Vous êtes sur la page 1sur 18

La ‘’Cancel Culture’’

Objectifs grammaticaux :
- argumenter : exprimer la cause / la conséquence / le but.
- adverbes qui expriment la cause et la conséquence
Objectifs culturels / lexicaux :
- comprendre la lente arrivée de la cancel culture en France.

- Doit-on abandonner nos traditions quand elles sont offensantes ?

- On nous dit souvent que nous avons un ‘’devoir de mémoire’’. Qu’en


pensez-vous ?

- Y-a-t-il un délai de prescription sur nos actes ou paroles passés ?

- J.K Rowling a été boycottée pour des propos sur les personnes transgenres.
Qu’en pensez vous ?

I. Compréhension Orale

https://www.youtube.com/watch?v=50tOKG45WfY
1. Le professeur William Marx est-il pour ou contre la cancel culture ?
Pourquoi ?

2. Pourquoi, toujours selon lui, est-ce une ‘’grave erreur’’ des


militants anti-racistes de s’attaquer à des statues des philosophes
des Lumières ?

3. Comment explique-t-il que ce mouvement vient des USA ?

4. Que s’est-il passé quand l’empire romain est devenu chrétien ?

5. L’auteur Basile de Césarée propose une ‘’lecture allégorique’’ du


paganisme. En quoi cela consiste-t-il ?

II. Compréhension écrite

ACTUALITÉS

Comment la "cancel culture" se développe tardivement


en France
Par Cécile de Kervasdoué

Faut-il boycotter et remplacer les artistes coupables d'agressions


sexuelles, de viol, de pédocriminalité, comme le sont les artistes reconnus
coupables de meurtre ? Avec retard, cette tendance à la dénonciation
publique, venue des Etats-Unis, s'invite dans le débat culturel en France.
Explications.
Manifestation devant le cinéma parisien Le Champo organisée par des féministes le 12
novembre 2019, à l'occasion d'une avant-première de "J'accuse". La projection du film
de Roman Polanski sera annulée.• Crédits : Amaury Cornu / Hans Lucas - AFP

Culture de l'interpellation, culture de la dénonciation, culture de l'humiliation


publique ou bien culture de l'annulation et du rééquilibrage. Il n'existe pas
de traduction française de la "cancel culture". Pourtant, des Etats-Unis à
l'Australie, en passant par l'Inde ou les pays du Golfe, l’occurrence "cancel
culture" est une des expressions les plus utilisées dans les médias
anglophones de l'année 2019. Le prestigieux dictionnaire Macquarie, la
référence en langue anglaise australienne, en a même fait son mot de
l'année 2019.

Durant toute la dernière décennie, la pratique de la "cancel culture" a


animé de multiples débats dans la plupart des pays anglophones : quel est
son objectif, est-ce que cela fonctionne et laisse des traces, est-ce que
cette culture du "cancel" ne va pas trop loin ? Pendant ce temps là, en
France, on en est au balbutiement d'un concept dont la pratique est
pourtant déjà bien implantée. Explications.
Une tendance de fond

Ce chanteur a tenu des propos sexistes ? Cancel ! Ce spectacle utilise-t-il


des ressorts racistes ? Cancel ! Ce tweet est grossophobe ? Cancel ! Sur
les réseaux sociaux, et au sein de divers collectifs militants, la culture du
cancel se répand. Devant un comportement que l'on juge inacceptable, on
appelle à la disparition d'une personne, d'un spectacle, d'un écrit, afin de le
faire oublier. Pour y parvenir, on demandera à son réseau de nous soutenir
et de partager nos arguments afin de créer une actualité qui sera reprise
dans les médias.

Cette pratique est à l'origine de la vague MeToo, qui est partie des réseaux
sociaux à l'automne 2017. Elle s'est développée dans une grande ampleur
avec ce mouvement qui dénonçait les agressions sexuelles, les viols et la
pédocriminalité ; mais elle ne s'arrête pas à la simple dénonciation et
surtout elle peut avoir plusieurs types de conséquences. Pour certaines
personnes et certains internautes, il s'agit de boycotter des personnalités et
des œuvres.

D'autres ont une vision plus positive et préfèrent d'ailleurs traduire "cancel
culture" par le terme annulation et surtout remplacement, rééquilibrage.
C'est le cas de l'universitaire, spécialiste du cinéma et des séries, Iris Brey,
dont le livre le Regard féminin, sortira en février 2020 aux éditions de
l'Olivier.

Il s'agit de mettre en avant plus d’œuvres réalisées par des femmes pour
remplacer celles réalisées par des hommes. De célébrer un matrimoine,
souvent annulé par notre culture qui a toujours mis les hommes en avant
au détriment des femmes. Dans mes cours, je préfère donc par exemple
utiliser Cléo de 5 à 7, d'Agnès Varda, plutôt qu'À bout de souffle de Jean
Luc Godard qui a une manière de filmer extrêmement genrée. Je veux
montrer qu'il y a une autre manière de représenter les femmes.
Iris Brey, universitaire et critique de cinéma

En France, dès les prémisses du mouvement MeToo, et dans le flot


international de dénonciations de harcèlement et d'inconduite sexuelle, une
féministe du collectif contre le cyberharcèlement tenait aussi une liste sur le
réseau social Twitter de tous les artistes connus en France dénoncés
comme coupables d'agressions sexuelles sur mineurs.

Sous les mots clés #balancetonagresseur ou #agresseurluiaussi, elle


dressait un catalogue d'artistes américains comme Woody Allen, Kirk
Douglas, Marlon Brando, Klaus Kinski, Jerry Lee Lewis ou Bill Cosby mais
aussi des artistes français ou travaillant en France comme le réalisateur
Luc Besson, le chanteur Jean-Luc Lahaye, le photographe David Hamilton,
le musicien Ibrahim Maalouf et bien sûr le cinéaste Roman Polanski. La
liste est très longue et concerne tous les secteurs artistiques.

Pourtant, en 2017, cette liste passe presque inaperçue et il faut attendre


2019, avec l'affaire de l'écrivain Gabriel Matzneff ou du réalisateur
Christophe Ruggia pour qu'elle resurgisse.

Pourquoi ce délai ?

Une pratique née il y a plus de 400 ans aux


Etats-Unis
Aux Etats-Unis, la culture de la délation est très présente. A l'image des
affiches "wanted" dans les westerns, la conquête de l'Ouest ne
s’embarrassait pas de justice : sans vrai procès, sans vraie défense, on
était vite pendu. Ce réflexe n'a pas disparu dans le pays, explique
Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l’Université de Paris II Assas
(Panthéon-Assas) et spécialiste de la politique et de la société américaine.
Sauf qu'aujourd'hui, il concerne la pédophilie :

Quand une personne condamnée pour pédophilie s'installe dans un


quartier, il arrive que ses voisins placardent des affiches dans les rues avec
son nom et les faits pour lesquels il a été condamné. Cela n'est pas du tout
considéré comme du harcèlement. La personne est obligée de déménager,
jusqu'au jour où de nouveaux voisins découvrent à leur tour son passé.
Avec l'émergence des réseaux sociaux, il est encore plus compliqué
d'échapper à ces « Wanted » de l'âge numérique.

Jean-Eric Branaa, politologue spécialiste des Etats-Unis, maître de


conférences à l’Université de Paris II Assas

Cette pratique ne choque pas outre-Atlantique car elle est intégrée dans
une tradition politique et religieuse qui remonte aux origines de la nation
américaine, explique le chercheur. À l'arrivée des premiers puritains, la
dénonciation était même une vertu. Au sein des gouvernements locaux
appelés "caucus", auxquels tous les citoyens participaient, il fallait tout
dénoncer en public, par exemple les adultères. C'est dans ce cadre puritain
qu'eut lieu le « procès des sorcières de Salem » en 1692 dans le
Massachusetts, qui conduisit à l'exécution de 25 personnes, accusées de
sorcellerie. Aujourd'hui encore, considère Jean-Eric Branaa, ce type de
réflexe perdure dans le pays avec l'idée que "si vous ne voulez pas qu'on
dise du mal de vous, faites le bien tout le temps". Cette culture de la
délation se fonde donc sur "une vertu religieuse de redresseur de tort et
sur une dichotomie entre le bien et le mal, qui divise le monde entre les
méchants et les gentils." ajoute encore Jean-Eric Branaa.
Mais en Europe et particulièrement en France, le contexte est tout différent
et le culte de la transparence beaucoup moins ancré. La dénonciation des
Juifs durant la collaboration du régime de Vichy pendant la Seconde
Guerre mondiale a laissé de lourdes traces et l'acte de dénonciation n'est
plus considéré comme "un geste citoyen". En France, contrairement aux
Etats-Unis où la liberté d'expression est un des fondements de la
Constitution, il faut des preuves pour accuser quelqu'un et la justice prend
donc le pas sur la dénonciation publique. C'est pour cette raison que les
formes d'expression du féminisme américain sont très éloignées des
françaises. Pour cette raison également que la France est très en retard
sur les questions d'égalité entre les hommes et les femmes.

La France a toujours eu du retard dans l'émancipation des femmes, même


au moment de l'affaire Weinstein qui a déclenché la vague MeToo. J'en
veux pour preuve la tribune que l'on a appelé la Tribune Deneuve à
l'époque, dans laquelle l'actrice réclamait la liberté d'être importunée ;
c'est-à-dire qu'elle défendait ce vieux code de domination que l'on appelle
la "galanterie à la française" et qui passe par le fait de se faire siffler dans
la rue, de subir une main aux fesses, etc. C’était une tribune complètement
ringarde, mais qui disait en elle-même combien le système de domination
des hommes sur les femmes est encore très fort en France,
particulièrement dans le milieu culturel.

Laure Murat, professeur à l'université de Californie Los Angeles, spécialiste


des questions de genres

Un retard typiquement français

"Tout le monde savait" ! l'argument ressort tant dans l'affaire Christophe


Ruggia dénoncé par Adèle Haenel que dans celle de Gabriel Matzneff et
Vanessa Springora. Dans les deux cas, les deux femmes n'ont pas cherché
l'aide de la Justice mais ont préféré mettre leurs accusations sur la place
publique. Dans les deux cas, l'actrice et l'éditrice n'ont pas juste voulu
dénoncer un homme, elles ont dénoncé un système, un milieu, voire la
société française, qui ont couvert les attouchements et les viols qu'elles ont
subis alors qu'elles avaient moins de 15 ans.

Beaucoup d’arguments ont pu servir d'alibi à ce consentement de la


société face aux abus pédophiles dont elles ont été victimes. "C'était une
autre époque", "on ne savait pas quoi faire", et bien sûr l'argument servi
dans l'affaire Polanski du "c'est un grand artiste, son œuvre doit primer".

Mais tout cela ne tient plus ! Dans les manifestations contre les féminicides
de novembre dernier, il y avait cette pancarte : Et Marie Trintignant, c'est
l'actrice ou la femme qui est morte ?

Laure Murat, professeur à l'université de Californie Los Angeles, spécialiste


des questions de genres

Pour la chercheuse Laure Murat, c'est l'ampleur de la remise en cause que


ces affaires supposent qui explique l'ampleur du déni français et
l'attentisme de la société. Selon elle, le contrat social, inventé au XVIIIe
siècle par les philosophes français, s'appuie en réalité sur un contrat
sexuel qui instaure la domination de l'homme sur la femme. La femme est
alors réduite à une mineure sans droits et cette inégalité fondamentale va
être masquée par ce qui va s'appeler la "galanterie à la française".

"Ce mythe construit de toute pièce va, au fur et à mesure de l'émancipation


des femmes devenir un alibi pour maintenir l'inégalité originelle et la
domination des hommes sur les femmes et sur les enfants". En France,
explique encore Laure Murat, il se teinte en plus d'un autre mythe : celui de
l'Universalisme. "Car l'universalisme, qui s’appuie en théorie sur la
promotion d'un citoyen neutre, est en fait un système dans lequel le sujet
neutre est un masculin, blanc, hétérosexuel et riche !" Et Laure Murat
ajoute ce mythe : "il n'y a qu'à regarder l'Assemblée nationale pour le voir à
l'oeuvre".

C'est ce paradigme que les femmes demandent à changer aujourd'hui. Elle


ne veulent pas plus de droit, dans la lignée de la révolution sexuelle ; elles
veulent changer le contrat social ! Elles ne demandent pas plus de liberté,
elles demandent l'égalité ! La voilà, la révolution en cours !

Laure Murat, professeur à l'université de Californie Los Angeles, spécialiste


des questions de genres

Une révolution politique qui s'appuie sur une révolution numérique, rajoute
la chercheuse. Car c'est grâce aux réseaux sociaux que la parole des
femmes abusées a pu être visible. Des centaines de millions de femmes
ont décrit la même chose provoquant non seulement une libération de la
parole mais surtout "une libération de l'écoute".

Un tournant dans le féminisme : vers une


érotisation de l'égalité

Le mouvement MeToo a révélé que par-delà l'émancipation des femmes,


acquise avec la révolution sexuelle des années 1970, les abus sexuels sur
les femmes perduraient. Preuve que la révolution sexuelle s'était arrêtée
en chemin. La philosophe et professeure de sciences politiques à
l'Université de Reims Camille Froideveau-Metterie explique que des deux
volets de cette révolution sexuelle, seul celui de la liberté a pu être mis en
oeuvre. Les femmes ont obtenu des droits pour disposer de leur corps,
avoir une autonomie financière, l'accès à toutes les professions. Mais,
dans l'intime, la domination de l'homme a perduré.
Aujourd’hui, dans la vie sociale, les femmes peuvent aspirer à être des
hommes comme les autres. Mais elles restent dans leur vie sexuelle et
intime des corps à disposition. C’est cela que change MeToo. Ce n'est pas
seulement la dénonciation des violences sexuelles, c'est en même temps,
l'aspiration à une sexualité libre et égalitaire fondée sur le consentement.
Or, le consentement est d'abord la reconnaissance de la singularité du
désir de chacun. MeToo déconstruit donc le script dominant d'une relation
sexuelle, à savoir : les préliminaires sont faits pour préparer la pénétration
et lorsque l'homme éjacule, c'est-à-dire lorsqu'il a du plaisir, la relation
s'arrête. Ce script, les femmes n'en veulent plus.

Camille Froideveaux-Metterie, philosophe, professeure de sciences


politiques à l'Université de Reims

C'est ainsi que depuis des mois sur les réseaux sociaux français mais
aussi, en cette rentrée littéraire 2020, dans de multiples publications, des
femmes dénoncent toutes les représentations genrées du corps féminin
dans la culture et les relations sexuelles vues et présentées presque
exclusivement d'un point de vue masculin. Le cinéma, en ce sens, est
particulièrement exposé aux critiques.

De manière très majoritaire, la plupart des œuvres culturelles sont des


œuvres d'hommes blancs aisés. Il est urgent de rééquilibrer les choses. Au
cinéma, la plupart des films vous proposent une histoire vue d'un point de
vue masculin. Or, il existe un regard féminin qui permet au spectateur
d'arrêter de simplement regarder l'héroïne comme un objet mais d'être
avec elle, de rentrer dans une expérience féminine, de ressentir ce que
l'héroïne traverse. Malheureusement, cela est très rare sur nos écrans ! Or,
si un homme peut ressentir ce que ressent une femme, cela peut changer
beaucoup de choses dans notre société.

Iris Brey, universitaire et autrice de Le regard féminin, une révolution à


l'écran
I Le cinéma, véhicule d'une culture du viol ?

Pour l'universitaire, le milieu culturel empêche aujourd'hui les femmes


réalisatrices d'accéder à la notoriété et de produire ce fameux regard
féminin indispensable pour lutter contre les stéréotype, instaurer plus
d’égalité et surtout lutter contre les violences sexuelles.

La plupart des spectateurs n'ont pas conscience de l'influence qu'a le


cinéma sur leur comportement sexuel. En France, nous vivons dans une
véritable culture du viol où le viol est montré comme un acte social
banalisé, voire virilisé, alors que c'est un crime ; où les agresseurs dont
certains sont reconnus coupables de viol sur des enfants, comme Roman
Polanski, sont célébrés, décorés, défendus par le milieu de la culture
contre une soi-disant persécution féminine. Dans des séries comme Game
of Thrones, le viol est même érotisé, comme s'il fallait être tous et toutes
excités par ce qui représente une violence faite à une femme.

Iris Brey
Une affiche de la saison 2 de la série Sex Education• Crédits : Cécile de Kervasdoué -
Radio France

Le changement est pourtant en cours dans le champ des séries et il vient


des Etats-Unis. Des séries comme Sex Education ou encore la Servante
écarlate tentent de changer de paradigme. Dans cette mise à l'écran du
livre de Margaret Atwood, le public assiste à des scènes de viol mais
toujours du point de vue de la femme, avec une voix off qui raconte
comment elle traverse psychiquement et physiquement cette épreuve.

Beaucoup d'hommes trouvent la série insoutenable parce que pour la


première fois ils sont mis face-à-face avec la réalité de ce qu'est un viol. Il
faut faire la même chose pour le désir des femmes, instaurer ce
changement de regard et de ressenti qui deviendra enfin pour tous, les
hommes et les femmes, réjouissant.

Iris Brey

Mais pour cela il faudrait que les femmes cinéastes ne soient pas sans
cesse exclues de la scène culturelle. Alors que les écoles de cinéma
forment autant de réalisatrices que de réalisateurs, les femmes derrière la
caméra ne représentent que 23% de la profession. Cette année encore,
aucune femmes n'est même nominée à l'Oscar du meilleur film. Un état de
fait largement dénoncé dans la "cancel culture".

Vocabulaire

un balbutiement continuer
un paradigme Rubrique d'un journal ou d'un autre
média réservée à une personne qui
n'appartient pas à l'équipe de rédaction.

une tribune débuts maladroits


le déni courant de pensée, représentation
du monde
perdurer refus de reconnaître quelque chose

Questions de Compréhension

1. La Cancel culture s’est développée aux Etats-Unis parallèlement à


quel mouvement ?
2. Pour certains, la cancel culture signifie un boycott d’une œuvre ou
d’une personnalité. Il existe une vision plus ‘’positive’’ développée par
l’universitaire Iris Brey. Pouvez-vous expliquer en quoi cela consiste
?

3. Très présente aux états-unis, la cancel culture ne se développe que


très lentement en France. Comment l’expliquer ?

4. Qu’est-ce que le mouvement ‘’me too’’ apporte de plus par rapport à


la révolution sexuelle des années 1970 ?

5. Pourquoi Iris brey accuse le cinéma de ‘’véhiculer la culture du viol’’ ?

6. Que faudrait-il faire, selon elle, pour que cela change ?


Les adverbes de conséquence

Les adverbes peuvent introduire une conséquence dans une proposition indépendante. La cause et la
conséquence peuvent donc alors s’exprimer au travers de deux phrases différentes.

En conséquence : utilisé en langage administratif. Introduit une conséquence à caractère public.


Exemple : Vous avez commis un meurtre. En conséquence, vous êtes condamné à trente ans de
prison.

Par conséquent : introduit une conséquence dans un enchainement de faits ou d’idées.


Exemple : Tu n’as que 16 ans. Par conséquent, tu n’as pas le droit d’acheter d’alcool.

Dès lors : introduit une conséquence datée que l’on présente comme une exactitude.
Exemple : Il a vécu un accident d’avion. Dès lors, il n’a jamais pu remonter dans un avion.

de là/ d’où : introduit une conséquence insistant sur la temporalité, l’aspect successif de la cause et
de la conséquence. Introduit un élément argumentatif découlant logiquement du ou des éléments
précédents.
Exemple : Tu as de la boue sur tes chaussures et de la terre sous tes ongles. De là (d’où) je conclue
que tu viens du jardin.

C’est pourquoi,
Aussi : introduisent une conséquence logique.
Exemple : Il a un rendez-vous important demain matin. C’est pourquoi il doit se coucher tôt ce soir.
Le CO2 provoque un effet de serre important sur Terre, aussi nous devons faire attention à ne pas en
produire trop.

Ainsi / alors : introduit une conclusion, la conséquence logique des faits ou des idées précédemment
évoqués. Ces mots peuvent introduire la proposition ou être placés après le verbe.
Exemple : J’étais à une fête chez des amis hier soir, alors je n’ai pas pu commettre ce meurtre.
Il parle avec un microphone, ainsi même les élèves du fond de l’amphithéâtre peuvent l’entendre.

comme ça : introduit une conséquence négative ou contraignante pour la personne concernée. Son
utilisation est plutôt orale.
Exemple : L’année prochaine tu entreras en pension, comme ça tu seras obligé de travailler.

du coup : introduit une conséquence découlant d’une cause inattendue, présentée comme une
alternative.
Exemple : Il a décidé de ne pas venir, du coup nous pouvons inviter une autre personne.

Introduisez une conjonction de coordination entre deux de ces phrases pour exprimer
explicitement une conséquence

- Il faut vraiment que nous nous rencontrions. Tu ne peux pas venir me voir. J’irai chez toi ce soir.

A l’aide d’un adverbe, exprimez une idée de conséquence avec les propositions suivantes

- Nous devons acheter une nouvelle voiture. Nous n’avons plus d’argent pour partir en vacances cette
année.
- Il a provoqué le meurtrier. Son destin était scellé.
- Tu as eu de mauvaises notes, tu es insolent avec les professeurs, tu refuses de nous obéir, tu n’iras
pas au cinéma avec tes amis ce soir.
- Le film était nul. Je me suis endormi.

Transformez ces phrases en introduisant une préposition qui exprime la conséquence

- Tu as laissé trop longtemps le poulet dans le four. Le poulet est totalement brûlé.
- Il fait trop beau aujourd’hui. Nous ne pouvons pas rester à la maison.
III. Production écrite

Vous êtes un collectif anti-raciste et vous avez vandalisé la statue


de Léopold II, roi de Belgique colonialiste. Vous êtes convoqué
au tribunal, préparez votre défense.

ou
Vous êtes un journaliste et vous écrivez une tribune pour
dénoncer les effets néfastes de la cancel culture.