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Mécanique – RDM – DIMENSIONNEMENT - B.T.S. T.P.

Cours

ECOULEMENT GRAVITAIRE – les pluies

A - Le cycle hydrologique

Une partie de l’eau précipitée


retourne vers l'atmosphère, par
évapotranspiration
Le terme d'évaporation désigne les
pertes en eau des nappes d'eau
libres sous forme de vapeur (lacs,
retenues, mares); alors que
l'évapotranspiration regroupe les
pertes du sol : absorption de l'eau
par le couvert végétal ou animal, et
restitution à l'atmosphère par
transpiration
L'évapotranspiration est liée à un
certain nombre de paramètres
climatiques tels que température,
vent, humidité, rayonnement etc.
L'eau non restituée à l'atmosphère migre sous forme :
 d'écoulements de surface rapides (rivières, ravines...), transitant parfois par des zones de
stockage naturel (étangs, mares...) ou artificiel (retenues...);
 d'écoulements souterrains intervenant après infiltration; ces eaux sont souvent stockées en
profondeur dans des réservoirs constitués de roches poreuses et perméables formant les
aquifères.
Si elles ne sont pas utilisées par l’homme, les eaux souterraines parviennent finalement à la mer.
Le cycle de l'eau se poursuit : c'est le milieu marin qui, par évaporation, humidifie les masses d'air
véhiculées par l'alizé.
Par condensation, il y a formation de nuages, et éventuellement précipitation.
Établir le bilan en eau d’une région sur une période donnée, c'est chiffrer les quantités d’eau
qui entrent et sortent des différents bassins versants qui la composent (le bassin versant d'une
rivière est la zone à l'intérieur de laquelle l'eau précipitée s'écoule et converge vers la rivière).
Chacun des termes du bilan hydrologique est naturellement pondéré par divers paramètres
climatiques et géographiques. Par exemple, la température est l'un des facteurs principaux du
pouvoir évaporant de l’atmosphère, le relief conditionne les précipitations des masses nuageuses, et
la nature de la couverture végétale influe sur les phénomènes d'interception et de transpiration.
Les durées de séjour de l'eau dans les différents compartiments du cycle sont très variables. En
moyenne, elles sont de l'ordre de la semaine dans l'atmosphère, de plusieurs jours à plusieurs années
dans les rivières selon la taille des bassins versants, des siècles à des millénaires dans les grands
aquifères du sous-sol, d'une trentaine de siècles dans les océans

Nature des effluents Origine des effluents :


Eaux pluviales : - Toiture - Ruissellement
Eaux de ruissellement : - Pluie - Lavage de voirie
Eaux parasites : - Trop-plein de réservoir - Source
- Drainage - Rejet clandestin

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B - Les bassins versant

- Bassin versant: surface drainée par un


réseau jusqu’en un point nommé
«exutoire»
- Exutoire: noeud d’un réseau drainant
une surface nommée «bassin versant»
- Lignes de partage des eaux: limites d’un
B.V.

Deux facteurs d’influence prépondérants :


le temps de concentration : Q pointe
Le coefficient de ruissellement : Volume

C - La période de retour de l’événement pluvial


Les ouvrages d’assainissement doivent assurer un degré de protection suffisant contre les
inondations ou la mise en pression des réseaux. Le degré de protection à assurer est un compromis
entre l’aspiration à une protection absolue qui est économiquement irréalisable compte tenu du
caractère aléatoire des événements pluvieux, et le souci de limiter le coût de l’investissement.
On est ainsi amené à apprécier le caractère plus ou moins exceptionnel des orages par leur
fréquence de dépassement F ou encore par leur période de retour T = 1 / F.
Pour appréhender une fréquence moyenne il est observé l’événement au moins 3 fois – exemple sur
une période de retour de 10 ans il faut 10x3 = 30 ans d’observation.
Le choix de la période de retour est effectué par le maître d’ouvrage en fonction :
• du risque pour les riverains,
• du risque pour l’environnement de l’ouvrage,
• du risque pour l’ouvrage.
En considérant que le degré de protection est d’autant plus élevé que la période de retour est longue.
Pour les petits projets et en l’absence de spécification de l’autorité compétente (maître d’œuvre), il
convient d’utiliser les critères du tableau ci-dessous extrait de la norme NF EN 752. Deux critères
peuvent être choisis pour déterminer la période de retour : la prévention des inondations et/ou la
mise en pression des réseaux qui conduisent à des périodes de retour différentes.

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Période de retour de mise en pression du réseau en années d’inondation recommandé :

D - Courbes intensité durée fréquence



- L’intensité pluviale moyenne se
défini par le rapport de la hauteur
d’eau tombée dh sur une durée donnée
dt : im = dh/dt

Exemple de l’intensité de pluie


à BORDEAU

- Construction des courbes IDF (intensité-durée-fréquence)


Il est bien connu que l’intensité ( le I d’IDF) de la pluie est très variable. Aux profanes cette
variabilité peut sembler totalement aléatoire mais il y a certaines « règles » observables qui
régissent le phénomène.
De l’observation on déduit que, « en moyenne », plus la durée analysée (le D d’IDF) augmente,
plus l’intensité diminue : les averses les plus brèves sont souvent les plus violentes ; au contraire les
longues pluies, d’automne par exemple, sont généralement assez « tranquilles » (de faible intensité).
Cette tendance à l’augmentation de l’intensité lorsque la durée diminue, ou inversement à la
diminution de l’intensité lorsque la durée augmente, n’est toutefois qu’une moyenne.
Finalement, pour mieux caractériser le phénomène on associe à chaque événement une probabilité
d’apparition. Pratiquement les ingénieurs et les hydrologues parlent de temps de retour : tel
événement se produit, en moyenne sur une longue période, toutes les x années. On parle de
fréquence d’apparition (le F d’IDF).
Ainsi donc, par l’observation soigneuse des précipitations et l’analyse statistique des résultats il est
possible d’établir une « loi » de comportement qui lie l’intensité, la durée et la fréquence : c’est
une courbe IDF.

- Modèles mathématiques des courbes I.D.F. :

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E - Montana
b(T)
Formule de montana pour déterminer une intensité maximum : imax(T, dt) = a (T) dt
dt en mn, imax en mm/mn
- Les facteurs a et b :
• Aussi a et b peuvent être donnés par une station météo locale.
• Sinon la France est découpé en 3 régions et pour chaque région on a une valeurs de a et b :

- dt correspond au temps de concentration : 6mn, 15mn, 30mn, 60mn, 120mn, 360mn, 720mn,
1440mn jusqu’a 24 heures.
Exemples 1 : Pour le calcul de canalisations = utiliser une formule cf cours suivant
Le phenomène de saturation se manifeste après le début de l’averse en un temps d’entrée qui varie
de 2 à 20mn, il existe plusieurs formules pour le calculer (bourier, Caquot,…) :
Exemple kirpich : t1 temps de concentration en mn :
0,77 -0,385
t1 = K2 L I
K2 : Facteur d’homogénéité = 0,0195
L : Longueur du plus long parcours de l’eau dans le BV en m
I : Pente sur le parcours L en m/m
Exemples 2 : Pour le calcul d’un bassin de régulation = de 0 à 24h

F - Mode d’occupation des sols


Objectif : définir la quantité d’eau de ruissellement, les voies, et la quantité de nature en utilisant le
respect des Lois SRU (solidarité et renouement urbain) et le PLU (plan local d’urbanisme). Pour
définir les bassins d’assainissement on utilise le coefficient d’occupation des sols (COS) et l’emprise
au sol (E) :
COS = Surface de plancher hors œuvre
Surface de la parcelle
On va supposer qu’un logement fait en moyenne 80 à 100m² et qu’il est occupé par 3
personnes. Pour les locaux administratifs nous considérons 10m² de plancher par emplois.
Pour le reste (commerces,…) on a aucunes quantification simple de la population,….
E = Surface bâtie au sol
Surface de l’îlot
E donne un taux d’imperméabilisation limite puisqu’il n’intègre pas les parking mais peut
contribuer à déterminer le coef de ruissellement.

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E - Imperméabilisation et ruissellement
Les méthodes d’estimations de l’imperméabilisation et de la construction au ruisellement sont
fondées :
- Le classement par type de surfaces urbanisées (centre ville, lotissement, zone d’activité,…) ou
l’occupations de chaque ilots ou parcelles ,...
- L’examen in situe de la contribution des espaces au ruicellement, de la nature des
branchements, particuliers et du système de drainage
- L’utilisation des cartes. (Utilisée pour le coef d’imperméabilisation)
- Méthodes statistiques
- Analyse de photographies aériennes

E1 - Le coefficient de ruissellement C ou Coefficient


d’imperméabilisation :
Le coefficient de ruissellement est fonction principalement
du type d’occupation du terrain mais aussi de la nature des
sols, de leur degré de saturation en eau, de la pente du
terrain. A titre indicatif, des exemples de valeurs sont portés
dans le tableau ci-contre :

Un coef de ruissellement C =

Aj = Aire défini
Aj imp. = Aire imperméable dans l’aire défini
Avec C ≥ 0,2 car, en zone urbanisée, la surface de la
voirie et des aires de service représente à elle seule
environ 20 / 100 de la superficie de cette zone.

Coef de ruissellement C =

Ai = Aire défini
Ci = Coef de ruisellement dans l’aire défini

Exemples : Guide technique du moniteur :

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E2 - La pente moyenne d’un bassin versant (I)
Il s’agit de la pente moyenne estimée de l’ensemble du bassin versant. Elle correspond au rapport entre le
dénivelé du plus long parcours de l’eau et le plus long parcours de l’eau lui même.
Pour un bassin urbanisé dont le plus long cheminement hydraulique « L » est constitué de tronçons
successifs «LK» de pente sensiblement constante « IK », l'expression de la pente moyenne qui intègre
le temps d'écoulement le long du cheminement le plus hydrauliquement éloigné de l'exutoire (ou
temps de concentration) est la suivante :

F - Eaux pluviales, contexte légal et réglementaire


Le stockage et le traitement des eaux pluviales est une obligation au-delà des surfaces déterminées par la
nomenclature liée à la procédure d’approbation ou d’autorisation de la loi sur l’eau. En effet,
l’imperméabilisation des sols (résultante de l’urbanisation, des voies de communication, des aires de
stationnement…) modifie l’écoulement des eaux vers l’aval en vitesse et en quantité et augmente
potentiellement le risque d’inondation. De plus, les eaux de ruissellement peuvent être chargées de
polluants, en particulier d’hydrocarbures, et être source de pollution lorsqu’elles sont rejetées sans
traitement préalable dans le milieu naturel. Le réseau de collecte des eaux pluviales ne doit pas être
raccordé à celui des eaux usées domestiques.

Deux cas sont à distinguer :


1 – Projet créant un rejet dans le milieu naturel superficiel ou dans le sol.
Le projet est soumis à déclaration ou à autorisation selon la surface desservie et/ou la surface
imperméabilisée.
2 – Projet raccordé à un réseau de collecte pluvial ou unitaire existant.
Les eaux pluviales ne doivent pas être déversées dans un réseau de collecte des eaux usées sauf cas
particulier (article 5, arr. du 22 juin 2007).
En conséquence, le fonctionnement du réseau concerné va être modifié par le rejet. Le propriétaire du
réseau doit fournir au service chargé de la police de l'eau un dossier de « porté à connaissance », décrivant
les modifications projetées conformément à l’article R.214-18 du code de l’environnement.
Ce dossier doit être jugé recevable par le préfet, qui indique la procédure à suivre : simple lettre d’accord,
demande de prescriptions complémentaires, nouveau dossier de déclaration ou d’autorisation.

La procédure à suivre pour le rejet des eaux pluviales :


L’instruction correspondante entre dans le cadre de la procédure de déclaration ou d’autorisation « police de
l'eau »

Les eaux pluviales peuvent polluer… :


Les eaux pluviales ne peuvent être rejetées sans précaution. Les mesures prévues doivent être compatibles
avec les risques pour les biens et les personnes à l’aval et la sensibilité des milieux aquatiques récepteurs.
Le dispositif doit comporter :
un ouvrage de rétention,
un ouvrage de traitement primaire (décanteur, séparateur à hydrocarbures).

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