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16/8/2021 La sémiotique narrative | Cairn.

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Chapitre IV
La sémiotique narrative
Jean-Michel Adam
Dans
Le récit
(1996), pages 59 à 80

Article
Depuis la publication de Sémantique structurale en 1966 et de Du sens en 1970, une 1
véritable école s’est constituée autour de A.-J. Greimas. En 1976 paraissent à la fois
son Maupassant. La sémiotique du texte et Sémiotique et sciences sociales, les ouvrages
d’initiation se multiplient (voir la bibliographie donnée p. 123) jusqu’à la parution
du Dictionnaire raisonné de la théorie du langage en 1979. Ce qu’on appelle aujourd’hui
l’école sémiotique de Paris recouvre un ensemble extrêmement homogène de
recherches narratives et discursives. Au nom de Greimas, il faut associer ceux de F.
Rastier, de J.-C. Coquet, de C. Chabrol, de J. Courtés, d’E. Landowski, etc. Le
présent chapitre ne peut prétendre introduire en quelques pages à une théorie
d’ensemble aussi rigoureuse, il s’agit avant tout de signaler quelques pistes
intéressantes pour l’étude des récits, il s’agit aussi de signaler la filiation de Propp à
Greimas. Si ce dernier remanie les propositions majeures de la Morphologie du conte,
il les prolonge au moins sur deux plans : celui des sphères d’action qu’il théorise en
un modèle plus abstrait (le schéma actantiel), celui de l’enchaînement consécutif des
fonctions qu’il théorise, d’une part, en opérant des regroupements de fonctions et,
d’autre part, à la lumière du passage d’un contenu initial à un contenu final (qui
inverse le premier), pour aboutir à une structure élémentaire de la signification (le
carré sémiotique).

I. Actants et acteurs
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1. Le schéma actantiel
Révisant le chapitre 6 de l’ouvrage de Propp, Greimas a progressivement élaboré un 2
modèle à six pôles actantiels combinant trois relations :

A) une relation de désir relie celui qui désire, le sujet, à celui qui est désiré : 3
l’objet [1]. Cet axe principal se trouve à la base des énoncés narratifs élémentaires (EN) :
les énoncés d’état selon lesquels un sujet d’état (S1) est soit conjoint (?), soit disjoint
(?) d’un objet de valeur (O). A ces énoncés d’état (conjonctifs ou disjonctifs)
répondent des énoncés de faire (faire transformateur FT) conjonctifs ou disjonctifs
qui assurent la transformation des précédents. La catégorie de l’actant sujet se
dédouble, dès lors, en sujet d’état (S1) et sujet de faire ou sujet opérateur (S2) qui
peuvent être le même personnage-acteur (action réflexive) ou un autre (action
transitive). Les énoncés narratifs de base : S1 ? O et S1 ? O se développent ainsi en
programmes narratifs (PN) assurant l’opération de transformation des EN de base.
En résumé, il faut poser une double alternative :
— alternative au niveau des énoncés d’état :

— alternative 4
au niveau des
énoncés de
faire :

L’énoncé d’un 5
programme
narratif (PN)
se lit ainsi : le
faire (FT)

transformateur (?) d’un sujet opérateur (S2 ou Sop) vise à transformer (?) l’état
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initial de disjonction (?) ou de conjonction (?) d’un sujet d’état (S1 ou Sét) et d’un
objet de valeur (O) en un état final de conjonction (?) ou de disjonction (?). Soit le
récit merveilleux type où le héros (S2) vise à redonner la jeunesse ou la liberté (O) à
un sujet d’état (S1) qui l’a perdue. On verra plus loin que cet énoncé narratif
élémentaire constitue un premier pas en direction de la mise en rapport de l’actant
avec le parcours narratif qui est le sien. Retenons aussi que ce premier axe (Sujet ?
Objet) est dominé par la modalité du vouloir (désir). Ajoutons que, selon la théorie
sémiotique, le sens est un effet de différence. La narrativité correspond à la mise en
place de ces différences dans une succession d’états et de transformations.
B) une relation de communication (plan du contrat) relie le donateur de la quête
ou Destinateur au Destinataire à travers le Sujet et son Objet de valeur. Sur ce plan
du Savoir, le Destinateur établit un contrat sanctionné en fin de parcours. Tandis
que le D
teur
est celui qui fait vouloir le Sujet, le D
taire
est celui qui reçoit l’Objet de la
quête (Don) et qui peut, en retour (Contre-don), reconnaître que le héros a bien
rempli son contrat. On le voit, D
teur et Dtaire
occupent une position hiérarchique
supérieure (axe du Devoir) par rapport au Sujet et à l’Objet. Soit le schéma
englobant :

C) une 6
relation de
lutte peut
empêcher à la fois la relation de désir (le vouloir du Sujet) et la relation de
communication-transmission de l’objet de valeur. Sur cet axe secondaire du
pouvoir, s’opposent l’Adjuvant (qui assiste le Sujet) et l’Opposant (qui contrarie ses
actions), participants « circonstantiels » selon Greimas.

Afin de rendre compte, à la fois, des rapports de complémentarité entre les deux axes 7
fondamentaux qui unissent les quatre actants principaux de la narration, de la position
hiérarchique du D
teur
et du D
taire
, et, enfin, de la dynamique du schéma, le modèle
actantiel peut être ainsi représenté :

Retenons, dès 8
à présent, que
les modalités
(savoir, vouloir,
pouvoir et
[2]
devoir) jouent un rôle dans la typologie actantielle  dans la mesure où un actant se définit
syntaxiquement par sa position dans l’enchaînement logique de la narration (le parcours
narratif) et morphologiquement par le contenu modal particulier qu’il prend en charge. On

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va voir, avec l’examen des programmes narratifs et de la syntaxe du récit canonique, que
l’actant-sujet acquiert plus ou moins rapidement une partie (ou la totalité) des valeurs
modales qui lui permettent d’agir.

Avant d’examiner ce point, il faut considérer rapidement comment on passe du niveau 9


actantiel relativement abstrait au niveau discursif des personnages-acteurs par
association de rôles thématiques et de qualifications aux rôles actantiels. Ce dernier point,
pour être bien compris, doit être relié au fait que la théorie sémiotique considère les
trois niveaux suivants : une « structure profonde » (la structure élémentaire de la
signification) où opère le modèle achronique du carré sémiotique (ci-dessous III), une
« structure de surface » où le schéma actantiel dispose narrativement les actants et les
programmes (grammaire narrative de surface : ci-dessus I et ci-dessous II), un niveau de
la manifestation (le récit tel qu’on peut le lire) où l’actant prend littéralement figure : c’est
le niveau du discours dont il faut rapidement dire un mot.

2. Actants, acteurs, qualifications et rôles thématiques


Prenons l’exemple type d’un conte merveilleux s’ouvrant sur la maladie ou la vieillesse 10
initiale d’un roi qui demande à ses fils d’aller quérir l’objet magique qui lui redonnera la
jeunesse ou la santé. A cette disjonction initiale répondront la guérison et la jeunesse
retrouvée (conjonction) de ce roi qui récompensera celui de ses fils (le cadet) qui aura
triomphé des épreuves et punira les aînés fourbes (anti-sujets) qui auront essayé de le
tuer. On constate aisément, dans ce récit minimal, que le même acteur (le roi) occupe, à
un niveau plus profond, deux positions actantielles : Destinateur au début du conte (c’est
lui qui fait vouloir ses fils, c’est lui qui connaît l’existence de l’objet de valeur), il devient
Destinataire lorsqu’il reçoit l’objet de valeur. Le même acteur peut aussi être Sujet et
Destinataire (quête engagée pour soi-même), le Sujet peut être son propre Destinateur
(cas du héros qui « se doit » d’accomplir une tâche).

En résumé, deux règles peuvent être énoncées : un même acteur (a) peut occuper 11
plusieurs pôles actantiels (A) ; comme la position de Sujet est occupée au début du
récit par trois acteurs (le fils cadet et ses deux aînés) qui se distinguent
ultérieurement en position de sujet-héros (le cadet) et d’anti-sujets (les aînés), on
peut généraliser et dire : plusieurs acteurs (a) peuvent occuper une même position
actantielle (A) :

Dans ce début 12
d’un conte
merveilleux
normand :

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« Un roi assez vieux avait trois fils. Les deux aînés étaient méchants, emportés, brutaux 13
même. Quant au cadet, il était doux, mais assez simple d’esprit »,

on peut aisément distinguer les qualifications des acteurs : le roi est vieux au début (et 14
jeune à la fin), les aînés sont méchants, emportés, brutaux, le cadet, quant à lui, doux et assez
simple d’esprit. Ces qualifications sont significatives au plan du récit (le héros se
distingue des héros négatifs) et au plan du discours où les valeurs de simplicité et de
douceur connotent au niveau de l’intertexte biblique : « heureux les simples en esprit car
le royaume des cieux leur appartient ». Aux qualifications, il faut ajouter les rôles
thématiques qui distinguent les acteurs. Soit une formule d’ensemble permettant de
situer les diverses composantes des « personnages » :

En résumé, et 15
pour
rattacher
cette
présentation
des thèses de
Greimas à
certaines
remarques du
précédent
chapitre,
disons qu’il
est tout aussi
important de
considérer les
personnages
au niveau
narratif de
leurs rôles
actantiels qu’au niveau sémantique de leurs rôles thématiques et des indices qui
permettent de préciser leurs attributs psychologiques, biographiques, caractériels,
sociaux.

Dans le cas du récit psychologique traditionnel, des indices caractériels (niveau actoriel) 16
sont à la source (causale) de l’action. Chez Balzac, des caractères sont posés, analysés,
décrits afin de rendre l’action explicite. La causalité du récit psychologique repose donc
sur les qualifications et sur les rôles actantiels. Il faut assurément distinguer, comme nous
y invite T. Todorov [3], personnages et « caractères ». Le personnage est un segment de

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l’univers représenté : un nom propre, un pronom personnel, un syntagme nominal


renvoyant à un acteur anthopomorphe suffisent pour constituer un « personnage ».
Dans notre exemple, les qualificatifs des aînés ou de leur cadet manifestent moins un
déterminisme caractériel que des valeurs socioculturelles.

II. Des programmes narratifs au récit canonique

1. Les programmes narratifs (PN)


L’énoncé narratif de base, défini plus haut, peut être précisé à la lumière de l’exemple 17
d’un récit publicitaire :

[13] Kanterbräu est si bonne


Qu’on ne peut s’en passer

Chapitre III. — Le pont détruit

Un matin, les gens du village


Après toute une nuit d’orage,
Virent avec consternation
Que le courant furieux avait brisé le pont.
Voilà les pauvres gens soudain bien désolés,
Se lamentant déjà, de peur d’être assoiffés :
« Comment traverser la rivière
« Pour aller chez Maître Kanter ?
« La bière va bientôt manquer…
« Sans pont, comment s’en procurer ? »
O joie ! Maître Kanter arriva en bateau,
Apportant tonnes et tonneaux :
« Buvons, mes bons amis, car vous l’avez prouvé,
« Kanterbräu est si bonne
« Qu’on ne peut s’en passer. »

L’étude des rapports entre actants et programmes narratifs implique la prise en compte 18
des modalités surdéterminantes que sont le savoir, le vouloir et le pouvoir. Le statut des
actants est lié à l’acquisition ou à la perte de ces valeurs modales (auxquelles on peut
ajouter le devoir). Des vers 1 à 4, les villageois (Sét) constatent une rupture de
l’instrument d’une conjonction spatiale (le pont) encore mystérieuse. Dans une sorte de
« préparation » antérieure au récit, un antisujet (« courant furieux ») a provoqué le
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déséquilibre de l’univers (manque initial type). Les vers 5 et 6 précisent le contenu de la


disjonction et l’objet de valeur en posant un état de manque : être assoiffé ou de
disjonction qui appelle une résolution conjonctive : (Sét ? O) ? (Sét ? O). Pour le moment,
O = boire simplement. Les vers 7 à 10 précisent l’objet de valeur et la disjonction en
faisant émerger la modalité vouloir du sujet d’état (aller chez Maître Kanter). Le sujet
d’état ne peut transformer lui-même sa situation (devenir sujet opérateur de la
transformation) en raison du non-pouvoir constaté dès le début (pont brisé) et d’un non-
savoir : « comment traverser ? » et « comment s’en procurer ? » Cette incompétence du
sujet d’état le maintient en position d’attente passive tandis qu’aux vers 11 et 12 un sujet
opérateur, agent du faire transformateur (FT) et possédant le savoir, le pouvoir et le
vouloir-faire, rétablit la conjonction :

19
(Maître Kanter (sujet opérateur) assure la transformation (FT ?) qui « fait être »
conjoint le sujet d’état et son objet (O) de valeur).

Les derniers vers et la reprise du slogan confirment que l’ensemble de la transformation 20


jonctive a servi à constituer progressivement la marque de bière en objet de valeur avec
lequel il faut tout faire (acheter) pour être conjoint. Le glissement du plan des
personnages au plan des lecteurs de la publicité a lieu autour d’une modalité de type
savoir-vouloir débouchant sur la recherche du produit à vendre. La séparation des sujets
d’état et opérateur transforme Maître Kanter en méta-sujet gratifiant dans une
opération transitive (S2 ? S1 et non réfléchie S1 ? S1) caractéristique du discours
publicitaire.

Je n’ai pas la place de multiplier les études, mais il faut ajouter au moins l’exemple 21
d’un récit plus complexe et d’un tout autre genre, celui de la mort de Jean-le-
Baptiste dans l’évangile de Marc (VI, 14-29 ; voir aussi Matthieu XIV, 1-12).
Dans l’ordre du récit apparaissent Hérode (S1), Jean-le-Baptiste (S2) et Hérodiade
(S3). Jean (S2) dénonce, du point de vue du code symbolique juif, l’union
incestueuse de S1 et de S3. De cette dénonciation découle un premier programme
narratif (PN1), celui d’Hérodiade : faire mourir S2 :

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où O = la vie. Si Hérodiade (S3) possède le vouloir (« voulait le faire mourir »), elle ne 22


possède ni savoir-faire, ni surtout pouvoir faire (« elle ne le pouvait pas ») en raison
d’un antiprogramme de Hérode (S1) tendant à maintenir le prophète en vie
(« Hérode craignait Jean, sachant que c’était un homme juste et saint »). S1 « sait »
que S2 est conjoint à la loi juive dont il se trouve lui-même disjoint en raison de son
alliance, si l’on en croit la parole de Jean énonçant l’ordre symbolique qui règle les
rapports de parenté. Outre ce savoir, Hérode possède le pouvoir et le vouloir, son
programme narratif domine donc celui d’Hérodiade. Cet état initial du récit est
rompu par l’intrusion d’un quatrième personnage, S4, la fille d’Hérodiade. Hérode,
en se liant par contrat au vouloir de celle qui vient de le séduire par sa danse (S4),
perd le pouvoir qui assurait la domination de son programme narratif.
(…) Alors le roi dit à la jeune fille : « Demande moi ce que tu voudras, je te le
donnerai. » Et il lui fit un serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le
donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume ! » Elle sortit et dit à sa mère : « Que
faut-il demander ? – La tête de Jean-le-Baptiste », répondit celle-ci. Rentrant
aussitôt en hâte auprès du roi, la jeune fille lui fit cette demande : « Je veux que tout
de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean-le-Baptiste. » Le roi fut très
contristé, mais à cause de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui manquer
de parole ». (…)
Ce récit biblique me paraît extrêmement intéressant et démonstratif dans la
mesure où la fille d’Hérodiade, qui a obtenu la modalité du pouvoir qui manquait au
programme narratif de sa mère, ne possède ni le savoir ni le vouloir lui permettant
de constituer son propre PN. L’association des modalités de la mère avec le pouvoir
acquis par la fille permet le triomphe du programme narratif de mort (PN1). Après
avoir acquis auprès de sa mère la modalité du savoir, S4 peut manifester son vouloir
(« je veux ») et amener ainsi le roi à abandonner le pouvoir et le vouloir (« il ne voulut
pas lui refuser ») de son anti-PN1. La mise à mort de S2 aboutit à la disjonction
voulue par Hérodiade d’abord, sa fille ensuite et Hérode lui-même enfin.

En conclusion, et conformément à la thèse de Greimas, la narrativité apparaît comme 23


« l’irruption du discontinu dans la performance discursive d’une vie, d’une histoire, d’un
individu, d’une culture » (Greimas), irruption qui introduit des états entre lesquels
apparaissent des transformations. Dans un premier temps, la narrativité peut être
décrite « sous la forme d’énoncés de faire affectant les énoncés d’état, ces derniers étant
les garants de l’existence sémiotique des sujets en jonction avec les objets investis de
valeurs » [4].

2. Le modèle canonique de la séquence narrative


24

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Révisant le modèle de Propp, Greimas a, dans un premier temps, distingué


différents types de fonctions ou d’épreuves afin de regrouper les 31 fonctions. On
peut distinguer avec lui les fonctions de déplacement (11, 15, 20, 23 de Propp), les
fonctions contractuelles élémentaires : Injonction/Acceptation,
Affrontement/Réussite, Conséquence, les fonctions performancielles enfin, qui
correspondent à l’enchaînement linéaire des trois épreuves de base (Epreuve
qualifiante, Epreuve principale, Epreuve glorifiante).
Cette première « grammaire » de l’enchaînement des fonctions a été travaillée
depuis dans deux directions : celle de la sémiotique discursive de l’école de
Greimas, d’une part, mais aussi celle de l’analyse (morpho)logique du récit de Paul
Larivaille, d’autre part [5].

Pour Greimas et les sémioticiens, la structure narrative de base (l’ « algorithme 25


narratif ») correspond en fait à l’organisation logique de quatre énoncés qui ne sont pas
toujours tous manifestés dans les récits :

Manipulation + Compétence + Performance + Sanction. 26

Ceci permet de préciser la triade des épreuves performancielles : 27

— L'Epreuve qualifiante apparaît comme le lieu de l'acquisition, par le héros, de la 28


Compétence (cette dernière définie avant tout comme l'acquisition, en plus d'un vouloir-
faire, d'un pouvoir et d'un savoir-faire (on l'a vu plus haut avec l'exemple biblique).

— L'Epreuve principale est la réalisation, l'accomplissement de la Performance du Sujet-


héros.

— L'Epreuve glorifiante apparaît, quant à elle, comme le lieu de la reconnaissance du


sujet-héros, soit la Sanction du contrat établi au début du récit dans la Manipulation qui
n'est pas une séquence d'épreuve à proprement parler, mais qui permet la mise en place
d'une structure contractuelle organisant tout le récit : un destinateur fait savoir (et
vouloir) au sujet-héros quel doit (devoir) être l'objet de sa quête.

Dans le conte merveilleux, la séquence de Manipulation introduit la nécessité d’aller 29


chercher un objet à communiquer. Le héros se trouve ainsi placé dans le cadre d’une
communication (Don). En échange (Contre-don), à l’autre bout du récit (la Sanction
finale), il sera reconnu comme héros par le Destinataire lui-même ou par un autre
actant. On le voit, cette structure contractuelle correspond aux deux premiers axes du
schéma actantiel. Selon l’axe de la communication, le Destinateur informe le Sujet sur
l’être d’un Objet de valeur et, de plus, il le fait vouloir. Un tel faire-vouloir visant à faire-faire
(à travers le recours éventuel à la modalité devoir) correspond à la dominante persuasive
qui caractérise la Manipulation comme la Sanction. Seule différence, au moment de la
Sanction finale, on peut parler d’un double mouvement du Sujet vers le Destinataire

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(rétribution ou transfert de l’Objet) et du Destinataire vers le Sujet (mouvement de


reconnaissance). La dominante peut être dite interprétative et non plus persuasive
(Manipulation) : le savoir porte cette fois sur l’être du Sujet.

Ces deux composantes contractuelles encadrent l’ensemble narratif. Greimas n’hésite 30


pas à dire qu’elles régissent les épreuves pratiques (du domaine du faire) du reste du
récit qui apparaît alors comme l’exécution du contrat par les deux parties contractantes.
Au niveau de la dimension pratique et de la structure actionnelle, le Sujet doit acquérir
(Compétence) les modalités (vouloir, savoir, pouvoir-faire) qui lui permettront
(Performance) de respecter, à terme, son contrat (tableau p. 70).

Faute de place, je ne peux que résumer rapidement un exemple simple, choisi 31


volontairement hors du corpus habituel des contes.
Astérix légionnaire de Goscinny et Uderzo (Dargaud, 1967) commence (planches 5 à
11) par une séquence de Préparation exemplaire. Obélix tombe amoureux de la belle
Falbala. Le récit est déclenché à la planche 12 par une séquence de Manipulation
tout aussi exemplaire : le facteur Pneumatix apporte un savoir double : 1) sur le fait
que Falbala est fiancée avec Tragicomix ; 2) sur le fait que ce dernier a été enrôlé de
force dans la légion romaine. Dès lors, la rupture de l’équilibre s’étend au clan
gaulois tout entier. Tragicomix a été retiré de la sphère de l’échange matrimonial.
En ce lieu du texte, un méfait (f. VIII de Propp) a bien été commis par les Romains
et un manque est apparent. D’où l’émergence du désir des héros : Astérix et Obélix
décident de ramener l’Objet de valeur soustrait à la sphère de l’échange
matrimonial. Les deux héros établissent un contrat, ils obtiennent (pl. 13) l’accord
de leur chef (pouvoir politique) et le soutien de Panoramix, le druide (pouvoir
magique religieux) qui leur donne l’indispensable potion magique.

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Le contrat est un programme narratif : Astérix et Obélix, sujets opérateurs (S2),


conjoindront (Ë) Falbala (sujet d’état S1), Destinataire, à son Objet de valeur (O),
son fiancé Tragicomix. Soit une transformation (FT ?) conjonctive qui s’élargit, en
fait, au clan gaulois tout entier puisqu’il s’agit de replacer O dans la sphère de
l’échange :

32
Au cours de la séquence d’acquisition de la Compétence, qu’on peut désigner
comme Qualification, Astérix et Obélix apprennent où se trouve O (en Afrique) et
ils décident, pour le retrouver, de s’engager dans la légion étrangère romaine. Ils
suivent une instruction militaire mouvementée qui tient lieu d’humoristique
séquence d’acquisition des modalités (savoir et surtout pouvoir-faire). Ils sont
qualifiés-compétents (vouloir + savoir + pouvoir faire) au terme des planches 14 à 29.
Cette séquence est surtout le lieu de la rencontre d’un adjuvant (ici les soldats
romains qui mènent eux-mêmes les héros sur le lieu de la réalisation de leur
programme narratif). Elle est encadrée par deux déplacements dans l’espace :
Départ (pl. 14) et Voyage (pl. 30 à 36).
La séquence Performance (pl. 37 à 45) s’accomplit une fois connu le lieu de
détention de O : prisonnier des troupes de Scipion. Le combat (pl. 43) mêle Histoire
et bande dessinée fictive, c’est grâce à Obélix et Astérix que César triomphe de ses
adversaires et en échange il leur rend leur « liberté ».
Le Retour se déroule sur une planche et demie (pl. 46-47) et il comprend un combat
éclair contre les éternels pirates. La sanction finale (pl. 47-48) clôt le récit : le contrat
est respecté dans la mesure où Tragicomix retrouve Falbala et le clan et, en retour,
la valeur des deux sujets opérateurs est glorifiée. Page 47, Tragicomix informe le
groupe sur la valeur d’Astérix et d’Obélix : il interprète lui-même le faire
transformateur des sujets opérateurs et apporte la sanction (contre-don) finale. Il
glisse ainsi du rôle actantiel de simple Objet à celui de Destinateur final, c’est-à-dire
agent de la reconnaissance et du contre-don.

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L’état le plus récent de la sémiotique de Greimas a permis le passage d’une analyse 33


narrative centrée sur le parcours du Sujet-héros (sur son faire pratique) à une analyse
attentive aux opérations cognitives (faire cognitif). Cette dimension cognitive s’incarne
dans le faire persuasif des sujets (faire savoir et faire croire) et dans le faire interprétatif lié,
entre autres, à la phase de reconnaissance finale.

Le développement d’un programme narratif s’articule autour des phases de la 34


transformation : mise en place, dans un premier temps, du sujet opérateur (acquisition
de la compétence : vouloir, savoir, pouvoir faire = capacité de faire), réalisation, dans un
second temps du programme (performance comme mise en œuvre de la compétence du
sujet), enfin évaluation des états transformés et des performances réalisées :

… Performance Transformation des états Sanction Evaluation des états


?
? (dimension pratique) transformés (dimension cognitive)

L’importance du rôle de Destinateur final comme interprète des états transformés, 35


évaluateur des résultats et de la conformité de la performance par rapport au contrat,
apparaît certes dans les formes populaires du conte, mais aussi dans le film célèbre de
John Sturges : Les sept mercenaires (1960). On pourrait examiner en ce sens le rôle joué par
le vieux mexicain établi en dehors du village et qui, après avoir fixé les contrats, évalue
par son discours de clôture la double transformation du village et du plus jeune
mercenaire.

III. La structure élémentaire de la signification

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1. L’opposition des contenus


D’un point de vue structurel, pour comprendre une histoire, pour essayer de saisir le 36
récit comme un tout signifiant, il convient d’être attentif à ses bornes. L’étude des
situations initiale et finale permet généralement de remonter le cours de la
démonstration narrative.

Ceci a été travaillé par Greimas dès ses premières études sur le récit mythique. Dans Du 37
sens, il définit le récit comme une succession d’énoncés « dont les fonctions-prédicats
simulent linguistiquement un ensemble de comportements orientés vers un but. En
tant que succession, le récit possède une dimension temporelle : les comportements qui y
sont étalés entretiennent entre eux des relations d’antériorité et de postériorité »
(p. 187). Ceci permet d’opposer un Avant à un Après correspondant à un renversement
de la situation qui, sur le plan de la structure implicite, revient à une inversion des
signes du contenu. D’où la corrélation :

38
Cette formule a été critiquée et déclarée ou trop puissante [6] ou trop particulière :
« de nombreux textes ne respectant pas l’inversion des contenus » [7]. Ceci paraît
évident et il faut noter qu’une notice de montage ou une recette de cuisine (type
textuel instructif par excellence) substituent respectivement le solidaire (final) à
l’épars (initial) et le cuit (final) au cru (initial). Cependant, à la différence du type
textuel narratif, il faut dire qu’aucune opération orientée sur ces contenus
n’intervient.

La généralisation de l’hypothèse de l’inversion des contenus doit être opérée avec 39


prudence et sur un autre plan. C’est, par exemple, celui qu’adopte C. Chabrol dans Le
récit féminin [8] : « La transformation est choisie en fonction des contenus et séquences
finales et non l’inverse, comme le discours manifeste porterait à le croire » (p. 122). Dans
ce travail sur le courrier du cœur et les « enquêtes » du journal Elle, Chabrol insiste sur le
fait que la succession logique des propositions narratives est souvent réalisée sous une
forme temporelle qui n’est qu’un simulacre de temporalité : « Son avant-après dissimule
mal une relation de cause à effet ou plus justement d’effet à cause car, on l’a souvent
remarqué, le récit s’ordonne à partir de sa fin en remontant jusqu’au début. La dernière
unité donnée est donc la première logiquement » (p. 13-14). On trouve chez Genette la
même idée de nécessité finaliste et de détermination rétrograde du récit [9] et l’on reverra ce
point au chapitre suivant.
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On peut aisément réexaminer en ce sens les récits proposés aux chapitres 40


précédents, à commencer par la rédaction scolaire citée p. 35. C’est parce que la fin
pose que le narrateur est devenu un enfant attentif (contenu posé comme valorisé,
sorte d’objet de valeur constitué à partir du faire cognitif interprétatif final) que
l’écolier raconte cette histoire de cette façon :

2. Le carré sémiotique
L’inversion des contenus prend tout son sens lorsqu’on passe au niveau plus profond de 41
la structure élémentaire [10] de l’organisation de la signification. L’articulation des deux
espaces contraires :

débouche sur le carré sémiotique à partir de deux opérations : 42

Soit un premier graphe : 43

Ce graphe 44
montre qu’il
faut passer
par le
contradictoire
(

) pour
atteindre le
contraire (s2).
Ainsi,
étudiant ce
qu’il appelle
l’univers de
Bernanos [11],

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Greimas pose-t-il un premier parcours du type :

L’opération 45
symétrique,
partant de s2, produit s1 par négation
et par assertion. Soit un second parcours
envisagé par Greimas :

La mise en 46
corrélation
des deux
parcours forme le carré sémiotique qui, construit à partir des opérations de dénégation
et d’assertion, instaure six relations :

— de contrariété : il existe une présupposition réciproque entre les deux termes primitifs s1 vs 47
s2 et s?1 vs s?2? ;

— de contradiction : s1 vs s? 1 et s2 vs s?2 ;

— d'implication ou de complémentarité : s?1? vs s2 et s?2? vs s1 ;

Dans le cas du discours de Bernanos, Greimas range le premier parcours du carré dans 48
une dimension (deixis) caractérisée comme celle du mensonge et le second dans une
deixis de la vérité. Ainsi se dessine un univers particulier (je résume et simplifie) :

Un tel modèle 49
met moins
l’accent sur
les relations
que sur les
opérations
qui les fondent et donc sur les parcours orientés. Les opérations logico-sémantiques sur
les contenus nous conduisent d’un point de départ à un point d’arrivée.

Je pourrais prendre de nombreux exemples, mais, puisque j’ai cité plus haut le récit 50
biblique de la mort de Jean-le-Baptiste, examinons quel parcours orienté mène le Sujet
d’état de la vie à la mort et comment s’articulent programmes narratifs et structure
élémentaire de la signification.

Au début, un équilibre entre le programme narratif d’Hérodiade et l’anti-programme 51


d’Hérode maintient Jean en vie. Le massage de s1-vie à la mort finale s’opère à partir
d’un terme médian
-non-vie et par les deux transformations de négation et d’assertion.
On peut situer le PN d’Hérode sur la deixis impliquant la complémentarité vie-non-
mort et celui d’Hérodiade sur l’autre deixis négativement connotée : non-vie-mort. Au
niveau du texte, les programmes narratifs actualisent ces relations et, de plus, la non-vie

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prend la figure du lieu du banquet, du plaisir et du désir du corps, c’est-à-dire de la


« souillure » [12] où, par le serment, s’inverse l’anti-programme narratif qui maintenait
Jean en vie.

Le double 52
mouvement
de négation
puis d’assertion se narrativise et prend figure dans les deux transformations successives :
à l’état initial de tension entre les programmes qui réduit la vie à une non-mort
(emprisonnement de Jean) succède le mouvement de négation introduit par le contrat
que passe Hérode avec l’ordre non plus de la Loi (le prophète) mais de la « souillure ». Le
pôle non-vie est représenté par la fusion du pouvoir acquis par la fille avec le vouloir et le
savoir de la mère. La transformation introduite par le dernier mouvement d’assertion
est figurée dans le texte précisément par l’assertion de la fille d’Hérodiade : « je veux… »
et l’ordre qu’Hérode est obligé de donner à son tour.

Ce court exemple permet de comprendre comment la structure profonde logico- 53


sémantique reçoit dans un premier temps une représentation narrative pour passer
ensuite dans le discours avec ses figures.

Dans le même sens, il est facile d’entreprendre une rapide relecture du texte [2], 54
cité p. 16, à la lumière du carré de la vérédiction qui articule les catégories simples de
l’être (E) et du paraître (P).

Ce surprenant 55
récit oral
comporte
quatre prises
de parole au
niveau de la
manifestation
(paroles
rapportées par le narrateur Norris) :
Soit le parcours suivant du carré de la vérédiction :

En conclusion 56
retenons
seulement
que le
soubassement
linguistique

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des thèses sémiotiques élaborées depuis la Sémantique structurale, en 1966, semble être,
en fait, la sémantique générative. Comme l’écrit J. Peytard : « L’axiome de la
« sémantique générative » est de proposer, sous l’influence de la logique des prédicats,
un modèle non ordonné, où les éléments sémantiques sont posés à l’origine. Mais
qu’est-ce que le « carré sémiotique » (…) sinon un appareil logico-sémantique antérieur
à toute syntaxe organisatrice d’un ordre de concaténation qui intègre des relations en
nombre limité : contradiction/contraire/implication ? » (page 27) [13]. Avec le carré
sémiotique se constitue un modèle – micro-univers sémantique – d’une sémantique
fondamentale opératoire ailleurs que dans le seul domaine de la narrativité.

IV. Bilan et perspectives [14]

La sémiotique narrative a considérablement affiné le modèle de Propp : elle a distingué 57


les parcours antagonistes du sujet et de l’anti-sujet, approfondi la relation complexe du
sujet et de l’objet et distingué sujet d’état et sujet de faire, elle a enfin modalisé ce dernier
en plus ou moins « compétent » et les objets de valeur en plus ou moins « désirables » (ce
qui se répercute sur le sujet d’état). Comme le souligne Greimas dans Du sens II :

Alors que naguère on ne parlait que de la circulation des objets, on peut procéder 58
maintenant aux calculs de compétence modale, inégale, de deux sujets face à un
objet de valeur (…). Alors que, en lisant Propp, on n’avait affaire qu’à des êtres et des
objets fortement iconisés situés sur la dimension pragmatique du récit, il s’agit
maintenant de compétitions et d’interactions cognitives où des sujets modalement
compétents briguent des objets modalisés, alors que la dimension événementielle,
référentielle de leurs agissements, n’est tout au plus qu’un prétexte à des joutes
autrement plus importantes » (p. 10-11).

Depuis quelques années, l’approfondissement de la dimension cognitive des discours a 59


amené l’introduction d’une modalité du /croire/ ; en effet, en articulant le « faire-savoir »
en « faire persuasif », d’une part, et « faire interprétatif », d’autre part, persuader
apparaît comme, avant tout, un faire-croire. La mise en évidence de la compétence
modale a entraîné une (re)définition « cognitive » du sujet et un écrasement de la
dimension « pra(gma)tique ». Aujourd’hui, la syntaxe narrative de surface est, dans son
ensemble, interprétée par l’Ecole de Paris en termes de syntaxe modale.

Notes

[1] Lire à ce sujet : Un problème de sémiotique narrative : les objets de valeur, A. J.


Greimas, Du sens II, Seuil, 1983, p. 19-48.

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[2] Lire J.-C. Coquet, L’Ecole de Paris, p. 52-56, du recueil collectif Sémiotique. L’Ecole de
Paris, Hachette, 1982.

[3] La lecture comme construction, Poétique de la prose. Nouvelles recherches sur le récit,
Seuil, coll. « Points », n° 1201980.

[4] Art. cité n. 1, p. 60.

[5] L’analyse (morpho)logique du récit, Poétique, no 19, Seuil, 1974.

[6] F. Rastier, Essais de sémiotique discursive, Mame, 1973, p. 163.

[7] C. Chabrol, De quelques problèmes de grammaire narrative et textuelle, dans


Sémiotique narrative et textuelle, Larousse, 1973, p. 17.

[8] La Haye-Paris, Mouton édit., 1971.

[9] Il faut lire ce qu’écrit Edgar Poe, dans sa critique des Contes deux fois contés de
Hawthorne (Contes-Tales, éd. bilingue Aubier-Flammarion, n° 91973, p. 355-363) et
dans sa Genèse d’un poème, Pléiade, p. 984.

[10] « Elémentaire » s’oppose ici à complexe pour caractériser les aspects les plus simples,
réduits à l’essentiel, des catégories sémiotiques.

[11] Sémantique structurale, p. 222-256.

[12] C’est le terme que F. Belo oppose à l’ordre de la Loi dans sa Lecture matérialiste de
l’Evangile de Marc, cerf, 1975.

[13] Sur quelques relations de la linguistique à la sémiotique littéraire, La Pensée, no 215,


octobre 1980.

[14] Pour une réflexion sur les limites de la sémiotique, voir plus loin, p. 116-117.

Plan
I. Actants et acteurs
1. Le schéma actantiel
2. Actants, acteurs, qualifications et rôles thématiques

II. Des programmes narratifs au récit canonique


1. Les programmes narratifs (PN)
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2. Le modèle canonique de la séquence narrative

III. La structure élémentaire de la signification


1. L’opposition des contenus
2. Le carré sémiotique

IV. Bilan et perspectives

Auteur
Jean-Michel Adam

Professeur de linguistique à l’Université de Lausanne

Mis en ligne sur Cairn.info le 13/03/2010


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