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RAPPORT D’ÉTUDE 15/02/2013

N°INERIS- DRC-12-125740-06310A-

Guide de classement des déchets selon leur


dangerosité suivant le Code de l’Environnement
et la réglementation SEVESO II (partie
applicable aux déchets)
Guide de classement des déchets selon leur
dangerosité suivant le Code de l’Environnement et la
réglementation SEVESO II (partie applicable aux
déchets)

Rapport réalisé pour le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et


de l’Energie (MEDDE)

Liste des personnes ayant participé à l’étude : Sandrine Andres, Pascal Laure
Geoffroy, Alice James, Pandard, Benoit Schnuriger

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TABLE DES MATIERES
CHAPITRE I : CLASSEMENT DES DECHETS EN DANGEROSITE DANS
LE CONTEXTE REGLEMENTAIRE DU CODE DE
L’ENVIRONNEMENT ................................................................................ 10
1. CONTEXTE REGLEMENTAIRE ...................................................................... 10
2. CLASSEMENT PAR ATTRIBUTION D’UN CODE DE LA LISTE EUROPEENNE DES
ECHETS A PARTIR DE L’ORIGINE DU DECHET ................................................. 13
3. CLASSEMENT PAR UTILISATION DE DONNEES CONNUES DU DECHET ............... 16
4. CLASSEMENT PAR EVALUATION DES PROPRIETES DE DANGER ....................... 18
4.1 Evaluation des propriétés reposant sur la réalisation de tests ............. 19
4.1.1 Evaluation des propriétés H1, H2, et H3 ....................................... 19
4.1.2 Evaluation de la propriété H14 ...................................................... 20
4.2 Evaluation des propriétés H4 à H8, H10 et H11 par calcul à partir
de la connaissance du déchet en substances ..................................... 26
4.2.1 Etape 1 - Analyse chimique du déchet .......................................... 26
4.2.2 Etape 2 - Transformation des teneurs en éléments minéraux en
teneurs en substances minérales .................................................. 27
4.2.3 Etape 3 – Recherche des phrases de risque des substances ....... 30
4.2.4 Etape 4 – Application des règles de classement ........................... 32
4.3 Propriétés sans méthode d’évaluation définie dans le Code de
l’Environnement ................................................................................... 36
4.3.1 Evaluation de la propriété H9 ........................................................ 37
4.3.2 Evaluation de la propriété H12 ...................................................... 37
4.3.3 Evaluation de la propriété H13 ...................................................... 37
4.3.4 Evaluation de la propriété H15 ...................................................... 37
4.4 Classement général du déchet ............................................................ 38

CHAPITRE II : CLASSEMENT DES DECHETS EN DANGEROSITE DANS


LE CONTEXTE REGLEMENTAIRE DE LA DIRECTIVE SEVESO II ....... 39
1. CONTEXTE REGLEMENTAIRE ...................................................................... 39
2. EVALUATION DES PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES .................................... 40
3. EVALUATION DES PROPRIETES DE DANGER POUR LA SANTE .......................... 41
4. EVALUATION DES PROPRIETES DE DANGER POUR L’ENVIRONNEMENT............. 43

CONCLUSION ................................................................................................. 45

LISTE DES ANNEXES .................................................................................... 46

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LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Diagramme pour l’évaluation de la dangerosité selon le critère H14 –
méthode dite « MATE 1998 » (source : MATE 1997) ....................................... 22
Figure 2 : Batterie de tests d’écotoxicité des déchets (Pandard et al 2006) ..... 23
Figure 3 : Protocole d’évaluation de la propriété de danger H14 pour les
sédiments (MEDDM 2009) ............................................................................... 25
Figure 4 : Méthode d’évaluation de la dangerosité d’un déchet pour les
propriétés reposant sur la connaissance en substances .................................. 26

LISTE DES TABLEAUX


Tableau 1 : Méthodes d’essai pour les propriétés H1, H2 et H3 ...................... 19
Tableau 2 : Batterie du test écotoxicologique pour l’évaluation du critère H14
(Pandard et al 2006)......................................................................................... 24
Tableau 3 : Synthèse et interprétation des critères de danger dont l’évaluation
repose sur la connaissance en substances du déchet ..................................... 33
Tableau 4 : Expression des règles de classement sous forme de tableau ....... 34
Tableau 5 : Limites de concentrations des substances par phrase de risque
classant les déchets comme dangereux (H4 à H8, H10 et H11) ...................... 35
Tableau 6 : Règles pour l’évaluation des propriétés de danger pour la santé .. 42

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RESUME
Le présent « Guide de classement des déchets selon leur dangerosité suivant le
Code de l’Environnement et la réglementation SEVESO II (partie applicable aux
déchets) » présente les informations, références et méthodes nécessaires pour
classer un déchet comme dangereux ou non dangereux, dans deux contextes
réglementaires actuellement en vigueur en France.

Dans le premier chapitre est abordée la question du classement en dangerosité


dans le cadre réglementaire du Code de l’Environnement, pour lequel est
proposée une démarche en plusieurs étapes :
- la recherche d’un code adapté de la liste européenne des déchets ;
- à défaut, l’utilisation des données connues relatives à la composition
chimique ou aux propriétés de danger ;
- sinon, la mise en œuvre de tests directs et de méthodes d’analyse et de
calcul.

Dans le second chapitre est abordée la question du classement en dangerosité


dans le cadre réglementaire de la Directive SEVESO, pour lequel l’ensemble des
propriétés de danger à considérer est envisagé.

La réglementation et les méthodes d’analyses sont en évolution, et des versions


ultérieures de ce guide sont prévues. Les utilisateurs sont donc encouragés à
partager leur expérience pour améliorer la méthode ou éclairer les cas qui ne
seraient pas abordés ici.

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INTRODUCTION
L’évolution des réglementations françaises et européennes applicables aux
déchets et des méthodes d’analyse et d’étude rend nécessaire la rédaction d’un
guide de référence pour l’évaluation de la dangerosité des déchets.
Ce document reprend les méthodes pour l'évaluation du caractère dangereux d'un
déchet via les propriétés de dangers (méthodes à utiliser, tests ou calculs,
normes, …) suivant deux réglementations :
- la Directive Cadre Déchets 1 actuellement en application (transposée en
droit français dans le Code de l’Environnement 2), et
- la Directive SEVESO II 3 (transposée en droit français dans le Code de
l’Environnement 4, ainsi que via l’arrêté du 10 mai 2000 5) désormais
applicable au secteur d'activités de la gestion des déchets d’autre part.
Il fournit aux détenteurs de déchets et aux prestataires d’analyse et d’études les
méthodes de mesure et les limites de concentrations applicables, lorsque celles-ci
sont définies dans la réglementation.
Si ce texte s’appuie sur la réglementation en vigueur, il n’a pas vocation à s’y
substituer. En particulier, en cas de doute ou pour approfondir le sujet, le lecteur
est invité à se reporter aux textes réglementaires de référence, cités tout au long
du guide.

La première étape de la démarche de classement en dangerosité d’un déchet


consiste à définir dans quel cadre réglementaire celle-ci s’inscrit. Selon la réponse
apportée à cette question, le lecteur se reportera à l’un ou l’autre des grands
chapitres de ce guide :
- si le besoin est lié à l’évaluation de la dangerosité d’un déchet au sens
réglementaire du terme (par exemple pour des enjeux de transport ou de
valorisation), le lecteur se reportera au chapitre I ;
- si le besoin est lié à l’évaluation de la dangerosité d’un déchet en tant que
matière pouvant présenter un potentiel d’accident majeur, et contribuer
ainsi au classement SEVESO d’un établissement, le lecteur se reportera au
chapitre II.
Il convient de noter que la vérification des critères requis pour certains types de
gestion de déchets (par exemple acceptation en installation de stockage) ne peut
se substituer aux méthodes d’évaluation de la dangerosité d’un déchet présentées
dans ce rapport, ni inversement.

1
Directive n° 2008/98/CE du 19/11/2008 relative aux déchets et abrogeant certaines directives
2
En particulier dans les articles R541-8 et ses annexes et R541-10
3
Directive n° 96/82 du 09/12/1996 concernant la maîtrise des dangers liés aux accidents majeurs
impliquant des substances dangereuses, modifiée par la Directive n° 2003/105/CE du 16/12/2003
4
En particulier via la nomenclature des installations classées, définie à l’annexe de l’article R511-9
5
Arrêté du 10/05/2000 relatif à la prévention des accidents majeurs impliquant des substances ou
des préparations dangereuses présentes dans certaines catégories d’installations classées pour la
protection de l’environnement soumises à autorisation

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Des évolutions sont prévues pour chacun des deux contextes réglementaires
évoqués dans ce guide (en particulier via les révisions en cours de la Directive
Cadre Déchets et de la Directive SEVESO). Il est donc nécessaire de vérifier
qu’aucun texte réglementaire nouvellement paru ne rend caduc le présent guide
ou une de ses parties avant son application.

Enfin, il est utile de rappeler qu’il appartient à l’utilisateur de ce guide de connaître


l’homogénéité de son gisement de déchets afin de s’assurer que les échantillons
sur lesquels repose l’évaluation de la dangerosité soient représentatifs de ce
gisement.

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CHAPITRE I : CLASSEMENT DES DECHETS EN DANGEROSITE
DANS LE CONTEXTE REGLEMENTAIRE DU CODE DE
L’ENVIRONNEMENT

1. CONTEXTE REGLEMENTAIRE
Le Code de l’Environnement, dont certains articles transposent la Directive Cadre
Déchets, constitue le cadre réglementaire de l’évaluation de la dangerosité des
déchets présentée dans cette partie du rapport.
L’article de référence pour le classement en dangerosité des déchets est le
suivant :

Article R541-8
« […] Déchet dangereux : tout déchet qui présente une ou plusieurs des
propriétés de dangers énumérées à l'annexe I au présent article. Ils sont signalés
par un astérisque dans la liste des déchets de l'annexe II au présent article.
Déchet non dangereux : tout déchet qui ne présente aucune des propriétés qui
rendent un déchet dangereux. […] »

Il introduit deux méthodes pour évaluer la dangerosité d’un déchet :


- l’attribution d’un code de la liste des déchets (voir partie 2 du présent
chapitre) ;
- l’évaluation des propriétés de danger (voir partie 4 du présent chapitre).
Ces deux méthodes doivent être utilisées l’une après l’autre ; la première permet
en effet dans certains cas de trancher la question de la dangerosité d’un déchet
simplement par attribution d’un code de la liste. L’évaluation de la dangerosité via
la vérification des 15 propriétés de danger ne doit être effectuée que si le déchet
correspond à deux codes « miroir » 6, ou ne dispose pas de code.

Les propriétés de danger H permettant d’évaluer la dangerosité d’un déchet sont


décrites dans le Code de l’Environnement, aux articles suivants :

Annexe I à l'article R541-8, relative aux propriétés qui rendent les déchets
dangereux
« H1 " Explosif " : substances et préparations pouvant exploser sous l'effet de la flamme ou qui
sont plus sensibles aux chocs ou aux frottements que le dinitrobenzène.
H2 " Comburant " : substances et préparations qui, au contact d'autres substances, notamment de
substances inflammables, présentent une réaction fortement exothermique.
H3-A " Facilement inflammable " : substances et préparations :
- à l'état liquide (y compris les liquides extrêmement inflammables), dont le
point d'éclair est inférieur à 21 °C, ou
- pouvant s'échauffer au point de s'enflammer à l'air à température ambiante
sans apport d'énergie ; ou

6
Pour la définition des entrées miroirs, se reporter à la partie 2.

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- à l'état solide, qui peuvent s'enflammer facilement par une brève action
d'une source d'inflammation et qui continuent à brûler ou à se consumer
après l'éloignement de la source d'inflammation ; ou
- à l'état gazeux, qui sont inflammables à l'air à une pression normale ; ou
- qui, au contact de l'eau ou de l'air humide, produisent des gaz facilement
inflammables en quantités dangereuses.
H3-B " Inflammable " : substances et préparations liquides, dont le point d'éclair est égal ou
supérieur à 21 °C et inférieur ou égal à 55 °C.
H4 " Irritant " : substances et préparations non corrosives qui, par contact immédiat, prolongé ou
répété avec la peau et les muqueuses, peuvent provoquer une réaction
inflammatoire.
H5 " Nocif " : substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée,
peuvent entraîner des risques de gravité limitée.
H6 " Toxique " : substances et préparations (y compris les substances et préparations très
toxiques) qui, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, peuvent
entraîner des risques graves, aigus ou chroniques, voire la mort.
H7 " Cancérogène " : substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou pénétration
cutanée, peuvent produire le cancer ou en augmenter la fréquence.
H8 " Corrosif " : substances et préparations qui, en contact avec des tissus vivants, peuvent
exercer une action destructrice sur ces derniers.
H9 " Infectieux " : matières contenant des micro-organismes viables ou leurs toxines, dont on sait
ou on a de bonnes raisons de croire qu'ils causent la maladie chez l'homme
ou chez d'autres organismes vivants.
H10 " Toxique pour la reproduction " : substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou
pénétration cutanée, peuvent produire ou augmenter la fréquence d'effets
indésirables non héréditaires dans la progéniture ou porter atteinte aux
fonctions ou capacités reproductives.
H11 " Mutagène " : substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou pénétration
cutanée, peuvent produire des défauts génétiques héréditaires ou en
augmenter la fréquence.
H12 Substances et préparations qui, au contact de l'eau, de l'air ou d'un acide, dégagent un gaz
toxique ou très toxique.
H13 "Sensibilisant" : substances et préparations qui, par inhalation ou pénétration cutanée,
peuvent donner lieu à une réaction d'hypersensibilisation telle qu'une
nouvelle exposition à la substance ou à la préparation produit des effets
néfastes caractéristiques. Cette propriété n'est à considérer que si les
méthodes d'essai sont disponibles.
H14 " Ecotoxique " : substances et préparations qui présentent ou peuvent présenter des risques
immédiats ou différés pour une ou plusieurs composantes de
l'environnement.
H15 Substances et préparations susceptibles, après élimination, de donner naissance, par quelque
moyen que ce soit, à une autre substance, par exemple un produit de
lixiviation, qui possède l'une des caractéristiques énumérées ci-avant. »

Article R541-10
« […] En ce qui concerne les propriétés H 3 à H 8, H 10 et H 11, sont, en tout état de cause,
considérés comme dangereux les déchets présentant une ou plusieurs des caractéristiques
suivantes :
1° Leur point d'éclair est inférieur ou égal à 55 °C ;
2° Ils contiennent une ou plusieurs substances classées comme très toxiques à une concentration
totale égale ou supérieure à 0,1 % ;
3° Ils contiennent une ou plusieurs substances classées comme toxiques à une concentration
totale égale ou supérieure à 3 % ;
4° Ils contiennent une ou plusieurs substances classées comme nocives à une concentration totale
égale ou supérieure à 25 % ;
5° Ils contiennent une ou plusieurs substances corrosives de la classe R 35 à une concentration
totale égale ou supérieure à 1 % ;
6° Ils contiennent une ou plusieurs substances corrosives de la classe R 34 à une concentration
totale égale ou supérieure à 5 % ;

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7° Ils contiennent une ou plusieurs substances irritantes de la classe R 41 à une concentration
totale égale ou supérieure à 10 % ;
8° Ils contiennent une ou plusieurs substances irritantes des classes R 36, R 37, R 38 à une
concentration totale égale ou supérieure à 20 % ;
9° Ils contiennent une substance reconnue comme étant cancérogène, des catégories 1 ou 2, à
une concentration égale ou supérieure à 0,1 % ;
10° Ils contiennent une substance reconnue comme étant cancérogène, de la catégorie 3, à une
concentration égale ou supérieure à 1 % ;
11° Ils contiennent une substance toxique pour la reproduction, des catégories 1 ou 2, des classes
R 60, R 61 à une concentration égale ou supérieure à 0,5 % ;
12° Ils contiennent une substance toxique pour la reproduction, de la catégorie 3, des classes R
62, R 63 à une concentration égale ou supérieure à 5 % ;
13° Ils contiennent une substance mutagène, des catégories 1 ou 2, de la classe R 46 à une
concentration égale ou supérieure à 0,1 % ;
14° Ils contiennent une substance mutagène de la catégorie 3 de la classe R 40 à une
concentration égale ou supérieure à 1 %. […] »
En outre, un arrêté 7 précise les critères et méthodologies d’évaluation des
propriétés de dangers H1 explosif, H2 comburant, H3 inflammable et facilement
inflammable.

Les propriétés de danger H peuvent être réparties en plusieurs catégories :


- les propriétés de danger pour lesquelles l’évaluation repose sur la
réalisation de tests (ces tests disposant, selon les critères, d’un statut
réglementaire ou non, et de seuils de classement validés et reconnus par la
communauté des déchets), à savoir H1 à H3 et H14 ;
- les propriétés de danger pour lesquelles l’évaluation repose sur la
connaissance en substances du déchet et l’application de règles de calcul,
à savoir H4 à H8, H10 et H11 ;
- les propriétés pour lesquelles il n’existe à l’heure actuelle aucune méthode
d’évaluation, et pour lesquelles l’attribution se fait a priori, sur la base de la
connaissance du déchet, et de son origine, à savoir H9, H12, H13 et H15.
Pour cette dernière catégorie de propriétés, le présent guide propose des
méthodes d’évaluation, ou, a minima, des pistes pour l’approfondissement de ces
critères (voir partie 4.3 du présent chapitre). Le caractère non dangereux d’un
déchet ne pouvant être établi que s’il est démontré que celui-ci ne présente
aucune des 15 propriétés de danger définies par l’article R541-8, ces propriétés
de danger ne peuvent pas être écartées du fait de l’absence de méthode
d’évaluation disponible.

Des travaux sont en cours au niveau européen pour réviser la Directive Cadre
Déchets, et notamment :
- revoir les règles de classement pour les propriétés de danger dont
l’évaluation repose sur la connaissance en substances, et
- introduire des méthodes d’évaluation pour les propriétés de danger pour
lesquelles il n’existe aucune méthode d’évaluation à l’heure actuelle.

7
Arrêté du 08/07/03 relatif aux critères et méthodes d’évaluation des propriétés de danger H1
explosif, H2 comburant, H3 inflammable et facilement inflammable d’un déchet

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2. CLASSEMENT PAR ATTRIBUTION D’UN CODE DE LA LISTE
EUROPEENNE DES DECHETS A PARTIR DE L’ORIGINE DU
DECHET
La Décision 2000/532/CE établit une liste de déchets, reprise quasiment à
l’identique par le Code de l’Environnement (annexe II de l’article R541-8). Cette
liste est construite en 20 chapitres regroupant les déchets par origine ou typologie.
Ces chapitres sont les suivants :
01. Déchets provenant de l'exploration et de l'exploitation des mines et des carrières ainsi que du
traitement physique et chimique des minéraux.
02. Déchets provenant de l'agriculture, de l'horticulture, de l'aquaculture, de la sylviculture, de la
chasse et de la pêche ainsi que de la préparation et de la transformation des aliments.
03. Déchets provenant de la transformation du bois et de la production de panneaux et de meubles,
de pâte à papier, de papier et de carton.
04. Déchets provenant des industries du cuir, de la fourrure et du textile.
05. Déchets provenant du raffinage du pétrole, de la purification du gaz naturel et du traitement
pyrolytique du charbon.
06. Déchets des procédés de la chimie minérale.
07. Déchets des procédés de la chimie organique.
08. Déchets provenant de la fabrication, de la formulation, de la distribution et de l'utilisation (FFDU)
de produits de revêtement (peintures, vernis et émaux vitrifiés), mastics et encres
d'impression.
09. Déchets provenant de l'industrie photographique.
10. Déchets provenant de procédés thermiques.
11. Déchets provenant du traitement chimique de surface et du revêtement des métaux et autres
matériaux, et de l'hydrométallurgie des métaux non ferreux.
12. Déchets provenant de la mise en forme et du traitement physique et mécanique de surface des
métaux et matières plastiques.
13. Huiles et combustibles liquides usagés (sauf huiles alimentaires et huiles figurant aux chapitres
05, 12 et 19).
14. Déchets de solvants organiques, d'agents réfrigérants et propulseurs (sauf chapitres 07 et 08).
15. Emballages et déchets d'emballages, absorbants, chiffons d'essuyage, matériaux filtrants et
vêtements de protection non spécifiés ailleurs.
16. Déchets non décrits ailleurs dans la liste.
17. Déchets de construction et de démolition (y compris déblais provenant de sites contaminés).
18. Déchets provenant des soins médicaux ou vétérinaires et/ou de la recherche associée (sauf
déchets de cuisine et de restauration ne provenant pas directement des soins médicaux).
19. Déchets provenant des installations de gestion des déchets, des stations d'épuration des eaux
usées hors site et de la préparation d'eau destinée à la consommation humaine et d'eau à
usage industriel.
20. Déchets municipaux (déchets ménagers et déchets assimilés provenant des commerces, des
industries et des administrations) y compris les fractions collectées séparément.

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Chaque rubrique de la liste a un code à 6 chiffres, complété éventuellement par un
symbole « * ». Les déchets associés à un code affecté de cet astérisque sont
considérés comme dangereux, et les autres comme non dangereux.
Il existe un certain nombre d’entrées, dites « entrées miroirs » pour lesquels deux
codes similaires existent, l’un affecté d’un « * », et l’autre non, comme par
exemple dans le cas des entrées :
16 01 14* antigels contenant des substances dangereuses, et
16 01 15 antigels autres que ceux visés à la rubrique 16 01 14.

La liste et la méthode d’attribution d’un code sont décrites dans l’annexe II de


l’article R541-8 du Code de l’Environnement.
(http://www.ineris.fr/aida/consultation_document/1789)
En particulier, la méthode pour attribuer à un déchet l’une des rubriques de la liste
est décrite au point 3 de cette annexe :
« 3. Les différents types de déchets figurant sur la liste sont définis de manière complète par
le code à six chiffres pour les rubriques de déchets et par les codes à deux ou quatre
chiffres pour les titres des chapitres et sections. Pour trouver la rubrique de
classement d'un déchet dans la liste, il faut dès lors procéder par étapes de la
manière suivante :
a) Repérer la source produisant le déchet dans les chapitres 01 à 12 ou 17 à 20 et repérer
ensuite le code à six chiffres approprié (à l'exception des codes de ces chapitres se
terminant par 99). Une installation spécifique peut devoir classer ses activités dans
plusieurs chapitres. Par exemple, une usine de voitures peut produire des déchets
relevant des chapitres 12 (Déchets provenant de la mise en forme et du traitement de
surface des métaux), 11 (Déchets inorganiques contenant des métaux, provenant du
traitement et du revêtement des métaux) et 08 (Déchets provenant de l'utilisation de
produits de revêtement), car les différents chapitres correspondent aux différentes
étapes du processus de production.
Remarque : les déchets d'emballages collectés séparément (y compris les mélanges de
différents matériaux d'emballage) sont classés à la section 15 01 et non 20 01.
b) Si aucun code approprié de déchets ne peut être trouvé dans les chapitres 01 à 12 ou 17
à 20, on examine ensuite si un des chapitres 13, 14 ou 15 convient pour classer le
déchet.
c) Si aucun de ces codes de déchets ne s'applique, le classement du déchet doit se faire
dans le chapitre 16.
d) Si le déchet ne relève pas non plus du chapitre 16, on le classe sous la rubrique dont le
code se termine par 99 (déchets non spécifiés ailleurs) dans le chapitre de la liste
correspondant à l'activité repérée à la première étape. »

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LA METHODE POUR ATTRIBUER UN CODE DE LA LISTE EUROPEENNE DES DECHETS A-T-
ELLE ABOUTI ?

Si oui, attribuer un code de la liste selon la méthode décrite précédemment.


 si le code est un code de déchet dangereux « absolu » (xx xx xx*) :
Déchet dangereux (DD) ; FIN DU CLASSEMENT
 si le code est un code de déchet non dangereux « absolu » (xx xx xx):
Déchet non dangereux (DND) ; FIN DU CLASSEMENT
 si le code possède une entrée dite miroir : poursuivre l’évaluation par
l’étape décrite à la partie 3 du présent chapitre.
Si non, poursuivre l’évaluation par l’étape décrite à la partie 3 du présent
chapitre.

Plusieurs raisons peuvent expliquer un échec de l’attribution d’un code, par


exemple :
- une information insuffisante sur l’origine et le procédé ayant produit le
déchet ;
- l’absence de code adapté pour le déchet étudié, y compris dans le chapitre
16 de la liste ;
- …

Note : Cas où la classe de danger du code du déchet semble inappropriée


Pour les déchets relevant a priori d’une rubrique de la liste qui ne possède pas
d’entrée miroir, et pour lesquels il existe des éléments probants dont il ressort que
ces déchets relèvent d’un classement en dangerosité divergent de celui dicté par
la rubrique, un Etat Membre peut prendre la décision de considérer ces déchets
comme relevant d’un classement opposé à celui dicté par la rubrique,
conformément aux paragraphes 2 et 3 de l’article 7 de la Directive Cadre Déchets
(usage de l’autorité d’un Etat Membre).
Le détenteur d’un déchet qui souhaite un classement différent de celui de la liste
européenne des déchets peut s’adresser au préfet de son département (article
R541-11 du Code de l’Environnement). Une étude approfondie du déchet devra
alors être fournie. Cette décision sera portée à la connaissance du Ministère en
charge de l’Ecologie et aux Instances Européennes.

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3. CLASSEMENT PAR UTILISATION DE DONNEES CONNUES DU
DECHET
De nombreuses données relatives au déchet étudié sont généralement
disponibles avant toute démarche de classement en dangerosité. La collecte de
ces données est donc une étape importante, dont la bonne réalisation pourra
influencer la conclusion de l’étude de classement en apportant parfois des
informations décisives.
On veillera en particulier à rassembler :
- les éventuelles fiches de données de sécurité des produits impliqués dans
la production du déchet ;
- les éventuelles analyses réalisées sur le déchet étudié (qu’il s’agisse des
analyses décrites dans la méthode en cours d’étude à l’AFNOR sous le
nom XP X30-489 8 ou non) ;
- le maximum d’informations disponibles sur le procédé aboutissant à la
formation du déchet (température, conditions d’oxydation et de pH,
variabilité du procédé ou des produits entrants…).
Une recherche sur l’existence de déchets similaires ayant déjà fait l’objet d’une
étude de classement est également conseillée.

A l’issue de cette étape de collecte des informations disponibles, un classement


peut être proposé pour le déchet, notamment :
- si le déchet est un produit inutilisé et n’ayant pas évolué depuis sa
fabrication, dont la fiche de données de sécurité fournit des informations
suffisantes pour établir le classement selon les règles du présent guide 9 ;
- si les analyses disponibles permettent de conclure à la dangerosité du
déchet (par exemple, si les analyses indiquent une concentration de 5% en
benzène, substance cancérogène classant un déchet comme dangereux à
partir de 0,1 %) sans la réalisation d’analyses supplémentaires ;
- si la similitude entre le déchet étudié et un déchet ayant déjà fait l’objet
d’une étude de classement est avérée.
Dans ce cas, on veillera à vérifier la pertinence des données utilisées pour établir
le classement, en particulier :
- la fiabilité de la ou des fiche(s) de données de sécurité utilisées (utiliser des
fiches conformes à la réglementation REACH),
- la représentativité du ou des échantillon(s) analysé(s) au regard du
gisement de déchet que l’on cherche à classer (y compris en tenant compte
de l’éventuelle variabilité temporelle du gisement de déchet) ;

8
Voir sur ce point le paragraphe 4.2.1.
9
Attention, les différences entre les réglementations « déchets » et « produits » sur l’évaluation de
la dangerosité peuvent conduire à des différences de classement entre un produit et le déchet qu’il
devient dès lors que son propriétaire le destine à l’abandon.

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- la fiabilité des études antérieures sur lesquelles pourrait s’appuyer le
classement, et la représentativité du déchet étudié antérieurement par
rapport au gisement de déchet étudié.
Dans cette situation, la réalisation d’une évaluation des incertitudes sur le
classement obtenu est recommandée.
En l’absence de données suffisantes pour établir un classement du déchet à ce
stade, poursuivre l’évaluation par l’étape décrite au paragraphe 4 du présent
chapitre.

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4. CLASSEMENT PAR EVALUATION DES PROPRIETES DE
DANGER
Si les méthodes de classement décrites aux paragraphes 2 et 3 du présent
chapitre n’ont pas abouti, l’évaluation de la dangerosité du déchet doit alors être
réalisée via l’évaluation des propriétés de danger décrites au paragraphe 1.
Comme énoncé précédemment, il suffit qu’un déchet présente l’une des propriétés
de danger pour qu’il soit considéré comme dangereux. Inversement, pour
démontrer qu’un déchet est non dangereux, il faut vérifier sa non dangerosité pour
chacune des 15 propriétés.
Ainsi, selon l’objectif fixé pour l’étude de la dangerosité d’un déchet (connaissance
exhaustive du déchet, ou bien strictement nécessaire pour l’évaluation de la
dangerosité), deux stratégies d’étude peuvent être envisagées :
- étude exhaustive, visant à la vérification de toutes les propriétés H. Ce
type d’étude est typiquement pratiqué sur des déchets présumés non
dangereux ;
- étude « en cascade », évaluant la dangerosité du déchet selon chaque
propriété de danger dans un ordre stratégique préétabli, et s’arrêtant
dès qu’une propriété de danger est vérifiée. Ce type d’étude est
typiquement pratiqué sur des déchets présumés dangereux.
Si le déchet s’avère in fine non dangereux, l’étude en cascade « complète »
revient à l’étude exhaustive, mais si le déchet est dangereux, cette approche peut
éviter d’approfondir un certain nombre de propriétés, sans enjeu sur le classement
final du déchet.

Le présent guide suit une approche « en cascade » pour déchets présumés


dangereux, avec la possibilité d’obtenir le classement en cours d’évaluation.
Les étapes sont décrites ici dans un ordre a priori de complexité croissante
de mise en œuvre, mais cet ordre peut être modifié au cas par cas selon la
connaissance de chaque déchet étudié.
La mise en œuvre suivant ce guide d’une approche « exhaustive » pour
déchets présumés non dangereux consiste à évaluer les 15 propriétés
présentées ci-après.
Les tests et les calculs sont les mêmes pour les deux approches.

La collecte des informations existantes relatives au déchet étudié constitue une


étape préalable importante dans l’étude de la dangerosité (voir partie 3).
Confrontées aux enjeux de classement et aux contraintes particulières de l’étude,
ces informations peuvent :
- au mieux, permettre de conclure l’étude sans réaliser de travail (notamment
analytique) complémentaire ;
- à défaut, orienter les choix stratégiques sur l’ordre et la vérification des 15
critères de dangerosité.

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4.1 EVALUATION DES PROPRIETES REPOSANT SUR LA REALISATION DE TESTS

4.1.1 EVALUATION DES PROPRIETES H1, H2, ET H3


Pour les propriétés H1, H2 et H3, il est possible de s’affranchir de la
réalisation de tests, si les données disponibles sur le déchet indiquent
clairement la dangerosité ou la non dangerosité au regard de la propriété
étudiée. Par exemple, dans le cas d’un déchet minéral ayant subi une combustion
à très haute température, aucun caractère « explosif », « comburant » ou
« inflammable » n’est attendu. Lorsque ce n’est pas le cas, la démarche pour les
propriétés H1, H2 et H3 est définie dans l’Arrêté du 08/07/03 relatif aux critères et
méthodes d'évaluation des propriétés de dangers H1 explosif, H2 comburant, H3
inflammable et facilement inflammable d'un déchet.
(http://www.ineris.fr/aida/?q=consult_doc/consultation/2.250.190.28.8.1841)
Les méthodes sont reprises dans le Tableau 1. Ces essais sont menés par des
laboratoires spécialisés dans la caractérisation des produits.
Tableau 1 : Méthodes d’essai pour les propriétés H1, H2 et H3
Propriété Définition « produit » Méthodes
H1 Explosif Substances et préparations pouvant Méthode CE A14 : Sensibilités thermique et
exploser sous l'effet de la flamme ou mécanique (choc et friction)
qui sont plus sensibles aux chocs ou
aux frottements que le
dinitrobenzène
H2 Comburant Substances et préparations qui, au Gaz : Méthode de la norme ISO 10156
contact d'autres substances, (paragraphe 5)
notamment de substances
Liquides : épreuve ONU O2 (matières
inflammables, présentent une
réaction fortement exothermique comburantes liquides)
Solides : épreuve ONU O1 (matières
comburantes solides)
H3-A Facilement Substances et préparations : à l'état Méthode CE A9
inflammable liquide, dont le point d'éclair est
inférieur à 21°C, ou
pouvant s'échauffer au point de Epreuves ONU N2 (solides pyrophoriques) ou
s'enflammer à l'air à température ONU N3 (liquides pyrophoriques) et ONU N4
ambiante sans apport d'énergie, ou (solides auto-échauffants)
à l'état solide, qui peuvent Epreuve ONU N1 (solides facilement
s'enflammer facilement par une inflammables)
brève action d'une source
d'inflammation et qui continuent à
brûler ou à se consumer après
l'éloignement de la source
d'inflammation, ou
à l'état gazeux, qui sont Méthode CE A11 ou une méthode de la
inflammables à l'air à une pression norme ISO 10156 (paragraphe 4)
normale, ou
qui, au contact de l'eau ou de l'air Epreuve ONU N5 (matières qui, au contact de
humide, produisent des gaz l'eau, dégagent des gaz inflammables)
facilement inflammables en quantités
dangereuses.
H3-B Inflammable Substances et préparations liquides, Méthode CE A9
dont le point d'éclair est égal ou
supérieur à 21 °C et inférieur ou égal
à 55 °C

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LA CONNAISSANCE DU DECHET PERMET-ELLE DE S’AFFRANCHIR DE LA REALISATION DE
TESTS POUR CHACUNE DES PROPRIETES H1, H2 ET H3 ?

Si oui,
 si l’une ou plusieurs des propriétés H1, H2 ou H3 est directement
attribuable au déchet, Déchet dangereux (DD) ; FIN DU
CLASSEMENT
 si non, poursuivre l’évaluation pour les propriétés de danger non
encore évaluées.
Si non, réaliser les essais et comparer les résultats aux limites définies par la
réglementation :
 si la limite de classement est dépassée pour un des tests, Déchet
dangereux (DD) ; FIN DU CLASSEMENT
 si non, poursuivre l’évaluation pour les propriétés de danger non
encore évaluées.

4.1.2 EVALUATION DE LA PROPRIETE H14


Bien que l’écotoxicité soit la propriété de danger la plus fréquemment observée
sur les déchets, la propriété H14 ne dispose actuellement d’aucune méthode
d’évaluation ayant un statut réglementaire. Il existe cependant différentes
approches pour l’évaluation de cette propriété de danger, qui sont rappelées dans
la présente section. On distinguera ainsi :
- une batterie de tests mise en œuvre depuis 1998 en France, et faisant
généralement référence pour le classement des déchets ;
- une batterie de tests pour le cas particulier des sédiments (eau douce et
eau de mer) proposée en 2009 par le GT sédiments du Ministère en charge
de l’Environnement.
Dans chacune de ces approches, les tests sont généralement réalisés par étapes.
Lorsqu’un test met en évidence le caractère écotoxique du déchet, celui-ci peut
être déclaré dangereux et les essais peuvent s’arrêter. Sinon, il faut effectuer la
batterie complète de tests.
Ces différents tests sont pratiqués par des établissements publics et par des
laboratoires prestataires de services. L’utilisateur des tests doit veiller à ce que les
laboratoires respectent les diamètres de passage et la nature des filtres, et les
règles d’ajustement de pH uniquement sur les dilutions apparues comme toxiques
au cours d’un premier test (voir note sur le pH en fin de partie).

Par ailleurs, les règles utilisées dans le cadre réglementaire de la Directive


SEVESO II pour évaluer la propriété « Dangereux pour l’environnement » (N - voir
partie 4 du chapitre II) peuvent également être utilisées dans une première
approche pour l’évaluation de la propriété H14.

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En particulier, si la démarche « en cascade » est retenue pour l’évaluation de la
dangerosité, et que les critères reposant sur la connaissance en substances du
déchet (H4 à H8, H10 et H11) sont évalués avant que des tests écotoxicologiques
ne soient réalisés, les résultats analytiques obtenus peuvent servir à réaliser une
première évaluation du caractère écotoxicologique du déchet, selon la méthode de
calcul décrite dans le second chapitre de ce guide.
Il est cependant admis que les résultats des tests priment sur les résultats
de calcul. Cette règle est justifiée par le fait que certaines substances ont pu ne
pas faire l’objet d’analyses, et par le fait que les interactions (synergies ou
antagonismes) des contaminants sur les êtres vivants ne sont pas suffisamment
connus.
Si l’évaluation de la propriété H14 a été réalisée dans un premier temps par
l’application des règles de calcul présentées dans le second chapitre de ce
rapport, et qu’il subsiste une incertitude sur le classement, il est recommandé de
compléter cette étude par la réalisation des tests écotoxicologiques.

4.1.2.1 BATTERIE DE TESTS ECOTOXICOLOGIQUES – « MATE 1998 »


En 1997, une batterie de six tests normalisés d’écotoxicité et de mesures physico-
chimiques sur déchet brut et sur éluat a été établie par le ministère en charge de
l'environnement afin d'évaluer la propriété H14 en France (document connu sous
l’appellation « MATE 1998 » 10, cf. Figure 1).
Des seuils de classement étaient associés à cette proposition pour chaque
catégorie de tests : tests d’écotoxicité aigus sur éluats (CE50 ≤ 10%), test
d’écotoxicité chronique sur éluats (CE20 ≤ 0,1 %) et tests terrestres sur déchet
bruts (CE50 ≤ 10%).
Cette stratégie d’évaluation a été appliquée à une série de 14 déchets en 1999
par l’INERIS 11. Les résultats obtenus ont conduit l’INERIS d’une part à modifier les
propositions de seuils de classement pour les essais d’écotoxicité chronique sur
éluat en relevant le seuil de 0,1 % à 1 % et d’autre part à proposer l’abandon du
classement sur la base de la composition chimique à moins d’envisager une
modification significative de cette partie en révisant les limites de concentrations et
les substances considérées.
Cette stratégie intégrant les seuils de classement révisés a été reprise par la
Fédération Nationale des Activités de la Dépollution et de l’Environnement
(FNADE), en proposant le test d’inhibition de la reproduction de Brachionus
calyciflorus (rotifère planctonique) comme alternative à l’essai d’inhibition de la
reproduction de Ceriodaphnia dubia (crustacé).
Ces propositions n’ont pas de statut réglementaire.

10
Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (MATE). Décembre 1997.
Critères et méthodes d’évaluation de l’écotoxicité des déchets. 19 pp.
11
Pandard P., 2000, Evaluation de l’écotoxicité des déchets – Synthèse des résultats obtenus –
Propositions de seuils de classement – Optimisation de la batterie de bioessais – Rapport
intermédiaire. Rapport INERIS DRC-ECOT-PPA/CF_N°00DR0123.doc. 34 pp

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Figure 1 : Diagramme pour l’évaluation de la dangerosité selon le critère H14 –
méthode dite « MATE 1998 » (source : MATE 1997)

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Aujourd’hui, la méthode généralement mise en œuvre est ainsi celle présentée sur
la Figure 2 et dans le Tableau 2 12.

Figure 2 : Batterie de tests d’écotoxicité des déchets (Pandard et al 2006)

12
Pandard P, Devillers J, Charissou AM, Poulsen V, Jourdain MJ, Férard JF, Grand C, Bispo A.
2006. Selecting a battery of bioassays for ecotoxicological characterization of wastes. Science of
the Total Environment 363 114–125.

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Tableau 2 : Batterie du test écotoxicologique pour l’évaluation du critère H14
(Pandard et al 2006)

4.1.2.2 BATTERIE DE TESTS ECOTOXICOLOGIQUES APPLICABLES AUX SEDIMENTS


Le groupe de travail « Dangerosité des sédiments », piloté par le Ministère en
charge de l’Environnement, a défini en 2009, dans le cadre de l’application de la
Directive Cadre sur les Déchets, un protocole permettant l’évaluation de la
dangerosité des sédiments marins et continentaux, reposant sur une batterie de
tests écotoxicologiques 13. Cette batterie de tests, présentée sur la Figure 3, ne
dispose pas non plus de statut réglementaire.

Note :
La centrifugation permet d’éliminer l’eau interstitielle et donc les sels des
sédiments marins. Le test de croissance de la population durant 48 h de
Brachionus calyciflorus (rotifère) est décrit dans NF ISO 20666. Les tests de
germination et de croissance sont pratiqués avec Brassica napus (colza) et Avena
sativa (avoine) décrits dans l’ISO 11269-2.

13
Groupe de travail « dangerosité des sédiments » du MEEDDM pour la mesure du paramètre
H14 sur les sédiments marins et continentaux, document du 30 juin 2009

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Figure 3 : Protocole d’évaluation de la propriété de danger H14 pour les sédiments
(MEDDM 2009)

Note : Ajustement du pH au cours des tests écotoxicologiques


Des ajustements de pH sont pratiqués au cours des tests, jusqu’à la limite de pH
compatible avec la survie des organismes. Pratiquement tous les tests
écotoxicologiques recommandent un pH minimum et maximum. La norme de
préparation des échantillons pour les essais écotoxicologiques (EN 14735) précise
que « les essais doivent être effectués sans ajustement du pH de la prise
d’essai », mais également que « si des effets toxiques sont observés lors des
dilutions où le pH n’est pas compatible avec la survie des organismes, le(s)
essai(s) peut/peuvent être répété(s) en ajustant le pH de la prise d’essai ». La
recommandation est la suivante : le test est effectué avec ses diverses dilutions
sans ajustement de pH, et le test est répété ensuite sur les dilutions toxiques avec
ajustement du pH entre 6,5 et 8,5. (Pandard P. 2004 14).
En pratique, le pH du lixiviat est mesuré et est ajusté d’office entre 5,5 et 8,5.

14
Pandard P. 2004. Validation des conditions de pH pour les tests d’écotoxicité aquatique dans le
cadre de la méthodologie H14 (MATE 1998). Rapport final. Convention ADEME 0272003. Rapport
INERIS DRC - 04-40935-ECOT-CF/PPa. 33 pp.

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4.2 EVALUATION DES PROPRIETES H4 A H8, H10 ET H11 PAR CALCUL A PARTIR
DE LA CONNAISSANCE DU DECHET EN SUBSTANCES
Cette section regroupe des propriétés de danger dont l’évaluation repose sur la
connaissance du déchet en substances et des règles de calculs définies par le
Code de l’Environnement.
Les propriétés de danger concernées sont H4 à H8, H10 et H11.
La démarche pour l’évaluation de la dangerosité du déchet sur la base de la
connaissance en substances est représentée schématiquement sur la figure ci-
dessous.

Figure 4 : Méthode d’évaluation de la dangerosité d’un déchet pour les propriétés


reposant sur la connaissance en substances

Cette méthode repose sur quatre étapes, à savoir :


- la réalisation d’analyses en laboratoire permettant d’obtenir les données
de base de l’évaluation de la dangerosité ;
- la spéciation des métaux en substances minérales ;
- la recherche des propriétés de danger des substances identifiées dans
le déchet ;
- l’application des règles de classement.
Ces quatre étapes sont détaillées ci-après.

4.2.1 ETAPE 1 - ANALYSE CHIMIQUE DU DECHET


Le déchet doit être analysé selon la méthode « Caractérisation des déchets -
Détermination de la teneur en éléments et substances des déchets », décrite dans
la norme expérimentale AFNOR XP X30-489. Cette méthode est présentée en
Annexe 2.
Le laboratoire d’analyse fournira sous forme tabulaire le bilan de masse, la liste
des éléments et substances trouvés, leur numéro CAS le cas échéant, les
concentrations, les limites de quantification.
Cette norme expérimentale précise que pour tous les composés organiques dont
la présence est suspectée dans le déchet, les normes applicables pour la mesure
de ces composés doivent être utilisées. Le cas particulier des PCB est décrit en
Annexe 1.
Les concentrations des déchets solides sont exprimées en mg/kg de matière
sèche à 105°C (certaines analyses sont réalisées sur matière brute ou sur déchet

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prétraité à 40°C, les teneurs en eau du brut et du prétraité sont mesurées sur une
aliquote séparée et les résultats sont exprimés sur matière sèche à 105°C). Les
concentrations des déchets liquides sont exprimées en mg/kg de matière brute.

La norme EN 12457-2 contient en Annexe B un essai permettant de déterminer si


le déchet est à l’état liquide, par mesure du temps d’écoulement à travers un
orifice calibré.
Les substances organiques et leurs teneurs sont directement utilisables pour le
classement. Les teneurs en éléments minéraux doivent être transformées en
teneurs en substances minérales (appelées aussi espèces minéralogiques) pour
être utilisables pour le classement. L’ensemble des espèces minérales d’un
déchet solide ou des matières en suspension d’un déchet liquide est appelé
« cortège minéralogique ».

Pour chaque paramètre, le résultat peut être un concentration, « <LD » 15, ou


« <LQ » 16.
L’évaluation de la dangerosité des déchets pourra être réalisée en considérant
que les éléments/substances pour lesquels les résultats indiquent des
concentrations « < LD » et « < LQ » sont présents dans le déchet :
- soit à hauteur de la limite en question,
- soit à une concentration égale à une certaine fraction de cette limite (par
exemple la moitié),
- soit ne sont pas présents dans le déchet.
La réalisation de calculs de classement sous ces différentes hypothèses pourra
permettre d’affiner l’étude de sensibilité du classement réalisé.

4.2.2 ETAPE 2 - TRANSFORMATION DES TENEURS EN ELEMENTS MINERAUX EN


TENEURS EN SUBSTANCES MINERALES
Les analyses réalisées en laboratoire ne permettent pas de connaître la forme
chimique des minéraux présents dans le déchet mais seulement les teneurs
totales par élément. Les règles de classement reposant sur la connaissance en
substances des déchets, il est nécessaire de reconstituer un cortège
minéralogique à partir des informations disponibles.
Différentes méthodes sont présentées ci-après.

15
inférieur à la limite de détection, soit la borne supérieure de l’intervalle de confiance de la
concentration correspondant au signal du blanc (soit x + 3 s, où x est la moyenne du signal du
blanc, et s l’écart-type)
16
inférieur à la limite de quantification, soit la concentration à partir de laquelle la variation relative
du signal devient acceptable (soit le plus souvent x + 10 s, où x est la moyenne du signal du blanc,
et s l’écart-type)

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 CALCUL « PIRE CAS »
Pour chaque propriété de danger, (ou plus exactement chaque règle de
classement, correspondant à chaque alinéa de l’article R541-10), un cortège
minéralogique hypothétique peut être élaboré de façon stœchiométrique en
privilégiant les substances les plus toxiques (c’est-à-dire les substances pour
lesquelles le seuil à partir duquel elles classent à elles seules le déchet comme
dangereux est le plus faible). Cette méthode est dite « pire cas ».
Si le cortège minéralogique ainsi calculé ne déclenche pas le classement selon la
règle de classement considérée, le déchet peut être classé non dangereux pour
cette règle de classement.
Sinon, l’évaluation peut être approfondie par une spéciation « plus fine » du ou
des éléments ciblés comme présentant des enjeux de classement par le calcul
« pire cas » réalisé précédemment (voir partie calcul « pire cas avec
information »). Cette opération peut être itérée autant de fois que nécessaire.

 CALCUL « PIRE CAS AVEC INFORMATION »


La méthode est identique à la précédente, mais certaines substances sont
écartées sur la base de l’information disponible sur le déchet : pH, potentiel rédox,
substances rares ou très réactives, anions présents, procédé d’origine,
connaissance de déchets similaires, etc. L’expertise sur le déchet joue alors un
grand rôle. Cette méthode est dite « pire cas avec information ».
Si le cortège minéralogique ainsi calculé ne déclenche pas le classement selon la
règle de classement considérée, le déchet peut être classé non dangereux pour
cette règle de classement.
Sinon, l’évaluation peut être approfondie par une spéciation « plus fine » du ou
des éléments ciblés comme présentant des enjeux de classement par le calcul
réalisé précédemment (calcul « pire cas avec information » approfondi ou
spéciation vraie). Cette opération peut être itérée autant de fois que nécessaire.

 SPECIATION VRAIE
L’approfondissement du cortège minéralogique, pour aller d’une spéciation « pire
cas avec information » vers une spéciation plus proche de la composition réelle du
déchet peut être nécessaire dans l’étude de la dangerosité d’un déchet,
notamment si les résultats de classement obtenus sur la base de la spéciation
« pire cas avec information » conduisent à un classement dangereux
principalement lié à la présence supposée de substances dont la présence semble
cependant peu probable dans le déchet.
Dans ce cas, il existe plusieurs moyens d’approfondir la connaissance du cortège
minéralogique dans le déchet étudié :
- via la littérature pour déchets de « process » de composition connue
comme constante, avec approche statistique de la composition minérale,
ou
- via différentes méthodes analytiques (microscopie électronique, DRX…), ou
- via un calcul géochimique à partir de mesures de solubilité à différents pH.

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Des informations complémentaires sur ces méthodes sont proposées en Annexe 3
du présent guide. Des travaux menés à l’heure actuelle par un groupe de travail
AFNOR ont pour objectif d’ordonner et de systématiser ces méthodes et les
connaissances disponibles en un guide.
Cependant, il est à noter qu’aucune des méthodes décrites ici n’est à l’heure
actuelle applicable « en routine ». Leur mise en œuvre nécessite des
investissements analytiques, une expertise du déchet étudié et des méthodes
beaucoup plus importants, sans forcément de garantie de résultat.

 CAS OU LA SPECIATION N’EST PAS NECESSAIRE


Lorsqu'une propriété de danger est évaluée via les concentrations individuelles
des substances (cas des propriétés H7, H10 et H11), et non par une somme
(éventuellement pondérée) des concentrations individuelles (voir Tableau 3), il est
possible de mettre en œuvre une démarche simplifiée, consistant à :
- déterminer pour chaque règle de classement et chaque élément présent
dans le déchet la substance la plus dangereuse,
- de convertir la limite de concentration de cette substance en limite de
concentration de cet élément,
- de comparer directement la concentration en élément mesurée dans le
déchet à cette dernière concentration calculée.
Si la teneur en élément dans le déchet est inférieure à cette limite de
concentration exprimée en élément, le déchet ne sera pas classé dangereux par
cet élément pour cette propriété, sans que d'autres calculs ou démarches soient
nécessaires. Cette démarche devra cependant être vérifiée pour chaque élément
détecté dans le déchet, ainsi que pour chaque substance identifiée, afin de
démontrer le caractère non dangereux du déchet pour la règle de classement
concernée.
A contrario, si la teneur en élément dans le déchet est supérieure à cette limite de
concentration exprimée en élément, le déchet sera classé dangereux par cet
élément, et la démarche de classement pourra être arrêtée, à moins qu’il existe
des éléments probants indiquant que l’élément concerné n’est pas sous la forme
la plus dangereuse envisagée dans cette démarche.

Les propriétés concernées sont H7 - cancérogène, H10 - toxique pour la


reproduction et H11 – mutagène. Cette démarche ne s'applique pas aux
propriétés H4 - irritant, H5 - nocif, H6 - toxique et H8 – corrosif, car les règles de
classement de ces propriétés sont des sommes.

Cette démarche a été appliquée, à partir des substances les plus dangereuses
pour les propriétés H4 à H8, H10 et H11 par le bureau d’étude POLDEN en 2004
(Abdelghafour M., Ch. Bazin, J. Méhu. Problématique de l’attribution du caractère
dangereux pour certains des déchets à entrée conditionnelle de la liste
européenne, rapports R.E.CO.R.D. N° 02-0126/1A et 03-0126/2A, 115 p). Cette
démarche a également été suivie dans le document du Ministère Fédéral
allemand de l’Environnement (“Guidelines on the Application of the Waste
Catalogue Ordinance”, Federal Ministry for the Environment, Nature Conservation
and Nuclear Safety, Germany, 70 p.
(https://www.bmu.de/english/waste_management/downloads/doc/36378.php)

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4.2.3 ETAPE 3 – RECHERCHE DES PHRASES DE RISQUE DES SUBSTANCES
La connaissance de la dangerosité des substances (traduite sous forme de
phrases de risques – ou mentions de danger) est nécessaire :
- pour établir le calcul « pire cas », qui repose en effet sur un classement des
substances selon un ordre de dangerosité décroissante ;
- pour appliquer les règles de classement définies par la réglementation.
Les sources d’information suivantes peuvent être utilisées pour la recherche des
phrases de risques des substances (par ordre de priorité) :
- l’annexe VI du règlement CLP et ses différentes adaptations au progrès
technique (ATP) ; une version actualisée peut être trouvée sur le site de
l’ESIS (European Chemical Substances Information System - ESIS)
(http://esis.jrc.ec.europa.eu/index.php?PGM=cla). Le Tableau 3.1 donne les
informations en système CLP / GHS (mention de danger H) et le Tableau
3.2 en système R (phrases de risques R).
Pour information, le Tableau 3.2 original et ses différents amendements au
cours du temps sont présentés séparément sur le site de la Commission
Européenne (CLP legislation, guidance and archives - Chemicals -
Enterprise and Industry.
http://ec.europa.eu/enterprise/sectors/chemicals/documents/classification/) ;
- la base de données « Inventaire de classification et d’étiquetage »
(Classification & Labelling - C&L - Inventory) de l’ECHA
(http://echa.europa.eu/web/guest/information-on-chemicals/cl-inventory-
database), qui contient, lorsqu’elles existent, les informations du Tableau
3.1 de l’Annexe VI du règlement CLP (tableaux à en-tête vert), ainsi que les
propositions de classifications des notifiants à l’inventaire (tableaux à en-
tête jaune). Ces dernières données ne sont pas validées par l’ECHA mais
peuvent être utilisées à défaut de classification harmonisée (Annexe VI et
ses amendements). Il peut exister, pour une même substance, plusieurs
propositions de classement ; dans ce cas, on pourra justifier de choisir
parmi celles proposées :
 soit celle correspondant au plus grand nombre de déclarations,
 soit, si elle existe, celle correspondant à l'enregistrement fait dans
REACH par des industriels (colonne « joint entries » cochée),
 soit une classification (qui ne correspond pas forcément à une
déclaration réelle à l'inventaire), qui regrouperait toutes les phrases
de risques proposées par les industriels, avec, quand il y en a, les
LCS et facteurs M les plus pénalisant possibles.
- le Portail Substances Chimiques de l’INERIS
(http://www.ineris.fr/substances/fr/) ;

Une étude bibliographique plus poussée peut également être menée, en


particulier pour les substances non référencées dans ces trois sources. On
s’attachera à vérifier que la substance concernée ne peut être rattachée à l’une
des entrées dites « génériques » mentionnées dans l’annexe VI du règlement
CLP, telles que, par exemple dans le cas d’un composé du chrome hexavalent :

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« Chromium (VI) compounds, with the exception of barium chromate and of
compounds specified elsewhere in this Annex » (composés du chrome
hexavalent, à l’exception du chromate de baryum et des autres composés
mentionnés ailleurs dans cette annexe).
A titre d’information, d’autres sources existent et peuvent être consultées :
- les fiches de données de sécurité des produits (FDS) intervenant dans le
procédé aboutissant à la formation du déchet étudié (à rechercher auprès
des producteurs de produits).
- pour les pesticides, la base PPDB (Pesticides Properties Data Base)
http://sitem.herts.ac.uk/aeru/footprint/fr/index.htm ;
- pour les produits vétérinaires, http://sitem.herts.ac.uk/aeru/vsdb/index.htm
- l’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer (IARC) publie et
maintient une liste de substances classées cancérogènes
(http://monographs.iarc.fr/index.php). Le tableau de correspondance avec
le règlement CLP est le suivant :

Source : Technical Guidance WM2 3rd Edition August 2012 – Development Draft. Environment Agency
(England), Scottish Environmental Protection Agency and Environment Agency of Northern Ireland. 176 p.

- « Guidelines on the Application of the Waste Catalogue Ordinance »,


Federal Ministry for the Environment, Nature Conservation and Nuclear
Safety, Germany, 70 p.
(https://www.bmu.de/english/waste_management/downloads/doc/36378.ph
p)

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4.2.4 ETAPE 4 – APPLICATION DES REGLES DE CLASSEMENT

Pour les propriétés de danger H4 à H8, H10 et H11, l’article R541-10 du Code de
l’Environnement décrit les règles de calcul à appliquer.
La synthèse et l’interprétation de ce texte sont présentées dans le Tableau 3.
L’interprétation réalisée par l’INERIS concerne les points suivants :
- d’une part la mise en relation des différents alinéas de l’article R541-10 du
Code de l’Environnement avec certains des 15 critères de danger. La
relation privilégiée ici est la plus intuitive au regard des termes utilisés dans
l’article R541-10 ; cependant, d’autres visions peuvent être défendues,
notamment pour les aspects corrosifs et irritants ;
- d’autre part, la formulation mathématique des règles de classement, qui
introduit une précision là où la langue française peut laisser une ambiguïté.
Par exemple, l’alinéa 8 de l’article R541-10 peut être lu comme :
o ∑ [R36 + R37 + R38 +R36/37 + R36/38 + R37/38 + R36/37/38] ≥
20%, vision qui a été privilégiée ici, ou comme
o ∑ [R36 +R36/37 + R36/38 + R36/37/38] ≥ 20% d’une part ; ∑ [R37 +
R36/37 + R37/38 + R36/37/38] ≥ 20% et ∑ [R38 + R36/38 + R37/38
+ R36/37/38] ≥ 20% d’autre part.
La solution privilégiée dans le présent guide est systématiquement la plus
protectrice (soit celle sommant toutes les phrases de risques pour une catégorie
de danger).

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Tableau 3 : Synthèse et interprétation des critères de danger dont l’évaluation repose sur la connaissance en substances du déchet
Alinéa(s) de
Propriété Danger l’article R Phrases de risque des substances Règles de classement
541-10

R41
A : ∑ R41 ≥ 10%
H4 Irritant 7, 8 B : ∑ [R36 + R37 + R38 +R36/37 + R36/38 +
R36, R37, R38, R36/37, R36/38, R37/38, R36/37/38
R37/38 + R36/37/38] ≥ 20%
Nocives : R20, R21, R22, R20/21, R20/22, R21/22, R20/21/22,
R68/20, R68/21, R68/22, R68/20/21, R68/20/22, R68/21/22,
H5 Nocif 4 ∑ nocives ≥ 25%
R68/20/21/22, R48/20, R48/21, R48/22, R48/20/21, R48/20/22,
R48/21/22, R48/20/21/22, R65
Très toxiques : R26, R27, R28, R26/27, R26/28, R27/28, R26/27/28,
R39/26, R39/27, R39/28, R39/26/27, R39/26/28, R39/27/28,
R39/26/27/28
A : ∑ très toxiques ≥ 0,1%
H6 Toxique 2, 3 Toxiques : R23, R24, R25, R23/24, R23/25, R24/25, R23/24/25, B : ∑ toxiques ≥ 3%
R39/23, R39/24, R39/25, R39/23/24, R39/23/25, R39/24/25,
R39/23/24/25, R48/23, R48/24, R48/25, R48/23/24, R48/23/25,
R48/24/25, R48/23/24/25
R45, R49 A : max (R45 ou R49) ≥ 0,1%
H7 Cancérogène 9, 10
R40 B : max (R40) ≥ 1%
R35 A : ∑ R35 ≥ 1%
H8 Corrosif 5, 6
R34 B : ∑ R34 ≥ 5%

Toxique pour la R60, R61 A : max (R60 ou R61) ≥ 0,5%


H10 11, 12
reproduction R62, R63 B : max (R62 ou R63) ≥ 5%

R46 A : max(R46) ≥ 0,1%


H11 Mutagène 13, 14 14
R68
17
B : max (R68 ) ≥ 1%

17
Le Code de l’Environnement cite les phrases de risques R46 et R40 pour la propriété de danger mutagène. Or, la phrase R40 correspond à la mention « Effet cancérogène
suspecté : preuves insuffisantes » ; elle est par ailleurs déjà prise en compte dans le critère H7 – cancérogène, au titre des substances cancérogènes de catégorie 3. Ainsi, il
semble peu pertinent d’associer également cette phrase R40 au critère H11 – mutagène. La phrase R68 « Possibilité d'effets irréversibles », lorsqu’elle est associée à la
mention « Muta. Cat. 3 » semble plus adaptée pour ce critère, et l’INERIS a fait le choix de remplacer la phrase R40 au profit de la phrase Muta. Cat. 3 ; R68 dans l’évaluation
de la propriété de danger mutagène.

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Un autre moyen de présenter les règles de classement des différentes propriétés
de danger est la synthèse sous forme de tableau, qui présente l’avantage de
pouvoir comparer les règles de calcul entre les différentes réglementations
applicables. Ces tableaux prennent la forme décrite dans le Tableau 4.

Tableau 4 : Expression des règles de classement sous forme de tableau


Somme (∑) ou
Propriété de danger H
maximum (max)
(Règle de classement) (n°1) (n°2) …
Seuil générique de classement
Phrase de risque des substances présentant la
n°1 phrase de risque n°1 pour le (C1) …
(A1) classement selon la règle n°1
(B1)
Phrase de risque
n°2 (B2) (C2) …
(A2)
… … … …

Ces tableaux se lisent colonne par colonne (c’est-à-dire règle de classement par
règle de classement), et ont la signification suivante : le déchet est considéré
comme dangereux pour la propriété de danger étudiée si :

- en cas de somme :

o pour la règle de classement n°1 :


, ou

o pour la règle de classement n°2 :


,…

- en cas de maximum :

o pour la règle de classement n°1 :


, ou

o pour la règle de classement n°2 :

,…

Ces expressions sont explicitées de façon textuelle sur un exemple en fin de


paragraphe ; elles sont équivalentes aux règles présentées dans la colonne de
droite du Tableau 3.

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Ces différents tableaux sont présentés ci-dessous pour les propriétés de danger
H4 à H8, H10 et H11. Pour alléger la lecture de ces tableaux, les combinaisons de
phrases de risque n’ont pas été reportées (par exemple R23/24). Dans le cas des
substances présentant une combinaison de phrases de risques, ces substances
ne doivent être prises en compte qu’une seule fois par règle de classement.

Tableau 5 : Limites de concentrations des substances par phrase de risque


classant les déchets comme dangereux (H4 à H8, H10 et H11)

∑ H4 ∑ H5
R41 10% R20 25%
R36 20% R21 25%
R37 20% R22 25%
R38 20% R68/20 25%
R68/21 25%
R68/22 25%
R48/20 25%
∑ H6
R48/21 25%
R26 0,1% R48/22 25%
R27 0,1% R65 25%
R28 0,1%
R39/26 0,1%
R39/27 0,1%
max H7
R39/28 0,1% R45 0,1%
R23 3% R49 0,1%
R24 3% R40 1%
R25 3%
R39/23 3%
R39/24 3%
R39/25 3% ∑ H8
R48/23 3% R35 1%
R48/24 3% R34 5%
R48/25 3%

max H10
max H11
R60 0,5%
R46 0,1%
R61 0,5%
R68 1%
R62 5%
R63 5%

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Pour chacune des règles de classement détaillées ci-dessus, on calculera ainsi un
indice de dangerosité, égal :
- au rapport entre le terme de gauche et le terme de droite de l’inégalité
écrite dans le Tableau 3, ou encore ;
- au terme de gauche des inégalités obtenues à la lecture des différents
tableaux du Tableau 5.
Si cet indice de dangerosité est supérieur à 1, le déchet est considéré comme
dangereux. S’il est inférieur à 1, le déchet peut en théorie être considéré comme
non dangereux. Cependant, compte tenu des incertitudes sur les mesures et la
méthode, on s’attachera à approfondir la question dans le cas où il serait compris
entre 0,5 et 1.

Exemple de lecture des tableaux 3 et 5 pour la propriété de danger H4 :


Un déchet sera classé H4 (irritant) :
- par la règle H4-A, si la somme des concentrations des substances
présentant la phrase de risque R41 dépasse 10 %, ou, de façon
équivalente, si la somme des rapports [concentration de chaque substance
ayant une phrase de risque R41 divisée par 10 %] dépasse 1, ces deux
formulations correspondant respectivement aux équations suivantes :
∑ R41 ≥ 10% ou

- par la règle H4-B, si la somme des concentrations des substances


présentant une des phrases de risque R36, R37, R38, ou une combinaison
de ces phrases dépasse 20 %, ou, de façon équivalente, si la somme des
rapports [concentration de chaque substance présentant une des phrases
de risque mentionnées précédemment divisée par 20 %] dépasse 1, ces
deux formulations correspondant respectivement aux équations suivantes :
∑ [R36 + R37 + R38 +R36/37 + R36/38 + R37/38 + R36/37/38] ≥ 20% ou

4.3 PROPRIETES SANS METHODE D’EVALUATION DEFINIE DANS LE CODE DE


L’ENVIRONNEMENT
La section suivante de ce document regroupe des propriétés actuellement sans
méthode d’évaluation reconnue, que ce soit au niveau réglementaire, ou définie
par consensus des experts du domaine. Pour certaines d’entre elles, des travaux
sont en cours pour établir des méthodes et critères d’évaluation.
Des éléments d’aide pour l’évaluation de ces propriétés sont proposés dans cette
partie. On s’attachera en particulier à rassembler un maximum d’informations pour
l’évaluation de ces propriétés, qui ne doivent pas être écartées du dossier de
classement.

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4.3.1 EVALUATION DE LA PROPRIETE H9
L’évaluation de cette propriété repose principalement sur les données connues de
l’origine du déchet, et le procédé ayant abouti à sa formation.
Si le déchet ne présente aucune raison de contenir des micro-organismes viables
ou leurs toxines (par exemple s’il résulte d’un processus de combustion à haute
température), le caractère dangereux pour la propriété H9 pourra être écarté. S’il
subsiste un doute sur la possibilité pour un déchet d’être infectieux, celui-ci doit
être considéré comme dangereux pour la propriété H9 tant qu’il n’a pas été
stérilisé.
Dans le cadre de la révision de la Directive Cadre Déchets, une liste positive de
déchets déclarés infectieux devrait être établie par chaque Etat Membre de l’Union
Européenne.

4.3.2 EVALUATION DE LA PROPRIETE H12


Il n’existe pas encore de test standardisé pour évaluer le dégagement de gaz d’un
déchet au contact de l’eau ou d’un acide. Un seuil indicatif de la dangerosité est
un débit de gaz émis d’un litre (à température et pression normale) par kg ou litre
de déchet et par heure, et ce durant 24 heures. Si ce débit est dépassé, le(s) gaz
émis doi(ven)t être analysé(s). Une méthode détaillée devrait être proposée par
l’INERIS et soumise ultérieurement à la normalisation CEN.
Les gaz concernés sont les gaz toxiques pour l’homme, notamment l’hydrogène
sulfuré (H2S), les acides organiques volatils, l’ammoniac (NH3), des amines
volatiles, l’acide cyanhydrique (HCN), l’arsine (AsH3), la phosphine (PH3), des
formes volatiles du mercure, …
On notera que l’évaluation de la propriété H3 – inflammable requiert la réalisation
de tests sur l’émission de gaz inflammables au contact de l’eau (épreuve ONU
N.5). Si ce test a déjà été réalisé, et a montré l’absence de dégagement de gaz au
contact d’eau, ou a permis d’identifier la nature des gaz éventuellement émis, ces
informations peuvent apporter des éléments de réponse pour l’évaluation de la
propriété H12.

4.3.3 EVALUATION DE LA PROPRIETE H13


Il n’existe pas à l’heure actuelle de règle de classement correspondant au critère
H13 – sensibilisant.
Des discussions sont en cours au niveau européen en vue de définir une méthode
d’évaluation reposant sur la connaissance en substances du déchet.

4.3.4 EVALUATION DE LA PROPRIETE H15


Le code de l’environnement définit ainsi la propriété H15 :
« H15 : Substances et préparations susceptibles, après élimination, de donner
naissance, par quelque moyen que ce soit, à une autre substance, par exemple un
produit de lixiviation, qui possède l'une des caractéristiques énumérées ci-avant. »
Contrairement aux autres propriétés de danger, celle-ci introduit la notion
« d’élimination », et donc, du mode de gestion envisagé pour le déchet. Pour
l’évaluation de cette propriété, il est donc nécessaire d’imaginer les scénarii

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possibles d’élimination du déchet, et d’établir le caractère dangereux ou non du
déchet pour la propriété H15 dans chacun de ces scénarii.
En particulier, si les conditions physico-chimiques créées par le déchet sont
éloignées de l’équilibre avec l’atmosphère, les milieux naturels ou les milieux de
conservation/stockage du déchet, une évolution du déchet est possible en contact
avec ces différents milieux. Il peut s’agir par exemple d’oxydation, de réduction, de
dégradation, de biodégradation produisant des substances dangereuses. Un cas
typique est la production de sulfures en anaérobiose (par exemple stockage du
plâtre et de matière organique en casier fermé) ou l’oxydation des sulfures en
contact avec l’air et l’eau en acide sulfurique non présent initialement (par
exemple stockage des sédiments à faible réserve d’alcalinité et ramenés à terre).
Les substances concernées peuvent éventuellement être produites et mesurées
lors du test du critère H12.
Si la gestion envisagée du déchet consiste en un stockage ou une valorisation au
contact direct de l’environnement extérieur, l’étude des lixiviats pouvant être
produits peut être également réalisée. Il est recommandé qu’une étude de
comportement à long terme du déchet soit menée pour chaque scénario d’usage
ou de stockage donné (au laboratoire, puis éventuellement en lysimètre ou plot).
Les travaux décrits par la méthode NF EN 12920+A1 : 2008 Caractérisation des
déchets - Méthodologie pour la détermination du comportement à la lixiviation d'un
déchet dans des conditions spécifiées pourront notamment être mis en oeuvre.
Les référentiels d'évaluation pour des usages en milieu naturel selon des scenarii
définis (sous-couche routière, …) concernent essentiellement les émissions de
substances existantes et lixiviables. Les derniers référentiels en date précisent
d'ailleurs qu'il doit s'agir de déchets non dangereux.

4.4 CLASSEMENT GENERAL DU DECHET


Un déchet est classé dangereux sur la base de l’évaluation des propriétés de
danger définies par le Code de l’Environnement s’il répond aux critères
d’attribution d’une ou de plusieurs propriétés de danger.
Un déchet est classé non dangereux s’il ne répond aux critères d’attribution
d’aucune propriété de danger dont la méthode d’évaluation est actuellement
définie dans le code de l’environnement (soit H1 à H8, H10 et H11) et si l’étude
des propriétés H9, H12, H14 et H15 démontre le caractère non dangereux du
déchet pour ces propriétés.

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CHAPITRE II : CLASSEMENT DES DECHETS EN DANGEROSITE
DANS LE CONTEXTE REGLEMENTAIRE DE LA DIRECTIVE
SEVESO II

1. CONTEXTE REGLEMENTAIRE
La Directive n°96/82/CE modifiée, plus couramment désignée sous le nom de
« Directive SEVESO II » concerne la maîtrise des dangers liés aux accidents
majeurs impliquant des substances dangereuses. Elle s’applique à tout
établissement où des substances dangereuses sont présentes ou produites à des
quantités supérieures ou égales à des seuils listés dans son annexe I.
Cette directive a été modifiée par la Directive n°2003/105/CE du 16 décembre
2003. Parmi les différentes modifications apportées figure l’introduction explicite
des déchets dans le champ d’application de la Directive SEVESO II, les
décharges de déchets restant toutefois exclues. Bien que les déchets ne soient
pas assimilés à des substances ou des mélanges dangereux, ils doivent à présent
être pris en compte dans le calcul des quantités de substances et mélanges
dangereux à considérer pour la détermination du classement SEVESO des
établissements industriels.
La Directive a été transposée en droit français dans deux textes principaux :
- l'arrêté du 10 mai 2000
(http://www.ineris.fr/aida/consultation_document/5487)
- le Code de l'Environnement, via en particulier la nomenclature des
installations classées définie dans l'article R511-9 du Code de
l'Environnement, et son annexe
(http://www.ineris.fr/aida/sites/default/files/gesdoc/30296/BrochureNom_v27
-mars12-public_v4.pdf)
C'est dans ces deux textes que sont définis les seuils (en tonnes) à partir desquels
les substances dangereuses (et désormais les déchets) classent les
établissements SEVESO.
Le Ministère en charge de l’Environnement a publié en 2010 un guide
méthodologique 18, qui constitue aujourd’hui le principal document de référence sur
l’application de la réglementation SEVESO aux installations gérant des déchets
dangereux.
Le présent guide s’attache, lui, à détailler les méthodes d’évaluation du caractère
dangereux ou non des déchets, au sens de la réglementation SEVESO. Il n’a pas
pour objectif de mener jusqu’à l’évaluation du classement de l’établissement
gérant des déchets dangereux selon la réglementation SEVESO, étape
intervenant après l’évaluation de la dangerosité des déchets, et non abordée dans
ce guide.

18
Guide méthodologique pour l’évaluation du classement des installations de transit / tri /
regroupement ou de traitement de déchets contenant des substances ou préparations
dangereuses éligibles au régime d’autorisation avec servitudes (AS) ou au régime d’autorisation «
SEVESO – Seuil bas ».(Direction générale de la prévention des risques ; 10 janvier 2011 ; 30 pp.
http://www.ineris.fr/aida/consultation_document/11319)

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Dans cette optique, les différentes propriétés de danger prises en compte pour
l’évaluation de la dangerosité des déchets sont les suivantes :
- caractère très toxique (T+) ou toxique (T) pour l’homme en cas d’ingestion,
par contact avec la peau ou par inhalation (« propriétés ayant des effets
pour la santé »),
- caractère très toxique (N R50-53 ou N R50) ou toxique (N R51-53) pour
l’environnement (« propriétés environnementales »),
- caractère comburant,
- caractère explosif,
- caractère inflammable,
- réaction violente au contact de l’eau,
- dégagement de gaz toxiques au contact de l’eau,
ces 5 dernières propriétés étant regroupées sous la dénomination « propriétés
physico-chimiques ».
Contrairement à l’approche décrite dans le chapitre précédent pour les propriétés
H1-H15, la connaissance de la dangerosité d’un déchet ne peut ici être arrêtée
dès qu’une propriété de danger est vérifiée (approche « en cascade ») : en effet,
l’ensemble des caractéristiques du déchet doit être connue pour permettre la
classification de l’établissement associé à ce déchet. Ainsi l’évaluation de
l’ensemble des propriétés de danger citées ci-dessus doit être réalisée.

2. EVALUATION DES PROPRIETES PHYSICO-CHIMIQUES


Le guide méthodologique du Ministère indique que le classement en dangerosité
des déchets pour ces propriétés doit être réalisé selon les dispositions de l’arrêté
ministériel du 9 novembre 2004 19.
Cet arrêté indique, dans son article 10, que l’évaluation des propriétés physico-
chimiques doit être réalisée selon les méthodes et critères définis respectivement
aux annexes V et VI de l’arrêté du 20 avril 1994 20. L’annexe V de cet arrêté ayant
été supprimée par l’arrêté du 16 janvier 2009 21, on peut considérer, par analogie
avec la réglementation sur les substances, que ce sont désormais les méthodes
définies dans la partie A de l’annexe du règlement n°440/2008 de la Commission 22
qui sont désormais applicables pour évaluer ces propriétés. Sous certaines

19
Arrêté du 09 novembre 2004 définissant les critères de classification et les conditions
d’étiquetage et d’emballage des préparations dangereuses et transposant la Directive 1999/45/CE
du Parlement Européen et du Conseil du 31 mai 1999, concernant le rapprochement des
dispositions législatives, réglementaires et administratives relatives à la classification, à
l’emballage, et à l’étiquetage des préparations dangereuses.
http://www.ineris.fr/aida/consultation_document/5119).
20
Arrêté du 20 avril 1994 relatif à la classification, l’emballage et l’étiquetage des substances
dangereuses
21
Arrêté du 16 janvier 2009 modifiant l’arrêté du 20 avril 1994 relatif à la classification, l’emballage
et l’étiquetage des substances dangereuses
22
Règlement CE n°440/2008 de la Commission du 30 mai 2008 établissant les méthodes d’essai
conformément au règlement (CE) n°1907/2006 du Parlement

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conditions, d’autres méthodes peuvent cependant être appliquées (voir articles 12
et 13 de l’arrêté).
On notera cependant que pour les propriétés explosives, comburantes, et
inflammables, l’article 11 de l’arrêté du 9 novembre 2004 précise que la
détermination de ces propriétés n’est pas nécessaire si aucun des composants ne
présente de telles propriétés, et si, sur la base des informations disponibles, il est
peu probable que la préparation présente des risques de cette nature.

3. EVALUATION DES PROPRIETES DE DANGER POUR LA


SANTE
Le guide méthodologique du Ministère indique que l’évaluation des propriétés de
danger pour la santé peut être réalisée :
- soit par une méthode de calcul, présentée ci-après,
- soit par la détermination des propriétés toxicologiques, conformément aux
critères définis à l’annexe VI de l’arrêté du 20 avril 1994, et selon les
méthodes décrites dans le règlement n°440/2008.

En ce qui concerne la méthode de calcul, le principe est identique à celle mise en


œuvre pour l’évaluation des propriétés de danger H4 à H8, H10 et H11 ; seules
les règles de classement diffèrent. On se réfèrera donc au paragraphe 4.2 du
premier chapitre et à ses trois premières étapes pour la méthode.
Les phrases de risques à prendre en compte pour l’évaluation de cette propriété
de danger sont : R26, R27, R28, R26/27, R26/28, R27/28, R26/27/28, R39/26,
R39/27, R39/28, R39/26/27, R39/26/28, R39/27/28, R39/26/27/28, R23, R24, R25,
R23/24, R23/25, R24/25, R23/24/25, R39/23, R39/24, R39/25, R39/23/24,
R39/23/25, R39/24/25, R39/23/24/25, R48/23, R48/24, R48/25, R48/23/24,
R48/23/25, R48/24/25, ou R48/23/24/25.
Les règles de classement applicables sont présentées au Tableau 6. Pour la
lecture de ce tableau, se reporter au paragraphe 4.2 du premier chapitre.

Note : Application des limites de concentration spécifique


Par analogie avec les règles de classement des mélanges, les limites de
concentrations spécifiques (LCS) des substances lorsqu’elles existent doivent être
prises en compte. Cela signifie que les seuils généraux établis dans le Tableau 6 (par
exemple 7% dans le cas des substances R26 pour un classement du déchet T+)
doivent être remplacés au profit de seuils différents au cas par cas, selon les
substances (par exemple pour le diéthylmercure, identifié comme une substance T+
R26/27/28, avec une LCS de 0,5%).

Note : Application des valeurs seuils


Par analogie avec les règles de classement des mélanges, les valeurs seuils des
substances lorsqu’elles existent peuvent être prises en compte. La valeur seuil d’une
substance (en anglais, « cut-off value ») est « un seuil au-delà duquel la présence
dans […] un mélange de toute impureté, additif ou élément individuel classé est prise

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en compte pour déterminer si […] le mélange doit […] être classé » (définition du
règlement CLP).
Dans le cas de l’évaluation des propriétés de danger pour la santé dans le cadre de la
réglementation SEVESO, les valeurs seuils à prendre en compte sont de 0,1% pour
les substances très toxiques ou toxiques.
Ainsi, il n’est pas obligatoire de prendre en compte dans les calculs de dangerosité les
substances présentant une phrase de risque toxique ou très toxique, mais détectées
dans le déchet à des concentrations inférieures à 0,1%.

Le déchet sera ainsi considéré comme :


- très toxique pour l’homme (T+) si l’indice de dangerosité calculé pour l’une
des règles de classement « T+ » est supérieur à 1 ;
- toxique pour l’homme (T) si l’indice de dangerosité calculé pour l’une des
règles de classement « T » est supérieur à 1.
De même que pour l’approche « H1-H15 », compte-tenu de l’incertitude sur la
méthode et les analyses, on s’attachera à approfondir l’étude si l’indice de
dangerosité calculé est compris entre 0,5 et 1.

Tableau 6 : Règles pour l’évaluation des propriétés de danger pour la santé


∑ T+ T T+ T T+ T
R26 7% 1%
R23 25%
R27 7% 1%
R24 25%
R28 7% 1%
R25 25%

max T+ T T+ T T+ T
R39/26 10% 1%
R39/23 10%
R39/27 10% 1%
R39/24 10%
R39/28 10% 1%
R39/25 10%

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4. EVALUATION DES PROPRIETES DE DANGER POUR
L’ENVIRONNEMENT
Le guide méthodologique du Ministère indique que l’évaluation des propriétés de
danger pour l’environnement peut être réalisée :
- soit par une méthode de calcul, présentée ci-après,
- soit par la détermination des propriétés dangereuses pour l’environnement,
conformément aux critères définis à l’annexe VI de l’arrêté du 20 avril 1994,
et selon les méthodes décrites dans le règlement n°440/2008.

En ce qui concerne la méthode de calcul, le principe est identique à celle mise en


œuvre pour l’évaluation des propriétés de danger H4 à H8, H10 et H11 ; seules
les règles de classement diffèrent. On se réfèrera donc au paragraphe 4.2 du
premier chapitre et à ses trois premières étapes pour la méthode.
En ce qui concerne les limites de concentrations spécifiques et les valeurs seuils
(voir page 41 pour les définitions), la réglementation SEVESO indique :
- que les LCS doivent être prises en compte lorsqu’elles existent ;
- que les valeurs seuils à prendre en compte sont de 0,1% pour les
substances classées dangereuses pour l’environnement (N) ; ce seuil peut
néanmoins être adapté au cas par cas pour chaque substance, notamment
pour celles présentant une LCS ou un facteur M induisant un seuil de
classement plus faible que la limite de concentration générique.
Les phrases de risques à prendre en compte pour l’évaluation de cette propriété
de danger sont : R50, R50-53 et R51-53.
Les catégories de déchets définies dans les rubriques 1171 et suivantes sont
« très toxique pour les organismes aquatique – A » et « toxique pour les
organismes aquatiques – B ».
La correspondance entre ces dénominations et les phrases de risques est établie
à la rubrique 1000 de la nomenclature :
« Pour les substances dangereuses pour l’environnement, on distingue :
A - Les substances très toxiques pour les organismes aquatiques, y compris celles
pouvant entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement
aquatique, auxquelles sont attribuées les phrases de risques R 50 ou R 50-53
définies par l’arrêté du 20 avril 1994 modifié relatif à la déclaration, la
classification, l’emballage et l’étiquetage des substances dangereuses ;
B- Les substances toxiques pour les organismes aquatiques et pouvant entraîner
des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique, auxquelles sont
attribuées les phrases de risques R 51 ou R 51-53 définies par l’arrêté du 20 avril
1994 susmentionné. »

Les règles de classement applicables sont présentées dans le Tableau 7. Pour la


lecture de ce tableau, se reporter au paragraphe 4.2 du premier chapitre. Le
facteur M mentionné dans ce tableau est un facteur multiplicatif spécifique à

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chaque substance. Pour plus d’informations sur ce facteur, se reporter à l’Annexe
IV du présent guide.

Tableau 7 : Règles pour l’évaluation de la propriété de danger pour


l’environnement
N R50-53 N R51-53 N R50
∑ (code A des rubriques (code B des rubriques (code A des rubriques
1171 et 1172) 1171 et 1173) 1171 et 1172)
R50-53 25/M% 2,5/M% 25/M%
R51-53 25%
R50 25/M%

Le déchet sera ainsi considéré comme :


- très toxique pour les organismes aquatiques (A) si l’indice de dangerosité
calculé pour l’une des règles de classement « A » est supérieur à 1 ;
- toxique pour les organismes aquatiques (B) si l’indice de dangerosité
calculé pour l’une des règles de classement « B » est supérieur à 1.
De même que pour l’approche « H1-H15 », compte-tenu de l’incertitude sur la
méthode et les analyses, on s’attachera à approfondir l’étude si l’indice de
dangerosité calculé est compris entre 0,5 et 1.

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CONCLUSION

Ce guide vise à clarifier et fixer des méthodes dans le domaine spécifique et non
encore complètement défini de l’évaluation de la dangerosité des déchets. Dans le
cadre des objectifs européens de priorité au réemploi, au recyclage et à la
valorisation, la dangerosité doit être évaluable ; il en est de même de la
détermination du classement SEVESO des établissements industriels.
Une méthode graduée et unifiée minimisant l’effort analytique pour le classement
des déchets est proposée.
Les liens vers les documents réglementaires ou techniques ont été
systématiquement documentés afin de permettre aux utilisateurs de s’approprier
ce domaine.
La réglementation et les méthodes d’analyses sont en évolution, et des versions
ultérieures de ce guide sont prévues. Les utilisateurs sont donc encouragés à
partager leur expérience pour améliorer la méthode ou éclairer les cas qui ne
seraient pas abordés ici.

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LISTE DES ANNEXES

Repère Désignation Nombre


de pages
Méthode de calcul de la teneur en PCB totaux à
Annexe 1 2 A4
partir des teneurs en congénères
Méthode d’analyse des déchets en éléments et
Annexe 2 1 A4
substances
Spéciation des substances minérales dans les
Annexe 3 3 A4
déchets
Annexe 4 Facteur M 2 A4

DRC-12-125740-06310A- Page 46 sur 46


ANNEXE 1 : METHODE DE CALCUL DE LA TENEUR EN PCB TOTAUX A PARTIR DES
TENEURS EN CONGENERES
Le Code de l’Environnement précise que le terme PCB comprend « les
polychlorobiphényles, les polychloroterphényles, le monométhyl-tétrachloro-
diphényl méthane, le monométhyl-dichloro-diphényl méthane, le monométhyl-
dibromo-diphényl méthane, ainsi que tout mélange dont la teneur cumulée en ces
substances est supérieure à 50 ppm en masse » (article R. 543-17)
(http://www.ineris.fr/aida/consultation_document/1793#art_R_543_17)
La famille des polychlorobiphényles comprend 209 congénères (molécules à
ossature de carbone identique mais à substitutions différentes de l’hydrogène par
du chlore pour les 10 liaisons carbone-hydrogène du biphényle).
Les normes existantes relatives à la mesure des PCB dans différentes matrices
sont les suivantes :
- les normes NF EN 12766-1 23 et NF EN 12766-2 24 pour les produits
pétroliers et les huiles usagées La teneur en PCB totaux y est calculée
comme cinq fois la somme des concentrations des 6 congénères 28,
52, 101, 138, 153 et 180 (méthode B). Ces congénères représentent en
effet environ 20 % de la masse de tous les congénères dans les mélanges
commerciaux (avec des variations selon le taux de chloration de ceux-ci) ;
- la norme NF EN 61619 25 pour les isolants liquides, qui prévoit un calcul de
la concentration totale en PCB par sommation des concentrations
mesurées pour tous les congénères identifiés (méthode similaire à la
méthode A présentée dans les normes NF EN 12766-1 et 12766-2) ;
- la norme NF EN 15308 26 pour les déchets solides, qui indique le moyen de
doser 7 PCB indicateurs, mais ne propose pas de formule de calcul des
PCB totaux à partir des résultats d’analyse en congénères individuels, car
les experts de la normalisation ont estimé que cette décision
conventionnelle revenait au législateur. En l’absence, il est courant
d’exprimer les résultats sous forme de somme des concentrations des 7
congénères 28, 52, 101, 118, 138, 153 et 180. La décision 2003/33/CE
d’admission des déchets dans les décharges utilise la somme des 7
congénères.
Il convient donc, dans l’évaluation de la dangerosité des déchets, d’être attentif
aux résultats fournis par les laboratoires concernant la mesure de PCB totaux, et

23
NF EN 12766-1 : Produits pétroliers et huiles usagées - Détermination des PCB et produits
connexes - Partie 1 : séparation et dosage d'une sélection de congénères de PCB par
chromatographie en phase gazeuse (CG) avec utilisation d'un détecteur à capture d'électrons
(ECD)
24
NF EN 12766-2 : Produits pétroliers et huiles usagées - Détermination des PCB et produits
connexes - Partie 2 : calcul de la teneur en polychlorobiphényles (PCB)
25
NF EN 61619 : Isolants liquides - Contamination par les polychlorobiphényles (PCB) - Méthode
de détermination par chromatographie en phase gazeuse sur colonne capillaire.
26
NF EN 15308 : Caractérisation des déchets – Détermination des polychlorobiphényles (PCB)
sélectionnés dans les déchets par chromatographie en phase gazeuse capillaire avec détection
par capture d'électrons ou spectrométrie de masse

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au mode de calcul de cette valeur, afin de vérifier que la méthode utilisée est bien
la plus adaptée au type de déchet étudié.

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ANNEXE 2 : METHODE D’ANALYSE DES DECHETS EN ELEMENTS ET SUBSTANCES
La méthode de référence est proposée comme norme expérimentale AFNOR XP
X30-489 « Caractérisation des déchets - Détermination de la teneur en éléments
et substances des déchets », qui peut être obtenue à l’AFNOR.
Son domaine d’application est le suivant :
« La présente norme expérimentale spécifie les exigences et les méthodes minimales à
respecter lors de l’analyse au laboratoire d’échantillons pour laboratoire de déchets liquides
et solides, pour la détermination de la teneur en éléments inorganiques et en substances
organiques des déchets, jusqu'à cumuler une masse d'au moins 90 % ou une masse proche
et la plus élevée possible. »
La norme spécifie des méthodes d’analyses minérales et organiques, avec des
paramètres particuliers globaux pour des substances organiques non identifiées
mais supposées non dangereuses (macromolécules non extractibles). Le calcul
des bilans de masse est défini pour les liquides et pour les solides. Le format
recommandé de rapport d’analyse est utilisable de façon aisée pour les calculs
ultérieurs de spéciation et de recherche des propriétés des substances détectées.
En pratique, en 2011 et 2012, un bilan de masse de 90 % ou plus est atteint pour
environ deux tiers des échantillons. La méthode fait l’objet de développement pour
identifier les cas ou le bilan de masse ne boucle pas et pour quantifier
précisément les molécules organiques pour les concentrations supérieures à
0,1%. Les travaux se poursuivront à partir de 2013 au niveau européen. La
méthode est pratiquée par trois laboratoires prestataires de service en France à la
date de rédaction du présent guide.
Une version antérieure de ce document est disponible : Hennebert P. 2011.
Protocole de caractérisation des déchets en vue de la détermination de leur
dangerosité. INERIS N°-DRC-11-115732-08701A. 13 pp.
(http://www.ineris.fr/centredoc/ineris-protocole-analyse-d%C3%A9chets.pdf
Un rapport sur une campagne d’analyse de 32 déchets industriels est disponible :
Hennebert P. 2011. Caractérisation des déchets industriels en vue de la
détermination de leur potentiel de danger dans un objectif de classement
SEVESO : résultats de la campagne d’analyses. INERIS N°-DRC-11-118161-
04055A 54 pp. (http://www.ineris.fr/centredoc/ineris-campagne-analyse-
d%C3%A9chets.pdf).

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ANNEXE 3 : SPECIATION DES SUBSTANCES MINERALES DANS LES DECHETS
Un groupe de travail « Spéciation des éléments dans les déchets » de la
commission AFNOR X30AA s’est fixé comme objectif d’élaborer un guide de
recommandations et de méthodes (document informatif de l’AFNOR) pour
déterminer les espèces minérales présentes dans les déchets à partir des
méthodes analytiques et des méthodes d’interprétations disponibles, afin de
construire un cortège minéralogique plausible utilisable dans la détermination de
la dangerosité des déchets. Des approches sur les minéraux pouvant être
présents selon les procédés (thermiques en particulier) ayant généré le déchet
seront présentées. Ces travaux devraient être disponibles à la mi 2013.

Les diverses méthodes envisagées sont ici brièvement présentées.


Les méthodes de la minéralogie appliquées à ce jour en caractérisation de déchet
(hors recherches extrêmement spécialisées) fournissent les résultats suivants :

Nom Méthodes Résultats des Résultat de l’interprétation


méthodes
Analyse totale et calcul Mise en solution et Teneurs totales en Calcul d’un cortège
stœchiométrique dosage éléments minéralogique « pire cas » ou
spectrométrique ou « pire cas avec information »
Dont oxygène pour la
Fluorescence X FX
Diffraction des rayons X Réflexion suivant un Distance interfeuillet Identification de phyllosilicates
angle variable des argiles et et des phases cristallisées
phyllosilicates
Structure cristalline de
phase si concentration
> 5 à 10 %
Spectrométrie infra- Mesure des bandes Liaisons Phases amorphes (dans
rouge d’adsorption certains cas)
Analyse thermique Mesures de réactions Eau interfeuillet, eau de Identification d’hydrates et de
différentielle endothermique et constitution, carbonates, et de certains
exothermique lors d’un oxydations, silicates
chauffage à 900°C ou décarbonatation,
plus transition vitreuse,
fusion, cristallisation,
décomposition
chimique
Microscopie optique, Observation directe Objets jusqu’à 1 µm. Identification d’objets
(éventuellement en d’objets
lumière polarisée sur Observation de la Identification de minéraux
lame mince) biréfringence

Microscopie Objets jusqu’à 0.01 µm Identification d’objets par leur


électronique à forme
transmission
Microscopie Objets jusqu’à 0.01 µm Identification d’objets par leur
électronique à et composition forme et leur composition
transmission avec élémentaire élémentaire
sonde EDS (Energy-
Dispersive (rayons X)
Spectrometry)

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Ces méthodes minéralogiques comportent les limites suivantes : les teneurs en
éléments doivent être typiquement supérieures à 2% et souvent à 5 %, ou seule
une toute petite partie d’un grain est mesurée, et les mesures doivent être
répétées (cas de la microscopie électronique).
Des méthodes chimiques doivent donc être mises en œuvre pour les éléments
traces. Elles se différencient par l’extraction, depuis la mise en solution totale
jusqu’à l’extraction à l’eau désionisée au pH, pE et à la salinité imposée par le
déchet. Les méthodes pouvant être pratiquées et leurs résultats sont les suivants :

Nom Méthodes Résultats des Résultat de l’interprétation


méthodes
Analyse totale Mise en solution et Teneurs totales en Teneur totale en élément
dosage spectrométrique éléments
ou
Dont oxygène pour la
Fluorescence X FX
Extraction et dosage Chaque analyte a une Teneur en élément Teneur en élément extrait
spécifiques de méthode spécifique extrait
l’analyte d’extraction et de
dosage : As III et V, Cr
VI, formes du Hg
Extractions Attaques en cascade Teneurs en éléments Teneurs en éléments majeurs
séquentielles et avec des réactifs extractible par chaque et mineurs associés à des
dosages en solution sélectifs et complexants réactif fractions fonctionnelles
interprétées comme « phases
porteuses » d’éléments
majeurs et mineurs,
carbonates, matière
organique, oxyhydroxydes de
fer et d’aluminium, silicates
Extractions partielles Attaques avec un/des Teneurs en éléments Teneurs en éléments majeurs
avec des réactifs réactifs sélectifs et extractible par le réactif et mineurs extractible, comme
spécifiques et dosages complexants par exemple un élément
en solution « aisément assimilable » ou
« biodisponible » pour un être
vivant
Extractions à différents Lixiviations parallèles à Teneurs en éléments Logiciel de géochimie de la
pH et dosages en 9 pH différents (XP solubles à 9 pH solution vers le solide :
solution CEN/TS 14997 ou différents. Cortège minéralogique global
14429). avec les phases porteuses
prenant en compte toutes les
interactions entre éléments et
spéciation des éléments en
solution dans toutes les
conditions
(Option : Mesures Teneurs en substances Teneurs en phases
spécifiques de humiques en phase réactives (échange,
« phases réactives ») solide et en solution, complexation) en
oxy-hydroxydes surface et en solution.
d’aluminium, fer
amorphe et cristallin
(ISO CD 12782-1 à -5)
Lixiviation à l’eau et Lixiviation Teneurs en éléments Logiciel de chimie des eaux :
dosages en solution conventionnelle lixiviables au pH et pe Spéciation des éléments en
(broyage 4 mm, 10 L/kg du déchet solution
MS, 24 h)

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La méthode « Extractions à différents pH et dosages en solution » doit faire l’objet
de calculs complémentaires. Les concentrations des éléments mis en en solution
à différent pH sont comparées aux concentrations calculées à partir d’une base de
données de solubilité des minéraux, d’un cortège minéralogique et d’un logiciel
géochimique : PHREEQC, CHESS, ORCHESTRA et éventuellement son
gestionnaire de résultats de lixiviation LeachXS. Ces logiciels permettent de
sélectionner des phases solides, avec l’appui de l’expertise du déchet, pour
reconstituer le cortège minéralogique, par comparaison des indices de saturation
des solutions avec les minéraux de la base de données. La composition calculée
est idéalement comparée avec la composition évaluée par observations
minéralogiques du déchet sur les éléments majeurs (microscopie optique,
électronique, diffraction des rayons X, fluorescence des rayons X) ou avec
d’autres connaissances minéralogiques disponibles sur le type de déchets
étudiés.
Une autre voie d’approche est la vérification de la présence de cortèges
minéralogiques semblables par grande catégorie de déchet, et l’application des
« types » observés aux déchets ayant la même origine. Ces données peuvent se
trouver dans la littérature ou dans des bases de données de déchet (par exemple
LeachXS disponible en logiciel libre sur le site
(http://vanderbilt.edu/leaching/downloads/leachxs-lite/)

Une autre approche consiste en calcul stoechiométrique avec deux variantes


intitulées « pire cas » et « pire cas avec information ».
L’INERIS a développé un outil de calcul Excel® (disponible auprès de l’INERIS ou
flore.rebischung@ineris.fr) et un manuel (Rebischung F. 2011. Reconstitution
d’une spéciation des éléments totaux en minéraux dans les déchets en vue de la
détermination d’un potentiel de danger dans un objectif de classement SEVESO -
Principes et mode d’emploi de l’outil de calcul. INERIS N°-DRC-11-118157-
06170A. 43 p. http://www.ineris.fr/fr/t%20expertise/caract%C3%A9risation-du-
potentiel-de-danger-des-d%C3%A9chets/1093 )
Le principe de calcul de cet outil est le suivant :
- une base de données, contenant les informations relatives à plus de 800
phases minérales (formule chimique, stœchiométrie, et phrases de risques,
notamment) est triée à chaque spéciation de sorte à classer les minéraux
du plus dangereux au moins dangereux pour la règle de classement
considérée ;
- ces minéraux sont considérés un par un, dans l’ordre défini par la règle de
classement, et la quantité maximale présente dans le déchet, au vu des
concentrations mesurées pour chacun des éléments métalliques, est
calculée de façon itérative ;
- si certains des éléments de la base de données ne sont pas pertinents
compte-tenu des connaissances sur le déchet considéré, ils peuvent être
retirés de la sélection et non pris en compte dans le calcul de spéciation.
Cette dernière approche est indispensable en pratique, et est appelée
« pire cas avec information ».

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ANNEXE 4 : FACTEUR M
Le facteur M est un facteur multiplicatif utilisé dans les règles de calcul pour
l’évaluation des propriétés de danger pour l’environnement ; il permet en effet
d’adapter les seuils de classement en fonction des informations disponibles sur
l’écotoxicité des substances.
Il est calculé à partir des données disponibles sur les CE50 (concentration ayant 50
% d’effet).
La recherche de ces informations (directement le facteur M ou bien des données
de CE50) peut être réalisée sur les mêmes bases de données que celles
mentionnées au paragraphe 4.2.3 du premier chapitre du présent rapport. En cas
de sources d’information contradictoires, il est recommandé d’utiliser la plus faible
valeur trouvée pour les CE50, ou la valeur du facteur M la plus élevée pour réaliser
les calculs de classement (ce qui correspond à une approche majorante en termes
d’évaluation de la dangerosité).

Détermination du facteur M à partir des CE50

A titre indicatif, le tableau suivant présente les valeurs de CE50 minimales extraites
du Portail Substances Chimiques de l’INERIS en date de janvier 2013 (ou d’une
autre source de données mentionnée le cas échéant) parmi les espèces
associées à différents éléments métalliques et métalloïdes. Les valeurs
présentées ici peuvent donc être utilisées dans le cadre d’un calcul « pire cas »
(voir paragraphe 4.2.2 du présent rapport). Dans le cas d’une substance minérale
identifiée (spéciation vraie), les propriétés de danger, CE50, et facteur M utilisés
doivent être ceux de la substance en question.

Note : nouvelle définition du facteur M dans la réglementation substances


La définition donnée ici pour le facteur M correspond à celle de la réglementation
SEVESO appliquée aux déchets (voir chapitre 2 du présent guide). Dans le cadre
de la réglementation sur la classification des substances, une adaptation au
progrès technique du règlement CLP introduit depuis 2012 une définition étendue
du facteur M, faisant notamment appel aux valeurs de NOEC pour les aspects de
toxicité chronique. Cet autre mode de calcul du facteur M n’est pas applicable ici.

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Phrases de risque, CE50 minimale observée, et facteur M correspondant pour
certains éléments métalliques et métalloïdes
Elément CE50 Code CAS / substance associée à Phrases de Facteur M
minimale la CE50 minimale recensée risque pour correspondant**
recensée l’environnement
(mg/L) dans la
classification
harmonisée
Hg 0,0007 7439-97-6 / Mercure N R50-53 [1 000]
Cd 0,0034 7440-43-9 / Cadmium N R50-53 [100]
Cu 0,002827 Substance chimique non reportée - [100]
As 0,01128 7784-41-0 / Arséniate de potassium N R50-53* [10]
Cr(VI) 0,033 7778-50-9 / Dichromate de potassium N R50-53 [10]
Pb 0,02629 10099-74-8 / Nitrate de plomb N R50-53* [10]
Zn 0,032 7646-85-7 / Chlorure de zinc N R50-53 [10]
Ni 0,0630 7718-54-9 / Chlorure de nickel N R50-53 [10] / 1
Tl 0,014 Substance chimique non reportée N R51-53* [10] / -
U 0,041 Substance chimique non reportée N R51-53* [10] / -
Be 0,12 Substance chimique non reportée N R51-53* [1] / -
Ba 14,5 Substance chimique non reportée - -
31
Mo 29 Substance chimique non reportée - -
Sb 1,77 10025-91-9 / Trichlorure d’antimoine N R51-53 -
Se Pas de données reportées N R50-53* -
* : La phrase de risque mentionnée correspond à une entrée générique de la classification
harmonisée, et ne correspond pas spécifiquement à la substance identifiée dans la 3ème colonne
du tableau
** : Les valeurs indiquées dans la colonne de droite du tableau sont :
- valeurs entre crochets : valeurs maximales de facteur M calculées sur la base de la CE50
minimale recensée
- seconde valeur, sans crochets : valeurs mentionnée le cas échéant par la classification
harmonisée
En cas de divergence entre ces deux valeurs, il convient de se référer à la classification
harmonisée.

27
European Commission (2008), European Voluntary Risk Assessment Report – Copper, Copper
II sulphate pentahydrate, Copper(I)oxide, Copper(II)oxide, Dicopper chloride trihydroxide
28
Lepper, P., Sorokin, N., Maycock, D., Crane, M., Atkinson, C., Hope, S-J., Comber, S. (2007).
Preconsultation report: Proposed EQS for Water Framework Directive Annex VIII substances:
arsenic (total dissolved). Environment Agency, Bristol, Science Report: SC040038/SR3.
http://a0768b4a8a31e106d8b0-
50dc802554eb38a24458b98ff72d550b.r19.cf3.rackcdn.com/scho0407blvu-e-e.pdf
29
European Commission (2008), European Voluntary Risk Assessment Report – Lead metal, Lead
oxide, Lead tetroxide, Lead stabiliser compounds
30
European Commission (2008), European Risk Assessment Report – Nickel and nickel
compounds. Rapporteur Member State : Denmark
31
RIVM report 601501029/2005 Environmental Risk Limits for Nine Trace Elements. P.L.A. van
Vlaardingen, R. Posthumus and C.J.A.M. Posthuma-Doodeman.
http://www.rivm.nl/dsresource?objectid=rivmp:15698&type=org&disposition=inline

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