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Johannes Althusius

Johannes Althusius (né en 1563 à Diedenshausen et mort en 12 août 16381) est un philosophe et théologien réformé —


allemand, syndic municipal de la ville d'Emden de 1604 jusqu'à sa mort, ce qui lui permit de mettre ses idées en pratique en
défendant, conformément à son idéal d'autonomie à la base, les libertés de la cité face aux appétits du comte de Frise2.
Althusius est célèbre pour son ouvrage de 1603, Politica methodice digesta et exemplis sacris et profanis illustrata, cui in
fine adjuncta est Oratio panegyrica de utilitate, necessitate et antiquitate scholarum (« La Politique, exposée de façon
méthodique, et illustrée par des exemples sacrés et profanes... », édition révisée et augmentée en 1610 et en 1614). Les
idées exprimées dans cet ouvrage font de lui le père du fédéralisme moderne et de la souveraineté populaire, qu'il s'est
efforcé de concilier, dans sa multiplicité3, avec le pouvoir du souverain.
Les théories fédéralistes d'Althusius ne sont pas tellement libérales ; elles mettent l'accent sur la liberté des groupes, plutôt
que sur la liberté des individus 4.
De son côté, Frédéric Lordon souligne combien Althusius est un précurseur de la pensée libertaire quand il imagine comme
organisation politique et sociale « une hiérarchie de regroupements emboîtés régis par un double principe d'autorité
maximale et d'adhésion consentie au regroupement supérieur »5.
Il est également l'auteur d'ouvrages juridiques dont le plus important est Dicaeologicae libri tres, totum et universum jus, quo
utimur methodice complectentes,..., Francfort 1616.

Références
↑ early modern letters online [archive]
↑ « Pendant la durée entière de son mandat, note le philosophe et historien du droit Otto von Gierke, il apparaît comme
l'âme de la politique citadine en lutte pour la croyance réformée, les franchises et les droits municipaux contre les suzerains
et les nobles » (Johannes Althusius und die Entwicklung der naturrechtlichen Staatstheorien. Zugleich ein Beitrag zur
Geschichte der Rechtssystematik, Marcus, 1902).
↑ Pour Althusius, ladite souveraineté ne réside pas dans le peuple comme somme d'individus, mais en tant qu'ensemble
organique de communautés et de corps.
↑ Philippe Nemo, "Les sources du libéralisme dans la pensée antique et médiévale", in Philippe Nemo et Jean
Petitot, Histoire du libéralisme en Europe, Puf, Paris, 2006, p.109.
↑ Frédéric Lordon, Imperium. Structure et affects des corps politiques, La Fabrique, 2015, p. 204.