Vous êtes sur la page 1sur 7

MPSI du lycée Rabelais http://mpsi.saintbrieuc.free.

fr Vendredi 24 janvier 2014

CORRIGÉ DU DEVOIR SURVEILLÉ N˚05

EXERCICE 1
Soit a et b deux réels tels que a < b et f : [a, b] → R une fonction de classe C 2 sur [a, b].
On suppose en outre que :
• f est convexe sur [a, b],
• f ′ est strictement négative sur [a, b],
• f (a) > 0 et f (b) < 0.
Partie I. Étude d’une fonction
1. Par hypothèse, f est continue et strictement décroissante sur [a, b] (car f ′ < 0). D’après le
théorème de la bijection, f réalise une bijection de [a, b] sur [f (b), f (a)]. Or f (b) < 0 <
f (a). Ainsi 0 ∈ [f (b), f (a)] admet-il un unique antécédent par f . On note ℓ cet élément.
N
On introduit la fonction g : [a, b] → R définie par

f (x)
∀x ∈ [a, b], g(x) = x −
f ′ (x)

f (x)
2. x 7→ x est de classe C ∞ sur [a, b], x 7→ est de classe C 1 sur [a, b] comme quotient de
f ′ (x)
telles fonctions dont le dénominateur ne s’annule pas. De plus pour tout x ∈ [a, b], on a

f ′ (x)2 − f (x)f ′′ (x) f (x)f ′′ (x)


g ′(x) = 1 − =
f ′ (x)2 f ′ (x)2
N
f (x)f ′′
(x)
3. On sait que f ′′ ≥ 0. Comme pour tout x ∈ [a, b] g ′ (x) = , le signe de g ′ est celui
f ′ (x)2
de f . Le tableau suivant résume ces propriétés.

x a ℓ b
ց
f (x) 0
ց
g (x)

+ 0 −

g(x) ր ց

1
4. Les fonctions x 7→ |f ′(x)| et x 7→ |f ′′ (x)| sont continues sur le segment [a, b]. D’après le
théorème image continue d’un segment, ces fonctions sont bornées et atteignent leurs
bornes. En particulier, il existe (α, β) ∈ R+ × R+ tels que

∀x ∈ [a, b], |f ′ (x)| ≥ |f ′(α)| et |f ′′ (x)| ≤ |f ′′ (β)|

Comme f ′ < 0, on peut prendre m = |f ′ (α)| > 0 et M = 1 + |f ′′(β)|. Ainsi,

∀x ∈ [a, b], |f ′ (x)| ≥ m et |f ′′ (x)| ≤ M

N
5. Soit x ∈ [a, b]. on a

|g(x) − ℓ| = |g(x) − g(ℓ)| ≤ sup |g ′(t)| |x − ℓ|


t

Le sup étant pris pour t ∈ [x, ℓ] ∪ [ℓ, x]. Or pour tout t ∈ [x, ℓ] ∪ [ℓ, x], on a :

|f (t)|f ′′(t) M
|g ′(t)| = ≤ 2 |f (t)|
f (t)
′ 2 m

On applique alors les IAF à f entre t et ℓ. Il vient

|f (t)| = |f (t) − f (ℓ)| ≤ L|t − ℓ| ≤ L|x − ℓ|

Finalement putting all the things together gives

|g(x) − ℓ| ≤ L |x − ℓ|2

N
Partie II. Étude d’une suite
• u0 = a
Soit (un ) la suite récurrente définie par
• ∀n ∈ N, un+1 = g(un)
1. Montrons par récurrence que n que (un ) est croissante et majorée par ℓ.
• Init. u0 = a ≤ ℓ.
• Héréd. soit n tel que u0 ≤ · · · ≤ un ≤ ℓ. Comme un ≤ ℓ, le tableau de variation
f (un )
de f montre que f (un ) < 0. Par conséquent − ′ > 0, et donc un+1 = g(un ) =
f (un )
f (un )
un − ′ > un . Enfin, le tableau de variation de g montre que un+1 = g(un ) ≤ ℓ.
f (un )
• Ccl OK N
2. D’après le théorème de la limite monotone, la suite (un ) est convergente. On note
k ∈ [a, ℓ] sa limite. On a alors  
un
• g(un ) −
→ g(k) (par TCSC) par continuité de la fonction g en k.
pe-
• un+1 −
→ ℓ comme suite extraite de un .
tit
scéma
2 tri-
an-
gu-
laire
pour
Par unicité de la limite, il s’ensuit que k est un point fixe de g : or

g(k) = k ⇐⇒ f (k) = 0 ⇐⇒ k = ℓ

Par conséquent la suite (un )n∈N converge vers ℓ. N


1
3. Posons K = . Montrons par récurrence sur n ∈ N que
L
 2n
u0 − ℓ
|un − ℓ| ≤ K
K
 Init. lorsque n = 0, on a |u0 − ℓ| ≤ |u0 − ℓ|
1 n
 Hér. soit n ∈ N tel que |un − ℓ| ≤ (L(u0 − ℓ))2 . D’après la question ttt
L
|un+1 − ℓ| = |g(un ) − ℓ| ≤ L|un − ℓ|2
 2
1 2n
≤ L (L(a − ℓ))
L
1 n+1
≤ (L(a − ℓ))2
L
 Ccl. par récurrence on a montré que ...

EXERCICE 2
Partie I. Étude d’une fonction
Soit f : R+ → R, la fonction définie par
ln(1 + 2x)
f (x) = − 1 si x > 0
x
f (0) = 1

1. Par OPA, f est de classe C ∞ sur R+⋆ .


Etudions la continuité de f en 0. On sait que ln(1 + 2x) ∼0 2x, il en résulte que
ln(1 + 2x)
lim+ = 2, puis par OPA, que lim+ f (x) = 1 = f (0). Ce qi prouve que f
x→0 x x→0
est continue en 0.
Ainsi, f est bien continue sur R+ et dérivable sur R+⋆ . N
2. Etudiez les variations de f .
Soit x > 0, on a
x
x 1+2x − ln(1 + 2x) 2x − (1 + 2x) ln(1 + 2x)
f ′ (x) = =
x2 x2 (1 + 2x)
h(2x)
= 2 ,
x (1 + 2x)
où l’on a noté, suivant l’indication de l’énoncé : h(x) = x − (1 + x) ln(1 + x). Comme le
dénominateur est positif, f ′ (x) est du signe de h(2x).

3
Etude du signe de h La fonction h : R+ → R est bien définie et dérivable et pour tout
x ∈ R+ , on a h′ (x) = − ln(1 + x). Ainsi, h est décroissante sur R+ . Comme h(0) = 0, il
s’ensuit que h est négative sur R+ .
On en déduit le Tableau de variation de f

x 0 α +∞
f ′ (x) − − • On a vu que lim f (x) = 1.
+0
1
ց • Par croissances comparées et
f (x) 0 OPA, on a clairement lim f = −1.
+∞
ց
−1
N
+
3. La fonction f : R → R est strictement décroissante et continue. D’après le théorème de
la bijection f réalise une bijection de [0, +∞[ sur ] lim+∞ f, f (0)] =] − 1, 1].
Comme 0 ∈] − 1, 1], il admet un unique antécédent par f dans R+⋆ , noté α.
Nb : on admet que 1 < α < 2. N
Partie II. Étude d’une suite convergente de limite α
Soit (un )n∈N la suite définie par u0 ∈ R+⋆ et la relation de récurrence :

∀n ∈ N, un+1 = ln(1 + 2un )

1. Étudions rapidement la fonction g : R+ → R définie par g(x) = ln(1 + 2x).


Il est clair que g est continue et strictement croissante sur R+⋆ comme composée de telles
applications. On en déduit le tableau de variations de g :

x 0 α +∞
+∞ En particulier, l’intervalle R+ est stable
ր pour g. Par conséquent, la suite (un ) est
g(x) α bien définie à valeurs strictement posi-
ր tives.
0
g(x) − x 0 + 0 −
N
2. On suppose que (un ) est convergente vers ℓ. Alors nécessairement ℓ est un point fixe pour
g ou une extrémité (finie) de R+ . Or pour tout x ∈ R+ , on a les équivalences :

g(x) = x ⇐⇒ ln(1 + 2x) = x


ln(1 + 2x)
⇐⇒ x = 0 ou x > 0 et =1
x
⇐⇒ x = 0 ou x > 0 et f (x) = 0
⇐⇒ x = 0 ou x = α

Ainsi, les seules limites possibles pour (un ) sont 0 et α. N

4
3.a. On suppose dans cette question que u0 ∈]0, α[.
 ]0, α[ est stable pour g comme le montre le tableau de variations. En particulier, la suite

(un ) est à valeurs dans ]0, α[.


 la fonction itératrice g est croissante sur ]0, α[ donc (un ) est monotone.

 la fonction f est positive sur ]0, α[, il en résulte que g(u0 ) > u0 , i.e. u1 > u0 . Par

conséquent, la suite (un ) est nécessairement croissante.


 la suite (un ) est donc croissante et majorée par α. Par le théorème de la limite mono-

tone, il en résulte que (un ) converge vers son sup. Notons ℓ sa limite. D’après la question
2, ℓ ∈ {0, α}. Comme u0 > 0, 0 n’est pas un majorant de la suite (un ). Il en résulte
finalement que la suite (un ) est convergente de limite α. N
b. On suppose dans cette question que u0 ∈ [α, +∞[.
◮ si u0 = α, la suite (un ) est constante égale à α, donc convergente vers α.
◮ si u0 > α.
 ]α, +∞[ est stable pour g d’après le tableau de variation. En particulier, la suite

(un ) est à valeurs dans ]α, +∞[.  la fonction itératrice g est croissante sur ]α, +∞[,
donc (un ) est monotone  sur ]α, +∞[, la fonction f est négative, ainsi f (u0 ) < 0,
ce qui entraı̂ne que g(u0) < u0 . Par conséquent, (un ) est décroissante.  la suite (un )
est donc décroissante et minorée par α. Par le théorème de la limite monotone, il
en résulte que (un ) converge vers son inf. Notons ℓ sa limite. D’après la question 2,
ℓ ∈ {0, α}. 0 n’est pas le plus petit minorant de la suite (un ), il en résulte finalement
que la suite (un ) est convergente de limite α. N

EXERCICE 3
On désigne par n un entier naturel non nul et l’on se propose d’étudier les racines de
l’équation
ln x + x = n (1)
À cet effet, on introduit la fonction f définie sur R+⋆ par

∀x > 0, f (x) = ln x + x
Partie I. Existence des racines de (1)
1. f est continue et strictement croissante comme somme de deux fonctions continues et
strictement croissantes. N
2. D’après le théorème de la bijection, f réalise une bijection de ]0, +∞[ sur ] lim+ f (x); lim [=
x→0 x→+∞
] − ∞, +∞[.

En particulier, tout entier naturel non nul n ∈ N⋆ , admet un unique antécédent par f .
Autrement dit, l’équation (1) admet une unique racine réelle et positive, que l’on note xn .
N
3. Soit n ∈ N⋆ , il est évident que f (xn ) = n est strictement inférieur à n + 1 = f (xn+1 ).
Comme f est strictement croissante, elle préserve les inégalités strictes, de sorte que
xn < xn+1 . En clair, la suite (xn )n∈N⋆ est strictement croissante. N
4. Comme ln 1 = 0, x1 = 1. N

5
5. À main levée ”assistée par ordinateur”
graphe de la fonction f
N

Partie II. Étude de la convergence de la suite (xn )


1. Soit x ∈ R+⋆ d’après l’inégalité des tangentes appliquée à la fonction concave ln au point
1, on a
Pour tout x > 0, ln(x) ≤ x − 1. En particulier, ln(x) < x.
N
2. Soit n ∈ N⋆ , comme xn est la solution de (1), il résulte de l’inégalité ln(xn ) ≤ xn que

xn = n − ln(xn ) ≤ n
xn = n − ln(xn ) ≥ n − xn

D’où je tire l’encadrement


n
∀ ∈ N⋆ , ≤ xn ≤ n
2
N
3. Comme les suites (n) et (n/2) sont toutes deux divergentes vers +∞, d’après le théorème
de divergence par comparaison la suite (xn ) est elle aussi divergente vers +∞. N
Partie III. Développement asymptotique de la suite (xn )
1.
• xn −−−→ +∞
n→∞ ⇒ ln(xn ) = o(xn )
• ln(x) = o(x)
D’après la caractérisation des équivalents par la différence, on a

n = xn + ln(xn ) ∼ xn

N
xn n
2. Remarquons tout d’abord que l’équivalence ci-dessus entraı̂ne que ∼ −−−−→ 1.
xn+1 n + 1 n→+∞
D’après la caractérisation séquentielle de la continuité pour le logarithme, il en résulte
que
xn
lim ln =0
n→+∞ xn+1
. Or, par définitions de xn et de xn+1 , nous avons
 
xn
xn+1 − xn = n + 1 − ln xn+1 − n + ln xn = 1 + ln
xn+1

Par opérations algébriques, j’en déduis que xn+1 − xn est convergente de limite 1. N
n − xn
3. On définit pour tout entier naturel non nul n ∈ N⋆ , un = .
ln n

6
a. Soit n ∈ N⋆ . Par définition de xn , nous avons :

n − xn ln xn − ln n ln(xn /n)
un − 1 = −1= = .
ln n ln n ln n
N
xn
b. Ainsi que nous l’avons prouvé précédemment, xn ∼ n. Autrement dit, lim = 1.
n→+∞ n
Par la caractérisation séquentielle de la continuité pour le logarithme, il en résulte que
lim ln xn /n = 0. Comme ln n est divergente vers +∞, il vient finalement (par opérations
n→+∞
algébriques) :
lim un = 1
n→+∞

N
c.
ln(xn /n) ln(1 − 1 + xn /n)
un − 1 = =
ln n ln n
Faisons le changement de variable
!
• hn = −1 + xn /n −−−→ 0 xn − n ln(xn )
n→∞ ⇒ un − 1 ∼ =−
• ln(1 + h) ∼0 h n ln n n ln n

Comme de plus xn ∼ n −−−→ +∞, il en résulte que ln xn ∼ ln n. Il en résulte finalement


n→∞
que
1
1 − un ∼
n
N
4. Par définition de un et l’équivalence ci-dessus, il existeune fonction ε définie au voisinage
de 0 telle que lim ε(x) = 0 et , pour tout entier supérieur ou égal à 2 :
x→0

1 − un = 1/n + 1/nε(1/n)
n − xn
Comme un = , j’en déduis que
ln n
ln n ln n
xn = n − ln n + + ε(1/n).
n n
N

Vous aimerez peut-être aussi