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Les chiffrages d’accord

 À quoi servent les chiffrages d’accord ?

Le chiffrage de l’accord est très utile car :

Il indique quelle est la couleur de l’accord aux musiciens (Majeur,


mineur…)
Il est très utilisé dans plusieurs styles de musique (Baroque, Classique,
Jazz, Variété). Les chiffrages permettent aux musiciens de déchiffrer et
jouer plus rapidement que si toutes les notes étaient écrites, voir même
d’improviser, selon certains styles de musique.
De manière plus générale, savoir chiffrer les accords permet au musicien
d’avoir une meilleure compréhension de la musique interprétée : on
résume en quelques chiffres quels sont les accords employés, et les
fonctions tonales utilisées (les degrés, Ier, Ve, etc.) : les accords sont un
peu le « squelette » de l’œuvre.

 Comment cela fonctionne ?

Le chiffrage de l’accord est constitué généralement d’un ou de deux


chiffres (d’origine arabe) : 5 ; y ; 6 ; g etc. Ils correspondent à l’intervalle
mesuré entre la basse et la (ou les) note(s) située(s) au dessus. Devant
ces chiffres, on peut rajouter les altérations des notes correspondantes, si
besoin est.
On note les degrés en indiquant un chiffre romain : Ier (tonique) ; IVe
(sous-dominante) ; Ve (dominante) etc.

 Et en détail ?

La méthode est très simple, elle consiste à indiquer auprès de la note de


basse des chiffres symbolisant les intervalles caractéristiques de l’accord. Le
degré (en chiffres romains) est placé en dessous du chiffrage de l’accord :

1
Pour chiffrer les accords, on procède en quatre étapes :

1. On enlève toutes les notes doublées en n’en gardant qu’une seule


pour chaque son, sans toucher à la basse :

2. On simplifie l’octaviation des notes ; c’est-à-dire que l’on regroupe


dans sa tête toutes les notes en partant de la basse, même si elles
sont écrites sur plusieurs portées :

ou

3. On compte les intervalles, de bas en haut, en partant de la basse


de l’accord.

Attention ! Pour trouver le chiffrage d’accord, on ne


compte jamais les distances séparant les notes
intermédiaires (les intervalles autres que ceux
mesurés entre basse et dessus) :

Mais uniquement les distances qui séparent la note


de basse et celles situées au dessus de celle-ci !

3ce 5te

2
4. On se retrouve donc, dans notre exemple, avec l’accord chiffré de
la manière suivante :

3ce 5te

 Le chiffrage d’accord parfait à trois sons en détail : l’état fondamental et


les renversements.

L’état fondamental

On dit d’un accord qu’il est à l’état fondamental lorsqu’il est disposé en
« empilement de tierces ». C’est-à-dire que l’on ne trouve que des tierces dans les
intervalles internes :

Empilement de tierces :

3ce 3ce

Tierce et quarte

3ce 4te
 Lorsqu’il est à l’état fondamental, on peut chiffrer cet accord 5 ou car
lorsque l’on compte la distance qui sépare la note de basse des notes
situées au dessus, on trouve toujours deux intervalles : une tierce puis
une quinte :

3ce 5te

3
Le premier renversement

On dit d’un accord qu’il est renversé lorsque l’on trouve d’autres intervalles
que des tierces en intervalles internes.
Pour le premier renversement, on fait passer la basse de notre accord à
l’état fondamental (5) au dessus des autres notes et on se retrouve avec les
mêmes notes, mais jouées dans un ordre différent !

Cet accord en position de premier renversement, est chiffré 6 ou car on


compte, en partant de la basse, un intervalle de tierce puis un intervalle de sixte.

Le second renversement

Pour le second renversement, on fait à nouveau passer la basse de l’accord


au dessus (mais à partir du premier renversement cette fois) et on se retrouve
avec un intervalle de quarte et un intervalle de sixte. Cet accord se chiffre toujours : y

Si l’on fait passer une dernière fois la basse au dessus, on retrouve notre état
fondamental et le chiffrage 5 ou !

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Les simplifications de chiffrage et altérations

Dans le cas de l’accord à trois sons, à l’état fondamental et au premier


reversement, indiquer la tierce dans le chiffrage est facultatif. En effet, comme cet
intervalle (la tierce) sonne bien, on le trouve très souvent dans les accords du
système tonal : il est donc très souvent sous-entendu.

État Chiffrage complet Chiffrage conventionnel


État fondamental 5 5
3
Premier renversement 6 6
3

Il arrive aussi que des altérations accidentelles doivent figurer dans les
chiffrages d’accords. Elles sont indiquées à gauche du chiffre symbolisant la note
concernée. Si on rencontre une altération seule... c’est qu’elle concerne une tierce :
on l’écrit « à la place » du chiffre 3, sous le 5 ou le 6. On place même parfois une
altération seule pour symboliser l’accord chiffré 5 si sa tierce est + ; - ou =
Les altérations de l’armure n’ont pas à être confirmées dans le chiffrage, sauf
si une altération accidentelle apparait juste avant.

Et trouver les degrés ? Trois étapes…

1. On remet l’accord à l’état fondamental (voir ci-dessus)

2. On regarde dans quelle tonalité on se trouve et on prend la basse


de notre accord à l’état fondamental

3. L’emplacement de la basse de l’accord dans la gamme (connu


grâce au nom de la note) nous donne le degré (de I à VII).

 Par exemple, Sol est la 5ème note de la gamme de Do : la Dominante (V). Si


la basse de mon accord à l’état fondamental est Sol, cet accord et ses
renversements sont tous des accords de Dominante (V) !

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En résumé :

Etat Définition Exemples Chiffrage


L’accord est constitué d’un empilement
de tierces ; lorsque l’on compte la
État fondamental (EF) distance séparant la note de basse des 5 ou
notes de dessus, on trouve une tierce
puis une quinte.
L’accord est constitué d’un
empilement d’une tierce puis d’une
quarte ; lorsque l’on compte la distance
Premier renversement (1er R.) 6 ou
séparant la note de basse des notes de
dessus, on trouve une tierce puis une
sixte.
L’accord est constitué d’un
empilement d’une quarte puis d’une
Second renversement (2nd R.) tierce ; lorsque l’on compte la distance y
séparant la note de basse des notes de
dessus, on trouve quarte puis une sixte.

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 Le chiffrage d’accord à quatre sons

L’accord à quatre sons est constitué, à l’état fondamental, d’un empilement


de trois tierces (là où l’on en trouvait que deux dans l’accord parfait à trois sons).
Contrairement à l’accord parfait, qui peut se trouver sur n’importe quel degré de la
gamme, certains accords à quatre sons peuvent être dépendant d’un ou de plusieurs
degrés définis.
Pour chiffrer les accords à quatre sons1, on utilise le même système que pour
les accords à trois sons (vu plus haut). Or, comme il y a une note en plus que dans
l’accord parfait, on doit intégrer un « étage » de chiffre supplémentaire.
Nous allons voir trois types de septièmes différentes :

 La septième de dominante
 La septième d’espèce
 La septième diminuée

La septième de dominante

Comme son nom l’indique, la septième de dominante est un accord du Ve


degré, c’est-à-dire qu’elle se trouve toujours construite sur la cinquième note de la
gamme. À l’état fondamental et de haut en bas, on a d’abord une tierce Majeure,
puis deux tierces mineures. Elle sert souvent à affirmer une tonalité et/ou à
moduler (changer de tonalité au cours d’un morceau).

 En do :

 En la :

Renversements en do et chiffrages (ce sont des chiffrages « de convention »,


voir le tableau plus bas) :

1 Et également pour les accords à cinq sons (les accords de neuvième).

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Pour bien se souvenir des renversements de la septième de
dominante, on pourrait imaginer que l’accord dessine une chenille
sur la partition, l’emplacement de la seconde formé par un des
intervalles internes changeant de place en fonction du renversement :

o À l’état fondamental, la chenille est droite :

o Pour le premier renversement, on pourrait imaginer que la


tête est formée par la seconde :

o Pour le second renversement, le corps est coudé au milieu :

o Pour le troisième renversement, c’est la queue de la chenille


qui est coudée :

Attention, cet accord de septième de dominante est commun aux


tonalités homonymes : autrement dit, c’est le même accord en do Majeur
qu’en do mineur ; en la Majeur qu’en la mineur etc.

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La septième diminuée

Placée sur le VIIe degré du mode mineur uniquement, la septième


diminuée a fonction de Ve degré. C’est-à-dire que le compositeur peut s’en servir à
la place de la septième de dominante s’il désire donner un côté plus dramatique et
tendu à la musique.
Cet accord a la particularité de n’être constitué que de tierces mineures. Il
est commun à quatre tonalités par enharmonie (on peut moduler dans quatre
tonalités différentes à partir du même accord) :

La septième d’espèce

Contrairement à la septième de dominante et à la septième diminuée, la


septième d’espèce peut se trouver sur différents degrés : les degrés I ; II ; III ; IV et
VI, tant dans les gammes Majeures que mineures.
La première tierce de cet accord est Majeure ou mineure selon le degré sur
lequel l’accord repose. Voici les chiffrages d’un accord de septième d’espèce
construit sur la note do :

Une des particularités de la septième d’espèce est que, contrairement au cas de


la septième de dominante ou de la septième diminuée, l’on rajoute les altérations
qui ne sont pas à la clé directement dans le chiffrage ; un peu comme pour les
accords 5 ; y et 6.

Concernant les renversements de ces deux septièmes (diminuée et


d’espèce), le fonctionnement avec la chenille reste le même que pour la
septième de dominante !

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Type de Type de Etat Premier Second Troisième Commentaires
septième chiffrages fondamental renversement renversement renversement
Elle est toujours placée sur la Dominante (degré
Septième de Chiffrages de V). Les chiffrages sont « fixes », c’est-à-dire qu’ils
dominante fonction restent exactement les mêmes quelque soit la
tonalité et les altérations rencontrées !
Elle est toujours placée sur la Sensible (degré
Septième Chiffrages de VII). Là aussi, ce sont les mêmes chiffrages,
diminuée fonction quelque soit la tonalités et les altérations
rencontrées.
Elle peut se trouver sur plusieurs degrés (voir plus
haut). Contrairement aux deux septièmes
Septième Chiffrages de
pécédentes, on rajoute les altérations accidentelles
d’espèce description
(celles qui ne sont pas à l’armure) devant les
chiffres !
Les intervalles qui constituent les accords sont
communs à toutes les septièmes, à l’état
fondamental et pour tous les renversements. Ce
Intervalles Chiffrages de qui va changer, c’est la couleur de l’accord. En
utilisés description effet, même si l’on retrouve des intervalles
similaires, leur couleur change selon le type de
septième : ainsi, ils peuvent être Majeurs,
mineurs, justes, diminués ou augmentés !

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