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Cahier de l’entraîneur 4|09

présenté par

Former les jeunes en –


A l’heure d’opter pour un système de jeu, l’entraîneur a l’embarras du choix. Mais tous les systèmes ne se
prêtent pas forcément à la formation des joueurs dans le domaine de la relève.

6–6, 6–3, 6–2, 5–1. Qui voit dans ces chif- proprié est particulièrement important pour
fres le résultat – quelque peu biaisé, j’en le développement tactique des joueurs. Au Dans la présente
conviens – d’un match de Federer n’est y est début, le système devrait être aussi simple édition
pas du tout. Ces couples représentent diffé- que possible, tout en offrant suffisamment
rents systèmes de jeu applicables au volley- de possibilités de déve- Chère lectrice,
ball joué à 6 contre 6. En tant loppement. Il ne doit Cher lecteur,
qu’entraîneur, on est tôt ou par conséquent ni Le volleyball est un jeu exi-
tard amené à trancher être trop exigeant geant sur le plan tactique.
pour l’un ou l’autre de ni mener dans une Comment, pour un entraî-
ces systèmes. impasse. Nous allons neur de la relève, assurer
Au moment du passage nous pencher ici un développement continu
du minivolley (3:3, 4:4) au sur la question des jeunes et l’acquisition
6:6 sur le «grand terrain», du système des éléments essentiels de
le choix du système ap- qui se prête la structure du jeu? Réponse
en pages 17 à 21, à l’exemple
du système de jeu 6–6 sans
spécialisation.
En page coaching (p. 22),
nous revenons sur la
question «Six de base ou
rotation?», en mettant
cette fois-ci l’accent sur la
relève.
Je vous souhaite bonne lec-
ture, en espérant que vous
pourrez en tirer quelques
conseils utiles dans votre
quotidien d’entraîneur.

Markus Foerster
training@volleyball.ch

Impressum
Chef de rédaction Markus Foerster
Auteur Markus Foerster
Mise en page et photos Markus Foerster
E-mail training@volleyball.ch

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Former les jeunes en mode 6–6

à rien de commencer avec le 6–3, pour


Le b.a.-ba des systèmes passer ensuite au 6–6, ou inversement.
Nous mettrons ici l’accent sur le système
Les systèmes de jeu la passe. Le but de la pénétration est 6–6, qui est pour ainsi dire le «père de
Les systèmes de jeu sont toujours dési- de libérer de la passe le joueur en po- tous les systèmes». Un cahier ultérieur
gnés par un couple de chiffres, le pre- sition 3, de sorte à pouvoir s’appuyer sera consacré au système 6–3, qui pré-
mier indiquant le nombre d’attaquants, sur trois attaquants au filet. sente un intérêt certain malgré une moin-
le deuxième, le nombre de passeurs dre diffusion.
(spécialisés). Dans un 5–1, l’équipe joue Permutation
donc avec 5 attaquants et un passeur, On entend par permutation l’inter-
lequel n’attaque pas. Dans un 6–2, les version de deux joueurs d’une même La pénétration comme clé
6 joueurs attaquent, mais seuls deux ligne, soit les joueurs au filet ou les de voûte
d’entre eux sont passeurs. joueurs arrière.
Le 6–2 a d’ailleurs été longtemps ap- Pourquoi tous les joueurs doivent-ils

Infobox
pelé 4–2, ce qui n’était pas tout à fait Complexe 1 (C1) apprendre le rôle du passeur à partir de
correct, vu que chacun des passeurs Le C1 désigne la situation de jeu de la position 1, alors qu’une bonne partie
peut aussi se muer en attaquant lors- l’équipe qui réceptionne le service, d’entre eux n’officieront jamais comme
qu’il n’est pas à la passe. soit l’enchaînement réception, passe passeur? La réponse est simple: en
et première attaque. jouant en pénétration de la position 1,
Les systèmes de défense les joueurs sont tenus de lire le jeu, de
L’équipe en défense a le choix entre Complexe 2 (C2) prendre des décisions et d’adapter leur
deux options: le 3–2–1 ou le 3–1–2. Le Le C2 désigne la situation de jeu inté- action à la situation davantage que
3–2–1 se joue avec 3 contreurs, 2 défen- grant bloc, défense et contre-attaque. sur toute autre position. Chaque fois
seurs devant (sur les côtés) et un défen- On l’appelle aussi «jeu de transition», qu’ils se trouvent en défense, ils doivent
seur tout à l’arrière (le «6 arrière»). Avec parce qu’il implique le passage d’une gérer ce dilemme: attendre le plus long-
le 3–1–2 («6 avant»), le défenseur central situation de défense à une situation temps possible avant de pénétrer à fin
est placé sur la ligne des 3 m devant les d’attaque. A noter que le service fait d’assurer la défense en cas d’attaque sur
défenseurs qui couvrent les côtés. Seul aussi partie du C2, car la stratégie mise la position 1, et pénétrer le plus tôt pos-
le 3–2–1 est utilisé en défense dans le en place pour la défense et le contre sible pour ne pas être en retard pour
volleyball moderne. est étroitement liée à la tactique ap- la passe – sans compter le choix de la
pliquée au service. bonne option. Le joueur qui a compris
Pénétration le jeu en pénétration de la position 1
Désigne la montée d’un joueur arrière est à même d’acquérir et de maîtriser
dans la zone d’attaque pour y assurer rapidement et sans problème tout autre
système de jeu.

Phase 1:
6–6 avec passe en position 3
le mieux aux jeunes (M16, M18) et la ma- 6–6 ou 6–3?
nière de présenter un premier système Ce système est une introduction idéale
de jeu à une équipe. Cette question ne se pose en principe au jeu à 6 contre 6. Le passeur est tou-
pas, puisque les deux systèmes sont vala- jours le joueur qui est en position 3. Il n’y a
bles, vu qu’ils satisfont tous deux aux exi- ni pénétration ni permutation, mais cette
Avec ou sans spécialisation? gences de la simplicité et du potentiel de forme permet déjà de pratiquer les deux
développement. La décision relève avant types de passe (avant et arrière).
La première question à tirer au clair est tout de la philosophie de l’entraîneur. Si Arrêtons-nous un instant sur les éléments
celle de la spécialisation. Si les joueurs ont l’on peut jouer sans aucune spécialisation clés de la phase 1:
déjà une formation de spécialiste (passe, en 6–6, le 6–3 permet de mettre l’accent • pas de ballons longs (max. ½ terrain,
bloc central, réception-attaque…), il faut sur une formation précoce des passeurs. soit 4,5 m)
naturellement choisir un système qui met C’est une bonne option, compte tenu • seulement des passes hautes, avec le
en valeur ces compétences spécifiques. de la complexité du rôle assigné au pas- même rythme pour toutes les posi-
Mais dans les catégories M16 et M18, les seur et de la longue formation que cela tions d’attaque  situation simple et
joueurs ne sont en général pas encore exige. régulière pour les attaquants
spécialisés – et c’est très bien ainsi (v. en- L’important, c’est simplement de com- • possibilité d’utiliser les deux techni-
cadré p. 19). Il s’ensuit que seuls les systè- mencer avec l’un des deux systèmes et ques de la passe (passe avant avec
mes de jeu 6–6 et 6–3 entrent en ligne de de le développer. Les phases du dévelop- attaque en 4, et passe arrière avec at-
compte pour cette tranche d’âge. pement sont les mêmes. Il ne rime donc taque en 2)

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Une des principales difficultés pour la passeuse est
de trouver le bon timing pour la transition entre la
défense et la contre-attaque.

mier temps, la pénétration est réservée à


l’équipe qui est à la réception, car cette
situation est moins exigeante pour les
joueurs en termes d’anticipation. Comme
dans la phase 1, la construction se fait
toujours par le joueur en position 3. Vu
que c’est là une situation connue, elle ne
pose pas de difficultés supplémentaires
pour l’équipe, suivant la philosophie des
petits pas.
Les nouveautés essentielles introduites
• les joueurs moins avancés peuvent au Phase 2: par le complexe 1 (C1) sont les suivantes:
besoin toujours jouer en passe avant 6–6 avec pénétration en 1 • le passeur a le choix entre trois posi-
• les attaquants apprennent à gérer tions d’attaque au filet
(seulement C1)
des passes venant de la droite (atta- • il est désormais aussi possible d’utili-
que en 2) comme de la gauche (en 4) Dans cette phase, on introduit la pénétra- ser la passe courte (en 3)
• possibilité d’introduire déjà l’attaque tion du passeur à partir de la position 1, • les enchaînements gagnent en im-
aux 3 m (en position 6) mais sans permutation: tous les joueurs portance, et le jeu de l’équipe en dy-
• situation simple pour la réception jouent à toutes les positions. Dans un pre- namique

Plaidoyer pour une formation de base sans spécialisation


Dans les cours J+S, je propose souvent et rapide dans ses déplacements; il doit non spécialisée jusqu’en M16, voire M18.
l’exercice suivant: je désigne 7 partici- faire preuve de personnalité, posséder Ce n’est qu’ainsi que tous les joueurs
pants, et demande aux autres de leur une grande intelligence du jeu et, enfin, exerceront l’ensemble des éléments et
attribuer des positions dans un 5–1. Le avoir une «bonne main». De son côté, le qu’ils pourront les appliquer dans le
résultat est pratiquement toujours le contreur central doit pouvoir enregis- jeu. Le corollaire est bien entendu qu’il
même: les deux plus grands joueurs trer très rapidement un grand nombre faut renoncer au libéro.
sont désignés contreurs centraux, le d’informations, être capable d’anticiper,
plus petit, libéro, le deuxième plus avoir un large champ de vision afin de Illustration sur le thème du libéro
petit, passeur, et les trois autres, atta- suivre les déplacements des attaquants J’avance le postulat suivant: un libéro
quants (de pointe ou attaquants-ré- adverses et se montrer rapide dans le dé- qui n’a jamais joué en attaque ne sera
ceptionneurs). Tout semble couler de placement latéral. jamais un bon libéro. Pourquoi? Parce
source. Mais en est-il vraiment ainsi? qu’il ne comprend pas le fonctionne-
Une spécialisation précoce entrave ment de l’attaquant. Si, en revanche,
Les aptitudes sont déterminantes le développement il connaît la façon de penser de l’at-
En réalité, répartir les rôles au sein d’une Pour savoir si un joueur possède les com- taquant, il sera parfaitement à même
équipe est loin d’être une sinécure. pétences propres à tel ou tel rôle, l’entraî- de décoder les possibilités qui s’offrent
Posséder les qualités requises par une neur doit lui laisser la possibilité de jouer à un adversaire dans telle situation. Il
position donnée est bien plus impor- dans toutes les situations de jeu imagi- aura donc une excellente lecture du
tant que le facteur taille. Un passeur nables. Pour cela, il faut impérativement jeu, qu’il pourra mettre à profit pour
doit par exemple être vif à la décision s’entraîner et jouer de manière largement assurer un placement parfait.

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Former les jeunes en mode 6–6

Phase 3: En résumé, les nouveautés introduites deux des entraînements par semaine, il
6–6 avec pénétration en 1 dans cette phase sont les suivantes: faut certainement investir deux saisons
• la passe est (presque) toujours faite dans le système 6–6, dont une entière
(C1 et C2) par le joueur en 1 après pénétration pour la phase 3. Mais l’investissement en
Dans la phase 3, on ajoute la pénétration • seule la situation dans laquelle le pas- vaut la chandelle: grâce à cette base, tou-
du joueur à la passe (en position 1) dans seur défend fait exception – dans ce tes les phases ultérieures d’apprentissage,
le C2, mais toujours sans permutation ni cas, la construction du jeu en C2 est comme le passage à la spécialisation et
spécialisation. La pénétration qui s’inscrit assurée par le joueur en position 3 à un système 6–2 ou 5–1 deviennent un
dans une situation de défense exige tou- jeu d’enfant.
tefois une très grande capacité d’antici-
pation de la part du passeur (v. encadré). Intégrer avant d’aller
Mais le joueur en position 3 doit aussi plus loin
anticiper et décider, car si le passeur doit
défendre, c’est lui qui sera à la passe. Si, Reste enfin la question de savoir à quelle
au contraire, le passeur n’est pas sollicité cadence les différentes phases présentées
en défense, le joueur en 3 doit reculer et doivent se succéder. Il n’y a malheureuse-
se préparer à une éventuelle attaque. Vu ment pas de réponse universelle à cette
les difficultés qu’elle pose, la phase 3 ne question. La vitesse du processus dépend
doit pas être sous-estimée. en premier lieu de l’équipe. Avec un ou

No 1: Introd. de la pénétration 1 dans le C1 1


A
A'
D
4
Accents: • B pénètre dans la zone avant (B’) A
3
2
Timing du joueur en pénétration,  réception de A sur B’
enchaînement de la séquence pour • passe de B’ sur A’  B’ assure le
1 B' C
le passeur soutien puis rejoint sa position de B
base (B) à reculons
Deux groupes de 3 travaillent pa- • A’ joue une passe sur C  D court
rallèlement dans un demi-terrain au filet  etc.
dans l’axe longitudinal. Pour chaque
groupe: 1 passeur, 1 passeur de ré- Important:
serve, 1 réceptionneur-attaquant. La passe par-dessus le filet corres-
• passer le ballon à A pond presque au service

No 2: Introd. de la pénétration 1 dans le C1 4


D

Accents: • réception de C sur P’


Timing du joueur en pénétration, • passe de P’ sur B (ou A)  P’ as-
C
2
position de passe correcte, passe sure le soutien, puis rejoint sa po-
3
avant et passe arrière sition de base (P) à reculons 1
• A fait une passe (correspond au
Un groupe de 6 travaille sur le terrain: service) sur C  D pénètre en po- P'
1 passeur (P) + 2 réserves (D, E), 2 at- sition D’ (= P’)  etc. 1
taquants (A, B) et 1 réceptionneur (C)
par groupe.
• A joue sur C  P pénètre dans la E D P A

zone avant en position P’

No 3: C1 avec pénétration en 1 Team A


D'
Team B

L’équipe A joue en side-out (C1) avec • après 8 services: rotation d’une


D

réception en verrou à 4 et pénétra- position 1


tion en 1. L’équipe B sert et contre. 2
• service de l’équipe B  P pénètre Variantes:
en position P’ • B (pos. 6) peut aussi attaquer (at-
• réception sur P’  passe de P’ sur taque en «pipe» aux 3 m) P'
4
D’ (pos. 4) ou A’ (pos. 2)  sou- • rapide ou haute? L’équipe A dis- 3
1
tien de P’’ pose en plus d’un attaquant cen- A
• attaque de D’ (ou A’) contre un tral E (pos. 3), qui peut attaquer P
court. A'
bloc à un joueur

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No 4: Introd. de la pénétration 1 dans le C2 B'
B' 4
2 D
Accents: • passer le ballon à B
B 3

Décision/anticipation pour les • A pénètre en (A’)  réceptions 1 C F


positions 1 et 3 (passeur, contreur), de B sur A’
timing du joueur en pénétration • passe de A’ sur B’ (ou C’)  atta- A 1
E
que avec passe en suspension
Deux groupes de 3 travaillent pa- sur D ou E  A’, B’, C’ retournent à
rallèlement dans un demi-terrain leur position de base
dans l’axe longitudinal. Pour chaque • si E défend  D pénètre dans la
groupe: 1 passeur (A/D), 1 contreur zone avant  passe de D’
central (C/F) et 1 réceptionneur-atta- • si D défend  passe de F sur E’
quant (B/E). • etc.

No 5: Pénétration 1 en C2 (situation de jeu) Team A


D
Team B

Accents: • si P ne défend pas: construction


Voir exercice 4 avec passe de P’ après pénétra-
tion  contre-attaque 1
L’équipe A est en position de base • si P défend: construction avec
3

pour la défense, avec des attaquants passe de C (pos. 3)  contre-at-


adverses juchés sur des plinths taque P'
(pos. 2 et 4).
• D (ou E) tape sur le ballon 2

 l’équipe A prend position en P


E
défense  attaque précise de D
(ou E) sur un joueur en défense

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Coaching

Six de base ou rotation? (2e volet)

Proposer une formation éclectique à chaque joueur est un objectif essentiel dans le domaine de la
relève. C’est là un aspect crucial dans le choix de la philosophie de coaching.

Dans le premier volet sur le thème «Six Bien sûr: il va sans dire que, pour les portant la sécurité nécessaire au triangle
de base ou rotation?», nous nous som- joueurs, la victoire est l’objectif suprême moins stable.
mes arrêtés essentiellement sur les avan- de chaque match. Le coach devrait néan-
tages et les inconvénients de ces deux moins mettre en avant des objectifs de
approches de coaching (v. Cahier de formation à long terme. Surtout que, dans
l’entraîneur 3/2009). Dans ce deuxième l’absolu, celui qui dispensera une bonne
volet, je me pencherai spécifiquement formation gagnera avec son équipe for-
sur le domaine de la relève. Les principes cément plus de matches qu’il n’en perdra.
de base restent bien entendu valables La défaite fait partie de l’apprentissage et
pour les jeunes, mais le coach doit tenir du développement d’un joueur au même
compte d’autres aspects et faire inter- titre que la victoire.
venir d’autres critères pour soupeser les
différents avantages et inconvénients. Il
faut donc faire preuve de créativité pour Des systèmes de jeu adaptés
concilier tous les critères.
Accorder à tous les joueurs le même
temps de jeu n’est pas la moindre des
La formation au premier plan gageures. Le choix d’un système de jeu L’option «triangle»
adapté peut toutefois faciliter la tâche
Précisons-le d’emblée: avec les jeunes, du coach. La règle de base est la sui- L’option «quatuor»
l’attention du coach doit être focalisée sur vante: plus le système est spécialisé, plus L’idée de base est la même que pour le
une formation complète des joueurs, grandes sont les fluctuations en cas de triangle, mais ici quatre joueurs de niveau
sans oublier personne en route. Chaque changement fréquent de joueurs. Les égal se partagent deux positions. Avec
joueur doit se développer dans tous les systèmes les plus favorables à la for- un cadre de 12 personnes, on aura donc
secteurs du jeu. Au-delà de la formation mation sont par conséquent les systè- trois quatuors. Le système peut bien en-
technique et tactique à l’entraînement, il mes présentés dans la partie principale tendu aussi s’appliquer avec six duos qui
est bien entendu essentiel de donner la du présent cahier de l’entraîneur (6–6 occupent chacun une position donnée.
possibilité aux jeunes d’appliquer et de ou 6–3). Il faut toutefois noter que la complexité
tester l’acquis en match. L’expérience ne Je présente ci-après deux possibilités s’accroît avec le nombre des groupes,
fait-elle pas du simple volleyeur un joueur offertes par le système 6–6 pour tenir alors que la sécurité diminue.
chevronné? L’entraîneur d’une équipe de compte de tous les joueurs de manière
jeunes doit donc veiller à donner à cha- égale, sans pour autant que le rendement
cun un temps de jeu suffisant. de l’équipe n’en pâtisse. Remarques finales

L’option «triangle» Dans le domaine de la relève, mettre l’ac-


Les résultats sont secondaires Je partage mon cadre de 12 joueurs en cent sur le six de base ou le principe de la
deux groupes de 6, en plaçant dans un rotation dépend presque exclusivement
Inversement, on comprendra que cer- groupe les valeurs sûres, soit les joueurs des objectifs (à long terme) de la forma-
tains mécanismes propres au sport qui ont déjà une certaine expérience tion. A ce niveau, le six de base n’est en
adulte sont inapplicables voire déplacés ou, plus prosaïquement, les six meilleurs fait pas une option. Mais plus on s’appro-
avec des jeunes. Un point essentiel à joueurs. L’autre groupe rassemble par che de la catégorie élite (à partir de 20
mes yeux est la fixation sur le seul résul- conséquent les éléments moins sûrs ans), plus les réflexions présentées dans
tat: le coach obnubilé par les résultats de mon équipe. Je place ensuite mes la dernière édition pour les formations
de ses protégés, celui qui met la victoire joueurs de sorte que les éléments de adultes prennent de l’importance.
au-dessus de tout, n’est pas à sa place chaque groupe forment un triangle sur
dans le domaine de la relève. Il serait le terrain, et je fais des changements
mieux inspiré de mettre son énergie et uniquement au sein des deux groupes.
sa compétence au service d’une équipe Cela permet de garantir un bon équilibre
adulte ambitieuse. au sein de l’équipe, le triangle stable ap-

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