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Amortissements

L'amortissement est une notion comptable qui a pour objet de constater la


dépréciation subie par une immobilisation en raison de l'usure ou du temps.

Ex. : une entreprise inscrit à son bilan en 2010 un véhicule pour une valeur de 9 000
euros (valeur d'achat). En 2011, le véhicule aura perdu de sa valeur.
L'amortissement permet de prendre en compte chaque année la perte subie par
l'entreprise du fait de cette dépréciation.

Fiscalement, les amortissements régulièrement pratiqués au cours d'un exercice


viennent en déduction du bénéfice imposable.
L'objectif poursuivi est de reconstituer un capital pour permettre le remplacement des
immobilisations.
Tout entrepreneur individuel ou société peut amortir les immobilisations inscrites au
bilan de l'entreprise.

• Les conditions à réunir pour amortir


• La durée et le taux d'amortissement
• Les méthodes d'amortissement

Les conditions à réunir pour amortir

Trois conditions doivent être réunies pour amortir un bien :


Ne peuvent être amorties que les immobilisations corporelles ou incorporelles,
c'est-à-dire les biens destinés à rester durablement dans l'entreprise.
Les immobilisations doivent être inscrites à l'actif du bilan.
Le bien doit se déprécier par l'usure ou le temps.

Éléments amortissables Éléments non amortissables

Immobilisations incorporelles Immobilisations incorporelles

- Frais d'établissement (sur 5 ans) - Fonds de commerce


- Frais de recherche (sur 5 ans) - Droit au bail
- Brevets, licences (sur 5 ans) - Marques

Immobilisations corporelles Immobilisations corporelles

- Constructions (20 à 50 ans) - Terrains


- Installations techniques (5 à 10 ans) - Oeuvres
- Agencements, aménagements (10 à 20
ans)
- Matériel de transport (4 à 5 ans)
- Matériel de bureau, mobilier (5 à 10 ans)
- Micro-ordinateurs (3 ans)

Précision : si un ou plusieurs éléments de l'actif sont utilisés à des fins différentes ou s'ils
procurent des avantages économiques à l'entreprise selon un rythme différent, l'entreprise est
tenue de répartir le coût des immobilisations en fonction de ses différentes composantes.
Chaque élément est alors amorti selon un plan d'amortissement qui lui est propre. Il s'agit de
la méthode d'amortissement par composants.

La durée et le taux d'amortissement

Le taux d'amortissement est fonction de la durée habituelle d'utilisation du bien (cf.


tableau ci-dessus).
Toutefois, il est possible de pratiquer l'amortissement sur une période plus courte si
des conditions particulières d'exploitation le justifient.

Par ailleurs, pour favoriser le développement de certains investissements, une durée


d'amortissement plus courte (sur 12 ou 24 mois selon les cas) peut s'appliquer à
certains biens. Il s'agit de l'amortissement exceptionnel. Sont notamment concernés
les logiciels, les matériels destinés à économiser l'énergie.
Précision : les biens d'occasion, acquis par une entreprise ou apportés en nature lors
de sa constitution, peuvent être amortis (uniquement selon le mode linéaire) en
appliquant un taux déterminé en fonction de la durée probable de leur utilisation,
appréciée à la date d'achat ou d'apport de ces biens.

L'amortissement est calculé, en principe, à partir de la valeur d'acquisition brute du


bien (ou valeur d'apport, si c'est le cas). La base de calcul de l'amortissement de
certains biens peut être plafonnée (voitures de tourisme, par exemple).

Les méthodes d'amortissement

L'entreprise ou la société peut amortir selon le mode linéaire ou dégressif.

L'amortissement linéaire

Cela consiste à déterminer une annuité constante d'amortissement tout au long de la


période d'utilisation du bien.
Cette annuité est calculée en appliquant au prix de revient des éléments à amortir le
taux d'amortissement déterminé en fonction de la durée d'utilisation du bien.

Ex. : une entreprise acquiert en février 2010 une automobile pour un prix de 9 000
euros dont la durée d'utilisation est de 5 ans. Le véhicule est immédiatement mis en
service.
Le taux d'amortissement linéaire est de 5 ans. L'annuité d'amortissement est par
conséquent de 1 800 euros.
Toutefois, en raison de l'achat du bien en cours d'année, la première annuité au titre
de 2010 devra être réduite prorata temporis (la réduction se calcule en jours sur une
base de 30 jours par mois).
En 2010, la dotation aux amortissements sera de 1 800 x 330/360 = 1 650 euros. Au
titre des années suivantes, l'annuité est de 1 800 euros.

Ce mode d'amortissement peut s'appliquer à tous les biens amortissables, mais il est
obligatoire pour les biens suivants :

les biens d'occasion,


les biens non admis au bénéfice de l'amortissement dégressif (par exemple, les
véhicules de tourisme*),
et, les biens dont la durée d'utilisation normale est inférieure à trois ans.

L'amortissement calculé selon le mode linéaire correspond à l'amortissement


minimum obligatoire à pratiquer au cours d'un exercice pour un bien amorti.

(*) Les véhicules de tourisme, c'est-à-dire les voitures particulières, peuvent donner
lieu à un amortissement fiscalement déductible dans la limite de 9 900 euros pour les
véhicules ayant un taux d'émission de dioxyde de carbone supérieur à 200g/km mis
en circulation à compter du 1er juin 2004, et 18 300 euros pour les autres véhicules.

L'amortissement dégressif

Le système dégressif consiste à pratiquer des annuités d'amortissement plus


importantes les premières années afin d'encourager les entreprises à investir.
L'amortissement dégressif est réservé aux biens neufs ayant une durée d'utilisation
d'au moins trois ans et appartenant à l'une des catégories de biens définies par le
code général des impôts.

Par exemple, ne peuvent être amortis selon cette méthode : voitures de tourisme,
camionnettes, matériel nécessaire à l'exploitation d'un atelier photographique, etc.

Le taux de l'amortissement dégressif s'obtient en multipliant le taux de


l'amortissement linéaire par un coefficient qui varie selon la durée normale
d'utilisation du bien :

durée normale d'utilisation égale à 3 ou 4 ans : 1,25


durée normale d'utilisation égale à 5 ou 6 ans : 1,75
durée normale d'utilisation supérieure à 6 ans : 2,25

Précision : les matériels et outillages utilisés pour des opérations de recherche


scientifique et technique ouvrant droit au crédit d'impôt recherche bénéficient sous
certaines conditions d'un amortissement dégressif majoré.

Le taux obtenu, dit "taux constant" s'applique la première année sur la valeur
d'origine du bien, puis, à partir du 2ème exercice, sur la valeur résiduelle comptable
du bien, c'est-à-dire sur la différence entre le prix de revient et le montant des
annuités d'amortissement précédentes.
Ex. : une entreprise acquiert en avril 2010 un matériel de fabrication pour un prix de
100 000 euros dont la durée normale d'utilisation est de 5 ans.
Le taux d'amortissement linéaire est de 20 %, le taux d'amortissement dégressif est
de 20 x 1,75 = 35 %.
- En 2010, l'annuité doit être réduite prorata temporis (la réduction se calcule par
mois), soit : 100 000 x 35 % x 9/12 = 26 520 euros.
- Les années suivantes, l'amortissement à pratiquer se calcule sur la base de la
valeur résiduelle.
Au titre de la seconde année d'amortissement par exemple, la valeur résiduelle est
de 100 000 - 26 250 = 73 750 euros. L'annuité est alors égale à : 73 750 x 35 % =
25 813 euros.

Si à la clôture d'un exercice, l'annuité dégressive d'amortissement devient inférieure


à l'annuité correspondant à la valeur résiduelle divisée par le nombre d'années
d'utilisation restant à courir, l'entreprise peut alors faire état d'un amortissement égal
à ces dernières annuités.

SOURCE : apce.com

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