Vous êtes sur la page 1sur 11

INTRODUCTION GENERALE

Définition d’un groupe

Un groupe est un ensemble d’entreprises juridiquement indépendantes, mais liées par des
participations ou des contrats (liées financièrement et économiquement), elles exercent leurs
activités sous la direction ou le contrôle d’une société mère.
Le groupe n’a pas donc de personnalité morale (pas de patrimoine, ni droits, ni obligations),
chaque société du groupe tient sa comptabilité à part, établit ses états financiers et paie ses
impôts à titre individuel.
Malgré l’indépendance juridique, les sociétés du groupe sont en générale placées sous le contrôle
direct ou indirect d’un holding qui ne peut connaître sa situation financière exacte que par
l’établissement des états de synthèse consolidés de toutes les entreprises du groupe.
Un groupe est constitué donc d’une société mère (consolidante) et des sociétés contrôlées de
manière exclusive, des sociétés contrôlées de manière conjointe et des sociétés dans lesquelles
la société dominante exerce une influence notable.

Objectif de la consolidation des comptes du groupe :

Dès lors que les activités industrielles, commerciales ou financières d’une entreprise sont exercées
par différentes filiales, les comptes individuels des différentes sociétés composant le groupe ne
peuvent donner une information satisfaisante sur l’ensemble de son activité.
Les comptes consolidés ont pour objet de donner une image globale de l’ensemble des sociétés qui,
bien que juridiquement distinctes, sont soumises à une unité de direction du fait de l’existence de
liens de participation.
Les comptes consolidés, établis et publiés à l’initiative de la société mère, regroupent les comptes
de toutes les sociétés sur lesquelles elle exerce, directement ou indirectement, un certain contrôle ou
tout du moins, une certaine influence.
Les comptes consolidés comportent un bilan consolidé, un compte de résultat consolidé et une
annexe. Ils sont par ailleurs accompagnés d’un rapport sur la gestion du groupe.
Leur publication fournit une information :
- tant à usage interne : analyse de la contribution de chaque filiale à la réalisation du résultat
consolidé, aide aux décisions d’investissement au sein du groupe,…………
- qu’à usage externe : présentation du patrimoine du groupe, de son endettement,
détermination de sa rentabilité, .......... à l’intention des actionnaires de la société mère ou des
tiers, épargnants investisseurs potentiels du groupe.
Dans les comptes consolidés, du fait d’une optique plus économique de l’information donnée, le
principe de la prééminence de la réalité financière sur l’apparence juridique est généralement
appliqué.
Chapitre : Détermination du périmètre de consolidation
Déterminer le périmètre de consolidation d’un groupe, c’est préciser quelles sont les sociétés
consolidables et les sociétés non consolidables.
En effet, les participations d’une société consolidante, connaissent des changements d’année en
année, il convient alors d’établir un organigramme du groupe et de dégager les taux de contrôle
de la société mère sur les différentes sociétés qui composent le groupe.
L’intégration des comptes d’une société dans l’ensemble consolidé dépend essentiellement du
degré de contrôle que la société mère exerce, directement ou indirectement sur cette société.
Il faut distinguer le taux de contrôle du taux d’intérêt ou de participation
I/ Le taux de contrôle :

◉ Le pourcentage de contrôle d’une société mère dans une filiale correspond en


général à l’ensemble des droits de vote détenus par la société mère elle-même
(contrôle direct) ainsi que par les autres sociétés du groupe placées sous
contrôle exclusif de la société mère (contrôle indirect). Il permet de
déterminer, donc, la liste des sociétés entrant dans le périmètre de
consolidation.

1/ Contrôle direct :
a) Tout le capital de la filiale est composé d’actions ordinaires :
Le taux de contrôle s’obtient par le rapport des actions détenues par la société mère sur le
nombre total des actions qui composent le capital de la filiale :
Taux de contrôle = Actions détenues par la société mère
Actions totales formant le capital de la filiale

Société Mère M

M détient

16 000 6 000 400


actions actions 2 000 actions
actions

Filiale F1 Filiale F2 Filiale F3 Filiale F4


Capital : 20 000 Capital : 15 000 Capital : 10 000 Capital : 5 000
actions actions actions actions

Contrôle de M sur les filiales :


Filiale Taux de contrôle Type de contrôle
F1 16 000/ 20 000 = 80% Majorité de droits de vote Contrôle exclusif

F2 6 000 / 15 000 = 40% La majorité n’est pas assurée, la société mère


peut s’associer avec d’autres actionnaires pour
exercer un contrôle conjoint sur F2.

F3 2 000/ 10 000 = 20% La société mère en cas où elle ne peut pas


s’associer avec d’autres associés, n’exerce
qu’une influence notable sur la filiale F3.

F4 400 / 5 000 = 8% Le taux de contrôle est faible, la filiale F4 est


hors périmètre de consolidation.

b) Actions à double droit de vote :

Exemple :
La société mère M détient 5 000 actions (dont 4 000 actions à double droit e vote) dans le
capital de sa filiale F composé de 12 000 actions (dont 5 000 actions sont à double droit de vote)
Les autres actions sont ordinaires.
Taux de contrôle de M sur F = 1 000 + (4 000 x 2) = 52,94%
7 000 + (5000 x 2)
c) Actions prioritaires sur le dividende et sans droit e vote :
Ces actions ne procurent pas à leur détenteur le droit de participer à la prise de décision, elles ne
rentrent pas en compte dans la détermination du taux de contrôle.
Exemple :
La société mère, détient 4 500 actions ordinaires dans le capital de sa filiale F dont le capital est
formé de 2 000 actions sans droits de votes et 8 000 actions ordinaires.
Taux de contrôle de M sur F = (4 500 / 8 000 ) = 56,25%
2/ Contrôle indirect :
Le contrôle n’est exercé sur une sous filiale que lorsque le contrôle précédent de la société mère
est assuré sur la filiale ou les filiales composant la chaîne de participation.
Si le contrôle est rompu à un niveau donné, il ne sera plus assuré sur la suite de la chaîne.
a) Exemple 1 :

Société Mère M

14 000 4 500
actions 30% actions
70%

Filiale F1 Filiale F2
Capital 20 000 actions Capital : 15 000 actions

5 500 55% 76% 3 800


actions actions

Filiale F’1 Filiale F’2


Capital : 10 000 actions Capital : 5 000 actions

Taux de contrôle Observations


Filiales
Contrôle direct :
F1 70% Contrôle exclusif
F2 30% Contrôle exclusif non atteint
Contrôle indirect :
F’1 55% Le contrôle e F1 est assuré, il permet
par transitivité le contrôle de F’1

F’2 0% Le contrôle exclusif n’est atteint sur


F2, donc malgré un taux de
participation de 76%, le contrôle de
F’’2 ne peut revenir à M, il revient en
fait aux associés majoritaires de F2.
b) Exemple 2 : Contrôle direct et indirect

Société mère : M

12 000 actions 3 600 actions

3 000 Filiale F1 Filiale F2


actions Capital : 20 000 Capital : 12 000
actions actions

3 750 actions
3 000 actions 2 250 actions

Filiale F’1 Filiale F’2


Capital : 10 000 actions Capital : 15 000 actions

Filiales Taux de contrôle Observations


F1 (12 000 / 20 000 ) = 60% Contrôle exclusif
F2 (3 600 / 12 000) = 30% Influence notable
F’1 Contrôle direct = 3 000 / 10 000 = 30%
Contrôle indirect est assuré par le contrôle Le contrôle de F’1 est assuré par la
exclusif de F1 : participation directe et la participation
(3 750 / 10 000) = 37,5% indirecte puisque la filiale F1 st contrôlée
Contrôle cumulé = 30% + 37,5% = 67,5% exclusivement.

F’2 Contrôle direct = 2 250/ 15 000 = 15% Le contrôle de F’2 est assuré uniquement
Contrôle indirect : nul puisque le contrôle par la participation directe, puisque le
de F2 n’est pas assuré contrôle de F2 ne revient pas à M.

II/ Les différents types de contrôle :


Sont à inclure dans le périmètre de consolidation, les sociétés sur lesquelles la société mère
consolidante exerce :
- soit un contrôle exclusif.
- Soit un contrôle conjoint.
- Soit une influence notable.
1/ Le contrôle exclusif :
Le contrôle exclusif est le pouvoir de diriger la filiale, il se manifeste par la prise des décisions
stratégiques, financières et opérationnelles afin de tirer profit des activités de la filiale, il se
manifeste également par la désignation de la majorité des membres des organes de direction d’une
filiale.
Il peut résulter comme nous l’avons démontré précédemment par la majorité des droits de vote,
cependant, il peut arriver que même si une société mère ne détient pas la majorité des droits de vote,
elle exerce un contrôle absolu de fait, qui peut s’observer à travers la composition des organes
d’administration de la filiale.
Exemple :
Une société mère M ne détient que 35% des droits de vote d’une filiale F, mais en observant la
composition des organes d’administration de la filiale, on relève que depuis 5 ans, 6 membres sur
10 sont désignés par M.
Cette situation peut résulter du fait que les autres associés détiennent des faibles parts et sont
désintéressés de la gestion de leur société. Il s’agit là d’un contrôle de fait.
Le contrôle exclusif put résulter également d’un contrat, où les autres associés peuvent léguer le
contrôle à un actionnaire pour une raison quelconque.
Il s’agit ici d’un Contrôle contractuel.

Contrôle exclusif peut résulter

Contrôle exclusif de droit Contrôle exclusif de fait Contrôle exclusif contractuel

Détention directe ou indirecte Désignation pendant plusieurs Ce contrôle résulte d’un contrat
de la majorité des droits de exercices successifs de la ou des statuts.
vote dans une entreprise. majorité des membres des Ce contrôle est réputé exister
observé à travers le taux de organes d’administration. même en l’absence de toute
Contrôle. L’entreprise mère est participation de la société qui
présumée exercer un contrôle exerce le contrôle dans le
absolu sur la filiale capital de la société contrôlée.
Loi N° 2003-706 du 01/08/2003

Lorsque le contrôle exclusif est démontré par l’un des trois modes précités, la
société contrôlée exclusivement doit être consolidée par la méthode de
l’intégration globale.
2/ Le contrôle conjoint :
Le contrôle conjoint est représenté par un accord entre deux ou plusieurs associés (en nombre
limité) pour réunir la majorité des droits de vote est exercer collégialement un contrôle exclusif sur
une société.
Deux conditions sont nécessaires pour parvenir à un contrôle conjoint :
- Un nombre limité d’associés partageant le contrôle, sans qu’aucun d’entre eux ne parvient à
lui seul à exercer un contrôle absolu sur la filiale.
- Un accord contractuel qui prévoit l’exercice du contrôle conjoint.
Cette situation se rencontre par exemple dans le cadre des groupements d’intérêt économique
(GIE).
3/ L’influence notable :
Lorsqu’une société n’arrive pas à exercer toute seule ou en association avec d’autres actionnaire
le contrôle exclusif sur une filiale, mais détient un taux de contrôle non négligeable sur ladite
filiale, (généralement 20% ou plus), on peut conclure que la société en question est membre
influent dans les prise de décisions et qu’elle exerce une influence notable sur sa filiale.

II/ Taux d’intérêt :


Pour les sociétés faisant partie du périmètre de consolidation, il faut déterminer le taux de
participation de la société mère dans le capital de ses différentes filiales.
Le taux de participation résulte du rapport des actions détenues directement ou indirectement
par la société mère dans le capital de ses différentes filiales.
Le pourcentage d’intérêt permet d’opérer la ventilation des capitaux propres de chaque filiale
entre la part revenant au groupe (à la société mère) et la part revenant aux autres associés
(intérêts minoritaires).
Le taux d’intérêt d’une société mère dans une filiale correspond donc à la fraction du patrimoine
de cette filiale dont la société mère est, directement ou indirectement propriétaire.
Le taux d’intérêt en présence d’une participation indirecte, s’obtient par le produit des taux de
participation successifs.
Les sociétés faisant parties d’un groupe peuvent avoir des liaisons financières diverses entre
elles :

1/ Participation directe :

La société A possède des actions d’une société B : Le pourcentage de participation est


déterminé par un simple rapport entre le nombre des actions détenues par la société A et le
nombre total des actions composant le capital de la société B.
Peu importe la nature des actions (ordinaire à droit de vote multiple ou sans droit de vote).
Exemple :
La société A détient 1 500 actions ordinaires dans le capital de la société B composé de
2 000 actions dont 500 actions ont un triple droit de vote:
Le taux de participation ou d’intérêt est donc de : 1 500 / 2 000 = 0,75 ou 75%.
Par contre le taux de contrôle sera de = 1 500 / (1 000 + (500 x 3)) = 60%.

2/ Participation indirecte :
La société A possède des actions dans le capital de la société B laquelle détient des actions
dans le capital de la société C : C est donc une sous-filiale de A.
Exemple : A détient 1 500 actions dans le capital de B, B détient 600 actions dans le capital
de C.

1500
actions

600
actions
A

B : Capital social composé de 2 000 actions.


C : Capital social composé de 1 000 actions.
Taux de participation de A dans le capital de B : (1 500 / 2 000 ) x 100 = 75%.
Taux de participation de B dans le capital de C : (600 / 1 000) x 100 = 60%.
Taux de participation de A dans le capital de C : 75% x 60% = 45%.
3/ Participation réciproque :
La société A détient des actions de la société B qui détient à son tour des actions de la
société A.
Exemple :
1 500 actions
Société A Société A

600 actions

Le capital de A est composé de 3 000 actions.


Le capital de B est composé de 2 000 actions.
Taux de participation de A dans le capital de B : (1 500 / 2 000) x 100 = 75%.
Taux de participation de B dans le capital A : (600 / 3 000) x 100 = 20%.
Détermination des intérêts du groupe :
(1- 0,2 ) x 100 = 94, 12%
1- (0,75 x 0,2)

4/ Participation circulaire :
A détient des actions de B qui détient des actions de C qui elle même détient des actions de A.

.
10%
60%

B
C
70%

Les taux de participation dans ce cas sont plus difficiles à déterminer, car il faut tout d’abord
tenir compte du taux de participation de A sur elle-même.
Le diagramme ci-dessus permet de constater qu’en définitive, la société A possède :
60% x 70% x 10% = 4,2% d’elle-même.
Si l’on veut analyser les intérêts du groupe sur A, il faut considérer que 4,2% des intérêts
doivent être annulés.
Les actionnaires autres que la société C de A possèdent 90% des titres et les actionnaires
minoritaires de B possèdent en C : 10% - 4,2% = 5,8%.
Le pourcentage d’intérêt du groupe A est de = 90% = 93,95%
90% + 5,8%
On conclut donc que est propriétaire d’elle-même de 93,95%
Formule générale :
Si (a) exprime le taux de participation de A dans B, (b) le taux de participation de B dans C et
(c) le taux de participation de C dans A, on peut écrire que :
Le taux de participation du groupe A = 1 -c
1 – (abc)

Société Taux de participation


A 93,95%
B 93,95% x 60% = 56,37% : (1-c) x a / (1- abc)
C 56,3% x 70% = 39,46% : (1 – c) x ab /(1 – abc)

Exemple 2 :
Une société A possède 80% des actions d’une société B, laquelle possède 60% des actions
d’une société C, laquelle possède 70% des actions d’une société D, laquelle possède 10% des
actions de la société B. Toutes les actions sont ordinaires.

On obtient l’organigramme suivant :

80%

10%

60%

70% C D

Les pourcentage d’intérêt de A dans B, de A dans C de A dans D peuvent être déterminés


comme suit :
x = 0,8 + t (t pourcentage indirect de A dans B)
y = 0,6 x
z = 0,7 y
t = 0,8 z = 0,1 * 0,7 * 0,6 x
Ce qui donne :
x = 0,8 + (0,1 * 0,7 * 0,6 x)

x = 0,8 * 1 = 83,5%
1 – 0,1 * 0,7 * 0,6

y = 0,8 * 0,6 1 = 50,1%


1 – 0,1 * 0,7 * 0,6
z = 0,8 * 0,6 * 0,7 1 = 35,07%
1 – 0,1 * 0,7 * 0,6
Si l’on appelle a, b, c, d les taux de participation respectifs, on obtient les pourcentages d’intérêt
suivants :
- Pourcentage d’intérêt de A dans B = a
1 – bcd
- Pourcentage d’intérêt de A dans C = ab
1 – bcd
- Pourcentage d’intérêt de A dans D = = abc
1 – bcd
Les pourcentages de cet exemple peuvent être déterminés à partir des pourcentages de l’exemple
précédent, en tenant compte d’abord du fait que D possédant 10% du capital de B, A possède 80%
du capital (sur 90% par les autres associés autres que D).
Les pourcentages de B sur B, de B sur C et de B sur D sont respectivement de 93,95%, 56,37% et
39,46%.
Le pourcentage de A dans B est égal à :
0,8 * 93,95% = 83,5%
0,9
Le pourcentage de A dans C :
83,5% * 0,6 = 50,1%
Le pourcentage d’intérêt de A dans D :
50,1% * 0,7 = 35,07%

Vous aimerez peut-être aussi