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Des semblants entre les sexes


Des semblants dans la relation entre les sexes  ques, masques de rien, suffisants pour justifier la
Jacques-Alain Miller  connexion entre les femmes et les
l es semblants.

De nouveau, les semblants. Cette fois, impliqués  Le rien, la pudeur et le respect
dans la relation entre les sexes. *
Où sont les hommes, à cet égard ? Peut-être sont-ils Qu’appelons-nous semblant ?
 plus captifs des semblants que les femmes, et peut-  Nous
le rien.appelons semblant
En cela, le voileceest
quilea premier
fonctionsemblant.
de voiler
être les femmes sont-elles plus proches du réel, de
telle sorte qu’à parler « des femmes et des sem- Comme en témoignent l’histoire et l’anthropologie,
 blants », ce sont les hommes qui sont à la place du c’est une préoccupation constante de l’humanité que
semblant. de voiler, de couvrir les femmes. Sans doute couvre-
ton les femmes parce qu’on ne peut pas découvrir  La
découvrir La
 La race des femmes femme. Ainsi, il ne reste plus qu’à l’inventer.
l’ inventer.
Dans ce sens, nous appelons  femmes ces sujets qui
Hésiode fut, semble-t-il, le premier à parler, dans sa ont une relation essentielle avec le rien. J’utilise
Théogonie, matrice d’une énorme quantité de my- cette expression avec prudence, car tout sujet, tel
thes, de la race des femmes – genos gynaicon. Et que le définit Lacan, a une relation avec le rien,
ensuite, à partir de lui, dans la littérature grecque de mais, d’une certaine façon, ces sujets que sont les
l’Antiquité, on parle des femmes en termes de ike- femmes ont une relation avec le rien plus essentielle,
 plus proche.
lon,
fie ruse, de  pema
de pema  semblant,
qui signifie semblant,
signifie copie,
qui signifie de dolos,
calamité. Cequi
quisigni-
veut Freud pensait ce lien des femmes avec le rien à par-
dire que calomnier les femmes est une chose qui a tir du rien corporel, anatomique. Dans son article de
commencé il y a très t rès longtemps. 1932, il énumère quelques particularités psychiques
Sémonide, de la ville bien nommée d’Amorgos, de la maturation féminine, comme il s’exprime,
nommé Iambe, dans lequel
avait déjà écrit un poème nommé Iambe,  parmi lesquelles il souligne la pudeur, qu’il situe à
de  genos gynaicon, mais de tribus de
il ne parle pas de genos  partir de ce qui serait une intention initiale de voiler
 femmes. Il énumère, dans ce poème, récemment ré- l’absence de l’organe génital.
édité en Angleterre, les femmes. Ce poème est un Il y a là un paradoxe de la pudeur. À la fois, selon
catalogue – fait, cela va sans dire, sans connaître le Freud, elle voile l’absence, en même temps qu’elle
 Don Juan de Mozart – qui énumère des types de constitue cette absence comme quelque chose, c’est-
pas  genos mais
femmes qu’il n’appelle pas genos  phyla, espè-
mais phyla, à-dire que l’acte de voiler crée, fait naître, surgir.
ces. Le premier mot de son poème est celui de koris, Les variations historiques de la pudeur nous le dé-
qui se traduit de côté, mais, depuis Lacan, on se rend montrent, c’est une invention qui, par sa localisation,
compte que cela doit se traduire, non pas  selon attire
cise lelecorps.
regard.
EtOn
les pourrait dire aussi
témoignages qu’ellenephalli-
d’hommes man-
l’unité, mais  selon La diversité. C’est par ce mot que
mais selon
Sémonide commence son poème. quent pas, que ce soit dans la littérature ou dans la
This website stores data such as
J’ai, entre autres choses, l’idée risquée d’ajouter un clinique, pour qui la pudeur apparaît dans sa valeur
cookies to enable essential site  phallique. Le voile de la pudeur peut, en effet, don-
type de femme
functionality, as wellàascemarketing,
catalogue, que nous allons ren-
contrer dans leandcours
personalization, de cette
analytics. You heure.
ner valeur de phallus, pour s’exprimer comme
Leschange
may citations
your mentionnées nous suffisent à penser
settings at any time Freud, à n’importe quelle partie du corps, et là se
orque la formulation
accept Lacan,  La femme n’existe pas
de Lacan, La
the default settings. démontre que le maniement du voile est phallicisant.
 – il n’y a que les femmes – était quelque chose de Il y a peu de distance entre la pudeur et le respect.
 bien connu depuis toujours, au moins depuis les Le respect signifie qu’il y a quelque chose qui ne
Privacy Policy doit pas se voir, qui ne doit pas se toucher. Comme
Grecs. Aujourd’hui, la formule de Lacan est suffi-
samment connue du public pour que nous puissions
Marketing la pudeur, le respect vise la castration. Respecter,
la prendre comme point de départ.  peut-être serait-ce toujours respecter la castration.
Personalization Ainsi, demander le respect, de respecter la distance,
 La femme n’existe pas
Analytics
la femme pas,nemais
signifie
que pas
ce que
lieu ledemeure
lieu de  par exemple, au père. Qu’est-ce qui se respecte chez
essentiellement vide. Que ce lieu reste vide le père, si ce n’est ce que disait Lacan une fois, sa
Save pas queAccept
n’empêche All
l’on puisse y rencontrer quelque qualité d’ancien combattant ? Quand il y a respect,
chose. Dans ce lieu, ne se rencontrent que des mas- le rien est toujours en jeu, et, corrélativement, les
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outrages. D’où l’on saisit que l’outrage peut prendre L’enfant aussi a été pris par Freud dans cette série,
valeur érotique. et, en un certain sens, la maternité même peut être
Dans les groupes analytiques, on observe parfois ce considérée comme formant partie de la pathologie
que Lacan signale comme un respect délirant, une féminine. Se transformer en mère, en Autre de la
demande très exigeante de respect de la part des an- demande, c’est se transformer en celle qui a par ex-
ciens ou de ceux qui se mettent dans cette position. cellence.
Ce qui a évidemment à voir avec le fait que La question reste ouverte. Se transformer en mère,
l’analyste n’existe pas. C’est parce que L’analyste est-ce la solution à la position féminine ? C’est une
n’existe pas que le respect et ses susceptibilités oc- solution du côté de l’avoir, et il n’est pas sûr que
cupent dans  si
le fonctionnement
que – même si
même c’est une École –d’un
unegroupe analyti-
place que l’on Freud ait du
que celle élaboré unel’avoir.
côté de autre solution pour les femmes
 peut considérer excessive.
excessive. Il y a cependant une autre solution, ou un autre
registre de solution, qui est la solution du côté de
Vers une « clinique féminine » l’être. La solution du côté de l’être consiste à ne pas
combler le trou, mais à le métaboliser, le dialectiser,
Freud se limitait, semble-t-il, et à la différence de et à être le trou,
tr ou, c’est-à-dire se fabriquer un être avec
Lacan, à une différence anatomique de la femme, le rien. De ce côté, s’ouvre aussi toute une clinique
considérant que, de fait, elle était marquée d’un féminine, la clinique du manque d’identité, dont
moins, que sa castration était effective. Mais si l’on l’intensité chez les femmes n’est en rien comparable
admet la construction qui conduit à préciser le fait de à ce qui se rencontre chez les hommes. Nous som-
ce moins, la question demeure de sa subjectivation, mes ainsi quasiment obligés de parler d’un être de
c’est-à-dire quel sens acquiert pour le sujet son ne- rien et d’une douleur spécifique à cet être de rien.
 pas-avoir. Freud a proposé comme signification Au manque d’identité s’ajoute un manque de consis-
fondamentale de ce ne-pas-avoir ce qu’il appelle le tance, observable dans ces témoignages d’un senti-
 Penisneid, qui est le nom freudien du ne-pas-avoir. ment de fragmentation corporelle. Cela peut aller
Ainsi, les portes s’ouvrent de ce que nous pourrions suffisamment loin pour que l’on évoque une psy-
appeler « clinique féminine ». Sans aucune préten- chose, et que l’on soit amené à faire un diagnostic
tion d’exhaustivité, on peut déjà parler de clinique différentiel. Nous pouvons situer, dans ce même
féminine directement à partir de la conceptualisation chapitre, le manque de contrôle, cet affect par lequel
du moins. Dans ce chapitre de la clinique féminine, on sent qu’échappe la maîtrise du corps. Il y a dans
nous pourrions parler de la place que prend le senti- la clinique féminine des témoignages de douleur
ment d’injustice, thème qui peut remplir des séances  psychique liée à un affect de non-être, d’être rien,
analytiques. Nous pourrions parler d’un fantasme comme des moments d’absence de soi-même. Il y a
d’injustice fondamental. Nous pourrions peut-être aussi des témoignages d’une relation étrange avec
dire – cela ne manquerait pas d’être divertissant – l’infini, qui peut aussi se présenter au niveau de ce
que l’origine même du concept de justice doit se qui n’est pas fini, c’est-à-dire au niveau d’un senti-

chercher
aussi dansdelal’extension,
parler plainte féminine. Nous pourrions
de la fréquence, de la ment d’incomplétude
 Nous connaissons ici radicale.
la solution que l’on peut ren-
constance habituelle d’un sentiment de dépréciation, contrer, qui consiste à être ce trou,
t rou, mais en relation à
quiwebsite
This est aussi liédata
stores à cesuch
queasnous pouvons mettre, de l’Autre, comme si, pour échapper à ce défaut
façon to
cookies unenable
peu grossière, dans la parenthèse d’un sen-
essential site d’identité, une solution était de le déplacer vers
functionality,
timent as well as marketing, l’Autre, en attaquant la complétude de l’Autre. Cela
personalization, and analytics.
Freud met l’accent sur lesYou
suppléments que le sujet consiste à penser qu’à l’Autre, l’Autre viril, manque
may change your settings at any time
 peut rencontrer, ou inventer, pour son moins, ce
or accept the default settings.
un trou, et s’occuper à l’incarner. Correspond, à
moins fondamental, selon lui, auquel le sujet est en cette variante d’être le manque de l’Autre en le posi-
relation. Pour cela, il conduit l’investigation analyti- tivant, ce que Lacan a apporté à la clinique sous
que jusqu’aux
Privacy Policy biens qui peuvent arriver à colmater l’expression être le phallus.
ce trou du moins. Il a mis l’accent sur l’obtenir, le Il faut s’apercevoir que l’expression être le phallus
Marketing
 posséder. Et de fait,
fait , Lacan lui-même s’enchantait de implique déjà une certaine dépréciation quant à
signaler cette dénomination de la bourgeoise qui,
Personalization l’avoir de l’Autre viril, une réduction de l’avoir de
dans Analytics
la langue populaire, peut être le nom de l’Autre au semblant.
l’épouse –  Ma bourgeoise. On signifie ainsi que
c’estSave
à elle que revient
Accept Allspécialement le soin de
l’argent de la famille.
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 L’acte d’une « vraie » femme signalé au début de la pièce d’Euripide, où il est dit
explicitement que celle-ci s’efforçait de consentir à
Lacan ne dit pas seulement que  La femme n’existe tout ce que désirait Jason. Il n’y avait aucun dissen-
 pas. Il dit, en outre, qu’il y a des vraies femmes – timent, elle était l’épouse et la mère parfaite. Un peu
expression qui nous pose un problème. criminelle, un peu sorcière, mais, comme épouse et
Ce n’est pas que l’on ne comprenne pas que femme mère, parfaite. C’est alors que Jason lui annonce
et vérité puissent avoir quelque chose à voir, puisque qu’il veut se marier avec une autre, avec la fille de
la vérité est distincte du savoir, qu’elle a structure de Créon. Comme le dit Médée, c’est un outrage. Et
fiction, et dépend ainsi du semblant. On comprend elle connaît ce que nous pourrions appeler, avec nos
aussi qued’un
la vérité les femmes
homme,puissent
en tant être localisées
qu’elles comme
réduisent les mots d’aujourd’hui,
ses mots à elle, elle un moment
a perdu de dépression.
la joie Dans
de vivre, elle est
sublimations masculines à des mensonges, et la proie des larmes, et nous avons ce chant si beau –
qu’elles incarnent, en tant que  La femme n’existe  De tout ce qui respire et qui a conscience /il n’est
 pas, l’échec de son concept. rien qui soit plus à plaindre que nous, les femmes.
Que serait une vraie femme ? Jason vient lui tenir de beaux discours, lui donner
Il y a une réponse très simple à donner. Le vrai, dans des explications, la rassurer quant à ses bonnes in-
le sens de Lacan, chez une femme, se mesure à sa tentions – il va s’occuper de ses enfants, payer les
distance subjective de la position de la mère. frais… Elle refuse les dons. Comme elle le dit expli-
Être une mère, la mère de ses enfants, est, pour une citement, elle est déjà dans une zone où l’avoir n’a
femme, choisir de se faire exister comme  La. Se  plus aucune valeur
valeur sans cet homme-là.
homme-là.
faire exister comme  La mère est se faire exister Comment élabore-t-elle sa vengeance ? Elle ne tue
comme La
comme  La femme en tant qu’elle a.  pas l’infidèle. Ce serait trop simple. Sa vengeance
Quand ce cri échappe-t-il à Lacan ? – C’est une consistera à tuer ce qu’il a de plus précieux, c’est-à-
vraie femme. dire sa nouvelle épouse et  ses  propres enfants. La
D’un côté, c’est toujours de cette façon que l’on doit valeur de cet extrême, chez Euripide, est admirable,
utiliser cette expression, car il ne s’agit pas de cons- en tant que Médée est présentée comme une mère
de  La vraie femme. La vraie femme
truire le concept de La qui aime profondément ses enfants. Elle parle avec
ne peut se dire que une par une, et en une occasion, enchantement de ce qu’ils sont, de ce qu’elle en es-
 parce qu’il n’est pas sûr qu’une femme puisse se  père, comment ils furent avec elle jusqu’à leurl eur mort,
maintenir dans la position d’une vraie femme. Cela comment elles les a accompagnés dans ce qui sera
ne peut se dire que comme tuché. C’est une vraie leur tombe. Mais, à cette heure, elle est préparée à
 femme ne peut se dire qu’en un cri de surprise, que les tuer et – il s’agit là de l’œuvre théâtrale la plus
ce soit d’émerveillement ou d’horreur, et peut-être horrible – elle le fait. Elle tue ses propres enfants,
seulement quand on perçoit que se touche, se fait qui sont aussi ceux de Jason, et c’est là la femme qui
voir, que la mère n’a pas comblé en elle le trou.  prend en elle le dessus
dessus sur la mère. Il ne
ne s’agit pas de
C’est quelque chose qui s’articule au sacrifice des l’imiter, mais elle nous donne l’exemple radical de
 biens, et peut-être
cisément quand elle unea femme
consentimérite-telle ce cri
à la modalité pré-
propre ce qu’être
acte, femme
elle sort de saestdépression.
au-delà d’être mère.
Elle est Pardans
toute cet
de sa castration. Je regrette, donc, de ne pouvoir cet acte. À partir de là, tous les mots sont inutiles,
offrir
This un stores
website modèledatade
suchmère
as suffisamment bonne, elle sort décidément du registre, du règne, du signi-
commeto Winnicott,
cookies ou site
enable essential un modèle d’épouse de sou- fiant.
functionality,
tien. as well as marketing, Il faut maintenant ajouter, même si je ne veux pas
personalization,
D’un autre côté,and je
analytics.
voudraisYoudire quelque chose d’un développer, quelque chose de très présent dans toute
may change your settings at any time
 personnage qui peut nous figurer, nous donner un
or accept the default settings.
la pièce, le savoir de Médée. Le mot epistémé
modèle, certainement extrême – ce n’est pas pour convient bien à Médée.
s’identifier –, du c’est une vraie femme, suivant une Lacan se réfère une fois à  Médée au sujet de quel-
indication
Privacy Policyde Lacan. Il l’indique beaucoup plus dis- ques vers où Médée apparaît dans la position du
crètement que moi, mais comme beaucoup de temps sage, de celui qui sait, et non sans écho à la position
Marketing
a passé, il me semble que l’on peut aujourd’hui pré- de l’analyste. En effet, les vers que cite Lacan ne
senterPersonalization
Médée. sont pas ceux du crime de Médée, mais ceux qu’elle
Médée avait tout fait pour son homme, Jason. Elle
Analytics –  Apporte au vulgaire ignorant des pen-
dit à Créon – Apporte
avait trahi son père, son pays, convaincu les filles de  sées neuves et savantes, /ils ne diront pas que tu es
PéliasSave
de le tuer, et,Accept
pour All
cette raison, elle vivait en un sage, mais un inutile. /Ceux d’autre part qui sont
exil, à Corinthe, avec son mari et ses enfants. C’est
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convaincus d’en connaître long, /si le peuple estime concessions qu’une femme peut faire à un homme,
que tu les dépasses, en prendront offense. de son corps, de son âme, de ses biens. Concessions
Pour Lacan, discrètement, l’acte d’une vraie femme, signifie ici céder. Cela signifie que chacune est ca-
 je ne vais pas dire que c’est l’acte de Médée, même  pable d’aller jusqu’au ne-pas-avoir, et de se réaliser
s’il en a la structure, c’est le sacrifice de ce qu’elle a comme femme dans le ne-pas-avoir.
de plus précieux pour creuser en l’homme un trou L’homme « lacanien », tel qu’il traverse les Sémi-
qui ne pourra pas se refermer. Sans doute est-ce naires et les Écrits, est au contraire un être lourd,
quelque chose qui va au-delà de toute loi et de toute gêné, embarrassé par l’avoir. L’avoir est pour lui
affection humaine, mais pas parce que ça se joue une gêne, et comme il a quelque chose à perdre, il
superficiellement,
vraie femme explore comme le pensait
une zone inconnue,Goethe. Une
outrepasse est condamné à la prudence.
fondamentalement peureux. EtL’homme
s’il va àlacanien est
la guerre,
les limites, et si Médée nous donne un exemple de ce c’est pour fuir les femmes, pour fuir le trou. Ainsi,
qu’il y a d’égaré chez une vraie femme, c’est parce l’homme n’est pas sans semblants, mais ce sont des
qu’elle explore une région sans marques, au-delà des semblants pour protéger son petit avoir. Ce n’est pas
frontières. le cas du semblant proprement dit, le semblant fémi-
Il faut aussi souligner qu’elle agit avec le moins et nin, qui est à proprement masque du manque.
non pas avec le plus. Au sein même d’une situation On pourrait parler de la subjectivation de l’organe
où elle apparaît sans défense, elle rencontre
r encontre une épée titre  L’avoir
génital chez l’homme, et le faire sous le titre L’avoir
mortelle. Elle trouve à faire du moins son arme pro-  – l’avoir comme sentiment qui lui donne une supé-
 pre, une arme qui a plus de force et plus d’efficacité riorité de propriétaire, un bien qui implique aussi la
que toutes les armes de guerre. Ajoutons aussi  peur qu’on le lui dérobe. Une couardise masculine
qu’elle le fait pour un homme, dans la stricte relation contraste ici avec le sans-limites féminin.
à un homme. L’avoir est clairement lié à la masturbation. La
Lacan a reconnu l’acte de Médée dans l’acte de la  jouissance phallique est par excellence une jouis-
femme de Gide. On pourrait ridiculiser cette der- sance de propriétaire. Ce qui signifie que le sujet ne
nière, épouse vierge, protestante, à l’esprit petit- donne à personne la clef de la caisse, allant parfois
 bourgeois, proie des idées de son eentourage
ntourage social, et  jusqu’à se protéger par l’impuissance, et sur un
qui resta au côté de Gide dans la position d’un ange mode satisfaisant. Et quand finalement il arrive qu’il
sacrifié et immuable. Mais ce que retient Lacan, donne, c’est alors comme s’il était victime d’un vol,
c’est précisément son acte, quand elle brûle les let- à tel point qu’il conserve de surcroît la masturbation
tres d’André Gide, ce qu’elle nomme elle-même comme refuge d’une jouissance pour lui-même –
comme son bien le plus précieux. C’étaient les let- Une pour elle, une pour moi.
tres d’amour d’André Gide, une correspondance Il me semble que, non seulement à la différence
suivie année après année, à partir de la première mais contrairement à Freud, Lacan pensait qu’il n’y
rencontre. Lui aussi nous dit que c’était ce qu’il avait pas de solution pour une femme du côté de
avait de plus précieux, qu’il n’y eut jamais plus belle l’avoir, et que, sur ce versant, il ne résulte que faus-
correspondance,
mais eu. C’est dans qu’il appelle l’enfant
ce contexte que nousqu’il n’a ja-
trouvons la setés signifie
Que ou inauthenticités.
vivre sous la signification de l’avoir ?
 phrase de Lacan se référant à Gide –  Pauvre Jason, Je vais, pour approcher une réponse, introduire avec
il ne
This reconnaît
website stores pas
dataMédée.
such as En effet, il ne reconnaît soin ce personnage qui est la femme à postiche.
 pas Médée
cookies to enabledans sonsiteangélique épouse.-Pauvres
essential
functionality,
hommes, qui as well
ne as marketing,
savent pas reconnaître les Médées  La femme à postiche
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dans leurs épouses ! C’est qu’il n’y a pas ici de juste
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milieu, comme un personnage de l’œuvre d’Euripide
or accept the default settings.
La femme à postiche est celle qui ajoute artificielle-
le souhaiterait. Il n’y a pas de négociations. Il y a ment ce qui lui manque, à condition que, toujours, et
comme une émergence de l’absolu. en secret, elle l’ait d’un homme. Chez la femme à
Dans Policy
Privacy ces cas, que ce soient Médée ou Madeleine  postiche, le paraître est essentiel, en tant que cela
Gide, il s’agit de réactions à la trahison de l’homme, doit paraître comme d’elle-même, de sa propriété.
Marketing
et comme un châtiment. Éclaircissons une ambiguïté du concept de la femme
Personalization  phallique. Nous devons distinguer la femme phalli-
Analytics
 Le ne-pas-avoir et l’avoir que qui se constitue comme la femme qui a, du côté
de l’avoir, ce que j’appelle la femme à  postiche, de
Il y aSave
d’autres modalités, que Lacan connaît égale-
Accept All celle qui se constitue du côté d’être le phallus. Elles
ment, quand il signale qu’il n’y a pas de limites aux
8
 

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n’ont rien à voir, même si elles peuvent se ren- menace, et elle élabora pour elles une solution – les
contrer divisées dans la même. marier avec Dieu. C’est ainsi qu’encore aujourd’hui,
Une femme qui se constitue du côté d’être le phallus quelques-unes prononcent ces vœux perpétuels
assume son manque-à-avoir. C’est à partir de son d’obéissance, de pauvreté et de chasteté. Ces vœux
manque-à-avoir reconnu qu’elle arrive à être le phal- encadrent la jouissance au-delà du phallus. Ils signi-
lus, celui qui manque aux hommes. Au contraire, fient qu’aucun homme ne peut être au niveau de
l’autre cache son manque-à-avoir et parade, fait cette jouissance, et qu’il y faut rien moins que Dieu.
monstration d’être la propriétaire à qui ne manque Et le ne-pas-avoir féminin s’assume avec le vœu de
rien ni personne. L’une reste égale à une femme, et  pauvreté, comme
comme le propose l’Église.
ceci se note
 protège au caractère
son bien, avec unsauvage avec lequel
trait d’hybris, elle
d’excès. Ce
quen’est
commepasLéon
un hasard
Bloy que ce soit
qui ait un auteur
pu écrire catholi-
le roman  La
L’autre, au contraire, celle du côté de l’être, fait  femme pauvre  pour situer la position féminine fon-
monstration du manque. Au regard de l’homme, une damentale. On pourrait, à partir de là, aussi bien
vraie femme, au sens de Lacan, lui permet de se ma- situer l’origine de l’infini que la fonction du secret.
nifester comme désirant, en tant qu’elle assume le Ce secret structural de la parole, en tant qu’il y a
moins, assumant aussi les semblants qui font leur jeu quelque chose qui ne peut pas se dire, est un secret
du moins. À l’opposée, la femme à postiche dénonce qui est du côté des femmes. Le secret peut être pour
l’homme comme castré, et ce n’est pas peu de fois elles condition de jouissance et elles peuvent arriver
qu’elle se complète ainsi avec un homme, dans à jouir du secret comme tel, à constituer le men-
l’ombre duquel elle se maintient. songe même comme objet petit a. De là, cette fa-
Quand Médée, à la fin de la pièce d’Euripide, part meuse question de l’ignorance des femmes, de
sur le char ailé du soleil, c’est la femme à postiche, comment les enseigner et les éduquer, qui traverse
le sujet le plus conservateur possible, celle qui de- l’histoire, à tel point que, parfois, les femmes finis-
mande à ce qu’on ne la regarde pas de très près, et sent par se croire ignorantes. Il arrive en vérité
exige un énorme respect, la distance nécessaire pour qu’une femme, par la nature de la parole, incarne ce
faire croire que le postiche est vrai. Elle exige le qui ne peut pas se dire, un savoir secret, voilé, et
respect comme un dû de façon absolue. Une femme c’est pour cela qu’on situe chez elle le sujet supposé
vraie, au contraire, démontre à l’homme que l’avoir savoir. Tout ce bruit autour de ce qu’il faut leur en-
est ridicule. D’une certaine façon, c’est la ruine de seigner ne parvient pas à masquer la crainte mâle
l’homme. C’est plus tranquille de faire couple avec envers le savoir supposé des femmes.
la femme à postiche, pour déposer son propre bien Il est certain que parfois les femmes ont besoin
dans un coffre-fort. Cette femme à postiche, qui ne d’une analyse pour prendre connaissance du savoir
semble pas castrée, ne menace pas l’homme, car elle qu’on leur suppose. C’est là que nous approchons
n’exige pas de lui qu’il soit désirant, de telle sorte l’une des diverses raisons pour lesquelles nous pou-
qu’elle reçoit respect et repos de la castration. vons dire que la psychanalyse convient aux femmes.
On rencontre le mot  postiche chez Lacan à la page La psychanalyse convient aux femmes, parce

qui des  Écrits,


825 fait
des Écrits,
la femmelorsqu’il parlequand
phallus, de l’absence du pénis
Lacan conseille qu’elles
des incarnent,
sujets qui secomme dit Freud,
préoccupent dedans
la la culture
sexualité,
quasiment d’évoquer ladite absence en faisant porter l’amour, le désir, la jouissance. Ces thèmes de la
à lawebsite
This femmestores
un postiche
data such sous
as un travesti de bal. Ce  psychanalyse sont des thèmes de femmes. IIll est as-
cookies to enable
n’est pas essential venant
une initiative site de la femme, ce qui se sez récent, comme phénomène de masse, que les
functionality,
démontre dans as well as marketing,
cette simple complaisance au désir de hommes prennent en charge ces thèmes. La position
personalization, and analytics. You
l’homme à agréer à sa demande en se prêtant à son
may change your settings at any time
d’objet petit a leur va bien aussi, en tant qu’elle
orfantasme.
accept theEt cet homme
default settings.est celui qui n’a pas peur de exige de la flexibilité au regard du fantasme de
la castration, du ne-pas-avoir féminin, car ce posti- l’Autre.
che lacanien n’est pas fait pour faire penser Par rapport à cela, peut-être pouvons-nous dire quel-
Privacy Policy que chose des femmes en analyse, car l’analyse leur
 Le savoir supposé des femmes
Marketing
offre, à son commencement, une certaine relâche,
une relève, du semblant, une relâche de la capture
Personalization
À partir de la sexualité féminine, et de nul autre lieu, qui comme objet petit a s’exerce sur elles dans le
Analytics
on peut situer la jouissance proprement dite en tant fantasme de l’homme. Se soutenir en cette place
qu’elle déborde le phallus et le tout-signifiant. fatigue. Ainsi, l’analyse offre aux femmes le repos
L’Église,
Save avant la Accept
psychanalyse,
All avait reconnu les que donne le fait de déléguer ladite position à
vraies femmes. L’Église avait reconnu en elles une l’analyste.
9
 

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Il convient aussi aux femmes d’occuper la place du En cela, les femmes sont plus amies du réel que les
sujet barré, ce sujet qui expérimente son manque hommes, et c’est de leur côté qu’il y a un accès plus
d’identité. Il y a des cas qui démontrent qu’elles facile que les hommes à la vérité de ce que le phallus
 peuvent rester tellement collées au rôle de l’objet n’est pas tout et est semblant. Évidemment, en tant
 petit a qu’elles ne peuvent pas le céder à l’analyste, que sujets, elles peuvent finir du côté de Φ, qui est la
ou qu’elles sont tellement habituées au rôle de sujet manière d’écrire le postiche, et elles peuvent
supposé savoir qu’elles ne peuvent l’admettre en s’inscrire comme sujet du côté du petit  phi, c’est-à-
l’autre. dire φ(x), en jouant au tout avec le postiche, et en
incarnant le A dans un homme castré.
 Le fantasme selon les sexes Une extrême
tion analyse du
peutdésir fémininàpris
déboucher dans lecette
annuler direc-
 A, ce qui
Sans développer ces thèmes, peut-être pourrais-je fait surgir quelque chose comme un monstre qui dit
mentionner qu’il serait utile de penser la fonction  –  Je sais tout. C’est quand s’incarnent ces figures
distincte du fantasme chez les hommes et chez les oraculaires, comme le fut en son temps la géniale
femmes. Mélanie Klein, qui ne doutait de rien. Mais si l’on se
Dans le désir masculin, dont le caractère, selon La- dégage de cette voie, on peut dire que son désir
can, accentue à peine le désir pervers – puisqu’il y a conduit une femme naturellement à A, alors que,
 pour lui une certaine homologie
homologie avec le dé
désir
sir pervers chez l’homme, la fonction Φ fait obstacle à la réduc-
 –, les objets sont pris dans la parenthèse de ce qui tion du phallus au semblant.
s’écrit Φ, pour signifier qu’est présente ici une vo-
lonté de jouissance qui nécessite un fantasme. Lacan  La déesse Psychanalyse et la déesse École
l’a écrit Φ(a). C’est sa première façon d’écrire le
désir masculin, où figure l’objet a comme objet par- Ceci se découvre parfois à travers le processus de la
tiel, objet pulsionnel.  passe.
 Nous pouvons déplacer cette écriture à l’écriture du Le passant peut avoir ou ne pas avoir atteint la fin
f in de
fantasme, cette fois comme fantasme masculin, son analyse au gré du jury. Toujours est-il qu’à son
comme S ◊ Φ(a), en tant que le désir masculin se gré à lui, du moins selon l’expérience française, il se
soutient de semblants phallicisés. Il s’expérimente  présente à la passe s’il pense qu’il a son compte,
avec l’analyse qu’à traverser les différents niveaux qu’il l’a finie. Il pense avoir fait le tour de ce que la
du fantasme, cette formule se concentre et accentue  psychanalyse peut lui apporter et il y a quelque
la fonction Φ, c’est-à-dire que traverser les différents chose, du moins selon notre expérience en France,
niveaux du fantasme et le réduire à l’os ne donne la que nous pouvons appeler le sentiment de fin
fonction phallique que comme encore plus insis- d’analyse.
tante. En échange, si l’on se réfère à l’écriture don- L’analysant se présente à la passe au moment où il
née par Lacan du désir féminin,  A  (φ), même si La-  peut penser que la déesse Psychanalyse a réalisé son
can a dit beaucoup d’autres choses après, on peut vœu, et il va présenter la joie obtenue de la psycha-
déjà
et deyl’autre
lire la avec
relation de ce désir,
le phallus. d’un
Dans les côté
voiesavec ce,
de  A nalyse auxestsupposés
cette joie vraie ou experts,
fausse. pour qu’ils évaluent si
désir, ne figure pas l’objet pulsionnel, sauf à passer C’est un fait que, par la passe, on observe que les
This A, et stores
parwebsite de l’autre, avecasle supposé objet génital.
data such analysants changent dans le cours de l’expérience
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Ce qu’indiquent site formules, c’est qu’au mo-
ces deux analytique – les célibataires se marient, les époux
functionality,
ment où unashomme
well as marketing,
rencontre les voies de son désir, divorcent, les folles de leur corps se rangent, les ob-
personalization, and analytics. You
la fonction Φ se fait plus insistante, alors que lorsque
may change your settings at any time
sédés peuvent penser à autre chose, et les angoissés
orseaccept
déploient les voies
the default de son désir pour une femme,
settings.  jouissent en paix. Parfois, on ne peut savoir si cela
il a chance d’accéder à  A, c’est-à-dire à savoir que est dû à l’analyse ou à l’âge, parce que parfois la
l’Autre n’existe pas. seule chose claire est que les analysants vieillissent.
Privacy Policy féminin nous donne parfois déjà de cela
Le cynisme Le passant ne vient pas toujours pour dire que la
une anticipation,
Marketing
quand il rappelle aux hommes que déesse a réalisé son vœu. Il vient parfois dire le
leurs sublimations ne sont rien en comparaison de la contraire, que la déesse n’a en rien réalisé son désir,
Personalization
 jouissance, et qu’ils se trompent avec les semblants. que la déesse a rejeté ses demandes, et que ce qu’il
Analytics
Ce sont les femmes qui rappellent aux hommes attendait d’une analyse reste sans réalisation. Mais
qu’ils sont trompés par les semblants, et que ces s’il fait la passe, c’est qu’il a éventuellement recon-
semblants
Save ne valent rienAllcomparés au réel de la
Accept nu avoir appris que son vœu même est un vœu de
 jouissance. rien, ou que la déesse qui aurait pu le réaliser
10
 

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n’existe pas. Le passant est celui qui est convaincu, Cela se présente comme une question.
réellement, qu’il n’obtiendra rien de plus de la Une fois réduits tous les semblants, c’est comme si
déesse et qu’il n’y a désormais plus rien à espérer restait cet ultime, faisant écran au  A  tel point que
d’elle. Et il demande à une autre déesse, la déesse de l’on pourrait penser qu’après la Proposition de 67
l’École, qu’elle réalise son vœu d’appartenir au re- sur la passe définie comme traversée du fantasme,
gistre des analystes de cette École. Sur ce versant, Lacan aurait ajouté, comme fruit de son expérience,
c’est l’incurable qui constitue un mérite pour la no- la fin de l’analyse par l’identification
l’ identification au symptôme.
mination, l’accès du sujet, et son consentement, à Cela serait peut-être une autre fin de l’analyse. Faut-
l’incurable. D’autres analysants offrent un autre type il reconnaître, comme fin d’analyse, ce type de fin
dedéesse
la témoignage, qu’ils
leur a fait ont réalisé
un cadeau, leursLes
un don. vœux
unsetetque
l es
les d’analyse,
lique dans? lequel,
demeure On voitfinalement, la fonction
très bien dans les deuxphal-
for-
autres témoignent, à leur façon, que la psychanalyse mules de Lacan sur la sexuation du désir masculin et
les a guéris du manque-à-être, mais pas toujours de féminin que cela se réduit finalement au terme pre-
la façon qu’ils espéraient. mier. Et la question peut être comment l’analyse se
Pour les uns, c’est par l’identification au symptôme.  pratique avec la fonction Φ, et qu’elle se pratique
Ils n’ont plus l’espoir de se défaire du symptôme et  parfois avec rigidité, mais pas sans honnêteté, par-
n’espèrent pas plus. Ils se sont transformés en symp- fois avec brutalité, ou avec un silence de pierre, qui
tôme eux-mêmes. Ils sont leur symptôme, et dans ce n’est pas sans effets positifs. Devons-nous reconnaî-
cas le sentiment de fin d’analyse traduit la mise à nu tre comme autre modalité de la fin d’analyse
de la jouissance du symptôme, et c’est la révélation l’identification au symptôme ?
de la jouissance de ce symptôme qui met fin au Freud avait perçu que, de même, une névrose obses-
manque-à-être. sionnelle se prolonge jusqu’au point où la maladie
Pour les autres, c’est la traversée du fantasme. Si, ne peut plus se distinguer de la cure. Freud dit que
 pour les premiers, un sentiment de nécessité vient les symptômes finissent par représenter des satisfac-
connoter l’accès à l’impossible, pour ces derniers il tions, et que cette signification devient progressive-
y a comme un affect de liberté, c’est-à-dire de possi- ment la plus importante. Le sujet cherche ses satis-
 bilité qui donne accès à la contingence. Quand on factions dans ses symptômes.
termine du côté de l’identification au symptôme, il y Le plus typique, l’idéal, de la passe se cherche cer-
a comme un sentiment de nécessité, et d’accès à tainement au niveau du A, mais il faut dire que c’est
l’impossible. Du côté de la traversée du fantasme, il du côté féminin. Lacan a privilégié la sortie
y a un affect de liberté et d’accès à la contingence. d’analyse du côté féminin, comme il a défini la posi-
Ici le traductible en termes freudiens de la traversée tion même de l’analyste en affinité avec la position
du fantasme, c’est la modification comme flexibili- féminine.
sation de la condition d’amour qui régit les choix Le dernier mot pourrait être –  Hommes, encore un
d’objets. effort…
Ce que la passe, vue du côté du jury, enseigne –
Conférence prononcée à Buenos Aires le 10 mars 1992. Texte transcrit en
c’est qu’il
du moins
y a unema conclusion,
incidence très transitoire
de la différence –,
sexuelle espagnol par Juan Carlos Indart et publié dans Cuadernos del pasador, Bue-
nos-Aires, 1993 ; et traduit de l’espagnol par Catherine Bonningue et Marta
quant au fantasme. Il y a une prégnance très spéciale Wintrebert pour la présente édition. Publiée avec l’aimable autorisation de J.A.
M.
du website
This fantasme dans
stores lasuch
data sexuation
as de l’homme, et par- Cette conférence fait suite à une leçon du cours « De la nature des semblants »
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fois, loin que le fantasme permette une traversée du (1991-92) (inédit) intitulée « Des femmes et des semblants ».
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côté du désir masculin, on observe, au contraire,
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comme une compression de celui-ci.
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Le grand secret 
orJeaccept
ne sais pas sisettings.
the default vous connaissez les œuvres du Philippe La Sagna 
sculpteur français César, qui peut prendre toute une
 pile de voitures et la réduire par compression pour L’ennui tourmente les hommes et peut-être plus en-
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en faire une sculpture, comme un cube. C’est com- core les femmes. Qu’on le veuille moderne, ne
mentMarketing
faire un cube d’automobiles comprimées. Eh l’empêche pas de perdurer depuis Lucrèce, qui déjà
 bien, de la
l a même manière, il y a un résultat possible dénonce l’uniformité des jours. L’avancée de la
Personalization
de l’analyse, quant au désir masculin, où s’observe science lui a fait perdre son statut de question mo-
Analytics compression du fantasme, à la César.
une terrible rale, éthique, voire théologique. L’ennui se voit ainsi
Comme si l’on obtenait, par la traversée, dénudé, le divisé au dix-neuvième siècle en une référence mé-
signifiant
Save de la jouissance,
Accept Allet le sujet reste comme dicale, somatique, la neurasthénie, et une référence
collé à ce signifiant dernier. littéraire poétique, le spleen. Ces deux termes fini-

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