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Les argiles

I. Notions générales sur les argiles

L’argile est une des matières premières utilisées depuis la plus haute antiquité. Le mot est cependant plus
récent ; il vient du grec argilos dérivé d’Argos qui veut dire blanc ou du latin argilla ; il semble que ce soit
la couleur du matériau utilisé en céramique qui ait conduit les anciens à lui donner ce nom.
Le terme argile regroupe une catégorie de structures cristallines largement répandues puisque
principalement issues de l'altération géologique des minéraux silicates (dépôts sédimentaire et roches
métamorphiques) constituant l'essentiel (90% en masse) de l'écorce terrestre. Leurs origines très diverses
leurs confèrent des propriétés structurales tout aussi variées expliquant la multiplicité des usages pour
lesquels elles sont employées. [1]

L'utilisation de tels matériaux pour les technologies de pointe reste d'actualité avec l'apparition de
céramiques de haute technologie, appliquées aussi bien à des utilités médicales (prothèses de hanche très
résistante aux corrosions) qu'à l'aéronautique (céramique recouvrant les navettes spatiales).
Les argiles sont particulièrement appréciées dans l’industrie chimique, pour leurs nombreuses propriétés
colloïdales ainsi que leur faible coût. La bentonite est traditionnellement employée pour l'étape de
collage» des vins blancs consistant à éliminer les protéines en excès qui risquent de floculer dans le vin et
de le troubler. On parle ici de pouvoir clarifiant. Les capacités gélifiantes des smectites sont mises à profit
aussi bien par l'industrie pétrolière avec l'utilisation des boues de forages que par la cosmétologie. [2]

Grace à la grande surface spécifique que présentent les phyllosillicates, ces argiles sont largement
utilisées dans le domaine de la catalyse de réactions organiques notamment pour la synthèse de produits
pharmaceutiques. Les propriétés d'échanges ioniques naturelles permettent l'utilisation des smectites
comme membranes pour des procédés de filtration de nombreux produits (huiles, eaux usées,…). Cette
propriété revêt une importance particulière dans le monde de la santé ou les argiles sont couramment
utilisées en tant que vecteur de transport du principe actif que ce soit par application cutanée ou par
ingestion. Enfin, dans le domaine de l'environnement, le comportement de ces matériaux est de première
importance pour leur rôle dans la rétention de l'eau dans les systèmes de nappes phréatiques ou encore
pour leurs capacités naturelles de sorption de traces polluantes. [3]

II. Structure des argiles

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Les minéraux argileux sont des silicates hydratés (il s’agit généralement de silicates d’aluminium
mais parfois de silicates de magnésium) dont la structure feuilletée permet de les ranger dans la famille de
phyllosilicate [4].
Les phyllosilicates sont pour les plupart des aluminosilicates (oxydes de silicium et d’aluminium) comme
le sont également les zéolites et sont classés en fonction de leur structure microscopique obtenue par
diffraction de rayon X [5]
La structure d’une argile est conçue à partir d’un empilement de feuillets élémentaires de façon
ordonnée. On distingue quatre niveaux d’organisation :
- Les plans : sont constitués par les atomes.
- Les couches : association de deux plans d’atomes d’oxygène et/ou d’hydroxyle formant des
couches de tétraèdre ou des couches d’octaèdre.
- Les feuillets correspondent à des combinaisons de couches.
- L’espace interfoliaire : c’est le vide séparant deux feuillets de même structure, il peut être occupé
par des cations (éventuellement hydratés).
Le cristal : résulte de l’empilement de plusieurs couches [6]

Figure 1 :
Représentation schématique de l’empilement des feuillets unitaire dans une argile (cas d’une smectite)
[.6]

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 La couche du tétraèdre de silice :

Dans l’élément tétraédrique, l’ion central est le silisium (Si+4) qui est entouré par 4 ions d’oxygène (O -2)
(figure 2). Les tétraèdres sont liés ensemble par leurs bases en partageant un ion d’oxygène entre deux
tétraèdres pour former une couche tétraédrique. La formule générale de cet ensemble est n [(Si2O5) -2] [7]

 La couche d’octaèdre d’alluminium ou eventiellement de magnésium :

Dans l’élément octaédrique, l’ion central est soit un ion d’aluminium (Al +3), soit un ion de magnésium
(Mg+3). Ces derniers sont entourés par six ions d’hydroxyde (OH-) (figure 2). Les unités octaédriques sont
liées ensemble de telle sorte que chaque groupement fonctionnel (OH -) est partagé entre 3 unités
octaédriques.
La formule générale de ce groupement est n[Al2(OH)6] ou n[Mg3(OH)6] [8]

Figure 2 : Représentation des tétraèdres et des octaèdres [7]

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Les vides octaédriques peuvent eux aussi recevoir des ions tels que Al 3+, Fe3+, Mg2+ et Fe2+. Quand tous
ces derniers sites sont occupés par des ion divalent (Mg2+ , Fe2+) on dit que le minéral est dioctaédrique.
Par contre si 2/3 de ces sites sont occupés par des ions trivalents on dit du minéral qu’il est trioctaédrique
(figure 3) [6]

Figure 3: Représentation polyhédrale d’un feuillet trioctaédrique(a) et dioctaédrique [8]

III. Classification des argiles

La classification des argiles et leur nomenclature dépendent de leur composition chimiques et de


l’ordre structural. La classification adoptée par le comité de nomenclature de l’Association Internationale
pour l’Etude des Argiles (AIPEA) varie avec les données structurales. Suivant le mode d’agencement des
tétraèdres et des octaèdres on distingue 3 grandes familles de minéraux :

III.1 Les minéraux fibreux qui sont des espèces à pseudo feuillets, par exemples les palygorskites
(attapulgite) et les sépiolites. Les structures ont des caractères communs avec celles des minéraux
précédents.

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Ces minéraux sont des espèces dont à pseudo feuillets, leurs couches tétraédriques sont continuées
contrairement aux couches octaédriques qui sont discontinues formant ainsi des rubans. 

III.2 Les minéraux phylliteux à structures lamellaires. Ces derniers sont les plus répandus et les plus
étudiés. Leur classification est basée sur le mode d’association des couches structurales et le degré
d’occupation des sites de la couche octaédrique (di ou tri octaédrique). Selon la séquence d’empilement
des couches tétraédriques et octaédriques on distingue des minéraux de type 1/1 (T-O), 2/1 (T-O-T) et
2/1/1(T-O-T-O) (tableau 1) [9]

III.2.1. Minéraux à 7 Å : (kaolinite, Halloysite, Dombasite, ….)


Le feuillet est constitué d'une couche tétraédrique et d’une couche octaédrique. Il est qualifié de T:O ou
de type 1:1. Son épaisseur est d’environ 7 Å.

III.2.2. Minéraux à 10 Å : (Pyrophyllite, illite, Montmorillionite, Saponite,…)

Le feuillet est constitué de deux couches tétraédriques et d’une couche octaédrique. Il est qualifié de
T:O:T ou de type 2:1. Son épaisseur est d’environ 10 Å.

III.2.3. Minéraux à 14 Å : (Chlorites)

Le feuillet est constitué de l'alternance de feuillets T:O:T et de couches octaédriques interfoliaires,


il est qualifié de 2 :1 :1 ou de type T-O-T-O.

III.3. Les minéraux argileux interstratifiés

Ces minéraux sont formés par un mélange d’argiles phylliteuses, c’est l’association de deux ou
plusieurs feuillets, qui s’alterne de différentes manières:
 Irrégulière comme la sudoite (chlorite- montmorillonite).
 Régulière comme la bravaisite (illite- montmorillonite).

III.4. Les composés non phylliteux associés aux argiles

En plus des minéraux argileux, les argiles naturelles renferment souvent des minéraux non phylliteux qui
sont en fait des impuretés qui peuvent être cristallisées ou amorphes. Il s’agit essentiellement des matières
organiques, des gels des minéraux ferrifères, alumineux, siliceux, des composés du manganèse et des
carbonates. La présence de ces impuretés peut modifier les propriétés physicochimiques des argiles.

Tableau 1: Classification des principaux groupes de minéraux argileux [10]

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Classe Type Groupe Série Espèce


1:1 Kaolin Dioctaédrique Kaolin
Serpentine Trioctaédrique
Phyllosilicates Halloysite, antigorite,
chrysotyle
2: 1 Pyrophylite- Dioctaédrique Pyrophyllite
talc Trioctaédrique Talc

Smectite Dioctaédrique Montmorillonite,


Trioctaédrique bedeilite
Sapionite
Vermiculite Dioctaédrique Vermiculite
Trioctaédrique Vermiculite
Illite Dioctaédrique Illite
Trioctaédrique Ledikite
Mica Dioctaédrique Muscovite
Trioctaédrique Phlogopite
Brittle Dioctaédrique Margarite
Mica Trioctaédrique Clintonite
2:1:1 Chlorite Dioctaédrique Donbassite
Di-tri-octaédrique Sudoite
Trioctaédrique Pennine, clinochlore
Silicates 2: 1 Palygorskite - Di-tri-octaédrique Palygorskite
pseudo-couche Sépiolite Trioctaédrique Sépiolite

IV. Propriétés des argiles 


Les principales caractéristiques des minéraux argileux sont :

- La capacité d’échange cationique

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- La surface spécifique
- La densité de charge spécifique
- La capacité d’adsorption d’eau et de gonflement

IV.1. Capacité d’échange cationique :

La capacité d’échange cationique (CEC) correspond au nombre de cations monovalents qu’il est
possible de substituer aux cations compensateurs pour compenser la charge négative de100 grammes
d’argile. Elle s’exprime généralement en milliéquivalents pour 100 grammes (meq/100g), 1 meq vallant
96.5 Coulomb. Cette caractéristique est en fonction du type d’argile, de ses caractéristiques
cristallographiques, de ses cations et du pH du milieu. Cette propriété est importante dans le
comportement rhéologique des Argile [11] .Donc pour ces argiles qui ont une valeur élevée de CEC,
elles ont tendance à peu gonfler, et cela à surfaces spécifiques égales [12] 

Les valeurs de CEC pour les principales familles argileuses sont reportées dans le tableau 02, exprimées
en milliéquivalents pour 100 grammes d’argile anhydre (1 m eq vaut 96.5 Coulomb).

Tableau 2. CEC (m eq/100g) des minéraux argileux [13]

IV.2. La surface spécifique 

La surface spécifique d’une poudre d’argile est la surface développée par l’ensemble des grains.

La surface spécifique d’un matériau argileux constitue un indicateur de sa susceptibilité au


phénomène de retrait-gonflement, et par conséquent il s’agit d’un paramètre important pour le choix des
voies de valorisation. On la mesure le plus souvent en fixant un gaz (azote) a basse température en
monocouche sur la surface de chaque grain. C’est la méthode d’adsorption de Brunauer, Emmett et
Teller (méthode BET) (Brunauer, 1943; Brunauer à 1938)[11] 

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Le tableau 3 résume les valeurs standards caractéristiques des surfaces de quelques familles argileuses.
Tableau 3 : Valeurs de la surface spécifique de quelques groupes argileux

IV.3. La densité de charge spécifique

La densité de charge spécifique est égale au rapport entre la capacité d’échange cationique CEC et
la surface spécifique S de la particule argileuse. Deux types de charge existent dans les milieux argileux :

- Une charge permanente ou structurelle liée aux substitutions ioniques (Al3+ pour Si4+ dans la
couche tétraédrique ; Mg2+ ou Fe2+ pour Al3+ dans la couche octaédrique).
- Une charge de surface variable selon le pH du milieu liée aux réactions chimiques qui se
produisent à la surface des minéraux. La densité de charge spécifique renseigne sur le pouvoir de
la particule à repousser les autres, cette répulsion étant la capacité de gonflement des minéraux
argileux.

L’augmentation de la densité de charge spécifique réduit le gonflement ou la pression de gonflement des


matériaux argileux. Cette augmentation entraîne l’attraction des ions, ce qui va provoquer une
condensation de la double couche, donc une diminution de son épaisseur. Aussi plus cette concentration
est élevée, plus la couche est mince ou comprimée donc induit une diminution de gonflement.

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Figure 4. Adsorption à l’équilibre et échange ionique [14]

IV.4. La capacité d’adsorption d’eau et de gonflement

Généralement, toutes les argiles possèdent une capacité de rétention des molécules d’eau plus au moins
importantes. Mais seulement quelques uns sont capables d’incorporer des quantités appréciables de
molécules d’eau dans leur espace interfoliaire. Les smectites, les vermiculites et les minéraux
interstatifiés sont parmi les argiles qui se caractérisent par une forte capacité d’adsorption d’eau entre les
feuillets de leur structure ce qui provoque une variation de leurs volumes et provoque ainsi leur
gonflement. Il est à préciser que le gonflement des argiles est tributaire aussi de sa composition puisque
ces matériaux sont constitués par des minéraux argileux et d’autres minéraux associés. La texture des
argiles joue aussi un rôle primordial dans ce processus d’expansion. Pour les argiles naturelles, cette
propriété est liée aussi au site d’échantillonnage ce qui génère une spécificité pour chaque type d’argile
selon sa genèse et son milieux de formation.

Le tableau 4 donne une classification des argiles selon leurs propriétés de gonflement

Tableau 4 Classification des argiles selon leurs propriétés de gonflement [15]

V. Applications des argiles

L’argile s’applique dans divers domaines de notre vie de tous les jours et nombreux sont ceux qui
l’ignorent encore. Ses bienfaits sont maintenant universellement reconnus par la science et ses usages sont
multiples. Elle est omniprésente dans notre vie quotidienne comme dans la plupart des secteurs
d'activités. Elle est utilisée, depuis de nombreuses années déjà, dans l’industrie alimentaire et notamment
huilière, dans l’architecture, dans notre environnement, en pétrochimie et dans l’industrie pétrolière.
L’argile est aussi largement employée en médecine vétérinaire. Elle est également très exploitée dans
l’industrie des céramiques (céramiques sanitaires, ciments, réfractaires), des produits cosmétiques, du
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Les argiles
papier, des peintures, des plastiques, des produits pharmaceutiques, dans l’agriculture et les boues de
forage.
Dans l’industrie chimique, elles amorcent certaines réactions (craquage des huiles minérales ou
polymérisation de certaines molécules organiques).
Les argiles sont utilisées dans les divers secteurs suivant leurs propriétés et leurs caractéristiques [16],
[17]. Leurs propriétés spécifiques peuvent leur ouvrir des voies d’applications prodigieuses dans
plusieurs domaines.

V.1. La céramique
Par sa remarquable plasticité, l’argile est employée depuis toujours pour les poteries et les
porcelaines car elle se façonne aisément avec l’eau puis durcit en séchant sans perdre sa cohésion, ni
s’écrouler en poudre. Les belles poteries et porcelaines existent depuis la nuit des temps et font partie de
la technologie ancienne en constante évolution.
Cependant, par carbonitruration en présence de sources de carbone et d’azote, des nouvelles céramiques
techniques à base d’argiles ont fait leur apparition dans la technologie moderne [18].

V.2. Industrie du cosmétique


L’argile entre dans la préparation de nombreux produits cosmétiques (savons, masques…...).
Les smectites en particulier interviennent dans la fabrication de nombreux cosmétiques : savons et
shampoings, pommades, crèmes dentifrice où elles remplacent les matières grasses.
De plus les propriétés rhéologiques d’argiles modifiées (connues sous le nom commercial de bentones)
intéressent de plus en plus certains secteurs industriels de la cosmétique, de la peinture,… [19]. L’argile
hydrate la peau (eau libérée par l’espace inter-feuillet), neutralise les excès d’acidité ou d’alcalinité
(régulation du pH), désinfecte et agit ainsi sur la desquamation (masques de beauté et élimination des
impuretés).

V.3. l’industrie du papier 


Exploitée comme charge minérale, l’argile joue un rôle important dans la papeterie et l’industrie du
caoutchouc.
Le papier est fabriqué à partir de fibres de bois réduites en pâte, de poudre, de pigments et d’additifs.  Des
charges (ou poudres) telles que l’argile ou la craie sont ajoutées pour rendre le papier opaque.

V.2. L’industrie du batiment

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Les argiles
Utilisées comme source de silice et d’alumine les argiles forment les minéraux de base de
l’industrie des matériaux de construction, des réfractaires, des isolants. these konan kofi L’argile est un
excellent minéral et mélangé à d’autres matériaux comme le calcaire, par exemple, il permet d’obtenir
du ciment. Briques et tuiles peuvent en effet être fabriquées à partir d'un mélange d'argile et d'eau moulé
sous pression, et cuit à une température suffisamment élevée (1200°C). [20].

V.3. L’industrie minière 


Dans le cadre de l’épuration des eaux usées, l’argile peut être employée comme dépolluant, en
raison de son grand pouvoir d’adsorption. En effet, elle donne d’excellents résultats en ce qui concerne
l’adsorption des métaux lourds tel que le zinc contenu dans les eaux usées et polluées. Son utilisation
pour l’épuration des eaux chargées en métaux lourds provenant de l’industrie minière est en train d’être
étudiée. [20].

V.4. Agriculture et l’élevage


L’argile dans les sols sert de véritable interface entre les problèmes de pollution industrielle et/ou
agricole et le sous sol (nappe phréatique…). L’argile, grâce à son exceptionnel pouvoir absorbant, permet
de retenir l’eau dans la terre et sert ainsi, tout naturellement, de réservoir d’eau et d’engrais aux plantes.
Dans l’élevage des bovins, l’argile bentonite (argile colloïdale) est utilisée pour soigner et guérir les
animaux souffrant de graves maladies comme l’infestation de parasites internes et toute autre forme
d’intoxication importante. [20].
Aussi, la nourriture du bétail est enrichie en argile, généralement des bentonites, comme excipient liant.
Sous forme de pastilles ou comprimés, les bentonites, utilisées pour leur fort pouvoir absorbant, sont
incorporées à la pâtée en vue de l’épaissir. Elles forment 1,5 à 3% des rations.

V.5. Industrie du Pétrole

Employée de longue date, dans les industries les plus variées, les argiles des groupes divers, mais
particulièrement les montmorillonites et les attapulgites ont trouvé de nouvelles et importantes
applications avec l’apparition et le développement spectaculaire de l’industrie du pétrole. L’argile est un
élément important dans l’industrie pétrolière pour ses propriétés rhéologiques comme boues de forage,
mais aussi comme support de catalyseur dans le raffinage du pétrole [21].
Bien que concurrencées dans certaines utilisations par des produits de synthèse, elles sont utilisées en très
gros tonnages à divers stades de l’extraction et du traitement des pétroles bruts et dérivés. Il y a lieu de
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retenir, entre autres la décoloration des huiles, cires et paraffines, le traitement catalytique des essences,
le cracking catalytique et plus récemment, sous forme de complexes organiques, leur emploi dans les
graisses lubrifiantes.

V.6. Matériau Médical

Les argiles étaient employées déjà par les égyptiens pour leur effet bactéricide, pour la
conservation des momies. Elles sont surtout largement utilisées pour leurs propriétés adsorbantes
(élimination de toxines ou de gaz). Dans les industries pharmaceutiques et médicales, l’argile trouve aussi
un usage. Les pharmaciens n’hésitent pas à utiliser directement des noms d’argiles pour des pansements
intestinaux (attapulgite, beidellite) ou dérivés d’argiles (Smecta). De plus l’effet bénéfique des
cataplasmes d’argiles dans les stations de boues thermales est de plus en plu reconnu.
Les pansements externes sont utilisés aussi pour soigner les brûlures, réparer les plaies des chevaux ou
pour la cicatrisation des arbres. [20].
Certaines argiles dites vertes, riches en fer, ont un rôle important dans les réactions d’oxydo réductions.
La diffusion des électrons dans le corps humain semble avoir un effet bénéfique dans le traitement de
certaines maladies comme le cancer par exemple.

V.7. Elaboration de composites


Depuis une vingtaine d’années, de plus en plus de travaux portent sur l'intégration d'argile, non
traitée et traitée, dans des polymères. Ce renforcement produit une amélioration des propriétés
viscoélastiques des composites obtenus. Par ailleurs, le chemin percolant, induit par la dispersion des
feuillets d’argile dans le polymère, ralentit la diffusion de gaz, et notamment de gaz combustibles issus de
la pyrolyse lors d'un feu, améliorant ainsi la résistance au feu du polymère.

V.8. Domaine des plastiques et polymères

L’utilisation des argiles (kaolins) dans le domaine des plastiques permet d’obtenir des surfaces plus lisses,
une meilleure stabilité dimensionnelle et une meilleure résistance aux acides. Dans la fabrication du PVC,
le kaolin agit comme agent de renforcement car il augmente la durabilité du plastique. Le remplacement
d’une partie de la charge des polymères par des nano kaolin peut améliorer la propriété des retardateurs
de flamme [22].

V.8. Domaine des peintures

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Le kaolin est le plus utilisé dans ce domaine en raison de son inertie chimique, de son opacité et de
son pouvoir suspensif qui permet d’améliorer les propriétés d’écoulement. Il intervient souvent comme
adjuvant des pigments blancs du dioxyde de titane, pour abaisser les coûts.
La granulométrie a une très grande influence sur la réalisation d’un type précis de peinture. Le kaolin
grossier est utilisé pour produire les peintures mates, et les kaolins fins sont utilisés pour fabriquer les
peintures brillantes [23, 24, 25].

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