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Limoges Métropole

Projet de gazéification de bois pour la production de Biométhane


de synthèse

Etude de gisements et de faisabilité

S3D Ingénierie
Siège : 4 rue René Viviani
44200 NANTES
contact@sol3d.com
www.sol3d.com
Projet de gazéification de bois pour la production de Biométhane de synthèse
Etude de gisements et de faisabilité

Sommaire
SOMMAIRE ...................................................................................................................................................... 2

1. INFORMATIONS ....................................................................................................................................... 3

1. PRESENTATION DU PROJET ...................................................................................................................... 4


1.1. CONTEXTE ........................................................................................................................................... 4
1.2. ENJEUX DE L’ETUDE ............................................................................................................................... 5
2. PHASE 1 : ETUDE DE GISEMENT ET DEFINITION DES SCENARIOS .............................................................. 7

2.1. LES PLAQUETTES FORESTIERES .................................................................................................................. 8


2.2. LES BOIS DECHETS ................................................................................................................................. 9
2.3. DEFINITION DES SCENARIOS ................................................................................................................... 10
3. PHASE 2 : ETUDE DE FAISABILITE............................................................................................................ 13
3.1. LOCALISATION DU PROJET ..................................................................................................................... 13
3.2. PLAN D’IMPLANTATION ........................................................................................................................ 15
3.3. LA PYROGAZEIFICATION – CHOIX D’UNE TECHNOLOGIE ................................................................................. 17
3.4. PROCEDE : DESCRIPTION DES TECHNOLOGIES ............................................................................................. 26
3.1. PFD : PROCESS FLOW DIAGRAM ............................................................................................................ 40
3.2. HYPOTHESES POUR L’ETUDE ECONOMIQUE ................................................................................................ 42
3.3. LE SCENARIO 1.A : RESULTATS DE L’ETUDE ................................................................................................ 43
3.4. LE SCENARIO 1.B : RESULTATS DE L’ETUDE................................................................................................. 56
3.5. LE SCENARIO 2.A : RESULTATS DE L’ETUDE ................................................................................................ 69
3.6. LE SCENARIO 2.B : RESULTATS DE L’ETUDE................................................................................................. 82
3.7. SYNTHESE REGLEMENTAIRE .................................................................................................................... 95
3.8. BILAN ENVIRONNEMENTAL .................................................................................................................... 97
3.9. SYNTHESE DES MONTAGES JURIDIQUES ................................................................................................... 105
3.10. ACCEPTABILITE SOCIALE ...................................................................................................................... 107
4. CONCLUSION ....................................................................................................................................... 110

4.1. BILAN FORCES / FAIBLESSES DES QUATRE SCENARIOS ................................................................................. 112


4.2. PISTES D’OPTIMISATIONS .................................................................................................................... 113
4.3. POINTS DE VIGILANCE ......................................................................................................................... 114
5. CALENDRIER DU PROJET ...................................................................................................................... 115

6. ANNEXES.............................................................................................................................................. 117

ANNEXE 1. SYNTHÈSE DES ENTRETIENS DE L'ÉTUDE DE GISEMENT ......................................................................... 117


ANNEXE 2. DEFINITION DES RATIOS D 'EMISSIONS CARBONE ................................................................................ 119

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Projet de gazéification de bois pour la production de Biométhane de synthèse
Etude de gisements et de faisabilité

1. Informations

Client Limoges Métropole

Version 1

Dernière modification 10/09/2020

Référence affaire BE1906698

Directeur de projet Anthony Kerihuel

Chef de projet François Ricoul


Tangui Tremel
Chargés d’étude
Pierre Martin-Cocher

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Projet de gazéification de bois pour la production de Biométhane de synthèse
Etude de gisements et de faisabilité

1. Présentation du projet
1.1. Contexte
Le réchauffement climatique, la pollution de notre environnement physique, la chute de
la biodiversité et les tensions sur les ressources fossiles sont autant de défis qui mettent en
jeu l’avenir de nos sociétés. Dans ce contexte international, il est plus que jamais indispensable
d’orienter la recherche et l’innovation vers des modèles à faibles émissions de carbone, dans
le sens de la transition énergétique. C’est dans cette optique que la loi relative à la transition
énergétique pour la croissance verte (LTECV) a renforcé les plans climat de la France à l’échelle
des territoires. Initiée en juillet 2017 par Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la
Transition écologique et solidaire, la LTECV réaffirme une stratégie volontariste pour la
transition énergétique avec des objectifs ambitieux, comme celui d’atteindre la neutralité
carbone à l’horizon 2050.

Dans ce contexte, Limoges Métropole renouvelle son Plan Climat Air Energie Territoriale
et se fixe comme objectif 2050 une production d’énergie renouvelable sur son territoire de
plus de 1 000 GWh/an, dont 75GWh/an de gaz vert pour in fine tendre à l’indépendance
énergétique.

De plus, son positionnement dans un environnement où filières agricoles et sylvicoles


sont importantes et sa recherche permanent d’optimisation de la gestion de ses déchets et
de l’économie circulaire en général permettent d’envisager la pyrogazéification comme une
innovation adaptée à son territoire.

En effet, la pyrogazéification a un fort potentiel de développement notamment en


France car ce procédé répond aux trois grandes problématiques actuelles : la valorisation des
déchets, la transition énergétique et les réductions de GES.

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1.2. Enjeux de l’étude


Limoges Métropole bénéficie d’un environnement où les filières agricoles et sylvicoles
sont importantes. La pyrogazéification apparait alors comme une innovation adaptée à son
territoire qui permettrait d’optimiser la gestion des déchets et l’économie circulaire tout en
contribuant aux objectifs de son Plan Climat Air Energie Territoriale en matière de production
d’énergies renouvelables et d’indépendance énergétique.

Cette étude de faisabilité évalue la pertinence de l’implantation d’une unité de


pyrogazéification au sein du territoire de Limoges Métropole. Elle vise à :

Identifier, quantifier et caractériser les gisements admissibles à une unité de


pyrogazéification (biomasse & déchets). L’un des enjeux de ce travail est de réaliser,
dans un rayon d’action de 100 km, l’identification des gisements réellement
disponibles pour la future unité de pyrogazéification. Pour ce faire, une méthodologie,
basée sur un travail de terrain, a été développée afin de s’adapter aux réalités du
territoire.
Recenser les besoins énergétiques pour la valorisation du syngas sur le territoire de
limoges métropole en accord avec les objectifs du Plan Climat Air Energie Territorial
Identifier les technologies de gazéification en mesure de valoriser les gisements
identifiés et d’en ressortir un cahier des charges de préparation (humidité,
granulométrie, etc.)
Présenter les solutions techniques à mettre en place en aval de l’unité de
gazéification selon les voies de valorisation du syngas envisageables : traitement du
syngas, enrichissement en CH4, mises aux spécifications, etc.
Proposer des lieux d’implantation stratégique
Evaluer les impacts environnementaux et sociaux d’une telle unité
Evaluer l’intérêt économique d’un tel projet sur la base d’une analyse
CAPEX/OPEX/Business plan.
Analyser la faisabilité du projet sur le plan réglementaire

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L’étude est divisée en deux phases :

La première phase consiste en une étude des gisements mobilisables pour la


pyrogazéification et des besoins énergétiques sur le territoire de Limoges Métropole. Sur la
base des résultats de cette étude, différents scénarios seront établis pour l’unité de
pyrogazéification, en termes d’approvisionnement et de capacité de production. A l’issue de
cette 1ère phase, quatre scénarios ont été retenus en accord avec le comité de pilotage.

La seconde phase constitue l’étude de faisabilité à proprement parler, qui porte sur un
approfondissement des scénarios retenus, sur les plans technico-économique,
environnemental, social et juridique.

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2. Phase 1 : Etude de gisement et définition des scénarios


Les résultats de cette étude des gisements se basent sur les rencontres avec les producteurs
et détenteurs de biomasse et déchets valorisables en pyrogazéification. Plusieurs typologies
d’acteurs ont été enquêtés :

Les professionnels des déchets


Les syndicats de traitement des déchets
Eco-organismes
Acteurs institutionnels
Acteurs de la filière bois énergie
Le tableau ci-dessous présente les acteurs enquêtés dans le cadre de cette étude :

Echanges
Type de gisements Acteurs Rencontre
mail / tél
Alliance Forêt Bois X
Industrie de la forêt et du bois UNISYLLVA X
BoisLim X
CU Limoges Métropole X
Syndicat de traitement de déchets
SYDED de la Haute Vienne X
VEOLIA X
Professionnels des déchets / SUEZ X
Institutionnels SUEZ Organique X
PAPREC X
CAPEB X
AREC X
Syndicat d'assainissement
Chambre d'agriculture X
ADEME X
Eco-Mobiler X
Eco-organismes
ALIAPUR X

Tableau 1 : Acteurs enquêtés afin de détermines les gisements mobilisables

Il existe deux familles de gisements intéressant pour la filière pyrogazéification. Les matières
considérées comme de la biomasse et les déchets au titre de la réglementation ICPE. Parmi
ces gisements on retrouve :
Le bois forestier (bois A)
Le bois d’emballages en fin de vie bénéficiant d’une sortie statut déchet (bois A)
Les bois déchets et refus de compostage (bois B)
Les refus de compostage
Les déchets CSRisables refus de centre de tri, papiers / cartons, pneus usagés

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L’étude des gisements permet pour chaque type de biomasse et déchets de présenter les
acteurs, les gisements et les conditions de mobilisations.

2.1. Les plaquettes forestières

La région Nouvelle Aquitaine est l’une des principales régions sylvicoles française avec
2 200 000 ha de forêt soit 35 % du territoire régional. En Haute Vienne, la surface boisée
représente 27 % du territoire départemental.

Le rôle économique de la forêt liée à la production de bois est indissociable de la gestion


durable des espaces forestiers et de leurs réponses aux attentes sociales et
environnementales. Sa gestion doit être multifonctionnelle tout en étant durable pour faire
face aux défis énergétiques et climatiques du 21 e siècle. La gestion durable et
multifonctionnelle est définie comme :

« La gérance et l’utilisation des forêts et des terrains boisés d’une manière et à une intensité
telle qu’elles maintiennent leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de
régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur, les
fonctions écologiques, économiques et sociales pertinentes, aux niveaux local, national et
mondial, et qu’elles ne causent pas de préjudice aux autres écosystèmes ». 1

Le Limousin présente 2 particularités :

Ø Une forêt jeune en raison d’un reboisement de résineux dans les années 90 ;
Ø Une déprise agricole et donc un bois de faible qualité dont le seul exutoire est le bois-
énergie.

Sur le département, la consommation est de près de 120 000 t/an de plaquettes forestières,
liée en grande majorité aux grosses chaufferies.

D’après les acteurs rencontrés, le potentiel supplémentaire en bois-énergie est évalué à


80 000 t/an dans un rayon d’approvisionnement de 50 km.

Le coût des plaquettes dépend de la qualité recherchée. Les chaufferies biomasse nécessitent
des plaquettes criblées, calibrées et séchées. Les coûts moyens sont de 30 €/MWh.

Les grosses chaufferies sont approvisionnées directement depuis les chantiers forestiers pour
un coût moyen de 22 €/MWh.

1
Conférence ministérielle pour la protection des forêts en Europe, à Helsinki (1993)

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Les 3 principales coopératives forestières recensées sur le département sont :

Alliance Forêt Bois


Unysilva
CFBL

2.2. Les bois déchets

Les déchets de bois générés par l’activité humaine sont de diverses natures. On distingue
principalement :
· Les déchets de bois « propre » qui peuvent faire l’objet d’une Sortie de Statut de
Déchet (SSD) pour une valorisation énergétique en chaufferie biomasse en tant que
bois de catégorie A (ICPE 2910 A au même titre que les plaquettes forestières). Ils sont
principalement issus des emballages en fin de vie (palettes usagées, cagettes, cageots,
caisses de transports, …).
· Les déchets de bois faiblement adjuvantés (additifs, colle, vernis, etc.), ne pouvant
pas bénéficier d’une Sortie de Statut de Déchet (SSD). Ils sont principalement issus du
tri des déchets ménagers et assimilés (DMA), des déchets des activités économiques
(DAE) et du BTP. On les trouve souvent en mélange et proviennent d’éléments
d’ameublement (vieux meubles, panneaux, fenêtres, etc.), de démolition (poutres,
parquet, etc.).

Les déchets de bois « propre »

Le bois d’emballage est constitué de palettes, cagettes, caisses en fin de vie qui sont collectées
sur les plateformes de tri et sur les plateformes de compostage. Ces flux sont majoritairement
constitués de bois propres susceptibles de bénéficier d’une Sortie de Statut de Déchet (SSD)
pour une valorisation énergétique en chaufferie collective en tant que bois de catégorie A
(ICPE 2910-A au même titre que les plaquettes forestières).

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2.3. Définition des scénarios


Le projet vise à développer une unité de pyrogazéification pour la production de
biométhane de synthèse. L’étude de gisement a permis d’identifier une capacité maximale
d’intrants pour l’unité de pyrogazéification. Sur cette base, et sur les retours d’expérience de
S3D Ingénierie, différents scénarios ont été proposés pour le dimensionnement de l’unité.

Tout d’abord, deux typologies de projet ont été présentées aux membres du COPIL :

Typologie 1 : Projet Biomasse Ligneuse


Les combustibles mobilisés sont de nature ligneuse et relativement « propres ». Il s’agit
notamment de plaquettes forestières, de bois A, de bois SSD (Sortie du Statut de Déchet), de
bois B et de ligneux de déchets verts.

Typologie 2 : Projet Déchets


Les combustibles mobilisés ont le statut de déchets. Il s’agit notamment de refus de tri,
de rembourrés de DEA (Déchets d’Eléments d’Ameublement), de CSR (Combustibles Solides
de Récupération), de pneus et de cartons/papiers.

Le Tableau 2 suivant compare les avantages et inconvénients des deux typologies de


projets.

Typologie 1 : Projet Biomasse Ligneuse Typologie 2 : Projet Déchets


Refus de tri, rembourrés des DEA, CSR,
Bois A, Bois B, LDV, Plaquettes forestières
pneus, cartons/papiers
15 kT + 80 kT mobilisables 13 kT + 20 kT de papiers/cartons
100% Biogénique Coût des intrants faible

Mix gisement homogène Solution de traitement des déchets

Techniquement faisable Préparation / tri


Technologies matures Homogénéité du mix intrant

CAPEX unité plus faible Plus de contraintes techniques

Réglementation plus simple CAPEX unité plus élevé

Coût des intrants élevé Contraintes réglementaires

Acceptation sociale
Tableau 2 : Comparaison des deux typologies de projet

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En accord avec les membres du COPIL, la typologie 1 a été retenue.

Quatre scénarios ont été définis pour la suite de l’étude sur la base de deux critères :

Ø La capacité d’intrants
Ø La présence de bois B
Le Tableau 3 présente les quatre scénarios retenus :

Scénario 1.a 1.b 2.a 2.b


Capacité 20 000 T/an 40 000 T/an
Combustible Bois A Bois A + Bois B Bois A Bois A + Bois B
Tableau 3 : Définition des scénarios

Le bois B est un déchet de bois contenant plus ou moins de substances chimiques


(peintures, colles, vernis, traitement de conservation, etc.). Il est notamment plus chargé en
souffre et en chlore que du bois « propre ». Ainsi, sa présence dans le mix d’intrants impacte
différents points :

Présence de bois B dans le mix d’intrants


Coût d’achat moindre Traitement du gaz plus contraignant

Solution de traitement de déchet Réglementation plus contraignante

Faible humidité → Besoin de séchage moins important

La composition du mix d’intrants et leurs caractéristiques sont présentées dans les


tableaux ci-dessous pour chaque scénario.

Les données de PCI2 et d'humidité sont une moyenne issue de la littérature tandis que
les coûts ont été estimés sur la base des entretiens avec les acteurs locaux.

Les gisements de bois "déchets" ont normalement un coup négatif. Cependant pour
tenir compte des contraintes de mobilisation et de préparation il est considéré à ce stade du
projet que ceux-ci arrivent à coup zéro en entrée de l'unité.

2
Pouvoir Calorifique Inférieur

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On peut remarquer l’influence du bois B sur le coût du mix gisement, ainsi que sur
l’humidité. Cet effet est moins marqué pour le scénario 2 car la part de bois B est moins
importante (24% comparé à 48% pour le scénario 1).

Humidité
Scénario 1.a Mobilisé PCI Coût
moyenne
T/an kWh/kg brut %_wb €/MWh
Plaquettes forestières 14 650 3,4 30,0% 22,00
Bois SSD 2 250 4,4 15,0% 15,00
Ligneux de déchets verts 2 500 3,4 30,0% 0,00
Souches 600 3,4 30,0% 0,00
Bois B 0 4,4 15,0% 0,00
Mix gisement 20 000 3,5 28% 17,71

Humidité
Scénario 1.b Mobilisé PCI Coût
moyenne
T/an kWh/kg brut %_wb €/MWh
Plaquettes forestières 5 150 3,4 30,0% 22,00
Bois SSD 2 250 4,4 15,0% 15,00
Ligneux de déchets verts 2 500 3,4 30,0% 0,00
Souches 600 3,4 30,0% 0,00
Bois B 9 500 4,4 15,0% 0,00
Mix gisement 20 000 4,0 21% 6,69

Humidité
Scénario 2.a Mobilisé PCI Coût
moyenne
T/an kWh/kg brut %_wb €/MWh
Plaquettes forestières 34 650 3,4 30,0% 22,00
Bois SSD 2 250 4,4 15,0% 15,00
Ligneux de déchets verts 2 500 3,4 30,0% 0,00
Souches 600 3,4 30,0% 0,00
Bois B 0 4,4 15,0% 0,00
Mix gisement 40 000 3,5 29% 19,82

Humidité
Scénario 2.b Mobilisé PCI Coût
moyenne
T/an kWh/kg brut %_wb €/MWh
Plaquettes forestières 25 150 3,4 30,0% 22,00
Bois SSD 2 250 4,4 15,0% 15,00
Ligneux de déchets verts 2 500 3,4 30,0% 0,00
Souches 600 3,4 30,0% 0,00
Bois B 9 500 4,4 15,0% 0,00
Mix gisement 40 000 3,7 26% 13,74

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3. Phase 2 : Etude de faisabilité


L’étude de faisabilité présente dans un premier temps les parties communes aux quatre
scénarios, à savoir la localisation du projet et son implantation, le choix de la technologie de
pyrogazéification ainsi que le process et les technologies mises en œuvre. Les résultats des
études techniques, économiques et environnementales sont ensuite détaillés pour chaque
scénario. Une comparaison des quatre scénarios est proposée en conclusion. Enfin, les aspects
sociaux et juridiques sont abordés, ainsi que les pistes d’optimisations et le calendrier de la
suite du projet.

3.1. Localisation du projet


La localisation pressentie par Limoges Métropole pour l’installation de l’unité est un
terrain situé dans la commune du Palais-sur-Vienne (Haute-Vienne, 87) en périphérie de
Limoges.

A ce jour le terrain n’appartient pas à la Métropole mais représente une opportunité


certaine :

15 ha de surface
Terrain à vendre
Emplacement à proximité du réseau de gaz (Voir paragraphe 3.4.7), du réseau de
chaleur et de l’incinérateur
Bonne classification du PLU (NENR : Zone Naturelle constructible sous conditions de
production d’énergies renouvelables)
Une vue aérienne du site est présentée ci-après.

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Implantation
présagée

Figure 1 : Vue aérienne du site d’implantation

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3.2. Plan d’implantation


Le plan d’implantation de l’unité est présenté ci-dessous. La Figure 2 présente
l’implantation des ouvrages, et la Figure 3 l’implantation complète du site (prise en compte
de la circulation des camions, des limites de parcelles, etc.).

Figure 2 : Implantation des ouvrages

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Figure 3 : Implantation de l'unité

A ce stade de l’étude, le plan d’implantation sert à estimer la surface nécessaire (1,5 ha).
La phase d’AMO permettra d’optimiser l’agencement des équipements et de définir
précisément l’implantation du site.

A noter que l’implantation présentée ici est celle correspondant au scénario 1


(20 000 t/an). La surface au sol nécessaire pour le scénario 2 (40 000 t/an) sera relativement
similaire car les équipements seront principalement agencés sur la hauteur.

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3.3. La pyrogazéification – Choix d’une technologie


Principe
La gazéification est un procédé thermochimique qui converti un combustible solide
(charbon, bois, paille, etc.) en un combustible gazeux et ce via l'injection en quantité réduite
et contrôlée d'un agent oxydant (O2, air, vapeur d'eau...). Elle se distingue de la pyrolyse seule,
opération thermique s’effectuant en l’absence d’agent oxydant, et de la combustion, qui
s’effectue en présence abondante d’agent oxydant. La Figure 4 schématise les différentes
étapes du processus de gazéification.

Figure 4 : Mécanismes du procédé de gazéification

La gazéification se distingue en 4 grandes étapes :

· Une phase de séchage intégrée ou non au réacteur de gazéification,

· Une phase de pyrolyse qui produit, sous l’effet de la chaleur et en absence d’agent
oxydant, des matières volatiles (CO, CO2, H2, CH4, H2Ovap et hydrocarbures gazeux
appelés « goudrons ») et du charbon essentiellement constitué de carbone fixe,

· Une phase de combustion, parfois appelée oxydation partielle, qui par injection d’un
agent oxydant (air, O2, H2Ovap) oxyde les matières volatiles produites lors de la phase
de pyrolyse de façon, d'une part, à fournir la chaleur nécessaire à l’ensemble du
procédé et, d'autre part, à détruire la fraction de goudrons par craquage thermique,

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· Une phase de gazéification proprement dite, appelée également réduction,


étroitement liée à la phase de combustion qui par des réactions thermochimiques
complexes convertit le carbone fixe (charbon) en un gaz combustible riche en CO et
H2 appelé « gaz de synthèse » ou « syngas » en anglais.

Ces 4 étapes sont toujours présentes mais leur déroulement et leur configuration
spatiale et temporelle peuvent différer selon le mode d’introduction de la biomasse, l’agent
gazéifiant et le type de gazogène. Elles peuvent avoir lieu dans un même réacteur ou dans des
enceintes séparées dans le cas de la gazéification étagée.

Etat de l’art
Les réacteurs de gazéification se divisent principalement en deux grandes catégories :

· Les réacteurs à lit fixe : Ces procédés sont en général de construction simple et robuste.
Le combustible forme un lit dense au sein du réacteur et se déplace verticalement.
Différentes conceptions de réacteurs en lit fixe existent.

o Les contre-courants

o Les co-courants

o Les « Double-fire »

o Les procédés étagés

· Les réacteurs à lit fluidisé : Dans ce type de réacteur, le combustible solide est fluidisé
par l’introduction d’air à haute vitesse dans un lit. Ce dernier est constitué de particules
de faible diamètre, comme du sable, pour améliorer la fluidisation. Le solide se
comporte alors comme un fluide. Il en résulte une excellente homogénéité de
température et de concentration des réactifs. Cependant, la fluidisation n'est possible
qu'avec des particules de petite taille, ce qui nécessite généralement un broyage
préalable de la biomasse. Par ailleurs, le gaz produit est fortement chargé en particules,
exigeant la mise en œuvre de traitements avant sa valorisation. Contrairement au lit
fixe, la fluidisation permet l’utilisation de combustibles plus variés tels que les CSR
(Combustibles Solides de Récupération). En revanche, sa difficulté de contrôle le rend
peu adapté aux installations de faible puissance. Différentes conceptions de réacteurs
en lits fluidisés existent :

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o Lit fluidisé dense « Bubbling fluidised bed »

o Lit fluidisé circulant « Circulating fluidised bed »

o Procédé à flux entrainé « entrained flow »

D’autres technologies existent (gazéification par torche à plasma par exemple) mais sont
plus marginales.

Adéquation à la taille du projet


Le choix de la technologie de pyrogazéification dépend des propriétés du combustible,
du débit de combustible et de la maturité de la technologie développée pour l’application
visée.

La Figure 5 positionne les différentes technologies entres elles selon la consommation


et la puissance thermique entrante des installations.

Figure 5 : Puissance et capacité des différentes technologies de gazéification

Le projet cible une installation d’une capacité de 2 à 6 T/h de combustible.

D’après nos retours d’expériences, les lits fluidisés sont les plus adaptés à ces capacités.
Ils sont également bien adaptés au type de combustible envisagé pour le projet et permettent
l’utilisation d’oxygène en agent oxydant.

La technologie de lit fluidisé est donc retenue pour le projet.

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Le choix de l’agent oxydant


Divers agents oxydants peuvent être utilisés pour la gazéification tels que l’air,
l’oxygène, la vapeur d’eau ou un mélange.

L’air est utilisé dans la majorité des gazéifieurs car abondant et gratuit. En revanche, seul
les 20% d’oxygène de l’air ont un intérêt pour la gazéification. Les 80% d’azote restant ne font
qu’augmenter le volume de syngas produit, ce qui implique un surdimensionnement des
équipements en aval.

L’injection d’oxygène est privilégiée par certains constructeurs car cette solution permet
de réduire les volumes et le taux d’azote dans le syngas. Ainsi, les installations sont plus
compactes et les équipements dimensionnés de manière optimale. L’oxygène permet
également d’obtenir des températures de gazéification plus élevées et donc de mieux détruire
les composés indésirables tels que les goudrons notamment. En revanche,
l’approvisionnement en oxygène est très couteux et les technologies de gazéification adaptées
sont peu nombreuses.

L’injection de vapeur représente un intérêt uniquement si elle est injectée à haute


température (> 500°C) dans le réacteur de réduction qui doit être séparé du réacteur
d’oxydation. Ce type d’installation étagée est complexe, coûteuse et réservée pour des
installations de grande taille.

Bien que plus rare, on peut parfois rencontrer des constructeurs qui préconisent un
mélange de vapeur d’eau et d’oxygène ou encore de la vapeur d’eau seule.

Dans le cas où l’application visée est la production de bio-méthane de synthèse, la


gazéification à l’air est à proscrire pour éviter la présence d’azote dans le syngas. En effet, la
production de biométhane de synthèse nécessite la séparation de l’azote contenu dans le
syngas (car le méthane est trop dilué pour être injecté directement dans le réseau de gaz). Or
cette étape est très complexe et nécessite des équipements coûteux et peu matures qui
dégradent la faisabilité technico-économique du projet.

Ainsi, seules les technologies permettant une gazéification à l’oxygène ou à la vapeur


d’eau seront retenues pour l'étude.

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Etude de gisements et de faisabilité

Conclusion : Choix de la technologie de pyrogazéification


Pour réaliser l’étude, le choix s’est porté sur un lit fluidisé avec une gazéification sous
un mélange oxygène et vapeur d’eau. Ce choix pourra être optimisé en AMO lors de la mise
en concurrence des fournisseurs.

Les principaux constructeurs de gazéifieurs


Les constructeurs de gazéifieurs sont nombreux et souvent spécialisés sur une
technologie (lits fixes co-courant, lits fixes contre-courant, lits fluidisés, …).

Les constructeurs de lits fixes sont relativement nombreux car cette technologie est
largement développée pour la production de chaleur et d’électricité par cogénération. On
peut citer Spanner qui a distribué plus de 500 unités dans le monde et principalement en
Europe, Burkhardt qui a réalisé plus de 250 installations ou encore Ankur qui a 1200
installations à son actif.

Les constructeurs de lits fluidisés sont moins nombreux. Les principaux constructeurs
identifiés sont renseignés dans le tableau ci-dessous :

Constructeur Pays Technologie

Lit fluidisé
EQTEC Espagne
Agent oxydant : Mélange vapeur d’eau + O2
Inerco Espagne Lit fluidisé

Lit fluidisé
Careco Espagne
Agent oxydant : Air
Lit fluidisé
Repotec Autriche
Agent oxydant : Vapeur d’eau
Lit fluidisé
Leroux & Lotz France
Agent oxydant : Air
Outotec Finlande Lit fluidisé

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Quelques installations réalisées par ces constructeurs sont présentées ci-dessous :

EQTEC

Lit fluidisé

1,2 Mwe - woodchips

Inerco
Lit fluidisé

2 MWth – Biomasses diverses

Careco
Lit fluidisé

20 MWth – Biomasse résiduelle

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Principaux projets de production biométhane de synthèse à


travers le monde
La production de biométhane de synthèse par pyrogazéification est moins développée
que la production d’électricité et de chaleur par cogénération, mais l'on commence à
apercevoir des unités de démonstration, voire de taille commerciale, dans de nombreux pays
européens.

3.3.7.1. GAYA : Démonstrateur Français


Il s’agit du premier démonstrateur français de production de biométhane de synthèse
par pyrogazéification. En fonctionnement depuis 2016, cette plateforme R&D semi-
industrielle dirigée par ENGIE et subventionnée
par l’ADEME a pour objectif de démontrer la
faisabilité technique, économique et
environnementale de la production de
biométhane de synthèse par gazéification de
biomasse. L’unité a réussi à produire du
biométhane de synthèse au début de l’année
2020, validant ainsi la faisabilité technique de
l’installation. Le réacteur de gazéification est
GAYA
fourni par le constructeur REPOTEC. France – 0,3 MW bio-CH4

3.3.7.2. Plateforme Innov’energy et le projet Titan V


La plateforme Innov’energy est un démonstrateur de pyrogazéification à lit fluidisé
développé et exploité par Leroux & Lotz Technologies, entreprise française basée à Nantes.
Cette unité de 2 MW thermiques a pour vocation de
tester diverses biomasses et déchets. Depuis 2020, la
plateforme est impliquée dans le projet Titan V qui
consiste à produire du biométhane de synthèse en
couplant l’unité de pyrogazéification à un module de
méthanation biologique. L’objectif de ce projet est
de montrer la faisabilité technique de la méthanation
biologique et de tester la résistance des bactéries à Leroux & Lotz
France – 2 MW thermiques

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différents taux de polluants pouvant être contenus dans le syngas.

3.3.7.3. GoGreenGas : Démonstrateur Anglais


Le démonstrateur GoGreenGas est un projet en développement à Swindon en
Angleterre. Il est mené par la société Advanced Plasma Power en partenariat avec Cadent
(réseau de distribution de gaz au Royaume-Uni) et deux autres partenaires. Il vise à démontrer
la faisabilité technico-économique et environnementale de la production de biométhane de
synthèse pour une injection dans le réseau de gaz. Il convertira des déchets de biomasse et
des déchets industriels (CSR) en méthane de synthèse grâce à une technologie couplant un lit
fluidisé dense avec une torche à plasma.
Cette dernière est utilisée pour craquer les
goudrons contenus dans le syngas, et pour
vitrifier les cendres en un matériau pouvant
être réutilisé dans le secteur de la
construction. Actuellement, le pilote en place
consomme 1,8 tonnes de déchets par jour (à
10% d’humidité) et produit 50 kW de
biométhane de synthèse. La construction
d’une unité industrielle est en cours et aurait GoGreenGas

Angleterre – 50 kW bio-CH4
une capacité de 400 tonnes de déchets par jour.

3.3.7.4. GoBiGas : Unité commerciale Suédoise


La centrale GoBiGas, inaugurée en 2014 dans la ville
de Göteborg (Suède) convertit 90 000 T/an de plaquettes
de bois en biométhane de synthèse. Ce dernier est
directement injecté dans le réseau de transport de gaz de
la ville. L’installation a une puissance de 20 MW Bio-CH4
(34 MW biomasse). Le réacteur de gazéification est fourni
par le constructeur REPOTEC.

GOBIGAS
Suède – 20 MW bio-CH4

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Ce projet a été lancé en 2006 et s’inscrit dans le plan stratégique de Göteborg Energi
d’atteindre à l’horizon 2030, 100% de gaz renouvelable dans le réseau de la ville. Le réseau
est par ailleurs alimenté en biométhane par des unités de méthanisation de déchets.

Le principal marché visé en Suède est la commercialisation de biométhane carburant


sous forme de Bio GNV. La ville de Göteborg possède déjà plus de 50 stations de rechargement
et est soutenue par une forte demande de la part des entreprises et des particuliers.

3.3.7.5. Ambigo : Démonstrateur aux Pays-Bas


Le démonstrateur Ambigo est un projet en développement à Alkmaar aux Pays-Bas. Il
vise à développer la filière de production de biométhane de synhtèse issu de pyrogazéification
pour une injection réseau. L’unité sera alimentée en bois et en matières recyclées et aura une
puissance de 2,6 MW bio-CH4 (4 MW biomasse). La rentabilité du projet est en partie basée
sur le tarif d’achat négocié avec le gouvernement Néerlandais, en accord avec Gasunie, la
société d’infrastructure et de transport de gaz naturel aux Pays-Bas.

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3.4. Procédé : Description des technologies


Une étude des différentes technologies nécessaires à la production de biométhane de
synthèse a été réalisée. Celle-ci a permis d’établir une chaîne d’étapes clefs. Plusieurs
solutions technologiques existent pour chacune de ces étapes. Les consultations des
fournisseurs ainsi que les retours d’expériences de S3D ont permis de privilégier certaines
solutions en fonction du débit de combustible, de la qualité du syngas produit et des
spécificités des solutions.

Le synoptique du process de production de biométhane de synhtèse par gazéification


est présenté en Figure 6 ci-dessous. Il permet de définir les grandes étapes du process :

Figure 6 : Synoptique du process

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Préparation du combustible
En fonction des technologies employées, la gazéification impose un certain nombre de
contraintes sur la qualité du combustible. Les principales sont le taux d’humidité, la
granulométrie, le taux de cendres et la température de fusion de celles-ci. Le non-respect de
ces spécifications peut entrainer une baisse du rendement ou des problèmes techniques
(mâchefers, points de blocages, etc.). Le Tableau 4 ci-dessous présente les spécifications
requises selon le type de réacteur.

Technologie Co-Courant Contre-Courant Lit fluidisé Lit entrainé


Granulométrie 20 – 100 mm 5 - 100 mm 10 - 40 mm < 1 mm
Humidité (%wb) < 15% < 50% < 20% < 15%
Cendres (%db) < 5% < 15% < 20% < 20%
Point de fusion > 1 250°C > 1 000°C > 1 000°C > 1 250°C
Tableau 4 : Spécifications du combustible en entrée de gazéification selon la technologie

Une caractérisation plus précise du combustible sera nécessaire lors de l’AMO et


permettra de déterminer la préparation nécessaire. D’après les retours d’expérience de S3D,
le broyage peut être réalisé par le fournisseur du combustible ou par un prestataire. En
revanche, l’usage d’un lit fluidisé impose un taux d’humidité très bas. Le séchage de la
biomasse sera donc réalisé sur site, en valorisant la chaleur produite par la gazéification.

Ainsi, un sécheur en ligne sera mis en place afin d'assurer un taux d'humidité de 10-15%
en entrée du réacteur.

Approvisionnement en Oxygène
La gazéification nécessite un apport d’oxygène qui représente un coût d’exploitation
important. Afin de minimiser ce coût, il est important de définir la solution
d’approvisionnement la plus économique. Trois solutions sont possibles :

· Livraison-stockage d’O2 : Achat d’oxygène auprès de fournisseurs type Air liquide,


Linde, etc. Cette solution ne nécessite pas d’investissement mais devient vite
onéreuse lorsque la consommation d’oxygène est élevée.

· Production d’O2 par VPSA : Cette solution consiste à séparer l’oxygène de l’air. Elle
est intéressante si la consommation en oxygène est importante.

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· Production d’O2 par électrolyse : Cette solution consiste à valoriser l’oxygène produit
lors de l’électrolyse de l’eau. Cette configuration présente des synergies
intéressantes avec d’autres projets de production d’énergies renouvelables.

Etant donnée la consommation importante d’oxygène de l’unité (600 Nm 3/h pour le


scénario 1 et le double pour le scénario 2, une production sur site par VPSA est retenue pour
l’étude.

A noter que la mise en place d’un électrolyseur couplé à une ferme photovoltaïque est
en projet sur un terrain adjacent et pourrait fournir une partie de l’oxygène nécessaire.

La gazéification
La gazéification convertit le combustible en un syngas dont la composition varie
sensiblement selon les fournisseurs. Dans le cas d’une technologie de lit fluidisé sous un
mélange oxygène/vapeur d’eau, la composition du syngas produit est présentée dans le
Tableau 5. Cette composition est issue d'une moyenne entre les différentes données
fournisseurs.

Constituant %vol
CO 20,50%
CO2 35,00%
H2 36,00%
N2 0,00%
CH4 8,50%
O2 0,00%
H20-vap 0,00%
Tableau 5 : Composition du syngas brut – moyenne

On peut remarquer que :

le syngas est principalement composé d’H2 et de CO


la composition du syngas est indiquée après refroidissement et donc condensation et
évacuation de l’eau qu’il contient.
Le rendement de gazéification (après prétraitement) pris pour l’étude est de 75 %. Il est
relativement faible car une partie du syngas produit est auto-consommé pour le traitement
des goudrons (craquage thermique).

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Le syngas brut produit par la gazéification contient un certain nombre de polluants qu’il
est nécessaire d’éliminer pour la suite du process. Le fournisseur de la gazéification peut
intégrer une partie des équipements de traitement des polluants à son offre.

Traitement des polluants


Le traitement du syngas brut a pour rôle d’éliminer les composés indésirables qui sont
responsables d’encrassement, de désactivation de catalyseurs et de corrosion. Les composés
visés par un traitement sont les suivants :

Traitement des particules


Traitement des goudrons
Traitement des sulfures
Traitement des chlorures
Traitement de l’ammoniac

3.4.4.1. Traitement des particules


Pour éviter le colmatage des installations, le traitement des particules est indispensable.
Différents équipements sont possibles :

Un cyclone, installé dès la sortie du gazéifieur pour éliminer les particules grossières
(>10 µm). Le cyclone est un équipement de conception et de mise en œuvre assez simple. Il
est peu sensible à la température et peut donc traiter les particules d’un gaz à haute
température. Enfin, sa simplicité induit un faible coût de CAPEX et d’OPEX.

Un second système de filtration permet d’éliminer les particules de plus petites tailles.
Plusieurs solutions sont possibles : Filtre à manches, filtre à bougies céramiques, filtre plissé,
tour de lavage, séparation électrique, etc.

Le système de filtre à manche est très efficace, adapté à un niveau de température


relativement bas et assez peu onéreux.

Les filtres à bougies céramiques sont équivalents aux filtres à manches mais peuvent
supporter des températures plus élevées. Ils peuvent également être imprégnés pour
favoriser le craquage de certains polluants. Leur coût est cependant plus élevé.

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Les tours de lavage sont simples, efficaces et peu couteuses, mais nécessite un
traitement de l’eau de lavage, qui peut s’avérer coûteux.

La séparation électrique est quant à elle très efficace mais très énergivore.

Le plus souvent, ces équipements sont intégrés à l’offre du fournisseur de gazéification.

Il est toutefois recommandé d’ajouter un ou plusieurs filtres à particules fines pour


assurer la protection contre le colmatage des lits d'adsorbants et de catalyseur en aval.

3.4.4.2. Traitement des goudrons


Les goudrons sont le principal problème de la
gazéification car, lorsqu'ils se condensent,
encrassent les équipements en aval. Un traitement
efficace des goudrons est la clef de la réussite d’un
projet de gazéification.

Plusieurs techniques de traitement des


goudrons existent :
Figure 7, Encrassement d’équipement par du goudron

Lavage à l’eau
Refroidissement/Condensation
Craquage thermique par torche à plasma
Craquage thermique par oxydation partielle
Craquage catalytique
Lavage à l’huile
Le choix de technologie de traitement des goudrons dépend de leur teneur dans le
syngas et donc du réacteur de gazéification. Certains fournisseurs de gazéification proposent
d'ailleurs un traitement adapté à leur syngas.

Dans le cadre de cette étude de faisabilité il a été choisi de partir sur un traitement des
goudrons par refroidissement/condensation. Cette solution se positionne comme une
solution simple et robuste et permet d'éliminer, en plus des goudrons, une partie des
composés solubles dans l’eau (Ammoniac, chlorures, sulfures).

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Un lit fixe de charbon actif peut également être installé afin de capter les goudrons les
plus légers qui pourraient subsister.

Il s'agit ici de solutions complémentaires au traitement des goudrons déjà inclus dans
les offres des fournisseurs de gazéification qui vont permettre d'éliminer la fraction résiduelle.

3.4.4.3. Traitement des chlorures


Les chlorures sont des poisons pour les catalyseurs et sont donc à éliminer avant les
briques de conversion du syngas. Certains catalyseurs sont moins sensibles aux chlorures, mais
la pureté en méthane nécessaire pour son injection impose leur traitement.

Plusieurs solutions de traitement sont possibles :

Injection d’un adsorbant (carbonate de sodium, chaux éteinte, …) en amont d’un filtre
Lit fixe d’absorbant (alumine)
Colonne de lavage
Condensation (solubilisation des chlorures dans l’eau condensée)
La condensation mise en place pour le traitement des goudrons devrait permettre
d’abaisser le taux de chlorures dans le syngas. Toutefois, afin d’assurer une épuration
maximale, un équipement de traitement spécifique des chlorures est mis en place.

Dans le cas de gazéification de bois « propre » (bois A), la teneur en chlore n’est pas trop
élevée. La mise en place d’un lit fixe d’absorbant est donc suffisante. Cette technologie est
celle présentant le plus faible coût et la plus grande facilité de mise en œuvre. La plupart des
fournisseurs proposent un service de location du lit d’absorbant, qu’il faut remplacer chaque
année.

Dans le cas d’une gazéification de bois B, la teneur en chlore est plus élevée. Sauf teneurs
excessives, un surdimensionnement de la quantité d’absorbant est suffisant.

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3.4.4.4. Traitement des sulfures


Les sulfures sont également des poisons pour les catalyseurs et sont donc à éliminer
avant les briques de conversion du syngas. Certains catalyseurs sont moins sensibles aux
sulfures, mais la pureté en méthane nécessaire pour son injection impose leur traitement.

Plusieurs solutions de traitement sont possibles :

Lavage par solvant (soude, solutions métalliques, amines, …)


Lit fixe d’absorbant (charbon actif, zéolithes, oxydes métalliques, …).
La condensation mise en place pour le traitement des goudrons devrait permettre
d’abaisser le taux de sulfures dans le syngas. Toutefois, afin d’assurer une épuration maximale,
un équipement spécifique de traitement des sulfures est mis en place.

Dans le cas de gazéification de bois « propre » (bois A), la teneur en H2S n’est pas trop
élevée. Un traitement sur charbon actif est donc suffisant. Cette technologie est celle
présentant le plus faible coût et la plus grande facilité de mise en œuvre. Tout comme le
traitement des chlorures, la plupart des fournisseurs proposent un service de location du lit
d’absorbant, qu’il faut remplacer chaque année.

Dans le cas d’une gazéification de bois B, la teneur en H2S est plus élevée. Sauf teneurs
excessives, un surdimensionnement de la quantité de charbon actif est suffisant.

3.4.4.5. Traitement de l’ammoniac


Le syngas brut est faiblement chargé en ammoniac et ne présente donc pas de danger
pour les équipements en aval. Cependant, de l’ammoniac peut se former durant l’étape de
méthanation. Afin de respecter les spécifications techniques d'injection dans les réseaux (3
mg/Nm3), il faudra prévoir un équipement de traitement de l’ammoniac par mesure de
sécurité.

L’ammoniac est très soluble dans l’eau et il se dissoudra en présence d’eau liquide. Le
Tableau 6 ci-dessous indique les valeurs de solubilité de l’ammoniac à pression
atmosphérique.

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Température Solubilité de l’ammoniac (NH 3) par Litre d’eau (g/L) à


de mélange pression atmosphérique1
0°C 900 g/L
20°C 540 g/L
40°C 316 g/L
60°C 168 g/L
96°C 74 g/L
Tableau 6 : Solubilité de l'ammoniac dans l'eau selon la température

Un condenseur se situe en aval de la méthanation, pour évacuer l’eau contenue dans le


gaz afin de préserver les équipements de purification du bio-CH 4. Lors de la condensation de
l’eau, l’ammoniac présent dans le gaz va être solubilisé dans l’eau liquide pour former de
l’ammonium en solution. Cet ammonium sera évacué du procédé en-même temps que l’eau.
La condensation étant faite sous pression, la solubilité de l’ammoniac dans l’eau sera
supérieure aux taux présentés dans le tableau.

Ainsi, le risque de présence d’ammoniac dans le bio-méthane est limité par la présence
du condenseur.

L'ammonium peut par ailleurs être valorisé dans l'industrie du bois en tant qu'agent de
conservation.

Transformation du syngas (syngas upgrading)


Une fois le syngas épuré, il faut convertir une partie de ses composants pour l’enrichir
en CH4. Pour enrichir le syngas en CH 4, deux réactions de conversion ont lieu : la première est
une réaction de Water Gas Shift qui permet de convertir le CO pour enrichir le syngas H 2. La
seconde est une réaction de méthanation qui permet de convertir l’H 2 et le CO en CH4.

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3.4.5.1. Water Gas Shift


La Water Gas Shift (WGS) est une réaction chimique qui converti un mélange de
monoxyde de carbone (CO) et de vapeur d'eau (H 2O) en un mélange de dioxyde de carbone
(CO2) et d'hydrogène (H2) :

WGS : CO + H2O ó CO2 + H2 (-42 kJ.mol-1)

Cette étape permet donc de convertir le CO en H 2, afin d’atteindre un rapport volumique


H2/CO optimisé pour la réaction de méthanation (3:1).

La réaction est réversible et légèrement exothermique. Elle est activée par la présence
d’un catalyseur. Elle est illustrée ci-dessous.

Les catalyseurs adaptés à la réaction de WGS sont principalement caractérisés par leur
plage de température optimale, leur VVH (Vitesse Volumique Horaire : Q/V = débit volumique
sur volume de lit catalytique) et leur efficacité.

Remarque particulière : La réaction WGS est sensible aux variations de température.


Une température trop élevée augmentera significativement la vitesse de réaction mais
favorisera la réaction inverse (RWGS qui est endothermique) ce qui limitera le taux de
conversion. Un compromis doit donc être trouvé entre la vitesse de réaction (cinétique
favorisée à haute température) et le taux de conversion (thermodynamique favorisée à basse
température). Ainsi, lors d’applications industrielles, la réaction de WGS est généralement
mise en œuvre au moyen de deux réacteurs en série, un réacteur HTS opérant à haute
température (350°C) sur oxydes de fer et de chrome (limite de conversion 90%) suivi d’un
réacteur à basse température LTS (200°C) sur cuivre et oxyde de zinc qui permet d’amener la
conversion autour de 98-99%.

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Les réacteurs de WGS sont constitués d’une enceinte remplie d’un catalyseur spécifique.
Il existe deux principaux types de réacteurs :

Les réacteurs adiabatiques n’échangent pas de chaleur avec l’extérieur lors de la


réaction, ainsi le syngas en entrée est réchauffé par l’exothermie de la réaction et
sortira à une température supérieure à sa température d’entrée.
Les réacteurs refroidis sont équipés d’un échangeur de chaleur à l’intérieur de
l’enceinte qui permet d’évacuer la chaleur produite par la réaction et de produire de
la vapeur. Dans ce cas, la température de sortie du syngas est proche de sa
température d’entrée.

L’objectif de cette étape étant d’atteindre un rapport volumique H 2/CO de 3 pour 1, et


non de convertir tout le CO, il n’est pas nécessaire d’atteindre des taux de conversion de CO
très élevés. Ainsi, Un seul réacteur de WGS sera donc suffisant pour le projet. La réaction étant
peu exothermique, l’augmentation de la température du syngas ne devrait pas être néfaste à
la réaction. Un réacteur adiabatique de conception relativement simple, a donc été choisi.

3.4.5.2. Méthanation
La méthanation est une réaction chimique qui converti le monoxyde de carbone (CO) et
l’hydrogène en méthane (CH4) et en vapeur d'eau (H2O). Cette réaction peut s’effectuer de
manière catalytique ou biologique.

La méthanation biologique présente des avantages mais est encore au stade de


développement. L’étude considère donc uniquement la méthanation catalytique qui constitue
une solution mature.

La méthanation catalytique est fortement exothermique et s’effectue en présence d’un


catalyseur. Cette réaction peut s’opérer sur le CO ou sur le CO 2.

La méthanation catalytique du CO est une réaction directe :

· Méthanation du CO : CO + 3H2 ó CH4 + H2O (-206 kJ.mol-1)

La méthanation catalytique du CO2 n’est pas directe. Il est admis qu’il s’agit d’une
réaction de Water Gas Shift inversée (RWGS) suivie par une méthanation catalytique du CO.

· RWGS : CO2 + H2 ó CO + H2O (42 kJ.mol-1)

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Ainsi la réaction globale de la méthanation catalytique du CO 2 est :

· Méthanation du CO2 : CO2 + 4H2 ó CH4 + 2H2O (-164 kJ.mol-1)

La réaction est illustrée ci-dessous :

CO2
Water gas shift inversée
+ H2
(RWGS)
Méthanation du CO2 CO
+ 3H2 Méthanation du CO
CH4

Remarque particulière : La réaction de méthanation est sensible aux variations de


température et de pression. Une température trop élevée limitera la réaction tandis qu’une
température trop basse ne permettra pas son activation. L’augmentation de la pression quant
à elle favorise la réaction.

Concernant le réacteur de méthanation


catalytique, il est constitué d’une enceinte remplie
d’un catalyseur spécifique. Tout comme pour la
réaction de Water Gas Shift il existe deux principaux
types de réacteurs : adiabatiques ou refroidis.

La réaction de méthanation étant bien plus


exothermique que celle du WGS, les réacteurs
refroidis (Figure 8) sont largement plus courants.
C’est ce type de réacteur qui a été choisi pour
l’étude.

Figure 8 : Réacteur refroidi

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La composition du syngas en sortie du WGS et en sortie de la méthanation est présentée


dans le Tableau 7.

Post-
Composition syngas (% volumique) Post-WGS
méthanation
CO 12,6 % 0,2 %
CO2 36,5 % 48,6 %
H2 37,7 % 0,5 %
N2 0,0 % 0,0 %
CH4 7,4 % 26,5 %
O2 0,0 % 0,0 %
H20-vap 5,7 % 24,2 %
Tableau 7 : Composition du syngas après le WGS et après la méthanation

Purification du CH4
En sortie de méthanation le biométhane de synthèse contient encore beaucoup d’H 2O,
de CO2 et de N2. Afin de respecter les spécifications de l’injection du biométhane dans le
réseau, il est nécessaire de retirer l’eau, le CO2 et parfois le N2 de celui-ci.

3.4.6.1. Déshumidification
Afin de retirer l’eau contenue dans le syngas, un condenseur est mis en place en début
de l’étape de purification. Le taux d’humidité du gaz doit respecter les spécifications de
l’injection réseau, mais également les spécifications d’entrée des équipements de séparation
du CO2 et du N2 qui peuvent être très sensibles à la présence d’eau. De plus, comme expliqué
précédemment, ce condenseur permet d’évacuer l’ammoniac qui pourrait se former durant
la réaction de méthanation.

3.4.6.2. Séparation du CO2


Le CO2 est le composant majoritaire du syngas en sortie de méthanation. Il est impératif
de le retirer afin de concentrer le syngas en méthane et ainsi d’augmenter le PCS du mélange
pour respecter les spécifications de l’injection réseau.

Quatre solutions existent pour séparer le CO 2 du gaz :

les membranes
les PSA
l’absorption par solvant (eau, amines)
la distillation cryogénique.

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D’après les retours des fournisseurs et les retours d’expérience de S3D Ingénierie, la
technologie de PSA est la plus adaptée techniquement et économiquement au projet. Cette
solution a donc été retenue pour la suite de l’étude.

3.4.6.3. Séparation du N2
Dans certains cas, malgré la mise en place d’une gazéification à l’oxygène, le faible taux
d’azote contenu dans le syngas suffit à diluer ce dernier qui ne respecte alors pas les
spécifications de l’injection réseau. Dans ce cas, il est nécessaire de retirer une partie du N 2.

Deux solutions existent pour séparer le N2 du gaz :

les PSA
la distillation cryogénique
Dans le cadre de l’étude, d’après les compositions du syngas fournies par les
fournisseurs de gazéification à l’oxygène, la séparation du N 2 ne sera pas nécessaire.

Injection du biométhane de synthèse dans le réseau


D’après l’implantation pressentie, l’unité se trouve à proximité du réseau de GRDF. Une
analyse préliminaire a été demandée auprès de GRDF. Deux capacités d’injection ont été
envisagées, l’une correspondant au scénario 1 (500 Nm 3/h) et l’autre au scénario 2 (900
Nm3/h). D’après l’analyse préliminaire, le réseau de Limoges à une capacité très importante
et est raccordé à de nombreux industriels dans le secteur, ce qui assure une consommation
de gaz élevée même en période estivale. Le réseau est donc en mesure de recevoir la
production de biométhane de synthèse de l’unité de pyrogazéification toute l’année, quel que
soit le scénario envisagé.

Le raccordement au réseau de gaz existant sera réalisé sur une longueur de 980 m
environ. Le coût d’un tel raccordement s’élève à 130 000€ HT, dont 78 000 € à la charge du
porteur de projet après réfaction de 40%.

A cet investissement se rajoutent les frais d’études et les analyses de mise en service.
Les coûts d’exploitation comprennent la location du poste d’injection et les analyses de la
qualité du biométhane (3 par an en moyenne).

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La cartographie du raccordement au réseau est présentée en Figure 9. Le réseau existant


est représenté en trait plein rouge et le raccordement est représenté en pointillés rouges.

Figure 9 : Cartographie du raccordement au réseau GRDF

Le biométhane de synthèse produit doit respecter les spécifications transmises par


GRDF. Celles-ci sont présentées dans le Tableau 8 ci-dessous :

Conformité du biométhane – Gaz de type H


Caractéristiques Spécifications GRDF
Basse Haute
PCS (kWh/Nm3)-gaz type B 10,7 12,8
Indice de Wobbe (kWh/Nm3) 13,64 15,7
Densité 0,555 0,7
Teneur en CO (%vol) - 2
Teneur en CO2 (%vol) - 2,5
Teneur en H2 (%vol) - 6
Tableau 8 : Spécifications d'injection GRDF

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Post-combustion
Une post-combustion sera installée sur le site afin de brûler
le CH4 résiduel dans les Off-gas. Elle permettra également de
brûler les rejets gazeux en cas de purge ou de problème technique
sur le process. Ainsi, cet équipement permet de ne rejeter que du
CO2 et de la vapeur d’eau, et non d’autres gaz à fort potentiel de
réchauffement global.

3.1. PFD : Process Flow Diagram


Le Process Flow Diagram (PFD) permet de visualiser les principaux équipements du
process et leurs interactions ainsi que les caractéristiques des flux qui les traversent.

Le PFD de l’unité de production de biométhane de synthèse est présenté en Figure 10.

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Figure 10 : PFD de l'unité de production de biométhane de synthèse

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3.2. Hypothèses pour l’étude économique


Les hypothèses et les données économiques prises pour l’étude sont communes aux 4
scénarios et sont synthétisées dans le Tableau 9, le Tableau 10 et le Tableau 11 ci-dessous :
Coûts opératoires
Coûts du combustible Selon scénario ; Voir Tableau 10
Coûts des consommables
Electricité 80 €/MWh
Eau adoucie 5 €/m³
Gestion des résidus
Elimination des résidus solides de filtration 150 €/T
Elimination des résidus liquides 10 €/m³
Elimination des cendres/particules/fines 50 €/T
Main d'œuvre
Equivalent temps plein 23 €/h
1 620 h/an
1 ETP = 37 260 €/an
Tableau 9 : Hypothèses - Coûts opératoires

Coût du combustible
Scénario 1.a Scénario 1.b Scénario 2.a Scénario 2.b
17,71 €/MWh 6,69 €/MWh 19,82 €/MWh 13,74 €/MWh
Tableau 10 : Rappel du coût du combustible selon le scénario

Données économiques
Financement
Apport sur fonds propres 30% Investissement
Taux d'emprunt 1,5%
Durée d'emprunt 20 ans
Amortissements
Durée d'amortissement 20 ans
Données économiques
Inflation générale 1,0%
Inflation électricité 2,0%
Inflation gaz naturel 2,0%
Taux d'actualisation 2,0%
Business plan 20 ans
Tableau 11 : Hypothèses - Données économiques

Une montée en charge de l’unité a été prise en compte. Son fonctionnement est fixé à
25% la première année, puis à 100% les années suivantes.
Le dimensionnement du scénario 1.a est basé sur des budgets fournisseurs ainsi que sur
les retours d’expérience de S3D Ingénierie. Le dimensionnement des scénarios 2 est basé sur
des facteurs d’échelle appliqués aux scénarios 1.
Le dimensionnement des scénarios « b » (intégrant du bois B dans leurs intrants) prend
en compte une augmentation du coût d’épuration du syngas (le bois B contient plus de
polluants que le bois A), ainsi qu’une augmentation des coûts d’études réglementaires.

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3.3. Le scénario 1.a : Résultats de l’étude


Etude technique
3.3.1.1. Bilan Matière et Energie
Les bilans matière & énergie du scénario 1.a sont présentés ci-dessous. Ils permettent
d’appréhender les intrants et sortants et de mettre en évidence les besoins du process.

Entrée Débit massique Puissance Energie


kg/h T/an kW_PCI MWh/an
Gisement 2 667 20 000 9 367 70 250
Agent oxydant 836 6 269 0 0
Eau (vapeur) 900 6 752 0 0
Eau (humidification Cendres) 5 38 0 0
Autres (bed material, …) 46 347 0 0
Total input 4 454 33 406 9 367 70 250

Sortie Débit massique Puissance Energie


kg/h T/an kW_PCI MWh/an
Biométhane de synthèse 385 2 885 5 280 39 598
Cendres humides 51 382 487 3 655
Traitement du gaz (effluents liquides) 720 5 398 0 0
Traitement du gaz (résidus solides) 1 7 0 0
Off-gas 2 305 17 288 938 7 032
Eau de condensation 450 3 376 0 0
Eau de séchage 543 4 069 0 0
Chaleur excédentaire 0 0 541 4 055
Pertes identifiées 0 0 1 789 13 418
Incertitudes de calcul 0 0 332 2 492
Total output 4 454 33 406 9 367 70 250
Tableau 12 : Bilan matière et énergie pour le scénario 1.a

Ainsi, l’unité valorise 2 667 kg/h de biomasse brute (à 28% d'humidité) pour produire
385 kg/h de biométhane de synthèse (soit 591 Nm3/h). Pour un fonctionnement de 7500
heures par an, cela représente une consommation de bois de 20 000 T/an et une production
de biométhane de 2 885 T/an (soit 4 430 kNm3/h).

Le Tableau 13 ci-dessous présente les rendements énergétiques du scénario 1.a :


Rendements énergétiques
P1 : Puissance chimique entrante (combustible) kW_PCI 9 367
P2 : Puissance chimique sortante (biométhane de synthèse) kW_PCI 5 280
Rendement brut énergie chimique du biométhane (P2/P1) 56%
P3 : Consommation électrique kW 967
Rendement net énergie chimique du biométhane P2/(P1+P3) 51%
P4 : Chaleur excédentaire kW 541
P5 : dont valorisable kW 317
Rendement net global avec valorisation chaleur (P2+P5)/(P1+P3) 54%
Tableau 13 : Rendements énergétiques pour le scénario 1.a

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3.3.1.2. Flux thermiques et chaleur excédentaire valorisable


La répartition de la chaleur a été étudiée entre les différents postes consommateurs et
producteurs de chaleur. Cette répartition permet de mettre en avant les liens entre les
différents postes, l’autoconsommation du process et de déterminer la chaleur excédentaire
valorisable sous forme d’eau chaude ou de vapeur.

Le synoptique en Figure 11 représente ces flux de chaleur.

Le bilan des flux de chaleur est présenté dans le Tableau 14 ci-dessous et montre la
puissance excédentaire valorisable sous forme de vapeur ou d’eau chaude :

Bilan thermique
Puissance récupérée totale (kW) 2350
Puissance auto-consommée totale (kW) - 1809
Puissance excédentaire (kW) 541
HT (Vapeur/huile) (kW) 11
MT (90°C) (kW) 407
BT (30°C) (kW) 123
Tableau 14 : Bilan thermique du scénario 1.a

L’unité de production de biométhane de synthèse permet de valoriser 541 kW de


chaleur excédentaire valorisable sous forme de vapeur et d’eau chaude.

Cette chaleur disponible sera intégralement valorisée sous forme d’eau chaude via le
réseau de chaleur existant sur le Métropole de Limoges. Le réseau peut absorber jusqu’à 3
MW thermiques sur le période de chauffage, soit du 15 Octobre au 15 Avril (4392 h/an).

Scénario 1.a
Chaleur disponible kW 541
Période de chauffe h/an 4 392
Chaleur valorisée MWh/an 2376
En été, d’autres voies de valorisation de la chaleur sont envisageables : séchage de bois
ou de céréales, chauffage de serres, production de froid, etc.

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Figure 11 : Synoptique des flux de chaleur du scénario 1.a

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3.3.1.1. Chaleur fatale


L’étude des échanges de chaleur et du process permet de quantifier les pertes
thermiques de l’unité. Il s’agit des pertes liées au process (gazéification, séchage) et aux
efficacités des échangeurs thermiques.

Le Tableau 15 ci-dessous présente la répartition des pertes thermiques du scénario 1.a :

Répartition des pertes


Poste Puissance perdue (kW) Part P_Biomasse Type de perte
valorisable selon la technologie de
Séchoir 271 2,9%
séchoir
Process Pyro 1 183 12,6% chaleur fatale
Process Upgrading du gaz 180 1,9% chaleur fatale
Valorisable si investissement
Off-gas 938 10,0%
supplémentaire
Echangeurs de chaleur 154 1,6% chaleur fatale
Total 2727 29%
Tableau 15 : Répartition des pertes pour le scénario 1.a

La chaleur fatale du process s’élève à 2727 kW. Cela représente 29% de la puissance sur
PCI entrant. Il s’agit de pertes thermiques généralement non valorisables. La moitié de ces
pertes est due à l’efficacité de la gazéification. Les Off-gas sont en seconde position. Il s’agit
des pertes de méthane liées à son épuration. Cette énergie est récupérable sous forme de
chaleur via la mise en place d’une chaudière spécialisée mais nécessite un investissement
supplémentaire.

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Etude économique
3.3.2.1. Bilan des investissements
Les investissements présentés dans le Tableau 16 sont répartis entre les différents
équipements du process, l’aménagement du site ainsi que les coûts liés à l’ingénierie, au
chantier et au suivi des performances.

Plus particulièrement, les coûts d’équipements sont basés sur des consultations de
fournisseurs ainsi que sur les retours d’expérience de S3D Ingénierie.

CAPEX – Scénario 1.a


TOTAL CAPEX 19 730 000 €
Poste A Aménagement du site 1 000 000 €
A1 Viabilisation du terrain 10 000 €
A2 Génie civil 467 000 €
A3 VRD 442 000 €
A4 Autres / aléas 46 000 €
Poste B Unité de gazéification 5 189 000 €
B1 Séchoir 357 000 €
B2 Stockage et alimentation du gazéifieur 363 000 €
B3 Production d'O2 sur site 841 000 €
B4 Unité de gazéification clef en main 3 629 000 €
Poste C Traitement du syngas 247 000 €
C1 Echangeur chaleur sensible syngas -€
C2 Traitement des particules 70 000 €
C3 Condenseur / Déshumidificateur 178 000 €
Poste D Upgrading du syngas en CH4 7 331 000 €
D1 Unité de water gas shift clef en main 3 094 000 €
D2 Unité de méthanation clef en main 4 238 000 €
Poste E Purification en CH4 injectable 2 652 000 €
E1 Condenseur/déshumidifieur -€
E2 Séparation du CO2 2 552 000 €
E3 Service d'injection 101 000 €
Poste F Equipements périphériques 135 000 €
F1 Post-combustion 135 000 €
Poste G Ingénierie, chantier et suivi de performances 3 179 000 €
G1 Chantiers divers - aléas non prévus 828 000 €
G2 Etudes / Ingénierie / AMO / MOE 2 318 000 €
G3 Suivi de performances 34 000 €
Tableau 16 : CAPEX pour le scénario 1.a

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Figure 12 : Répartition des CAPEX pour le scénario 1.a

Il apparait que l’enrichissement du gaz en CH4 (syngas upgrading) est le poste le plus
important (37% du CAPEX).

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3.3.2.2. Bilan des produits et des coûts d’exploitation


Le chiffre d’affaires présenté dans le Tableau 17 prend en compte la vente du
biométhane de synthèse produit ainsi que la vente de la chaleur excédentaire valorisée.

PRODUITS
Produits (Chiffre d’affaires) 3 582 000 €
P1 Vente biométhane de synthèse 80 €/MWh 3 520 000 €
P2 Vente chaleur 26 €/MWh 62 000 €
Tableau 17 : Produits pour le scénario 1.a

Les coûts opératoires présentés dans le Tableau 18 sont répartis entre les charges fixes
et les charges variables.

OPEX – Scénario 1.a


Charges fixes 1 281 000 €
CF1 Maintenance 319 000 €
CF2 Main d'œuvre 261 000 €
CF2.1 Equipe technique (3 équipes de 2) 224 000 €
CF2.2 Equipe administrative 38 000 €
CF3 Traitement du syngas 469 000 €
CF3.1 Sulfures - Location réacteur et charbon actif 235 000 €
CF3.2 Chlorures - Location réacteur et alumine 235 000 €
CF4 Service d'injection 66 000 €
CF4.1 GRDF 66 000 €
CF5 Autres charges fixes 166 000 €
CF5.1 Assurances 125 000 €
CF5.2 Contrôles réglementaires 42 000 €
Charges variables 1 952 000 €
CV1 Combustible 1 245 000 €
CV2 Consommables 653 000 €
CV2.1 Electricité usine 581 000 €
CV2.2 Eau adoucie 34 000 €
CV2.3 Catalyseur water gas shift 19 000 €
CV2.4 Catalyseur méthanation 19 000 €
CV2.5 Oxygène 0€
CV3 Gestion des effluents 54 000 €
CV3.1 Evacuation des cendres et particules 20 000 €
CV3.2 Evacuation et traitement de l'eau 34 000 €
CV3.3 Evacuation et traitement du catalyseur 1 000 €
Tableau 18 : OPEX pour le scénario 1.a

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Figure 13 : Répartition des OPEX pour le scénario 1.a

Les contributions majeures aux coûts opératoires concernent le combustible (39%) et


les consommables (20%), principalement l’électricité nécessaire au fonctionnement de l’unité.
Les consommations électriques sont détaillées dans le Tableau 19 ci-dessous par poste, et il
apparaît que le poste de plus consommateur soit l’unité de pyrogazéification (lié à la montée
en pression).

Poste Puissance Consommation


kWe MWhe/an %
Préparation combustible 33 244 3%
Sécheur 33
Unité de pyrogazéification 537 4 025 55%
Production d'O2 289 2 167 30%
VPSA 245
Compresseur O2 - 14 barg 44
Traitement du gaz 0 0 0%
Upgrading du gaz 109 816 11%
Mise sous pression eau/vapeur 104,0
Groupe froid déshumidieur gaz 5
Autres postes et périphériques 0 0 0%

Total 967 7 253 100%


Tableau 19 : Répartition des consommations électriques du scénario 1.a

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3.3.2.1. Coût de production du biométhane de synthèse


Le coût de production du biométhane de synthèse produit dans le scénario 1.a est
calculé selon la formule suivante :

(€)
+ (€/ )
é ( )
û (€/ ℎ_ )=
4 ( ℎ_ / )

Le coût de production du biométhane de synthèse pour le scénario 1.a s’élève à 95,9


€/MWh_PCS.

3.3.2.2. Bilan de rentabilité


L’évaluation de la rentabilité du projet est basée sur 2 indicateurs principaux :

Ø Le TRB, Temps de Retour Brut : c’est la durée nécessaire pour amortir


l’investissement grâce à l’excédent brut (EBE = Recettes – Charges). Il doit être
inférieur ou égal à 10 ans.

Ø Le TRI projet : C’est le taux d’actualisation de l’EBE qui annulerait la VAN sur 15
ans. Le TRI indique donc la marge de risque du projet dans le temps. Il est
préconisé d’avoir un TRI > 8% pour assurer la faisabilité économique du projet.

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3.3.2.2.1. Résultats sans subventions


Les résultats de rentabilité du scénario 1.a sont présentés ci-dessous pour plusieurs
coûts de vente du biométhane de synthèse et pour un taux de subvention nul.

Figure 14 : Evolution des indicateurs de rentabilité en fonction du prix de vente du biométhane de synthèse– scénario 1.a sans
subventions

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Prix de vente du biométhane de


80,0 85,0 90,0 95,0 100,0 105,0 110,0 115,0 120,0
synthèse (€/MWh_pcs)
Vente Biométhane de synthèse 3517 3737 3957 4177 4397 4617 4837 5056 5276
Vente chaleur 62 62 62 62 62 62 62 62 62
Total Produits 3579 3799 4019 4239 4459 4678 4898 5118 5338
Montant à financer par le porteur de projet 19 730 19 730 19 730 19 730 19 730 19 730 19 730 19 730 19 730
Annuité de remboursement 804 804 804 804 804 804 804 804 804
Intérêts d'emprunts annuels moyens 114 114 114 114 114 114 114 114 114
Somme des revenus après impôts 13 610 18 624 22 972 26 699 30 479 34 208 37 905 41 506 45 239
Somme des revenus actualisés 10 650 14 668 18 226 21 282 24 335 27 330 30 291 33 159 36 153
Valeur actuelle nette -9 079 -5 061 -1 503 1 552 4 605 7 600 10 562 13 429 16 424
Cash flow annuels moyens 681 931 1 149 1 335 1 524 1 710 1 895 2 075 2 262
Cash flow annuels moyens actualisés sans
533 733 911 1 064 1 217 1 366 1 515 1 658 1 808
intérêts d'emprunt
Cash flow annuels moyens actualisés avec
419 619 797 950 1 103 1 253 1 401 1 544 1 694
intérêts d'emprunt
Taux moyen de couverture de la dette 85% 116% 143% 166% 190% 213% 236% 258% 281%
Temps de retour brut (en année) : sans
29,0 21,2 17,2 14,8 12,9 11,5 10,4 9,5 8,7
intérêts d'emprunt
Temps de retour brut (en année) :
34,8 24,1 19,1 16,2 14,0 12,4 11,1 10,1 9,2
avec intérêts d'emprunt
TRI avant impôts (en %) -2,5% -0,2% 1,8% 3,6% 5,2% 6,7% 8,1% 9,4% 10,6%
TRI après impôts (en %) -2,8% -0,5% 1,3% 2,7% 4,0% 5,2% 6,3% 7,3% 8,3%
Indice de profitabilité : VAN/Inv -0,46 -0,26 -0,08 0,08 0,23 0,39 0,54 0,68 0,83
Tableau 20 : Résultats de rentabilité du scénario 1.a sans subventions

A partir d’un prix de vente du biométhane de 120 €/MWh, les résultats en termes de TRI et de TRB sont supérieurs aux indicateurs d’une
rentabilité correcte (respectivement >8% et <10 ans).

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3.3.2.2.2. Résultats à 15% de subventions


Les résultats de rentabilité du scénario 1.a sont présentés ci-dessous pour plusieurs
coûts de vente du biométhane de synthèse et pour un taux de subvention de 15%.

Figure 15 : Evolution des indicateurs de rentabilité en fonction du prix de vente du biométhane de synthèse - scénario 1.a avec 15% de
subventions

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Prix de vente du biométhane de synthèse (€/MWh_pcs) 80,0 85,0 90,0 95,0 100,0 105,0 110,0 115,0 120,0
Vente Biométhane de synthèse 3517 3737 3957 4177 4397 4617 4837 5056 5276
Vente chaleur 62 62 62 62 62 62 62 62 62
Total Produits 3579 3799 4019 4239 4459 4678 4898 5118 5338
Montant à financer par le porteur de projet 16 770 16 770 16 770 16 770 16 770 16 770 16 770 16 770 16 770
Annuité de remboursement 684 684 684 684 684 684 684 684 684
Intérêts d'emprunts annuels moyens 97 97 97 97 97 97 97 97 97
Somme des revenus après impôts 13 610 18 472 22 189 25 910 29 669 33 379 36 992 40 725 44 458
Somme des revenus actualisés 10 650 14 566 17 645 20 653 23 676 26 650 29 529 32 523 35 518
Valeur actuelle nette -6 120 -2 204 875 3 883 6 906 9 880 12 759 15 753 18 748
Cash flow annuels moyens 681 924 1 109 1 295 1 483 1 669 1 850 2 036 2 223
Cash flow annuels moyens actualisés sans intérêts d'emprunt 533 728 882 1 033 1 184 1 333 1 476 1 626 1 776
Cash flow annuels moyens actualisés avec intérêts d'emprunt 436 632 785 936 1 087 1 236 1 380 1 529 1 679
Taux moyen de couverture de la dette 99% 135% 162% 189% 217% 244% 270% 298% 325%
Temps de retour brut (en année) : sans intérêts d'emprunt 24,6 18,2 15,1 12,9 11,3 10,0 9,1 8,2 7,5
Temps de retour brut (en année) : avec intérêts d'emprunt 28,7 20,3 16,6 14,0 12,1 10,7 9,6 8,6 7,9
TRI avant impôts (en %) -1,3% 1,2% 3,3% 5,2% 6,9% 8,5% 10,0% 11,4% 12,8%
TRI après impôts (en %) -1,6% 0,8% 2,5% 4,0% 5,4% 6,7% 7,8% 9,0% 10,1%
Indice de profitabilité : VAN/Inv -0,36 -0,13 0,05 0,23 0,41 0,59 0,76 0,94 1,12

Tableau 21 : Résultats de rentabilité du scénario 1.a avec 15% de subventions

A partir d’un prix de vente du biométhane de 105 €/MWh, les résultats en termes de TRI et de TRB sont supérieurs aux indicateurs d’une
rentabilité correcte (respectivement >8% et <10 ans).

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Etude de gisements et de faisabilité

3.4. Le scénario 1.b : Résultats de l’étude


Etude technique
3.4.1.1. Bilan Matière et Energie
Les bilans matière & énergie du scénario 1.b sont présentés ci-dessous. Ils permettent
d’appréhender les intrants et sortants et de mettre en évidence les besoins du process.

Entrée Débit massique Puissance Energie


kg/h T/an kW_PCI MWh/an
Gisement 2 667 20 000 10 633 79 750
Agent oxydant 932 6 988 0 0
Eau (vapeur) 1 004 7 528 0 0
Eau (humidification Cendres) 6 42 0 0
Autres (bed material, …) 52 387 0 0
Total input 4 659 34 945 10 633 79 750

Sortie Débit massique Puissance Energie


kg/h T/an kW_PCI MWh/an
Biométhane de synthèse 429 3 217 5 886 44 144
Cendres humides 56 420 543 4 075
Traitement du gaz (effluents liquides) 770 5 778 0 0
Traitement du gaz (résidus solides) 1 7 0 0
Off-gas 2 570 19 273 1 045 7 840
Eau de condensation 502 3 763 0 0
Eau de séchage 331 2 486 0 0
Chaleur excédentaire 0 0 948 7 111
Pertes identifiées 0 0 1 840 13 803
Incertitudes de calcul 0 0 370 2 777
Total output 4 659 34 945 10 633 79 750
Tableau 22 : Bilan matière et énergie pour le scénario 1.b

Ainsi, l’unité valorise 2 667 kg/h de biomasse brute (à 21% d'humidité) pour produire
429 kg/h de biométhane de synthèse (soit 658 Nm3/h). Pour un fonctionnement de 7500
heures par an, cela représente une consommation de bois de 20 000 T/an et une production
de biométhane de 3 217 T/an (soit 4 937 kNm3/h).

Le Tableau 23 ci-dessous présente les rendements énergétiques du scénario 1.b :


Rendements énergétiques
P1 : Puissance chimique entrante (combustible) kW_PCI 10 633
P2 : Puissance chimique sortante (biométhane de synthèse) kW_PCI 5 886
Rendement brut énergie chimique du biométhane (P2/P1) 55%
P3 : Consommation électrique kW 1 067
Rendement net énergie chimique du biométhane P2/(P1+P3) 50%
P4 : Chaleur excédentaire kW 948
P5 : dont valorisable kW 555
Rendement net global avec valorisation chaleur (P2+P5)/(P1+P3) 55%
Tableau 23 : Rendements énergétiques pour le scénario 1.b

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3.4.1.2. Flux thermiques et chaleur excédentaire valorisable


La répartition de la chaleur a été étudiée entre les différents postes consommateurs et
producteurs de chaleur. Cette répartition permet de mettre en avant les liens entre les
différents postes, l’autoconsommation du process et de déterminer la chaleur excédentaire
valorisable sous forme d’eau chaude ou de vapeur.

Le synoptique en Figure 16 représente ces flux de chaleur.

Le bilan des flux de chaleur est présenté dans le Tableau 24 ci-dessous et montre la
puissance excédentaire valorisable sous forme de vapeur ou d’eau chaude :

Bilan thermique
Puissance récupérée totale (kW) 2620
Puissance auto-consommée totale (kW) - 1672
Puissance excédentaire (kW) 948
HT (Vapeur/huile) (kW) 12
MT (90°C) (kW) 798
BT (30°C) (kW) 138
Tableau 24 : Bilan thermique du scénario 1.b

L’unité de production de biométhane de synthèse permet de valoriser 948 kW de


chaleur excédentaire valorisable sous forme de vapeur et d’eau chaude.

Cette chaleur disponible sera intégralement valorisée sous forme d’eau chaude via le
réseau de chaleur existant sur le Métropole de Limoges. Le réseau peut absorber jusqu’à 3
MW thermiques sur le période de chauffage, soit du 15 Octobre au 15 Avril (4392 h/an).

Scénario 1.b
Chaleur disponible kW 948
Période de chauffe h/an 4 392
Chaleur valorisée MWh/an 4 163
En été, d’autres voies de valorisation de la chaleur sont envisageables : séchage de bois
ou de céréales, chauffage de serres, production de froid, etc.

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Figure 16 : Synoptique des flux de chaleur du scénario 1.b

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3.4.1.3. Chaleur fatale


L’étude des échanges de chaleur et du process permet de quantifier les pertes
thermiques de l’unité. Il s’agit des pertes liées au process (gazéification, séchage) et aux
efficacités des échangeurs thermiques.

Le Tableau 25 ci-dessous présente la répartition des pertes thermiques du scénario 1.b :

Répartition des pertes


Poste Puissance perdue (kW) Part P_Biomasse Type de perte
valorisable selon la technologie de
Séchoir 166 1,6%
séchoir
Process Pyro 1 319 12,4% chaleur fatale
Process Upgrading du gaz 201 1,9% chaleur fatale
Valorisable si investissement
Off-gas 1 045 9,8%
supplémentaire
Echangeurs de chaleur 155 1,5% chaleur fatale
Total 2886 27%
Tableau 25 : Répartition des pertes pour le scénario 1.b

La chaleur fatale du process s’élève à 2886 kW. Cela représente 27% de la puissance sur
PCI entrant. Il s’agit de pertes thermiques généralement non valorisables. La moitié de ces
pertes est due à l’efficacité de la gazéification. Les Off-gas sont en seconde position. Il s’agit
des pertes de méthane liées à son épuration. Cette énergie est récupérable sous forme de
chaleur via la mise en place d’une chaudière spécialisée mais nécessite un investissement
supplémentaire.

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Etude économique
3.4.2.1. Bilan des investissements
Les investissements présentés dans le Tableau 26 sont répartis entre les différents
équipements du process, l’aménagement du site ainsi que les coûts liés à l’ingénierie, au
chantier et au suivi des performances.

Plus particulièrement, les coûts d’équipements sont basés sur des consultations de
fournisseurs ainsi que sur les retours d’expérience de S3D Ingénierie.

CAPEX – Scénario 1.b


TOTAL CAPEX 20 855 000 €
Poste A Aménagement du site 1 000 000 €
A1 Viabilisation du terrain 10 000 €
A2 Génie civil 467 000 €
A3 VRD 442 000 €
A4 Autres / aléas 46 000 €
Poste B Unité de gazéification 5 441 000 €
B1 Séchoir 266 000 €
B2 Stockage et alimentation du gazéifieur 388 000 €
B3 Production d'O2 sur site 916 000 €
B4 Unité de gazéification clef en main 3 873 000 €
Poste C Traitement du syngas 263 000 €
C1 Echangeur chaleur sensible syngas -€
C2 Traitement des particules 74 000 €
C3 Condenseur / Déshumidificateur 190 000 €
Poste D Upgrading du syngas en CH4 7 825 000 €
D1 Unité de water gas shift clef en main 3 302 000 €
D2 Unité de méthanation clef en main 4 523 000 €
Poste E Purification en CH4 injectable 2 824 000 €
E1 Condenseur/déshumidifieur -€
E2 Séparation du CO2 2 724 000 €
E3 Service d'injection 101 000 €
Poste F Equipements périphériques 144 000 €
F1 Post-combustion 144 000 €
Poste G Ingénierie, chantier et suivi de performances 3 358 000 €
G1 Chantiers divers - aléas non prévus 875 000 €
G2 Etudes / Ingénierie / AMO / MOE 2 450 000 €
G3 Suivi de performances 34 000 €
Tableau 26 : CAPEX pour le scénario 1.b

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Figure 17 : Répartition des CAPEX pour le scénario 1.b

Il apparait que l’enrichissement du gaz en CH4 (syngas upgrading) est le poste le plus
important (37% du CAPEX).

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3.4.2.2. Bilan des produits et des coûts d’exploitation


Le chiffre d’affaires présenté dans le Tableau 27 prend en compte la vente du
biométhane de synthèse produit ainsi que la vente de la chaleur excédentaire valorisée.

PRODUITS
Produits (Chiffre d’affaires) 4 029 000 €
P1 Vente biométhane de synthèse 80 €/MWh 3 921 000 €
P2 Vente chaleur 26 €/MWh 108 000 €
Tableau 27 : Produits pour le scénario 1.b

Les coûts opératoires présentés dans le Tableau 28 sont répartis entre les charges fixes
et les charges variables.

OPEX – Scénario 1.b


Charges fixes 1 537 000 €
CF1 Maintenance 340 000 €
CF2 Main d'œuvre 261 000 €
CF2.1 Equipe technique (3 équipes de 2) 224 000 €
CF2.2 Equipe administrative 38 000 €
CF3 Traitement du syngas 651 000 €
CF3.1 Sulfures - Location réacteur et charbon actif 326 000 €
CF3.2 Chlorures - Location réacteur et alumine 326 000 €
CF4 Service d'injection 66 000 €
CF4.1 GRDF 66 000 €
CF5 Autres charges fixes 219 000 €
CF5.1 Assurances 132 000 €
CF5.2 Contrôles réglementaires 88 000 €
Charges variables 1 315 000 €
CV1 Combustible 534 000 €
CV2 Consommables 721 000 €
CV2.1 Electricité usine 641 000 €
CV2.2 Eau adoucie 38 000 €
CV2.3 Catalyseur water gas shift 22 000 €
CV2.4 Catalyseur méthanation 22 000 €
CV2.5 Oxygène 0€
CV3 Gestion des effluents 60 000 €
CV3.1 Evacuation des cendres et particules 22 000 €
CV3.2 Evacuation et traitement de l'eau 38 000 €
CV3.3 Evacuation et traitement du catalyseur 1 000 €
Tableau 28 : OPEX pour le scénario 1.b

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Figure 18 : Répartition des OPEX pour le scénario 1.b

Les contributions majeures aux coûts opératoires concernent le combustible (19%) et


les consommables (25%), principalement l’électricité nécessaire au fonctionnement de l’unité.
Les consommations électriques sont détaillées dans le Tableau 29 ci-dessous par poste, et il
apparaît que le poste de plus consommateur soit l’unité de pyrogazéification (lié à la montée
en pression).

Poste Puissance Consommation


kWe MWhe/an %
Préparation combustible 20 149 2%
Sécheur 20
Unité de pyrogazéification 604 4 530 57%
Production d'O2 322 2 416 30%
VPSA 273
Compresseur O2 - 14 barg 50
Traitement du gaz 0 0 0%
Upgrading du gaz 121 910 11%
Mise sous pression eau/vapeur 116
Groupe froid déshumidieur gaz 5
Autres postes et périphériques 0 0 0%

Total 1 067 8 006 100%


Tableau 29 : Répartition des consommations électriques du scénario 1.b

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3.4.2.3. Coût de production du biométhane de synthèse


Le coût de production du biométhane de synthèse produit dans le scénario 1.b est
calculé selon la formule suivante :

(€)
+ (€/ )
é ( )
û (€/ ℎ_ )=
4 ( ℎ_ / )

Le coût de production du biométhane de synthèse pour le scénario 1.b s’élève à 79,4


€/MWh_PCS.

3.4.2.4. Bilan de rentabilité


L’évaluation de la rentabilité du projet est basée sur 2 indicateurs principaux :

Ø Le TRB, Temps de Retour Brut : c’est la durée nécessaire pour amortir


l’investissement grâce à l’excédent brut (EBE = Recettes – Charges). Il doit être
inférieur ou égal à 10 ans.

Ø Le TRI projet : C’est le taux d’actualisation de l’EBE qui annulerait la VAN sur 15
ans. Le TRI indique donc la marge de risque du projet dans le temps. Il est
préconisé d’avoir un TRI > 8% pour assurer la faisabilité économique du projet.

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3.4.2.4.1. Résultats sans subventions


Les résultats de rentabilité du scénario 1.b sont présentés ci-dessous pour plusieurs
coûts de vente du biométhane de synthèse et pour un taux de subvention nul.

Figure 19 : Evolution des indicateurs de rentabilité en fonction du prix de vente du biométhane de synthèse – scénario 1.b sans
subventions

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Prix de vente du biométhane


80,0 85,0 90,0 95,0 100,0 105,0 110,0 115,0 120,0
(€/MWh_pcs)
Vente Biométhane 3921 4166 4411 4657 4902 5147 5392 5637 5882
Vente chaleur 108 108 108 108 108 108 108 108 108
Total Produits 4030 4275 4520 4765 5010 5255 5500 5745 5990
Montant à financer par le porteur de projet 20 852 20 852 20 852 20 852 20 852 20 852 20 852 20 852 20 852
Annuité de remboursement 850 850 850 850 850 850 850 850 850
Intérêts d'emprunts annuels moyens 120 120 120 120 120 120 120 120 120
Somme des revenus après impôts 29 136 33 348 37 422 41 646 45 631 49 793 53 955 58 116 62 278
Somme des revenus actualisés 23 288 26 682 29 941 33 339 36 507 39 846 43 184 46 522 49 860
Valeur actuelle nette 2 436 5 830 9 089 12 487 15 655 18 993 22 332 25 670 29 008
Cash flow annuels moyens 1 457 1 667 1 871 2 082 2 282 2 490 2 698 2 906 3 114
Cash flow annuels moyens actualisés sans
1 164 1 334 1 497 1 667 1 825 1 992 2 159 2 326 2 493
intérêts d'emprunt
Cash flow annuels moyens actualisés avec
1 044 1 214 1 377 1 547 1 705 1 872 2 039 2 206 2 373
intérêts d'emprunt
Taux moyen de couverture de la dette 171% 196% 220% 245% 268% 293% 317% 342% 366%
Temps de retour brut (en année) : sans
14,3 12,5 11,1 10,0 9,1 8,4 7,7 7,2 6,7
intérêts d'emprunt
Temps de retour brut (en année) :
15,6 13,5 11,9 10,6 9,6 8,8 8,1 7,5 7,0
avec intérêts d'emprunt
TRI avant impôts (en %) 4,0% 5,7% 7,2% 8,7% 10,0% 11,3% 12,6% 13,8% 14,9%
TRI après impôts (en %) 3,0% 4,4% 5,6% 6,8% 7,8% 8,9% 9,9% 10,8% 11,8%
Indice de profitabilité : VAN/Inv 0,12 0,28 0,44 0,60 0,75 0,91 1,07 1,23 1,39
Tableau 30 : Résultats de rentabilité du scénario 1.b sans subventions

A partir d’un prix de vente du biométhane de 105 €/MWh, les résultats en termes de TRI et de TRB sont supérieurs aux indicateurs d’une
rentabilité correcte (respectivement >8% et <10 ans).

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3.4.2.4.2. Résultats à 15% de subventions

Les résultats de rentabilité du scénario 1.b sont présentés ci-dessous pour plusieurs
coûts de vente du biométhane de synthèse et pour un taux de subvention de 15%.

Figure 20 : Evolution des indicateurs de rentabilité en fonction du prix de vente du biométhane de synthèse - scénario 1.b avec 15% de
subventions

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Etude de gisements et de faisabilité

Prix de vente du biométhane (€/MWh_pcs) 80,0 85,0 90,0 95,0 100,0 105,0 110,0 115,0 120,0
Vente Biométhane de synthèse 3921 4166 4411 4657 4902 5147 5392 5637 5882
Vente chaleur 108 108 108 108 108 108 108 108 108
Total Produits 4030 4275 4520 4765 5010 5255 5500 5745 5990
Montant à financer par le porteur de projet 17 724 17 724 17 724 17 724 17 724 17 724 17 724 17 724 17 724
Annuité de remboursement 723 723 723 723 723 723 723 723 723
Intérêts d'emprunts annuels moyens 102 102 102 102 102 102 102 102 102
Somme des revenus après impôts 28 309 32 419 36 482 40 644 44 806 48 967 53 129 57 291 61 453
Somme des revenus actualisés 22 624 25 916 29 159 32 498 35 836 39 174 42 512 45 851 49 189
Valeur actuelle nette 4 900 8 192 11 435 14 773 18 111 21 450 24 788 28 126 31 465
Cash flow annuels moyens 1 415 1 621 1 824 2 032 2 240 2 448 2 656 2 865 3 073
Cash flow annuels moyens actualisés sans intérêts d'emprunt 1 131 1 296 1 458 1 625 1 792 1 959 2 126 2 293 2 459
Cash flow annuels moyens actualisés avec intérêts d'emprunt 1 029 1 194 1 356 1 523 1 690 1 856 2 023 2 190 2 357
Taux moyen de couverture de la dette 196% 224% 252% 281% 310% 339% 367% 396% 425%
Temps de retour brut (en année) : sans intérêts d'emprunt 12,5 10,9 9,7 8,7 7,9 7,2 6,7 6,2 5,8
Temps de retour brut (en année) : avec intérêts d'emprunt 13,5 11,7 10,3 9,2 8,3 7,6 6,9 6,4 6,0
TRI avant impôts (en %) 5,7% 7,5% 9,1% 10,7% 12,2% 13,6% 14,9% 16,2% 17,5%
TRI après impôts (en %) 4,4% 5,8% 7,1% 8,3% 9,5% 10,7% 11,8% 12,8% 13,9%
Indice de profitabilité : VAN/Inv 0,28 0,46 0,65 0,83 1,02 1,21 1,40 1,59 1,78

Tableau 31 : Résultats de rentabilité du scénario 1.b avec 15% de subventions

A partir d’un prix de vente du biométhane de 90 €/MWh, les résultats en termes de TRI et de TRB sont supérieurs aux indicateurs d’une
rentabilité correcte (respectivement >8% et <10 ans).

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3.5. Le scénario 2.a : Résultats de l’étude


Etude technique
3.5.1.1. Bilan Matière et Energie
Les bilans matière & énergie du scénario 2.a sont présentés ci-dessous. Ils permettent
d’appréhender les intrants et sortants et de mettre en évidence les besoins du process.

Entrée Débit massique Puissance Energie


kg/h T/an kW_PCI MWh/an
Gisement 5 333 40 000 18 433 138 250
Agent oxydant 1 649 12 367 0 0
Eau (vapeur) 1 776 13 321 0 0
Eau (humidification Cendres) 10 76 0 0
Autres (bed material, …) 91 685 0 0
Total input 8 860 66 448 18 433 138 250

Sortie Débit massique Puissance Energie


kg/h T/an kW_PCI MWh/an
Biométhane de synthèse 759 5 692 10 416 78 120
Cendres humides 101 756 961 7 210
Traitement du gaz (effluents liquides) 1 428 10 713 0 0
Traitement du gaz (résidus solides) 1 7 0 0
Off-gas 4 547 34 106 1 850 13 874
Eau de condensation 888 6 660 0 0
Eau de séchage 1 135 8 514 0 0
Chaleur excédentaire 0 0 985 7 387
Pertes identifiées 0 0 3 566 26 744
Incertitudes de calcul 0 0 655 4 915
Total output 8 860 66 448 18 433 138 250
Tableau 32 : Bilan matière et énergie pour le scénario 2.a

Ainsi, l’unité valorise 5 333 kg/h de biomasse brute (à 29% d'humidité) pour produire
759 kg/h de biométhane de synthèse (soit 1 165 Nm3/h). Pour un fonctionnement de 7500
heures par an, cela représente une consommation de bois de 40 000 T/an et une production
de biométhane de 5 692 T/an (soit 8 738 kNm3/h).

Le Tableau 33 ci-dessous présente les rendements énergétiques du scénario 2.a :


Rendements énergétiques
P1 : Puissance chimique entrante (combustible) kW_PCI 18 433
P2 : Puissance chimique sortante (biométhane de synthèse) kW_PCI 10 416
Rendement brut énergie chimique du biométhane (P2/P1) 57%
P3 : Consommation électrique kW 1 910
Rendement net énergie chimique du biométhane P2/(P1+P3) 51%
P4 : Chaleur excédentaire kW 985
P5 : dont valorisable kW 577
Rendement net global avec valorisation chaleur (P2+P5)/(P1+P3) 54%
Tableau 33 : Rendements énergétiques pour le scénario 2.a

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3.5.1.2. Flux thermiques et chaleur excédentaire valorisable


La répartition de la chaleur a été étudiée entre les différents postes consommateurs et
producteurs de chaleur. Cette répartition permet de mettre en avant les liens entre les
différents postes, l’autoconsommation du process et de déterminer la chaleur excédentaire
valorisable sous forme d’eau chaude ou de vapeur.

Le synoptique en Figure 21 représente ces flux de chaleur.

Le bilan des flux de chaleur est présenté dans le Tableau 34 ci-dessous et montre la
puissance excédentaire valorisable sous forme de vapeur ou d’eau chaude :

Bilan thermique
Puissance récupérée totale (kW) 4636
Puissance auto-consommée totale (kW) - 3607
Puissance excédentaire (kW) 1029
HT (Vapeur/huile) (kW) 21
MT (90°C) (kW) 764
BT (30°C) (kW) 244
Tableau 34 : Bilan thermique du scénario 1.b

L’unité de production de biométhane de synthèse permet de valoriser 1029 kW de


chaleur excédentaire valorisable sous forme de vapeur et d’eau chaude.

Cette chaleur disponible sera intégralement valorisée sous forme d’eau chaude via le
réseau de chaleur existant sur le Métropole de Limoges. Le réseau peut absorber jusqu’à 3
MW thermiques sur le période de chauffage, soit du 15 Octobre au 15 Avril (4392 h/an).

Scénario 2.a
Chaleur disponible kW 1029
Période de chauffe h/an 4 392
Chaleur valorisée MWh/an 4 519
En été, d’autres voies de valorisation de la chaleur sont envisageables : séchage de bois
ou de céréales, chauffage de serres, production de froid, etc.

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Etude de gisements et de faisabilité

Figure 21 : Synoptique des flux de chaleur du scénario 2.a

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3.5.1.3. Chaleur fatale


L’étude des échanges de chaleur et du process permet de quantifier les pertes
thermiques de l’unité. Il s’agit des pertes liées au process (gazéification, séchage) et aux
efficacités des échangeurs thermiques.

Le Tableau 35 ci-dessous présente la répartition des pertes thermiques du scénario 2.a :

Répartition des pertes


Poste Puissance perdue (kW) Part P_Biomasse Type de perte
valorisable selon la technologie de
Séchoir 568 3,1%
séchoir
Process Pyro 2 334 12,7% chaleur fatale
Process Upgrading du gaz 355 1,9% chaleur fatale
Valorisable si investissement
Off-gas 1 850 10,0%
supplémentaire
Echangeurs de chaleur 265 1,4% chaleur fatale
Total 5372 29%
Tableau 35 : Répartition des pertes pour le scénario 2.a

La chaleur fatale du process s’élève à 5372 kW. Cela représente 29% de la puissance sur
PCI entrant. Il s’agit de pertes thermiques généralement non valorisables. La moitié de ces
pertes est due à l’efficacité de la gazéification. Les Off-gas sont en seconde position. Il s’agit
des pertes de méthane liées à son épuration. Cette énergie est récupérable sous forme de
chaleur via la mise en place d’une chaudière spécialisée mais nécessite un investissement
supplémentaire.

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Etude économique
3.5.2.1. Bilan des investissements
Les investissements présentés dans le Tableau 36 sont répartis entre les différents
équipements du process, l’aménagement du site ainsi que les coûts liés à l’ingénierie, au
chantier et au suivi des performances.

Plus particulièrement, les coûts d’équipements sont basés sur des consultations de
fournisseurs ainsi que sur les retours d’expérience de S3D Ingénierie.

CAPEX – Scénario 2.a


TOTAL CAPEX 29 459 000 €
Poste A Aménagement du site 1 200 000 €
A1 Viabilisation du terrain 10 000 €
A2 Génie civil 467 000 €
A3 VRD 442 000 €
A4 Autres / aléas 46 000 €
Poste B Unité de gazéification 7 996 000 €
B1 Séchoir 556 000 €
B2 Stockage et alimentation du gazéifieur 546 000 €
B3 Production d'O2 sur site 1 441 000 €
B4 Unité de gazéification clef en main 5 455 000 €
Poste C Traitement du syngas 371 000 €
C1 Echangeur chaleur sensible syngas -€
C2 Traitement des particules 105 000 €
C3 Condenseur / Déshumidificateur 267 000 €
Poste D Upgrading du syngas en CH4 11 021 000 €
D1 Unité de water gas shift clef en main 4 651 000 €
D2 Unité de méthanation clef en main 6 371 000 €
Poste E Purification en CH4 injectable 3 936 000 €
E1 Condenseur/déshumidifieur -€
E2 Séparation du CO2 3 836 000 €
E3 Service d'injection 101 000 €
Poste F Equipements périphériques 203 000 €
F1 Post-combustion 203 000 €
Poste G Ingénierie, chantier et suivi de performances 4 732 000 €
G1 Chantiers divers - aléas non prévus 1 237 000 €
G2 Etudes / Ingénierie / AMO / MOE 3 462 000 €
G3 Suivi de performances 34 000 €
Tableau 36 : CAPEX pour le scénario 2.a

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Figure 22 : Répartition des CAPEX pour le scénario 2.a

Il apparait que l’enrichissement du gaz en CH4 (syngas upgrading) est le poste le plus
important (38% du CAPEX).

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3.5.2.2. Bilan des produits et des coûts d’exploitation


Le chiffre d’affaires présenté dans le Tableau 37 prend en compte la vente du
biométhane de synthèse produit ainsi que la vente de la chaleur excédentaire valorisée.

PRODUITS
Produits (Chiffre d’affaires) 7 057 000 €
P1 Vente biométhane de synthèse 80 €/MWh 6 940 000 €
P2 Vente chaleur 26 €/MWh 117 000 €
Tableau 37 : Produits pour le scénario 2.a

Les coûts opératoires présentés dans le Tableau 38 sont répartis entre les charges fixes
et les charges variables.

OPEX – Scénario 2.a


Charges fixes 1 763 000 €
CF1 Maintenance 483 000 €
CF2 Main d'œuvre 261 000 €
CF2.1 Equipe technique (3 équipes de 2) 224 000 €
CF2.2 Equipe administrative 38 000 €
CF3 Traitement du syngas 705 000 €
CF3.1 Sulfures - Location réacteur et charbon actif 353 000 €
CF3.2 Chlorures - Location réacteur et alumine 353 000 €
CF4 Service d'injection 66 000 €
CF4.1 GRDF 66 000 €
CF5 Autres charges fixes 248 000 €
CF5.1 Assurances 186 000 €
CF5.2 Contrôles réglementaires 62 000 €
Charges variables 4 135 000 €
CV1 Combustible 2 741 000 €
CV2 Consommables 1 288 000 €
CV2.1 Electricité usine 1 147 000 €
CV2.2 Eau adoucie 67 000 €
CV2.3 Catalyseur water gas shift 38 000 €
CV2.4 Catalyseur méthanation 38 000 €
CV2.5 Oxygène 0€
CV3 Gestion des effluents 106 000 €
CV3.1 Evacuation des cendres et particules 39 000 €
CV3.2 Evacuation et traitement de l'eau 67 000 €
CV3.3 Evacuation et traitement du catalyseur 1 000 €
Tableau 38 : OPEX pour le scénario 2.a

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Figure 23 : Répartition des OPEX pour le scénario 2.a

Les contributions majeures aux coûts opératoires concernent le combustible (47%) et


les consommables (22%), principalement l’électricité nécessaire au fonctionnement de l’unité.
Les consommations électriques sont détaillées dans le Tableau 39 ci-dessous par poste, et il
apparaît que le poste de plus consommateur soit l’unité de pyrogazéification (lié à la montée
en pression).

Poste Puissance Consommation


kWe MWhe/an %
Préparation combustible 68 511 4%
Sécheur 68
Unité de pyrogazéification 1057 7 930 55%
Production d'O2 570 4 276 30%
VPSA 482
Compresseur O2 - 14 barg 88
Traitement du gaz 0 0%
Upgrading du gaz 215 1 611 11%
Mise sous pression eau/vapeur 205
Groupe froid déshumidieur gaz 10
Autres postes et périphériques 0 0 0%

Total 1 910 14 328 100%


Tableau 39 : Répartition des consommations électriques du scénario 2.a

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3.5.2.3. Coût de production du biométhane de synthèse


Le coût de production du biométhane de synthèse produit dans le scénario 2.a est
calculé selon la formule suivante :

(€)
+ (€/ )
é ( )
û (€/ ℎ_ )=
4 ( ℎ_ / )

Le coût de production du biométhane de synthèse pour le scénario 2.a s’élève à 84,9


€/MWh_PCS.

3.5.2.4. Bilan de rentabilité


L’évaluation de la rentabilité du projet est basée sur 2 indicateurs principaux :

Ø Le TRB, Temps de Retour Brut : c’est la durée nécessaire pour amortir


l’investissement grâce à l’excédent brut (EBE = Recettes – Charges). Il doit être
inférieur ou égal à 10 ans.

Ø Le TRI projet : C’est le taux d’actualisation de l’EBE qui annulerait la VAN sur 15
ans. Le TRI indique donc la marge de risque du projet dans le temps. Il est
préconisé d’avoir un TRI > 8% pour assurer la faisabilité économique du projet.

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Etude de gisements et de faisabilité

3.5.2.4.1. Résultats sans subventions


Les résultats de rentabilité du scénario 2.a sont présentés ci-dessous, pour plusieurs
coûts de vente du biométhane et pour un taux de subvention nul.

Figure 24 : Evolution des indicateurs de rentabilité en fonction du prix de vente du biométhane – scénario 2.a sans subventions

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Etude de gisements et de faisabilité

Prix de vente du biométhane


80,0 85,0 90,0 95,0 100,0 105,0 110,0 115,0 120,0
(€/MWh_pcs)
Vente Biométhane 6939 7373 7807 8240 8674 9108 9542 9975 10409
Vente chaleur 117 117 117 117 117 117 117 117 117
Total Produits 7057 7491 7924 8358 8792 9225 9659 10093 10526
Montant à financer par le porteur de projet 29 454 29 454 29 454 29 454 29 454 29 454 29 454 29 454 29 454
Annuité de remboursement 1 201 1 201 1 201 1 201 1 201 1 201 1 201 1 201 1 201
Intérêts d'emprunts annuels moyens 170 170 170 170 170 170 170 170 170
Somme des revenus après impôts 35 289 42 648 50 005 57 372 64 543 71 908 79 272 86 637 94 002
Somme des revenus actualisés 27 963 33 965 39 880 45 792 51 513 57 420 63 328 69 236 75 143
Valeur actuelle nette -1 491 4 511 10 426 16 337 22 058 27 966 33 874 39 781 45 689
Cash flow annuels moyens 1 764 2 132 2 500 2 869 3 227 3 595 3 964 4 332 4 700
Cash flow annuels moyens actualisés sans
1 398 1 698 1 994 2 290 2 576 2 871 3 166 3 462 3 757
intérêts d'emprunt
Cash flow annuels moyens actualisés avec
1 228 1 528 1 824 2 120 2 406 2 701 2 996 3 292 3 587
intérêts d'emprunt
Taux moyen de couverture de la dette 147% 178% 208% 239% 269% 299% 330% 361% 391%
Temps de retour brut (en année) : sans
16,7 13,8 11,8 10,3 9,1 8,2 7,4 6,8 6,3
intérêts d'emprunt
Temps de retour brut (en année) :
18,5 15,0 12,6 10,9 9,6 8,6 7,8 7,1 6,5
avec intérêts d'emprunt
TRI avant impôts (en %) 2,1% 4,4% 6,4% 8,2% 9,9% 11,5% 13,0% 14,5% 15,9%
TRI après impôts (en %) 1,5% 3,3% 4,9% 6,4% 7,7% 9,0% 10,2% 11,4% 12,6%
Indice de profitabilité : VAN/Inv -0,05 0,15 0,35 0,55 0,75 0,95 1,15 1,35 1,55
Tableau 40 : Résultats de rentabilité du scénario 2.a sans subventions

A partir d’un prix de vente du biométhane de 105 €/MWh, les résultats en termes de TRI et de TRB sont supérieurs aux indicateurs d’une
rentabilité correcte (respectivement >8% et <10 ans).

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3.5.2.4.2. Résultats à 15% de subventions

Les résultats de rentabilité du scénario 2.a sont présentés ci-dessous, pour plusieurs
coûts de vente du biométhane et pour un taux de subvention de 15%.

Figure 25 : Evolution des indicateurs de rentabilité en fonction du prix de vente du biométhane - scénario 1.a avec 15% de subventions

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Etude de gisements et de faisabilité

Prix de vente du biométhane (€/MWh_pcs) 80,0 85,0 90,0 95,0 100,0 105,0 110,0 115,0 120,0
Vente Biométhane 6939 7373 7807 8240 8674 9108 9542 9975 10409
Vente chaleur 112 112 112 112 112 112 112 112 112
Total Produits 7052 7486 7919 8353 8787 9220 9654 10088 10521
Montant à financer par le porteur de projet 25 036 25 036 25 036 25 036 25 036 25 036 25 036 25 036 25 036
Annuité de remboursement 1 021 1 021 1 021 1 021 1 021 1 021 1 021 1 021 1 021
Intérêts d'emprunts annuels moyens 144 144 144 144 144 144 144 144 144
Somme des revenus après impôts 33 976 41 388 48 719 55 935 63 300 70 665 78 030 85 395 92 760
Somme des revenus actualisés 26 969 32 951 38 830 44 595 50 503 56 410 62 318 68 226 74 133
Valeur actuelle nette 1 933 7 915 13 794 19 559 25 467 31 374 37 282 43 189 49 097
Cash flow annuels moyens 1 699 2 069 2 436 2 797 3 165 3 533 3 902 4 270 4 638
Cash flow annuels moyens actualisés sans intérêts d'emprunt 1 348 1 648 1 942 2 230 2 525 2 821 3 116 3 411 3 707
Cash flow annuels moyens actualisés avec intérêts d'emprunt 1 204 1 503 1 797 2 085 2 381 2 676 2 971 3 267 3 562
Taux moyen de couverture de la dette 166% 203% 239% 274% 310% 346% 382% 418% 454%
Temps de retour brut (en année) : sans intérêts d'emprunt 14,7 12,1 10,3 9,0 7,9 7,1 6,4 5,9 5,4
Temps de retour brut (en année) : avec intérêts d'emprunt 16,1 13,0 10,9 9,4 8,3 7,4 6,7 6,1 5,6
TRI avant impôts (en %) 3,6% 6,0% 8,1% 10,1% 11,9% 13,7% 15,3% 16,9% 18,5%
TRI après impôts (en %) 2,7% 4,6% 6,4% 7,9% 9,4% 10,8% 12,2% 13,5% 14,7%
Indice de profitabilité : VAN/Inv 0,08 0,32 0,55 0,78 1,02 1,25 1,49 1,73 1,96

Tableau 41 : Résultats de rentabilité du scénario 2.a avec 15% de subventions

A partir d’un prix de vente du biométhane de 90 €/MWh, les résultats en termes de TRI et de TRB sont supérieurs aux indicateurs d’une
rentabilité correcte (respectivement >8% et <10 ans).

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3.6. Le scénario 2.b : Résultats de l’étude


Etude technique
3.6.1.1. Bilan Matière et Energie
Les bilans matière & énergie du scénario 2.b sont présentés ci-dessous. Ils permettent
d’appréhender les intrants et sortants et de mettre en évidence les besoins du process.

Entrée Débit massique Puissance Energie


kg/h T/an kW_PCI MWh/an
Gisement 5 333 40 000 19 700 147 750
Agent oxydant 1 745 13 087 0 0
Eau (vapeur) 1 880 14 096 0 0
Eau (humidification Cendres) 11 79 0 0
Autres (bed material, …) 97 724 0 0
Total input 9 065 67 987 19 700 147 750

Sortie Débit massique Puissance Energie


kg/h T/an kW_PCI MWh/an
Biométhane de synthèse 803 6 024 11 022 82 666
Cendres humides 106 794 1 017 7 630
Traitement du gaz (effluents liquides) 1 479 11 094 0 0
Traitement du gaz (résidus solides) 1 7 0 0
Off-gas 4 812 36 091 1 957 14 681
Eau de condensation 940 7 047 0 0
Eau de séchage 924 6 931 0 0
Chaleur excédentaire 0 0 1 428 10 711
Pertes identifiées 0 0 3 582 26 861
Incertitudes de calcul 0 0 694 5 201
Total output 9 065 67 987 19 700 147 750
Tableau 42 : Bilan matière et énergie pour le scénario 2.b

Ainsi, l’unité valorise 5 333 kg/h de biomasse brute (à 25% d'humidité) pour produire
803 kg/h de biométhane de synthèse (soit 1 233 Nm3/h). Pour un fonctionnement de 7500
heures par an, cela représente une consommation de bois de 40 000 T/an et une production
de biométhane de 6 024 T/an (soit 9 246 kNm3/h).

Le Tableau 43 ci-dessous présente les rendements énergétiques du scénario 1.a :


Rendements énergétiques
P1 : Puissance chimique entrante (combustible) kW_PCI 19 700
P2 : Puissance chimique sortante (biométhane de synthèse) kW_PCI 11 022
Rendement brut énergie chimique du biométhane (P2/P1) 56%
P3 : Consommation électrique kW 2 011
Rendement net énergie chimique du biométhane P2/(P1+P3) 51%
P4 : Chaleur excédentaire kW 1 428
P5 : dont valorisable kW 836
Rendement net global avec valorisation chaleur (P2+P5)/(P1+P3) 55%
Tableau 43 : Rendements énergétiques pour le scénario 2.b

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3.6.1.2. Flux thermiques et chaleur excédentaire valorisable


La répartition de la chaleur a été étudiée entre les différents postes consommateurs et
producteurs de chaleur. Cette répartition permet de mettre en avant les liens entre les
différents postes, l’autoconsommation du process et de déterminer la chaleur excédentaire
valorisable sous forme d’eau chaude ou de vapeur.

Le synoptique en Figure 26 représente ces flux de chaleur.

Le bilan des flux de chaleur est présenté dans le Tableau 44 ci-dessous et montre la
puissance excédentaire valorisable sous forme de vapeur ou d’eau chaude :

Bilan thermique
Puissance récupérée totale (kW) 4905
Puissance auto-consommée totale (kW) - 3477
Puissance excédentaire (kW) 1428
HT (Vapeur/huile) (kW) 22
MT (90°C) (kW) 1148
BT (30°C) (kW) 258
Tableau 44 : Bilan thermique du scénario 2.b

L’unité de production de biométhane de synthèse permet de valoriser 1428 kW de


chaleur excédentaire valorisable sous forme de vapeur et d’eau chaude.

Cette chaleur disponible sera intégralement valorisée sous forme d’eau chaude via le
réseau de chaleur existant sur le Métropole de Limoges. Le réseau peut absorber jusqu’à 3
MW thermiques sur le période de chauffage, soit du 15 Octobre au 15 Avril (4392 h/an).

Scénario 2.b
Chaleur disponible kW 1 428
Période de chauffe h/an 4 392
Chaleur valorisée MWh/an 6 271
En été, d’autres voies de valorisation de la chaleur sont envisageables : séchage de bois
ou de céréales, chauffage de serres, production de froid, etc.

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Etude de gisements et de faisabilité

Figure 26 : Synoptique des flux de chaleur du scénario 2.b

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3.6.1.3. Chaleur fatale


L’étude des échanges de chaleur et du process permet de quantifier les pertes
thermiques de l’unité. Il s’agit des pertes liées au process (gazéification, séchage) et aux
efficacités des échangeurs thermiques.

Le Tableau 45 ci-dessous présente la répartition des pertes thermiques du scénario 2.b :

Répartition des pertes


Poste Puissance perdue (kW) Part P_Biomasse Type de perte
valorisable selon la technologie de
Séchoir 462 2,3%
séchoir
Process Pyro 2 470 12,5% chaleur fatale
Process Upgrading du gaz 376 1,9% chaleur fatale
Valorisable si investissement
Off-gas 1 957 9,9%
supplémentaire
Echangeurs de chaleur 273 1,4% chaleur fatale
Total 5539 28%
Tableau 45 : Répartition des pertes pour le scénario 2.b

La chaleur fatale du process s’élève à 5539 kW. Cela représente 28% de la puissance sur
PCI entrant. Il s’agit de pertes thermiques généralement non valorisables. La moitié de ces
pertes est due à l’efficacité de la gazéification. Les Off-gas sont en seconde position. Il s’agit
des pertes de méthane liées à son épuration. Cette énergie est récupérable sous forme de
chaleur via la mise en place d’une chaudière spécialisée mais nécessite un investissement
supplémentaire.

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Etude de gisements et de faisabilité

Etude économique
3.6.2.1. Bilan des investissements
Les investissements présentés dans le Tableau 46 sont répartis entre les différents
équipements du process, l’aménagement du site ainsi que les coûts liés à l’ingénierie, au
chantier et au suivi des performances.

Plus particulièrement, les coûts d’équipements sont basés sur des consultations de
fournisseurs ainsi que sur les retours d’expérience de S3D Ingénierie.

CAPEX – Scénario 2.b


TOTAL CAPEX 30 342 000 €
Poste A Aménagement du site 1 200 000 €
A1 Viabilisation du terrain 10 000 €
A2 Génie civil 467 000 €
A3 VRD 442 000 €
A4 Autres / aléas 46 000 €
Poste B Unité de gazéification 8 205 000 €
B1 Séchoir 491 000 €
B2 Stockage et alimentation du gazéifieur 565 000 €
B3 Production d'O2 sur site 1 508 000 €
B4 Unité de gazéification clef en main 5 643 000 €
Poste C Traitement du syngas 384 000 €
C1 Echangeur chaleur sensible syngas -€
C2 Traitement des particules 108 000 €
C3 Condenseur / Déshumidificateur 276 000 €
Poste D Upgrading du syngas en CH4 11 402 000 €
D1 Unité de water gas shift clef en main 4 811 000 €
D2 Unité de méthanation clef en main 6 591 000 €
Poste E Purification en CH4 injectable 4 068 000 €
E1 Condenseur/déshumidifieur -€
E2 Séparation du CO2 3 968 000 €
E3 Service d'injection 101 000 €
Poste F Equipements périphériques 210 000 €
F1 Post-combustion 210 000 €
Poste G Ingénierie, chantier et suivi de performances 4 873 000 €
G1 Chantiers divers - aléas non prévus 1 274 000 €
G2 Etudes / Ingénierie / AMO / MOE 3 566 000 €
G3 Suivi de performances 34 000 €
Tableau 46 : CAPEX pour le scénario 2.b

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Etude de gisements et de faisabilité

Figure 27 : Répartition des CAPEX pour le scénario 2.b

Il apparait que l’enrichissement du gaz en CH4 (syngas upgrading) est le poste le plus
important (38% du CAPEX).

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3.6.2.2. Bilan des produits et des coûts d’exploitation


Le chiffre d’affaires présenté dans le Tableau 47 prend en compte la vente du
biométhane de synthèse produit ainsi que la vente de la chaleur excédentaire valorisée.

PRODUITS
Produits (Chiffre d’affaires) 7 506 000 €
P1 Vente biométhane de synthèse 80 €/MWh 7 343 000 €
P2 Vente chaleur 26 €/MWh 163 000 €
Tableau 47 : Produits pour le scénario 2.b

Les coûts opératoires présentés dans le Tableau 48 sont répartis entre les charges fixes
et les charges variables.

OPEX – Scénario 2.b


Charges fixes 2 093 000 €
CF1 Maintenance 499 000 €
CF2 Main d'œuvre 261 000 €
CF2.1 Equipe technique (3 équipes de 2) 224 000 €
CF2.2 Equipe administrative 38 000 €
CF3 Traitement du syngas 948 000 €
CF3.1 Sulfures - Location réacteur et charbon actif 474 000 €
CF3.2 Chlorures - Location réacteur et alumine 474 000 €
CF4 Service d'injection 66 000 €
CF4.1 GRDF 66 000 €
CF5 Autres charges fixes 319 000 €
CF5.1 Assurances 191 000 €
CF5.2 Contrôles réglementaires 128 000 €
Charges variables 3 498 000 €
CV1 Combustible 2 030 000 €
CV2 Consommables 1 357 000 €
CV2.1 Electricité usine 1 207 000 €
CV2.2 Eau adoucie 71 000 €
CV2.3 Catalyseur water gas shift 40 000 €
CV2.4 Catalyseur méthanation 40 000 €
CV2.5 Oxygène 0€
CV3 Gestion des effluents 111 000 €
CV3.1 Evacuation des cendres et particules 41 000 €
CV3.2 Evacuation et traitement de l'eau 71 000 €
CV3.3 Evacuation et traitement du catalyseur 1 000 €
Tableau 48 : OPEX pour le scénario 2.b

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Figure 28 : Répartition des OPEX pour le scénario 2.b

Les contributions majeures aux coûts opératoires concernent le combustible (36%) et


les consommables (24%), principalement l’électricité nécessaire au fonctionnement de l’unité.
Les consommations électriques sont détaillées dans le Tableau 49 ci-dessous par poste, et il
apparaît que le poste de plus consommateur soit l’unité de pyrogazéification (lié à la montée
en pression).

Poste Puissance Consommation


kWe MWhe/an %
Préparation combustible 55 416 3%
Sécheur 55
Unité de pyrogazéification 1125 8 435 56%
Production d'O2 603 4 525 30%
VPSA 510
Compresseur O2 - 14 barg 93
Traitement du gaz 0 0%
Upgrading du gaz 227 1 704 11%
Mise sous pression eau/vapeur 217
Groupe froid déshumidieur gaz 10
Autres postes et périphériques 0 0 0%

Total 2 011 15 080 100%


Tableau 49 : Répartition des consommations électriques du scénario 2.b

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3.6.2.3. Coût de production du biométhane de synthèse


Le coût de production du biométhane de synthèse produit dans le scénario 2.b est
calculé selon la formule suivante :

(€)
+ (€/ )
é ( )
û (€/ ℎ_ )=
4 ( ℎ_ / )

Le coût de production du biométhane de synthèse pour le scénario 2.b s’élève à 77,4


€/MWh_PCS.

3.6.2.4. Bilan de rentabilité


L’évaluation de la rentabilité du projet est basée sur 2 indicateurs principaux :

Ø Le TRB, Temps de Retour Brut : c’est la durée nécessaire pour amortir


l’investissement grâce à l’excédent brut (EBE = Recettes – Charges). Il doit être
inférieur ou égal à 10 ans.

Ø Le TRI projet : C’est le taux d’actualisation de l’EBE qui annulerait la VAN sur 15
ans. Le TRI indique donc la marge de risque du projet dans le temps. Il est
préconisé d’avoir un TRI > 8% pour assurer la faisabilité économique du projet.

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3.6.2.4.1. Résultats sans subventions


Les résultats de rentabilité du scénario 2.b sont présentés ci-dessous pour plusieurs
coûts de vente du biométhane de synthèse et pour un taux de subvention nul.

Figure 29 : Evolution des indicateurs de rentabilité en fonction du prix de vente du biométhane de synthèse – scénario 2.b sans
subventions

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Prix de vente du biométhane de


80,0 85,0 90,0 95,0 100,0 105,0 110,0 115,0 120,0
synthèse (€/MWh_pcs)
Vente Biométhane de synthèse 7343 7802 8261 8720 9179 9638 10097 10556 11015
Vente chaleur 163 163 163 163 163 163 163 163 163
Total Produits 7506 7965 8424 8883 9342 9801 10260 10719 11178
Montant à financer par le porteur de projet 30 338 30 338 30 338 30 338 30 338 30 338 30 338 30 338 30 338
Annuité de remboursement 1 237 1 237 1 237 1 237 1 237 1 237 1 237 1 237 1 237
Intérêts d'emprunts annuels moyens 175 175 175 175 175 175 175 175 175
Somme des revenus après impôts 47 779 55 421 63 331 70 850 78 644 86 437 94 231 102 024 109 818
Somme des revenus actualisés 38 138 44 254 50 618 56 606 62 857 69 109 75 360 81 611 87 863
Valeur actuelle nette 7 800 13 917 20 281 26 268 32 519 38 771 45 022 51 274 57 525
Cash flow annuels moyens 2 389 2 771 3 167 3 543 3 932 4 322 4 712 5 101 5 491
Cash flow annuels moyens actualisés sans
1 907 2 213 2 531 2 830 3 143 3 455 3 768 4 081 4 393
intérêts d'emprunt
Cash flow annuels moyens actualisés avec
1 732 2 038 2 356 2 655 2 968 3 280 3 593 3 905 4 218
intérêts d'emprunt
Taux moyen de couverture de la dette 193% 224% 256% 286% 318% 349% 381% 412% 444%
Temps de retour brut (en année) : sans
12,7 10,9 9,6 8,6 7,7 7,0 6,4 5,9 5,5
intérêts d'emprunt
Temps de retour brut (en année) :
13,7 11,7 10,1 9,0 8,1 7,3 6,7 6,2 5,7
avec intérêts d'emprunt
TRI avant impôts (en %) 5,4% 7,4% 9,2% 10,9% 12,5% 14,0% 15,4% 16,9% 18,2%
TRI après impôts (en %) 4,2% 5,7% 7,2% 8,5% 9,8% 11,0% 12,2% 13,4% 14,5%
Indice de profitabilité : VAN/Inv 0,26 0,46 0,67 0,87 1,07 1,28 1,48 1,69 1,90
Tableau 50 : Résultats de rentabilité du scénario 2.b sans subventions

A partir d’un prix de vente du biométhane de 95 €/MWh, les résultats en termes de TRI et de TRB sont supérieurs aux indicateurs d’une
rentabilité correcte (respectivement >8% et <10 ans).

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3.6.2.4.2. Résultats à 15% de subventions

Les résultats de rentabilité du scénario 2.b sont présentés ci-dessous pour plusieurs
coûts de vente du biométhane de synthèse et pour un taux de subvention de 15%.

Figure 30 : Evolution des indicateurs de rentabilité en fonction du prix de vente du biométhane de synthèse - scénario 2.b avec 15% de
subventions

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Etude de gisements et de faisabilité

Prix de vente du biométhane de synthèse (€/MWh_pcs) 80,0 85,0 90,0 95,0 100,0 105,0 110,0 115,0 120,0
Vente Biométhane de synthèse 7343 7802 8261 8720 9179 9638 10097 10556 11015
Vente chaleur 159 159 159 159 159 159 159 159 159
Total Produits 7502 7961 8420 8879 9338 9797 10256 10715 11174
Montant à financer par le porteur de projet 25 787 25 787 25 787 25 787 25 787 25 787 25 787 25 787 25 787
Annuité de remboursement 1 051 1 051 1 051 1 051 1 051 1 051 1 051 1 051 1 051
Intérêts d'emprunts annuels moyens 149 149 149 149 149 149 149 149 149
Somme des revenus après impôts 46 446 54 226 61 794 69 588 77 381 85 175 92 968 100 762 108 555
Somme des revenus actualisés 37 052 43 292 49 328 55 579 61 831 68 082 74 333 80 585 86 836
Valeur actuelle nette 11 265 17 505 23 541 29 792 36 043 42 295 48 546 54 798 61 049
Cash flow annuels moyens 2 322 2 711 3 090 3 479 3 869 4 259 4 648 5 038 5 428
Cash flow annuels moyens actualisés sans intérêts d'emprunt 1 853 2 165 2 466 2 779 3 092 3 404 3 717 4 029 4 342
Cash flow annuels moyens actualisés avec intérêts d'emprunt 1 704 2 016 2 317 2 630 2 943 3 255 3 568 3 880 4 193
Taux moyen de couverture de la dette 221% 258% 294% 331% 368% 405% 442% 479% 516%
Temps de retour brut (en année) : sans intérêts d'emprunt 11,1 9,5 8,3 7,4 6,7 6,1 5,5 5,1 4,8
Temps de retour brut (en année) : avec intérêts d'emprunt 11,9 10,1 8,8 7,7 6,9 6,3 5,7 5,3 4,9
TRI avant impôts (en %) 7,1% 9,2% 11,2% 13,0% 14,8% 16,4% 18,0% 19,6% 21,1%
TRI après impôts (en %) 5,6% 7,3% 8,8% 10,3% 11,7% 13,0% 14,3% 15,6% 16,8%
Indice de profitabilité : VAN/Inv 0,44 0,68 0,91 1,16 1,40 1,64 1,88 2,12 2,37

Tableau 51 : Résultats de rentabilité du scénario 2.b avec 15% de subventions

A partir d’un prix de vente du biométhane de 85 €/MWh, les résultats en termes de TRI et de TRB sont supérieurs aux indicateurs d’une
rentabilité correcte (respectivement >8% et <10 ans).

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3.7. Synthèse réglementaire


L’unité sera soumise à la réglementation Installation Classée pour la Protection de
l’Environnement (ICPE). La rubrique concernée dépend du type d’intrant (biomasse propre,
déchets dangereux ou non, statut sortie déchet (SSD), CSR). Selon la rubrique et la puissance
nominale de l’unité, l’installation sera soumise à une réglementation plus ou moins
contraignante (Déclaration, Enregistrement, Autorisation).

Le Tableau 52 ci-dessous récapitule les différentes rubriques qui concernent les


installations de gazéification.

2910 : Combustion (hors 2971, 2771 et 2770)


ü Biomasse a : biomasse végétale agricole
ou forestière 1 MW < P < 20 MW DC
ü Biomasse b(i) : déchets végétaux agricoles
ou forestiers
2910 A ü Biomasse b(iv) : déchets de liège
ü Produits connexes de scierie et chutes de
20 MW ≤ P < 50 MW E
bois brut lié à son travail mécanique
ü Biomasse issue de déchets SSD (Sortie du
Statut de Déchet)
ü Biomasse b(ii) : déchets végétaux du
secteur industriel de la transformation
alimentaire
2910 B ü Biomasse b(iii) : déchets végétaux du 1 MW ≤ P < 50 MW E
secteur de la production de papier.
ü Biomasse b(v) : déchets de bois propre,
non adjuvanté
2971 : Valorisation énergétique CSR (Combustibles Solides de Récupération)
2971 ü CSR A-2
2771 : Traitement thermique de déchets non dangereux (hors 2910 et 2971)
2771 Incinération / Co-incinération A-2
2770 : Traitement thermique de déchets dangereux
2770 Incinération A-2
A : Autorisation / E : Enregistrement / D : Déclaration / C : Soumis au contrôle périodique
Légende
(2) : Rayon d'affichage en kilomètres
Tableau 52 : Rubriques ICPE concernant les installations de gazéification

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Dans le cas du projet, le combustible et la puissance diffèrent selon les scénarios. Ces
données et la rubrique ICPE concernée sont indiqués dans le Tableau 53 ci-dessous.

Scénario 1.a Scénario 1.b Scénario 2.a Scénario 2.b

Puissance
9,7 MW 10,8 MW 19,2 MW 20,3 MW
biomasse entrante

Type de biomasse Bois A Bois A et Bois B Bois A Bois A et Bois B

Catégorie ICPE 2910 A 2771 2910 A 2771

Déclaration & Déclaration &


Démarche
Contrôle Autorisation Contrôle Autorisation
administrative
périodique périodique
Tableau 53 : Réglementation ICPE des différents scénarios

Les démarches administratives d’une unité classée en Autorisation sont beaucoup plus
contraignantes que pour une unité classée en Déclaration. L’autorisation d’exploiter nécessite
l’aval de la DREAL, qui sur ces technologies innovantes peut devenir un point bloquant. Une
alternative consiste à monter dans un premier temps une installation classée en Déclaration,
donc fonctionnant sur de la biomasse « propre », et seulement dans un second temps
d’évoluer sur une demande d’autorisation pour la valorisation de bois B. Ce modèle permet
d’une part de réduire les risques liés au process en débutant sur une configuration
« classique », et d’autre part de pouvoir assurer à la DREAL la fiabilité de l’unité et le respect
des limites d’émissions sur la base d’essais effectués avec du bois B. L’acceptabilité sociale en
sera également facilitée.

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3.8. Bilan environnemental


Une première approche de l’impact environnemental d’une telle unité a été étudiée. Les
différents types de rejets sont quantifiés et qualifiés. Une étude des émissions de Gaz à Effet
de Serre (GES) a également été effectuée.

La figure ci-dessous localise sur la chaîne de procédé les différents rejets attendus.

Figure 31 : Rejets de l'unité

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Rejets gazeux
Le syngas étant épuré de tous ses polluants, les seules émissions gazeuses du process
sont celles liées à la combustion des Off-gaz dont les débits estimés sont donnés ci-dessous:

Scénario 1.a Scénario 1.b Scénario 2.a Scénario 2.b

Débit Off-Gaz 1 346 Nm3/h 1 500 Nm3/h 2 655 Nm3/h 2 809 Nm3/h

Les off-gas sont constitués principalement de CO 2 (92 %) et de CH4 (8 %) et sont brûlés


par la post-combustion pour n’émettre que du CO 2 comme le présente la figure ci-dessous :

Ce dernier est produit à partir de biomasse et est donc d’origine biogénique. De plus,
différents usages existent pour la valorisation du CO 2 (Croissance de microalgues, cultures en
serre, alimentation, …). Ils requièrent cependant des équipements supplémentaires en
fonction de la qualité du CO2 recherchée.

3.8.1.1. Valorisations du CO2

Valorisation en serre
Les serres, à tomates notamment, consomment du CO 2 pour la croissance des plantes
principalement d'Avril à Septembre à raison de 200 T par hectare et par an en moyenne. Elles
consomment également de la chaleur l'hiver et les nuits d'été.

Une valorisation de 50% du CO2 produit par l'unité permettrait de couvrir les besoins
d'une serre d'environ 50 ha pour le scénario 1 et 100 ha pour le scénario 2. Leur consommation
de chaleur serait de l'ordre de 50 et 100 MW. Les serres font généralement entre 1 et 15 ha.

Ainsi, l'excédent de chaleur du scénario 2 couvrirait les besoins d'une serre de 3 ha qui
consommerait entre 2 et 5 % du CO 2 produit.

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En conclusion, seule une petite partie du CO 2 produit pourra être valorisé en serre.

Cultures de microalgues
La culture de microalgues (spiruline, etc.) est consommatrice de CO 2 dans des
proportions cependant moindres que les serres maraîchères. De plus il s'agit d'un marché
fortement concurrencé par les pays asiatiques qui laisse peut de place à la création de
nouvelles exploitations en France.

Production et revente de CO2 liquide


La production de CO2 est la voie qui nécessite le plus d'investissements supplémentaires.
Il a été évalué sur des projets similaires de méthanisation que le coût de la production de CO 2
liquide à partir des off-gas de l'épurateur se situait entre 70 et 80 €/T pour un prix de revente
de l'ordre de 100 €/T. L'intérêt économique pour les industriels est donc conditionné à la
valeur "biogénique" que sera donné au CO 2.

Rejets solides
La gazéification de la biomasse produit des cendres constituées de matières minérales
et de carbone non transformé par la réaction. Elles sont évacuées via une filière spécialisée et
peuvent être valorisées en épandage, en co-compostage ou pour la fabrication de matériaux
de construction ou de céramiques.

Le traitement du syngas brut engendre des rejets de particules principalement inertes


(cendres volantes). Les particules peuvent être évacuées avec les cendres.

Enfin, les catalyseurs de Water Gas Shift et de Méthanation sont remplacés tous les trois
ans et peuvent parfois être régénérés.

Scénario 1.a Scénario 1.b Scénario 2.a Scénario 2.b

Débit Cendres 52 kg/h 57 kg/h 102 kg/h 107 kg/h

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Rejets liquides
Certaines étapes de la production de biométhane de synthèse produisent de l’eau. Une
partie de cette eau est relativement propre et peut donc être réinjectée dans le process et
ainsi réduire les besoins en eau de l’usine. L’autre partie, est chargée en goudrons et en
polluants. Le bilan en eau est présenté ci-dessous:

Au global l'unité est consommatrice d'eau due à l'utilisation de vapeur d'eau en tant
qu'agent oxydant pour la gazéification. Cette consommation d'eau peut être réduite par
l'utilisation d'une technologie de pyrogazéification qui n'utilise pas ou moins de vapeur d'eau.

Bilan GES
Les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) de la production de biométhane de synthèse
ont été quantifiées et comparées aux émissions GES liées à l’utilisation de gaz naturel.

Il en ressort que la production d’un MW de biométhane de synthèse permet d’éviter


l’émission de 200 kg de CO2. Le Tableau 54 ci-dessous présente les émissions de CO 2 évitées
chaque année selon le scénario considéré.

Scénario 1 .a Scénario 1.b Scénario 2.a Scénario 2.b

Emissions de
7 900 T/an 8 300 T/an 15 500 T/an 16 600 T/an
CO2 évitées
Tableau 54 : Emissions de CO2 évitées selon les scénarios

Les bilans sont présentés ci-dessous pour chaque scénario en tenant compte de la part
liée à la production et de la part liée à la consommation.

Les définitions des ratios d'émissions de CO2 sont données en annexe 1.

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3.8.4.1. Scénario 1.a

Figure 32 : Bilan GES - scénario 1.a

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3.8.4.1. Scénario 1.b

Figure 33 : Bilan GES - scénario 1.b

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3.8.4.1. Scénario 2.a

Figure 34 : Bilan GES - scénario 2.a

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3.8.4.1. Scénario 2.b

Figure 35 : Bilan GES - scénario 2.b

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3.9. Synthèse des montages juridiques

Un projet de pyrogazéification peut être porté par une diversité de forme juridique relevant
soit des sociétés commerciales de droit privé soit des sociétés collectives. Le choix de la
structure se fera en fonction du nombre et de la typologie d'acteurs souhaitant porter le
projet.

Une collectivité peut ainsi s'intégrer dans ce type de projets de différentes manières:

En supportant à 100% le portage du projet


En prenant des parts de capital dans une société commerciale
En soutenant financièrement (ex : subventions) ou en nature (ex: terrains, service, etc.)
la société porteuse du projet

Support 100% public

Un projet 100% public peut être porté par :

Un établissement public de coopération intercommunale (EPCI)


Un syndicat mixte
Un groupement d'intérêt public (GIP)
Une société publique local (SPL)
Ces structures sont soumises au code des marchés publics, sauf cas particulier pour la SPL
pour des contrats entres entités publiques. La gestion du projet peut ensuite est réalisée en
interne (en Régie) ou confiée à un opérateur privé à travers une délégation de Service Public
(DSP)

Support public/privé

Le projet peut être porté par une société dont le capital est détenu à la fois par des entités
publiques et des personnes privées (morale ou physique) dans des proportions variables en
fonction de la structure et de la nature du projet/service. L'intérêt de ce type de montage est
de bénéficier de la souplesse d'une société privée tout en assurant à la collectivité le maintien
et la bonne tenue du service publique.

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Parmi ces structures on trouve :

Les sociétés d'économie mixte (SEM) dont le capital est détenu majoritairement par
une ou plusieurs entités publiques à hauteur de 85% maximum et au moins une
personne privée doit participer au capital
Les sociétés coopératives d'intérêt collectif (SCIC) qui associent au capital au minimum
trois acteurs différents. Il s'agit des salariés de la coopérative, des bénéficiaires (clients,
usagers, fournisseurs, etc.) et d'autres personnes morales ou physique qui contribuent
à l'activité de la coopérative. Les collectivités peuvent détenir le capital d'une SCIC à
hauteur maximale de 50%. La structure juridique d'une SCIC prend la forme soit d'une
SA, d'une SAS ou d'une SARL.
Les sociétés Anonymes (SA). La SA est composée d’au minimum deux actionnaires et
est généralement destinée aux grandes structures. Elle est dirigée par un conseil
d’administration de 3 à 18 membres qui désigne un président parmi ceux-ci. La gestion
courante de la société et sa représentation peut être assurée par un directeur général
également nommé par le conseil d'administration.
Les sociétés par actions simplifiées (SAS). Il s'agit d'une structure très répandue pour
le portage de projets de production d'ENR. Elle permet de facilité la diversité et la
souplesse entre les actionnaires à travers le système d'actions. Une SAS est dirigée par
un président, personne physique ou personne morale nommée dans les conditions
prévues par les statuts, et par d’éventuels autres organes mis en place librement par
les actionnaires.
La SARL est l’une des structures juridiques les plus répandues et est souvent appelée
société « passe-partout ». Composée entre 2 et 100 associés, personnes morales ou
physiques, elle peut être dirigée par un ou plusieurs gérants, associés ou non, à
condition que ceux-ci soient des personnes physiques. Une personne morale associée
ne peut pas occuper un poste de gérant. Les gérants peuvent avoir tous les pouvoirs
pour agir au nom et pour le compte de la société. Les pouvoirs des gérants sont fixés
et peuvent être limités dans les statuts ou dans un acte séparé. Le capital social est
réparti en parts sociales de même catégorie.

Support 100% privé


Dans le cas d'un portage 100% privé, on retrouvera majoritairement des structures de
type SA, SAS, SARL dont le capital est détenu à 100% par des acteurs privés. Les collectivités
peuvent soutenir l'activité par l'intermédiaire de subventions ou par des aides en nature (prêt
de terrains, services, etc.)

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Projet de gazéification de bois pour la production de Biométhane de synthèse
Etude de gisements et de faisabilité

3.10. Acceptabilité sociale


La construction d’une unité de production de biométhane de synthèse par
pyrogazéification est un projet d'envergure et innovant qui, comme tout projet, suscitera des
oppositions. Il s'agit donc de faire preuve de pédagogie et de transparence pour démontrer la
pertinence de ce projet et ses atouts pour le territoire.

Dynamisme économique et création d'emploi


Même si la majorité des briques technologiques ne seront pas fabriquées sur le territoire
(provenance EU, USA ou Asie), il reste certains lots qui ne peuvent être délocalisés ou qu'il est
plus intéressant de faire réaliser sur place. Ainsi durant la construction nombreux corps de
métier seront sollicité localement :

Entreprises du BTP pour les lots terrassement et génie civil


Electriciens, tuyauteurs, monteurs pour l'assemblage des briques entre-elles, pour le
raccordement électrique ou encore le calorifugeage des lignes
Entreprises de transports et manutention
Entreprises de restauration

Ensuite durant l'exploitation de l'unité, c'est tout un microcosme économique qui sera
mis en place à travers des emplois pérennes et non délocalisables

Techniciens d'exploitation estimé à 6 ETP pour exploiter l'unité 7 jours sur 7, 24h/24
Un responsable de site
La création d'emploi dans la filière d'approvisionnement et transport de la biomasse
La consolidation des emplois de restauration local
Des emplois dans les services externes tels que les prestataires de maintenance, les
services de contrôle et suivi, etc.
Ainsi il est estimé que ce projet permettra la création de 7 emplois directs et entre 5
et 7 emplois indirects.

Le mix d’intrant étant majoritairement constitué de plaquettes forestières, une telle


unité permet de faire fonctionner l’économie de la filière forêt-bois et ainsi de réaliser une
meilleure exploitation de la forêt via la valorisation de ses sous-produits.

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Projet de gazéification de bois pour la production de Biométhane de synthèse
Etude de gisements et de faisabilité

Réponses aux enjeux environnementaux et gestion des déchets


v Ce projet permettra de valoriser localement les déchets de biomasse ligneuse, que ce
soient des sous-produits de l’exploitation forestière ou du bois déchet (bois B). Ces
déchets trouveront ainsi un usage vertueux sur le territoire, tout en diminuant les
nuisances associées à leur enfouissement et à leur transport sur de longues distances.

v Ce projet augmentera l'autonomie énergétique du territoire à travers la production de


biométhane de synthèse. Il s'agit en effet d'un vecteur énergétique stockable et
transportable dans les réseaux à l’inverse de la chaleur qui doit être consommée dans
des limites de temps et d’espace. De plus, le biométhane de synthèse produit par
pyrogazéification est une énergie renouvelable issue de déchets de bois. Sa production,
en remplacement au gaz naturel, permettra une réduction importante des Gaz à Effet
de Serre (GES) et une baisse de la dépendance du pays aux énergies fossiles. La
production de biométhane de synthèse émet également de la chaleur qui peut être
valorisée pour des usages locaux.

v Comparé à un projet de chaufferie bois, les émissions atmosphériques seront bien plus
faibles. En effet, la pyrogazéification s’opère en atmosphère réductrice (limitée en
oxygène) ce qui permet d’éviter la formation de dioxines, furanes, NOx et SOx, des
polluants que l’on retrouve souvent dans les fumées des chaufferies bois ou
d'incinérateurs. D’autre part, le process en aval de la pyrogazéification nécessite, pour
la production de biométhane de synthèse, des teneurs en polluants (H 2S, COS, NH3, HCl)
très faibles. Ces polluants sont donc réduits au dixième de ppm. Ainsi, le principal rejet
gazeux d’une unité de pyrogazéification est du CO2 qui peut également être capté et
valorisé.

Vitrine pour le territoire


La filière pyrogazéification est actuellement en pleine ébullition notamment auprès des
opérateurs gaziers qui se sont fixés des objectifs ambitieux en matière de fourniture de gaz
vert. Des groupes de travail nationaux se sont constitués afin de créer des conditions
favorables aux développement de ces projets en matière de réglementation et de soutiens
financiers. De nombreux projets de gazéification de biomasse et déchets émergent dans ce
sens. Le projet de Limoges Métropole en fait partie et pourrait apporter un rayonnement
national et européen au territoire.

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Etude de gisements et de faisabilité

Points de contestations potentiels

Argument contre le projet Réponse


Contrairement à la combustion du bois, la pyrogazéification ne rejette que
du CO2. En effet, la pyrogazéification s’opère en atmosphère réductrice
(limitée en oxygène) ce qui permet d’éviter la formation de dioxines,
La pyrogazéification du furanes, NOx et SOx, des polluants que l’on retrouve souvent dans les
bois émets des émissions fumées des chaufferies bois ou d'incinérateurs. D’autre part, le process
polluantes en aval de la pyrogazéification nécessite, pour la production de
biométhane, des teneurs en polluants (H2S, COS, NH3, HCl) très faibles.
Ces polluants sont donc réduits au dixième de ppm, soit largement en
dessous des valeurs limites d’émissions imposées par la réglementation.
La pyrogazéification du Oui, mais en quantité très faible en comparaison aux énergies fossiles
bois émet du CO2 (environ 8 fois moins ; voir Bilan GES).
Plus ou moins consommateur selon la technologie de pyrogazéification.
Consommation et Une partie de l’eau est utilisée en circuit fermé afin de limiter sa
pollution de l’eau consommation. L’eau rejetée est traitée afin de respecter les seuils
réglementaires.
Très peu. L’usine aura une taille raisonnable (Environ 1 à 2 ha, soit
Nuisances visuelles l’équivalent d’1 à 3 terrains de football) et sera située en périphérie de la
ville. Il n’y aura pas de panache de fumées.
Aucune. Les mauvaises odeurs sont généralement liées aux émissions de
Nuisances olfactives soufre. Le système de traitement du gaz permet de réduire les émissions
de soufre au dixième de ppm.
Le projet implique évidemment l’approvisionnement en bois par camions.
Trafic routier Leur fréquence sera de l’ordre de 2 à 5 semi-remorques par jour. (Chiffre
à comparer à la circulation actuelle sur la route)
Le bois valorisé provient de forêts gérées durablement et localement
(rayon d’approvisionnement <50 km). Il s’agit de plaquettes forestières,
autrement dit de sous-produits de l’exploitation forestière pour le bois
Ressource en bois limitée d'œuvre. Des déchets bois (palettes, bois d’ameublement) ainsi que des
déchets verts non compostables (souches, branches, …) seront également
valorisés. Ainsi, le bois mobilisé n’est pas coupé spécialement pour sa
valorisation énergétique.
Les risques d’explosion sont minimes et l’installation respectera les
spécifications de la réglementation ATEX (Atmosphère Explosive).
Risques d’explosion & L’installation sera pensée pour minimiser les risques (inertage à l’azote,
autres risques industriels protocoles d’arrêt d’urgence, etc.) et des équipements annexes seront
installés (capteurs de CO, alarmes, ventilation, etc.) pour prévenir les
risques

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Projet de gazéification de bois pour la production de Biométhane de synthèse
Etude de gisements et de faisabilité

4. Conclusion
Une étude de gisement a été réalisée afin de définir les gisements mobilisables pour une
valorisation via une unité de pyrogazéification. Cette étude a permis d’identifier quatre
scénarios pour l’étude de faisabilité d’une unité de production de biométhane de synthèse
par pyrogazéification. La faisabilité technique et la rentabilité économique de chaque scénario
ont été étudiées ainsi que les bilans environnemental et social.

L’étude de faisabilité a permis de valider la faisabilité technique du projet. Aucun


scénario ne présente de barrière technique. Il faudra cependant prêter une attention
particulière à la méthanation qui nécessite une bonne gestion de la chaleur. La purification du
méthane est également une étape importante qui peut rapidement devenir très onéreuse
pour atteindre les spécifications d’injection du réseau.

Le Tableau 55 permet de comparer pour chaque scénario la production de biométhane


de synthèse et la chaleur valorisée, les coûts d’investissement et d’exploitation ainsi que la
rentabilité économique.

On remarque l’influence du coût d’achat du combustible qui diminue fortement avec la


substitution d’une partie des plaquettes forestières par du bois B. Plus la part de bois B est
importante, plus le coût d’achat du combustible (et donc la rentabilité de l’unité) est impacté.

On remarque également les économies d’échelles qui se ressentent principalement sur


l’investissement ainsi que sur les charges fixes.

Enfin, on peut comparer les prix de vente du biométhane de synthèse aux prix pratiqués
en méthanisation : 120 €/MWh pour les petites unités et 100 €/MWh pour les grosses unités.

D’autre part, le coût d’investissement d’une unité de méthanisation rentable se situe


entre 30 000 et 50 000 € par Nm3/h injecté. Dans le cas du projet, l’investissement se situe
entre 33 000 et 25 000 € par Nm3/h.

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Etude de gisements et de faisabilité

Scénario 1.a Scénario 1.b Scénario 2.a Scénario 2.b

Taux de subventions 0% 15% 0% 15% 0% 15% 0% 15%


Conso. Combustible T/an 20 000 20 000 20 000 20 000 40 000 40 000 40 000 40 000
Puissance Combustible kW_PCI 9 367 9 367 10 633 10 633 18 433 18 433 19 700 19 700
3
Prod. Biométhane Syn. Nm /h 591 591 658 658 1 165 1 165 1 233 1 233
Puissance Biométhane S. kW_PCS 5 862 5 862 6 535 6 535 11 566 11 566 12 239 12 239
Chaleur valorisée MWh/an 2 375 2 375 4 164 4 164 4 326 4 326 6 115 6 115
CAPEX € 19 730 000 € 19 730 000 € 20 853 000 € 20 853 000 € 29 455 000 € 29 455 000 € 30 338 000 € 30 338 000 €
OPEX €/an 3 230 000 € 3 230 000 € 2 849 000 € 2 849 000 € 5 895 000 € 5 895 000 € 5 588 000 € 5 588 000 €
Coût Combustible €/an 1 245 000 € 1 245 000 € 534 000 € 534 000 € 2 741 000 € 2 741 000 € 2 030 000 € 2 030 000 €
Part bois B 0% 0% 48% 48% 0% 0% 24% 24%
Coût de prod. du
€/MWh_PCS 95,9 95,9 79,4 79,4 84,9 84,9 77,4 77,4
biométhane
Prix de vente du
biométhane S. pour €/MWh_PCS 120 110 100 95 100 95 95 90
atteindre un TRI de 8%
Tableau 55 : Comparatif des résultats techniques et économiques des différents scénarios

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Etude de gisements et de faisabilité

4.1. Bilan Forces / Faiblesses des quatre scénarios


Le Tableau 56 présente les forces et faiblesses de chaque scénario.

Forces Faiblesses
ü Capacité û Capacité de production plus faible
d’investissement/endettement plus û Rentabilité économique plus faible
faible û N'apporte pas d'exutoire pour le bois
Scénario 1.a ü Réglementation plus souple B
ü Dynamise l'activité forestière locale
ü Acceptation sociale plus aisée au
regard de la taille du projet
ü Capacité û Réglementation contraignante
d’investissement/endettement plus (Autorisation)
faible û Plus de travail sur l'acceptation
Scénario 1 .b ü Valorisation locale du bois B sociale vis-à-vis de la réglementation
ü Rentabilité satisfaisante (faible coût û Contraintes techniques plus
du combustible) importantes sur le traitement des gaz
à risques
ü Réglementation plus souple û Capacité
ü Dynamise fortement l'activité d’investissement/endettement plus
forestière et l'emploi local important
ü Rentabilité satisfaisante (économies û Plus de travail sur l'acceptation
Scénario 2.a d'échelles) sociale vis-à-vis de la taille
ü Capacité de production significative û N'apporte pas d'exutoire pour le bois
B
û Logistique de mobilisation plus
importante
ü Valorisation locale du bois B û Réglementation contraignante
ü Dynamise l'activité forestière et (Autorisation)
l'emploi local û Capacité
ü Rentabilité très satisfaisante d’investissement/endettement plus
(économies d'échelle + faible coût du important
combustible) û Plus de travail sur l'acceptation sociale
Scénario 2.b
ü Capacité de production significative vis-à-vis de la réglementation et de la
taille
û Risques techniques plus élevés
(traitement du gaz)
û Logistique de mobilisation plus
importante
Tableau 56 : Forces - faiblesses des différents scénarios

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Etude de gisements et de faisabilité

4.2. Pistes d’optimisations


Différentes pistes d’optimisations peuvent être étudiées afin d’améliorer la rentabilité
économique ou le bilan environnemental du projet :

Ø Combustion des Off-gas : Initialement brûlés par la post-combustion, la chaleur


produite n’est pas valorisée. Sa valorisation est toutefois possible en investissant
dans une chaudière spéciale.

Ø Baisse des CAPEX par la négociation et la mise en concurrence des fournisseurs.

Ø Valorisation du CO2 : Produit en grande quantité via le process, il constituera un


produit supplémentaire pour améliorer la rentabilité de l’unité. Sa valorisation
nécessitera des investissements supplémentaires pour purifier le CO 2 produit.

Ø Valorisation de la chaleur en période estivale : La chaleur produite par le


process est valorisée via le réseau de chaleur local. Cependant, lors de la période
estivale, le réseau n’est pas en mesure de recevoir la chaleur produite par l’unité
de pyrogazéification. Ainsi, la vente de la chaleur lors de cette période
constituerait un revenu supplémentaire. De nombreuses valorisations sont
possibles : Séchage de bois, de céréales, chauffage de serres, production de
froid, etc.

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Etude de gisements et de faisabilité

4.3. Points de vigilance


Un tel projet s'accompagne aussi de point de vigilance sur lesquels une attention
particulière devra être portée :

û Technologies innovantes : La production de biométhane de synthèse par


pyrogazéification est un concept innovant, qui met en œuvre de nombreux
équipements. Il est donc nécessaire de porter une attention particulière au choix des
technologies sur des critères de maturité et de simplicité.
û Intégration paysagère de l’installation : Bien que relativement compacte, l’unité de
production de biométhane de synthèse reste une usine. Son intégration dans le
paysage doit être prise en compte (mise en place de haies, végétalisation, …).
û Sécurité et risques industriels : Comme toute usine, il existe un certain nombre de
risques industriels, et notamment certains liés à la présence de gaz. Ces risques doivent
impérativement être minimisés. Ainsi, le process sera pensé en ce sens (mise sous
pression du process pour éviter les fuites d’air vers l’intérieur des équipements ;
inertage à l’azote ; protocoles d’arrêt d’urgence, etc.). Des équipements annexes
peuvent être installés (capteurs de CO, alarmes, ventilation, etc.).
û Gestions des effluents : La production de biométhane de synthèse génère divers
effluents qu’il est nécessaire de traiter. L’eau peut être nettoyée et réemployée dans
le process. Les cendres peuvent être épandues ou valorisées pour la fabrication de
matériaux de construction ou de céramiques. Les catalyseurs sont récupérés par le
fournisseur et régénérés afin de servir à nouveau. Les effluents gazeux sont minimisés
et d’origine biogénique.

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Etude de gisements et de faisabilité

5. Calendrier du projet
La production de biométhane de synthèse par pyrogazéification est une filière en cours
de structuration réglementaire et économique. Des groupes de travail au niveau de la
Direction Générale de l'Energie et du Climat (DGEC) se sont constitués en ce sens. Constitués
des opérateurs gaziers (GRDF, GRTgaz, TEREAGA, ENGIE), de bureaux d'études spécialisés et
d'équipementiers ils visent à construire un cadre propice au développement des projets.
L'ensemble des ces acteurs se sont regroupés au sein de l'association ATEE Club
pyrogazéification.

Un appel d'offres est ainsi attendu pour le printemps 2021 qui devrait permettre aux
projets lauréats de bénéficier de conditions de financements particulières sur le prix de
revente du biométhane de synthèse. Les modalités de cet appel d'offres sont à ce jour
inconnues.

Il serait pertinent de présenter le projet de Limoges Métropole avant fin 2020 auprès de
l'ATEE Club Pyrogazéification et de la DGEC pour deux raisons :

Témoigner auprès de la DGEC du réel besoin des territoires d'avoir une structuration
établie de la filière pyrogazéification et de conditions favorables sur les premiers
projets pour démarrer la filière.
Mettre en avant le projet et bénéficier de conseils pour la réponse à l'AO

Dans cette optique, la suite immédiate consiste à consolider cette étude de faisabilité
en AVP afin de statuer sur le choix du scénario et les orientations techniques du projet de
manière à présenter un projet solide à la DGEC.

En fonction du retour de ce porté à connaissance le déroulement du projet pourra être


poursuivi dés le début de l'année 2021 en commençant notamment par les étapes suivantes
de manière à préparer la réponse à l'AO du printemps 2021.

Les démarches de constitution de la société de projet


Les possibilités d'acquisition du terrain
La consolidation de l'AVP en PRO
Un planning des grandes étapes du projet est présenté ci-après.

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Etude de gisements et de faisabilité

Figure 36 : Planning estimatif du projet

En supposant que les projets lauréats de l'AO seront officialisés en Janvier 2022, l'unité pourrait voir le jour au cours de l'année 2023 le temps
de réaliser l'ensemble des études préalables :

Etudes de conception et consultations


Etudes de raccordement réseau
Etudes réglementaires
Dossiers de financements

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6. Annexes
Annexe 1. Synthèse des entretiens de l'étude de gisement
Acteur Contact Retour entretien
· 60 000 t/an récoltés actuellement pour le
Jendreau Thierry
Bois Energie
Alliance Forêt thierry.gendreau@al
· Potentiel de 40 000 t/an supplémentaire
Bois liancefb.fr
mobilisable pour AFB
06 82 81 48 68

Benoît RACHEZ
Direction
· Estimation AFB ~ 20 000 t/an
UNISYLVA benoit.rachez@unis supplémentaire mobilisable
ylva.com
05.55.77.00.81
06.74.98.75.12
Alain Prevosto
Directeur
Commercial
· Estimation AFB ~ 20 000 t/an
CFBL Coopérative
CFBL supplémentaire mobilisable
Forestière
Tél. 06 86 17 81 96
alain.prevosto@cfbl.
fr
· 2 000 t/an de bois B (VEOLIA)
· 1 000 t/an de bois A
· Bois B - DEA : 2 500 t/an (VEOLIA)
Mathieu Jarry
· 6 000 t/an encombrants de déchetteries
CU Limoges mathieu.jarry@limo
· Prévision 3 500 t/an de refus de centre de
Métropole ges-metropole.fr
tri. Actuellement valorisé en incinération
· ~ 2 500 t/an de refus de compostage
(réincorporé au procédé de compostage)

· Bois B : 3 160 t/an (SUEZ)


Emmanuel Lathiere
· Bois B - DEA : 2 400 t/an (SUEZ)
elathiere@syded87.
SYDED de la · Encombrants : 10 900 t/an
org
Haute Vienne · Pas de refus de compostage
05 55 12 62 33
· Potentiel souches : 600 t/an

Vincent Boisivon
Vincent.boisivon@v
· Gisements issus de la CULM
VEOLIA eolia.com
· 500 t/an de bois B issus des professionnels
0614429009
Olivier Besse

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Olivier.besse@veolia
.com
05 55 30 39 38
· Gisements issus du SYDED
Patrice Gibier · 600 t/an de bois B issus des professionnels
patrice.gibier@suez. · 1 250 t/an de bois A issus des
SUEZ
com
professionnels
07 86 84 21 81

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Annexe 2. Définition des ratios d'émissions carbone


Poste Ratio Source Dénomination Année Localisation

Camion porteur - marchandises diverses, PTAC 7,5 T (inclus production et


Transport cendres 0,848 kgCO2/t.km Base Carbone ADEME 2018 France
combustion du gazole ; fabrication du véhicule)

Camion porteur - marchandises diverses, PTAC 7,5 T (inclus production et


Transport biomasse 0,848 kgCO2/t.km Base Carbone ADEME 2018 France
combustion du gazole ; fabrication du véhicule)

Camion porteur - marchandises diverses, PTAC 12 T (100 kg d'H2 par


Transport hydrogène 0,830 kgCO2/km Base Carbone ADEME camion - (inclus production et combustion du gazole ; fabrication du 2018 France
véhicule))

Electricité - 2016 - usage : industrie base - consommation (inclus


Electricité 0,0369 kgCO2/kWh Base Carbone ADEME 2016 France
combustion à la centrale ; pertes transport et distribution)

Eau de réseau - Hors infrastructure (inclus Energie - électricité pour


Eau 0,132 kgCO2/kg Base Carbone ADEME réseaux, usines, batiments tertiaires et postes fixes de combustion ; 2017 France
Intrants - réparation fuites sur canalisation, réactifs ; transport)

Traitement des eaux usées - Hors infrastructure (inclus émissions


fugitives N2O et CH4 durant épandage des boues, process d'épuration
Traitement des effluents liquides 0,262 kgCO2/t Base Carbone ADEME 2017 France
etc. ; énergie - électricité pour réseaux, usines, batiments tertiaires et
postes fixes de combustion ; réactifs consommés, transport)

Off gas 0 - Biogénique - -

Consommation gaz naturel (production) 0,04 kgCO2/kWh_PCI Base Carbone ADEME Gaz naturel - 2015 - mix moyen - consommation (inclus production) 2015 France

Gaz naturel - 2015 - mix moyen - consommation (inclus production ;


Consommation gaz naturel (production et combustion) 0,227 kgCO2/kWh_PCI Base Carbone ADEME 2015 France
combustion)

Biométhane - Injecté dans les réseaux - Issu de la filière STEU (inclus


Consommation biométhane (production et combustion) 0,013 kgCO2/kWh_PCI Base Carbone ADEME 2020 France
production)

Biométhane - Injecté dans les réseaux - Issu de la filière STEU (inclus


Consommation biométhane (production et combustion) 0,0164 kgCO2/kWh_PCI Base Carbone ADEME 2020 France
production et combustion)

Réseau de chaleur locale (ici réseau de Falaises, 14 700) 0,02 kgCO2/kWh* Base Carbone ADEME Réseau de chaleur - 14, Falaise, ZAC de Falaise 2018 (pas de détails) 2018 Falaise

Essence - Supercarburant sans plomb - 95, 95-E10,98 (inclus production ;


Consommation essence (production et combustion) 2,8 kgCO2/L Base Carbone ADEME 2020 France
combustion)

*dépend de la localisation du projet

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