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111 – INTRODUCTION AU DROIT

2013-2014
Application 7
Séance 24

Application de la série 01 à la série 04 incluses du cours à distance

Révisions

Marielle MARTIN

Institut National des Techniques Economiques et Comptables


40, rue des Jeûneurs
75002 PARIS

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Accueil pédagogique : 01.58.80.83.34 ou 01.58.80.83.57
111 – Introduction au droit – 2013/2014

I- ETUDE DE SITUATIONS PRATIQUES :

1) Condamnée pour le délit pénal de vol par le tribunal correctionnel puis, la semaine
dernière, par la Cour d’appel, Madame X. entend former pourvoi en cassation en
invoquant le fait que les juridictions se sont prononcées notamment au vu de son
dossier médical qui contenait des informations à caractère secret.

Certes, l’article 427 alinéa 1er du Code de procédure pénale dispose que : « Hors les
cas où la loi en dispose autrement, les infractions peuvent être établies par tout mode
de preuve et le juge décide d’après son intime conviction ».

Mais Madame X. compte baser son pourvoi sur l’article 8 de la Convention de


Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales (Convention
européenne des Droits de l’Homme) qui énonce :

« 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et


de sa correspondance.
2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que
pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une
mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale,
à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à
la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale,
ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

Pensez-vous que Madame X. puisse obtenir gain de cause ?

2) Monsieur SUCCES est l’heureux propriétaire d’un fonds de commerce en plein essor
dont la renommée est essentiellement bâtie autour de la marque « Prestig » qu’il a
créée.

Il veut aujourd’hui prendre sa retraite et envisage de vendre séparément les éléments


de son fonds à deux acheteurs différents de la façon suivante : il vendrait à l’un la
marque, également constitutive du nom commercial ; tandis qu’il vendrait à l’autre : la
clientèle, les marchandises et le matériel.

Qu’en pensez-vous ?

3) À la fin de l’année dernière, Monsieur BONPERE a, par acte notarié, cédé à son fils la
nue-propriété d’un bâtiment, en s’en réservant l’usufruit jusqu’à son décès.

Sollicité il ya deux jours par un commerçant qui aimerait s’installer au rez-de-


chaussée de ce bâtiment, Monsieur BONPERE est très tenté de conclure avec ce
commerçant le bail commercial que ce dernier lui demande.

Monsieur BONPERE a-t-il le pouvoir de conclure ce bail ?

4) Madame BERNEE est furieuse. En effet, elle a commandé et payé d’avance un


appareil de climatisation ; lequel ne lui a toujours pas été livré, trois mois après le
délai convenu et en dépit des mises en demeure adressées au fournisseur.

La bonne foi du fournisseur lors de la formation du contrat n’est pas en cause, mais
Madame BERNEE entend mettre fin au retard de celui-ci en le menaçant de
l’exception d’inexécution. Est-ce une bonne idée ?

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II - COMMENTAIRES DE DOCUMENTS :

A) Répondre aux questions posées après la décision de justice ci-après reproduite :

Cass. 2ème civ., 22 février 2007 ; SA Le Casino de Trouville-sur-Mer c/ M. Frédéric


Antypas.

LA COUR (…) – Vu l’article 1382 du code civil ;

Attendu qu’une victime ne peut obtenir la réparation de la perte de ses rémunérations


que si celles-ci sont licites ;

Attendu, selon le jugement attaqué, que M. Antypas interdit de jeux à sa demande,


depuis 1991, a continué à fréquenter le Casino de Trouville-sur-Mer, malgré cette
interdiction dont il n’a jamais demandé la levée ; que, le 12 avril 2005, il a gagné une
somme de 4 000 euros en jouant aux machines à sous ; qu’alors qu’il tentait
d’encaisser cette somme par l’intermédiaire d’une tierce personne, le casino,
s’apercevant de cette manœuvre, a refusé de lui payer ses gains ; qu’il a assigné la
société du Casino de Trouville-sur-Mer (la société) en paiement d’une certaine
somme ; que la juridiction de proximité a, par jugement du 1er juillet 2005, ordonné la
réouverture des débats pour que les parties produisent toutes pièces pouvant attester de
la présence de M. Antypas au casino de Trouville-sur-Mer dans le courant des années
2002 à 2005 ; que M. Antypas a versé aux débats des notes d’hôtels qui établissaient
sa présence à Trouville-sur-Mer en 2002, 2004 et 2005 ;

Attendu que, pour condamner la société à payer à M. Antypas une somme à titre de
dommages-intérêts, le jugement retient qu’il est établi par diverses pièces au dossier
que M. Antypas avait séjourné plusieurs fois à Trouville-sur-Mer durant ces dernières
années ; que sa présence dans la salle des machines à sous et le fait qu’il ait pu jouer
sont révélateurs d’une faute de la société, celle-ci ayant enfreint l’obligation
d’interdiction de jeux de certaines personnes qui pesait sur lui ;

Qu’en statuant ainsi, après avoir relevé que le contrat de jeu liant M. Antypas à la
société étant nul, celui-ci devait être débouté de sa demande de paiement de son gain,
la juridiction de proximité, qui n’a pas tiré les conséquences légales qui s’évinçaient
de ses propres constatations, a violé le texte susvisé ;

Par ces motifs, (…) :


Casse et annule, dans toutes ses dispositions, le jugement rendu le 7 novembre 2005,
entre les parties, par la juridiction de proximité de Pont-l’Evêque ; remet, en
conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit
jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant la juridiction de proximité de
Caen ; (…).
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1) Quelle est la juridiction qui rend cette décision ? Quand ? Qui sont les parties
(demanderesse, défenderesse) à ce stade de la procédure ?

2) Quels étaient les faits dans cette affaire ?

3) Quelle est la décision attaquée à ce stade de la procédure ? (Par quelle juridiction


a-t-elle été rendue ? Quand ? En faveur de qui cette juridiction s'était-elle
prononcée ?)

4) Quel est le point de droit soulevé dans cette affaire ?

5) Sur quel moyen (argument) la partie demanderesse centre-t-elle son recours


devant la juridiction qui rend la décision reproduite ?

6) Dans quel sens statue la juridiction qui rend la décision étudiée ? (Qui l'emporte ?
Selon quels motifs : en d'autres termes, quels sont les arguments de la
juridiction ?)

7) Quel est le dispositif ? (solution retenue par la juridiction quant à la suite du


procès).

B) Commenter cet extrait de l’article 1842 du Code civil :

« Les sociétés […] jouissent de la personnalité morale à compter de leur


immatriculation.

Jusqu’à l’immatriculation, les rapports entre les associés sont régis par le contrat de
société et par les principes généraux du droit applicable aux contrats et obligations ».

III - QUESTIONS DE COURS :

1) Comparer le fait générateur de responsabilité civile et le fait générateur de


responsabilité pénale.

2) À quel moment le tribunal doit-il se placer pour apprécier les conditions d’ouverture
d’une procédure de sauvegarde ?

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