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BIOLE102 Neurobiologie

Légende :
texte – notes du professeur Dan
texte – notes du professeur Dan, parties en rose/mauve (à ne pas connaitre!)
texte – résumé du Pierre Halloy (explications additionnelles)
texte – mes notes du cours

1. Introduction

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2. Le neurone et la glie
2.1. Le neurone
L'unité de base du système nerveux est le neurone.
Le neurone est la cellule nerveuse. Comme toute cellule, il possède un noyau (contenant de
l’ADN1 sous forme de chromosomes2), des organites (réticulum endoplasmique, appareil de
Golgi, mitochondries, etc.), du cytosol (= partie liquide de cytoplasme), et une membrane
plasmique (membrane cellulaire), composée d’une double couche phospholipidique.
La cellule neuronale est composée de plusieurs parties identifiables : le soma (la partie
centrale), les dendrites et l'axone. Neurone est une cellule étirée, dont les prolongements
cellulaires (axone et dendrites) sont appelés neurites. La membrane n'a pas la même
composition en protéines au niveau de ces différentes parties.

1L'acide désoxyribonucléique, ou ADN, est une macromolécule biologique présente dans toutes les cellules ainsi
que chez de nombreux virus. L'ADN contient toute l'information génétique, appelée génome, permettant le
développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants.
2 Chromosome : élément de la cellule vivante, de forme caractéristique et en nombre constant (23 paires chez
l'homme), situé dans le noyau de la cellule. Constitué de molécules d'ADN et de protéines, les histones et les
protéines non-histones. Il porte les gènes, supports de l'information génétique, transmis des cellules mères aux
cellules filles lors des divisions cellulaires.

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2.1.1 Le soma
Le soma est aussi appelé le corps du neurone (la partie centrale), il contient le noyau, du
cytosol et de nombreux organites.

2.1.2. Les dendrites


Les dendrites (du mot grec signifiant arbre, évoquant l'arborisation dendritique), sont des
neurites (= prolongements du neurone) qui reçoivent et transmettent l'information jusqu'au
soma. Leur membrane contient de nombreuses protéines spécialisées dans la réception de
messages, les récepteurs. Leur cytoplasme contient des mitochondries.

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2.1.3. L'axone
L'axone est aussi un neurite (= prolongement du neurone) qui transmet le message produit
par le neurone vers une autre cellule excitable. L’axone est en général assez long et peut par
exemple atteindre plusieurs mètres chez la girafe puisque le soma d’un neurone moteur
supérieur (cellule pyramidale) se trouve dans la substance grise du cortex moteur et l’axone
descend jusqu’à la moelle épinière. Contrairement au soma, l'axone ne contient pas de
réticulum endoplasmique. Mais la différence la plus importante est la composition des
protéines de membrane. Dans de nombreux neurones, l'axone se subdivise en branches
collatérales.
La partie la plus proximale de l'axone, en contact avec le soma,
est le hile (= collet) ; celui-ci fait partie intégrante de l'axone et
non du soma.
La partie distale de l'axone (et de chacune de ses collatérales)
est un renflement appelé le bouton terminal (= terminaison
axonale = bouton synaptique), qui est en contact avec d'autres
cellules (neurone, fibre musculaire). Cette connexion entre deux
cellules excitables est appelée synapse. Le bouton terminal
contient de nombreuses mitochondries. Il contient aussi des
vésicules (= vésicules synaptiques) contenant les
neurotransmetteurs.
2.1.4. Le cytosquelette
Le cytosquelette (squelette de la cellule) du neurone est l’infrastructure qui donne à la cellule
sa forme. Il est composé d’agencements de protéines qui sont assemblées pour former de
longs polymères.
Il existe 3 types de polymères :
1) Les microtubules : relativement grands, constitués de polymères de tubuline, présents
le long des neurites (= dendrites et axone). Ils sont parallèles à ceux-ci et leur donnent ainsi
leur forme. Les neurotransmetteurs sont, en fait, synthétisés au niveau du soma et c’est là-
même qu’ils sont entassés dans les vésicules. Mais pour la transmission synaptique, ces
vésicules doivent se trouver à la terminaison axonale. Les microtubules servent aussi de route
aux éléments qui doivent être transportés le long de l’axone comme les neurotransmetteurs
qui sont transportés dans des vésicules du soma du neurone au bouton synaptique.
[l'assemblage des microtubules est réalisé, notamment par la protéine tau, dont l'accumulation pathologique est
caractéristique de la maladie d'Alzheimer]

Les microtubules sont polarisés (une extrémité est chargée positivement et l’autre
négativement). Dans l’axone les microtubules parallèles sont tous disposés avec la même
polarité (extrémité négative près du corps cellulaire). Dans les dendrites par contre, les
polarités des microtubules sont mélangées. Ceci explique la distribution différente des
organites dans l’axone et le reste du neurone ainsi que la distribution semblable des organites
dans les dendrites et le corps cellulaire.
Fonction de transport des microtubules
Les microtubules servent aussi de route aux éléments qui doivent être transportés le long de
l’axone, comme les neurotransmetteurs, qui sont constamment transportés dans des
vésicules, du soma du neurone au bouton synaptique. Un neurone produit un seul type de

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neurotransmetteurs, puis le transporte et le stocke dans son bouton synaptique de façon
continue.
Ces vésicules contenant les neurotransmetteurs avancent le long des microtubules grâce à
des protéines de kinésine. Cette progression consomme de l’ATP. Ce système microtubule-
kinésine est ainsi responsable du transport antérograde au niveau de l’axone.
Il existe également un transport rétrograde le long de l’axone (avec d’autres enzyme
consommant de l’énergie : les protéines de dynéine), qui permet de faire remonter le résidu
des vésicules après l’exocytose pour être recyclé au niveau du soma.

2) Les neurofilaments : de taille intermédiaire entre les microtubules et les microfilaments,


très résistants, sont des structures hélicïdales complexes présentes partout dans le neurone.
Ils représentent les composants fibrillaires les plus abondants de l’axone ; ils ne sont présents
que dans les neurones.
3) Les microfilaments : plus fins que les microtubules, sont constitués de polymères d'actine
disposés en hélice, très résistants, présents partout dans les neurones mais surtout au niveau
des neurites, où ils ne sont pas orientés parallèlement, contrairement aux microtubules.
Différentes protéines peuvent s’associer à l’actine et réguler la fonction des filaments d’actine
(cf. aussi chapitre sur le muscle). Contrairement aux microtubules et aux neurofilaments, les

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filaments d’actine sont concentrés à la périphérie des cellules. Dans les neurones, les
filaments d’actine associés à certaines protéines jouent un rôle dans la spécialisation de
certaines régions de la membrane pré- ou postsynaptique (comme l’accumulation de canaux
ou de récepteurs à un certain endroit de la membrane). [l'actine est présente dans la plupart des
cellules, voir fibres musculaires].

Au niveau fonctionnel :

• La fonction du neurone est d’intégrer de l’information et


de la transmettre. L’information se meut à travers le
neurone dans une direction allant des dendrites à la
terminaison axonale, ou au moins du soma au bouton
synaptique (mécanismes expliqués plus loin).
• Les dendrites reçoivent l’information. Cette information
est encodée de manière excitatrice ou inhibitrice.
• Au niveau du hile, l’axone traite cette information, qui est
la somme des influences excitatrices et inhibitrices à
chaque instant. Le résultat de ce traitement peut être l'excitation ou l'absence
d'excitation.
• L'axone transmet alors l’information. Il permet l’expression du neurone à ses cellules
cibles. Cette expression est un message qui peut être interprété (selon sa nature et le
système récepteur des cellules cibles) soit comme excitateur soit comme inhibiteur.
Un neurone est considéré comme afférent si l’information qu’il transmet arrive au système
nerveux central (ex : information visuelle) et efférent lorsqu’il transmet une information qui
quitte le système nerveux central (ex : action motrice).
Il existe également des neurones connectés à d’autres neurones, se sont les interneurones.
Les neurones communiquent entre eux par contact et non par continuité. Il existe des
connexions très étroites entre les neurones, entre l’axone d’un neurone et une dendrite de la
cellule suivante. Cette connexion est la synapse.
La transmission de l’information dans le système nerveux se passe selon deux types de
processus (électrique et chimique).
On peut considérer que le neurone utilise deux langages : son langage interne est électrique
(modifications du potentiel électrique de la membrane) et le message qu'il transmet aux
cellules cibles est chimique (neurotransmetteurs). Le neurone 'pense' en langage
électrique et il 's'exprime' en langage chimique. Il est donc nécessaire de traduire le
langage chimique qu'il reçoit en langage électrique, qu'il traite, puis de retraduire ce langage
électrique en langage chimique pour qu'il transmette son message à ses cellules cibles.
L’activation du neurone correspond à une activité électrique. Il existe au niveau du neurone
une différence de potentiel entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule. Normalement cette
différence de potentiel est stable (potentiel de repos) mais elle peut changer de sorte que la
cellule change d’activité (potentiel d’action). A partir d’un certain niveau de modification de
potentiel, la cellule elle-même produit un signal électrique très puissant (potentiel d’action) au
niveau de la naissance de l’axone (hile de l’axone). Dans la métaphore du langage interne du
neurone, le potentiel d'action est l'unique mot de vocabulaire de son langage électrique. Ce
potentiel d’action se propage rapidement le long de l’axone et entraîne à son tour un
phénomène chimique qui a lieu au niveau de la synapse : le potentiel d’action électrique
descendu le long de l’axone entraîne la libération du contenu des vésicules synaptiques,

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contenant des neurotransmetteurs, au niveau de la fente synaptique. Les
neurotransmetteurs ainsi libérés au niveau de la fente synaptique peuvent se lier à des
récepteurs spécifiques qui sont des protéines de membranes présentes au niveau de la
cellule cible (postsynaptique). La liaison d’un neurotransmetteur à son récepteur induit un
changement de configuration de ce récepteur, qui l'active. L'effet de cette activation sur la
cellule postsynaptique de nature électrique. En parallèle avec la métaphore de la traduction
entre les langages du neurone, on parle ainsi d’un couplage électro-chimique au niveau
d’un neurone (traduction du potentiel d'action en libération de neurotransmetteurs) et de
couplage chimico-électrique au niveau de la cellule postsynaptique (traduction du message
du neurotransmetteur en effet électrique ou potentiel postsynaptique, qui est soit excitateur
(potentiel postsynaptique excitateur - PPSE), soit inhibiteur (potentiel postsynaptique
inhibiteur - PPSI).
Le couplage neurotransmetteur-récepteur peut avoir deux types d’effet :
1. -soit renforcer l’activité de repos de la cellule c’est-à-dire rendre l’intérieur de la cellule
plus négatif (hyperpolarisation).
2. -soit amener des charges positives dans la cellule c’est-à-dire rendre l’intérieur de la
cellule moins négatif (dépolarisation).
Si l’intérieur d’un neurone est moins négatif par rapport à l’extérieur (dépolarisé) jusqu'à un
certain seuil de potentiel, ce neurone produite un potentiel d’action au niveau de son hile et
ce potentiel d’action se propage au niveau de l’axone

2.2. La glie
Dans le cerveau, d'autres cellules que les neurones jouent un rôle de soutien par rapport aux
fonctions des neurones. Collectivement, ces cellules sont appelées la glie.
Les cellules gliales sont beaucoup plus nombreuses que les neurones. Contrairement à la
grande majorité des neurones, les cellules gliales peuvent se diviser par mitose.
Elles remplissent différentes fonctions : guide de migration, développement neuronal,
myélinisation, compartimentation, soutien, homéostasie ionique, régulation du pH, recyclage
des neurotransmetteurs, défense immunitaire, plasticité synaptique…
La glie contient plusieurs types de cellules :

• les astrocytes
• les oligodendrocytes
• les cellules de la microglie
Les astrocytes et les oligodendrocytes ont la même origine embryonnaire ; ils forment la
macroglie. Les cellules de la microglie sont des phagocytes qui dérivent des macrophages.
Les cellules de la microglie sont physiologiquement et embryologiquement différentes des
autres cellules du système nerveux.
Origine embryonnaire

Par « embryonnaire » (ex. neurones, astrocytes, microglie ont tous le même origine embryonnaire), on entend que
toutes les cellules que nous avons ont le même bagage génétique. Elles contiennent le même ADN puisqu’elles
proviennent toutes d’une seule cellule fondatrice, le zygote, qui est en fait un ovule maternel contenant l’ADN hérité
de la maman et l’ADN hérité du papa (injecté dans cet ovule par le spermatozoïde).

Comme nous ne sommes pas des êtres unicellulaires, le zygote va se diviser et donc produire 2 cellules distinctes
qui contiendront, toutes deux, ce même matériel génétique complet. Chacune de ces cellules va se diviser (se

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multiplier en quelque sorte) et former un amas de cellules que l’on appelle l’« embryon ». Bientôt, ce dernier va se
différencier, c’est à dire qu’au sein de cet amas de cellules, on va pouvoir reconnaitre certaines cellules qui seront
destinées à devenir certains organes, et d’autres destinées à devenir d’autres organes.

Si l’on effectue une coupe transversale de l’embryon (donc composé d’une multitude de cellules) au cours de son
évolution, on peut noter qu’il va se creuser au milieu et l’on pourra distinguer (par coloration artificielle) différents
types de cellules, stratifiées de la paroi extérieure à :

La cavité interne (1)

L’ectoblaste (2)

Le mésoblaste (3)

L’endoblaste (« lumière intérieure ») (4)

Ces différentes couches de cellules donneront naissance à


différents types de tissus. Pour rappel, ces cellules ont le même
matériel génétique. Si elles ne se différenciaient pas, elles
seraient toutes les mêmes. Mais comme elles se différencient, leur manière de le faire est d’adopter un «
programme de lecture » spécifique à certains de leurs gènes, pour en tirer de l’information qui sera d’utilité dans
leur future fonction (par exemple, une cellule de foie ne lira pas les mêmes gènes qu’une cellule de peau ou qu’une
cellule rénale, etc.).

(2) Les cellules de l’ectoblaste donneront naissance à la peau ; mais aussi au système nerveux et
particulièrement aux neurones et à la macroglie (astrocytes et oligodendrocytes);

(4) L’endoblaste, cette « lumière intérieure », cet espace creux que l’on a mis en communication avec l’extérieur
par deux bouts deviendra le système digestif;

(3) Le mésoblaste va donner naissance à une série d’autres organes, notamment certains types de cellules
comme la microglie.

On peut ainsi dire que les neurones proviennent de l’ectoblaste (qui en est leur origine embryonnaire) alors que la
microglie a une autre origine embryonnaire (mésoblaste). On retrouve, certes, la microglie dans le système
nerveux, mais à l’origine, elle vient d’« ailleurs».

On peut se demander quelles cellules n’ont pas une origine embryonnaire : aucune. Toutes nos cellules sont nées
d’ancêtres, dont le tout premier était le zygote.

2.2.1. Les astrocytes


Les astrocytes occupent quasi tout l'espace du tissu cérébral en dehors des neurones, ne
laissant qu'une fine lame de liquide extracellulaire. Les astrocytes sont des cellules de soutien
au niveau du cerveau, du cervelet, du tronc cérébral et de la moelle épinière (système nerveux
central). Ils jouent un rôle important dans la régulation du contenu de ce liquide extracellulaire
[notamment la concentration en potassium et la recapture de neurotransmetteurs]. Ils maintiennent les
neurones en bon état de fonctionnement en leur apportant de l’énergie. Ils contribuent à
maintenir l’équilibre de la composition du liquide extracellulaire. Les « astrocytes » (bien
nommés) présentent une forme d’étoile. Grâce à leurs ‘pieds’, les astrocytes assurent un lien
fonctionnel entre les vaisseaux et les neurones : ils prélèvent les substrats énergétiques
(glucose, oxygène) au niveau des vaisseaux sanguins et les amènent aux neurones ; ils
débarrassent également les neurones des substances de dégradation qui doivent être
évacués par les vaisseaux sanguins. Ainsi, contrairement à d’autres organes comme le foie
dont les hématocytes sont très proches des vaisseaux sanguins, les neurones sont très
protégés de l’extérieur. Les échanges des neurones avec la circulation sanguine sont donc
médiés par la présence de ces astrocytes, qui ont un rôle fonctionnel; mais aussi un rôle de
structure: de par le grand nombre d’astrocytes que contient le SNC, il y a contribution à la
forme, à la consistance compacte du cerveau.
Les astrocytes participent également à la formation de la barrière hémato- méningée.

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Les astrocytes jouent un rôle actuellement mal compris dans la neurotransmission. [Ils expriment
des récepteurs aux neurotransmetteurs.]

2.2.2. Les oligodendrocytes et les cellules de Schwann


Les oligodendrocytes et les cellules de Schwann isolent les axones de plusieurs couches
de leur membrane formant une gaine, la myéline, qui permet la transmission rapide de
l’information le long de l’axone. Pour composer la myéline, les oligodendrocytes dans le
système nerveux central et les cellules de Schwann dans le système nerveux périphérique
s’enroulent plusieurs fois (en spirale) autour de l’axone, réalisant un empilement très serré de
membranes cellulaires, avec extrêmement peu de liquide intracellulaire et de liquide
extracellulaire. La composition de la myéline est donc quasi uniquement celle de la membrane
plasmique de ces cellules, soit principalement des phospholipides et un peu de protéines
membranaires. La myéline est donc une gaine graisseuse. Cette membrane étant
phospholipidique, elle isole chimiquement et électriquement l’axone du liquide extracellulaire
(à la manière d’un matériau isolant autour d’un câble électrique). Ce système permet une
conduction beaucoup plus rapide (donc optimalisée en quelque sorte), tout en ayant des
axones pas trop larges.
La gaine de myéline ne recouvre pas tout l’axone : entre les segments de cette gaine (chacun
fourni par un oligodendrocyte ou une cellule de Schwann), la membrane de l'axone reste non
recouverte de myéline sur des portions étroites
appelées nœuds de Ranvier. Au niveau des nœuds
de Ranvier, la membrane de l'axone contient
d'autres protéines qu'au niveau des segments
myélinisés ; il y a des échanges possibles entre le
milieu intra et extra-cellulaire.

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Les différences entre les oligodendrocytes et les cellules de Schwann ne tiennent pas
uniquement à leur localisation dans le système nerveux central ou périphérique, mais aussi à
la nature des protéines membranaires (la composition) et la manière dont ils myélinisent les
axones. Les oligodendrocytes fournissent la myéline à plusieurs axones (une quinzaine,
environ) en envoyant des prolongements par branches (ce qui leur donne leur nom signifiant
cellules peu arborisées), tandis que les cellules de Schwann ne myélinisent qu'un seul axone
et il ne fournit de la myéline que pour un seul segment de cet axone.
[En raison des différences de composition des oligodendrocytes et des cellules de Schwann, des maladies
différentes touchent la myéline du système nerveux (ex. : sclérose en plaques) et celle du système nerveux
périphérique (ex. : syndrome de Guillain-Barré). La sclérose en plaques est une maladie auto-immune (où le corps
se défend par erreur contre une partie de lui-même) due à la production d’anticorps dirigés contre la myéline du
système nerveux central. La maladie de Guillain-Barré est une maladie auto-immune due à la production
d’anticorps dirigés contre la myéline du système nerveux périphérique.]

Rem. Tous les axones ne sont pas myélinisés. Par exemple, dans le SNP, les neurones
sensitifs qui amènent cette sensation de douleur ne sont pas myélinisés. Donc, ils amènent
cette information de manière plus lente et aussi de manière moins précise (car il ne s’agit
jamais que d’un seul neurone qui transporte l’information, mais toujours plusieurs, et si le
transport n’est pas bien optimalisé, chaque neurone apporte son signal de façon
asynchronique, donc de manière imprécise, pas tout en même temps).
Par contre, si nous voulons bouger, les neurones amenant la commande de mouvement vers
les muscles sont, myélinisés et vont amener cette commande très rapidement et efficacement.
Donc, il y a un effet précis et prévisible. Dans les axones non-myélinisés, la vitesse de
conduction électrique dépend du diamètre de l’axone (grand axone - l’électricité avance très
vite; axone petit - la vitesse de transmission de l’information sera moindre). En résulte que les
axones myélinisés peuvent transporter une information de façon rapide et précise même s’ils
ont un diamètre très petit. Si les axones myélinisés du SNC, chez l’humain, ne l’étaient pas,
on aurait besoin d’une tête de taille démesurée pour assurer une transmission toute aussi
efficace qu’elle ne l’est avec des axones myélinisés.
2.2.3. Les cellules de la microglie
Ces cellules sont dérivées des globules blancs (même origine embryonnaire). Comme les
globules blancs, les cellules de la microglie assurent une fonction de nettoyage (ils éliminent
les débris) et sont impliquées dans les défenses immunitaires. Ces cellules sont recrutées par
exemple lors d’infection, de traumatisme ou de crise d’épilepsie.

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3. La membrane neuronale au repos
Comme pour les autres cellules, la membrane plasmique du neurone est constituée d'une
double couche lipidique composée essentiellement de phospholipides, mais aussi de
cholestérol, de glycolipides, de protéines, etc. Parmi ces protéines, certaines pompes des
substances présentent dans le liquide extra cellulaire ou dans le liquide intracellulaire et les
transportent à travers la membrane. D'autres protéines formes des pores à travers la
membrane, laissant passer sélectivement à travers la membrane.
3.1. La membrane cellulaire
Le cytosol est séparé du liquide extracellulaire par la membrane cellulaire.
Mais la membrane des neurones a une particularité remarquable, qui est la propriété
essentielle des neurones : elle est électriquement excitable. Quelques cellules non neuronales
sont aussi excitables, comme: d’autres cellules réceptrices, par exemple, les cellules «
photoréceptrices » de la rétine, les cellules musculaires (striées, lisses, cardiaque) , etc.

3.1.1. La double couche phospholipidique


Les phospholipides sont des molécules formées de deux longues chaînes lipidiques
hydrophobes portant un groupement phosphate au niveau de l’extrémité hydrophile. Un lipide
est une chaîne composée de molécules de carbones et d’hydrogène ; il est non polarisé
électriquement.
Les phospholipides se disposent spontanément de manière à présenter la portion
phosphatée, hydrophile, vers le compartiment liquidien (liquide extracellulaire ou cytosol) et
la portion lipidique (graisseuse), hydrophobe, à l'intérieur de la membrane. Les phospholipides
s’organisent de façon à former une double couche phospholipidique: la partie hydrophobe
est ainsi séparée de l’eau et la partie hydrophile est au contact de l’eau. Il s’agit d’une

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disposition tête- bêche de deux
couches de phospholipides. Toutes
les cellules se présentent ainsi.
Cet agencement forme une
membrane fluide: une double
couche fluide de phospholipides
dans laquelle flottent des protéines
peuvent bouger latéralement.

Il existe deux classes de protéines selon qu’elles sont enchâssées ou non dans la membrane
plasmique :
Protéines intrinsèques
Elles s’insèrent parmi les queues d’acides gras. Pour les détacher il faut utiliser des
techniques qui perturbent la structure de la membrane (ex : détergent). Comme les lipides
membranaires, les protéines intrinsèques sont amphiphiles : leur région hydrophobe s’insère
parmi les queues d’acides gras et leur région hydrophile fait saillie dans le cytosol ou le liquide
extracellulaire. Les protéines intrinsèques qui traversent l’épaisseur de la double couche
lipidique sont appelées protéines transmembranaires. Elles traversent une ou plusieurs fois
la double couche. Beaucoup de protéines intrinsèques sont des glycoprotéines et portent des
glucides sur leur(s) segment(s) faisant saillie dans le liquide extracellulaire. Elles participent
ainsi à la formation du glycocalyx.
Protéines périphériques (extrinsèques)
Elles s’associent aux lipides de la membrane ou aux protéines intrinsèques à la face interne
ou externe de la membrane par des liaisons de faible énergie. Elles peuvent être détachées
sans perturber la structure de la membrane.
La composition en lipides d’une membrane plasmique varie peu d’une cellule à l’autre. Par
contre, les types de protéines varient fortement d’une cellule à l’autre et de nombreuses
fonctions de la membrane sont déterminées par les protéines présentes.
La membrane est assez imperméable aux substances hydrophobes, qui ne peuvent traverser
la portion hydrophile bordant l'intérieur comme l'extérieur de la cellule. Elle est également
imperméable aux substances hydrophiles, qui ne peuvent traverser la portion hydrophobe de
la membrane.
La membrane phospholipidique sépare un compartiment intérieur d’un compartiment extérieur
à la cellule. Ce milieu extra-cellulaire est surtout composé d’H2O. Il y a aussi des sels
minéraux qui sont répartis de façon non-symétrique. Par exemple, il y a des ions Na+ (sodium)
en concentration beaucoup plus importante à l’extérieur qu’à l’intérieur de la cellule. Par
contre, il y a beaucoup plus d’ions K+ (potassium) à l’intérieur de la cellule. Il y a aussi des
ions Ca++ (calcium) beaucoup plus concentrés à l’extérieur. Pareil pour les ions Cl- (chlorure).
Si nous faisons la somme des charges de tous les ions à l’intérieur et à l’extérieur, l’intérieur
est plus électro-négatif que l’extérieur. Cela signifie qu’il existe une « différence de potentiel »
électrique au niveau de la membrane cellulaire. Et cette
différence de potentiel est telle que l’intérieur est plus
négatif que l’extérieur. Cette différence de potentiel
entre l’intérieur et l’extérieur est centrale dans la
communication entre les neurones.

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3.1.2. Les canaux ioniques
Cette barrière entre le milieu intra- et extracellulaire est très efficace, comme en témoigne la
composition ionique très différente de ces deux milieux. La membrane sépare l’intérieur de
l’extérieur et, ce faisant, sépare aussi des charges. Les charges sont hydrophiles (ce qui est
chargé est hydrophile) et n’ont pas tendance à traverser spontanément la membrane
(lipidique). La membrane a une structure liquide.
Néanmoins, la membrane peut devenir sélectivement perméable à certains ions, transportés
au travers de protéines de membrane. Au sein de cette membrane phospholipidique, il pourrait
y avoir certaines protéines la traversant: des «protéines transmembranaires», qui constituent
des «canaux transmembranaires». Ces canaux permettent à des ions de passer: il s’agit de
«canaux ioniques».

Un canal ionique est un agencement de protéines transmembranaires formant un pore qui


traverse la membrane de part en part. Un canal ionique est spécifique d’un ion (par exemple,
le potassium ou le calcium) et il peut être soit ouvert soit fermé. Ces canaux, par défaut,
sont fermés et sont spécifiques à l’ion qu’ils laissent passer. Le canal ionique est défini par
l’ion qu’il laisse passer, mais également par son mécanisme, sa «cinétique d’ouverture». Et
dans les propriétés du canal, comptent aussi sa «vitesse d’ouverture», sa «durée d’ouverture»
(puisqu’il ne sera pas ouvert indéfiniment). Tout cela définit les canaux et les distingue.
Lorsqu’il est ouvert, l’ion y circule passivement, c'est-à-dire sans consommation d'énergie
(notion de « passage libre »). L'ion peut traverser le canal dans les deux sens (pourrait entrer
ou sortir puisque le canal est ouvert). En pratique, on observe cependant un mouvement net
d’un ion, suivant son gradient de concentration ou le potentiel électrique. C’est à dire une
différence. L’ion ira du milieu où il est davantage concentré vers celui où il est moins présent.
A cette notion de gradient s’ajoute celle de «diffusion»: ils vont ainsi « suivre leur gradient de
concentration».

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Par exemple, pour le Na+ devant un canal sodique ouvert, le Na+ peut suivre deux gradients:
un « gradient chimique » (le fait qu’il s’agisse de sodium: donc aller de là où il y a le plus de
sodium vers là où il y en a le moins); et un « gradient électrique » (l’ion sodium possède une
« charge + » et de ce fait se déplacera vers un milieu moins chargé positivement, donc chargé
négativement). Si un canal sodique est ouvert, le Na+ a plutôt tendance à entrer dans la
cellule, où sa concentration est moindre et où les charges négatives prédominent qu’en sortir.

Si l’on considère maintenant un canal au chlore, l’ion chlorure Cl- peut donc franchir ce canal
librement et aura tendance à suivre son gradient chimique. Si le Cl- suit son gradient chimique,
il aura plutôt tendance à entrer dans la cellule (car il y est moins représenté qu’à extérieur de
la cellule). Par rapport à son gradient électrique, il ira contre ce dernier. Ce qui s’est passé,
c’est qu’en faisant entrer du Cl- à l’intérieur de la cellule, on a rendu l’intérieur encore plus
négatif. Ce faisant, on a davantage polarisé la membrane de la cellule, on dit qu’on l’a
«hyperpolarisée». Par contre, si on fait entrer du Na+, on rend l’intérieur moins négatif par
rapport au milieu l’extérieur, on dira dans ce cas que la membrane est «dépolarisée» (rendue
moins polarisée).

Certains canaux restent habituellement ouverts : ce sont les canaux de fuite. Les « canaux
de fuite » font exception parmi les canaux ioniques. La différence de potentiel de repos (-
65mV) est une valeur théorique car en réalité, le potentiel de membrane évolue tout le temps
et prend tout en compte (dont les canaux de fuite). A travers un canal, on peut prévoir le
mouvement net des ions (donc prédire combien sont rentrés/sortis) par des règles physico-
mathématiques. Mais la plupart des canaux ioniques sont fermés par defaut, sauf si un
mécanisme qui leur est particulier les ouvre. Ils restent alors ouverts pendant un temps
déterminé, puis se referment.

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1) Canaux ligand-dépendants
Les canaux ligand-dépendants s'ouvrent lorsqu'une substance spécifique se lie au canal.
Pour certains de ces canaux, la liaison se fait à la face intracellulaire du canal, pour d'autres,
à la face extracellulaire. La liaison du ligand au canal change la conformation de celui-ci,
entraînant son ouverture, qui permet le passage de l'ion (vers l’intérieur ou vers l’extérieur). A
remarquer que le ligand peut venir de l’extérieur de la cellule, comme de l’intérieur. S’il vient
de l’extérieur, il peut aussi s’agir d’un ligand artificiellement produit et absorbé, qui ressemble
à un ligand endogène au corps (c’est ainsi que fonctionnent bon nombre de médicaments,
notamment s’ils visent le SNC).
2) Canaux phosphorylation -dépendants
D'autres canaux sont dits phosphorylation-dépendants, car c'est l'adjonction d'un
groupement phosphate à un site du canal (par une protéine kinase) qui modifie sa
conformation et permet son ouverture.
3) Canaux voltage -dépendants
Les canaux voltage-dépendants (beaucoup plus courants) s'ouvrent en réponse à une
certaine modification de la différence de potentiel électrique de part et d'autre de la membrane
(= le potentiel de membrane). Par exemple, le canal Na+ voltage- dépendant (voir 4.2) s’ouvre
quand le potentiel de membrane est dépolarisé aux alentours de –40 mV. Si un canal sodique
voisin s’est ouvert et a laissé entrer du Na+, donc des ions positifs qui dépolarisent la
membrane à cet endroit; en réponse à cette dépolarisation localisée de la membrane s’ouvre
le canal voltage-dépendant proche. S’il s’agit également d’un canal sodique, davantage de
Na+ entre. S’il s’agissait d’un canal calcique (toujours voltage-dépendant), du Ca++ plus
concentré à l’extérieur serait rentré aussi dans la cellule.
Rem. Dans ce cours, nous parlerons beaucoup de canaux voltage-dépendants et de canaux
ligand-dépendants.
4) Canaux mécano -dépendants
Il existe aussi des canaux mécano-dépendants, qui s'ouvre lorsqu'une certaine action
mécanique (pression, étirement) est exercée sur la membrane. Par exemple, si l’on nous
touche, on le sent. C’est parce que cette information est arrivée jusqu’au cerveau en passant
par la moelle, par la profondeur du cerveau, puis au cortex cérébral pour enfin que nous en
prenions conscience et que nous le décodions. Mais au départ, cette information résulte d’une
stimulation au niveau de la peau, et plus précisément de cellules sensitives qui sont dans la
peau et qui présentent à leur surface des «canaux mécano-dépendants». Ces canaux
s’ouvrent s’ils sont soumis à une action mécanique et laissent ainsi passer les ions.
Le mauvais fonctionnement des canaux ioniques des cellules peut être responsable de
diverses maladies neurologiques (ex.: épilepsie) et aussi non neurologiques (ex.:
mucoviscidose). Certains canaux ioniques sont aussi le site d’action de médicaments (ex.
certains médicaments antiépileptiques) ou de poisons (ex. tétrodotoxine dans le poisson
fugu).

15
3.1.3. Les pompes ioniques
D'autres protéines transmembranaires permettent de
transporter les ions à travers la membrane de manière
active, contre leur gradient de concentration. Ce sont des
enzymes dont l’activité nécessite un carburant énergétique
(ATP). Ces pompes ioniques (ATPases) échangent des
ions en consommant de l’énergie. Le suffixe « -ase » indique
qu’il s’agit d’une enzyme.
Par exemple, le Na+ qui est plus concentré en dehors de la cellule qu’à l’intérieur; si on le
laisse entrer par des canaux sodiques, on aura un gradient qui sera de moins en moins
important et, à la longue, le système ne fonctionnera plus. En réponse à cela, on possède
d’autres systèmes qui ne sont pas libres (consomment donc de l’énergie); et qui peuvent
chasser le Na+ (on peut tenir le même raisonnement avec le K+). La pompe Na+/K+ (= pompe
sodium-potassium = ATPase Na+/K+) fait activement sortir le Na+ de la cellule et entrer le K+
dans la cellule. Elle permet ainsi de rétablir la distribution du Na+ et du K+ de part et d’autre
de la membrane. Une pompe ionique est bien différente d’un canal ionique : les échanges

16
transmembranaires qu’elle réalise ne se vont pas dans le sens du gradient chimique de ce qui
est échangé, mais à l’encontre de ce gradient. Autrement dit, la pompe ionique déplace des
ions de là où ils sont le moins concentrés vers là où ils sont le plus concentrés. Ce mécanisme
permet de maintenir tout le
système en place.

L’échange ionique se fait dans


une proportion de 3 ions Na+
pour 2 ions K+. Il y a donc un
mouvement nette charges
positives vers l’extérieur de la
cellule: la pompe est dite
électrogénique.

L’action de cette pompe (sortie de Na+ et


rentée de K+) a une influence sur le potentiel
de membrane : comme la pompe fait sortir
bien plus de charges positives (3x Na+)
qu’elle n’en fait rentrer (2x K+) dans la
cellule à chaque cycle de pompe, en résulte
une hyperpolarisation de la membrane.
Cette hyperpolarisation de la membrane est mesurée au niveau de la membrane, de part et
d’autre de l’ATP-ase, et le profil de variation du potentiel électrique se présenterait comme
suit: au repos, on est à -65mV, puis l’hyperpolarisation (causée par la pompe Na+K+) produit
une descente dans la représentation graphique qui remontera peu après; pas en raison de
l’action d’autres canaux voisins, mais par diffusion des ions qui ne stagnent pas autour de la
pompe ionique. (Rem. cette modélisation est purement théorique car les pompes fonctionnent
sans cesse).

17
3.1.4. La distribution des ions de part et d'autre de la membrane
Il existe une asymétrie de concentration ionique entre le cytosol et le liquide extracellulaire.
Ainsi, le potassium (K+) se retrouve en forte concentration dans le cytosol, alors que le sodium
(Na+), le calcium (Ca++) et le chlore (Cl-, sauf pendant la vie fœtale, où le chlore est plus
concentré dans le cytosol) sont plus concentrés dans le liquide extracellulaire.

Cette asymétrie de concentrations ioniques implique une asymétrie de charges électriques


telle que l'intérieur de la cellule est plus négatif que l'extérieur (ce qui revient à dire que
l'extérieur est plus positif, ou moins négatif que l'intérieur). Les ions (chargés électriquement)
tendent donc à rester localiser tout près de la membrane, où ils sont attirés par des forces
électrostatiques. L’équilibre de concentration de chaque type d’ion de part et d’autre de la
membrane dépend de la conductance spécifique de la membrane à cet ion (déterminée par
l’ouverture des canaux ioniques) et de la différence de potentiel électrique de part et d’autre
de la membrane. Lorsque de nombreux canaux d’un ion sont ouverts, la conductance de la
membrane pour cet ion est élevée et la résistance faible ; inversement, lorsque tous les
canaux de cet ion sont fermés, la conductance est nulle et la résistance maximale.

3.2. Le potentiel de repos


A l’état de repos de la cellule, la résultante de ces échanges transmembranaires est une
différence de potentiel de l’ordre de -65 mVolts [comme prévu par l'équation de Goldman], l’intérieur
de la cellule étant chargé négativement par rapport à l’extérieur. Cette différence de potentiel
correspond au potentiel de repos, qui prévaut la plupart du temps. Dans cet état de repos
(c'est-à-dire en dehors d'influences excitatrice ou inhibitrices exercées sur la cellule), de
nombreux mécanismes permettent à la cellule de maintenir son potentiel autour de –65 mV
(= potentiel de repos du neurone).
Rem. quand on mesure la différence de potentiel nous utilisons des recensements strictement
locaux - on parle d’une différence de potentiel à un point précis de la membrane ; et non tout
au long de celle-ci.

18
3.3. Les mouvements ioniques
Les ions (cations et anions) intervenant dans le potentiel de membrane sont principalement
le potassium K+ (une charge positive, prédominant à l’intérieur de la cellule), le sodium Na+
(une charge positive, prédominant à l’extérieur), le calcium Ca++ (deux charges positives,
prédominant à l’extérieur), le chlore Cl- (une charge négative, prédominant à l’extérieur), des
protéines (chargées négativement, prédominant à l’intérieur).
Les ions peuvent se déplacer dans le milieux aqueux (par exemple au sein du liquide
intracellulaire) par diffusion, et ils tendent à suivre leur gradient de concentration, allant de
là où ils sont plus concentrés à là où ils le sont moins. Lorsqu’ils se déplacent, ils créent un
courant électrique (les anions sont attirés par le potentiel positif et les cations par le potentiel
négatif).

Mon exemple

Plus Extérieur (+)  Intérieur (-) Intérieur (-)  Extérieur (+)


concentré à (entre dans la cellule) (sort de la cellule)
Na+ Extérieur (+) Suit son g. chimique Va contre son g. chimique *
Suit son g. électrique Va contre son g. électrique
Ca++ Extérieur (+) Suit son g. chimique Va contre son g. chimique
Suit son g. électrique Va contre son g. électrique
Cl- Extérieur (+) Suit son g. chimique Va contre son g. chimique
Va contre son g. électrique Suit son g. électrique
K+ Intérieur (-) Va contre son g. chimique * Suit son g. chimique
Suit son g. électrique Suit contre son g. électrique**

* - avec la pompe Na+K+

** - dans le cas d’un passage par un canal ionique, les canaux potassiques voltage-
dépendants s’ouvrent après 1ms après l’ouverture des canaux Na+ volt.-dépendants, cette
rentrée de Na+ dans la cellule fait de sorte que le potentiel à l’intérieur de la cellule devient
plus positif que l’extérieur, donc, au moment quand K+ sort de la cellule il suit son gradient
électrique aussi.

19
4. Le potentiel d’action
Les rôles biologiques du neurone concernent la gestion de l’information : collecte, intégration,
distribution. Pour assurer ces rôles, le neurone utilise des processus électriques qui font
intervenir le potentiel d’action. Le potentiel d’action correspond à une modification soudaine,
brève et locale du potentiel de la membrane, qui passe de –65 mV à +40 mV (dépolarisation),
puis redescend en dessous de –65 mV (hyperpolarisation) et enfin se rééquilibre à –65 mV
(potentiel de repos).
La notion de « potentiel d’action (PA) » résume à elle seule l’entièreté du mécanisme de
pensée du neurone. C’est ainsi et seulement ainsi que pensent les neurones. Toute action
humaine (écouter un cours, se tenir droit, etc.) est réalisée par des potentiels d’action, qui se
passent dans les neurones, dans les muscles, dans le cœur, etc. Et ces potentiels d’actions
sont les mêmes. Comment produire un PA: en faisant quitter le potentiel de membrane son
état de repos.
La production du potentiel d’action est liée aux flux de Na+ et de K+ à travers la membrane.
Les canaux voltage-dépendants qui permettent ces flux sont présents au niveau de l’axone
(à partir du hile jusqu’au bouton synaptique). D’où l’importance du hile: comme l’information
se propage le long de la membrane du soma vers la terminaison axonale («sens
orthodromique»), le hile représente le 1er site qui présente ces canaux. Pour les axones
myélinisés, ils ne sont présents qu’au niveau des nœuds de Ranvier. Ces canaux ne sont
présents ni au niveau des dendrites ni au niveau du soma !
Les flux de Na+ et de K+ sont dépendants de plusieurs facteurs :
• de la conductance de la membrane pour chacun des ions (ouverture/fermeture des
canaux),
• du gradient chimique (gradient de concentration)
• du gradient électrique.
Les canaux Na+ et K+ qui sont impliqués dans la production du potentiel d’action partagent
certaines similitudes fonctionnelles : ce sont des canaux voltage- dépendants qui s’ouvrent
en réponse à une dépolarisation de la membrane atteignant –40mV. Cependant, les canaux
sodiques s’ouvrent beaucoup plus rapidement que les canaux potassiques en réponse à
cette dépolarisation. Après une durée fixe d’ouverture des canaux, les canaux sodiques
restent inactivés pendant une durée fixe également, quel que soit le potentiel de membrane.
Le canal sodique voltage-dépendant a donc trois états différents : fermé (quand le seuil
n'est pas atteint) –
ouvert (en réponse à la
dépolarisation) –
inactivé (après
l'ouverture, quel que soit
le potentiel de
membrane). Les canaux
potassiques réagissent
moins rapidement à la
dépolarisation ; ils
s’ouvrent donc plus tard
que les canaux
sodiques. De plus, leur
durée d’ouverture est
plus longue.

20
Par défaut, le canal Na+ volt.-dép. est fermé. Quand on atteint un potentiel de membrane de
-40mV, le canal s’ouvre laissant ainsi les ions Na+ le traverser et entrer dans le milieu intra-
cellulaire; provocant une dépolarisation. 1ms second plus tard, il s’inactive. Cette inactivité
implique qu’il garde grossièrement sa structure ouverte mais referme tout de même un
clapet/une porte qui vient empêcher le flot d’ions Na+ de continuer à déferler au travers du
canal. Puis le canal se referme complètement, structurellement parlant. Le canal a donc deux
états qui lui permettent de ne pas laisser passer le Na+: inactivé et fermé.

Lorsque le potentiel de la membrane atteint -40 mV, le canal Na+ voltage- dépendant s’ouvre.
Pour cette raison, ce niveau de dépolarisation de la membrane est appelé le seuil
d'ouverture des canaux sodiques voltage-dépendants. Le sodium entre, suivant son
gradient chimique (et électrique). Cette entrée de charges positives change le potentiel de
membrane, qui continue à devenir moins négatif jusqu’à atteindre +40 mV. Après 1
milliseconde, il est inactivé, c’est-à-dire qu’il est bloqué en position fermée et il le reste pendant
plusieurs millisecondes. Pendant cette période d’inactivation, il n’est pas possible d’ouvrir le
canal. Ensuite, il est débloqué et pourrait alors être à nouveau activé à condition que la
membrane soit dépolarisée jusqu'au seuil, à -40 mV. La séquence complète ouverture-
inactivation-déblocage s’enclenche en réponse à la dépolarisation de la membrane.

4.1. Le phénomène de tout ou rien


Le potentiel d’action est produit dès que le potentiel de membrane dépasse –40 mV, qui est
le seuil d'ouverture des canaux sodiques voltage-dépendants. Dès que ce seuil est atteint,
un potentiel d’action est produit. Le potentiel d’action a une durée et une intensité fixes pour
un neurone, quelle que soit la stimulation qui l’a produit.
(La notion de stimulation correspond à l’intégration des informations reçues par le neurone sous la forme de
potentiels post-synaptiques excitateurs et inhibiteurs (voir plus loin : transmission synaptique) ou l'excitation de
neurones sensitifs (voir plus loin : les différents sens) – par exemple une stimulation tactile induit l'ouverture de
canaux mécano-dépendants, provoquant une dépolarisation amenant le potentiel de membrane du potentiel de
repos vers le seuil d’ouverture des canaux sodiques voltage-dépendants).

Si l’amplitude de la dépolarisation est inférieure à –40 mV, aucun potentiel d’action n’est
produit (‘rien’).
Si l’amplitude de la dépolarisation atteint au moins le seuil de dépolarisation, un potentiel
d’action est produit, qui a toujours la même amplitude (‘tout’).
C’est le phénomène du tout ou rien.

21
Si l’on avait eu une excitation qui n’arrivait pas au seuil de -40mV, par exemple en projetant
un très faible rayon lumineux sur la rétine, assez pour ouvrir un peu de canaux, mais si peu
que la dépolarisation est minime. Le cerveau a-t-il vu quelque chose? Non, il n’a reçu aucun
message que ce soit. Ce message de « je suis excité » n’aurait été possible que si la
stimulation était suffisante que pour produire au minimum un potentiel de membrane de -
40mV; dans ce cas, le neurone se serait exprimé par un PA. En somme, c’est le canal Na+
voltage-dépendant qui «décide» si la stimulation était pertinente ou non. Son ouverture est
une sorte de gâchette pour la production d’un PA, qui répond à un phénomène du «tout ou
rien».
Aussi, il ne peut y avoir de PA que là où il y a des canaux Na+ voltage-dépendants! Donc,
dans les parties du corps qui ne présentent pas de canaux Na+ volt.-dép., il n’y aura pas de
PA du tout.

4.2. La dépolarisation
Quand le seuil de dépolarisation est atteint, les canaux sodiques (Na+) voltage- dépendants
s’ouvrent rapidement. L’effet de cette ouverture est une entrée massive de sodium dans la

22
cellule. En effet, le sodium suit passivement (c’est-à-dire sans consommation d’énergie) à la
fois : son gradient de concentration (le Na+ étant moins concentré dans la cellule que le liquide
extracellulaire) et son gradient électrique (l’intérieur de la cellule étant négatif par rapport au
liquide extracellulaire).
Le courant Na+ entrant rend l’intérieur de la cellule moins négatif. Il augmente donc la
dépolarisation membranaire. Au sommet de l’amplitude du potentiel d’action, l’entrée massive
de sodium change le potentiel de membrane au point qu’il devient positif (+40mV). Il est même
tout à fait possible que l’on dépasse le zéro, donc que l’intérieur de la cellule devienne plus
positif que l’extérieur (jusqu’à même parfois atteindre un potentiel de +40mV). Cela nous est
égal puisque notre référence centrale est le potentiel de repos (-65mV). Quand on parle de
dépolarisation ou d’hyperpolarisation, ce sera toujours par rapport au potentiel de repos.

4.3. La repolarisation et l’hyperpolarisation


Après avoir été ouverts, les canaux Na+ sont inactivés alors que la membrane est encore
dépolarisée. A ce moment, les canaux potassiques (K+) voltage- dépendants, qui sont plus
lents à réagir que les canaux Na+, s’ouvrent en réponse à la dépolarisation. Le potassium sort
alors passivement de la cellule, suivant son gradient de concentration (le K+ étant moins
concentré dans le liquide extracellulaire) et son gradient électrique ( !! le potentiel du liquide
extracellulaire étant maintenant négatif par rapport à l’intérieur de la cellule !!). Ce courant
potassique sortant repolarise la membrane.
Pendant la repolarisation, le canal Na+ voltage-dépendant reste imperméable: il est inactivé,
puis simplement fermé.
Le courant potassique sortant se poursuit quelques millisecondes au-delà du moment où la
membrane a retrouvé son potentiel de repos. Il en résulte une différence de potentiel encore
plus marquée qu’au repos, l’intérieur étant plus négatif que –65 mV : c’est l’hyperpolarisation.
Le nombre de canaux potassiques voltage-dépendants ouverts diminue progressivement et
le potentiel de membrane revient à l’état de repos par diffusion des ions dans chacun des
compartiments intracellulaire et extracellulaire.
Sur le schéma ci-dessous, après le passage du seuil, on monte en dépolarisation jusqu’à un
moment où les canaux Na+ volt.-dép. s’inactivent. Parce que ces canaux ne restent ouverts
que sur une durée de 1ms, puis se referment. Quand ce canal sodique s’inactive (donc se
ferme), la membrane se repolarise car: 1) il y a diffusion des ions Na+ au sein du liquide intra-
cellulaire; 2) cette repolarisation sera amplifiée par l’ouverture de « canaux K+ voltage-
dépendant », qui s’ouvrent aussi à un seuil de -40mV. Ils partagent donc le même seuil que
les canaux Na+ volt.-dép.; à la différence près que leur vitesse d’ouverture est bien plus lente
et retarde de 1ms. Comme le potassium sort, il transfère des charges positives de l’intérieur
vers l’extérieur de la cellule et repolarise davantage la membrane. On redescend, donc, sur
le schéma qui, en passant au travers du potentiel de repos, tend vers l’hyperpolarisation
jusqu’à ce que le canal K+ volt.-dép. se ferme et cesse de laisser sortir des ions K+ dans le
milieu extra-cellulaire. Après la fermeture de ce dernier canal, le phénomène de diffusion des
ions assure une remontée du potentiel de membrane vers sa valeur de repos.
Tout ce cycle, débutant au seuil de -40mV jusqu’au retour au potentiel de repos de -65mV,
est l’unique moyen d’expression du neurone pour lui-même (c’est ce qu’il « pense »), qui se
résume en un seul message: « Je suis excité! ».

23
En résumé :
1. excitation de la cellule (dépolarisation)
2. dépolarisation atteignant le seuil (–40 mV)
3. ouverture des canaux sodiques voltage-dépendants (début du P.A.)
4. entrée de sodium (dépolarisation)
5. inactivation des canaux sodiques voltage-dépendant ; ouverture tardive des canaux
potassiques voltage-dépendants
6. sortie de potassium (repolarisation puis, au-delà du potentiel de repos,
hyperpolarisation ; au cours de cette période : fin de l'inactivation des canaux sodiques
voltage-dépendants)
7. fermeture des canaux potassiques voltage-dépendants
8. retour au potentiel de repos (par diffusion des ions)
Rem. Pas de potentiel d'action sans canaux sodiques voltage-dépendants !

4.4. La période réfractaire


L’hyperpolarisation amène le potentiel de membrane plus loin du seuil de dépolarisation. Elle
empêche ainsi la production immédiate d’un nouveau potentiel d’action pendant une période
appelée la période réfractaire. Cette période réfractaire comprend deux périodes.
La première période, la période réfractaire absolue, pendant laquelle la membrane est
fortement hyperpolarisée, correspond au moment où les canaux sodiques restent inactivés.
Aucun potentiel d’action ne peut être produit puisque la production du potentiel d’action
nécessite l’ouverture de ces canaux sodiques.

24
De fait, ces canaux resteraient inactivés même si un courant dépolarisant atteignant au moins
–40 mV était imposé à la membrane par une stimulation synaptique excitatrice massive (ou
artificiellement par application d’un courant électrique dans le cadre d’études
électrophysiologiques).
Cette période réfractaire absolue est suivie par une période réfractaire relative, pendant
laquelle les canaux sodiques voltage-dépendants s’ouvriraient si le seuil de dépolarisation
était atteint (don c’est possible, au contraire du période absolue). Cependant, en raison de
l’hyperpolarisation de la membrane, une plus forte stimulation dépolarisante est nécessaire
pour atteindre ce seuil et provoquer un potentiel d’action que lorsque le potentiel de membrane
a retrouvé sa valeur de repos.

4.5. La production de trains de potentiels d’action


Bien qu’un potentiel d’action produit par un neurone soit toujours le même quelle que soit la
stimulation (le ‘tout’ du phénomène du tout ou rien), si la stimulation est maintenue, des
potentiels d’action multiples peuvent être produits les uns après les autres, dès que le seuil
de dépolarisation de la membrane est de nouveau atteint.
Si la stimulation est telle qu’elle permette juste de passer du potentiel de repos (–65 mV) au
seuil de dépolarisation (–40 mV), un nouveau potentiel d’action ne peut être produit qu’après
la période réfractaire relative, lorsque la membrane a retrouvé le potentiel de repos. Des
trains rythmiques de potentiels d’action peuvent ainsi être obtenus à une fréquence lente
d’environ 1/s (1 Hz).
Si la stimulation (courant dépolarisant) est plus forte, le seuil de dépolarisation peut être atteint
plus tôt, pendant la période réfractaire relative. Le neurone « décharge » alors des potentiels
d’action à une fréquence plus élevée. La fréquence maximale des trains de potentiels d’action
est limitée par la période réfractaire absolue. Cette fréquence peut atteindre plusieurs
centaines de Hertz.

25
A cette fréquence maximale, on note que le potentiel de membrane a subit une nouvelle
dépolarisation avant même d’avoir pu rejoindre le potentiel de repos. Plus le lancement d’une
nouvelle dépolarisation a lieu tôt, plus la fréquence de PA augmente.

26
Mais plus le lancement de cette nouvelle dépolarisation a lieu tôt, plus il faudra que la
dépolarisation initiale soit importante; pour que le potentiel remonte au seuil critique de -40mV
(afin de lancer un nouveau PA). Il est plus facile d’atteindre le seuil de -40mV si le potentiel
de membrane, au départ, est au repos que si il présentait une hyperpolarisation. S'il est au
repos, il ne faudra qu'une dépolarisation de 25mV pour atteindre le seuil; mais il en faudra
bien plus pour le même résultat si l'on est en hyperpolarisation (en dessous des -65mV).
Dans un train de potentiels avec une fréquence de PA maximale, le moment précis où se
lance la prochaine dépolarisation est justement le moment où les canaux Na+ volt.-dép. ne
sont plus inactivés, mais simplement fermés (donc potentiellement ré-ouvrables).
Donc, bien que le « vocabulaire électrique » du neurone se limite à un seul « mot » (le potentiel
d’action), la production de trains de potentiels d’action dont la fréquence reflète l’intensité de
la stimulation permet un codage temporel en fréquence du message du neurone. (Dans la
métaphore du langage du neurone le train de potentiel serait alors une phrase, permettant d'exprimer l'intensité du
message non pas en augmentant l'amplitude du potentiel d'action (qui est fixe, cf 'tout') mais en augmentant la
fréquence du train de potentiels d'action.)

4.6. La transmission du potentiel d’action le long de l’axone


Le potentiel d’action est produit localement au niveau du hile de l’axone. Il se propage sans
atténuation d’amplitude. En fait, la propagation du potentiel d'action correspond à la
production successives de nouveaux potentiels d'action (par ouverture d'autres canaux
sodiques voltage-dépendants) plus loin au niveau de la membrane de l'axone.
4.6.1. La réponse électrotonique
Le potentiel d’action représente une modification du potentiel de membrane à l’endroit où il
est produit. Il en résulte une différence de potentiel entre la partie de membrane cellulaire où
il est produit et les régions voisines, où prévaut le potentiel de repos. C’est-à-dire que la
dépolarisation là où est produit le potentiel d’action ne concerne pas seulement la différence
entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule mais aussi une différence entre l’intérieur de la cellule
à cet endroit et l’intérieur de la cellule dans les régions adjacentes. Cette dépolarisation peut
se transmettre le long de l’axone: la propagation de cette dépolarisation est la réponse
électrotonique. Elle correspond à une variation de la différence de potentiel membranaire
locale, qui se transmet de proche en proche, et qui s’atténue avec la distance parcourue (par
diffusion des ions).
La vitesse de propagation du
potentiel d’action le long de l’axone
est d’autant plus grande que le
diamètre de l’axone est grand (cf
câble électrique).
Le long du soma (et des dendrites),
seule la réponse électrotonique
peut se propager (en diminuant
d’intensité avec la distance
parcourue), puisqu’il n’y a pas de
canaux sodiques voltage-
dépendants à ce niveau.

27
Par contre, au niveau de l’axone, la propagation de la réponse électrotonique provoque
l’ouverture des canaux sodiques voltage-dépendants et donc la production d’un potentiel
d’action. Le courant sodique entrant produit lors du potentiel d’action se propage lui-même
par réponse électrotonique et dépolarise les portions adjacentes de la membrane. Cette
dépolarisation entraîne l’ouverture des canaux sodiques voltage-dépendants qui enclenche la
production d’un potentiel d’action à ce niveau. C’est ainsi que la réponse électrotonique
entraîne la propagation du potentiel d’action.
La propagation du potentiel d’action se fait du hile vers la terminaison de l’axone et non en
sens inverse parce que la période réfractaire qui constitue la fin du potentiel d’action qui vient
d’être produit en amont empêche une nouvelle ouverture des canaux sodiques voltage-
dépendants à cet endroit, de sorte que le potentiel d’action ne peut pas remonter le long de
l’axone.
Pour produire un PA, il est nécessaire et suffisant 1) qu’il y ait des canaux Na+ volt.-dép., 2)
qu’ils soient ouvrables (donc fermés mais pas inactivés) et 3) que le potentiel de membrane
ait atteint le seuil de -40mV. Si ces trois conditions sont remplies, alors il y aura production
d’un PA. Ce PA est produit au niveau du hile. Si oui, le canal Na+ volt.-dép. s’est ouvert, des
ions Na+ sont entrés dans la cellule. Ces ions positifs entrés en masse dépolarisent la
membrane autour du canal par lequel ils l’ont
traversée. Donc, un canal Na+ volt.-dép. voisin du
premier va ressentir cette dépolarisation et va
s’ouvrir à son tour, laissant entrer un autre groupe
d’ions Na+ qui dépolariseront la membrane voisine
dans laquelle un troisième canal Na+ s’ouvrira, etc.
Cette dépolarisation va donc avancer sur l'axone et
sera, petit à petit, amplifiée par la production
successive de nouveaux PA. On observera une
propagation du PA par dépolarisation de la
membrane de plus en plus loin, à la surface de
laquelle se trouvent des canaux Na+ volt.- dép.
Cette dépolarisation est due à au mouvement de
charges positives, mouvement que l’on nommera la
« réponse électro-tonique ».
Rem.: La notion de réponse électro-tonique ne se
réfère pas à la propagation du PA, mais à la progression d’une différence de potentiel le long
de la membrane; parce que des ions (chargés) diffusent le long de la membrane et peuvent,
de proche en proche, changer le potentiel de cette membrane. Prenons l'exemple d’un
neurone dans lequel nous avons fait entrer des ions positifs par une dendrite: ces ions
voyageront dans la cellule, surtout contre la membrane; et cette dépolarisation de la
membrane va donc se propager. Il s’agit bien là d’une réponse électro-tonique (ce n’est pas
la propagation d’un PA, mais seulement d’une dépolarisation qui peut tout à fait être inférieure
au seuil).
Aussi, la réponse électro-tonique aura tendance à diminuer très fortement avec la distance
parcourue par les ions. Ainsi, même si une masse d’ions positifs étaient entrés par une
dendrite lointaine du hile, le nombre de ces ions arrivés jusqu’au hile aurait sans doute été
assez faible.

28
Pour qu’il y ait un PA produit par une telle
entrée d’ions positifs par une dendrite , il
faut qu’il y ait assez d’ions positifs arrivés
jusqu’au hile que pour dépolariser sa
membrane jusqu’au seuil.
On peut considérer que le hile « calcule »
cela; il fait la somme des ions positifs et/ou
négatifs qui lui arrivent de toute part. Et si
cette somme arrive au seuil de -40mV, on
aura un PA. Et ce premier PA produit
entrainera la production d’un autre juste à
côté, puis un autre juste à côté, etc. Ainsi
de suite jusqu’au bouton terminal.
Le PA peut-il remonter? En général, non; mais avec exceptions. Reprenons le schéma en-
bas: l’ouverture d’un canal Na+ volt.- dép. provoque un PA sur l’axone. Suite à cette
dépolarisation massive, le canal Na+ volt.-dép. le plus proche va également produire un PA,
qui va ouvrir le canal Na+ volt.-dép. qui lui est le plus proche, etc. Chacune de ces productions
en chaine de potentiels d’action est un peu décalée dans le temps par rapport la précédente.
Les PA arrivent chaque fois un petit peu plus tard puisqu’ils sont produits un petit peu plus
loin dans l’axone.
Les ions Na+ entrés par le plus bas de ces six canaux auront tendance à plus se diffuser dans
le liquide intra-cellulaire vers le bas (provoquant le sens orthodromique de la propagation de
l’information), mais aussi vers le haut, car les ions Na+ entrés dans la cellule sont libres d’aller
où ils veulent. Par contre, même s’ils
peuvent diffuser vers le haut, la
dépolarisation produite par cette diffusion
ne produira pas une nouvelle PA car les
canaux supérieurs (qui ont précédemment
produit un PA) sont toujours inactivés (donc
inactivables).
Du coup, ces ions Na+ qui sont remontés
par diffusion dépolarisent-ils la membrane?
Oui. Cette dépolarisation peut-elle atteindre
le seuil? Oui, elle le peut. Y aura-t-il
production d’un potentiel d’action? Non.
Pourquoi? Parce que ces canaux
supérieurs sont dans leur période
réfractaire absolue et c’est pourquoi le PA,
en conditions habituelles, ne peut que
descendre.
Mais si l’on arrivait à injecter des ions positifs en plein milieu de l’axone (ce qui est possible
par électrocution, par exemple), dans ce cas, ils produiraient des PA en série vers le bouton
synaptique mais également vers le hile (pas au delà). Cela dit, une fois cette dépolarisation
propagée vers le bas et/ou vers le haut, elle ne peut pas faire demi tour (pour la bonne raison
que les canaux Na+ volt.-dép. précédemment activés sont dans leur période réfractaire
absolue).

29
4.6.2. La conduction saltatoire
La myélinisation des axones (par les oligodendrocytes dans le système nerveux central et les
cellules de Schwann dans le système nerveux périphérique) assure l’isolation de la membrane
par rapport au liquide extracellulaire sauf au niveau des nœuds de Ranvier. D’une part, cette
isolation est chimique, puisque la membrane n’est pas en contact avec le liquide
extracellulaire. D’autre part, l’isolation est électrique : les ions du liquide intracellulaire et du
liquide extracellulaire ne sont pas attirés les uns par les autres ; les ions négatifs du liquide
intracellulaire ne sont donc pas situés contre la face interne de la membrane (force
électrostatique faible) mais ils circulent plus librement au sein de l’axone. Par conséquent, la
réponse électronique se propage rapidement.

Entre les nœuds de Ranvier, le courant (la réponse électrotonique) circule plus loin et plus
rapidement que si la membrane n’était pas isolée électriquement du milieu extracellulaire.
Au niveau des nœuds de Ranvier, c’est-à-dire là où la membrane de l’axone est exposée au
liquide extracellulaire, les canaux sodiques (et potassiques) voltage- dépendants sont
particulièrement nombreux. Lorsque la dépolarisation atteint cette région, elle produit un
potentiel d’action qui lui-même entraîne une réponse électrotonique, qui se propage jusqu’au

30
nœud de Ranvier suivant, où un potentiel d’action est produit et ainsi de suite, jusqu’à la
terminaison de l’axone. Plutôt qu’être produits de proche en proche tout au long de la
membrane (comme c’est le cas dans les axones non-myélinisés), les potentiels d’action
semblent ‘sauter’ d’un nœud de Ranvier au suivant : c’est la conduction saltatoire (‘par
sauts’).

Rem. La diffusion des ions Na+ est en partie motivée


par leur attraction aux ions négatifs présents dans le
milieu intra-cellulaire (métaphore des ions mâles et
des « ionnes » femelles). En dehors des segments
myélinisés, les ions négatifs présents dans l’espace
intra-cellulaire ont tendance à être attirés par les
charges positives du milieu extra-cellulaire. Mais
dans un segment myélinisé, ces charges négatives
sont isolées électriquement du milieu extérieur. En
résulte que, quand la masse d’ions positifs (Na+)
afflue par diffusion dans ces segments, elle le fera
de façon beaucoup plus rapide puisque ces ions
positifs n’y ont pas de concurrence.

La grande vitesse de propagation du potentiel d'action le long des axones myélinisés permet
une transmission précise et synchrone de l'information (dans plusieurs neurones d'un nerf ou
d'un faisceau neuronal), comme c'est nécessaire pour le bon fonctionnement des voies
motrices, par exemple.
Par contre pour les voies qui sont moins rapides, comme certaines voies de la douleur, les
neurones ne sont pas myélinisés. Dans ces voies, l'information est transmise de manière
moins précises et synchrones, de sorte qu'elle est plus diffuse.

31
5. La transmission synaptique
La synapse est la jonction entre une terminaison axonale et une cellule cible. Typiquement,
une synapse lie fonctionnellement un axone à une dendrite (synapse axono-dendritique),
mais il existe aussi des synapses entre un axone et le soma d’un neurone (synapse axono-
somatique), entre un axone et une cellule non-nerveuse (par exemple un muscle : jonction
neuro- musculaire), et même des synapses entre axones (synapses axono- axonales).
La terminaison axonale (le bouton synaptique) est dite pré-synaptique ; la cellule cible est
dite post-synaptique.

5.1. Types de transmission synaptique


On peut classer les divers types de transmission synaptique suivant des aspects différents :
5.1.1. Le mécanisme de transmission
Synapses électriques : transmission par le passage direct d’ions du cytoplasme du neurone
pré-synaptique au cytoplasme du neurone post- synaptique au travers d'une gap junction,
assurant une transmission électrique directe.
Synapses chimiques : transmission par des neurotransmetteurs libéré par le neurone pré-
synaptique, qui diffusent dans la fente synaptique et activent des récepteurs post-
synaptiques.
5.1.2. L'effet da la liaison du neurotransmetteur au récepteur (synapses chimiques)
Ouverture directe d'un canal ionique :
récepteur ionotrope, produisant une
réponse post-synaptique électrique
rapide.
Activation d'une enzyme: récepteur
métabotrope, induisant une cascade
biochimique dans le neurone post-
synaptique (production d’un second
messager – le premier messager ou
messager primaire étant le
neurotransmetteur),dont l'effet est
(généralement) l'ouverture de canaux
ionique, produisant une réponse post-
synaptique électrique lente.

5.1.3. L’effet post-synaptique


Synapses excitatrices, dont l'effet dépolarise la membrane de la cellule post-synaptique,
augmentant la probabilité de production d’un potentiel d’action par la cellule post-synaptique.
Synapses inhibitrices, dont l'effet hyperpolarise la membrane post-synaptique, diminuant la
probabilité de production d’un potentiel d’action par la cellule post-synaptique.

32
5.2. Synapses électriques
La communication la plus simple, c’est quand le cytoplasme d’une cellule est mis en continuité
avec le cytoplasme de la cellule post-synaptique.
Les synapses électriques ou gap junctions mettent en continuité le cytoplasme de la cellule
pré-synaptique avec celui de la cellule postsynaptique. Cette jonction est établie à travers un
pore constitué par l'accolement de deux connexons (eux-mêmes composés par l'assemblage
de 6 connexines, qui sont des protéines) un peu à la manière d’un pont. Ces
ponts/connexons sont constitués de protéines de structure (connexines), et permettent à
l’intérieur de la cellule pré-synaptique d’être physiquement en contact avec l’intérieur de la
cellule post-synaptique.

Ce pore laisse passer passivement les ions de manière non spécifique (contrairement aux
canaux ioniques) ainsi que des petites molécules et du cytosol. « Non spécifique » = ils ne
sont pas spécifiques à un certain type d’ions (du Ca++ peut passer, tout comme du Na+, du
K+, du Cl-, etc.). Les ions passent en suivant leur gradient (chimique surtout et électrique). Il
n’est pas question de communication avec le liquide extra-cellulaire, mais entre le liquide intra-
cellulaire d’une cellule #1 et celui d’une cellule #2.
Les différences de potentiel de membrane se transmettent donc directement entre les deux
cellules, comme elles le feraient au sein d'une même cellule. S’il y a eu dépolarisation pré-
synaptique, elle sera transmise au niveau de la gap junction jusque dans la cellule post-
synaptique. La dépolarisation (donc l’excitation) pré-synaptique sera aussi une dépolarisation
post-synaptique. Et cette modification du potentiel de membrane de la cellule post-synaptique
est appelé un «potentiel post-synaptique excitateur (PPSE)». La dépolarisation qui est
transmise à travers d’un gap junction est transmise d’une cellule à l’autre, même s’il n’y a pas
de potentiel d’action pré-synaptique (même si elle ne franchit pas le seuil pour produire un
PA). Une hyper-polarisation peut également se transmettre d’une cellule pré-synaptique à une
cellule post-synaptique, et produira donc un PPSI (potentiel post-synaptique inhibiteur);
qui ne produira pas de potentiel d’action puisque cela hyperpolarise la cellule post-synaptique.
Le hile fait la somme des charges, qui peuvent lui parvenir le long de la membrane, dont des
PPSI et des PPSE divers.
La gap junction peut être ouverte ou fermée. Un facteur qui décide si la GJ est ouverte ou
fermée est l’acidité du milieu (pH). pH neutre = 7 ; le plus grande le pH – le moins acide est le
milieu. Dans le milieu plus acidique il y a plus de GJs qui sont ouvertes (?)

33
5.2.1. Avantages des synapses électriques
Les avantages de ces synapses sont les suivants :

• Transmission rapide
La mise en contact du cytoplasme de la cellule pré-synaptique et de la cellule postsynaptique
permet une transmission extrêmement rapide du potentiel. Elle est tellement rapide, que l’on
considère qu’elle permet la synchronisation de l’activité électrique des cellules connectées
entre elles par des gap junctions.
La synchronisation cellulaire est très importante; par exemple, pour le muscle cardiaque qui
nécessite une synchronisation (donc excitation quasi-simultanée) de toutes les cellules du
tissu. Si ça n’était pas le cas, le cœur ne fonctionnerait pas.
Dans le cas d’une synapse axono-axonale, notons que l’axone peut avoir des «collatérales»
(c’est à dire un prolongement de l’axone, par exemple en son milieu) qui viendraient former
des synapses en dehors du bouton synaptique principal de la cellule. Si la synapse axono-
axonale est excitatrice, elle va synchroniser des neurones; mais notons qu’une synapse
axono-axonale qui serait inhibitrice pourrait moduler et/ou bloquer la propagation d’un PA déjà
présent au sein de la cellule post-synaptique.
Rem. Comme le message, la réponse électro-tonique diminue avec la distance; un message
communiqué par une synapse axono-somatique sera plus fort (car il se sera moins épuisé
avec la distance) qu’un même PPSE d’une synapse axono-dendritique.
Si un potentiel se propage du soma vers la terminaison axonale, on parlera de « propagation
orthodromique ». Si elle se fait dans l’autre sens (donc de l’axone vers le soma), on parlera
de « propagation antidromique ».

• Conservation intégrale de l’information


Même des potentiels inférieurs au seuil sont transmis par la cellule pré- synaptique à la cellule
postsynaptique (en opposition avec le principe du 'tout ou rien'). Même une hyperpolarisation
est transmise, alors qu'elle ne serait pas transmise par une synapse chimique.
L’information électrique peut passer dans les deux sens (d’une cellule à l’autre et vice-versa),
au contraire de l’information chimique qui passe dans une direction seulement (pré  post-
synaptique).

5.2.2. Inconvénients des synapses électriques


Ces avantages peuvent aussi constituer des inconvénients. En effet, ils entraînent une
limitation de la flexibilité de la transmission synaptique, puisqu’une modification du potentiel
est toujours transmise telle quelle: les potentiels n'atteignant pas le seuil ne sont pas 'filtrés'.
Les autres informations ne sont pas filtrés non plus.
La gap-junction est un mode de transmission synaptique relativement répandu chez les êtres
vivants, mais pas chez l’humain adulte. Le foetus humain a beaucoup de gap-junctions
(transmission très rapide, même pour de petites dépolarisations ou hyperpolarisations).

34
5.3. Synapses chimiques
Un humain adulte physiquement formé n’utilise plus tellement de synapses électriques mais
plutôt des synapses chimiques: la cellule excitée par un PA transformera ce message
électrique en message chimique par libération de neurotransmetteurs (stockés dans des
vésicules en attente dans le bouton synaptique). Ce mode de communication est moins rapide
que les synapses électriques (les gap junctions) mais plus sélective.
Les synapses chimiques font intervenir des messagers (neurotransmetteurs) libérés dans
la fente synaptique. Ces messagers (dits primaires) assurent la transmission de l’information
du neurone présynaptique au neurone postsynaptique.
5.3.1. Les neurotransmetteurs
Les neurotransmetteurs sont synthétisés et stockés dans des vésicules au niveau du soma
du neurone présynaptique. Ces vésicules contenant les neurotransmetteurs se déplacent
activement (c’est-à-dire en consommant de l’énergie) le long des microtubules de l’axone
jusqu’au bouton synaptique.
Lorsqu’un potentiel d’action atteint le bouton synaptique, cette dépolarisation provoque
l'ouverture de canaux calciques voltage-dépendants. Le Ca++ ainsi entré dans la
terminaison axonale de la cellule présynaptique active le complexe SNARE : à la face interne
de la membrane cellulaire et à la face externe de la vésicule, des protéines complémentaires
de ce complexe peuvent s'accrocher les unes aux autres en présence de calcium, ce qui a
pour effet d'ancrer la vésicule contre la membrane, de l'y faire fusionner et de libérer les
neurotransmetteurs contenus dans la fente synaptique.
Une fois entré, le Ca++ (en plus de dépolariser la cellule) va activer les enzymes d’un
complexe de protéines: le système SNARE. Ces protéines vont s’arrimer à la vésicule
contenant les neurotransmetteurs, et vont la tirer jusqu’à ce qu’elle se trouve en contact avec
la membrane plasmique du bouton synaptique. Une fois en contact, une protéine du système
SNARE va percer un trou dans la membrane de la vésicule et dans la membrane de la cellule
au point de contact. Le trou va s’agrandir jusqu’à fusion de la membrane de la vésicule avec
la membrane de la cellule, le contenu de la vésicule va se déverser librement dans le liquide
extra-cellulaire, au sein de la « fente synaptique ». Cette traduction de l’information électrique
en information chimique est ce que l’on appelle le « couplage électro-chimique».

35
Les neurotransmetteurs diffusent passivement. Ils peuvent se lier au récepteur qui leur est
spécifique au niveau de la membrane cellulaire postsynaptique. Cette liaison active le
récepteur.
Le neurotransmetteur « nage »/diffuse librement dans la fente synaptique et peut venir à la
rencontre d’un « récepteur » (=protéines transmembranaires) au niveau de la membrane du
neurone post-synaptique. Les récepteurs sont spécifiques, donc sensibles à certains
neurotransmetteurs bien précis. La liaison du neurotransmetteur à son récepteur activera ce
récepteur, générant un potentiel post-synaptique (PPS) qui sera soit excitateur, soit inhibiteur.
Il s’agit ici du couplage inverse - on parle de «couplage chimico- électrique». C’est ainsi
que fonctionne une synapse chimique.

36
Des molécules exogènes (provenant de l'environnement, comme des médicaments)
ressemblant aux neurotransmetteurs et présentes dans la fente synaptique peuvent entrer en
compétition avec ces neurotransmetteurs pour la liaison aux récepteurs. Si cette liaison a pour
effet d’activer le récepteur, la molécule est appelée ‘agoniste’ du récepteur. Si la liaison
empêche le récepteur d’être activé, la molécule est appelée ‘antagoniste’. Un agoniste non
endogène a donc un effet postsynaptique similaire à celui de l'agoniste endogène (le
neurotransmetteur). Par contre, l'antagoniste (qui est toujours exogène) n'a pas d'effet
postsynaptique. Son effet est justement qu'il n'y a pas d'effet !
Il existe plusieurs familles de neurotransmetteurs : les acides aminés, l’acétylcholine, les
animes et les peptides. En règle générale, un type de neurone ne libère qu’un
neurotransmetteur.
Attention: un neurone pré-synaptique ne fabrique qu’un seul type de neurotransmetteur (en
quantité limitée)! Par contre, le neurone post-synaptique peut présenter à la fois différents
types de récepteurs (ex. GABAA, GABAB, etc.) à un même neurotransmetteur ou à d’autres
neurotransmetteurs. Les neurones, dans la globalité, n’ont à leur disposition pour
communiquer entre eux, qu’une vingtaine de neurotransmetteurs différents (donc de «mots »
de vocabulaire différents).

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Acides aminés

NB : caféine dans le cas dernier n’a pas l’action « excitateur », mais bien « désinhibiteur ».

Acétylcholine

NB: “NMDA” (agoniste exogène) ≠ “récepteur NMDA” (récepteur) et « GABA »


(neurotransmetteur) ≠ « GABAa » (récepteur ionotrope)  il faut bien faire attention au mots !!!

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Amines

Effet de morphine, opiacés/opioïdes, héroïne : nous avons des récepteurs pour ces
agonistes exogènes – récepteurs endorphines/enképhaline (métabotropes). Nous avons
aussi les endorphines endogènes, par exemple pendant l’activité musculaire forte ; le pic
c’est pendant l’accouchement, quand on fait l’amour aussi.
Effet des cannabinoïdes (il y a une variété des substances) :il y a des récepteurs
cannabinoïdes (métabotropes). Agoniste endogène : endocannabinoïde ; il y a des
médicaments basés sur cela qui ont un effet antiépileptique.

Peptides (neurotransmetteurs)
Cholécystokinine (CCK), dynorphine, enképahlines, NAAG, neuropeptide Y, somatostatine,
substance P, thyrotropin-releasing hormone (TRP), vasoactive intestinal polypeptid (VIP).

5.3.2. Les récepteurs


Selon de type de récepteurs, leur activation peut induire deux effets différents.

• Récepteur ionotrope
Les récepteurs ionotropes sont couplés à un canal ionique ligand-dépendant (le ligand
est l'agoniste du récepteur). Le neurotransmetteur en est un ligand: il se lie à la manière d’une
clef, au récepteur. Lorsqu’un agoniste s’y lie, le récepteur est activé: il change de forme,
ouvrant le canal ionique, ce qui permet un passage d'ions à travers la membrane, induisant
une modification du potentiel de la membrane postsynaptique : un potentiel postsynaptique.
Tous les récepteurs ionotropes sont des canaux ionique ligand-dépendants, mais pas
l’inverse (pas tous canaux ioniques ligand-dépendant sont des récepteurs ionotropes) !

39
Sur cette illustration, le potentiel de repos est à –70 mV
(dans ces notes, nous le considérons comme étant à –
65mV) et le seuil d'ouverture des canaux sodiques voltage-
dépendants ('threshold') à –50 mV (dans ces notes, nous
considérons –40mV). 'EPSP' correspond au PPSE et 'IPSP'
à PPSI.

La phase ascendante du PPSE (comme la phase descendante du PPSI) est généralement


due aux mouvements d'ions à travers le canal ionique ; la phase descendante du PPSE
(comme la phase ascendante du PPSI), qui rejoint le potentiel de repos, correspond à la
diffusion des ions dans le compartiment où ils sont arrivés (par exemple liquide intracellulaire).
Comme les potentiels postsynaptiques induits par l'activation des récepteurs ionotropes
résultent de l'ouverture directe et quasi simultanée de canaux ioniques proches les uns des
autres au niveau de la membrane postsynaptique, ils apparaissent très rapidement, ont une
amplitude relativement élevée et une durée relativement brève (par rapport aux potentiels
postsynaptiques induits par les récepteurs métabotropes, cf plus loin).
Dans le cas du récepteur GABAA, la liaison du GABA (neurotransmetteur ; ou d'un agoniste
exogène) entraîne l’ouverture du canal Cl-. C'est ce aussi qui se passe si la glycine (ou un
agoniste non endogène) se lie au récepteur GlyR. Le chlore, dont la concentration est
beaucoup plus faible dans le cytoplasme que dans le liquide extracellulaire, entre dans la
cellule. Comme il est chargé négativement, il hyperpolarise localement le potentiel de
membrane du neurone postsynaptique. Cette modification du potentiel de la membrane
postsynaptique sous l'effet du message de la cellule présynaptique est appelée potentiel
postsynaptique inhibiteur (PPSI). Le PPSI se propage dans le neurone postsynaptique par
diffusion des ions ; il est dit inhibiteur car il éloigne le potentiel de membrane du seuil
d'ouverture des canaux sodiques voltage-dépendants (situés au niveau de l'axone, à partir du
hile). Au cours de cette propagation, l'amplitude du PPSI s'atténue avec la distance.

Le GABA et les récepteurs GABAA servent donc à calmer la cellule post-synaptique. Un PPSI
est, en quelque sorte, un message de « calme-toi » à la cellule post-synaptique. L’intérêt de
l’inhibition est une sélection parmi les diverses excitations, ou même une diminution de
l’excitation générale du système nerveux.

40
Quand on est nerveux, cela pourrait être intéressant de produire du GABA dans le but de se
calmer. Il existe des médicaments qui imitent artificiellement le GABA, en ciblant les
récepteurs GABAA . Ce sont des médicaments calmants. Un exemple, les «benzodiazépines
(BzD)» est une famille qui rassemble divers médicaments comme le Valium et le Temesta. Ils
se lient aux récepteurs GABAA et l’activent pour produire un PPSI. La BzD est un «agoniste
exogène» du récepteur GABAA (tout comme les barbituriques).
Si quelqu’un venait à ingérer toute une boite de BzD, il serait sans doute en très mauvais état
(par exemple, son système respiratoire pourrait cesser de fonctionner). Arrivé auprès d’un
médecin, ce dernier lui injectera une substance qui bloquera ce récepteur GABAA. C’est un
«antagoniste» du récepteur GABAA , qui ressemble à l’agoniste mais son effet est de bloquer
le récepteur. Très bientôt, l’état de la personne s’améliorera.
Attention : Chez le fœtus, le chlore est plus concentré à l'intérieur du neurone que dans le
liquide extracellulaire. La liaison du GABA au récepteur GABAA induisant l'ouverture du canal
Cl-, le Cl- tend plutôt à sortir du neurone, ce qui provoque une dépolarisation, donc un PPSE
et non un PPSI.
Dans le cas du récepteur nicotinique, la liaison de l’acétylcholine (ou d'un autre agoniste,
comme la nicotine) entraîne l’ouverture d’un canal Na+. C'est ce aussi qui se passe si le
glutamate se lie au récepteur AMPA ou au récepteur au kaïnate. Le sodium, dont la
concentration est beaucoup plus faible dans le cytoplasme que dans le liquide extracellulaire,
entre dans la cellule, d’autant plus facilement que le cytoplasme est chargé négativement au
potentiel de repos. Comme le sodium est chargé positivement, il dépolarise localement le
potentiel de membrane du neurone postsynaptique. Cette modification du potentiel de la
membrane postsynaptique sous l'effet du message de la cellule présynaptique est appelée
potentiel postsynaptique excitateur (PPSE). Le PPSE se propage dans le neurone
postsynaptique par diffusion des ions ; il est dit excitateur car il rapproche le potentiel de
membrane du seuil d'ouverture des canaux sodiques voltage- dépendants (situés au niveau
de l'axone, à partir du hile). Au cours de cette propagation, l'amplitude du PPSE s'atténue
avec la distance.
L'effet paralysant du curare est dû à son rôle d'antagoniste du récepteur nicotinique présent au niveau des jonctions
musculaires (synapse entre le montoneurone alpha et la cellule musculaire) : comme ce récepteur est inhibé, il n'a
pas de réponse musculaire à la commande du motoneurone. Cet effet peut conduire à un arrêt respiratoire par
paralysie des muscles respiratoires. Le curare est utilisé en anesthésie générale pour que le patient (intubé et
ventilé artificiellement) n’ait pas de spasmes musculaires pendant l’opération.

• Récepteur métabotrope
Les « récepteurs métabotropes » répondent à un mécanisme plus compliqué que les
récepteurs ionotropes. Les récepteurs métabotropes n’ont pas une action directe sur un
canal ionique. Ils sont couplés à une enzyme, qui est activée lorsqu’un agoniste se lie au
récepteur. Cette enzyme produit un second messager. L’action du second messager est de
déclencher une cascade biochimique, soit en activant d'autres enzymes, comme des
protéines kinases spécifiques qui phosphorylent alors d’autres protéines, de sorte que leur
fonction soit modifiée, soit en mobilisant les stocks intracellulaires de calcium, de sorte que la
fonction de protéines dépendant du calcium soit modifiée. L’effet de ces modifications est
généralement l’ouverture ou la fermeture de canaux ioniques. (Rem. : certains seconds
messagers peuvent avoir une action directe sur un canal ionique).
Comme les potentiels postsynaptiques induits par l'activation des récepteurs métabotropes
résultent de l'ouverture indirecte et tardive de canaux ioniques situés à distance les uns des

41
autres au niveau de la membrane postsynaptique, ils apparaissent plus lentement et ont une
amplitude relativement faible et une durée relativement longue par rapport aux potentiels
postsynaptiques induits par les récepteurs ionotropes.
Dans le cas du récepteur GABAB, la liaison du GABA (ou d'un agoniste comme le baclofène)
entraîne l’activation d’une protéine G [Gi/o], qui produit un second messager qui ouvre des
canaux potassiques ligand-dépendants [aussi considérés comme des canaux protéine G-dépendants,
car le second message est une sous- unité de la protéine G ; ces canaux sont appelés GIRK (G protein-coupled
inwardly-rectifying K+ channels)], induisant une hyperpolarisation, donc un PPSI. Le GABA est donc
le 1er messager qui active la production/synthèse d’un 2nd messager.

Dans le cas du récepteur cholinergique de type muscarinique [de types M1,M3 et M5], la liaison
de l’acétylcholine entraîne l’activation d’une protéine G [Gq]. Celle-ci est aussi appelée
‘guanine nucleotide-binding protein’ ou protéine liant le GTP, parce que son activation
implique la liaison de guanosine triphosphate. A l’état inactivé de la protéine G, une molécule
de guanosine diphospate (GDP) y est liée. Lorsque la protéine G est activée, une molécule
de GTP prend la place du GDP et une autre enzyme, la phospholipase C, est activée. Cette
enzyme produit à son tour deux seconds messagers : l’IP3 (inositol triphosphate) et le DAG
(diacylglycérol). L'IP3 ouvre des canaux calciques ligand-dépendants au niveau du
réticulum endoplasmique, libérant ainsi dans le cytoplasme du Ca++ à partir de stocks
intracellulaires. Par ailleurs, le DAG active la protéine kinase C. Cette protéine kinase et
d’autres protéines activées par le Ca++ ainsi libéré (comme la calcium-calmoduline protéine
kinase, voir 6) entraîneront la phosphorylation de nombreuses protéines et donc l’amplification
et une large distribution du signal initial. [Par ailleurs, le calcium bloque les canaux
potassiques.] La résultante de cette cascade est un PPSE provoqué par la fermeture de
canaux potassiques (les canaux ‘M’, pour muscariniques) alors que le sodium continue à
entrer dans la cellule par le canal sodique des récepteurs nicotiniques également présents au
niveau postsynaptique et eux aussi activés par l’acétylcholine. [Les molécules d'acétylcholine
libérées dans la fente synaptique par le neurone présynaptique activent à la fois les récepteurs

42
nicotiniques et muscariniques, tous deux exprimés par le neurone postsynaptique.] Ce PPSE
survient relativement lentement, il est de faible amplitude et de longue durée par rapport à un
PPSE induit par un récepteur ionotrope (comme le récepteur nicotinique). Les PPSE induits
par les récepteurs muscariniques ne provoquent généralement pas eux-mêmes la production
de potentiels d'action mais ils rendent la cellule postsynaptique plus excitable, c'est-à-dire plus
prompte à produire un potentiel d'action en cas de stimulation par des PPSE induits par des
récepteurs ionotropes.
Rôle indirecte de Ca++ : bloquer les canaux de fuite potassiques. Le fait que les canaux de
fuites sont fermés et K+ ne sort pas (donc reste à l’intérieur) entraine la dépolarisation, parce
que c’est comme on a fait entrer de + charge positive  accumulation de « + » à l’intérieur.
Dans ce système muscarinique :
• l’acétylcholine = le neurotransmetteur ou premier messager
• la protéine G = le transducteur
• la phospholipase C = l’effecteur primaire
• l’IP3 et le DAG = les seconds messagers
• le calcium et la protéine kinase C = effecteurs secondaires.
Les récepteurs muscariniques sont présents au niveau de nombreux neurones. Ils ont notamment présents en
grand nombre au niveau du système nerveux autonome parasympathique, qui exerce un rôle modulateur au niveau
cardio-vasculaire et gastro-intestinal. L'activation excessive des récepteurs muscariniques peut se manifester par
un malaise vagal (ralentissement du rythme cardiaque, chute de tension artérielle, résultant en une baisse de la
perfusion cérébrale occasionnant éventuellement une syncope). L'atropine étant un antagoniste de ce récepteur
muscarinique, elle diminue l'effet muscarinique et peut être utilisée comme médicament chez des personnes
sujettes aux malaises vagaux. L'effet antagoniste de la muscarinique est à l'origine du nom de la belladone : à
l'époque de la Renaissance, les dames italiennes élégantes appliquaient sur leurs yeux une pommade à base de
cette plante (qui continent de l'atropine) afin de dilater leurspupilles pour accentuer leur regard noir profond (bella
donna = belle dame). L'effet antagoniste de l'atropine empêche la constriction pupillaire qui résulterait de
l'activation des récepteurs muscarinique du système nerveux parasympathique.

Un autre exemple d'effet d'un récepteur métabotrope est fourni par le récepteur métabotrope
au glutamate mGluR5. La liaison du glutamate active une protéine G, qui produit alors un
second messager qui active des enzymes
responsables de l'endocytose de récepteurs AMPA
(« l’internalisation des récepteurs AMPA » = une
vésicule est formée au lieu du récepteur – voir photo).
Lorsque du glutamate est présent dans la fente
synaptique, l'effet précoce est donc la production de
PPSE via les récepteurs AMPA. Un effet plus lent est
l'internalisation de récepteurs AMPA, suite à
l'activation des récepteurs mGluR5 : il en résulte une
diminution des récepteurs AMPA présents au niveau de la membrane postsynaptique. Donc
il y a moins de récepteurs AMPA pour réagir au glutamate. Cet effet est retardé car la cascade
enclenchée par l'activation des récepteurs mGluR5 est relativement lente. Par conséquent,
lors d'une stimulation ultérieure (libération de glutamate par le neurone présynaptique), le
PPSE résultant sera de moindre amplitude (=c’est la dépression de force de la synapse).

5.3.3. Neuromodulation à court terme


En raison de la cascade de réactions impliquées, l’action des récepteurs métabotropes est
plus lente que celle des récepteurs ionotropes, de l’ordre de plusieurs de dizaines de
millisecondes après l’activation du récepteur par le neurotransmetteur. Elle est aussi plus

43
prolongée, pouvant durer plusieurs secondes ou plusieurs minutes. Cette action lente et
prolongée module les propriétés électrophysiologiques de du neurone, par exemple en
modifiant le potentiel de repos ou la durée du potentiel d’action. Cette modulation de
l’excitabilité neuronale est appelée neuromodulation.

La «neuromodulation » est une modification de l’état d’excitabilité du neurone post-


synaptique. On peut avoir une neuromodulation qui est à long terme ou à court terme.
Dans le cas d’une neuromodulation à court terme, nous ne parlerons pas de plasticité
(=neuromodulation à long terme). Imaginons que nous avons, par exemple, un PPSI produit
par un récepteur ionotrope (ex. GABAA). Le GABA se lie au GABAA, le canal s’ouvre, le Cl-
entre dans la cellule et hyperpolarise celle-ci, donnant un PPSI. Après un certain temps, le
canal ionique se ferme; et l’hyperpolarisation, produite par les ions Cl- qui sont entrés, se
dissipe par diffusion de ces ions dans le liquide intra-cellulaire, jusqu’à revenir à une polarité
de membrane au repos.

Prenons un PPSI produit par le récepteur GABAB, qui est donc un récepteur métabotrope. Le
GABA se lie au récepteur, qui va activer une protéine G, qui produira un second messager,
qui ira finalement ouvrir une série de canaux K+ (qui aura tendance à quitter la cellule). Cela
produira une hyperpolarisation. Cette hyperpolarisation produite par GABAB dure plus
longtemps et commence plus tard qu’avec un récepteur ionotrope GABAA. Elle commence
plus tard car il faut le temps nécessaire à cette «cascade enzymatique» pour fonctionner (alors
que dans le récepteur ionotrope, le canal s’ouvre tout de suite). Et elle dure assez longtemps

44
(dû au nombre des multiples canaux K+ ouverts qui se refermerons petit à petit) et est assez
modérée. Cette hyperpolarisation plus longue et modérée a eu un effet comparable à une
baisse temporaire du potentiel de repos.
Les récepteur GABAA, GABAB, etc. ne sont pas seuls sur les cellules, il se passe autre chose
aussi. Le hile fait la somme des PPSE et PPSI produits dans les autres endroits, et si la
dépolarisation membranaire arrive jusqu’au seuil de -40mV, il y a production d’un PA. Donc si
la ligne de repos se retrouve abaissée, donc tout se retrouve abaissé. Du coup, une
dépolarisation qui aurait atteint le seuil en partant du potentiel de repos de -65mV n’atteint
plus ce seuil nécessaire et il n’y a pas de PA produit. On a donc «neuromodulé» la cellule
(rendu moins excitable dans ce cas).
Le même mecanisme se présente dans le cas du PPSE. Ex. quand l’acétylcholine se lie au
récepteur nicotinique (ionotrope) et fait entrer du Na+. Le récepteur métabotrope de l’A.Ch.
est le récepteur muscarinique (voir en-haut).

5.4. L’intégration synaptique


Les courants entrants au niveau synaptique (PPSE et PPSI) se propagent jusqu’au hile
axonal, où leur résultante peut influencer le potentiel de membrane dans le sens d’une
hyperpolarisation (c’est-à-dire l’éloignant du seuil d'ouverture des canaux sodiques voltage-
dépendants (–40mV)) ou d’une dépolarisation (c’est-à- dire le rapprochant de ce seuil de
dépolarisation). On peut considérer que le hile fait ainsi la somme des PPSE et des PPSI à
chaque instant. On parle de sommation spatiale si les potentiels postsynaptiques ainsi
sommés ont été produits en même temps au niveau de synapses différentes, et de
sommation temporelle s'ils ont été produits au niveau d'une même synapse de manière si
rapprochée (quelques millisecondes) que leur effet s'additionne au niveau du hile. Si le seuil
est atteint, un potentiel d’action est produit. Le potentiel d’axone n’est pas produit en amont
du hile, car il n’y a pas de canaux sodiques voltage- dépendants au niveau du soma.

45
Rem.
Synapse chimique:
*Une dépolarisation pré-synaptique peut provoquer une dépolarisation post-synaptique
(par exemple, un PPSE);
*Une dépolarisation pré-synaptique peut provoquer une hyperpolarisation post-synaptique
(par exemple un PPSI par le GABA);
Synapse électrique:
*Une dépolarisation pré-synaptique peut provoquer une dépolarisation post-synaptique
(par exemple, un PPSE);
*Une dépolarisation pré-synaptique ne peut pas provoquer une hyperpolarisation post-
synaptique! (cf. chap. IV « transmission synaptique », notions de « gap-junction » et de «
synchronisation » en lien avec les synapses électriques.)

46
47
6. La plasticité synaptique (neuromodulation à long terme)
La plasticité synaptique correspond à une modification durable de l'excitabilité d'un neurone
postsynaptique. En cas de renforcement de la synapse par plasticité synaptique, ou potentialisation
à long terme de la synapse (LTP, long-term potentiation) une même stimulation (c'est-à-dire la
même quantité de neurotransmetteurs libérés par le neurone présynaptique) provoque un PPSE (ou
PPSI, suivant le récepteur) de plus grande amplitude qu'avant le processus de plasticité. De même, un
même PPSE (ou PPSI, suivant le récepteur) résulte d'une stimulation moins intense (une quantité
moindre de neurotransmetteurs libérés par le neurone présynaptique suffit à provoquer un même PPSE
(ou PPSI)) qu'avant le processus de plasticité. Au contraire, si le processus de plasticité synaptique
résulte en un affaiblissement de l'efficacité synaptique, ou dépression à long terme de la synapse
(LTD, long-term depression), une même stimulation provoque un PPSE (ou PPSI, suivant le récepteur)
plus faible (ou une stimulation plus intense est nécessaire pour obtenir le même PPSE (ou PPSI)).
La plasticité synaptique fournit une base neurophysiologique aux processus de mémoire et
d’apprentissage.

6.1. Types de modulation


Plusieurs types de modulation de l’efficacité de la synapse peuvent être envisagés. L’augmentation de
l’efficacité synaptique est appelée ‘potentialisation’ ; la diminution de l’efficacité, ‘dépression’.
6.1.1. Modulation présynaptique
Au niveau présynaptique, la libération de neurotransmetteurs peut être modifiée, par exemple par une
action sur les canaux ioniques au niveau du bouton terminal. Une telle régulation de la libération des
neurotransmetteurs affecte l’amplitude du potentiel postsynaptique.
Par exemple, un second messager peut réguler l’ouverture des canaux calciques, dont les courants
favorisent la libération des vésicules dans la fente synaptique. Si une quantité plus importante de
neurotransmetteur est libérée dans la fente synaptique, plus de récepteurs postsynaptiques peuvent
être activés et produire un de potentiel postsynaptique résultant de plus grande amplitude (et
inversement, dans le cas d’une fermeture de ces canaux ioniques présynaptique).
6.1.2. Modulation postsynaptique
Au niveau de la membrane postsynaptique, une action sur les canaux ioniques de récepteurs
ionotropes peut également moduler l’amplitude des potentiels postsynaptiques.
La facilitation de l’ouverture du canal ionique d’un récepteur ionotrope permet en effet une majoration
du potentiel postsynaptique (et inversement, dans en cas de fermeture de ces canaux ioniques).
6.1.3. Modulation somatique
Au niveau du soma, une action sur les canaux ioniques, qu’ils soient ou non voltage-dépendants peut
modifier les propriétés d’excitabilité électrique du neurone.

6.2. Modulation des synapses glutamatergiques (AMPA et NMDA)


Au niveau des neurones glutamateriques postsynaptiques, notamment dans l’hippocampe (une partie
du cortex du lobe temporal impliquée dans la mémoire), il existe deux types de récepteurs ionotropes
au glutamate : le récepteur AMPA (-amino-3-hydroxy-5-methyl-4-isoxazolepropionic acid), couplé à
un canal sodique, et le récepteur NMDA (N-methyl-D-aspartic acid), couplé à un canal calcique.
Lorsque le glutamate est libéré dans la fente synaptique, il se lie à ces deux récepteurs
postsynaptiques.

48
6.2.1. Coopérativité
La liaison du glutamate au récepteur AMPA induit une entrée de sodium (Na+) dans la cellule [et dans
une moindre mesure une sortie de potassium]. L’entrée massive de charges positives dans la cellule modifie le
potentiel de membrane du neurone postsynaptique dans le sens d’une dépolarisation. La liaison du
glutamate au récepteur AMPA crée ainsi un PPSE.
Rem. AMPA est également un agoniste exogène (que l’on a synthétisé artificiellement) qui permet
d’activer le récepteur AMPA. Il existe également un antagoniste au récepteur AMPA: la «phencyclidine»
(ou «poudre d’ange») qui est une drogue très dangereuse qui peut entrainer des lésions cérébrales
irréversibles après une seule prise, menant parfois à la schizophrénie et/ou à la maladie de Parkinson.
Le glutamate libéré dans la fente synaptique se lie également aux récepteurs de type NMDA. Ce
récepteur est couplé à un canal calcique dont l’entrée est, à l’état de repos du neurone, obstruée par
un ion de magnésium qui est en plus forte concentration à l’extérieur de la cellule. Etant chargé
positivement, il est attiré vers les charges négatives plus présentes à l’intérieur qu’à l’extérieur de la
cellule. La liaison du glutamate au récepteur NMDA induit une entrée de calcium dans la cellule
postsynaptique à condition que le Mg++ ait quitté sa position et ainsi libéré l’entrée du canal calcique.
Cette condition est atteinte lorsque la cellule postsynaptique est déjà dépolarisée, c’est-à-dire lorsque
l’extérieur de la cellule est fortement chargé négativement par rapport à l’intérieur de la cellule et attire
ainsi l’ion de magnésium (porteur de 2 charges positives). Deux conditions sont donc nécessaires pour
que le Ca++ puisse emprunter le canal calcique du récepteur NMDA: la liaison du glutamate au
récepteur NMDA et un état de dépolarisation suffisant pour déloger le Mg++.
Si on avait un récepteur AMPA à coté du récepteur NMDA, aussi lié à la glutamate, il s’ouvrira et
laissera entrer des ions Na+ dans la cellule, ce qui dépolarise la membrane. Au moment où la
membrane est dépolarisée, l’ion Mg++ quitte le récepteur NMDA et sort vers le milieu extra-cellulaire
(il ne pourrait entrer dans la cellule car il est trop gros pour passer entièrement dans le canal du NMDA).
Il n’y a plus de quoi l’attirer suffisamment vers l’intérieur, alors il peut sortir et diffuser. En d’autres
termes, le récepteur NMDA au glutamate laisse entrer le Ca++ quand, à la fois, la cellule pré-synaptique
est dépolarisée (pour produire PA qui provoquera l’exocytose du glutamate dans la fente synaptique)
et la cellule post-synaptique est dépolarisée (pour chasser l’ion Mg++ coincé dans le récepteur NMDA).

49
Il existe ainsi une ‘coopérativité’ entre la présence de glutamate et la dépolarisation du neurone
postsynaptique. Cette coopérativité permet l’activation du récepteur NMDA et induit principalement une
entrée massive de calcium. Le Ca++, porteur de deux charges positives, dépolarise la cellule
postsynaptique de façon puissante, ce qui correspond à un grand PPSE.
Le premier effet du Ca++ (une fois entré) est électrique, c’est à dire que son effet est en lien avec les
charges positives qu’il porte: il produit d’un PPSE. En somme, le PPSE (produit par la libération pré-
synaptique de glutamate) sera plus puissant si des récepteurs NMDA sont présents que si les
récepteurs AMPA étaient seuls (addition des charges positives du Na+ et du Ca++).
De plus, le calcium active des protéines kinases calcium-dépendantes comme la calcium-calmoduline
protéine kinase II (Cam K II). Les protéines kinases ont la propriété de fixer un groupement phosphate
sur d’autres protéines. Parmi les protéines que la calcium-calmoduline protéine kinase II phosphoryle,
il y a le récepteur AMPA. Une fois phosphorylé, ce récepteur devient plus sensible au glutamate, ce
qui induit une entrée plus importante de sodium dans la cellule, produisant des PPSE de plus grande
amplitude. Par ailleurs, les protéines kinases activées par le calcium favorisent l'insertion de nouveaux
récepteurs AMPA au sein de la membrane postsynaptique, ce qui contribue aussi à produire des PPSE
plus grands. La force de la synapse est ainsi potentalisée par modulation postsynaptique (voir 6.1.2).
Il y a donc un renforcement réciproque entre l’action du récepteur AMPA et l’action du récepteur NMDA
via la phosphorylation. On a vu que l’action de l’AMPA favorisait celle du NMDA (décoincer le Mg++),
maintenant on remarque que l’action de l’AMPA est également favorisée par celle du NMDA
(phosphorylation de l’AMPA par la Cam K II).
6.2.2. Associativité
Par ailleurs, les protéines kinases activées par le Ca++ favorisent la synthèse au niveau postsynaptique
d’un messager rétrograde, vraisemblablement l’oxyde nitrique (dont la formule chimique est NO). Le
NO ainsi produit (qui est un gaz) n’est pas un ion, mais peut tout de même diffuser dans le cytoplasme
Le NO, n'étant ni hydrophile ni hydrophobe, diffuse facilement à travers le cytoplasme, la membrane
cellulaire et la fente synaptique et il remonte jusqu’au neurone présynaptique. L’oxyde nitrique est un
second messager qui favorise au niveau présynaptique la libération des vésicules de glutamate dans
la fente synaptique, réalisant une potentialisation de la synapse par modulation présynaptique (voir
6.1.1). Il existe ainsi une ‘associativité’ entre l’étage post- et présynaptique.
En résumé, si la cellule post-synaptique est fortement activée (donc le NMDA libéré de son Mg++):
dans les mécanismes en cascade qui s’organisent, il y a la production du NO qui lui-même va rendre
l’effet du PA de la cellule pré-synaptique plus puissant (il ne rend pas le PA plus puissant mais bel et
bien l’effet de ce PA): une libération plus importante de glutamate. On a donc ici aussi un renforcement
réciproque entre la cellule pré-synaptique et la cellule post-synaptique.
La coopérativité et l’associativité permettent un renforcement l’efficacité de la synapse, c’est-à-dire une
majoration de l’effet d’un même potentiel d’action produit par la cellule présynaptique. La coopérativité
est le renforcement que l’on note au niveau post- synaptique (entre l’AMPA et le NMDA); l’associativité
est le renforcement que l’on a entre le niveau pré-synaptique et le niveau post-synaptique.
6.2.3. Activation génétique
Il y a plus. On a dit que le Ca++ va librement diffuser dans le cytoplasme. Dans ce cytoplasme, le Ca++
peut diffuser très loin et arriver jusqu’au noyau, et même y entrer pour se lier à des sites de l’ADN. Des
protéines kinases activées par ce calcium modifie la lecture des gènes au niveau du noyau du neurone,
favorisant l'expression des gènes codant pour les protéines du récepteur AMPA. On parlera
d’«activation génétique», qui conduira notamment à fabriquer plus de récepteurs AMPA. La synthèse
d'un plus grand nombre de récepteurs AMPA contribue aussi à produire à une réponse postsynaptique
plus importante lors de stimulations ultérieures.

50
Rem: ce système ne s’établit pas d’office; l’activation d’un récepteur AMPA ne va pas automatiquement
débloquer un récepteur NMDA. Il faut avoir suffisamment dépolarisé la cellule post-synaptique.

Résumé :
On commence par un PA dans la cellule pré- synaptique. Du glutamate est libéré, se lie aux récepteurs
NMDA (mais sans avoir d’effet car le NMDA est inactivé à cause de Mg++) et se lie aussi aux récepteurs
AMPA (produisant ici un PPSE). Mais si la stimulation continue, que l’on continue à libérer du glutamate,
les récepteurs AMPA sont plus activés, donc donnent plus de PPSE. Ces PPSE sont dépolarisants
(d’où le « E », excitateur). Et cette dépolarisation peut conduire à la dés-inactivation des récepteurs
NMDA, produisant une fuite du Mg++. Si, à ce moment-là, il y a toujours du glutamate (qui provient de
la cellule pré-synaptique) dans la fente synaptique, alors le Ca+ + peut entrer (par un NMDA) en plus
du Na+ qui entre aussi (par un AMPA). Le Ca++ entraine un PPSE plus grand que s’il n’était pas là; il
active aussi la Cam K II qui rendra les PPSE futurs de l’AMPA plus grands; ce même Ca++ peut
également activer la NO- synthase et faire qu’une prochaine fois (dans la minute) où du glutamate est
libéré, il le soit en plus grande quantité, entrainant un plus grand nombre de récepteurs post-
synaptiques activés. Il y aura aussi une activation génétique, mais sur un plus long terme: quand à
l’avenir il y aura du glutamate, son effet post-synaptique sera plus grand. Tout cela potentialise donc la
synapse, à long terme.

51
6.3. La potentialisation synaptique à long terme
Ces mécanismes de renforcement synaptique peuvent fonctionner pendant plusieurs heures. Des
stimulations identiques répétées induisent ainsi des réponses de plus en plus importantes au niveau
post-synaptique (en utilisant les protéines existantes), réalisant une potentialisation à long terme (LTP,
long-term potentiation). La LTP peut se définir comme un renforcement prolongé dans le temps de
la synapse entre deux neurones. C'est donc un mode de neuromodulation aux effets durables. Si la
stimulation se poursuit, la cellule post-synaptique synthétise de nouvelles protéines afin de permettre
que les mécanismes de potentialisation se poursuivent pendant des heures, des jours, des mois ou
même des années, constituant une des bases physiologiques de la mémoire et des apprentissages.
La LTP permet la plasticité synaptique et donc l’adaptabilité du système nerveux.
La LTP peut ainsi être impliquée dans les mécanismes de ‘sensibilisation’, où un même stimulus
appliqué de manière répétée entraîne une réponse de plus en plus grande. La stimulation répétée de
la synapse résulte en une entrée importante de calcium dans la cellule postsynaptique, initiant les
cascades de la LTP.
La LTP induite au niveau d’une synapse ne se propage pas vers les synapses adjacentes inactives. Cependant, la LTP peut
aussi être impliquée dans les apprentissages associatifs (comme le réflexe conditionné). Si deux synapses (au moins)
contribuent en même temps à la dépolarisation d’un neurone d’une manière telle que les cascades de la LTP sont
enclenchées, la potentialisation concernera ces deux synapses mais pas les synapses qui n’était pas actives en même temps.
Par exemple, en présence d’une rose, un signal peut être transmis à un neurone postsynaptique par un neurone visuel Vr
déchargeant à la vue de la rose et par un neurone olfactif Or déchargeant au parfum de la rose mais pas par un neurone
olfactif Oo déchargeant à l’odeur d’un oignon. Au moment du potentiel d’action de Vr, le glutamate libéré dans sa synapse
avec le neurone postsynaptique se lie aux récepteurs AMPA et NMDA de celui-ci. Le Mg++ est délogé par la dépolarisation
et le Ca++ entre dans le neurone postsynaptique, enclenchant la LTP (voir 6.2). Or, activé par la même rose, libère également
du glutamate dans sa synapse avec le même neurone postsynaptique. Ce glutamate se lie aux récepteurs AMPA, qu’il active,
ainsi qu’aux récepteurs NMDA, qu’il active également, puisque la cellule est dépolarisée. Cependant, cette coopérativité (voir
6.2) n’est pas présente au niveau de la synapse entre Oo et ce même neurone postsynaptique. Par conséquent, la LTP induite
par la présence d’une rose a renforcé la synapse Vr et la synapse Or mais elle n’a pas modifié l’efficacité de la synapse Oo.
Tant que dure la LTP, la prochaine rencontre avec une rose s’accompagnera d’une réponse amplifiée de la synapse Vr et de
la synapse Or mais pas de la synapse Oo, au point qu’il suffit qu’une rose qui n’exhale que peu de parfum soit vue pour que
son parfum soit bien perçu.

Par exemple, si quelqu’un s’approche de nous (1), nous allons ouvrir des récepteur AMPA, il continue
à s’approcher et nous continuons à ouvrir des récepteurs AMPA. Si, par contre, il nous fait sursauter
de surprise (2), nous aurons beaucoup plus activé nos neurones. Le neurone post-synaptique aura été
beaucoup plus activé quand la personne s’est approchée et nous a fait peur, que quand elle s’est
simplement approchée. Maintenant, si la personne revient simplement vers nous comme au premier
temps (3), nos neurones seront
beaucoup plus activés cette
fois-ci que la première fois.
L’action de nous avoir fait peur
a «potentié» la synapse. Donc,
au troisième temps, plutôt que
d’avoir eu un PPSE indiquant
que la personne s’approchait,
on a eu un PPSE comme si on
s’attendait à ce que la personne
nous fasse encore peur.
La synapse peut rester potentiée pendant une plus ou moins longue période. Après cela, une
stimulation pré-synaptique par cette personne aura un effet beaucoup plus grand sur le potentiel de
membrane post-synaptique qu’avant l’association entre la personne et la peur produite. Peut-être
même que beaucoup d’années plus tard, rencontrer à nouveau cette personne produira encore cet
effet de grande activation du neurone. Il est possible de garder un souvenir en mémoire synaptique
pendant des années. Donc, nous avons ici, au niveau de l’hippocampe, un système de mémorisation.

52
6.4. La dépression synaptique à long terme
La dépression à long terme de l’efficacité d’une synapse (LTD, long-term depression) est aussi un
mécanisme important pour l’apprentissage, en particulier pour ‘effacer les vieux souvenirs’ rarement
réactivés. Dans l’hippocampe, le mécanisme de la LTD est proche de celui de la LTP. En effet, lorsque
du Ca+ est présent en forte concentration dans la cellule, les protéines kinases sont activées; elles
ajoutent des groupements phosphates (PO4) notamment aux récepteurs AMPA, augmentant l’entrée
de Na+ dans la cellule. Au contraire, lorsque le calcium est présent en faible concentration dans la
cellule, les protéines phosphatases enlèvent des groupements phosphates notamment des récepteurs
AMPA qui, étant moins phosphorylé (déphosphorilé), deviennent moins actif: il produit des PPSE moins
grands.
Rem. Alors que la LTP permet d’avoir une réponse plus importante pour une même stimulation; la LTD
permet d’avoir une réponse moins importante pour une même stimulation. Ces deux mécanismes
fonctionnent, d’une certaine façon, en miroir avec un élément central commun: le Ca++. Ca++
modérément élevé  LTP; Ca++ modérément bas  LTD.
NB : ces mécanismes (LTP et LTD) se passent dans l’hippocampe.
6.5. Excitotoxicité
Il existe cependant une situation pathologique où le calcium en excès dans la cellule a des effets
délétères.
Au niveau du cytoplasme, le calcium en concentration élevée stimule des protéases: ces enzymes
activées par le calcium détruisent les protéines. Ce processus peut aboutir à la mort de la cellule par
nécrose (mort cellulaire immédiate, liée à l'activation des protéases).
Par ailleurs, le Ca+ présent en haute concentration dans la cellule peut entrer dans le noyau où il
change la lecture des gènes, en faveur d'un autre type de destruction, plus systématique, de la cellule:
c'est l'apoptose (mort cellulaire programmée, c'est-à-dire programmée génétiquement par
l'activation d'un programme de lecture des gènes impliqués dans un suicide cellulaire ). Le programme
génétique de la cellule sera donc modifié par cet excès de Ca++ lié à l’ADN; et les gènes normalement
actifs pour la régulation de diverses fonctions cellulaires vont se comporter de la même façon: elles
arrêtent leurs activités et lancent un programme qui tue la cellule . Il s’agit d’un mécanisme génétique
puisque le Ca++ ne modifie pas les gènes mais change le programme de lecture de ces gènes :, toutes
les cellules. On parle bien ici de l’èxces du Ca++, parce que la quantité moderé va juste produire de
LTP !
C’est l’apoptose qui tue les neurones des gens souffrant d’une maladie d’Alzheimer; mais aussi des gens ayant eu un infarctus;
souffrant d’une maladie de Parkinson; un AVC; etc. Aussi, les gens qui vieillissent naturellement perdent des cellules par
apoptose. C’est par apoptose que nous avons éliminé nos trop-pleins de cellules quand nous étions des embryons/foetus, car
nous avions fabriqué beaucoup trop de cellules cérébrales, dans lesquelles nous avons effectué un tri et gardé celles qui nous
servent plus raisonnablement. Nous avons éliminé les cellules qui étaient trop excitées (et qui avaient des récepteurs NMDA,
par exemple) par apoptose. Ce n’était pas un phénomène pathologique mais physiologique, et c’est cela qui nous a conduit
à avoir des cerveaux aussi efficaces (débarrassés d’un trop-plein de cellules).

Cette situation est atteinte lorsque des récepteurs NMDA sont hyperstimulés. Le calcium en excès
devient alors toxique pour la cellule (excitotoxicité) jusqu’à entraîner la mort de celle-ci. En clinique,
on retrouve cette situation en cas de crise d’épilepsie prolongée et dans diverses maladies
neurodégénératives (comme la maladie de Parkinson ou la maladie d’Alzheimer). Mais l'excitoxicité est
par ailleurs mise en jeu dans des situation physiologiques (non pathologiques), comme la maturation
fœtale, au cours de laquelle de nombreux neurones sont éliminés.
6.6. Plasticité synaptique par internalisation de récepteurs (AMPA et mGluR5)
Un autre exemple de neuromodulation durable a été décrit au chapitre précédent. Il implique aussi des
récepteurs glutamatergiques : le récepteur ionotrope AMPA et le récepteur métabotrope mGluR5. Voir
p. 43. Il s’agit d’une LTD.

53
7. Le gout
Le sens du goût permet la détection de substances chimiques présentes dans l'environnement,
comme par ailleurs l'odorat (qui aussi intervient dans notre perception du goût). La plus grande partie
de l'information gustative est reçu au niveau des papilles gustatives, qui contiennent un grand nombre
de cellules gustatives, qui sont dérivées des cellules épithéliales (ce ne sont pas des neurones).

7.1. Les goûts de base


On reconnaît cinq goûts de base : le sucré, le salé, l’acide, l’amer et un goût qui a été identifié plus
récemment par des chercheurs japonais, l’umami (littéralement, « goût délicieux » ou savoureux).
Il est vraisemblable que ces goûts de base ont été sélectionnés au cours de l’évolution pour leurs
avantages pour la survie des différentes espèces. Assez globalement, la sensibilité au sucré permet
de reconnaître des aliments sucrés, donc riches en énergie, la sensibilité au salé permet de contribuer
à l’équilibre de notre corps en sels minéraux, l’acide indique l’acidité potentiellement dangereuse, l’amer
caractérise diverses toxines naturelles et l’umami, un goût d’acide aminé (le glutamate), pourrait
indiquer des aliments riches en protéines.
Ces informations sont intégrées au niveau du système nerveux central pour permettre la
reconnaissance de saveurs complexes sur la base d'un code appris. Ce processus d’apprentissage
et de reconnaissance se développe par neuromodulation, notamment au moyen de la LTP. Alors que
les cellules gustatives ne s'activent qu'en réponse à un type d'informattion gustative (ou deux, voir plus
loin), les neurones du cortex gustatif en aval répondent souvent à plusieurs goûts mais avec des
intensités de PPSE et de PPSI différentes. Ceci permet d'établir un codage sur la base de la
combinaison de l'intensité des activités de populations de neurones corticaux correspondant à la
perception de nombreuses saveurs différentes.
Les goûts de base sont reconnus au niveau des cellules gustatives, qui sont des cellules excitables
(non-neuronales). Chaque cellule gustative est sensible aux substances chimiques associées à un de
ces goûts, c’est-à-dire que si elles sont mises au contact de ces substances en concentration
suffisamment élevée, il en résultera une dépolarisation de leur membrane et la libération de
neurtransmetteurs dans la fente d’une synapse que ces cellules forment avec des neurones gustatifs.
Il faut noter que la dépolarisation de la membrane de la cellule gustative ne correspond pas à un
potentiel post-synaptique (elle ne résulte pas d'une activité synaptique). Rem. Les cellules gustatives
sont des cellules excitables, mais elles ne produisent pas de PA (pas de canaux Na+ volt.-dép.).

7.2. Le goût salé


Le goût du sel est typiquement celui du sel de cuisine (NaCl). Ce NaCl se retrouve en bouche, dilué
dans notre salive, qui baigne les cellules qui sont sur notre langue - les cellules gustatives. En
particulier, ce goût est basé sur une sensibilité au Na+. Les cellules gustatives qui y sont sensibles ont
des canaux sodiques qui restent habituellement ouverts (canaux de fuite). Ces canaux sont appelés
canaux sensibles à l'amiloride car ils peuvent être bloqués l’amiloride,
un médicament diurétique anti-hypertenseur. Les gens qui prennent de
l’amiloride on d’ailleurs, comme effet secondaire, une altération du goût:
une « agueusie » (perte du goût) partielle.
Le sodium en concentration suffisante dans la salive peut emprunter ce
canal pour entrer dans la cellule gustative. (Rem. le milieu extérieur à la
cellule gustative d’où provient le Na+ n’est pas le «liquide extra-
cellulaire» mais de la salive). Cette entrée de Na+ entraîne une
dépolarisation, qui se propage le long de la membrane et entraîne

54
l’ouverture de canaux calciques voltage-dépendant, laissant alors entrer le calcium, qui favorise la
fusion des vésicules de neurotransmetteurs avec la membrane. D'autres ions positifs que le sodium
peuvent emprunter ce canal, comme le potassium ou le lithium, mais moins facilement que le sodium,
de sorte qu'ils occasionnent un goût salé moins intense.

7.3. Le goût acide


Le goût acide représente une sensibilité à l’acidité, c'est-à-dire à pH bas, autre dit à une haute
concentration en H+. Les ions H+ peuvent affecter les cellules gustatives sensibles de deux manières
différentes.
D’une part, ils peuvent entrer dans la cellule en passant par le canal sodique sensible à l’amiloride
(le même qui permet au sodium d’entrer dans les cellules gustatives sensibles au salé). L’entrée d’H+
dépolarise la membrane ; cette dépolarisation se propage et entraîne l’ouverture des canaux calciques
voltage- dépendant et par conséquent la libération des neurotransmetteurs (de la sérotonine). En raison
de la présence de ces canaux sodiques sensibles à l’amiloride, les cellules gustatives à l’acide sont
aussi sensibles aux substances salées dans une certaine mesure.
Par ailleurs, les ions H+ se lient à des canaux potassiques de fuite habituellement ouverts et les
ferment (il ne s’agit pas des mêmes canaux potassiques que ceux qui sont sensibles aux substances
amères). Ceci a aussi pour effet de dépolariser la membrane et de favoriser l’ouverture des canaux
calciques voltage-dépendant qui enclenchera un système SNARE, qui permettra la libération d’un
neurotransmetteur dans une synapse qui s’en verra excitée et renseignera notre cerveau qui, lui,
interprétera ce signal comme quoi nous avons de l’acide en bouche. L’ion H+ produit donc, au niveau
de la cellule gustative à l’acide, une double dépolarisation de la membrane: par l’entrée des H+
franchissant le canal sensible à l’amiloride; et par obstruction des canaux de fuite au K+ qui fait
accumuler de K+ à l’intérieur de la cellule. Ce deuxième mécanisme n’est présent que dans les cellules
sensibles à l’acide.
Rem. Ces cellules ne produisent pas de PPSE car la dépolarisation que subit la membrane de la cellule
gustative n’est pas post-synaptique. Le lieu de rencontre de la cellule gustative avec la salive n’est pas
une synapse. Par contre, les neurotransmetteurs libérés dans le liquide extra-cellulaire par le système
SNARE de la cellule gustative (activé par le Ca++) produiront, eux, un PPSE dans le neurone post-
synaptique.

55
Rem. : le Na+ ne peut-il pas
également passer par ce même
canal sensible à l’amiloride? Oui, il
ne peut. Comment fait-on la
différence entre un goût salé et un
goût acide? Parce que les neurones
(post-synaptiques) concernés ne
sont pas les mêmes; le Na+ active
les cellules gustatives au salé et à la
l’acide sans bloquer les canaux de
fuite de cette dernière; etc. Mais
l’être humain fait mal la différence entre le goût salé et le goût acide. L’apprentissage et l’association
nous aident à mieux distinguer les deux goûts.

7.4. Le goût amer


Les substances amères peuvent
activer les cellules gustatives
correspondantes par liaison à un
site à la face extracellulaire d’un
récepteur métabotrope couplé à
une protéine G produisant un
second messager (GDP) qui
active une enzyme, la
phospholipase C, qui produit alors
comme second messager de l’IP3
(inositol triphosphate). Celui-ci
ouvre des canaux calciques ligand-
dépendants au niveau du réticulum
endoplasmique. Le calcium est
alors libéré de ces stocks
intracellulaires; lorsqu’il se trouve
dans le cytoplasme, il ouvre un
canal voltage-dépendant à ATP
(sensible à Ca++) qui permet la
sortie d'ATP de la cellule. C'est
l'ATP qui agit comme un
neurotransmetteur (il n'est pourtant
pas contenu dans des vésicules
présynaptiques): en se liant à un récepteur (purinergique) au niveau du neurone gustatif, il l'active.

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Il existe de nombreux récepteurs (une trentaine chez l'homme) pouvant être activés par des substances
amères différentes (une centaine de ligands différents), mais ces récepteurs sont souvent présents au
niveau de la même cellule gustative, de sorte que l'activation de la cellule n'est pas spécifique à une
substance et que le cerveau ne peut généralement pas distinguer les substances amères les unes des
autres.

7.5. Le goût umami


Le mécanisme d’activation des cellules gustatives umami fait intervenir des récepteurs métabotropes,
notamment le récepteur au goût mGlurR1, mGluR4 et d'autres récepteurs métabotropes qui, bien
qu'ils soient spécifiques au glutamate, appartiennent à la même famille de récepteurs que ceux qui sont
impliqués dans le goût sucré et le goût amer. Ces récepteurs sont chacun couplés à une protéine G.
Lorsque que le glutamate s'y lie, le second messager (GDP) active la phospholipase C (PLC), qui
produit de l'inositol triphosphate (IP3), qui permet l'ouverture de canaux calciques ligand-dépendants
au niveau du réticulum endoplasmique et donc la libération de calcium dans le cytosol. Le calcium,
lorsqu’il se trouve dans le cytoplasme, [favorise l'exocyose de neurotransmetteurs (la sérotonine) et] ouvre un
canal voltage-dépendant qui permet la sortie d'ATP de la cellule. L'ATP active le neurone gustatif en
se liant à un récepteur (purinergique).
<voir dessin page prècedente>

7.6. Le goût sucré


Les cellules gustatives sensibles au sucré ont sur leur membrane des récepteurs aux substances
sucrées. Ces récepteurs ont des sites auxquels peuvent se lier un grand nombre de sucres (glucose,
sucrose, fructose, etc.) et de substances édulcorantes (saccharine, aspartame, etc.). Cette liaison
entraîne leur activation avec une sensibilité variable en fonction des différentes substances. Par
exemple, un taux d’activation donné nécessite une concentration bien plus faible d’aspartame dans la
salive que de glucose.
Le récepteur est de type métabotrope: il appartient à la même famille de récepteurs de goût que ceux
décrits pour le goût amer et l'umami. Ce récepteur est est associé à une protéine G. Celle-ci produit le
même second messager, le GDP, dans le cytoplasme. Le GDP active à son tour la PLC, qui produit
de l'IP3, qui ouvre les canaux calciques ligand-dépendants du réticulum endoplasmique, aboutissant à
la libération d'ATP, qui sort de la cellule par son canal voltage- dépendant. L'ATP active à son tour les
récepteurs d’un neurone gustatif, y provoquant la production de PPSE.
<voir dessin page prècedente>
Les édulcorants sont des agonistes du goût sucré et sont plus puissant que le sucre, cependant ils
n’apportent aucune énergie (aucune calorie). Ces substances sont considérées par le cerveau comme
étant sucrantes parce qu’elles sont des agonistes aux récepteurs au glucose.
La miraculine est une substance présente dans un fruit africain. Elle se fixe au récepteur du goût sucré.
A pH neutre, elle n’active pas le récepteur. Elle agit cependant comme un antagoniste compétitif du
récepteur car elle s’y fixe et par conséquent empêche la liaison de glucose. Une même quantité de
glucose aura donc un goût moins sucré si on a de la miraculine en bouche. Si l’on a, en bouche,
uniquement de la miraculine, cela n’a pas de goût. Si nous avons en bouche seulement du sucré on
perçoit le gout sucré. Par contre, si nous mettons en bouche du sucre et de la miraculine en même
temps, alors nous sentons que c’est moins sucré que s’il y avait seulement eu du sucre; car une partie
des récepteurs qui devraient être activés par le glucose ne peuvent pas l’être à cause de la miraculine
qui les occupe. La miraculine, antagoniste, entre en compétition avec l’agoniste glucose (lui aussi
exogène).

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Mais attention, à pH acide, la miraculine devient un agoniste très puissant de ce même récepteur. C’est
l’un des agoniste les plus puissants de ce récepteur, à pH acide; agissant à elle seule comme un
édulcorant. On percevra un goût sucré très prononcé issue de cette miraculine. Cette propriété est mise
à profit pour son rôle d’édulcorant utilisé dans les médicaments acides. Notons que la miraculine
n’interfère pas avec les cellules sensibles au goût acide, mais interagit uniquement avec les cellules
sensibles au goût sucré de la manière suivante: à un pH acide, elle est agoniste; à un pH non-acide,
elle est antagoniste.

7.7. Les voies centrales du goût


L'information résultant de l'activation des cellules gustatives situées au niveau de la langue et de la
cavité buccale est transmise aux neurones gustatifs. Ceux- ci cheminent dans trois nerfs crâniens :
ceux qui proviennent des 2/3 antérieurs de la langue dans le nerf facial (nerf VII), ceux du 1/3 postérieur
de la langue nerf glosso-pharyngien (nerf IX) et ceux qui proviennent de la gorge dans le nerf vague
(nerf X), pour se projeter dans le noyau gustatif dans le tronc cérébral. Les axones provenant de ce
noyau ont une synapse avec des neurones du thalamus (VPM ipsilatéral) et ceux-ci se projettent au
niveau du cortex cérébral ipsilatéral (cortex gustatif primaire, dans l'insula).

58
12. La nociception
La nociception est la sensibilité à des stimuli potentiellement dangereux, c'est- à-dire qui risqueraient
de causer des dégâts à l’organisme. Les voies de la nociception sont distinctes de celles des autres
modalités sensorielles. La perception de ces sensations est généralement douloureuse (différents
types de douleur : piqûre, brûlure, etc.) ; cette perception se fait au niveau du cerveau. Cette perception
est subjective, et elle peut être modulée. Toutes les informations nociceptives ne sont pas interprétées
comme douloureuses (exemple : goût piquant). L'intensité de la perception douloureuse peut dépendre
de nombreux facteurs. Le même stimulus peut donner lieu à différentes réponses en fonction des
individus et des conditions. Par exemple, il arrive qu'un sportif n'éprouve de la douleur en rapport avec
une fracture qu'après l'épreuve où elle est survenue.

11.1. Fibres nociceptives


Les neurones de la nociception sont présents partout sauf au niveau du cerveau.
Ces neurones (= fibres) ont des terminaisons nues et ne sont généralement pas myélinisés mais ils
sont parfois finement myélinisés (la couche de myéline est fine). Ces afférences se projettent (pour la
plupart) dans la corne postérieure de la moelle.
Le neurotransmetteur qu'ils produisent est le glutamate, qui se lie à des récepteurs postsynaptique de
type AMPA. (Il y a aussi des récepteurs NMDA, qui peuvent être activés en cas de stimulation
nociceptive intense et prolongée.)
Les fibres nociceptives libèrent par ailleurs des polypeptides stockés dans d'autres vésicules dans leur
bouton synaptique (par exemple la substance P), qui agissent comme des neuromodulateurs en
modulant la réponse du neurone postsynaptique en produisant des PPSE lents (c'est-à-dire plus
prolongés qu'en l'absence de neuromodulateurs).
La substance P a non seulement une action sur le neurone postsynaptique mais aussi au-delà, parce
qu'elle diffuse plus largement dans la liquide extracellulaire au niveau de la corne dorsale où elle
module l'excitabilité d'autres neurones. Ceci explique la sensibilitation à la douleur et le caractère
diffus de certaines douleurs. (D'autres substances y contribuent, comme les prostaglandines ou l'histamine. En plus
de cette neuromodulation, la sensibilisation à la douleur peut aussi mettre en jeu une plasticité synaptique de type LTP par
associativité entre les récepteurs AMPA et NMDA, cf infra). La substance P est aussi libérée à partir des fibres C
lors de lésions tissulaires.

11.2. Modalités nociceptives


Il y a différentes modalités nociceptives :
• La modalité mécanique : activée lors d’une pression forte surtout par un objet pointu. Les fibres
impliquées sont de petit diamètre, finement myélinisés (fibres A delta).

• La modalité thermique : activée lors d’une élévation ou d'une baisse de température (ce sont
des neurones différents). Les nocicepteurs thermiques sont activés par les températures
extrêmes : >45°C ou <5°C. Ce sont des fibres de petit diamètre, finement myélinisées (fibres
A delta).

• La modalité chimique : activée par diverses substances exogènes ou endogènes. Par exemple,
les nocicepteurs chimiques sont sensibles au potassium : s’il y a beaucoup de K+ dans le liquide
extracellulaire, cela peut être dû à une lyse cellulaire (le potassium normalement présent en haute
concentration à l'intérieur est alors libéré dans le liquide extracellulaire). Néanmoins, dans l’hyperkaliémie,
l’effet algique est marginal. Ce n’est que l’augmentation locale de K+ qui est algique. Par la

59
sensibilité aux ions H+, les acides peuvent aussi activer cette voie : par exemple l’acide
sulfurique (exogène), l’acide lactique (éventuellement endogène, en cas d'acidose
métabolique). Certaines substances neuroactives, comme l’histamine (présente dans les
globules blancs) ou la bradykinine, activent les voies chimiques de la nociception.

• La polymodalité : les nocicepteurs polymodaux sont sensibles à plusieurs modalités. Ils sont
activés par des stimuli mécaniques, thermiques (chauds ou froids) ou chimiques de haute
intensité. Ce sont des fibres non myélinisées de petit diamètre (fibres C). La conduction du
potentiel d'action y est donc lente (environ 1 m/s ; en guise de comparaison, la vitesse de
conduction des fibres A delta est de 5 à 30 m/s).
Ces nocicepteurs sont notamment largement distribués au niveau de la peau. Une stimulation (par
exemple un coup) peut donc induire la perception d'une douleur intense et aiguë (transmise par les
fibres A delta, myélinisées) suivie d'une douleur sourde et prolongée (transmise par les fibres C
polymodales, non myélinisées).
«Mon pied dort » : en cas de compression vasculaire, l'hypoxie locale affecte préférentiellement les grandes fibres, puisque
leurs besoins métaboliques sont plus importants alors que les fibres C peuvent encore répondre à des stimulations
nociceptives et produire des potentiels d'action. Comme les motoneurones et les grandes fibres sensitives sont bloqués, le
membre est paralysé et on ne ressent plus les stimulations tactiles, vibratoires ou proprioceptives. La perception de la douleur
n'est pas normale (cf grandes fibres) : par exemple, on ne peut pas distinguer une piqûre d'un pincement ou le contact d'un
glaçon, ces stimuli entraînant indistinctement une sensation de brûlure ou de fourmillement.

Au niveau des viscères, le seuil d'activation est normalement plus élevé qu'au niveau de la peau, mais
ce seuil s'abaisse en cas d'inflammation.

11. 3. Sensibilisation des nocicepteurs


Les nocicepteurs peuvent être sensibilisés. Ce phénomène ressemble alors à la potentialisation post-
synaptique (LTP pour la plasticité synaptique). Ainsi une stimulation thermique répétitive va conduire à
la diminution du seuil thermique. Par exemple, si l’on expose à répétition une surface de peau au laser,
la stimulation n'induit pas de douleur au début mais progressivement au fil des expositions.
À l’opposé, lorsque l’on prend un bain chaud, la douleur perçue initialement a tendance à disparaître.
Il s’agit ici d’une information thermique à la fois nociceptive mais aussi sensitive. La douleur diminue
grâce à la régulation de la douleur mais la perception de la chaleur perdure. Il faut bien faire la différence
entre les fibres nerveuses thermiques et les fibres nociceptives/thermiques!
❖ La capsaïcine
Le goût piquant n’est pas réellement un goût. Dans les piments, notamment, on retrouve de la
« capsaïcine » et nous avons des «neurones nociceptifs» qui sont sensibles à la capsaïcine. La
capsaïcine est une substance exogène qui peut activer des nocicepteurs thermiques qui expriment
des récepteurs à la capsaïcine, notamment présents au niveau de la bouche et des yeux. Ces
nocicepteurs peuvent être activés par la chaleur d'une part et d'autre part par la capsaïcine. Ces cellules
nociceptives nous renseignent sur les
dangers potentiels associés à
l’absorption d’aliments pimentés.
La liaison de la capsaïcine à son
récepteur induit une dépolarisation de
la membrane du nocicepteur. Le
potentiel d'action qui en résulte
entraîne la libération dans la fente
synaptique non seulement d'un
neurotransmetteur excitateur, le

60
glutamate, mais aussi d'un polpeptide
neuromodulateur stocké dans d'autres
vésicules, la substance P. L'effet
postsynaptique de la substance P est de
majorer (de prolonger) le PPSE dû au
glutamate.
La substance P agit donc comme un
neuromodulateur en majorant
l'excitabilité du neurone
postsynaptique (faisceau
spinothalamique). En cas de
stimulation répétée du nocicepteur,
celui-ci continue à libérer du glutamate
à chaque potentiel d'action mais on
note une déplétion des vésicules de
substance P: comme celles-ci sont
épuisées et ne sont pas renouvelées
suffisamment rapidement, les PPSE
sont moins importants. Lors d’une
prise prolongée de capsaïcine, le
stock de substance P diminue et les
PPSE s’écourtent.

❖ Les thermocepteurs
Ils sont sensibles à la température. Cette sensibilité peut être expliquée par une modification de la
fluidité de la membrane. Certaines cellules sont cependant plus sensibles que d’autres à la
température. Ainsi certaines cellules de l’hypothalamus impliquées dans l’homéostasie de la chaleur
peuvent identifier des variations de l’ordre de 0,01°C.
Thermoception du chaud et du froid :

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Il y a des potentiels d'action au-dessus de 45° dans des thermo-nocicepteurs. Cette température est
considérée comme le seuil de douleur thermique. C’est-à- dire qu’exposés à 45° pendant 3 minutes,
50% des gens rapportent une perception de douleur. Ex: à 32°C, les nocicepteurs sensibles au chaud
et au froid déchargent.
❖ Modulation de la douleur :
Modulation locale
La douleur peut être modulée localement par le mécanisme du gating (en anglais, gate signifie porte : ce
phénomène décrit par Melzack et Wall comme la Gate Control Theory évoque la fermeture d'une porte à la douleur). Il
implique l'interaction de quatre types de neurones au niveau de la corne postérieure de la moelle :
afférents nociceptifs non myélinisés (fibres C) ; afférents non nociceptifs myélinisés (fibres A bêta);
neurones de projection ; interneurones inhibiteurs.
Le neurone de projection est excité à la fois par le neurone nocicepteur et le neurone non nocicepteur,
l'équilibre entre ces stimulation déterminant l'intensité de la douleur. L'interneurone inhibe le neurone
de projection, diminuant l'intensité de la douleur. Il est excité par le neurone non nociceptif myélinisé
mais inhibé par le nocicepteur non myélinisé, qui a donc une action à la fois directe et indirecte sur le
neurone de projection. Les afférents non nociceptifs 'ferment la porte' de la transmission nociceptive et
les afférents nociceptifs l''ouvrent'.

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Par exemple, si on se cogne, on a tendance à frotter la partie cognée, ce qui a pour effet d'atténuer la
douleur. On fait la même chose au niveau de la face ulnaire de la main si on a reçu un coup sur le nerf
ulnaire au niveau du coude. On perçoit erronément une réponse désagréable projetée au niveau de la
main alors que la stimulation nociceptive mécanique du nerf ulnaire a été appliquée au niveau du coude.
Comme la stimulation physiologique de ce nerf est distale, l'activation même non physiologique des
neurones est interprétée comme une stimulation de la main ; la perception résultant de la stimulation
non physioloique intense est difficile à définir (fourmillement, brûlure, piqûre, etc.). En se frottant la face
ulnaire de la main, on diminue la perception désagréable par gating en activant les neurones sensitifs
non nocicepteurs au niveau de la main.
Le TENS (transcutaneous electrical stimulation), un traitement à visée antalgique met ce phénomène
à profit : il s'agit d'appliquer dans une région douloureuse une stimulation électrique indolore activant
des grosses fibres (A bêta). Ces fibres sont plus sensibles à la stimulation ; ce sont les mécanocepteurs,
qui stimulent l’interneurone, qui à son tour inhibe le neurone de projection. Par conséquent, moins
d'information nociceptive est envoyée vers le cerveau. De même que le TENS, la stimulation vibratoire,
qui active sélectivement les grosses fibres, peut diminuer la douleur.
Modulation cérébrale
Il existe aussi des voies efférentes d'origine cérébrale qui modulent la douleur, principalement situées
dans la substance grise qui borde le troisième ventricule (région périacqueductale). Leur activation
inhibe les neurones nociceptifs au niveau de la moelle, soit directement, soit via un relais excitateur
sur des neurones sérotoninergiques thalamiques. D'autres voies descendantes inhibant la
transmission nociceptive au niveau de la moelle impliquent des neurones noradrénergiques
provenant du tronc cérébral. Ces voies activent aussi des neurones produisant des opioïdes
endogènes (voir plus loin) au niveau de la corne postérieure.
Médicaments analgésiques

• AINS
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) inhibent la cyclo-oxygénase, diminuant ainsi la production de prostaglandines.

• Paracétamol
Le mode de l'action analgésique (= anti-douleur) du paracétamol n'est pas connu avec certitude. Il semble impliquer l'inhibition
de la cyclo-oxygénase, diminuant ainsi la production de prostaglandines. Par ailleurs, le paracétamol interagit avec le système
cannabinoïde endogène : un métabolite du paracétamol pourrait agir en inhibant la recapture présynaptique d'un
neurotransmetteur agoniste endogène comme les anesthésiques locaux.

• Opiacés
• Cannabinoïdes
• Anesthésiques locaux

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❖ Rappel de la voie spinothalamique :
C’est la voie de la sensibilité thermique et
nociceptive. Elle concerne les thermorécepteurs
& nocicepteurs, les fibres Aδ et les fibres C.

❖ Voies opioïdes et modulation top-down de la douleur :


Des voies cérébrales descendantes qui permettent la modulation de la douleur (modulation top-down).
Elles ont des relais au niveau du cerveau, du tronc cérébral et de la corne postérieure de la moelle
(neurones spinothalamiques qui reçoivent les afférences nociceptives et les neurones de projection
(voir gating).
Tous ces neurones possèdent des récepteurs à opioïdes [il existe plusieurs types de récepteurs, principalement
des récepteurs opioïdes mu, mais aussi delta et kappa], dont les ligands endogènes (neurotransmetteurs) sont
les enképhalines, les endorphines et la dynorphine. Ces substances sont notamment libérées en cas
de stress ou de douleur, d'effort physique intense, lors des relations sexuelles, etc. Dans ces situations,
elles ne sont pas seulement présentes au niveau synaptique mais aussi dans la circulation sanguine,
entraînant des effets à distance.
Ceci explique comment un coureur qui s’est fait une fracture durant un marathon, arrive à le finir, pourquoi on a moins voire
pas mal en situation de stress, ou pourquoi quand on est occupé on a tendance à « oublier » la douleur. Une stimulation
nociceptive active les nocicepteurs. Ces afférences nociceptives parviennent au niveau des neurones de la corne postérieure
de la moelle. Or les neurones du tronc cérébral ont des synapses inhibitrices avec ces neurones de la moelle. Dans les
exemples ci-dessus, la douleur n’est pas la « préoccupation principale du cerveau » dans une gestion physiologique des
priorités. L'information douloureuse est donc reléguée au deuxième plan : un signal descendant (top- down) stimule les
neurones du tronc cérébral, qui à leur tour inhibent les neurones nocicepteurs de la moelle.

Au niveau de la moelle : le potentiel d'action provenant du cerveau entraîne la libération d’enképhaline,


qui se lie aux récepteurs opioïdes se trouvant sur la membrane du neurone nocicepteur de la moelle.
Ce neurone a des récepteurs opioïdes métabotropes, dont l'activation entraîne une cascade
biochimique qui ouvre des canaux K+ ligand-dépendants. Ceux-ci permettent la sortie de K+, donc
un PPSI inhibant le neurone de projection (au niveau post-synaptique).
Au niveau du tronc cérébral : le potentiel d'action provenant du cerveau entraîne la libération
d’enképhaline, qui se lie également à des récepteurs opioïdes métabotropes, mais ceux-ci activent
via la protéine G une protéine kinase, la MAPK, qui phosphoryle des canaux calciques voltage-
dépendants : cette phosphorylation ferme ces canaux, de sorte que le Ca++ n'entre presque plus dans
le neurone quand il y a un potentiel d'action. Par conséquent, le système SNARE est beaucoup moins
activé et beaucoup moins de vésicules de glutamate et de substance P sont libérées, entravant la

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transmission d’information de douleur. [N.B. ces canaux calciques sont bien voltage-dépendants, et non ligand-
dépendants].

Les ligands exogènes, utilisés comme


médicaments (ou comme drogue) sont
les opiacés ou morphiniques, comme
la morphine, l'héroïne, l’opium et la
codéine. L'activation de ces récepteurs
a un effet antidouleur.
Ces récepteurs sont aussi présent au
niveau des intestins et du sphincter
anal (leur activation, entraîne une
constipation, qui est un effet
secondaire des morphiniques) et du
centre respiratoire (leur activation
excessive, par exemple en cas
d'overdose, peut entraîner un arrêt
respiratoire).
La naloxone est un antagoniste de ces
récepteurs.

❖ Tolérance et dépendance.
Pourquoi si on donne des opiacés de manière répétée devient-on dépend/tolérant ?
Cela peut venir de l’endocytose des récepteurs, donc la même quantité de morphine ou d’opium
donnée, fournira un effet moindre  on va être en manque car on est devenu tolérant  on va donc
en fournir toujours plus à l’organisme pour avoir l’effet recherché  on développe une dépendance !!
On a également des récepteurs aux cannabinoïdes Ces récepteurs peuvent donc être stimulés par le
cannabis (substance exogène)  développement dépendance/tolérance.

❖ Les anesthésiques locaux.


Les anesthésiques locaux (ex : lidocaïne) agissent de 3 manières :
1. Ils bloquent les canaux Na+ voltage-dépendants, donc la production de potentiels d'action.
Comme la lidocaïne n'est n’est ni hydrophile ni hydrophobe, elle traverse la membrane cellulaire
et bloque le canal au niveau de sa face intracellulaire. Les anesthésiques locaux agissent aussi
au niveau du cœur. Ils peuvent donc avoir comme effet secondaire de perturber le rythme
cardique.

2. Ils bloquent également des canaux K+ et Ca++

3. Ils bloquent l'action de la substance P (moins important au niveau local).

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❖ Notion de plaisir dans la dépendance.

Plaisir = feedback, réponse à un besoin.

Peut venir de l’anticipation : si je fais ça, j’aurai ce que je veux.

Moyen de stimuler artificiellement une zone du cerveau pour procurer une sensation de plaisir.

Normalement :

Récompense : Sensation de plaisir !

Ex : On arrête de manger.
C’est le circuit de la récompense.

Le NT est la dopamine (surtout dans la substance noire et le système limbique).

Ce circuit peut être activé par des médicaments et des drogues.

Ces médicaments et drogues deviennent vite très addictifs, car ces substances piratent tout le circuit et donne directement la
récompense et une récompense plus forte en plus.

Donc ça ne renforce pas l’idée de manger pour avoir du plaisir, mais donne directement le plaisir. Les gens veulent de la
drogue, et en plus grande quantité au fur et à mesure (car tolérance) car cela leur donne beaucoup de plaisir. Ils arrêtent
souvent de manger, … car pour eux ils n’en voient plus l’intérêt et ne peuvent plus arrêter la drogue (dépendance).

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13. Activité musculaire

Les muscles sont des organes contractiles. Il existe deux types de muscles :

• Muscles lisses, (contrôlés par SN autonome) responsables entre autres des mouvements de
nos viscères (par exemple, le tube digestif, la vessie, etc.)
• Muscles striés qui se divisent en 2 groupes : muscles cardiaques (contrôlés par SN autonome)
et muscles squelettiques (SNC).
La cellule musculaire CM (ou fibre musculaire FM ou myocyte – parce qu’ils sont très allongés) est
une cellule excitable. Elle est innervée (=avoir une synapse avec) par l’axone d’un motoneurone alpha
(MN alpha), dont le soma se situe dans la corne antérieure et l'axone (myélinisé) quitte la moelle par
la racine ventrale. La synapse entre le motoneurone alpha et la fibre musculaire s’appelle la jonction
neuromusculaire.

13.1. Voie commune finale de la motricité. L’unité motrice.


Les muscles striés squelettiques sont responsables des mouvements volontaires. Pour que l’on puisse
bouger nos articulations, il faut que des muscles se contractent. Nous avons un squelette interne, et
sur nos os s’insèrent des muscles grâce à des tendons. Leur fonction est de contracter, fléchir. Le
muscle, ainsi disposé, renferme des cellules musculaires qui peuvent être très longs.
Si je veux plier mon coude, j’envoie une commande au biceps qui lui dit «contracte-toi». Mais si je veux
tendre mon coude, alors je fais entrer en action un autre muscle, le triceps, auquel j’envoie la commande de se contracter.
Pour qu’il se contracte, j’envoie au biceps la commande de se contracter par neurone moteur inférieur
(par opposition au neurone cérébral provenant du cortex moteur primaire, appelé neurone moteur
supérieur – voir plus loin). Le neurone moteur inférieur est aussi appelé neurone moteur alpha ou
motoneurone alpha. Son soma se situe dans la corne antérieure de la moelle. Il est myélinisé par
des cellules de Schwann, puisqu'il fait partie du SNP. Il libère de l’acétylcholine en réponse à un PA.
Le MNα forme une synapse avec une FM, et avec d’autres FMs. Ces ramifications de l’axone sont
nommées «collatérales» de l’axone, chacune reliée à une CM différente avec laquelle elle forme une
synapse - une «jonction neuromusculaire».
Comme le MNα est le seul neurone qui présente une synapse avec le FM, c’est donc le seul qui peut
envoyer l’ordre direct au muscle de se contracter. Mais le MNα reçoit lui-même des informations d’une
série d’autres neurones (notamment au niveau de la moelle): entre autres, les «interneurones» qui
ont pour fonction la jonction entre des neurones. Si je désire contracter rapidement mon triceps (donc
tendre mon coude), il faut qu’en même temps je ne contracte pas mon biceps (la tâche serait moins
efficacement réalisée). Pour que cela soit possible, il faudrait inhiber le MNα relié au biceps, donc lui
envoyer un PPSI.
La synapse excitatrice qui fournit l’information au (pour qu’il puisse provoquer une contraction des fibres
musculaires) provient d’un «motoneurone supérieur» qui envoie la commande motrice au MNα par
le faisceau cortico-spinal. Ce motoneurone supérieur vient du cortex cérébral, en particulier de l’aire
motrice primaire du lobe frontal, où l’on retrouve les somas des «neurones corticospinaux», aussi
appelés «neurones pyramidaux » pour leurs formes pyramidales. Leurs somas se situent au niveau du
cortex, et les axones sont très longs, d’une dizaine de cm, et s’enfoncent dans le cerveau, passent
dans le tronc cérébral, descendent dans la moelle épinière jusqu’au niveau du bas du cou où il
formeront des synapses avec les MNα. Quand on veut bouger le MN pyramidal s’active, il y a un PA
qui envoie des neurotransmetteurs dans la synapse avec le MNα, qui s’en trouve excité et produit un
PA qu’il va transmettre le long de son axone au niveau de la jonction neuromusculaire pour donner
l’ordre à cette cellule musculaire de se contracter.

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Cette voie de transmission des informations volontaires au muscles par MNαs (et ils seuls) est tellement
importante qu’elle porte le nom de «voie commune finale (final common path)» de la motricité,
nommée ainsi par Sherrington vers la fin du XIXe, début XXe siècle.

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Un myocyte est innervé par un seul MNα, mais ce MNα peut
innerver plusieurs myocytes différents. Cela est important car,
quand le MNα a un PA, il transmettra ce PA à toutes les fibres
musculaires qu’il innerve. Et l’ensemble des fibres musculaires
innervées par un MNα s’appelle une «unité motrice». Une
unité motrice est constituée de 100 à 1000 fibres musculaires
dispersées parmi d'autres fibres dans le volume du muscle.
Rem. Certains MNα peuvent avoir de très grandes unités
motrices. Typiquement, on peut citer les MNα qui innervent les
fibres musculaires du quadriceps, à l’avant de la cuisse; ou
ceux du muscle fessier, qui sera quasiment entièrement activé
avec très peu de MNα. Par contre, les muscles qui font bouger
les yeux sont commandés par de très petites unités motrices;
nous avons même certains MNα qui n’innervent qu’une et une
seul fibre musculaire, ce qui illustre bien que nous pouvons être
beaucoup plus précis dans les mouvements des yeux que dans
les mouvements des fesses.

Les fibres musculaires utilisent de l’énergie (servant en grande partie à la contraction musculaire), et
suivant leur manière d’utiliser l’énergie, on distingue deux types de fibres musculaires:
1. Fibres rouges au métabolisme aérobie qui utilisent de l’oxygène O2 (ou fibres de type I lentes,
riches en mitochondries, peu puissantes, endurantes). Ex : marathoniens, cuisses de poulet.
2. Fibres blanches qui ont un métabolisme anaérobie, qui n’utilisent donc pas d’oxygène, mais
ont besoin de glucose (fibres de type II, rapides, puissantes, peu endurantes). Ex: sprinteurs,
haltérophiles, blanc de poulet). (On distingue parmi ces fibres les fibres IIA, plus résistantes à la fatigue que
les fibres IIB).

Rem. Dans les cuisses de la poule, il y a des muscles rouges endurants, qui lui permettent de marcher
toute la journée sans trop se fatiguer. Au niveau de ce qui va activer les ailes (les muscles pectoraux),
il y a des muscles blancs. La distinction entre ces deux types de fibres musculaires est très fortement
marquée chez la poule, beaucoup plus que chez l’humain. Nous avons, pour notre part, un mélange
d’«unités motrices blanches» et d’«unités motrices rouges». Et toutes les fibres au sein d’une même
unité motrice sont soit blanches (anaérobie), soit rouges (aérobie).

13.2. La cellule musculaire


Reprenons la notion de jonction neuromusculaire, qui est une synapse chimique, où le bouton pré-
synaptique contient des vésicules de neurotransmetteurs d’acétylcholine (A.Ch.). Quand le PA arrive,
le long de l’axone du MNα, jusqu’au bouton terminal, cela permet l’ouverture de canaux Ca++ voltage
dépendants qui favorisera l’exocytose de l’A.Ch. (par activation du système SNARE); et l’A.Ch. se lie
à des récepteurs nicotiniques. (cf. schéma p.70)
Rappel: Quand nous avions abordé la notion de récepteur nicotinique, on a parlé de son antagoniste:
le curare, qui a pour effet (en bloquant ces récepteurs) de provoquer une paralysie musculaire.
Quand l’A.Ch. se lie au récepteur nicotinique, il provoque l’ouverture de son canal Na+ et des ions Na+
entrent dans la cellule post-synaptique, provoquant une dépolarisation. La dépolarisation provoquée
par l’entrée d’ions Na+ est un PPSE (puisqu’il y a modification excitatrice du potentiel d’une membrane

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post-synaptique). Ce PPSE est très puissant car la membrane des cellules musculaires présente aussi
des canaux Na+ voltage dépendants, ce qui va amener plus de PPSE par production de multiples PA.
Rem. La membrane excitable de la cellule musculaire est appelée « sarcolemme».
Dans la fibre musculaire se trouvent des replis de membrane, des «invaginations» de la membrane,
vers l’intérieur de la cellule. Ces «chaussettes» de membrane, que l’on nomme « tubules T» (pour
« transverse tubule »), sont entourées de liquide intra-cellulaire et renferment du liquide extra-cellulaire.
Ces tubules T permettent de conduire le potentiel d’action de la fibre musculaire à l’intérieur de la
cellule.Tout au long du tubule T se trouvent des canaux Na+ voltage dépendants qui permettent au PA
de se propager le long du tubule, jusqu’à son point de contact avec le reticulum endoplasmique de la
cellule musculaire, qui s’appelle un «reticulum sarcoplasmique». Les tubules T sont apposés contre
le réticulum sarcoplasmique.

La fibre musculaire contient l’appareil contractile, constitué de matrices de les myofibrilles,


principalement composées de deux protéines: l’actine et la myosine. Les filaments d’actine et de
myosine sont disposés tout au long de la fibre. L’actine et la myosine peuvent s’accrocher l’une à l’autre
et coulisser l’une par rapport à l’autre par l'activation de la troponine, permettant la contraction
musculaire.

Le reticulum sarcoplasmique contient des stocks de Ca++ et possède une membrane présentant des
canaux Ca++ voltage dépendants (qui s’ouvrent grâce à une dépolarisation de la membrane du
reticulum sarcoplasmique). Quand le PA est transmis, le long de la membrane du tubule T, à la
membrane du reticulum sarcoplasmique, ses canaux Ca++ voltage dépendants s’ouvrent et laissent
sortir des ions Ca++ dans le cytoplasme. Le Ca++ active une protéine (la troponine), ce qui modifie la
conformation de l'actine et ce qui active le coulissement de la myosine dans sa gaine d’actine au sein
du sarcomère. Donc, à partir du moment où il y a du Ca++ dans le cytoplasme, l’actine et la myosine
peuvent glisser l’une sur l’autre; provoquant la contraction musculaire. Le cycle de coulissement
consomme de l'ATP.
Enfin, la membrane du reticulum sarcoplasmique présente aussi une «pompe au Ca++» qui ramène
activement les ions Ca++ au sein du reticulum sarcoplasmique en consommant de l’ATP. Elle extrait le
Ca++ du cytoplasme et le ramène pour le stocker dans le reticulum sarcoplasmique. Ainsi, la
concentration en Ca++ dans le cytoplasme diminue, la troponine n’est plus activée et le phénomène de
glissement au sein du sarcomère ne se passe plus: c’est la «décontraction musculaire».
Rem. Pour la décontraction on doit aussi dépenser de l’énergie !

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La contraction musculaire : résumé
1. PA venant du MN alpha induit la libération du NT (ACh).
2. L’ACh se fixe au niveau des récepteurs nicotiniques à l’ACh (PPSE).
3. Un PA est produit et il se propage le long du sarcolemme (elle possède des canaux sodiques voltage-
dépendants (ouvre les canaux Na+ et le laisse entrer), mais pas de condition saltatoire car pas de myéline).

4. Le PA se propage le long des tubules T (le réticulum sarcoplasmique est accolé à ce tubule T).
5. Ouverture des canaux calciques voltage-dépendants au niveau du réticulum sarcoplasmique.
6. Le Ca++ sort du réticulum vers le cytosol, où il se lie à la troponine.
7. Cette liaison va la faire changer de forme et permettre le glissement de l’actine sur la myosine.
8. Le calcium est repris par le RS (ou expulsé de la cellule) par des ATPases (pompes calciques).
9. Et comme il n’y a plus assez de calcium, la troponine reprend sa forme originelle et la liaison
actine-myosine est rompue.

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Cas clinique: le botulisme
Le botulisme est une maladie caractérisée par une faiblesse musculaire. Elle est causée par une toxine,
la toxine botulique, produite par une bactérie: le Clostridium botulinum. Cette bactérie peut coloniser la
nourriture avariée et produire la toxine botulique. Au niveau du bouton synaptique des motoneurones
alpha, cette toxine détruit les protéines du système SNARE, de sorte qu'elle empêche l'exocytose de
l'Ach dans la fente synaptique. (Toxine botulique bloque le système SNARE et empeche la sortie de
l’A.Ch.). Ca provoque la mort par paralysie / etouffement Car pas de réaction musculaire suite à
l'activation des motoneurones alpha : les muscles (notamment respiratoires) ne reçoivent aucun signal.
C’est le poison le plus puissant au monde: 1g pourrait tuer 1 million de personnes.
La toxine botulique est utilisée comme médicament (Botox): si les muscles sont trop contractés
(spasticité, dystonie), on en injecte une très petite quantité pour qu’ils se relâchent. On a recours à ces
injections intramusculaires dans des cas, par exemple, de «crampes de l’écrivain» ou des cas de
contraction incontrôlable des orbites provoquant une fermeture prolongée des paupières. Elle est
également utilisé en cosmétique pour effacer les rides (en paralysant des muscles du front).
Cas clinique: rigidité cadavérique
Lorsqu'on est mort, les muscles s'enraidissent de manière irréversible. La contraction musculaire
s'installe et perdure à cause la présence en excès de calcium dans le cytosol à cause 1) d'un part de
l'interruption de l'activité des pompes calciques (on a plus d’ATP, donc le Ca++ n’est pas récupéré par
le réticulum sarcoplasmique) et 2) d'autre part par perte de l'imperméabilité au Ca++ de la membrane
du réticulum sarcoplasmique, qui le traverse plus facilement et forme un « trop-plein» dans le
cytoplasme, qui maintient aussi la contraction.

13.3. Le fuseau neuromusculaire (fibre IA)


Le MN alpha reçoit des afférences aussi, qui sont de 3 types :
1. Du cerveau (comme les neurones corticospinaux/ pyramidaux qui viennent du cortex moteur)
2. Du muscle (venant du fuseau neuromusculaire) - neurones qui nous renseignent sur l’état de
tension des muscles- qui entrent dans la moelle et apportent l’information à d’autres neurones
qui feront le relais jusqu’au cerveau. Un exemple de ce type de neurone est la «fibre 1A»

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3. De la moelle (venant des interneurones). Dans la moelle, il existe des neurones qui amènent
de l’information à d’autres neurones de la moelle, ils s’appellent les «interneurones». Par
exemple, quand je veux contracter rapidement mon biceps, je ne doive pas en même temps
contracter mon triceps. Or la seule information qui permettrait au triceps de se contracter vient
des MNα qui vont vers ce triceps. Pour procéder ainsi, le MNα qui va vers le biceps active les
fibres musculaires de son unité motrice; et parallèlement, il y a aussi des MNα qui iront vers le
triceps. Et quand le MNα donne
son ordre d’excitation au biceps,
l’une de ses collatérales va donner
la même information d’excitation à
un interneurone. Une fois excité,
cet interneurone voit sa
dépolarisation se propager le long
de son axone vers une synapse
inhibitrice, en contact avec le MNα
en direction du triceps. Donc
l’excitation du MNα qui va vers le
biceps provoque l’inhibition du
MNα qui va vers le triceps; et vis-
versa (cf. schéma p.70). Ce
principe permet constamment des
régulations très fines à travers le
corps.

Dans le muscle, il y a des fibres musculaires, mais aussi d’autres choses: des vaisseaux sanguins, etc.
Et dans le muscle strié, il y a aussi des organes appelés «fuseaux neuro-musculaires ». Fuseaux -
car ils ont une forme de fuseau; neuro - il y a un neurone dedans; musculaire - on y trouve aussi des
fibres musculaires. Il a une fonction sensitive et motrice.
Les fibres que l’on retrouve à l’intérieur du fuseau neuro-musculaire s’appellent des «fibres
musculaires intra-fusales». Par opposition, les fibres musculaires dont dont on a parlé jusque
maintenant (celles qui fait se contracter le muscle) sont appelées «fibres musculaires extra-fusales».

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Lors de l’activité motrice volontaire, les motoneurones alpha activent les fibres extrafusales et les
motoneurones gamma activent les fibres intrafusales. Leur corps cellulaire se trouve dans la corne
antérieure de la moelle moelle et qui sont activiés par la commande motrice volontaire du neurone
moteur supérieur comme MNα. Quand le MNɣ active les fibres intra-fusales, la contraction de ces fibres
intra-fusales provoque l’étirement du fuseau (cela étant dû à leur disposition «entortillée» dans le
fuseau).
La «fibre IA» est un neurone sensitif qui porte, sur sa membrane, des canaux Na+ mécano-dépendants
qui sont sensibles à l’étirement (particulièrement à l’étirement rapide du fuseau : fibres dynamiques par
opposition aux fibres statiques). Donc, si nous étirons une fibre IA, nous tirons inévitablement sur ces
canaux Na+ mécano-dépendants et ils s’ouvrent. Le Na+ entre dans la fibre IA et la dépolarise. Si cette
dépolarisation atteint le seuil (d’ouverture des canaux Na+ voltage dépendants, -40mV), il y aura
production d’un PA dans la fibre IA, qui sera transmis tout au long de celle-ci. Ensuite, l’axone des fibres
IA entre dans la moelle via la racine postérieure et établit une synapse avec le motoneurone alpha
dans la corne antérieure, qui innerve les fibres extra-fusales. Le nerf du muscle comprend ainsi des
fibres afférentes (notamment les fibres IA) et des fibres efférentes (principalement les MN alpha).

Donc, dans le fuseau neuromusculaire, on a deux types de fibres: des fibres musculaires intra-fusales;
et des fibres sensitives, qui sont des neurones et qui sentent l’étirement du fuseau. Contrairement aux
fibres extrafusales, les fibres intrafusales étirent le fuseau. Quand le fuseau est étiré, cette fibre IA est
excitée, ce qui excite le MNα, qui ordonne la contraction des fibres extra-fusales. L’étirement du fuseau
provoque la contraction du muscle. L’action des motoneurones gamma est donc d’augmenter la
sensibilté du fuseau neuromusculaire et de renforcer la contraction musculaire en maintenant
l’activation des fibres IA. Cette boucle de réactions en chaine s’appelle la «boucle ɣ» :
MNɣ  fibres intra-fusales  fibres IA  MNα  fibres extra-fusales
Rem. Il peut donc y avoir des fuseaux étirés quand le muscle est contracté !!

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13.4. Réflexe myotatique
Lorsque le muscle est étiré, les fibres IA sont dépolarisées (par canaux Na+ mécano dépendants), et
d’autant plus si l’étirement est plus rapide. (Pas de PPSE car pas de synapse !)

La fibre IA excite alors le MNα, où des PPSE sont produits. Si un PA est produit, les fibres musculaires
(extrafusales) sont activées et le muscle se contracte. C’est un réflexe myotatique, souvent appellé
monosynaptique, puisqu’il n’y a qu’une seule synapse: la synapse excitatrice entre la fibre I A et le
MNα. L’unique synapse est celle assurant le relais des informations entre la fibre IA et le MNα.
C’est ce qui arrive par exemple quand le neurologue percute le tendon du quadriceps sous la rotule
avec un marteau à réflexes. Ce muscle quadriceps a pour fonction, en se contractant, d’étirer le genou
(donc de tendre la jambe). Le médecin prend un marteau à réflexee frappe sur le tendon du quadriceps
(qui attache le quadriceps à l’os de la jambe). Ce faisant, il étire le tendon du quadriceps, mais
également le muscle en entier, et notamment les fuseaux neuro-musculaires qui s’y trouvent. Comme
les fuseaux sont étirés, les fibres IA sont étirées aussi et leurs canaux Na+ mécano dépendants
s’ouvrent. La fibre IA s’excite, le PA remonte le long de celle-ci jusqu’au niveau de la moelle, où une
synapse transmet cette excitation à un MNα. Le MNα redescend de la moelle, va jusqu’au quadriceps
pour commander à ses fibres extra-fusales de se contracter. Ce que l’on voit, quand le médecin frappe
le tendon du quadriceps, est le résultat de cette cascade d’événements: très rapidement après le coup
sur le tendon, le quadriceps se contracte et la jambe se tend. La contraction du muscle diminue
l’étirement du fuseau; les canaux sodiques sensibles à l’étirement de la fibre IA se referment et la
membrane de celle-ci conserve son potentiel de repos après la décharge du potentiel d’action.
Cette boucle réflexe peut être modulée par des interneurones qui établissent des synapses inhibitrices
(GABAB) avec le MNα et on a donc une inhibition de contraction du muscle antagoniste. Agoniste du
récepteur GABAB = baclofène qui peut être utilisé comme médicament quand on a des troubles
d'augmentation du tonus musculaire.
Le réflexe myotatique est très utile; notamment dans sa protection du muscle contre les déchirures.
Imaginons que l’on marche sur un pont en montagne et que l’on glisse et tombe dans le vide en ayant
eu l’instinct de se raccrocher au pont par une main. Il serait mal venu que le biceps se déchire à ce
moment-là, par l’étirement soudain du bras. Donc, sans commande volontaire (c’est à dire, sans action
des MN pyramidaux), le fait d’attraper le bord du pont avec la main provoque un étirement des fuseaux
du bras, qui active (via les fibres IA) le MNα, qui va contracter le biceps et le protéger de la déchirure;
nous évitant une chute potentiellement fatale. Le réflexe myotatique a donc un rôle protecteur du
muscle.

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Renforcement de la contraction musculaire
Le MNɣ n’est pas impliqué dans le réflexe myotatique, puisque ce réflexe ne répond pas à une
commande volontaire de contraction du muscle, le fuseau s’étirant sans action du MNɣ, par une
intervention extérieure. Par contre, nous pouvons utiliser le MNɣ pour renforcer une contraction.

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14. Le sommeil
Il existe 3 grands états cérébraux :

• L’état de veille (on est éveillé),


• Le sommeil «classique» = NREM,
• Le sommeil «paradoxal» = REM.

14.1. L’électroencéphalogramme
L’électroencephalographie été inventée en 1929 par le psychiatre Hans Berger afin d’évaluer le fonctionnement du cerveau.

14.1.1. Méthode d’enregistrement


L’électroencéphalogramme (EEG) permet d’enregister l’activité électrique du cerveau en fonction du
temps à partir d’électrodes posées sur le cuir chevelu. L’activité électrique peut également être
enregistrée à partir d’électrodes directement posées à la surface du cortex, c’est l’électrocorticographie,
qui est pratiquée rarement (en clinique, dans certains cas de mise au point préparatoire à la chirurgie
de l’épilepsie). L’EEG peut être enregistré à partir de la naissance même chez des enfants nés prématurément (c’est-à-
dire avant 37 semaines d’âge gestationnel). Il est disontinu chez les grands prématurés. Il devient continu pendant l’éveil au-
delà de 30 semaines d’âge gestationnel, puis continu aussi pendant le sommeil 1 mois après l’âge du terme.

Diverses manœuvres peuvent être réalisées pendant l’enregistrement de l’EEG afin d’évaluer leur effet sur le tracé, comme
la fermeture des yeux (qui induit l’apparition du rythme alpha, voir 14.1.2.1.3), l’hyperventilation (qui induit l’apparition d’activité
lente et peut, dans certain cas favoriser la présence de décharges épileptiques, voir 14.1.3.1) ou la stimulation lumineuse
intermittente (avec un stroboscope).

14.1.1.1. Placement des électrodes


L’enregistrement est réalisé en plaçant des électrodes (plusieurs dizaines)
sur le cuir chevelu. Le signal enregistré est amplifié (1000 à 100000 fois) et la
différence de potentiel entre des paires d’électrodes au cours du temps est
affichée sur un écran d’ordinateur. L’amplitude de l’EEG est oscille autour
de plusieurs dizaines de µV; celle de l’électrocorticogramme d’1 à 2 mV.
L’ordinateur permet de calculer les différence entre paires d’électrodes
suivant divers types de montages. Par exemple, la différence de potentiel peut être calculée entre
chaque électrode et une électrode de référence commune, ou deux à deux dans le sens de la longueur
ou de la largeur de la tête.
14.1.1.2. Avantages et limitations de l’EEG

L’EEG est une technique non invasive qui permet une mesure directe de l’activité électrique du cerveau, contrairement à
d’autres examens fonctionnels basés sur la mesure du métabolisme cérébral (comme le PET, voir 9) ou le débit sanguin
régional (comme le SPECT, voir 9). Cependant, la sensibilité des électrodes est insuffisante pour détecter les potentiels
d’actions de neurones pris isolément. L’EEG reflète plutôt l’activité synchrone de neurones, dont les potentiels s’additionnent
pour former le signal EEG. Enfin, même si des dizaines d’électrodes sont utilisées, la résolution spatiale de l’examen est
insuffisante pour identifier précisément dans l’anatomie cérébrale la source des activités électriques enregistrées.

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14.1.2. Le tracé électroencéphalographique
Le tracé obtenu représente donc une différence de potentiel entre deux électrodes. Normalement le
tracé EEG est irrégulier et de faible amplitude. En effet chaque électrode enregistre l’activité d’un grand
nombre de neurones qui sont à chaque instant pour certains chargés soit positivement soit
négativement de sorte que la somme est proche de 0 µV. De plus, l’activité électrique du cerveau est
enregistrée au niveau du cuir chevelu, c’est-à-dire à distance (plusieurs cm) de l’endroit où est produite
cette activité.
Parmi l’activité irrégulière, qui constitue le ‘tracé de fond’, on peut distinguer des activités plus
particulières définies par leur fréquence, par leur morphologie et/ou leur localisation.
14.1.2.1. Bandes de fréquence EEG
Les activités EEG rythmiques reflètent des activités synchrones d’un grand nombre de neurones
voisins.
14.1.2.1.1. Activité delta
Il s’agit d’un activité très lente, d’une fréquence inférieure à 4 Hz (4/s). Cette activité est trouvée
normalement pendant le sommeil profond ou dans certaines situations pathologiques (coma profond,
intoxication, lésions cérébrales).

14.1.2.1.2. Activité thêta


Il s’agit d’une activité lente, entre 4 et 7 Hz. Cette activité est trouvée normalement à l’endormissement,
lorsque l’on hyperventile ou pendant un état d’hypnose, ou dans certaines situations pathologiques,
éventuellement mêlée à une activité delta (coma peu profond, intoxication, lésions cérébrales).

14.1.2.1.3. Activité alpha


Il s’agit d’une activité entre 8 et 12 Hz. Cette activité est trouvée normalement chez le sujet éveillé ayant
les yeux fermés. Elle prédomine alors à l’arrière de la tête, dans les régions occipitales et est appelée
‘rythme alpha’. Le rythme alpha reflète vraisemblablement l’activité synchrone d’un groupe de neurones
du cortex visuel ‘dans l’attente’ d’une stimulation visuelle. Dès l’ouverture des yeux, le rythme alpha
s’arrête (‘réaction d’arrêt’) et l’EEG se désynchronise. Un rythme équivalent, le ‘rythme mu’, peut être

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enregistré à la surface de l’aire motrice chez le sujet éveillé immobile. Une réaction d’arrêt apparaît au
mouvement.

14.1.2.1.4. Activité bêta


Il s’agit d’une activité rapide, entre 13 et 30 Hz. Cette activité est trouvée normalement ou en cas de
prise de certains calmants ou somnifères (benzodiazépines, alcool) ou encore dans certaines
malformation du cortex cérébral.

14.1.2.1.5. Activité gamma


Il s’agit d’une activité très rapide, entre 30 et 70 Hz. Cette activité est difficile à identifier sans traitement
mathématique additionnel de l’EEG. Elle a notamment un rôle dans la synchronisation de neurones
impliqués dans la gestion d’informations complexes (compréhension du langage, reconnaissance
d’images, mémoire à court terme, etc.).

14.1.3. Applications cliniques de l’EEG


L’EEG est abondamment utilisé en clinique pour apprécier les éléments généraux du fonctionnement
électrique du cerveau, notamment au cours de la maturation ou du sommeil et dans de nombreuses
présentations neurologiques ou psychiatriques.
Il peut être enregistré en combinaison avec d’autres techniques. Par exemple, l’EEG-vidéo permet d’établir une corrélation
entre des événements vus à la vidéo et l’activité EEG concomitante (comme les manifestations cliniques et EEG d’une crise
d’épilepsie, voir 14.1.3.1.). Un autre exemple est la polysomnographie, qui permet l’enregistrement
simultané de l’EEG, des mouvements des yeux (électro-oculogramme), de l’activité électrique des
muscles (électromyographie) et éventuellement d’autres paramètres physiologiques (respiratoires,
cardiaques, etc.) pendant le sommeil (voir 8).
14.1.3.1. L’épilepsie

Comme l’indique l’EEG, l’activité des neurones est surtout asynchrone, c’est-à-dire qu’un grand nombre de neurones voisins
n’ont pas exactement la même activité électrique en même temps, même si les neurones connectés entre eux par des
synapses ont une activité cohérente. Le risque d’une telle synchronie est normalement prévenu par des mécanismes
protecteurs impliquant notamment l’inhibition médiée par les récepteurs GABA A. Dans l’épilepsie, ces mécanismes sont
insuffisants, à cause de lésions, de malformations cérébrales ou, plus fréquenmment, d’autres processus (par exemple
génétiques). L’épilepsie, est une affection neurologique se manifestant par des crises d’épilepsie. Celles-ci sont l’expression
de l’activité anormalement synchrone d’un grand nombre de neurones du cortex cérébral de manière soudaine et transitoire.
Les manifestations cliniques de la crise dépendent de la fonction des neurones qui ont l’activité anormale. Par exemple, une
activité épileptique concernant l’aire motrice située dans l’hémisphère cérébral gauche se manifeste par des mouvements
(généralement rythmiques) de la moitié droite du corps. Le diagnostic de l’épilepsie repose sur la description des crises, qui
sont stéréotypées, par le patient ou des témoins. Il peut s’agir de mouvements convulsifs, de pertes de connaissance

79
éventuellement, d’automatismes gestuels bizarres, etc. Il peut être confirmé par l’EEG, qui peut mettre en évidence une activité
signant une synchronisation anormale d’un grand nombre de neurone dans une région du cerveau (épilepsie focale) ou dans
tout le cortex (épilepsie généralisée). Comme les neurones impliqués dans l’activité épileptique déchargent en même temps,
leur potentiel positif s’additionne lorsqu’ils sont dépolarisés, puis leur potentiel négatif s’additionne lorsqu’ils sont
hyperpolmarisés et ainsi de suite de manière oscillante jusqu’à ce que l’activité épileptique s’arrête (grâce, notamment à un
puissant effet inhibiteur impliquant les récepteurs GABAA). Cette activité peut être présente de manière brève en dehors des
crises (période intercritique).

Le diagnostic de la cause de l’épilepsie nécessite des techniques d’imagerie cérébrale comme le scanner ou l’imagerie par
résonance magnétique nucléaire (IRM).

Pour le traitement de l’épilepsie, des médicaments favorisant l’inhibition (comme des agonistes GABA A) ou diminuant
l’excitation sont utilisés. Un traitement chirurgical (par exemple visant à enlever la partie du cortex responsable des crises) est
très rarement indiqué.

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Quand quelqu’un dort, il se comporte différemment que quand il est éveillé (il est inconscient, il a les
yeux fermés, il respire de plus en plus régulièrement, son coeur se met à battre de manière de plus en
plus régulière, etc.) Si l’on enregistrait les activités des neurones de son cerveau par EEG, on
observerait une synchronisation et un ralentissement de ces activités. Rem. Cela ne veut pas dire que
les PA sont plus lents, mais la somme des PA que l’on peut enregistrer avec un EEG montrera un tracé
plus lent.
L’EEG fonctionne en plaçant des électrodes sur le cuir chevelu du sujet. De l’autre coté du crâne se
trouve la substance grise, le cortex cérébral, qui contient le soma des neurones. L’activité électrique
qui a lieu dans le cortex est enregistrée par les électrodes et l’EEG amplifie ce signal. On va donc
étudier l’évolution de ces activités au cours du temps. Les amplitudes que prend le tracé de l’EEG est
ce qui reste de la somme des potentiels de membrane des cellules se trouvant en dessous des
électrodes. On dit «ce qui reste» car une grande partie de l’activité électrique produite au niveau des
somas (quelques dizaines de mV) est filtrée pour arriver jusqu’à l’électrode; permettant de ne capter
que quelques dizaines de μV.
L’illustration présente le tracé d’un encéphalogramme de quelqu’un qui est éveillé, de faible amplitude
et au rythme assez erratique; puis qui s’endort, avec une plus grande amplitude, au rythme plus régulier
et synchronisé. Au moment de
l’endormissement (nREM), beaucoup de
neurones ont la même activité en même
temps; et comme l’EEG fait la somme de
touts les potentiels de membrane des
neurones situés sous les électrodes, le
tracé de l’EEG montre une plus grande
amplitude et une synchronisation des
signaux.

80
14.2. Le sommeil « paradoxal » REM
Le sommeil paradoxal est appelé ainsi parce que l’EEG enregistré pendant cet état ressemble à l’EEG
d’éveil bien que l’on soit endormi. L’activité EEG enregistrée durant le sommeil paradoxal correspond
à une activité propre du cortex, c’est-à-dire non influencée par une autre partie du cerveau.
Cet état du sommeil est caractérisé par:
• Une absence de tonus musculaire (atonie musculaire). Le sujet est donc totalement relâché,
mais des mouvements du corps peuvent survenir de manière occasionnelle. Si une personne s’était
endormie avec l’avant-bras relevé (donc avec le biceps contracté); au moment où l’on observe son bras tomber, on
peut supposer qu’elle vient de passer du sommeil nREM au sommeil REM. Rem. Si parfois nous avons l’impression,
au cours du sommeil, de « tomber dans un trou », cette sensation est provoquée par le passage d’un état de sommeil
à l’autre, c’est à dire du nREM au REM. C’est typiquement le résultat de cette perte soudaine du tonus musculaire.

• Des mouvements oculaires rapides (rapid eye movements: REM) que l’on peut percevoir
sous les paupières. Ces mouvements oculaires sont organisés par les neurones de la
protubérance (une partie du tronc cérébral).

• Une respiration et rythme cardiaque non régulière (comparable à l’état d’éveil). Quand on
est éveillé, le rythme respiratoire irrégulier se justifie par l’adaptation physiologique du corps
aux contraintes qui lui sont imposées (par exemple, pour réaliser un effort, on a besoin de plus
oxygéner les cellules, donc on respire à une plus grande fréquence; après l’effort, on s’octroie
une pause et la fréquence diminue). La même chose se passe pour le rhythme cardiaque.

• Des rêves. C’est durant le sommeil paradoxal que se produisent les rêves les plus
impressionnants, les plus formés; on parle donc de « sommeil de rêve ».
L’imagerie fonctionnelle a permis de mettre en évidence pendant le sommeil paradoxal, une activation
du cortex visuel (lobes occipitaux) similaire à celle qui se produit lorsque l’on est éveillé et que l’on voit
des images, et également une activité du cortex moteur (lobes frontaux). Il existe donc une dissociation
entre l’activité cérébrale occipitale et l’activité visuelle afférente (qui amènerait l’information visuelle des
yeux au cerveau) et une dissociation entre l’activité cérébrale frontale et l’activité motrice efférente (qui
amènerait la commande motrice du cerveau aux muscles).
Et si l’on rêve que l’on bouge, et que l’on regarde à l’activité des parties du cortex cérébral responsables
des commandes motrices durant l’éveil, ces parties sont actives; et pourtant, nous ne bougeons pas
(puisque nos muscles sont «paralysés» en REM). Parallèlement, si nous voyons des images au cours
des rêves, les parties du cerveau responsables de la gestion des images (de la vision) sont actives
également; et pourtant, elles ne reçoivent pas d’information des yeux.
Dans une situation pathologique rare, le ‘REM behaviour disorder’ la dissociation cérébro-motrice est imparfaite et les patients
‘jouent leurs rêves’.

14.3. Le sommeil « classique » NREM


Cet état de sommeil est caractérisé par :

• Un EEG lent et synchronisé,


• Un tonus musculaire présent (réduite par rapport à l’état de veille, mais présente quand-même on pourrait
très bien conserver un certain état de contraction des muscles, par exemple, tenir l’avant-bras relevé)

• Une absence de mouvements oculaires,

• Et une respiration et un rythme cardiaque régulier (par opposition au sommeil REM et à


l’état de veille).

81
L’état de sommeil non-REM est divisé en quatre stades (I, II, III et IV) correspondant à des stades de
sommeil de plus en plus profonds et identifiables à l’EEG. L’activité des cellules du cortex cérébral est
synchronisée par l’influence du thalamus qui impose au cortex cérébral une activité lente et rythmique.
Stade I: il s’agit d’une phase transitionnelle entre l’état de veille et de sommeil.
Stade II: l’EEG est caractérisé par la présence d’une activité rythmique et de fréqence rapide (12-14Hz)
en forme de fuseau, les « fuseaux de sommeil » (sleep spindles). Ces fuseaux reflètent une activité
thalamo- corticale où le thalamus impose cette activité rythmique au cortex.
Stade III: avec le stade IV, il constitue le ‘sommeil lent’ ainsi nommé parce que l’EEG comporte
beaucoup d’activité lente.
Stade IV: c’est le stade de sommeil le plus profond. Il est caractérisé par un tracé EEG lent et
synchrone. La personne est beaucoup plus difficile à réveiller au stade IV.
L’être humain n’est pas censé s’endormir en sommeil REM, sauf les tous petits bébés qui peuvent
déroger à cette règle. Au delà de la toute petite enfance, on s’endort en sommeil nREM de stade I. S’en
suit une série de passages de stades nREM plus ou moins profond. On a davantage de sommeil REM
en fin de nuit; il est d’ailleurs plus courant de se réveiller en stade REM. Quand on s’éveille d’un sommeil
REM, on pourra plus facilement raconter nos rêves. Rem. On peut avoir certains rêves en sommeil
profond (nREM stade IV), mais il s’agit d’un phénomène très marginal et les rêves y sont beaucoup
plus simples.
C’est également à ce stade IV que l’on peut avoir du somnambulisme, de l’énurésie (pipi au lit), de la
somniloquie (on parle en dormant) et des terreurs nocturnes (attention ce ne sont pas des cauchemars
qui eux sont caractéristiques du REM).

Attention les stades ne se suivent pas spécialement !


Ex : I  II  REM  II  III  IV  REM  IV

Quand on s’endort,
il s’agit toujours, de
sommeil nREM, qui
débute par une
succession de
paliers de plus en
plus profonds pour
ensuite fluctuer.
Mais, à un
moment, on
passera à le
sommeil REM.

82
14.4. Les fuseaux de sommeil
Apparaissent au stade II du NREM. C’est une somme de
potentiels.
Ces fuseaux correspondent à la forme que prennent parfois les
tracés de l’EEG. C’est une activité qui, tout d’un coup, est très
rythmique, +/- 12 battements par seconde (+/-12Hz). Cette
caractéristique résulte d’un processus qui implique des neurones
du «thalamus».
Comment se fait cette rythmicité ?
Dans le «noyau réticulé» du thalamus, certaines cellules sont en contact (synaptique) avec des
neurones du cortex cérébral. Plus en arrière de ce couplage, se trouve le tronc cérébral (SNC). Dans
le tronc cérébral, nous avons un groupe de neurones qui gère notre état de conscience/d’éveil. Leur
fonction est d’inhiber le thalamus, en envoyant du GABA aux cellules réticulées du thalamus, couvertes
de récepteurs GABAA et GABAB. Et les cellules du thalamus envoie, quant à elles, des PPSE au niveau
du cortex (Rem. l’EEG ne nous donne accès qu’à l’activité du cortex cérébral).
Au niveau de la membrane d’une cellule du noyau réticulé du thalamus, imaginons un potentiel de
repos de -65mV. Ajoutons que ce neurone reçoit des PPSI «gabaergiques», via les récepteurs GABAA.
Comme ce récepteur laisse entrer des ions Cl- dans la cellule, cela y provoque une hyperpolarisation.
Il ne peut donc, logiquement, y avoir une production de PA. Mais ces neurones du thalamus ont des
canaux Ca++ particuliers (sur leur membrane), portant le nom de «canaux Ca++ T» (T: transitoire), qui
sont des canaux Ca++ voltage-dépendants. A la différence des autres canaux Ca++ volt.-dép. dont
nous avons parlé jusque maintenant, les canaux Ca++ T volt.dép. s’ouvrent quand ils perçoivent une
hyperpolarisation!

83
Quand ces canaux Ca++ T voltage dépendants s’ouvrent en réponse à une hyperpolarisation, les ions
Ca++ entrés dans la cellule dépolarisent la membrane, jusqu’à atteindre le seuil (-40mV) d’ouverture
des canaux Na+ voltage dépendants. S’en suit une dépolarisation encore plus forte et production d’un
PA comme précédemment vu: fermeture du canal Na+ voltage dépendants après 1ms, ouverture des
canaux K+ voltage dépendants, période réfractaire absolue, fermeture des canaux K+ voltage
dépendants, période réfractaire relative. Par contre, si le neurone pré-synaptique continue à envoyer
du GABA, le neurone post-synaptique continue à laisser entrer le Cl-. Donc, au lieu de revenir au stade
de repos (-65mV) par diffusion des ions entrés et sortis, le potentiel de membrane continue à
s’hyperpolariser jusqu’à atteindre à nouveau le seuil d’ouverture des canaux Ca++ T voltage
dépendants, etc. Ainsi, ce système produit une succession de PA (différents des trains de potentiels
précédemment évoqués) à une fréquence propre aux caractéristiques du système qui les produit. Cette
fréquence de 12Hz (12 PA produits par seconde) est spécifique aux fuseaux de sommeil retrouvés lors
du stade II du sommeil nREM. Et la particularité de ce système est que les décharges successives de
PA est la conséquence d’une inhibition (hyperpolarisation).

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Comment le fuseau s’arrête-il?
Autrement dit, comment est-ce que cela ne recommence pas? S’il y a moins de GABA libéré au niveau pré-
synaptique, il y aura moins de PPSI donc l’hyperpolarisation qui en découle n’est pas assez profonde que pour
atteindre le seuil d’ouverture des canaux Ca++ T voltage dépendants. C’est ainsi que ça s’arrête: comme il y a
moins d’inhibition, il n’y a plus assez de d’hyperpolarisation pour enclencher la dépolarisation. Ce qui réduit la
production de GABA au niveau de la cellule du tronc cérébral est la diminution en excitation que ce neurone du
tronc cérébral reçoit; donc étant moins excité, il libère moins de GABA, et l’on sort du fuseau de sommeil.

Résumé :
Les neurones du tronc cérébral impliqués dans la régulation du niveau d’éveil forment des synapses
inhibitrices avec des neurones du thalamus. Ces derniers sont donc hyperpolarisés. Ces neurones
possèdent des canaux ioniques calciques voltage-dépendants (canaux calciques T) qui ont la
particularité de s’ouvrir transitoirement à partir d’un certain seuil d’hyperpolarisation, permettant ainsi
au calcium de rentrer en masse dans la cellule et de la dépolariser. Lorsque la cellule arrive au seuil
de dépolarisation, les canaux sodiques voltage-dépendants s’ouvrent (phase ascendante du potentiel
d’action). Un peu plus tard, les canaux potassiques s’ouvrent, laissant sortir le potassium de la cellule
(phase descendante du potentiel d’action) jusqu’à atteindre l’état d’hyperpolarisation permettant à
nouveau aux canaux calciques de s’ouvrir et ainsi de suite. L’activité de décharge de ces neurones
thalamique est donc rythmique. Par leurs connexions avec les neurones du cortex, ces neurones
agissent comme un « pacemaker »: le rythme de 12Hz apparaît et est transmis au cortex cérébral.

1. PPSI venant de l’hyperpolarisation par les récepteurs GABAa (et GABAb). On arrive grâce à
cette hyperpolarisation au seuil d’ouverture des canaux Ca++ voltage-dépendant transitoires.
2. Dépolarisation venant du Ca++ qui rentre par les canaux Ca++ V-DT.
3. Seuil atteint pour les canaux Na+ V-D (rapides)  dépolarisation.
4. Ouverture retardée des canaux K+ V-D (lents)  hyperpolarisation.
5. Le Cl- a continué à entrer par les récepteurs GABAa et B (si pas, les ions diffusent et retour au
potentiel de membrane).
6. L’hyperpolarisation en 5 a été assez forte pour que le cycle continue.

Cette activité de synchronisation de diverses régions du cerveau semble jouer un rôle dans les
processus de mémorisation (consolidation des souvenirs). Il est très important d’avoir des fuseaux de
stade II quand nous dormons pour se souvenir de ce que l’on a fait pendant la journée, permettant
d’être plus performant le lendemain.
En pathologie, ces mécanismes de synchronisation sont impliqués dans une forme d’épilepsie,
l’épilepsie-absence, dans laquelle le réseau thalamo-cortical impose à l’ensemble du cortex une activité
synchrone à 3 Hz, les pointes-ondes à 3/s. Le traitement peut consister en des médicaments qui
bloquent les canaux Ca++ -T.
Cellules au niveau du thalamus auront une fonction de pacemaker (PPSI). Si on avait un PPSE à la
place, on aurait des trains de potentiels beaucoup plus rapide que 12Hz.
Si la synapse inhibitrice n'est plus active de manière continue, les cellules du thalamus sont moins
inhibées, et donc l’hyperpolarisation n’est plus suffisante (on s’arrête au point 5 et retour au potentiel
de repos, voir au- dessus).

85
10. La vision
Au niveau de la rétine se trouvent des cellules réceptrices excitables par la lumière: ce sont des
neurones qu l’on nomme les photorécepteurs. A ne pas confondre avec la notion de récepteurs
précédemment développée. Ici ce sont des cellules/neurones qui sont eux-même des récepteurs
La vision est basée sur la transformation de l'information
lumineuse en information neuronale. Cette opération a lieu au
niveau de la rétine: la lumière agit au niveau des
photorécepteurs, dont l'activité influence le potentiel de
membrane des cellules bipolaires, déterminant la production de
potentiels d'action au niveau des cellules ganglionnaires, qui
constituent la seule voie de sortie de la rétine : leur axone
chemine dans le nerf optique (nerf II).
Nous avons deux sortes de photorécepteurs sur la rétine: des
bâtonnets (rod) en grand nombre, et des cônes. Pour
impressionner ces photorécepteurs la lumière doit d'abord
traverser plusieurs couches: le vitré, les cellules ganglionnaires,
puis les cellules bipolaires.
Les photorécepteurs sont les seuls neurones de la rétine qui
soient sensibles à la lumière, mais ils ne produisent pas de PA
car elles ne possèdent pas de canaux Na+ voltage-dépendants
[Certaines cellules ganglionnaires sont aussi sensibles à la lumière mais elles
sont beaucoup moins nombreuses et ne semblent pas jouer de rôle important
dans la vision]. Les cellules ganglionnaires sont les seuls neurones de la rétine
qui produisent des potentiels d'action.

10.1. Les photorécepteurs


Les photorécepteurs, cônes et bâtonnets, sont des
neurones sensibles à la lumière. Ils présentent
successivement un segment externe, qui contient des
photopigments (des structures en disques empilées en
disques qui changent de forme sous l'effet de la lumière
de sorte qu'ils activent un enzyme) , un segment
interne, un soma et une terminaison synaptique.
Dans les bâtonnets, le segment externe est allongé (en
forme de bâtonnet) et il contient de nombreux
photopigments. Dans les bâtonnets les photopigments
sont intracytoplasmiques (=se trouve dans le
cytoplasme). Le segment externe des cônes est plus
court et il a une forme de cône. Ils contiennent moins de
photopigments et sont donc nettement moins sensbiles à
la lumière que les bâtonnets. Dans les cônes, les
photopigments sont en contact direct avec la membrane.
Il y a beaucoup plus de bâtonnets que de cônes, environ
20 x plus. Au niveau de la rétine centrale, de la fovéa, il
y a plus de cônes et la vision y est la plus précise. Dans
la rétine périphérique, on trouve plus de bâtonnets.

86
Dans tous les bâtonnets, on trouve le même type de photopigments, la rhodopsine.
Dans les cônes, les photopigments sont de trois types
d'opsines qui sont activés par des lumières de
différentes longueurs d'onde: il y a des cônes verts,
bleus et rouges.
La macula correspond au départ du nerf optique, région
sans cellules photoréceptrice. Elle donne une tache dans
le champ de la vision. C’est la tache rouge plus foncée
sur un fond d’œil car il y a une plus grande concentration
de bâtonnets et de cônes et il y a dans celle-ci la fovéa.
La macula permet de voir au plus précis.

10.2. Effet de la lumière sur les photorécepteurs

10.2.1. Dans l'obscurité


En l'absence de lumière, le potentiel de la membrane du segment externe se maintient dans un état de
dépolarisation à -30 mV par l'entrée continue de Na+ par des canaux sodiques ligand-dépendants
ouverts par defaut et activés par le GMPc (guanosin monophosphate cyclique, produit par une
guanylate cyclase). Plus bas, dans une partie différente de la cellule, se trouvent des canaux de fuite
K+, ouverts par défaut également; faisant sortir le K+ de la cellule. Ce mouvement d’ions positifs qui
entrent (Na+) et qui sortent (K+) par défaut forme un courant. On peut dire que la membrane au niveau
de l’entrée du Na+ est dépolarisée; et on peut dire que plus bas, au niveau de la sortie des ions K+, la
membrane est plutôt hyperpolarisée. Ce courant électrique ainsi créé (et qui est continu) porte le nom
de courant obscur (dark current); du moins au niveau de la partie dépolarisante. L’activité de ces
canaux de fuite K+ est reprise dans le calcul de l’équilibre électrique de la cellule qui se stabilise autour
de -30mV. Quand il fait sombre, la cellule photoréceptrice est dépolarisée à environ -30mV.
Ces neurones possèdent aussi, dans leur bouton terminal, des vésicules de glutamate. La
dépolarisation de la membrane se propage par réponse électronique et induit l'ouverture de canaux
calciques voltage-dépendants, provoquant l'entrée de calcium dans la cellule. Le Ca++ active le
système SNARE, qui permet l’exocytose des vésicules de glutamate. Donc, sans PA, il y a quand
même l’entrée de Ca++ et libération de glutamate (qui aura des effets post-synaptiques).
Les photorécepteurs sont donc excités et ils libèrent des neurotransmetteurs dans l'obscurité. Le
véritable stimulus d'un photorécepteur semble donc être l'absence (la diminution) de lumière plutôt que
(l'augmentation de) la lumière: lorsque une ombre traverse le champ récepteur d'un photorécepteur, il
réagit en se dépolarisant et libérant plus de glutamate.

87
10.2.2. Dans la lumière
Les canaux Na+ ligand-dépendatnts se lient avec du GMPc (cyclique), qui est dans la cellule,
permettant la constante ouverture de ces canaux et le libre passage du Na+ vers l’espace intra-
cellulaire. Par contre, en présence de lumière, les photopigments changent de forme, ce qui active
une protéine G, qui produit un second messager qui active une enzyme, la phosphodiestérase, qui
détruit le GMPc. Comme la concentration intra-cellulaire de GMPc diminue, il se lie moins au canal Na+
ligand-dépendant dont il est le ligand et ça cause la fermeture des canaux sodiques ligands-
dépendants, entraînant l'hyperpolarisation.
Ce qui maintenait l’équilibre de la cellule à -30mV était ce courant de charges provoqué par l’entrée du
Na+ (dépolarisant) et la sortie du K+ (hyperpolarisant). Et si les canaux Na+ ligand-dépendants sont
fermés à cause de la lumière, mais que les canaux de fuite K+ restent ouverts: il y aura une
hyperpolarisation du neurone. Et quand il y a hyperpolarisation en présence de lumière, le glutamate
n’est plus libéré.

Le mécanisme métabotrope des photopigments permet une amplification de l'information car un seul photon (la plus petite
unité de lumière) peut suffire à activer les disques et à produire un second messager qui va bloquer le canal ionique et
repolariser le photorécepteur.

88
Ce système permet d’une part la précision et l’amplification. La précision car dans l’obscurité, l’état ou l’on doit être le moins
sensible, la cellule est dépolarisée ; si un canal sodique de plus s’ouvre, le potentiel de membrane ne change pas beaucoup,
il faudrait que beaucoup se ferment, cela permet donc de réduire le 'bruit'. On peut donc être sûr que quand la cellule est
polarisée, c’est qu’il y a de la lumière.

10.2.3. Effets postsynaptiques


Le glutamate libéré dans la fente synaptique entre le photorécepteur et la cellule bipolaire a un effet
différent suivant le type de récepteurs présents au niveau des membranes des cellules
postsynaptiques.

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Les cellules bipolaires 'OFF' ont des récepteurs glutamatergiques ionotropes dont la liaison avec le
glutamate entraîne l'ouverture d'un canal sodique ligand- dépendant et donc un PPSE. La
dépolarisation d'un photorécepteur (dans l'obscurité) provoque donc la dépolarisation de la cellule
bipolaire OFF.
Mais d'autres cellules bipolaires, les cellules bipolaires 'ON' ont des récepteurs glutamatergiques
métabotropes produisant des PPSI.
Les cellules ganglionnaires déchargent des potentiels d'action dans l'obscurité ainsi que dans la
lumière. Les modifications de luminosité entraînent des modifications de la fréquence de décharge
des potentiels d'action. [Il existe aussi des cellules ganglionnaires OFF et ON, recevant respectivement l'information
d'une cellule bipolaire OFF ou ON.]

Dans l’obscurité, le glutamate qui est libéré dans la fente synaptique entraine, au niveau post-
synaptique, des PPSE (par des récepteurs glutamatergiques ionotropes) pour certaines cellules; mais
aussi des PPSI (par des récepteurs mGluR, donc métabotropes) pour d’autres cellules: les cellules
ganglionnaires.
S’il y a de la lumière, on arrête de libérer du glutamate; il en résulte qu’on arrête aussi la production de
PPSI (notamment) dans les cellules ganglionnaires, qui se retrouvent ainsi activées (car n’étant plus
inhibées par défaut). En somme, la lumière hyperpolarise les cônes et les bâtonnets, ce qui dépolarise
(excite) les cellules ganglionnaires au niveau post-synaptique.

10.3. Les différents types de vision


Les bâtonnets sont très sensibles à la lumière : leurs pigments sont mille fois plus sensibles à la lumière
que les pigments dans les cônes. On les utilise donc lors de la vision scotopique (peu de lumière,
pénombre, vision nocturne) : bâtonnets seuls actifs, faible résolution spatiale des bâtonnets, absence
de vision des couleurs.
[Dans la vision mésotopique (crépusculaire), les conditions sont inconfortables car ni les cônes ni les bâtonnets ne
fonctionnent de manière optimale. Bâtonnets actifs et recrutement progressif des cônes. Il y a une amélioration progressive
de la résolution visuelle et de la vision colorée.]

Quand il y a plus de lumière, on utilise très peu les bâtonnets, qui sont «saturés» car beaucoup sont
hyperpolarisés et ne peuvent plus percevoir les différences de lumière; ils ne contribuent donc plus à
la vision. Dans cette vision photopique (vision diurne), seuls les cônes de 3 types (bleu, vert et rouge)
sont actifs. Ces 3 types de cônes permettent de reconstituer toutes les couleurs. La résolution et la
vision des couleurs sont optimales.
Le passage d’un type de vision à un autre demande un temps d’adaptation.

10.4. Les voies centrales de la vision

Rétine (neurones ganglionnaires) – nerf optique (nerf II) – chiasma


optique – bandelette optique – ganglion géniculé latéral du
thalamus – radiations optiques – scissure calcarine, cortex
visuel primaire (lobe occipital).

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L’interprétation de la lumière ne se fait pas au niveau de la rétine mais au niveau du cortex occipital. La représentation
phototopique (somatotopique) est très précise au niveau du cortex occipital. Au-delà, deux systèmes corticuax principaux de
traitement de l’information visuelle: les voies ventrale et dorsale.

 La voie ventrale (« quoi »): vers le lobe temporal.


Rôle important dans la reconnaissance et l’identification des couleurs, des formes et des objets. Répond à la question: «Que
vois-je?» « What? »

 La voie dorsale (« où »): vers le lobe pariétal.


Rôle important dans la perception du mouvement, l’attribution de relations spatiales, les performances visu-motrices. Répond
à la question: «Où se trouve ce que je vois?» « Where? »

Daltonisme

Les couleurs sont perçues grâce à des photopigments qui sont des protéines. Ces protéines sont encodées par des gènes
portés au niveau de chromosomes. Les photopigments rouges et verts ont leurs gènes au niveau du chromosome X. Cela
explique que le daltonisme (surtout celui où l’on confond le rouge et le vert) est plus fréquent chez les hommes (un seul
chromosome X) que chez les femmes (deux chromosome X) car il n’y a pas de compensation possible pour la mutation.

91
8. L’odorat (l’olfaction)

L'odorat, qui a pour lieu d’origine la «muqueuse


nasale» au sommet de la cavité nasale, comme le
goût, est un sens chimique. Il permet la détection
de substances chimiques provenant de
l'environnement qui sont dissoutes dans le mucus
sécrété par l'épithélium olfactif situé au sommet de
la cavité nasale.

8.1. Les neurones olfactifs


Les cellules réceptrices impliquées dans l'odorat sont des neurones (contrairement aux cellules
gustatives): les neurones olfactifs. Ce sont des neurones du système nerveux central. Leur corps se
situe dans l'épithélium olfactif, localisé au sommet de la cavité nasale. Leur seul dendrite présente un
renflement à la surface de l'épithélium et de ce renflement partent plusieurs longs cils qui baignent
dans le mucus. Leur axone n'est pas myélinisé. Les axones des neurones olfactifs forment le nerf
olfactif.
De nouveaux neurones olfactifs sont produits (et meurent) continuellement suivant un cycle d'un à deux
mois, constituant une exception à la règle suivant laquelle les neurones du système nerveux central ne
sont pas remplacés par de nouveaux neurones.
Les cellules de soutien de l'épithélium olfactif produisent du mucus qui tapisse la muqueuse nasale en
une fine couche. Ce qui active les neurones olfactifs sont des substances odorantes. Volatiles et

92
solubles, elles peuvent se dissoudre dans le mucus et se lier à des récepteurs qui leurs sont
spécifiques.
Ces substances odorantes qui activent les neurones olfactifs ne proviennent pas uniquement de l’air
inhalé: certaines viennent des aliments ingérés. Ceci explique pourquoi quand on a un rhume, la
nourriture paraît insipide. Cette impression n’a rien à voir avec le système de perception gustative, mais
est liée au chamboulement du système de perception olfactive. Dans notre interprétation du goût, les
informations tirées par l’olfaction a également une grande importance.

Les substances odorantes dissoutes dans le mucus se lient à des récepteurs au niveau des cils. Ces
récepteurs sont des récepteurs métabotropes (il n’y en a aucun qui soit ionotrope). Ils sont couplés
avec une protéine G, dont le second messager active l'adénylate cyclase, qui produit de l'AMP
cyclique. Ce second messager se lie à un canal cationique ligand-dépendant, donc l'ouvre,
permettant l'entrée de sodium et de calcium (plus important) dans la cellule, dépolarisant la membrane
(ce canal cationique ligand-dépendant n’est pas spécifique d’un seul ion: il laisse passer le Ca++ et le
Na+). Le Ca++ et le Na+ qui dépolarisent les neurones olfactifs provient uniquement du mucus qui
borde la muqueuse nasale (glandes à mucus = glandes de Bowman): ils ne viennent pas du liquide
extracellulaire! Le Ca++ une fois dans la cellule ouvre des canaux chloriques calcium-dépendant.
Rem. Pour savoir si les ions Cl- entreront ou sortiront de la cellule, nous devons apporter une précision:
il ne s’agit pas d’un échange entre l’espace intra-cellulaire et le liquide extra-cellulaire! Il s’agit d’un
échange d’ions entre le milieu intra-cellulaire et le mucus (qui a une composition bien particulière).Le
Cl- est en plus forte concentration à l’intérieur de la cellule que dans le mucus.
Le chlore étant plus concentré à l'intérieur de la cellule que dans le mucus sort de la cellule par le
canal. Cette sortie de dépolarise la membrane du neurone olfactif. Cette dépolarisation se propage par
réponse électrotonique en direction de l'axone. Si elle est assez grande pour atteindre le seuil
d'ouverture des canaux voltage-dépendants, un PA est produit.
En résumé :
substance odorante
 se lie à un récepteur
 active la protéine G
 active l'adénylate cyclase
 forme l'AMPc
 se lie au canal cationique ligand-dépendant
 entrée de sodium et de calcium
 se lie au canal chlorique calcium-dépendant
 sortie de chlore => dépolarisation
 ouvre les canaux sodiques voltage-dépendants
 potentiel d'action

93
Rem. Parmi les sens développés dans le cours, uniquement l’odorat est entièrement géré par le
système nerveux central (SNC). Par exemple, la vision n’entre pas dans cette catégorie car son origine
est de nature périphérique.

94
8.2. Perception olfactive
A la différence du goût qui ne compte que très peu de récepteurs différents pour beaucoup de goûts
différents (donc très peu spécifiques) ; il existe environ 350 récepteurs différents aux substances
odorantes chez l'homme chacun sensible à une substance précise (il y en a un millier chez le rat).
Cependant, Chaque neurone olfactif ne possède qu’un seul type de récepteurs, au niveau des cils, ce
qui permet une grand spécificité dans la discrimination des substances odorantes. La répartition de ces
neurones n’est pas particulière comme ces des cellules gustatives au niveau de la langue. Une même
substance odorante peut néanmoins activer à des intensités variables plusieurs récepteurs différents,
ce qui permet au cerveau d'identifier des milliers de combinaisons correspondant chacune à une odeur
différente.
Les odeurs sont aussi perçues différemment en fonction de leur quantité: une même substance
odorante est perçue comme une odeur différente selon qu'elle , soit présente en grande ou petite
concentration dans le mucus.

95
9. L’ouïe
Le son correspond à des mouvements d'air. La sensation du son fait donc intervenir un phénomène
physique (mécanique) en réponse à un mouvement, comme la sensibilité tactile ou la proprioception,
contrairement à l’olfaction ou au goût, qui sont des sens chimiques : il s'agit de percevoir une stimulation
mécanique qui provient des mouvements de l’air (= sons).

9.1. Ondes sonores


De nombreuses sources de son induisent des mouvements rythmiques des molécules d’air, par ondes
de pression alternant une compression et une
décompression. Les ondes sonores ont ainsi une certaine
fréquence et une certaine intensité. Les fréquences basses
vont être perçues comme une sonorité plus grave que la
fréquence élevée. Et l’intensité c’est l’amplitude de cette
onde, c’est à dire la différence là où l’air est condensé et là
où il est raréfié.
Nous interprétons donc les sons à partir de ces éléments
d’intensité et de fréquence. La fréquence d'un son
correspond au nombre de ces cycles par seconde (mesuré
en hertz). Le système auditif humain perçoit les fréquences
sonores entre 20 Hz (sons graves) et 20000 Hz (sons
aigus, bien que cette limite supérieure diminue avec l'âge).
Les fréquences inférieures à 20 Hz sont
celles des infrasons (qui peuvent parfois
être perçus non pas comme des sons via le
système auditif mais comme des vibrations
via le système somatosensoriel). Les
fréquences supérieures à 20000 Hz sont
celles des ultrasons.
Les mouvements de l’air font vibrer le
tympan, ce qui mobilise la chaîne des
osselets, dont les mouvements se
transmettent à la fenêtre ovale, provoquant
les mouvement de l'endolymphe. le liquides
de la cochlée (oreille interne). L’endolymphe en mouvement active des récepteurs auditifs mécano-
sensibles.

9.2. Les cellules ciliées


Les cellules ciliées sont des cellules non-neuronales qui transforment l'information mécanique du
son en modification du potentiel de leur membrane.
Elles n'ont pas d'axone et ne produisent pas de potentiel d'action. Elles sont des extensions ciliées à
leur sommet, des stéréocils, qui flottent dans l’endolymphe.
Les cellules ciliées sensibles au son se trouvent dans l’organe de Corti dans la cochlée. Elle ont des
synapses avec des neurones dont le corps se trouve dans le ganglion spiral et dont l'axone chemine
dans le nerf auditif (ou auditivo- vestibulaire, nerf VIII), qui se projette au niveau des noyaux cochléaires
dans le tronc cérébral. Mais il y a aussi des cellules ciliées sensibles aux accélérations circulaires au

96
niveau des canaux semi-circulaires. Il y a aussi des cellules ciliées au niveau de la macule, la
saccule et l'utricule, qui sont sensibles aux accélérations linéaires. Les cellules sensibles aux
accélérations jouent un rôle dans la graviception, sensibilité à la gravité, qui est une accélération
linéaire.

9.3. Effet du son sur le potentiel de membrane des cellules ciliées


Au sommet de chaque stéréocil se trouve un canal cationique mécano- dépendant (un seul, parfois
deux par cil) dont l'ouverture et la fermeture dépendent de l'orientation du cil. Ce canal laisse passer
les cations (sodium, potassium, calcium) mais omme les stéréocils baignent dans l’endolymphe qui a
une concentration particulièrement élevée en potassium, l'ouverture du canal induit principalement
l'entrée de K+ dans la cellule striée. Ce canal est relié par un filament à la partie supérieur au cil
adjacent.
Quand le cil est vertical, la tension du filament permet l'ouverture partielle du canal. Quand le
mouvement de l'endolymphe déplace les stéréocils dans un sens, la tension du filament augmente, ce
qui provoque l'ouverture plus grande du canal. Quand le cil est incliné dans le sens opposé, le canal
se ferme.

L’entrée de K+ dans la cellule striée entraîne une


dépolarisation de la membrane. Cette
dépolarisation se propage par réponse
électrotonique le long de la membrane du cil, puis
du corps de la cellule ciliée, où elle induit l'ouverture
des canaux calciques voltage-dépendants. Le
calcium provenant du liquide extracellulaire (le corps
de la cellule ciliée ne se trouve en effet pas en
contact avec l’endolymphe) entre dans la cellule et
active le système SNARE, provoquant l'exocytose
de vésicules de neurotransmetteurs (glutamate) au
niveau de la synapse avec le neurone du ganglion
spiral.
Le calcium qui est entré dans la cellule
principalement par le canal calcique voltage-
dépendant active par ailleur le glissement de la
myosine sur l’actine par l’activation de la troponine,
ce qui refermer le canal. La dépolarisation obtenue
par l'inclinaison des cils est donc de brève durée, ce
qui permet une adaptation rapide des cellules ciliées
qui peuvent alors être stimulées successivement par

97
Le mouvement de l’endolymphe traduit un mouvement vibratoire de l’air. Les stéréocils ont donc des
mouvements alternés dans un sens et dans l'autre, entraînant en alternance l'ouverture des canaux
cationiques mécano-dépendants, donc l'alternance de dépolarisation (due à l'entrée de K+ dans la
cellule striée) et l'hyperpolarisation (due à la fermeture du canal, qui empêche le potassium d'entrer
dans la cellule alors qu'au potentiel de repos (quand le cil est vertical) un peu de potassium entre par
le canal partiellement ouvert). Cette alternance de dépolarisation et d'hyperpolarisation a lieu en phase
avec la fréquence du son.
Autour de 500 Hz, les fréquences de dépolarisation/repolarisation sont les mêmes que les fréquences
de stimulation. En effet, les cellules ciliées sont capables de se dépolariser successivement plusieurs
centaines de fois par seconde, à des fréquences plus élevées que les trains de potentiels d'action. Pour
des fréquences sonores jusqu’à 500 Hz, le codage de l’information mécanique en information électrique
se fait donc en produisant un courant alternatif (alternance de polarisation/dépolarisation) de même
intensité que la stimulation A partir de 2000 Hz, on n’a plus qu’un codage en courant continu. Entre
les 2, il y a une combinaison des deux.

9.4. Le réflexe stapédien


Le réflexe stapédien, aussi appelé réflexe de l’oreille moyenne ou réflexe d’atténuation, correspond à
la contraction du muscle de l'étrier (muscle stapédien) en réponse à un son intense. Le muscle
stapédien est un muscle strié dont la contraction est involontaire ; il est innervé par le nerf facial (nerf
VII). L’afférence du réflexe (information en rapport avec le son) provient du nerf VIII. L'efférence
(entraînant la contraction musculaire stapédienne) emprunte les nerfs VII et elle est bilatérale :
homolatérale et hétérolatérale par rapport au stimulus.
Lorsque l'on entend un son d'une amplitude de grande intensité, le réflexe entraîne la contraction
bilatérale des muscles stapédiens, ce qui induit une rigidification de la chaîne des osselets, diminuant
les vibrations, ce qui a pour effet de protéger le système auditif.
Le réflexe stapédien est surtout efficace pour les basses fréquences (sons graves). Ainsi dans un
environnement bruyant, l’oreille reste sensible au langage verbal (hautes fréquences) mais sa
sensibilité diminue aux basses fréquences.
Ce réflexe se met aussi en action lors qu'un sujet parle (juste avant qu'il commence à parler).

9.5. Les voies centrales d'ouïe

L'information résultant de l'activation des cellules ciliée situées au niveau de l'organe de Corti dans la cochlée est transmise
aux neurones des ganglions spiraux. Leurs axones cheminent dans le nerf auditif (ou auditivo-cochléaire, nerf VIII), qui se
projette au niveau des noyaux cochléaires dans le tronc cérébral. Les axones provenant de ces noyaux ont une synapse avec
des neurones du thalamus (noyau géniculé médian) et ceux-ci se projettent au niveau des radiations acoustiques du cortex
cérébral (cortex auditif primaire, dans la partie supérieur du lobe temporal) : les fréquences les plus basses sont perçues plus
antérieurement et les fréquences plus élevées plus postérieurement.

98
11. La somesthésie

L’information sensorielle transite par les colonnes dorsales (faisceaux gracile et cunéiforme), le
thalamus, et finalement jusqu’au lobe pariétal contralatéral. Au niveau de la tête par exemple,
l’information sensitive est portée par le nerf trijumeau (nerf V). Elle concerne les lèvres, conjonctives,
dure-mère et tout le visage excepté l’angle de la mandibule, qui est innervé pour sa sensibilité par une
racine cervicale, C2.
On distingue la sensibilité somatique et la sensibilité mécanique.
La sensibilité somatique correspond au toucher, via plusieurs modalités : pression, vibration,
température, proprioception et douleur. La sensibilité épicritique permet la sensation de contact,
incluant une localisation (= topognosie), la fréquence et l'amplitude de vibrations, les détails spatiaux
(texture, discrimination) et la reconnaissance de formes par l'intégration au niveau cortical des
informations sensitives amenées par les neurones périphériques. La sensibilité protopathique
permet de ressentir la chaleur, la douleur, les démangeaisons, les chatouillements.
La sensibilité mécanique correspond à la détection de forces qui entraînent une distorsion physique:
elle conduit à une perception traduisant le ressenti des contacts, comme au niveau des dents ou encore
la pression cardiaque, la distension de la vessie, etc.
À noter que le cerveau est le seul organe à ne pas être innervé sensitivement . [On ne peut donc pas avoir
'mal au cerveau' – les céphalées (mal à la tête) sont des douleurs rapportées (c'est-à-dire la perception erronnée au niveau
de la tête de stimulations nociceptives ailleurs que dans la tête) ou provenant d'autres parties de la tête que le cerveau. Cette
propriété a été mise à profit par le neurochirurgien Penfield quand il a réalisé son homonculus (v. neuroanatomie) en stimulant
directement le cerveau de patients éveillés.]

11.1. Les neurones sensitifs


Les neurones sensitifs sont bipolaires, c'est-à-dire qu'ils sont constitués de deux longues neurites (une
dendrite et un axone) de part et d'autre du soma. Leur soma se situe dans les ganglions des racines
dorsales de la moelle.

Ils ont pour rôle de détecter les stimulations sensorielles, les encoder en information et de transmettre
celles-ci. Ce sont des neurones afférents.

99
11.1.1. Détection
Les neurones sensoriels captent l’information au niveau de leurs terminaisons neuronales, c'est-à-dire
de leur dendrites. Ces terminaisons peuvent être libres (nues) ou spécialisées (encapsulées dans des
structures de tissu conjonctif).
Les terminaisons nues constituent l'extrémité d'une grande dendrite finement myélinisée (le neurone
bipolaire est l’exception à la règle générale d'après laquelle il n’y a que les axones qui soient myélinisés;
'finement myélinisées' veut dire que la couche de myéline est fine) ou non myélinisée. Elles
transmettent les informations de chaleur, douleur ou démangeaison.
Les terminaisons encapsulées sont entourée d’une structure plus ou moins complexe comme un
disque, des cellules épithéliales ou une capsule. Elles sont sensibles aux déformations physiques :
toucher, vibration, proprioception.
L'encodage neuronal de la sensation est généralement réalisé par l'effet de l'ouverture de canaux
sodiques mécano-dépendants. Suivant les cas, ceux-ci s’ouvrent lors d’un étirement ou d’une
compression. Le Na+ entre alors dans le neurone, entraînant une dépolarisation de la membrane. [N.B.
Ce n'est pas un potentiel post-synaptique!]
Pour d'autres modalités, l'encodage de la stimulation est réalisé par des canaux qui restent ouverts
(canaux de fuite): les canaux sensibles à l’amiloride (voir chapitre 7), qui sont perméables [au Na+ et]
à l’H+. Ils permettent une sensibilité à l’acide. Quand les ions H+ présents en grande concentration
entrent dans la cellule, la membrane est dépolarisée, permettant la neuromodulation. [C'est un exemple
de modulation de l’excitabilité sensitive, qui peut survenir au niveau du neurone périphérique, voire au niveau des relais
médullaires, thalamiques ou corticaux.] Par conséquent, la même stimulation peut être perçue (= interprétée)
de différentes manières: en fonction de la modulation, elle peut être ressentie ou pas, sentie comme
agréable ou désagréable.
11.1.2. Transmission
L'information ainsi encodée est relayée via les relais mentionnés plus haut jusqu'au cortex sensitif dans
le lobe pariétal, où est réalisée l'interprétation de l'information sensitive. La sensation est l'encodage
primaire de la stimulation sensorielle; la perception est son interprétation (corticale).
[Rem. Les adjectifs 'sensitif' et 'sensoriel' sont synonymes.]

11.2. Les récepteurs cutanés


L'utilisation du mot 'récepteur' dans le contexte des modalités sensorielles ne doit pas être confondu
avec la notion de récepteur comme une protéine de membrane à laquelle se lie spécifiquement un
neurotransmetteur! Ici, 'récepteur' ou 'cellule réceptrice' se réfère à la première cellule qui encode
l'information de la stimulation. Rem. Cette cellule peut être neuronale (ex. les photorécepteurs – cônes
et bâtonnets – dans la vision) ou non neuronale (ex. les cellules gustatives).
Dans ce contexte, le mot 'fibre', qui fait référence à la structure allongée, veut dire neurone (cf les fibres
IA, vues au chapitre 13, mais contrairement aux fibres musculaires également vues dans le chapitre
13, qui sont des myocytes, c'est-à- dire des cellules musculaires).
11.2.1. Les mécanorécepteurs
Ce sont des fibres A bêta, de diamètre moyen, myélinisées.
Parmi les mécanorécepteurs, on distingue les corpuscules de Meissner, les corpuscules de Pacini,
les disques de Merckel, les corpuscules de Ruffini, et les bulbes de Krause.
Les mécanorécepteurs sont répartis différemment sur la peau glabre (pulpe des doigts, paume de la
main, lèvre, …) ou la peau velue.

100
Corpuscules de Meissner
Ils sont localisés au niveau des papilles dermiques de la peau glabre, dans le
derme à proximité de la jonction entre le derme et l'épiderme. Le corpuscule est
petit; il ne contient pas de myéline. Ce sont des fibres A bêta.
Les corpuscules de Meissner sont impliqués dans le sens du toucher fin
(texture), des vibrations (30-50 Hz) et des mouvements. Ils permettent de
distinguer deux points de stimulation proches dans l'espace (grande
discrimination spatiale, cf 11.4). Leur adaptation est rapide, c'est-à-dire qu'un
corpuscule peut répondre à des stimulations très rapprochées dans le temps
(cf 11.3).
Disques de Merkel
Ils sont aussi situés à la jonction entre le derme et l'épiderme. Leur
terminaison est encapsulée par une cellule épithéliale spécialisée,
la cellule de Merkel. Ce sont des fibres A bêta finement
myélinisées. Les disques de Merkel sont sensibles à la forme et la
texture (exemple: écriture Braille). Leur adaptation est lente (cf
11.3).
Corpuscules de Ruffini
Il s'agit de corpuscules relativement grand situés dans le derme profond au niveau
des plis cutanés mais aussi au niveau des paumes et des ongles. Ils renseignent
sur la position des articulations et sont sensibles au mouvement. Leur adaptation
est lente (cf 11.3)

Corpuscules de Pacini
Localisés dans le derme profond et l'hypoderme (tissu adipeux), les
corpuscules de Pacini sont des fibres A bêta à adaptation rapide. Ils
sont sensibles aux mouvements, aux vibrations rapides (250- 350
Hz) et aux déformations dues à des pressions.

101
Bulbes de Krause
Ce sont des cellules sensibles à des stimuli mécaniques. Leurs terminaisons sont encapsulées. Ils se
situent au niveau de la peau, surtout en profondeur et à la jonction entre la peau sèche la muqueuse,
par exemple sous la pointe de la langue mais aussi et surtout au niveau des organes génitaux (pénis
et clitoris). Ils sont notamment à des stimulations des zones érogènes donnant lieu à une perception
de plaisir.
11.2.2. Thermorécepteurs
Les thermorécepteurs sont sensibles aux modifications de température. Ce sont soit des fibres fines et
finement myélinisées (fibres A delta), soit des fibres fines non myélinisées (fibres C). Leurs
terminaisons nerveuses sont nues.
11.2.3. Nocicepteurs
Ce sont soit
Les nocicepteurs sont impliqués dans la sensibilité à des stimuli potentiellement dangereux, voir chapitre 12.
des fibres fines et finement myélinisées (fibres A delta), soit des fibres fines non myélinisées (fibres C).
Leurs terminaisons nerveuses sont nues.

(Fibres A-alpha): Proprioception


(Fibres A-beta): Sensibilité tactile fine,
pression, vibration
(Fibres A-delta et C): Sensibilité thermique
(chaud & froid) et algique (douloureuse)

Fibres A-beta: les mécanorécepteurs de la peau

Fibres A-alpha: les mécanorécepteurs des muscles


et des articulations

11.3. Adaptation
1) Récepteurs à adaptation lente :
La réponse à un stimulus (production de potentiels
d'action) est prolongée ; si le stimulus est maintenu, la
réponse perdure pendant (au moins) tout le stimulus.
• Disques de Merkel
• Corpuscules de Ruffini
2) Récepteurs à adaptation rapide :
La réponse à un stimulus (même prolongé) est brève : si
le stimulus est maintenu, les neurones arrêtent de
décharger.
• Récepteurs folliculaires des poils - Corpuscules
de Meissner et de
• Pacini (vibrations)

102
Mécanorécepteurs à adaptation lente :
Disques de Merkel: Peau - Pression statique
Corpscules de Ruffini: Peau, ligaments et tendons, Étirement et proprioception Fuseaux neuro-
musculaires: Étirement des fibres musculaires grâce aux fibres IA (compléter le ch.13 de cette notion!)
Organes neuro-tendineux de Golgi: Étirement des tendons

Mécanorécepteurs à adaptation rapide :


Corpuscules de Meissner: pression dynamique, vibrations (30-50 Hz) Corpuscules de Pacini: pression
dynamique, vibrations (250-350 Hz)
Récepteurs articulaires: proprioception

Fuseaux neuro-musculaires: étirement des fibres musculaires


Par exemple, la stimulation mécanique d’un corpuscule de Pacini (à adaptation rapide) provoque une
dépolarisation relativement brève. Lorsque le stimulus s’arrête, il y a de nouveau une dépolarisation.
C'est la présence de la capsule du corpuscule et la dynamique des canaux ionique dans le corpuscule
qui permet une sensibilité du corpuscule à une différence de pression, plutôt qu'à la pression elle-
même.

11.4. Discrimination et champs récepteurs


Niveau de discrimination: la plus petite distance pour
laquelle on perçoit deux points stimulés comme distincts.
La discrimination spatiale d’un stimulus est
proportionnelle au nombre de récepteurs présents dans la
région et inversement proportionnelle à la taille des champs
récepteurs stimulés. Un champ récepteur correspond à la
région cutanée qui provoque l’activation du récepteur
lorsqu’elle est stimulée. Certains récepteurs ont des
champs récepteurs larges et d’autres plus circonscrits.
La discrimination est toujours meilleure au niveau de la
peau glabre. Elle est aussi meilleure au niveau de la pulpe
de doigts, des lèvres, de la paume qu’au niveau de la peau
du dos, par exemple.

103
ANNEX : QUESTIONS DEBUT COURS
Cours 05/02/2018
1. Quand on rêve, on est paralysé.
Vrai: Il n'y a pas d'activité musculaire de base quand on entre dans la phase du sommeil lors de
laquelle nous rêvons, le REM.
2. On perçoit les goûts en les recomposant à partir d'une palette de 4 goûts de base.
Faux: Le principe est correct mais il n'existe pas 4 mais 5 goûts de base: sucré, salé, amer, acide et
umami.
3. La concentration du calcium dans des neurones détermine si on fixe un souvenir ou si on l'efface.
Vrai : si beaucoup de calcium dans la cellule, le souvenir sera fixé et si il y a peu de calcium il sera
effacé.
4. Les neurones ont deux langages distincts.
Vrai : ils possèdent un langage chimique (qui peut être modifié par les drogues ou les médicaments)
et un langage électrique (qui peut être modifié par des simulations)
5. La mort, les muscles sont complètement relâchés.
Faux mais ambigu : les muscles se rigidifient juste après le mort mais après un certain laps de
temps (24h plus ou moins) il n'y a plus aucune rigidité cadavérique et les muscles sont relâchés.
6. On peut soulager la douleur en frottant vigoureusement la région endolorie.
Vrai : activer d'autres d'autre neurones et d'autre types d'informations que l'information de douleur
peut aider à soulager la zone affectée.
7. On ne peut pas avoir mal au cerveau
Vrai : si on a mal à la tête cela ne veut pas dire qu'on a mal au cerveau.

Cours 12/02/2018
1. Les vésicules de neurotransmetteurs sont formées au niveau du soma.
Vrai : elles sont synthétisées au niveau du soma puis descendent le long des microtubules de l'axone
pour s'accumuler dans le bouton synaptique.
2. Un oligodendrocyte myélinise plusieurs dendrites
Faux : il va myéliniser plusieurs axones mais il ne va pas myéliniser les dendrites
3. Un axone d'un nerf de la peau n'est myélinisé que par une seule cellule de Schwann.
Faux : de multiples cellules de Schwann vont myéliniser l'axone d'un nerf de la peau (SNP).
4. En entrant dans la cellule, le chlore suit son gradient électrique.
Faux : il y a plus de chlore à l'extérieur qu'à l'intérieur de la cellule donc, en entrant il va suivre son
gradient CHIMIQUE mais il va à l'encontre de son gradient électrique car le chlore étant un ion négatif
il n'aura pas tendance, s'il suivait son gradient électrique, à se diriger vers un milieu globalement
négatif tel que le liquide intracellulaire.
5. Le passage d'ions dans un canal de fuite modifie le potentiel de membrane.

104
Vrai : le passage de charges à travers la membrane suffit à modifier le potentiel de membrane.
6. L'entrée de sodium dans la cellule dépolarise la membrane.
Vrai : le sodium (Na+) étant un ion positif, si celui-ci rentre dans la cellule dont l'intérieur est, au
repos, globalement moins négatif, cela va amoindrir la différence entre la charge du liquide extra
cellulaire et celle du liquide intra cellulaire. Il y aura donc dépolarisation.
7. L'intérieur du neurone est moins positif que le liquide extracellulaire.  Vrai
8. Les nœuds de Ranvier sont recouverts de myéline.
Faux : entre deux portions de la gaine de myéline, l'axone est en contact direct avec le liquide
extracellulaire. Cet espace entre deux portions de la gaine de myéline est le nœud de Ranvier

Cours 21/02/2018
1. La pompe Na+/K+ est formée de canaux ioniques.
Faux : Les pompes Na+/K+ sont des enzymes (ATPase) qui fonctionnent à l'aide de l'ATP (énergie)
et qui sont ouvertes en permanence au contraire des canaux ioniques qui sont des protéines, qui
fonctionnent sans énergie et qui possèdent un mécanisme d'ouverture.
2. Les canaux de fuite sont voltages-dépendants.
Faux : il n'y pas de mécanismes d'ouverture pour les canaux de fuite, ils sont toujours ouverts.
3. L'effet d'un canal de fuite peut être l'hyperpolarisation de la membrane.
Vrai : les canaux de fuite sont des canaux potassiques. Le K+ suit son gradient de concentration
donc il va sortir et rendre l'extérieur encore plus positif et créer une hyperpolarisation.
4. Les canaux ligand-dépendants sont des canaux sodiques.
Faux : les canaux ligand-dépendant peuvent être des canaux sodiques (comme les canaux
nicotiniques) mais il en existe aussi qui laissent passer d'autres ions.
5. Il n'y a pas de canaux K+ voltage-dépendant au niveau du soma.
Vrai : les canaux ioniques ne sont présents QU'au niveau de l'axone.
6. La tétrodotoxine empêche de produire des potentiels d'action.
Vrai : cette neurotoxine bloque les canaux Na+ voltage-dépendants donc les ions Na+ ne pourrons
plus rentrer assez que pour atteindre le seuil et créer des PA. La tétrodotoxine est un poison, une
substance exogène (=nous ne l'avons pas produit, même chose pour les médicaments par exemple).
Mais l'acétylcholine (ACh), par exemple, est une substance endogène car les neurones
cholinergiques produisent leur propre acétylcholine au niveau de leur soma. L'ACh, une fois dans la
synapse, peut se lier aux récepteurs nicotiniques (canaux ligand-dépendants ; ceux-ci sont aussi
activables par la nicotine).

Cours 26/02/2018
1. Dans le bouton synaptique, le PA induit l'ouverture des canaux potassiques.
La réponse à cette question est ambivalente : Dans le bouton synaptique, c'est toujours l'axone
donc les PA peuvent toujours être créés. Le PA n'est pas vraiment la raison pour laquelle les canaux

105
K+ s'ouvrent mais ils s'ouvrent d'office lors d'un PA quand les canaux sodiques s'inactivent. C'est eux
qui contribuent à la repolarisation de la membrane.
2. Dans le bouton synaptique, la PA induit l'ouverture des canaux calciques.
Vrai : Les canaux calciques sont la clé du couplage électro-chimique dans le bouton synaptique (via
le système SNARE).
3. La dépolarisation induit directement l'inactivation des canaux Na+ voltage dépendants.
Faux : Ce n'est pas la dépolarisation qui induit qui induit l'inactivation des canaux Na+.
4. L'hyperpolarisation induit directement l'inactivation des canaux Na+ voltage dépendants.
Faux : Même réflexion que pour la question précédente, c'est un mécanisme interne au canal qui fait
qu'il s'inactive après 1ms.
5. La pompe Na+/K+ permet la repolarisation.
Vrai : En faisant ressortir les ions Na+ en plus grande quantité qu'elle ne fait entrer des ions K+ elle
contribue à maintenir l'extérieur plus positif que l'intérieur.
6. Un train de PA peut être produit au niveau du soma.
Faux : Car il n'y a pas de canaux Na+ voltage dépendants au niveau du soma.
7. Il n'y a pas de canaux Na+ voltage dépendants dans les portions myélinisées de la membrane.
Vrai : A ces endroits, le liquide intra et extra cellulaires sont totalement isolés l'un de l'autre au niveau
de ces portions donc des canaux à ces endroits ne servirait à rien car aucun ion Na+ de l'extérieur ne
pourrait pas entrer. Il n'y a donc pas de canaux Na+ voltage dépendants dans les portions
myélinisées.
8. Il n'y a pas de canaux Na+ voltage dépendants dans les portions myélinisées même si elles sont
démyélinisées (comme dans le cas de la sclérose en plaque).
Faux : même si les gaines de myéline sont dégradées, il n'y a pas de canaux Na+ voltage
dépendants en dessous. De plus, s'il n'y a plus de gaine les ions ne sont pas propagés aussi vite
qu'un niveau des portions myélinisées et n'arrivent donc pas en quantité suffisante au niveau des
nœuds de Ranvier donc le PA n'est pas propagé correctement.
9. La vitesse de la réponse électrotonique est constante et de l'ordre du tout ou rien.
Faux : L'amplitude dans une portion myélinisée reste haute (ne descend pas comme dans une
portion myélinisée) et la propagation des ions y est rapide donc la vitesse de la réponse électro
tonique peut varier. Quant au phénomène de tout ou rien ne concerne que le PA et pas la réponse
électrotonique.

Cours 12/03/2018
1. NMDA est un récepteur
Faux : c’est le « récepteur NMDA » et pas juste « NMDA ».
2. NMDA est un neurotransmetteur
Faux : c’est un agoniste exogène est pas un neurotransmetteur.
3. Certains récepteurs ionotropes peucent induire des PPSI
Vrai : ex. GABAa

106
4. La pompe Na+ / K+ est constitué des canaux ioniques  Faux.
5. Une gap junction est constitué des canaux ioniques  Faux
6. Courant calcique transmembranaire est dépolarisant  Vrai
7. Courant calcique transmembranaire est un PPSE
Faux : pas forcement, par ex. un système SNARE va entrer du Ca++ via un canal voltage-dépéndant
qui ne va pas entrainer du PPSE ; mais Ca++ peut aussi entrer à l’aide de neurotransmetteur Glutamate
via un canal ligand-dépéndant par un récepteur NMDA, alors il va entrainer un PPSE.

Cours 19/03/2018
1. L’èxces du Cl- en intercellulaire est toxique pour le mémoire
FAUX : c'est l'excès de calcium qui est toxique (il peut causer la nécrose et l'apoptose).
2. L’èxces du Cl- en intracellulaire resulte en un PPSI lorsque le GABAa es activé, par exemple par le
Xanax (Benzodiazépine) :
FAUX, commenceons l’explication par la fin:
« ...GABAa est activé par le benzodiazépine»  VRAI, BzD est un agoniste exogène du GABAa et il
peut l’activer.
“L’èxces du Cl- en intracellulaire...”  normalement, chez l’adulte Cl- est plus concentré à l’exterieur
que à l’interieur et donc, a tendance à entrer dans la cellule, entrainant la depolarisation (PPSE). Mais
ici on a une situation hypothétique: si on avait un excès du Cl-... (ou, peut-être pas hypothétique,
parce que chez le foetus c’est l’inverse que chez l’adulte)
« … resulte en PPSI »  FAUX, parce que, dans notre situation hypothétique Cl- est plus concentré
à l’intérieur et, donc, a tendance à sortir de la cellule, rendant l’exterieur plus négative et l’intérieur
moins négative  depolarisation  PPSE
3. L’activation de la NO synthase post-synaptique a un effet présynaptique.  VRAI
4. Au potentiel de repos, il n’y a pas de sodium à l’intérieur du neurone glycinegique (celui qui est
activé par Glutamate).
FAUX : il y a toujours de Na+, juste que il y en a moins à l’intérieur que à l’exterieur. Mais il y en a
toujours.
5. Toxine botulique a une effet sur la cellule post-synaptique.
FAUX: il a un effet sur la cellule présynaptique.

Cours 26/03/2018
1) Un PPSE cholinergique muscarinique/nicotinique donne généralement lieu à un PA.
FAUX : Dans le cas du récepteur muscarinique un PPSE dépolarise la membrane mais pas assez
pour atteindre le seuil et créer un PA. Dans le cas du récepteur nicotinique c’est le mot «
généralement » qui pose problème : cela n’est pas vrai pour toutes les synapses mais c’est
cependant vrai pour la synapse neuromusculaire pour laquelle un PA est créé presque à chaque fois.
2) L’activation récepteur GABAB a pour effet de diminuer l’excitabilité de la membrane.

107
VRAI : Le GABAB est métabotrope et son action active des enzymes qui au cours de leur
déplacement se lient à des canaux (GIRK) potassiques ligand dépendants. Le K+ va sortir de la
cellule ce qui créera une hyperpolarisation donc cela diminue bien l’excitabilité de la membrane.
3) Toutes les fibres d’une unité motrice s’activent en même temps.
VRAI : l’entièreté des fibres (toutes blanches ou toutes rouges) d’une unité motrice sont gérées par
un même neurone  donc si celui si crée un PA il sera transmis à toutes les fibres.
4) Les gap junctions sont GABAergiques.
FAUX : les gap junctions ne sont pas des récepteurs ligand dépendant donc n’ouvrent pas leurs
canaux avec le GABA ni aucun autre ligand, elles sont a priori toujours ouvertes.
5) Le glutamate est un agoniste endogène pour les récepteurs des cellules gustatives sensibles au
goût umami.
FAUX: le glutamate est bien un agoniste des récepteurs sensibles au goût umami mais même si
notre organisme produit du glutamate, dans le cas des cellules gustatives, le glutamate qui vient
activer leur récepteurs vient de l’extérieur, de l’alimentation ce n’est donc pas un agoniste endogène
mais un agoniste exogène. La source principale de nos apports en glutamate (acide glutamique 
acide aminé) sont les protéines. La viande contient beaucoup de glutamate mais n’a pas un goût
umami car le glutamate n’est pas libre et il ne quitte pas la chaine des AA pour se lier aux récepteur
6) Le glucose est un agoniste du récepteur purinergique.
FAUX : l’agoniste du récepteur purinergique est l’ATP.
7) Le courant K+ peut dépolariser la membrane des cellules gustatives au goût acide.
VRAI : H+ (entré par les canaux sensibles à l’amiloride) bloque les canaux potassiques de fuite donc
le courant K+ ne sort plus de la cellules (le courant de base ne dépolarise pas, il participe au maintien
du potentiel de repos mais si on ferme le canal, le K+ s’accumule). Donc oui, le courant K+ peut
dépolariser la membrane des cellules gustatives.
8) La PLC produit 2 seconds messagers du récepteur muscarinique.
VRAI : la PLC, en coupant le phospholipides en 2 conduit à la production de deux autres second
messagers (les deux parties du phospholipide coupé) : l’IP3 et le DAG.
9) Le récepteur NMDA est ionotrope et métabotrope.
FAUX : aucun récepteur n’est les deux, le récepteur NMDA est ionotrope.

108
QUESTIONS-TEST RESUME PPH
CHAPITRE 2
- La membrane cellulaire est perméable aux protéines.
-> FAUX. Attention: la membrane cellulaire est surtout constituée de cette double couche
phospholipidique. Au sein de la membrane, on a dit qu’il y avait des protéines; on a même parlé de
protéines disposées en travers de la membrane, ce sont des protéines transmembranaires. Mais
la membrane a notamment comme fonction de séparer l’espace intra-cellulaire et l’espace extra-
cellulaire. Et la membrane cellulaire est perméable à très peu de choses! Pour pouvoir la traverser, il
faudrait être capable de traverser un milieu hydrophile et puis un milieu hydrophobe et puis encore un
milieu hydrophile. Ce n’est pas le cas des protéines. Ces dernières seraient arrêtées et ne
traverseraient donc pas, notamment l’échelon hydrophobe. Donc la proposition est incontestablement
fausse.

- La concentration de calcium est plus haute dans l’espace extra-cellulaire.


-> VRAI. Le rôle du calcium sera développé dans les prochains chapitres. Une bonne illustration de la
véracité de la proposition est le fait qu’un excès de Ca++ au sein même de la cellule peut lui être toxique
et même tuer cette dernière (cf. chapitres ultérieurs). A remarquer qu’il y a du calcium dans la cellulaire,
mais pas en liberté dans le cytoplasme: il est stocké dans le réticule endoplasmique.

- Les cellules de Schwann sont des oligodendrocytes.


-> FAUX. Même si les cellules de Schwann et les oligodendrocytes ont en commun qu’elles produisent
toutes deux la myéline en s’entourant autour d’axones. Mais il y a des différences. Notamment au
niveau des protéines qui y sont exprimées; on pourrait les distinguer même chimiquement en
comparant la composition de la membrane de l’une et de l’autre. Il y a des maladies différentes qui
touchent les unes et les autres (ex. la sclérose en plaque attaque la myéline des oligodendrocytes
dans le SNC; le syndrome de Guillain-Barré attaque la myéline fournie par les cellules de Schwann
du SNP). Aussi, les cellules de Schwann ne s’enroulent qu’autour d’un seul segment axonal, alors
qu’un oligodendrocyte présente un peu d’arborisation (comme son nom l’indique) et myélinise des
segments d’axones de plusieurs neurones.

- Les astrocytes permettent des échanges entre les neurones et la microglie.


-> FAUX. Les astrocytes permettent des échanges entre le neurone et le système sanguin. La microglie
fait partie de la glie, ce sont des cellules apparentées aux globules blancs et qui ont un rôle immunitaire
et un rôle de « nettoyage des déchets ».

- Seuls les neurones sont des cellules excitables chez l’Homme.


-> FAUX. On pourrait donner d’autres exemples de cellules excitables chez l’humain comme les cellules
musculaires, etc.

CHAPITRE 3
- S’il n’y a pas de canaux Na+ voltage-dépendant au niveau des dendrites, comment le potentiel
d’action peut-il se propager? (cf. chap. III « propagation du PA »)

109
- Une cellule hyperpolarisée peut-elle rester en état d’hyperpolarisation?
-> Au départ (au repos), le potentiel de membrane est à -65mV. Puis imaginons que, par exemple, on
a rajouté des ions négatifs dans la cellule, l’hyperpolarisant. Les ions entrés ne resterons pas collés à
la membrane sur le lieu de leur entrée mais diffusent. Ainsi, pour maintenir un état d’hyperpolarisation,
il faudrait qu’il y ait une arrivée continue d’ions négatifs. Cela est possible (cf. chapitres ultérieurs)
et même important à comprendre car en maintenant l’hyperpolarisation de la cellule, on en
modifie/réduit l’excitabilité: en période d’hyperpolarisation, on se trouve plus loin du seuil de -40mV
nécessaire à la production d’un PA, rendant plus difficile de dépolariser la cellule jusque là. Mais si l’on
voulait tout de même le faire, nous devrions, par exemple, introduire des ions positifs dans la
cellule. Ces manipulations portent le nom de « neuromodulation ». (cf. chap. V « neuromodulation »)

CHAPITRE 4
- L’axone d’un neurone périphérique n’est myélinisé que par une seule cellule de Schwann:
-> FAUX. Une cellule de Schwann myélinise un seul axone, mais l’axone d’un neurone périphérique
est myélinisé par plusieurs cellules de Schwann.

- Il y a des canaux K+ voltage-dépendants au niveau des noeuds de Ranvier:


-> VRAI. Là où il n’y a pas de canaux K+ volt.-dép., il n’y aura pas de potentiel d’action…

- La période réfractaire dure tant que les canaux Na+ voltage-dépendants sont inactivés:
-> FAUX. Il manque un mot dans cette proposition pour qu’elle soit correcte: « période réfractaire
absolue ». Par opposition, une fois les canaux Na+ volt.-dép. fermés, on parle de « période réfractaire
relative ».

- Quelle que soit l’intensité de la stimulation sur une fibre nerveuse, l’amplitude du potentiel
d’action reste constante:
-> VRAI. La production d’un PA répond à la logique du « tout ou rien »: que l’on arrive au seuil ou bien
au delà du seuil, on aura un « tout », c’est à dire un même potentiel d’action. Si la stimulation est plus
importante, c’est à dire qu’il y a davantage de Na+ (par exemple) entrés dans la cellule, donc davantage
de diffusion le long de la membrane à l’intérieur, ce qui entrainera une chaine de potentiel d’action, un
« train de potentiels » qui se succèderont à une fréquence plus élevée.

CHAPITRES 5-6
- Dans une synapse électrique, il n’y a pas de récepteurs ionotropes, ni métabotropes, ni de
canaux ioniques.
-> ionotrope: VRAI. Une synapse électrique est une « gap-junction » et consiste en un connexon, lui-
même composé de protéines connexines, qui ouvre un large passage entre le cytoplasme d’une cellule
pré-synaptique et post-synaptique (et inversement).
-> métabotrope: VRAI. De la même manière, il n’y a pas implication de récepteurs métabotropes
dans une synapse électrique.

110
-> canaux ioniques: VRAI. On ne trouve pas non plus l’implication de canaux ioniques dans une gap-
junction. Cette dernière est très ample et n’est pas du tout sélective dans les ions qu’elle laisse passer;
alors que le canal ionique est très étroit et très sélectif (par exemple, un canal ionique au Na+ ne
pourraient laisser passer que les ions Na+, etc.).

- Une gap-junction peut-elle être ouverte ou fermée?


-> OUI. Une gap-junction est modulable (par forcément ouverte), mais nous ne rentrerons pas dans
ces détails dans le cadre du cours.

- La synapse chimique permet une transmission rapide du « potentiel » de membrane.


-> FAUX. Attention: une synapse chimique ne permet pas une transmission rapide du potentiel
de membrane car le mécanisme est très compliqué, et de telles complications impliquent un certain
temps de réalisation.
- Est-il correct de dire que les ions « diffusent » dans les dendrites/le soma/l’axone?
-> OUI. Les ions diffusent dans le cytoplasme; mais y a-t-il du cytoplasme dans les dendrites?
Oui. Y a-t-il quelque mécanisme que ce soit qui empêche les ions de bouger dans les dendrites? Non.
Alors ils bougent. Et ce mouvement, c’est de la diffusion. Donc, il est correct de dire que les ions
diffusent dans les dendrites. Le même raisonnement s’applique aux ions qui diffusent dans le soma.

- Un neurone ne produit qu’un type de neurotransmetteur.


-> VRAI, du moins à notre niveau, considérons que cette proposition est vraie et absolue, même si
certains neurones produisent des neurotransmetteurs mais également des « neuromodulateurs ».

- Le GABA est un neurotransmetteur.


-> VRAI.

- Le GABAA est le seul récepteur dont le GABA est agoniste.


-> FAUX. Le GABA est également l’agoniste du récepteur GABAB.

- Un neurone peut présenter plusieurs récepteurs différents.


-> VRAI. Un neurone post-synaptique peut porter des récepteurs différents, par exemple GABAA et
GABAB; mais aussi le même neurone post-synaptique pourrai très bien présenter des récepteurs
nicotiniques et des récepteurs au glutamate, etc. Tout cela est possible.

- Comme le neurone n’est pas spécialement en entier dans le nerf, peut-on dire que le nerf est
formé de neurone?
-> OUI. On peut tout à fait dire cela.

111
- Les neurotransmetteurs sont-ils synthétisés dans le bouton synaptique?
-> NON. Ils sont synthétisés dans le soma, mais transportés activement, dans des vésicules, vers la
terminaison axonale où ils sont stockés.

- « Ionotrope » caractérise un mode de fonctionnement de récepteurs. L’effet de cette liaison


avec un neurotransmetteur est une activation de la (membrane de la) cellule post-synaptique.
-> Un récepteur ionotrope est un récepteur transmembranaire qui a pour fonction de laisser passer des
ions (chargés positivement ou négativement) du milieu extra-cellulaire vers le milieu intra-cellulaire et
inversement. La dépolarisation (ou hyperpolarisation) ainsi produite l’est de façon directe, conséquence
de cette entrée/sortie d’ions du liquide intra-cellulaire par le récepteur qui fait office de canal ionique; il
n’y a pas activation d’un système d’enzymes nécessaire à l’ouverture du canal ionique. Par opposition,
le récepteur métabotrope dépend de la liaison avec un ligand (premier messager) pour lancer un
processus enzymatique qui, à l’aide d’un second messager, produira l’ouverture d’un canal ionique
voisin.

- L’activation du récepteur GABAB par le GAGA produit l’ouverture d’un canal potassique (K+)
voltage-dépendant.
-> NON. Pas « voltage-dépendant » mais bien « ligand-dépendant », en comprenant que ce ligand au
canal K+ provenant du système enzymatique activé par le récepteur GABAB fait office de second
messager dans le processus complet.

- Quand le Ca++ est trop présent dans la cellule, les protéases sont activés et lysent les
protéines. Aussi, ce Ca++ peut produire une apoptose (modification nucléaire et mort de la
cellule). Comment faire pour réguler ce Ca++ dans le sang?
-> Nous régulons constamment la concentration en Ca++ dans le sang; et ce, même si nous en
mangions beaucoup (élimination dans les urines, par exemple); aussi la concentration intra-cellulaire
ne dépend pas directement de la concentration de Ca++ dans le milieu extra- cellulaire.

- L’hyperpolarisation de la membrane en période réfractaire rend difficile la production


immédiate d’un nouveau PA.
-> Cela dépend de quelle période réfractaire il s’agit, cette proposition présente un manque de précision
(juste « la période réfractaire »). On peut considérer qu’il n’y aura pas de nouveau PA durant la période
réfractaire « absolue »; mais dans le cadre de la proposition qui nous occupe, on peut dire que c’est
vrai, que l’hyperpolarisation de la membrane en période réfractaire rend difficile la production d’un
nouveau PA.

- L’hyperpolarisation de la membrane rend impossible la production immédiate d’un nouveau


PA.
-> FAUX, car « impossible » est un terme dangereux. L’hyperpolarisation de la membrane rend la
production d’un nouveau PA difficile, certes, mais pas impossible (en période réfractaire relative).
Ce qui rend impossible la production d’un nouveau PA serait l’inactivation du canal Na+ volt.-dép.
(c’est à dire, ce qui correspond à la période réfractaire absolue).

112
*Réponse électrotonique :
- Dilution des ions?
-> « Dilution » ici utilisé comme synonyme de « diffusion », qui est un terme propre aux ions. Il n’y a
pas de diffusion/propagation de la réponse électro-tonique, par exemple. La réponse électro-tonique
est elle-même une diffusion.

- Le glutamate est-il exogène?


-> NON, il est endogène, on le retrouve au niveau de certains boutons pré-synaptiques. Du glutamate
peut, cela dit, venir de l’extérieur mais ce glutamate « mangé » ne trouvera pas son chemin jusqu’aux
synapses.

CHAPITRES 7 et 12
- Y a-t-il un PA dans les cellules gustatives?
-> NON. Les cellules gustatives sont des cellules excitables, certes, mais elles ne produisent pas de
PA. Pas de canaux Na+ volt.-dép.

- Les cellules gustatives produisent un PPSE.


-> FAUX. Elles produisent, en leur sein, une dépolarisation; mais cette dépolarisation (donc excitation)
n’est pas post-synaptique. Le lieu de rencontre de la cellule gustative avec la salive n’est pas une
synapse. Par contre, les neurotransmetteurs libérés dans le liquide extra-cellulaire par le système
SNARE de la cellule gustative (activé par le Ca++) produirons, eux, un PPSE dans le neurone post-
synaptique.

- Quel est l’agoniste endogène des récepteurs au salé, acide, « umami » sucré, amer?
-> Il n’y en a pas d’agoniste endogène aux récepteurs de goût. Ces récepteurs sont dirigés vers
l’extérieur, seules les molécules qui viennent de l’extérieur (du corps) seront captées par ces
récepteurs. Bien entendu, si l’on se mord la lèvre et que du sang se retrouve dans la salive, nous
percevront son goût légèrement sucré (d’autant plus si l’on est diabétique). Mais nous n’utilisons aucun
agoniste endogène avec les cellules gustatives.

- Quel est le rôle des mitochondries dans le bouton synaptique?


-> Dans le bouton synaptique, il y a beaucoup d’activité qui nécessite beaucoup d’énergie,; cette
énergie est en grande partie issue du travail des mitochondries qui synthétisent de l’ATP (pour
permettre l’exocytose, le fonctionnement du système SNARE, etc.).

CHAPITRE 13
- Le récepteur NMDA est métabotrope.

113
-> NON, il est ionotrope parce qu’un récepteur ionotrope est un récepteur dont l’effet de la liaison du
neurotransmetteur (sur ce récepteur) entraine l’ouverture directe d’un canal ionique. Si la
membrane autour du récepteur NMDA est suffisamment dépolarisée que pour le dés-inactiver, et que
du glutamate se lie au récepteur NMDA, le Ca++ entre dans la cellule; cela fait un PPSE direct. Par
ailleurs, le Ca++ active une série d’enzymes et l’on a vu ce qui se passe quand il y a beaucoup/peu/trop
de Ca++. Nous avons ajouté que le Ca++ agit comme un second messager: il multiplie le message
du premier messager (neurotransmetteur). Mais ce n’est pas parce que le récepteur NMDA fait
exception en permettant une transmission avec un second messager que l’on peut le qualifié
de métabotrope. Il est, sans équivoque, ionotrope.

- Il y a des vaisseaux sanguins dans une fibre musculaire.


-> NON. Il n’y a pas de vaisseaux sanguins dans une fibre musculaire qui est une cellule. Nous ne
pouvons pas dire qu’il y a des vaisseaux sanguins « dans » une cellule (qui est beaucoup plus petite,
sur une échelle de tailles, qu’un vaisseau sanguin). Par contre, un muscle contient des fibres
musculaires, mais aussi des vaisseaux sanguins et d’autres choses.

- Le MNɣ induit un PPSI / PPSE dans la fibre 1A.


-> FAUX dans les deux cas. Il n’y a pas de synapse entre le MNɣ et la fibre 1A, donc il ne peut pas être
question de quelque potentiel post-synaptique que ce soit. Il n’y a pas de PPS dans une fibre 1A. Par
contre, il y a bel et bien une dépolarisation de la fibre 1A, qui est provoqué par l’entrée de Na+ au
travers de canaux Na+ mécano-dépendants, qui mène le potentiel de membrane au seuil de -40mV,
ce qui entraine une ouverture en chaine de canaux Na+ voltage-dépendants, propageant ainsi un PA
qui sera nécessaire à l’activation du MNα. En résumé, au niveau de la fibre 1A, il y a une différence de
potentiel excitatrice, mais pas post-synaptique.

- On peut observer une réponse électro-tonique le long d’une dendrite.


-> VRAI. En imaginant une synapse axono-dendritique, si signal il y a, des ions positifs vont entrer
dans la dendrite. La cellule post-synaptique devient plus dépolarisée. Cette dépolarisation va se
transmettre le long de la membrane jusqu’au niveau du hile; mais n’ouvrira de canaux Na+ volt.-dép.
qu’à partir de ce hile. Pour rappel: la réponse électro- tonique désigne la propagation (mouvement de
charges par diffusion) d’une dépolarisation ou d’une hyperpolarisation le long de la membrane
cellulaire.

- La myéline est la « gaine » formée soit par des cellules de Schwann (dans le SNP), soit par des
oligodendrocytes (dans le SNC).
-> VRAI.

- Peut-on parler de « production de myéline »?


-> OUI. Les cellules de Schwann et les oligodendrocytes ne sont pas de la myéline; mais leur
enroulement autour de l’axone neuronal constitue/produit la myéline proprement dite.

- « PPSE » désigne une dépolarisation post-synaptique excitatrice?

114
-> VRAI. Attention: cette excitation est forcément post-synaptique! Une excitation qui n’est pas post-
synaptique est simplement une excitation/dépolarisation, pas un PPSE.

- « PPSI » désigne une hyperpolarisation post-synaptique inhibitrice?


-> VRAI. Attention: PPSI ne signifie pas passer nécessairement en dessous de la barre de potentiel de
repos; car, avant le PPSI, la membrane aurait pu être légèrement excitée…

- Peut-on parler d’hyperpolarisation pré-synaptique?


-> OUI. Par exemple, une synapse axono-dendritique inhibitrice produit, dans la cellule post-
synaptique, une hyperpolarisation. Cette hyperpolarisation constitue une capacité moindre de cette
cellule à transmettre un message d’excitation à la suivante, puisqu’elle débute avec une
hyperpolarisation.

CHAPITRE 14
- Qu’en est-il de la mélatonine?
-> Certains fonctionnent mieux le matin, d’autres mieux le soir. Pourquoi cela? De la mélatonine
est sécrétée par l’ « épiphyse » (« 3e oeil ») de façon rhythmique (toutes les 24h) et de manière
maintenue au fur et à mesure que la lumière baisse. Si nous subissons un décalage horaire, cela est
dû au fait que l’on sécrète la mélatonine de façon décalée, mais l’on s’adapte au bout de quelques jours
et ce décalage finit par disparaitre. Si l’on est dans une situation sans indication de l’alternance jour/nuit
(par exemple, dans une mine pour quelques semaines), notre horloge biologique finira par se cycliser
quand même (autour des 25h). Donc, si on ne modulait pas notre rythme éveil/sommeil, il serait
probablement de 25h. L’urbanisation (par exemple, l’éclairage artificiel) et les écrans entravent la
libération « normale » de mélatonine. Pour lutter contre un décalage horaire, on pourrait prendre des
cachets de mélatonine, mais le mieux est d’adopter au plus vite le nouveau cycle qui nous est imposé
par les circonstances extérieures.

- Comment passe-t-on du potentiel de repos au seuil d’ouverture des canaux Na+ volt.-dép.?
-> Les neurones sont des cellules excitables. Comme on a beaucoup de types de neurones différents,
il y a une multitude de manières de produire la dépolarisation nécessaire pour atteindre le seuil de -
40mV.

- Pourquoi les astrocytes font-ils office de barrières?


-> Le cerveau est tellement dense qu’il y a très peu d’espace entre les vaisseaux sanguins et les
neurones. Les astrocytes forment une barrière physique entre le neurone et les vaisseaux
sanguins; pour ainsi éviter tout échange fâcheux et/ou fortuit entre la circulation sanguine et le neurone.

- Où se situent les cellules réceptrices?


-> Partout où l’on parle de sensibilité.

115
- Qu’est-ce que la protéine G et quand intervient-elle?
-> La protéine G (« G » de GTP) est une enzyme qui va synthétiser des seconds messagers, surtout
dans le cadre de récepteurs métabotropes.

SEANCE QUESTIONS-REPONSES
- Les dendrites: reçoivent l’information et la transmettent jusqu’au soma.
-> VRAI.

- Dans ce cours, nous pouvons considérer que « cytosol » et « cytoplasme » sont synonymes,
même si le cytoplasme = cytosol + organites.
- Conductance = capacité à conduire, à laisser passer les ions;
- Résistance = raisonnement inverse.

- Les PPSE sont toujours produits par l’entrée d’ions + dans la cellule.
-> FAUX. 1) Attention: « toujours » est un terme dangereux; 2) Il y a des contre-exemples.

- Les PPSI sont toujours produits par l’entrée d’ions - dans la cellule.
-> FAUX. Un contre exemple: Avec un récepteur GABAB, il y a production d’un PPSI par sortie d’ions
K+ hors de la cellule.

- Tous les récepteurs à des drogues sont des récepteurs prévus pour la reconnaissance de
substances endogènes. Les drogues sont des agonistes exogènes très puissants (bien plus
que les agonistes endogènes).

- Il y a des canaux (par exemple, sodiques) ligand-dép. uniquement au niveau des dendrites et
du soma (pas au niveau de l’axone).
-> FAUX. Contre-exemple: des canaux ligand-dépendants (au Na+ ou à autre chose) peuvent exister
aussi dans des synapses axono-axonales.

- La toxine botulique a pour fonction de détruire le système SNARE du neurone pré-synaptique:


empêchant l’exocytose des vésicules de neurotransmetteurs dans la fente synaptique et
rompant toute communication entre le neurone pré- et post-synaptique.
- Une « inhibition » peut être une inhibition d’une excitation comme celle d’une inhibition.

- LTP hippocampique: coopérativité & associativité (entre les niveaux pré-syn. et post-syn.; par
exemple la NO-synthase, AMPA, NMDA). S’en référer aux notes de cours pour plus de
précisions.

116
- « Phosphatase »: sa fonction: enlever des groupements phosphate. Par exemple, dans la LTP,
le récepteur AMPA se retrouve phosphorylé (par la Cam K II). « Potentiation » = plasticité
synaptique.
Attention: le Ca++ n’active pas la phosphatase, c’est quand il y a peu de Ca++ que les
phosphatases sont activées. (Par contre, le Ca++ peut activer la Cam K II)

- Le réflexe myotatique est considéré comme étant « mono-synaptique »: c’est à dire ne


comptant qu’une seule synapse, où la synapse considérée est celle entre la fibre 1A et le MNα.

- Les récepteurs métabotropes fonctionnent tous en couplage avec une protéine G (on les a
d’ailleurs souvent représentés comme ne formant qu’une seule entité).

- Les canaux Ca++ volt.-dép. s’ouvrent grâce à une dépolarisation.

- Les neurones ne sont pas les seules cellules à pouvoir produire des PA: par exemple, les fibres
musculaires ont sont tout aussi capables.

- Si nous nous sommes concentrés, dans ce cours, à présenter principalement des récepteurs
dendritiques (schéma classique), il faut néanmoins remarquer que le soma et l’axone peuvent
également en compter: respectivement, dans les cas de synapses axono-somatiques et axono-
axonales. Mais toute la membrane n’est pas couverte de récepteurs (surtout au niveau des
dendrites).

- Nous avons dit qu’il y avait des canaux Na+ et K+ volt.-dép. sur l’axone à partir du hile, en
dehors des portions myélinisées de cet axone. Mais qu’en serait-il s’il y avait
démyélinisation, par exemple, dans le cas de la sclérose en plaque?
-> Les portions précédemment myélinisées ne présenteront quand même pas ces canaux; même si la
myéline a été détruite.

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