Vous êtes sur la page 1sur 30

Chapitre II 

STRUCTURE GENERALE D’UNE LIAISON


PAR FIBRE OPTIQUE
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Introduction
Les systèmes numériques les plus rapides transmettaient l'information à un débit de 10
Mbits/s, le câble coaxial était absolument accommodé à assurer sa fonction de support de
transmission, mais avec l'arrivée des nouveaux services liés au développement du
multimédia, le besoin d'un débit de transmission d'informations plus élevé, des alternatives au
câble coaxial sont apparus à cause des pertes trop élevées, à des courtes distances de
propagation, et des performances limitées.

La venue des technologies basées sur la fibre optique a révolutionné l’univers des
télécommunications.

Ce chapitre sera consacré à la fibre optique en générale, les caractéristiques d’une


liaison optique, avantages et inconvénients ainsi les différents types des réseaux optiques.
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

I Composants d’une ligne de transmission par fibre optique

Une Liaison point à point sur fibre optique met en jeu plusieurs sous-ensembles de base comme
schématisé par la figure suivante :

Figure II.1: Schéma simplifié d’une liaison optique [6]

Le principe dans les communications optiques consiste à transporter de l’information sous forme
lumineuse d’un point à un autre à travers un guide diélectrique. L’information à transmettre est
convertie d’un signal électrique en signal optique grâce à un émetteur, elle est ensuite injectée dans
une fibre optique. A la réception, le signal subira le traitement inverse à savoir la conversion optique-
électrique grâce à un récepteur. Globalement, une liaison optique est composée d’un émetteur et d’un
récepteur reliés par une fibre optique.

I.1 Dispositif d’émission


Le rôle d'un émetteur optique est de convertir un signal électrique en un signal optique. Il existe
deux méthodes distinctes pour moduler les ondes optiques : la modulation directe d'un laser et la
modulation externe. La figure suivante montre le schéma synoptique de ces deux types d'émetteurs
optiques.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Figure II.2: Bloc-diagramme de l'émetteur optique avec (a) une modulation directe et (b) une
modulation externe

I.1.1 Les sources optiques


Les sources optiques que l'on peut utiliser dans le domaine des télécommunications optiques peuvent
être classées en deux catégories :
- Les sources cohérentes (diodes laser DL).
- Les diodes électroluminescentes (DEL).

I.1.1.1 Diode laser (DL)


Elle se base sur deux processus fondamentaux qui sont : l’absorptions ou pompage du courant
électrique et l’émission stimulée (amplification dans les semi-conducteurs). La diode Laser est une
diode cohérente, elle est utilisée essentiellement dans les systèmes de transmission à très grandes
distances (faible largeurs spectrale et une bande passante importante).

Ainsi la diode laser est la source là mieux adaptée pour les télécommunications optiques car elle
permet d'avoir la meilleure efficacité de couplage optique avec la fibre.

Un laser est un oscillateur composé d'un milieu amplificateur (A) et d'une boucle de contreréaction
(CR).

Figure II.3: Structure d'une Diode Laser

La diode laser représente les caractéristiques suivantes :


- La source DL est cohérente et monochromatique.
- Largeur de spectre étroite.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

- Les émissions se font dans la même direction (diagramme de rayonnement directive).


- Utilisée dans les systèmes de transmission à grande distance.

I.1.1.2 Diode électroluminescente (DEL)

La DEL est une source incohérente qui est basée sur l’émission spontanée, elle est
généralement utilisée dans des liaisons a courtes distances avec de la fibre multimode. Elle présente
un spectre d’émission assez large et elle est utilisée dans les systèmes de transmission qui ne
nécessite pas de très grande bandes passantes.

Les caractéristiques de ce dispositif sont :


- La diode DEL est une source polychromatique, et incohérente.
- Le spectre est assez large.
- Le diagramme de rayonnement est moins directif.
- La caractéristique puissance-courant est assez linéaire.
- Utilisée dans les systèmes de transmission qui ne nécessite pas de grande bande passante

I.2 Canal de transmission (Fibre optique)


I.2.1 La fibre optique
La fibre optique représente le support de propagation de la lumière (canal de communication)
dans les systèmes optiques. Il s'agit d'un guide d'onde diélectrique à géométrie cylindrique constitué
au centre d’un cœur composé essentiellement de silice pure hautement raffinée et plus ou moins dopée
a un indice de réfraction ncœur légèrement plus élevé à celui de la gaine ngaine avec un diamètre extérieur
allant de 50µm à 125μm

I.2.2 La structure d’une fibre optique


La fibre optique est un guide d’onde cylindrique, composée des éléments de base suivants :
 Le cœur
Est la région centrale de la fibre dans laquelle se propage la lumière. Dans ce milieu, l’indice
de réfraction n1 est le plus élevé.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

 La gaine
Représente une couche entourant le cœur de la fibre avec un indice de réfraction n2 légèrement
inférieur à celui du cœur ce qui permet par conséquent, la réflexion totale et perpétuelle des modes a
l’interface cœur-gaine.

 Le revêtement
Est une couche de plastique qui entoure la fibre optique pour la renforcer. Elle aide à absorber
les chocs et permet une protection complémentaire contre des courbures excessives
 L’armature en fibre
Permet de protéger le cœur contre les forces d’écrasement et les tensions mécaniques
excessives lors de l’installation.

 La gaine extérieure
Complète la protection mécanique du cœur [10]

Figure II.4: Structure de la fibre optique [10]

I.2.3 Types de la fibre optique


Du point de vue propagation, il existe deux types de fibre optique : la fibre optique monomode
et la fibre optique multi-mode et qui peuvent être classées selon le profil d’indice de réfraction fibre
monomode à saut d’indice, fibre multi-mode à saut d’indice et fibre multimode à gradient d’indice
[10]
I.2.3.1 La fibre optique monomode
Cette fibre est utilisée pour les longues distances et pour les hauts débits, son cœur très fin
(8 à 10 µm) n’admet qu’un seul mode de propagation et les pertes y sont minimes.
De cette façon, elle offre peu de dispersion du signal et celle-ci peut être considérée comme nulle

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

La bande passante est presque infinie, supérieure à 10 GHz/km avec une longueur d’onde de coupure
1.2 µ m. Le diamètre du cœur (9.µ m) et l'ouverture numérique sont si faibles que les rayons lumineux
se propagent parallèlement avec des temps de parcours égaux.

Ce type de fibre est surtout utilisé en liaison longue distance. Le petit diamètre du cœur des fibres
nécessite une grande puissance d’émission qui est délivrée par des diodes laser. Les longueurs d’onde
employées sont 1310, 1550 et 1625 nm.

Figure II.5: Caractéristique de la fibre optique monomode

En utilisant une fibre monomode on peut souligner les avantages suivants :


 Débit : environ 100 Gbit/s
 Portée maximale : environ 100 Km a 300 Km.
 Affaiblissement : 0,5 dB/Km

I.2.3.2 La fibre optique Multi-mode


Une fibre optique est un guide qui sera probablement multi-mode si le cœur a un grand
diamètre devant la longueur d’onde. Il est de l’ordre de 50 à 200 μm pour les fibres de silice, et de 0.5
à 1 mm pour les fibres plastiques.
Dans une fibre multi-mode, les différents rayons se propagent longitudinalement grâce aux
réflexions totales qu'il subit à l'interface entre le cœur et la gaine en empruntant des trajectoires
différentes. Leurs chemins optiques et donc leurs temps de propagation sont différents, ce qui résulte
une dispersion dite multimodale. Ces fibres sont en général employées pour les réseaux locaux (ne
s'étendant pas sur plus de deux kilomètres), les bas débits ou encore pour des longueurs d’onde
proches de 850 nm. [**]

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Il existe deux types de fibres optiques multimode :

 La fibre à saut d’indice

 La fibre à gradient d’indice

A. La fibre à saut d’indice

Le débit dans cette fibre atteint 50 Mbit/s. La propagation dans son cœur entraine
d’importantes déformations du signal à l’entrée et donc un étalement du signal transmis. Les différents
rayons empruntent des trajectoires différentes, leurs chemins optiques et leurs temps de propagation
sont différents. Il en résulte donc une dispersion intermodale.

Pour diminuer cet effet, le profil d’indice de cœur peut être modifié de telle sorte a créé un
« Gradient d’indice ».

Figure II.6: Caractéristique de la fibre optique multimode à saut d’indice [3]

Avantages

Avec une fibre multimode à saut d'indice on peut bénéficier :

 Faible prix
 Facilité de mise en œuvre
 Débit : environ 50 Mbit/s
 Portée maximale : environ 2 Km
 Affaiblissement : 10 dB/Km

Inconvénients

L’inconvénient d’une fibre multimode à saut d'indice est la perte et distorsion importante.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

B. La fibre à gradient d’indice


La fibre multimode à gradient d'indice est utilisée dans les réseaux locaux. C'est une fibre
multimode, donc plusieurs modes de propagation coexistent. A la différence de la fibre à saut d'indice,
il n'y a pas de grande différence d'indice de réfraction entre cœur et gaine. Cependant, le cœur des
fibres à gradient d'indice est constitué de plusieurs couches de matière ayant un indice de réfraction de
plus en plus élevé, l'atténuation sur ce type de fibre est moins importante que sur les fibres à saut
d'indice.

Figure II.7: Caractéristique de la fibre optique multimode a gradient d’indice [3]

Avantages

L’avantage d’une fibre multimode à gradient d'indice est :


 Bande passante raisonnable
 Bonne qualité de transmission
 Débit : environ 1 Gbit/s
 Portée maximale : environ 2 Km
 Affaiblissement : 10 dB/Km

Inconvénients

Une fibre multimode à gradient d'indice est difficile à mettre en œuvre.

I.2.4 Comparaison des performances des types de fibres


La figure suivante montre les performances des trois types de la fibre optique, l’atténuation est
constante quelle que soit la fréquence, seule la dispersion lumineuse limite la largeur de la bande
passante.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Figure II.8: Performance des trois types fibre

Le tableau suivant résume une comparaison entre la fibre monomode et multimode :

Tableau II.1: Comparaison de fibre monomode et multimode

I.2.5 Fréquence normalisée et nombres de modes


La fréquence normalisée détermine le nombre de modes pouvant se propager dans la
fibre, elle est exprimée par :
V=2𝜋𝑎 √𝑛𝑐2 − 𝑛𝑔2 (revoir la formule et la mettre au milieu)
𝜆₀

𝜆₀ : longueur d’onde dans le vide.


a : le rayon du cœur

On parle d’une fibre monomode si V<2.405, autrement la fibre est multimode


V>2.405 pour une fibre à saut d’indice et V>2.405*1 + 2/α pour une fibre à gradient d’indice.
Le nombre de modes M pouvant être transportés par une fibre multimode est calculé comme suit :

𝑎 𝑎+𝟐 *𝒗𝟐
M= 𝟐

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

fibre que a gradient d’indice.


Pour une opti (revoir la formule et la mettre au milieu)

pour une fibre a saut d’indice.



(
revoir la formule et la mettre au milieu)



M
=

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

I.2.6 Notions sur l’optique géométrique


Indice de réfraction

Les caractéristiques d’un milieu de propagation sont :

 La permittivité ɛ

 La perméabilité µ

 La conductivité σ

 L’indice de réfraction est défini par : n=√µɛ

Vitesse de propagation
La vitesse de propagation de la lumière dans le cœur de la fibre est calculée en fonction de
l’indice de réfraction du cœur nc et de la vitesse de la lumière dans le vide C.

V=C/nc.

Le principe de propagation dans la fibre

La propagation du signal lumineux dans les fibres optiques repose sur le principe de la
réflexion totale. Les rayons lumineux qui se propagent le long du cœur de la fibre heurtent sa surface
avec un angle d’incidence supérieur à l’angle critique : la totalité de la lumière est alors réfléchie
dans la fibre. La lumière peut ainsi se propager sur de longues distances, en se réfléchissant des
milliers de fois. Afin d’éviter les pertes de lumière liées à son absorption par les impuretés à la
surface de la fibre optique, le cœur de celle-ci est revêtu d’une gaine en verre d’indice de réfraction
beaucoup plus faible, les réflexions se produisent alors à l’interface cœur-gaine.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Figure II.9: Propagation du signal lumineux dans le cœur

I.2.7 Caractéristiques de la fibre optique


La fibre optique est caractérisée par certains paramètres qui sont déterminés à partir de ses
différents types. Les paramètres les plus remarquables sont l’ouverture numérique, l’atténuation, la
bande passante et la dispersion.

I.2.7.1 Ouverture numérique et cône d’acceptance


L’ouverture numérique d’une fibre optique caractérise le cône d’acceptance : si un rayon
lumineux tente de pénétrer la fibre en provenant de ce cône, ce dernier sera guidé par réflexion
totale interne, dans le cas contraire, le rayon ne sera pas guidé. L’ouverture numérique d’une fibre
dans un milieu constitué d’air [n(air)=1], s’exprime par la formule :
ON=sin(i)=nc − ng

i : angle d’incidence
nc : indice de réfraction du cœur de la fibre
ng : indice de réfraction de la gaine de la fibre

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Figure II.10: Cône d’acceptance et ouverture numérique d’une fibre optique [2]

a. Les rayons verts arrivent avec Ɵᵢ>Ɵᵢ Lim (en dehors du cône), ces rayons ne seront pas
guidés.
b. Les rayons rouges arrivent avec Ɵᵢ=Ɵᵢ Lim, ces rayons seront guidés jusqu’au bout de la
fibre, mais avec une direction parallèle à l’axe de la fibre.
c. Les rayons bleus arrivent avec Ɵᵢ<Ɵᵢ Lim, ces rayons seront guidés de façon normale, c’est
à dire en suivant le principe de réflexion totale interne au sein du cœur de la fibre. [2]

I.2.7.2 Atténuation

L’atténuation du signal dépend de la nature de la fibre essentiellement en fonction du type


(monomode ou multimode).
Le choix de la fibre optique utilisée est principalement imposé par la longueur d’onde du signal
transmis. Ainsi, pour des signaux de longueur d’onde entre 800 nm et 1300 nm, on est contraint
d’utiliser une fibre multimode, alors que pour des signaux de longueur d’onde de 1280 à 1640 nm,
on peut utiliser une fibre monomode.

L'atténuation correspond à une diminution de la puissance du signal transmis. Elle s’exprime très souvent
en décibels (dB). On définit un coefficient d’atténuation α pour une ligne de transmission de longueur L
qui s'exprime en dB/Km tel que :

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Avec :
L : Longueur de la fibre (en km)
Pe : Puissance à l’entrée de la fibre optique (en Watts)
Ps : Puissance à la sortie de la fibre optique (en Watts)
𝛌 : Longueur d’onde (en m)

Figure II.11 : Effet de l’atténuation

- L’origine de l'atténuation
L'atténuation dans une fibre optique à des origines intrinsèques (absorption des matériaux et diffusion
Rayleigh) et externes (pertes liées à la courbure). L'atténuation provient principalement de phénomènes
résumés dans le tableau :

Tableau II.2 : Les différentes causes d'atténuation

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Figure II.12 : Les causes d'atténuation

I.2.7.3 La dispersion
Un phénomène qui provoque la déformation du signal durant sa propagation dans la fibre elle
se traduit par l'élargissement des impulsions et se divise en 2 types : chromatique et modale.

A. Dispersion chromatique
La dispersion chromatique caractérise l’étalement du signal lié à sa largeur spectrale (deux
longueurs d’onde différentes ne se propagent pas exactement à la même vitesse).
La dispersion chromatique est la combinaison de deux types de dispersion : la dispersion du
matériau et la dispersion du guide d’onde, la dispersion du matériau est causée par la dépendance de
l’indice de réfraction de la longueur d’onde. En effet la dispersion du matériau est très petite par
rapport à la longueur d’onde d’environ 1300nm, cette dispersion existe dans toute les fibres optiques
qu’elle soit monomode ou multimode. La dispersion du guide d’onde est particulièrement
importante pour les fibres monomodes, elle est causée par le fait que la répartition de la lumière du
mode fondamental sur le cœur et la gaine dépend de la longueur d’onde. La dispersion totale est la
somme des dispersions due au matériau et la dispersion du guide d’onde.

Figure II.13: Dispersion chromatique

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

B. Dispersion modale (ou intermodale)

Ce type de dispersions se produit du fait de la propagation du signal optique suivant diffèrent


trajets correspondant à chaque mode. Ce phénomène se manifeste uniquement dans les fibres
optiques à large cœur multimodes. Il n’existe pas dans les fibres monomodes ou le cœur est très fin

Figure II.14: Dispersion Modale

I.2.8 Raccordement de la fibre optique


Il existe deux méthodes permettent de réaliser le raccordement de fibres optiques :
 Le raccordement par connecteurs
 Le raccordement par épissure (soudure)

I.2.8.1 Raccordement à l’aide de connecteurs


Les connecteurs fibre optique sont des dispositifs normalisés terminant une fibre optique et
permettant de les raccorder, on parle alors de couplage, et il existe trois types de couplages :
 Couplage source-fibre
 Couplage fibre-fibre
 Couplage fibre-récepteur

Il existe plusieurs types de connecteurs tel que : LC, SC,ST,FC,E2000

Figure II.15: Différents types de connecteurs fibre optique

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Avantage
- Le raccordement est robuste et amovible.
Inconvénient
- Ce raccordement engendre des pertes de lumière.

I.2.8.2 Raccordement par épissure


Elle consiste à raccorder deux brins par soudure grâce à une soudeuse après avoir été
nettement coupés par une cliveuse.

Figure II.16: Soudeuse fibre optique fujikura 19s

Figure II.17: Cliveuse fujikura CT-06

Avantage
- C’est un raccordement simple et rapide à réaliser, et les pertes y sont très faibles.
Inconvénient
- C’est un raccordement fragile et il est définitif.
- Il faut investir dans une soudeuse.

I.2.9 Compensation des pertes

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Les pertes dans une liaison optique peuvent être compensées par l’utilisation
d’amplificateurs optiques qui ont pour but :
- Régénération
- Régénération et remise en forme
- Régénération, remise en forme et synchronisation Ainsi le signal atténué est restitué.

I.2.9.1 Amplificateur optique à semi-conducteur


La lumière incidente rentre dans le circuit de l’amplificateur, elle est amplifiée et sort de l’autre
extrémité pour être couplée dans la fibre.

I.2.9.2 Amplificateur optique à fibre dopée en Erbium


C’est un amplificateur optique à fibre dopée aux ions d’erbium. Il est composé de trois éléments :
- La fibre dopée elle-même
- Une source d’excitation de la fibre, cette source est un laser de puissance élevée, appelé
laser de pompage

- Un multiplexeur qui permet de coupler dans la fibre le signal à amplifier ainsi que le laser
de pompage

Figure II.18: Schéma d’un amplificateur optique à fibre dopée aux ions d’erbium.

I.2.10 Les applications de la fibre optique


Parmi les applications de la fibre optique nous pouvons citer :
 Les télécommunications, pour la réalisation des réseaux à haut débit à grande distance en
technologie WDM, SDH, ATM.
 Réseaux nationaux et internationaux de télécommunication.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

 Réseaux locaux en environnent bruité


 L’audiovisuel, pour la réalisation des réseaux câblés de télévision en association avec le
câble coaxial utilisé pour le raccordement de l’abonné.
 La médecine, ou la fibre optique est notamment utilisée :
- En chirurgie, pour transporter le faisceau laser jusqu’au tissus à traiter.
- En endoscopie, pour éclairer l’intérieur du corps et transmettre les images jusqu'au
médecin.
 L’éclairage (muséographique, architectural, espaces d’agrément publics ou domestiques).
 Domaine militaire : la fibre optique répond aux besoins des lances missiles optiques, des
systèmes de radars optiques ainsi que des systèmes de contrôles.

I.2.11 Avantages et inconvénients de la fibre optique

Avantages
 Les pertes du signal sur une longue distance sont très faibles
 Bande passante très grande,
 Immunité au bruit,
 Absence de rayonnement vers l'extérieur,
 Absence de diaphonie,
 Les fibres optiques sont insensibles aux perturbations radioélectriques.
 Isolation électrique
 Poids et dimensions réduites,
 Excellente qualité de la transmission,
 Les débits sont très élevés jusqu’à 100 Mbit/s
 Un faible taux d’entretien
 Durée de vie importante

Inconvénients
 Les interfaces électriques/optiques ainsi que les connecteurs sont d’un prix élevé
 Des composants fragiles
 Difficultés d’adaptation avec les transducteurs optoélectroniques
 Exigences micromécaniques importantes (connexions, alignement)

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

 Difficultés de raccordement aussi bien entre deux fibres qu’entre une fibre et le
module d’émission ou de réception.

I.3 Module de réception


Le rôle de récepteur est de récupérer la séquence binaire sous forme électrique. Le récepteur est
équipé notamment d'un détecteur constitué d'une ou plusieurs photodiodes. Les photodiodes peuvent
être précédées d'un démodulateur servant à récupérer l'information de la phase du signal optique
Le photodétecteur est un composant indispensable dans les communications par fibres
optiques. Son rôle est de traduire le signal optique envoyé par la fibre optique en signal électrique,
qui sera traité par des dispositifs électroniques. Les photodétecteurs les plus utilisé dans les systèmes
de transmission par fibre optique sont les photodiodes et les photodiodes PIN.

I.3.1 Photodiode
C’est une jonction PN polarisée en inverse. Les électrons minoritaires de P absorbent les
photons lumineux et vont passer vert N, puis ils seront extraits à l’extérieur par le champ électrique
du générateur, créant ainsi un faible courant électrique.

I.3.2 Photodiode PIN


C’est une jonction PN intercalée par une couche intrinsèque I, dans le but de diminuer le
dopage de N pour augmenter d’avantage le courant électrique générer par la jonction. [1]

Dans la transmission optique les détecteurs doivent :


 Fournir un bon couplage avec la fibre.
 Avoir une grande sensibilité à la longueur d’onde de fonctionnement.
 Avoir une bande passante adéquate.
 Avoir une faible exigence du point de vue tension de source
 Pas d’influence des conditions extérieures sur les caractéristiques.
 Avoir une grande fiabilité (bon rendement quantique).
 Avoir un temps de réponse très court et un faible bruit additionnel.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Figure II.19: Photodiode PIN

II Les Réseaux optiques


Les réseaux optiques permettent de transporter des signaux sous forme optique et non
électrique dans les réseaux classiques. Les réseaux optiques peuvent être classés en deux catégories :
le réseau tout optique, et le réseau non tout optique.

A. Réseau tout optique (ou réseau transparent)

Dans un réseau optique (photonique, en anglais « photonic network »), les informations sont
transmises sous la forme de signaux optiques et non pas électriques : dans ce type de réseau en effet,
les données ne sont pas transportées par les courants électriques mais par la lumière.

B. Réseau non tout optique (ou réseau opaque)

Un réseau optique opaque est un réseau optique nécessitant des conversions optoélectroniques
du signal entrant sur chaque port d’entrée d’un nœud du réseau. Le signal optique est converti en
signal électrique lors de chaque passage dans un nœud. Dans ce type de réseau, la couche optique
sert uniquement à transporter un signal optique entre deux nœuds du réseau. Ce réseau ne permet pas
d’établir une connexion optique de bout à bout.

II.1 Structure des réseaux optiques


Les réseaux de télécommunication peuvent être subdivisés en trois parties : le réseau cœur, le
réseau métropolitain et le réseau d’accès.

La figure ci-dessous montre la topologie d’un réseau optique constitué du réseau cœur, ainsi que des

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

réseaux métropolitains et d’accès.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

Figure II.20: Différentes parties d’un réseau optique [9]

Ces différentes parties se caractérisent par la dimension de leurs zones de couverture, les
technologies mises en œuvres et les fonctions à remplir.

II.1.1 Réseau d’accès


Le réseau d’accès permet de raccorder les clients aux réseaux des opérateurs. Différentes
technologies sont utilisées dans la conception des réseaux d’accès, notamment xDSL, wifi, Ethernet
ou FTTX. Le réseau d’accès a une portée de moins de 10 km.

II.1.2 Réseau métropolitain


Le réseau métropolitain permet de collecter le flux d’information venant des réseaux d'accès et
de le transmettre au réseau cœur ou de distribuer le flux reçu aux différents réseaux d’accès.

II.1.3 Réseau cœur


Le réseau cœur permet d’interconnecter les réseaux métropolitains entre eux, à l’Internet et aux
différents réseaux des autres opérateurs. Le réseau cœur a typiquement une topologie maillée et
s’étend sur plusieurs kilomètres. Il utilise les technologies les plus récentes pour accroître le débit de
transmission car il supporte une grande quantité de données du réseau. Il a une portée de plus de

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

100 km.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

II.2 Classification géographique des réseaux


Nous pouvons classés les réseaux en trois grandes parties selon leurs portées maximales.
II.2.1 Le réseau étendu ou longue distance (WAN, Wide Area
Network)
Il est déployé à l’échelle d’un pays ou d’un continent, et ses nœuds sont de très grands
centres urbains. Ce type de système :
- Comprend des systèmes terrestres ou sous-marins ;
- Véhicule des données à grande vitesse sur des longues distances de plus de 100 km
- Peut utiliser des répéteurs pouvant régénérer le signal optique.
Ces répéteurs sont constitués par des régénératrices optoélectroniques 3R (Retiming,
Reshipping, Regenerating) et par des amplificateurs optiques.

A. Les réseaux terrestres


Les réseaux terrestres se définissent tels que les réseaux qui :
- Ont une dimension de quelques centaines de km et relient des grands centres urbains,
reliés par des multiplexeurs d’insertion extraction
- Utilisent une topologie propre au SDH avec des boucles en double anneau, permettant en
cas de panne d’un anneau de diriger les signaux sur l’autre ;
- Sont flexible vis-à-vis de la demande ; actuellement à 2.5 Gb/s, ils peuvent être
augmentés, à l’aide du DWDM sur N canaux, à N × 2.5 Gb/s ou N × 10 Gb/s.

B. Les réseaux sous-marins


Ces réseaux se définissent tels que les réseaux qui :
- Peuvent atteindre plusieurs milliers de km
- Peuvent aussi relier des îles ou des pays d’un même continent. De plus, il est moins
coûteux de poser des câbles sous-marins que des câbles enterrés ;
Utilisent la 3ième fenêtre de la fibre optique à λ=1550 nm où l’atténuation est la plus faible.

Les liaisons transocéaniques les plus anciennes sont de type point-à-point ; dans les systèmes
les plus modernes, on adopte la structure en anneau de façon à pouvoir réorienter les signaux en cas de
défaillance d’une voie.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

II.2.2 Le réseau métropolitain (MAN, Metropolitan Area Network)


C’est un réseau qui dessert une grande ville et ses environs, ce type de réseau :
- À une longueur qui varie entre 1 à 100 km ;
- Est de type récent, en constante évolution et croissance
- A un grand degré de connectivité ;
- Utilise des anneaux métropolitains qui se caractérisent généralement par un trafic
maillé avec un certain degré de concentration lié à l’interconnexion avec le réseau
longue distance. Les anneaux d’accès collectent en général le trafic de
plusieurs nœuds pour le concentrer vers un nœud partagé avec un réseau
métropolitain structurant
- Doit, à la différence du réseau longue distance, prendre en charge des formats, des
protocoles et des débits de transmission très divers
- Mêlent les trafics de la hiérarchie numérique synchrone (SDH) ou autre encore. Les
amplificateurs optiques sont essentiels pour les applications de ce type de réseau ;
- Est souvent équipé par des cartes transpondeurs multi-débits universelles, acceptant
n’importe quel débit de 100 Mb/s à 2.5 Gb/s ;
- Utilise le DWDM, offrant les mêmes avantages que les systèmes à longues distances
- Les distances étant plus faibles, nécessite moins d’amplificateurs optiques, ce qui
permet d’étendre la bande spectrale au-delà des amplificateurs EDFA et réduit les
problèmes de dispersion.

II.2.3 Le réseau local (LAN, Local Area Network)


Aussi appelé réseau d’accès ou de desserte, ce réseau :
- À une longueur qui varie de 2 à 70 m ;
- Est constitué par une partie en fibre entre l’autocommutateur et la terminaison de réseau
optique suivie d’une partie en conducteur métallique qui va jusqu’au terminal de
l’abonné.

13
Chapitre II : Structure générale d’une liaison par fibre optique

II.3 Comparaison entre les trois types de réseau fixe

Il existe trois types de réseau fixe qui se distinguent de leur dispersion géographique et leur
protocole de communication.

Tableau II.3: Types des réseaux optiques

Conclusion

Ce chapitre a permis de situer le contexte de la description d’une liaison optique, on a


commencé par présenter la fibre optique d’une manière générale ensuite, on a cité les différents
types de fibre qui existent avec une explication sur chacune de ces dernières, puis on a parlé de ces
avantages et inconvénients.

Malgré qu’elle est considérée comme le meilleur support de transmission, lé fibre optique présente
des limitations majeures pouvant provoquer une grande déformation du signal émis en dégradant sa
qualité au bout d’une longueur de transmission donnée, et donc récupération impossible de
l’information émise.

13
II.4 Multiplexage optique

La division de la bande passante en canaux peut être réalisée, comme en électronique, dans la
dimension temporelle ou dans la dimension des fréquences. Dans le premier cas on parle de
multiplexage temporel (TDM) et dans le second on parle de multiplexage en longueur d'onde (WDM).

II.4.1 Le multiplexage TDM


Le multiplexage TDM consiste à imbriquer temporellement différents canaux de communication en
trames successives. Si l'on se représente un flot d'information par les dents d'un peigne, le
multiplexage temporel revient à superposer les peignes des différents canaux en les décalant les uns
par rapport aux autres (voir la figure II.10) Cela nécessite une synchronisation précise à la réception,
chaque canal temporel est démultiplexé puis acheminé vers sa destination.

Figure II.10 : Multiplexage temporel TDM

Le multiplexage WDM
Le multiplexage en longueur d'onde est une technique utilisée en communications optiques qui permet de
faire passer plusieurs signaux de longueur d'onde différentes sur une seule fibre optique en les mélangeant
à l'entrée à l'aide d’un multiplexeur (MUX) et en les séparant à la sortie à l’aide d’un démultiplexeur
(DEMUX).
Le principe consiste à transporter plusieurs signaux sur un brin de fibre optique. Chaque signal est placé sur
une longueur donnée grâce à un transpondeur. Puis via un multiplexeur optique, toutes les longueurs
d’onde sont envoyées sur le même brin de fibre optique. A l’autre extrémité, un démultiplexeur va séparer
les longueurs d’onde les unes des autres

Figure II. 11 : Le multiplexage en longueur d’onde WDM [9]


[2] : site web, igm.univ-mlv.fr : l’ouverture numérique d’une fibre
[3] : FTTx opération & maintenance, Huawei.
[4] : Document : ODN principale Algérie télécom.
[5] : Document : Algérie télécom évolution du réseau d’accès haut débit vers très haut débit : janvier 2017
[6]: D and O Committee. FTTH Hanbook, Fourth Edition. Fibre To The Home, Council Europe 2011,
2011.
[7] : Groupe orange France Télécom, SA au capital de 10 412 239 188€ RCS Paris 380 129 866 - 6921.
[8] : Ensemble d’industriels et équipementiers du domaine; 2006 – « Les réseaux PON », Passive Optical
Network, Eléments d’appréciation techniques, économiques et réglementaires, p.5-30.

[9] Mémoire de master « Etude et planification du réseau FTTH pour les transmissions optiques à
haut débit » Réalisé par ; ABDOULAYE HALIDOU Bachirou ; KANTE Souleymane
Année ;2017/2018

[10] Mémoire Technicien Supérieur en Télécommunication réseaux filaires « Installation et


raccordement d’un réseau FTTH » Réalisé par Mlle HIADDIHINE Lydia , 2018

Vous aimerez peut-être aussi