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Myriam Roukoz, Groupe 1

Séance 4 :
La Mosaïque du droit médiéval (Xe-XIIe siècles).

Isidore de Séville, dans son œuvre Étymologies, encyclopédie populaire dans


le Moyen-Âge, définit dans le vers 3 les coutumes comme « […] le droit mis en
place par les usages, qui est invoqué à la place de la loi lorsque celle-ci fait
défaut. Cela ne change rien qu’elle soit écrite ou procède seulement la raison,
puisque la raison détermine également la loi. ». Il est clair que les coutumes
existent dans la société de l’Homme depuis beaucoup de temps. Le texte ici est
un exemple de l’importance des coutumes.
Ce texte est nommé Les Coutumes de Beauvaisis, œuvre rédigé par Philippe
de Beaumanoir en 1283. La Beauvaisis est une région autour de Beauvais, au
Nord de Paris. Philippe de Beaumanoir reprend toute les règles de Beauvais tout
en les comparant avec d’autre coutumes et des éléments tirés du droit romain.
Cette œuvre est rédigée à la demande du fils de Louis IX, Robert de Clermont. Il
s'inscrit d’ailleurs dans une période importante du développement de la
législation royale, et est aussi l’une des œuvres qui est considérée comme une
rédaction privée des coutumes afin de faciliter la preuve de la présentation de la
règle à appliquer. En ce sens, Les Coutumes de Beauvaisis est un coutumier, or
un recueil contenant toutes les règles composant une coutume. L’extrait présent
ici est tiré des paragraphes 682 et 683 du chapitre XXIV et se centralise sur les
coutumes et l’usages à l’époque. Il est aussi modernisé par Jean-Marie Carbasse,
dans la seconde édition de son œuvre Introduction Historique au droit, publié en
1999.
Il s’avère que certains effets juridiques sont la cause de la formation des
coutumes locales. Entre le VIème et le XXème siècles, le droit romain est de
moins en moins pratiqué car le droit de Justinien n’est pas connu en Occident,
vu que ce qui est appliqué est le Code Théodosien. Le droit romain persiste sous
la forme du Code Théodosien chez les germaniques, mais sa transmission
devient de plus en plus compliquée. C’est dans cette période ou les coutumes se
développent. Les coutumes sont des règles dont sa transmission passe par
l’orale, et c’est l’ensemble de pratiques considérés comme obligatoire par une
population donnée ou sur un territoire donné. Or, dans la perspective d’Isidore
de Séville, les coutumes interviennent quand il n’y a aucune loi applicable à une
cause. Les gens se conforme à la coutume car elle est considérée comme bonne
et introduit un avantage. Les coutumes deviennent donc une source du droit
principale, surtout entre le Xème et le XIIème siècles. Dans le XIème siècle,
l'église désirait unir les différentes ethnies et ainsi avoir un droit public pour
tous. C’est ainsi que les individus ne se définissaient plus selon leurs origines,
mais selon le lieu de leur habitat. Dans le XIIème siècle, la France se divise en
deux : la France du Nord qui est dominée par le droit coutumier, et la France du
Sud, dominée par le droit écrit qui reprend les règles du droit romain écrites et
les intègres dans les droit coutumiers. Autrement dit, c’est surtout dans la France
du Nord que les coutumes deviennent un droit applicable dans chaque territoire
et résultent d’une pratique d’usage répétée il y a longue période de temps.
En ce sens, comment les coutumes imposent-elles un pouvoir suprême sur la
totalité de l’Empire ?
La coutume est la loi qui organisent la société(I), et elles sont aussi le
pouvoir suprême qui limite tous les autres pouvoirs(II).

I. L’organisation de la société par la coutume.


La coutume organise la société parce qu’elle reflète la raison et c’est une
pratique majoritaire et habituelle à la population, surtout que les coutumes sont
très anciennes et sont ainsi une pratique répétée. Il apparait dans le texte que la
coutume est non seulement la loi qui éduque la population(A), mais aussi qui
permet à la société de fonctionner dans un État civil(B).
A/ L’éducation de la population
Le début du texte, or le paragraphe 682, a comme but d’informer la
population au sujet des coutumes et de leur fournir une compréhension entière
de cette dernière. En effet, l’application de la première personne du pluriel
« nous » (lignes 2-3-4-5) relève le fait que Beaumanoir explique sa démarche
étape par étape afin de la facilité à tous ses lecteurs. Ainsi, Beaumanoir veut
éduquer la population en leur fournissant un enseignement simple et clair au
sujet du droit. Son œuvre est similaire à un manuel d’enseignement. Dans cet
enseignement, Beaumanoir met en avant son interprétation de la coutume :
« nous dirons en ce chapitre brièvement ce qu’est la coutume et c que l’on doit
tenir pour coutume […] et nous parlerons aussi des usages […] et de la
différence entre usage et coutume. » (lignes 2-3 ; 5 ; 6). Par conséquent,
Beaumanoir veut introduire les coutumes et les usages simplement tout en
soulignant leurs importances et leurs différences. Son objectif est bel et bien
d’éduquer ses lecteurs au sujet du droit et de son application.
B/ le fonctionnement d’un État Civil
Dans le paragraphe 683, Philippe de Beaumanoir explique encore plus en
détails les branches majeures de la coutume: « la coutume est prouvée de deux
manières » (ligne 7). L’auteur met en avant l’importance de la coutume dans la
vie quotidienne de la population : « […lorsqu’] elle est générale dans toute le
comté et [qu’] elle existe depuis si longtemps que quiconque peu s’en souvenir
sans contestation […] lorsqu’il y a une coutume alléguée par une partie,
l’approbation de cette coutume en justice ; comme il est advenu bien des fois en
partages de succession et en autres querelles. » (lignes 8 ; 10-11). Ainsi, la
coutume à un effet juridique car elle s’impose dans la loi ; c’est une forme de
droit qui est semblable à la loi. C’est une pratique qui est respecté par la
population et aussi appliqué due à son ancienneté. Effectivement, la définition
ancienne de la coutume est qu’elle est un ensemble de droit et d’obligations qui
se divise en différent droit et notamment dans le droit fiscal, or le
droit recouvrant l'ensemble des règles de droit relatives aux impôts. Il s’avère
qu’en effet, un exemple de coutume de l’Antiquité romaine sont les taxes que les
habitants doivent verses au titulaire du fief. Le fief c’est l’ensemble de biens et
de pouvoir sur un territoire donné. Autrement dit, la coutume est la loi qui
permet le fonctionnement d’un État civil et organisé.

Ainsi, ce texte montre bien que les Coutumes de Beauvaisis tient plus qu’une
simple expérience de Philippe de Beaumanoir ; c’est aussi un manuel
d’enseignement avec l’objectif d’enseigner la population sur le droit de l’époque
et l’organisation de leur société. Cependant, ici, l’enseignement de la coutume,
principalement, introduit son utilisation, tout comme elle introduit aussi son
pouvoir, or sa souveraineté, et ses limites. En ce sens, le texte présent ici met
aussi en avant le pouvoir suprême de la coutume.

II. La coutume, un pouvoir suprême sur tous.


L’œuvre explique, à travers sa théorie des sources du droit, que la coutume
est reine. Elle limite donc tous les autres pouvoirs, et est aussi supérieure au
pouvoir du royaume(A), mais voir même à tout autre pouvoir(B).
A/ Une coutume souveraine de la cité.
Si la coutume est supérieure à tout autre pouvoir, elle est donc une
souveraineté. La souveraineté, c’est le principe de l'autorité suprême. Or donc,
elle est forcément supérieure même au Royaume. C’est ceci que met en avant
Philippe de Beaumanoir à la fin du paragraphe 683 de l’extrait présent ici.
Effectivement, il dit bien que : « […] ces coutumes [prouvés], le comte est tenu
de les garder et faire garder par ses sujets de telle façon que nul ne les corrompe.
Et si le comte lui-même voulait les corrompre ou souffrait qu’elles fussent
corrompues, le Roi ne le devrait p souffrir, car il est tenu de garder et faire
garder les coutumes de son royaume. » (lignes 12-15). La coutume est donc
stable et ne doit pas se modifiée. C’est aussi le devoir du Roi de les garder. En
ce sens, la coutume impose une obligation au Roi et aussi au royaume. La
coutume affirme ainsi donc son pouvoir suprême qui s’impose sur toute la cité et
que toute la cité respecte et ne contredit pas.
B/ La coutume, une limite à tout autre pouvoir ?
Dans le sens ancien, elle est même supérieure à la Constitution, vu que cette
dernière est simplement les textes émanés de l’Empereur. Aujourd’hui, la
Constitution, dans son sens matériel, est considérée comme l’ensemble de règle
juridique relative à l’organisation et au fonctionnement de l’État ; C’est ainsi
donc la loi fondamentale d’un État, adoptée et modifiée dans des conditions
spéciales, qui organise le pouvoir en vue de le limiter. Il est ainsi possible de
trouver un parallèle entre la coutume présente au XII-XIIIème siècles et celle
qui est présente de nos jours, au XXIème siècle. De plus, la souveraineté
suprême de nos jours s’éloigne du pouvoir divine, qui dans les siècles
précédents s’imposé sur tous. En ce sens, l’absence de l’imposition de cette
puissance divine dans l’extrait peut bien résulter à croire qu’elle est moins
importante, voir inexistante dans la présence des coutumes. Toutefois, les
coutumes sont généralement reliées à des habitudes anciennes, qui elles sont
reliées à la morale, la bienséance etc…Autrement dit, bien que l’extrait peut
montrer la coutume comme une puissance supérieure à la puissance de Dieu, il
s’avère que la plupart des coutumes sont enfaites tirées des règles de bienséance
que l’Homme adapte grâce à la puissance divine.