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8 VENDREDI 1er OCTOBRE 2021 + DE 20 MINUTES CULTURE

Une collection de jouets des années 1970-1980


est présentée dans de grandes vitrines.
Plus bas, le robot géant Black Fire, réalisé sur
mesure pour l’exposition. B. Chapon / 20 Minutes

Le parcours est jalonné de 36 extraits de films japonais et chinois, projetés sur des écrans géants. L. Delafontaine / Musée du quai Branly-Jacques-Chirac L. Delafontaine / Musée du quai Branly-Jacques-Chirac

« Ultime combat »
extraits dans des conditions proches de à ma collection, ça donne une valorisa-
la salle, se félicite Stéphane du Mesnil- tion culturelle à ces objets. »
dot, commissaire associé de l’exposition. Au-delà de l’orgueil du collectionneur,
Le nombre de films liés aux arts martiaux ces grandes vitrines d’objets chatoyants

Le musée du quai
se compte en milliers, c’est autant, si ce pourraient être embuées de bouffées de
n’est plus, que le western américain. » nostalgie de la part des visiteurs qua-
dragénaires. « Quand les dessins ani-
Génération « Club Dorothée » à l’honneur més japonais sont arrivés à la télévi-

Branly frappe fort


Une autre réhabilitation rendue pos- sion française, c’était incompréhensible
sible par l’exposition est celle vécue par pour toute une génération d’adultes,
Baptiste Caillaud, et avec lui la géné- et donc mal vu, rappelle Baptiste Cail-
ration « Club Dorothée ». Ce collection- laud. Or il y a une dimension écologique
neur de robots jouets des années 1970 dans Goldorak, une réflexion sur ce que
L’établissement propose Peu avant l’ouverture de l’exposition et 1980 a prêté une centaine d’œuvres l’homme fait à la nature. Actarus, c’est
une exposition consacrée dont il est le commissaire, Julien Rous- au musée. « J’ai commencé cette collec- un homme qui pilote un robot dans la
aux représentations seau veille, avec la même application, tion il y a vingt ans, avec mon père, ra- tête du robot. C’était très visionnaire. »
artistiques des arts martiaux, à la mise en vitrine d’armures de sa- conte-t-il. On me prenait pour un fou. * Jusqu’au 26 janvier. Tous les jours, sauf
de l’Antiquité à nos jours mouraï de l’époque Edo, d’estampes Le fait qu’un musée national s’intéresse le lundi, de 10 h 30 à 19 h 30 (22 h le jeudi).
japonaises du XIXe siècle et de jouets
des années 1970. « En Asie, la pratique
Benjamin Chapon
des arts martiaux était liée au corps et à
l’esprit, précise-t-il. Les œuvres qui s’y Un hommage immatériel, explique Stéphane du
Mesnildot. Il permet de montrer

«I à Bruce Lee
l s’appelle Black Fire. On l’a fait rapportent ne sont pas nombreuses. On les corps et les mouvements, mais
construire sur mesure. Ce n’est a les armes, quelques représentations aussi de raconter les trajectoires
pas très malin, parce qu’après graphiques. C’est tout. » spirituelles. » L’exposition rend
l’exposition je ne sais pas où Ce n’est pas vraiment tout. L’exposi- Des productions des Shawn un hommage appuyé à Bruce
on va le mettre. » Le robot géant, 4 m tion est foisonnante. « Ultime combat » Brothers en passant par Akira Lee, l’homme qui a mondialisé
de haut à vue de pif, trône dans l’expo- réserve une place de choix au cinéma : Kurosawa, la sélection de films le kung-fu. « Il était philosophe
sition « Ultime combat » que le musée 36 extraits de films japonais et chinois est variée. Qu’ils soient épiques, et théoricien, vante Stéphane
du quai Branly, à Paris (7e), consacre (lire l’encadré) jalonnent le parcours sur sanglants, grand-guignolesques du Mesnildot. C’était un homme
aux arts martiaux depuis mardi*. De écrans géants. « Nous voulions mettre ou comiques. « Le cinéma a été très intelligent qui avait une vraie
là-haut, dix siècles d’histoire de l’art le cinéma à hauteur des autres œuvres le moyen de donner une image réflexion sur les arts martiaux,
nous contemplent. Pas moins. d’art, on a donc décidé de projeter ces immédiate à un savoir qui était et pas seulement un athlète. »