Vous êtes sur la page 1sur 10

ÉVALUATI O N D ES RISQUES RE TOUR D’E XP É R IE N C E FAITS & GEST ES

Principes généraux et approche Qualifications et surveillance de routine ¬ Une future unité de production
méthodologique dans les phases au bloc opératoire de biomédicaments
d’un projet ¬ ABL renforce ses capacités à Lyon
P. 32 P.12 P.0 8

NOVEM B R E-DÉCEM BRE 201 8 N UM É RO 1 1 7 B IM ESTR IE L I SSN 1 29 1- 6978

N°117 LE MAGAZINE DE LA MAÎTRISE DE LA CONTAMINATION

D OSS I ER CA H IE R SPÉ CI A L
L A BO RATO I RE
Biocontamination DE S É CURI TÉ
air et surface B IO LO GI QU E
SALLES PR OPRES N °1 1 7 D OSSI ER 17

CONTRÔLES MICROBIOLOGIQUES

L’assurance qualité
des résultats au laboratoire

en établissement de santé pro- flore environnementale, avec ou


Par Franck Polyn, HeX Lab posent des critères microbiolo- sans neutralisants, boîte simple ou
giques sur l’air, les surfaces, les triple emballée « irradiée », condi-
La question de la pertinence des résultats fournis
gants... sans précisions quant aux tions de conservation…) ;
par le laboratoire prenant en charge les échantillons modes opératoires liés au prélè- • un plan d’échantillonnage
vement, au transport et à l’ana- (nombre de points, répartition,
issus des prélèvements environnementaux réalisés
lyse. La norme ISO 14698 sur la hauteur du point de prélèvement
en zone à atmosphère contrôlée est essentielle : biocontamination des environ- pour l’air…) ;
nements maîtrisés reste le sup- • une traçabilité de suivi des
toutes les étapes sont génératrices d’incertitudes,
port à utiliser mais elle présente échantillons nécessaires au labo-
nécessitant une approche métrologique afin de trop peu d’indications en ce qui ratoire pour l’interprétation des
concerne les méthodes de prélève- prélèvements (zone à risque, état
garantir la fiabilité des données.
ment. D’où la nécessité de mettre d’occupation lors des prélève-

L
en place des méthodes de prélè- ments, identification des points
a qualité microbiologique en sont sources d’incertitudes. Elles vement standardisées et docu- prélevés, lot et DLC des milieux
salle propre est un impon- doivent être identifiées, évaluées mentées ainsi qu’une formation de culture…) ;
dérable permettant de et suivies. Une approche « métrolo- rigoureuse des opérateurs les réa- • une standardisation du condi-
satisfaire aux nombreuses gique » de la mesure de la biocon- lisant. Ceci implique : tionnement des boîtes et un trans-
obligations de résultats tamination est également indispen- • un étalonnage du bio-impacteur port le plus court possible validé
attendus dans ces environnements. sable pour garantir la fiabilité des d’air selon une fréquence définie par une étude d’impact du temps
Les résultats obtenus vont conduire résultats : reproductibilité, répéta- par une analyse de risque (capacité et de la température ;
le plus souvent à de lourdes consé- bilité et intercomparaison. de remettre en question les résul- • une réalisation de témoins
quences, notamment si des niveaux tats depuis le dernier étalonnage positifs (boîtes volontairement
d’exigences opposables sont atten- Synthèse des exigences conforme) ; contaminées par l’opérateur) et
dus. Qu’en est-il de la pertinence des réglementaires, • une application des règles d’asep- de témoins négatifs (boîtes non
résultats fournis par le laboratoire normatives et sie lors de la mise en œuvre du pré- prélevées suivant le parcours des
prenant en charge les échantillons recommandations en lèvement en fonction de la zone prélèvements) ;
issus de prélèvements environne- matière de contrôles prélevée (désinfection du matériel, • une application de critères
mentaux réalisés en salles propres et microbiologiques en hygiène des mains, port des gants, microbiologiques en fonction
en zones à environnement maîtrisé ? salle propre gestuelle, stérilisation et/ou désin- du niveau de risque des locaux
Toutes les étapes, depuis le transport D e n o m b re u x r é f é re n t i e l s fection des cribles…) ; prélevés ;
jusqu’au dénombrement et l’iden- applicables à la salle propre en • une sélection documentée des • une qualification des opérateurs
tification des micro-organismes, industrie pharmaceutique et milieux de culture (adaptée à la réalisant les prélèvements.
1 8 DOSSIER SALL ES PR OPR ES N°117

le dénombrement des micro- (BPPH) définissent un seuil pour


1 Vérification de l’impaction d’un prélèvement organismes. Elles attendent que la qualité microbiologique de l’air
vous justifiiez, argumentiez et en zone de conditionnement en
donc documentiez vos choix en activité (200 UFC/m3) sans autres
la matière. précisions.
• Enfin, les Bonnes Pratiques de
Les Bonnes Pratiques préparation (BPP n°2007/7bis)
applicables aux applicables aux PUI (pharmacies
établissements de santé à usage intérieur) et aux officines
• La décision du 27 octobre 2010 de pharmacie reprennent les élé-
définissant les règles de bonnes ments des BPF (tableau A).
pratiques relatives à la prépara-
tion, à la conservation, au trans- Les référentiels normatifs
port, à la distribution et à la ces- La norme NF EN ISO 14698-1 et 2 de
©©HeX

sion des tissus, des cellules et des mars 2004 ne précise pas de tem-
préparations de thérapie cellulaire pérature d’incubation des prélè-
La qualification des opérateurs est un point très important.
(BPTC) reprend les niveaux cibles vements mais une durée d’incu-
des BPF. Elles précisent une tem- bation des bactéries de 2 à 5 jours
Le laboratoire prenant en pérature d’incubation comprise et des fongiques de 5 à 7 jours.
charge les prélèvements devra entre + 30 °C et + 35 °C pour la La révision de cette norme a été
prendre en compte les différents recherche de la flore mésophile et abandonnée en 2014 mais devrait
référentiels applicables aux locaux une température comprise entre être réexaminée en 2019. Le projet
contrôlés et définir sa méthode + 20 °C et + 25 °C pour la crois- de norme PR NF EN 17141 « Salles
d’analyse. Par secteur d’activité, on sance des moisissures, ainsi qu’une propres et environnements maî-
retrouve les textes suivants. durée totale d’incubation de 2 à trisés apparentés – Maîtrise de la
5 jours pour la flore mésophile et biocontamination » est en phase
Les Bonnes Pratiques de 5 à 7 jours pour les moisissures. d’enquête publique (n° 2) avec une
de fabrication (BPF) • L’arrêté du 3 août 2010 modi- position nationale française trans-
L’industrie pharmaceutique doit se fiant l’arrêté du 11 avril 2008 rela- mise le 29 novembre 2018 (avis
conformer aux exigences des BPF tif aux règles de bonnes pratiques favorable) et assortie de commen-
(n° 2015/12 bis). Elles définissent cliniques et biologiques d’assis- taires. Sa publication est attendue
des limites recommandées en pro- tance médicale à la procréation (BP pour 2019.
duction pour l’air, les surfaces et FIV/PMA) ne précise pas de critères La norme NF S90-351 d’avril 2013
les gants. Elles ne précisent pas microbiologiques pour les locaux. décrit le milieu de culture type
pour autant les milieux de culture • Les Bonnes Pratiques de phar- PCA ou équivalent pour la flore
et les méthodes d’analyse pour macie hospitalière de juin 2001 bactérienne et le milieu MEA ou
Sabouraud pour la flore fongique
avec une température de 30 °C pen-
A Recommandations pour la surveillance microbiologique
dant 5 à 7 jours.
des ZAC durant la production
Limites recommandées de contamination microbiologiquea La Pharmacopée européenne
Classe Échantillon Boîtes de Petri, Géloses de contact, Empreintes Elle ne comprend pas de méthode
d’air Ø = 90 mm Ø = 55 mm de gant, 5 doigts
(UFC/m2) (UFC/4h)b (UFC/plaque) (UFC/gant) d’analyse d’air et de surfaces en
A <1 <1 <1 <1
salle propre. Elle reste néanmoins
la référence pour l’industrie phar-
B 10 5 5 5
maceutique pour les analyses
C 100 50 25 -
d’eaux purifiées, de gaz, d’air
D 200 100 50 -
comprimé, des produits pour la
a. Il s’agit de valeurs moyennes. b. Certaines boîtes de Petri peuvent être exposées stérilité et les contrôles de conta-
pendant moins de 4 heures. Extrait des BPF (n° 2015/12 bis). mination microbiologique (bio-
burden). Dans le chapitre 2.6.12
SALLES PR OPRES N °1 1 7 D OSSI ER 19

décrivant les essais sur les pro- révision de ce guide technique des critères pour la flore bacté- connaître l’incertitude de mesure
duits non stériles, les conditions national est en phase finale de rienne et fongique, d’autres ne du laboratoire. De faux positifs
d’incubation sont de 30-35 °C relecture. Il sera complémentaire spécifient pas à quelle recherche (contamination au laboratoire)
pendant 3 jours pour les bacté- du guide du CCLIN Sud-Ouest correspond le seuil (cumul des et inversement de faux « niveaux
ries et 20-25 °C pendant 5 jours de 2016. deux flores ou flore totale bac- cibles » sont donc tout à fait pro-
pour les moisissures. Cette stra- térienne seule). Le laboratoire bables sans maîtrise de la chaîne
tégie d’incubation est souvent Bilan doit donc définir ses paramètres analytique dans son intégralité.
prise en référence. Cette revue des différents référen- d’analyse et les valider. Il semble Cette incertitude devient encore
tiels nous amène à deux constats : intéressant de rappeler que la plus significative pour les seuils
Les guides • l’absence de standards d’ana- validation des méthodes d’ana- plus élevés, par exemple à 10 ou
Le guide Surveillance microbiologique lyses microbiologiques de prélè- lyses non normatives est impé- 200 UFC.
de l’environnement dans les établisse- vements issus de salles propres ; rative dans le cadre de l’accré-
ments de santé (CCLIN Sud-Ouest, • l’absence de critères qualitatifs ditation du laboratoire selon Validation des
2016) précise d’incuber les géloses concernant le laboratoire réalisant l’ISO 17025:2017. standards d’analyses
pour recherche de flore bacté- les analyses. Par ailleurs, aucun référentiel microbiologiques au
rienne à 30 ± 2 °C (milieux tous ne définit de critères qualitatifs laboratoire, un
germes) et celles pour la recherche En effet, l’analyse des différents pour le laboratoire réalisant les prérequis indispensable
ciblée de fongiques à 22 ± 2 °C référentiels applicables au sec- analyses de ce type de prélève- Puisque les référentiels régle-
(milieux spécifiques) pendant 5 teur de la salle propre pharma- ment. Il n’y a donc aucune obli- mentaires et normatifs ne com-
à 7 jours. ceutique et hospitalière repris en gation pour le laboratoire de prennent pas d’exigences spéci-
Le guide CTINLS Surveillance de référence de cet article fait appa- devoir justifier sa compétence. fiques quant aux conditions de
l’environnement dans les établisse- raître un manque d’homogénéité Il est assez paradoxal d’avoir des mise en analyse, le laboratoire doit
ments de santé : air, eaux et sur- dans les trois piliers inf luant critères microbiologiques cibles les définir et les valider.
faces (2002) précise des critères directement le résultat : choix allant jusqu’à l’absence d’unité Des méthodes normatives d’ana-
sur la f lore totale bactérienne du milieu de culture, tempéra- formant colonie (< 1 UFC) par lyses existent pour d’autres
et fongique sans précision sur ture et durée d’incubation. De mètre cube d’air ou pour 25 cm2 matrices comme l’aliment et
les méthodes d’analyses. Une même, certains textes précisent de surface (classe A des BPF) sans l’eau. Cependant, elles ne

LE SPÉCIALISTE
SALLES PROPRES
Notre expertise à la hauteur
de votre exigence

CLOISONS . Classement au feu Euroclasses


. Résistance aux agents désinfectants
PORTES . Affaiblissement acoustique
. Plafonds porteurs 150 kg/m2 C O N C E P T E U R • F A B R I C A N T • I N S TA L L AT E U R
avec réservations
PLAFONDS . Cloisons totalement affleurantes www.batimpro.fr
. Portes bi-affleurantes
ÉQUIPEMENTS . Large choix de coloris
+33 (0)2 41 490 490 • contact@batimpro.fr
France et Europe
20 DOSSIER SALL ES PR OPR ES N°117

sont pas forcément adaptées à DLC selon une analyse de risque Compte tenu des durées d’in-
« Des au dénombrement et à l’identi- propre à chaque utilisateur ; cubation longues, des lectures
fication de micro-organismes • la qualité de l’emballage afin intermédiaires doivent être réa-
méthodes « stressés » ou à l’état végétatif d’éviter le dessèchement pendant lisées afin d’éviter d’avoir des
normatives retrouvés dans l’environnement le stockage et l’incubation ; boîtes non dénombrables par
des salles propres. Dans ce cas, des • la présence de disséquant, gage envahissement.
d’analyses milieux de culture plus adaptés, de qualité du conditionnement ; Concernant l’interprétation des
existent pour non sélectifs et des durées d’in- • le type d’emballage (simple ou résultats, les critères microbiolo-
cubation de plusieurs jours sont triple en fonction de la classifica- giques définis dans les différents
d’autres généralement utilisés puisque tion des locaux à prélever) et l’irra- référentiels sont essentiellement
matrices plus appropriés. diation pour les environnements quantitatifs. Le laboratoire doit
La notion de germes «  culti- aseptiques ; préciser les recherches qu’il réa-
comme vables » apparaissant dans le pro- • le volume de milieu de culture lise pour statuer sur la confor-
l’aliment jet de norme PR NF EN 17141 pose par boîte. Plus il est faible, plus les mité d’une installation vis-à-vis
la question de l’exhaustivité du boîtes se dessècheront rapidement de ces critères :
et l’eau. » dénombrement. pendant le stockage ; • dénombrement de la flore totale
Les termes « revivifiable », « flore • la durée de DLC qui peut aller bactérienne seule ;
aérobie revivifiable » (FAR), « méso- de 1 à 6 mois en fonction du • dénombrement de la flore totale
phile », « flore totale »… occultent fournisseur ; bactérienne et fongique en inter-
la problématique du « cultivable » • les conditions de conservation, prétant le cumul ;
en lien direct avec le milieu de notamment la température et • dénombrement de la f lore
culture et les conditions d’incu- l’hygrométrie ; totale bactérienne et fongique en
bation utilisées. • certains aspects pratiques comme interprétant les dénombrements
La sélection du milieu de culture les couvercles verrouillables. séparément.
pour la recherche de la f lore
totale bactérienne et fongique Cette liste n’est pas exhaustive Lors des prélèvements d’air par
doit prendre en compte les points mais elle constitue une base de impaction, le type de crible doit
suivants : critères qualitatifs. être pris en compte. Un facteur
• les composants du milieu de Une validation par des essais correctif sera donc appliqué.
culture (source de protéine, de fertilité selon la Pharma- Le laboratoire peut utiliser deux
sucres…) ; copée européenne entre dif- milieux par point de prélève-
• la présence d’antibiotiques férents fournisseurs peut être ment. Ainsi la flore bactérienne
pour les analyses de surface et réalisée afin d’évaluer le recou- est dénombrée sur une gélose pour
la recherche fongique afin d’évi- vrement sur une sélection de la flore et totale et les levures et
ter la compétition avec la flore souches bactériennes et fon- moisissures sur une gélose pour
bactérienne ; giques de souches de collection flore fongique additionnée de chlo-
• la présence de neutralisants des et de souches terrains (environ- ramphénicol. Cet antibiotique
biocides pour les prélèvements nement utilisateur). empêche la croissance des bacté-
de surfaces et de gants (lécithine, Concernant les températures d’in- ries et limite donc la compétition
Tween 80, thiosulfate de sodium cubation, plusieurs approches des deux flores.
et histidine, par exemple) garan- existent : L’utilisation d’une gélose unique
tissant la neutralisation des désin- • l’approche médicale à 37 °C de type flore totale bactérienne
fectants utilisés en nettoyage pour les bactéries et 30 °C pour (TCS, TSA…) est une méthode
et désinfection ; les moisissures ; utilisée pour le dénombrement
• la réalisation systématique • l’approche environnementale à des deux flores, en l’absence de
d’essais de fertilité et de stérilité 30 °C pour les bactéries et 24 °C spécifications dans les référen-
pour les milieux produits par le pour les moisissures ; tiels. Une première incubation
laboratoire ; • l’approche pharmacopée à à 20-25 °C est réalisée pour la
• la réalisation d’essais de fertilité 30-35 °C pendant 3 jours pour flore fongique suivie d’une deu-
pour les milieux de culture livrés les bactéries et 20-25 °C pendant xième incubation à 30-35 °C pour
prêts à l’emploi à réception et/ou 5 jours pour les moisissures. la flore bactérienne (incubation
SALLES PR OPRES N °1 1 7 D OSSI ER 2 1

retrouvée en essais de Phar- L’identification des de révision met en avant dans la carte d’identité microbiologique
macopée). Le laboratoire qui micro-organismes, le chapitre 9.33 l’identification de vos environnements ?
applique cette méthode doit la positionnez-vous ! au genre et à l’espèce des micro- Différentes méthodes d’identifica-
valider, par exemple par la réa- Le laboratoire doit également organismes détectés en grade A tion qui existent reposent sur des
lisation d’essais comparatifs préciser s’il intègre les critères et B, ainsi que dans les grades C et D méthodes biochimiques, phénoty-
des deux méthodes à l’aide de qualitatifs (genre et espèce des selon une stratégie de contrôle de piques et génétiques.
suspensions de bactéries et de micro-organismes) et une liste de contamination définie par l’indus-
moisissures. L’objectif étant de micro-organismes indicateurs d’un triel. Cette notion qualitative de la Les galeries d’identification
mesurer les éventuels écarts risque de contamination du pro- contamination retrouvée dans les biochimique (type API)
de recouvrement. cess, du produit ou du patient. Ces zones classées, au-delà de l’aspect Cette méthode historique d’iden-
Le choix entre milieux dissociés critères qualitatifs d’identification quantitatif, nécessitera une étude tification au laboratoire repose
et gélose unique doit faire l’objet existent dans les référentiels hos- documentée de l’écologie micro- sur la recherche de caractères bio-
d’une validation de méthode. En pitaliers pour les locaux « patient » bienne des environnements de pro- chimiques du métabolisme glu-
effet, ce choix peut se révéler diffé- mais pas dans les locaux soumis duction (par exemple les OOS – cidique et protidique du micro-
rent en fonction du nombre d’uni- aux Bonnes Pratiques (pharmaceu- out of specification –, boîtes non organisme en microgalerie. Elle
tés formant colonies retrouvé sur tiques, thérapie). dénombrables, présence de micro- nécessite une observation macros-
le milieu de culture (ex. : un milieu Pour l’industrie pharmaceutique, organismes indicateurs dont des copique, microscopique, des tests
si < 10 UFC/boîte et deux milieux l’annexe 1 des GMP (opposable moisissures…). En d’autres termes, d’orientation rapide afin de sélec-
si ≥ 10 UFC/boîte). au niveau européen) en cours êtes-vous en capacité de connaître tionner la galerie adaptée

D E S D O
O N N N
T I
L’unique fournisseur E
S É
E
S
G
de solutions complètes
Moniteurs de
de surveillance de la contamination
contamination

Systèmes de
Services STÉRILITÉ surveillance
GARANTIE environnementale
Pour plus d’information,
veuillez contacter:
pmeasuring.com/fr
T: 33(0)1 60 10 32 96
E: pmsfrance@pmeasuring.com Formation et
éducation
G S
E E
S É
T I N
N
O N
D E S D O
22 DOSSIER SALL ES PR OPR ES N°117

(EMBL, NCBI, BiBi, Genebank…)


2 Exemple de diagramme pour un processus analytique afin d’identifier le genre et l’es-
pèce bactérienne ayant la plus
grande homologie de séquence
avec la souche inconnue.
Le gène codant l’ARNr 16S est
un gène constitué d’une alter-
nance de régions dites conser-
vées et de régions hypervariables
(V1 à V9). La composition nucléo-
tidique de ces dernières est suf-
fisamment discriminante pour
une identification à l’espèce.
Et pour certains genres bacté-
riens ayant une forte homologie
de séquence interespèce, cette
approche est alors complétée par
le séquençage d’un ou plusieurs
gènes plus variables au sein d’un
même genre (sodA, rpoB, gyrB,
hsp65, ADNr 23S…).

Choix de la méthode
Parmi les critères de choix de
méthode d’identification, on
Ce diagramme permet de matérialiser de manière structurée le lien entre les causes et leur effet (défaut, panne,
pourra prendre en compte :
dysfonctionnement…).
• la taille de la base de données
pour obtenir le plus d’identifica-
au micro-organisme à iden- La spectrométrie de masse d’identifier des souches isolées tion à l’espèce (de quelques cen-
tifier (entéro­bactérie, non-enté- (type Maldi-Tof) à partir de prélèvements biolo- taines à plusieurs centaines de mil-
robactérie, staphylocoque, strep- La spectrométrie de masse consiste giques. La technologie permet liers en fonction de la méthode
tocoque…). Peu adaptée pour de à séparer et identifier des molé- aujourd’hui, en 24 à 48 heures retenue) ;
gros volumes d’identification, cules selon leur masse et leur et par une approche génétique, • la fiabilité du résultat (pourcen-
cette méthode connaît quelques charge. Il existe plusieurs types une identification précise à l’es- tage d’identification) ;
limites et certains micro-orga- de spectromètres de masse pou- pèce de souches isolées d’origine • la capacité de volume de
nismes ne seront pas identifiés à vant séparer des molécules plus ou biologique et environnementale. traitement ;
l’espèce (par exemple les Micrococ- moins grandes et leurs méthodes Parmi les méthodes disponibles • le délai d’obtention du résultat.
cus très couramment retrouvés en ont toutes en commun les étapes sur le marché aujourd’hui, on
salle propre). suivantes : préparation et intro- retrouve le séquençage du gène De toutes les méthodes présen-
duction de l’échantillon, ionisa- codant l’ARNr 16S. Fondée sur tées, le laboratoire mais surtout
Les méthodes biochimiques et tion des molécules d’intérêt, sépa- une amplification génique par l’utilisateur de ces données (phar-
phénotypiques automatisées ration des ions en fonction de leur polymerase chain reaction (PCR) maciens, hygiénistes, QA, QC…)
(type Biolog et Vteck) rapport masse/charge, détection couplée au séquençage par la doit être en mesure de com-
L’évaluation phénotypique com- et amplification du signal et ana- méthode Sanger des fragments prendre et de valider le niveau
prend l’étude du profil biochi- lyse des données et identification obtenus, cette technique consiste de précision attendu. L’identifi-
mique et des propriétés métabo- de l’échantillon. à décrypter en premier lieu le cation au niveau génétique, par
liques d’un micro-organisme par gène codant l’acide ribonu- sa précision, apporte indéniable-
l’entremise de test sur ses condi- Le séquençage génétique cléique ribosomique (ARN) 16S ment un avantage dans l’analyse
tions de croissance, sur ses activi- Les critères morphologiques et à réaliser la comparaison des causes les plus probables lors
tés enzymatiques et sur la compo- et biochimiques ont permis des séquences obtenues sur des de résultats non conformes ou de
sition de ses cellules en acide gras. durant de nombreuses années bases de données internationales contamination.
SALLES PR OPRES N °1 1 7 D OSSI ER 23

La fiabilité de l’identification est Identification des sources afin d’éviter les contaminations
également importante pour la d’incertitudes (approche 5M) croisées. Les locaux doivent être « Une fois
mise en collection des souches La méthode 5M est une méthode distincts des activités de laverie,
issues des prélèvements nécessaire d’analyse qui sert à rechercher et fabrication de milieux de culture
les standards
pour des comparaisons éventuelles à représenter de manière synthé- et de stérilisation. Un suivi de la d’analyse
avec des contaminants du produit tique les différentes causes pos- qualité microbiologique de l’air et
ou des essais d’efficacité des pro- sibles d’un problème. Elle fut créée des surfaces de l’environnement
définis, le
duits désinfectants utilisés. par le professeur Kaoru Ishikawa des essais est à réaliser. Le labo- processus
d’où son appellation « méthode ratoire doit fixer ses propres cri-
Vers une approche d’Ishikawa ». tères microbiologiques avec des
d’analyse doit
métrologique de Elle utilise une représentation seuils d’alerte (surveillance ren- faire l’objet
l’analyse microbiologique graphique (diagramme) en forme forcée) et des seuils d’actions cor-
Une fois les standards d’analyse d’arêtes de poisson (figure 2) rectives. Des boîtes de milieux de
d’une approche
définis (milieux de culture, tem- pour matérialiser de manière culture non prélevées peuvent être méthodologique
pérature d’incubation, durée d’in- structurée le lien entre les causes placées dans les étuves de manière
cubation, lectures intermédiaires et leur effet (défaut, panne, régulière afin de s’assurer de l’ab-
de l’ensemble
et méthodologie d’identification si dysfonctionnement…). sence de contamination lors de des paramètres
nécessaire), le processus d’analyse Cette méthode est particu- l’incubation.
doit faire l’objet d’une approche lièrement adaptée au proces-
pouvant
méthodologique de l’ensemble des sus de laboratoire. Les 5M se Méthode (mode opératoire) influencer
paramètres pouvant influencer le déclinent de la manière sui- La méthode d’analyse doit faire
résultat. Indispensable pour toute vante  : matière,  milieu,  main- l’objet d’une validation. Il est
le résultat. »
démarche d’accréditation selon d’œuvre, matériel et méthode. important de vérifier la capacité du
l’ISO 17025:2017, cette analyse peut laboratoire à quantifier les micro-
être réalisée à l’aide de différents Matière organismes et à les identifier. Pour
outils méthodologiques d’analyses Ce premier axe comprend les le dénombrement et en absence
de risques (HACCP, 5M, Amdec…). consommables, les milieux et d’étalon pour l’air et les surfaces,
Quelle que soit la méthode utili- les réactifs nécessaires à l’ana- le laboratoire pourra valider ses
sée, l’ensemble du processus doit lyse (dénombrement et identifi- milieux de cultures, durée et tem-
être pris en compte depuis l’ar- cation des micro-organismes). Une pérature d’incubation à l’aide de
rivée des échantillons au labora- liste des matières ayant un impact souches microbiennes calibrées
toire à l’élimination des boîtes de possible sur le résultat doit être fournies avec des certificats pré-
prélèvement. L’objectif de cette dressée. Les certificats qualité des cisant la charge et l’incertitude.
approche est : fournisseurs doivent être récol- Cette méthode est utilisée par les
• d’identifier les facteurs critiques tés, vérifiés et conservés, notam- laboratoires réalisant des analyses
associés aux méthodes, aux équi- ment concernant la stérilité et la d’eau sous accréditation ISO 17025.
pements et au laboratoire ; fertilité. Si des milieux de culture
• de démontrer que ces facteurs sont fabriqués par le laboratoire, Moyens (matériels)
sont contrôlés par la mise en place ils doivent faire l’objet d’essais de Les enceintes climatiques, les
d’essais de reproductibilité, de stérilité et de fertilité. Le stockage enceintes de stockage en froid
répétabilité ; des milieux et des réactifs doit être positif font l’objet de cartogra-
• d’estimer les incertitudes de réalisé selon les préconisations du phies et de suivi de température en
mesure pour les analyses. fournisseur en termes de délai et continu. Ces équipements doivent
de température. permettre d’assurer une tempé-
En l’absence d’étalon pour les ana- rature stable de manière homo-
lyses d’air et de surface en salle Milieu gène dans l’intégralité du volume
propre et zone à environnement Le milieu correspond aux locaux quel que soit le chargement. Le cas
maîtrisé, cette approche méthodo- d’essais. Ils doivent être réservés échéant, en fonction des résultats
logique visant à maîtriser les fac- uniquement aux analyses d’envi- de la cartographie, un volume utile
teurs ayant un impact direct sur ronnement, en séparant les activi- est déterminé et identifié dans les
le résultat paraît indispensable. tés de bactériologie et de mycologie équipements.
24 DOSSIER SALL ES PR OPR ES N°117

Reproductibilité
3 Représentation de campagne de répétabilité L’évaluation de la reproductibi-
lité pour un même opérateur ou
entre plusieurs opérateurs consiste
à reproduire des essais de répéta-
bilité à des périodes espacées et à
les comparer entre elles.
Deux tests statistiques peuvent être
utilisés pour interpréter ces résul-
tats : le test de Cochran pour vérifier
une absence de variance aberrante
et le test de Grubbs pour vérifier
l’absence de moyenne aberrante.
Pour évaluer la répétabilité, il est nécessaire de faire dénombrer plusieurs boîte
En l’absence de valeurs aberrantes,
de Petri au même opérateur, de façon répétée et rapprochée.
le laboratoire pourra, sur la base de
ces essais, calculer l’écart type de
Main-d’œuvre  Répétabilité reproductibilité et de reproductibi-
Les opérateurs réalisant les ana- L’ISO/CEI GUIDE 99:2011 définit la lité liée aux opérateurs. Il pourra
lyses doivent faire l’objet d’une répétabilité comme « Condition de également en définir les valeurs
qualification spécifique au dénom- mesurage dans un ensemble de condi- limites pour la qualification de ces
brement et à l’identification de tions qui comprennent la même procé- opérateurs (figure 4).
prélèvements d’environnement, dure de mesure, les mêmes opérateurs,
notamment des moisissures. le même système de mesure, les mêmes Intercomparaison
conditions de fonctionnement et le même La participation à des essais inter-
Exemple d’évaluation lieu, ainsi que des mesurages répétés laboratoires n’est pas possible dans
des incertitudes liées aux sur le même objet ou des objets simi- le scope des prélèvements micro-
opérateurs (main-d’œuvre) laires pendant une courte période de biologiques d’air et de surface,
Parmi les sources d’incertitudes temps ». Adaptée au laboratoire, éva- en l’absence d’étalon disponible
lors de l’analyse microbiolo- luer la répétabilité correspond à (Pourtant, il y a déjà eu des essais
gique de prélèvements issus de faire dénombrer plusieurs boîtes d’intercomparaison pour les comp-
salle propre, celle liée aux opéra- de Petri comprenant des colonies tages particulaires dans l’air alors
teurs est la principale à évaluer. microbiennes (si possible proche des que là non plus il n’y a pas d’éta-
Elle est à mesurer pour un même niveaux cibles : 10, 50, 100 et 200 lon de référence !). Des essais sur
opérateur et pour les opérateurs UFC) de façon répétée et rapprochée les eaux propres peuvent néan-
entre eux. par le même opérateur (figure 3). moins être intéressants à réaliser

4 Représentation de campagnes de reproductibilité

Les essais de reproductibilité consistent à reproduire des essais de répétabilité à des périodes espacées et à les comparer entre elles.
SALLES PR OPRES N °1 1 7 D OSSI ER 25

pour la partie dénombrement et définissant les exigences générales


identification, les seuils microbio- concernant la compétence des labo- RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
logiques de ces eaux étant proches ratoires d’essais.
NF EN ISO 14698-1, mars 2004
des critères microbiologiques des L’accréditation selon l’ISO
contrôles en salle propre. 17025:2017 concernant l’analyse NF EN ISO 14698-2, mars 2004

microbiologique des prélèvements Pr EN 17141 « Salles propres et environnements maîtrisés : Maîtrise de la


Conclusion en salles propres est un référen- biocontamination »

Les conséquences financières d’un tiel incontournable. En effet, l’ac- NF S 90-351, avril 2013
dépassement de seuil menant à un créditation de la phase de pré- Publication du Conseil supérieur de la sante n° 8364, août 2010
arrêt de production, à la fermeture lèvement, bien qu’intéressante, Bonnes Pratiques de pharmacie hospitalière, juin 2001
d’une salle d’opération ou à l’éli- n’aura d’intérêt que si elle est sui-  écision du 27 octobre 2010 définissant les règles de bonnes pratiques
D
mination de produits fabriqués vie d’une phase analytique sous relatives à la préparation, à la conservation, au transport, à la distribution et
doivent faire l’objet d’une analyse portée d’accréditation. à la cession des tissus, des cellules et des préparations de thérapie cellulaire
de risques. Il est donc important Le document LAB INF 53 du Cofrac  rrêté du 3 août 2010 modifiant l’arrêté du 11 avril 2008 relatif aux règles
A
d’avoir l’esprit critique face aux de septembre 2016  définit les de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la
résultats de contrôles microbiolo- lignes de portée d’accréditation procréation
giques en salle propre. L’approche pour la biocontamination (air et NF S98-030, mars 2012
décrite dans cet article est prag- surface) dans les locaux tertiaires, ISO/IEC 17025:2017
matique, fondée sur une méthode les lieux de travail et les environ- Bonnes Pratiques de fabrication (n° 2015/12bis)
d’analyse et de maîtrise de risque nements maîtrisés. Bonnes Pratiques de préparation (n° 2007/7bis)
industriel et sanitaire. Complétée D’ailleurs, pour le secteur pharma-
LAB INF 53 : Nomenclature et expression des lignes de portée
par une vision « métrologique » de ceutique, notamment ceux soumis d’accréditation pour la biocontamination – Cofrac
la microbiologie environnementale, aux inspections FDA, la volonté de
Guide Surveillance microbiologique de l’environnement dans les
elle permettra de garantir la perti- s’assurer de la compétence tech- établissements de santé, CCLIN Sud-Ouest, 2016
nence des résultats du laboratoire. nique en privilégiant des sous-
Guide CTINLS Surveillance de l’environnement dans les établissements
Cette démarche s’intègre également traitants accrédités est renforcée de santé : air, eaux et surfaces, 2002
dans la norme ISO/IEC 17025:2017 depuis le 19 janvier 2016. n

Plus de 125
ans
d
ion ’ex
at pé
m ri
or
Gamme complète pour l’hygiène des surfaces,
en
F

ce

a ge
Agro
a li m
des équipements et du personnel
ck e

125 ans d’expérience


o

nt
St
Expertise

a ir

Qualité
e

1200 employés
Labora

70 personnes dédiées à la R&D


tique
é
toi

sm

2 usines : Chalon sur Saône (France), Norderstedt (Allemagne)


ns
re

Co
S éc

io
s

lut

I nd
ustrie Pharma
uri

So

Exigez l’expertise, choisissez schülke !


Pré ls Schülke France SARL
ven sei 22 terrasse Bellini 92806 Puteaux
tion Con T. 01 42 91 42 42 Ι schuelkefrance.info@schuelke.com

SALLES PROPRES N° 113 .indd 1 2/2/2018 9:25:03 AM