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UNIVERSIDAD VERACRUZANA

FACULTAD DE IDIOMAS

Licenciatura en Lengua Francesa

« Paris dans la narrative de Guadalupe Nettel »

TESIS

QUE PARA OBTENER EL GRADO DE


LICENCIADO EN LENGUA FRANCESA

PRESENTA

Roberto Octavio Cruz Aguilar

Dr. Horacio González Lopéz


Director de Contenido

Mtro. Raymundo Arcos Hernández


Co-Director

Xalapa-Enriquez., Veracruz 6 de diciembre de 2019

1
Dédicace

Je suis l’humble servante

Voilà, je respire à peine

Je suis l’humble servante du Génie créateur :

Il m’offre la parole, et moi je la répands vers le cœur…

Je suis l’accent du vers,

L’écho du drame humain,

Le fragile instrument vassal de la main.

Douce, gaie, atroce, je me nomme Fidélité :

Ma voix est un souffle

Qui mourra au jour nouveau.

("Io son l'umile ancella" d'Adriana Lecouvreur de Francesco Cilea traduit de


l’italien).

Je dédie ce travail à la mémoire de ma chère mère Alma Rosa Aguilar Martinez,


merci pour tout ce que tu as fait pour moi, j’espère le jour où nous nous
retrouverons dans l’immensité du génie créateur.

2
Remerciements

D’abord je tiens à remercier ma mère Alma Rosa Aguilar Martinez, pour


m’avoir permis de suivre mon propre chemin, pour son soutien, toujours vivante,
toujours dans mon cœur maman. À ma sœur, mes frères et ma nièce Alondra. À
mes amis Diana, Sthepany, Abdiel, Saúl, Leticia, Montserrat et Andrea merci de
votre soutien. À ma tante Silvia et ma cousine Yanni. À la Famille Velasco-
Guzman. À mon co-directeur Monsieur Raymundo Arcos Hernandéz pour son
soutien le long de mon parcours académique et le long de ce travail. À madame
Lisette Herrador Suárez merci de ses conseils et m’avoir appris l’amour pour
l’enseignement. À Madame Irene Marquina, pour ses conseils, son aide et son
appui dans ce mémoire. À madame Refugio Amada Palacios Sanchez pour
m’avoir montré la beauté de ma langue maternelle. À madame María Eugenia
Cano Oliver pour ses mots qui m’ont soutenu quand j’étais faible. À Ivette Morales,
grâce à toi, je suis dans ce chemin, merci ma professeure, ma collègue, ma chère
amie.

Merci à Françoise Obadia, pour avoir pris soin de moi et m’encourager à


faire ce travail. À la famille Ricart-Giordanno, sans le livre que vous m’avez donné,
ce ne serait pas possible. À Clément Floch et son adorable famille, sans toi, je
n’avais jamais surmonté mon propre hiver.

Spécialement je voudrais remercier mon directeur mi Maestro Dr. Horacio


Gonzalez qui m’a encouragé au cours de ce travail, merci pour croire en moi, pour
avoir les mots adéquats dans chaque moment, merci de partager votre
connaissance, merci de vos conversations entamées toujours pleines de sagesse
et d’humilité et surtout pour votre patience, j’en suis reconnaissant mille Maestro.

3
SOMMAIRE

I.CHAPITRE I.- ROBLÉMATIQUE ............................................................ 5

1.1 Introduction ...................................................................................... 5

1.2 Problématique .................................................................................. 6

1.3 Justification ...................................................................................... 9

1.4 Question de Recherche.................................................................. 11

1.5 Objectifs ......................................................................................... 11

1.5.1 Objectif Général .......................................................................... 11

1.5.2 Objectif Spécifique ...................................................................... 11

1.6 Antécédents dans l’Étude de la Problématique .............................. 12

1.7 Survol............................................................................................. 14

II. CHAPITRE II.- CADRE THÉORIQUE .................................................. 15

2.1 Après l’hiver ................................................................................... 15

2.1. 2 La ville dans la Littérature .......................................................... 16

2.1.3 L’espace artistique et l’espace littéraire ....................................... 19

2.1.4 Le problème de l’espace artistique .............................................. 20

III. CHAPITRE III.- CADRE MÉTHODOLOGIQUE ................................... 22

3.1 Méthodologie ................................................................................. 25

3.2 L’analyse des chapitres .................................................................. 27

IV.- CONCLUSION .................................................................................. 35

4
I.CHAPITRE I.- PROBLÉMATIQUE

1.1 Introduction

L’Universidad Veracruzana créée en 1944, est devenue la principale


institution d’éducation supérieure dans l’état de Veracruz et l’une des institutions
publiques des plus importantes au Mexique. Elle offre cinquante-trois programmes
d’étude repartis dans les cinq domaines de connaissance : sciences humaines,
sciences techniques, sciences de la santé, sciences biologiques et l’art.

Notre programme éducatif, la Licence en langue Française, qui appartient


au domaine des Sciences Humaines et Sociales, a par but la formation des futurs
professionnels dans cette langue. Son plan d’études est basé sur quatre axes de
formation intégrale : la didactique, la traduction, la littérature et la culture-
civilisation. Cette formation est censée d’emmener l’étudiant en langue française
d’acquérir les savoirs pertinents que lui permettront d’enseigner le français et la
culture francophone à des publics divers. Parmi ces quatre axes, deux ont retenu
notre attention et notre intérêt : la littérature, et la culture-civilisation.

En effet, en tant qu’étudiants de la Licence en Langue Française nous


suivons différents cours en littérature dans lesquels nous nous sommes confrontés
à l’analyse littéraire et à l’étude des certains genres littéraires, dont la narrative.
Celle-ci nous permet de connaître différents aspects pas exclusivement des
personnages narrant(s) mais des aspects aussi importants comme l’espace, c’est-
à-dire : Le temps, le climat, les villes et comment ces aspects ont une influence sur
les personnages et leur comportement, leur habitudes, et leurs mœurs.

Alors, compte tenu du fait que les étudiants en langue française sont
confrontés à des discours se centrant sur l’analyse du discours, la sensibilisation à
la culture française, le lien indissociable entre langue et culture et approche
interculturelle, choisir donc une écrivaine hispanophone–mexicaine peut être une
voie analytique non négligeable et source inépuisable de multiple regards.

5
1.2 Problématique

Ce mémoire, qui s’inscrit dans le domaine de l’analyse sémiotique, centre


son attention et son intérêt sur l’étude des formes linguistique-discursives et en
générale, les formes du récit, c’est-à-dire : des mots, des phrases et des énoncés
à travers lesquels la ville de Paris est symbolisée et signifiée, en tant qu’espace,
dans le roman intitulé Après l’hiver, de l’écrivaine mexicaine Guadalupe Nettel.

Dans ce roman, la ville de Paris est l’un des espaces dans lequel une partie
très importante de l’histoire narrée se développe. L’emploi d’italiques dans les
mots ‘récit’ et ‘histoire’, dans les paragraphes suivants, tentent de remarquer qu’il
s’agit de concepts qui possèdent une signification spécifique, inscrite dans la
perspective théorique-méthodologique développée par Gérard Genette.

Selon la perspective de Genette, le mot ‘histoire’ fait référence au ‘conte’ qui


est raconté par le récit du roman, ou fait référence à ce qui est signifié par le récit.
Par ailleurs, l’usage d’italiques dans le mot ‘histoire’ et dans le mot ‘récit’, tente de
remarquer que ces mots s’inscrivent dans la distinction établie par Genette (1972 ;
19831) entre histoire, récit et narration. Pour Genette, le concept d’histoire fait
référence à ce qui est signifié dans et pour un texte de narrative littéraire (Scheffel,
2010, p. 20).

Pour cet auteur, le concept de récit fait allusion aux éléments linguistiques
et aux structures discursives —des énoncés, des mots et des phrases — à travers
lesquels est signifiée une histoire racontée. Dans ce sens-là, le concept de récit
fait appel aux signes ou aux signifiants dont leurs significations ‘racontent’ une
histoire. La relation et la distinction entre les concepts d’histoire et de récit peut
être mieux comprise à la lumière de la distinction entre signifiant et signification,
établie par Ferdinand de Saussure dans son Cours de Linguistique Générale,
originalement publié en 1916 (2005)

1
Genette, Gérard ([1972] 1980). Narrative Discourse: An Essay in Method. Ithaca, NY: Cornell
University Press.

Genette, Gérard ([1983] 1988). Narrative Discourse Revisited. Ithaca, NY: Cornell University
Press.

6
Réalité Signe Signification

Des objets réels et Des mots et des structures


Signifié
‘tangibles’ linguistique-discursives

Des objets réels et


Signifiant Signifié
‘tangibles’

Action narrative
Récit Histoire
Narration

Le concept de narration interpelle l’acte ou l’action de production de la


narration elle-même, c’est-à-dire, l’acte ou l’action en soi de narrer, et il fait
référence aussi, selon Scheffel (2010, p. 20), à la situation réelle ou fictive dans
laquelle tel acte ou telle action de narrer a lieu (Scheffel, 2010, p. 20 2).

Ce mémoire est proposé comme une analyse sémiotique du roman Après


l’hiver de Guadalupe Nettel. Bien que le concept de sémiotique soit le résultat
historique de plusieurs courants de pensée reliées à l’étude de la relation entre le
signe et la signification, ou entre le signifiant et le signifié, et même si ce concept
est difficile à préciser, ce mémoire prend l’orientation développée par Norbert
Wiley (1994, p.VII3), selon laquelle la sémiotique est la discipline qui étudie la
signification dans une relation indissoluble avec le signe et le sujet humaine.

Le signe est pris, dans sa condition de signe écrit ou imprimé, à savoir, dans
sa condition d’entité formelle et dans sa condition d’entité ‘tangible’, mot employé
par Saussure.

(…) les signes de la langue sont pour ainsi dire tangibles ; l’écriture peut les fixer dans des
images conventionnelles (Saussure, 2005, p. 21 4).

2
Scheffel, Michael (2010). Narrative Constitution. Paragraph 33. In: Peter Hühn, et al. (Eds.): The Living
Handbook of Narratology. Hamburg: Hamburg UniversityPress. URL=hup.sub.uni-
hamburg.de/lhn/index.php?title=NarrativeConstitution&oldid=827. consulté 14 mars 2019, 14:20 pm]
3
Wiley, Norbert (1994). The Semiotic Self. Cambridge, UK: Polity Press.
4
Saussure, Ferdinand de (2005). Cours de Linguistique Générale. Genève, Communauté Helvetique: Editions
L’Arbre d’Or

7
Ainsi, le signe, dans sa condition de signe écrit ou imprimé, est le signe que
nous pouvons trouver dans les textes écrits ou imprimés, par exemple, les textes
littéraires, le cas du roman que nous étudions dans ce mémoire. Le rapport entre
le signe et sa signification n’est pas une relation limitée à une relation entre un
signe, disons unitaire et une signification aussi unitaire. Le signe est une entité
fonctionnelle qui peut offrir diverses dimensions. Ainsi, le signe peut être un mot,
un énoncé, une phrase, plusieurs pages, un chapitre complet d’un roman et même
un roman entier. Par exemple, dans le roman Après l’hiver, dans l’ensemble, les
paragraphes sur la page telle, dans le chapitre tel, pris comme des signes qui
cherchent à avoir une signification qui exprime quelque chose.

8
1.3 Justification

Nous croyons que l’apprentissage d’une langue ne peut pas être dissocié ni
des éléments de culture-civilisation, ni des éléments de sa propre littérature, cette
dernière étant un élément essentiel de la première. La littérature, en tant que
manifestation linguistique-culturelle, en tant que manifestation linguistique-
civilisatrice, se pose elle-même, comme objet d’une analyse sémiotique. Nous
estimons que notre parcours académique en la Licence en Langue Française nous
a donné les outils théoriques et méthodologiques permettant de contempler,
d’admirer, et, surtout, d’analyser une œuvre littéraire dans ses rapports avec la
culture-civilisation. Ainsi, cela nous a paru pertinent de nous approcher de l’étude
de la narrative de Guadalupe Nettel par le biais de la symbolisation et de la
signification d’espace. En plus, nous pensons que cela est possible de faire une
liaison entre une perspective d’une écrivaine en langue espagnole et plus
spécifiquement d’une femme de lettres mexicaines ayant eu un vécu à Paris que
nous croyons peut être suivi dont ses écrits plus spécifiquement Après l’hiver.

Dans la narrative de Guadalupe Nettel de son œuvre Après l’hiver, nous


trouvons des aspects descriptifs sur la ville de Paris et ses espaces par exemple :
les arrondissements, et les groupes sociaux qu’y convergent, nous prétendons
approfondir et contraster les aspects descriptifs de Paris et les espaces qui se
présente dans la narrative du roman avec la description objective et la narrative
sociale.

Dans le cadre de l’apprentissage, la littérature peut nous aider à éclaircir


des aspects très importants tels que : le lexique, la grammaire et même l’écriture.
C’est pour cela que dans notre parcours académique la Licence en Langue
Française nous propose un certain éventail de cours en littérature et en rédaction.
Si nous nous plaçons dans le domaine de la littérature nous pouvons approfondir
sur différents aspects d’une œuvre et découvrir, grâce à la narrative, des traits qui
décrivent différents points de vue, celui de l’auteur, des personnages, le rapport
entre les personnages et les espaces décrits dans l’œuvre, et d’autres.

Nous pouvons citer aussi l’importance de la littérature comme un appui de


l’étude culture-civilisation puisque nous savons qu’une culture n’existe pas si elle

9
n’a pas un vestige dans la littérature et en plus, la culture-civilisation ne peut pas
être dissociée de la littérature car la littérature est la façon dont la culture se
manifeste et s’exprime elle-même. En prenant ces deux aspects nous proposons
le présent travail de mémoire « Paris dans la narrative de Guadalupe Nettel ».
Finalement nous voudrions que ce mémoire devienne un précurseur pour les
étudiants de la Licence en Langue Française afin qu’ils s’intéressent à d’autres
voies d’études par rapport aux différents domaines de la langue.

10
1.4 Question de Recherche

Quelle est l’importance de dévoiler les significations de la ville de Paris dans


le roman Après l’hiver de Guadalupe Nettel ?

1.5 Objectifs

1.5.1 Objectif Général

Dévoiler les significations que contient la ville de Paris par rapport à


l’histoire narrée dans le roman Après l’hiver de Guadalupe Nettel.

1.5.2 Objectif Spécifique

Identifier les chapitres du roman Après l’hiver de Guadalupe Nettel


contenant des paragraphes ou passages dans lesquels le roman offre une
narrative descriptive ou métaphorique des espaces.

11
1.6 Antécédents dans l’Étude de la Problématique

La symbolisation et la signification de la ville de Paris dans la littérature est


très ancienne (Hazan, 20025). Toutefois c’est à partir de XIX siècle quand la
symbolisation et la signification de cette ville fleurissent intensément et en
profondeur, en prenant la ville de Paris comme espace dans lequel se développent
les histoires racontées par la littérature (Cancellieri, 20136; Hazan, 2002 ; Boeglin,
20167). Nombreux sont les romans français du XIX siècle dont les histoires se
développent dans un Paris symbolisé et signifié soigneusement. Paris apparaît
dans le Père Goriot de Balzac (Balzac, 1856; Matzat, 20048 ); Paris éclot dans les
Misérables de Victor Hugo, dans Nana et dans Le Ventre de Paris, des romans
appartenant à l’ensemble de romans intitulés Les Rougon Macquart, le tome 9
pour le premier roman et le tome 3 pour le dernier de, tous d’Emile Zola ; dans Les
mystères de Paris d’Eugene Sue ; les mohicans de Paris d’Alexandre Dumas,
père; dans les textes non-narratifs respectivement intitulés croquis parisiens et
types de paris de Karl Joris Huysmans. Ce dernier avec la participation de certains
des plus célèbres écrivains français du XIXème siècle.

De la même façon la symbolisation et la signification de Paris fleurissent


dans le récit du XXème siècle. Le roman Aurélien de Louis Aragon se déroule
dans un Paris des premières décennies du XX siècle. Il s’agit d’un Paris qui sera
repris en détail symbolique et sémiotique dans la littérature urbaine française
contemporaine (Horvath, 20079). Parmi les travaux de recherche sur l’espace
littéraire nous trouvons celui de Luz Aurora Pimentel, son travail, axé plutôt sur les
œuvres de Juan Rulfo, approfondit dans le roman hispano-américain et dans la
conception qui ont les écrivains hispano-américains sur les espaces dans la

5
Hazan, Eric (2002). L’Invention de Paris. Paris: Points.
6
Cancellieri, Fabio (2013). La Représentation de Paris dans la Littérature du XIX siècle: Entre Mythe et Réalité.
Esch-sur-Alzette.
7
Boeglin, Noémi (2016). Paris: Ville Morte dans le Roman Francais au XIXe siècle. Sociétés et Représentations,
1, N. 41, pp. 47-62.
8
Matzat, Wolfgang (2004). L’Image de la Ville et sa Fonction dans «Le Père Goriot ». L’Année Balzacienne, 1, N.
5, pp. 303-315.
9
Horvath, Christina (2007). Le Roman Urbain. Dans: Le Roman Urbain Contemporain en France. Paris: Presses
Sorbonne Nouvelle. Available on the internet: http://books.openedition.org/psn/2044, consulté 15 août 2019, 17 :06 pm.

12
narrative, sans laisser de côté Balzac et Dickens. Dans son œuvre intitulée El
espacio en la ficción, Luz Aurora Pimentel souligne en profondeur l’importance qui
a l’espace dans l’œuvre littéraire ; dans son étude elle le conçoit pas seulement
comme un fond ornemental mais comme un personnage présent et omniscient
dans le roman.

13
1.7 Survol

Cette étude propose une analyse à caractère sémiotique sur le rôle qui joue
l’espace représenté par la ville de Paris dans le roman Après l’hiver, de l’écrivaine
mexicaine Guadalupe Nettel. Ce roman aborde diverses thématiques dont :
l’étranger, l’altérité, la relation et interdépendance de la ville et ses habitants, et
c’est sur la base de cet ensemble que nous prenons la ville de Paris Symbole de
la culture française comme un objet d’analyse dans cette étude (Popovic, 2018).
Nous ferons une analyse en profondeur sur les 3 chapitres principaux de ce roman
en ce qui concerne à la ville de Paris, les chapitres intitulés respectivement Paris,
Ménilmontant et Vecinos; ces trois chapitres font partie de l’histoire de Cecilia, qui
est l’une des protagonistes de ce roman.

14
II. CHAPITRE II.- CADRE THÉORIQUE

2.1 Après l’hiver

Le roman Après l’hiver dont le titre original est Después del invierno, a été
publié par la maison d’édition ANAGRAMA, roman lauréat du prix Herralde en
Espagne (Herralde, 2014)  cette distinction est octroyée par la maison d’édition
ANAGRAMA aux écrivains qui veulent publier une œuvre inédite, dans la même
maison d’édition et qui a par but promouvoir la nouvelle narrative en langue
espagnole, cette œuvre appartient au genre de la narrative courte, connu aussi
comme nouvelle ; elle comprend 31 chapitres non-numérotés, certains sont
intitulés par les noms des personnages principaux, le premier chapitre intitulé
Claudio, et le deuxième Cecilia, nous trouvons aussi certains chapitres dont les
titres font allusion aux lieux qui conforment la ville de Paris, des quartiers et des
arrondissements nous citons certains, par exemple: Ménilmontant, Hotel Lutetia,
parmi d’autres et, finalement nous trouvons des titres abstraits tels que : Iniciación,
Insomnio, Incertidumbre, Rumores, Obsesiones. Au cours du récit nous trouvons
le rapport d’une relation signifiée ou un point de référence vers les autres chapitres
même si ceux-ci ne sont pas dans un ordre précis par la séquence donnée par
l’auteur du roman. Le roman est divisé en deux parties, la première comprend, dès
le premier chapitre intitulé Claudio, jusqu’au chapitre intitulé insomnio, selon nous
cette première partie du roman est plutôt une introduction consacrée aux
personnages principaux et secondaires : Cecilia et Claudio, les protagonistes et
Ruth, Tom et Haydée les personnages secondaires. Nous ajoutons dans cette
première partie la ville de Paris qui incarne l’espace littéraire dans le récit et selon
Cecilia dans sa narration, la ville a un caractère décrit comme instable, frivole et
revêche.

Dans cette première partie du récit, nous apercevons la relation entre les
personnages et l’espace qui les entoure et pour espace nous comprenons la
ville, les lieux qui en font partie par exemple : le quartier de Ménilmontant, le
cimetière Père-Lachaise et les éléments temporels à savoir : les saisons et le
climat aussi.
15
La deuxième partie est plutôt consacrée à la description des changements
qui éprouvent ces personnages dans le roman, leur interaction avec l’autre dans
une sorte de découverte de l’altérité. Il faut mettre l’accent sur le rôle joué par
l’espace et les saisons par rapport à l’évolution des protagonistes dans le récit, car
c’est pendant la transition d’automne le point de référence qui marque le début
de l’histoire racontée par Cecilia vers le printemps, la dernière saison régnant à
Paris dans l’histoire.

Le roman aborde, d’une façon explicite, le sujet Paris dans son quatrième
chapitre intitulé Paris néanmoins, le roman aborde ce même sujet dans certains
d’autres chapitres dont : Ménilmontant titre qui correspond au nom d’une rue de la
ville de Paris, le huitième chapitre intitulé Vecinos (2014, Nettel, p. 86-87) ;
L’onzième chapitre intitulé Hotel lutetia, fait référence au nom d’un hôtel existant
dans le vrai Paris. Ainsi ce titre implique le nom décerné à Paris aux périodes
gallo-romaine ; dans le deuxième, treizième, quatorzième, quinzième
respectivement intitulés Rumores, Incertidumbre, La versión de Cecilia, La versión
de Claudio; dans le vingtième chapitre intitulé Otoño et dans le vingt-huitième
chapitre Cementerios et finalement dans le trente-et-unième chapitre intitulé Día
de campo.

2.1. 2 La ville dans la Littérature

La description spatiale dans les textes littéraires, spécialement la narrative


littéraire, acquiert une grande Importance à partir du XIXème siècle, et dans la
description spatiale, la ville a un lieu prépondérant ; la ville est signifiée et
symbolisée de différentes façons selon les conventions et les aspects culturels de
chaque époque. Dans cette partie qui concerne la ville, nous allons prendre en
considération trois aspects qui apparaissent esquissés dans le roman que nous
étudions, la ville comme un objet d’étude, La ville à travers la littérature monde et
finalement Paris, la ville dans la littérature à partir du XIXème jusqu’à la littérature
contemporaine.

La manière littéraire de représenter la ville dans le roman lui confère le rôle


en vue de créer un entourage permettant le développement des personnages ;
16
dans sa nature la ville peut aussi jouer pour ou contre les personnages selon la
volonté de l’écrivant. Quoi qu’il en soit, la ville se maintient comme un élément
actant et inépuisable de tout profit dans la narrative littéraire. C’est de cette façon
que la ville Paris sera l’entourage parfait pour les histoires de Balzac, Zola et Victor
Hugo dont les romans racontent les histoires de personnages qui habitent dans un
Paris décrit comme négligé, sale et dur, voire perverse Le Père Goriot, Les
misérables, Nana à travers la narration des protagonistes de ces romans, nous
trouvons d’une part, la ville cosmopolite et civilisatrice ,et d’autre part la ville de la
pauvreté humaine et de la ruine morale.

D’après Jean-Philippe Toussaint 10, la ville est représentée de manières


diverses, il faut tenir compte du fait que les villes ont une valeur différente entre
elles, Paris peut être considérée sous la même signification que Praga ou Londres,
elles sont des villes littéraires, normalement ces villes fonctionnent parfaitement
dans les romans qui offrent des narrations plus fignolées autour de l’entourage
offert par la description, tandis que la ville d’Athènes, d’Istanbul et du Caire, ce
sont des villes mythiques, villes chargées d’une vaste et riche histoire culturelle,
remplies de nuances symboliques voire exotiques qui prêtent un appui aux
histoires qui puissent y se dérouler, dans ce type de villes naît le genre littéraire
(Thierry, 2010) mot d’origine anglaise et faisant référence au mot Landscape,
paysage; les romans de ce genre proposent des histoires qui se déroulent à
l’intérieur de lieux exotiques, villes anciennes, villes éloignées et méconnues, en
tous cas des lieux qui permettent au lecteur d’avoir une expérience unique et
différente avec le lieu dans la narration. Il y a aussi des villes qui représentent
l’interculturalité et l’altérité par exemple : New York, Tokyo et Paris, dans ces villes,
le sujet principal est le contact avec l’autre, nous pouvons ajouter des villes de
perte ou chaotiques, par exemple : Ciudad Juarez esquissée comme une ville
autour du chaos et de la violence.

D’une certaine manière, une même ville peut avoir des nuances différentes
selon l’auteur et l’époque où ses histoires se déroulent, par exemple: Paris, qui

10
Villes conscientes, Villes inconscientes. http://constructif.fr/bibliotheque/2013-6/villes-conscientes-villes-
inconscientes.html?item_di=3328, consulté 13 juin 2019, 15 :30 pm.

17
dans les paragraphes précédents a été décrite comme un lieu manquant de
morale, où la pourriture se sent dans ses rues chez Balzac et Zola, dans le roman
contemporain de Julio Cortáza Marelle (Rayuela) la ville de Paris est décrite
comme un lieu d’accueil pour les protagonistes du roman qui déclenche les
aspects les plus profonds et intimes des personnages, la ville devient ’un point de
rencontre pour les personnages qui se sont y rencontrés pour la première fois et
quand ils partent tout ce qui était né dans leur séjour reste pétrifié dans le temps.

La représentation de la ville dans la littérature a des multiples regards qui


sont toujours profitables tant à l’écrivain qui normalement a déjà ébauché le rôle
à jouer par ville dans le roman que pour le lecteur qui, sur la base de cette
représentation artistique-textuelle, peut contextualiser le rôle joué par les
protagonistes. En tout cas, la ville ne se limite pas à une ornementation spatiale ;
un aspect si important et tellement curieux est l’image qui reproduit la ville dans
une culture étrangère le cas du roman que nous étudions dans ce mémoire,
cette image n’est pas la même à celle qui peut être conçue dans la culture
d’origine.

En effet, par opposition à la proposition de lire et d’étudier les romans écrits


par des romanciers natifs qui développent leurs histoires dans la même culture
d’origine, la littérature monde de découvrir cette culture d’origine à partir d’un point
de vu externe, voire même étranger dans le sens de non-appartenance à cette
culture. Ainsi, par exemple dans la littérature noire francophone, la ville a une
signification très négative et elle devient l’antithèse du village le village lieu de
naissance du héros où il garde les valeurs et les croyances du peuple, et la ville,
symbolisée comme un lieu de dépravation qui fait disparaître les mœurs et la
morale de l’héros; dans son travail de recherche intitulé La ville Objet de
civilisation et de littérature en cours de français langue étrangère 11, il remarque la
représentation de la ville et l’espace urbain dans la littérature africaine francophone
comme une expression liée à la colonisation et a l’Independence des pays
africains; Bationo cite l’étude fait par Roger Chemain, qui expose dans son travail

11
Jean-Claude Bationo « la ville, objet de civilisation et de littérature en cours de français langue étrangère »,
Questions de communication, en ligne, 12, 2007, mis en ligne le 11 avril 2012, consulté 10 novembre 2019 14 :30 pm. URL :
Https://questionsdecommunication.revues.org/2405

18
La ville dans le roman africain publié en 1981, l’image de la ville, un lieu où les
mœurs, les coutumes et les valeurs culturelles meurent. C’est en raison de cela
qu’il n’est pas inhabituel que les protagonistes de ce type de roman quittent leur
village pour poursuivre les études dans la villepar opposition la ville resta comme
un endroit civilisée et moderne en restant déplacés.

Dans le roman Après l’hiver les protagonistes souffrent de manière


figurative une mort lente car au cours d’une longue agonie, ils commencent à
perdre les valeurs et les mœurs de leur pays d’origine qui avaient apportés avec
eux à Paris. La ville est le point où convergent des multiples regards, comme une
entité nous pouvons la considérer un actant, une entité tacite mais toujours
consciente, le symbole de la civilisation et de la culturation ou par contre la
disparation des mœurs, les coutumes et l’essence de ceux qu’y arrivent. Parfois
elle est décrite comme un paradis mythique ou par contre un enfer ou les
protagonistes doivent lutter chaque jour contre son inclémence, peu importe quel
soit le cas, la ville reste dans l’imaginaire comme une source inépuisable de
connaissance autour de roman et la littérature.

2.1.3 L’espace artistique et l’espace littéraire

Pendant le XXème siècle l’espace était considéré comme un modèle qui


faisait partie de la structure du roman et qui était à la charge d’autres
composantes, telle que la narrative littéraire, cette disposition à considérer l’espace
comme un dispositif dépendant de la description des formes, au début nettement
physiques une action usuelle dans la description narrative a changé à la fin du
même siècle. Dans cette nouvelle perspective l’espace artistique devient un
modèle de l’espace réel, mais non pas sa copie, il a ses propres limitations, ce que
l’auteur a écrit est ce qui est existant dans ce modèle textuelle, l’information de
l’espace qui est omise par l’auteur rend autant incomplète le texte ainsi que
l’espace, par conséquent le lecteur est incapable de reconstruire cet espace. Cette
perspective a été proposée et développée par Yuri Lotman qui ajoute, par ailleurs,
un troisième élément: les conventions et stéréotypes, lesquels gouvernent
l’organisation de l’espace dans le texte et l’espace du monde réel (Lotman,
UNIVERSE OF THE MIND: A SEMIOTIC THEORY OF CULTURE, 1992) ; dans

19
cette proposition Lotman soutient que l’espace littéraire différencié de l’espace
artistique offre une connaissance générale de la réalité empirique au lecteur sur
la base des facteurs extratextuels, ce qui permet d’avoir une connexion entre le
monde disons fictionnel celui dans le récit et le monde réel celui construit
par les vécues du lecteur.

Dans ce roman de Guadalupe Nettel, les éléments inscrits dans cette


proposition apparaissent dans la description spatiale fournie par les protagonistes
dans leur narration, par exemple dans le passage suivant :

El pueblo era chico y cada estación correspondía a una etapa de sus habitantes.
La primera, por ejemplo, era la escuela elemental. Pocas calles más adelante estaban el
colegio y el gimnasio, después la alcaldía y, junto a ella, la iglesia. Varias calles más
arriba, el autobús pasaba por el cementerio para llegar finalmente al hospital en cual
estaba internado Tom (2014, Nettel, p.201).
Dans la description spatiale de ce passage, nous trouvons une référence au
temps, plus précisément la durée de la vie jusqu’à la mort, en tout cas la mort de
Tom; ce chapitre peut nous ébaucher même plus, il peut nous décrire le
développement de ce personnage; les facteurs o éléments extratextuels sont
représentés par les adverbes: Después, más adelante et finalmente, et par les
substantifs: escuela elemental, el colegio, el gimnasio, la alcaldía, la iglesia et
finalement el cementerio mis dans cet ordre, tous ces éléments extratextuels par
rapport aux connaissances référentielles que nous avons culturellement nous
permettent de concevoir le monde descriptif dans le texte au-delà de ce qui est
écrit dans ce même texte, à travers des éléments extratextuelles de l’extrait
précédemment cité, Les noms et les adverbes qui en font partie, nous
pourrions imaginer la fin de ce personnage dans le roman.

2.1.4 Le problème de l’espace artistique

Sans attachement à la perspective de création, d’échange et de ‘mémoire’


d’information, ainsi sans attachement à la perspective d’échange mécanique de
signes, sous-jacent à la proposition Yuri Lotman (Lotman, 1990, pp. 1-512), Ce
mémoire a recours à la proposition soutenue par ce même auteur, proposition

12
Lotman, Yuri M. (1990). The Universe of the Mind: A Semiotic Theory of Culture. Bloomington, Indiana: Indiana
University Press.

20
concernant le ‘Problème de l’espace artistique’. D’après Lotman, l’espace littéraire
est structuré en termes d’oppositions de concepts qui ne sont pas nécessairement
des concepts spatiaux (Lotman, 1977, p. 218 ; pp. 217-231 ; O’Toole, 1980). Il faut
bien souligner que la version originale, en russe, de l’œuvre de Lotman intitulée
par sa traduction du russe à l’anglais : The Structure of the Artistic Text, a été
publiée originalement au début des années soixante-dix (Kristeva, 199413).
Verónica Bernabeil (2015, p. 30614), a attiré l’attention, en termes généraux, sur un
nombre important des travaux appuyés sur les propositions de Lotman, n’ont pas
pris en compte forcement l’ordre dans lequel les travaux de tel auteur ont été
publiés. D’après Lotman (1977, p. 218), l’allusion qui fait une œuvre littéraire aux
conditions spatiales ou aux éléments spatialement situés, il s’agit d’une
manifestation du modèle particulier du monde soutenu par l’auteur dans cette
œuvre. Alors, dans une œuvre littéraire, l’auteur soutient une représentation du
monde dans laquelle l’espace modèle les plusieurs relations qui y cohabitent ; ces
relations sont toujours susceptibles d’être établies dans plusieurs temps qui sont
narrativement établis et mis en scène dans l’œuvre littéraire.

Selon Lotman (1977, p.218), les relations sociales et d’éthique, se


retrouvent dans les plusieurs relations dont modélisation littéraire intervient les
significations d’espace implique dans une œuvre littéraire. Pour Lotman, dans la
mesure où l’espace littéraire émerge comme un résultat d’un récit discontinu et,
par conséquent, incomplet de l’espace existant, il ne peut pas être considéré
comme un modèle de ce monde réel, il n’est qu’un modèle non-isomorphe de
l’espace existant (Lotman 1977, p. 218).

13
Kristeva, Julia (1994). On Yuri Lotman. Publications of the Modern Language Association, PMLA, 109, 3, pp.
375-376.
14
Barnabei, Verónica (2015). Le Spatial Turn en littérature: Changement de Paradigme et Transdisciplinarieté.
Cadernos de Literatura Comparada. 33, 12, pp. 303-321.

21
III. CHAPITRE III.- CADRE MÉTHODOLOGIQUE

Le présent mémoire, propose une analyse sémiotique qui cherche à étudier


les formes linguistique-discursives dans le récit sous lesquelles la ville de Paris
apparaît signifiée ou symbolisée dans trois chapitres de roman Après l’hiver, les
quels s’intitulent Paris, Ménilmontant et Vecinos, Car ils gardent un ensemble plus
vaste et varié de signes et de significations autour de l’espace dans leurs
passages, sujet principal de ce mémoire

Au niveau méthodologique, l’étude des formes sous lesquelles est


symbolisée et signifiée la ville de Paris —existante— dans le roman de Nettel, est
une étude qui consiste à identifier et puis analyser ces éléments du récit du roman
qui ont comme fonction de signifier cette ville dans l’histoire racontée par le roman.

Le récit, intégré par des mots, des phrases, des énoncés, c’est-à-dire,
intégré par des éléments linguistiques et par des structures linguistique-
discursives, qui constituent la dimension formelle d’un roman. En ce qui concerne
cette dimension, au niveau méthodologique, ce mémoire étudie trois plans. Ils
n’apparaissent pas dans le roman, ni d’une manière pure ni d’une façon séparée.

Dans les sens précédent, la symbolisation et la signification de Paris dans


ce roman, ne se limite pas dans l’inscription du mot ‘Paris’ dans le récit de ce
roman. Mais nous tiendrons compte des allusions faites de Paris dans tout
élément, événement ou qualité qui soit susceptible d’être attribuée à Paris, par
exemple : ‘une bourse pour étudier’ à Paris (2014, Nettel, chapitre intitulé ‘Cecilia’,
p. 24). Le premier plan est intégré donc par ces structures linguistiques, lesquelles
explicitement expriment ou implicitement impliquent le thème ‘ville de Paris’. Ce
premier plan peut être illustré par le suivant passage du roman de Nettel: El París
idílico, ese París de las películas… (2014, Nettel, p. 31).

Le deuxième plan est intégré par des structures linguistique-discursives qui


disent quelque chose à propos de Paris. Ce deuxième plan peut être illustré par
les suivants passages.

La idea que tenía de París no era la de aquella ciudad en donde decenas de parejas de
todas las edades se besaban… (2014,Nettel, p. 31).
22
En París, la superficie es algo muy importante (2014, Nettel, p. 33).
Afuera, la ciudad me parecía extraña y en cierta forma amenazadora (2014, Nettel, p. 34).
La ciudad entera parecía centrada en cultivar la belleza como una cuestión de vida o
muerte (2014, Nettel, p. 36).
Le troisième plan est intégré par les fonctions de la signification effectué
concernant l’histoire racontée par le roman, par ce qui concerne à Paris. Ce
troisième plan peut être mieux illustre par le passage suivant : El boulevard
Ménilmontant no sólo separa el barrio de los vivos y el de los difuntos, sino
también dos distritos muy diferentes. Se trata de una suerte de frontera (2014,
Nettel, p. 60).

La citation précédente fait référence —ou dénote— le boulevard parisien de


Ménilmontant, situé dans le XXème Arrondissement. De cette façon, ce
paragraphe de manière implicite, fait allusion ou implique Paris, mais cette citation
signifie —ou connote— le boulevard Ménilmontant comme un axe de séparation,
comme une sorte de frontière entre deux ‘quartiers’, comme une sorte de frontière
entre deux ‘districts’. Ces significations—ou connotations— auront la fonction
d’encadrer la localisation spatiale dans laquelle une partie importante de l’histoire
racontée par le roman : Poco a poco había ido descubriendo la curiosa ubicación
de mi edificio. El boulevard Ménilmontant… (2014, Nettel, p. 60)

L’appartement où Cecilia arrive, se trouve dans un bâtiment situé sur le


boulevard Ménilmontant. Dans le roman, la conscience de cette localisation
n’émerge pas de manière automatique, elle émerge progressivement, jusqu’au
moment où cette curieuse localisation du bâtiment se révèle : le boulevard
Ménilmontant (Nettel, 2014, pp. 41-42). Néanmoins, dans cette localisation, ce
boulevard ne deviendra pas seulement un point de référence mais toute une ligne
de référence qui servira d’une ligne de référence pour séparer deux ‘quartiers’,
deux ‘districts’, lesquels séparés restent l’un devant l’autre en faisant une
frontière :

Poco a poco había ido descubriendo la curiosa ubicación de mi edificio. El


boulevard Ménilmontant no sólo separa el barrio de los vivos y el de los difuntos, sino
también dos distritos muy diferentes. Se trata de una suerte de frontera (2014, Nettel, p.
60).

23
De la même manière que chaque partie d’un tableau sert comme une ligne
de référence pour délimiter ce qui est dedans et dehors de celui-ci, de la même
façon que deux des quatre parties intégrant celui-ci servent comme une référence
de ce qu’il y a en haut et en bas ayant comme but de délimiter ce qui reste à
droite ou à gauche, le boulevard Ménilmontant reste signifié, dans le roman,
comme une ligne de référence qui sépare deux quartiers et deux districts de nature
différente. La vie est contrastée avec la mort, et la vie animée des restaurants, des
commerces et des bars se contraste avec la pauvreté et avec le populaire (2014,
Nettel, p.60-61).

Les significations impliquées dans le passage cité précédemment du texte,


deviennent des signes qui, à leur tour auront leurs propres significations. Dans ce
cas-là, ces significations auront comme fonction de signifier un emballage pour
héberger Cecilia, un emballage pour le bâtiment dans lequel elle habite. Elle arrive
à ce quartier, lequel est signifié comme une ‘sorte de frontière’ entre le quartier des
vivants et le quartier des défunts, entre le XIème Arrondissement et le XXème
Arrondissement de Paris. Cependant, dans cette frontière, c’est-à-dire :
Ménilmontant, se trouve dans le Xème Arrondissement, district symbolisé et
signifié dans le roman comme un quartier populaire voir même pauvre (2014,
Nettel, P. 60).

Comme nous l’avons souligné au début de ce mémoire, la fonction


d’encadrement sémiotique est soulignée par Balzac sur l’une des premières pages
du roman Le Père Goriot :

Nul quartier de Paris n’est plus horrible ni, disons-le, plus inconnu. La rue Neuve-
Sainte-Geneviève surtout est comme un cadre de bronze, le seul que convienne à ce
récit, auquel on ne saurait trop préparer l’intelligence par des couleurs brunes, par des
idées graves ; ainsi que de marche en marche, le jour diminue et le chant du conducteur
se creuse alors que le voyageur descend aux Catacombes. Comparaison vraie. Qui
décidera de ce qui est plus horrible à voir, ou des cœurs desséchés, ou de crânes vides?
(Balzac, 1856, p. 1-215).
D’après le narrateur de Le père Goriot, le faubourg Saint Marceau est l’un
des plus horribles et méconnus lieux dans Paris, mais il y a dans cette laideur
quelque chose encore plus horrible et méconnu : la rue Neuve-Sainte-Geneviève,

15
Balzac, Honoré de (1856). Le Père Goriot (Scenes de la vie parisienne). Paris: Bureaux du Siècle.

24
et dans cette rue, se trouve le ‘cadre de bronze’ qui encadre l’histoire racontée par
ce roman, et cette histoire ne pourrait pas être comprise hors de ce cadre.

Les trois plans d’analyse proposés comme l’axe méthodologique de ce


mémoire n’apparaissent pas dans le roman, ni d’une manière pure ni d’une façon
séparée. Dans les sens précédent, la symbolisation et la signification de Paris
dans ce roman, ne se limitent pas à une inscription du mot ‘Paris’ dans le récit de
ce roman.

3.1 Méthodologie

D’après la proposition d’Yuri Lotman dans son travail The universe of the
mind: A semiotic Theory of culture, nous trouvons deux fonctions spatiales dans le
récit concernant la ville: d’abord c’est la ville en tant qu’espace symbolique dans un
récit et, la ville comme un nom symbolique, dans cette proposition l’espace
symbolique devient une signification tandis que le nom symbolique devient un
signe (Lotman, Universe of the mind. A semiotic Theory of culture, 1922, Pp. 191).
Ce que Lotman propose a lieu dans le roman de Nettel, les personnages signifient
et symbolisent la ville au cours de toute l’histoire racontée dans le roman Tout
d’abord c’est la ville de Paris, une unité symbolique dans l’espace —Réel ou
fictif—, c’est-à-dire une entité physique: Paris est un lieu géographiquement situé
dans l’espace qui est délimité dans un territoire déterminé, qui se compose de
quartiers, de rues, d’arrondissements et, il y a aussi Paris l’être vivant, une entité
interagissant avec les personnages du roman, dotée d’attributs humaines par
exemple: une personnalité, un caractère instable ; ces deux facettes sont
perceptibles dans le passage suivant:

Los anuncios del metro no dejaban de machacar la importancia de la línea, sin


hablar de las revistas que se exhibían en los quiscos. La ciudad entera parecía centrada
en cultivar la belleza, como una cuestión de vida o muerte. (2014, Nettel, p. 36).
Dans ce passage Il y a une description physique de la ville, d’abord la ville
est remplie de publicité, spécialement les gares du métro, et ensuite il y a une
référence à la préférence esthétique qui maintient la ville sur ses habitants, l’idéale
de beauté que les habitants doivent avoir ; cette dernière partie décrit la
personnalité de la ville.

25
Dans ce mémoire nous analyserons ces deux facettes qui coexistent sous la
forme d’un même signe et, qui à leur tour peuvent avoir multiples significations;
pour mener à bien cette analyse nous allons prendre certains passages qui se
trouvent à l’intérieur des trois chapitres précédemment mentionnés au début de
cette introduction à fin de les exposer sous une forme strictement sémiotique; les
aspects à analyser peuvent être des mots, des phrases, des énoncés tout ce qui
concerne a la description spatiale et qui dévoile la signification de l’espace. Nous
avons pris en considération certaines caractéristiques de ces passages :

-Qu’ils présentent un lien avec l’espace, soit-il directe ou indirecte.

-Qu’ils apportent ou qu’ils soient ébauchés à travers une description


métaphorique spatiale.

-Qu’ils dénotent ou connotent la ville de Paris de manière implicite ou


explicite.

Pour mener à bien l’analyse nous allons la diviser en trois parties: la


première consacrée au quatrième chapitre intitulé Paris, dans ce chapitre le sujet
de ce mémoire est abordé de façon explicite, la protagoniste esquisse les
différents points de vue qui ont les personnes secondaires sur la ville de Paris et,
elle parvient à contraster ces points de vue entre eux; dans cette partie, le premier
contact entre le lecteur et la ville de Paris s’établit car les premiers chapitres non-
abordés explicitement sont dédiés plutôt à raconter la vie des protagonistes avant
qu’ils arrivent à leur ville actuelle dans la temporalité du roman. Ce chapitre
marque le commencement de l’histoire de Cecilia.

La deuxième analyse est dédiée au sixième chapitre intitulé Ménilmontant,


dans ce chapitre les descriptions spatiales sont plus fignolés et elles n’abordent
que le quartier et le boulevard de Ménilmontant, la narration de Cecilia devient plus
intime et se centre principalement à décrire la quotidienneté dans son appartement
et les rapports qu’elle crée avec les habitants de ce même quartier, un thème
récurrent est l’altérité. La troisième et dernière partie de cette analyse a lieu dans
le huitième chapitre intitulé Vecinos, dans ce chapitre le sujet principal est la
relation entre l’espace et les protagonistes, les significations qui s’octroient les uns
aux autres.
26
3.2 L’analyse des chapitres

Après avoir exposé la théorisation sur laquelle s’appuie notre travail


d’analyse des trois chapitres du roman Après l’hiver, nous pouvons, ensuite,
passer à l’analyse de chacun des chapitres choisis, dans un premier plan nous
allons citer les passages qui concernant a la description spatiale ou référentielle à
la ville de Paris en dévoilant leur signification soit-elle métaphorique, explicite ou
implicite, après la citation l’analyse apparaîtra sous la forme d’un commentaire
interprétatif.

Il faut dire que même si les chapitres ne sont pas numérotés par l’auteur,
nous les avons nombrés dans ce mémoire pour rendre plus facile la tâche de les
analyser, nous avons numéroté les chapitres selon l’ordre d’apparition donné par
l’écrivaine dans le roman.

Paris

Même si l’œuvre de Guadalupe Nettel n’est pas inscrit dans la littérature


urbaine, c’est-à-dire le genre de la littérature qui aborde la vie dans les espaces
urbains, Nettel symbolise et signifie la ville de Paris comme un espace, elle l’établit
comme un espace aperçu problématique par les personnages du roman. Ce Paris-
là regardé de cette façon est plein d’oppositions, lesquelles peuvent être aperçues
dès les premières lignes du quatrième chapitre intitulé Paris.

El París idílico, ese París de las películas que los turistas convencionales esperan
encontrar durante su viaje comienza en mayo y dura, con un poco de suerte, hasta
principios de septiembre. En estos meses toda la ciudad parece determinada a hacer una
amnistía, una tregua en su histeria, en su frenesí (2014, Nettel, p. 31).
Dans cet extrait, il y a trois versions sémiotiques de la ville de Paris,
lesquelles seraient liées d’une certaine façon entre elles. Dans la première, Paris
est signifié comme un Idylle, c’est-à-dire, un bref poème d’amour. Dans la
deuxième, Paris perd sa qualité de poème d’amour et il devient le Paris des films.
Et finalement, dans la troisième version, Paris est la ville qui apparaît dans ces
spécifiques films qui sont regardés par les touristes conventionnels, car il y a
surement des touristes non-conventionnels dans le roman de Nettel.

Ces trois versions de Paris convergent dans un point ou moment temporel

27
dans lequel Paris surgit. Les significations formulées par les structures linguistique-
discursives du passage précédent nous racontent que Paris commence en mai et
finit en septembre, mais c’est grâce à un peu de chance que Paris peut durer
jusqu’à ce mois-ci. Ces mêmes significations impliquent un Paris qui aurait une
autre durée. Jusqu’à quel mois durerait le Paris idyllique, ce Paris des films que les
touristes conventionnels espèrent trouver pendant leur voyage ? Et si ce même
Paris n’avait pas cette opportunité, combien de temps se maintiendrait-il ? Il ne
durerait que le mois d’août ? Au-delà de cette période, la ville est soumise à sa
propre hystérie, à son propre frénésie, hors de ces mois, l’hystérie et la frénésie de
Paris seraient constants et seulement pendant cette période ils s’atténueraient.

La idea que tenía de París no era la de aquella ciudad en donde decenas de


parejas de todas las edades se besaban en los parques y en los andenes del metro, sino
la de un lugar lluvioso donde la gente lee a Cioran y a LaRochefoucauld mientras sorbe,
con los labios fruncidos y preocupados, café expreso sin leche y sin azúcar (2014, Nettel,
pág. 31-32).
Dans ce paragraphe l’idée idyllique continue mais elle a une nuance
différente, cette fois-ci est représentée par ses habitants; dans ce passage de la
narration de Cecilia il y a deux types d’habitants dans l’espace décrit: les
amoureux par dizaines qui font la bise dans le parc et dans les quais du métro,
ceux qui habitent dans ce Paris fictif des touristes et, les habitants du Paris
pluvieux et réel, les personnes qui lisent à Cioran en buvant du Café sans lait qui
cohabitent avec Cecilia. Ce fragment du récit nous montre le point de vue du
personnage vis-à-vis du Paris, d’un côté il dévoile un Paris idéalisé et stéréotypé,
qui a une durée éphémère qui contraste avec le monde mexicain que Cecilia a
vécu. Cecilia fait allusion à une ville de Paris devenue en être humaine, hystérique
et frénétique. Nous pouvons y observer comment la signification, le déploiement
sémiotique de l’espace dénotent ou font référence à une relation entre le narrateur
et son entourage, en approfondissant un peu plus, nous pouvons découvrir l’état
d’âme, l’état psychologique du protagoniste du roman au moment qu’elle fait face à
cette entité.

La ville de Paris est un fait existent dans le temps et dans l’espace du


monde réel, par opposition au Paris du roman Après l’hiver, cette ville fait partie du
monde fictif du roman. Il existe une sorte de jeu entre le Paris réel existant, et le
28
Paris fictif, ce dernier appartient au monde de fiction car il est inscrit par ces
structures linguistique-discursives c’est-à-dire par les mots, les phrases et les
énoncés dont les significations racontent l’histoire dans le roman. Au cours
des pages précédentes, le Paris qui apparaît dans le roman de Nettel, fait partie
des significations qui encadrent les personnages et leur relations, cet aspect nous
pouvons le regarder avec clarté à l’intérieur du chapitre intitulé Vecinos (2014,
Nettel, p.77-93). Dans le roman de Nettel, les expressions linguistique-discursives
à travers lesquelles le sujet ‘Paris’ se formule et se signifie —dont l’expression plus
explicite est le mot ‘Paris’— évoquent les deux Paris, celui qui existe et celui qui
est réel, et le Paris fictif qui appartient au monde du roman. Ce Paris fictionnel est
de caractère strictement symbolique, significatif et sémiotique. Par conséquent
dans le roman le mot ‘Paris’ et les structures linguistique-discursives qui formulent
et signifient —ou dénotent et connotent— une entité de fictive qui est inscrite dans
le monde du roman, cette entité peut être mieux comprise à travers de ce passage
:

No tenía ninguna duda, se trataba del París huraño con el que tanto había soñado,
y sin embargo, a pesar de todos mis esfuerzos, no conseguía entenderme con sus
habitantes, sus gestos, ni sus códigos (2014, Nettel, p. 64).
Au sens précédent, ce Paris fictif est signifié comme un être vivant,
anthropomorphisé, dont la volonté lui permet de s’éloigner le monde humain et le
rejeter.

No tenía ninguna duda, se trataba del París huraño con el que tanto había soñado,
y sin embargo, a pesar de todos mis esfuerzos, no conseguía entenderme con sus
habitantes, sus gestos, ni sus códigos (Nettel, 2014, p. 64).
Dans la citation précédente, le sujet grammatical ‘Paris’ est signifié comme
une entité anthropomorphisée ‘revêche’, c’est-à-dire Paris est une entité qui :
‘…s’en fuit, se cache des gens, intraitable et incline à l’isolement.

Dans le roman de Nettel, le mot ‘París’ peut évoquer des entités spatiales,
dont certaines ponctuelles et quelques autres relativement vastes et dynamiques,
lesquelles ne sont pas situées dans le monde des faits réels et existants, mais
dans un monde strictement formulé par des significations qui malgré cela peut se
mêler avec des faits réels et existants, nous pouvons l’avertir dans les passages
précédents, de la même façon que dans le passage suivant: el vecino era italiano,
29
pero llevaba más de quince años viviendo en París, ciudad a la que había llegado
para estudiar antropología (2014, Nettel, p. 87).

Le personnage, entièrement fictif, Tommaso Zaffarano (2014, Nettel, p. 85)


est arrivé au Paris fictif, celui du roman, dont les rues partagent les mêmes noms
des certaines rues de la vraie ville de Paris.

Ce mémoire n’est pas conçu seulement comme une étude de l’ordre de


l’analyse socio-littéraire, bien que nous travaillions la narrative et les analyses
littéraires à partir de plusieurs œuvres spécialisées dans l’analyse de la
symbolisation et de la signification de l’espace dans la littérature, nous prétendons
aborder aussi des sujets qui appartiennent au domaine de l’opposition des
cultures. Dans le roman Après l’hiver, l’auteur, Guadalupe Nettel, met l’accent sur
des aspects très particuliers qui ont un rapport avec l’interculturalité vécue par les
personnages, spécialement Cecilia, jeune femme mexicaine qui a décidé de partir
en France. À travers sa minutieuse narrative du roman, nous pourrons connaître
des aspects de la culture française et voire même des dimensions d’interculturalité
que Cecilia vit et souffre de temps en temps, les espaces physiques dans un Paris
à mi-chemin entre la ville idyllique des écrivains et le Paris réel, objectif et parfois
indifférent aux habitants qu’y cohabitent.

La fonction menée à bien par la ville de Paris concernant les personnages :


les narrateurs ou les voix narratives —Concept de Genette— de ce roman, ne se
réduit pas à la vie intime des personnages et leur relations; dans sa condition
d’élément de signification et comme une partie intégrale du roman, Paris a la
fonction d’apporter un système de référence par rapport à Cecilia —dans sa propre
condition de personnage principale— qui va confirmer, voire même auto-confirmer
son altérité, son statuts de femme mexicaine d’Oaxaca.

De cette façon, Paris permet au personnage de Cecilia confirmer sa nature


non-parisienne et encore, une nature très éloignée de celle typiquement française.
Cecilia n’est pas française, elle est mexicaine et, dans cette condition, elle est une
mexicaine de la région d’Oaxaca.

30
Ménilmontant

De la même façon que le chapitre intitulé Paris, Ménilmontant contient un


nombre considérable de significations et de signes, bien que Ménilmontant fasse
partie de Paris, Cecilia le signifie et le symbolise d’une manière particulière et très
différente de la signification qu’elle donne à Paris. Si Paris est symbolisé comme
une entité revêche, de nature instable capable de rejeter ses habitants,
Ménilmontant en opposition fonctionne comme un lieu pour ceux qui ont été jetés
par la ville de Paris ; dans sa narration Cecilia décrit le boulevard de Ménilmontant
en le situant même comme une frontière entre plusieurs mondes, une ligne de
démarcation entre les morts et les vivants ; cette comparaison fait référence à la
localisation du célèbre cimetière Père-Lachaise, qui se trouve dans ce quartier ; il
est aussi le point de rencontre entre les vivants des touristes et qui visitent le
cimetière et les morts.

Desde mis ventanas, observaba con curiosidad la lucha de las hojas por
sostenerse en las ramas de los árboles y su inevitable caída. Poco a poco había ido
descubriendo la curiosa ubicación de mi edificio. El boulevard de Ménilmontant no sólo
separa el barrio de los vivos y de los difuntos, sino también dos distritos muy diferentes se
trata de una suerte de frontera. En el XI, hay restaurantes, verdulerías, tiendas de
mayoristas y una gran cantidad de bares. El XX, en cambio, es un barrio popular y más
pobre. Durante un largo tiempo constituyó los límites de la ciudad intramuros y por esa
razón ha albergado siempre a marginales de todo tipo (2014, Nettel, p. 60-61).
Miraba con curiosidad los escaparates de las tiendas religiosas que exhiben los
flecos rituales, los candelabros de una fiesta. Muy cerca de ahí, la carnicería kosher y,
justo en la esquina, su equivalente Halal. Era tan pacifico el ambiente a esas horas que
costaba, tan familiar, que costaba trabajo imaginar a los parientes de estas mismas
personas llevando a cabo una guerra encarnizada a no muchos kilómetros de distancia
(2014, Nettel, p. 60-61).
Cette frontière ne se limite pas à séparer les morts des vivants, cette ligne
de démarcation contraste l’activité économique des bars avec la pauvreté et le
populaire qui y cohabitent. Cette même ligne de démarcation limite deux cultures
qui cohabitent en paix, deux cultures qui, en dehors de ce quartier maintiennent
une lutte sanglante entre elles. Dans un sens général Ménilmontant est symbolisé
et signifié comme la frontière de plusieurs mondes, d’une part, c’est la ligne de
démarcation entre la vie et la mort, d’autre part c’est le point où convergent et
cohabitent deux cultures très différentes : la culture juive et la culture musulmane

31
et dont leur membres y habitent très tranquillement ce qui est difficile à croire
lorsque l’on pense au fait que ces mêmes deux cultures maintiennent une guerre
pas trop loin de Paris.

Ménilmontant fonctionne comme un rempart parmi les habitants, ceux qui


habitent à Paris et sont parfaitement insérés à la vie de la ville bourgeoise et les
délinquants qui sont normalement la population qui démure dans Ménilmontant. De
même que Paris, Cecilia signifie Ménilmontant avec une double nature car, pour
Cecilia, en plus d’être une sorte de frontière, ce quartier est aussi un refuge, un
lieu d’accueil, un foyer et un point de convergence pour ceux qui comme Cecilia ne
sont pas dignes de Paris, ceux qui ne parviennent pas à être considérés comme
habitants de la ville. À travers paragraphes qui font partie de ce chapitre, nous
trouvons que la protagoniste se décrit à elle-même comme une personne qui est
en milieu de tout et au même temps de rien, car elle habite dans cette sorte de
frontière, entre les morts et les vivants, parmi les cultures qui conforment la
population de Ménilmontant mais à laquelle elle n’appartient pas, dans un profond
sentiment de vouloir devenir un habitant plus de la ville mais en rejetant certains
aspects de ces habitants.

Pour conclure la partie qui correspond à Ménilmontant il faut ajouter que


Ménilmontant est le point de référence et de rencontre de tous les personnages de
l’histoire, dans ce lieu, Cecilia rencontre Tom, Claudio —l’autre protagoniste―
rencontre Cecilia, et l’élément déclencheur de ce roman arrive au rencontre avec
Cecilia, c’est-à-dire, l’hiver fait son apparition dans le roman. Ménilmontant
fonctionne comme une barrière qui protège Cecilia de l’extérieur, un emballage où
le rapport entre Cecilia et Tom va se dérouler, et finalement un lieu pour se
retrouver elle-même dans l’altérité des habitants de ce quartier.

Vecinos

La pluie tombe sur le quartier de Ménilmontant, derrière ce rideau d’eau,


Cecilia nous raconte les changements que son entourage éprouve, le premier
changement est l’arrivée de l’hiver à Paris. Dans le vieux bâtiment de
Ménilmontant Cecilia rencontre Tom ―Un jeune homme italien, qui partage la
même fascination pour les cimetières et tout ce qui représente le funèbre avec

32
Cecilia― bien que leur première rencontre décrite dans ce chapitre soit
malheureuse, spécialement pour Tom―qui doit supporter le bruit de la radio de
Cecilia qui ne cesse pas pendant toute la journée―, ils deviendront quelqu’un
d’important l’un pour l’autre, quelqu’un avec qui passer les soirées d’hiver de Paris.
Un petit espace peut contenir des univers entiers et assez différents les uns des
autres, c’est ce qui arrive dans ce chapitre, il n’y a qu’un fragile mur en carton qui
sépare la chambre de Cecilia et celle de Tom, mais cette sorte de frontière
physique sépare aussi leurs vies représentées à travers la description de leurs
chambres.

De inmediato me llamó la atención la diferencia de nuestras viviendas. Ejemplo de


orden y limpieza, la casa de mi vecino era opuesta a la mía no solo por atildad y
espaciosa, sino por su orientación hacia el oeste en contraste con mi covacha, que daba
hacia el norte. El sol de la tarde entraba de lleno a través de sus ventanas. ¡El sol! Hacía
varias semanas que había olvidado esa delicia. Otra diferencia notable consistía en que
en su departamento abundaban las plantas, grandes, pequeñas, de diferentes texturas,
mientras que en casa yo no tenía ninguna. Un poco más grande que la mía su sala de
estar conformaba una acogedora biblioteca. El comedor situado en el fondo, cerca de la
cocineta me recordó el de una casa de muñecas. La ventana también estaba limpia y, al
asomarse a través, la visita no desembocaba en el paisaje monótono del cementerio sino
en una callecita cerrada con muchos árboles. (2014, Nettel, p. 79-80).
Mi departamento era el reflejo fiel de mi estado de ánimo: lleno de papeles y
calcetines sembrados por el suelo. (2014, Nettel, p. 67).
Comía cuando me daba la gana, tampoco me cambiaba la ropa ni lavaba los
platos acumulados en el fregadero, y sin embargo nunca antes había vivido de una forma
tan consecuente. (2014, Nettel, p. 68).
Cette description de l’appartement de Tom contraste fortement avec la
description de l’appartement de Cecilia, les appartements sont signifiés et
symbolisés comme une extension de leurs propriétaires car ils font allusion à son
état d’esprit et leurs personnalités.

-¿Sabes? A ninguno de los dos nos trajo aquí el azar. Fueron los que habitan en el
barrio de enfrente.
-¿Te refieres a los muertos? – pregunté con incredulidad.
-Sí. Son ellos quienes deciden quien vive a su alrededor. (2014, Nettel, p.81)
Dans un autre passage nous trouvons une opposition spatiale quand Cecilia
décrit la localisation des appartements et leurs caractéristiques.

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¡El sol! Hacía varias semanas que había olvidado esa delicia. Otra diferencia
notable consistía en que en su departamento abundaban las plantas, grandes, pequeñas,
de diferentes texturas, mientras que en casa yo no tenía ninguna. Un poco más grande
que la mía su sala de estar conformaba una acogedora biblioteca. El comedor situado en
el fondo, cerca de la cocineta me recordó el de una casa de muñecas. La ventana
también estaba limpia y, al asomarse a través, la visita no desembocaba en el paisaje
monótono del cementerio sino en una callecita cerrada con muchos árboles. (2014, Nettel,
p. 79-80).
Le long de ce paragraphe nous trouvons des signes qui font allusion à la
vie…en su departamento abundaban las plantas, grandes, pequeñas, de
diferentes texturas, mientras que en casa yo no tenía ninguna… (2014, Nettel, p.
79-80).

Si l’appartement est la représentation fidèle et précise de la personne qui y


habite, Tom est signifié et symbolisé comme la vie de cet appartement tandis que
Cecilia est caractérisée avec une nature ombre et funèbre ; nous pouvons trouver
cette description dans cet extrait du chapitre Vecinos.

Nous citons le dernier extrait du chapitre :….La ventana también estaba limpia
y, al asomarse a través, la visita no desembocaba en el paisaje monótono del cementerio
sino en una callecita cerrada con muchos árboles. (2014, Nettel, p. 79-80).

Dans l’extrait précédent, la symbolisation de ce qui se regarde travers la fenêtre


fait allusion à la réalité vécue par les personnages.

Dans ce chapitre nous pouvons différencier deux types d’espace décrits,


l’espace extérieur qui comprend la ville de Paris et ce qui en fait partie, c’est-à-dire,
les arrondissements, les rues, les quartiers et les éléments temporels et
météorologiques qui se sont produits, comme les saisons, le temps et le climat et,
l’espace intime, cet espace où l’intimité et l’intériorité s’entremêlent qui est
représenté par les appartements des personnages; à travers la fenêtre Cecilia
témoignage les enterrements dans le Père-Lachaise, les saisons qui changent, le
mouvement chaotique du boulevard de Ménilmontant.

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IV.- CONCLUSION

Le présente mémoire a eu comme objectif général celui de dévoiler les


significations de la ville de Paris par rapport à l’histoire narrée dans le roman Après
l’hiver de Guadalupe Nettel, et comme objectif particulier celui d’identifier dans
l’œuvre les paragraphes ou les passages dans lesquels le roman offre une
narrative descriptive ou métaphorique des espaces.

Comme nous avons pu voir au cours de ce mémoire, la signification de


l’espace dans la littérature joue un rôle actif, elle permet de conférer à l’espace une
personnalité, voire même le montrer comme un être vivant, ainsi la signification
spatiale nous permet de comprendre les personnages d’une façon intime car ces
personnages entremêlent leur personnalité avec l’entourage.

Nous avons trouvé des aspects très particuliers par rapport à l’espace dans
la narrative spatiale-descriptive et sa signification; dans cette analyse nous avons
mis l’accent sur trois chapitres du roman de Nettel, le premier chapitre que nous
avons analysé s’intitule Paris; à travers l’analyse des extraits pris de la narration de
Cecilia, nous avons dévoilé la signification de Paris dans le roman, d’abord la ville
de Paris est décrite comme une entité consciente et très liée aux habitants
presque d’une manière subordonnée, c’est-à-dire, Paris a une forte influence sur
leur état d´esprit, leur humeur et leur la manière de vivre jusqu’au point de leur
imposer certaines règles esthétiques; dans ce sens Paris accueille Cecilia, dans la
saison pendant laquelle Paris est plus indulgente et moins chaotique. Hélas, une
fois finie la saison, Paris montre son vrai visage.

Même si ce chapitre n’est pas le premier du roman, c’est dans celui-ci que
l’histoire commence. Concernant le chapitre Ménilmontant nous trouvons que
l’espace est devenu plus intime et sa description se réserve seulement à l’intérieur
de ce coin de Paris, les sujets principaux dans ce chapitre sont l’altérité et
l’ostracisme, bien qu’il s’agisse de deux concepts qui peuvent être en opposition
dans ce chapitre, ils s’entremêlent dans Ménilmontant puisque ce quartier est
esquissé par Cecilia autant comme une frontière qu’un pont, car il sert d’une ligne
de démarcation entre les cultures les habitants tous sont étrangers mais ils
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partagent harmonieusement les espaces qui font partie du quartier.

Dans ce chapitre, Cecilia se signifie elle-même, elle se décrit au milieu de


tout, entre les morts, les vivants, les parisiens et ceux qui n’appartiennent pas à
Paris mais qui ne l’acceptent pas dans leur population, elle reste toujours sur une
ligne de démarcation figurée par sa localisation spatiale, le quartier de
Ménilmontant.

Le dernier chapitre analysé s’intitule Vecinos, dans ce chapitre Cecilia


symbolise et signifie le bâtiment où elle habite, plus spécifiquement, son
appartement, l’espace devient la représentation de la personnalité des
personnages, l’appartement de Cecilia esquisse sa vie d’une façon très fignolée et
métaphorique en désordre, négligée, dans l’ombre ; cet espace sert
d’emballage pour Cecilia et pour la relation qui naît entre Tom et elle.

Dans ces trois chapitres nous trouvons plusieurs significations de la ville de


Paris, la plus part en opposition entre elles, mais elles sont toujours fidèles au
caractère humain, instable et changeable.

Nous arrivons à la question posée dans ce mémoire, Quelle est


l’importance de dévoiler les significations de la ville de Paris dans le roman Après
l’hiver de Guadalupe Nettel? Pour comprendre et profiter de la source sémiotique
qui offre ce roman, il faut d’abord dévoiler et connaitre le rôle qui joue Paris tant
l’entité comme le plan géographique D’après nous, Nettel a conçue et signifiée
la ville comme une entité divisée en multiples regards Culturels, idéologiques,
d’appartenance, elle confronte ces aspects avec ceux du Mexique; si bien le
sujet principal est une histoire qui se déroule en France, à Paris, aucun
protagoniste est français et même pas les personnages secondaires ; par
conséquent dévoiler la signification de la ville de Paris nous permet d’approfondir
dans le rôle qui jouent les protagonistes dans le roman, de contraster les aspects
qui conforment leur nature étrangère, leurs mœurs et leurs coutumes par
opposition à ceux qui appartiennent à la culture française et, qui sont représentés
par la ville de Paris dans le roman.

Finalement nous savons que dans cette condition d’étrangère Cecilia décide

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de rester en France, en acceptant qu’elle n’est pas française et qu’elle ne le
deviendra jamais, elle nous offre une dernière description qui fait allusion à son
parcours à travers de l’hiver.

Antes de llegar al jardín de la torre, dimos varias vueltas con el cochecito por la
place Joachim-du-Bellay, donde una parvada de críos corrían desaforadamente, justo
donde alguna vez estuvo el antiguo cementerio de los santos inocentes. Pensé que, así
como la primavera sucede al invierno consiguiendo que año tras años olvidemos su
crudeza, habría siempre niños jugando y corriendo encima de nuestros muertos. Y que
eran ellos, quienes conseguían mejor que nadie, si no condenarlos al olvido, renovar
nuestras ganas de vivir, a pesar de su dolorosa ausencia. (Nettel, pág. 268, 2014).

Nous offrons ce mémoire comme un tournant dans les lignes de recherche


de la Licence en Langue Française, nous espérons que les futurs diplômés
pourront explorer et même découvrir des sources d’étude profitables dans le
domaine de la littérature en général, et en particulier dans les champs de la
narrative littéraire et la sémiotique.

Comme une conclusion personnelle nous pourrions dire que ce mémoire a


nous a paru très enrichissant de divers points de vue : sociale, culturelle,
sémiotique et littéraire. En effet, nous avons pu connaître les fonctions qui jouent
un rôle dans l’espace de la narrative littéraire, la relation entre les personnages et
l’entourage où l’histoire se développe, les différentes représentations symboliques
et culturelles de l’espace dans la littérature, tous des aspects très importants dans
la structure d’un roman que la plupart des fois sont ignorés par les lecteurs.

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V. Bibliographie.

C. Dessy. (2011). Mirages de Paris: images et perceptions d'une ville lumière.


Dans F. Naudillon, Mirages de Paris: images et perceptions d'une ville
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