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Université des Sciences et de la Technologie d’Oran

Mohamed Boudiaf

Faculté d’Architecture et de Génie Civil


Département d’Architecture
Mémoire pour l’obtention du diplôme de Master en
Architecture
Option : Architecture urbaine

Titre du mémoire :

Restructuration du Centre hospitalo-universitaire d’Oran

Présenté par : Encadré par :


BENABADJI Lokman Mme MAZOUZ Fatima
BOUAFIA Med Amine

Projet I : Centre de loisir et de sport


Projet II : Centre culturel

Promotion : 2018 / 2019


Remerciements

Nous tenons à remercier tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l‟élaboration de ce
travail ainsi que ceux qui nous ont soutenus tout au long de nos études.

On remercie notre encadreur, ainsi que tous les enseignants qui nous ont apporté leur aide
durant nos études ;

Nos parents et notre entourage, qui nous ont procuré un soutien moral souvent nécessaire.
Dédicaces

On dédie ce travail à toutes les personnes qui nous sont chères :

Nos parents, frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines, amis, …

A nos grands-parents pour la plupart disparus, mais toujours dans nos esprits.
Résumé
De nos jours, une remise en question perpétuelle est observée dans tous les domaines et
disciplines, et l‟urbanisme n‟y échappe pas.
Le mémoire commence par un rapide état de fait sur le sujet du « projet urbain », avec tout ce
que le concept comporte comme sensibilité, doublé d‟une analyse urbaine, qui finira par une
intervention étudiée au niveau d‟un quartier dans la ville d‟Oran.
L‟intervention consistera dans la restructuration du quartier de Sidi El Bachir d‟Oran
exactement l‟assiette de l‟hôpital CHUO Benzerdjeb, avec la proposition d‟un projet urbain
qui aura pour but de donner un nouvel élan ainsi qu‟une nouvelle vitrine à la métropole. Pour
cela, une programmation riche et mixte sera proposée, afin de répondre aux besoins ainsi
qu‟aux exigences du moment en matière d‟aménagements urbains.

Mots clés : ………………………………………………………………………

Résumé en Anglais ou en Arabe


SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE
Introduction …………………………………………………………………………….
Problématique …………………………………………………………………………
Objectifs ……………………………………………………………………………….

CHAPITRE I : RESTRUCTURATION : APPROCHE DU PROJET URBAIN


1.1. Définitions des concepts
1.1.1. Restructuration urbaine …………………………………
1.1.2. Restructuration ………………………………………..
1.1.3. Conservation ………………………………………….
1.1.4. Préservation …………………………………………………………..
1.1.5. Reconversion ……………………………………………………………
1.1.6. Réhabilitation ………………………………………………….
1.1.7. Enclavement …………………………………………………………..
1.1.8. Perméabilité …………………………………………………………..
1.1.9. Cohérence urbaine et architecturale ………………………………………..
1.2. Les 3 grands âges de l‟ilot ………………………………………………….
1.3. Principes du macro-lot ………………………………………………………..
1.4. Analyse thématique sur des projets de restructuration
1.4.1. La reconversion de l'ex-hôpital Boucicaut à Paris…………………………
1.4.2. Euro-méditerranée à Marseille, l‟ilot XXL « les fabriques»…………………
1.4.3. Macro Lot B3, Boulogne Billancourt - ZAC Seguin………………
Synthèse ………………………………………………………………

CHAPITRE II : ANALYSE DU SITE D’ETUDE


2.1. Situation du quartier…………………………………………………………………
2.2. Historique du quartier …………………………………………………………..
2.3. Historique de l‟hôpital ………………………………………………….
2.4. Analyse urbaine
2.4.1. Etat de fait ………………………………………………………
2.4.2. Les équipements structurants ………………………………….
2.4.3. Accessibilité/Circulation ………………………………………
2.4.4. Etat des hauteurs …………………………………………..
2.4.5. Façade urbaine ………………………………………………….
2.5. Analyse typo-morphologique
2.5.1. Système viaire …………………………………………..
2.5.2. Profils des axes structurants ……………………………………………
2.5.3. Rapport entre l‟espace bâti/non bâti
A. Espace bâti
1. Typologie d‟ilots …………………………………………..
2. Les trames parcellaires ………………………………………..
3. Rapport du parcellaire ……………………………………..
4. Rapport du parcellaire à la voirie …………………………….
A. Espace non bâti :
1. Les voiries …………………………………………………………….
2. Les axes secondaires …………………………………………..
3. Les places ……………………………………………….
4. Les espaces verts ………………………………………
2.5.4. Système d‟architecture dans les parcelles
A. Le système d‟angles dans les parcelles …………………………..
B. Typologie des façades ……………………………………………..
C. Les styles d‟architecture ………………………………….
2.6. Analyse paysagère ………………………………………………………
2.7. Analyse séquentielle ……………………………………..

CHAPITRE III : INTERVENTION ET PROGRAMMATION


Introduction
3.1. Prescription de l‟instrument d‟urbanisme : POS ……………………..
3.2. Projet urbain
3.2.1. Schéma de composition ………………………..
3.2.2. Hauteur et gabarit …………………………………
3.2.3. Distribution des fonctions ……………………………….
3.2.4. Ambiances et Aménagements ……………………………..
3.2.5. Plan de masse
3.3. Projet Ponctuels
3.3.1. Premier projet : Centre culturel ………………………………….
3.3.2. Deuxième projet : Centre de loisirs et de sport …………………….
Conclusion
Bibliographie
Annexes
TABLE DES ILLUSTRATIONS

LISTE DES FIGURES


Figure 1 :
Figure 2 :
Figure 3 :
Figure 4 :
INTRODUCTION GENERALE
Oran a hérité d‟un patrimoine immobilier riche, concentré dans son centre-ville. Il constitue
un témoignage de son histoire et de sa mémoire1.
Contrairement à l‟idée couramment répandue d‟un déferlement de ruraux vers les villes, on
constate qu‟à Oran, c‟est plutôt l‟inverse. C‟est la ville-centre qui a vu partir une masse de sa
population, en grande partie vers la périphérie. De fait, l‟absence d‟entretien de son
patrimoine a incité la dégradation du patrimoine bâti du centre. Dans la plupart de ses
quartiers, plusieurs immeubles risquent de s‟écrouler. Durant les cinq dernières années,
quelques 1 200 effondrements partiels, parfois totaux, ont été enregistrés.
Face à ce problème, plusieurs mesures d‟urgence ont été prises par l‟Etat, dont le lancement
d‟opérations de réhabilitation de 600 immeubles d‟habitat collectif2. Quant à la périphérie du
centre, elle est restée en totale rupture physique avec le centre : aucune continuité dans les
gabarits et les silhouettes, des difficultés d'accès, de communication et de stationnement
désignent cette zone.
Parmi ces quartiers qui font la périphérie du centre, on distingue le quartier de Sidi-El-Bachir
(ex Plateau Saint-Michel). Ce quartier se caractérise par un tissu urbain hétérogène où la taille
des îlots est irrégulière, la densité du bâti est variée ainsi que le type d‟occupation. En effet, ce
quartier est doté d‟un ensemble d‟équipements très importants. Les équipements les plus
phare sont le centre hospitalo-universitaire régional « CHU Benzerdjeb » et la gare
ferroviaire, ajoutons à cela d‟autres fonctions urbaines notamment la fonction administrative,
résidentielle et commerciale ainsi que d‟autres équipements tels que la prison, le complexe
sportif, la maison de vieillesse et la direction de l‟Algérienne des eaux « ADE ». Ces
équipements bénéficient d‟une emprise foncière très importante. Ils rendent le quartier de
Sidi- El-Bachir enclavé et totalement coupé de son environnement immédiat et notamment du
centre-ville.
Parmi les outils réglementaires de protection et de revitalisation du centre historique, on
distingue le Schéma directeur d‟aménagement de l‟aire métropolitaine « SDAAM »3. Cet
outil établi à Oran, en 2010, a inséré le quartier de Sidi-El-Bachir dans l‟aire centrale et a jugé
que les actions qui y sont menées, sont louables, mais ne s‟attaquent pas à la question de sa
requalification, afin qu‟elle puisse redevenir attractive pour les fonctions de niveau supérieur

1
- Bureau d‟Etudes DIRASSAT, 2010, « Rapport du SDAAM d‟Oran, mission 3 », Oran, p.127.
2
- DUAC (direction de l‟urbanisme, de l‟architecture et de la construction) d‟Oran, 2015, « Les opérations de
réhabilitation des immeubles », Oran.
3
- Le SDAAM est un instrument qui a été défini par les dispositions de la loi n°01-20 du 21/12/2001, relative à
l‟Aménagement et au Développement durable du territoire.
et qu‟elle puisse aussi jouer son rôle de haut lieu des fonctions métropolitaines4. Dans ce
projet de requalification du centre-ville, le SDAAM y identifie trois (3) zones devant faire
chacune, l‟objet d‟un projet à part. Dans ce cadre, il y est préconisé une opération de
réhabilitation dans la zone 1, intégrant le quartier historique de Sidi El Houari, une opération
de rénovation urbaine dans la zone 2, intégrant les quartiers d‟El Emir et de Yaghoumracen et
finalement une opération de restructuration passant par une recomposition du tissu urbain,
pour la zone 3, constituée des quartiers de Menouar (ex Saint Charles), de Médina J‟dida et
notamment de Sidi-El-Bachir, afin d‟y construire une meilleure articulation spatiale avec le
centre-ville.
Problématique
Aujourd‟hui, l‟hôpital « CHU Benzerdjeb », objet de notre étude, qui occupe la partie sud du
quartier, se présente comme « une contrainte ». Cet équipement ne se situe plus à la
périphérie de la ville comme cela a été à son origine, générant ainsi un dysfonctionnement de
son environnement, qui ne participe pas du tout à la dynamique urbaine. Il est à noter aussi
que le problème de l‟accessibilité et de l‟imperméabilité de ce dernier, en font un rempart tant
visuel que fonctionnel, en plein milieu urbain.
Il est constaté aussi que, cet équipement fait office de barrière, aux axes structurant par son
positionnement créant ainsi une paralysie pour la circulation mécanique et piétonne, tel que le
1er boulevard périphérique, qui est un axe à caractère administratif d`échelle régionale
caractérisé par l`implantation des grands équipements et de directions. Ainsi que le Boulevard
des Martyrs, qui est une pénétrante stratégique qui connait une sollicitation importante. Ce
boulevard fonctionne difficilement à cause du flux mécanique important.

Il est totalement coupé de son environnement immédiat, son remodelage, dans le cadre des
prescriptions du SDAAM, constitue une priorité pour la mise en valeur du centre. Son
désenclavement en vue de son ouverture aux riverains, tout en préservant sa mémoire,
s‟impose.

Les questions qu‟on pose sont : Comment promouvoir cette zone pour accéder au statut
central ? Comment coordonner le développement futur de la zone avec son histoire
urbaine ? Comment répartir les fonctions dans l’espace de manière claire, lisible et
complémentaire ? Comment coordonner entre les styles architecturaux existants et la
contemporanéité ?

4
- Bureau d‟Etudes DIRASSAT, 2010, op cit, p. 82.
Objectifs

Les objectifs découlent d‟une réflexion sur le fonctionnement actuel (et les problèmes) du
quartier et sur son avenir dans une dynamique de développement. Les paramètres à prendre en
compte dans cette dynamique sont, à la fois, historiques, culturels, économiques, sociaux et
environnementaux. Dans ce cadre, le « CHU Benzerdjeb » se verra réapproprier partiellement
la vocation originelle du lieu avec une programmation comportant de nombreux équipements
et des structures à vocation résidentielle, connecté au centre-ville, maintenant le trafic nord-
sud et adaptant l‟espace aux nouvelles données économiques. Il s‟agit donc de :
- Tirer profit de la réserve foncière importante.
- Créer des liaisons urbaines pour maintenir le trafic nord-sud, par le prolongement du
boulevard Benzerdjeb ;
- Continuer les parcours de la ville, qui passe par l‟hôpital, afin de le perméabiliser.
- Piétonniser l‟ilot et rejeter la circulation mécanique dans sa périphérie.
- Mettre en avant le dynamisme économique actuel du centre ;
- Proposer des services de qualité adaptés aux besoins actuels et futurs ;
- Accueillir différentes fonctions centrales (affaires, services et commerce de haut niveau,
administrations, loisirs et tourisme, etc.).
- Composer un ensemble cohérent, dans ses différentes dimensions urbaine, architecturale,
fonctionnelle, environnementale et écologique.

Structure du mémoire
Ce mémoire commence par une introduction générale qui nous a permis de dégager les
grandes lignes de notre travail et de poser la problématique ainsi que de tracer les objectifs.

Nous débutons le premier chapitre intitulé : « restructuration : approche du projet urbain »,


par la définition du cadre théorique du thème choisi, notamment celui de la notion de
« restructuration », « réhabilitation » et « reconversion », comme types d‟intervention
incontournables dans notre site d‟étude et des notions d‟ «enclavement», de «perméabilité » et
de « cohérence », ainsi que l‟explication des 3 grands âges de l‟ilot et notamment de ce
passage obligé à la notion de « macro-lot ». La deuxième partie de ce chapitre, traite du cadre
référentiel, notamment la recherche des exemples de « restructuration de fragment urbain » et
de « reconversion », s‟insérant dans le même contexte urbain que le nôtre, en France, où sont
indiqués les cas de Paris, de Marseille et de Boulogne.
Le deuxième chapitre est lié au cadre contextuel et porte sur l‟analyse du site et de son
environnement immédiat, par lesquelles nous avons relevé les contraintes et les potentialités
du site d‟étude, nous permettant de définir les lignes directrices du projet urbain.

Le troisième chapitre porte sur le cadre conceptuel et consiste en l‟explication des étapes, des
principes et des schémas de l‟intervention sur le site, par le projet urbain. Deux projets
ponctuels de « Centre de loisirs et de sport » et de « Centre culturel », viendront détailler
l‟architecture contemporaine retenue.

Une conclusion achève notre travail sur le site.


Chapitre I :
Restructuration : approche du projet urbain

Introduction
Dans ce chapitre, il sera question de définir différents concepts afin de se familiariser avec le
vocabulaire urbanistique concernant notre sujet.
Il s‟agira aussi dans ce chapitre de présenter des exemples thématiques pertinents et assez
novateurs dans la manière de concevoir les projets urbains, tout en essayant de les analyser,
afin d‟en tirer des informations qui nous seront utiles dans la partie projection.
Donc, ce chapitre servira surtout à bien cerner la partie théorique utile pour l‟élaboration du
projet.

1.1. Définitions

1.1.1. Restructuration urbaine

Par « restructuration urbaine », on entend l‟ensemble des actions qui contribuent à


améliorer le cadre bâti d‟un quartier, qu‟il s‟agisse de recréer un paysage naturel, d'intervenir
sur l‟urbanisme (rues, places…), de créer ou recréer des équipements collectifs, de
transformer des bâtiments par démolition ou remodelage, de construire ou reconstruire des
logements et des bâtiments d‟activité.
C‟est une intervention urbaine, destinée à réintégrer les quartiers dans le "droit commun" de la
ville et soutenir des expérimentations sur site et dans la durée, pour permettre la maîtrise des
opérations et identifier les points de blocage et les solutions à mettre en œuvre.

1.1.2. Restructuration

Le décret n°83-684 du 26 Novembre 19835 notamment son article 2, définit les


interventions sur les tissus urbains existants, qui sont au nombre de quatre (04) et qui
comprennent des actions de rénovation, de restructuration, de réhabilitation et de restauration.
La restructuration y est définie comme suit : « une opération qui consiste en une intervention
sur les voiries et réseaux divers et en une implantation de nouveaux équipements. Elle peut
comporter une destruction partielle d‟îlots et une modification des caractéristiques du quartier
par des transferts d‟activités de toute nature et la désaffectation des bâtiments en vue d‟une
autre utilisation ».

5
- Journal Officiel de la république Algérienne n°49/1983.
1.1.3. Conservation

Conformément au contenu des articles 4 et 6 de la charte internationale de Venise,


la « conservation » du monument, impose avant tout son entretien : « La conservation des
monuments impose d‟abord la permanence de leur entretien » et elle est définie comme suit :
« La conservation d‟un monument implique celle d‟un cadre à son échelle. Lorsque le cadre
traditionnel subsiste, celui-ci sera conservé, et toute construction nouvelle, toute destruction
ou tout aménagement qui pourrait altérer les rapports de volumes et de couleurs sera proscrit».
Selon les dispositions de l‟article 5 de cette charte, la conservation des monuments est
toujours favorisée par l‟affectation de ceux-ci à une fonction utile à la société, une telle
affectation est donc souhaitable mais elle ne peut altérer l‟ordonnance ou le décor des
édifices. C‟est dans ces limites qu‟il faut concevoir et que l‟on peut autoriser les
aménagements exigés par l‟évolution des usages et des coutumes6.

1.1.4. Préservation

La préservation signifie la stabilisation d'une bâtisse dans sa forme actuelle en


empêchant d'autres changements ou détérioration. La préservation prend la bâtisse comme on
la trouve. Elle ne se rapporte pas à une période déterminée dans le temps et est,
architecturalement, le traitement d'un monument antique le plus honnête d‟un point de vue
rationnel.
1.1.5. Reconversion

La reconversion affecte un bâtiment à un autre usage que celui pour lequel il a été
conçu. Reconvertir un bâtiment c‟est lui donner un nouvel usage, c‟est non seulement le
sauver et l‟ancrer dans la vie contemporaine, mais souvent réaliser des économies en termes
de terrain, de réseaux, de matériaux. C‟est aussi conserver l‟identité et la mémoire d‟un lieu,
se le réapproprier et assurer la transmission d‟un héritage.

1.1.6. Réhabilitation

La réhabilitation consiste à rénover sans détruire, sans raser, à la différence de la


rénovation. Elle suppose le respect du caractère architectural des bâtiments et du quartier
concerné. Il s'agit parfois de "trompe l'œil" : la façade extérieure respecte les apparences d'un
bâtiment qui est entièrement restructuré, réaffecté, à la différence de la restauration
impliquant un retour à l'état initial.

6
- www/charte de venise. httm.
1.1.7. Enclavement

L‟enclavement, terme polysémique, exprime un ensemble de sens dont le


dénominateur commun est l‟idée d‟un isolement spatial à dépasser ou l‟identification de
fermetures qui doivent être annulées.

1.1.8. Perméabilité

La perméabilité se dit d‟un tissu urbain qui est facile a traversé et qui assure
l‟accessibilité7. La perméabilité est liée au concept de connectivité qui dépend par exemple du
nombre d‟intersections par km², de la longueur des ilots ou du nombre de rues en cul de sac8.

1.1.9. Cohérence urbaine et architecturale

Les séquences architecturales sont des ensembles solidaires, par la nature de fait de
leurs parties constituantes. La cohérence de ces ensembles dépend des rapports qui lient les
édifices entre eux, par leur implantation, par leur gabarit, par leur mode constructif, par la
composition de leur façade, par la répétition de différents éléments composants.

Par ailleurs, comme le rappelle le rapport de présentation du plan local d‟urbanisme


« P.L.U. » de la ville de Bordeaux9 : « L‟unité de style et de gabarit des constructions n‟est
pas la seule condition de l‟harmonie et de la cohérence du paysage qu‟elles composent. La
richesse naît aussi de la diversité. Certains ensembles ont été conçus avec une volonté
d‟éclectisme, d‟autres ont évolué, par transformations, ou substitutions d‟une partie des
constructions d‟origine. Néanmoins, ces paysages ont conservé une cohérence, lorsque les
transformations se sont faites dans le respect des caractéristiques identitaires de la ville.»

1.2. Les 3 grands âges de l’ilot


L‟ilot a évolué selon trois (3) âges, on distingue :

7
- Bently et coll, 1985, « Titre du livre ou de l‟article », maison d‟édition, pays.
8
- handy et coll, 2003, « Titre du livre ou de l‟article », maison d‟édition, pays.
9
- Mairie de Bordeaux, 2006, « Rapport de présentation, portant modification du plan local d‟urbanisme de la
ville de Bordeaux », France.
10
1.2.1. Ilot fermé

L‟ilot, dans son ensemble est divisé en une périphérie


et un intérieur.
La périphérie, dense, est liée directement à la rue, comprise
comme le lieu des échanges et comme l‟espace de
présentation régi par des codes.
L’intérieur de l’ilot est au contraire une zone éloignée de la
rue, coupée d‟elle, qui a les caractères d‟un lieu non-vu, voire
caché. Il n‟a plus les fonctions de représentation globale. Il est
malléable, transformable, marqué par des codes lâches, qui
s‟opposent aux codes reconnus sur la face publique, il est
offert à l‟appropriation.

1.2.2. Urbanisme fonctionnaliste et l’absence d’ilot

L'urbanisme fonctionnaliste, dont les valeurs sont, le


progrès social et technique, l'efficacité et l'hygiène, élabore un
modèle d'espace classé, standardisé et éclaté. Ses principes ont été
édictés par la Charte d‟Athènes, rédigée en 1933. Ce texte
contient un ensemble de propositions pour la construction de la
ville moderne, en faisant « table rase » du passé. La ville y est
définie par ses fonctions : habiter, se recréer, travailler et circuler
pour lesquelles des zones précises doivent être aménages. On note
l‟absence totale de la rue et notamment de l‟ilot.

1.2.3. Ilot ouvert

Cette configuration de l‟ilot permet à la fois la protection


des espaces intérieurs et à la perméabilité des espaces
extérieurs.
La mixité typologique des logements et des services, assure
la mixité sociale au sein du même ilot.
La fluidité des cheminements piétons est privilégiée.

10
- Philipe panerai et Castex, 1990, « De l‟ilot à la barre », Edition Parenthèses, France.
1.3. Principes du Macro-lot

Le macro-lot peut se définir comme un îlot-lot (méga ilot) formé de plusieurs entités
fonctionnelles (mixité) et formelles associant plusieurs maîtres d'ouvrage dont l'un est
généralement le leader, avec (ou non) plusieurs architectes dont l'un est le coordinateur.
Les principes du macro-lot sont :
-
-

1.4. Analyse thématique sur des projets de restructuration

Nous avons choisi de travailler sur trois (3) exemples thématiques. Le premier
exemple concerne la reconversion d‟un hôpital localisé à Paris. Le deuxième exemple

Exemple 01 : La reconversion de l'ex-hôpital Boucicaut, localisé dans le 15ème


arrondissement de Paris
L’histoire du site :

-Le site de Boucicaut se


situe à l‟ouest du 15ème
arrondissement, sur une
emprise de près de 3
hectares délimitée par les
rues de la Convention,
Lacordaire, des Cévennes
et de Lourmel. Il
correspond à l‟emprise de
l‟ancien hôpital Boucicaut

inauguré en 1897.
Figure 1 : Les
Figure Les terrains
1 :terrains de l‟ancien
de l’ancien hôpital
Boucicaut hôpital Boucicaut

L‟hôpital était alors composé de treize pavillons et d‟une chapelle séparée par des jardins.
Cette organisation, révolutionnaire à l‟époque, permettait d‟éviter les contagions infectieuses
et de répondre aux nouveaux concepts médicaux et hygiénistes de Pasteur.

Les transformations de l’hôpital au XXème siècle :


-Pour répondre aux progrès de la médecine, dès les
années 1920, les transformations architecturales sont
nombreuses.
-Elles se poursuivent entre 1950 et 1960, marquant une
rupture avec les bâtiments d‟origine (création d‟un
amphithéâtre et d‟un bloc opératoire d‟urgence).

-Puis, des constructions légères, de type préfabriqué,


sont construites afin d‟accueillir de nouvelles unités
médicales et de répondre aux évolutions croissantes des
besoins en matière de santé ainsi qu‟aux exigences d‟un
hôpital moderne.
-La qualité originelle du site est alors définitivement altérée. Ouvert à l‟origine sur les rues
avoisinantes, le site est progressivement coupé du quartier.

Les objectifs :
• Réintégration du site à la ville.
• Renforcer la biodiversité.
•Conjuguer rénovation urbaine et mixité sociale en
offrant une variété de programmes de logements.
•Construire un quartier exemplaire en matière de
développement durable.

Figure 2 : Photo prise après


l‟intervention
Un nouveau souffle pour Boucicaut :
-Après la cessation de l‟activité hospitalière (suite
aux transferts de ses activités à l‟hôpital Pompidou),
la reconversion du site a été scindée en deux secteurs
distincts, correspondant à deux phases
d‟aménagement
- Les objectifs d‟aménagement choisis ont consisté à
désenclaver le site pour l‟ouvrir aux riverains, tout en
préservant sa mémoire, ainsi que son patrimoine
architectural et paysager.

Figure : des deux phases d‟aménagement


- Le quartier Boucicaut se réapproprie ainsi la vocation philanthropique originelle du lieu avec
une programmation comportant de nombreux équipements et structures à vocation sociale :
logements sociaux, appartements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes, résidence
sociale pour travailleurs migrants, foyers et centres d‟accueil de jour pour personnes
handicapées.

Un programme ambitieux
Les aménagements réalisés
1- Une école polyvalente de 11 classes
dans l‟ancien pavillon d‟accueil de
l‟hôpital.

2- Deux nouveaux immeubles livrés en


2009 accueillant :
• 650m² de commerces
• 36 logements sociaux
• Une maison relais pour femmes en
difficulté
• Un centre d‟accueil de jour pour
adultes Les différents aménagements réalisés dans la phase 1
• 54 places de parkings souterrains

3. Une crèche municipale dans le Pavillon Le nègre et un Institut Médico-éducatif.

4. Les espaces publics attenants


5. Conservation de la chapelle

Les aménagements à venir


c. Logements sociaux
- Un foyer de travailleurs migrants
-Un équipement culturel
D. Logements à loyer maitrisé
- Logements sociaux
E. Logements sociaux
- Un foyer pour adultes handicapés
-Un centre d‟accueil de jour pour
Figure : Les différents aménagements réalisés dans la phase 2
adultes handicapés
P. Pépinière d‟entreprises
G. Logements privés
H. Logements privés I jardin public
Vue depuis le futur square Vue depuis la terrasse du foyer

Les espaces publics


- Ouverture complète du site par l'aménagement
d'accès et d'allées piétonnes qui permettent de
traverser l'îlot.
- Perméabilité visuelle vers l'intérieur de l'îlot,
notamment à partir des allées agrémentées de
plantations.
- Maintien de l'équilibre entre les espaces publics
végétalisés et les espaces construits.
Les espaces publics aménagés, dans le cadre de la
1ère phase de l‟opération d‟aménagement, sont les
suivants : Figure : Les espaces publics à l‟intérieur de l‟ilot

Les placettes Lacordaire et Lourmel


Les deux placettes situées de part et d'autre de l'école, au pied des deux nouveaux bâtiments
permettent une ouvert ure visuelle vers l‟intérieur de l‟îlot depuis la rue de la Convention.
Elles se prolongent par l‟allée piétonne Lacordaire et la future allée Lourmel. Ces lieux
conviviaux, agrémentés de bancs, et plantées de savonniers marquent les entrées principales
vers le cœur du site. Le traitement au sol de ces placettes est composé de pavés et d‟un enrobé
clair, à liant végétal.
Synthèse
-Un nouveau lieu de vie, entièrement piéton, construit sur le site de l’ancien hôpital
Boucicaut.
-Une réintégration du site à la ville.
-Le projet d’aménagement exprime la volonté de réouverture di site sur son environnement.
-cette opération de rénovation urbaine comporte une variété de programme de logements
favorisant ainsi la mixité sociale
-La mixité fonctionnelle est prise en charge avec la réalisation d‟entreprises, des commerces
et des équipements publics.
-L’environnement urbain a préservé la mémoire du site tout en accueillant une architecture
contemporaine.
-L’équilibre entre les espaces publics et les espaces construit est respecté.

Intégration du nouveau
bâtiment à son
environnement
Exemple 02 : EUROMÉDITERRANÉE À MARSEILLE, Construire une
nouvelle ville sur la ville

Introduction
Euroméditerranée est un projet urbain à Marseille. Il s'étend du nord du Vieux-Port jusqu'à
Cap Pinède au sud. Débuté en 1995, le projet comprend la construction et la réhabilitation de
logements, de nouveaux équipements, des bureaux et des hôtels. L'aménagement des espaces
publics, de voiries et de transports en commun en font également partie.

Cette transformation de grande envergure se veut un ambitieux projet cherchant à


repositionner la Ville au centre de sa
région urbaine et lui redonner une
lisibilité urbaine.

-La zone concernée rassemble des


quartiers hétéroclites dans lesquels se
côtoient tissu historique constitué,
anciens noyaux villageois, faubourg,
entrepôts et friches industrielles et
Figure :Secteur Euro- méditerranée II
grands équipements ferroviaires ou routiers.
Euroméditerranée doit relier dans un projet urbain des quartiers disparates malmenés par
l‟Histoire

Pourquoi un projet de renouvellement urbain à Marseille ?

Dans les années 1990, la situation sociale est très difficile à Marseille : fort taux de chômage,
ralentissement économique, perte d'habitants... Pourtant, Marseille est la troisième ville de
France. Placé stratégiquement, ce port sur la Méditerranée porte des enjeux régionaux et
nationaux. Le secteur autour du Port présente de nombreuses faiblesses dans ces années-là :
peu d‟équipements publics*, absence d‟espaces verts, grandes emprises d‟infrastructures
lourdes (le Port, les autoroutes…). Il présente aussi des atouts indéniables : proximité du
centre-ville, disponibilités foncières, proximité de la mer… La ville de Marseille demande
alors un soutien à l'État pour renouveler ce secteur.
Les grandes orientations du projet

- Étendre le centre-ville vers le nord en


liaison avec les quartiers périphériques.
- Promouvoir le rayonnement
métropolitain.
- Assurer la mutation de ce secteur
dégradé en créant un quartier attractif
garantissant la mixité fonctionnelle,
sociale, générationnelle et en diversifiant
Figure : Périmètre d‟Euroméditerranée 2
les modes de transports.

Du quartier industriel au quartier d'affaires

Les activités du Port, qui étaient essentiellement liées au commerce et à la production


industrielle auparavant, se sont déplacées plus à l'écart de la ville (au nord et vers Fos-sur-
Mer). Le développement économique qui a tendance à se faire à proximité de la ville, a
profondément changé de nature. L‟économie tertiaire (de services) se développe de plus en
plus dans les centres villes : d‟où la naissance de quartiers d‟affaires concentrant des bureaux
et des hôtels. C‟est une des vocations du quartier de la Joliette.

Étendre le centre-ville vers le nord

Pour répondre à cet objectif, Euroméditerranée construit de nouveaux logements et aide les
propriétaires de logements existants à les réhabiliter. Pour assurer la mixité fonctionnelle,
c'est-à-dire la diversité des fonctions dans la ville (logements, équipements, commerces,
bureaux...), les nouvelles constructions proposent souvent des locaux commerciaux en rez-de-
chaussée. Des équipements et des transports de proximité sont aussi prévus pour les habitants.

Donner à ce périmètre un rayonnement


métropolitain
1. Par le tourisme
Suite aux crises de l'activité industrielle à
Marseille et au développement du tourisme de
masse depuis les Trente Glorieuses, les activités du
Port ont évolué. Il accueille désormais de
nombreux croisiéristes.
Figure : Le plan détaillé du programme de
l‟opération Euroméditerranée
2. Par les grands équipements
Le développement de grands équipements ne se fait pas seulement pour le tourisme
mais aussi pour l‟attractivité métropolitaine. Ces équipements peuvent attirer des habitants de
toute l‟aire urbaine (la Gare Saint-Charles, les Archives et la Bibliothèque départementales, la
bibliothèque interuniversitaire, ...)
3. Par les réalisations architecturales
Les projets d‟architecture viennent appuyer la recherche de rayonnement métropolitain
dans de nombreuses villes dans le monde. Les villes font appel à des architectes de renom
pour se donner une identité forte avec des bâtiments emblématiques.

La densification d'Euroméditerranée se matérialise notamment par


un méga projet d'éco-quartier très attendu :
L’ilot XXL « LES FABRIQUES »

En 2015, l’Etablissement Public d’Aménagement Euroméditerranée lance le


développement d‟un “îlot XXL” de 14 hectares sur ce secteur en besoin de reconversion. Le
groupement UrbanEra (Bouygues immobilier) et Linkcity remporte l‟appel à manifestation
d‟intérêt et renomme le projet « Les Fabriques » en référence à son caractère économique
prononcé.

Figure : Projet actuel des “Fabriques”, porte d‟entrée nord


du grand centre-ville de Marseille.

Figure : Périmètre d‟étude


Présentation du projet :

L‟XXL consiste en la reconversion d‟une


zone d‟arrière-port et de renouvellement
urbain, caractérisée par des emprises
industrielles et des lieux d‟habitat
dégradés, en une future centralité pour
Euroméditerranée. Vitrine de la métropole

reposant sur un concept urbain novateur


Figure : Vue partielle du périmètre XXL avec au centre le
et optimisé, XXL est conçu comme un « marché aux puces
écoquartier méditerranéen » intégrant
dans un programme mixte d‟habitat, de
commerces et d‟activités, un ensemble de services de haut niveau ainsi qu‟une dimension
productive. Il intègre le marché aux puces existant, et propose programmation d‟espaces
innovants dédiés aux « makers ».

Fiche technique :

Eco-quartier mixte, habitat (161 872m²),


bureaux (58 118m²), commerces (10 038m²),
activités (13 149m²) avec un village artisanal,
équipement publics (bibliothèque, école, pole
socio-éducatif, crèche), reconfiguration du
marché aux puces existant.

Muter sans dénaturer :

C‟est le principal défi que ce morceau de ville soulève. Car les quartiers Nord de Marseille
sont parmi les plus pauvres de France et leurs habitants ont besoin de ces emplois. Même si le
site possède très peu de patrimoine industriel remarquable à préserver, le projet s‟appuie sur
l‟histoire du quartier marquée par les nombreuses fabriques artisanales locales qui
conditionnent ce quartier. L‟enjeu est de développer l‟économie locale en s‟appuyant sur les
forces déjà présentes comme le marché aux puces. Ce gigantesque marché est intégré dans le
projet urbain afin d‟en faire une centralité nouvelle, et un lieu d‟échange avec les quartiers
environnants
Photo montrant le bâti à préserver
Conception du quartier :
Les Voiries :

Le quartier est structuré par des voiries perpendiculaires les unes des autres, créant ainsi des
ilots de formes régulières et des percées vers la mer, les venelles (ruelles) viennent énervées et
arpentées l‟ensemble du secteur mais aussi de créer des parcelles de 70m sur 70.

La Programmation

La conception du quartier a été réalisée en BIM


(Building Information Modeling), technologie qui
permet notamment de réaliser des simulations du
projet. Ainsi, des études environnementales ont
pu être modélisées concernant le bruit, le vent,
l‟ensoleillement et la pollution. Ces études ont
permis de savoir où placer les différents types de Programme complet de l‟ilot « Les Fabriques »
bâtiment.
Analyse de l’organigramme :

 Le tertiaire (en jaune sur le schéma ci-dessus), a été installé au nord pour être près du
pôle Capitaine Gèze et sur la façade ouest pour avoir une bonne visibilité sur
l’autoroute et servir d’écran anti-pollution et anti-bruit pour les logements.
 Commerces et activités installés au nord du quartier qui jouent un rôle de dynamisme
autour du marché aux puces qui est élément d‟attractivité dans le quartier.
 Les logements installés à l‟intérieur du quartier mais aussi au sud près des voies à
faibles circulation générant ainsi moins de bruit et facilite le déplacement pour le
citoyen.
 On retrouve aussi des ilots hybrides (en violet sur le schéma ci-dessus) dans lesquels
on va trouver un RDC avec des activités commerciales et en superstructure des
logements.
 Le programme prévoit d’installer divers équipements intégrés dans des logements
comme une crèche, une médiathèque, pole socio-éducatif (en rose sur le schéma ci-
dessus)
Etat des hauteurs
L‟idée principale était de monter
en hauteur principalement en
frange du programme (sur le
périmètre de l‟ilot), et puis a
l‟intérieur de l‟opération était
d‟avoir davantage de confort
apporter par des terrasses et des
balcons végétalisés
-des rez- de- chaussé assez hauts
dédiés au Commerces Une variété d‟hauteurs à l‟intérieur de L‟ilot « Les Fabriques »
Photo montrant les différentes hauteurs du projet

Le type d’ilot

-On peut constater que les macro-lots et les 18 îlots qui viennent se caler très précisément
dans le découpage parcellaire de l‟opération.

-On peut constater aussi la mixité fonctionnelle du projet au niveau de chaque îlot (chaque
fonction a sa couleur appropriée).

Synthèse

-Les fabriques ont été pensées comme un « pont urbain » entre le centre-ville et les quartiers
nord.
-On a profité de la mutation urbaine pour insuffler une nouvelle dynamique.
-La vocation économique primaire a été maintenue.
-On a Redonné vie aux espaces actuellement inaccessibles, localisés au cœur du site.
-On a ouvert le quartier que l‟on ne pouvait pas traverser avant.
-Les piétons ont été avantagés, par l‟aménagement des venelles et de nouvelles places
publiques.

Exemple 03 : MACRO LOT B3, Boulogne Billancourt - ZAC Seguin -

Fiche technique du macro lot B3


Programme
Îlot mixte comprenant 500 logements avec
parking souterrain, bureaux, commerces et
activités,
Surface construite : 48 200 m2
Surface logements : 37 400 m2
Surface bureaux : 9 000 m2
Surface commerces : 1 000 m2
Surface activités : 800 m2
Surface îlot : 12 800 m2

Macro Lot A3

Macro Lot B3

L’interprétation des partis urbains et architecturaux sur le macro-lot B3

Parties urbaines :

Des macro-lots construits de grande dimension

-Ce réseau structurant de traverses et de voies détermine la forme et la taille des macro-lots
bâtis qui sont par conséquent relativement importants (200 à 400 mètres de long sur 200 à 150
mètres de profondeur).
-Cette grande emprise facilite un travail sur les paysages et les vues à ménager ; elle permet
de prévoir des modulations entre hauteurs en cœur d‟îlot, en cohérence avec l‟organisation
des espaces extérieurs. Ces macro-lots sont eux-mêmes subdivisés en lots accueillant bureaux
et logements.
-Le parti retenu pour ce macro-lot de 12 800 m² d‟emprise, constitué par un trapèze de 113 m
et de 154 m de bases pour 96 m de hauteur.
-La morphologie urbaine privilégie une forte densité en périphérie des macro-lots. Les
immeubles occupent une bande de constructibilité de 15 mètres le long des rues et cours
principaux (bande E) assortie de filets de hauteur variant selon l‟importance des voies : de
R+8+2 à R+5+2 étages en retrait (couronnement).

-Le long des traverses et en cœur d‟îlot, les règles s‟assouplissent afin de favoriser une
diversité morphologique. La hauteur des bâtiments peut y être modulée entre R+1 et R+8,
voire plan.

Cette densité en périphérie de


Le long de la voie bordant le nord
macro-lot, permet de libérer une
du macro-lot, les constructions
emprise importante pour le grand
sont plus basses (R+7+2) sur une
jardin central de statut
épaisseur de 13 m.
public/privé.

Plusieurs tourettes de
hauteurs variées de
R+6 à R+8 ponctuent
ce jardin intérieur.
Placées en peigne leur
orientation délimite
des espaces
spécifiques
contribuant à la
diversification des
ambiances

Des constructions denses


en périphérie sud et est du Des césures entre immeubles de 6 à 8 m de large et des
macro-lot de R+8+2. perméabilités visuelles en rez-de-chaussée assurent une
porosité des vues entre l‟espace public et le jardin de
cœur d‟îlot.
Dégager les meilleures vues pour tous
Un passage suivant un en créant de nombreuses échappées
mouvement en zig-zag pour visuelles vers le grand parc à travers
donner aux piétons le temps failles et césures.
de s‟immerger dans la nature
intérieure de l‟îlot, et assure
les liaisons rapides avec les
autres macro-lots.

Installer une porosité vers le


grand parc : la porosité
maximale est recherchée entre le
cœur d‟îlot et le grand parc

Un grand jardin partagé


en cœur d’îlot, le passage
sépare le jardin en un sous-
bois de grands arbres au
Sud et une prairie avec
arbres à fleurs clairsemés au
Nord.

Parties architecturales :
Préserver une diversité architecturale
Le risque d‟une architecture urbaine de cette ampleur1 est de générer une uniformité des
bâtiments. L‟importance même de la ZAC imposait l‟élaboration d‟une méthode originale de
gestion de projet :
▪ Dimensionner le projet à l‟échelle du macro-lot (soit 30 000 à 50 000 m²).
▪ Décomposer chaque macro-lot en lots comprenant chacun un (bureaux) ou plusieurs
bâtiments (logements et équipements).
▪ Chaque bâtiment représentant entre 5 000 et 10 000 m².
La stratégie développée par le bureau d‟étude a été d‟imposer des contraintes fortes en amont,
laissant ensuite aux concepteurs une liberté plus grande dans leur expression architecturale.
L‟architecte urbaniste en chef de la ZAC a tout d‟abord défini les invariants qui devaient être
présents dans les projets des architectes des futurs bâtiments. Il suggère des volumétries
variées, les principes de traitement des couronnements, plusieurs variantes de diversification
des types d‟immeubles en cœur d‟îlot (petits immeubles de trois à quatre niveaux, maisons de
ville). Il propose des illustrations de volumétries pour les immeubles donnant sur les traverses
pour assurer une cohérence entre les différents îlots voisins

Le front de parc est morcelé


en trois volumes qui rythment
l‟avenue en continuité des
volumes du macro-lot B2 et en
amorce vers le futur B4

Façade sud sur parc du trapèze, scansion architectonique de volumes inégaux qui
rythment l‟avenue du parc, en continuité des volumes du macro-lot façade nord sur rue
nouvelle, les immeubles implantés le long de la rue B2, et en amorce vers le futur B4

Façade sur Parc de Billancourt

Façade nord sur rue nouvelle, les immeubles implantés le long de la rue nouvelle
constituent un front urbain assez continu qui se retourne sur le cours Émile Zola.
Assurer une mixité sociale et fonctionnelle au niveau de chaque macro-lot

D‟autres objectifs sont également poursuivis par le maitre d‟ouvrage dans le cadre de cette
opération d‟urbanisme. Ils concernent la mixité sociale et fonctionnelle qui doit concerner
chaque macro-lot. Le programme de la ZAC répartit les bureaux, équipements publics
(groupes scolaires, lycée, crèches, médiathèque, équipement d‟hébergement pour étudiants,
jeunes travailleurs et personnes âgées) et les logements (dont 33 % de logements sociaux au
total) sur chaque macro-lot.
C‟est ainsi que, selon le programme du concours sur le macro-lot B3, les 48 200 m² devaient
se répartir en :
- 37 400 m² de logements (dont 12 467 m² de logements sociaux). Ces logements
devaient en priorité être localisés en front de parc de cœur de quartier.
- 9 000 m² de bureaux, avec une localisation précisée au nord-est du macro-lot.
- 1000 m² de commerces et 800 m² d‟activités. Un équipement devait prendre place au
nord-ouest de l‟îlot. Il a été abandonné par la suite.

-Equilibre des fonctions urbaines,


avec une cohabitation réussie entre
immeubles résidentiels, bureaux,
commerces et équipements publics.

– Equilibre environnemental, avec


une juste répartition des espaces
bâtis et des espaces verts, des voies
automobiles et des circulations
douces.

Vue depuis la grande traverse, séquence


d‟accueil vers le jardin partagé en vis-à-vis du
macro-lot B2
Vue depuis la grande
traverse, séquence d‟accueil
vers le jardin partagé en vis-
à-vis du macro-lot B2

Vue au cœur du jardin


partagé, jardin riche en
biodiversité : prairies mixtes
et sous-bois

Synthèse
-Le macro-lot B3 et s‟étend sur 12. 800 m². Cette nouvelle unité urbaine expérimente la
recherche d‟une mixité programmatique, mais aussi un « travail par le vide».
- La superficie du macro lot B3 autorise un travail spécifique et original sur la composition
urbaine et les paysages internes. Il est conçu pour maîtriser l‟effet de la densité.
-Le cœur d‟îlot a été conçu par les architectes de façon à permettre un cheminement non
rectiligne aux perspectives multiples, rythmées par les bâtiments.

Synthèse générale

Chaque exemple répond à une problématique urbaine, architectural et social spécifique, les
interventions touchent les aspects fonctionnel, esthétique et environnemental.
Les points communs entre ces projets sont comme suit :
- création de nouveau lieu de vie, entièrement piéton.
-Le souci de réintégration du site à la ville est récurrent.
-Les projets d‟aménagement expriment la volonté de réouverture des sites sur leur
environnement.
-Ces projets comportent une variété de programmes d‟habitat et d‟équipements favorisant
ainsi la mixité fonctionnelle.
-Dans chaque projet, l‟environnement urbain a préservé la mémoire du site tout en accueillant
une architecture contemporaine.
-On constate aussi, un fort équilibre entre les espaces publics et les espaces construits qui est
respecté.
CHAPITRE II :
ANALYSE DU SITE D’ETUDE

2.1. Situation du quartier Sidi-El-Bachir


Le quartier de Sidi El Bachir (ex Plateau) se Situe près du Sud du centre-ville.

Le périmètre du quartier est limité :


Au Nord : la rue Mohammed BOUDIAF
(ex : Mostaganem)
er
Au Sud : Le 1 Bd périphérique (colonel
Ahmed Ben Abderrezak)
A l 'Ouest: Boulevard Ahmed Zabana
Figure : Situation du quartier
A l’Est: Avenue Saim Mohamed

2.2. Historique du quartier Sidi-El-Bachir

A. Le quartier pendant la colonisation


En 1831 on peut remarquer que la ville d‟Oran se
résumé en deux petits quartiers Sidi el Houari et Derb, le
tout protéger par la première muraille, et connecté avec
le reste des villes avoisinantes par des chemins de
pratiques sociales. Le quartier Sidi El Bachir n‟existait
Figure : La ville d‟Oran en 1831

pas, il n‟était que broussailles, cimetière musulman et


mausolée de grand chef de tribus (Sidi El Bachir).

-Mais ce n‟est qu‟à partir de 1850 et seulement après la


destruction de la première muraille qu‟on peut
clairement constater l‟apparition de nouveaux quartiers
sur le plateau Karguentah, le village nègre.

Figure : La ville d‟Oran en 1850


-En 1870, les colons ne sont référé aux chemins
existant pour tracé le premier plan d‟urbanisme de
la ville d‟Oran, ce qui a fait n‟aitre d‟autre quartier
comme l‟actuel centre-ville d‟Oran, Medina el
Jadida et les extensions de plateaux Karguentah
sur l‟actuel plateau saint Michel.
-En 1871, l‟ouverture de la ligne ferroviaire Alger
Oran qui a était prévue sur les quais du port mais
cela à changer après que la compagnie PLM fut
Figure : La ville d‟Oran en 1870
installer à Oran et ce qui a attirer par la suite beaucoup
d‟activités industrielles et qui se sont transformé
aujourd‟hui en friche industrielles.

-Au début de 1880, et juste après le


commencement des travaux de l‟hôpital la trame
urbaine du quartier a subi des changements mais
en même temps cela n‟a pas influencé la
densification du quartier
Figure : La ville d‟Oran en 1895
Le quartier du plateau saint Michel était à la limite de
la nouvelle muraille créer par les militaires français, il avait pris forme grâce à l‟installation
de l‟hôpital civil et à la gare situé à la vagues. Porte de sidi el Chahmi, ses ilots sont ponctués
d‟hangar.

B. Le quartier après le centenaire :

-En 1912-1913 se qui coïncide avec la


construction de la nouvelle gare le quartier était
en chantier afin de préparer le centenaire de la
colonisation.
-Les projets d‟embellissement et de construction
d‟Oran ont occupé les terrains vagues du plateau
saint Michel avec des immeubles de prestiges, la figure : La ville d‟Oran durant le centenaire
gare hostiles hispano-mauresque, extension de
l‟hôpital civil, ce qui a fait de ce quartier un pôle de voyageur, et surtout un pôle hospitalier
pour toute l‟Oranie.
-Et depuis le quartier a vécu une période de développement rapide au niveau économique,
social et urbain.

C. Le quartier aujourd’hui

-Aujourd‟hui j le quartier Sidi El Bachir est un


tissu dense, avec toutes les extensions faites à
Oran, il est la porte du centre-ville.

2.3. Historique de L’hôpital


Figure : La ville d‟Oran en 1952

-L'origine du centre Hospitalier Régional d'Oran


remonte en 1877, année où fut mise en chantier la
construction du premier pavillon du nouvelle
hôpital. C'est six ans plus tard, en Avril 1883,
que les malades du vieil Hôpital St Lazare, situé
Boulevard du 2ème Zouaves, venaient occuper les
nouveaux bâtiments du plateau St Michel. Figure : Vue aérienne sur le futur terrain de
l‟hôpital

-Régi au début par le décret du 23 Décembre 1874,


pais par celui de 27 Décembre 1943, c'est le décret
n° 57-1090 du 3 octobre 1957, relatif aux hôpitaux
et hospices publics d'Algérie, et l‟arrête du 31
Décembre 1957 fixant les conditions d'organisation
Photo de la première porte de l‟hôpital

et de fonctionnement des établissements hospitaliers


qui donnèrent à l'hôpital civil la dénomination de "
centre hospitalier régional d'Oran ".
-Le centre hospitalier régional d'Oran couvre une
superficie de 13 hectares et comprend en -plus des
services administratifs, économiques, généraux et de
laboratoire une capacité réglementaire
Photo : vue sur l‟entrée principale de l‟hôpital en
1961
d'hospitalisation de 2142 lits pour une capacité réelle de 2922 lits.
-Le centre est administré par une commission administrative assiste d'une commission
médicale consultative.
-Cet ensemble deviendra, par suite de la création de la faculté de médecine d'Oran, et
conformément aux dispositions de l'ordonnance 58-1373 du 30 Décembre 1958, le « Centre
Hospitalier et Universitaire d'Oran ».

2.4. Analyse urbaine :

2.4.1 Etat de fait :

Figure : Plan de l‟Etat de fait


Le quartier sidi El Bachir est composé d‟habitat et marqué par l'installation d'une large bande
d'équipement le long de plusieurs axes importants, tels que :
-L'avenue Adda Benaouda: l'un des fameux boulevards de la ville d‟Oran, reconnu par sa
densité commerciale, et sa régularité morphologique. Vue la largeur de la voie, avec des
trottoirs plus au moins vaste, au long de ce boulevard s'organise un nombre important
d'équipements, des services de différents types (restaurants, cafétéria, électro-ménagers…).
-Boulevard Benzerdjeb : ce boulevard mène directement au CHU d‟Oran ; relation qui a
donné une sorte de spécialisation à cette voie, des services caractéristiques de l'activité
sanitaire (pharmacie, laboratoires d'analyse…), des activités destinées aux occupants du CHU
(malade, équipement médical), tel que K. M.S, restaurant, cafétérias…). Du point de vue
circulation mécanique et piétonnière, ce boulevard se dissipe à l'entrée de l‟hôpital, ce qui
bloque son rôle de pénétrante vers la périphérie.
-Boulevard Zabana : c'est un boulevard très important du point de vue économique et
commercial, vue sa position de démarquant entre deux principaux quartiers (plateaux et
médina El Djadida). Aussi, il présente un lieu de convergence pour la population des
différents quartiers de la ville. Il est doté d'une infrastructure spécifique à la détente et à la
rencontre matérialisée par la place Issat Idir, ainsi qu'un nombre non négligeable de cafétérias
avec des terrasses qui donnent dans des larges trottoirs (exemple : cafétéria El Nadjah).
-La zone habitat est généralement caractérisée par l'habitat collectif où on y voit apparaître
des équipements, installés individuellement ou intégrés à l'habitat.

2.4.2. Les équipements structurants


Le quartier Sidi El Bachir est doté d'un ensemble d'équipements très important, du
point de vue de la superficie, mais aussi du point de vue du nombre et de la variété.
-Dans le domaine sanitaire, ce quartier fut le plus équipé de l'ouest Algérien, car il concentre
presque la totalité des établissements sanitaires de la wilaya d‟Oran, (C.H.U, U.M.C, clinique
Fellaoucène, cabinets médicaux …)
En outre, il existe d'autres équipements, hormis le secteur de la santé tels que :
-Le secteur de l'éducation et de l'enseignement comporte 7 écoles, 4 C.E.M, 1 lycée et
deux instituts (I.S.M et les beaux-arts),
-Le secteur administratif comme la prison, le siège de l‟Algérienne Des Eaux, la protection
civile, l'Assemblée Populaire Communale d‟Oran, ...)
-Le secteur culturel intégré dans le tissu urbain, parfois occupant des îlots individuellement
tels que : le musée Ahmed Zabana, le palais des sports, le palais des expositions, le complexe
omnisport As-ptt)
-Le secteur industriel est aussi présent dans le quartier, caractérisé par des hangars, des
dépôts et d‟autres petites usines.
-le secteur commercial se concentre surtout sur le boulevard Benzerdjeb et le boulevard
Zabana, avec un commerce spécialisé dans le domaine électrique, électronique et la
quincaillerie générale.

Figure : Equipements structurants du


quartier
2.4.3. Accessibilité/Circulation

Figure : Accessibilité/circulation

Accessibilité

Le CHU a une accessibilité réduite en raison notamment de sa situation dans un milieu urbain
très dense, comprenant diverses entités de prestations de grande fréquentation comme les
laboratoires d'analyses, les pharmacies et les cabinets médicaux.
Circulation

La circulation mécanique est très dense au niveau du 1er boulevard périphérique et Adda ben
Aouda et le boulevard des martyres ainsi que le boulevard Benzerdjeb, par contre elle devient
faible à l‟intérieur du quartier.

-Les axes principaux sont étouffés par la circulation mécanique et piétonne forte, justifiée par
la présence des équipements publics importants (hôpital, gare ferroviaire,) considérés comme
des contraintes qui bloquent la fluidité de la circulation.

-Sur les rues secondaires et tertiaires, le flux mécanique et piéton diminue.

2.4.4. Etat des hauteurs

Figure : Etat des hauteurs


Le quartier Sidi El Bachir est composé d‟habitat collectif, c‟est donc un quartier ou
l‟habitat vertical est dominant.
La hauteur de la plus grande partie des constructions varie entre 1 et 4 étages, cependant
la hauteur moyenne des constructions est de 2 à 4 étages.
Quant aux répartitions par zone on constate que l‟unité qui comporte les constructions
les plus hautes est la zone de la « Cité Lescure », atteignant les R+18, comme elle
englobe la totalité des constructions de plus de 5 étages.
Le reste du quartier est plus au moins bas.

2.4.5. Façade urbaine :

2.5. Analyse typo-morphologique

2.5.1. Système viaire :

Le réseau viaire correspond au système des voies et des espaces libres permettant la
circulation ainsi que leurs aires de stationnement. Il se compose notamment de chemins,
d'avenues, de boulevards et des rues. Il résulte habituellement d'un processus lent, et adopte
une variété de forme.

Figure : système en résille


orthogonal

Figure : système viaire au sein du quartier

Figure : système presque arborisent dans une résille


irrégulière
-Le quartier Sidi-El-Bachir est un quartier du XIXe siècle (haussmannien) construit en suivant
son artère mère, soit le Boulevard Benzerdjeb, ce système dominant se devise à son tour en
deux zones A et B.
-Dans la zone A, le facteur morphologique (la topographie du site), favorise la régularité du
tracé. Quant à la deuxième zone B, le système s'inscrit dans une forme plutôt arborisant, afin
de faciliter l'occupation et l'accessibilité dans une telle pente.

Figure : Le boulevard Benzarjeb (pente de 0.6 Figure : Le boulevard Zighoud Youcef


%) (pente de 4 %)

-Afin d‟assurer le lien entre les


systèmes précédents un autre système
en résille étoilé s‟installe entre les
deux zones A et B ,ce qui fait naitre
des places et des nœuds qui
structurent l‟espace et la circulation
au sein du quartier.

Figure : système étoilé

La zone C a contrairement aux autres zones,


un système qui ne répond ni aux facteurs
morphologiques, ni aux facteurs historiques,
mais plutôt à des conditions purement
fonctionnelles, et qui imposent la taille
importante des ilots, qui s‟inscrivent dans
une forme en boucle, dans une résille plus au
moins orthogonale.

Figure : système en boucle dans une résille


orthogonale (La zone C)
La zone de la gare ferroviaire et ses chemins ne peut
être considérée comme un système, mais plutôt
comme un très grand ilot qui crée une énorme
rupture et déséquilibre au système viaire du quartier.

Figure : L‟ilot de la gare ferroviaire

2.5.2. Les profils des axes structurants :


Schéma Illustration

Boulevard Adda Benaouda

Boulevard Ahmed Zabana

Boulevard Benzerdjeb
Schéma Illustration

Rue des Frères Niati

Ruelle à l’extrémité de l’hôpital

Tableau : Profils des voies

Le quartier se caractérise par une certaine hiérarchie dans son réseau viaire. Les axes
structurants sont bien mis en valeur :
 Largeur des voies et trottoirs importante.
 Les voies bordées d‟arbres.
-Mais plus on s‟éloigne de ces axes structurants, les voies perdent en largeur et en agréabilité.
-L‟étroitesse des ruelles à proximité de l‟hôpital est la conséquence d‟un remplissage du vide
autour de cet équipement, qui était déjà construit afin de recoudre ce dernier avec l‟ensemble.

Synthèse
La variété des systèmes viaires au sein du quartier répond à la morphologie du site et aux
fonctions de certains équipements. Mais ces derniers ont créé un certain déséquilibre dans
l‟ensemble.
2.5.3. Le rapport entre l’espace bâti/non bâti

Figure : Rapport entre Bâti/non Bâti

-L'étude du rapport bâti/non bâti nous permet d'analyser et de répondre aux attentes des
besoins en matière de qualité du bâti et de l'amélioration du cadre de vie des habitants.
-Le fragment étudié est visiblement dense et composé d'ilots fermés avec présence de cours
intérieures et un front urbain aligné le long de la voie principale qui structure l'espace public.
-Le mode d'occupation se fait par juxtaposition en mitoyenneté et d'association d'unités ce qui
donne la compacité du tissu.
-Le principe de la composition avec cour intérieure permet d'alléger le tissu qui sert aussi, à
l'aération et à l'éclairage des pièces des habitations.
-Les caractéristique fonctionnelles, dimensionnelles et spatiales varient selon la taille et la
forme de la parcelle.

Surface générale = 200071m² Surface bâtie (Hôpital + Annexe) = 59251.31717m²

Surface non bâtie (hôpital +annexe) = 140819.68283m²

Ilot : Hôpital
Surface totale hôpital Surface bâtie hôpital CES ILOT HOPITAL
104162.2909 m² 34431.33937 m² 0.33

Ilot annexe :

Surface totale annexe Surface bâtie annexe CES ILOT ANNEXE


95908.7091m² 24819.9778m² 0.25

L'espace bâti :

-Les abords de la zone d'étude présente en quelque sorte une certaine homogénéité, c'est l‟ilot
haussmannien qui est le plus dominant et le plus représentatif.

1. L'ilot haussmannien : Sa morphologie montre une


continuité directement liée à la rue. Considérée
comme lieu d‟échanges ; ce type d'ilot est destiné
généralement à l'habitat avec un RDC aménagé aux
commerces. Son effet majeur de sa compatibilité est
le maintien d'une continuité rigoureuse du paysage urbain. Figure : L‟ilot haussmannien

2. L'ilot pavillonnaire : comme pour le cas du lycée ibn Badiss et l'hôpital CHU ; c'est un
pavillon isolé au milieu du terrain, l‟alignement est souvent négligé ou bien il peut être
repris par un simple mur de clôture directement lié à la rue.
Typologie des Ilots :
Géométrie

Figure : Formes et dimensions des ilots du


Tableau : Les surfaces des ilots correspondant à la figure quartier

Dimensions
L'analyse des formes et de la géométrie des
îlots, permet de constater que :
-Le plus grand îlot de point de vue surfacique
est de l'ordre de 5400m².
-Le rapport entre le plus grand et le plus petit
îlot (1430m²) est de 1/5.
-Plus des 2/3 des îlots ont des formes
géométriques à angles aigus.
Tableau : Les données des formes des ilots
correspondant à la figure

-Les dimensions des îlots nous permettent, selon la


rue ou le boulevard où l'on se trouve, à
identifier un module visuel de composition urbaine.
On dit module visuel, parce que le rapport
mathématique entre modules n'est pas entier.

Figure : Le parcellaire du fragment urbain étudié


Les trames parcelaire :
Dimensions :

Tableau : Les données des surfaces des parcelles


correspondant à la figure

-On ne peut définir un type de parcelle caractéristique du fragment étudié. Toutefois on arrive
à lire un principe général de parcellaire, toutes les parcelles sont définies à partir d'un tracé
perpendiculaire à la voie. Une nouvelle fois, et à l'image du cas des îlots, c'est le tracé viaire
qui définit le type de parcelle.
-Les parcelles dépendent du tracé viaire et de l'ilot ou elles se trouvent. Les formes
géométriques des ilots sont diverses, celles des parcelles sont à leur tour diverses et multiples.
Les surfaces des parcelles différentes selon les fonctions d‟occupation.

Géométrie :

Tableau : Les données des formes des parcelles


correspondant à la figure.
Figure : Géométrie du parcellaire du
-Par le tracé viaire de la trame urbaine du temps des fragment urbain étudié
colons se sont érigées des formes de parcelles aux
formes multiples. Ceci peut être dû au résultat accidentel du tracé qui s'est adapté au relief du
terrain et à quelques monuments historiques déjà existants et grands équipements.
Rapport du parcellaire à la voirie :

Relations topologiques entre parcellaire et voirie :

A l'observation des tracés parcellaire,


le premier constat qu'on peut faire est
l'alignement presque de l'ensemble des
parcelles au tracé viaire. Sur
l'ensemble du fragment urbain étudié,
nous avons remarqué que deux cas de
non alignement, et dans trois îlots
différents. Dans tous les cas, les
liaisons des parcelles aux voies de
desserte sont directes. L‟accès aux
constructions est lié directement à la
Figure : Les rapports et liaisons des parcelles à la voirie
rue.
Synthèse :
Les formes des ilots suivent la forme des réseaux viaires, et ces deux derniers dictent la forme
des parcelles.

L’espace non bâti


Les voiries : Notre zone est constituée de quatre artères principales :

-Le 1er bd périphérique : axe principalement à caractère administratif, et à l‟échelle régional,


caractérisé par l‟implantation des grands équipements
-L’avenue Adda Benaouda : l‟un des fameux boulevards de la ville d‟Oran, reconnu par sa
densité commerciale, et sa régularité morphologique.
-Le boulevard Benzerdjeb : voie importante dans la structure urbaine, qui mène directement
au CHU d‟Oran.
-Le boulevard Zabana, une bd très importante du point de vue économique et commercial
vu sa position aussi il présente un lieu de convergence pour la population des différents
quartiers de la ville.
Les axes secondaires :

-Rue des frères Niati : un axe commerciale, ou on note une forte concentration d'activités
commerciales.
-Rue des frères Bouchakkour : aboutit à la place rousse et créée une liaison entre les deux
parties de l‟hôpital.
Les places :
-Place Aisset Idir (ex Sébastopol:) gérant le départ de 03 fameux axes (Bd Benzerdjeb, Bd
Adda Benaoudda et Bd Ahmed Zabana), connue par ses réputations commerciales et
économiques ainsi qu'un important trafic routier et piétonnier, desservant à la fois les quartiers
centraux et péricentraux de la ville.
-Place roux : dispose d'une circulation piétonne concentrique et mécanique périphérique.

Schéma Illustration

1-Place Géométrique : Place Roux

1-Place équilibré orthogonale : Place Aisset Idir


(Sébastopol)
-Le type de places le plus dominant sont les places résiduelles qui se trouve à l‟intérieur du
quartier non pas à ses limites.

Les espaces verts :

Le capital vert existant dans notre site


en tant que patrimoine végétale et
composante essentielle présente une
diversité de jardin et d'allées d‟arbres.

Synthèse : Figure : la trame verte


Il y‟a une complémentarité entre l‟espace bâti et les espaces libres (places et dégagements),
entre un système parcellaire qui sépare les différents espaces et un autre qui créent le lien
entre les différents composants du tissu urbain. Dans le quartier, la répartition de ces espaces
est plus ou moins équilibrée a l‟exception des deux zones qui bénéficient de plus d‟espaces
libres exploités, qui est : l‟hôpital ou inexploité et qui est le chemin de fer.

2.5.4. Système d'architecture dans les parcelles :


a- Le système d'angle des parcelles :

Nous avons déjà vu que les formes géométriques des ilots, résulte du tracé viaire, et
avaient au moins un angle aigu. La diversité formelle des îlots a généré des parcelles d'angle
diverses et donc des objets architecturaux à angle particuliers. C‟est cette diversité des angles
traités différemment, jouant le rôle d'éléments de repère, qui donne au paysage urbain une
grande richesse architectural.
-Le système d'angle se présente dans notre quartier, architecturalement, comme un angle
unidirectionnel ou bidirectionnel dissous complètement dans la forme de l'objet architectural
adaptée à la géométrie de la parcelle.
Type d’angle Angle unidirectionnel Angle bidirectionnel

Schéma

Illustration

Tableau : Types d‟angles et l‟approche architecturale correspondante

b- Typologie des façades :


-Pour l'analyse des types de façades, nous avons tenté de repérer les différences
formelles de différents bâtiments dans différentes parcelles dans le fragment urbain étudié.
Elles se distinguent par une variété de styles architecturaux, que nous présentons dans le
tableau ci-dessus :

Type de façade Schéma Illustration

Façade simple
Etage répétitif
Façade avec
Sous-sol

Façade avec
Balcon filant

Façade avec
Balcon isolé

Façade avec une travée


marqué (un corps central)

Tableau : Typologie des façades dans le fragment urbain étudié

c- Les styles d’architecture :

On distingue une variété de façades déterminant les différentes époques qu'a vécu la
zone, donnant ainsi un charme au paysage urbain. On distingue les styles suivants :
-Le style néo-classique 1880-1910
-Le style art Nouveau
-Le style art déco 1910-1920
-Le style néo-mauresque
-Le style moderne 1930 -

Rue Façade Observation


Une forte présence de
style moderne ce qui
coïncide avec la période
Adda Ben de sa construction (a
Ouda partir des années 1900-
1910)

Frère Niati Une diversité des styles


entre le moderne,
néoclassique et le
contemporain algérien

Bd Ahmed L‟apparition du style


post-moderne
Zabana

Tableau : Les différents styles architecturaux au sein du quartier

La gare d'Oran :
L'institution de la gare ferroviaire d'Oran remonte à la compagnie des chemins de fer en
1857.Selon les archives du musée d'Oran, les premiers travaux ont été entrepris en 1908 et la
gare fut ouverte au public 1913.
Elle a été conçue par l'architecte Albert Ballu et construite par les frères Perret, de style néo-
mauresque, elle reprend les symboles des trois religions du livre. Ainsi son aspect extérieur
qui reflète une mosquée, ou l'horloge a la forme d'un minaret ; les grilles des portes, fenêtres
et plafond du dôme portent l'étoile de David, alors que les peintures intérieures des plafonds
portent des croix chrétiennes.

Le musée Ahmed Zabana :


Le musée et l'école des beaux-
arts est un édifice de style
architectural Art nouveau,
conçu par l'architecte Georges
Wolf et construit en 1930.
L'édifice se compose de deux
unités : le musée et l'école des
beaux-arts.
La première unité constitue le musée. Il est caractérisé par une architecture de masse avec
une composition cubique simple dont le volume est plus large que haut. L‟entrée est marquée
par un portique néo-classique de type dorique et un escalier monumental. La couronne
débordante, caractéristique de l'architecture Art nouveau, est matérialisée par une frise de
mosaïque sous la corniche.

La deuxième unité est


l'école des beaux-arts.
C‟est une composition
cubique simple. Pour
qu'elle ne domine pas la
première unité, aucune
particularité ne marque
son architecture. Seuls les ateliers sont mis en valeur par des verrières.

Synthèse :
L‟évolution urbaine du quartier et sa relation avec certains évènements historiques lui a
permis, depuis son apparition, de recueillir de chaque époque son style et sa richesse
architectural, pour devenir aujourd‟hui l‟un des rares quartiers du 19e siècle qui possède une
telle variété (le style néoclassique, art déco, art nouveau, néo mauresque et le style moderne).

Analyse paysagère
Selon l‟ouvrage de Kevin Lynch : « l‟image de la cité » et celui qui le complète de Pillipe
Panerai « analyse urbaine » qui fournissent un outil intéressant pour une analyse paysagère, il
faut identifier les cinq éléments pour comprendre et lire le paysage urbain :

1- Les parcours, 2- les nœuds, 3-les secteurs, 4-les limites, 5-les repères.

1/ Parcours : Dans la zone d‟étude les parcours sont des axes structurants contractés avec
d‟autres voies présentant une animation continue.

A. Le 1er Boulevard périphérique


B. Boulevard Bendzerdjab
C. Boulevard Zabana
2/Les repères : Ce sont les points les plus visibles : La prison, le musée (Ahmed zabana),
l‟hôpital universitaire, lycée ibn badis, le cimetière chrétien, la gare ferroviaire ….

Musée Ahmed Zabana La gare ferroviaire

Lycée L’Hôpital
Ibn Badis universitaire
d’Oran CHU

Le cimetière
La prison chrétien
Badis
3/ Les Nœuds : on trouve deux nœuds importants dans notre parcours, celui de la place Roux,
et celui de la place Aissat Idir... Ainsi que d‟autres nœuds ailleurs aux premier boulevard
périphérique et boulevard des martyrs.
Les limites administratives : Notre zone d‟étude est limitée par
Le Nord Quartier Saint-pierre
Le Sud Le 1er Boulevard périphérique
L‟Est Avenue Adda benouda (La gare ferroviaire)
L‟Ouest Medina Jadida

4/ Les secteurs

Analyse séquentielle :

1-Boulevard BENZERDJAB

S1 : Le boulevard
Benzerdjab se S2 : Jusqu‟à l‟accès
1 caractérise par une l„hôpital ou on a ce
symétrie parfaite sentiment de
depuis la placette fermeture ou de fin

2
3
2-Boulevard ADDA BENAOUDA

S1 : un axe important
1
structurant qui bute
sur une fermeture qui
bloque la continuité
2
visuelle

S2 : ouverture visuelle
jusqu’au cœur de la
ville
S4 : Ouverture visuel
sur la continuité du
boulevard

S3 : Bornage axial qui


bute sur la gare
monumentale.
3-La boucle de l’hôpital :
S1 : fermeture du
champ visuelle a
l‟accès du quartier

S2 : nouvelles
constructions avec
4 style contemporain
3
5
2
6

7
1

8
9
10

S3 : étranglement et dégradation
de bâtiments

S4 : une dissymétrie et une S5 : une déflexion qui crée un


inflexion avec détérioration sentiment d‟hésitation
des immeubles au côté droit

S6 : encombrement
a l‟accès de l‟hôpital
qui crée un
sentiment S7 : des commerces illicites
d‟étouffement

S8 : un bornage
axial qui mène à la
place roux

S9 : sentiment d‟étranglement
avec un effet couloir

S10 : Bornage latéral du mur de clôture de l‟hôpital


et ouverture visuel sur le premier boulevard
périphérique
Synthèse

Le choix des parcours de l‟analyse séquentielle s‟est porté sur un ensemble d‟axes et qui
représentent tous des pénétrantes importantes, assurant à la fois la liaison du quartier avec
l‟extérieur, et la gestion de la circulation à l‟intérieur. Malgré la richesse de ses parcours en
termes de sensation, l‟usager est toujours chassé par un des équipements phares du quartier
(l‟hôpital et la gare) qui offrent parfois un contact agréable et d‟autre fois agressif et
désagréable.

Similitudes entre les exemples thématiques analysées et notre site d’étude

Nous avons pu tirer les similitudes qui sont :


 Utilité de réintégration du site à la ville.
 Amélioration du paysage urbain par la création d‟un jardin public de proximité.
 Préservation du patrimoine architectural.
 Récupération de l‟emprise foncière des complexes hospitaliers, en vue du
désenclavement des quartiers.
 Option pour la mixité fonctionnelle et sociale pour répondre au principe du
développement durable : logement social, habitat pour étudiants, commerce, hôtel,
pôle universitaire.
 Traitement des espaces publics et bâti : parc urbain.
 Nécessité d‟insertion des fonctions, des pôles de loisir, parcs, des architecture, afin
d‟attirer une autre catégorie sociale qui participe à la métropolisation de la ville.
 Obligation du traitement particulier de l‟entrée des quartiers.
 Conservation de la vocation médicale à l‟intérieur du projet.
 Option pour le macro lot comme signe concret du renouvellement, de la modernité et
de la mutualisation des différentes fonctions.
 Prévoir des parkings au sous-sol.
 Piétonisation à l‟intérieur du projet et la limitation de toute circulation mécanique.
 Démolition du mur d‟enceinte afin de lier le projet à son environnement et permettre
une certaine perméabilité.
 Liaison du nouveau quartier au centre-ville par une large voie plantée d‟arbres, devant
servir pour la promenade et qui traversera le site du Nord au Sud.
 Création de parc urbain ouvert.
CHAPITRE III :
PROGRAMMATION ET INTERVENTION

Introduction.
Ce chapitre représente l‟aboutissement de tout le travail de recherche, c‟est-à-dire :
En premier lieu, une programmation pertinente en adéquation avec ce qui se fait de nos jours au
niveau des projets urbains mais aussi avec les besoins intrinsèques de la zone ainsi que de la ville
d‟Oran.
En second lieu, la programmation faite, il s‟agira de donner forme au projet en prenant en compte
toutes les contraintes, qu‟elles soient techniques, sociales, environnementales, juridiques ou urbaines.
3.1. Prescriptions de l‟instrument d‟urbanisme : POS

Figure : POS Sidi El Bachir

Il s‟agit de renforcer la structure urbaine déjà existante et qui représente un fonctionnement


harmonieux mais saturé, où le flux humain et mécanique est intense notamment en certains
lieux tels que sur le Bd Adda Benaouda, la rue Mostaganem, le Bd Marceau, le Bd des
Martyrs, la rue des frères Niati…
La projection du « Bd De la gare » s‟effectue sur une longueur de 600 m. Cette projection
renforcera l‟actuelle structure et désenclavera 7000m² au profit de la SNTF.
Une partie considérable (12000 m²) du parc de l‟ex. EPEOR est utilisée pour la fonction de
« Dépôt » incompatible avec l‟activité urbaine. Une réaffectation de cet espace situé dans un
centre urbain névralgique s‟avère incontournable.
Le Prolongement du Bd. Benzerdjeb s‟effectue sur 453 m. Il relie le 1er Bd Périphérique au
niveau de la gare routière El Hamri.
La prison civile édifiée sur 11700 m² en bordure du Bd. des Martyres, situé dans un centre
urbain dense. Sa fonction est incompatible avec l‟urbain, notamment pour des raisons
sécuritaires mais aussi éthiques sociales.
La revalorisation de l‟espace urbain en délocalisant les activités de dépôt. C‟est le cas du parc
de nettoiement de l‟A.P.C. sur le 1er. Bd périphérique, proposé pour abriter un centre
commercial de 3600 m² (R+8) sur une assiette totale de 7200 m².
On intervient fondamentalement sur l‟hôpital en remettant en cause l‟entité de l‟hôpital.
L‟objectif recherché est de décentraliser cet établissement en créant des sous-ensembles
indépendants spatialement et fonctionnellement.
Chaque sous-ensemble est doté d‟une structure représentée par des bâtiments qui seront
réhabilités en fonction de leur état de dégradation et d‟insalubrité.
3.2. Projet urbain
3.2.1. Schémas de composition
Etape 1 :
Restauration de la chapelle
qui représente la mémoire du
site

Préserver le tunnel
Continuité et qui relie la partie
l'élargissement sud et nord du
(12m) du terrain
Boulevard
Benzerdjeb

L‟élargissement
(12m) de la rue
qui sépare les
Création des voies
deux unités
a intérieur du
projet

La création de plusieurs macro lot


suite au nouveau découpage
Etape 2 :

Ouverture visuel et physique, des


percées visuelles ont été créent vers la
gare ferroviaire

Un parc de taille
importante adhère
Le parc urbain l'ensemble du
s'étend le long du projet urbain .il
Boulevard s'occasionne par
benzerdjeb, qui a une concentration
permis une végétale
continuité et une
perméabilité du site a
son quartier

Etape 3 :
La création d'un cheminement principale en forme de parcours pour but
de relier tous les macros lot entre eux

Le parcours inter îlot est assuré par ce Le cheminement a pour but de guider le visiteur
cheminement et il sépare l'habitat au vers la chapelle mais aussi le parc urbain sans pour
reste des fonctions autant piétiner les espaces intimes (habitables)

Assurer une continuité entre les différents cœurs d‟îlots, en créant des parcours visibles et
lisibles, et assurer de ce fait une convergence vers le poumon du projet, c‟est-à-dire le parc
urbain.
Etape 4 :
Des parcours intérieurs créent la fluidité au sein du macro lot et permettant la bonne fluidité
entre les différents blocs et fonctions.

La création de
jardin privé pour
chaque ilot
d'habitation pour
créer une
certaine intimité

Cette configuration permet d'assurer à la fois la protection des espaces intérieurs et à la


perméabilité des espaces extérieurs.

Etape 5 :
Une médiathèque à Implantation de
l'intérieur du site cliniques spécialisées

Centre culturel

Un projet
d'hôtel et
un centre
d'affaires

Tout au long du parc urbain, Au rez-de-chaussée, la priorité sera donnée aux


activités attractives : commerces, restauration, services et loisirs
Une mise en place de certains éléments phares sur les limites du projet aide à mieux insérer
l‟lot dans son environnement.
Etape 6 :

Dégager l'espace autour de la chapelle pour la faire valoir.

Le passage du
tunnel est bordé
par deux
bâtiments
orientés vers la
chapelle

Clôturer le parc urbain par un lieu attractif et un lieu d'échange inter


ilot (implantation de restaurant, scène de spectacle, coin détente

Hauteur et gabarit
Au niveau du parc urbain :
Chapelle Equipement

D'importants jeux de volumes seront présents au niveau du parc, afin de donner une diversité
de composition, une ambiance et meubler ses parois.
Les façades du parc et la place doivent former un écran continu, et doivent avoir des éléments
ordonnateurs qui leur confèrent une certaine unité. Elles seront caractérisées par : un rythme
irrégulier qui est haut/ bas tout au long du parc avec des hauteurs variant du R+8 au R+12,
cela permet de créer une certaine perméabilité verticale.
Sur la façade Nord, un équipement (une galerie d‟art contemporain) vient structurer le
prolongement du parc avec une hauteur moins importante (R+6) que les autres bâtiments cela
afin de dégager la vue vers la chapelle préservée.
Au niveau de la rue bordant la prison et à l’intérieur du quartier :

Hauteur à l’intérieur des


ilots

Une façade régulière et basse en R+4 au milieu de la rue et en R+12 aux extrémités (qui
coïncident avec l‟intersection de la voie avec les boulevards), qui est dictée par l‟étroitesse de
la rue et par l‟emplacement de la prison qui est définie comme une contrainte physique.
A l‟intérieur du quartier, on aura une façade alternée avec des hauteurs qui varie entre R+8 et
R+5. Cela afin de créer des percées visuelles vers le par cet d‟aérer l‟intérieur du quartier.

Programme

Pour répondre aux besoins de tous les usagers sans exception, le projet se devra d‟avoir un
programme mixte et riche en activités.
Le projet urbain avec son nouvel aménagement et sa nouvelle structure se divisera en 12 méga
ilots.

Macro-lot Surface Fonction

1 26990.05m² Habitat intégré

2 23178.22m² Habitat

3 7725.08 m² Centre d‟affaire


4 5137.55m² Hôtel /Centre d‟affaire

5 6432.02m² Habitat intégré et médiathèque


6 5861.69m² Habitat et Habitat intégré

7 8019m² Habitat et centre de recherche

8 4659.9m² Centre commercial


9 9524.02m² Galerie d‟Art contemporain

10 16639m² Centre culturel

Habitat/Habitat intégré et cliniques


11 19931.3m²
spécialisées

Habitat/Habitat intégré et cliniques


12 12131.3m²
spécialisées

Tableau : fonction et surfaces

Distribution des fonctions

L‟enjeu consiste à équilibrer les fonctions, à bâtir un quartier dense, mixte et de qualité, pour
cela 20 hectares seront consacrés au développement urbain dans un environnement « vert ».
Le projet se devra d‟avoir un programme riche en activités, pour cela, il s‟agira d‟implanter
toutes les fonctions structurantes et indispensables telles que : résidentielle, commerciale et de
service, mais aussi les fonctions complémentaires : culturelle, sportive et de loisir.
On peut remarquer que la fonction dominante reste toujours la fonction résidentielle.
Comme on l‟a déjà dit, pour répondre aux besoins de tous les usagers sans exception, la
programmation des équipements se veut également diversifiée. Une véritable armature
d‟équipements de proximité et d‟équipements structurants à l‟échelle métropolitaine pour les
futurs habitants et usagers du quartier va être créée.
En matière de bureaux, un centre d‟affaires d'environ 10 000 m² ‐ offre qui fait défaut
actuellement dans le centre‐ville d‟Oran‐ et qui sera en lien direct avec la gare.
Une nouvelle offre hôtelière permettra de répondre aux nouveaux besoins du quartier et aussi
de renforcer la vocation touristique.
La volonté de créer un quartier de vie trouve son inscription au travers de l’offre plurielle de
locaux commerciaux et de services qui va s‟inscrire dans une dynamique d‟agglomération
en se situant le long des axes de transports structurants et aussi dans une dynamique de
proximité au travers d‟une offre de commerces et services en pied d‟immeubles.
Le long du parc urbain

Une attention spéciale doit être apportée au traitement du socle de ces bâtiments, qui doit, le
long du parc, intégrer des activités attractives.

Soit un rez-de-chaussée occupé par des commerces, des restaurants, et des services. Au
niveau des étages, le principe sera d‟offrir des fonctions administratives ou de logement,
celles-là seront mises en place aux extrémités extérieurs des ilots.

A l‟intérieur des ilots, la projection de logements sera plus adéquate afin d‟éviter le maximum
de nuisances.
Ambiances et aménagement

Un jardin de cœur de macro-lot avec des ambiances contrastées

Le passage intérieur principal, avec un cheminement large (6 m), permet de créer des
perspectives différentes, de s‟y arrêter. L‟objectif est de permettre « l‟immersion et de créer
des ambiances successives par les plantations variées ».

Mise en valeur de la chapelle par


la création aux alentours tour d‟un
cheminement piéton

Des jardins privés seront présents


à l‟intérieur des macros lot

Concept de « ville parc » un équilibre entre milieu naturel et densité

Où la présence importante de la nature permet de réguler la perception d‟une densité élevée en


périphérie de macro-lot. L‟interprétation de ce concept organise cependant cette
interpénétration entre nature et bâti de façon relativement classique : les possibilités de
modulation des hauteurs en cœur d‟îlot.

Le prolongement du bd
Benzerdjeb et la création du parc
urbain a rendu le quartier plus
perméable
Présence des bassins le long du
parc urbain

Vue depuis le parc urbain

Une perspective en continue depuis le boulevard Benzerdjeb

La perspective générée venant du centre-ville donne directement sur le nouveau boulevard


puis sur le centre de l‟îlot de l‟autre extrémité du boulevard, il faudra implanter donc un projet
d‟une certaine envergure, attractif et d‟une richesse architecturale assez remarquable.

Vue perspective depuis l‟accès au


parc urbain

Le « vide est au centre du projet »

Créer une certaine porosité dans les îlots pour une meilleure accessibilité et lisibilité, ceci va
donner aussi des parcours intéressants animés et attractifs.
Assurer une continuité entre les différents cœurs d‟îlots, en créant des parcours visibles et
lisibles, et assurer de ce fait une convergence vers le poumon du projet, c‟est-à-dire le parc
urbain.

Installer une porosité vers le


grand parc

Un grand jardin partagé en cœur d‟îlot

Une nature très présente


Une des principales ambitions du projet concerne la place de la nature en ville. De nombreux
espaces verts composent le programme. Mais la végétation se trouve aussi dans les espaces
privés, que ce soit en cœur d‟îlots. Cette démarche vise à créer un cadre de vie fortement
végétalisé, mais aussi à préserver la biodiversité avec une trame verte et bleue. Ainsi, le
territoire accueille des milieux végétaux diversifiés.

Un lieu de détente, de partage, de


plaisance pour le piéton
Une visibilité dégagée depuis le
cœur d‟lot vers la chapelle

Préserver la biodiversité avec une


trame verte et bleue
Plan de masse
CHAPITRE : Projets ponctuelles
Introduction :

Après une série d‟actions et d‟opérations on a choisi de concrétiser une partie de cette
intervention en agrandissant l‟échelle, et en passant du projet urbain aux projets
d‟architectures.
Le premier projet sera l‟élaboration d‟un centre de loisir à l‟extrémité du parc urbain et sur le
front du premier boulevard périphérique, qui représente une vitrine importante qui peut
refléter une nouvelle image de modernité à travers des projets contemporains favorisant ainsi
l‟attractivité.
Le deuxième projet comportera la reconversion de la chapelle de l‟hôpital CHU et la création
d‟un centre culturel en continuité et à l‟extrémité de la chapelle. Cette dernière qui fut
construite en 1932, présente d‟importantes caractéristiques architecturales et historiques qui se
sont malheureusement détériorées à cause du temps et d‟un entretien insuffisant. Ce projet est
une nouvelle couche de sens donnée à un patrimoine en péril.
CENTRE CULTUREL

Introduction
Les insertions de nouveaux éléments dans une architecture préexistante se font rarement dans
l‟indifférence.
L‟actualisation est une façon de réinterpréter le patrimoine en lui donnant un sens actuel grâce
à une action (en l‟occurrence, un ajout architectural dans un style contemporain), ce qui
modifie les représentations du lieu tout en lui ajoutant une couche de significations.
Les différents ajouts auxquels nous nous référerons, étant d‟architecture contemporaine, ne
prétendent pas se fondre dans l‟existant, mais s‟en démarquant par un langage appartenant à
l‟architecture contemporaine. Cette dernière est ici entendue comme une architecture qui est
ancrée dans son présent mais qui n‟est pas tournée vers le passé, duquel elle se démarque.
Cette actualisation du patrimoine bâti ne se fait pas que par l‟intégration de nouvelles parties
contemporaines, mais aussi par une reconversion architecturale, une façon d‟éclairer un
ancien édifice d‟un nouveau jour, de lui donner une nouvelle fonction qui le met encore plus
en valeur.
Grâce aux deux stratégies combinées, la restauration de la chapelle de et sa reconversion en
une salle d‟exposition, suivies d‟une addition d‟architecture contemporaine qui sera un centre
culturel, le projet contribue à récupérer une œuvre architecturale importante pour le quartier et
à la valoriser.

Problématique :
Dans la rencontre entre l‟architecture contemporaine et le patrimoine bâti, l‟actualisation en
tant que phénomène culturel se propose comme solution à la polarité conservation-création.
Alors comment peut-on insérer d’éléments d’architecture contemporaine sur des
bâtiments patrimoniaux dans le but de valoriser un ensemble architectural et urbain de
toute première importance ? comment créer un établissement culturel de qualité tout en
restant dans la sobriété ?
Bibliographie

Ouvrages et articles

1. BURE Gilles, Christian de Portzamparc, Editions Terrail, France, 2003.


2. CHEMETOV Paul et MARREY Bernard, « L‟architecture du XIX e siècle de Paris »,
seuil, France, 1984.
3. CHOAY Françoise, « La règle et le modèle sur la théorie de l‟architecture et de
l‟urbanisme », Collection Espacements, Editions du Seuil, Paris, 1980.
4. CHOAY Françoise, « De la démolition », revue AA, n°386, France, 2011.
5. DIRASSAT (Bureau d‟Etudes), « Rapport du Schéma directeur de l‟aménagement de
l‟aire métropolitaine », Oran, 2010.
6. DELUZ Jean Jacques, « L‟urbanisme et l‟architecture d‟Alger », Mardaga-OPU,
Alger, 1988.
7. DUAC (direction de l‟urbanisme, de l‟architecture et de la construction) d‟Oran, « Les
opérations de réhabilitation des immeubles », Oran, 2015.
8. GIOVANNONI Gustavo, 1931, « Vecchie città ed edilizia nuova », réédition en 1998
; traduction française : L‟urbanisme face aux villes anciennes», seuil, Paris.
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la neuve, France, 2000.
10. Journal Officiel de la république Algérienne.
11. LESPES René, « Oran, Etude de géographie et d‟histoire urbaines », Edition Bel
Horizon, Oran, 2003.
12. LEVY Jean-Paul, « Réflexions sur l'évolution contemporaine des centres villes »,
1987.
13. LUCAN Jacques, « Où va la ville aujourd‟hui ? Formes urbaines et mixités », presses
polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2012.
14. LUCAN Jacques, « composition, non-composition », architectures et théories, XIXe-
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17. MANGIN David, « La ville franchisée formes et structures de la ville
contemporaine », Editions de la Villette, France, 2004.
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29. Wikipédia
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