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LA RACINE

DU de Botanique de terrain
Organographie – Prof. G. Decocq
INTRODUCTION
F Structure apparaissant chez les Ptéridophytes,
inaugurant la lignée des Trachéophytes

F Racine = 1ère structure émergeant de la graine chez


les Spermatophytes (méristème constitué chez l’embryon)

F Rôles de la racine :
– Ancrage
– Absorption (eau, sels minéraux)
– Stockage (réserves nutritives)
– Conduction (sèves)
– Synthèse (« hormones », métabolites IIaires)
I. STRUCTURE DES SYSTÈMES RACINAIRES
Gymnospermes, Magnoliidées, Eudicots
F Enracinement pivotant = allorhizie
- racine Iaire = racine pivotante orthotrope
- racines IIaires = racines latérales plagiotropes
(les plus fines = radicelles)

--> enracinement profond, mais les


racines « nourricières » sont concentrées
dans les 15 premiers centimètres du sol (< 1 m)
- Prosopis juliflora (Arizona) : 53,3 m !
- Tamarix et Acacia (Egypte) : 30 m !
(ptéridophytes), Monocots
F Enracinement fasciculé = homorhizie
- racine Iaire éphémère
- racines adventives de la tige + racines latérales

--> enracinement superficiel, mais forte adhérence aux


particules du sol
- en général diamètre excédant de 6 à 7 m la couronne
- exemple : Secale cereale, 639 m2 dans un volume de 6 l

Application : plantes « couvre-sol » et lutte contre l’érosion


Equilibre entre la surface de photosynthèse et la surface
d ’absorption

- en faveur de la surface d ’absorption (+ 10-35 %)

- mais le rapport SA/SP diminue avec l ’âge

- rétrocontrôles permanents :
racines --> parties aériennes (eau, minéraux, hormones)

parties aériennes --> racines (glucides, hormones)

Application : élagage des parties aériennes lors de transplantations ou de


rempotage
II. ORIGINE ET CROISSANCE DES TISSUS PRIMAIRES

3 méristèmes primaires à proximité directe du méristème


apical :
- protoderme --> rhizoderme (= épiderme sans cuticule)
- méristème fondamental --> cylindre cortical
- procambium --> tissus conducteurs primaires
Ex: CT racine de renoncule

épiderme

cylindre cortical

cylindre central
1. Le rhizoderme
Dans la zone de différenciation (région pilifère), les
cellules épidermiques présentent des excroissances
tubulaires = poils absorbants

Rôle : absorption de l’eau et des minéraux

Exemple : 1 plant de seigle


- 14 milliards de poils absorbants
- soit 10 000 km de long
- soit 401 m2 de surface d ’absorption

Application : prélever une motte de terre suffisante lors de transplantations


Les cellules épidermiques sont recouvertes du
mucigel, qui :
- permet un contact étroit avec les particules
du sol
- augmente la disponibilité des ions minéraux
- procure un environnement favorable aux
bactéries fixatrices d ’azote
- protège la racine de la dessication

= rhizosphère

NB : symbiose ectomycorhizienne chez certaines plantes


2. Le cylindre cortical
- contient le système de tissus fondamentaux
- occupe la majeure partie de la structure Iaire de la
racine
- en général cellules sans chlorophylle, mais avec de
nombreux amyloplastes
-contient de nombreux espaces aérifères

- disparaît en général lors de la croissance secondaire


des racines
Au niveau de la partie la plus interne, au contact du
cylindre central : assise interne compacte de cellules
jointives
= endoderme

caractérisé par la présence de cadres de Caspari


(= portion de la paroi Iaire et de la lamelle mitoyenne
imprégnée de subérine et de lignine, la rendant
imperméable)
Chez certaines angiospermes : présence de cadres de
Caspari au niveau d’une assise de cellules
située en périphérie du cylindre cortical : l’exoderme

Rôles : réduction des pertes en eau, protection contre


les microorganismes du sol
3. Le cylindre central
= tissus conducteurs Iaires + pericycle

cortex Cylindre
cortical
endoderme

phloème I
Cylindre
xylème I central
péricycle

moelle
(uniquement chez certaines
Monocots)
Structure anatomique Iaire de la racine :

Monocots (ex: CT racine d’iris)

dicots (ex: CT racine de renoncule)


III. CROISSANCE SECONDAIRE
= production de nouveaux tissus à partir de 2
nouveaux méristèmes :
1) cambium --> tissus conducteurs secondaires
2) phellogène --> périderme

En général :
- pas de croissance IIaire chez les Monocots
- peu ou pas de croissance IIaire dans les racines
des dicots herbacées
- Production de xylème IIaire (= bois) vers l’intérieur
à partir du cambium opposé au phloème Iaire, celui-ci
étant écarté du xylème Iaire

- Production de phloème IIaire (= liber) vers


l’extérieur, le phloème Iaire se retrouvant écrasé ou
éliminé
pachyte

rayon ligneux
= bois IIaire
rayon libérien
= liber IIaire
parenchyme cortical
fibre sclérifiée
Phellogène et périderme

- le phellogène produit du suber = liège vers l’extérieur, le


phelloderme vers l’intérieur, l’ensemble constituant le
periderme, qui remplace le rhizoderme

- certaines régions spongieuses du periderme permettent les


échanges gazeux avec l’extérieur = lenticelles
lenticelle

phellogène
Conséquences de la croissance secondaire

- le cylindre cortical (incl. l’endoderme) et l’épiderme


se retrouvent isolés, finissent par mourir ou sont
éliminés
- structure anatomique d ’une racine lignifiée de 1 an :
IV. ASSOCIATIONS SYMBIOTIQUES
F Mycorhizes : association symbiotique entre les
racines d ’une plante et le mycelium d ’un
champignon (> 90 % des plantes terrestres !)
--> modification de la forme et de l’organisation de la
racine (ectomycorhizes +++) :
- arrêt du fonctionnement du méristème racinaire :
sytème dense de racines courtes
- disparition de la coiffe et des poils absorbants
- développement d ’un manteau fongique externe
- présence d’un réseau de Hartig entre les cellules
corticales
F Nodosités : association symbiotique entre les
racines d ’une plante et des bactéries aérobies Gram -
(Légumineuses/Rhizobium +++)
--> modification de la forme et de l’organisation de la
racine
V. RACINES SPÉCIALISÉES
1- racines aériennes
= racines adventives produites par des structures
aériennes, parfois chlorophylliennes
Exemples :
• racines échasses
(Exemple : palétuviers, Rhizophora spp.)
• racines-crampons
(Exemple : lierre, Hedera helix)

• velamen (ou voile)


(Exemple : nombreuses Orchidées tropicales)
• racines-contreforts
(Exemple : nombreux arbres tropicaux ; fromager, Ceiba pentandra)

• racines étrangleuses
(Exemple : figuier étrangleur, Ficus exasperata)
• racines-épines
(Exemple : Macaranga spp.)

• racines-vrilles
(Exemple : Zannichellia spp.)
2- Pneumatophores
= racines à géotropisme négatif, permettant
l’aération du système racinaire chez certains arbres
des milieux marécageux (ex: mangrove)
3- Racines tubéreuses
= racines dont le parenchyme amylifère a proliféré
dans le xylème et le phloème, de manière à stocker des
réserves (géophytes +++)
NB: développement fréquent de cambium surnuméraires
autour du cambium originel, formant des anneaux
concentriques
4- Racines suçoirs
= haustorium : racines transformées des plantes
parasites, qui s ’enfoncent dans les tissus de l’hôte
pour se connecter aux vaisseaux

(Exemple : gui, Viscum album)

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