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Chapitre 2: le paiement forcé

:

L'hypothèse est celle où le débiteur ne paye pas. L'obligation doit présenter une
force contraignante sinon son exécution par le débiteur serait purement potestative.
Lorsque le créancier est confronté à un mauvais payeur, il doit pouvoir recourir à la
force publique afin d'obtenir ce qui lui est dû. La loi met à la disposition du créancier
des procédés directes ou indirectes d'exécution.
Les voies d'exécution ne sont pas toujours d'une très grande utilité et l'on voit
souvent se développer des techniques en marge de la loi.
Quelles sont les conditions permettant au créancier d'exercer des pouvoirs sur le
débiteur?

Section 1: les mesures préventives:

A titre préventif, le créancier peut adopter certaines mesures conservatoires dont le
but est de préserver les droits et les biens du débiteur.
Il existe 3 types de mesures:
- mesures conservatoires en tant que telles
- action oblique
- action paulienne

Paragraphe 1: les mesures conservatoires:

Parfois, le créancier peut craindre que son débiteur dissimule ou fasse disparaître
des biens qui lui appartiennent. Ces biens auraient pu être saisis dans le cadre d'une
exécution forcée. Le créancier peut également craindre la négligence du débiteur,
cette négligence pouvant faire perdre certains droits et pouvant faire périr certains
biens.

Les mesures conservatoires régies par la loi du 9 juillet 1991 permettent de protéger
le créancier avant qu'il ne puisse mettre en oeuvre une exécution forcée. Ces
mesures conservatoires peuvent être dirigés directement contre le débiteur ou
contre des tiers (débiteur du débiteur). Lorsqu'elles sont exercées contre le
débiteur, ces mesures permettent de geler une situation afin d'empêcher le débiteur
de nuire au créancier. Les mesures conservatoires peuvent être adoptées lorsque la
créancer paraît fondée en son principe et lorsque le créancier justifie de
circonstances susceptibles d'en menacer le recouvrement. Ces conditions sont plus
souples que celles exigées pour les mesures d'exécution proprement dites. Il se
peut donc que le créancier soit autorisé par le juge à prendre une mesure
conservatoire qui se révèlera injustifiée ou excessive. Il en résulte un préjudice pour
le débiteur. C'est pourquoi, l'exécution des mesures conservatoires se fait toujours
au risques et périls du créancier.

Pour l'essentiel, il existe 3 mécanismes de mesures conservatoires:

# la saisie conservatoire: elle peut porter sur tout bien meuble appartenant au
débiteur. Il s'agit notamment des créances et des comptes des débiteurs. Elle
permet au créancier d'obtenir par la suite un titre exécutoire constatant l'existence
de sa créancer ce qui lui permettra par la suite de faire vendre les biens saisis ou de
se faire attribuer les sommes attribuées sans nouvelle procédure.

Cette insolvabilité n'a pas à être constatée. Il est pourtant utile qu'elle soit rappelée car parfois. Si telle était le cas. Si le débiteur n'est pas satisfait. En pratique. il est préférable de mettre le débiteur en demeure. Ce texte permet donc aux créanciers d'exercer les droits et actions qu'un débiteur négligent omet d'exercer lui-même. A/ Les conditons de l'action oblique: 1/ Les conditions relatives aux personnes: a/ Les conditions relatives au débiteur: La 1ère condition consiste en l'insolvabilité du débiteur. les parts sociales et valeurs mobilières. # les sûretés judiciaires: elles concernent les immeubles. un droit de préférence sur le prix de vente si les biens concernés sont vendus. les pouvoirs du juge des référés ne sont revêtis que de la force relative de la chose jugée. La 2ème condition est la négligence du débiteur. Cette condition est importante car elle justifie le droit pour le créancier de s'immiscer dans la gestion du patrimoine de son débiteur. le NCPC s'est appelé “nouvau code”. il suffit qu'elle soit notoire. Paragraphe 2: l'action oblique: Selon l'article 1166 du CC. Toutefois. exp: hypothèque judiciaire. les juges du fond exigent des conditions supplémentaires telles une carence . CF: articles 808 et 809 du code de procédure civile. L'objet de cette action est de faire entrer dans le patrimoine du débiteur les droits et les créances dont il est titulaire et qu'il néglige de recouvrer. il s'en suivrait une véritable main mise du créancier dans les affaires de son débiteur chaque fois qu'il se retrouve insolvable. Ces suretés confèrent au bénéficiaire. les actions. les créanciers peuvent exercer tous les droits et actions de leurs débiteurs à l'exception de ceux qui sont exclusivement attachés à la personne. Cette négligence est définie par le jurisprudence: “la carence du débiteur de la partie exerçant l'action oblique se trouve établie lorsqu'il ne justifie d'aucune diligence dans la réclamation de son dû” (1ère civ. 28 mai 2002). Ce juge s'est vu doter de pouvoirs considérablement accrus avec la création en 1975 du NCPC.exp: huissier fait l'inventaire des meubles. la condition d'insolvabilité ne suffit pas. Or. L'action permet ainsi au créancier d'agit au nom pour le compte de débiteur négligent contre les débiteurs de ce dernier. # les autres sûretés pouvant être prononcées par le juge des référés. En effet. L'inscription de ces suretés est valable 3 ans et peuvent être renouvelées. les fonds de commerce. depuis une loi de 2007 on parle simplement de “code de procédure civile”. Cette définition semble aller de soi. Ces pouvoirs importants accordés au juge des référés lui permettent d'interdire au débiteur de passer des actes qui compromettrait les droits des créanciers. il peut saisir le juge du fond qui peut effacer la décision du juge des référés. Ces meubles font l'objet d'une saisie conservatoire. Pendant environ 30 ans. Ces sûretés sont opposables aux tiers lorsqu'elles sont publiées. une telle négligence peut avoir pour effet de provoquer ou d'augmenter l'insolvabilité du débiteur.

. Echappent à l'action oblique tous les droits exclusivement attachés à la personne du débiteur (actions extra patrimoniales relatives à l'état des personnes..). la Cour est revenue à sa position intiale en jugeant que cette action est exclusivement attachée à la personne du donnataire. elle est liquide quand le montant est clairement indiqué et elle est exigible quand elle n'est assortie d'aucun terme. .prolongée. En outre.). 2/ Les conditions relatives aux actions: L'objet de l'action oblique est uniquement la conservation des droits et actions dont le débiteur est titulaire. au nom du débiteur.. . exigible et certaine.. Cela implique pour le créancier de ne pouvoir exercer que les droits et actions qui figurent dans le patrimoine du débiteur.. des actes de disposition ou des actes de gestion. Par un arrêt du 11 janvier 2000. Une hypothèse a donné lieu à des hésitations jurisprudentielles. une carence même justifiée peut donner lieu à l'exercice de l'action oblique. Une créance est certaine quand son existence est incontestable.. En revanche. Il s'agit de savoir si l'on pouvait agir en action oblique en levée d'inaliénabilité d'un bien qui figure dans le patrimoine du débiteur.. Il ne peut accomplir.. b/ Les conditions relatives au créancier: Le créancier ne peut exercer l'action oblique que si la créance dont il est titulaire contre son débiteur est liquide. la définition retenue par la jurisprudence ne tient pas compte du fait que la carence du débiteur soit justifiée ou non. la Cour de cassation a semblé admettre cette possibilité (Dalloz 2000) mais quelques temps après dans un arrêt du 29 mai 2001. Par ailleurs. Aucune autre condition n'est exigée. Les actions patrimoniales mais qui présentent un caractère moral dont l'exercice implique une appréciation personnelle du débiteur ne peuvent être exercées (action en réparation d'un préjudice moral.. Les droits et actions du débiteur doivent être dépourvus de tout caractère personnel pour être l'objet d'une action oblique.). la valeur de la créance est indifférente. le créancier ne peut modifier la composition du patrimoine de son débiteur. .. En effet. il ne peut exercer les droits insaisissables dont son débiteur est titulaire (pension alimentaire. L'action 900 du CC dispose que le donnataire peut être autorisé à disposer d'un bien donné avec clause d'inaliénabilité si l'intérêt qui avait justifié la clause a disparu ou s'il advient qu'un intérêt plus important l'exige. En outre.