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Université Ecole Supérieure de Technologie

Moulay Ismaïl Département : Techniques de


Meknès Management

INFORMATIQUE ET COMPABILITE DES


ENTREPRISES

PROJET DE FIN D’ETUDES

L'impact des nouvelles normes IFRS sur


la qualité de l'information financière

Encadrement : Mr. B. NEJJAR Réalisé par : ERRMA HASSANA


Mr. N. MARCHOUD

Année Universitaire 2006 – 2007


Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Nous tenons à remercier tous ceux qui ont

participé de près où de loin à l’élaboration

de ce projet de fin d'étude. Tous ont fait

preuve d’un dévouement et d’une patience

à toute épreuve et surtout Mme

ACHAHBOUN Zoubida.

Nous Tenons aussi à remercier Mr B. NEJJAR

et Mr. N. MARCHOUD pour leurs conseils sur

le plan technique et méthodologique ainsi

que pour leur grande disponibilité.

Enfin nous remercions l’ensemble des

membres du corps enseignant et de la

direction de L’EST à travers son directeur M.

fouad Ainsi que les professeurs de l’Ecole

Supériere de Technologie de Meknès pour

leur encadrement et leur sens de la


2
pédagogie.
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

REMERCIEMENTS
INTRODUCTION 4

CHAPITRE I : CONTEXE DE LA NORMALISATION COMPTABLE


INTERNATIONALE 7

I : CADRE GENERAL DES NOUVELLES NORMES 7


I-1- L'HARMONISATION COMPTABLE INTERNATIONALE …………………...7
I-2- LE CADRE CONCETUEL
I-3 LA COMMUNICATION AUTOUR DE PASSAGE AUX NORMES
IFRS……9
II- ANALYSE COMPARATIVE ENTRE LES NORMES IFRS / NORMES
MAROCAINE 17

CHAPITRE II : L’IMPACT DU PASSAGE AUX IFRS SUR LA QUALITE DE


L’INFORMATION FINANCIERE : OPPORTUNIETE ET COMPLEXITE 25

I- LES INCIDENCES DU CHANGEMENT DU REFERENTIEL 25


I-1 COMMENT LE PASSAGE AUX IFRS EST IL RESSENTI ?....………...25
I-2 REPERCUSSIONS ORGANISATIONNELLES………………………….28

II- LES IFRS VERS LA DEMOCRATISATION OU L’AUTARCIE DE


L’INFORMATION FINANCIERE 32

II-1 CREATIVITE COMPTABLE, DISTORSIONS ET MANIPULATION 32


II-2- LES IFRS : LE NOUVEAU LANGAGE DU CAPITALISME COMPTABLE 35
II-3-LA REGULATION FINANCIERE A LA CROISEE DES CHEMINS 36

3
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

III- UNE VISION GLOBALE SUR LA REALITE ECONOMIQUE DE


L’ENTREPRISE LORS DE LA REFORME COMPTABLE : RISQUES ET
OPPORTUNITES …………………………………………………………………….37

CHAPITRE III : MODÈLES DE L’IMPACT SUR LA QUALITE DE


L’INFORMATION FINANCIERE 41

I. CAS DE MAROC TELECOM 41


I.1. CHANGEMENT DE REFERENTIEL COMPTABLE 41
I.2. LA TRANSITION IFRS : DESCRIPTION SYNTHETIQUE DU PROJET 41
I.3. MODIFICATION APPORTEES A LA PRESENTATION DES ETATS
FINANCIERS LORS DE L’ADOPTION DU NOUVEAU REFERENTIEL 44
I.4. PRESENTATION DES IMPACTS APPORTEES PAR L’APPLICATION DU
REFERENTIEL IAS/IFRS 44
II. CAS SCANIA MAROC 46
II-1 BREVE PRESENTATION DE SCANIA MAROC 46
II-2 LA DEMARCHE DU TRAITEMENT DES NORMES 16 et 36 47
II-3 DEFINITION DES UNITES GENERATRICES DE TRESORERIE 49

CONCLUSION 55
BIBLIOGRAPHIE 56
ANNEXES 57

4
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

L’introduction des normes IAS/IFRS a souvent été décrite comme entraînant une
révolution de l’information financière. Tout de moins, elle représente un changement profond
pour les entreprises. Le changement est clair sur le plan conceptuel : comme en témoigne le
choix de l’investisseur comme destinataire privilégié de l’information financière. Les marchés
financiers internationaux revêtent de plus en plus d’importance pour les entreprises cherchant
à accéder à des sources de financement à l’échelle international. Le nombre des transactions
menées sur les marchés monétaires et financiers internationaux enregistrent une croissance
sans précédent. La transparence devient alors un facteur-clé de l’efficacité des marchés de
capitaux. C’est précisément pour cette raison qu’il est indispensable de pouvoir comparer les
états et résultats financiers des différentes entreprises du monde entier d’où l’idée de
l’uniformisation des normes IAS/IFRS. Dans le contexte actuel de mondialisation,
l'harmonisation internationale, ou encore la réduction des différences entre réglementations
comptables nationales, est donc devenue un enjeu pour les entreprises, cette harmonisation
leur permettra notamment d'accéder à tous les marchés financiers sans avoir à établir un jeu
de comptes particuliers pour chaque place financière.
Parallèlement, les investisseurs pourront plus facilement évaluer la performance de
toute entreprise sans avoir à connaître les spécificités de chaque comptabilité locale.
L’adoption donc des normes IAS/IFRS aux sociétés européenne ou marocaines
nécessite une anticipation et une réflexion qui n’en demeure pas mineur. En effet, la
production et la communication de l’information financière, aussi bien interne qu’externe
vont ainsi être modifiées en profondeur. Ainsi, l’ensemble des changements imposés nécessite
une véritable gestion de projet et une attention des dirigeants des entreprises. Cet attention,
prend alors forme en assimilant en un premier lieu les enjeux réels de l’adoption de ces
normes, ce qui signifie une parfaite familiarisation avec les règles techniques de passage
d’une comptabilité nationale à une comptabilité internationale. En second lieu, cette attention
doit tenir compte des spécificités propres aux organes veillant sur ces normes ainsi que des
enjeux politiques et économiques qui se cachent derrière la volonté d’une harmonisation
comptable internationale.
Dans ce contexte de normalisation internationale quels sont donc les enjeux réels de
l’adoption des normes IAS/IFRS et quels sont les organismes qui éditent, régulent et
contrôlent ces normes ?
A ce niveau, trois enjeux caractérisent ce référentiel international. D’abord satisfaire
les investisseurs, ensuite fournir une information financière fidèle à la réalité économique,
enfin avoir une base unique permettant une meilleure comparabilité des indices et ratios
financiers utilisés par les différentes parties prenantes du monde des affaires ?
De ce fait, ces normes sont élaborées par le comité des normes internationales (IASB)
qui a pour objectif de les présenter comme étant des normes financières à caractère évolutif et
déconnectées des contraintes fiscales et des environnements juridiques de chaque pays.

5
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Toutefois ce que l’on peut dire concernant le fonctionnement de cet organisme s’applique sur
les normes qu’il propose et qui restent complexes et assez ambiguës de par leur contenu ce
qui laisse planer certaines zones d’ombres quand à leur efficacité. Ces zones d’ombres,
entachent la justesse de leur application et ce qui crée des bouleversements et des distorsions
au sein des différents acteurs de la communauté financière, rendant alors la communication de
l’information financière difficile et envisageant ainsi l’utilisation d’un grand nombre
d’informations tout en limitant les choix comptables dont disposaient les différentes parties
prenantes.
Quelles sont les convergences et divergences de l’impact du passage au IFRS sur
l’information financière par les parties prenantes ?
Dés leur application en janvier 2005 par les sociétés cotées en bourse, les différentes
parties prenantes de l’information financière ont remarqué que ces normes ne sont pas neutres
et ont un impact réel, bien que difficile à mesurer, sur le fonctionnement de l’économie.
En effet, l’Europe qui est passée directement d’un modèle traditionnel de décision nationale à
une délégation de souveraineté au bénéfice d’un organisme privé à vocation mondiale, dans
lequel l’influence européenne n’est pas prépondérante a montré que la question de la
gouvernance des normes comptables porte réellement sur la responsabilité ultime du politique
mais aussi sur la manière la plus efficace d’exercer à travers ces normes compte tenu de la
complexité technique et du caractère évolutif de cette matière.
De ce fait, une bonne qualité de l’information financière, nécessite un projet de
conversion aux normes IFRS équitable pour toutes les parties prenantes et impliquant une
transformation radicale de la philosophie et du langage financier vers une harmonisation
comptable et financière plus juste. Autant dire que la réussite d'un tel projet ne pourra aboutir
que grâce aux efforts conjugués de l'ensemble des parties concernées.
Afin de répondre à notre problématique sur l’impact du passage aux normes IFRS sur
la qualité de l’information financière par les parties prenantes ainsi qu’aux différentes
questions citées auparavant , nous axerons notre présentation en deux parties.
Dans la première partie nous définirons le contexte de la normalisation comptable
international, en présentant le cadre conceptuel pour comprendre l’origine de ces normes et
comment la communication autour de ces dernières est faite.
Dans une seconde partie, nous traiterons des conséquences du passage aux normes
IAS/IFRS sur l’information financière par les futurs utilisateurs ainsi que des enjeux
politiques qu’elles présentent.
Finalement notre rapport présentera notre vision de ce nouvel ordre économique à
travers deux cas pratiques mettant en évidence d’une part l’expérience de certaines entreprises
en la matière et d’autre part nous montreront les opportunités et les complexités de la mise en
place et de l’application de ces normes IAS/IFRS.

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Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

CONTEXE DE LA NORMALISTION
COMPTABLE INTERNATIONAL

I . CADRE GENERAL DES NOUVELLES NORMES

II- ANALYSE COMPARATIVE ENTRE LES NORMES IFRS / NORMES


MAROCAINES

CHAPITRE I:CONTEXE DE LA NORMALISTION


COMPTABLE INTERNATIONAL
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Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

I : CADRE GENERAL DES NOUVELLES NORMES

L'arrivée des IFRS (International Financial Reporting Standards) annonçait une ère
nouvelle de normes internationales de haute qualité et un instrument permettant aux
investisseurs de mieux apprécier leurs choix d'investissements. Quelque temps après leur
adoption, le débat intense au sujet de l'introduction des IFRS se poursuit. Que peut-on dire des
expériences initiales dans la mise en œuvre des IFRS? La réalité a-t-elle été à la hauteur des
attentes? Quel a été l'effet de leur introduction et pourquoi certains ont-ils trouvé difficile de
l'accepter? Que pouvons-nous espérer pour l'avenir? Peut-on s'attendre à ce que les IFRS
soient adoptées à l'échelle mondiale dans un délai prévisible?

I-1- L'HARMONISATION COMPTABLE INTERNATIONALE

1.1.1 LES MOTIFS DE L'HARMONISATION COMPTABLE

1.1.1.1 Motivation de l'harmonisation comptable

La coexistence de différents référentiels comptables internationaux, alors que les


échanges sont de plus en plus mondialisés, et les économies de plus en en plus intégrées, pose
des problèmes de lisibilité des informations comptables, en fonction des normes selon
lesquelles elles ont été établies (normes anglo-saxonnes: USGAAP - UniTed States Generally
Accepted Accounting Principles; européennes: 7eme directive ; internationales : IASB -
International Accounting Standard Board).
Un processus d'harmonisation, puis de normalisation internationale est donc en cours,
qui à terme devrait aboutir à une convergence des principaux standards (USGAAP et IASB).
Par ailleurs, l'union européenne a adopté le 29 septembre 2003 les normes internationales lAS
(devenues depuis juin 2003 IFRS - International Financial Reporting Standards). Les normes
comptables marocaines sont particulièrement concernées par cette mise en conformité, en
raison de leur caractère singulier.
1.1.1.2 Le développement des marchés financiers
Le développement des marchés financiers a montré les limites de l'individualisation des
référentiels comptables nationaux :
- pas d'existence formelle d'un système de norme unifié pour les entreprises qui lèvent
des capitaux sur les marchés internationaux;
- absence d'homogénéité de l'information financière fournie aux investisseurs;
- investissement en temps important pour les directeurs financiers de sociétés afin de
présenter l'information financière selon les différents référentiels.
Exemple: une entreprise cotée à Casablanca (publiant des comptes en normes marocaines)
souhaite s'introduire sur une place boursière de New York, pour accroître son développement
et sa notoriété. Elle doit fournir à la SEC un tableau de réconciliation entre états financiers en
normes marocaines et états financiers en US GAAP. (Voir schéma 1)
1.1.1.3 Une crise de l’information financière

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Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Au cours de la dernière décennie , l’accélération de l’internationalisation des


économies puis leur mondialisation et donc la globalisation des marchés des capitaux qui en a
résulté, ainsi que le poids croissant de l’épargne institutionnelle , ont placé la comptabilité au
cœur du fonctionnement des marchés financiers. Hors, la comptabilité est devenue un dopant
des performances des entreprises par des techniques de gestion du bilan au détriment de toutes
rationalités et réalités.
En effet, la comptabilité a perdu sa confiance, surtout par des méthodes comptables
pas toujours en phase avec la réalité des opérations, et par cette raison que la crise de
confiance de l’information financière fournies par les entreprises est apparut.
Hormis les grands investisseurs institutionnels en bout de chaîne, tous les acteurs des marchés
financiers se retrouvent dans les tourmentes comptables. En première ligne les directeurs
financiers et généraux des grands groupes et les auditeurs. Jusqu’à encore très récemment, ils
étaient peu contrôlés ; seule la révélation a posteriori d’une « erreur » comptable pouvait les
défaire.
En fait, cette situation est aggravée par tout ce qui est arrivé à des entreprises
Européen comme celle de groupe de Metallgesellschaft, le fond LTCM et le scandale
d’Enron.
1.1.1.4 Norme locales: absence de cadre conceptuel
Ainsi, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe ; la comptabilité est largement
perfectible. Elle ne donne pas une image de la situation de trésorerie. En outre la diversité des
référentiels rend les entreprises d’un secteur incomparables. A la mondialisation des
économies et à la globalisation financière répond logiquement l’homogénéisation des
informations financières et comptables fournies aux investisseurs.
L’une des lacunes de la doctrine comptable marocaine ; comme de nombreux
référentiels locaux,provient,du fait que le Maroc ne s’est jamais dotée d’un cadre conceptuel
ce qui oblige la recherche de la solution comme le dit Yves Bernheim dans son ouvrage
l’essentiel des US GAAP: « l’absence de définition des concepts essentiels,l’omission
d’objectif fixées pour des états financières dont on ne sait pas aux besoins de quels
utilisateurs ils devraient répondre,l’inexistante ou le caractère non explicite d’hypothèses
fondamentales sur la base desquelles les états financiers devraient être préparés,et l’absence
de caractéristiques qualitatives sous la forme desquelles ces états devraient être présentés,
aboutissent à un système de normalisation recherchant les solutions au cas par cas».
1.1.2 LES ENJEUX DE L‘ADOPTION DES NORMES IAS/IFRS1
Les normes IAS/IFRS, qu’est ce que c’est ?
Il est important de bien comprendre qu’en comptabilité, on a deux notions différentes :
d’une part les comptes sociaux, légaux, qui doivent correspondre à la législation fiscale du
pays dont relève une société, et d’autre part les comptes au sens de la consolidation d’un
groupe, qui sont publiés pour l’information des investisseurs.

Autant la comptabilité marocaine ne change pas, autant pour les groupes, depuis
longtemps déjà, il existe des normes pour la consolidation. Les plus connues sont L’US-
GAAP et L’IAS/IFRS, les premières qui sont d’origine américaines alors que les secondes
1
Grégory Heem ; Lire les états financiers en IFRS ; éditions d’organisation ; 2004

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Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

sont d’origine européenne. La présentation des résultats des sociétés cotées aux USA se fait
obligatoirement selon ces normes.
Les IAS/IFRS sont un ensemble de normes comptables européennes, qui ont été faite
dans le même but que les US-GAAP. Elles sont encore en cours d’évaluation, et elles tendent
à converger vers les normes américaines. Les résultats financiers de l’entreprise en normes
IAS peuvent être très différentes des résultats fiscaux. Pour la présentation de ces résultats, on
parle de normes IFRS.
Les IAS se présentent sous la forme d’une série de normes numérotées (IAS1. IAS2,
IAS3…..IAS41) qui ont pour but d’uniformiser les principes comptables utilisés, afin de
fournir aux investisseurs des informations plus claires et plus comparables.
Qui est concerné par ces normes ?
Les entreprises cotées en Europe et leurs filiales dans tous les pays devront présenter
leurs comptes consolidés pour les exercices couverts à partir du 1er janvier 2005 (avec un
retraitement des données de 2004 pour permettre la comparaison). Mais il est probable qu’ à
plus long terme toutes les entreprises seront concernées, ce d’autant plus que les normes
comptables nationales de chaque pays européen ou non européen ayant de fortes relations
économiques ou financières avec l’Europe vont finir par converger vers le référentiel IAS.
Ce qui va changer lors de l’application des ces normes
Dans le cadre de ces normes, on comptabilise différemment, un certain nombre
d’opérations (sans pour autant modifier la comptabilisation légale et fiscale du pays). Ce sont
donc surtout les pratiques comptables qui vont changer (comptabilisation des opérations de
fusion acquisition, du traitement des immobilisations, des risques de change, des
provisions…), soit par des imputations, soit par des jeux d’écritures différents. La gestion des
immobilisations est par ailleurs très touchée : elle nécessite un dédoublement de toutes les
règles d’amortissement.
I-2- LE CADRE CONCPETUEL2
I-2-1 L’IASC
L’IASC élabore les normes comptables internationales grâce à un processus établi qui
implique la profession comptable mondiale, les préparateurs et les utilisateurs des états
financiers, et les organismes nationaux de normalisation. L’IASC est désormais reconnu
comme le seul processus établi d’élaboration de normes comptables internationales.
Les objectifs de l’IASC sont de formuler et de publier les normes comptables à
observer pour présenter les états financiers, de promouvoir leur acceptation et leur application
dans le monde et de travailler de façon générale à l’amélioration et l’harmonisation des états
financiers.
Les membres de l ’IASC sont les organismes professionnels comptables membres de
la Fédération Internationale des Comptables (IFAC) (International Federation of accountant).

L’IASC est financée par les organismes comptables et d’autres membres appartenant à son
conseil, par l’IFAC, par les contributions de sociétés multinationales, d’institutions
financières, de firmes comptables et d’autres organisations(voir annexe1).
I-2-1-1 Structure

2
Cours de la MSTCF- comptabilité anglo-saxonne et IFRS Mr Fraiha

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sur la qualité de l'information financière

a. Le conseil
L’activité de l’IASC est exercée par un Conseil qui comprend les représentants
d’organismes comptables de treize pays nommés par le Conseil de l’IFAC et de quatre
organismes, au plus, ayant un intérêt pour les rapports financiers. Chaque membre peut
désigner deux représentants au plus et un conseiller technique pour participer aux réunions du
Conseil.
Le Conseil définit le programme de l’IASC, constitue les groupes de travail chargés de
l’élaboration des textes, suit l’avancement des travaux, commente les projets qui lui sont
soumis et se prononce sur l’adoption des normes.(Il se réunie trois fois par an)
b. Le groupe consultatif
Il a été mis en place par le Conseil de l’IASC en 1981 et comprend des représentants
de divers organismes concernés par l’élaboration ou l’utilisation des états financiers (Bource
des Valeurs, Organismes Nationaux de Normalisation Comptable).
Il se réunit périodiquement pour discuter avec le Conseil des questions techniques sur
le projet de l’IASC, de son programme de travail, de sa stratégie.
Ce groupe joue un rôle important dans le processus d’élaboration des Normes
Comptables Internationales et pour l’acceptation des normes établies.
c. Le Conseil Consultatif :
Il a été mis en place en 1995. Ce conseil est composé de personnes de qualités
exceptionnelles occupant de hautes responsabilités dans la profession comptables.
Son rôle est de promouvoir l’acceptation en général des Normes Comptables
Internationales et d’accroître la crédibilité du travail de l’IASC par les moyens suivants entre
autres :
• Examen et observation sur la stratégie et les plans de l’ASC, de tele sorte à avoir
l’assurance que les besoins des membres sont satisfaits ;
• Recherche et obtention de financements pour le travail de l’IASC en veillant à ce que
son indépendance n’en soit pas atteinte ;
• Examen du budget et des états financiers de l’IASC ;
• Préparation d’un rapport sur l’efficacité du Conseil de l’IASC dans la réalisation de
ses objectifs et dans l’accomplissement du processus d’élaboration des normes.
Il s’assure notamment de l’indépendance et l’objectivité du Conseil lorsque ce dernier
prend des décisions techniques sur les propositions de Normes Comptables Internationales. Le
Conseil Consultatif ne participe pas et ne cherche pas à influencer ces décisions.

I-2-1-2 L’élaboration des normes


Les représentants au conseil, les organisations membres, les membres du groupe
consultatif, les autres organisations et personnes physiques sont encouragés à présenter de
nouveaux sujets pouvant être traités dans les normes comptables internationales.
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Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Une fois que le conseil a ajouté un sujet à son programme, il établit un groupe de
travail pour élaborer une déclaration de principe, un exposé sondage, et en dernier lieu une
norme comptable internationale : IAS.
Le conseil a publié un cadre de préparation et de présentation des états financiers dont
les objectifs sont d’aider le conseil à élaborer les futures normes comptables internationales et
à réviser les normes comptables existantes, de promouvoir l’harmonisation des normes à
travers la réduction du nombre des retraitements comptables. (Voir annexe1)
I-2-2 L’IASB
Dans la structure de l’IASC, l’International Accounting Standards Board (IASB) a
toutes les compétences en matière technique ce qui inclue la préparation et l’élaboration des
standards comptables et d’un traité d’exposition.
Pour accomplir sa mission, l’International Accounting Standards Board (IASB) procède à :
• D
 es tests (aussi bien dans les pays développés que dans les marchés émergeants) pour
s’assurer que les standards sont praticables dans tous les environnements ;
• D
 es consultations de l’opinion public pour discuter et proposer des standards, même si
il n’y a pas de demande pour tous les projets.
Ainsi, L’IASB a les pleins pouvoirs concernant l’agenda de l’IASC, ses projets, et
l’organisation de son travail. Le board peut sous-traiter des recherches ou des travaux auprès
des décideurs des standards nationaux ou auprès d’autres organisations.
Parmi les responsabilités attribuées à l’IASB :
• La publication d’un traité d’exposition sur chaque projet et doit normalement publier
un traité de principe ou un autre document permettant des commentaires publics sur
les principaux projets;
• La révision des commentaires effectués dans une période raisonnable suivant leur
publication ;
• La consultation du Standards Advisory Council sur les projets principaux, l’agenda
des décisions et les priorités de travail ;
• La publication des conclusions des standards comptables internationaux et d’un traité
d’exposition ;
• Le développement de la coordination avec les normalisateurs nationaux.

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Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

I-3 LA COMMUNICATION AUTOUR DE PASSAGE AUX NORMES IFRS3

I-3-2 CONTRAINTES À RESPECTER POUR QUE L’INFORMATION SOIT


PERTINENTE ET FIABLE

Les caractéristiques qualitatives sont les attributs qui rendent utile pour les utilisateurs
l’information fournie dans les états financiers. Les quatre principales caractéristiques
qualitatives sont l’intelligibilité, la pertinence, la fiabilité et la comparabilité.
INTELLIGIBILITE : Une qualité essentielle de l’information fournie dans les états
financiers est d’être compréhensible immédiatement par les utilisateurs. A cette fin, les
utilisateurs sont supposés avoir une connaissance raisonnable des affaires et des activités
économiques et de la comptabilité et une volonté d’étudier l’information d’une façon
raisonnablement diligente. Cependant, l’information relative à des sujets complexes, qui doit
être incluse dans les états financiers du fait de sa pertinence par rapport aux besoins de prises
de décisions économiques des utilisateurs, ne doit pas être exclue au seul motif qu’elle serait
trop difficile à comprendre pour certains utilisateurs.
PERTINENCE : Pour être utile, l’information doit être pertinente pour les besoins de
prises de décisions des utilisateurs. L’information possède la qualité de pertinence lorsqu’elle
influence les décisions économiques des utilisateurs en les aidant à évaluer des événements
passés, présents ou futurs ou en confirmant ou corrigeant leurs évaluations passées.
Les rôles de prévision et de confirmation de l’information sont interdépendants. Par
exemple, l’information sur la structure et le niveau actuels des actifs détenus a une valeur
pour les utilisateurs lorsqu’ils cherchent à prévoir la capacité de l’entreprise à profiter des
opportunités et sa capacité à réagir à des situations défavorables. La même information joue
un rôle de confirmation des prévisions passées, par exemple sur la structure de l’entreprise ou
sur le résultat d’activités prévues.
L’information sur la situation financière et la performance passée est fréquemment utilisée
comme base de prévision de la situation financière et de la performance futures, ainsi que
dans d’autres domaines d’un intérêt direct pour les utilisateurs, tels que les paiements de
salaires et de dividendes, les variations des prix des titres et la capacité de l’entreprise à faire
face à ses engagements à leur échéance. Pour avoir une valeur prédictive, l’information n’a
pas besoin de prendre la forme d’une prévision explicite. La capacité à prévoir à partir des
états financiers est cependant améliorée par la façon dont l’information sur les transactions et
les événements passés est présentés. Par exemple, la valeur prédictive du compte de résultat
est améliorée si les éléments inhabituels, anormaux et peu fréquents, tant en matière de
produits que de charges, sont fournis séparément.
• Importance relative
La pertinence de l’information est influencée par sa nature et son importance relative.
Dans certains cas, la nature de l’information est suffisante à elle seule pour la rendre
pertinente. Par exemple, le fait de présenter un nouveau secteur peut affecter l’appréciation
des risques et des opportunités auxquels est confrontée l’entreprise, quelle que soit
l’importance relative des résultats réalisés par le nouveau secteur au cours de l’exercice. Dans
d’autres cas, c’est à la fois la nature et l’importance relative qui sont importante, par exemple,

3
Enquête sur le passage des norms IFRS – Mazars

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Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

le montant des stocks détenus dans chacune des principales catégories qui sont appropriées à
l’activité.
L’information est significative si son omission ou son inexactitude peut influencer les
décisions économiques que les utilisateurs prennent sur la base des états financiers.
L’importance relative dépend de la taille de l’élément ou de l’erreur, jugée dans les
circonstances particulières de son omission ou de son inexactitude. En conséquence,
l’importance relative fournit un seuil ou un critère de séparation plus qu’une caractéristique
qualitative principale que l’information doit posséder pour être utile.
FIABILITE : Pour être utile, l’information doit également être fiable. L’information
possède la qualité de fiabilité quant elle est exempte d’erreur et de biais significatifs et que les
utilisateurs peuvent lui faire confiance pour présenter une image fidèle de ce qu’elle est
censée présenter ou ce qu’on pourrait s’attendre raisonnablement à la voir présenter.
L’information peut être pertinente, mais si peu fiable par nature ou dans sa
représentation que sa comptabilisation pourrait être potentiellement trompeuse. Par exemple,
si la validité et le montant d’une demande d’indemnités en vertu d’une action en justice sont
contestés, il n’est pas approprié pour l’entreprise de comptabiliser le montant total de cette
demande au bilan, bien qu’il puisse être approprié d’indiquer le montant et les circonstances
de la demande.
• Image fidèle
Pour être fiable, l’information doit présenter une image fidèle des transactions et
autres événements qu’elle vise à présenter ou dont on s’entend raisonnablement à ce qu’elle
les présente. Ainsi, par exemple, un bilan doit présenter une image fidèle des transactions et
autres événements qui génèrent des actifs, des passifs et des capitaux propres pour l’entreprise
à la date de clôture et qui satisfont aux critères de comptabilisation.
Dans la plupart des cas, l’essentiel de l’information financière présente un certain
risque d’être une présentation moins fidèle que ce qu’elle vise à présenter. Ceci n’est pas dû à
un parti pris mais plutôt aux difficultés inhérentes soit à l’identification des transactions et
autres événements à évaluer, soit à la conception et à l’application des techniques
d’évaluation et de présentation qui peuvent traduire ces transactions et ces événements. Dans
certains cas, l’évaluation des effets financiers des éléments pourrait être si incertaine que les
entreprises, de façon générale, ne les comptabilisent pas dans les états financiers. Par
exemple, bien que la plupart des entreprises génèrent, de façon interne, un goodwill au cours
du temps, il est habituellement difficile d’identifier ou d’évaluer de façon fiable ce goodwill.
Dans d’autres cas, cependant, il peut être pertinent de comptabiliser des éléments et
d’indiquer le risque d’erreur relatif à leur comptabilisation et à leur évaluation.
• Prééminence de la substance sur la forme
Si l’information doit présenter une image fidèle des transactions et autres événements
qu’elle vise à présenter, il est nécessaire qu’ils soient comptabilisés et présentés
conformément à leur substance et leur réalité économique et non pas seulement selon leur
forme juridique. La substance des transactions et autres événements n’est pas toujours
cohérente avec ce qui ressort du montage juridique apparent. Par exemple, une entreprise peut
céder un actif à un tiers, de telle façon que les actes visent à conférer la propriété juridique à
ce tiers. Néanmoins, des accords peuvent exister, qui font en sorte que l’entreprise continue à
bénéficier des avantages économiques futurs représentatifs de cet actif. Dans de telles
circonstances, la comptabilisation d’une vente ne donnerait pas une image fidèle de la
transaction qui a été conclue (si tant est qu’il y ait eu, en fait, une transaction).
• Neutralité
14
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Pour être fiable, l’information contenue dans les états financiers doit être neutre, c’est à
dire sans parti pris. Les états financiers ne sont pas neutres si, par la sélection ou la

présentation de l’information, ils influencent les prises de décisions ou le jugement afin


d’obtenir un résultat ou une issue prédéterminé.
• Prudence
Les préparateurs d’états financiers, cependant, sont confrontés avec les incertitudes qui, de
façon inévitable, entourent un grand nombre d’événements et de circonstances, tels que la
recouvrabilité des créances douteuses, la durée d’utilité probable des immobilisations
corporelles et le nombre de demandes en garantie qui peuvent survenir. De telles incertitudes
sont reconnues à travers une information sur leur nature et étendue et par l’exercice de la
prudence dans la préparation des états financiers. La prudence est la prise en compte d’un
certain degré de précaution dans l’exercice des jugements nécessaires pour préparer les
estimations dans des conditions d’incertitude. Pour faire en sorte que les actifs ou les produits
ne soient pas surévalués et que les passifs ou les charges ne soient pas sous-évalués.
Cependant l’exercice de la prudence ne permet pas, par exemple, le création de réserves
occultes ou de provisions excessives, la sous-évaluation délibérée des actifs ou des produits,
ou la surévaluation délibérée des passifs ou charges, parce que les états financiers ne seraient
pas neutres, et, en conséquence, ne posséderaient pas la qualité de fiabilité.
• Exhaustivité
Pour être fiable, l’information contenue dans les états financiers doit être exhaustive,
autant que le permettent le souci de l’importance relative et celui du coût. Une omission peut
rendre l’information fausse ou trompeuse et, en conséquence, non fiable et insuffisamment
pertinente.
COMPARABILITE : Les utilisateurs doivent être en mesure de comparer les états
financiers d’une entreprise dans le temps afin d’identifier les tendances de sa situation
financière et de sa performance. Les utilisateurs doivent également être en mesure de
comparer les états financiers d’entreprises différentes afin d’évaluer, de façon relative, leurs
situations financières, leurs performances et les variations de leurs situations financières. En
conséquence, l’évaluation et la présentation de l’effet financier de transactions et
d’événements semblables doivent être effectuées de façon cohérente et permanente pour une
même entreprise et de façon cohérente pour différentes entreprises.
Une des implications importantes de la caractéristique qualitative de comparabilité est que
les utilisateurs soient informés des méthodes comptables utilisées dans la préparation des états
financiers et de tout changement apporté à ces méthodes ainsi que des effets de ces
changements. Les utilisateurs doivent être en mesure d’identifier les différences entre les
méthodes comptables pour des transactions et autres événements semblables, utilisées par la
même entreprise d’un exercice à l’autre et utilisées par différentes entreprises. La conformité
avec les normes comptables internationales, y compris l’indication des méthodes comptables
utilisées par l’entreprise, aide à atteindre cette comparabilité.
Le besoin de comparabilité ne doit pas être confondu avec l’uniformité pure et ne doit pas
constituer un obstacle à l’introduction de dispositions normatives comptables améliorées. Il
n’est pas approprié pour une entreprise de continuer à comptabiliser de la même façon une
transaction ou un autre événement si la méthode adoptée ne permet pas de respecter les
caractéristiques qualitatives de pertinence et de fiabilité. De même, il est inapproprié pour une
entreprise de maintenir inchangées ses méthodes comptables lorsqu’il existe d’autres
méthodes plus pertinentes et plus fiables.

15
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Parce que les utilisateurs souhaitent comparer la situation financière, la performance et la


variation de la situation financière d’une entreprise au cours du temps, il est important que les
états financiers donnent l’information correspondante des exercices précédents.

CONTRAINTES À RESPECTER POUR QUE L’INFORMATION SOIT


PERTINENTE ET FIABLE

CELERITE : L’information peut perdre sa pertinence si elle est fournie avec un retard
indu. La direction peut avoir à trouver un équilibre entre les mérites relatifs d’une information
prompte et ceux d’une information fiable. Pour fournir une information à bonne date, il peut
souvent être nécessaire de la présenter avant que ne soient connus tous les aspects d’une
transaction, ce qui nuit à la fiabilité. Inversement, si l’on retarde la présentation de
l’information jusqu’à ce que tous les aspects soient connus, l’information peut être fiable,
mais de peu d’utilité pour les utilisateurs qui ont eu des décisions à prendre entre temps. Pour
atteindre l’équilibre entre pertinence et fiabilité, la considération dominante doit être de
satisfaire au mieux les besoins des utilisateurs en matière de prise décisions économiques.

RAPPORT COÛT/ AVANTAGE : Le rapport coût / avantage est une contrainte


générale plutôt qu’une caractéristique qualitative. Les avantages obtenus de l’information
doivent être supérieurs au coût qu’il fallu consentir pour la produire. L’évaluation des
avantages et des coûts est cependant un processus qui est affaire de jugement. En outre, les
coûts ne pèsent pas nécessairement sur les utilisateurs qui profitent des avantages. Les
avantages peuvent également profiter à des utilisateurs autres que ceux pour qui l’information
est préparée ; par exemple, la fourniture d’une information supplémentaire aux prêteurs peut
réduire les coûts des emprunts d’une entreprise. Pour ces raisons, il est difficile d’appliquer un
test coût/ avantage dans un cas particulier. Néanmoins, les normalisateurs, en particulier,
ainsi que les préparateurs et les utilisateurs d’états financiers, doivent garder à l’esprit cette
contrainte.
EQUILIBRE ENTRE LES CARACTERISTIQUES QUALITATIVES
En pratique, la recherche d’un équilibre ou un arbitrage entre les caractéristiques
qualitatives est souvent nécessaire. Généralement le but poursuivi est d’atteindre un équilibre
approprié entre les caractéristiques afin de satisfaire aux objectifs des états financiers.
L’importance relative des caractéristiques dans les divers cas est une affaire de jugement
professionnel.
IMAGE FIDELE/ PRESENTATION FIDELE
Les états financiers sont fréquemment décrits comme donnant une image fidèle ou une
présentation fidèle de la situation financière, de la performance et des variations de la
situation financière d’une entreprise. Bien que le présent cadre ne traite pas directement de ces
concepts, l’application des principales caractéristiques qualitatives et des dispositions
normatives comptables appropriées a normalement pour effet que les états financiers donnent
ce qui généralement s’entend par image fidèle ou présentation fidèle de cette information.
I-3-3 LECTURE DE L’INFORMATION FINANCIERE PAR LES PARTIE
PRENETES
I-3-3-1 Les parties prenantes de l’information financière

L’entreprise interfère avec de nombreux acteurs, partie prenante de la manière dont elle
gère la difficile équation entre l’homme et son environnement sociétal et écologique.

16
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

On distingue les parties prenantes internes dites « primaires » c'est-à-dire celles qui ont
une relation contractuelle avec l’entreprise. Les parties prenantes internes comprennent des
acteurs traditionnellement reconnus appartenant au périmètre direct de l’entreprise (les
actionnaires, les clients, le personnel…) et peuvent également englober des acteurs
appartenant au périmètre « périphérique » de l’entreprise (associations professionnelles, corps
professionnels…)
D’autres conceptions se font jour officiellement et élargissent le périmètre aux parties
prenantes externes dites « secondaires », celles qui n’ont pas de relations contractuelles
formalisées avec l’entreprise, mais qui subissent (ou sont susceptibles de subir) ses activités
ou d’influer sensiblement le cours de ses activités.
Cette partie prenante, très hétérogène, aux acteurs multiples, et moins familière pour
l’entreprise, fait irruption sur la scène internationale et sur le marché : la « société civile ».

Parties prenantes Parties prenantes Nouvelle partie prenante : la « société


« traditionnelles » « périphériques » civile »
 Actionnaires  Associations  Opinion publique
 Clients industrielles  ONG
 Administrateurs  Corps professionnels  Riverains
 Fournisseurs  Associations de  Sociétés locales
 Employés consommateurs  Groupes de pression et
 Sous-traitants  Gouvernements d’influence
 Partenaires  etc.  Fonds commun de pension,
d’affaires et alliances fonds de retraite, fonds d’épargne
 Concurrents  Communautés locales et
 etc. internationales.
Le périmètre de l’entreprise évolue et varie, bien sûr selon les produits, les marchés,
les pays, les contextes géopolitiques ou culturels, les évènements locaux ou mondiaux, mais
surtout en fonction des intérêts patrimoniaux des parties prenantes.
En fait, l’on peut considérer que les parties prenantes sont « actionnaires » de la responsabilité
de l’entreprise, c’est à dire de son engagement dans un développement durable. Cette analogie
se retrouve dans l’homonymie anglo-saxonne, apparue aux Etats-Unis au début des années
soixante : stakeholders, « porteurs d’enjeux », par opposition à shareholders, « porteurs de
parts ou actionnaires financiers ».
La conséquence pour l’entreprise est qu’il existe une interdépendance étroite entre elle
et l’ensemble de ses parties prenantes. Cette interdépendance élargit celle concernant les
shareholders, qui portent les enjeux de propriété financière, et vis-à-vis desquels l’entreprise
porte la responsabilité de développer le profit financier.

17
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

II. ANALYSE COMPARATIVE ENTRE LES NORMES IFRS /


NORMES MAROCAINES

II.1 IMMOBILISATIONS INCORPORELLES


Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines
LES - Amortissement de certaines - Amortissement obligatoire des
IMMOBILISATIONS immobilisations ; immobilisations incorporelles ;
INCORPORELLES - Réévaluation possible ; - Réévaluation possible ;
- Mode d’amortissement liniaire. - Mode d’amortissement liniaire.
- Comptabilisé en tant qu’actif ;
- Mode d’amortissement liniaire ;
- Durée maximum 20 ans
a- le goodwill ou écart - Comptabilisé en tant qu’actif ;
(durée d’utilité de l’immobilisation
d’acquisition. - Amortissement non autorisé suite à
concernée)
la révision de IAS 38.
A noter : le PCG prévoit que
A noter : le goodwill n’est plus
l’écart d’acquisition soit amorti,
amortissable depuis la révision de
sans exception, selon un plan
IAS 38.
d’amortissement dont la durée
doit refléter les hypothèses
retenues et les objectifs fixés lors
de l’acquisition.
b- les frais
d’établissement et frais - Les frais à étaler ou les frais
- IAS 38 interdit la comptabilisation
à étaler. d’établissement sont comptabilisés à
parmi l’actif des frais à étaler ou des
l’actif et amortis sur une durée
frais d’établissement.
maximum de 5 ans.
c- les frais de - Les frais de recherches - Les frais de recherches
recherches et de fondamentales doivent être fondamentales doivent être
développement. comptabilisées en charge ; comptabilisées en charge ;
-Les frais de recherches appliquées -Les frais de recherche appliquée
doivent être comptabilisée en charge ; peuvent être comptabilisée en
-Les frais de développement peuvent immobilisation ;
être immobilisées sous certaines -Les frais de développement peuvent
conditions ; être immobilisées sous certaines
- Amortissement sur la durée conditions ;
prévisionnelle d’utilisation. - Amortissement sur maximum de 5
A noter : IAS 38 prévoit ans.
l’activation des frais de A noter : la règle générale est la
développement lorsque les critères constatation en charge.
suivants sont vérifiés : Cependant, pour les frais de
- Probabilité de générer des recherche appliquée et
bénéfices ; développement, l’activation est
- Produit clairement identifié ; possible si :
- Possibilité de fabrication - Les projets sont individualisés
démontrée ; - D’importantes chances de
- Intention de vendre le produit ; réussites techniques ;
-Existence d’un marché potentiel ; - La rentabilité commerciale est
- Ressources suffisantes. démontrée.

18
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

II.2 LES IMMOBILISATIONS CORPORELLES

Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines


LES - La réévaluation des - La réévaluation des
IMMOBILISATIONS immobilisations corporelles est immobilisations corporelles
CORPORELLES permise non taxée et pratiquée. est permise, taxée et pratiquée
- Les normes internationales rarement.
recommandent d’effectuer - Les règles fiscales jouent un
régulièrement les réévaluations de rôle pénalisant puisque les
manière à ce que la valeur réévaluations sont soumises à
comptable nette de l’impôt.
l’immobilisation soit proche de sa - La réévaluation est rarement
juste valeur. pratiquée au Maroc.
a.les amortissements - la durée d’amortissement est la - la durée d’amortissement est
des immobilisations durée de vie économique prévue ; la durée de vie économique
corporelles. - mode d’amortissement non prévue ;
précisé ; - mode liniaire ou dégressif ;
- durée fiscale non applicable. - durée fiscale fréquemment
A noter : IFRS16 choisie comme durée
(immobilisations d’amortissement.
corporelles)précise que A noter : Au Maroc, les
l’entreprise doit identifier et méthodes comptables
sélectionner la méthode d’amortissement des
d’amortissement qui reflète le immobilisations sont
rythme selon lequel les dépendantes de la
avantages économiques liés à réglementation fiscale en
l’actif sont consommés par terme du durée retenue et
l’entreprise. de rythme
d’amortissement ;
.la durée de vie sur le plan
fiscal et comptable est en
général plus courte que la
durée de vie réelle des
immobilisations.

II.3 APPROCHE PAR COMPOSANTES

Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines


APPROCHE PAR - Selon IAS 16, les composantes
COMPOSANTES d’une immobilisation complexe,
- Au Maroc, l’approche
ayant des durées de vie
d’immobilisation par
différentes que l’immobilisation
composante n’est pas aussi
principale, doivent être
systématique que dans les
immobilisées séparément et
normes internationales.
amorties selon leurs propres
durées.

19
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

II.4 LES IMMOBILISATIONS FINANCIERES

Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines


LES - la classification retenue est la
IMMOBILISATIONS suivante : - Le CGNC distingue au sein
FINANCIERES des immobilisations
. les actifs financiers détenus à des financières, les titres de
(les points de fins de transaction, dont le but de participation et les autres titres
divergence) la détention est de dégager un immobilisés ; et d’autres
bénéfice des fluctuations du prix à parts, les titres et valeurs de
court terme ; placement figurant à l’actif
circulant ;
. les placements détenus jusqu’à
leur échéance, son généralement - Cette classification en
les obligations ; immobilisations et actifs
circulant traduit la distinction
. les prêts et créances émis par qu’à opérée le CGNC entre le
l’entreprise ; long et le court terme, en se
fondant sur une durée de
. les actifs disponibles à la vente détention ou de recouvrement
sont ceux qui ne rentrent en de plus ou moins 12mois.
aucune des catégories précédentes.

II.5 LES STOCKS

Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines


LES STOCKS - l’enregistrement des stocks
- l’enregistrement des stocks se fait
en normes marocaines se fait
à la date de transfert de l’essentiel
(les points de à la date de transfert de
des risques et avantages et du
divergence) propriété;
contrôle des avantages
économiques futurs;
-La liste des coûts
incorporables aux coûts fixes
-Inclus tout le matériel utile à la
de production est plus
production et au stockage même les
restreinte ;
coûts de transport ;
- La présentation des
- En cas d’actualisation des
subventions en diminution
paiements différés, l’écart est pris
des postes de l’actif
en résultat financier.
immobilisé n’est pas prévue.

Il n’y a pas de divergence majeure entre le traitement des stocks selon les normes
internationales et marocaines. Les principes comptables sont comparables, toutefois
l’information à fournir est plus complète en normes IAS/IFRS qu’en règles marocaines. La
norme IAS2 impose de fournir en annexe une information sur la valeur des stocks dépréciées
et comptabilisées à la valeur nette de réalisation.

Les méthodes d’évaluations des stocks admises sont les mêmes selon les deux normes.

20
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

II.6 CONTRAT DE LOCATION

Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines


CONTRAT DE - dans les comptes individuels,
LOCATION la comptabilisation ne
distingue pas la nature des
(les points de contrats de location ;
- location financement à
divergence) - dans les comptes consolidés,
enregistrer en tant qu’actif ;
il peut être procédé au
- location exploitation à enregistrer
retraitement des contrats de
en tant que charge
location financement ;
- les loyers dus à raison du
contrat constituent des charges
d’exploitations.

-Au Maroc, le crédit bail (leasing) est constaté en charge, contrairement aux normes
internationales, traitant celui-ci comme un élément d’actif (immobilisation généralement).

- Définition et critères précis pour un contrat de location financement selon les normes
IAS/IFRS (IAS17).

II.7 LES SUBVENTIONS

Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines


LES - La présentation des
SUBVENTIONS subventions en diminution
des postes de l’actif
- La présentation des subventions
immobilisé est prévue ;
en diminution des postes de l’actif
immobilisé est prévue ;
- les subventions
d’investissement est
- les subventions doivent être
constatée systématiquement
comptabilisées en produits, sur une
dans un compte spécifique
base systématique sur les exercices
des capitaux propres pour le
nécessaires pour les racheter aux
montant perçu est amorti au
coûts liés qu’elles sont censées
même rythme que
compenser.
l’immobilisation
correspondante par le crédit
du compte de résultat.

21
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

II.8 LE TRAITEMENT DES CREANCES

Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines


- la comptabilisation du CA est en
fonction de la réalité de la
transaction ;
- la comptabilisation du CA
- la méthode du pourcentage est en fonction de la forme
d’avancement est obligatoire pour juridique du contrat ;
les prestations de service.
- la méthode du pourcentage
En normes IAS/IFRS, le montant d’avancement est une option.
des produits des activités ordinaires
Selon les normes marocaines,
doit être évalué à la juste valeur de
les créances circulantes sont
la contrepartie reçue ou à recevoir
inscrites à leur valeur
en tenant compte du montant de
LE TRAITEMENT nominale en principal, telle
toute remise commerciale ou rabais
DES CREANCES que celle-ci résulte des
pour quantité consenti par
conventions légales ou
l’entreprise.
contractuelles liant
Toutefois, lorsque l’entrée de l’entreprise à ses débiteurs.
trésorerie ou équivalent de
Les intérêts financiers
trésorerie est différée,la juste valeur
nettement identifiables en
de la contrepartie peut être
application des conventions
inférieure au montant nominal de la
établies ne rentrent pas dans
trésorerie reçue ou à recevoir, dans
cette valeur nominale.
ce cas le montant enregistré en
vente actualisée de la créance sur
l’acheteur.
II.9 LES ECARTS DE CONVERSION
Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines
LES ECARTS DE - Conversion au taux de clôture ; - Conversion au taux de
CONVERSION clôture ;
- Impact sur résultat comptabilisé.
- Impact sur résultat
(les points de Selon les normes IAS/IFRS, les comptabilisé uniquement
divergence) gains et pertes latents due aux pour des pertes de change
variations des cours de monnaies latent.
étrangères, sont comptabilisées
comme suit : Au Maroc, les gains et les
pertes de change latents sont
. Evaluation en utilisant le cours de comptabilisés au bilan dans
change à la date de transaction ; les comptes d’écart de
. Evaluation en utilisant le cours de conversion. Une provision
clôture à la date de clôture pour les pour risque de change est
éléments monétaires et celui du constatée, en cas de perte
jour de transaction pour les latente. Le gain de latent
éléments non monétaires ; n’est pas intégré dans le
résultat comptable, mais il
. Ecarts de change sont est pris en compte de la
comptabilisées dans le compte de détermination du résultat
résultat. fiscal.

22
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

II.10 LES PROVISIONS

Les normes IAS/IFRS Les normes marocaines


LES PROVISIONS - L’actualisation des provisions est
obligatoire ;
- Il y a une précision pour
- L’actualisation des
l’estimation des flux futurs,
provisions n’est pas
l’actualisation et les informations à
obligatoire ;
fournir ;
- Absence de disposition
- Les provisions pour grosses
expresse concernant
réparations ne sont pas permises par
l’évaluation des provisions.
les normes internationales ;
Elle est généralement faite
Selon la norme 37, une provision ne
avec approximation ;
doit pas être comptabilisée que si
- Les provisions pour grosses
les conditions ci-dessous sont
réparations est
respectées :
obligatoirement constituée si
- Un passif résultant d’événements
elle est destinée à couvrir des
passés ;
charges importantes qui ne
- Une obligation actuelle qui
présentent pas un caractère
aboutira à une sortie de ressources ;
annuel et ne peuvent être
- La probabilité d’évaluer de façon
assimilées à des frais
fiable le montant de l’obligation.
courants d’entretien et de
Ces conditions ne sont pas les
réparation.
mêmes qu’au Maroc.
Au Maroc, c’est surtout le
En effet, les provisions pour
principe de prudence, qui est
grosses réparations, qui ne
à la base de dotation de
respectant pas la condition première
provision.
de IAS37, sont autorisées par la
réglementation comptable
marocaine.

. Au Maroc, c’est surtout le principe de prudence, qui est à la base de dotation de provision.

Les provisions pour réparations ne sont pas permises par les normes internationales.

L’approche par composante au niveau de la gestion des immobilisations permet de


combler les impacts de cette non autorisation.

II.11 LES IMPOTS DIFFERES

Les normes IAS/IFRS Les normes IAS/IFRS


LES IMPOTS - Comptabilisation dans les comptes - Non applicable dans les
DIFFERES sociaux ; comptes sociaux ;

- Comptabilisation dans les comptes - Comptabilisation dans les


consolidés. comptes consolidés.

Au niveau des comptes consolidés, il n’existe pas de différences majeures entre les
règles marocaines et les normes internationales en matière d’impôts différés.

23
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Les impôts différés ne sont comptabilisés au Maroc que dans les comptes consolidés.
Dans les comptes sociaux, seul est comptabilisé l’impôt courant à payer au titre de l’exercice
concerné.

Les normes IAS12 (impôt sur le résultat), préconise la comptabilisation des impôts
différés dans les comptes sociaux et dans les comptes consolidés. Elle impose la
comptabilisation de passif et actif d’impôts différés basés sur des conséquences fiscales
futures des différences temporelles taxables.

II.12. LES AVANTAGES DU PERSONNEL

La comptabilisation de l’ensemble des avantages du personnel, obligatoire dans les


normes IAS/IFRS ne fait pas l’objet d’une normalisation comptable marocaine directe et
précise. Des provisions pour risques et charges peuvent être comptabilisées (engagement de
retraite par exemple). Aussi, dans les normes internationales, les informations
complémentaires relatives aux avantages du personnel et exigées sont très détaillées par
rapport à ce qui est exigé pour les provisions pour risques et charges au Maroc.

II.113. EVENEMENTS POSTERIEURS A LA DATE DE CLOTURE

Les normes IAS/IFRS Les normes IAS/IFRS


EVENEMENTS Selon les normes IAS/IFRS, les Au Maroc, les corrections
POSTERIEURS A corrections d’erreurs fondamentales d’erreurs, postérieurs à la date de
LA DATE DE postérieures à la date de clôture et les clôture, sont à comptabiliser en
CLOTURE changements de principes comptables sont compte de résultat.
comptabilisées en ajustant les capitaux
propres du bilan d’ouverture. Les
principes comptables d’intangibilité du
bilan d’ouverture ne sont pas respectés.
Elles autorisent aussi la comptabilisation
des ajustements en résultat de l’exercice
avec une présentation pro forma des
exercices antérieures retraités en annexe.

24
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

L’IMPACT DU PASSAGE AUX IFRS SUR


LA QUALITE DE L’INFORMATION
FINANCIERE : OPPORTUNIETE ET
COMPLEXITE

I- LES INCIDENCES DU CHANGEMENT DU


REFERENTIEL

II- LES IFRSVERS LA DEMOCRATISATION OU


L’AUTARCIE DE L’INFORMATION FINANCIERE

III- UNE VISION GLOBALE SUR LA REALITE


ECONOMIQUE DE L’ENTREPRISE LORS DE LA
REFORME COMPTABLE : RISQUES ET OPPORTUNITES

25
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

CHAPITRE II : L’IMPACT DU PASSAGE AUX IFRS SUR LA


QUALITE DE L’INFORMATION FINANCIERE :
OPPORTUNIETE ET COMPLEXITE

I- LES INCIDENCES DU CHANGEMENT DU REFERENTIEL

I-1 COMMENT LE PASSAGE AUX IFRS EST IL RESSENTI ?

1.1.1 Un changement coûteux mais salvateur4

Parmi les avantages, il faut citer l’objectif originel de la norme qui est de favoriser la
comparabilité des comptes au niveau européen. Aux yeux des investisseurs, ce point est
fondamental. Les normes nouvelles vont entraîner à terme des règles de calcul et de
présentation standardisées. De la même manière, elles vont homogénéiser le calcul d’éléments
parfois complexes comme le contenu du chiffre d’affaires ou le traitement du goodwill.
L’adoption des normes IFRS permettra également de sortir d’un système comptable ancien
essentiellement marqué par l’enregistrement des opérations au coût historique, et de mieux
rendre compte de la réalité économique.
Si l’approche bilancielle semble l’emporter, elle a des incidences en termes de lecture
mais aussi en termes d’élaboration des comptes. En théorie, les nouvelles normes doivent
mettre fin aux pratiques de pilotage du résultat par le biais des provisions. Cela ne sera pas
sans influence sur l’utilisation de certains ratios dans les secteurs de l’assurance et de la
banque.
Au-delà du contenu des normes et de leur aspect technique, il y a tout lieu de penser
que les entreprises vont devoir s’adapter, réfléchir à l’évaluation de leurs actifs et trouver des
solutions pour gérer efficacement l‘application des nouvelles règles. Il est d’ailleurs fréquent
que ce type de réflexion, de remise à plat, conduise à une amélioration des modes opératoires
et des contrôles. La mise en oeuvre des nouvelles règles peut alors présenter des opportunités
de dépasser le strict cadre réglementaire et d’optimiser le fonctionnement des entreprises.
Ces travaux de remise à plat, d’évaluation et plus globalement de réflexion peuvent
conduire les entreprises à mettre en évidence une meilleure appréhension des risques, ce qui
participera à l’amélioration de la perception de l’entreprise par les investisseurs.
Les entreprises concernées par le passage aux nouvelles normes IFRS ont d’ores et
déjà réfléchi aux solutions qui s’offrent à elles pour appliquer les nouvelles normes. En
théorie, tout est fait pour que la qualité et la lisibilité des comptes soient meilleures.
Cependant, tout dépend de l’état d’esprit des entreprises concernées et des moyens qu’elles
dégagent dans le domaine informatique, en formation et surtout en communication. Elles
devront faire un effort de pédagogie marqué, principalement au moment du bilan d’ouverture.
Le premier point concerne le champ d’application de la notion de juste valeur. Compte
tenu du choix laissé aux entreprises quant à la méthode de détermination de la juste valeur, on
peut craindre une plus grande difficulté dans la comparaison des comptes d’une entreprise à

4
Crouzet P.et N. Véron (2002) : La mondialisation en partie double : la bataille des
normes comptables.

26
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

l’autre. Il est quasi-certain que l’on voit émerger des experts en évaluation, sur lesquels il
faudra s’appuyer, sans avoir la possibilité pour les analystes de critiquer leurs méthodes ou
leurs modèles internes.
Le recours à des modèles internes, s’il est une source de divergences entre sociétés, va
aussi favoriser l’émergence d’une zone de certification dans laquelle vont s’engouffrer les
cabinets de consultants. Ce point peut soulager les analystes qui n’auront vraisemblablement
pas le temps de fouiller l’analyse et auraient du, sinon, se contenter de contrôles de
cohérences sur les taux retenus par les modèles. Cette remarque sera valable aussi pour les
goodwills, dont l’évaluation passera par la notion d’« impairment test » pour laquelle les
sociétés auront sans doute recours à des experts internes. Cette nouvelle méthode d’évaluation
se substituera aux amortissements sur de très longues périodes antérieurement pratiqués.
En ce qui concerne la recherche/développement, les nouvelles normes imposent que la
recherche reste en charge et ne soit pas inscrite à l’actif. Le développement étant, pour ce qui
le concerne, intégré à l’actif du bilan. A ce sujet, deux difficultés peuvent se faire jour : la
classification des dépenses de recherche et développement en charges ou en actifs risque de se
heurter à l’incompréhension des opérationnels qui devront être sensibilisés à ce sujet. D’autre
part il va être difficile d’évaluer ces nouveaux postes d’actif. Comment déterminer la valeur
actuelle des flux futurs ? Quelle sera la bonne méthode ?
Tout repose aussi sur la manière dont les sociétés vont communiquer, dire quelles sont
les normes qui vont les impacter. Il est fort probable que les marchés réagiront négativement
si des sociétés qui sont soumises au passage aux normes IFRS ne se dotent pas des moyens
nécessaires à la communication.
Les sociétés vont devoir communiquer plus largement et répondre aux questions des
analystes sur les impacts, sur les coûts. Alors que la place sera confrontée à un phénomène de
rupture dans les bases disponibles, les analystes vont peut-être, dans un premier temps,
revenir à des considérations moins financières que par le passé en examinant la qualité du
management, la qualité de la stratégie, la mise en oeuvre du gouvernement d’entreprise. Sur
tous ces points, il est clair que l’émetteur qui communiquera très tôt sur les impacts que ces
nouvelles normes ont sur ses comptes aura un avantage.
1.1.2 Les dangers de la « juste valeur »5
Le principe de juste valeur propose de déterminer la valeur des actifs par l’estimation
des flux de trésorerie anticipés actualisés (valeur instantanée). Dans le monde des marchés
parfaits et complets, cette valeur est égale au prix de marché des actifs. En effet, si la
concurrence est pure et parfaite, la valeur de l’actif est exactement égale à ce qu’il coûte
(hypothèse de profits nuls) et tous les actifs ont la même rentabilité. En cas d'absence d'un
marché de référence, une modélisation doit permettre de construire la valeur actualisée des
flux engendrés par cet actif. L’IASB propose, dans cette optique, de prendre la plus grande de
ces deux valeurs comme étalon pour la dépréciation de la valeur d'un actif enregistré au coût
amorti (IFRS 36).
Or la mise en oeuvre des actifs fait apparaître des complémentarités ou synergies avec
les compétences propres de l’entreprise dans son ensemble. Ainsi, la rentabilité économique
des actifs diffère suivant la nature de l’acquéreur, ce qui est impossible dans la théorie des
marchés parfaits. Un actif est dit spécifique pour une entreprise lorsque l’utilisation de cet
actif par cette entreprise engendre un rendement supérieur par rapport à son utilisation par
toute autre entité (Caballero et Hammour [1998] par exemple). Le prix de marché de cet actif,

5
http://europa.eu.int/eur-lex/fr/archive/2003/l_26120031013fr.html

27
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

c’est-à-dire l’estimation collective de sa valeur par les autres agents, sera différent de la valeur
de cet actif pour l’entreprise.
La spécificité et l'asymétrie d’information sont essentielles et inévitables pour tout
projet entrepreneurial. Elles sont en effet au fondement de l'avantage compétitif e des «
survaleurs » (goodwill) qui sont la différence entre la valorisation d'ensemble des actifs dans
l’entreprise par rapport à leur valeur de liquidation individuelle. On sait que les survaleurs
estimées par le marché boursier donnent souvent lieu à des valorisations qui s’avèrent
fantaisistes, comme celles issues des transactions lors de la bulle internet. La généralisation de
la juste valeur rendra structurels les problèmes que l’on perçoit dans la mesure de la survaleur
: alors que le problème comptable de la survaleur ne se pose que lors de l’achat de
participations ou du contrôle d'une société, la logique de la juste valeur l’étend à l'évaluation
de tous les actifs à chaque établissement des comptes. Il s’agit donc bien d’une extension de la
logique de valorisation financière. Les succès patents de cette dernière au moment de la bulle
internet ou dans l’analyse de quelques sociétés dont la faillite nourrit l’actualité financière,
amènent à questionner très sérieusement l’intérêt de l’étendre dans les bilans mêmes des
entreprises sous peine de voir les bulles boursières se transformer en bulles comptables.
La comptabilité à coût historique possède une logique économique, fondée sur une
vision dynamique de l’entreprise en tant qu’entité productive durable et indivisible. Elle
interroge le processus qui amène les capitaux investis dans les ressources d'entreprise jusqu'à
la création de valeur et les représente notamment sous forme d'actifs (matériels et
immatériels). Elle vise ainsi à évaluer et représenter le revenu d'entreprise au fur et à mesure
qu'il est généré par cette entité, spécialement grâce aux résultats de ses ventes. La valorisation
des actifs faits référence donc à ce processus économique spécifique de l'entreprise, plutôt
qu'aux cours boursiers. À l'évidence, pourquoi investir sans retour ? Toute dépense activée
devrait alors impliquer des résultats. Cependant, est-ce effectivement le cas ? C'est
précisément pour cela que l'on rend périodiquement les comptes.
Dans cet esprit, une mise en alerte s'impose pour les utilisateurs et les rédacteurs
futurs, en particulier en matière de cohérence inter-temporelle et inter-entreprises, des
frontières de l'entité prise en compte, et enfin de la valorisation “prophétique” des actifs,
notamment financiers.
Les futurs utilisateurs des bilans selon les IFRS devront d'abord faire attention à la
cohérence intertemporelle et de comparaison inter-entreprises, en raison des nombreuses
options laissées par l'IASB, par exemple, en matière de valorisation des actifs, entre la
notation au coût historique corrigé pour la perte de dépréciation (IFRS 36), et celle au prix
courant de marché (très souvent substituée par l'estimation d'experts agréés).

28
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

I-2 REPERCUSSIONS ORGANISATIONNELLES

L’application des IFRS dans le monde

Carte mise à disposition par FinHarmony, formation et conseil en IAS/IFRS

1-2-1 Répercussions sur les sociétés cotées en bourse

Les impacts sur l’organisation interne des entreprises6

Près de 57% des entreprises cotées estiment que le passage aux normes IAS/IFRS
constitue une réelle opportunité permettant d’améliorer leur organisation interne. Mais ce
chiffre est à relativiser suivant les secteurs d’activité, où la difficulté de mise en œuvre sera
prédominante sur les instruments financiers pour les entreprises du secteur des Banques,
Services Financiers, Energie et Assurance.
Ceci est moins le cas pour d’autres secteurs pour lesquels les différences entre leurs
propres normes et les normes IAS/IFRS sont plus mineures et affecteront les états financiers
dans leur forme plus que dans l’appréciation de leurs actifs.
Ainsi, une organisation spécifique est mise en place dans la plupart des cas, en centralisant
le projet de mise en place de ces normes au siège de l’entreprise, et pour 2/3 des entreprises
cotées européennes, la mise en place d’une organisation spécifique sera gérée par des experts
extérieurs.

6
Etude barométrique KPMG –Cartesis normes IFRS 2005

29
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Ces experts extérieurs sont des spécialistes dans les domaines financier et comptable, et
dans le dans les domaines de la formation ou dans le diagnostic des systèmes d’information.
Cependant, de nombreux domaines tels que les procédures d’organisation interne, les conseils
en communication et la mise en place d’un programme spécifique de formation pour le
personnel concerné restent négligés.
Mais les entreprises n’abordent pas les problèmes d’organisation interne de la même
façon que les aspects purement financiers.
En effet, même si la plupart des directeurs financiers européens perçoivent ce
changement de référentiel comme une opportunité à long terme, en France ou au Royaume-
Uni, les normes IFRS sont perçues comme génératrices de charges supplémentaires.
De plus, l’IASB a fourni ses dernières normes IFRS régissant l’ensemble des principes
comptables finalisés le 31 mars 2004, ce qui a laissé peu de temps pour les entreprises de se
préparer pour le 1er janvier 2005, d’où le retard annoncé et inquiétant de certaines entreprises
cotées européennes à 2 mois de l’échéance.
• Des impacts anticipés en raison de la volatibilité des résultats
C’est au niveau des marchés financiers que les nouvelles normes auront le plus
d’impacts : sur les instruments financiers, sur les fusions acquisitions, et sur la valorisation
des actifs.
En effet, l’une des particularités des normes IAS/IFRS réside dans la comptabilisation à la
juste valeur, celle du marché, et non plus à un coût historique jugé déconnecté de la réalité.
Mais, l’introduction de la juste valeur risque aussi d’entraîner une plus grande volatibilité de
l’évaluation des actifs, et la question est de savoir quel sera l’impact sur un plan macro-
économique des normes IFRS sur la compétitivité des entreprises et de leur croissance.
• Un lobbying traduisant d’une frilosité de certaines entreprises européennes
20% des entreprises mènent des opérations de lobbying auprès de l’IASB, soit de manière
directe soit par l’intermédiaire d’associations professionnelles, en vue de modifier certaines
normes qui ne semblent pas adaptées à leur activité (surtout sur les secteurs des Banques et
d’Assurance).
Ce lobbying se manifeste souvent en raison d’une frilosité des entreprises concernant le
caractère « obligatoire » de cette application, du retard que certaines d’entre elles ont à mettre
en place ce nouveau référentiel, et des opportunités et habitudes locales. En effet, ce nouveau
système va initier de nouveaux réflexes financiers, comptables et stratégiques pour les
entreprises.
Les impacts dans la prise de décision stratégique
• Une lecture des comptes plus fiable et transparente
Les normes IAS/IFRS ont pour objectif prioritaire d’apporter une meilleure perception de la
santé financière des entreprises (transparence des comptes) et une meilleure comparabilité des
comptes à long terme. Ainsi, l’information financière sera plus fiable sur les marchés
financiers.
En effet, les normes font apparaître certains engagements « hors bilan » qui ne figurent
pas habituellement pas dans les comptes sociaux et consolidés :
- elles prévoient de nouvelles règles de provision et d’appréciation d’actifs,
- elles permettront de connaître les performances des entreprises par zone géographique et par
secteur d’activité pour la consolidation des résultats par filiale.
30
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Cependant, les risques inhérent à cette application résident dans une augmentation de la
« manipulation » des états financiers, la complexité des normes et une trop grande diversité de
profils d’entreprises face à une application de normes uniques.
• Les normes IFRS, un pas vers un marché financier européen unifié
Cette harmonisation va pouvoir créer une unité de langage comptable, et ainsi favoriser
l’émergence et la construction d’un marché financier européen.
De plus, les normes IFRS convergent avec les normes américaines US GAAP, déjà utilisées
par des sociétés européennes, ce qui permet d’intensifier le principe d’harmonisation des
marchés financiers sur la scène mondiale.
1-2-2 Répercussions sur les sociétés non cotées en bourse
Les impacts sur l’organisation interne des entreprises
Malgré les inquiétudes, la mise en place d’un langage comptable européen unique séduit
plus de la moitié des entreprises non cotées, et pour la plupart d’entre elles, l’adoption du
nouveau référentiel est du à leur appartenance à un groupe coté ou à leur implantation à
l’étranger, par soucis d’harmoniser les comptes.
Pour elles, l’application des normes IFRS n’est pas encore obligatoire, et cela leur laisse le
temps de pouvoir bien la préparer, en ayant l’exemple des entreprises cotées qui devront être
aux normes pour le 1er janvier 2005.
Cependant, cette préparation de réorganisation est très coûteuse pour ces entreprises aux
moyens limités et donc le poids financier s’avère significatif.
Contrairement aux sociétés cotées, les sociétés non cotées mettent d’avantage l’accent sur
leur réorganisation interne quant à la modification des systèmes d’information et les
formations internes et tout comme les sociétés cotées, elles font appel à des spécialistes pour
les entourer (techniques financières et comptables, diagnostics d’information et formation des
salariés).
Les impacts financiers et stratégiques
Face aux entreprises cotées, les entreprises non cotées se montrent moins positives
quant aux améliorations que le nouveau référentiel est susceptible d’apporter en matière
d’information financière, par une meilleure transparence et comparabilité des comptes.
C’est pourquoi, la majorité des entreprises européennes non cotées se préparent déjà
en amont à adopter ce nouveau référentiel malgré leurs préoccupations concernant le coût et
le temps d’adaptation.
I-3 REPERCUSSION SUR LE SYSTEME FINANCIER
Dans le cadre de ces normes, on comptabilise différemment un certain nombre
d’opérations, sans pour autant modifier la comptabilisation légale et fiscale du pays.
Ce sont donc surtout les pratiques comptables qui vont changer (comptabilisation des
opérations de fusion/acquisition, des subventions, des locations, des risques de change, des
provisions…), soit par des imputations sur d’autres comptes, soit par des jeux d’écritures
différents.
Il est aussi nécessaire de disposer, dans le système informatique de l’entreprise,
d’informations complémentaires utiles (notamment pour ce qui concerne la sectorisation, mais
aussi la comptabilisation des stocks).

31
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

La gestion des immobilisations est par ailleurs très touchée : elle nécessite un
dédoublement de toutes les règles d’amortissement (par exemple, biens amortissables en
comptabilité fiscale et non amortissable en IAS, et vice versa).
La comptabilité française est conçue pour souligner l’aspect fiscal des états financiers,
permettant notamment d’établir l’impôt à payer. Les IAS s’adressent en priorité aux
investisseurs et aux créanciers de l’entreprise.
Les changements induits dans la présentation des comptes :
• L’intégration en bilan d’une partie du Hors Bilan actuel, comme l’intégration des
produits dérivés,
• La réduction des délais de diffusion (trimestriels),
• Le niveau de détail accru dans les annexes, avec, notamment, une ventilation par
secteurs économiques et géographiques.
Les changements induits dans l’introduction de la notion de la juste valeur (fair value) qui
modifie la valorisation de l’entreprise à un instant donné :
• Evaluation à la valeur du marché
• Comptabilisation des gains et des pertes latents
Les changements induits dans les modes de comptabilisation des instruments financiers :
• Nouvelle classification
• Comptabilisation spécifique des produits dérivés optionnels,
• Nouvelles notions de couverture.
Les changements induits dans l’introduction de nouvelles règles :
• Calcul de provisions
• Calcul de dépréciation d’actifs
Désormais, l’ensemble des états financiers est constitué des éléments suivants :
• Le bilan
• Le compte de résultat
• Le tableau de flux de trésorerie (facultatif)
• L’annexe
• « tout autre document utile à la compréhension des comptes ».

32
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

II- LES IFRS VERS LA DEMOCRATISATION OU L’AUTARCIE DE


L’INFORMATION FINANCIERE
II-1 CREATIVITE COMPTABLE, DISTORSIONS ET
MANIPULATION7
Avec le nouveau référentiel, le problème de l’information financière reste finalement
le même : sur quoi les entreprises vont-elles choisir de communiquer ? Elles auront
probablement encore le droit d’utiliser les indicateurs de leur choix, même si elles doivent
alors les définir avec précision, garder les mêmes d’une année sur l’autre et publier de toute
façon des données de base.
D’autant que les normes internationales ne sont pas des règles détaillées mais posent
plutôt des principes généraux : il se peut alors que deux sociétés d’un même pays ou d’un
même secteur choisissent des applications différentes.
Néanmoins, remarquons que cette flexibilité ou souplesse dans les normes n’est pas
neutre : elle est entre autres destinée à faire passer « plus en douceur » les entreprises aux
normes internationales.
De plus, les options permettent d’expérimenter plusieurs méthodes comptables et
donc, en effectuant des comparaisons entre les différentes applications et leurs incidences,
d’en retirer la « meilleure » ou la « plus juste ».
Enfin, il est clairement prévu et précisé que les normes sont amenées à évoluer,
notamment en diminuant petit à petit toutes ces options.
La flexibilité des normes n’est alors peut-être pas à long terme un problème en matière de
transparence. Serait-ce même un atout comme ont tendance à le croire les Anglo-saxons ?
2-2-1 Problèmes engendrés par certaines normes
Tout d’abord, avec les normes internationales, les entreprises vont nécessairement vers
une plus grande volatilité des comptes liée par exemple à l’évaluation des instruments
financiers et des immobilisations (corporelles comme incorporelles) à leur juste valeur (IAS16
et IAS39).
Comptabiliser les éléments au prix instantané du marché (au lieu du coût historique et des
amortissements annuels) soumet les comptes à la volatilité des marchés. Les variations de
valeur de chaque poste rendront les bénéfices plus volatiles, donc les capitaux propres
également, ce qui pourrait poser un problème aux actionnaires.
Prenons un autre exemple de difficulté : la juste valeur d’une société (ou de son actif
immobilisé) peut-elle toujours être assimilée à sa valeur de marché ? Il semble que non, tant
que la marque n’est pas comptabilisée et ne figure pas dans les comptes de l’entreprise.
Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que la question de la juste valeur provoque
actuellement des réactions très virulentes, notamment de la part des banques européennes qui
vont ainsi voir leur risque énormément augmenter. Ces réactions font ressortir une tendance
naturelle des différents acteurs vers la sécurité : les entreprises sont en effet peu disposées à
accepter la position incertaine dans laquelle les place la valorisation à la juste valeur.

Un deuxième écueil est que les normes internationales introduisent l’idée de futur dans la
présentation des comptes, notamment par l’actualisation des flux et la prévision des
évolutions à venir ; or, à partir du moment où il s’agit d’éléments prévisionnels, les chiffres ne
7
http://www.ecif.info/OptionFinance_Goodwills.pdf
33
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

sont plus liés à des choses tangibles ou réelles : chacun peut en quelque sorte prévoir ce qui
l’arrange pour embellir ses comptes et là, on s’éloigne manifestement de l’exigence de
transparence ! Comment dès lors éviter que cette évaluation soit subjective ? Beaucoup
d’instruments financiers n’étant pas négociés sur des marchés actifs ou liquides, il faut
recourir à des modèles pour déterminer leur « juste valeur » ; mais ces modèles prévisionnels
sont source d’erreurs involontaires et volontaires, ce qui fait que la fiabilité et la validité de la
mesure dépendront de la pertinence des paramètres choisis et de la sincérité des entreprises
(puisque les modèles pourront toujours être manipulés à leur avantage…). L’évaluation
redevient alors dénuée de neutralité et plus le modèle utilisé sera complexe, plus la
« manipulation créative » sera difficile à détecter.

Enfin, l’évaluation à la juste valeur fait que les résultats comptables seront plus affectés
par les éléments externes (taux de change et d’intérêt) que par les décisions de l’équipe
dirigeante. La traduction de la performance qu’elle donne sera donc très éloignée de la réalité
de gestion de l’entreprise. Faudrait-il, dans ce cas, tenir une double comptabilité basée sur
deux méthodes d’évaluation différentes ? Mais est-il vraiment rigoureux d’avoir un reporting
interne qui diffère du reporting externe ?

D’autre part, certaines normes peuvent poser des problèmes opérationnels : les groupes
vont par exemple rencontrer des difficultés importantes en matière de regroupement
d’entreprises. En effet, les nouvelles règles supprimeront l’amortissement systématique des
écarts d’acquisition et introduiront des tests de perte de valeur (selon l’IAS 36, un actif a
perdu de la valeur quand sa valeur comptable est supérieure à sa valeur recouvrable, la valeur
recouvrable étant définie comme la valeur la plus élevée entre la valeur d’utilité et le prix de
vente net). Concrètement, les entreprises devront chaque année recalculer la valeur de marché
des cibles qu’elles ont acquises pour s’assurer que ces dernières ne se sont pas dépréciées. Ce
rapprochement à la juste valeur impliquera pour les comptes la mise en place de méthodes de
calcul et de suivi de la valeur : il devra être intégré la possibilité d’une volatilité plus grande
de la valeur de certains actifs.
Les circonstances dans lesquelles les entreprises seront conduites à comptabiliser des
pertes de valeur seront en outre beaucoup plus nombreuses qu’auparavant. En effet,
aujourd’hui, des pertes de valeur sont souvent déclenchées et comptabilisées dans le cadre de
restructuration et/ou abandon d’activité ; demain, les analyses devront être menées dès qu’un
certain nombre d’indicateurs (changements dans l’environnement technologique, économique
ou juridique, variation des taux d’intérêt…) laisseront penser que les actifs ont perdu de la
valeur. Par ailleurs, les analyses ne pourront plus être effectuées au niveau global de
l’entreprise mais elles devront l’être au niveau des unités génératrices de trésorerie auxquelles
tous les actifs, corporels et incorporels, devront être rattachés. L’unité génératrice de
trésorerie (ou UGT) est le plus petit groupe identifiable d’actifs dont l’utilisation continue
génère des entrées de trésorerie qui sont largement indépendantes des entrées de trésorerie
générées par d’autres actifs ou groupes d’actifs. La mise en place de ces UGT permettant de
suivre les valeurs des actifs implique la participation des opérationnels en plus de celle des
services comptables et de la direction financière. Il s’agit en particulier d’identifier les UGT
(le rôle des hommes du plan et de la stratégie devrait être ici primordial), de déterminer leur
composition (par les contrôleurs de gestion aidés des opérationnels) et d’évaluer les valeurs
recouvrables par la mise en place du calcul des valeurs d’utilité.

34
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

2-2-2 Qu’est ce qu’il est en est de l’information envers les autres parties
prenantes ?
Pour finir cette section, il nous paraît intéressant et nécessaire de se poser une question
sous-jacente au passage aux normes IFRS : quels sont les besoins des autres parties prenantes
à l’information financière ?
Il va de soi qu’une pluralité d’agents économiques et sociaux est directement concernée
par l’entreprise, des actionnaires au personnel, en passant par l’Etat, les banques, les clients et
les fournisseurs ; sans parler de ceux qui le sont indirectement…
Ainsi, il existe une pluralité de parties prenantes (stakeholders) de l’information
comptable qui n’ont pas toutes la même vision ni la même conception de la valeur d’une
entreprise.
Dans ce contexte, la comptabilité donne à voir l’économie d’une certaine manière ; en
effet, comme nous l’avons vu un peu plus haut, les normes internationales offrent une vision
dans laquelle les lecteurs privilégiés sont les actionnaires. Ils ont essentiellement pour but de
communiquer vers les marchés financiers; d’autant que les scandales aux Etats-Unis comme
ailleurs ont pour effet de renforcer cette information destinée aux actionnaires, mais que fait-
on des autres parties prenantes tels que les salariés, les clients, les fournisseurs et les pouvoirs
publics ? Les entreprises n’ont-elles pas aussi le devoir d’adresser leur communication à ces
derniers ? Comment concilier l’information nécessaire aux actionnaires et aux investisseurs
avec celle due aux autres acteurs ? Ces derniers vont-ils s’y retrouver avec le nouveau
référentiel comptable ? Va-t-on les y aider ? Ecartons ici le cas des banques car elles se
préparent déjà en amont au changement et tendraient même plutôt à inciter les entreprises à
s’atteler aux nouvelles normes, notamment pour favoriser leurs services d’ingénierie
financière proposés aux entreprises).
Somme toute, l’entreprise doit rendre des comptes à toutes ces parties prenantes qui, parce
qu’elles sont affectées par ses activités, ont un droit à l’information sur celles-ci.
Sur ce point, l’évaluation à la juste valeur répond nettement aux attentes des investisseurs
mais beaucoup moins bien à celles des autres parties : en effet, l’Etat, les clients ou les
salariés ont un besoin d’information stable, non remise en cause tout le temps, pour forger
leur opinion.
De plus, la juste valeur fait de la maximisation de la valeur actionnariale l’un des objectifs
uniques de l’entreprise. Or, un pilotage de l’entreprise fondé uniquement sur la maximisation
de la création de valeur pour l’actionnaire ne risque-t-il pas de freiner la croissance et de
favoriser le court-terme au détriment d’une vision stratégique à long terme, de l’innovation et
de nouveaux marchés ou produits ? N’atteint-on pas les limites d’une « marchéisation » de la
comptabilité ? Il convient sans doute d’intégrer aux informations à la juste valeur des données
venant d’une comptabilité de gestion et des ressources humaines par exemple (relatives à une
« valeur ajoutée sociale »).
Mais la transparence passe peut-être aussi par une amélioration notable du contenu des
rapports, précisant par exemple les engagements sociaux et environnementaux (cf.
développement durable). Car la création de valeur sociétale des firmes semble s’intégrer
complètement à leur analyse en tant que facteur de solidité et de durabilité.

II-2- LES IFRS : LE NOUVEAU LANGAGE DU CAPITALISME

35
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

COMPTABLE8
L’affaire Enron commence le 16 octobre 2001 lorsque la firme de Houston annonce
une perte de 618 millions de $ pour le 3° trimestre 2001 après constatation d’une charge
exceptionnelle de 1 Mds de $. Les marchés sont pris au dépourvu et le doute s’installe : en 5
jours l’action chute de 40%. La principale ruse pratiquée par Enron a consisté à exclure
abusivement de son périmètre de consolidation de nombreuses filiales crées de toute pièce et
dans lesquelles sont logées des dettes et des engagements qu’elles souhaitent occulter afin
d’améliorer l’image de santé financière donnée par son bilan consolidé. Enron a également
manipulé la comptabilisation des contrats à long terme de fourniture d’énergie. Par ailleurs en
utilisant les marges de manœuvre offertes par les règles de comptabilisation des opérations de
négoce (reconnaissance comme chiffre d ‘affaires soit de l’ensemble des montants négociés
soit de la seule marge de négoce) elle a artificiellement grossi son chiffre d’affaires. Ce n’est
qu’un an après le déclenchement du scandale Enron que les normes comptables américaines
ont supprimé cette marge d’interprétation.
Il s’agit en réalité d’un désastre collectif : l’auditeur d’Enron Arthur Andersen, les
banques d’affaires, les sociétés de conseil stratégique ont été mêlés de près ou de loin aux
manipulations d’Enron...De nombreux comptables, analystes, juristes, régulateurs et
législateurs n’ont pas joué leur rôle à un degré ou à un autre, pour assurer l’exactitude des
informations financières et le bon acheminement des données honnêtes et non manipulées sur
les marchés.

Cette affaire, n’est que la preuve que L’évolution de l’information financière n’est en
fait qu’un nouvel aspect de la transformation du capitalisme.

En effet, Les auteurs estiment que la distinction « classique » entre « capitalisme


rhénan » (avec ses banques omniprésentes) et « capitalisme anglo-saxon » (avec ses marchés
financiers et son obsession du profit à court terme) n’est plus pertinente.
La distinction proposée par Raghuram Rajan et Luigi Zingales leur semble davantage
convenir à l’époque actuelle.

D’un côté le « Capitalisme relationnel » dans lequel les relations entre individus,
forgées par exemple au gré d’études communes ou de proximité sociales ou politiques, jouent
un rôle prépondérant dans l’allocation des financements externes de l’entreprise.
De l’autre côté le « Capitalisme contractuel » dans lequel les relations personnelles ne sont
pas déterminantes et où les décisions se prennent de manière « anonyme ».
Selon cette grille d’analyse les marchés des capitaux relèvent du « capitalisme contractuel »
alors que les financements par les banques commerciales, les fonds de l’Etat sont plutôt
caractéristiques du « capitalisme relationnel ».

Dans un contexte d’environnement instable, créé par l’apparition de nouvelles


technologies, le capitalisme relationnel consacre beaucoup de ressources à la sauvegarde
d’entreprises condamnées alors que le capitalisme contractuel favorise l’apparition de
nouvelles entreprises et de nouvelles fortunes.

L’écosystème financier français hérité des « Trente glorieuses » accorde une large
place aux relations personnelles pour l’élaboration et la diffusion de l’information financière.
Ainsi les normes comptables nationales sont en France teintées de considérations fiscales,
statistiques et prudentielles exprimant la prééminence de l’Etat et des grandes banques par
8
Nicolas Veron ; L'Information financière en crise : Comptabilité et capitalisme; Editions Odile Jacob ; 2004

36
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

rapport aux autres utilisateurs et notamment aux actionnaires. L’information financière


accessible publiquement revêt une importance relativement mineure, en comparaison avec un
modèle de capitalisme contractuel appuyé principalement sur les marchés des capitaux.
Ce système semble toutefois en France être appelé à un remise en cause car la période actuelle
se caractérise par des évolutions profondes du paysage financier.

En effet l’accélération des changements de périmètre des groupes due aux fusions et
acquisitions (qui rend la lisibilité des comptes et l’appréciation des performances plus
difficiles), l’impact du développement des nouvelles technologies de la communication sur
l’information financière et les innovations financières tous azimuts sont quelques uns de ces
chocs dont l’effet est une profonde mutation de l’écosystème financier et qui appellent des
mesures urgentes pour éviter une dérive du système.

Le système financier( insistent les auteurs qui restent malgré tout optimistes) doit
développer des mécanismes de défense par rapport aux principaux risques de dérives et de
fraudes ; en partie de nouvelles réglementations et en partie un contrôle collectif plus
contraignant sur les agissements des dirigeants

II-3-LA REGULATION FINANCIERE A LA CROISEE DES CHEMINS

La présence d’une autorité collective est indispensable au bon fonctionnement des


marchés des capitaux. Cette régulation est constituée par les institutions publiques, semi-
publiques ou privées. Des institutions pour les marchés...
Les institutions de régulations des marchés des capitaux sont nées des crises boursières
lorsque les mécanismes spontanés du marché ou de l’autorégulation par les acteurs eux
mêmes se sont révélés insuffisants pour empêcher les dérives des comportements et la
déstabilisation du système financier.
Sans régulation publique les entreprises pourraient publier des informations donnant une
vision fausse de leur situation et de leur activité et les intermédiaires pourraient ne pas agir
dans l’intérêt de leurs clients, comme cela a pu être le cas pour les analystes par exemple.
Un certain degré de régulation publique est souvent nécessaire pour assurer la confiance des
marchés. A l’inverse trop de régulation peut freiner l’esprit d’entreprise, décourager la prise
de risque et brider l’efficacité des mécanismes de marché. Un équilibre délicat est à
rechercher au cas par cas, selon les types de marché considérés, selon les pays et les époques.
Aux Etats-Unis, la SEC, organisme public, est loin d’être le seul acteur de la régulation.
Elle a délégué une partie de ses pouvoirs à des organismes de droit privé, comme le PCAOB
pour le contrôle des auditeurs ou le FASB pour les normes comptables USGAAP. Certains
marchés de produits financiers dérivés ne dépendent pas de la SEC mais d’une autre agence
fédérale, le Commodity Futures Trading Commission. Par ailleurs la surveillance prudentielle
des entreprises de banques et d’assurances est assurée par un réseau complexe d’autorités dont
La Réserve Fédérale.
En dehors de Etats-Unis, tous les pays développés se sont progressivement dotés
d’autorités de régulation boursière avec dans chaque cas la même double fonction que pour la
SEC : une fonction de contrôle de l’information d’une part et de « police de marché » d’autre
part.
Toutefois le champ exact de ces missions varie d’une situation à l’autre. Aux Etats-Unis la
normalisation comptable est apparue comme un sous ensemble de la mission de la SEC. Ceci
est lié à la priorité dont bénéficient les investisseurs sur les autres utilisateurs de l’information
financière dans le système américain. En France, la normalisation comptable est restée pour
37
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

l’essentiel, jusqu’à l’adoption des IAS, entre les mains du ministère des finances.
Dans tous les pays, les tribunaux jouent aussi un rôle de premier plan dans la régulation des
marchés. Enfin les gouvernements eux-mêmes et les parlements ont des influences très
variées selon le contexte national. Aux multiples acteurs étatiques il faut aussi ajouter la
commission européenne...
Cette multiplicité des acteurs n’est pas le seul élément qui donne sa spécificité à la
régulation des marchés. Plus fondamentalement, celle-ci se situe à la charnière entre le public
et le privé.
La participation active d’intervenants issus du secteur privé demeure une caractéristique
générale de la régulation des marchés de capitaux. Seuls les individus qui ont l’expérience des
marchés peuvent en démonter les mécanismes et y identifier le cas échéant les fraudes et les
irrégularités.

III- UNE VISION GLOBALE SUR LA REALITE ECONOMIQUE DE


L’ENTREPRISE LORS DE LA REFORME COMPTABLE :
RISQUES ET OPPORTUNITES

Un changement de normes comptables ne peut pas être vu comme un simple changement


d’outil, dont les effets économiques seraient neutres sous prétexte que la réalité économique
retranscrite dans les chiffres est la même. La comptabilité a un impact réel, bien que difficile à
mesurer, sur le fonctionnement de l’économie. Il en est ainsi parce qu’elle détermine
nécessairement la vision que se font de l’entreprise les différents utilisateurs des comptes :
dirigeants, actionnaires, Etat, créanciers, salariés, fournisseurs, clients..., et qu’à son tour,
cette vision influence les comportements de ces acteurs vis-à-vis de l’entreprise. Ceci
explique la vigueur de certains débats récents, par exemple sur la comptabilisation des actifs
financiers (IAS 32 et 39) ou sur l’amortissement des écarts d’acquisition (goodwill).
A cet égard, les entreprises ne peuvent que saluer l’objectif des IAS/IFRS de mieux
refléter dans les comptes la réalité de la situation économique sous-jacente. Sur le plan des
principes, la notion de « fair value », qui constitue le coeur du projet IAS, ne peut donc
qu’être approuvée, puisqu’en soi, il paraît économiquement justifié de comptabiliser les actifs
et les passifs à leur juste valeur plutôt qu’à leur coût historique. L’application de ce principe
n’est toutefois pas exempte de risque dès lors qu’on s’écarte d’un monde conforme aux
manuels de microéconomie, doté de marchés complets et efficients.
En effet, dans la réalité économique, il n’existe pas de marchés d’occasion pour
l’ensemble des actifs d’une entreprise. Dès lors, il devient nécessaire de procéder à des
évaluations fondées sur des modélisations, dans lesquelles une part d’arbitraire et
d’incertitude peut s’introduire puisque des hypothèses de base légèrement différentes peuvent
induire des écarts importants. En outre, même quand une valeur de marché existe, par
exemple sur les marchés financiers, elle peut conduire à des données extrêmement volatiles,
susceptibles d’exercer des effets de procyclicité dangereux pour l’économie.
En pratique, l’impact des normes IAS sur le résultat comptable des entreprises paraît
aujourd’hui très difficile à évaluer, aucune étude d’impact scientifique n’a été réalisée et
rendue publique. Aujourd’hui encore, alors que les entreprises cotées européennes s’apprêtent
à établir leurs comptes consolidés en IAS/IFRS, on ne dispose d’aucune véritable évaluation
chiffrée des conséquences du changement de référentiel.
Plusieurs normes IAS/IFRS laissent toutefois anticiper une plus forte volatilité des bilans
et des résultats en IAS/IFRS qu’en normes marocains (outre la valorisation des actifs
financiers et parfois des immobilisations à leur « juste valeur », on notera les conditions plus
38
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

sévères pour la passation des provisions (IAS 37) ou la définition stricte de la notion
d’élément extraordinaire (IAS 8)).
A cet égard, au-delà des effets des IAS/IFRS sur les entreprises en général, une réflexion
Certains chiffres publiés dans la presse donne d’ailleurs une idée de la volatilité qui pourrait
être introduite par les IAS/IFRS. Si tel devait être le cas, les nouvelles normes comptables
n’auraient-elles pas des conséquences sur l’horizon de gestion des entreprises ? Les dirigeants
pourraient être incités à tenir exagérément compte de l’impact de court terme de leurs
décisions, au détriment de la mobilisation sur les choix stratégiques de moyen ou long terme,
seuls à même d’être durablement créateurs de valeur.
De même, la mesure comptable de la performance va probablement évoluer avec
l’introduction des nouvelles règles. Or il n’est pas démontré que les IAS/IFRS constituent un
outil de pilotage efficace pour les entreprises. Cette question ne se pose d’ailleurs avec
d’autant plus d’acuité pour les PME, qui ne disposent pas nécessairement des moyens
financiers ou humains d’opérer des retraitements pour élaborer des outils de gestion financière
internes. Approfondie mériterait également d’être menée sur les différences d’impact selon la
taille des entreprises. Dans cette perspective, deux premières remarques peuvent ici être
notées :
a) Les entreprises cotées ont dû engager des coûts importants pour
gérer la complexité du passage aux IAS/IFRS, notamment sous la
forme d’investissements informatiques et de formations dispensées à de
nombreux niveaux (directions générale et financière, ressources
humaines, services juridiques, services commerciaux, services du parc
immobilier...).
De même, certaines procédures nouvelles ont dû être introduites (ou certaines
procédures anciennes modifiées) afin d’alimenter le travail des services comptables par des
informations opérationnelles (informations sur la dépréciation des stocks, sur la valeur de
revente d’un actif sur le marché, sur la durée d’utilisation des composants d’un
investissement...).
Or, structurellement plus petites, les entreprises non cotées ne disposent pas de la
même surface financière ni des mêmes ressources internes pour piloter dans les meilleures
conditions la gestion de cette complexité.
En outre, contrairement aux investisseurs impliqués dans le capital des grandes
entreprises, les différentes parties prenantes des PME ne semblent aujourd’hui pas exprimer
d’attente forte à l’égard d’une comptabilité en IAS. Autrement dit, au premier abord, le
différentiel entre les avantages et les coûts d’un passage en IAS/IFRS paraît particulièrement
plus faible pour les PME que pour les grandes entreprises. Il n’est d’ailleurs pas interdit de
penser qu’il est négatif pour certaines.
b) L’application du référentiel IAS aux sociétés cotées fait craindre à certains analystes une
volatilité des marchés financiers en raison de la volatilité potentielle des comptes évalués en
juste valeur. Si les entreprises non cotées échappent naturellement à ce risque, elles pourraient
néanmoins n’être pas exemptes de perturbations avec leur partenaire financier privilégié. La
notation que les banques effectuent de chacun de leur client —, notation dont l’impact sur le
financement va être d’autant plus important qu’elle devient un élément-clé de la
réglementation prudentielle —, dépend largement de certains ratios comptables (taux
d’endettement, ratio de fonds propres...), qui peuvent devenir plus volatiles en raison du
passage aux IAS/IFRS.

39
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

MODELES CONCRET DE L’IMPACT SUR


LA QUALITE DE L’INFORMATION
FINANCIERE

I. CAS DE MAROC TELECOM

II. CAS SCANIA MAROC

CHAPITRE III : MODELES CONCRET DE L’IMPACT SUR LA QUALITE DE L’I

40
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

I. CAS DE MAROC TELECOM9


I.1. CHANGEMENT DE REFERENTIEL COMPTABLE

L’Union européenne (UE) a choisi d’adopter le référentiel comptable IFRS


(International Financial Reporting Standards) émis par IASB (International Accounting
Standard Board) ; en application du règlement européen n°1606/2002 applicable aux sociétés
cotées sur les Bourses de valeurs de l’Union européenne (UE) et conformément à la norme
IFRS 1 « Première adoption des normes IFRS en tant que référentiel comptable ».
Ainsi, ses entreprises doivent présentés ses comptes consolidés, à compter du 1er janvier
2005, établis selon les normes comptables internationales (IFRS) en vigueur au 31 décembre
2005.
Cependant, au Maroc, le calendrier d’application de ces nouvelles normes n’est pas
encore fixé d’une manière détaillée, mais la première publication des comptes IFRS est fixée
à 2008. L’année en cours(2007) sera donc une année de transition et suppose l’ouverture de
plusieurs chantiers aussi bien au niveau comptable, organisationnel, ou en système
d’information, pour les entreprises, notamment les établissements de crédits et les entreprises
financières, pour se conformer à ces nouvelles normes internationales.
En effet, les comptes consolidés de Maroc Telecom ont été, à compter du 1er janvier
2005, établis selon les normes comptables internationales (IFRS) en vigueur au 31 décembre
2005.Ainsi, suite à l’obligation de changement du référentiel comptable, Maroc Telecom a
mis en œuvre une méthodologie projet pour assurer le succé de ce changement du référentiel
au cours du quatrième trimestre 2003.
I.2. LA TRANSITION IFRS : DESCRIPTION SYNTHETIQUE
DU PROJET
I.2.1 : Calendrier de transition aux normes IAS/IFRS
Sur la base des seules obligations figurant dans les normes IFRS et dans les textes
l’application par les sociétés européennes, ce n’est en principe qu’en 2006 que les sociétés
concernées doivent publier leurs comptes consolidés de l’année 2005 conformes aux normes
IFRS.
Or, Les premiers comptes publiés selon les normes IAS/IFRS sont ceux de l’exercice
2005 présentés avec un comparatif au titre de l’exercice 2004 établi selon le même référentiel,
à l’exception des normes IAS 32/IAS 39 appliquées à compter du 1er janvier 2005.
Les premiers comptes complets en référentiel IAS/IFRS de Maroc Telecom,
conformes à la norme IFRS 1 « Première adoption des IFRS », sont ceux publiés au titre de
l’exercice 2005.
Par ailleurs, les comptes semestriels 2005 sont présentés conformément à la
Recommandation CNC 99-01 mais avec application des règles d’évaluation IAS/IFRS.
Aucune donnée en normes comptables IFRS n’est fournie pour l’exercice 2003. La
transition étant définitive, aucun compte pro forma en normes françaises ne sera établi pour
l’exercice 2005 ni pour les suivants.
I.2.2. Planification du projet IAS/IFRS

9
Maroc Telecom est l’opérateur historique de télécommunications au Maroc, leader sur l’ensemble de ses segments d’activités, Fixe,
Mobile et Internet. Maroc Telecom est coté simultanément à Casablanca et à Paris depuis décembre 2004 et ses actionnaires de référence
sont le groupe Vivendi Universal (51%) et le Royaume du Maroc (34,1%).
41
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Afin de publier cette information comparative, Maroc Telecom a préparé un bilan


d’ouverture au 1er janvier 2004, date de transition aux normes IFRS, point de départ pour
appliquer ces normes et date à laquelle les incidences liées à la transition sont enregistrées,
principalement en capitaux propres.

I.2.2.1 Organisation du projet de conversion


Maroc Telecom a anticipé l’application des normes IFRS par des diagnostics et des
analyses réalisées en amont par la Direction de la consolidation Groupe. Ces travaux ont
permis :
• De mettre en évidence les principales divergences entre les normes IFRS et les
pratiques du groupe ;
• De procéder à l’analyse des options comptables ;
• D’apprécier les implications organisationnelles, fonctionnelles et informatiques liées à
la mise en place de ces nouvelles normes.
• Les règles d’évaluation et de consolidation ont-elles été adaptées?
• Les divergences principales ont-elles été identifiées?
1) Le projet de conversion aux normes IFRS initié au cours du quatrième trimestre 2003
comprend principalement les phases suivantes :
• Une première phase de « lancement » a permis de modéliser la conduite du projet, d’y
affecter des ressources, et de sensibiliser et former les principaux acteurs ;
• Une seconde phase de diagnostic a permis d’identifier les principales différences entre
les méthodes comptables appliquées par Maroc Telecom (normes comptables
françaises) et les normes comptables internationales (IFRS) ;
• La troisième phase d’évaluation des impacts de la conversion aux normes IFRS
• La dernière phase de mise en oeuvre des modifications induites par le changement de
référentiel porte notamment sur la production d’un bilan d’ouverture au 1er janvier
2004 et la mise en place d’une procédure pour la production régulière de comptes
IFRS en 2005, avec comparatifs 2004 .
2) Les principales divergences identifiées à ce jour peuvent se résumer comme suit :
• Suppression de l’amortissement des écarts d’acquisition et mise en place de tests de
dépréciation selon les dispositions des IFRS 3, IAS 36 et 38;
• Différences des modalités de reconnaissance du chiffre d’affaires et des coûts
d’acquisition des clients notamment selon les dispositions des IAS 2 et 18; en
particulier comptabilisation des subventions abonnés en moins du chiffre d’affaires «
ventes d’équipements » à hauteur de la marge brute qu’elles dégagent, en charge de
période pour le solde;
• Règles de présentation et d’évaluation des immobilisations corporelles et incorporelles
et des stocks selon les dispositions des IAS 2, 16, 36 et 38;
• Reventilation du résultat exceptionnel en résultat opérationnel et financier;
• Classement bilanciel des actifs et passifs financiers, et leur évaluation à la juste valeur
ou selon la méthode du coût amorti selon les cas.
I.2.3. Retraitements liés à la première application du référentiel IAS/IFRS
42
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Conformément aux options offertes par la norme IFRS1 Première application des
normes d’information financière internationales, le groupe a choisi pour son bilan
d’ouverture :
• De maintenir les coûts historiques pour ses immobilisations corporelles et n’a
donc procédé à aucune réévaluation ;
• De ne pas retraiter les opérations de regroupement antérieures au 1er janvier
2004 ;
• De procéder à la remise à zéro au 1er janvier 2004 des écarts de conversion.
Cependant, en date de transition aux normes IFRS, Maroc Telecom devrait faire le choix
de ne pas faire d’évaluation à la juste valeur de ses immobilisations.
I.2.4. Impact du passage aux normes IAS/IFRS
L’impact du passage aux normes IAS/IFRS est relativement limité dans la mesure où
Maroc Telecom applique déjà des méthodes préférentielles recommandées par le Conseil
National de la Comptabilité et conformes aux normes IAS.
Les principaux impacts liés à l’application du nouveau référentiel, indépendamment des
nouveaux formats de présentation des états financiers, concernent donc :
• Les modalités de reconnaissance du chiffre d’affaires ;
• Le non-amortissement des écarts d’acquisition à compter du 1er janvier 2004 ;
• L’analyse de la norme IAS 16 relative aux immobilisations corporelles.
I.2.5. Aspects problématiques liés à la conversion IAS/IFRS
Certaines normes et interprétations importantes, qui ont en vigueur au 31 décembre
2005, ont été publiées dans leur version définitive par l’IASB plus tardivement
qu’initialement prévu (l’IASB s’était initialement engagé à publier les derniers textes
applicables en 2005 au plus tard le 31 mars 2004), voire ne sont pas publiées lors de la
conversion. Compte tenu de l’émission récente de certaines normes et interprétations IFRS, de
leur faible mise en pratique et d’un nombre limité d’interprétations, certaines transactions sont
en cours d’analyse lors de transition. Les impacts dus au passage aux normes IFRS ne sont
donc pas exhaustifs et d’autres impacts, en cours d’analyse, pourront être probablement
induits par le nouveau référentiel.
I.2.6. Coût de la conversion IAS/IFRS
Le passage aux normes IFRS a un impact limité sur les comptes du groupe Maroc
Telecom au 31 décembre 2004 :
• -514 millions de dirhams sur le chiffre d’affaires, lié essentiellement à la prise en compte
des subventions des terminaux en réduction du chiffre d’affaires, sans impact sur le résultat
d’exploitation ;
• -71 millions de dirhams sur le résultat d’exploitation essentiellement lié à l’application de la
norme IAS 16 sur les immobilisations corporelles ;
• +72 millions de dirhams sur les capitaux propres principalement lié au retraitement des
primes de fidélisation.
I.3. MODIFICATION APPORTEES A LA PRESENTATION DES
ETATS FINANCIERS LORS DE L’ADOPTION DU NOUVEAU
REFERENTIEL

43
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

I.3.1. Description des retraitements IFRS


I.3.1.1. Présentation des états financiers
 Compte de résultat : Compte tenu de la pratique et de la nature de l’activité, la
présentation du compte de résultat par nature de produits et de charges a été maintenue.
La principale modification affectant le compte de résultat est l’identification du Coût de
l’endettement financier net.
 Bilan : Les principales modifications concernent :
• La ventilation des actifs et des passifs en courants et non courants ;
• La prise en compte des intérêt minoritaires dans les capitaux propres ;
• Le reclassement des impôts différés.
 Tableau des flux de trésorerie : Aucune modification due au changement de
référentiel n’étant apportée à la trésorerie nette, les seules différences par rapport à la
présentation antérieure consistent en des reclassements et indications plus détaillées tel que le
classement du coût de l’endettement dans le flux de trésorerie lié aux opérations de
financement.
I.4. PRESENTATION DES IMPACTS APPORTEES PAR
L’APPLICATION DU REFERENTIEL IAS/IFRS
I.4.1. Actifs incorporels
Les normes applicables sont IAS 38 Immobilisations incorporelles, IFRS 3
Regroupements d’entreprises et IAS 36 Dépréciations d’actifs.
 Écarts d’acquisition : Aucun retraitement des opérations de regroupement antérieures
au 1er janvier 2004 n’a été pratiqué. IAS 36 révisée supprime l’amortissement des écarts
d’acquisition mais impose désormais de pratiquer un test de dépréciation annuel (et lors de
toute éventuelle perte de valeur) pour les actifs incorporels ayant une durée de vie
indéterminée et pour les goodwills issus d’un regroupement d’entreprises.
L’impact sur le résultat 2004 lié au retraitement de la dotation aux amortissements des
écarts d’acquisition est de 7 Millions de dirhams.
En application de l’IAS 28, les écarts d’acquisition relatifs à des sociétés mises en
équivalence sont comptabilisés en titres mis en équivalence et non plus dans le poste écart
d’acquisition. Ce reclassement a une incidence sur le bilan d’ouverture de 6 millions de
dirhams.
 Cartes SIM : Les cartes SIM sont inscrites en immobilisations incorporelles en cours
lors de leur acquisition et sont reclassées en immobilisations définitives amortissables sur 2
ans lors de leur activation.
Les cartes SIM remplissent les conditions de l’IAS 38 révisée pour être considérées
comme des immobilisations incorporelles :
• Les cartes SIM sont nécessaires à la mise en place d’un abonnement qui génère des
avantages économiques futurs;
• Le coût des cartes SIM peut être mesuré de manière fiable ;
• Les cartes SIM sont séparables, dans la mesure où les abonnements peuvent être cédés,
concédés et échangés conjointement avec le contrat d’abonnement ;

44
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

• Les cartes SIM sont la propriété de l’opérateur durant la période minimum contractuelle ou
l’abonné est lié au réseau auquel il a souscrit. L’opérateur détient donc le contrôle des
avantages économiques sur la période contractuelle de l’abonnement ;
• La carte SIM est nécessaire pour activer l’abonnement, dont des avantages économiques
futurs sont attendus.
I.4.2. Immobilisations corporelles
Elles continuent de figurer au bilan pour leur coût historique d’acquisition. Elles ne font
l’objet d’aucune réévaluation.
 Durées d’amortissement : L’application de la norme IAS 16 Immobilisations
corporelles a conduit aux changements de certaines durées d’amortissement en utilisant la
méthode prospective et l’application de l’approche par composants en raison de la nature des
actifs corporels des télécommunications. L’amortissement est calculé de manière linéaire sur
la durée d’utilité de l’actif.
 Pièces de rechange
• Les pièces de rechange sont jugées utilisables sur plus d’un exercice et dédiées aux matériels
les concernant. Par conséquent, elles doivent, selon l’IAS 16, être comptabilisées avec leurs
équipements respectifs ;
• Les pièces de rechange acquises dans le cadre d’un marché d’acquisition d’équipement
suivent les mêmes règles de mise en service et d’amortissement que les équipements auxquels
elles sont liées;
• Les pièces de rechange acquises dans le cadre d’un marché spécifique sont mises en service
immédiatement et amorties sur la durée de vie résiduelle des équipements liés ou sur leur
durée d’amortissement initiale si cette information n’est pas disponible.
I.4.3 Passifs financiers (dette à taux zéro)
Maroc Telecom n’a pas jugé utile de procéder à l’actualisation des dettes à taux 0 dans
la mesure où des négociations relatives au remboursement de cette dette qui est intervenu
début août 2005, avaient été initiées de longue date.
I.4.4. Reconnaissance du chiffre d’affaires
 Chiffre d’affaires des postes
Le produit sur vente des postes doit être enregistré au moment de l’activation des abonnés
sur le réseau.
 Retraitement des subventions
Comptabilisation du chiffre d’affaires net des subventions. Ce retraitement n’a pas
d’impact sur le résultat d’exploitation, ces subventions étant initialement inscrites en produits
et en charges.
 Retraitement des services vocaux
Les ventes de services aux abonnés par le groupe Maroc Telecom pour le compte de
fournisseurs de contenu impactent le chiffre d’affaires qui est présenté net du montant reversé
à ces fournisseurs.
 Programme de fidélisation
Dans l’attente d’une interprétation de l’IFRIC, Maroc Telecom ne provisionne les primes
de fidélisation accordées à ses clients pour le renouvellement de terminaux qu’à hauteur de la

45
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

sortie complémentaire de ressource par rapport à l’avantage accordé aux nouveaux clients lors
de la souscription initiale. Les points de fidélisation convertibles en services gratuits sont eux
provisionnés.
I.4.5. Information sectorielle
L’information sectorielle est organisée par secteur d’activité fixe & mobile et par zone
géographique.
II. CAS SCANIA MAROC
II-1 BREVE PRESENTATION DE SCANIA MAROC
Scania Maroc, filiale de Scania Suède à 99 %, a été créé en 1994. Son activité se
résume à l’importation et la commercialisation des véhicules et pièces de rechanges de
marque Scania.
Depuis 1998, la société est devenue l’un des leaders du marché avec 25% de part de
marché.
La politique de pénétration s’est traduite par des pertes très importantes dues aux prix
pratiqués et à l’investissement dans l’expansion du réseau de distribution.
Historiquement, le marché des camions a été essentiellement marqué par la
domination de Volvo suivie de Berliet et de Mitsubishi pour le petit tonnage, dont les produits
ont été limités à une seule gamme (4x2). Scania a initié de grands changements au niveau de
ce marché. Scania a innové au niveau de la variété de sa gamme et a présenté pour la
première fois le modèle 8x4. Le manque des infrastructures au Maroc a été aggravé par les
mesures draconiennes imposées par la banque mondiale et le Fonds monétaire international
dans le début des années 80 qui visaient à réduire les dépenses publiques. Il était nécessaire
d'attendre que le Maroc décide d'ouvrir entièrement son économie avec les accords du GATT,
l'accord de libre échange avec l'Union européen et avec les Etats-Unis. Le Maroc a décidé
alors de commencer la restructuration de son économie avec comme objectif l'attraction des
investissements étrangers. Ce qui a rendu la modernisation de ses infrastructures une priorité.
La candidature manquée du Maroc pour l’organisation du championnat du monde de football
de 2010 n’a pas découragé les autorités marocaines de continuer le plan ambitieux de
construction d’autoroute, port et stades de football.. La situation du marché de camion a été
alors marquée par un développement très important du segment de C (Chantier) et le prochain
développement prévisible du national et du segment de TIR.
Le marché des camions atteindra un pic historique en 2005 (plus 1000 unités), puis un
ralentissement en 2006, principalement en raison de la saturation du segment de construction.
A partir de 2007, le marché commencera à accroître lentement jusqu'à atteindre son niveau de
2005 en 2009.
Le service après vente profite de l’ancienneté du parc roulant de Scania Maroc. Les
perspectives de croissance sont présentées pour la seule succursale de Tanger qui servira dans
le test de dépréciation car c’est la seule succursale que Scania Maroc possède.
Dans le cas présent nous allons procéder à une répartition des immobilisations pour les
deux activités pièces de rechanges et magasin. Ensuite, nous allons revoir les plans
d’amortissement du groupe des différentes immobilisations pour les aligner sur les normes
IFRS. En particulier, l’application de l’amortissement par composant. (Unité génératrice de
trésorerie).
II-2 LA DEMARCHE DU TRAITEMENT DES NORMES 16 et 36

46
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Selon la norme IAS 36, nous avons procédé à la répartition par composant basé sur la
durée de la vie. Ceci, principalement pour le poste construction. Ensuite, nous les avons
réparti par des U.G.T dont la définition sera détaillée dans le deuxième point qui suit.
Le problème qui se pose au niveau des immobilisations corporelles est la liaison entre
ces éléments par exemple, la construction est composé de plusieurs composants, qu’il faut les
définir avec leurs valeurs, à fin de trouver une évaluation selon leurs durée de vie (mures,
portes, fenêtres), et de trouver les clés de répartitions par unité génératrice de trésorerie de ces
éléments, d’après les normes, IAS 16 et IAS 36.
Enfin, le résultat des différents retraitements est présenté dans le tableau ci-dessous :

Construction

Plan amortissement "normes groupe"

Répartition
Date Valeur nette
Dépréciatio
Composants acquisi Montant Age comptable
n période Magasi
tion Fin 2005 Atelier
n

Construction 2001 3 551000 25 4 2 982 840 90% 10%

Total 3 551000 2 982 840

47
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Dépréciation d'actif selon la norme IFRS 36


Répartition
Valeur
Date Dépréciation nette
Composants Montant Age
acquisition période comptable Atelier Magasin
Fin 2005

Construction 2001 3 274 636 50 4 3 012 665 90% 10%


Installation
électrique 2001 218 997 25 4 183 957 90% 10%
Portes/Fenêtres 2001 57 367 25 4 48 188 90% 10%

Total 3 551 000 3 244 811

Revue des amortissements pratiqués


Autres postes d'immobilisations corporelles

Plan amortissement "normes groupe"

Répartition

Valeur nette
Date Durée
Postes Montant Age comptable Fin Atelier Magasin
acquisition amortissement
2005

Agencement
aménagement 2001 495 000 10 4 297 000 70% 5%
Matériel 2001 530 000 5 4 106 000 70% 5%
Outillage 2001 156 000 5 4 31 200 100% 0%
Matériel de
bureau 2001 35 000 5 4 7 000 100% 0%
Matériel
informatique 2001 24 500 5 4 4 900 90% 10%
Mobilier de
bureau 2001 71 000 10 4 42 600 50% 50%
1 311
Total 500 488 700 50% 50%

48
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sur la qualité de l'information financière

Dépréciation d'actif selon la norme IFRS 36

Répartition

Valeur nette
Date Durée
Composants Montant Age comptable Fin Atelier Magasin
acquisition amortissement
2005

Agencement 2001 73 000 15 4 53 533 100% 0%


et
aménagement
"Portes
Ateliers"
Autres
Agencement
aménagement 2001 422 000 15 4 309 467 70% 5%
Matériel 2001 156 000 5 4 31 200 100% 0%
Outillage 2001 530 000 2 4 0 100% 0%
Climatiseurs 2001 35 000 5 4 7 000 90% 10%
Matériel
informatique 2001 24 500 2 4 0 50% 50%
Mobilier de
bureau 2001 71 000 10 4 42 600 50% 50%
1 311
Total 500 443 800

II-3 DEFINITION DES UNITES GENERATRICES DE TRESORERIE


La succursale objet de notre cas pratique, a deux activités : Ventes pièces et main
d’œuvres sur réparation. La contribution de l’atelier dans les ventes des pièces à travers le
montage de ces dernières lors des divers natures de réparations effectuées, pose la
problématique de la répartition de la marge total des pièces. En effet, sur la base de la quote-
part du chiffres d’affaire de ces derniers, par vente au comptoir et vente par le biais de
l’atelier, un prix de cession a été fixé. Ce prix, concerne les pièces qui vont du magasin à
l’atelier pour être monté sur les camions en réparation. D’où une affectation plus équitable de
la marge dégagée sur les pièces de rechange entre l’atelier qui occupe plus de 90% de la
surface de la succursale et le magasin.
Définition du taux d’actualisation
Pour la détermination du taux d’actualisation nous allons tous d’abord étudier la
structure de financement de l’entreprise. Cette dernière se compose de :
Capital : 15 000.000 MAD
Découvert structurel : 200 031 MAD
Le coût de ces différentes sources de financement est présenté ci-dessous :

49
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sur la qualité de l'information financière

Cas pratique
Calcul du coût moyen pondéré du capital
Rentabilité Rentabilité
Rentabilité pondérée pondérée
Structure de fiancement Moyenne exigé avant impôt après impôt
Découvert bancaire structurel 153 396 7% 4,82% 3,13%
Emprunt groupe 45 000 4% 0,90% 0,58%
Retraitement du crédit bail 1 635 9% 0,07% 0,04%
Capital/ 15 000 13% 0,91% 0,91%
Total 215 031 4,67%

Le choix du calcul du coût de l’actualisation est important dans la mesure ou il faut se


référer à plusieurs critères, à fin d’aboutir à la réalité du secteur de transport, donc nous avons
pris la méthode du CMPC, puisque les données proposées reflètent la réalité de l’entreprise et
du marché financier.

L’actualisation des flux nets de trésorerie prévisionnels et le test de dépréciation

Tout d’abord, nous avons calculé les flux nets de trésorerie à partir du résultat net
d’exploitation auquel nous avons ajouté les dotations d’amortissements pour avoir les cash
flows, Les différents retraitements sont présentés dans le tableau ci-dessous

50
L'impact des nouvelles normes IFRS sur la qualité de l'information financière

Prévisions/ 5 ans
2006 2007 2008 2009 2010
Labor Labor Labor Labor
Magasin sales Magasin sales Magasin sales Magasin sales Magasin Labor sales
I- Ventes
I-1 Ventes externes
2 3 2 4 3 4 3 4 3 5
Pièces 600 900 860 290 146 719 461 719 807 710
50 55 60 66 73
Main d'ouvres 0 1 7 8 5
I-2 Ventes internes
3 3 4 4 4
Pièces 315 647 011 011 853
Main d'ouvres
5 4 6 4 7 5 7 5 8 6
Total ventes 915 400 507 841 157 326 472 387 660 445
II-Coût
5 32 5 35 6 39 6 43 7 47
Coût externes 111 5 622 8 184 5 430 4 483 8
3 3 4 4 4
Coût /Cession internes 315 647 011 011 853
5 3 5 4 6 4 6 4 7 5
Total coût 111 640 622 005 184 406 430 445 483 331
80 76 88 83 97 92 1 94 1 1
Marges 4 0 4 6 3 0 042 2 177 114
% 14% 17% 14% 17% 14% 17% 14% 17% 14% 17%
- - 1 - - 1 - - 1 - - 1 - - 1
Charges de structure 167 499 175 573 184 652 193 735 202 821
63 - 71 - 78 - 84 - 97 -
Résultat d'exploitation 8 739 0 737 9 732 9 793 5 708
Dotations aux 1 13 1 10 1 10 1 10 1 10
amortissements 6 8 6 0 6 0 6 0 6 0
65 - 72 - 80 - 86 - 99 -
Cash flow 4 601 6 637 5 632 5 693 1 608
Ensuite, nous avons repris les données de notre tableau prévisionnel pour procéder à
l’actualisation des flux. Ceci pour chacune des unités génératrices de trésorerie.

U.G.T : Magasin
Cashs flow, prévisionnels
Année Année Année Année Année
1 2 3 4 5

Résultat d'exploitation 654 726 805 865 991

Dotations aux amortissements 16 16 16 16 16

= Cash flow sur activité atelier 670 742 821 881 1 007

Valeur résiduelle à la fin de la


période 0

=Total cashs flows actualisés 3 569

U.G.T : Atelier
Cashs flow, prévisionnels
Année Année Année Année Année
1 2 3 4 5

Résultat d'exploitation -739 -737 -732 -793 -708

Dotations aux amortissements 138 100 100 100 100

= Cashs flow sur activité


atelier -601 -637 -632 -693 -608

Valeur résiduelle à la fin de


la période 0

=Total cashs flows actualisés -2 768

Enfin, le test de dépréciation, pour tester la valeur nette comptable avec celle du marché, et la
valeur recouvrable, pour la constatation de la perte de valeur
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Test dépréciation

UGT : Magasin

Valeur nette Valeur de


Immobilisations comptable marché

Goodwill 0

Construction 324 500

Matériel et outillage 0 0

Autres immobilisations 37 0

Valeur recouvrable
3 569

Perte de valeur 0

Définition de l'U.G.T

Représente les ventes des pièces de rechanges au comptoir;


Ainsi que les ventes par le biais de l'atelier pour lequel une
marge de 5% est concédée.

II
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Test dépréciation

UGT : Atelier

Valeur nette Valeur de


Immobilisations comptable marché

Goodwill 0

Construction 2 920 4 500

Matériel et outillage 31 0

Autres immobilisations 298 30

Valeur recouvrable
-2 768

Perte de valeur 0

Définition de l'UGT

L'atelier occupe 90% de l'espace de la succursale et


contribue à Scania Maroc par l'intermédiaire des camions
réparés dans ses locaux.
Pour cela, compte tenu des données statistiques sur la part
des pièces de rechanges montées par le biais de l'atelier;
Une marge de 5% sur 60% des ventes de P.R sera
réaffecter à l'atelier.

La comparaison entre valeur recouvrable, valeur de marché et valeur nette comptable nous a
amené à ne pas constater aucune perte de valeur. Ceci, en raison de la flambée des prix des
locaux de la zone industrielle.
En outre, les différences entre les cash-flows des deux U.G.T (négatif pour l’atelier et positif
pour le magasin), nous pose la problématique de la définition des U.G.T.
Ceci qui nous a poussé à définir toute la succursale de Tanger comme une seule U.G.T.
L’investissement à Tanger, a été surdimensionné par rapport aux potentialités de la région du
moins sur le moyen terme. Ce qui ne veut pas dire que ce projet va être abandonné en raison
de l’importance d’avoir un réseau de succursale et de concessionnaire dans tout le territoire
marocain pour les entreprises du secteur.

III
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

En conclusion, comparabilité, transparence et fiabilité des informations financières


constituent les principes et des objectifs visés par le passage aux normes IFRS; ne pourront
être atteints que si les trois grandes questions que sont la mise en œuvre, l’interprétation et
l’application sont traitées de façon identique dans tous les pays. Or, rien ne le garantit.
Chacun d’eux a ses traditions comptables et ses spécificités en matière de structures de
régulation des marchés.

Globalement, si les entreprises, en grande majorité, pensent que cette uniformisation


de la comptabilité devrait apporter une plus grande transparence et une meilleure
comparabilité des comptes et qu’elle va favoriser la construction d’un vrai marcher financier
unique, les réticences et le scepticisme sont encore perceptibles.

De fait, il est peu probable que l’objectif de comparabilité soit atteint dès 2005. Le
passage aux normes IFRS n’est pas un long fleuve tranquille. Il soulève un certain nombre de
problèmes de principe et de grandes difficultés d’application pratique.

En fait,comme nous l'avons vu dans le cas de Maroc Telecom , le passage aux normes
IFRS necessite la mise en œuvre d'un projet de conversion bien étudier et traitée avec
prudence accompagnant d'une action de suivi et de contrôle car le passage aux normes IFRS
constitue une étape utile et acte ultime et la plus difficile étape de transition.

Par contre dans Scania Maroc nous avons vu la démarche de l'application des normes IAS16
et 36 ainsi que sa répartition par des unités génératrices de trésorerie"UGT" qui constitue
une étape important dans le calcul de l'immobilisation.

IV
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES :

• Grégory Heem ; Lire les états financiers en IFRS ; éditions d’organisation ; 2004
• Normes IAS/IFRS –Que faute il faire ? Comment s’y prendre ? ; DFCG collection
• Laurent Bailly ; Comprendre les IFRS ; Maxima Laurent du Mesnil éditeur
• De Muriel Nahmias ; L'essentiel des normes IAS/IFRS ; éditions d’organisation
• Cours d’MSTCF- comptabilité anglo-saxonne et IFRS Mr Fraiha
• Casta J-F, B. Colasse ; Juste valeur : enjeux techniques et politiques ; Economic;
2001
• Nicolas Veron ; L'Information financière en crise: Comptabilité et capitalisme;
Editions Odile Jacob ; 2004

ARTICLES ET ENQUETES :

• Etude barométrique KPMG –Cartesis normes IFRS 2005


• Enquête sur le passage des norms IFRS – Mazars
• Formation aux IFRS Altadis -Maroc
• Similarities and Differences IFRS USGAAP - PWC

SITE WEB:

• http://www.focusifrs.com/edito/plan.asp
• http://www.cegid.fr/lyon-finance.org/normes/
• http://www.kpmg.fr
• http://archives.lesechos.fr/
• http://mazars.com/
• http://www.deloitte.fr
• http://www.club-comptable.com
• http://www.revuefiduciaire.com
• http://www.ccomptes.fr
• http://www.finances.gouv.fr/CNCompta
• http://www.agecompta-gestion.com
• http://www.europa.eu.int
• http://www.iasplus.com
• http://www.efrag.org
• http://www.iasb.org.uk
• http://www.ecif.info/OptionFinance_Goodwills.pdf

V
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

VI
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

Bilan consolidé et notes explicatives au 31 décembre 2004 en normes


IAS/IFRS

• Bilan consolidé au 31 décembre 2004 en normes IAS/IFRS

VII
Projet de fin d'études L'impact des nouvelles normes IFRS
sur la qualité de l'information financière

• Notes annexes au bilan

VIII
Compte de résultat de l’exercice clos le 31 décembre 2004 en normes
IAS/IFRS

• Notes annexes au compte résultat


Tableau des flux de trésorerie de l’exercice clos le 31 décembre 2004 en
normes IAS/IFRS
Tableau de variation des capitaux propres au 31 décembre 2004 en normes
IAS/IFRS

• Etat de rapprochement des capitaux propres au 31 décembre 2004


Annexe 1 : la structure de l’IASB: (Source : www.iasb.org)
Annexe 2 : Elaboration des normes
INDEX DES SIGLES ET ABREVIATIONS

• ASB : Accounting Standards Board (normalisateur comptable, Royaume-Uni et


Irlande)
• CESR : Committee of European Securities Regulators (structure de coordination des
autorités de régulation des marchés financiers, Union Européenne)
• CNC : Conseil National de la Comptabilité (comité consultatif, France)
• COB : Commission des Opérations de Bourse (autorité de régulation des marchés
financiers,
• France)
• CRC : Comité de la Réglementation Comptable (France)
• EFRAG : European Financial Reporting Advisory Group (comité consultatif, Union
Européenne)
• FAF : Financial Accounting Foundation (maison-mère du FASB, Etats-Unis)
• FASB : Federal Accounting Standards Board (normalisateur comptable, Etats-Unis)
• FRC : Financial Reporting Council (maison-mère de l’ASB, Royaume-Uni)
• IAS : International Accounting Standards (ancien nom des IFRS)
• IASB : International Accounting Standards Board (normalisateur comptable
international, société privée basée à Londres)
• IASC : International Accounting Standards Committee (fondation privée basée au
Delaware,
• maison-mère de l’IASB)
• IFRS : International Financial Reporting Standards (normes produites par l’IASB,
anciennement
• appelées IAS)
• IOSCO : International Organisation of Securities COmissions (structure de
coordination
• internationale des autorités de régulation des marchés financiers)
• SEC : Securities & Exchange Commission (autorité de régulation des marchés
financiers, Etats-Unis)
• US GAAP : Generally Accepted Accounting Principles (normes produites par le
FASB, Etats-Unis)
PANORAMA DES NORMES

IAS 1 Présentation des états financiers


IAS 2 Stocks
IAS 7 Tableau des flux de trésorerie
IAS 8 Résultat net de l’exercice, erreurs fondamentales et changements de méthodes
comptables
IAS 10 Evènements postérieurs à la date de clôture
IAS 11 Contrats de construction
IAS 12 Impôts sur le résultat
IAS 14 Information sectorielle
IAS 15 Information reflétant les effets de variations de prix
IAS 16 Immobilisations corporelles
IAS 17 Contrats de location
IAS 18 Produits des activités ordinaires
IAS 19 Avantages du personnel
IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur l’aide
Publiques
IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères
IAS 22 Regroupements d’entreprises
IAS 23 Coûts d’emprunts
IAS 24 Information relative aux parties liées
IAS 26 Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite
IAS 27 Etats financiers consolidés et comptabilisation des participations dans les Filiales
IAS 28 Comptabilisation des participations dans des entreprises associées
IAS 29 Information financière des les économies hyper inflationnistes
IAS 30 Informations à fournir dans les états financiers des banques et des institutions
financières assimilées
IAS 31 Information financière relative aux participations dans des coentreprises
IAS 32 Instruments financiers : informations à fournir et présentation
IAS 33 Résultat par action
IAS 34 Information financière intermédiaire
IAS 35 Abandon d’activités
IAS 36 Dépréciation d’actifs
IAS 37 Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels
IAS 38 Immobilisations incorporelles
IAS 39 Instruments financiers : comptabilisation et évaluation
IAS 40 Immeubles de placement
IAS 41 Agriculture
IFRS
IFRS 1 Première application des normes d'information financière internationales
IFRS 2 Paiement fondé sur des actions
IFRS 3 Regroupements d'entreprises
IFRS 4 Contrats d'assurance
IFRS 5 Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées
IFRS 6 Prospection et évaluation de ressources minérales
IFRS 7 Instruments financiers : informations à fournir
Interprétations
SIC
SIC 7 Introduction de l'euro
SIC 10 Aide publique - Absence de relation spécifique avec des activités
opérationnelles
SIC 12 Consolidation - Entités ad hoc
SIC 13 Entités contrôlées conjointement - Apports non monétaires par des co-
entrepreneurs
SIC 15 Avantages dans les contrats de location simple
SIC 21 Impôt sur le résultat - Recouvrement des actifs non amortissables réévalués
SIC 25 Impôt sur le résultat - Changements de statut fiscal d'une entreprise ou de ses
actionnaires
SIC 27 Évaluation de la substance des transactions prenant la forme juridique d'un
contrat de location
SIC 29 Informations à fournir - Accords de concession de services
SIC 31 Produits des activités ordinaires - Opérations de troc portant sur des services de
publicité
SIC 32 Immobilisations incorporelles - Coûts liés aux sites web
IFRIC
IFRIC 1 Variation des passifs existants relatifs au démantèlement, à la remise en état et
similaires
IFRIC 2 Parts sociales des entités coopératives et instruments similaires
IFRIC 4 Déterminer si un accord contient un contrat de location
IFRIC 5 Droits aux intérêts émanant de fonds de gestion dédiés au démantèlement, à la
remise en état et à la réhabilitation de l'environnement
IFRIC 6 Passifs découlant de la participation à un marché déterminé - Déchets
d'équipements électriques et électroniques
IFRIC 7 Application de l'approche du retraitement dans le cadre d'IAS 29
Encadre 1: les dates clé:
1973: Création de l’IASC à Londres, à l'initiative de Sir Henry BENSON, premier Président élu de l'IASC.
1975: Publication des deux premières normes intitulées IAS 1 "Publication des méthodes comptables" et IAS 2
"Valorisation et présentation des stocks selon la méthode du coût historique"
1982: À la suite de la création de l'IFAC, les activités de l'IASC et de l'IFAC sont réorganisées, le rôle de
normalisateur comptable international étant dévolu officiellement à l'IASC.
1987: L'IASC engage un processus d'amélioration de ses normes afin de réduire le nombre d'alternatives
proposées et ainsi d'assurer une meilleure comparabilité entre les entreprises utilisant les IAS.
1989: L'IASC publie son cadre conceptuel pour la préparation et la présentation des états financiers. Il permit de
donner l'esprit des nouvelles normes qui furent publiées après sa parution, et notamment, la définition et l'objectif
des états financiers, ses composantes et leur comptabilisation.
1990: La Commission européenne occupe un siège d'observateur au sein du conseil de l'IASC.
1995: L'Organisation Internationale des Commissions de Valeurs mobilières (OICV-IOSCO), en accord avec
l'IASC, s'engage, sous certaines conditions, à recommander aux régulateurs nationaux d’accepter des états
financiers présentés selon les normes comptables internationales pour toutes les émissions et cotations effectuées
sur les marchés financiers internationaux, sans nécessité de réconciliation avec les normes locales. La
Commission européenne encourage la signature de cet accord.
1999: Une étude menée par la Commission européenne démontre que les IAS sont compatibles avec les
directives européennes, à de rares exceptions près. La Commission européenne décide d'engager un plan d'action
pour les services financiers qui prévoit notamment l'application des IAS comme référentiel comptable européen, à
l'horizon 2005.
2000: Une nouvelle constitution de l'IASC est approuvée. L'OICV, conformément à son engagement,
recommande à ses membres d’accepter des états financiers présentés selon les normes comptables internationales
pour toutes les émissions et cotations effectuées sur les marchés financiers internationaux, sans nécessité de
réconciliation avec les normes locales.
La Commission européenne présente un plan selon lequel toutes les entreprises européennes cotées devront
commencer à utiliser les IAS au plus tard à partir de 2005.
2001: Réforme de l’International Accounting Standards Committee (IASC) qui devient l’International
Accounting Standards Board (IASB). Ce dernier se voit doter d’un organe de direction : l’International
Accounting Standards Committee Foundation (IASCF) qui est également chargé d’assurer son financement. Les
normes publiées jusqu’au 1er avril conservent la dénomination "IAS" : International Accounting Standards. Les
normes émises à partir de cette date seront intitulées "IFRS" : International Financial Reporting
Standards.Présentation par la Commission européenne, le 13 février 2001, d’une proposition de règlement visant
à rendre obligatoires les normes internationales pour les comptes consolidés des sociétés européennes cotées, pour
les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2005.
2002: Publication au JOCE du 11 septembre 2002 du règlement CE n° 1606/2002 dit « IFRS 2005 » : celui-ci
impose aux sociétés européennes cotées qui publient des comptes consolidés l’application des IAS/IFRS pour les
exercices débutant à partir du 1er janvier 2005.
2003: L'IASB publie la version révisée de 13 normes. Sur la recommandation de l'Accounting Regulatory
Committee (ARC), la Commission européenne publie le règlement CE n° 1725/2003 qui adopte la quasi-totalité
des normes publiées par l’IASB (IAS 1 à IAS 41), à l’exception de l'IAS 32 et l'IAS 39, soit le référentiel de
l'IASB en vigueur au 14 septembre 2002.
2004 - 2005 : L'adoption de normes de l'IASB s'est poursuivie par la publication ultérieure de règlements
européens. Pour plus de détails, vous référer au thème "Normes et Interprétations" - rubrique "Règlements". En
juin 2005, les Trustees de l'IASCF ont adopté des amendements à la Constitution ; la version révisée de celle-ci
est entrée en vigueur le 1er juillet 2005. Pour en savoir plus sur la Constitution et les différents projets de révision
qui l'ont concernée, consulter la rubrique Constitution et projets de révision.
2006: L'IASB et le FASB réaffirment leur engagement visant à améliorer la cohérence, la comparabilité et
l'efficacité des marchés mondiaux, en développant des normes comptables communes de haute qualité. Par
ailleurs, en début d'année, l'IASB a préparé un exposé sondage préliminaire portant sur une norme internationale
d'information financière pour les PME.