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Université de Strasbourg Année Universitaire 2019/2020

Faculté de Droit, de Sciences Politiques et


de Gestion

Cours de Madame MEYRUEIS L2-AES, Droit des Obligations

M. GRIVEL
A. LECLERE
D. ZOUARI

Semaines des 2 et 9 décembre 2019

Séance n° 8 et 9 : Les effets du contrat et correction du galop d’essai

Documents :

• Doc. 1 : Com., 18 janvier 2011, n° 10-10.683


• Doc. 2 : Civ. 3E, 13 février 2008, n° 06-20.334
• Doc. 3 : Civ. 3E, 28 janvier 2009, n° 07-20.891
• Doc. 4 : Civ. 1Re, 27 octobre 1993, n° 91-11.648
• Doc. 5 : Civ. 1Re, 3 mars 2011, n°° 09-70.754
• Doc. 6 : Civ. 1Re, 13 décembre 1988, n° 86-19.068
• Doc. 7 : Civ. 1Re, 12 juillet 2005, n° 03-10921
• Doc. 8 : Civ. 3E, 18 mars 2009, n° 07-21.260
• Doc. 9 : Com., 29 juin 2010, n° 09-67.369
• Doc. 10 : Civ. 1Re, 26 janvier 1999, n° 96-20.782
• Doc. 11 : Civ. 1Re,24 mai 2018, n° 17-17.710
• Doc. 12 : Civ. 1Re, 7 mars 2018, n° 15-21.244

Exercices :

• Faire la fiche d’arrêt des documents 5, 6, 11 et 12


• Définir les notions de forçage du contrat et de promesse de porte-fort
• Dissertation : « Le juge face au contrat ».

Les exercices pouvant être ramassés, ils doivent impérativement être rédigés et
imprimés (s’ils sont rédigés sur ordinateur).
Document 1 : Cass. Com. 18 janvier 2011, n° 10-10.683

Cour de cassation
chambre commerciale
Audience publique du 18 janvier 2011
N° de pourvoi: 10-10683
Non publié au bulletin

Cassation partielle

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que M. X... a conclu, le 6 décembre 1999, un contrat de
licence exclusive avec la société Sport concept prévoyant qu’en contrepartie d’une
redevance annuelle, cette société était autorisée à commercialiser des articles
vestimentaires portant la marque “100 % Supporters” ; que M. X... arguant de ce qu’il
n’avait pas perçu les sommes auxquelles il pouvait prétendre et que la société Sport
concept n’avait pas respecté ses obligations, l’a assignée en résiliation du contrat de
licence et en paiement de la somme de 297 315,92 euros HT au titre des redevances
minimales et d’une certaine somme à titre de dommages-intérêts ;

Sur le moyen unique, pris en sa seconde branche :

Attendu que M. X... fait grief à l’arrêt de l’avoir débouté de sa demande en paiement de
redevances contractuelles dirigée contre la société Sport concept, alors, selon le moyen,
qu’il faisait valoir que cette société avait commis une faute contractuelle en
interrompant la commercialisation des produits de la marque “100% Supporters” et en
assurant la promotion de marques concurrentes ; qu’en retenant que le contrat litigieux
avait été révoqué d’un commun accord sans examiner ce moyen qui était de nature à
justifier la résolution judiciaire du contrat aux torts exclusifs de la société Sport concept,
la cour d’appel a violé l’article 455 du code de procédure civile ;

Mais attendu que la cour d’appel, ayant retenu que les parties avaient mis fin d’un
commun accord au contrat du 6 décembre 1999, n’était pas tenue de répondre à des
conclusions que ces constatations rendaient inopérantes ; que le moyen n’est pas fondé ;

Mais sur le moyen, pris en sa première branche :

Vu l’article 1134, alinéa 2, du code civil ;

Attendu que, pour débouter M. X... de sa demande en paiement des redevances


contractuelles, l’arrêt retient que la volonté non équivoque des parties de renoncer d’un
commun accord à l’exécution devenue malaisée ou périlleuse du contrat est caractérisée
;

Attendu qu’en se déterminant ainsi, sans préciser à quelle date cette résiliation était
intervenue, alors que la résiliation d’un commun accord entre les parties d’un contrat de
licence exclusive de marque n’y met fin que pour l’avenir, la cour d’appel n’a pas donné
de base légale à sa décision ;

PAR CES MOTIFS :


CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il a débouté M. X... de sa demande en
paiement de redevances contractuelles, l’arrêt rendu le 19 novembre 2009, entre les
parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, sur ce point, la
cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait
droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, autrement composée ;

Document 2 : Cass. Civ. 3 13 février 2008, n°06-20.334

Cour de cassation
chambre civile 3
Audience publique du mercredi 13 février 2008
N° de pourvoi: 06-20334
Publié au bulletin

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Caen, 26 septembre 2006), que, par acte sous seing privé
du 10 mai 2005, Mme X... a vendu un immeuble aux époux Y..., par l'intermédiaire de
l'agence immobilière Hérout-Robillard ; que les acquéreurs n'ayant pas réitéré la vente
par acte authentique, Mme X... a assigné les époux Y... en résolution de la vente aux torts
des acquéreurs et en paiement de la clause pénale prévue à la promesse ; que ceux-ci lui
ont opposé l'exercice régulier de la faculté de rétractation ouverte par l'article L. 271-1
du code de la construction et de l'habitation ;

Sur le premier moyen :

Vu l'article L. 271-1 du code de la construction et de l'habitation et l'article 1134 du code


civil ;

Attendu que pour prononcer la résolution de la vente aux torts des acquéreurs, l'arrêt
retient que M. Y... a renoncé à acquérir puis s'en est "repenti" avant l'expiration du délai
de rétractation, en acceptant à nouveau d'acquérir aux conditions fixées par ce
"compromis" ;

Qu'en statuant ainsi, alors que l'exercice par M. Y... de son droit de rétractation avait
entraîné l'anéantissement du contrat, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le second moyen :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'il déclare l'action de Mme X... recevable, l'arrêt rendu le
26 septembre 2006, entre les parties, par la cour d'appel de Caen ; remet, en
conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant
ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Caen, autrement
composée ;
Document 3 : Cass. Civ. 3 28 janvier 2009, n°07-20.891

Cour de cassation
chambre civile 3
Audience publique du mercredi 28 janvier 2009
N° de pourvoi: 07-20891
Publié au bulletin

Donne acte à la société Axa Corporate solutions assurance du désistement de son


pourvoi en ce qu'il est dirigé contre la SAS Tunzini, la commune de Bordeaux, la société
Dalkia international, la société Trox France, la Société d'exploitation d'équipements
techniques et commerciaux (SETCO) ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Bordeaux, 17 septembre 2007), que la commune de


Bordeaux a transféré à la Société d'économie mixte bordelaise des équipements publics
d'exposition et de congrès (la SBEPEC) la gestion patrimoniale et immobilière des
bâtiments et des installations du Parc des Expositions et lui a consenti le 28 décembre
1989 un bail emphytéotique d'une durée de vingt-cinq ans ; qu'autorisée à exercer les
droits du propriétaire sur l'ensemble des installations, y compris la réalisation des
aménagements et extensions des équipements qui se révéleraient nécessaires, la
SBEPEC, agissant en qualité de maître de l'ouvrage, a, le 13 mars 1990, conclu une
convention d'assistance et de conseil avec la Société bordelaise d'architecture (la SBA),
et le 18 mars 1990, chargé un groupement d'entreprises ayant pour mandataire
commun la société Tunzini Nessi, assurée par la société Axa Corporate solutions
assurance (société Axa) de la mission de réaliser la climatisation des bâtiments pour le
prix de 28 899 938,02 francs (4.405.767,15 ) ; qu'un second groupement d'entreprises,
ayant également pour mandataire commun la société Tunzini Nessi, a reçu mission de
réaliser une centrale d'énergie aux fins d'assurer la production de l'énergie calorifique
et frigorifique nécessaire à la climatisation des bâtiments ; que cette centrale a été
construite sous la maîtrise d'ouvrage de la société Montenay, laquelle avait conclu le 20
juin 1990 un contrat de concession avec la SBEPEC ; que la réception est intervenue le 7
février 1991 ; que des travaux destinés à augmenter la puissance de la centrale d'énergie
en vue d'améliorer son fonctionnement, exécutés en 1994 par la société Tunzini Nessi,
n'ayant pas donné satisfaction, une expertise a été ordonnée en référé le 31 juillet 1995 ;
qu'après dépôt du rapport le 9 décembre 1998, la SBEPEC a assigné en réparation et
indemnisation la société Tunzini Nessi, devenue la société Vinci Energie (société Vinci)
et la commune de Bordeaux ; que la société Vinci a appelé en garantie, notamment la
SBA, et la société Axa ;

Sur le premier moyen du pourvoi principal, ci-après annexé :

Attendu qu'ayant, par motifs propres et adoptés, constaté que l'installation de


climatisation réalisée comprenait une centrale d'énergie aux fins d'assurer la production
de l'énergie calorifique et frigorifique nécessaire à la climatisation des bâtiments du parc
des expositions et la climatisation intérieure de ces bâtiments par la mise en place des
équipements nécessaires (alimentation électrique, eau glacée, système de
programmation, caissons de ventilation, diffuseurs d'air, etc), la cour d'appel, qui a
exactement retenu que ce système, par sa conception, son ampleur et l'emprunt de ses
éléments à la construction immobilière, constituait un ouvrage au sens de l'article 1792
du code civil, a, sans être tenue de procéder à une recherche relative au caractère
indissociable de cette installation avec les bâtiments que ses constatations rendaient
inopérante, légalement justifié sa décision de ce chef ;

Sur le deuxième moyen du pourvoi principal et le second moyen du pourvoi incident,


réunis, ci-après annexés :

Attendu qu'ayant constaté qu'il résultait de la convention de concession que les


installations réalisées et financées par la société Montenay avaient le caractère de biens
de retour, la cour d'appel, qui n'était pas tenue de procéder à une recherche que ses
constatations rendaient inopérante relative à la date d'expiration de cette concession, a
légalement justifié sa décision de ce chef en retenant que la SBEPEC devait être regardée
comme immédiatement propriétaire de ces installations et avait donc qualité pour
solliciter le paiement des sommes correspondant au coût de l'augmentation de la
puissance de la centrale d'énergie sur le fondement de l'article 1792 du code civil ;

Mais sur le premier moyen du pourvoi incident :

Vu l'article 1134, alinéa 3 du code civil ;

Attendu que pour débouter la société Vinci de sa demande de dommages et intérêts


contre la société Axa, l'arrêt retient que l'attitude de cette dernière ne constitue pas une
atteinte au principe de cohérence et n'est pas révélatrice d'une faute, dès lors qu'il n'est
pas répréhensible pour un assureur de contester en justice les conditions de mise en
oeuvre d'une des garanties offertes à l'assuré en s'en remettant à l'appréciation des
juridictions sur la qualification de désordres, et alors par ailleurs que la fixation des
primes conditionnant la prise en charge de ces derniers a nécessairement recueilli au
préalable l'adhésion de l'assuré ;

Qu'en statuant ainsi, alors qu'elle avait relevé que la société Axa s'était prévalue de la
nature décennale des désordres pour exiger de son assurée le versement de primes
majorées, puis avait contesté devant les juges du fond la garantie correspondante pour
lui voir substituer la garantie "défaut de performance" moins onéreuse pour elle, la cour
d'appel, qui n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations, a violé le
texte susvisé ;

Et attendu qu'il n'y a pas lieu de statuer sur le troisième moyen du pourvoi principal qui
ne serait pas de nature à permettre l'admission de ce pourvoi ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il déboute la société Vinci énergie de sa


demande de dommages-intérêts formée contre la société Axa Corporate solutions,
l'arrêt rendu le 17 septembre 2007, entre les parties, par la cour d'appel de Bordeaux ;
remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l'état où elles se
trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de
Bordeaux, autrement composée ;
Document 4 : Cass. Civ. 1 27 octobre 1993, n°91- 11.648

Cour de cassation
chambre civile 1
Audience publique du mercredi 27 octobre 1993
N° de pourvoi: 91-11648
Publié au bulletin

Sur le moyen unique :

Attendu qu'il résulte des énonciations des juges du fond que par acte sous seing privé du
22 mai 1986, M. et Mme Y... Z... ont vendu à la fille du mari, Mme X..., un fonds de
commerce à usage d'épicerie et de débit de boissons pour le prix de 10 000 francs ;
qu'au cours d'une contestation ultérieure avec Mme X..., les époux Z... ont fait valoir que
cette vente était nulle pour défaut de prix ; que l'arrêt confirmatif attaqué (Basse-Terre,
17 décembre 1990) a rejeté cette prétention après avoir admis que la cession litigieuse
constituait une donation déguisée valable ;

Attendu que les époux Z... font grief à la cour d'appel d'avoir ainsi statué, alors, selon le
moyen, que dans le cas où une donation déguisée emprunte l'apparence de la vente, elle
n'est valable qu'à la condition que le prix stipulé soit sérieux, de sorte qu'en admettant
que la vente du 22 mai 1986 s'analysât en une donation déguisée, tout en ayant constaté
que le prix était faible et peut être même lésionnaire, l'arrêt attaqué, faute d'avoir
recherché si ce prix était sérieux, a privé sa décision de base légale ;

Mais attendu que les libéralités faites sous le couvert d'actes à titre onéreux sont
valables lorsqu'elles réunissent les conditions de forme requises pour la constitution des
actes dont elles empruntent l'apparence, les règles auxquelles elles sont assujetties
quant au fond étant celles propres aux actes à titre gratuit ; que la cour d'appel, ayant
souverainement estimé que la cession du fonds de commerce d'épicerie, faite par les
époux Z... à Mme X..., procédait d'une intention libérale, a pu décider, par motifs propres
et adoptés, que cet acte qui respectait les conditions de forme légalement requises pour
sa réalisation constituait une donation déguisée valable ; que par ces seuls motifs, l'arrêt
attaqué est légalement justifié ; d'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi.

Document 5 : Cass. Civ. 1 3 mars 2011, n°09-70.754

Cour de cassation
chambre civile 1
Audience publique du jeudi 3 mars 2011
N° de pourvoi: 09-70754
Publié au bulletin
Attendu que suivant contrat du 20 janvier 2004, M. X..., recherchant la présence d'eau
sur un terrain lui appartenant, a chargé la société Gardanne Forages d'effectuer des
travaux de forage ; que ces travaux n'ayant pas permis de découvrir de l'eau en quantité
suffisante, il a assigné cette société en responsabilité ;

Sur le premier moyen, pris en sa première branche :

Vu l'article 1134 du code civil ;

Attendu que pour condamner la société à rembourser à son client le prix du forage,
l'arrêt attaqué retient qu'elle a manqué à son obligation de moyens en omettant de se
renseigner sur le niveau de la nappe phréatique, ce qui l'aurait convaincue que le forage
limité à 70 mètres auquel elle avait procédé était voué à l'échec ;

Qu'en statuant ainsi, alors qu'elle avait constaté qu'en vertu des stipulations que le client
avait approuvées, la société, qui était exclusivement chargée de travaux de forage, ne
garantissait pas la présence d'eau dans le sous-sol du terrain de sorte qu'il ne pouvait lui
être fait reproche d'avoir manqué à une obligation qui ne lui incombait pas, la cour
d'appel a violé le texte susvisé ;

Sur le second moyen :

Vu l'article 455 du code de procédure civile ;

Attendu que pour condamner la société à payer à son client une somme au titre de la
perte de la pompe endommagée par ensablage l'arrêt constate que cet état de fait est la
conséquence des carences de la société ;

Qu'en se déterminant ainsi, sans répondre aux conclusions de la société qui faisait valoir
que selon les stipulations acceptées par le client elle ne garantissait pas, en ce qui
concerne l'installation des pompes, «l'encrassement, l'ensablage ou l'obstruction même
partiels de l'ouvrage et ce, quelles qu'en soient les causes» et qu'elle n'était dès lors pas
responsable des conséquences dommageables et des désordres pouvant affecter les
pompes ou leur installation du fait du forage, la cour d'appel a méconnu les exigences du
texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du premier
moyen :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'il a débouté M. X... de sa demande d'expertise, l'arrêt


rendu le 25 juin 2009, entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence ; remet, en
conséquence, sur les autres points, la cause et les parties dans l'état où elles se
trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de
Montpellier ;
Document 6 : Cass. Civ 1 13 décembre 1988, n°86-19.068

Cour de cassation
chambre civile 1
Audience publique du mardi 13 décembre 1988
N° de pourvoi: 86-19068
Publié au bulletin

Sur le premier moyen :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Lyon, 1er octobre 1986) que par acte notarié du 11
septembre 1975 la société civile immobilière Victoria a vendu à M. et Mme Y... divers lots
dans un immeuble en état futur d'achèvement ; qu'une partie du prix a été payée au
moyen d'un emprunt contracté auprès du Crédit Lyonnais, remboursable par
trimestrialité ; que par acte sous seing privé du même jour, M. et Mme X... se sont
engagés solidairement à verser, aux lieu et place de M. et Mme Mangani, les
trimestrialités de remboursement de ce prêt au fur et à mesure de leur échéance ; qu'à la
suite de la cessation des versements ainsi prévus, M. et Mme Y... ont fait procéder à
diverses saisies-arrêts, notamment entre les mains d'une société Tourinter et ont
assigné M. et Mme X... devant le tribunal de grande instance pour leur réclamer le
paiement des sommes restant dues au prêteur ; que l'arrêt attaqué a accueilli la
demande ;

Attendu que Mme X... et la société Tourinter font grief à la cour d'appel d'avoir rejeté le
moyen de défense qu'ils avaient présenté, tiré de l'absence de cause de l'acte sous seing
privé du 11 septembre 1975, en retenant que la cause dudit acte résultait de ce que, par
acte notarié du 28 novembre 1975, la société Sepeg s'était reconnue débitrice des époux
Y..., M. X... se constituant caution de cette société, alors qu'un acte ne peut trouver sa
cause dans un événement qui lui est postérieur ;

Mais attendu que pour déterminer quelle a été la commune intention des parties à un
acte il n'est pas interdit aux juges du fond de relever le comportement ultérieur des
contractants ; qu'en l'espèce, pour estimer souverainement qu'il n'était pas prouvé que
l'obligation de remboursement mise à la charge des époux X... par l'acte du 11
septembre 1985 fût sans cause ou eût une cause illicite, la cour d'appel pouvait retenir
que par l'acte du 28 novembre suivant M. X... s'était constitué caution solidaire de la
société Sepeg dont il était le gérant envers M. Y..., créancier de celle-ci ; que le moyen ne
peut donc être accueilli ;

Et sur le second moyen, pris en ses deux branches : (sans intérêt) ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi
Document 7 : Cass. Civ.1 12 juillet 2005, n°03-10.921

Cour de cassation
chambre civile 1
Audience publique du mardi 12 juillet 2005
N° de pourvoi: 03-10921
Publié au bulletin

Attendu que, par acte authentique des 15 et 21 octobre 1988, la Banque nationale de
Paris, aujourd'hui dénommée BNP Paribas (la banque), a consenti à M. et à Mme X... un
prêt de la somme de 357 000 francs, au taux effectif global de 10,6 % l'an, remboursable
en 240 mensualités progressives, à l'effet de financer l'acquisition d'une maison
d'habitation destinée à être donnée en location ; qu'en raison de la défaillance des époux
X..., la banque a, le 18 juin 1998, fait délivrer à ces derniers un commandement aux fins
de saisie immobilière de ce bien ; que, le 10 novembre 1998, les époux X... ont assigné la
banque en annulation dudit prêt, à défaut en paiement à titre de dommages-intérêts,
pour octroi fautif de celui-ci, d'une somme égale au montant de leur dette ;

Sur le premier moyen du pourvoi principal des époux X... :

Attendu que les époux X... reprochent à l'arrêt attaqué (Paris, 9 avril 2002) d'avoir
déclaré prescrite l'action en annulation du prêt litigieux alors, selon le moyen, "qu'en
application de l'article 1304 du Code civil, l'exception de nullité est perpétuelle ; qu'il
résultait des conclusions prises en appel, comme devant le tribunal de grande instance,
que l'action engagée par les époux X..., par exploits des 15 et 21 octobre (en réalité 10
novembre) 1998, tendait à la nullité du prêt ayant donné lieu à un commandement
immobilier délivré par la banque le 18 juin 1998 et constituait ainsi une exception de
nullité, par là-même, perpétuelle ; qu'en opposant la prescription quinquennale à une
exception de nullité d'un prêt bancaire, les juges du fond ont violé les articles 1304 du
Code civil et L. 212-1 et suivants du Code de la consommation d'ordre public" ;

Mais attendu que la règle selon laquelle l'exception de nullité est perpétuelle ne peut
être invoquée par l'emprunteur qui agit en annulation du prêt, fût-ce en réponse à un
commandement aux fins de saisie immobilière du bien dont l'acquisition a été financée
par ce prêt ;

que le grief n'est donc pas fondé ;

Sur le moyen unique du pourvoi incident de la banque :

Attendu que la banque fait grief à l'arrêt d'avoir retenu sa responsabilité alors, selon le
moyen, qu'en statuant comme elle a fait "sans rechercher si le prêt litigieux avait été
sollicité par les emprunteurs et sans constater que la banque aurait eu sur leur situation
financière et les risques de l'opération financée des informations qu'eux-mêmes
auraient ignorées, la cour d'appel n'a pas légalement justifié sa décision au regard des
dispositions de l'article 1147 du Code civil" ;

Mais attendu qu'après avoir analysé les facultés contributives des époux X..., en tenant
compte notamment des revenus produits par la location de la maison achetée au moyen
du prêt litigieux, la cour d'appel, constatant que les emprunteurs ne pouvaient faire face
aux échéances de ce prêt avec leurs revenus locatifs, non plus qu'avec leurs très
modestes ressources, a retenu que la banque avait méconnu ses obligations à l'égard de
ces emprunteurs profanes en ne vérifiant pas leurs capacités financières et en leur
accordant un prêt excessif au regard de leurs facultés contributives, manquant ainsi à
son devoir de mise en garde ; qu'elle a légalement justifié sa décision de ce chef ;

Sur le second moyen du pourvoi principal des époux X... :

Attendu que les époux X... reprochent encore à l'arrêt d'avoir limité la réparation du
préjudice qu'ils invoquaient à la décharge du paiement des intérêts dus au titre du prêt
litigieux alors, selon le moyen, "que la réparation du préjudice subi par l'emprunteur, du
fait de la faute commise par la banque pour lui avoir consenti un prêt excessif par
rapport à ses facultés de remboursement, consiste, outre la charge des intérêts en
résultant, dans l'obligation d'avoir à le rembourser ; qu'ayant constaté la faute du
banquier pour n'avoir pas recherché si, lors de l'octroi du prêt, l'emprunteur disposait
de ressources lui permettant de rembourser, la cour d'appel n'a pas donné de base
légale, au regard de l'article 1147 du Code civil, à sa décision qui déboute l'emprunteur
de sa demande tendant à interdire à la banque de lui réclamer quelque paiement que ce
soit" ;

Mais attendu que la cour d'appel a estimé qu'en réparation du préjudice né de la faute
commise par la banque à l'égard des époux X..., il convenait de décharger ceux-ci des
intérêts produits par la somme prêtée ; que c'est cette appréciation, qui est souveraine,
que le moyen tente, en réalité, de remettre en cause ; qu'il ne peut donc être accueilli ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE les pourvois principal et incident ;

Laisse à chaque partie la charge de ses propres dépens ;

Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette les demandes ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Première chambre civile, et prononcé par le
président en son audience publique du douze juillet deux mille cinq.

Document 8 : Cass Civ. 3 18 mars 2009, n°07-21.260

Cour de cassation
chambre civile 3
Audience publique du mercredi 18 mars 2009
N° de pourvoi: 07-21260
Publié au bulletin

Sur le moyen unique :


Vu l'article 1134 du code civil ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 18 septembre 2007), que M. X... a donné
à bail à Mme Y... un local d'habitation à compter du 1er septembre 2001, moyennant un
loyer mensuel de 3 000 francs, le contrat précisant que le loyer appliqué tenait compte
de ce que la locataire participait à la surveillance du bailleur de jour comme de nuit ; que
M. X... est décédé le 6 février 2002 et M. Z..., administrateur provisoire à la succession
des époux X..., et M. A..., liquidateur à la liquidation judiciaire des héritiers de M. X..., ont
assigné Mme Y... aux fins de voir convertir "l'obligation de surveillance" en complément
de loyer, et de voir fixer le loyer dû à compter du 1er juin 2003 à la somme mensuelle de
833,33 euros ;

Attendu que pour déclarer recevable la demande de conversion de l'obligation de


surveillance du bailleur en équivalent de loyer, la cour d'appel retient qu'il résulte des
clauses du bail que la mise à disposition du logement avait pour contrepartie le
versement par la locataire d'une somme en espèces et l'exécution par elle d'une
obligation de faire, que si le contrat n'a pas prévu expressément le versement d'un
complément de loyer dans le cas où l'obligation de surveillance ne serait plus possible, il
convient, pour respecter l'équilibre contractuel, s' agissant d'un contrat à exécution
successive, de substituer à l'obligation de surveillance, devenue impossible par suite du
décès du bailleur, une obligation financière équivalente ;

Qu'en statuant ainsi, alors que le bail ne comportait aucune clause prévoyant la
modification des modalités d'exécution du contrat, la cour d'appel a violé le texte sus-
visé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'il a condamné Mme Y... à verser à M. Z... et M. A..., ès
qualités, la somme de 196,08 euros correspondant à l'indexation du loyer du 31 août
2002 au 30 août 2003, outre celle de 764,84 euros au titre de l'indexation du loyer pour
la période du 1er septembre 2003 au 30 juin 2005, l'arrêt rendu le 18 septembre 2007,
entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, pour le
surplus, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour
être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence, autrement
composée ;

Document 9 : Cass. Com. 29 juin 2010, n°09-67.369

Cour de cassation
chambre commerciale
Audience publique du mardi 29 juin 2010
N° de pourvoi: 09-67369
Non publié au bulletin

Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la société d'Exploitation de chauffage (société SEC) a
fait assigner en référé la société Soffimat, avec laquelle elle avait conclu le 24 décembre
1998 un contrat d'une durée de 12 ans ou 43 488 heures portant sur la maintenance de
deux moteurs d'une centrale de production de co-génération moyennant une redevance
forfaitaire annuelle, aux fins qu'il lui soit ordonné, sous astreinte, de réaliser, à compter
du 2 octobre 2008, les travaux de maintenance prévus contractuellement et notamment,
la visite des 30 000 heures des moteurs ;

Sur le premier moyen, pris en sa première branche :

Vu les articles 1131 du code civil et 873, alinéa 2 du code de procédure civile ;

Attendu que pour retenir que l'obligation de la société Soffimat de satisfaire à


l'obligation de révision des moteurs n'était pas sérieusement contestable et confirmer la
décision ayant ordonné à la société Soffimat de réaliser à compter du 2 octobre 2008, les
travaux de maintenance prévus et, notamment, la visite des 30 000 heures des moteurs
et d'en justifier par l'envoi journalier d'un rapport d'intervention, le tout sous astreinte
de 20 000 euros par jour de retard, et ce pendant 30 jours à compter du 6 octobre 2008,
l'arrêt relève qu'il n'est pas allégué que le contrat était dépourvu de cause à la date de sa
signature, que l'article 12 du contrat invoqué par la société Soffimat au soutien de sa
prétention fondée sur la caducité du contrat est relatif aux conditions de reconduction
de ce dernier au-delà de son terme et non pendant les douze années de son exécution et
que la force majeure ne saurait résulter de la rupture d'équilibre entre les obligations
des parties tenant au prétendu refus de la société SEC de renégocier les modalités du
contrat ;

Attendu qu'en statuant ainsi, sans rechercher, comme elle y était invitée, si l'évolution
des circonstances économiques et notamment l'augmentation du coût des matières
premières et des métaux depuis 2006 et leur incidence sur celui des pièces de rechange,
n'avait pas eu pour effet, compte tenu du montant de la redevance payée par la société
SEC, de déséquilibrer l'économie générale du contrat tel que voulu par les parties lors de
sa signature en décembre 1998 et de priver de toute contrepartie réelle l'engagement
souscrit par la société Soffimat, ce qui était de nature à rendre sérieusement contestable
l'obligation dont la société SEC sollicitait l'exécution, la cour d'appel a privé sa décision
de base légale ;

Et sur le second moyen :

Vu les articles 564 et 566 du code de procédure civile ;

Attendu que pour déclarer irrecevable la demande d'expertise sollicitée par la société
Soffimat, l'arrêt retient qu'il s'agit d'une demande nouvelle formée en cause d'appel,
sans lien avec les demandes dont le premier juge était saisi ;

Attendu qu'en statuant ainsi alors que cette demande était destinée à analyser
l'économie générale du contrat et tendait par voie de conséquence aux mêmes fins que
la défense soumise au premier juge dès lors qu'elle avait pour objet d'établir que
l'obligation, dont l'exécution était sollicitée, était sérieusement contestable, compte tenu
du bouleversement de l'économie du contrat entre 1998 et 2008, la cour d'appel a violé
les textes susvisés ;
PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres griefs :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 27 mars 2009, entre les
parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans
l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la
cour d'appel de Paris, autrement composée ;

Document 10 : Cass. Civ.1 26 janvier 1999, n°96-20.782

Cour de cassation
chambre civile 1
Audience publique du mardi 26 janvier 1999
N° de pourvoi: 96-20782
Publié au bulletin

Attendu que M. Le Bourg, commissaire aux comptes, désirant prendre sa retraite, a, par
un acte du 2 avril 1984, constitué avec MM. Bertrand et André X... ce dernier décédé en
cours de procédure et aux droits de qui viennent M. Bertrand X... et les consorts X... une
société civile professionnelle (la SCP) dont il a été nommé gérant et à laquelle il devait "
céder sa clientèle " ; que le contrat de cession intervenu le 17 septembre 1984 n'a pu se
réaliser en février 1985, comme il en avait été convenu, en raison des dissensions qui
étaient apparues entre M. Le Bourg et M. Bertrand X..., son principal associé, quant aux
conditions de mise en oeuvre de la convention ; que, conformément aux statuts de la
SCP, les parties ont saisi la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris
pour arbitrer le litige et une sentence arbitrale du 13 février 1985 a prononcé la
dissolution de la SCP ; que M. Le Bourg a alors agi pour faire constater la caducité du
contrat de cession et ordonner la liquidation de la SCP ; que, statuant sur renvoi après
cassation, un arrêt du 14 septembre 1994 a renvoyé l'affaire à la mise en état pour
permettre aux parties de conclure au fond, à la suite de quoi M. Le Bourg a soutenu que
la rupture des relations contractuelles était exclusivement imputable à M. Bertrand X...
et a demandé en conséquence, du fait de la " caducité " de la convention et des fautes de
ce dernier, de le condamner à lui payer une somme de 100 000 francs, au titre de "
l'immobilisation de sa clientèle " pendant plus de trois ans, et une autre somme de 100
000 francs, en réparation des divers inconvénients liés à l'échec de l'opération, ainsi qu'à
lui rembourser des honoraires perçus sans contrepartie ; que M. X... a
reconventionnellement demandé l'allocation de différentes sommes ; que l'arrêt
attaqué, rendu en suite de celui du 14 septembre 1994, a dit que les frais de liquidation
de la SCP seraient supportés par les associés dans les proportions de leurs droits
sociaux, et a déclaré les autres demandes des parties irrecevables ;

Sur le premier moyen : (sans intérêt) ;

Sur le second moyen, pris en sa première branche :

Vu l'article 1382 du Code civil ;


Attendu que, pour déclarer irrecevables les demandes de dommages-intérêts formées
par M. Le Bourg contre M. X..., l'arrêt énonce que c'est à la SCP et non à M. B. X... que M.
Le Bourg a cédé la clientèle de son cabinet par acte du 17 septembre 1984 et que, même
s'il est constant que la rupture de cette convention a bien été la conséquence de
comportements personnels, il reste que les responsabilités encourues et les
conséquences à en tirer ne sauraient être jugées qu'à l'encontre de la SCP, partie au
contrat litigieux et représentée par son liquidateur, à charge par ce dernier de
répercuter ultérieurement les condamnations éventuelles à intervenir dans le cadre de
la liquidation des droits de chacun et sauf à soumettre au juge les litiges qui pourraient
subsister ;

Attendu cependant que le contractant, victime d'un dommage né de l'inexécution d'un


contrat peut demander, sur le terrain de la responsabilité délictuelle, la réparation de ce
préjudice au tiers à la faute duquel il estime que le dommage est imputable ;

Attendu qu'en statuant comme elle a fait, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;

Et sur le second moyen, pris en sa deuxième branche : (sans intérêt) ;

Et, sur le second moyen, pris en sa troisième branche : (sans intérêt) ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il a dit que les frais de cette liquidation
seraient supportés par les associés dans les proportions de leurs droits sociaux, et en ce
qu'il a déclaré irrecevables les demandes de M. Le Bourg tendant à l'allocation de
dommages-intérêts au titre de " l'immobilisation de sa clientèle " et des inconvénients
divers liés à la non-réalisation de la cession, au remboursement d'une somme de 60 000
francs versée à M. X... à titre d'honoraires, ainsi qu'à celui d'une quote-part des frais de
fonctionnement du cabinet de M. Le Bourg, l'arrêt rendu le 2 juillet 1996, entre les
parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, quant à ce, la cause et les
parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les
renvoie devant la cour d'appel de Versailles.

Document 11 : Cass. Civ. 1 24 mai 2018, n°17-17.710

Cour de cassation
chambre civile 1
Audience publique du jeudi 24 mai 2018
N° de pourvoi: 17-17710
Non publié au bulletin
Sur le moyen unique, pris en sa troisième branche :

Vu l'article 1121 du code civil, dans sa rédaction antérieure à celle issue de l'ordonnance
n° 2016-131 du 10 février 2016 ;
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que par un acte du 9 septembre 1992, en contrepartie
d'une donation consentie par sa mère Léonie Z..., Mme Y... s'est engagée à fournir une
assistance matérielle et morale à sa soeur, Paulette X..., sa vie durant ; que Léonie Z... est
décédée le [...] , en laissant pour lui succéder ses sept enfants, Mme Y..., Paulette X... ,
MM.

C..., D..., E..., F... et G... X..., et en l'état d'un testament, dont la validité a été reconnue par
un jugement irrévocable du 3 mars 2008, désignant Mme Y... légataire universelle ; que
Paulette X... a assigné cette dernière, le 24 janvier 2013, en fixation d'une pension
alimentaire à son profit ; qu'après le décès de la demanderesse, survenu le [...], l'instance
a été reprise par ses frères (les consorts X...) en leur qualité d'héritiers ;

Attendu que, pour rejeter la demande, l'arrêt retient que le testament de Léonie Z...
révoque nécessairement les donations antérieures, dont les actes de 1992, qu'il
constitue le seul document régissant les relations entre les parties et que si, aux termes
du testament, Mme Y... est avantagée par rapport aux autres héritiers, cela résulte de la
volonté librement exprimée de leur mère ;

Qu'en se déterminant ainsi, sans rechercher, comme il le lui était demandé, pièce à
l'appui, si l'acceptation par Paulette X..., bénéficiaire de la stipulation pour autrui
contenue dans la convention du 9 septembre 1992, ne rendait pas cette obligation
irrévocable, la cour d'appel a privé sa décision de base légale ;

PAR CES MOTIFS et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 17 décembre 2015, entre
les parties, par la cour d'appel de Nouméa ; remet, en conséquence, la cause et les
parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les
renvoie devant la cour d'appel de Nouméa, autrement composée ;

Document 12 : Cass. Civ.1, 7 mars 2018 n°15-21.244

Cour de cassation
chambre civile 1
Audience publique du mercredi 7 mars 2018
N° de pourvoi: 15-21244
Publié au bulletin

Sur le moyen unique, pris en sa deuxième branche :

Vu les articles 1184 et 1120 du code civil, dans leur rédaction antérieure à celle issue de
l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué, que, le 18 juillet 2003, à la suite d'un litige survenu entre
la société Polyexpert Loire Touraine, devenue la société Polyexpert Atlantique (la
société), et son salarié, M. X..., un accord transactionnel a été conclu, en vertu duquel la
société Polyexpert Loire Touraine a payé à M. X... une somme de 72 000 euros et, se
portant fort pour le président de la société Polyexpert SA, s'est engagée à ce que le
groupe Polyexpert reprenne des relations contractuelles avec cet ancien salarié,
exerçant à titre libéral et indépendant, lequel a, en contrepartie de l'accord, renoncé
définitivement à l'exécution du jugement du conseil de prud'hommes du 20 janvier 2003
lui ayant alloué une somme totale de 179 321,26 euros ; qu'invoquant l'inexécution de
la promesse de porte-fort, M. X... a assigné la société en résolution de la transaction et en
paiement de dommages-intérêts ;

Attendu que, pour accueillir la demande, l'arrêt retient que la convention contenant
une promesse de porte-fort est susceptible de résolution en cas d'inexécution totale ou
partielle et qu'il n'est pas contesté qu'aucune mission n'a été proposée à M. X..., entre
2003 et 2010, par une des sociétés du groupe Polyexpert ;

Qu'en statuant ainsi, alors que l'inexécution de la promesse de porte-fort ne peut être
sanctionnée que par la condamnation de son auteur à des dommages-intérêts, la cour
d'appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il prononce la résolution de la transaction


du 18 juillet 2003, avec ses conséquences de droit, et condamne la société Polyexpert
Atlantique à payer à M. X... la somme de 10 000 euros à titre de dommages-intérêts,
l'arrêt rendu le 7 mai 2015, entre les parties, par la cour d'appel de Bordeaux ; remet, en
conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient
avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Toulouse ;