cause, en restant centré
sur soi, car c'est ça qui permet d'être véritablement entendu et qui évite à
l'autre d'entendre une accusation là où il n'y a que l'expression d'un besoin
personnel.

Les principes de la CNV sont faciles à mettre en pratique et un peu


d'entraînement permet d'en faire une habitude de vie extrêmement saine,

7
non seulement pour nous, mais aussi pour tous ceux qui gravitent autour
de nous.

Le quotidien nous offre bon nombre d'occasions pour mettre en pratique


cette technique, et plus on s'entraîne à être attentifs à nos besoins et à ceux
des autres, moins on tombera dans les pièges habituels de nos mécanismes
inconscients.

Prenons un exemple pour illustrer le fonctionnement de cette méthode.

Une épouse furieuse lance à son mari : « J'en ai marre de te voir vautré sur
le canapé pendant que je me démène pour que la maison soit propre et
rangée ! »

À première vue, c'est une attaque. Sans même travailler chez Météo
France, on peut voir les nuages noirs arriver et il y a toutes les chances que
cette situation ouvre la porte à une dispute ou dans le meilleur des cas, que
le mari emprunte cette même porte pour sortir de la pièce pour ne plus se
sentir agressé.

Qu'est-ce qui se passe donc du côté de Madame ?

Si on considère ses propos sous l'angle de la Communication Non


Violente, on ne s'arrête pas à ce qu'elle dit, mais on cherche plutôt à
entrevoir quels sont les besoins non satisfaits derrière sa « lance » verbale.

De quoi cette femme pourrait-elle avoir besoin ? Eh bien, elle aimerait


peut-être simplement avoir un coup de main et être soutenue dans ce
qu'elle fait, ou alors elle aimerait obtenir de la reconnaissance pour le mal
qu'elle se donne. Il peut s'agir de ça ou de tas d'autres besoins, mais tant
qu'elle ne met pas de mots clairs dessus, son interlocuteur ne pourra
qu'entendre ce qui est dit, et ce n'est pas très rose.

Au lieu d'exprimer directement ce dont elle a besoin, cette femme lance


une accusation piquante dans le but de provoquer une réaction chez l'autre,
et bien sûr, il y a peu de chances que la réaction en question soit celle
attendue et qu'elle obtienne ce qu'elle désire. Son mari se sentira sans
doute fortement piqué (sauf s'il pratique déjà la CNV :-)) et il aura encore
moins envie de participer.

8
Pour formuler une demande en utilisant les principes de la Communication
Non Violente, voilà comment procéder :

- On parle tout d'abord de ce qu'on observe, sans porter de jugement, en


faisant un simple constat des faits. Pour rester dans notre exemple,
l'amorce pourrait être celle-ci :

« Quand je te vois allongé sur le canapé pendant que je fais le ménage ... »

Il est important de veiller ici à ce qu'il n'y ait pas d'accusation dans nos
propos et qu'on reste seulement et uniquement dans un constat neutre de ce
qui se passe. Si vous dites « Quand je te vois vautré sur le canapé... » le
terme « vautré » a une connotation négative et ressemble plus à un
jugement qu'à un constat pur et simple. La CNV nous invite à faire preuve
de bienveillance et à laisser tomber les jugements qui sont nocifs aussi
bien pour les autres que pour nous. Faites simplement de votre mieux dans
ce sens et laissez-vous le temps de faire le chemin !

- Ensuite, on exprime ce qu'on ressent :

« … je me sens frustrée / en colère / déçue / irritée / furieuse /etc.... »

Identifiez ce que vous ressentez en dirigeant toute votre attention vers les
émotions qui se manifestent en vous pour cette seconde étape.

- Puis on exprime ses besoins :

« … parce que j'aimerais / j'aurais besoin de recevoir de l'aide et du


soutien (par exemple) ... »

Attention ici : Si vous dites « Je me sens frustré(e) parce que TU... » vous
entrez dans l'accusation et vous rendez l'autre responsable de votre état
émotionnel. Chacun n'est responsable que de lui-même, et les autres ne
sont pas responsables de ce qui se passe en nous. Leur attitude ou leurs
paroles auront peut-être représenté un élément déclencheur, mais il ne

9
s'agit en aucun cas de la cause de notre malaise. Ce sont les pensées que
nous entretenons en réaction à certains faits extérieurs qui créent en nous
de la souffrance, de la colère ou d'autres émotions négatives. Ce ne sont
pas les situations elles-mêmes ou les autres qui posent souci, mais
seulement et uniquement la façon dont on se positionne en rapport avec
cela. Les autres ne sont pas responsables de ce qui se passe en nous
(contrairement à ce que bon nombre d'entre nous avons appris) et de la
même façon, nous ne sommes pas responsables de ce que les autres vivent
ou ressentent.

- Enfin, on termine en exprimant une demande claire et précise, sans


imposer :

« … Serais-tu d'accord pour m'aider en faisant telle tâche ? »

Remarquez que pour cette dernière partie, on interroge l'autre non pas en
exigeant de lui qu'il fasse ce qu'on lui demande, mais en lui demandant s'il
serait d'accord pour... La réponse peut être Oui ou Non, et dans un cas
comme dans l'autre, on accueille la réponse donnée.

Cette démarche est très importante, car le simple fait de faire ce chemin et
de nous reconnecter à nos besoins nous permet de sortir des émotions
pesantes qu'on aurait laissé exploser autrement, et il y a ainsi beaucoup
plus de chances pour nous d'obtenir ce dont nous avons besoin et de vivre
des rapports harmonieux et sereins, de véritables échanges authentiques
avec les autres.

Renversez la vapeur pour voir et demandez-vous quelle serait votre


réaction dans un cas et dans l'autre, si on exigeait quelque chose de vous
ou si on vous lançait des accusations, et si on formulait une demande claire
en utilisant le processus de la Communication Non Violente. Vous auriez
sans doute beaucoup plus envie d'apporter votre aide à l'autre si la
demande était formulée comme dans l'exemple ci-dessus, n'est-ce pas ?

La CNV demande un peu de pratique, parce qu'elle sort complètement de


nos modes de fonctionnement habituels, mais c'est un outil très précieux
pour désamorcer les conflits et avoir des échanges beaucoup plus lumineux

10
et agréables avec les autres, et une fois qu'on a commencé à utiliser cette
méthode, il devient de plus en plus facile de la mettre en pratique jusqu'à
ce que ça devienne un élan naturel.

Quand on utilise ce mode de communication, on reste à l'affût des besoins


de l'autre lorsqu'il exprime quelque chose de négatif à notre encontre, et du
coup, au lieu d'être affecté par ce qu'il dit ou fait, on entend le besoin qui
cherche à s'exprimer derrière l'attaque, et on peut alors réagir avec
empathie et là aussi, désamorcer bien des conflits.

Si vous vous retrouvez confronté à ce cas de figure, avant de réagir en


mode automatique comme vous le feriez habituellement, respirez un grand
coup et cherchez à identifier quel besoin l'autre pourrait avoir. Ensuite,
posez-lui directement la question. Même si vous n'arrivez pas à cibler
directement la véritable émotion présente et le besoin qui se cache derrière,
ça ne fait rien. Tentez le coup et allez-y à tâtons jusqu'à avoir mis le doigt
dessus.

Demandez par exemple à l'autre : « Te sens-tu frustré / irrité / déçu / en


colère / triste /etc. parce que tu voudrais que... ? » et voyez quelle réaction
vous obtenez.

Si l'autre continue dans ses attaques, poursuivez sur votre lancée. Quand
vous allez mettre la doigt sur le véritable nœud, l'autre va se sentir
entendu, et vous allez remarquer un apaisement immédiat, un relâchement
dans son attitude ou sa voix. Une fois que l'autre aura le sentiment d'avoir
été entendu, il s'arrêtera tout seul et chacun de vous y aura gagné quelque
chose.

Pour vous entraîner dans ce sens, vous pouvez tout à fait repenser à des
situations passées et rejouer la scène en adoptant tour à tour les deux rôles
pour essayer d'identifier quels besoins se cachaient derrière les attaques
lancées.

Le fait de nous reconnecter à nos besoins permet à nos émotions pesantes


d'être libérées, car le rôle de ces émotions pourrait être simplement de nous
inviter à revenir à l'essentiel en prenant soin de nous :-)

11
Lectures conseillées si vous souhaitez approfondir ce thème :

- « Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs » de Marshall
Rosenberg
- « Être vraiment soi, aimer pleinement l'autre ! : La Communication
NonViolente en couple et entre amis » du même auteur

12
2 - Apprendre à formuler ses demandes
clairement

Pour la première étape de cet ouvrage, nous avons vu les principes de base
de la Communication Non Violente pour aller vers une meilleure
compréhension de l'autre (et de soi-même) et aussi pour apprendre à
s'exprimer d'une façon non agressive, ce qui permet à l'autre de recevoir
nos propos sans se sentir attaqué.

À présent, je vous propose d'approfondir l'un des axes de la CNV


(Communication Non Violente) pour aller vers toujours plus de clarté et
éviter ainsi de plus en plus de créer des conflits, qui naissent la plupart du
temps de malentendus, d'un simple décalage entre ce qui est dit et ce qui
est compris, et qui pourraient donc être bien souvent évités.

Je vous invite tout d'abord à considérer que nous sommes tous différents
les uns des autres. On retrouve certes des similitudes ici et là, mais nous
avons tous notre propre « mode d'emploi » et ce qui est vrai et juste pour
les uns ne le sera pas nécessairement pour les autres, et réciproquement.

C'est le fait de croire que les autres sont comme nous qui nous conduit
bien souvent à des blessures ou même de la colère, parce que nous
interprétons l'attitude ou les paroles des autres en fonction de notre propre
vérité, et du coup, nous n'entendons pas le message réel.

En prenant un peu de recul et en gardant à l'esprit que ce qui est vrai pour
nous ne l'est pas forcément pour les autres, on évite déjà bien des pièges.

Comme toute chose, ça s'apprend et ça se travaille. Nous avons fonctionné


d'une certaine manière pendant des années, alors il est naturel qu'un peu de
temps soit nécessaire pour apprendre un nouveau mode de fonctionnement.

Faites juste de votre mieux, c'est vraiment ce qui compte, et vous verrez
que votre implication finira par payer de toute façon.

13
Pour en revenir au sujet que je souhaite aborder avec vous dans ce
nouveau chapitre, quand vous exprimez une demande à un autre, vous
savez parfaitement ce que vous voulez (encore que... :-)), vous avez une
perception claire de votre besoin, mais votre façon de l'exprimer ne sera
pas nécessairement aussi claire pour l'autre.

Dans « Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs » de Marshall
Rosenberg, il donne un exemple très percutant à ce sujet :

Une femme qui en a assez de voir son mari passer énormément de temps
au bureau et aimerait qu'il soit plus présent au foyer lui dit :

« J'aimerais que tu passes moins de temps au bureau ».

Peu de temps après, le mari passe effectivement moins de temps au bureau


… et s'est inscrit dans un club de golf :-)

Qu'est-ce qui s'est donc passé là ? Et bien la demande n'a pas été formulée
de façon claire et cohérente, par rapport au souhait de cette femme.

Sa demande portait seulement et uniquement sur le fait que son mari passe
moins de temps au bureau. Cet homme n'a pas saisi le besoin réel de son
épouse de partager plus de temps en famille avec lui et les enfants, et du
coup, il l'a interprété comme il l'a reçu.

Pour obtenir un résultat en accord avec son souhait réel, cette femme aurait
pu exprimer ceci :

« J'aimerais que tu passes plus de temps avec les enfants et moi à la


maison »

Mais là encore, le « plus de temps » aurait pu être interprété par le mari


comme le fait d'accorder une heure supplémentaire à sa famille et son
épouse n'aurait pas nécessairement été satisfaite.

Cette femme aurait pu alors formuler son souhait ainsi :

« Je voudrais que tu sois présent au moins 2 soirées par semaines pour


partager le repas et la soirée avec les enfants et moi. »

14
Ici, cette femme évoque clairement son souhait de passer du temps en
famille et donne des indications précises sur ce qu'elle veut concrètement.

Tant qu'elle reste vague et n'explique pas à son époux clairement ce qu'elle
entend par « plus de temps », elle prend le risque de ne pas être
véritablement entendue et il y a même des chances pour qu'elle finisse par
en vouloir à son mari en pensant qu'il fait exprès de ne pas comprendre.

Combien de fois vous est-il arrivé de ressentir de la frustration ou de la


colère envers quelqu'un parce qu'il ne répondait pas à votre demande de
façon cohérente alors que cette demande n'avait peut-être tout simplement
pas été entendue de la bonne façon ? Pour ma part, ça m'est arrivé très
souvent :-) , mais nettement moins aujourd'hui, maintenant que j'ai
conscience de l'importance de formuler une demande claire et précise.

En tant qu'enfants, nous avions l'habitude d'être devinés. Les adultes


savaient en général de quoi nous avions besoin, ou alors, en tâtonnant un
peu, ils finissaient par trouver. Seulement, maintenant que nous sommes
adultes, nous ne pouvons plus nous attendre à ce que les autres sachent ce
que nous voulons sans même avoir pris la peine de l'exprimer.

Ca aussi, c'est source de beaucoup de colère et de frustration, parce que


nous attendons de l'autre qu'il devine nos pensées et nos besoins, et quand
il ne fait rien, on aurait parfois envie de lui « sauter à la gorge » (avec ou
sans guillemets :-)) parce qu'on prend sa non-réaction pour une attaque ou
encore un rejet.

Le simple fait de demander de façon claire et concise aurait très


probablement abouti à une réponse favorable, mais tant que nous ne
demandons pas, nous ne pouvons pas attendre des autres qu'ils prennent
les devants et soient constamment à l'affût de la naissance d'un besoin en
nous.

En tant qu'adultes, nous sommes responsables de nous-mêmes et il nous


appartient de prendre soin de nos propres besoins, ou d'en faire des
demandes claires aux autres quand ils sont concernés.

Ce type de difficultés se rencontre très souvent dans les relations


amoureuses, mais ça touche aussi tous les autres types de liens que nous

15
entretenons.

Si vous dites à votre conjoint(e): « On ne se parle jamais ! » l'autre


pourrait vous répondre d'un air offusqué « Bien sûr que si ! On est en train
de faire quoi là ? »

Et là vous explosez en bombardant l'autre de reproches et en lui disant qu'il


fait exprès de ne pas comprendre, qu'il sait bien ce que vous voulez dire...

Eh bien non, l'autre ne le sait pas forcément. Il se peut qu'il vous connaisse
pourtant depuis des années, et peut-être même que vous êtes mariés depuis
20 ou 30 ans, mais tant que vous n'avez pas expliqué de façon claire et
précise ce que vous entendez par « parler », l'autre ne pourra pas le
deviner, parce qu'il est tout simplement différent de vous, et vous allez
tourner en boucle dans la même dispute encore et encore, en ressentant
toujours plus de frustration, de tristesse ou de colère.

Est-ce que pour vous « parler » signifie échanger sur des sujets précis ?
Prendre un moment rien qu'à vous assis l'un en face de l'autre, le regard de
chacun plongé dans celui de l'autre pour être vraiment là, ensemble, et
parler alors de tout et de rien ? Est-ce que « parler » signifie échanger au
sujet de la journée qui vient de s'écouler, bâtir de nouveaux projets, se
rappeler les bons souvenirs créés ensemble ?

Qu'est-ce que ça signifie au juste pour VOUS ?

C'est en apprenant à expliquer clairement ce que vous désirez, comme


vous le feriez avec un enfant qui n'a pas encore de point de référence, que
vous pourrez obtenir une réponse cohérente avec vos attentes.

Rappelons-le : une demande n'est pas une exigence. L'autre n'est pas tenu
de répondre à nos attentes et de satisfaire nos besoins.

Nous demandons, l'autre décide ensuite ce qu'il veut faire, et quelle que
soit sa réponse, ce sera ok pour nous.

Si ça ne l'est pas et si nous nous sentons piqués, à nous d'identifier quel


besoin non satisfait s'exprime ici pour pouvoir en prendre soin. L'autre n'a
pas à être pris pour cible parce que NOTRE besoin n'est pas satisfait.

16
La plupart des conflits que nous rencontrons avec les autres viennent
simplement d'un décalage entre le message que nous souhaitons
transmettre et la façon dont il est réceptionné en face.

En étant attentifs à ce que nous exprimons et en amenant plus de clarté de


ce côté, nous allons grandement améliorer nos échanges avec les autres,
éviter bien des disputes (qui partent souvent d'un petit rien) et ce sera
bénéfique et salutaire pour toutes les personnes concernées, comme celles
qui gravitent autour de nous d'ailleurs.

17
3 – Prendre ses responsabilités

Ce que j'aimerais aborder avec vous à présent est la notion de


responsabilité.

Souvent, quand nous sommes blessés par les paroles ou les actes des
autres, nous rendons ces autres responsables de notre douleur ou de notre
colère. Nous les pointons du doigt, nous les blâmons et nous leur envoyons
bien souvent ce que Miguel Ruiz («Les 4 accords toltèques ») appelle du
poison émotionnel.

Pourtant, quoi que puissent dire ou faire les autres, la façon dont nous
réagissons à ce sujet nous appartient et ne dépend pas réellement des
autres, mais surtout de ce qui se passe en nous.

Si les autres étaient vraiment responsables de ce qui se déroule à l'intérieur


de nous, dans ce cas, tout le monde réagirait de la même façon à une
attaque particulière. Ce n'est pourtant pas le cas.

Certains vont réagir fortement, d'autres juste un petit peu, et d'autres


encore pas du tout, avec toutes les nuances qui existent entre ces
différentes possibilités.

Quand nous ressentons de la douleur, de la frustration, de l'agacement ou


d'autres émotions négatives face aux paroles ou aux actes des autres, c'est
que ces éléments venus de l'extérieur font écho à des blessures non guéries
en nous, et c'est ça qui provoque notre malaise.

Nos émotions négatives sont comme un signal d'alarme qui vient nous dire
qu'il y a là quelque chose à réparer, et des besoins à combler. Elles sont
donc précieuses, même si la façon dont nous les ressentons est souvent très
désagréable.

Je vous dirais cependant qu'en apprenant à voir les émotions négatives


sous cet angle, au lieu de rester accrochés à notre état pesant, nous

18
redirigeons très vite notre attention vers le message qu'il y a à entendre
derrière, et dès lors que nous nous connectons au cœur du problème, à ce
besoin non satisfait qui demande à être comblé, notre émotion a rempli son
rôle et peut alors se libérer.

Pour en revenir à notre sujet, nous ne pouvons pas rendre les autres
responsables de notre état émotionnel, de la même façon que nous ne
pouvons pas rendre les autres responsables de nos actes ou de nos paroles.

En tant qu'adultes, nous sommes seuls responsables de nous-mêmes, de ce


que nous disons, faisons et ressentons.

Je sais qu'il peut être difficile d'entendre cela quand on a été habitué à
pointer du doigt l'extérieur pendant de nombreuses années, pourtant, quand
vous acceptez votre responsabilité par rapport à ce qui se passe en vous,
vous vous autorisez par la même occasion à reprendre le plein pouvoir sur
votre vie.

Si vous vous posez en victime des autres, vous admettez implicitement que
vous êtes impuissant et que vous ne pouvez rien changer à ce qui se passe.

Dès lors que vous acceptez la responsabilité de votre état émotionnel, vous
reconnaissez aussi que vous avez la possibilité d'agir et de faire de
nouveaux choix pour amener un changement concret. Ça demandera peut-
être un peu de temps et de persévérance pour obtenir le résultat souhaité,
mais comme toute chose que nous apprenons, la pratique permet toujours
de progresser et le fait de ne pas lâcher le morceau nous donne la
possibilité de remporter de nouvelles victoires.

Ce que je vous propose donc est de prendre un peu de temps pour vous
poser et de chercher à identifier des situations où vous avez rendu d'autres
personnes responsables de votre souffrance, de votre colère, ou peut-être
même de vos actes ou paroles.

Un exemple de ce côté : Un enfant fait une très grosse bêtise et l'un de ses
parents fou de rage le gifle. L'enfant se met à pleurer et hurle à son parent
que ce n'est pas juste, qu'il n'a pas mérité ça. Le parent lui réplique « Si !
C'est de ta faute, tu n'avais qu'à pas faire cette bêtise »

L'enfant a peut-être fait une bêtise énormissime, mais, la colère ressentie

19
par le parent n'est pas liée directement à la fameuse bêtise, mais plutôt à la
façon dont le parent se positionne à ce sujet. Le parent de son côté peut
ressentir de la colère, c'est une chose, mais cette colère lui appartient et la
décision de gifler l'enfant également !Ce n'est pas l'enfant qui a obligé le
parent par un pouvoir invisible quelconque à le frapper ni d'ailleurs à se
sentir mal suite à cet incident. Le parent avait le choix, il l'a toujours eu. Il
a cependant CHOISI de laisser sa colère exploser à travers cette gifle
plutôt que de chercher à comprendre pourquoi il ressentait tant de rage et à
dialoguer avec son enfant pour lui expliquer le pourquoi de sa colère.

Ce parent a peut-être eu très peur qu'il arrive quelque chose à son enfant, il
voit peut-être aussi dans la bêtise faite un échec dans son rôle de parent,
pensant que si l'enfant fait des bêtises, c'est parce qu'il est un mauvais père
ou une mauvaise mère. Il y a tout un tas de raisons qui peuvent avoir
généré cette colère en fonction du vécu du parent, de son éducation, de
tout ce qui a influencé sa façon d'être tout au long de son parcours.

Le fait est que quel que soit l'état émotionnel du parent, même si le
comportement de l'enfant a été un élément déclencheur, il n'est pas le
responsable ni de l'émotion du parent, ni de son geste.

En faisant le travail d'introspection proposé, surtout, ne portez pas de


jugement sur les situations que vous allez identifiées. Faites un simple
constat en vous disant « ok, cette fois là j'ai rendu X responsable de ma
frustration »

Ensuite, demandez-vous ce qui s'est réellement passé en vous, le pourquoi


de l'émotion ressentie. Demandez-vous de quoi vous auriez eu besoin à ce
moment-là et si vous aviez la possibilité de réagir autrement.

Prenez le temps de refaire le chemin, et plongez-vous mentalement dans


un nouveau scénario où vous réagissez cette fois comme vous auriez
vraiment voulu réagir, si vous aviez été bien centré sur vous-même à ce
moment-là.

Observez comment vous vous sentez dans ce nouveau scénario, et petit à


petit, lorsque de nouvelles occasions vont se présenter, tenter de sortir du
rôle de « victime » de l'autre pour aller vers celui de l'adulte responsable
de lui-même qui a le choix et qui n'est absolument pas obligé de répondre
à ses anciens automatismes.

20
Ce sera peut-être difficile au début, il faudra peut-être répéter l'opération
un certain nombre de fois, mais peu importe. Faites juste de votre mieux,
et voyez ce que ça donne pour vous.

Lectures conseillées si vous souhaitez approfondir ce thème :

- « Les 4 accords toltèques » de Miguel Ruiz


- « Les 5 niveaux d'attachement » de Miguel Ruiz Jr
- « Victime, Bourreau ou Sauveur » de Christel Petitcollin

21
4 – Accepter les autres tels qu'ils sont
Quand on regarde un peu la façon dont on se positionne au quotidien, on
constate facilement à quel point nos vies sont remplies d'attentes de toutes
sortes, et c'est de l'une d'elles dont j'aimerais vous parler maintenant.

Cette attente est à l'origine de nombreux conflits, de beaucoup de colère et


de frustration, aussi, le fait de s'en libérer ne pourra que nous aider à nous
sentir plus en paix avec nous-mêmes et bien sûr avec les autres.

Il s'agit ici de l'attente que nous avons souvent quant au fait que les autres
changent, pour cadrer avec ce que nous attendons d'eux.

Faites un petit tour dans votre mémoire, et cherchez des épisodes où vous
avez ressenti de la colère ou de la frustration vis-à-vis d'une autre personne
parce qu'elle n'agissait pas comme vous auriez voulu qu'elle agisse, parce
qu'elle ne prononçait pas les mots que vous souhaitiez entendre, etc.

Prenez le temps d'en repérer quelques-uns, et surtout, contentez-vous d'un


simple constat et n'entrez pas dans le jugement vis-à-vis de vous-même.

Le fait est que chacun est comme il est, et que si l'autre ne nous convient
pas tel qu'il est, ce n'est pas à lui de changer pour entrer dans le moule que
nous aurons défini au préalable. La réciproque est évidemment tout aussi
valable. Nous n'avons pas à être différents de ce que nous sommes pour
mieux convenir aux autres.

Il y a sur cette Terre des milliards de gens, tous différents. Si certains ne


nous conviennent pas, il en existe quantité d'autres avec qui nous pourrons
tisser de beaux liens. Et de la même façon, si nous ne convenons pas à
certaines personnes, et bien il y en a énormément d'autres qui seraient
heureux d'entrer en relation avec nous.

Je vais reprendre l'exemple cité dans le cadre d'un atelier privé qui me
semble plus que percutant pour illustrer :

22
Dans le livre « La maîtrise de l'amour », il y a un exemple que nous donne
Miguel Ruiz et qui est très parlant à ce sujet. Il nous parle de nos animaux
de compagnie et nous dit que si nous aimons les chiens, il ne nous
viendrait pas à l'idée d'adopter un chat et de lui demander de se comporter
comme un chien. Dans ce cas de figure, il nous apparaît comme totalement
évident de choisir directement le compagnon à 4 pattes qui correspondra à
nos souhaits, plutôt que d'en chercher un complètement différent et
d'essayer tant bien que mal de le faire changer.

Pourquoi donc procédons-nous différemment lorsqu'il s'agit d'êtres


humains ? Pourquoi nous acharnons-nous à vouloir changer l'autre, plutôt
que d'aller directement vers ceux qui nous conviennent et de laisser ceux
avec lesquels nous ne pouvons pas nous entendre ?

En matière d'amour, il y a tout un tas de paramètres qui entrent en ligne de


compte et qui font qu'il n'est pas facile de revenir à cette logique, mais
nous avons toujours le choix.

Si vraiment nous souhaitons poursuivre notre route auprès de quelqu'un


qui est très différent de nous, nous pouvons tout simplement choisir de
l'accepter tel qu'il est, en entier, et prendre la décision de ne plus chercher
à le changer, de respecter et d'aimer celui qu'il est vraiment.

Si sa façon d'être ou ses paroles vous blessent, n'oubliez pas que la


blessure ressentie est quelque chose qui vous appartient à vous. Ce n'est
pas l'autre qui nous pique, mais plutôt notre façon de nous positionner face
à ses paroles, ses gestes ou ses actes. Il nous appartient de guérir nos
blessures, et nos échanges avec les autres représentent les meilleures
occasions qui soient de nous élever toujours un peu plus et de nous libérer
des chaînes du passé.

Choisir de rester avec quelqu'un et vouloir à tout prix le changer n'est pas
de l'amour.

L'amour vrai accueille l'autre tel qu'il est, avec tout ce qui le compose et il
laisse cet autre libre de ses choix et de ses actes.

C'est la peur qui cherche à contrôler, à maîtriser, à transformer ou encore à


soumettre.

23
On ne peut pas changer l'autre si lui-même ne veut pas changer. Il est tel
qu'il est. Si celui-ci ne cadre pas avec nos aspirations, ne cultive pas les
mêmes valeurs que nous ou ne ressemble pas au genre de personnes que
nous aimerions avoir à nos côtés, alors autant lui rendre sa liberté et
reprendre la nôtre par la même occasion.

Pourquoi choisir de s'enfermer dans des liens stériles et parfois même très
douloureux alors qu'il existe une infinité d'autres possibilités qui nous
permettraient d'avancer auprès de personnes avec qui une véritable
harmonie sera vécue ?

C'est souvent la peur là aussi qui nous pousse à éviter le changement, le


vide et l'inconnu.

Concrètement, il n'y a pas de bon ou de mauvais chemins à suivre, juste


celui que chacun choisit. Mais pour pouvoir accéder à une véritable
authenticité dans ses relations et à l'amour vrai (quelle que soit la forme de
cet amour), il n'y a que le fait d'accepter les autres tels qu'ils sont et de
faire nos propres choix à ce sujet qui pourra nous mener à destination.

Lecture conseillée si vous souhaitez approfondir ce thème :

- « La maîtrise de l'amour » de Miguel Ruiz

24
5 – Sortir des jugements
Je vous propose pour poursuivre ce cheminement en abordant la notion de
jugement.

Quand on observe un peu ce qui se passe dans notre esprit, cette espèce de
bavardage mental que nous connaissons tous, on remarque que très
souvent, nous émettons des jugements, que ce soit envers les autres ou
envers nous-mêmes.

Nous sommes bien souvent dans la critique, le blâme, les comparatifs et


j'en passe.

Le fait est que ces jugements sont comme du poison qui s'infiltre en nous,
influence notre façon d'être, ce qui émane de nous, et donc forcément la
façon dont on réagit face aux autres. Quand les jugements sont portés
uniquement dans notre esprit, ils provoquent déjà un effet très néfaste,
alors je ne vous parle même pas de ceux qu'on émet tout haut et que les
autres réceptionnent directement.

Nous avons tellement pris l'habitude d'être dans le jugement tout le temps,
parce que nous sommes « tombés dedans » quand nous étions petits, que
ce mécanisme nous apparaît comme normal, qu'on pense bien souvent ne
pas pouvoir s'en défaire et être condamné à subir la petite voix du mental
jusqu'à la fin de nos jours.

Ce n'est pourtant pas le cas, et le démontage de cet automatisme


destructeur est tout à fait possible. Ça demande bien sûr de l'entraînement,
de la persévérance, mais c'est possible et chaque petit pas que nous faisons
dans ce sens rend un peu plus facile l'accès au suivant.

Le point de départ est toujours de le vouloir. Pour que nous puissions


amener un changement concret en nous, il est essentiel de prendre une
décision ferme à ce sujet. Si vous aimeriez changer, mais que vous ne le
voulez pas vraiment, de tout votre être, il y a des chances que vous vous
laissiez décourager par les premiers obstacles venus et que vous finissiez

25
par renoncer purement et simplement.

Si vous voulez qu'un changement réel et durable prenne forme, à vous de


faire un choix, de prendre un engagement ferme et clair à ce sujet afin que
votre objectif devienne un impératif, qu'il ne soit plus envisageable pour
vous qu'une issue autre que celle visée prenne forme.

Ce sera comme ça et pas autrement, et c'est tout !

Ensuite, une fois que votre décision est prise (et il n'est jamais trop tard
pour en prendre une), l'étape suivante consiste à prêter attention à ce qui se
passe en nous, à écouter la petite voix du mental avec beaucoup
d'attention, car le fait de l'écouter plutôt que de la subir nous permet
d'entamer un processus de dissociation.

On ne s'identifie plus à cette voix, et on prend conscience qu'il y a la voix


qui parle, et quelqu'un qui écoute. Ce quelqu'un c'est nous, notre véritable
nous.

Plus vous allez vous désidentifier de votre mental, plus il vous sera facile
de reprendre le contrôle. Vous n'aurez plus le sentiment de devoir le subir
sans pouvoir rien y faire, mais vous ressentirez intérieurement que c'est
vous qui êtes à nouveau aux commandes.

Et ça aussi, ça s'apprend et ça se travaille :-)

Je vais à présent reprendre un morceau d'un de mes articles de blog pour


explorer avec vous ce qui se cache derrière nos jugements.

Qu'est-ce qui se passe concrètement quand on est dans le jugement ? On


peut dire qu'il s'agit d'une attaque envers celui qui est jugé.

Pourquoi attaque-t-on l'autre ? Parce qu'on craint d'être jugé soi-même ou


parce que l'on se sent jugé.

Pourquoi se sent-on jugé ? (Alors que bien souvent, l'autre n'a absolument
rien fait ou dit qui irait dans ce sens) Eh bien, parce qu'on se juge soi-
même...

Oui ! Le fait est que dans la majorité des cas, les jugements qu'on porte

26
envers l'autre représentent une sorte de mécanisme de défense inconscient
parce qu'on se sent attaqué, et si on se sent attaqué, ou si on a peur de l'être
prochainement, c'est parce qu'on porte soi-même un regard négatif sur
notre propre personne. On anticipe en quelque sorte une éventuelle attitude
négative venant de l'autre, et du coup, on riposte avant d'avoir encaissé le
coup (imaginaire) que l'on est sûr de voir venir (et qui ne viendra pourtant
pas nécessairement)

En réalité, le jugement émis ne concerne pas réellement l'autre, car cet


autre ne nous sert finalement que de miroir qui nous renvoie nos propres
douleurs. Ce jugement qu'on lance vers l'autre n'est que le reflet du
jugement que l'on porte à son propre sujet.

Donc, en partant de là, la clé pour sortir du jugement envers les autres ne
serait-elle pas de commencer par ne plus porter de jugement sur soi ?

Qu'en pensez-vous ?

Si au lieu de se critiquer, de se blâmer et de se focaliser sur « tous » les


défauts que nous pensons avoir, nous faisions preuve de plus d'indulgence,
de compassion et de bienveillance vis-à-vis de nous-mêmes, ressentirions-
nous encore le besoin de nous juger constamment ? Je ne le crois pas.

Et si nous sommes dans l'amour et l'acceptation vis-à-vis de nous-mêmes,


alors nous nous sentons en paix, et nous ne ressentons plus le besoin de
nous défendre d'éventuelles attaques extérieures.

Nous pouvons alors aimer et accepter les autres tels qu'ils sont.

Encore une fois, on voit ici que le point de départ est toujours ce qui se
passe en nous. Pour trouver la paix en soi, et donc pouvoir aller vers les
autres dans cette même paix, ce n'est pas aux autres de changer, aux
circonstances d'être différentes ou au monde de se transformer.

C'est à nous de faire quelque chose pour nous-mêmes, de prendre


conscience et de démonter les mécanismes destructeurs en place, ceux qui
ne font que distiller du poison dans nos veines et notre cœur, pour que la
douleur puisse laisser la place à une vraie sérénité, à de la lumière tout
simplement, lumière qui va inévitablement se répercuter sur les autres.

27
Certains auront envie de suivre le mouvement, et d'autres vont chercher à
nous tirer vers le fond parce qu'ils sont encore dans la crainte de ce qui est
différent d'eux et le rejetteront plutôt que de l'accepter et de lui ouvrir la
porte. Le choix appartient à chacun.

On ne peut pas réfléchir pour les autres et on ne peut pas décider pour eux.
Ce qui est vrai et juste pour les uns ne le sera pas nécessairement pour les
autres, alors autant se concentrer sur ce qui est accessible pour nous, et ce
qui est toujours accessible, c'est notre état intérieur.

À vous de décider qui vous voulez être à présent. Et si vous souhaitez vous
libérer des jugements pour vivre une vie plus harmonieuse et joyeuse, vous
le pouvez.

Chaque jugement que vous cesserez de porter envers vous-même éliminera


un certain nombre de jugements que vous auriez portés envers d'autres, et
cela rendra vos rapports avec ces autres plus lumineux et plus heureux, et
qui sait de quelle façon ça pourrait se répercuter un peu plus loin...

Ça vaut la peine d'essayer et de voir ce que ça donne, car il y a


énormément de joie à y gagner !

Lectures conseillées si vous souhaitez approfondir ce thème :

- « Confiance en soi, Amour de soi, Estime de soi » de Laure Zanella


- « Le pouvoir du moment présent » de Eckhart Tolle

28
6 – Passer de l'obligation au choix

J'aimerais à présent aborder avec vous la notion d'obligation et celle de


choix.

Il m'arrive souvent d'entendre des gens dire "je n'ai pas le choix" "il faut
que je fasse ceci" "je dois faire cela" etc., tout en parlant de leur frustration
ou de leur colère par rapport à ce qu'ils “doivent” faire, et en accusant bien
souvent les autres de leur imposer ce fardeau.

Pendant longtemps moi aussi j'ai cru n'avoir d'autres possibilités que de
faire ce que je pensais devoir faire, mais au final, personne ne peut nous
obliger à quoi que ce soit si nous ne le voulons pas et disons Non.

Nous avons bien souvent tendance à nous imposer à nous-mêmes toutes


sortes de choses, parce que nous estimons ne pas avoir d'autres
possibilités. En fait, ces possibilités existent bel et bien, et ce sont les
éventuelles conséquences négatives qui pourraient découler d'un autre
choix qui nous incitent à faire ce quelque chose que nous n'avons pas
forcément envie de faire, comme s'il s'agissait d'une obligation.

Personne ne nous met cependant le couteau sous le gorge, et même si


c'était le cas, nous aurions malgré tout encore et toujours le choix...

Nous avons tendance à choisir les solutions qui, selon nous, comporteront
le moins de risques d'aboutir à un résultat fâcheux, mais le fait de
s'imposer à soi-même quelque chose de désagréable provoque-t-il un
résultat positif pour nous ? Cela nous apporte-t-il de la joie ou plutôt un
"joli" paquet de frustration, de ressentiment, de colère souvent tournée vers
les autres d'ailleurs parce que nous estimons que ce sont eux qui nous ont
obligés à faire ou à dire ce que nous ne voulions pas faire ou dire.

29
Personne ne peut nous obliger à quoi que ce soit, de la même façon que
nous ne pouvons pas obliger quelqu'un d'autre à faire quelque chose qu'il
ne veut pas faire. Nous pouvons demander, exiger, supplier, tenter
d'influencer, etc., mais le fait est qu'on ne pourra jamais obliger qui que ce
soit à quoi que ce soit s'il ne le veut pas.

Tout ce que vous faites avec le sentiment de devoir le faire est en réalité le
résultat de vos choix, et en acceptant de prendre l'entière responsabilité de
vos choix et de vos actes, vous allez pouvoir transformer les sentiments
négatifs engendrés par certaines situations en sentiments bien plus positifs.

Si vous avez un travail qui ne vous plaît vraiment pas par exemple, au lieu
de considérer que vous continuez parce que vous n'avez pas le choix et d'y
aller le coeur lourd, vous pourriez considérer que vous CHOISISSEZ de
poursuivre parce que ça vous permet de subvenir à vos besoins, d'avoir un
toit sur la tête, de la nourriture dans votre frigo et tout ce qu'il vous faut
pour vivre.

Si vous vivez une relation qui vous rend malheureux, plutôt que de dire
que vous devez rester parce que vous avez des enfants ou parce que votre
situation financière n'est pas assez stable, considérez que vous
CHOISISSEZ de rester parce que vous aimeriez par exemple conserver
une famille unie, parce que vous voulez vous laisser le temps de trouver
des solutions pour pouvoir voler de vos propres ailes ou encore parce que
vous avez peur de l'inconnu tout simplement. Quelles que soient vos
raisons, vous avez le droit de faire les choix que vous faites. Ca vous
appartient et ça ne concerne que vous, mais il est important de reconnaître
que c'est bel et bien votre choix et que rien ni personne ne peut vous
obliger à quoi que ce soit si vous n'y consentez pas.

Il est parfois difficile de l'accepter parce que depuis notre plus jeune âge
nous avons entendu qu'il y avait des règles à suivre, nous avons vu nos
parents ou nos proches s'imposer toutes sortes de choses désagréables pour
eux en pestant contre les autres, le gouvernement ou même Dieu, en disant

30
qu'ils en avaient assez, que cela ne leur convenait pas, et en continuant
pourtant à faire les mêmes choix jour après jour.

Ils n'avaient sans doute pas conscience d'avoir le choix, car trop fortement
conditionnés à faire ce qu'on leur disait de faire sans chercher à
comprendre, mais la possibilité de faire un autre choix a toujours été là.

Dire que nous n'avons pas le choix revient à nous poser en victimes
impuissantes. "Je ne peux pas faire autrement" "Je suis obligé(e) de..." ou
encore "Tu m'as obligé(e) à...", mais en tant qu'adultes, nous sommes
responsables de nos vies et de nos choix.

Quand vous reconnaissez votre responsabilité à ce sujet, vous reprenez le


pouvoir sur votre existence et vous ouvrez aussi la porte à une expérience
de vie beaucoup plus saine et joyeuse.

Peut-être ne voulez-vous pas vous confronter aux conséquences négatives


que vous pourriez rencontrer en faisant certains choix, et vous avez
parfaitement le droit de ne pas vouloir cela, mais reconnaissez néanmoins
que le choix fait, même s'il est pesant, est bien votre choix, et vous verrez
que petit à petit, en reprenant la place qui est la vôtre, vous allez pouvoir
vous autoriser de plus en plus à faire des choix qui seront plus heureux
pour vous.

Il n'en tient qu'à vous !

La première étape pour sortir du piège est de prendre conscience de la


possibilité que nous avons tous de faire des choix.

Ensuite, si vous faites des choix qui ne vous conviennent pas ou qui ne
vous apportent pas l'enthousiasme recherché, remplacez les "je dois..." par
des "je choisis de..." et identifiez les raisons qui vous incitent à faire le
choix que vous faites. Vos sentiments à ce sujet vont devenir plus légers,

31
car vous ne serez plus focalisé sur les aspects négatifs, mais au contraire,
sur le positif que vous cherchez à atteindre, et cela attirera à vous plus de
positif encore.

Il y a toujours plusieurs façons de voir les choses. Cherchez l'angle de vue


qui est le plus agréable pour vous, ou agissez selon ce qui sonne le plus
juste pour vous, quelles que soient vos raisons de le faire, tout en gardant à
l'esprit que la seule personne à pouvoir vous imposer quoi que ce soit, c'est
vous-même !

32
7 – Les générateurs d'agressivité
À présent, nous allons mettre en lumière un nouvel aspect important pour
sortir des conflits, ou ne plus y entrer tout simplement.

Il arrive très souvent que dans notre façon de nous exprimer, nous
utilisions certains éléments qui vont représenter des déclencheurs de
conflits.

C'est involontaire parce qu'on ne se rend même pas compte de l'impact de


nos propos, et pourtant, ça fait son petit effet pour ainsi dire :-)

Je vous propose donc d'identifier ces générateurs d'agressivité, et je vais


m'appuyer sur l'ouvrage « Victime, Bourreau ou Sauveur » de Christel
Petitcollin pour ce faire.

Parmi ces générateurs d'agressivité, nous avons en premier lieu les


généralisations qui disent que tout le monde fait ceci, qu'il arrive tout le
temps cela, que toutes les femmes / tous les hommes fonctionnent de telle
façon, etc.

On est ici dans l'exagération permanente et non dans un constat pur et


simple de la réalité.

Pour sortir de ce piège-là, on peut se poser la question suivante lorsqu'on


identifie une de ces généralisations : « Vraiment tout le monde ? Vraiment
tous / toutes ? Vraiment toujours / jamais ? »

Vous pouvez utiliser ce questionnement aussi bien pour vous-même que


pour vos interlocuteurs. Peut-être qu'ils resteront campés sur leur position
en affirmant que oui, tout le monde est bien comme ça, mais ça leur
donnera néanmoins l'opportunité de remettre les choses à leur place, ne
serait-ce que pour eux-mêmes.

De votre côté, en vous interrogeant, vous pourrez constater que finalement,


il y a seulement quelques personnes ou une en particulier qui fonctionnent

33
de la manière évoquée, et qu'il ne s'agit nullement de l'ensemble de la
planète. En vous entraînant dans ce sens, vous éviterez de plus en plus
facilement de tomber dans le panneau de l'exagération.

Nous trouvons aussi dans ces générateurs d'agressivité ce que Christel


Petitcollin appelle la récupération. On se sert d'un fait ponctuel comme
preuve d'une caractéristique négative qu'on attribue à l'autre.

« Elle ne m'a pas salué ce matin, ça prouve bien que... »

En fait ça ne prouve rien du tout, car « l'accusée » avait peut-être


simplement les idées ailleurs et n'a pas prêté attention à ce qui se passait
autour d'elle, ou il peut y avoir mille autres raisons qui ont mené à cette
situation, sans pour autant que cela représente une caractéristique
permanente de son mode de fonctionnement et de qui elle est.

Accord toltèque N°3 (Miguel Ruiz), on ne fait pas de supposition et on se


concentre seulement et uniquement sur les faits, sans en tirer de
conclusions.

Autre point : Quand vous tentez de dialoguer avec l'autre au sujet d'un
problème que vous rencontrez et que l'autre vous dit « Oui mais toi, l'autre
jour, tu as fait ceci... », il y a tentative de « fuite » du côté de votre
interlocuteur en cherchant à mélanger les problèmes au lieu de se
confronter à celui qui est juste là.

Ne vous laissez pas embarquer vers cette nouvelle piste sans être d'abord
allé au bout de la première, car vous pourriez tourner en rond bien
longtemps comme ça. Vous pouvez à ce moment-là proposer à votre
interlocuteur de revenir sur ce nouveau problème plus tard, lorsque celui
abordé présentement sera résolu. Recadrez en douceur la conversation,
mais toujours avec fermeté. L'autre reste libre de vous suivre ou non, mais
vous aurez beaucoup plus de chances d'aller au bout de votre démarche si
vous-même êtes posé et clair dans votre cheminement.

Ensuite, parmi les générateurs d'agressivité, il y en a un très puissant qui


consiste à dévaloriser l'autre, que ce soit en faisant des comparaisons
critiques ( Ce n'est pas comme X... Lui au moins il a fait telle chose...), en
collant des étiquettes (la bavarde, le grognon, le bon à rien... ainsi que tous
les petits surnoms infantilisants et dévalorisants que l'on a tendance à

34
employer sous couvert de vouloir montrer son affection pour l'autre) ou
encore en brandissant des « pourquoi » sur un ton accusateur (mais
pourquoi tu fais ça ? )

Voici différentes méthodes pour sortir de ces mécanismes-là :

Pour les comparaisons, demandez clairement à votre interlocuteur ce qu'il


attend de vous, plutôt que de vous comparer à X ou à Y. Cela lui permettra
d'exprimer ses besoins réels plutôt que de jouer à la « pêche aux
réactions » en vous attaquant.

Pour ce qui est des étiquettes, rappelez à l'autre que vous avez un prénom
et demandez-lui de l'utiliser normalement.

Enfin, pour ce qui est des « pourquoi », restez bien centré sur les faits et ne
commencez pas à vous justifier. Vous êtes qui vous êtes, vous êtes libre de
vos actes et de vos paroles. Si cela blesse l'autre, c'est lui que ça concerne
et pas vous. Ça ne veut pas dire qu'il faut refuser d'entendre ce qui se passe
en l'autre, et pour ce faire, la Communication Non Violente sera votre
meilleure alliée, mais vous n'avez pas pour autant à entrer dans des
justifications sans fin en réponse aux accusations de l'autre qui ne sont
sans doute pas réellement fondées.

Ensuite, nous avons dans ces générateurs d'agressivité un autre aspect qui
consiste en un transfert de responsabilité.

Nous en avons parlé précédemment : en tant qu'adultes, nous sommes tous


responsables de nos choix, de nos actes, de nos paroles et de ce qui se
passe en nous sur le plan émotionnel.

Lorsqu'on entre dans le fameux triangle dramatique (Bourreau, Victime,


Sauveur), dans ces rôles issus de nos anciens mécanismes, nous pouvons
avoir tendance à tenter de faire culpabiliser les autres en leur disant par
exemple qu'ils sont responsables de notre souffrance. Nous transférons
alors la responsabilité de notre état émotionnel sur eux.

Les autres sont certes responsables de ce qu'ils font et de ce qu'ils disent,


mais la façon dont nous réagissons en lien avec cela n'appartient qu'à nous.

35
Nous n'avons pas le pouvoir de blesser quelqu'un qui choisira de ne pas se
laisser atteindre, et réciproquement. De même qu'à un autre niveau, nous
n'avons pas le pouvoir de rendre heureux qui ne veut pas l'être ou de
rendre malheureux qui décide d'être joyeux.

Enfin, il y a parmi ces éléments qui créent des tensions le fait de « lire
dans les pensées » de l'autre, lorsque nous affirmons savoir d'avance ce
que l'autre va dire, comment il va réagir, etc. Nous ne laissons aucune
place au bénéfice du doute et cela revient à coller des étiquettes.

Même chose quand nous supposons que l'autre devrait savoir telle chose,
devrait penser à ceci ou cela, etc. Là encore, la règle d'or est d'éviter les
suppositions.

Pour sortir de ce piège-là, prenez l'habitude de vous adresser directement à


l'autre en lui disant clairement ce que vous pensez ou voulez. C'est le
chemin le plus court pour une bonne communication et pour éviter de
tomber dans des conflits qui n'ont finalement pas lieu d'être.

Lecture conseillée si vous souhaitez approfondir ce thème :

- « Victime, Bourreau ou Sauveur » de Christel Petitcollin

36
8 – Sortir des projections que nous faisons sur les
autres
Pour cette nouvelle étape, je vous propose de parler de ce jeu de miroir qui
se déroule bien souvent entre les êtres, et en particulier ces moments où
nous projetons nos émotions négatives sur les autres.

Il arrive bien souvent que nous ressentions de la colère, de la rancoeur ou


même de la rage envers d'autres personnes parce qu'il s'est produit quelque
chose qui nous a fortement blessés et nous n'arrivons pas à lâcher prise
face à l'injustice ressentie, le sentiment d'abandon, d'humiliation, de
trahison ou autre qui stagnent en nous.

Nous en voulons à l'autre pour ce qu'il a pu faire ou dire, mais si nous


creusons un peu plus loin, dans de nombreux cas, la direction réelle de
notre colère n'est pas l'autre, mais nous-mêmes.

En effet, même si cela reste masqué dans l'inconscient, il y a une part de


nous qui sait que celui que nous tenons pour responsable de notre
souffrance c'est nous-mêmes, parce que nous estimons avoir fait quelque
chose que nous ne devions pas faire et qui nous a conduits là, ou parce que
nous pensons que nous aurions justement dû faire quelque chose que nous
n'avons pas fait.

L'autre ne sert que de miroir, et nous estimons que s'il s'est passé ce
quelque chose qui nous a fait si mal, c'est parce que NOUS avons fait un
mauvais choix, parce que nous nous sommes comportés de telle façon,
avons dit telle chose, etc.

Il arrive aussi parfois qu'on ait plus ou moins conscience de cela, mais
qu'on préfère se mentir à soi-même et faire comme si on ne le voyait pas
parce que devoir se confronter à soi-même serait trop douloureux. Il est
plus « facile » alors de continuer à en vouloir à l'autre.

Quelles que soient les raisons qui nous poussent à réagir de cette façon, la

37
clé est toujours la même : c'est le pardon.

Le pardon à soi-même est une affaire délicate, surtout quand nous


considérons que certains de nos actes ou de nos décisions ont créé des
dommages très profonds, pour nous ou pour d'autres personnes de notre
entourage.

Nous n'arrivons pas à accepter les conséquences, tout le mal qui a pu être
fait, et il est inacceptable à nos yeux de lâcher-prise. C'est comme si on
cherchait indirectement à se punir, encore et encore, parce qu'un jour par le
passé, nous avons fait un choix que nous considérons comme
catastrophique aujourd'hui.

Premièrement, nous ne pouvons jamais savoir qu'un choix est une erreur
avant d'avoir observé les résultats de ce choix.

Quand vous prenez une décision, vous ne pouvez jamais savoir à l'avance
si elle donnera un résultat positif à vos yeux ou si ça va vous conduire
droit dans le mur. Il n'était pas possible de le prévoir.

Ensuite, ne perdez pas de vue que nous ne pouvons que faire de notre
mieux, en fonction de notre degré de conscience du moment, des
circonstances de ce même moment et de ce que nous avons appris jusque-
là.

Nous ne pouvons pas juger nos choix passés en fonction de celui ou celle
que nous sommes aujourd'hui. Du chemin a été fait, nous étions différents
à ce moment-là, et nous ne pouvions pas avoir le recul dont nous disposons
dans l'instant présent.

Chacun ne peut que faire de son mieux en fonction des circonstances du


moment, et on ne peut pas comparer ce qui existe en nous ici et maintenant
à ce qui était hier.

Quoi que vous ayez pu vivre ou faire et quelles qu'aient été les
conséquences de vos choix, vous ne pouviez pas savoir que ces choix vous
conduiraient là, sinon vous ne les auriez tout simplement pas faits.

Pouvez-vous entendre cela ?

38
Il est possible que ce soit difficile et douloureux, mais prenez néanmoins le
temps d'y réfléchir.

Autre aspect très précieux pour faire ce chemin vers le pardon à soi-même.
Dans l'ouvrage « Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs »
dont nous avons déjà parlé pour aborder la Communication Non Violente,
Marshall Rosenberg nous dit de chercher quels ont été nos besoins au
moment des faits, car en nous reconnectant à nos besoins plutôt que de
rester fixés sur les conséquences négatives, nous allons pouvoir nous
libérer.

Ça demandera un peu de temps et d'insistance, mais en persévérant, ça


donne des résultats surprenants, et ça nous évite alors de continuer à
projeter notre colère ou notre ressentiment sur une personne qui n'est pas
réellement visée, et surtout, ça nous permet de nous libérer de ce poison
que nous entretenons en nous.

Prenons un exemple assez classique pour illustrer :

Après quelques années de mariage, votre relation avec votre conjoint est
devenue de plus en plus pesante. La personne qui vous fait face
aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celle que vous aviez rencontrée.

Les rires et les bons moments partagés ont cédé la place à des engueulades,
des critiques et des jugements permanents de la part de votre conjoint.
Évidemment, vous ne comprenez pas cette attitude, vous la trouvez injuste
et parce que vous n'avez pas encore appris à vous tourner vers l'intérieur et
à regarder au-delà de la façade, vous tombez dans le panneau et vous
commencez à riposter.

Au fil des semaines et des mois, peut-être des années, vous ressentez de
plus en plus de colère à l'égard de votre conjoint, vous vous sentez trahi,
ayant peut-être l'impression d'avoir été dupé parce que ce personnage n'a
plus rien à voir avec celui que vous aviez rencontré. Vous avez beau tenter
de lui parler et de le faire réagir, vous vous heurtez constamment à un mur.
L'autre vous accuse de tous ses problèmes, dit que c'est vous qui semez la
pagaille et il refuse d'envisager une aide extérieure du genre thérapie de
couple ou autre. Vous ne supportez plus sa présence, vous finissez par ne
plus ressentir autre chose que de la colère à son sujet, et vous finissez par
demander le divorce.

39
Vous vous sentez soulagé au départ, ayant le sentiment d'avoir pris la
bonne décision. Votre désormais ex-conjoint continu son manège, fait tout
pour vous pourrir la vie parce qu'il se sent rejeté et refuse catégoriquement
l'idée que vous puissiez le planter là. Vous êtes tellement en colère contre
lui que vous campez fermement sur vos décisions et ne laissez aucune
place possible au dialogue. Il ou elle a eu un nombre incalculable de
chances de dialoguer, maintenant, c'est trop tard.

Et puis vient un jour où vous apprenez par la bouche de X ou de Y, peut-


être de l'ex-conjoint lui-même ou de celle de vos propres enfants qu'il ou
elle est passé à autre chose.

Peut-être êtes-vous soulagé au départ parce que vous vous dites qu'il
arrêtera de vous pourrir la vie à présent qu'il est occupé ailleurs. Et puis au
bout d'un moment, c'est de la douleur qui commence à remonter, une
souffrance terrible, parce que d'un coup, en voyant que la porte se ferme
pour de bon, vous vous rendez compte que derrière votre colère il y avait
toujours de l'amour, que votre démarche visait à faire réagir l'autre, que
vous cherchiez peut-être aussi à le punir pour toute la souffrance endurée
parce que vous teniez votre conjoint pour responsable de ce que vous
ressentiez. Vous vous sentiez rejeté alors vous l'avez rejeté à votre tour
parce que vous vous disiez qu'il n'avait pas le droit de vous traiter comme
ça.

Et là, en voyant que lui ou elle tourne la page, vous ressentez une
gigantesque tempête intérieure qui prend forme, une immense colère, un
sentiment d'injustice, peut-être même de trahison, alors que c'est vous qui
avez pourtant pris la décision.

Vous garderez peut-être cette colère en vous, ou commencerez à attaquer


l'autre sans forcément comprendre ce qui se passe en vous d'ailleurs. Vous
pensiez pourtant que cette affaire était réglée et vous avez peut-être même
éprouvé une grande satisfaction de vous être enfin « débarrassé » de
l'autre, mais la réalité présente montre qu'il y avait quelque chose de
totalement différent à entendre derrière ce que vous pensiez percevoir au
premier abord.

Comment faire alors pour guérir ses plaies, remettre les choses à leur juste
place et lâcher cette colère pour pouvoir vraiment avancer ?

40
Dans une situation comme celle-ci ou une autre provoquant le même type
de résultats, l'étape clé du processus c'est d'aller chercher quels étaient vos
besoins dans cette situation, qu'est-ce qui a engendré de la colère, de la
frustration ou de la souffrance en vous.

Dans notre exemple, vous allez peut-être prendre conscience à ce moment-


là de façon brutale que la séparation n'était pas réellement ce que vous
désiriez, que tout ce que vous vouliez en fait c'était vous sentir aimé(e),
respecté(e), reconnu(e), entendu(e) ou autre chose encore.

Derrière chaque crispation intérieure que vous avez pu ressentir, derrière


chaque reproche que vous avez pu lancer à votre ex-conjoint se cachaient
un ou plusieurs besoins non satisfaits, et comme vous n'aviez pas
conscience de cela, vous ne pouviez que réagir de façon automatique.Vous
n'aviez pas la possibilité d'identifier l'origine réelle de votre souffrance
parce que vous ne saviez tout simplement pas qu'il se passait autre chose
au fond de vous et vous ne pouviez qu'avancer en fonction de ce que vous
connaissiez.

Si vous vivez une situation comme celle de l'exemple ci-dessus, la colère


que vous ressentez vis-à-vis de l'autre en le voyant tourner la page ne le
concerne pas réellement lui, mais vous concerne plutôt vous, parce que
vous vous êtes puni vous-même en mettant un terme à un lien auquel vous
teniez pourtant beaucoup.

Techniquement, c'était peut-être la solution la plus saine pour vous si


l'autre ne correspondait réellement pas à ce que vous attendiez ou si la
relation était trop douloureuse pour vous, mais en prenant le temps
d'identifier vos besoins et d'accepter cette autre version de la réalité, vous
auriez réagi de façon moins impulsive et vous auriez pu vivre les étapes
dans l'ordre, de façon à trouver la paix en vous, pour ensuite pouvoir faire
un choix posé et pleinement accepté.

Que vous en ayez conscience ou non, une part de vous sait que c'est vous
qui avez pris la décision, et elle estime donc que c'est vous qui êtes
responsable des conséquences douloureuses que vous voyez aujourd'hui
devant vous.

Le fait est que sans être conscient de vos besoins et de vos mécanismes

41
intérieurs, vous ne pouviez pas réagir autrement. Vous ne pouviez pas
vous rendre compte que votre colère était le résultat des besoins qui
n'étaient pas satisfaits en vous, et vous attribuiez cette colère à l'attitude de
votre conjoint. Au lieu d'être à l'écoute de vous-même et de chercher à
répondre à vos besoins, vous avez donc tenté de résoudre le problème en
éliminant de votre vie celui ou celle que vous teniez pour responsable de
votre souffrance, et après coup, vous vous êtes rendu compte que la
souffrance existait toujours en vous, même si c'était sous une nouvelle
forme.

Pour pouvoir sortir de la colère envers soi-même (et donc


automatiquement faire tomber la colère qui se projette sur l'autre), il n'y a
que le fait de reconnaître vos besoins à ce moment-là et d'accepter aussi
que vous ne pouviez pas réagir autrement au moment des faits qui vous
permettra de passer le cap.

Le comprendre intellectuellement ne suffit pas. C'est émotionnellement


que vous devez chercher à le ressentir, et c'est aussi quelque chose qui
s'apprend et se travaille.

Pour aller vers le pardon à soi-même, le but est donc d'identifier les
épisodes qui ont enclenché en vous des réactions fortes vis-à-vis des
autres, et de voir de quoi vous auriez eu besoin à ce moment-là.

Prenez le temps de vous reconnecter avec les besoins identifiés, et laissez


venir ce qui vient sur le plan émotionnel. Ne cherchez pas à résister aux
émotions qui montent, acceptez juste ce qui se passe en vous, et autorisez
vos émotions à être là. Comprenez aussi que vous n'avez aucune obligation
de continuer à les porter en vous, et que vous pouvez choisir de les laisser
aller à tout moment, quand vous vous sentirez prêt pour ça.

J'ai choisi ici un exemple qu'on rencontre assez fréquemment dans les
histoires de couple, mais le processus expliqué est exactement le même
quelle que soit la situation.

Voyez si vous portez encore en vous de la colère ou du ressentiment vis-à-


vis d'autres personnes, et faites ce même chemin.

Prenez des notes écrites de préférence et inscrivez tout ce qui vous passe
par la tête, même si c'est confus au départ. Ça vous aidera à clarifier ce qui

42
se passe en vous jusqu'à pouvoir identifier vos besoins profonds.

En remettant petit à petit les choses à leur place de cette façon, vous allez
libérer les colères enfouies en vous, et votre cœur va se faire de plus en
plus léger.

Ça demande parfois du temps, et il arrive aussi qu'il soit nécessaire de s'y


reprendre un certain nombre de fois jusqu'à pouvoir se reconnecter
pleinement à ses besoins pour lâcher prise, mais ça vaut la peine d'y
travailler.

Et en partant de ce cheminement-là, vous pourrez aussi identifier par la


suite les moments où vous vous laissez emporter par vos automatismes et
où il pourrait être constructif pour vous d'aller chercher directement quels
sont les besoins qui demandent à être satisfaits, ce qui vous évitera de
retomber dans les mêmes panneaux.

Le fait de libérer tout le ressentiment qu'on peut éprouver contre soi-même


nous permet d'accéder à notre véritable nature, de la laisser s'exprimer de
plus en plus et de faire de nouveaux pas vers l'amour de soi. Et quand on
s'aime et qu'on s'accepte soi-même, on fait de même avec les autres.

Voilà donc une nouvelle clé qui vous aidera, je l'espère, à sortir des
conflits et à les voir apparaître de moins en moins souvent sur votre
chemin.

Lectures conseillées si vous voulez approfondir ce thème :

- « Le don du pardon » d'Olivier Clerc


- « La méthode Sédona » de Hale Dwoskin

43
9 – La peur

Pour cette nouvelle étape, je vous propose de parler de l'une des émotions
qui nous freinent le plus et qui se cache d'ailleurs derrière toutes les autres
émotions négatives : il s'agit de la peur.

Cette émotion nous la connaissons tous. Au lieu de nous propulser vers le


haut, elle nous limite dans nos choix, elle nous pousse à fermer notre cœur
et elle nous fait bien souvent réagir avec agressivité.

La peur et le mental sont étroitement liés, et en apprivoisant cette peur, en


l'acceptant, sans chercher à la repousser, nous pouvons petit à petit nous en
libérer.

La peur intervient quand notre esprit se projette vers un futur imaginaire


négatif. Nous envisageons des possibilités néfastes ou inquiétantes pour
nous, et du coup, la peur monte et a même parfois tendance à nous
paralyser, nous fermant l'accès à nos ressources intérieures.

La peur n'est concrètement qu'une illusion. Quand nous nous projetons


vers un futur imaginaire négatif, ce sont des possibilités que nous
envisageons, qui parfois sont cohérentes et pourraient réellement arriver, et
d'autres fois non. Même si certaines de nos peurs pourraient effectivement
devenir réalité, il ne faut pas perdre de vue qu'il existe une infinité d'autres
possibilités plus joyeuses et positives, et qu'il n'y a rien de concret qui nous
condamne à attirer à nous les éventualités négatives plus que les positives.

Par ailleurs, c'est ce vers quoi nous tournons notre attention la majorité du
temps (soit au moins 51% de ce temps) qui fait que nous attirons à nous
des expériences se plaçant dans une même énergie (voir les principes de la
loi d'attraction)

Si vous vous placez constamment dans des pensées de peur, de doute,


d'inquiétude, de manque ou autre, c'est un peu plus de tout ceci que vous
aurez tendance à attirer à vous. Il n'y a cependant pas lieu de paniquer, car

44
notre avenir se construit à partir de ce qui se passe en nous ici et
maintenant. C'est tout ce qui compte.

Si dès aujourd'hui, vous commencez petit à petit à remplacer vos pensées


de peur et de doute par d'autres plus lumineuses, vous allez inévitablement
améliorer la façon dont le chemin va se dérouler devant vous.

Ce n'est pas le fait de prendre conscience de vos pensées négatives qui va


subitement faire que le ciel va vous tomber sur la tête. Ces pensées étaient
déjà là avant. Vous ne faites que les voir plus distinctement à présent et
c'est justement le fait d'en avoir conscience qui vous donne le pouvoir de
faire un autre choix.

À chaque fois que vous décidez de cesser de ruminer une pensée négative
pour vous recentrer sur ce que vous voulez vraiment, vous commencez à
attirer à vous ce que vous voulez vraiment, et vous stoppez les attractions
négatives qui étaient en cours.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire et choisir de reprendre les rênes de
notre mental en mains.

Pour vous aider à sortir de la peur, vous pouvez vous poser cette simple
question quand vous sentez une inquiétude monter en vous :

« Ici et maintenant, y a-t-il un problème ? »

À travers cette simple question, vous obligez votre mental à se recentrer


sur le moment présent, et donc à interrompre sa projection vers un futur
imaginaire négatif.

Cela fait automatiquement retomber votre peur et vous donne accès à un


espace de paix intérieure. En s'entraînant dans ce sens, il devient de plus en
plus facile de revenir et de rester dans cet espace de paix, et quand vous
vous sentez serein et calme, vous ne ressentez pas le besoin d'agresser les
autres.

Vous pouvez laisser transparaître votre nature profonde, vous réagissez


avec plus d'empathie, avec plus de chaleur, et l'autre le perçoit
inévitablement, même si ça se déroule sur le plan inconscient.

45
C'est un peu comme désamorcer une bombe.

À chaque fois que vous vous libérez de la peur, vous vous sentez bien, et
ce bien-être se répercute immanquablement sur tous ceux qui gravitent
autour de vous.

Souvent, nous avons tellement pris l'habitude de fonctionner dans la peur


que le fait d'en sortir peut provoquer une drôle de sensation en nous et
nous pouvons aussi avoir tendance à vouloir revenir à notre zone de
confort, ce qui est connu et sécurisant, même si c'est négatif.

C'est un automatisme intérieur. L'inconnu a toujours tendance à nous


effrayer, mais en apprivoisant petit à petit ce nouveau chemin, vous verrez
qu'il y a beaucoup à y gagner et cela vous permet par ailleurs d'accéder au
véritable vous, là où il n'y a que de l'amour et de la lumière :-)

Lecture conseillée pour approfondir ce thème :

- « Le pouvoir de l'instant présent » de Eckhart Tolle

Lectures spécifiques sur la loi d'attraction :

- « Le secret » de Rhonda Byrne


- « La loi de l'attraction » de Esther et Jerry Hicks
- « Transformez votre vie » de Laure Zanella

46
10 – Chacun dispose de sa propre version de la
vérité
Je vous propose de poursuivre avec un autre grand sujet de discorde.

Combien de fois au cours de cette vie nous sommes-nous disputés avec


quelqu'un parce que nous défendions une idée alors que l'autre affirmait
que celle-ci était fausse et en brandissait une autre ?

Cette lutte pour savoir qui a raison et qui a tort, nous l'avons tous
expérimentée à un moment ou à un autre. Chacun est convaincu de détenir
la vérité, et c'est en général le plus fort (ou le plus têtu) des deux qui
emporte la bataille, laissant derrière lui une immense étendue de
frustration, de colère et de ressentiment.

Ce qu'il est important de considérer ici, c'est que personne n'a tort ou
raison. Ces notions sont purement subjectives, parce que chacun est
simplement différent de l'autre, et sa version de la vérité est différente
aussi de celle de l'autre.

Depuis tous petits, nous avons accumulé un certain nombre de croyances,


d'idées préconçues, de jugements à propos de tout et de n'importe quoi.
Nous avons été conditionnés, comme nos ancêtres avant nous et ainsi de
suite. Mais notre perception de la réalité est-elle pour autant la seule qui
soit juste ? Ou est-ce que ce n'est au final qu'une interprétation personnelle
de la réalité ?

Quand on dit que la Terre est ronde, c'est un fait avéré et c'est bel et bien la
réalité des choses. Mais quand nous affirmons qu'agir d'une certaine façon
est une bonne chose et qu'agir d'une autre façon est une mauvaise chose,
nous sommes dans le jugement en fonction de notre propre mode d'emploi.

La majorité des êtres humains sont tombés d'accord sur le fait que tuer un
autre être humain par exemple est quelque chose de mal et que nous ne
devons pas le faire, et cet accord conclu entre la majorité permet de poser
un cadre, de définir des règles pour que tous nous puissions vivre en

47
harmonie les uns avec les autres (dans la pratique ce n'est pas encore ça,
mais l'intention est là :-) ), mais le fait est que d'autres entretiennent l'idée
que tuer un être humain peut être acceptable dans certaines conditions, et
d'autres encore considèrent que tuer un autre être humain est tout à fait
normal si celui-ci fait quelque chose qui nous déplaît.

C'est une idée qui heurte fortement ceux qui considèrent la vie comme
sacrée, mais pour d'autres, il n'y a rien de choquant là-dedans parce que
cette version de la vie est celle qui est juste pour eux.

C'est un exemple un peu extrême, mais on peut le transposer sur n'importe


quelle autre situation du quotidien.

Chacun fonctionne selon son propre mode d'emploi, et ce qui est juste et
vrai pour les uns ne le sera pas nécessairement pour les autres et
réciproquement.

Quand l'autre agit en sens inverse de ce que nous considérons comme bon
et juste, cela a tendance à générer en nous de la déception, de la tristesse
ou encore de la colère parce que notre version de la vérité est différente de
celle que cultive l'autre, mais doit-on pour autant blâmer l'autre parce qu'il
est simplement différent de nous ?

Est-ce que cette blessure en nous est réellement engendrée par ce que fait
ou dit l'autre, ou se manifeste-t-elle simplement parce que NOUS
n'adhérons pas à la version de la vérité donnée par l'autre ?

Cette blessure nous appartient, et nous ne pouvons pas rendre l'autre


responsable de ce qui se passe en nous.

Nous avons évidemment le droit de poser nos limites et de ne pas autoriser


l'autre à agir vis-à-vis de nous d'une façon qui n'est pas acceptable pour
nous, et ça, c'est se respecter soi-même, mais nous ne pouvons pas
demander à l'autre de se plier à nos convictions et à notre vision du monde
simplement parce que sa vérité ne cadre pas avec notre vérité.

L'autre est libre d'avancer comme bon lui semble, de la même façon que
nous sommes libres d'évoluer selon nos propres aspirations. Si la vérité de
l'autre est trop différente de notre propre vérité, alors nous sommes libres
de nous éloigner de cet autre et de chercher à nous entourer de nouvelles

48
personnes qui cultiveront les mêmes valeurs que nous.

Personne n'a ni raison ni tort. Nous avons simplement des points de vue
différents et en cessant de vouloir imposer nos idées aux autres, bien des
conflits seront évités. On peut partager notre point de vue avec d'autres,
tout en les laissant libres d'en faire ce que bon leur semblera, comme nous
pouvons entendre le point de vue des autres, sans pour autant avoir une
quelconque obligation de l'adopter.

Cette lutte de pouvoir pour définir qui a raison est la source


d'innombrables conflits. La clé pour sortir de ce piège est de garder à
l'esprit que nous sommes tous différents, et cultivons tous notre propre
version de la réalité.

Si nous cessons de croire qu'il n'y a qu'une seule version de la « vérité »,


alors nous pourrons accueillir ce qui vient de l'extérieur sans plus nous
sentir attaqués.

Rien ne nous oblige à accepter ce dont nous ne voulons pas. Si quelque


chose ne nous convient pas, il nous suffit de faire un autre choix,
paisiblement, et sans agressivité.

Autre aspect qui est important également et découle du précédent :

Combien de fois avons-nous tendance à interpréter les paroles ou les


attitudes des autres en fonction de notre propre version de la vie, au lieu de
nous concentrer purement et simplement sur les faits.

Ca aussi, c'est source de très nombreux conflits. Nous prêtons des


intentions aux autres parce que nous « pensons qu'ils pensent » ceci ou
cela, parce que nous définissons que si l'autre dit ceci ça veut forcément
dire cela, alors que concrètement, on ne sait pas.

Nous ne pouvons pas traduire les paroles ou les actes des autres en
fonction de notre propre modèle du monde, parce qu'encore une fois, ce
qui est vrai et juste pour les uns ne sera pas nécessairement vrai et juste
pour les autres, et vice versa.

Pour éviter les malentendus et les conflits qui n'ont pas lieu d'être, prenez

49
simplement l'habitude de rester centré sur les faits, et lorsque l'attitude ou
les paroles des autres prêtent à confusion, posez-leur des questions
directement jusqu'à ce que le message transmis soit parfaitement clair pour
vous et sans ambiguïtés.

C'est le meilleur moyen d'éviter ces pièges du quotidien qui créent tant de
tensions en nous, alors que bien souvent, tout ne se passe que dans notre
tête.

Voyez par exemple combien de fois vous avez tissé tout un scénario dans
votre imaginaire en partant de votre propre interprétation de l'attitude d'un
autre, pour vous rendre compte au final que la réalité n'avait absolument
rien à voir avec ce que vous aviez imaginé.

Vous avez alors chauffé vos nerfs à blanc, vous vous êtes peut-être rongé
les sangs à ne pas pouvoir fermer l'oeil de la nuit, pour rien !

En prenant dès à présent l'habitude de vous recadrer sur les faits et


seulement sur les faits pour sortir des interprétations, ce piège-là ne se
refermera plus non plus sur vous.

Observez toujours ce qui se passe en vous, et lorsque vous vous surprenez


à entrer dans l'interprétation ou l'élaboration de scénarios autour d'une
situation, rappelez-vous qu'au final, vous ne pouvez pas savoir de quoi il
retourne réellement. Alors posez directement des questions à la personne
concernée, ou interrompez tout simplement votre mental dans sa course, ce
qui vous évitera bien souvent de tomber dans la colère ou la douleur sans
raison.

50
11 – L'amour de soi
J'aimerais aborder à présent un sujet important pour trouver la paix en soi
et avec les autres : l'amour que nous nous portons à nous-mêmes.

Nous avons déjà parlé de tous ces jugements qui font partie de notre
dialogue intérieur, qu'ils soient tournés vers les autres ou vers notre propre
personne, et je voudrais approfondir cette notion plus précisément, car elle
est vraiment essentielle.

Quand on se sent bien dans sa peau et en paix avec soi-même, peu importe
ce que les autres disent ou font, on ne le prend pas à titre personnel et on
comprend qu'il y a là un autre scénario qui se joue quand on fait face à
l'agressivité des autres, que nous ne servons que de miroir à l'autre qui
projette sur nous ses propres souffrances.

Mais lorsque nous sommes nous-mêmes dans la souffrance, qu'il y a


encore trop de plaies non guéries en nous, il peut être très difficile d'avoir
un tel recul et de garder son cap.

Bien souvent, nous serons amenés à attirer à nous des expériences qui vont
justement venir nous piquer là où ça fait mal, pas dans le sens d'une sorte
de punition divine, mais simplement parce qu'une part de nous demande à
aller vers la guérison, et la difficulté rencontrée nous donne alors
l'occasion de nous confronter à notre douleur, de comprendre ce qui se
cache derrière et de réparer ce qui doit l'être.

Quand on porte un regard négatif sur soi, quand on se juge sans arrêt,
quand on estime ne pas être assez ceci ou cela pour pouvoir être aimés,
notre cœur se ferme, notre joie de vivre se flétrit et toutes nos expériences
concrètes prennent cette même teinte fade et terne.

Parfois ça peut aller jusqu'à un sentiment de mort intérieure, l'impression


de passer à travers la vie sans la vivre réellement, mais il n'est jamais trop
tard pour renverser la vapeur.

51
Pourquoi porte-t-on un regard négatif sur soi ? Quand nous étions enfants,
nous ne portions absolument aucun jugement, ni sur nous-mêmes, ni sur
les autres.

Les enfants acceptent les autres tels qu'ils sont, et ils leur offrent un amour
inconditionnel, tout naturellement. Alors pourquoi cela change-t-il en
grandissant ? Pourquoi commence-t-on à se sentir mal dans son corps et
mal dans sa tête ?

Eh bien, cet immense fossé qui existe entre le regard bienveillant et plein
d'amour d'un tout petit et celui des adultes que nous sommes (et ceux que
nous avons été entre ces deux périodes) a été creusé par toutes les
croyances limitantes que nous avons adoptées depuis notre enfance.

Un « beau » jour, quelqu'un a commencé à nous dire que telle chose était
jolie et telle autre laide. Quelqu'un d'autre nous a dit qu'il était correct de
faire ceci et mal de faire cela. Enfants, on nous a dit et répété que si nous
nous comportions de telle façon, nous serions de gentils enfants, par
contre, si jamais nous adoptions telle autre attitude, alors là nous serions
bien méchants...

Je suppose que tout le monde a dû connaître ce cheminement ou une


variante plus ou moins proche dans notre culture.

Constamment, nous entendions les adultes et ceux qui étaient plus grands
que nous émettre des jugements au sujet de tout et n'importe quoi, et petit à
petit, parce qu'en tant qu'enfants nous ne remettons pas en cause la parole
de ceux qui nous ont précédés, nous intégrons toutes ces croyances
limitantes au sujet de ce qui est bien et mal, au sujet de ce qui est beau ou
laid, de la façon « juste » de se comporter et de ce qui est inapproprié.

Nous avons été conditionnés à penser d'une certaine façon, comme nos
ancêtres avant nous, et à chaque fois que notre élan spontané nous poussait
à sortir du cadre bien défini des attentes des autres à notre sujet, les
réprimandes, les blâmes, les tentatives de culpabilisation et autres
démarches visant à nous « remettre dans le droit chemin » ont semé dans
notre esprit l'idée que nous n'étions pas une bonne personne.

Quand on regarde un peu ce qui se passe dans notre société, combien

52
d'adultes, d'adolescents et même d'enfants assez petits déjà se sentent mal
dans leur peau et en souffrance parce qu'on leur a dit qu'il fallait répondre
à tel ou tel critère pour être jugés acceptables et aimables (dans le sens de
pouvoir être aimé) ?

Je suis d'avis que si on laissait les enfants suivre leur élan spontané sans
chercher à les « domestiquer » comme le dit Miguel Ruiz dans « Les 4
accords toltèques », il n'y aurait pas de guerres, pas de conflits et pas de
problèmes.

Les enfants suivent leur nature profonde et laissent parler leur véritable
Moi, et ce véritable Moi est plein de lumière et ne chercherait pas à nuire à
un autre, ni à lui-même d'ailleurs.

Le mode de fonctionnement de notre société rend compliqué de laisser


libre cours à la spontanéité naturelle des enfants, parce que dès qu'on sort
du lot, dès qu'on est différent, on a tendance à être rejeté, pointé du doigt
ou même insulté, mais il est possible de trouver un juste équilibre, de se
respecter soi-même tout en tenant compte des autres.

Ce sont toutes ces étiquettes que nous collons sur notre dos, tous ces
critères qui reflètent une perfection illusoire que nous cherchons
constamment à atteindre qui nous mènent à porter un regard aussi négatif
envers nous-mêmes.

Pour sortir du piège, la clé va être de commencer par identifier toutes ces
croyances restrictives que nous avons adoptées au sujet de ce qui est bien
ou mal, juste ou faux, beau ou laid, etc.

C'est le fait de prendre conscience de ce en quoi vous croyez et de remettre


en question toutes vos anciennes croyances qui va vous permettre de
retrouver votre pleine liberté et de laisser l'amour circuler vis-à-vis de
votre propre personne.

Si vous êtes souvent critique vis-à-vis de votre corps par exemple,


demandez-vous comment vous pensez devoir être, quels critères vous
estimez devoir atteindre pour pouvoir vous autoriser à vous accepter et à
vous aimer, et ensuite, demandez-vous qui vous a enseigné que vous
devriez être comme ci ou comme ça, sous peine de ne pas être considéré
comme beau ou belle ou de ne pas pouvoir être aimé. Vous n'arriverez

53
peut-être pas à déterminer une origine précise à votre croyance parce que
la même idée vous aura été répétée par de multiples sources, mais peu
importe, vous savez que cela vient de l'extérieur de vous.

Le fait est qu'il n'existe pas un modèle de perfection absolue qui


engloutirait tous les autres. Il y a juste des gens qui pensent d'une façon, et
d'autres qui pensent que ces gens ont raison ou tort. Il ne s'agit néanmoins
que de croyances et uniquement de croyances.

Personne d'autre que nous ne peut définir à notre place ce qui est vrai ou
bien pour nous. Si vous acceptez que les autres vous définissent, vous
serez toujours malheureux parce qu'à mesure que leur perception de la
perfection va évoluer, vous devrez courir encore et encore après un idéal
que vous n'atteindrez probablement jamais et pendant tout ce temps, vous
allez vous critiquer, vous juger et refuser de vous aimer tel que vous êtes
sous prétexte que tel ou tel aspect de votre personne ne correspond pas aux
critères de « perfection » après lesquels vous courez.

La seule personne qui devrait définir ce qui est juste ou non pour vous,
c'est VOUS !

Si quelque chose en vous vous déplaît, alors changez-le, mais surtout, ne


cherchez pas à changer pour pouvoir mieux répondre aux attentes d'autres
personnes à votre sujet. Vous ne pourriez trouver aucun bonheur dans cette
direction là.

Pour aller à la rencontre de soi-même et commencer à s'accepter et à


s'aimer vraiment, il est essentiel de commencer par définir tous ces
« accords » que nous avons conclus avec nous-mêmes au sujet de ce qui
est bien ou mal, de ce qui est beau ou non, de ce qui est correct ou pas.

Revoyez toutes les bases, remettez tout ce qu'on vous a appris en question,
et demandez-vous seulement et uniquement ce qui sonne juste pour vous
dans votre for intérieur.

Voyez sur quels aspects vous avez tendance à vous juger, à voir le manque
ou l'absence d'éléments que vous pensez nécessaires pour être acceptable
ou aimable.

54
Ensuite, prenez conscience du fait que ces règles que vous suivez, ces
critères que vous croyez devoir atteindre pour devenir parfait sont
totalement aléatoires et subjectifs.

Vous êtes déjà parfait tel que vous êtes, et il n'y a rien à changer pour
devenir acceptable ou aimable.

Changez seulement ce que vous avez ENVIE de voir changer parce que
vous avez le désir d'évoluer et d'aller vers un mieux, à vos yeux, mais
comprenez que vous n'avez nul besoin d'être différent de ce que vous êtes
pour pouvoir être aimé.

La clé est de commencer par s'aimer soi-même pour qu'ensuite l'amour


puisse se déployer à l'extérieur de soi. Il n'en tient qu'à vous. Vous pouvez
décider dès à présent de laisser tomber toutes vos anciennes croyances
restrictives et de vous accepter pleinement, tel que vous êtes ici et
maintenant.

Ca demandera sans doute un peu d'entraînement jusqu'à ancrer en


profondeur cette nouvelle perception de vous-même, mais ça vaut la peine
d'y travailler, car non seulement vous allez vous sentir beaucoup plus
vivant, vous allez rayonner de l'intérieur, mais c'est aussi tout autour de
vous et dans vos rapports avec les autres que cela va se répercuter.

Quand on s'aime soi-même, on est libre d'accepter et d'aimer les autres tels
qu'ils sont, et on se contente de faire des choix qui nous servent sans
ressentir le besoin d'agresser l'autre sous prétexte qu'il est différent de soi.

L'amour de soi conduit à la paix intérieure, et la paix intérieure crée la paix


tout autour de soi.

Plus il y aura de personnes sur cette Terre qui vont franchir le pas de
s'aimer et de s'accepter telles qu'elles sont, et plus on verra la violence et
l'agressivité retomber.

Chaque petit pas fait dans ce sens nous rapproche un peu plus d'un monde
plus lumineux, alors ça vaut vraiment la peine de s'y mettre, en respectant
le rythme juste pour soi et en faisant simplement de son mieux.

55
Lecture conseillée pour approfondir ce thème :

- « Le courage d'être soi » de Jacques Salomé


- « L'amour sans condition » de Louise Hay
- « Ho'oponopono » de Luc Bodin

56
12 – Le négatif attire le négatif, et vice versa !
J'aimerais maintenant mettre en lumière un aspect important au niveau
relationnel : nous attirons toujours à nous des situations qui vont cadrer
avec ce qui se passe à l'intérieur de nous.

Avez-vous déjà remarqué que lorsqu'un conflit éclate, les pensées


entretenues avant ce conflit n'étaient pas nécessairement très positives ?
Vous est-il déjà arrivé aussi de vous projeter mentalement dans un
scénario négatif et de voir ensuite celui-ci se concrétiser ?

Ce n'est pas tant de la prémonition qu'une création pure et simple dont


l'auteur est... vous-même !

Quand vous dirigez toute votre attention vers ce dont vous ne voulez pas,
vous attirez à vous l'essence de ce quelque chose dont vous ne voulez pas.
Cela ne se matérialisera pas forcément sous la forme concrète que vous
auriez pu imaginer, mais vous vous retrouverez immanquablement
confronté à l'essence de ce que vous avez projeté en pensées.

Il n'y a pas lieu cependant d'avoir peur de vos pensées négatives, car tout
ce qui compte, c'est ce que vous allez faire ici et maintenant. Tant que
quelque chose ne s'est pas concrétisé physiquement, il n'est pas trop tard
pour inverser la vapeur et faire un choix qui vous conduira à un résultat
plus positif. Et j'ajouterais que même lorsque quelque chose s'est manifesté
à vous concrètement, nous avons bien souvent encore une marge de
manœuvre pour donner une tournure différente à la suite du chemin.

Examinons un peu comment les choses se passent d'un point de vue


concret.

Vous démarrez votre journée tranquillement, tout va bien jusque-là, et à un


moment donné, pour une raison ou une autre, votre attention se dirige vers
quelque chose qui crée un malaise en vous et une pensée négative vous
traverse alors l'esprit. Admettons que cette pensée concerne une autre
personne.

57
À ce moment-là, vous avez deux possibilités : soit vous laissez aller la
pensée qui vient d'arriver, vous choisissez de ne pas y accorder votre
attention, et vous allez poursuivre votre journée paisiblement, ou alors (et
c'est le choix que nous avons tendance à faire la plupart du temps) vous
commencez à ruminer cette pensée, vous ressentez de plus en plus
d'agitation intérieure et d'autres pensées tout aussi négatives voire plus
arrivent en trombe vers vous.

Vous aviez donc commencé votre journée de bonne humeur, et vous voilà
en train de bouillir intérieurement parce que vous avez choisi d'accorder
votre attention – et donc de nourrir – une pensée négative qui « passait par
là ».

Imaginez maintenant que la personne concernée par votre pensée négative


vous rejoigne à ce moment-là... Comment allez-vous vous positionner par
rapport à cette personne ? Allez-vous lui présenter votre plus beau sourire,
en étant ravi de la voir arriver, ou la présence de cette personne aura-t-elle
tendance à vous faire bondir, à cause du malaise intérieur engendré par...
une pensée, alors que concrètement, il ne s'est rien passé du tout à ce
moment-là qui aurait pu générer un conflit ?

Il arrive très souvent que les conflits démarrent parce que l'un ou l'autre
des protagonistes a accordé son attention à une pensée négative, qui a
ensuite attiré vers elle d'autres pensées du même type pour conduire la
personne concernée à un état de tensions intérieures plus ou moins vives
en fonction de la situation et de ce qui a déjà été vécu auprès de l'autre
personne.

C'est ce qui arrive en général parce que nous avons l'habitude de


fonctionner comme ça et de nous laisser contrôler par notre mental, mais
comprenez que nous avons réellement le choix, et que, même si ça
demande des efforts au début, nous pouvons petit à petit renverser ces
mécanismes pour les remplacer par d'autres plus lumineux en reprenant les
rênes de notre esprit.

Si vous êtes ancré dans le moment présent, il y a juste vous, l'autre


personne et ce qui se déroule ici et maintenant. Quoi qu'il ait pu se passer
avant, quand vous vivez l'instant, vous êtes totalement connecté à ce
moment présent et le passé n'existe plus.

58
Lorsque vous êtes encore en proie au mental et que vous accordez votre
attention à une pensée engendrant de la colère, du ressentiment ou de la
souffrance en vous, vous nourrissez cette pensée de par l'attention que
vous lui accordez, et cette pensée va alors en attirer à vous d'autres de
même nature, ce qui va faire chuter votre état émotionnel vers des états de
même nature que votre pensée.

Par ailleurs, quand vous appréhendez une interaction pesante avec une
autre personne, que vous imaginez toutes sortes de scénarios énervants ou
difficiles pour vous, vous vous conditionnez vous-même pour aboutir à
une situation réelle cadrant avec votre vision imaginaire.

Quand vous êtes déjà crispé alors qu'il ne s'est encore rien passé, l'autre
personne étant peut-être de très bonne humeur à ce moment-là, cette autre
personne va percevoir souvent inconsciemment votre tension intérieure et
va réagir en conséquence. Elle sera plus ou moins sur la défensive et sa
bonne humeur initiale va retomber elle aussi.

Si jamais vous laissez s'exprimer votre tourmente intérieure et attaquez


l'autre, même si c'est de façon indirecte, l'autre va encore une fois réagir en
conséquence et vous allez pouvoir entamer une belle partie de ping-pong
dont chacun ressortira usé, vidé, plein de colère ou d'amertume.

Si l'autre est bien centré sur lui-même, il ne fera pas une affaire
personnelle de votre mauvaise humeur et ne tombera pas dans le piège,
mais bien souvent, l'autre n'est pas plus connecté au moment présent que
nous ne le sommes de notre côté, et on avance alors sur un champ de
mines.

Pour éviter de tomber dans ce piège, il est important encore une fois de
reprendre la responsabilité de sa vie et de ses sentiments.

Si vous pensez à quelque chose et que vous vous sentez mal, ce n'est pas la
faute de l'autre. L'autre a peut-être dit ou fait quelque chose qui a servi
d'élément déclencheur à votre malaise, mais si ce malaise est là, c'est parce
que les actes ou les paroles de l'autre ont touché une plaie déjà existante en
vous qui n'a pas encore été guérie. Vous réagissez en fonction de votre
vécu, de votre modèle du monde et de vos croyances au sujet de ce qui est
bien ou mal, et l'autre n'a rien à voir avec ça.

59
Ce ne sont pas directement les paroles ou les actes des autres qui créent
notre souffrance. Ces éléments extérieurs ne font que toucher une blessure
qui n'a pas encore été soignée et il n'y a qu'en prenant soin de nos blessures
nous-mêmes que nous pourrons alors éviter de tomber dans de nouveaux
panneaux de ce genre.

Tant que nous rendons les autres responsables de ce qui se passe en nous,
on tournera en boucle, encore et encore, et on se maintiendra la tête sous
l'eau.

Le même genre de scénarios se répétera par ailleurs à chaque fois qu'un


élément extérieur viendra toucher les plaies non guéries en nous, et autant
dire que nous allons souffrir un sacré paquet de fois si nous ne tenons pas
compte de ce que nos émotions nous disent.

Le chemin le plus court vers la guérison c'est de diriger toute notre


attention vers ce qui se passe en nous lorsqu'un facteur extérieur déclenche
une tempête intérieure.

Si vous prenez l'habitude d'observer ce qui se passe en vous et de vous


demander ce qui a besoin d'être réparé de ce côté, vous avancerez bien
plus vite, vous vous laisserez de moins en moins embarquer par votre
mental et vos peurs, et vous allez vous créer un espace intérieur lumineux
et sécurisant.

En guérissant vos blessures et en étant en paix avec vous-même, vous ne


dirigerez plus sur l'autre votre ressentiment ou votre colère lorsqu'une
pensée négative arrivera. L'autre sera accueilli au lieu d'être pris pour
cible, et le conflit ne sera plus amorcé pour laisser la place à un dialogue
authentique et sincère.

Si les autres adoptent une attitude qui nous blesse, rien ne nous empêche
de leur exprimer et de permettre ainsi à ces autres de prendre conscience
de leur propre positionnement, mais il s'agit alors ici non pas de les
accuser ou de les rendre responsables de notre souffrance, mais
simplement de parler de soi, de son ressenti, de ses besoins et souhaits
(voir l'étape sur la Communication Non Violente).

Les autres restent libres d'entendre ou non le message et de changer ou non

60
leur attitude en fonction de ça.

Pour en revenir au sujet du jour, lorsque vous vous placez dans un


positionnement intérieur négatif vis-à-vis de quelqu'un, vous stimulez
l'autre inconsciemment pour qu'il vous montre un peu plus de ce quelque
chose qui vous irrite en lui. Et lorsque l'autre n'est pas centré sur lui-même,
il aura tendance à s'aligner inconsciemment sur votre positionnement et à
suivre votre mouvement pour vous donner ce que vous « demandez »,
même si c'est involontaire et inconscient là aussi.

À l'inverse, lorsque vous vous placez au moins dans une position neutre
vis-à-vis de l'autre ou dans un état d'esprit positif et confiant, vous
attendant à voir surgir le meilleur de lui, vous l'invitez là aussi à vous
suivre et à vous montrer la part de lui que vous vous attendez à voir
apparaître. L'autre reste libre de ses choix, mais dans la majorité des cas, le
simple fait de s'aligner intérieurement et de se placer dans un état d'esprit
ouvert et accueillant vis-à-vis de l'autre permet d'aller vers des relations
saines, posées et lumineuses.

Quand vous êtes détendu et serein, les autres le perçoivent


inconsciemment, et ils se sentiront alors paisibles eux aussi, ils
s'autoriseront plus facilement à être eux-mêmes et pourront venir vers vous
sans appréhension.

Vous pouvez vous appuyer sur vos expériences passées pour faire le point
de ce côté et observer la façon dont vous étiez positionné intérieurement
lorsque des conflits ont éclaté.

Voyez quel était votre état d'esprit à ce moment-là et ce qui s'est passé
ensuite, et de la même façon, voyez dans quel état d'esprit vous étiez à
d'autres moments où vous avez eu des échanges très agréables avec les
autres.

En prenant conscience de ces mécanismes, vous allez ouvrir la porte à la


possibilité de faire des choix conscients, et il vous sera de plus en plus
facile de créer des liens lumineux et joyeux tout autour de vous.

Entraînez-vous dans ce sens, expérimentez, et progressez petit à petit, à


votre rythme. C'est toujours ce qui donnera les meilleurs résultats.

61
62
13 – Ce qui est, et l'interprétation qu'on en fait

Je vous propose maintenant d'approfondir l'un des aspects dont nous avons
parlé dans l'étape concernant les générateurs d'agressivité.

Bien souvent, lorsque nous échangeons avec les autres, au lieu d'entendre
le message qui nous est transmis ou d'observer les faits, nous posons sur
ces paroles ou ces actes un filtre qui les déforme et modifie complètement
le message que nous étions censés recevoir.

Nous interprétons systématiquement ce que nous percevons au-dehors, et


le problème, c'est que cette interprétation n'est pas neutre et objective. Elle
est influencée par nos croyances, notre perception de la vie et les
conclusions que nous avons tirées de notre propre expérience.

Lorsque le chemin qu'on laisse derrière soi est plein de blessures non
guéries encore, nous avons tendance à interpréter ce qui vient du dehors de
sorte que ça vienne appuyer sur ces anciennes plaies, et ce que nous
recevons de notre côté n'aura plus grand-chose à voir avec ce que l'autre
cherchait à nous dire ou à nous montrer.

Même quand notre interprétation du message de l'autre se rapproche plus


ou moins de la réalité, nos filtres personnels auront tendance à amplifier ce
message (dans le mauvais sens), générant en nous une nouvelle douleur ou
de la colère, nous menant bien souvent à des conflits.

Le point de départ pour éviter de tomber dans le piège est de marquer un


temps d'arrêt lorsque les propos ou les actes des autres provoquent un
malaise en nous.

Au lieu de bondir directement comme si vous étions montés sur ressort (ou
de sauter à la gorge de l'autre :-) ), vous pouvez prendre quelques instants
pour vous demander si le message que vous entendez correspond bien à
celui qui a été envoyé par l'autre.

63
Vous pouvez utiliser votre mental pour vous demander quels sont les faits
concrètement.

Voyez ensuite si la façon dont vous recevez le message comporte un


jugement ou une interprétation personnelle ou pas.

Quand vous dites par exemple « X ne m'a plus donné de nouvelles depuis
1 semaine » c'est un fait. Par contre, si vous dites « X ne veut plus me
voir » ou encore « Je ne compte pas pour X » il s'agit d'une interprétation
personnelle parce que vous supposez que si vous n'avez pas eu de
nouvelles, c'est parce que l'autre ne souhaite plus avoir de contact avec
vous ou encore que vous n'avez aucune importance pour lui.

Ca pourrait être le cas, mais il existe aussi une infinité d'autres possibilités
qui n'ont strictement rien à voir avec vous et qui font que X n'a pas donné
de nouvelles.

Il ne faut pas perdre de vue que chacun dispose de son propre modèle du
monde. Chacun a un mode d'emploi qui lui est propre, et même si on
retrouve certaines similitudes entre les uns et les autres, il ne faut pas pour
autant mettre tout le monde dans le même panier.

Chacun est unique et différent de tous les autres, et chacun a sa façon à lui
de réagir. Ce qui est vrai et juste pour vous ne le sera pas nécessairement
pour les autres, et réciproquement.

Le fait d'interpréter la façon d'être, les actes ou les paroles des autres est
l'un des plus grands pièges qui existent au niveau relationnel.

Non seulement, on se fait souvent du mal en « pensant que les autres


pensent... », mais il y a également bien des liens qui se retrouvent
tourmentés ou brisés à cause de malentendus.

Comme nous l'avons vu hier, lorsqu'on se place dans un état d'esprit


négatif par rapport à l'autre, on fait tout (même si c'est en général sans le
vouloir et sans le savoir) pour attirer à soi une issue négative.

Si vous interprétez les paroles des autres dans un sens qui vous blesse et
qu'ensuite vous commencez à en vouloir à ces autres, toujours en proie à
votre illusion, vous allez avoir tendance à réagir de façon négative vis-à-

64
vis de ces autres et soit vous ne leur adresserez peut-être plus la parole, ou
alors vous allez foncer tête la première vers une dispute, tout ça, parce que
vous aurez laissé votre mental décider de la façon dont il faut entendre le
message de l'autre au lieu de simplement entendre ce qui a été dit.

Si le message reçu est ambigu et que vous n'êtes pas certain de sa


signification, au lieu de laisser courir et d'entrer dans l'interprétation
personnelle avec tous les risques que cela comporte, posez directement des
questions à votre interlocuteur et expliquez-lui au besoin que vous
voudriez vous assurer d'avoir bien compris ce qu'il cherchait à vous dire.

Parfois on n'ose pas demander cette clarification parce qu'on craint de


passer un(e) idiot(e), mais là aussi, ce sont encore nos filtres qui parlent et
qui nous poussent à anticiper cette fois une réaction négative qui n'existera
probablement pas. Et même si l'autre devait trouver notre questionnement
ridicule, c'est son droit de le penser, mais ça ne fait pas pour autant de
notre démarche quelque chose de stupide.

Sentez-vous à l'aise avec l'idée de vérifier avec l'autre que vous avez bien
entendu ce que vous étiez censé entendre, ce qui évitera tout malentendu et
vous permettra bien souvent d'éviter une grande agitation intérieure pour
rien du tout.

Il arrive aussi bien souvent qu'au lieu de nous contenter d'entendre le


message de l'autre, nous le développions et y rajoutions tout un tas d'autres
mots qui n'ont jamais été prononcés, et sans doute jamais été pensés.

Vous est-il par exemple déjà arrivé de demander à votre conjoint s'il avait
sorti la poubelle, et de recevoir en retour une réponse cinglante, pleine de
frustration ou de colère ?

Au lieu d'entendre votre question, l'autre y a vu des sous-entendus et a


transformé votre « Tu as sorti la poubelle ? » en un « Je suppose que tu
n'as toujours pas sorti la poubelle ?! C'est encore moi qui vais devoir
m'occuper de ça comme d'habitude ! Toujours les mêmes qui doivent tout
faire dans cette maison ... » ou quelque chose dans le genre, d'où sa
réaction totalement incompréhensible pour vous qui attendiez un simple
« oui » ou « non ».

Ces mots imaginaires qui se greffent à ce qui a réellement été dit

65
s'installent aussi bien dans un sens que dans l'autre. Voyez s'il vous arrive
vous aussi de rajouter des pans de phrases à celles qui arrivent à vos
oreilles.

Si l'autre a une réaction négative alors que vous lui posiez une simple
question appelant un « oui » ou un « non », n'hésitez pas à dire à l'autre ce
que vous attendiez de lui, posément et sans agressivité.

Le même scénario se répétera peut-être un certain nombre de fois, mais à


force de remettre les choses à leur place, les anciens automatismes
pourront petit à petit se dissoudre pour laisser la place à un autre type de
communication.

En prenant conscience de ces mécanismes qui nous poussent à transformer


le message reçu dans un sens négatif, il est possible de redevenir présent à
la réalité, et d'éviter ainsi tout un tas de conséquences négatives à une
interprétation erronée.

Concentrez-vous sur les faits et juste sur les faits. Entendez ce qui est dit et
rien d'autre que ça, et si jamais l'autre tente effectivement de vous faire
passer un message à travers une question innocente en apparence, il ne
vous appartient pas de le deviner et de prendre les devants.

Là, vous pouvez volontairement jouer les idiots et vous contenter de


répondre à la question qui vous est posée, incitant ainsi l'autre à clarifier sa
demande ou à s'en occuper lui-même.

Une demande qui n'a pas été formulée clairement n'a pas à être satisfaite.
Voilà une règle importante pour avancer vers des échanges sains et
constructifs.

Ne l'oublions pas, en tant qu'adultes, nous sommes tous responsables de


nous-mêmes, même pour ceux d'entre nous qui seraient intérieurement
encore de grands enfants :-) On peut prendre la Vie avec humour et
légèreté tout en étant conscient et responsable de soi.

Ce qui peut être difficile, c'est de sortir de nos anciens automatismes, parce
que pendant des années, nous avons pris l'habitude de réagir d'une certaine
façon. Il se peut aussi que nous connaissions celui ou celle qui se trouve en
face de nous depuis très longtemps, et nous avons là aussi tendance à

66
réagir de façon automatique, en fonction de ce qui a été vu, dit ou vécu
jusque-là, au lieu de considérer que chacun change et évolue et que ce qui
était vrai hier ne l'est peut-être plus aujourd'hui.

C'est au niveau des relations de couple à long terme que ce renversement


est sans doute le plus délicat, parce que nous sommes confrontés à l'autre
au quotidien, et certaines habitudes toxiques peuvent avoir pris une
proportion bien lourde, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.

C'est encore et toujours la pratique et la répétition de cette nouvelle façon


de fonctionner qui permettra petit à petit d'instaurer de nouvelles habitudes
plus saines dans sa vie et de la rendre beaucoup plus agréable et joyeuse !

67
14 – Ressources illimitées
Parmi tous ces éléments qui ont tendance à nous mener au conflit, il y en a
un que nous rencontrons bien souvent et qui part pourtant d'une croyance
erronée : il s'agit de la jalousie (et de tous ces dérivés).

Il arrive bien souvent que des gens ressentent de la colère ou de la


frustration envers ceux qui vivent ce qu'eux-mêmes aimeraient vivre, parce
qu'ils croient ne pas pouvoir en faire de même.

Ils entretiennent l'idée qu'ils ne peuvent pas obtenir ce qu'ils désirent et que
la porte leur est fermée pour une raison ou une autre, et en fait, c'est
précisément le fait de croire que cette porte est fermée qui les empêche de
voir leurs souhaits se concrétiser.

Ce décalage qui existe entre ce qu'on croit possible et ce qui l'est


réellement vient généralement de deux éléments :

- On croit que c'est une force extérieure à nous qui dirige notre vie
et décide de ce qui doit y prendre forme ou pas
- On croit qu'il existe un nombre limité de ressources dans
l'Univers et que si certains possèdent ou vivent ce que nous voulons
avoir ou expérimenter, il ne nous est alors plus possible de voir ces
éléments se manifester dans notre expérience de vie

Il s'agit pourtant là de croyances et uniquement de croyances.

En ce qui concerne la première, il est important de comprendre qu'il


n'existe pas de destin tout tracé qui dirait qu'à tel moment nous allons vivre
telle situation, ou qui nous obligerait à affronter telle épreuve. Le seul
élément qui est à l'origine des expériences que nous vivons est notre
positionnement intérieur.

C'est toujours la vibration qui émane de nous qui va attirer à nous des
expériences, des circonstances et des gens qui vibreront sur une même

68
fréquence pour ainsi dire.

Tant que nous n'avons pas conscience de cela, nous serons la plupart du
temps victimes de ce processus, parce que nous n'exerçons aucun contrôle
ni sur nos pensées ni sur la direction qu'emprunte notre attention, et du
coup, nous allons inviter sans le vouloir tout un tas d'expériences
indésirables au sein de notre existence.

Quand vous dirigez votre attention vers ce dont vous ne voulez pas ou ce
qui génère un malaise en vous, vous attirez à vous l'essence de ce à quoi
vous prêtez attention.

L'Univers ne fait pas le tri et n'entend pas que nous ne voulons pas de tel
élément. Il réagit seulement à ce vers quoi nous tournons notre attention
pour nous envoyer des circonstances concrètes de même nature.

Vous attirez toujours vers vous ce à quoi vous prêtez attention, que vous le
vouliez ou non, et dès lors que vous comprenez et acceptez cela, vous
pouvez commencer à jouer délibérément avec le processus créatif pour
attirer vers vous des expériences qui cadrent avec ce que vous voulez
vraiment.

Ca demande de l'entraînement, à cause de toutes les anciennes habitudes


en place, mais ça fonctionne réellement ainsi et chacun est le seul et
unique créateur de son expérience de vie.

Quand vous entretenez l'idée que quelqu'un ou quelque chose d'extérieur à


vous dirige le navire, vous cédez votre pouvoir à ce quelqu'un ou ce
quelque chose.

Quand vous reconnaissez votre implication dans tout ce qui arrive dans
votre vie, vous acceptez la responsabilité de la direction prise par votre
existence, et surtout, vous reconnaissez votre propre pouvoir et votre
capacité à créer tout ce que vous voulez.

Si vous vivez des expériences déplaisantes, il est inutile de blâmer ceux


qui vivent de meilleures circonstances, car ils n'ont pas pris les tickets
gagnants pour vous laisser seulement des miettes. Ils n'ont pas pris ce qui
vous revenait de droit en vous laissant sur la touche. Ils ont juste trouvé
avant vous le moyen de s'aligner intérieurement sur la fréquence de leur

69
souhait concrétisé et c'est pour ça qu'ils vivent ce qu'ils vivent aujourd'hui.
Ils ne l'ont pas nécessairement fait consciemment, mais ils l'ont fait.

De la même façon, il est inutile de rendre les autres responsables de la


mauvaise direction que pourrait avoir emprunté votre existence. Les autres
font ce qu'ils font et sont ce qu'ils sont, mais la façon dont vous réagissez à
ce sujet ne dépend que de vous.

Bien sûr, il se peut que nos parents et d'autres personnes de notre


entourage nous aient poussés à avoir un regard négatif sur nous-mêmes, à
croire que nous n'étions pas à la hauteur et ne pouvions pas accéder à ce
que nous désirons vraiment, mais le fait est que ces personnes ont sans
doute fait de leur mieux en fonction de leurs propres schémas et blessures.
On ne peut avancer qu'à partir de ce qu'on connaît, et on ne peut pas
blâmer les autres pour les blocages que nous rencontrons aujourd'hui. Cela
ne servirait par ailleurs à rien, parce que pendant que nous nous plaignons
de quelque chose de passé (qui ne peut donc plus être changé), nous ne
faisons rien dans le présent pour faire changer les choses.

Enfin, il est tout aussi inutile de vous blâmer vous-même si vous ne vivez
pas aujourd'hui ce que vous désirez vivre, car vous aussi, vous ne pouviez
avancer qu'à partir de ce que vous connaissiez. Tant que nous ne sommes
pas conscients de la façon dont notre positionnement intérieur crée notre
expérience de vie, nous ne pouvons qu'avancer en aveugle, en tâtonnant, et
sans nous rendre compte de l'impact de nos pensées négatives. Entrer dans
la culpabilité en vous disant que si vous vivez telle complication, c'est de
votre faute, ne serait pas juste ni productif d'ailleurs.

Les choses sont ce qu'elles sont, c'est un fait. C'est comme ça et on ne peut
pas revenir en arrière. Par contre, vous avez tout le pouvoir ici et
maintenant de décider de ce que vous voulez faire à partir de là.

C'est donc bel et bien vous qui créez ou qui attirez à vous tout ce que vous
voyez apparaître dans votre expérience de vie.

Plutôt que de vous apitoyer sur les circonstances négatives que vous
pouvez rencontrer, comprenez que c'est vous qui avez les rênes en mains,
et demandez-vous ce que vous pouvez changer à l'intérieur de vous
maintenant pour que votre expérience concrète change de la même façon.

70
Voyez dans quelle direction vous avez tendance à tourner votre attention,
quelles sont les pensées que vous cultivez la majorité du temps, et grâce à
la mise en lumière de ces mécanismes intérieurs, commencez à faire
d'autres choix, ceux qui vous permettront de vivre ce que vous avez
vraiment envie de vivre.

Ensuite, par rapport à la croyance qui dit que l'Univers dispose de


ressources limitées et qu'il n'y a pas assez de tout pour tout le monde, c'est
bel et bien une croyance encore une fois.

Il n'y a absolument aucune limite à ce que vous pouvez vivre ou obtenir


dans votre expérience de vie. Quoi que vous puissiez vouloir, l'Univers
dispose de toutes les ressources nécessaires pour le matérialiser.

La seule barrière en fait est celle de votre croyance. Si vous croyez que
quelque chose est impossible ou inaccessible, alors ça sera réellement
impossible ou inaccessible pour vous.

Il n'est pas plus difficile par ailleurs pour l'Univers de vous ramener un
grain de sable qu'une montagne. Ce sont là encore vos croyances qui
créent des limites, mais il ne s'agit que d'une illusion.

À partir du moment où nous comprenons vraiment que nous pouvons tout,


quoi que nous puissions vouloir, la jalousie, l'envie et le ressentiment
envers ceux qui vivent ce que nous voudrions vivre nous aussi n'ont plus
lieu d'être.

Si quelque chose dans votre expérience de vie ne vous convient pas, vous
avez tout le pouvoir pour le changer.

S'il vous manque quelque chose, vous avez tout le pouvoir pour l'obtenir.

Nous disposons tous des mêmes outils, et il ne tient qu'à nous de les
utiliser.

Quand vous voyez quelqu'un vivre ce que vous aimeriez vivre, et que vous

71
vous sentez mal, cela signifie que votre esprit est focalisé sur l'idée que
vous n'avez pas ce que vous désirez, et puisque toute votre attention est
tournée vers le manque ou l'absence, c'est un peu plus de ce manque et de
cette absence que vous attirez à vous.

Si à l'inverse, vous voyez quelqu'un vivre ce que vous aimeriez vivre et


que vous comprenez que vous pouvez vous aussi l'attirer à vous en
associant simplement un sentiment de joie sincère à ce que vous observez,
vous ouvrez en grand la porte à cette expérience que vous voulez vous
aussi voir arriver.

En somme, plus vous vous sentez mal en voyant les autres expérimenter de
belles choses, et plus vous repoussez ces belles choses loin de vous.

Quand vous vous réjouissez sincèrement pour le bonheur et la réussite des


autres, vous invitez dans votre expérience de vie ces mêmes éléments, et
bien plus encore.

La jalousie n'est que le reflet de notre conviction intérieure de ne pas


pouvoir obtenir ou vivre ce que nous aimerions obtenir ou vivre. Dès lors
que nous comprenons que tout est réellement possible si nous croyons que
ça l'est, la jalousie s'envole et laisse la place à une pleine liberté.

Quand on comprend que nous sommes réellement les seuls et uniques


créateurs de notre expérience de vie et qu'il y a assez de tout pour tout le
monde sur cette Terre (même si tout le monde voulait la même chose), il
n'y a plus lieu d'éprouver du ressentiment vis-à-vis des autres, et on peut
laisser l'amour et la lumière prendre toute la place.

Combien de conflits se sont déjà déroulés parce que les protagonistes


estimaient que quelqu'un leur avait pris ce qui leur revenait de droit et qu'il
n'y en avait donc plus pour eux ?

En faisant tomber l'illusion et en sortant de ce piège, il y a bien des


émotions négatives que nous pouvons entretenir à l'égard des autres qui
vont disparaître, et ainsi, une paix toujours plus grande qui pourra se
déployer dans notre monde.

72
73
15 – Reprendre le pouvoir sur sa vie
J'aimerais aborder avec vous pour terminer un autre élément source
d'agressivité, et donc déclencheur de nombreux conflits, que ces conflits se
déroulent avec les autres ou avec nous-mêmes.

Bien souvent, c'est le fait de se sentir impuissant face aux difficultés que
l'on rencontre qui génère en nous de la colère, de la frustration ou encore
de la tristesse. C'est d'ailleurs quand on a l'impression de ne plus avoir
aucun pouvoir de faire changer les choses qu'on a tendance à plonger vers
la dépression. Mais sans aller jusque-là, quand nous nous sentons piégés,
que malgré nos efforts rien ne bouge, nous avons tendance à nous fermer,
à nous enchaîner à notre frustration, et de ce fait, nous pouvons avoir bien
du mal à entretenir des rapports sereins avec les autres.

Quand nous sommes en proie à la colère ou à la frustration, nous avons


tendance à projeter sur les autres ces émotions négatives et nous avons
beaucoup moins d'énergie pour être patients, posés et réceptifs à ce qui se
passe autour de nous.

Il est alors important de prendre du temps pour soi, pour retrouver ses
forces et s'apaiser, plutôt que de vouloir à tout prix suivre le train-train
quotidien qui risque de gonfler un peu plus encore le taux de notre mal-
être.

Vous ne pouvez pas apporter quelque chose d'authentique et d'utile autour


de vous si vous êtes complètement vidé de votre énergie.

Une voiture qui n'a plus de carburant n'avance plus et ne peut plus nous
conduire là où nous voulons aller. C'est pareil pour nous.

Il est essentiel de commencer par « refaire le plein » d'abord, pour


qu'ensuite vous puissiez vous tourner vers les autres et faire ce qui doit être
fait au quotidien.

Penser à soi et prendre du temps pour soi n'est pas de l'égocentrisme. C'est

74
simplement choisir d'avoir envers soi-même l'attitude que l'on aurait
envers n'importe quelle autre personne que nous aimons.

De nombreuses personnes ont appris dès leur plus jeune âge qu'il fallait
toujours faire passer les besoins des autres avant les siens, que leurs
besoins personnels ne comptaient pas et qu'elles seraient de mauvaises
personnes si jamais elles osaient penser un peu à elles-mêmes et à leur
bien-être... Le fait est qu'on ne se place pas dans un don véritable si on ne
se donne pas aussi à soi-même ce que l'on souhaite apporter aux autres. On
est plutôt dans le sacrifice, parce qu'on se sent obligé de réagir d'une
certaine manière sous peine de perdre l'estime et l'affection des autres, et
les dons que nous pourrions faire alors ne viennent pas de l'amour, mais
seulement et uniquement de la peur.

Quand vous prenez soin de vous, que vous vous donnez à vous-même
l'amour que vous donnez à toute autre personne que vous aimez, vous êtes
en paix, vous vous sentez plein de vie et là vous pouvez donner de tout
votre cœur.

C'est précisément en revenant à cet équilibre intérieur que nous pouvons


par ailleurs accéder à l'ensemble de nos ressources intérieures.

Quand vous vous sentez très mal, vous avez tendance à vous focaliser
totalement sur cette impression de pesanteur en vous et toutes les pensées
négatives qui passent par là. Autant dire que remonter la pente dans ces
conditions sera difficile.

Plus vous êtes dans la frustration et la colère, plus vous attirez à vous de
circonstances qui vont vous replacer dans le même état de frustration et de
colère, et vous vous enfoncez alors de plus en plus.

Votre résistance intérieure attire des circonstances négatives qui génèrent


encore plus de résistance intérieure qui attire encore plus de circonstances
négatives, et ainsi de suite.

On voit clairement ici le cercle vicieux qui se met en place.

Lorsque vous vous autorisez à faire une petite pause pour vous recentrer
sur vous-même et sortir du flot habituel de votre vie, vous pouvez casser
ce cercle vicieux dans son élan et éviter de plonger encore plus bas.

75
Il sera alors important de vous recadrer sur ce que vous voulez vraiment,
de chercher des pensées qui génèrent en vous un sentiment un peu plus
léger, et surtout, de comprendre que c'est votre positionnement intérieur
qui détermine toujours ce qui prend forme dans votre vie.

On se sent impuissant quand on croit ne rien pouvoir faire pour changer les
choses, mais le truc, c'est qu'avant de pouvoir entrer dans l'action, il est
essentiel de s'aligner intérieurement et de tourner son attention vers ce qui
génère de bonnes émotions en nous.

À partir du moment où nous sommes alignés, l'action juste nous sera


soufflée à l'oreille par le biais de notre inspiration, et nous pourrons alors à
nouveau avancer.

Si vous vous débattez, que vous êtes plein de colère, de frustration et de


peurs, que vous vous sentez obligé de forcer les choses, vous n'irez nulle
part.

Commencez par vous apaiser et faites en sorte de vous sentir mieux


intérieurement, car c'est à partir de cet espace plus serein que vous pourrez
agir de façon juste et posée et voir des résultats concrets à vos actions.

À partir du moment où nous comprenons que nous sommes réellement les


seuls et uniques créateurs de notre expérience de vie et qu'aucune force
extérieure n'est responsable de ce qui arrive ou non sur notre chemin, le
sentiment d'impuissance n'a plus de raison d'être.

On peut ne pas savoir comment s'y prendre pour avancer, on peut ne pas
voir clairement le chemin à faire, mais cette partie-là ne nous appartient de
toute façon pas. Nous n'avons pas besoin de savoir comment faire pour
aller de là où nous sommes à là où nous voulons aller.

Il nous suffit de clarifier ce que nous désirons vraiment, ce qui nous tient
le plus à cœur, et de laisser ensuite le bon soin à la Vie de réunir les
circonstances concrètes qui nous permettront d'avancer comme nous le
souhaitons.

Prenez conscience du fait que tout part toujours de votre être intérieur, et
plus votre confiance à ce sujet va grandir, plus il vous sera facile de

76
surmonter les prochains obstacles, et moins vous aurez de chances de
tomber dans des conflits ou dans le mal-être à cause des difficultés du
moment.

Prendre conscience de son pouvoir personnel permet de retrouver sa juste


place au sein de cette existence, et quand on sait qu'on crée soi-même le
chemin, la peur de rester figé dans une impasse disparaît. On reste alors
ancré sur ce qui nous tient à cœur, et on ne lâche jamais le morceau. On
emprunte une voie, et si celle-ci ne donne pas les résultats escomptés, on
en cherche une autre, puis une autre encore jusqu'à avoir obtenu les
résultats espérés.

On ressent intérieurement que d'une façon ou d'une autre, on y arrivera, et


les sentiments d'impuissance ou de désespoir n'ont alors plus l'espace pour
s'installer en nous.

Et quand nous sommes dans cet espace de sérénité où nous pouvons nous
autoriser à être nous-mêmes, nous n'avons plus de raison de reporter nos
sentiments négatifs sur les autres et d'alimenter les conflits.

Lectures conseillées pour approfondir ce thème :

- « Pouvoir illimité » d'Anthony Robbins


- « L'éveil de votre puissance intérieure » du même auteur

77
En conclusion

Comme nous l'avons vu tout au long de ces différentes étapes, les clés d'un
monde plus serein ne se trouvent pas dans les mains des autres, mais bel et
bien dans les nôtres. Si nous vivons dans l'attente constante que les autres
fassent le premier pas, que les autres changent d'abord, que les autres
arrêtent en premier d'adopter telle ou telle attitude néfaste, nous resterons
enfermés dans les mécanismes destructeurs en place et nous n'irons nulle
part.

Il n'y a pas besoin de renverser des montagnes ou de faire des efforts


surhumains pour voir le monde changer. Ce sont les petits pas que nous
allons accomplir au quotidien, chacun à notre mesure, qui vont permettre à
l'harmonie de se répandre, petit à petit, et toutes ces graines plantées
finiront par germer et porter leurs fruits.

Ne vous sentez pas découragé par ce qui peut sembler être une tâche
impossible, et concentrez-vous simplement sur le petit pas que vous faites
ici et maintenant. A chaque fois que vous prendrez conscience de l'un de
vos automatismes, vous gagnerez le pouvoir de faire un autre choix, et
chaque petite victoire remportée vous facilitera l'accès à la suivante.

Ne vous préoccupez pas de ce que les autres font ou décident pour eux-
mêmes, mais demandez-vous seulement et uniquement qui VOUS voulez
être ici et maintenant.

Faites de votre mieux, en respectant le rythme juste pour vous, et abordez


un jour à la fois, en faisant preuve d'indulgence et de bienveillance à votre
égard. C'est de cette façon qu'il vous sera le plus facile d'atteindre la
destination désirée.

En attendant, profitez du voyage, prenez conscience de tout le positif qui


est déjà là, et laissez la Vie vous guider vers encore plus de lumière et de
joie.

78
79
Liens utiles

Blog officiel de Laure Zanella : www.laurezanellacoaching.fr

Site de Laure : www.laurezanella.com


Coaching intuitif, Guidance Spirituelle et développement personnel,
consultations par mail et téléphone, formations en ligne.

Page Facebook « Transformez votre vie » :


https://www.facebook.com/transformezvotrevielaurezanella

Les publications de Laure

Dispos en livres et ebooks :


- Transformez votre vie
- La Vie, etc.

Dispos exclusivement en ebooks :


- Transformez votre vie grâce à la loi d'attraction N°1 - Aller vers la
prospérité financière -
- Transformez votre vie grâce à la loi d'attraction - N°2 Avancer
vers des relations harmonieuses et épanouissantes
- Transformez votre vie grâce à la loi d'attraction - N°3 Bien-être,
Santé et reconnexion avec sa source intérieure
- Transformez votre vie grâce à la loi d'attraction - N°4 Se réaliser
et s'épanouir professionnellement

- Le Bonheur n'est souvent qu'à un pas – Roman


- 30 jours pour changer ! 14 méthodes toutes simples à appliquer au
quotidien pour une vie remplie de Joie, de Satisfaction et de
Sérénité

80
- Confiance en soi, Amour de soi, Estime de soi – Pour apprendre à
s'aimer et prendre conscience de sa véritable valeur
- Libération émotionnelle - Pour se défaire des souffrances du passé
et faire entrer plus de joie dans sa vie !
- Amour de soi – Amour de l'autre :Sortir des mécanismes
destructeurs qui nous mènent au conflit pour créer un monde de
Paix, en soi, et tout autour de soi
- Assainir et booster ses finances : Techniques concrètes et
pratiques pour ne plus être esclave de son argent !

- La formation
« Transformez votre vie » - 40 Etapes pour maîtriser la loi
d'attraction

Les liens indiqués


ci-dessus conduisent aux pages des ouvrages sur Amazon.fr. Tous
les livres et ebooks présentés sont cela dit disponibles également sur
les sites Amazon de tous les autres pays.

Crédit photo de couverture : © Brian Jackson - Fotolia

81
Votre avis sur cet ebook

Vous avez apprécié cet ebook ? Si tel est le cas, pourriez-vous prendre
quelques instants pour lui laisser une évaluation sur Amazon.fr ? Vous
pouvez vous rendre sur le site en cliquant sur cette phrase et ensuite
cliquer sur « écrire un commentaire client ». Merci à vous si vous le
faites !

En vous souhaitant le meilleur quoi qu'il en soit ! :-) Laure

82
Table des Matières
1 – Principes de base de la Communication Non Violente 7
2 - Apprendre à formuler ses demandes clairement 13
3 – Prendre ses responsabilités 18
4 – Accepter les autres tels qu'ils sont 22
5 – Sortir des jugements 25
6 – Passer de l'obligation au choix 29
7 – Les générateurs d'agressivité 33
8 – Sortir des projections que nous faisons sur les autres 37
9 – La peur 44
10 – Chacun dispose de sa propre version de la vérité 47
11 – L'amour de soi 51
12 – Le négatif attire le négatif, et vice versa 57
13 – Ce qui est, et l'interprétation qu'on en fait 63
14 – Ressources illimitées 68
15 – Reprendre le pouvoir sur sa vie 74

83