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PRODUCTION D’ALEVINS ET

GESTION DE FERME
PISCICOLE
Production d’alevins et gestion de ferme piscicole

SOMMAIRE

INTRODUCTION......................................................................................................................1
I- BIOLOGIE D’Oreochromis niloticus.................................................................................3
1.1 Systématique...................................................................................................................3
1.2 Caractéristiques morphologiques....................................................................................3
1.3 Répartition géographique.................................................................................................3
1.4 Exigences écologiques et régime alimentaire................................................................4
1.5 Croissance......................................................................................................................4
1.6 Biologie de la reproduction............................................................................................4
II- TECHNIQUES ACTUELLES DE REPRODUCTION ET D'ALEVINAGE..........................5
2.1. Reproduction et alevinage en étangs................................................................................5
2.2. Reproduction et alevinage en happas.............................................................................11
III- BASES DE LA GESTION D’UNE FERME PISCICOLE...........................................14
3.1 Les infrastructures......................................................................................................14
3.2 Les équipements et matériels techniques d’exploitation............................................14
3.3 Techniques de production..........................................................................................14
IV- GESTION DE L’ELEVAGE OU MISE EN PRATIQUE DE LA METHODE DE
PISCICULTURE : Méthode TnM + 3A.......................................................................................21
4.1 Généralités..................................................................................................................21
4.2 Production d’alevins...................................................................................................22
4.3 Production de juvéniles..............................................................................................22
4.4 Production de poissons marchands............................................................................23
4.5 Entretien de l’étang....................................................................................................24
4.6 Traitement – conservation et commercialisation du poisson.....................................30
4.7 Autres élevages associés............................................................................................31
ANNEXE : FICHES DE GESTION DE L’EXPLOITATION PISCICOLE...........................32
INTRODUCTION
Le secteur agricole joue un rôle économique et social sans précédent et contribue à la
réalisation de la sécurité alimentaire, à la création des emplois et des revenus à la
population active et à la création des biens et services. Il emploie près de 70% de la
population active et contribue en effet à hauteur de 38 % à la formation du produit
intérieur brut (PIB). Ce secteur regroupe l’agriculture dominée par les cultures
vivrières, l’élevage, la pêche et la sylviculture. Le secteur agricole enregistre des
recettes importantes dues à l’exportation de ses productions.

La pêche est une importante source d’aliments pour l’humanité. Elle assure, en outre,
un emploi et procure des bénéfices économiques à ceux qui la pratiquent. Elle est une
activité régulatrice de l’économie de plusieurs pays et source de diversification
alimentaire en matière de protéine animale car le poisson demeure la protéine la plus
accessible et la moins coûteuse pour les populations. Source importante de nutriments,
vitamines et minéraux, le poisson, pris uniquement avec certains produits végétaux
constitue un aliment complet.

Actuellement, avec l’évolution du nombre de pêcheurs, le perfectionnement des


engins, des méthodes et de certaines pratiques, la pêche n’est plus une simple cueillette
car les plans d’eau subissent des prélèvements excessifs alors que les rivières, lagunes
et lacs sont sollicités pour d’autres usages et dégradés par l’érosion, l’assèchement, la
pollution et bien d’autres nuisances.

La production annuelle de poissons au TOGO se situe de nos jours autour de 24 000


tonnes globales et les besoins globaux sont estimés à 61 000 tonnes. Le Togo se trouve
obligé d’importer plus du tiers de ses besoins pour maintenir la consommation à son
niveau actuel. Ces importations qui saignent l’économie nationale sont loin de se
stabiliser, la population togolaise croissant de 2,9 % chaque année. Face à cette
situation qui se crée au fil des jours, situation liée à la malnutrition due en partie à la
déficience des rations en protéines animales, une solution est possible : la pisciculture.

Le système de production piscicole en Afrique repose sur l’étang comme structure et


le Tilapia nilotica comme espèce d’élevage. Le manque de politique en matière de
pisciculture a conduit aux problèmes de rentabilité des élevages. En effet, les
pisciculteurs sont confrontés à un certain nombre de problèmes notamment la faiblesse
des rendements des activités piscicoles liée aux difficultés de nourrissage des poissons
et manque d’alevins ; la faiblesse de l’encadrement technique et la faiblesse du
financement du secteur.

C’est pour améliorer la productivité des fermes piscicoles que la Coordination


Togolaise des Organisations Paysannes et de producteurs agricoles a initié, dans le
cadre du Projet d’Appui aux Organisations Paysannes d’Afrique (POAPA), la
formation des pisciculteurs sur l’alevinage et la gestion des fermes piscicoles afin de
renforcer leur capacité dans la durabilité de la production piscicole tendant à réduire
les importations et améliorer la nutrition des populations.

1
Le tilapia du Nil, Oreochromis niloticus, est l’une des plus importantes espèces
élevées actuellement dans les eaux douces tropicales et subtropicales. Son élevage se
fait toute l’année, en circuit ouvert ou fermé dans plusieurs régions du monde. Sa
croissance rapide et son adaptation à des écosystèmes variés de même que sa chair
savoureuse font de lui un excellent candidat pour l’Aquaculture. La production
d’Oreochromis niloticus se chiffre à 1,3 millions de tonnes, essentiellement en Chine
et Philippines. La consommation moyenne mondiale passerait de 14 à 25 kg par
habitant d’ici 2030.

Une production piscicole durable passe par la maîtrise de l’alevinage des espèces
concernées afin de produire des quantités adéquates d'alevins performants d'âge connu,
à moindre coût, à bonne potentialité de croissance à travers différents systèmes afin
d’assurer l’autonomie de l’entreprise. Or les alevins mis en élevage sont d’une part, à
potentiel réduit et d’autre part, coûte cher. Une bonne production d’alevins est
nécessaire mais une bonne conduite de différentes étapes de l’élevage l’est encore plus
pour en assurer la rentabilité.

La reproduction et l’alevinage d’O. niloticus sont bien maîtrisés et développés dans


plusieurs systèmes notamment l’étang, les happas et cages, et les bassins et raceways.
Le présent document traite des méthodes de production en masse d’alevins en étang et
en happa suivies de la technique de gestion de ferme piscicole pour une rentabilité
assurée de l’activité.
I- BIOLOGIE D’Oreochromis niloticus
1.1 Systématique
Les tilapias au sens large appartiennent à l'ordre des Perciformes, au sous-ordre des
Labroidei et à la famille des Cichlidae. Ils comprennent les genres Tilapia au sens
strict, Sarotherodon et Oreochromis dont Oreochromis niloticus (L).

1.2 Caractéristiques morphologiques


Oreochromis niloticus (Fig. 1) se reconnaît à ses rayures verticales sur la nageoire
caudale ; une coloration grisâtre sur la même nageoire avec poitrine et flancs rosâtres;
un corps, de forme variable mais jamais très allongé, plus ou moins comprimé et
recouvert d'écailles cycloïdes ; la nageoire dorsale longue, à partie antérieure épineuse
(17-18 épines) et à partie postérieure molle (12-14 rayons).
La ligne latérale supérieure compte 21 à 24 écailles ; la latérale inférieure 14 à 18.
Le dimorphisme sexuel, chez cette espèce, est très marqué. A l'état adulte, la papille
génitale des mâles est protubérante en forme de cône et porte un pore urogénital à
l'extrémité, alors que chez les femelles, elle est courte et présente une fente
transversale en son milieu : c’est l’oviducte situé entre l’anus et l’orifice urétral. Le
mâle se distingue en plus d’un liseré noir en bordure des nageoires dorsale et caudale.

Figure 1 : Tilapia nilotica

1.3 Répartition géographique


Oreochromis niloticus présente une répartition originelle strictement africaine
couvrant les bassins du Nil, du Tchad, du Niger, des Volta, du Sénégal et du Jourdain
ainsi que les lacs du graben est-africain jusqu'au lac Tanganyika. Cette espèce a été
largement répandue hors de sa zone d'origine pour compléter le peuplement des lacs
naturels ou de barrages déficients ou pauvres en espèces planctonophages ainsi que
pour développer la pisciculture. Elle est également cultivée dans les lacs, les fleuves et
les piscicultures en Amérique, en Asie et en Europe.
1.4 Exigences écologiques et régime alimentaire
Oreochromis niloticus est une espèce adaptée à de larges variations des facteurs écologiques
du milieu aquatique et colonisant des milieux extrêmement variés. C’est un poisson
thermophile qui préfère les températures de 14 à 35°C et en conditions extrêmes, il peut
supporter des températures de 7 à 41°C pendant plusieurs heures.
Il supporte une salinité de 0,015 à 30 pour mille et un pH de 5 à 11.
Au point de vue concentration en oxygène dissous, cette espèce tolère à la fois de nets déficits
et des sursaturations importantes. Il peut supporter plusieurs heures des teneurs en oxygène
dissous de l’ordre de 0,1 PPM (part par million), ce qui est très faible.
Cette espèce est, en milieu naturel, mangeuse de phytoplancton, des algues bleues, du
zooplancton, des sédiments riches en bactéries et en diatomées ainsi que des aliments
artificiels dans les systèmes de pisciculture.

1.5 Croissance
En général, O. niloticus est connu pour sa croissance rapide et présente un indice de
croissance plus performant que les autres espèces de tilapia. Sa durée de vie est relativement
courte (4 à 7 ans), sa vitesse de croissance est extrêmement variable selon les milieux. Une
autre grande caractéristique d’O. niloticus concerne son dimorphisme sexuel de croissance. A
maturité, les individus mâles présentent une croissance nettement plus rapide que les femelles
et atteignent une taille nettement supérieure. Ainsi, les mâles peuvent vivre longtemps avec
une taille de 38 cm pour 2 kg alors que les femelles ne dépassent pas 28 cm pour 950 g.

1.6 Biologie de la reproduction


Oreochromis niloticus est un incubateur buccal. La femelle élève toujours ses petits dans
la bouche, d’où le nom d’Oreochromis. La reproduction non contrôlée conduit à la
production de population de poissons de petite taille, de faible valeur commerciale.
L'âge de reproduction des tilapias varie selon les conditions du milieu. En conditions
optimales dans les lacs, O. niloticus commence à se reproduire vers l'âge de 2 à 3 ans alors
qu'en conditions stressantes de pisciculture rurale mal conduite, il peut déjà se reproduire
vers l'âge de 3 mois. La fécondité d'une femelle de tilapia est relativement faible et très
variable en fonction du poids, des saisons et d'autres conditions du milieu. Une femelle de
100 g peut pondre 1200 ovules et celle de 700 g environ 3800 ovules. Après la
fécondation par le mâle, les œufs sont repris dans la bouche de la femelle pour
l’incubation. En général, l'éclosion a lieu dans la bouche 4 à 5 jours après la fécondation.
La taille des œufs est de l'ordre de 2 à 3 mm. Les alevins sont protégés par leur mère et ne
la quittent que lorsqu'ils ont 10 mm et qu'ils sont capables de rechercher leur nourriture.
En conditions optimales et à température de 25 à 28°C, une femelle d’O. niloticus peut se
reproduire tous les 30 à 40 jours.
Lors de la reproduction, les mâles se réunissent sur une zone de nidification à faible
profondeur et sur un substrat meuble (gravier, sable, argile). Chaque mâle porteur d’une
coloration caractéristique délimite et défend un territoire et aménage un nid où il tentera
d’attirer et de retenir une femelle mûre. Allant d’un territoire à l’autre, les femelles sont
courtisées par des mâles successifs jusqu’au moment où, s’arrêtant au-dessus de la cuvette
d’un nid, elles forment chacune un couple éphémère. Après une parade de synchronisation
sexuelle, la femelle dépose un lot d’ovules, le mâle les féconde immédiatement en
injectant son sperme sur les œufs en suspension dans l’eau, puis la femelle se retourne et
les prend dans la bouche pour les incuber. Finalement, la femelle s’éloigne et emporte en
bouche les œufs fécondés qu’elle va incuber dans des zones abritées.
II- TECHNIQUES ACTUELLES DE REPRODUCTION ET D'ALEVINAGE
La reproduction et l'alevinage de T. nilotica sont actuellement réalisés dans des
systèmes d'élevage et selon des niveaux d'intensification très variables, dépendant des
conditions topographiques, physico-chimiques, et socio-économiques de la région. Les
différentes techniques utilisées jusqu'à présent sont présentées selon le milieu dans
lequel elles sont développées. Seules les techniques de production d’alevins dans les
étangs et dans les happas de pisciculture sont présentés dans le présent document.

2.1. Reproduction et alevinage en étangs

2.1.1. Rappel général sur les étangs de pisciculture


L'étang de pisciculture est une pièce d'eau artificielle peu profonde, de dimension
variable, qui dépend de l'homme qui l'assèche, la remplit et l'aménage selon sa volonté
pour l'élevage contrôlé du poisson. Toutefois, toute pièce d'eau existante ne convient
pas toujours à la pisciculture, car celle-ci doit répondre à un certain nombre de critères.
2.1.1.1. Importance du choix du site
Trois critères fondamentaux sont à prendre en considération: la disponibilité en eau et
sa qualité, la nature et la topographie du terrain ainsi que les facteurs socio-
économiques de la région.
Disponibilité en eau
Il est en effet nécessaire de disposer toute l'année d'une quantité d'eau suffisante pour
remplir les étangs et compenser les pertes par suintements, infiltration et évaporation.
En régions tropicales, l'évaporation peut atteindre 2,5 cm par jour, ce qui nécessite un
débit de 3 litres/seconde à l'hectare pour la seule compensation de l'évaporation. La
quantité d'eau minimale requise pour un établissement piscicole est également fonction
de l'intensification de l'élevage. Ainsi on peut admettre qu’il faut disposer d’un débit
minimum de 10 litres/seconde par hectare d’étang pour être sûr de n’avoir pas de
difficultés dans l’alimentation en eau. Ceci nous amène au problème de la qualité de
l'eau qui ne doit pas être polluée (attention aux prises d'eau à l'aval des villes et
villages).
Dans la plupart des cas, la tolérance du tilapia est très élevée, la survie des poissons
étant observée aux valeurs extrêmes signalées. La reproduction et la croissance
nécessitent par contre des conditions plus strictes. Ainsi, les eaux claires, de pH neutre
ou légèrement alcalin peu chargées en azote ammoniacal, sont les plus aptes à la
pisciculture.
Choix du terrain
La topographie originelle du terrain doit présenter une certaine pente (2-3%) pour
équilibrer les déblais et remblais et permettre le remplissage et la mise à sec des étangs
selon les besoins du pisciculteur. L'alimentation en eau et la vidange de l'étang par
simple gravité est indispensable. Le remplissage de l'étang par pompage est fortement
déconseillé et ne peut être envisagé que pour de petites superficies et de façon
ponctuelle car il augmente les coûts de production.
La nature du terrain sera de préférence argileuse pour limiter les infiltrations d'eau. A
la limite, on construira des digues avec des noyaux d'argile selon les techniques
classiques. En aucun cas, on ne construira des étangs dans des zones très caillouteuses
et/ou très sablonneuses.
Facteurs socio-économiques
Ces facteurs sont importants lors du choix de la zone d'implantation d'une pisciculture.
- Y-a-t-il un marché pour son produit et quelles sont la nature, la taille et la situation de
ce marché?
- Y-a-t-il des industries agricoles à proximité et les sous-produits de ces industries
peuvent-ils être utilisés comme fertilisants et/ou comme nourriture pour les poissons?
De même, la surface de la pisciculture et la quantité de production d'alevins à produire
doivent être fonction de l'économie agricole locale.
Bien que ces considérations semblent évidentes, il est surprenant de voir à quel point
les facteurs économiques ont souvent été et sont toujours peu ou non considérés lors de
l'installation d'une ferme piscicole.
2.1.1.2. Caractéristiques requises pour les étangs
La construction de digues, ou le creusement de l'assiette de l'étang sera effectué de
telle sorte que la profondeur minimale soit toujours supérieure à 0,5 m afin d'éviter
l'envahissement par la végétation. Des profondeurs maximales de 1,5 à 2 m au niveau
du moine permettront aux poissons d'échapper aux effets nocifs des variations
thermiques sans nécessiter pour autant la construction de digues trop importantes.
En ce qui concerne les étangs de dérivation, il est impératif que l'étang puisse se
remplir et se vider en toutes saisons par simple gravité. L’on doit pour cela mettre en
place le meilleur dispositif de vidange qui est un « moine ».
Elle doit être aussi protégée contre l'érosion en la plantant de graminées rampantes.
2.1.2. Méthode de production d'alevins en étang
2.1.2.1. Elevage par classes d'âges séparées
Cette méthode consiste à réaliser l'alevinage et le grossissement dans plusieurs étangs.
Deux techniques sont généralement utilisées: soit l'emploi d'un étang de reproduction
servant à la fois d'étang-frayère et d'alevinage (jusqu'à l'obtention de poissons
d'environ 30 g), soit l'emploi d'un étang de reproduction et de premier alevinage
(jusqu'à l'obtention d'alevins de 0,5 à quelques g.) suivi de l'utilisation d'un étang de
prégrossissement visant la production de "fingerlings" (gros alevins de 20 à 30 g).
Quelle que soit la technique utilisée, les étangs de reproduction et d'alevinage sont
installés en dérivation, afin d'éviter l'introduction d'espèces étrangères indésirables
(T. zillii) et particulièrement de prédateurs tels que Hemichromis fasciatus,
H. bimaculatus, Clarias spp, etc.
Afin de maintenir une population standard de géniteurs de référence et éviter ainsi une
dérive génétique, il faut disposer d’un nombre minimum de géniteurs effectifs de 250-
300 individus dans le cas d'une pisciculture de taille modérée.
a. Etangs de reproduction
Surface des étangs et densité de mise en charge
Les étangs de reproduction sont légèrement grands, de l'ordre de quelques ares. En
étang de 4 ares, la mise en charge est effectuée à l'aide de 200 femelles (poids moyen
= 100 à 120 g) et de 70 mâles (P.M = 120 à 150 g), soit une densité de 0,7
géniteurs/m2 et un rapport des sexes femelle/mâle de 3:1. Cette densité est à retenir
lorsqu'un apport journalier de nourriture de qualité est assuré (25% de farine de
poisson et 75% de son de riz à raison de 2% de la biomasse par jour).
Méthodes et résultats de production
Afin d'obtenir des reproductions synchronisées, les étangs de ponte doivent être mis en
charge avec des géniteurs T. nilotica femelles se trouvant à un stade de maturation
avancée. La température de l'eau de l'étang doit être supérieure à 21°C pour permettre
le déroulement normal de la reproduction.
Deux techniques de récolte sont généralement utilisées, soit la vidange régulière des
étangs à intervalle de 60 jours, de façon à limiter la fréquence des pontes et séparation
des géniteurs et du jeune frai à l'aide de filets de mailles appropriées, soit la récolte par
sennage de l'étang avec un filet non plombé à petites mailles (6 mm) permettant de
récolter tous les alevins d'un poids moyen supérieur à 0,5 g. L'exploitation débute 45
jours après la mise en charge des géniteurs et se poursuit à la fréquence d'une récolte
tous les 15 jours.
Dans ces conditions, on peut s'attendre à une production d'alevins de l'ordre de 10 à
100 ind/m2/mois lors de vidange mensuelle de l'étang, voir de 20 à 200 ind/m 2/mois
par sennage bihebdomadaire.
b. Etangs de prégrossissement
Dans la mesure où on dispose de suffisamment d'étangs et de main d'œuvre bon
marché, il sera préférable de produire les fingerlings en deux étapes à savoir, en étangs
de prégrossissement (2 ares) jusqu'à un poids moyen de l'ordre de 5 g, puis en étangs
de grossissements (4 ares) jusqu'à un poids moyen de 20 à 25 g. Les densités de mise
en charge seront adaptées en fonction des aliments distribués. En cas de disponibilité
d'aliments composés, des mises en charge de 50 jeunes alevins/m 2 devraient conduire,
après un mois, à une bonne récolte (80%) d'alevins prégrossis de l'ordre de 5 g. Une
remise en charge avec des alevins prégrossis dans de plus grands étangs (4 ares) à une
densité de 20 ind/m2 devrait conduire, après 2 mois, à une récolte importante (90%)
d'alevins d'environ trente grammes tout à fait aptes à la mise en charge dans les grands
étangs de production de poissons pour la consommation.
c. Production d'alevins monosexes mâles
La production d’O. niloticus de consommation est de plus en plus souvent réalisée à
partir de population monosexe mâle, de façon à éviter les reproductions incontrôlées et
indésirables et à obtenir de meilleurs rendements, étant donné que les mâles
grandissent plus rapidement que les femelles.
Quatre techniques sont habituellement utilisées pour produire des populations
monosexes mâles. Il s’agit de :
- Séparation des sexes
Elle consiste à sexer les alevins ayant atteint un stade sexuellement différencié par
examen de la papille urogénitale. Cette méthode est toutefois laborieuse et des erreurs
de sexage sont régulièrement commises lorsqu'on travaille sur des quantités
importantes de poissons.
- Hybridations interspécifiques
L'hybridation de plusieurs espèces de tilapia (par exemple: O. niloticus × O.
aureus ) conduit à une progéniture caractérisée par une proportion élevée (90 à
100%) de mâles. Le principal désavantage de cette méthode est la nécessité de
maintenir une souche pure de géniteurs.
- Inversion thermique du sexe
La technique d'inversion thermique du sexe à 36 °C sur des embryons ou des alevins,
permet d’obtenir plus de 90% d’individus mâles. La production d'alevins monosexes
doit être réalisée en bouteille de Zoug ou en aquarium. Ce traitement doit être appliqué
sur les œufs fraîchement fécondés jusqu’à l'éclosion (2-3 jours) ou sur des alevins
pendant 1 mois.
- Inversion hormonale du sexe
La technique d'inversion hormonale du sexe à partir d’androgène, permet d’obtenir des
individus à phénotype-génotype opposé. La production d'alevins monosexes doit être
réalisée en conditions intensives en happas, en cages ou en bassins pour que les alevins
ne puissent absorber d'autres nourritures que l'aliment artificiel dans lequel on a
incorporé de la méthyltestostérone (60 mg/kg). Ce traitement doit être appliqué depuis
l'éclosion jusqu'à l'âge de 3 à 4 semaines.
2.1.2.2. Fertilisation minérale et organique
Quel que soit le mode de production d'alevins, la fertilisation de l'étang se révèle de
première importance, principalement chez T. nilotica.
Elevés à faible densité, les tilapias peuvent satisfaire leurs besoins nutritionnels à partir
de nourriture naturelle. L'augmentation de production de cette nourriture naturelle, par
fertilisation minérale ou organique, couplée à une augmentation de la densité
d'élevage, s'accompagne généralement d'une élévation considérable des rendements.
Dans les étangs de ponte de T. nilotica, l’on peut effectuer une fertilisation de
démarrage de 2000 kg/ha d'excréments sèches de poulet et de 100 kg/ha d'engrais
inorganiques (N:P:K:16-20-0), suivie d'une fertilisation hebdomadaire de 3000
kg/ha/mois d'excréments de poulet et de 100 kg/ha/mois d'engrais inorganiques. En
étang de prégrossissement recevant entre 15 et 23 alevins/m 2, les doses d'engrais
organiques et inorganiques sont portées respectivement à 2500 kg/ha/mois et 250
kg/ha/mois. Au Bénin la fertilisation est effectuée à l'aide de fumier de porc, à raison
de 4500 à 6000 kg de matière sèche/ha/mois en étangs de reproduction et de 4500
kg/ha/mois en étang de prégrossissement à une densité de 40 alevins/m2.
2.1.2.3. Alimentation artificielle et complémentaire des géniteurs et des alevins
Bien qu'étant parmi les poissons les plus largement cultivés dans le monde du moins en
régions intertropicales, les tilapias ont reçu peu d'attention quant à leurs besoins
nutritionnels. L'intensification de l'élevage des tilapias, aussi bien en production d'alevins
qu’en grossissement des "fingerlings", doit inévitablement passer par la pratique d'un
nourrissage régulier et de qualité appropriée.
Alimentation en étangs de ponte et de prégrossissement
En étangs de ponte, l'alimentation visera essentiellement à nourrir les géniteurs, la
productivité naturelle en plancton étant normalement suffisante pour couvrir les besoins
des larves et des jeunes alevins. Toutefois, dès qu'apparaissent les premiers alevins, un
supplément de nourriture peut être distribué plusieurs fois par jour.
Le taux d'alimentation des géniteurs sera calculé, soit en fonction de la biomasse de ceux-
ci (2,5 à 6%), soit selon la demande. L'alimentation est habituellement constituée d'un
mélange pulvérulent plus ou moins élaboré ou de granulés (4 mm de diamètre).
En étangs de prégrossissement, la nourriture sera également distribuée sous forme
pulvérulente, en fonction de la biomasse et de la taille des alevins déversés. Le calcul des
rations quotidiennes est basé sur le principe suivant :
-10% du poids vif si le poids moyen est inférieur à 5g (6 distributions/jour) ;
- 7,5% du poids vif si le poids moyen est compris entre 5 et 10g (4 distributions/jour) ;
- 5% du poids vif si le poids moyen est supérieur à 10g (4 distributions/jour).
L'efficacité d'un aliment est exprimée par la valeur du coefficient de conversion
alimentaire, appelé également quotient nutritif (QN) et défini comme le rapport entre la
quantité d'aliment distribué et le gain en poids vif des poissons.

2.1.3. Prédations, maladies, vols en étang


La production escomptée au moment de la vidange ou des récoltes intermédiaires peut
être réduite par la présence d'espèces indésirables jouant un rôle direct en tant que
prédateurs ou indirect en tant que concurrents alimentaires (poissons prédateurs,
batraciens, oiseaux piscivores et insectes aquatiques). Des mortalités importantes peuvent
également être observées en cas de pollution ou d'épidémies provoquées par certains
agents pathogènes (bactéries, virus, parasites protozoaires et métazoaires).
Le pisciculteur veillera également à informer de sa présence les personnes utilisant l'eau
du ruisseau en amont de sa pisciculture afin d'éviter les mortalités massives par des
pesticides et notamment insecticides. Il faudra également veiller à écarter de la
pisciculture les utilisateurs d'ichtyo-toxiques (roténone).
Les adultes sont généralement les plus convoités, soit directement comme poisson de
consommation, soit comme reproducteur. Les vols les plus fréquents sont toutefois
réalisés par vidange nocturne, par pêche au filet épervier, à l'épuisette ou aux lignes de
fond. La disposition de branchages dans l'étang, le long des berges, ou de piquets reliés
par des barbelés, permet de limiter fortement ces captures indésirables. D'une façon
générale, l'installation des étangs à proximité des habitations est recommandée.
2.1.4. Bilan économique de la production d'alevins en étang
L'évaluation économique d'une exploitation piscicole visant la production d'alevins de
Tilapia nilotica doit prendre en considération un nombre important de facteurs intervenant
à titre de coûts fixes et variables. Les conditions d'exploitation et de rentabilité d'une
pisciculture peuvent fortement varier d'une région à l'autre, en fonction de critères tels que
les coûts d'installation, les coûts et la capacité du personnel, la disponibilité et le coût de
l'aliment, le prix de vente du poisson produit et l'importance du marché, etc.
L'investissement initial d'une exploitation inclut la construction des étangs et l'acquisition
d'un équipement de base constitué de filets, épuisettes, bac de stockage et de transport,
éventuellement de véhicules,... Selon la taille de l'exploitation, des constructions
supplémentaires doivent être envisagées: hangar pour matériel, maison de gardiennage,...
Le coût de l'aliment intervient également pour une large part dans les coûts de production,
mais il est habituellement admis qu'un aliment composé, constitué de sous-produits locaux
et enrichi avec des protéines animales (20% de farine de poisson par ex.) est plus
performant qu'un aliment simple et justifie son prix plus élevé, par le fait qu'il augmente
fortement les rendements par unité de surface.
2.1.5. Avantages et inconvénients de la production d'alevins en étang
Les principaux avantages et inconvénients de la production d'alevins en étang sont
présentés dans le tableau suivant :
Tableau 1 : Evaluation des avantages et inconvénients de la production d'alevins de T.
nilotica en étang
Avantag Inconvénie
es nts
Méthode de production relativement simple, Technologie plus complexe lorsque la densité d'élevage
surtout à faible densité. Utilisation des ressources augmente avec nécessité d'un nourrissage artificiel.
naturelles
de l'étang.
Faible renouvellement d'eau, uniquement pour Nécessité d'un renouvellement d'eau plus important.
compenser l'évaporation et l'infiltration.
Valorisation de zones humides peu utilisables Besoin d'une superficie importante, une topographie
pour l'agriculture. appropriée.
Difficulté de combiner différentes étapes de production
dans une même étendue d'eau, avec traitement et
récoltes indépendants.
Production simple et facile d'alevins Problèmes de surpopulation en jeunes individus et
hétérogénéité dans la taille des alevins.
Possibilités d'augmenter la production naturelle Mauvais contrôle de la consommation
par fertilisation de l'étang et distribution de sous- d'aliments artificiels.
produits agricoles.
Ne nécessite pas un contrôle régulier des poissons Contrôle difficile de la reproduction et de la croissance
en des alevins (peu de recalibrage).
élevage lorsque la densité est faible.
Biotope très proche du milieu naturel, favorable à Perte d'œufs et de larves lors des vidanges ou des pêches
la à
reproduction et aux premiers stades de croissance. la senne.
Maladies rares et mortalité faible. Difficulté de contrôler l'infection par les parasites et les
maladies lorsqu'elles apparaissent.
Vols plus difficiles que dans les élevages en cage. Vols partiels facilités.
Coût de maintenance faible et amortissement de Coût en personnel lors des vidanges. Investissement
l'investissement relativement long. élevé
2.2. Reproduction et alevinage en happas

Chez les tilapias, ce mode d'élevage présente le grand avantage de pouvoir contrôler,
de façon relativement efficace, la reproduction anarchique des adultes, et de résoudre
ainsi le grave problème de la surpopulation caractéristique des élevages traditionnels
pour la consommation humaine.
2.2.1. Définitions et caractéristiques générales
Les happas sont des poches fixes de petites tailles (1,5×1×1 m ou 3×3×1 m) fabriquées
à l'aide de filet moustiquaire (mailles de 1-3 mm) en nylon et attachés à des montants
en bambous, pieux ou piquets en bois enfoncés dans le fond d'un étang de faible
profondeur. Le happa est placé à 10-20 cm du fond de l'étang et la profondeur du
happa est d'environ 0,6 m. Il peut être également disposé dans un bassin. Il existe trois
catégories d’happa (Voir fig. 2).

Figure 2 : Différents systèmes de reproduction de tilapia en happas ; a: happas simple, b: happa


avec cage centrale à géniteur, c: géniteurs maintenus dans une moitié de l'enceinte.

2.2.2. Méthodologie de la production de larves en happas


De nombreux facteurs peuvent intervenir de façon significative sur la production des
alevins de Tilapia nilotica en happas, à savoir: l'âge et la taille des géniteurs, la densité
de stockage et rapport des sexes des géniteurs, la fréquence de récolte des larves, le
modèle des happas et enfin l'alimentation des adultes et des alevins.
La production d'alevins de tilapias en happas nécessite généralement de faibles
densités de stockage en géniteurs. En pisciculture de production, il semble
recommandable d'installer dans les happas des géniteurs à la densité de 4 ind/m 2, âgés
de 1,5 à 2 ans soit des poissons matures de 50 à 100g avec des mâles légèrement plus
gros que les femelles avec un rapport des sexes / de 3/1 et de récolter les alevins
tous les jours ou toutes les deux semaines. Après 2 à 3 ans de reproduction active, il
est préférable de renouveler le stock de géniteurs.
Différents modèles de happas ont été élaborés afin d'augmenter le recrutement en
alevins. On distingue des happas simples et des happas doubles. Il faudra 80 géniteurs
pour les cages doubles et 192 géniteurs pour les cages simples.
L'utilisation des happas doubles permet en effet de réduire la prédation par les adultes
et de faciliter les opérations de récolte séparée des géniteurs et des alevins.
2.2.3. Alimentation des géniteurs et des larves
Le niveau d'alimentation des géniteurs de T. nilotica stockés est évidemment influencé par
divers facteurs tels que la densité de stockage, la productivité naturelle de l'étang ou du lac
dans lesquels sont placées les cages et le type d'aliment utilisé.
Une production de 29 alevins/m 2/jour est obtenue avec un aliment artificiel à hautes
teneurs en protéines (35% protéines brutes) à raison de 3% de la biomasse/jour. Au niveau
commercial, on peut toutefois admettre qu'une alimentation composée de 25% de farine
de poisson et 75% de son de riz apparaît de qualité suffisante pour assurer une production
d'alevins satisfaisante. Cette alimentation est toutefois interrompue dès que la productivité
primaire augmente.
2.2.4. Grossissement des larves et des alevins
Les larves et des alevins sont transférés dans les étangs fertilisés avec apport
complémentaires d’aliment artificiel. Ils seront récoltés au bout du cycle de production,
comptés et sexés. Les femelles seront vendues avec prélèvement si possible des futures
reproductrices. Quant aux mâles, ils vont poursuivre leur croissance dans l’étang de
production de poissons marchands.
2.2.5. Evaluation économique de la production d'alevins en happa
Sur le plan économique, la production d'alevins et de fingerlings de T. nilotica en happa
est une activité très lucrative qui procure des rendements en alevins 5 à 10 fois plus élevés
que les autres méthodes de production (étang ou bacs) et est de ce fait nettement plus
rentable que ces dernières. La production d'alevins en cage présente également l'avantage
de nécessiter un investissement de départ nettement plus faible que la production en étang.
La plus grande part de l'investissement consiste en l'achat des happa. Le coût des happas
de reproduction et de prégrossissement représente généralement 20% du total des coûts
d'investissement en matériel.
Un second élément occupant une part importante des coûts de production du fingerling de
T. nilotica en happa est l'aliment. Son coût atteint généralement 20 à 50% des coûts totaux
de production, amortissement des installations compris.
A cela s’ajoute les frais de surveillance, de l'ordre de 30% dans les grandes piscicultures
qui peuvent en effet dépasser 60% des frais de personnel dans les petites exploitations.
Cette surveillance est généralement effectuée par le pisciculteur lui-même. Les opérations
de triage, comptage et vente représentent également une activité importante.
2.2.6. Avantages et inconvénients de la production d'alevins en happa
Nous présentons ci-après les éléments se référant principalement à la production d'alevins.
2.2.6.1. Avantages
En ce qui concerne la production d'alevins, la technique d'élevage en happa permet
d'augmenter très sensiblement la quantité de larves produites grâce à la récolte fréquente
des larves au fur et à mesure de leur production. Ces récoltes, répétées et complètes, sont
d'autant plus efficaces qu'elles ne nécessitent pas de vidange de l'étang, ni de pêche au
filet de senne, et donc limitent les pertes de progéniture régulièrement observées lors de
ces opérations. De plus, le système d’happa à double filet réduit le cannibalisme exercé
par les adultes, augmentant ainsi le nombre de larves produites par femelle.
Le contrôle de l'état sanitaire des poissons est également grandement facilité.
2.2.6.2. Inconvénients et remèdes
L'importance relative des inconvénients de l'élevage en cage varie d'un endroit à l'autre.
Les principaux problèmes sont liés au site d'implantation de la pisciculture, à la qualité de
l'eau, à l'alimentation des alevins, à la prédation et aux maladies, aux coûts de production
et enfin au vol et au vandalisme.
Qualité d'eau
Un des paramètres primordiaux concernant la qualité de l'eau est certainement la
concentration en O2 dissous. L'alevinage en happa nécessite des filets à mailles fines,
réduisant fortement les échanges d'eau. La surveillance de la concentration en O 2 dissous
est donc importante. Un nettoyage régulier des filets des happas évitera une obstruction
trop importante des mailles et assurera une meilleure circulation de l'eau.
Alimentation
L'aliment doit être de qualité et bien équilibré d'autant plus que la croissance est très
rapide durant les premiers stades et que les malformations engendrées par une carence en
certains éléments se manifestent de façon accélérée.
Prédation et maladies
La prédation est exercée, soit par les oiseaux piscivores, soit par les poissons voraces tels
que Lates niloticus. Des dégâts importants sont provoqués par des iguanes, des tortues,
des varans, des crocodiles ou des crabes. La protection des happas est généralement
réalisée à l'aide d'un filet de couverture et d'un filet submergé entourant un groupe de
happas. Ces filets doivent être régulièrement contrôlés pour repérer les déchirures
éventuelles.
Les conditions d'élevage en happa sont souvent considérées comme plus stressantes pour
les poissons qu'en étang, les rendant de la sorte moins résistants aux agents pathogènes.
Peu de cas de maladies ont toutefois été recensées dans les élevages de tilapias en happa.
Les quelques cas répertoriés proviennent de stress induit par des biomasses ou des
salinités trop élevées, des manipulations maladroites ou une suralimentation.
Vol et vandalisme
Le vol constitue un problème majeur en élevage en happa. Il s’avère nécessaire
d'employer un gardien à temps plein et d'installer une habitation à proximité ou au
milieu de l'aire de production.

Figure 3 : Happas de production d’alevins d’Oreochromis niloticus


III- BASES DE LA GESTION D’UNE FERME PISCICOLE
La gestion de la ferme regroupe la gestion des infrastructures, des équipements de
ferme et matériels techniques d’exploitation et la conduite de l’élevage.

3.1 Les infrastructures

3.1.1 Les infrastructures d’accueil


Elles sont constituées de l’ensemble des bâtiments nécessaires à la surveillance de
l’exploitation et au stockage du matériel et équipement de même que l’aliment des
poissons. Les plus importantes sont le magasin et le logement de surveillance
3.1.2 Les infrastructures piscicoles
Elles regroupent les ouvrages piscicoles destinés à l’élevage du poisson. Outre les
canaux d’alimentation en eau, on peut citer les étangs qui peuvent être de ponte
(géniteurs), croissance (alevinage), engraissement (fingerlings), stockage (femelles,
poissons marchands, etc.), décantation (décantation de l’eau). Leur nombre varie en
fonction du degré d’intensification de l’activité.

3.2 Les équipements et matériels techniques d’exploitation

3.2.1 Les équipements de ferme


Il s’agit des équipements habituellement rencontrés dans les fermes. On peut citer :
brouette, seau, bassine, fourche, houe, coupe-coupe, paire de botte, etc. Leur présence
s’avère nécessaire dans l’accomplissement des tâches quotidiennes.
3.2.2 Les matériels techniques d’exploitation
C’est le matériel spécifique à la pisciculture. Il est composé de filet, épuisette, peson,
balance, table de tri, etc. Il

3.3 Techniques de production

Les techniques de production concernent :


- Le choix du type et de l’emplacement des étangs,
- Le choix du procédé de nourrissage,
- Le choix du poisson de pisciculture,
- Le choix de la méthode
- La mise en pratique de celle-ci
3.3.1 Choix du type et de l’emplacement des étangs
Ce choix dépend d’abord du relief local du site d’implantation des étangs. Cependant,
il est possible que l’on puisse choisir entre plusieurs endroits, dans ce cas, d’autres
facteurs entrent en jeu :
- La nature du poisson que l’on veut élever car tous les poissons ne peuvent pas vivre
dans n’importe quel étang : certains poissons requièrent de grands étangs, d’autres
s’accommodent mieux à de petits ;
- Les disponibilités en main d’œuvre et en capital car l’on ne peut établir de
pisciculture qu’à la mesure de ses moyens ;
- Le facteur le plus important est sans doute la place de l’étang dans l’économie
agricole locale :
 quelle est la composition de la famille du pisciculteur ?
 quelle culture fait-il ou quel élevage pratique t-il ?
 quels déchets agricoles sont-ils disponibles ?
 A quelle distance des étangs s’exercent ses activités ?
 Y a t il des industries agricoles (brasseries, minoteries, huilerie, etc.) à
proximité ? et, dans l’affirmative, les sous-produits de ces industries peuvent-ils
être utilisés pour fertiliser les étangs ou nourrir les poissons ?
 Que va-t-on faire du produit de la pisciculture : la famille du pisciculteur
consommera-t-elle toute la production ou bien va-t-on vendre celle-ci et y aura-
t-il des acheteurs ? faudra t-il transporter le poisson et quel sera le prix du
transport ?
3.3.2 Choix du procédé de fertilisation ou de nourrissage
Dans les eaux tropicales, il est à peu près vain de compter sur la productivité naturelle
des eaux pour faire de la pisciculture intensive car cette productivité est beaucoup trop
basse. Qui dit « pisciculture intensive » suppose l’emploi d’engrais ou l’apport de
nourriture ou la pratique d’une culture intercalaire (fig.4).
3.3.2.1 Fertilisation
Les engrais peuvent être organiques ou minéraux.
a) Les engrais organiques qui peuvent être utilisés en pisciculture sont nombreux
et variés. L’action de la fumure organique est au moins double : ils sont soit assimilés
par la faune aquatique, le zooplancton et par quelques poissons ; ou, par
décomposition et minéralisation, ils favorisent la production de gaz carbonique et
fournissent des nitrates et phosphates nécessaires au développement du phytoplancton.
On indique seulement quatre possibilités principales :
- La pisciculture peut être associée avec un élevage pratiqué en stabulation ou du
moins sur une superficie restreinte. Si l’étang se trouve placé en contre bas des étables,
écuries, ou pâturages, il peut recevoir directement et sans aucun frais les déchets de ces
élevages. Ces déchets suffisent à assurer une excellente production de poisson.
A cet égard, l’association de la pisciculture avec l’élevage des porcs est la plus
profitable (1 porc /are d’étang ou 1/2 à 1 brouette de fumier de porc/semaine /étang de
4 ares).
- La pisciculture peut être pratiquée en utilisant des eaux d’égout que l’on
mélange avec l’eau des étangs.
- L’on peut disposer de compostières dans l’étang (Fig. 4 A) par installation de
clayonnages sur la digue amont de l’étang et y déverser les déchets ménagers, feuilles,
herbes, fruits avariés ; là aussi, on ajoute un peu de fumier frais pour activer la
décomposition, et on arrose de façon à ce que le purin s’écoule dans l’étang
(fertilisation liquide). La surface adéquate de la compostière est de 10% de la
superficie de l’étang.
- Si l’on ne dispose pas d’élevage, on peut disposer en amont de l’étang une
fumure organique végétale à base de compost que l’on peut d’ailleurs associer avec
une fumure minérale.
b) Les engrais minéraux ont donné des résultats intéressants en pisciculture tout
spécialement en Asie tropicale (Malaisie). D’autres essais ont eu lieu en
Afrique.
L’engrais le plus intéressant semble être l’engrais phosphate et la dose à utiliser est au
minimum de 20 kg de superphosphate triple par hectare et par mois. Ce
superphosphate ne doit jamais être jeté dans l’étang : si l’on procède ainsi, il est fixé
par la vase du fond qui ne le restitue pas. Il faut au contraire le placer dans de petits
paniers attachés à un piquet et disposés juste au dessous de la surface de l’eau (Fig. 4
C). On met le superphosphate par petites doses dans les paniers de façon à atteindre le
total indiqué.
On peut aussi employer des engrais azotés : sulfate d’ammoniaque à la dose de 60 kg
par hectare et par mois que l’on met dans de petits paniers comme le superphosphate.
3.3.2.2 Apport de nourriture
Les poissons dans l’étang ont besoin de se nourrir, à cet effet trois questions se
posent :
- Ce qu’il faut donner aux poissons ?
- Comment le donner ?
- Quand le donner ?
La plupart des nourritures artificielles sont à la fois consommées par le poisson et
utiles pour le développement du plancton, si bien qu’elles contribuent directement et
indirectement à la production piscicole.
Tous les déchets de transformation des produits alimentaires, soit qu’ils proviennent de
l’économie familiale, soit qu’ils proviennent d’une industrie, peuvent s’employer en
pisciculture. On apprécie leur valeur par la mesure de leur coefficient de
transformation :
Qn = Poids de la nourriture distribuée
Poids du poisson récolté
A titre d’exemple, un Qn de 3 est un bon coefficient. Très souvent, malheureusement,
de tels coefficients ne s’obtiennent qu’avec des produits assez chers comme, par
exemple, les tourteaux d’oléagineux. Il appartient au pisciculteur de choisir compte
tenu de ses ressources et des facilités diverses que lui offre l’économie locale.
L’administration de la nourriture doit se faire à intervalles réguliers, quotidiennement
si possible. De cette façon, le pisciculteur pourra surveiller les résultats de son
nourrissage (Fig. 4 D) et éviter les accumulations de résidus, lesquels pourraient
déclencher des fermentations qui asphyxieraient le poisson. La fréquence de
nourrissage dépend du régime alimentaire du poisson.

Figure 4 : A- la compostière ; B- Fabrication de granulés C- dispositif de


3.3.2.3
fertilisation Culture
minérale ; D- apport de nourriture
intercalaire
Dans les grands étangs, il est possible d’introduire entre deux cycles de pisciculture
une culture sur le fond de l’étang : le riz, par exemple. Si le fond de l’étang est bien
drainé, il est possible de cultiver du maïs ou une autre céréale.
3.3.3 Choix du poisson de pisciculture
3.3.3.1 Caractère d’un bon poisson de pisciculture
- Il doit avoir une chair de bonne qualité,
- Il doit être rustique et facile à manipuler,
- Il doit pouvoir se reproduire facilement en étang,
- Il doit avoir une croissance assez rapide à partir d’une alimentation économique
de façon à le produire à un prix raisonnable.
Ceci implique que l’on emploie un poisson à chaîne alimentaire courte capable
d’exploiter rapidement les engrais ou aliments appliqués dans l’étang. Les poissons
carnivores sont coûteux à nourrir en général et, pour cette raison, ne sont guère
utilisables que pour les piscicultures de « luxe ». Les poissons prédateurs peuvent
cependant être utilement employés pour « équilibrer » les populations de poissons à
chaîne alimentaire courte et se débarrasser des sujets de trop petite taille pour être
livrés à la consommation et qui, à ce titre, consomment de la nourriture sans utilité. Ils
sont ainsi transformés en chair de prédateur qui sera, en général, estimée.
3.3.3.2 Espèce de poisson utilisable en pisciculture
L’espèce la plus intéressante en pisciculture tropicale est O. niloticus dont les
caractéristiques principales sont :
▬ Une croissance rapide : de 1 à 3 g /jour /individu dans de bonnes conditions. Il
peut atteindre 3,5 kg de poids total.
▬ Une reproduction aisée et rapide ; incubation buccale avec nid en cuvette, mais
modérée pour un tilapia.
▬ C’est préférentiellement un microphage mais il assimile facilement divers aliments
: son de riz, tourteau, déchets d’abattoir. On peut dire qu’il est omnivore en étangs.
▬ Une bonne chair, appréciée. De plus, c’est une espèce rustique, facile à manipuler
et son hybridation est possible.
▬ Il est disponible localement : Cotonou et Lokossa au Bénin, étangs de Richard-
Toll et Matam au Sénégal, etc.
▬ Il supporte une légère salinité (5 à 15 pour mille), ce qui réduit cependant la
reproduction et gène la croissance.
▬ Une reconnaissance aisée grâce aux rayures caudales. Mais il faut faire attention
aux hybrides.
Signalons que les Sarotherodon galilaeus et Sarotherodon monodeus ont le même
mode de vie mais atteignent respectivement 1.600 et 1.000 g et leur croissance est
moins importante. De plus, des hybrides sont en expérimentation, avec Oreochromis
macrochir, Oreochromis mossambicus, Oreochromis hornorum, Oreochromis aureus.

3.3.4 Méthodes de pisciculture


3.3.4.1 Méthode mixte
C’est l’élevage simultané dans un seul étang d’un mélange de poissons de toutes tailles
appartenant à une seule ou à plusieurs espèces. On met en charge avec des sujets allant
de l’alevin au poisson ayant déjà atteint la taille de reproduction. La mise en charge est
généralement forte (100 à 500 kg à l’hectare). Au bout de trois ou quatre mois, le poids
du peuplement de poissons devient voisin de la capacité de l’étang et on le maintient à
ce niveau par des pêches intermédiaires. Après huit à douze mois, l’étang est vidé et
tout le poisson récolté. Au moment de la vidange, on prélève sur la récolte la quantité
de poisson nécessaire pour une nouvelle mise en charge.
La méthode est simple. Si les poissons sont bien alimentés artificiellement, elle donne
des productions élevées pouvant atteindre plusieurs tonnes par an, mais la reproduction
précoce et répétée des Tilapia amène rapidement une surpopulation en jeunes sujets et
l’on ne récolte pratiquement qu’une proportion très faible de gros poissons.
3.3.4.2 Méthode équienne
Cette méthode consiste à produire, puis à élever ensemble des alevins ayant
sensiblement le même âge. Comme dans la méthode mixte, la densité de la mise en
charge dépend de la productivité naturelle de l’étang et de la nourriture artificielle
disponible. Il est en effet déconseillé de forcer la mise en charge si la nourriture ne
peut pas être distribuée régulièrement et en quantité suffisante pendant toute la durée
de l’élevage. Il est évidemment préférable, dans le cas où la nourriture est insuffisante,
d’élever un nombre restreint de poissons qui arriveront à grandir plutôt qu’un grand
nombre de petits poissons invendables.
3.3.4.3 Méthode d’association des Tilapia avec un poisson prédateur
Pour contrôler la reproduction excessive des Tilapia, on introduit dans l’élevage un
poisson prédateur.
Hemichromis fasciatus a donné de bons résultats au Cameroun avec une mise en
charge comportant 80 à 90 % de Tilapia et 10 à 20 % d’Hemichromis. Des essais avec
d’autres (Clarias sp. ou poisson chat africain) prédateurs ont été testés au Togo et en
Côte d’Ivoire.
C’est une méthode intéressante pour produire de gros poissons mais son application est
délicate car il est difficile de maintenir un équilibre convenable entre prédateur et
proie.
3.3.4.4 Méthode monosexe
Elle consiste à éliminer toute possibilité de reproduction en élevant seulement des
mâles dont la croissance est plus rapide que celle des femelles notamment chez le
tilapia.
Il faut, comme dans la méthode équienne, produire d’abord des alevins, placer ensuite
ces alevins dans des étangs de croissance jusqu’à ce qu’ils atteignent une taille
suffisante (50 à 60 g) permettent de trier les mâles qui sont seuls conservés et dont on
continue l’élevage jusqu’à la taille que l’on désire obtenir.
Ce tri demande un personnel qualifié car les différences externes sont peu apparentes,
surtout sur des juvéniles qui ne mesurent que quelques centimètres de long. Après un
entraînement de quelques mois, les erreurs ne dépassent plus 2 à 5%. Il y aura donc,
malgré tout, une reproduction dans les étangs, mais suffisamment réduite que pour ne
pas être un handicap sérieux. Ce tri s’appelle le sexage.

Cette méthode peut donner de très bons résultats mais elle n’est à la portée que de
pisciculteurs très expérimentés car il est difficile de ne pas faire d’erreurs dans le triage
des sexes. D’autres techniques permettent d’obtenir des individus monosexes. Il s’agit
de l’utilisation d’hormone (méthyltestostérone) ou l’emploi de hautes températures (34
à 37°C) chez O. niloticus par exemple.
Le sexage

Dans l’élevage d’Oreochromis niloticus, il est fréquent que l’on sexe les poissons pour
ne retenir que les mâles plus productifs. Le sexage parfait conduirait à ne plus avoir de
reproduction. Cependant, il reste toujours quelques femelles (2 à 5%). Avant la mise
en charge des étangs de grossissement, on doit parfois réaliser ce sexage, comme lors
des pêches de contrôle.
Lors de la mise en charge, le problème est délicat car les poissons sont petits : 30, 40
ou 50 grammes. Lors des pêches de contrôle, les poissons sont plus gros et de plus, les
femelles réalisant l’incubation buccale, ont une tête plus large facilement
reconnaissable avec un peu d’habitude. Lorsque les poissons ont 30 grammes, il faut
beaucoup d’habitude pour ne pas se tromper. On presse légèrement le ventre du
poisson tenu à l’envers et lorsque l’on observe la petite fente du pore génital, c’est une
femelle, comme montré à la figue 5.

Légende : En haut : P = Papille uro-génitale et N = Nageoire anale.


En bas : papilles urogénitales mâles (M) et femelles (F).
Figure 5 : Sexage (identification du sexe).
Dans la pratique, en effet, tous ces orifices sont blanchâtres à rosâtre et seule une petite
fente entre 2 points (anus et urètre) indique la femelle (pour qui sait y voir). Pour
rendre l’observation plus aisée (en débutant, par exemple) on peut mettre son doigt sur
un encreur de tampon et le passer doucement sur la papille urogénitale. Normalement,
un peu d’encre reste sur l’oviducte et le rend plus visible. Le mieux est de commencer
avec des poids de 50 g pour arriver après un certain temps aux individus de 30 g. Il
faut signaler que sans prédateur, l’erreur doit être minimisée mais dans certaines
méthodes (reproduction, alevinage et grossissement dans un seul bassin), une erreur
est indispensable ou alors, on rejette un certain pourcentage de femelles sciemment.
IV- GESTION DE L’ELEVAGE OU MISE EN PRATIQUE DE LA
METHODE DE PISCICULTURE : Méthode TnM + 3A

4.1 Généralités
L’espèce la plus intéressante est le Tilapia du Nil, Oreochromis niloticus (Tn). La
méthode la plus adaptée à l’Afrique de l’Ouest est la TnM+3A. Elle consiste à élever
des Oreochromis niloticus mâles (TnM) avec un aliment 3A (+3A).

L’aliment 3A est un aliment composé, concentré sec. Son nom vient de Aliment et 3
composants. Il est composé de 60% de son de riz, de 25% de tourteau de coton et de
15% de farine de poisson, le tout dosant 26% de protéines. C’est un aliment
économique qui donne un QN (Quotient nutritif) de 1,8.
La distribution se fait à l’aide de boîtes de concentré de tomates grand modèle comme
unité de mesure. La boîte pleine contient 2 kg d’aliment 3A si elle est remplie à ras
bord et 2 kg de son de riz si elle est remplie au maximum. Un manche adapté à la boîte
permet de déposer l’aliment sur l’eau même par un vent léger (Fig. 6).

Figure 6 : Alimentation des poissons avec une cuillère de 2 m de long ou plus

Il s’agit de la méthode d’élevage d’Oreochromis niloticus mâle en 3 phases avec de


l’aliment 3A. Nous recommandons cette méthode pour plusieurs raisons :
- C’est une méthode moderne et éprouvée pratique en milieu rural qui permet de
produire des poissons de taille commercialisable : 250 g et plus
- Cette méthode convient bien pour des petits exploitants faisant de la pisciculture un
métier et une passion qui soit rentable. Elle rompt avec le mythe de la pisciculture
familiale et les exploitants sont très motivés et deviennent rapidement des pisciculteurs
modèles lorsqu’ils utilisent cette méthode moderne.
- C’est la méthode la plus productive dans une optique semi intensive ou intensive.
Cette méthode se divise en 3 phases :
- Production d’alevins (5 g).
- Production de juvéniles (environ 30 g).
- Production de poissons marchands (environ 250 g).

4.2 Production d’alevins

On les produit dans des étangs de reproductions (R) et d’alevinage de 4 ares. On y


produit des alevins jusqu’à un poids de 5 g environ. L’étang est rempli jusqu’à
atteindre 1,00 à 1,20 m au niveau du moine. C’est en eau peu profonde (50 cm
maximum) que l’Oreochromis niloticus fait son nid. L’entrée d’eau doit être
soigneusement protégée des parasites (filtre à mailles inférieures à 5 mm).
On peut aussi les produire dans des happas.
a) Mise en charge

La densité doit être de 0,7 poissons /m², soit de 70 mâles et 200 femelles. Le sex-ratio
ou rapport entre les sexes mâles/femelles doit être absolument de 1/3, soit un mâle
pour 3 femelles. Il faut des géniteurs de taille plus ou moins semblable (100 à 200 g)
avec des mâles légèrement plus gros que les femelles.
b) Pêches intermédiaires

On pêche les alevins et on rejette les parents, à la senne à mailles de 6 mm.


L'exploitation débute 45 jours après la mise en charge des géniteurs et se poursuit à la
fréquence d'une récolte tous les 15 jours. Le poids des alevins est en général autour de
3 g et très homogène. La productivité attendue est de 150 à 250 alevins / m² par cycle
soit environ 80.000 alevins par 4 ares par cycle. La durée de l’élevage est de 4 mois.

Le rendement attendu est de 4 à 7 tonnes /ha /an. On nourrit avec 2 à 3% de la


biomasse des poissons comme ration journalière en quatre distributions par jour, soit
0,5 kg /étang /jour.

4.3 Production de juvéniles

Les juvéniles sont des fingerlings (alevins ayant la taille d’un doigt). On les élève en
étang de prégrossissement (P). Les alevins ont été comptés, pesés et passent ensuite
dans l’étang de prégrossissement, pour obtenir la taille du sexage, soit de 20 à 50
grammes. Le niveau d’eau sera maximum dans l’étang, soit 1,5 à 2 m au niveau du
moine. La mise en charge est de 20 alevins/m², soit 8.000 alevins /4 ares. On peut
réaliser une pêche de contrôle de la croissance tous les mois.
La durée de production est de 2 à 3 mois (2 mois avec un aliment dosant 40 % de
protéines). La production attendue est de 10 à 40 tonnes/ha/an, par exemple, 30 t/ha/an
avec l’aliment 3A, soit environ 2.000 à 3.000 juvéniles /étang /cycle. On compte sur
un taux de survie de 75 à 90%.
Tableau 2 : Alimentation des alevins selon la biomasse d’alevins et les catégories de
poids moyen individuels des alevins.
Poids vif des alevins 0-5 5-10 10-20
g g g
Ration alimentaire en % du poids vif des alevins 15 10% 7%
%

Prenons l’exemple d’une durée de 90-95 jours. Les données sont consignées dans le
tableau 3.
Tableau 3 : Poids moyen individuel et rations à donner à des alevins pour une durée
d’élevage de 90 - 95 jours.
Ap
Apr Apr Apr
rè Total
ès 1 ès 2 ès 3
s général
moi moi moi
0, d’aliments
s s s
5 consommé
mois s sur le
Poids moyen individuel cycle
3 5 10 2
en g (au début de la période)
0
*
Ration /4 ares /j en kg 1 1 2,5 4
,
5
Total des rations en kg /cycle 15 2 75 12 238 Kg
4 4
(*) : Au moment de la pêche, les alevins (juvéniles) auront 40 g

4.4 Production de poissons marchands


Les poissons marchands sont produits dans des étangs de grossissement (G). Ils vont
faire passer les juvéniles de 30 à 250 grammes environ. Les juvéniles seront sexés
avant la mise en charge. On n’élève que les mâles. Le niveau d’eau de l’étang est
maximum. La mise en charge est de 4 poissons/m² soit 1600 mâles/4 ares avec
l’aliment 3A.
On réalise une pêche de contrôle de la croissance, du sexage (éliminer les femelles) et
de la reproduction (éliminer les alevins) tous les mois, à la senne à mailles de 6 ou 14
mm. La durée du cycle est de 5 mois. La production attendue est de 16 tonnes /ha /an
avec un taux de survie élevé, de 75 à 95%. La ration alimentaire est proportionnelle au
poids moyen individuel des poissons (Pmi) et de la biomasse (Poids vif) comme
l’indique le tableau 4.
Tableau 4 : Ration alimentaire journalière en % de la biomasse des poissons en
fonction du poids moyen individuel des poissons
Poids moyens Ration alimentaire
individuels journalière en % de la
en g biomasse des poissons
10-20 6
,
6
21-40 6
41-60 4
,
2
61-80 3
,
3
81- 2
110 ,
8
111- 2
140 ,
4
141- 2
170 ,
1
171- 1
200 ,
9
201- 1
230 ,
8
231- 1
260 ,
7
261- 1
290 ,
6
Ce qui nous donne concrètement en moyenne comme ration journalière avec 880
poissons dans l’étang de 4 ares les données du tableau 5.
Tableau 5 : Rations pour le grossissement d’Oreochromis niloticus en étangs de 4
ares, méthode TnM +3A
1 2 4 6 8 11 1 1 2 2 2
Pmi en g des poissons 0 0 0 0 0 0 4 7 0 3 6
- - - - - - 0 0 0 0 0
1 - - - - -
1 3 5 7 1 3 1 1 2 2 2
9 9 9 9 0 9 6 9 2 5 8
9 9 9 9 9 9
Ration / 4 ares, en Kg 0 1, 1 2 2, 2, 2, 3, 3, 3, 3,
, 6 , , 35 65 9 1 4 7 9
9 9 0
Arrondi en kg 1 1, 2 2 2, 2, 3 3 3, 3, 4,
5 5 5 5 5 0

De ce fait, pour résumer le principe dans de bonnes conditions (compostière


fonctionnelle), nous devons nourrir les poissons avec les données présentées dans le
tableau 6.
Tableau 6 : Ration en kg/j d’aliment 3A à donner aux Oreochromis niloticus en étangs
de grossissement selon la méthode TnM + 3A dans de bonnes conditions.
Mois 1 2 3 4 5 6 7
Pmi début 40 61 8 116 1 1 226
6 5 8
1 7
Ration en kg 2 2 2 2,5 3 3, 3,5
/jour , 5
5
Total cycle 580
kg

Pour la vulgarisation, on conseille pour la même méthode et dans de bonnes conditions


les données du tableau 7.
Tableau 7 : Ration journalière en kg d’aliment 3A à donner aux Oreochromis
niloticus en étangs de grossissement selon la méthode TnM + 3A dans de
bonnes conditions.

Mois 1 et 3 et 5 et
2 4 6
Ration journalière en kg de 2 3 4
3A

4.5 Entretien de l’étang


Il ne faut pas croire que, lorsqu’un étang est terminé, il suffit de s’occuper des
opérations de manipulation du poisson. Au contraire, ces opérations ne peuvent se
faire aisément que si l’étang est maintenu en bon état. Les précautions à prendre pour
son entretien concernent le remplissage et le maintien du niveau de l’eau, la récolte des
poissons marchands, le transport des alevins, l’entretien du fond, l’entretien des autres
parties de l’étang, le contrôle de la végétation, etc.
4.5.1 Remplissage, maintien du niveau
Lorsqu’on remplit un étang pour la première fois, il faut y faire arriver l’eau
doucement de façon que les digues qui sont sèches s’imbibent lentement et
progressivement et puissent se tasser régulièrement. C’est grâce à ce tassement que les
digues deviendront étanches. Il faut laisser monter l’eau dans l’étang de 5 à 10 cm par
jour. Quand celui-ci est déjà en partie rempli, il est bon d’arrêter l’arrivée de l’eau
pendant deux ou trois jours. Le niveau baisse. On fait arriver l’eau à nouveau pour que
le niveau remonte plus haut que la première fois, puis on arrête l’arrivée de l’eau. On
recommence ainsi trois ou quatre fois de suite.
Il n’est pas anormal de constater des suintements à la base des digues. Ce n’est pas
grave en général, mais il faut les surveiller. Si, à certains endroits les suintements
deviennent de véritables fuites, il faut baisser le niveau de l’eau jusqu’à l’orifice de
ces fuites à l’intérieur de l’étang et tasser de l’argile dans les trous.
4.5.2 Récolte des poissons marchands
Pour récolter les poissons, il faut des pêcheries. On distingue deux sortes de pêcheries :
la pêcherie fixe et la pêcherie mobile.
• Pêcherie fixe: c’est un bassin à fond bétonné ou cimenté à la base.
On prévoit des rainures dans lesquelles on glisse les grillages qui laissent passer l’eau
et retiennent les poissons.
• Pêcherie mobile: c’est une caisse de capture constituée d’un fond de deux parois
latérales en grillages et de petits côtés. Le côté arrière est muni de grillages ; le côté
avant est fait d’une planche dans laquelle est réalisé un trou de même diamètre que les
buses de vidange.
La caisse de capture est plus efficace que la pêcherie fixe car elle a l’avantage de faire
sortir l’eau sur plusieurs faces, alors que dans la pêcherie fixe, l’eau ne peut sortir que
par le grillage aval. Toutefois la caisse de capture ne peut s’employer pour des étangs
de grandes surfaces. Pour les petits étangs qui se vidangent par un tuyau, on peut
recueillir les poissons à l’aide d’une épuisette.
La récolte des poissons peut se faire en une ou plusieurs prises.
a- Récolte en une prise
Elle se fait plusieurs mois après la mise en charge et au maximum un an pour les
étangs de barrage. On vide l’étang lentement, en ouvrant le moine et récolter les
poissons dans une pêcherie fixe ou mobile située au bout du tuyau de vidange.
Généralement, les producteurs ne disposent pas de pêcheries ; ils diminuent
considérablement l’eau de l’étang puis ramassent les poissons à l’épuisette ou à la
senne, devant ou derrière le moine. Cette méthode de récolte implique que l’on dispose
sur place un marché capable d’absorber tout le poisson le jour de la vidange.
b- Récolte en plusieurs prises
Lorsque le marché existant ne peut pas consommer toute la production de l’étang, le
pisciculteur peut échelonner ses récoltes en faisant plusieurs pêches sans vider
complètement l’étang. Les pêches commencent lorsque les poissons ont atteint la taille
désirée, par exemple 4 à 6 mois pour 200 g à 250 g chez le tilapia. A chaque pêche,
soit on retire seulement la quantité de poissons que le marché peut consommer, soit on
stocke les poissons non vendus dans un autre étang. Les pêches intermédiaires
s’effectuent à la senne à petites mailles (14 mm) ou parfois à l’épervier (filet conique
plombé sur le pourtour et qui se lance dans un mouvement circulaire). Avant de faire
la pêche intermédiaire, on diminue le niveau de l’eau.

Figure 7 : Transport des poissons Figure 8 : Manque d’oxygène


La pêche totale s’effectue en vidant l’étang, ce qui permet de récolter tout ce qui reste
à la fin de la vidange. Après la récolte, il faut parfois transporter les poissons en
utilisant es caisses (Fig. 7). Attention au manque d’oxygène qui se traduit par le fait
que les poissons viennent « piper » l’air comme indiqué à la figure 8.
4.5.3 Pêches de contrôle et intermédiaire
La pêche de contrôle (PC) consiste à vérifier le calibre des poissons d’un étang.
L’objectif est de connaître le poids moyen individuel (Pmi), le nombre approximatif
d’alevins et en outre de vérifier l’état de santé des poissons, de corriger les erreurs de
sexage (lors d’élevage de poissons mâles uniquement) et d’éliminer si nécessaire
alevins, femelles et espèces parasites indésirables.
Cette pêche permet aussi de déterminer la croissance individuelle des poissons, le gain
moyen quotidien (GMQ) et donc la date de vidange.
Par exemple, dans un élevage d’Oreochromis niloticus monosexe classique, on passe
tous les mois avec une senne à mailles de 14 ou de 6 mm.
De bons opérateurs récoltent 2/3 des poissons de l’étang. Seulement 1/3 des poissons
leur échappent lors de cette pêche.
Les poissons sont alors déposés sur une table de triage (Fig. 10). On peut séparer par
exemple :
- les mâles qui seront pesés puis remis dans l’étang ;
- les femelles qui sont consommées ;
- les alevins qui seront stockés ;
- les parasites (Tilapia zillii, etc.) qui sont consommés.
Figure 9 : Action du filet : étape 1 à 8 de chaque côté Figure 10 : Tri des tilapias

Légende de la figure 10 : On sépare les femelles des mâles et des alevins qui sont
pesés par groupes de 100 au dynamomètre ou à la balance suspendue et les résultats
sont notés. La quatrième ouverture est bouchée. Les poissons tombent dans des seaux
à moitié remplis d’eau.
Pour peser les poissons (les mâles, surtout), la technique consiste à en déposer une
grande quantité dans un sceau sans eau, par exemple 100 (ou 20 ou 50), que l’on pèse.
Le poids du sceau divisé par 100 vaut le poids moyen individuel = Pmi. On peut
compter le nombre total pour avoir une idée de ce que l’on a pêché. Pour ce faire, le
plus simple est de peser le poids total des poissons divisé par le Pmi = nombre de
mâles.
Pour peser les alevins on opère par la même technique. En pesant les alevins, on a une
idée du nombre pêché et avec l’habitude, on peut estimer le nombre de poissons ayant
échappé au filet. On remplit alors la fiche de gestion d’étang (Voir en annexe).
La pêche intermédiaire est une pêche où les poissons pêchés dans l’étang de
reproduction (alevinage) sont soit les parents qui sont rejetés, soit les alevins qui sont
comptés par 100 puis au poids et mis en charge dans un étang de pré grossissement
jusqu’à concurrence de la quantité nécessaire, le surplus étant soit rejeté, soit stocké.
Cette pêche est aussi utilisée en méthode mixte où l’on ne garde que les plus gros pour
la vente.
4.5.4 Transport des alevins
On peut transporter des alevins de 2 mois. Après avoir sorti les alevins de l’étang, on
les laisse dans une cage ou un trou d’eau où l’eau circule beaucoup.
On arrête l’alimentation et ceci pendant 2 à 3 jours. Ensuite on peut mettre les alevins
dans un récipient large en bas et aéré (Fig. 11). En voiture, on isole le récipient du
plancher de la voiture. En vélo, on s’arrête de temps en temps pour pomper de l’air
avec la pompe à vélo. En voiture on peut utiliser un compresseur d’air qui se branche
sur l’allume cigare (qui sert à gonfler les pneus), ceci toutes les demi-heures. On peut
mettre 100 alevins/10 litres.
On essaye d’éviter les heures chaudes. Si on passe près d’un puits, on change la moitié
de l’eau. Quand on arrive à l’étang, on dépose les alevins dans leur nouvel étang
délicatement, sans qu’ils reçoivent un choc de température (Fig. 12).

Figure 11 : Transport d’alevins Figure 12 : Technique de remise des


alevins dans l’étang.

4.5.5 Entretien du fond


Le sol du fond de l’étang et la vase qui se forme au-dessus ont une grande importance
pour une bonne production de poissons. Il ne faut pas que la vase soit trop épaisse. On
ne doit donc pas laisser une quantité trop importante de vase se déposer sur le fond de
l’étang ce qui diminue la profondeur. Quand l’étang est vidé pour la récolte des
poissons, on en profite pour enlever la vase en excès. Cette vase est fertile et peut être
utilisée comme engrais pour les champs ou les jardins après avoir été séchée. On
enlève également toutes les herbes aquatiques qui poussent sur le fond ou qui se sont
accumulées en surface.
4.5.6 Entretien des autres parties de l’étang
A chaque vidange de l’étang, il faudra inspecter soigneusement les parties des digues
qui sont sous l’eau quand l’étang est plein et boucher avec de l’argile les trous et les
crevasses. Il faut aussi soigner les herbes qui recouvrent les digues, et, au besoin, faire
de nouvelles plantations aux endroits où la végétation a disparu.
On enlèvera si nécessaire, en les déracinant, les plantes indésirables (particulièrement
les arbres et les arbustes) qui auraient pu s’installer sur les digues.
4.5.7 Contrôle de la végétation
En principe, les herbes qui poussent dans l’étang nuisent à la production piscicole,
d’une part, elles fixent à leur profit des éléments fertilisants sans pour autant être
comestible pour les poissons, et, d’autre part, elles ombragent l’eau freinant ainsi le
développement du phytoplancton. En outre, elles peuvent servir de support à des
animaux nuisibles pour la santé publique. Sauf cas exceptionnels, il faut s’en
débarrasser.
4.5.8 Opérations diverses
 Opérations quotidiennes
- Nourrir les poissons deux fois et vérifier si la nourriture de la veille a été
consommée pour une correction de la dose ;
- Remuer le compost pour que le plancton s’éparpille dans l’étang ;
- Vérifier le niveau de l’eau dans l’étang. Si celui-ci baisse, il faut refaire le point
en y ajoutant la quantité perdue ;
- Vérifier si l’arrivée de l’eau est en bon état et si l’eau coule normalement ;
- Enlever les œufs des grenouilles s’il y en a car les têtards mangent la nourriture
des poissons et les grenouilles même les petits poissons.
 Opérations hebdomadaires
Chaque semaine, ajouter du compost et des cendres dans le compostiez et contrôler
l’état des digues.
 Opérations mensuelles
- Déraciner les mauvaises herbes qui auraient poussé dans l’étang pour Eviter la
diminution de plancton ;
- Faucher les herbes qui grandissent sur les digues et en faire du compost car
elles pourraient servir de gîte de serpents, grenouilles et autres prédateurs
 Calendrier
Il ne suffit pas de construire un ou de bons étangs piscicoles, encore faut- il bien le
gérer.
Une bonne récolte est fonction de la bonne gestion des étangs. Mieux vaut avoir un
étang bien entretenu que plusieurs mais mal entretenus. Les travaux de pisciculture
demandent beaucoup de rigueur, de bonne volonté et de motivation pour être rentables.
Pour ce faire, il faut une bonne programmation des travaux et des élevages dans
l’espace et dans le temps d’où un calendrier de gestion de l’exploitation préétabli avant
tout démarrage. Le calendrier doit tenir compte :
- des possibilités du pisciculteur en étangs, nourritures, alevins, main d’œuvre et
temps
- la méthode d’élevage
- période de besoins accrus de poisson.
On peut récolter du poisson toute l’année, il suffit de charger les étangs à des périodes
différentes.

4.5.9 Tenue des documents de gestion

Parvenu au terme annuel de son exploitation, tout pisciculteur doit pouvoir établir un
bilan technico-financier, afin de s’assurer de la bonne marche de ses activités, ce qui
mettra en évidence les points faibles qu’il devra améliorer.
A cet effet, il établira une fiche technique par étang, laquelle mentionnera le calendrier
de toutes les activités successives, faits divers observés accompagnés de remarques
pertinentes.
Sur le plan économique, il rapportera fidèlement tous les coûts (provende, matériel,
entretien, réparation, etc.) de même que les recettes (vente d’alevins, de poissons de
consommation,…), éléments fondamentaux, permettant d’établir le degré de viabilité
de l’entreprise.
Quelques fiches sont présentées à titre indicatif en annexe permettent de dresser le
bilan souhaité.
Sur le plan de la gestion technique des étangs et des élevages, tous les détails ont été
donnés au fur et à mesure de la description des activités piscicoles qu’il suffit
d’appliquer.

Ainsi, pour un bon suivi des activités, il faut :


- Un registre où tout ce qui se passe dans le périmètre piscicole est noté,
- Un calendrier d’exploitation,
- Une fiche d’exploitation et de production de chaque étang,
- Un cahier de compte.

4.6 Traitement – conservation et commercialisation du poisson


Le poisson est susceptible d’être commercialisé (suivant l’offre / demande des
marchés) sous types : frais, traité.
a) Poisson frais
Dès sa récolte, le poisson est transporté sous glace, le plus rapidement possible aux
points de ventes. Ceci nécessite des caisses et des blocs de glace, un véhicule
frigorifique. Aussi, la construction à long terme d’une chambre froide est tout indiquée
pour le stockage et la conservation des produits non écoulés.

b) poisson traité
Le poisson peut être traité de quatre façons différentes à savoir fumé, séché, salé, frit.
A l’exception du froid, toutes ces méthodes constituent d’ailleurs les seules modes
traditionnelles de transformations que l’on retrouve un peu partout en Afrique plus
précisément au Togo.
Ces méthodes sont à conseiller si la demande en frais est faible pendant une période de
la récolte ou si la préférence alimentaire d’une de ces méthodes l’oblige.
 Le fumage
C’est de loin le procédé le plus employé pour toutes les espèces de poissons. Le
fumage s’opère dans des fours en terre, ou en métal tronconique dont la grande base
est en haut.
Les poissons sont chauffés à l’aide de débris de bois, copeaux, sciure de bois, débris de
canne à sucre, écorce de noix de coco, etc.
Ce procédé donne des résultats satisfaisants, et les défauts qu’on rencontre ne
parviennent que de la mauvaise exécution des travaux et de conservation.
Le projet prévoit la construction des fours chorkor à cet effet (cf. plan de construction
en annexe)
 Le séchage
C’est un procédé qui s’opère sur des poissons de petites tailles essentiellement.
Toutefois de plus grands poissons sont parfois salés séchés de cette manière.
Généralement 5 à 7 jours de séchage sont suffisants après l’éviscération du poisson.
Le Poisson est mis en panier pour sa conservation à l’ombre. Des aires de séchage
ainsi que l’installation d’un séchoir solaire seront nécessaires à cet usage.
 La salaison
C’est une méthode qui permet d’obtenir un condiment très apprécié. Ce procédé
consiste à entreposer des couches de poisson entrecoupées de couches de sel dans une
grande cuvette ou caisse. Après quelques jours (3- 5) les poissons sont ensuite retirés
et séchés complètement au soleil. Rappelons que le sel à la propriété de déshydrater le
poisson et d’empêcher la putréfaction.
 La friture
C’est un procédé qui consiste à frire les poissons en entier ou en tranches, avec de
l’huile d’arachide, de palme ou de noix de coco ou de palmiste, etc. La friture permet
une conservation sur une période plus ou moins longue.

4.7 Autres élevages associés


Nous avons vu l’importance de la fertilisation de l’étang pour l’équilibre alimentaire
du poisson et donc pour la production. Egalement l’alimentation artificielle peut être
supprimée si la fertilisation est suffisante. Le fumier peut être transporté du lieu
d’élevage des animaux producteur du lisier (porcs, poules, bœufs, …) jusque dans les
étangs. On parle d’élevages associés lorsque les animaux producteurs de fumier et les
bassins piscicoles sont sur le même site.
Porcs/ Tilapia Poulets / tilapia Canards / Tilapia
Durée d’élevage 6 7 à 8 mois 7
mois mois
Mise en charge 4 alevins /m2 4 alevins /m2 3 alevins / m2
porcherie au bord poulailler sur pilotis canardière sur
Infrastructure
de pilotis
l’étang
1 porc / are d’étang 15 à 30 / are d’étang 10 à 15 canards /are
Nombre d’animaux
d’étang
achat de porcelets de 17 en 60 jours, les mener jusqu’à 2
Elevage kg après leur sevrage ; leur ou 3 kg
les élever jusqu’à 90 kg. poids varie de 1,7 à
2kg
Rendement 16 à17 tonnes /ha/an 8 à 10 tonnes / ha/ 4 – 5 t / ha / an
an
ANNEXE : FICHES DE GESTION DE L’EXPLOITATION PISCICOLE

1. Fiche de stock des géniteurs Oreochromis niloticus mâles

Etang N° …… Surface …… Hauteur d’eau ………


Date …………………………..
Nombre de géniteurs mâles déversés ……………………..
Age …………… Poids ………….. ou longueur moyenne ………………
Provenance ………………………….
Type de nourrissage ……………….. Quantité par jour …………….
Type de fumure ……………….. Quantité par semaine …………
Coût provende …………………
Coût fumure ………………..
Remarque :
Couleur de l’eau
Comportement du poisson
Poissons morts
Etat sanitaire
Environnement, prédateurs, etc.
Vidange / Assec
Travaux d’entretien et coût
2. Fiche de stock des géniteurs Oreochromis niloticus femelles

Etang N° …… Surface …… Hauteur d’eau ………


Date …………………………..
Nombre de géniteurs femelles déversés ……………………..
Age …………… Poids ………….. ou longueur moyenne ………………
Provenance ………………………….
Type de nourrissage ……………….. Quantité par jour …………….
Type de fumure ……………….. Quantité par semaine …………
Coût provende …………………
Coût fumure ………………..
Remarque :
Couleur de l’eau
Comportement du poisson
Poissons morts
Etat sanitaire
Environnement, prédateurs, etc.
Vidange / Assec
Travaux d’entretien et coût
3. Fiche de Reproduction des géniteurs Oreochromis niloticus

Etang N° …… Surface …… Hauteur d’eau ………


Date …………………………..
Nombre de géniteurs introduits : Mâles ……… Femelles ………..
Type de nourrissage ……………….. Quantité par jour …………….
Type de fumure ……………….. Quantité par semaine …………
Coût provende …………………
Coût fumure ………………..
Première pêche d’Alevins ; Date ……………
Quantité récoltée ………………… Destination ………………….
Deuxième pêche d’Alevins ; Date ……………
Quantité récoltée ………………… Destination ………………….
Troisième pêche d’Alevins ; Date ……………
Quantité récoltée ………………… Destination ………………….
Quatrième pêche d’Alevins ; Date ……………
Quantité récoltée ………………… Destination ………………….
Cinquième pêche d’Alevins ; Date ……………
Quantité récoltée ………………… Destination ………………….
-----------------------------------------------
Quantité Totale Alevins …………………….
Enlèvement des Géniteurs : Date ……………….
Nombre de Mâles ………… Remis en étang N° ………
Nombre de Femelles ………… Remis en étang N° ………
Vidange : Date ……………… Assec …………………….
Géniteurs éliminés ………….
Remarque :
Couleur de l’eau
Comportement du poisson
Poissons morts
Etat sanitaire
Environnement, prédateurs, etc.
Travaux d’entretien et coût
4. Fiche de mise en charge d’un Etang de croissance

Etang N° …… Surface …… Hauteur d’eau ………


Date …………………………..
Quantité déversée …………… Taille/Poids moyen …………
Type de nourrissage ……………….. Quantité par jour …………….
Nombre de fois par jour ……………
Type de fumure ……………….. Quantité par semaine …………
Coût provende …………………
Coût fumure ………………..
Contrôle de croissance : Nombre d’alevins capturés ………
Date ………… Taille/Poids moyen ……… Rajustement nourriture …………
Date ………… Taille/Poids moyen ……… Rajustement nourriture …………
Date ………… Taille/Poids moyen ……… Rajustement nourriture …………
Récolte des alevins/Fingerlings Date ……………
Quantité récoltée …………….. Taille/Poids moyen …………
Destination Fingerlings mâles..............................(mise en réserve)
Destination Fingerlings femelles.........................(pré-géniteurs)
Vente d’alevins/Fingerlings : Date ……… Quantité vendue …… Recette ……
Remarque :
Couleur de l’eau
Comportement du poisson
Poissons morts
Etat sanitaire
Environnement, prédateurs, etc.
Vidange / Assec
Travaux d’entretien et coût
5. Fiche de mise en charge d’un étang de production (Mâles sexés)

Etang N° …… Surface …… Hauteur d’eau ………

Date …………………………..

Quantité déversée …………… Taille/Poids moyen …………

Type de nourrissage ……………….. Quantité par jour …………….

Nombre de fois par jour ……………

Type de fumure ……………….. Quantité par semaine …………

Coût provende …………………

Coût fumure ………………..

Contrôle de croissance : Nombre de poissons capturés ………

Date ………… Taille/Poids moyen ……… Rajustement nourriture …………

Date ………… Taille/Poids moyen ……… Rajustement nourriture …………

Date ………… Taille/Poids moyen ……… Rajustement nourriture …………

Récolte du poisson de consommation : Date ……………

Nombre de poisson ………………. Poids total …………

Destination : Quantité vendue ………………… Recette …………………

Mise en réserve géniteurs mâles …………..

Vente d’alevins/Fingerlings : Date ……… Quantité vendue …… Recette ……

Vidange : Date ……………….. Assec ………………………..


6. Bilan d’exploitation – Résultats financiers Année ………

La compilation des fiche par étang et par étapes successives de la conduite des
élevages permet la récapitulation de toutes les dépenses effectuées, ainsi que des
recettes réalisées, et d’établir ainsi le bilan d’exploitation.

DEPENS RECETT
ES ES
TOTA TOTA
DAT NATURE QUANTIT L DAT NATURE QUANTIT L
E E E E
COUT PERÇ
S U
Fumier ou
engrais Alevins
Provende
Matériel
divers
Autres frais Poisson de
occasionnels consommati
Amortisseme on
nt PM
(PM)
Total des dépenses Total des recettes

PROFIT OU PERTE …………

BALANCE …………

Remarques :
Analyse du résultat d’exploitation mettant en évidence les points positifs et
négatifs, leurs causes et les solutions ou propositions pour l’exercice suivant.
Quotient nutritif : relation entre nourriture / fumure données et la récolte obtenue
(kg poisson) ; satisfaisant ou non : causes et solutions envisagées pour améliorer
les résultats.
Autres : prédateurs, maladies, gestion de l’eau, etc.
METHODE DE REPRODUCTION
2.1. Choix de la méthode
Le choix de la méthode de reproduction a été determiné par :

i. les performances théoriques à atteindre par les stations privées de production d'alevins, c'est-à-dire :
200.000 alevins cessibles à partir de la troisième année de production ;
ii. les traditions et usages des modes de reproduction de la carpe dans la région des Hauts-Plateaux ;
iii. la mise en oeuvre d'une technologie simple et adaptée, déjà bien connue et garantissant des résultats
satisfaisants pour un investissement modéré.

La méthode retenue est celle d'une reproduction semi-artificielle basée sur l'utilisation des frayères
artificielles (kakabans), et si nécessaire, d'une stimulation de la ponte par hypophysation.

2.2. Scénario utilisant des étangs de ponte


Les géniteurs sont stockés par sexe dans deux étangs de stockage. En période de reproduction, et si
nécessaire, après hypophysation, une pose1 (une pose serait préférée à plusieurs = meilleur contrôle de la
qualité des géniteurs femelles) est placée dans un étang de ponte dans lequel seront disposés les kakabans.
Les étangs de ponte seront suffisamment grands pour permettre d'abord, plus ou assez facilement, une ponte
naturelle contrôlée par frayères artificielles avant de recourir à la méthode d'hypophysation. Directement
après la ponte, les kakabans seront placés soit dans des étangs d'éclosion et d'alevinage soit dans des caisses
d'incubation. L'utilisation de caisse d'incubation permettra de contrôler l'élevage larvaire et la mise en charge
en larves des étangs d'alevinage. En période de cession, les alevins seront conditionnés par stockage dans des
hapas.

2.3. Scénario utilisant des bacs de stabulation


Les géniteurs sont stockés par sexe dans deux étangs de stockage. En période de reproduction, et si
nécessaire, après hypophysation une pose est placée dans un bac de stabulation dans lequel seront disposés
les kakabans. L'utilisation de bacs de stabulation pour la ponte se justifie par ses facilités d'entretien et
d'utilisation (vidange, mise à sec, contrôle débit…). Après la ponte, les kakabans seront placés soit dans des
étangs d'éclosion et d'alevinage soit dans des caisses d'incubation.

En période de cession, les alevins seront conditionnés par stockage dans les bacs de stabulation. Cette
méthode est une amélioration de la méthode précédente et est à la portée d'un producteur privé confirmé
maîtrisant parfaitement ces techniques simples de reproduction.

3. CARACTERISTIQUES DES ETANGS


3.1. Généralités
Pour le dimensionnement des étangs, les normes de mise en charge et de production reprises par la littérature
seront comparées à celles de la station d'Etat d'Ambatofotsy/Ambatolampy. Deux scénarios de production
seront proposés :

i. le premier, retenant les normes peu intensifiées mais bien connues de la station
d'Ambatofotsy/Ambatolampy ;
ii. le second, des normes de production plus intensives et donc plus contraignantes.

Dans la pratique, les contraintes foncières très importantes dans les régions des Hauts-Plateaux ainsi que le
coût d'installation des producteurs privés d'alevins, favoriseront davantage d'une petite exploitation intensive
avec extension possible plutôt que l'implantation d'une exploitation de grande superficie avec possibilités
d'intensification.
1
pour la facilité du texte, une pose est constituée d'une femelle et deux mâles.

On rappellera aussi brièvement le calendrier de reproduction et de cession qui peut être raccourci/allongé de
plus ou moins quinze jours pour les régions les plus chaudes/froides du Vakinankaratra :

 période de reproduction : mi-septembre, fin-décembre;


 période de cession des alevins (+/- 3 cm, 2,5 gr) : mi-novembre, fin janvier
 période de récolte des poissons en rizière : avril, fin juin.

Comparaison des normes techniques retenues pour les deux scénarios de production proposés à celles de la
station piscicole d'Ambatolampy/Ambatofotsy et de la littérature

Stockage des Mise en charge des étangs Production d'alevins


  géniteurs d'alevinage en larves de 3 cessibles par kg de
(kg/are) jours géniteurs femelles
Station estimation : moyenne de :
Ambatofotsy 4–6 2.000/are 6.800
Littérature
4–8 1.000 à 2.000 de 0 à + de 8.000
Malgache
Littérature
15 – 25 10.000 à 40.000 -
Autre
Scénario 1 4–6 2.000 5.000 à 6.000
Scénario 2 8 – 10 4.000 à 5.000 et + 5.000 à 6.000

REMARQUES : les chiffres sont des moyennes de la campagne 88/89 pour toute la station
d'Ambatolampy/Ambatofotsy et ne tiennent pas compte des caractéristiques de chaque étang utilisé dont la
productivité peut être plus ou moins bonne.

3.2 Les étangs de ponte, d'éclosion et d'alevinage de géniteurs


Schéma rappel d'utilisation des étangs
Ce schéma d'utilisation des étangs peut comporter plusieurs variantes. L'une d'elles, consistant à utiliser des
bacs de stabulation pour la ponte au lieu d'étangs de ponte est proposée ci-dessous avec description de ces
bacs de stabulation. Lors de l'établissement du bilan de cette étude théorique de faisabilité, c'est l'option
utilisant des étangs de ponte en terre qui sera retenue.

3.2.1. Etang de ponte

La période favorable pour la reproduction de la carpe s'étale de mi-septembre à mi ou fin-décembre, c'est-à-


dire, sur une période de trois mois à trois mois et demi suivant les régions. En considérant un étang de ponte
de 30 m2 dans lequel on place une pose et en considérant une production moyenne de 10.000 à 12.000
alevins cessibles par géniteur femelle (chiffre station), il faut donc utiliser 20 femelles pour assurer une
production minimum de 200.000 alevins cessibles.

Planning de reproduction :

assèchement + préparation de mise en eau de l'étang


l'étang --------------------→ + mise en pose
2–3 jours   2–3 jours

Il faut donc un minimum de quatre jours pour garantir la ponte d'une pose par étang de ponte, ou encore 80
jours pour assurer la ponte de 20 femelles par cycle d'une pose dans un seul étang de ponte. On considère ici
que, si une femelle ne pond pas après 3 jours, elle sera remplacée par une autre dans le cycle suivant.

Pour s'assurer une certaine marge de manoeuvre et diminuer l'effet de la contrainte temps en utilisant un seul
étang de ponte, il est justifié d'utiliser au moins deux étangs de ponte afin de s'assurer un meilleur contrôle en
utilisant une pose par cycle de ponte plutôt que deux ou même trois poses.

A. Fiche technique de l'étang de ponte :

• Surface : 30 m2
• Profondeur totale amont : 0,85 m
• Profondeur totale aval : 1,05 m
• Système d'alimentation : tuyau
• Système d'évacuation : tuyau - buse enterrée
• Pente de l'assiette : 2–3%

REMARQUES : faible profondeur pour faciliter : - l'échauffement de l'eau dans l'étang;


  - la vidange.

B. Plan de l'étang de ponte1 :

1
Les plans des étangs établis au 1/100 ont été réduits à 82 % et deux fois à 82 % pour l'étang
d'éclosion et d'alevinage.
- Les plans des bacs de stockage/stabulation établis au 1/50 ont été réduits à 80 %.
- Les plans du Moine et de l'alimantation établis au 1/20 ont été réduits à 82 %/

C. Détail estimatif de l'étang de ponte :

ETANG DE PONTE ( 6 × 5 m )
No DESIGNATION DES POSTES U Q P.U. SOMMES
(FMG) (FMG)
1 Piquetage (corde,piquets,main d'oeuvre) - - - p.m.
2 Décapage en terrain varié m2 149,80 500 74.900
3 Déblai en terrain varié m3 7,50 2.500 18.750
4 Remblai compacté m3 45,90 4.500 206.550
5 Engazonnement m2 66,90 750 50.175
6 Buse dia. 140 – 150 ---→ alimentation ml 2,00 6.320 12.700
7 Buse dia. 200 ----------→ vidange ml 4,00 8.320 35.040
8 Conduite des travaux de terrassement canal - - - p.m.
TOTAL 398.115

3.2.2. Bac de stabulation

Le planning de reproduction établi à la station d'état d'Ambatolampy/ Ambatofotsy permet de pratiquer deux
cycles de reproduction par semaine et par bac. Chaque cycle de reproduction utilise une pose. En considérant
une production moyenne de 10.000 à 12.000 alevins cessibles par géniteur femelle, il faut donc utiliser 20
géniteurs femelles pour assurer une production minimum de 200.000 alevins cessibles. Il faut donc un
minimum de 70 jours pour assurer la ponte de 20 femelles dans un bac de stabulation en effectuant deux
cycles de reproduction par semaine de façon ininterrompue. L'utilisation d'un minimum de deux bacs de
stabulation pour la reproduction se justifie également pour s'assurer une marge de manoeuvre et une plus
grande flexibilité dans l'organisation du travail qui s'étend également au conditionnement des alevins en
période de cession.

A. Fiche technique du bac de stockage (stabulation)

• Surface : 12 m2
• Profondeur totale amont : 0,62
• Profondeur totale ovale : 0,68
• Pente du radier : 1%

B. Plan du bac de stockage/stabulation - option béton armé


C. Détail estimatif bac de stockage/stabulation - option béton armé (2 unités)

BAC EN BETON ARME


P.U. SOMMES
No DESIGNATION DES POSTES U Q
(FMG) (FMG)
1 Batardeau (planches) m3 0,01 205.000 1.845
2 Fouilles d'ouvrages m3 14,50 5.000 72.500
3 Remblai de sable m3 5,20 6.000 31.200
4 Béton armé dosé à 350 kg/m3 m3 4,85 200.000 970.000
5 Acier pour armature kg 340,00 2.000 680.000
6 Coffrage plans m2 30,00 8.500 255.000
7 Chape au mortier dosé à 500 kg m2 31,60 6.500 205.400
8 Buse dia. 140 – 150 ml 2,00 6.350 12.700
TOTAL 2.228.645

D. Plan des bacs de stockage/stabulation - option maçonnerie en briques


E. Détail estimatif du bac de stockage - option maçonnerie en briques (2 unités)

BAC EN MACONNERIE DE BRIQUE


P.U. SOMMES
No DESIGNATIONS DES POSTES U. Q.
(FMG) (FMG)
1 Batardeau (planches) m3 0,01 205.000 1.845
2 Fouilles d'ouvrages m3 20,30 5.000 101.500
3 Remblai de sable m3 1,80 6.000 10.800
4 Maçonnerie de briques m2 29,80 4.500 134.100
5 Chape au mortier de ciment dosé à 500 Kg m2 33,40 6.500 217.100
6 Buse dia. 140 ml 2,00 6.350 12.700
TOTAL 478.045

F. Plan des bacs de stockage/stabulation - option maçonnerie en moellons


G. Détail estimatif du bac de stockage/stabulation - option maçonnerie en moëllons (2 unités)

BAC EN MAÇONNERIE DE MOELLONS


P.U. SOMMES
No DESIGNATION DES POSTES U. Q.
(FMG) (FMG)
1 Batardeau (planches) m3 0,01 205.000 1.845
2 Fouilles d'ouvrages m3 21,50 5.000 107.500
3 Maçonnerie de moëllons m3 10,70 50.000 535.000
4 Béton de propreté dosé à 150 Kg/m3 m3 1,18 92.000 108.560
5 Chape au portier de ciment dosé à 500 Kg m2 34,70 6.500 225.550
6 Buse dia. 140 – 150 mL 2,00 6.350 12.700
TOTAL 991.155

3.2.3. Etang d'éclosion et d'alevinage

La mise en charge des étangs d'alevinage à la station d'état d'Ambatofotsy/ Ambatolampy est très
approximativement de l'ordre de 4.000 à 5.000 larves par are pour obtenir de 2.000 à 2.500 alevins de 3 cm
après 4 semaines (cas i). De manière plus intensive, on peut faire une mise en charge de l'ordre de 10.000
larves par are et même davantage pour obtenir plus ou moins 5.000 alevins de trois cm après 5 – 6 semaines
(cas ii).

Pour obtenir 200.000 alevins cessibles il faudrait donc :


dans le cas (i) 8 à 10 étangs de 10 ares,
dans le cas (ii) 4 étangs de 10 ares.
Dès à présent, l'on peut dire qu'une mise en charge de 4.000 à 5.000 larves par are correspond à une situation
d'élevage trop extensive nécessitant une surface en étangs trop importante.

Pour assurer un contrôle de la mise en charge des étangs d'alevinage, il sera important d'utiliser des caisses
d'incubation; ces caisses auront également l'avantage d'augmenter le taux d'éclosion des oeufs en les
protégeant contre les prédateurs.

Rem.: l'utilisation d'étangs d'une surface de 10 ares en milieu rural s'avérera difficile à maîtriser surtout en ce
qui concerne le contrôle de l'eau ; aussi, en pratique, les producteurs privés utiliseront, au moins au début,
préférentiellement deux étangs de 5 ares plutôt qu'un seul de 10 ares.

A. Fiche technique de l'étang d'éclosion et d'alevinage

• Surface : 1000 m2 (30 × 33 m)


• Profondeur totale amont : 0,80 m
• Profondeur totale aval : 1,20 m
• Système d'alimentation : Tuyau
• Système d'évacuation : Moine
• Pente de l'assiette : 2–3%

REMARQUES : l'étang d'alevinage devra être équipé d'un système d'évacuation efficace pour permettre
l'utilisation éventuelle de cet étang en champ de culture de contre-saison.

B. Plan de l'étang d'éclosion et d'alevinage

C. Détail estimatif de l'étang d'éclosion et d'alevinage

ETANG D'ECLOSION ET ALEVINAGE (30 × 33 m)


P.U. SOMMES
No DESIGNATION DES POSTES U Q
(FMG) (FMG)
1 Piquetage (corde, piquets, main d'oeuvre) - - - p.m.
2 Décapage en terrain varié m2 1517,00 500 758.500
3 Déblai en terrain varié m3 303,40 2.500 758.500
4 Remblai compacté m3 290,00 4.500 1.305.000
5 Engazonnement m2 403,00 750 302.250
6 Batardeau (planches) m3 0,01 205.000 1.845
7 Buse dia. 140 → Alimentation m1 1,50 6.350 9.525
8 Moine - 1,00 165.430 165.430
9 Conduite des travaux de terrassement canal - - - p.m.
TOTAL 3.301.050

3.2.4. Etang de stockage des géniteurs

Le nombre de géniteurs nécessaires pour la production de 200.000 alevins cessibles est actuellement évalué à
25 femelles et 50 mâles en tenant compte des géniteurs non performants (chiffre station). Ce nombre pourrait
être largement réduit par une très bonne maîtrise des techniques de reproduction et d'alevinage et une
amélioration des souches. En outre, la densité de stockage des géniteurs est actuellement de 2 à 3 femelles/are
et de 4 à 5 mâles/are à la station d'état d'Ambatofotsy/ Ambatolampy (i). Des densités de stockage d'au moins
4 à 5 femelles/are et de 7 à 8 mâles/are dans des conditions d'élevage plus intensives ont également été
proposées par le chef de station d'Ambatofotsy/ Ambatolampy (ii).

Dans le scénario extensif (i), il faut disposer de deux étangs de stockage de 10 ares chacun et pour le scénario
(ii), les étangs de stockage auront une superficie de 5 ares chacun.

A. Fiche technique de l'étang de stockage des géniteurs

• Surface : 500 m2 (25 × 20 m)


• Profondeur totale amont : 1,2 m
• Profondeur totale avale : 1,8 m
• Système d'alimentation : Tuyau
• Système d'évacuation : Tuyau enterré
• Pente : 2–3%

Rem.1 : de forme rectangulaire, d'accès aisé et bien surveillé.

Rem.2 : la profondeur plus importante de l'étang de stockage des géniteurs implique un coût de construction
plus important.

B. Plan de l'étang de stockage des géniteurs


C. Détail estimatif de l'étang de stockage des géniteurs

ETANG DE STOCKAGE DES GENITEURS (20 × 25 m)


P.U. SOMMES
No DESIGNATION DES POSTES U Q
(FMG) (FMG)
1 Piquetage (corde,piquets,main d'oeuvre) - - - -
2 Décapage en terrain varié m2 986,00 0.500 493.000
3 Déblai en terrain varié m3 150,00 2.500 375.000
4 Remblai compacté m3 378,00 4.500 1.701.000
5 Engazonnement m2 415,00 0.750 311.250
6 Buse dia. 140→ Alimentation ml 1,50 6.350 9.525
7 Buse dia. 200→ Vidange ml 5,50 8.760 48.180
8 Conduite des travaux de terrassement canal - - - pm
TOTAL 2.937.955

3.3. Système d'alimentation


Les ouvrages d'alimentation en dur, comme proposés ci-dessous, resteront optionnels étant donné leur coût
élevé de réalisation mais également du fait des possibilités d'utilisation de système plus rustique (bambou)
donnant entière satisfaction pour de petites unités de production rurale. Pour nos calculs, nous avons retenu
l'utilisation d'une buse de dia. 140 en ciment.

3.3.1. Plan du système d'alimentation


3.3.2. Détail estimatif d'un ouvrage d'alimentation

OUVRAGE D'ALIMENTATION
P.U. SOMMES
No DESIGNATION DES POSTES U Q
(FMG) (FMG)
1 Fouilles d'ouvrage m3 0,50 5.000 2.500
2 Béton de propreté dosé à 150 kg/m3 m3 0,07 92.000 6.440
3 Béton armé dosé à 350 kg/m3 m3 0,19 200.000 38.000
4 Acier pour armature kg 13,00 2.000 26.000
5 Coffrage plans m2 2,35 8.500 19.975
6 Buse dia. 140 ml 1,50 6.350 9.525
7 Batardeau (planches) m3 0,03 205.000 5.945
8 Perré maçonné m2 1,60 15.000 2.4000
TOTAL 132.385

3.4. Système d'évacuation : le “Moine”


L'ouvrage d'évacuation en dur de type Moine présente un grand intérêt pour les étangs d'éclosion et
d'alevinage en vue de régler efficacement le niveau d'eau dans l'étang, d'améliorer les conditions de vidanges
et éventuellement de permettre des cultures de contre-saison sur le plateau de l'assiette entouré d'un drain
périphérique. Les surfaces monopolisées par les étangs d'éclosion et d'alevinage étant non négligeables, il
convient de les utiliser au mieux; c'est entre autres pour cette raison que nous avons inclus un Moine dans le
détail estimatif de l'étang d'éclosion et d'alevinage.

Le Moine reste une option assez onéreuse qui doit être prise en considération lors de la conception des étangs,
nous en conseillons un usage limité à l'étang d'éclosion et d'alevinage. Dans les autres cas, nous avons prévu
une simple buse enterrée.

3.4.1. Plan du système d'évacuation : le “Moine”

3.4.2. Détail estimatif du système d'évacuation : le “Moine”

MOINE
P.U. SOMMES
No DESIGNATION DES POSTES U Q
(FMG) (FMG)
1 Fouilles d'ouvrage m3 0,76 5.000 3.800
2 Béton de propreté dosé à 150 kg/m3 m3 0,03 92.000 2.760
3 Béton armé dosé à 350 kg/m3 m3 0,26 2.000.000 52.00
4 Acier pour armature kg 18,00 2.000 36.000
5 Coffrage plans m2 0,30 8.500 31.450
6 Buse dia. 200 ml 4,50 8.760 39.420
TOTAL 165.430

3.5. Estimation des investissements d'infrastructure : récapitulatif


Surf. S. Tot P. U. Sommes
DESIGNATION Quantité
(are) (are) (FMG) (FMG)
Etang de ponte 2 30 0,6 398.115 796.230
Etang d'éclosion et d'alevinage 4 10 40 3.301.050 13.204.260
Etang de stockage des géniteurs 2 5 10 2.937.955 5.875.910
Conduite des travaux de terrassement canal   - - - p.m.
TOTAL 50,6   19.876.340

Le montant total de l'estimation des investissements pour la construction des étangs d'une petite station privée
de production d'alevins, d'une surface utile de 50,6 ares décrite ci-dessus, non prévu des canalisations pour
l'alimentation et l'évacuation des eaux, s'élève à 19.876.340 FMG.

REMARQUES: en pratique, les rizières transformables en étangs sont presque toujours équipées de canaux
pour l'irrigation ; ces canaux peuvent servir pour l'alimentation et l'évacuation en eau des étangs sans devoir
subir de grandes modifications.

Ce montant estimatif pourrait servir de référence à un bureau d'étude lors d'un appel d'offre à des entreprises
privées pouvant se charger de la réalisation de ces travaux.

En milieu rural, le producteur privé qui se chargera lui-même de l'aménagement progressif de sa station de
production d'alevins réduira d'au moins d'au facteur 10 les coûts totaux évalués, et cela sans négliger la
qualité de construction des ouvrages. Il faut encore ajouter, qu'en pratique, les petites stations privées de
production d'alevins ne dépasseront probablement que rarement une surface totale en étang de 30 ares
permettant 20 ares d'alevinage et une production de 100.000 alevins.

4. PETIT EQUIPEMENT DES PETITES


STATIONS PRIVEES DE PRODUCTION
D'ALEVINS
Nous ne tiendrons compte pour nos calculs estimatifs du petit matériel et équipement que d'une partie de
l'équipement et nous ne tiendrons pas compte du petit matériel tel que seaux, bassines, etc …

Nous évaluerons le coût de l'équipement composé :


- d'une senne de 10 m de long et 1 m de large, de maille de 8 mm dont la
nappe de filet est importée(Ets Sagnier Belgique) et le montage fait sur place 160.000 FMG
avec du matériel local à…
- d'un happa composé de la même nappe de filet et de 1,5 m de long, 1 m de
80.000 FMG
large et 1 m de hauteur à
- de deux épuisettes de 60 × 35 cm équipées de cette même nappe de filet à
40.000 FMG
20.000 FMG l'unité
TOTAL 280.000 FMG

Il faut préciser que, selon l'ingéniosité de chaque producteur privé, ce petit matériel et équipement sera plus
ou moins “adapte” d'après les matériaux disponibles et cela à des prix coûtants très variables.

5. FONCTIONNEMENT ET ENTRETIEN
L'estimation des coûts en intrants pour le fonctionnement et l'entretien des petites stations privées de
production d'alevins par saison portera sur le coût estimatif des amendements, des fumures et des aliments.
En pratique, le gestionnaire adaptera les traitements conseillés en fonction de la production naturelle des
étangs et des éléments disponibles.

5.1 Estimation des coûts de fonctionnement des étangs de stockage


des géniteurs.
5.1.1. Amendement

A. Méthode de l'amendement

Les amendements concerneront essentiellement les étangs d'alevinage et d'éclosion, mais également les
étangs de stockage des géniteurs et cela d'autant plus que ces étangs sont récents.

Les traitements proposés pour :

CHAUX AGRICOLE - SOABE - 120 FMG/KG (usine)

sont de :

i) dose de fond :

kg/are kg/are
Nature du sol pH
(nouveaux étangs) étangs utilisés)
5–5,5 32–40 16–20
Terrain sableux
5,5–6 20 10
5–5,5 20–30 10–15
Terrain argileux
5,5–6 10–20 5–10

ii) dose d'entretien : après chaque vidange épandre une demi dose de fond sur l'assiette.

B. Estimation du coût de l'amendement


L'estimation du coût de l'amendement se fera avec comme référence

 une dose de fond de 10 kg/are


 une dose d'entretien par année.

Dose de fond :    
10 kg/are × 10 ares × 120 FMG/kg = 12.000 FMG
Dose d'entretien :    
1/2(10 kg/are × 10 ares × 120 FMG/kg = 6.000 FMG
TOTAL = 18.000 FMG

5.1.2. Fumure minérale

L'utilisation seule de fumure organique sera préférée et cela d'autant plus que

 le coût des engrais minéraux est élévé;


 la disponibilité assez bonne de fumier en milieu rural.

5.1.3. Fumure organique

A. Méthode de la fumure organique

Une dose de fond de fumier sera épandue lors de la mise à sec de l'étang. De plus, plusieurs fois par semaine,
des épandages de fumier préalablement liquéfié et aéré devront se faire en fonction de la fertilité de l'eau de
l'étang testée par disque de Secchi. Pour nos calculs nous utilisons du fumier de porc, les doses pourront être
adaptées suivant la nature du fumier disponible.

Les traitements proposés pour :

FUMIER DE PORC BIEN FAIT (humide) - ORIGINE VARIABLE - 11 FMG/KG

sont de :

i. dose de fond :10–20 kg/are


ii. dose d'entretien : par épandage à raison de 2–3 kg par are et par semaine, après dilution et aération
dans un récipient.

B. Estimation du coût de la fumure organique

dose de fond  
15 kg/are × 10 are × 11 FMG/kg = 1.650 FMG
dose d'entretien  
2,5 kg/are × 10 are × 52 semaines × 11 FMG/kg = 1.300 FMG
TOTAL = 2.950 FMG.

La fertilisation organique devra comprendre l'utilisation de compostières bien entretenues (composition de la


compostière : drèche, paille, cendre, déchets de cuisine, fumier…).

5.1.4. Alimentation artificielle


A. Méthode de l'alimentation artificielle

Une alimentation artificielle complémentaire sera d'autant plus nécessaire que les conditions d'élevage seront
plus intensives. Nous proposons deux scénarios possibles :

i. fertilisation de l'étang et apport plus faible en aliment artificiel.


ii. faible fertilisation de l'étang et apport plus important en aliment artificiel.

Pour nos calculs nous supposerons que :

 le poids moyen des géniteurs mâle est d'1 kg ;


 le poids moyen des géniteurs femelle est de 2 kg ;
 la eroissance moyenne des géniteurs est de 0,75 kg/an.

Les traitements proposés sont :

 pour le scénario i) l'aliment sera donné à raison de 1 % de la biomasse totale des géniteurs;
 pour le scénario ii) l'aliment sera donné journalièrement à raison de 2 % de la biomasse totale des
géniteurs.

pour :    
aliment croissance composé de : son de blé 60 %
  tourteaux de coton 35 %
  farine de poissons 5%

au prix de 280 FMG/kg à la provenderie de Tombontsoa, Antsirabe. Cet aliment contient 23 % de protéines
digestibles (% MS) et 2,9 kcal/g).

B. Estimation du coût de l'alimentation artificielle

poids moyen du stock de géniteurs :


(25 × 2 kg) + (50 × 1 kg) + (75 × 0,75)/2 = 128,125 kg

scénario i) :    
1/100 × 128,125kg × 280 FMG/kg × 365 jours = 130.944 FMG/an
scénario ii) :    
2/100 × 128,125 × 280 FMG/kg × 365 jours = 261.888 FMG/an

pour la suite de nos calculs, c'est le coût estimatif du scénario i) que nous retiendrons étant donné le coût
élevé de l'alimentation artificielle qui est à comparer à celui du fumier.

5.2. Estimation des coûts de fonctionnement des étangs d'éclosion et


d'alevinage
5.2.1. Amendement

A. Méthode de l'amendement

i. dose de fond cf. 3.1.1.


ii. dose d'entretien : néant

B. Estimation du coût de l'amendement


• dose de fond
10 kg/are × 40 ares × 120 FMG/kg = 48.000 FMG

5.2.2. Fumure minérale

A. Méthode de la fumure minérale

La préparation et le suivi de la fertilisation des étangs d'éclosion feront l'objet de soins attentifs. L'objectif de
la fertilisation sera d'obtenir rapidement “une soupe verte” après la mise en eau de l'étang d'alevinage devant
coincider avec le moment de la fraie dans l'étang de ponte. Pour stimuler le développement des
microorganismes planctoniques, nous proposons l'utilisation simultanée de fertilisants organiques et
minéraux.

Les traitements proposés pour la fumure minérale pour :

ENGRAIS COMPLET N.P.K. 11/22/16 - DEPOSITAIRE COROI- 450 FMG/KG

UREE (46% N) - DEPOSITAIRE COROI- 430 FMG/KG sont de

i) dose de fond : à fractionner en deux épandages au cours d'une semaine.

Nature du sol Dose maximum


0,4–0,8 kg N/are
Terrain sableux
0,1– 0,2 kg P205/are
0,2 – 0,4 kg N/are
Terrain argileux
0,05 – 0,1 kg P205/are

ii) dose d'entretien : un quart des doses de fond proposées par semaine à répartir en deux épandages.

B. Estimation du coût de la fumure minérale

L'estimation du coût de la fumure minérale sera établie avec une dose de fond de référence de 0,4 kg N/are et
0,1 kg P205/are. Nous utiliserons l'engrais N.P.K. 11/22/16 et l'urée à 46% N pour nos calculs, du fait de leur
relativement bonne disponibilité sur le marché.

i. dose de fond
Il faut approximativement :

0,5 kg/are de 11/22/16 càd 0,11 kg P205/are


  0,05 kg N/are
0,75 kg/are d'urée càd 0,35 kg N/are

ii. pour obtenir la dose de fond de référence, dont l'estimation du coût est de :

(0,5 kg (11/22/16)/are × 40 ares × 450FMG/kg)+  


(0,75 kg (urée)/are × 40 ares × 430 FMG/kg) = 21.900 FMG

iii. dose d'entretien


La durée de l'élevage est évaluée à 6 semaines

6/4 × (0,5 kg/are × 40 ares × 450 FMG/kg) +  


6/4 × (0,75 kg/are × 40 ares × 430 FMG/kg) = 32.850 FMG
TOTAL =54.750 FMG

5.2.3. Fumure organique

A. Méthode de la fumure organique

L'association de la fumure minérale à la fumure organique, qui reste l'élément fertilisateur de base, devrait
favoriser sa décomposition et permettre un développement rapide des premiers microorganismes
planctoniques, source alimentaire importante du stade larvaire de la carpe.

Les traitements proposés pour :

FUMIER DE PORC BIEN FAIT (humide) - ORIGINE VARIABLE -11 FMG/kg

sont de :

i. dose de fond
10 à 20 kg de fumier par are fractionné en deux épandages répartis sur une période d'une semaine ;
ii. dose d'entretien
un quart des doses de fond proposées par semaine à fractionner en deux épandages.

B. Estimation du coût de la fumure organique

i) dose de fond    
15 kg/are × 40 ares × 11 FMG = 6.600 FMG
ii) dose d'entretien    
6/4 (15 kg/are × 40 ares × 11 FMG) = 9.900 FMG
TOTAL = 16.500 FMG

5.2.4. Alimentation artificielle

A. Méthode de la fumure artificielle

On sait que la production naturelle d'un étang fertile peut satisfaire la demande des alevins en minéraux,
partiellement en protéines et médiocrement en énergie ou glucides et lipides. Pour les conditions d'alevinage
retenues et considérées comme intensives à Madagascar, il est important de prévoir une alimentation
artificielle complémentaire.

Pour nos calculs nous supposerons que:

 le cycle d'alevinage est de 6 semaines


 la densité de larves en début de cycle est de 100–150/m2
 la densité d'alevins en fin de cycle est de 50/m2
 le poids de l'alevin en fin de cycle est de ± 2,5 gr.

Les traitements proposés pour

aliment alevinage composé de : farine de poisson 30 %


tourteaux de
  30 %
coton
  remoulage 20 %
  son de blé 20 %

au prix de 410 FMG/kg à la provenderie de Tombontsoa, contenant 34 % de protéines digestibles (%


MS) et 3,1 kcal/g, sont de :

 0,50 kg/are du 10ème au 20ème jours d'alevinage ;


 0,75 kg/are du 21ème au 34ème jours d'alevinage ;
 1,00 kg/are du 35ème au 42ème jours d'alevinage. (Voir histogramme ci-après)

B. Estimation du coût de l'alimentation artificielle

jours    
[0 – 10] ---------------------------------------------  
0,5 Kg/are jour × 11 jours × 40 ares × 410
10 – 21] = 90.200 FMG
FMG/Kg
0,75 Kg/are jour × 14 jours × 40 ares × 410
21 – 35] = 172.200 FMG
FMG/Kg
35 – 42] 1 Kg/are jour × 7 jours × 40 ares × 410 FMG/Kg = 114.800 FMG
  TOTAL :    377.200 FMG

5.3. Estimation des coûts de fonctionnement des étangs de ponte


L'utilisation des coûts de fonctionnement des étangs de ponte étant de courte durée et ne nécessitant que de
petits travaux de nettoyage et entretien, il n'en sera pas tenu compte dans nos calculs.

5.4. Estimation du coût en main-d'oeuvre


L'évaluation du coût en main-d'oeuvre peut se faire de diverses manières, nous présenterons ici deux des
scénarios qui nous paraissent parmi les plus probables.
i. La responsabilité de la gestion de la station privée de production d'alevins sera à la charge de la
cellule familiale. Les bénéfices de la station étant le fruit du travail de la famille, seront intégrés dans
le budget familial.
ii. Le gestionnaire, individu responsable du bon fonctionnement de la station, prendra en charge un
ouvrier permanent et considèrera le solde du bénéfice de la station comme son propre salaire
correspondant à sa contribution au fonctionnement de la station.

Pour nos calculs, nous retiendrons le cas ii, le coût annuel de main-d'oeuvre de l'ouvrier avec un salaire
mensuel de 40.00 FMG

12 × 40.000 = 480.000 FMG

auquel il faut ajouter 18 % de charge patronale

480.000/100 × 18= 86.400 FMG


TOTAL : 566.400 FMG

5.5. Estimation des frais de fonctionnement et entretien :


récapitulatif :
Quantité P.U. Montant
Désignation
(FMG) (FMG)
Etangs géniteurs:      
Chaulage (chaux agricole) 150 kg 120 18.000
Engrais organique
268 kg 11 2.950
fumier de porc
Aliment artificiel 468 kg 280 130.994
Etangs alevinage :      
Chaulage (chaux agricole) 400 kg 120 48.000
Engrais minéraux
50 kg 4 22.500
11/22/16
Urée (46 %) 75 kg 430 32.250
Engrais organique
1.500 kg 11 16.500
fumier de porc
Aliment artificiel 920 kg 410 377.200
Coût en main-d'oeuvre 1 566.400 566.400
TOTAL 1.214.744

6. BILAN
Le bilan finalisera cette étude de faisabilité d'une unité de production de 200.000 alevins cessibles. Avant de
conclure, il nous faut encore au moins tenir compte du coût d'amortissement des terres, du coût de la main-
d'oeuvre utilisée (paragraphe 5.4.). A cela, il faut encore ajouter que le gestionnaire d'une petite station privée
de production d'alevins ne se contentera pas de la production exclusive d'alevins mais étendra ses activités au
grossissement. Le revenu assuré par la production de poissons marchands devra également être estimé.

Nous récapitulerons les rubriques des recettes et des dépenses avant d'établir le bilan estimatif global.
6.1. Recettes
6.1.1. Recettes dues à la vente d'alevins

La production théorique des petites stations privées de production d'alevins qui a été retenue est de 200.000
alevins cessibles. Le prix de vente officiel des alevins de main-d'oeuvre de 3 cm produit par les stations d'état
étant à présent de 20 FMG l'unité, la recette annuelle provenant de la vente d'alevins est donc de :

200.000 × 20 = 4.000.000 FMG

Le prix officiel des alevins de moins de 3 cm produits par les stations d'état sera probablement augmenté au
cours des deux prochaines années, d'autre part, des alevins de plus de 3 cm sont vendus à des prix beaucoup
plus élevés. Nous avons donc retenu pour nos calculs, le scénario officiel qui ne tient pas compte de la
libéralisation des prix d'alevins prévue pour la campagne 90/91.

6.1.2. Recettes dues au grossissement et à la vente de poissons marchands

Pour simplifier nos estimations, nous retiendrons uniquement le grossissement dans les étangs d'alevinage et
cela :

 avec des conditions de bonne fertilisation


 sans alimentation complémentaire
 à un taux de mise en charge de 50 alevins par are
 une durée d'élevage de 5 a 6 mois
 un taux de survie estimé à 70 %.
 un poids moyen a la vidange de 0,3 kg/unité

La production de poissons marchands pourra être grossièrement estimée à : 40 ares × 50 (alevins/are) ×


70/100 × 0,3 kg/are = 420 kg En retenant un prix de vente de 2.500 FMG/kg, la recette issue de la vente des
poissons marchands sera de :

420 kg × 2.500 FMG/kg = 1.050.000 FMG

6.2. Dépenses
6.2.1. Estimation du coût des investissements d'infrastructures piscicoles

Notre récapitulatif des estimations des investissements conformément au paragraphe 3.5. s'élève à 19.876.340
FMG. Nous considèrerons que l'amortissement de ces investissements devra se faire sur une période de vingt
années et donc au coût annuel de :

19.876.340 FMG/20 = 993.817 FMG.

6.2.2. Estimation du coût du petit matériel et de l'équipement des produits

L'amortissement de l'équipement et du petit matériel devra se faire sur une période de cinq années et donc au
coût annuel de :

280.000 FMG/5 ans = 56.000 FMG


6.2.3. Estimation du coût du fonctionnement et de l'entretien

De même, notre récapitulatif estimatif des frais d'entretien et de fonctionnement annuel établi au paragraphe
5.4.1. s'élève à 1.214.744 FMG

6.3. Récapitulation des recettes et des dépenses par année


POSTES RECETTES(FMG) DEPENSES (FMG)
Vente d'alevins 4.000.000  
Vente poissons marchands 1.050.000  
Amortissement des investissements   993.817
Amortissement du petit matériel et équipement   56.000
Coût fonctionnement et entretien   1.214.744
TOTAL 5.050.000 2.264.561

BILAN (positif) : 2.785.439 FMG

7. CONCLUSIONS
7.1. Conclusions générales
Le bilan positif des recettes et des dépenses par année s'élève donc à 2.785.439 FMG théoriquement à un
salaire mensuel de 232.120 FMG pour les gestionnaires de la station. Le coût de production par alevin est de
11.3 FMG. pour un investissement initial (infrastructure + petit matériel) de 20.156.340 FMG et un coût de
fonctionnement annuel de 1.214.744 FMG.

Ce revenu est à comparer à l'usuel revenu rizicole des terres immobilisées du fait de la construction des
étangs.

En considérant que 60 ares de rizières ont été transformées pour obtenir 50,6 ares d'étangs et qu'un hectare de
rizière produit en moyenne 2 T de paddy qui se vend à 350 FMG/kg à la récolte, nous pouvons estimer que le
revenu de la récolte rizicole avant l'immobilisation des terres est de :

0,6 × 2.000 × 350 = 420.000 FMG

Par nos estimations, on pourrait considérer que les étangs soient repiqués en riz après l'alevinage et même
utilisés sous forme de rizipisciculture. Pour simplifier, nous retiendrons l'utilisation des étangs d'alevinage à
seule fin de grossissement. De même, les cultures de contre-saison n'étant pas toujours systématiques, nos ne
tiendrons pas compte de cette éventualité.

Il apparaît donc clairement dans notre étude théorique que la spéculation de station privée de production
d'alevins est largement plus rémunératrice que la riziculture classique.

Les chiffres retenus pour nos calculs réalisés à base de normes techniques moyennes et prix d'investissement
d'entreprises, sont ceux d'une année d'exploitation de croisière c'est-à-dire ceux d'une exploitation ayant
accompli au moins quelques campagnes de reproduction et ayant atteint au cours des années précédentes, la
surface d'exploitation retenue dans nos calculs.

Il faut encore ajouter, qu'un exploitant maîtrisant les techniques de reproduction et d'alevinage peut
augmenter sa production et ou diminuer les coûts de production par :

 diminution des coûts d'investissements ;


 l'utilisation des étangs d'alevinage pour un deuxième cycle d'alevinage

et
ainsi augmenter à près du double la production d'alevins cessibles ;

 augmentation de la mise en charge en larves dans les étangs d'alevinage ;


 utilisation des mêmes géniteurs mâles après un repos d'au moins dix jours entre chaque mise en pose,
et ainsi diminuer par deux le nombre de géniteurs mâles nécessaire pour la reproduction.

Notre exploitation théorique reste donc assez moyenne quant aux normes retenus. Il existe donc un large
éventail de possibilités d'augmentation de la production sans extension de surface. Il faut néanmoins tempérer
un optimisme trop hatif en rappelant que nos calculs reposent sur un modèle théorique et qu'il n'est pas tenu
compte, entre autres, des fluctuations des coûts d'intrants sur le marché, ni des coûts de transport.

7.2. Simulation des résultats financiers


7.2.1. Comptes d'exploitation prévisionnels (en FMG)

  Année 0 Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 Année 5


CHIFFRE D'AFFAIRES   5.050.000 5.050.000 5.050.000 5.050.000 5.050.000
• Consommation matières   648.394 648.394 648.394 648.394 648.394
• MARGE BRUTE   4.401.606 4.401.606 4.401.606 4.401.606 4.401.606
% C. A.   87 87 87 87 87
• Fournitures et services   0 0 0 0 0
• Consommations interm.   648.394 648.394 648.394 648.394 648.394
VALEUR AJOUTEE   4.401.606 4.401.606 4.401.606 4.401.606 4.401.606
% C. A.   87 87 87 87 87
• Autres dépenses :            
• frais de personnel   480.000 480.000 480.000 480.000 480.000
• Impôts et taxes   86.400 86.400 86.400 86.400 86.400
EXCEDENT BRUT D'EXPL.   3.835.206 3.835.206 3.835.206 3.835.206 3.835.206
% C. A.   76 76 76 76 76
• Amortissement   1.049.817 1.049.817 1.049.817 1.049.817 1.049.817
RESULTATS AVANT F.F.   2.785.389 2.785.389 2.785.389 2.785.389 2.785.389
% C. A.   55 55 55 55 55
• Frais financiers   0 0 0 0 0
RESULTAT D'EXPLOIT.   2.785.389 2.785.389 2.785.389 2.785.389 2.785.389
% C. A.   55 55 55 55 55
I. B. S.            
RESULTAT NET   2.785.389 2.785.389 2.785.389 2.785.389 2.785.389
% C. A.   55 55 55 55 55
CASH FLOW NET   3.835.206 3.835.206 3.835.206 3.835.206 3.835.206
% C. A.   76 76 76 76 76

Pour cette simulation sur cinq ans, l'évaluation des fournitures et services ainsi que les frais financiers n'ont
pas été mentionnés.

7.2.2. Situation prévisionnelle de trésorerie (en FMG)

  Année 0 Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 Année 5


RENTREES DE
           
TRESORERIE
Fonds propres 20.156.340          
Emprunts   3.835.206 3.835.206 3.835.206 3.835.206 3.835.206
TOTAL rentrées 20.156.340 3.835.206 3.835.606 3.835.606 3.835.606 3.835.606
SORTIES DE TRESORERIE            
Investissement 20.156.340          
Intérêt intercalaire            
Fonds de roulement   0        
Augmentation FDR            
Remboursement emprunt            
TOTAL sorties 20.156.340 0 0 0 0 0
SITUATION ANNUELLE 0 3.835.206 3.835.206 3.835.206 3.835.606 3.835.606
SITUATION CUMULEE 0 3.835.206 7.679.412 11.505618 15.340.824 19.176.030

Taux de rentabilité interne : 14 %


Délai de récupération : à partir de la 5ème année.

7.2.3. Analyse sommaire des comptes d'exploitation prévisionnels et de la situation


prévisionnelle de trésorerie

La simulation a été faite en retenant dès l'année 1 une production de 200.000 alevins cessibles. Des résultats
obtenus, il apparaît clairement qu'avec un taux de rentabilité interne de 14 % tout en n'ayant pas tenu compte
des frais financiers, la situation prévisionnelle de trésorerie, sans être négative, n'est pas très favorable.

Ceci est dû essentiellement aux investissements qui sont très élevés : 20.156.340 FMG. En effet, lors de nos
calculs, nous avons retenus des coûts de construction du secteur commercial. C'est toujours pour cette raison
et en sachant pertinemment bien que les les coûts d'investissement ou plutôt les coûts d'infrastructure
piscicole en milieu rural sont beaucoup plus faibles que ceux retenus dans notre étude fictive, que nous
n'avons pas tenu compte des frais financiers. Dans la seconde partie de ce document, étude réelle, nous
tiendrons compte de tout élément.

Rappelons encore que ces cours sont très surévalués par rapport au coût de réalisation en milieu rural. Dans
cette optique, notre simulation des résultats financiers qui sera d'autant meilleure que les coûts
d'investissement seront réduits, comporte les résultats positifs devant être obtenus par les stations privées de
production d'alevins en milieu rural.
7.3. Comparaison de quelques bilans théoriques d'exploitation
Nous allons comparer le bilan d'exploitation établi préalablement pour une petite station devant produire
200.000 alevins aux bilans théoriques d'exploitation de deux stations plus petites, devant produire
respectivement 100.000 et 50.000 alevins cessibles.

En effet, les contraintes essentiellement liées à l'écoulement d'une production importante d'alevins, en ne
disposant que de moyen de transport limité et aux faibles disponibilités en terrain, favoriseront l'installation
de station produisant moins de 200.000 alevins. Aussi est-il intéressant de déterminer la surface minimum
rentable théorique d'une petite station de production d'alevins.

Dès à présent, nous pouvons établir que les coûts de fonctionnement et entretien seront directement
proportionnels à la surface exploitée, que le coûts d'investissement seront moins que proportionnels à
l'augmentation de la surface des étangs et que les coûts de main d'oeuvre sont également moins que
proportionnels à l'augmentation de la surface de l'exploitation. Nous pouvons même postuler que les coûts de
main d'oeuvre seront très semblables pour des petites exploitations de 15 à 50 ares. Nous estimons que la
construction d'étangs de moins de 2,5 ares, autres que les étangs de ponte, n'est pas prise en considération.

Nous avons trouvé un bilan d'exploitation positif de 2.785.439 FMG pour une petite station privée de 50,6
ares utiles devant produire 200.000 alevins cessibles et se composant de deux étangs de ponte de 0,3
are/unité, deux étangs de stockage des géniteurs de 5 ares/unité, de quatre étangs d'éclosion et d'alevinage de
10 ares/unité, que nous caractériserons par un revenu par are utile de :

2.785.439/50,6 = + 55.048 FMG/are.

Nous trouvons un bilan d'exploitation positif de 1.141.505 FMG pour une petite station privée de 25,3 ares
utile devant produire 100.000 alevins cessibles et se composant de :

 1 étang de ponte de 0,3 are,


 2 étangs de stockage de géniteurs de 2,5 ares/unité,
 2 étangs d'éclosion et d'alevinage de 10 ares/unité

que nous caractériserons pour un revenu par are utile de : 1.141.505

FMG/25,3 = + 45.120 FMG/are

De même, nous trouvons un bilan d'exploitation positif de 206.635 FMG pour une petite station privée de
15,3 ares utile devant produire 50.000 alevins cessibles et se composant de :

 1 étang de ponte de 0,3 are,


 2 étangs de stockage de géniteurs de 2,5 ares/unité,
 2 étangs d'éclosion et d'alevinage de 5 ares/unité

que nous caractériserons par un revenu par are utile de :

• 206.635 FMG/15,3 = 15.506 FMG/are

Récapitulation des bilans d'exploitation théorique

Production d'alevins cessibles 50.000 100.000 200.000


Bilan d'exploitation (FMG) 206.635 1.141.505 2.785.439
Surface d'exploitation utile (are) 15,3 25,3 50,6
Revenu par are utile (FMG) 13.506 45.120 55.048

Nous pouvons donc tirer comme conclusion que la surface minimum rentable théorique établie avec nos
références doit se situer aux environs de 20 ares utiles. Les limites de rentabilité sont essentiellement
imposées par le coût des investissements qui, ici, sont des prix de secteur commercial. De ce fait, en milieu
rural, ces coûts d'investissement seront nettement moins importants et la surface minimum rentable sera plus
faible.

Rappelons que cette limite existe et que la spéculation de petite station privée d'alevins requiert de la part du
gestionnaire, un minimum d'ambition pour réussir, et pour nous, même si une surface plus faible s'avère
rentable, une surface minimum d'environ 20 ares est exigée au point de vue purement piscicole.