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Communication – Ressources Humaines

Allô Maman Bobo…


Comment tu m’as fait ?
Je suis pas beau…

Comment gérer
l’estime de soi et la confiance en soi

Séminaire animé
par le Dr Alain CAMPAN
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PLAN DU SEMINAIRE

Evaluation de soi et valeur personnelle (page 6)

Les trois piliers de l’estime de soi (page 7)

La confiance en soi un combat de tous les jours (page 9)

Les préjugés à l’origine du manque de confiance en soi (page 13)

Le manque de confiance en soi (page 22)

L’enfance, la naissance de la confiance en soi (page 25)

L’amour de soi (page 31)

L’image de soi (page 35)

Notre estime de soi (page 37)

L’estime de soi à l’âge adulte dans les relations


d’amour, de couple et de travail (page 43)

Mosaïque de théorie (page 48)

L’art d’aimer (page 53)

Le manque de confiance en soi peut devenir une maladie (page 57)

Comment protéger à court terme l’estime de soi (page 62)

Comment développer son estime de soi (page 64)

Quelques outils pour changer (page 74)

Protocole de travail sur confiance et estime de soi (page 77)

Quelques tests pour vous situer (page 97)


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« C’est une vaine ambition que


de tâcher de ressembler à tout
le monde puisque tout le monde
est composé de chacun et que
chacun ne ressemble à
personne ».
(André Gide)
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n homme « normal » s’installe face à moi dans le cadre d’une

U consultation ordinaire à mon cabinet. A ma question rituelle


« que puis-je pour vous » je suis surpris de le voir s’effondrer,
retenir difficilement ses larmes et s’exprimer ainsi :
« Je ne m’aime pas…
Enfant, je rêvais souvent d’être un autre. Je n’aimais pas la personne
que j’étais : j’aurais voulu avoir d’autres cheveux, d’autres parents, vivre dans
un autre endroit, être différent. Il me semblait toujours que les autres enfants
étaient mieux que moi : plus beaux, plus costauds, plus doués, plus populaires,
plus aimés de leurs parents, des maîtres d’école.
Je savais bien qu’il y avait pire. Quand – rarement – je me confiais à
ma mère, c’est ce qu’elle tentait de me dire : tu n’es pas le plus malheureux, ni
le plus mal doté par la nature. Mais ce n’était pas une consolation pour moi.
D’ailleurs, lorsque je me sentais triste, ce qui m’arrivait souvent, je n’arrivais
même plus à y croire, j’étais alors persuadé d’être la personne la plus nulle, la
moins intéressante, du genre humain.
Mon adolescence a été terrible. J’étais convaincu de ma laideur, de
ma difformité physique. J’avais tous les complexes de la terre. Je me sentais
inexistant par rapport aux autres et parfois, j’avais envie de ne plus exister.
Les choses se sont un peu arrangées depuis. Mais aujourd’hui
encore, lorsque, par hasard, une femme tombe amoureux de moi, je pense qu’il
y a erreur. Je me dis qu’elle se trompe sur mon compte, qu’elle est amoureuse
de l’image qu’elle se fait de moi, que je suis parvenu par miracle à donner le
change ; mais qu’elle ne peut pas être réellement amoureuse de moi, de ce que
je suis vraiment, de ce que je vois chaque jour dans mon miroir. Et si cette
femme me plaît, une peur affreuse m’envahit aussitôt : si nous avions une
liaison, elle ne tarderait pas à s’apercevoir de l’imposture, à découvrir tous mes
défauts. Et nul doute alors qu’elle ne me juge comme je me juge.
Mais moi, je ne peux même pas me quitter. Je suis prisonnier de moi-
même, condamné à vivre vingt quatre heures sur vingt quatre avec moi
condamné à rester seul en ma triste compagnie, alors que je me déteste.
Mon travail ne m’apporte rien. Au fond, c’est logique : comme je n’ai
jamais cru en moi, je végète dans un métier que j’aime peu, en dessous de mes
capacités, en dehors de mes intérêts, incapable de me motiver pour faire mieux,
ne serait-ce que pour me consoler.
Non, vraiment je ne m’aime pas ».
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Cet homme n’est pas déprimé au sens d’une maladie dépressive.


Pourtant, son mal est plus profond, plus intriqué dans le scénario de sa vie, tapi
dans les racines de son être les plus intimes et les plus secrètes.
Pas laid et intelligent, il a tout pour être heureux, il ne lui manque qu’un
peu d’estime de lui-même.
J’ai longtemps pensé ne rien pouvoir faire en tant que thérapeute pour
améliorer ce genre de mal être, sinon d’écouter sans interrompre leur auteur dans
un climat de compassion.
Les données de la psychologie cognitive, de la programmation neuro
linguistique et de l’analyse transactionnelle, lorsque je les ai découvertes, m’ont
révélé des outils utiles pour aider ceux ou celles qui souffrent de ne pas s’aimer,
d’avoir une image négative, un manque de confiance et une pauvre estime d’eux-
mêmes.
Depuis, je les utilise, surpris parfois de leur efficacité, de leur
pragmatisme baigne d’humanisme. Ce sont ces concepts que je vous propose de
découvrir.
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EVALUATION DE SOI
ET
VALEUR PERSONNELLE

«L’estime de soi est la certitude intime de notre valeur en tant qu’être humain
et par-là même de notre importance, indépendamment de nos réalisations»
(Virginia Satir)

a seule personne avec laquelle nous passons 24h sur 24, c’est nous
L même, dans ces conditions il est clair que nous avons tout intérêt à
nous apprécier et à nous traiter avec égard. Malheureusement, de nombreuses
personnes ont tendance à se critiquer en permanence, en effet, elles ne s’attribuent
de valeurs qu’en fonction de leurs réalisations et se remettent en cause
lorsqu’elles estiment ne pas avoir réussi. Or, ce que nous sommes, des êtres
humains dignes de respect et de considération (la notre avant même celle des
autres) et ce que nous faisons, est intrinsèquement différent.

L’estime de soi et la confiance en soi doivent être comprises comme


l’extériorisation du moi face à autrui et à la réalité. Constituant le plus intime, le
plus profond, le plus caché de notre personnalité, elle est la face apparente d’un
phénomène : la force du moi. C’est dans ce besoin profond de la personne
humaine, que tout se joue puisque la conscience de notre valeur influence toute
notre vie, nos relations avec les autres, jusqu’au sens que nous donnons au mot
«réussite personnelle».

La valeur de l’être humain est liée au simple fait d’être vivant. Il n’y a rien
à faire pour avoir de la valeur et donc de l’importance. Un nourrisson a autant de
valeur et il est tout aussi important qu’un chef d’entreprise qui a bien réussi ou
qu’un savant à qui on a décerné le prix Nobel.
Beaucoup d’individus confondent «l’être» et le «faire» et le niveau
d’identité avec celui des capacités, des comportements ou même parfois de
l’environnement. Cette confusion entraîne de nombreuses personnes dans une
course effrénée aux diplômes, au pouvoir, à la réussite financière ou sociale, bref
à la poursuite des signes extérieurs du prestige et de la richesse sans qu’ils en
retirent jamais l’impression d’en avoir assez.
La valeur et l’importance d’une personne sont des «cadeaux de naissance»
ou des «données». Métaphoriquement parlant, il est clair qu’il est inutile et
frustrant de chercher partout des lunettes qui se trouvent sur notre nez…
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LES TROIS PILIERS


DE
L’ESTIME DE SOI

«Qu’est-ce que l’estime de soi ?


Et bien, c’est comment on se voit et si ce qu’on voit on l’aime ou pas !»

e regard-jugement que l’on porte sur soi est vital à notre équilibre
C psychologique. Lorsqu’il est positif, il permet d’agir efficacement,
de se sentir bien dans sa peau, de faire face aux difficultés de l’existence. Mais
quand il est négatif, il engendre nombre de souffrances et de désagréments qui
viennent perturber notre quotidien.

L’amour de soi

Si s’estimer implique de s’évaluer, s’aimer ne souffre aucune


condition. L’amour de soi doit être inconditionnel, ne pas dépendre de nos
performances.
L’amour de soi est lié en grande partie à l’amour que notre famille nous
a prodigué quand nous étions enfant et des nourritures affectives qui nous ont été
données alors et depuis.
S’aimer soi-même est le socle de l’estime de soi, son constituant le plus
profond et le plus intime.

La vision de soi

C’est le regard que l’on porte sur soi, c’est cette évaluation fondée ou
non que l’on fait de ses qualités ou de ses défauts, l’important n’étant pas la
réalité des choses mais la conviction que l’on a d’être porteur de ses qualités ou
défauts, de potentialités ou de limitations.
Ce regard que nous portons sur nous-mêmes, nous le devons à notre
environnement familial et aux projets que nos parents formaient pour nous.
Une vision de soi positive est une force intérieure qui nous permet
d’attendre notre heure malgré l’adversité. Une vision de soi limitée nous poussera
à une dépendance vis à vis d’autrui : on pourra établir des relations satisfaisantes
avec les autres, mais on ne passera que sur des voies déjà explorées par d’autres.
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La confiance en soi

Etre confiant en soi, c’est penser que l’on est capable d’agir de
manière adéquat dans les situations importantes. La confiance en soi vient
principalement du mode d’éducation qui nous a été prodigué en famille ou à
l’école.
La confiance en soi se transmet par l’exemple et par le discours des
parents, enseignants, et entraîneurs.

L’équilibre de l’estime de soi

L’amour de soi (se respecter quoi qu’il advienne, écouter ses besoins et
ses aspirations) facilite incontestablement une vision positive de soi (croire en ses
capacités, se projeter vers l’avenir), qui à son tour influence favorablement la
confiance en soi (agir sans crainte excessive de l’échec et du jugement d’autrui).

Existe-t-il une estime de soi ou des estimes de soi ?

L’estime de soi est fait de l’addition de plusieurs estimes de soi


spécifiques à différents domaines qui peuvent fonctionner de manière
relativement indépendante les unes des autres. Mais chez la plupart des
personnes, un succès ou un échec dans un domaine donné aura tout de même des
conséquences dans les autres. Au travers de toutes nos activités, nous recherchons
le plus souvent à satisfaire deux grands besoins, également besoins de notre
estime de soi : nous sentir aimés (apprécié, sympathique, populaire, désiré, etc.),
et nous sentir compétents (performant, doué, habile, etc.).

Les nourritures de l’estime de soi :


Le sentiment d’être aimé
+
le sentiment d’être compétent
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LA CONFIANCE EN SOI
UN COMBAT DE TOUS LES JOURS

« Il n’y a pas de réussites faciles, il n’y a pas non plus d’échecs définitifs »
(Marcel Proust)

La confiance : un état d’esprit.

Les gens qui ont confiance en eux se battent et c’est pour cela qu’ils ont
confiance. C’est en luttant et en s’en sortant après avoir pu exprimer ce que l’on
avait à l’intérieur qu’on se révèle à soi.
Le combat pour la confiance peut être individuel ou peut être collectif,
il faut alors un esprit d’équipe pour gagner et c’est le moule de la confiance
mutuelle qui fait les grands succès, le mental qui apporte la différence (les sports
collectifs le démontrent régulièrement).

Les sept conditions pour pouvoir compter sur soi et être son meilleur allié :

1 - Savoir relativiser

C’est-à-dire ne pas trop vite généraliser, faire preuve de lucidité et


apprendre à faire la part des choses, car « il n’y a pas de bien sans quelque mal »
(Sénèque). C’est prendre de la distance, lever la tête du guidon, c’est aussi oser
regarder les choses en face pour mieux se préparer à agir, rester un acteur vigilant
sans paniquer ni s’enflammer trop vite d’emblée.

2 – Se donner de vrais objectifs

Un objectif est une intention que l’on a traduit en critères mesurables et


échéances.
Bâtir un plan d’action, c’est se donner des objectifs de moyens en
hiérarchisant ses objectifs, et une fois passé le temps de la réflexion, l’heure n’est
plus « d’essayer », il faut faire.
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3 – S’ouvrir aux autres

Pour avoir confiance en soi, il faut rester branché sur les autres et sur le
monde, être curieux, interroger, s’informer pour réduire l’incertitude. Ce qui se
passe autour de nous, nous est nécessaire pour nous construire, pour être en
«situation », pour prendre de l’assurance et jouer pour soi, car, un homme averti
en vaut deux !
La sociabilité, c’est oser provoquer des contacts et exister pour les
autres. Nous avons un mental costaud quand nous savons exister pour les autres
car la confiance des autres est le meilleur aiguillon de la confiance en soi.

4 – Etre combatif

C’est savoir que nous pouvons nous impliquer plus et prendre du plaisir
à résoudre les problèmes, à nous battre, à renverser une tendance, c’est rechercher
le challenge avec nous-mêmes, c’est avoir une vision forte et positive, et une
approche pragmatique. Etre combatif, c’est ne pas lâcher prise, être fort devant
l’adversité ou la difficulté.

5 – Faire ce que l’on dit

Tenir nos promesses, oser dire et faire ce que nous avons dit, savoir dire
oui ou non avec fermeté en expliquant pourquoi.
Il y a un courage de « dire » pour faciliter le « faire » et le « faire faire »

6 – Se faire son idée à soi

Il y a une grande différence entre tenir compte des autres et du


contexte, et dépendre des autres et du contexte. Exercer son libre arbitre, c’est se
faire son opinion à soi, c’est un travail sur soi qui nous donne confiance.

7 – Se préparer

Dans notre monde hyperactif où on privilégie l’action, un danger nous


guette : ne pas investir assez de temps dans la préparation, la répétition.
Se préparer, c’est nous respecter et apporter de l’estime aux autres, c’est la preuve
qu’on attache de l’importance à leur encontre, et c’est créer les meilleures
conditions afin de « jouer à notre meilleur niveau »
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D’autres alliés pour la confiance en soi

1 - Le désir
Faire les choses qu’on aime, faire ce dont on a envie, sans réserve ni
arrière-pensée, écouter ses appétits, donner suite à ses tentations apparaissent
comme autant d’opportunités pour lesquelles les chances sont élevées de se faire
plaisir, d’être content de soi. En ce sens, suivre ses désirs c’est entretenir sa
confiance en soi, et enrichir son estime de soi.

2 - L’accoutumance
Faire régulièrement certaines choses avec intérêt et succès confère
en général une grande aisance en la matière. L’expérience, la répétition créent
souvent les conditions à la fois d’un sentiment de progression et de confort.
Les conduites répétitives, en ce sens, confirment la présence de la
confiance en soi, en tout cas à travers le type d’épreuve préférée (bien danser le
tango, jouer au bridge, sculpter…). On se sent bien, ça marche, plus on a
d’expérience mieux on en tire profit, on est donc satisfait ou rassuré et on s’aime
d’avantage, la confiance est là et bien réactualisée, nous emmenant à une bonne
estime de nous même.
On est plutôt en sécurité dans du connu, on est même fort, voire très
fort dans les situations qu’on maîtrise (et qu’on «désire »), mais nous ne devons
pas oublier que la vraie confiance en soi se teste face à l’inconnu au singulier et
au risque.

3 - L’ambiance
Tout indique qu’une certaine qualité d’ambiance peut contribuer à
stimuler en surface la confiance en soi. Plus largement le milieu, avec ses règles,
ses usages, ses enjeux, ses appels, ses pressions, bref le «climat » tout court, fait
de relations faciles ou orageuses, nous met sous tension. Vitamine ou poison, le
milieu bonifie ou écorche sans nous changer fondamentalement, bien sûr.
On peut penser que la complicité, la camaraderie, la solidarité, l’estime
des autres, le droit à l’erreur, la transparence des règles, la sincérité, la sécurité
matérielle et physique sont des facteurs plutôt favorables alors que le mépris, le
doute, l’intolérance, l’ingratitude, le secret, l’isolement, le retrait, l’indifférence
sont des épines nocives pour le moi et par conséquent capables d’infléchir
sensiblement la réserve de confiance en soi.
Quelqu’un manquant d’aise pourra saisir des opportunités dans une
bonne ambiance, alors qu’il se rétractera dans un mauvais climat. En ce sens,
l’ambiance est un allié capable de réactualiser la confiance en soi, base de
l’estime de soi.
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Les deux types de confiance en soi : explication

Il y a deux types de confiance en soi.

La confiance en soi inconditionnelle


Il s’agit de la confiance en soi de base que nous portons en nous, quels
que soient nos comportements et nos relations avec les autres. Nous nous
estimons avec une certaine valeur, qui n’est ni supérieure ni inférieure à celle des
autres, mais qui est la nôtre, indiscutable, insensible aux événements. C’est elle
qui nous permet, le matin à notre réveil, avant que nous ayons fait quoi que ce
soit, de penser que nous sommes un être avec ses qualités et ses défauts, ses
atouts et ses points faibles, mais en tout cas quelqu’un d’unique.
Cette confiance en soi inconditionnelle est la base de la confiance en
soi. Elle a été donnée en général précocement par les nourritures affectives de
l’enfance. C’est elle qui nous met en sécurité en termes d’image de soi.

La confiance en soi conditionnelle


Ici, nous conditionnons la confiance que nous avons en nous à notre
réussite et à nos relations avec les autres. Pour être quelqu’un de bien, nous
devons réussir (professionnellement, maritalement, amicalement ou autre) et nous
devons être apprécié par les autres. Dans ce cas, nous entrons dans un système de
dépendance à nos actions et aux autres : pour rester quelqu’un de bien, il faut le
démontrer chaque jour. Le danger est qu’on risque alors de ne plus supporter la
moindre erreur. Il faut aussi, toujours tenter de se faire apprécier des autres car, si
les autres nous renvoient une bonne image, nous avons une valeur. Il s’agit d’une
véritable dépendance, comme on peut être dépendant du tabac, de l’alcool et des
drogues : nous dépendons de l’approbation des autres.

Un équilibre entre ces deux formes de confiance en soi


L’équilibre entre les deux formes de confiance en soi (inconditionnelle
et conditionnelle) est nécessaire. Un petit peu de confiance en soi conditionnelle
est utile : elle nous permet d’être ouvert aux autres, de faire attention à leurs
réactions envers nous, et aussi de progresser dans nos actes. Mais si nous en
avons trop ou si nous fonctionnons, comme dans les cas précédents,
essentiellement grâce à la confiance en soi conditionnelle, nous risquons de
manquer de confiance en nous inconditionnelle. Or celle-ci est indispensable pour
rester en sécurité quels que soient les événements, pour garder confiance en soi
dans l’échec ou lorsque nous sommes désapprouvés par certaines personnes, ce
qui ne manquera pas de nous arriver.
C’est la recherche d’un équilibre entre ces deux formes de confiance en
soi, conditionnelle et inconditionnelle, qui permet un meilleur fonctionnement
psychologique.
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LES PREJUGES A L’ORIGINE DU


MANQUE DE CONFIANCE EN SOI

« Tu es plein de secrets que tu appelles Moi »


(Paul Valéry)

l’origine du manque de confiance en soi, on trouve des idées


A toutes faites qui fonctionnent comme un filtre à travers lequel nous
regardons défiler notre vie.

Je ne suis pas capable de

« Un défaut qui empêche les hommes d’agir, c’est de ne pas sentir de quoi ils
sont capables » (J.B Bossuet)

Le préjugé d’incompétence débute dans la petite enfance par une


sensibilité particulière, une vulnérabilité majorées par l’attitude parentale et
ensuite tout au long de l’enfance, de l’adolescence, de la vie adulte, des
événements viendront confirmer ce préjugé qui persistera ainsi toute la vie. Le
sentiment d’incapacité à faire les choses « je ne suis pas capable de… » qui est
un jugement par rapport à nos capacités donc à notre comportement, lorsqu’il se
répète, risque de se généraliser et de devenir « je ne suis pas compétent » un
préjugé beaucoup plus global et destructeur parce qu’il concerne notre personne
et l’ensemble de nos capacités.
Que faire pour lutter contre ce préjugé d’incompétence ?
Repérons et arrêtons nos critiques intérieures, nos pensées négatives
elles nous empêchent d’agir, nous mettent en situation d’échec et nous font croire
à l’avance que nous n’y arriverons pas.
Passons à l’action pour nous prouver que nous sommes capables de
faire beaucoup plus que nous ne l’imaginons. Nous pouvons avoir besoin d’aide
pour programmer nos actions afin de les réussir et de nous sentir efficaces, car
c’est le sentiment d’efficacité personnelle qui va nous motiver pour agir et
reprendre confiance en nous, pour vaincre nos appréhensions, avoir moins peur
des échecs, oser agir et être fiers de nos réussites.
Affirmons-nous avec les autres, arrêtons de croire qu’ils sont plus
compétents que nous et que nous le sommes moins qu’eux.
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J’ai besoin « qu’on m’aime, qu’on m’apprécie et qu’on m’approuve »

Nous avons besoin d’être appréciés, car nous présupposons que notre
valeur personnelle dépend de ce que les autres pensent de nous. Ce préjugé
installé le plus souvent dans notre enfance nous impose d’être approuvé en
particulier par les gens que nous jugeons importants et de valeur et de ne pas être
rejetés car cela nous confirmera que nous sommes nuls et sans valeur.
Cela nous amène à rechercher l’approbation des autres, en effet, si nous
arrivons à faire penser aux autres que nous sommes quelqu’un de valable, alors
nous nous jugerons valables. Aussi, nous aurons tendance à faire plaisir aux
autres en nous comportant comme nous pensons qu’ils aimeraient que nous
soyons, et à abuser des comportements de séduction.
Persuadés que si nous nous soumettons à l’opinion d’autrui, nous
serons mieux acceptés et que si nous faisons le bien de l’autre il ne nous rejettera
pas, nous nous maintenons dans des comportements peu personnalisés qui ne
peuvent augmenter notre confiance en nous.

PREJUGE : « MA VALEUR DEPEND DE CE QUE LES AUTRES PENSENT DE MOI »

Règles de vie :
- Je dois être approuvé
- Je ne dois pas être rejeté
Evénements de vie
- Acceptation sociale
- Menace de rejet

Comportement
- Recherche d’approbation
- Abnégation : je fais ce que
les autres veulent

Pensées ou cognitions
- Si je me soumets à l’opinion de l’autre, il m’acceptera mieux
- Si je fais ce que l’autre veut il ne me rejettera pas

Je me trouve « bon à rien »

Nous nous trouvons « nuls » à certains moments, avec le sentiment que


rien ne peut nous permettre de sortir de notre nullité, que c’est une tare, une tâche
intérieure qui n’est pas modifiable. Il s’agit d’une conviction puissante et
destructrice difficile à modifier qui va influencer nos pensées et nos actions. Il
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existe aussi d’autres règles de vie formulées différemment : « je ne serais pas un


bon à rien si je faisais tel ou telle chose » nous mettons ainsi une condition à
notre nullité, et ici, il existe une possibilité d’issue.
Cette forme de préjugé est liée à nos mécanismes de pensées : la
maximalisation du négatif qui nous conduit à surestimer tout ce qui est négatif, à
dramatiser nos erreurs, à voir nos défauts plus gros qu’ils ne sont et à majorer les
critiques. A l’inverse, nous minimiserons tout ce que nous faisons de bien et nos
réussites, nos qualités et nous resterons sourds aux compliments en n’entendant
pas les messages positifs qu’on nous adresse.
Nous généralisons lorsque nous faisons une erreur, lorsqu’un de nos
défauts est visible, ou lorsque nous sommes critiqués en utilisant les formules
« toujours, encore, jamais », ces trois mécanismes nous amenant à avoir une
vision de nous-mêmes déformée, globalement négative. Il en résulte des émotions
également négatives, de type honte de soi-même, doute, anxiété et des
comportements d’échec qui vont fermer définitivement le cercle vicieux en nous
confirmant dans notre préjugé de départ « je suis un bon à rien… ou un mauvais
en tout ».

Les origines de ce préjugé sont anciennes, le plus souvent liées à


l’éducation dans certaines familles qui punissent et critiquent à l’excès ou lorsque
certains parents donnent l’impression que leurs enfants les déçoivent. Mais pour
qu’un préjugé persiste à l’âge adulte, il faut qu’il soit, même s’il a été généré dans
l’enfance, confirmé par notre vie d’adulte.

PREJUGE : « JE SUIS BON A RIEN »

Mécanismes de pensées :
- maximalisation du négatif
- minimisation du positif
- généralisation

Comportement d’échec, évitements

Vision globale négative


de moi-même

Emotions négatives :
Honte, doute, anxiété
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Comment lutter contre ce terrible préjugé ?


Abandonnons les visions globales et négatives de nous-mêmes, pour
juger objectivement sinon avec bienveillance nos comportements, nos actes, nos
points forts et nos points faibles.
Prenons conscience de notre critique intérieure en sortant de la
dichotomie nul-parfait, bien-mal, en lui opposant la voix intérieure bienveillante
de radio-réconfort pour faire contre poids.
Comprenons qu’il ne s’agit que d’un jugement sur nous-mêmes, que de
mots, et que rien ne démontre dans les faits que nous soyons bons à rien.
Sortons de nos comportements d’échec car si la prise de conscience est
nécessaire, il faut également que dans les faits nous agissions différemment pour
avoir plus d’expériences positives, une perception positive de nous-mêmes, et des
retours positifs plus fréquents des autres.

Je dois toujours faire mieux

« Maintenant que je tiens la perle, je n’ai plus besoin de la mer »


(Hafez Shirazi)

Le perfectionnisme outrancier se manifeste par un stress excessif, une


anxiété dès que l’on déroge à la perfection, une peur des autres ou parfois une
boulimie.

Les mécanismes du perfectionnisme excessif


Le perfectionnisme nous pousse à l’hyperactivité, nous courons
toujours, nous n’avons jamais le temps, nous repoussons toujours à plus tard.
Mais « trop, c’est trop », cette hyperactivité nous pousse à vivre peu ou pas de
plaisirs. Les perfectionnistes sont des stakhanovistes qui s’imposent une vie faite
de performance. L’impatience émotionnelle et relationnelle nous empêche de
prendre ne serait-ce qu’une demi-heure à ne rien faire, l’hyperactivité nous
pousse à une impatience émotionnelle et relationnelle, à une anticipation
permanente des problèmes que nous allons devoir résoudre. A ces difficultés
s’ajoute une difficulté à déléguer.
Dans ce contexte, l’émotion, la perception et le vécu sont des notions
complètement étrangères car seul le résultat compte, comme la vie est faite de
réussites et d’échecs, nous ne sommes que rarement satisfaits. Finalement, nous
n’avons pas vraiment d’admiration pour nous-mêmes et nous maintenons une
insatisfaction des autres en particulier de nos collaborateurs, de nos proches qui
ne seront jamais assez bien pour nous. Notre culture personnelle procède de la
devise « toujours plus », « toujours mieux ».
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Enfants nous devions tout réussir pour satisfaire nos parents, eux-
mêmes atteints d’un niveau d’exigence élevé.
Notre valeur dépend de notre productivité, dans le cadre de l’estime de
soi conditionnelle professionnelle : ce que je vaux, c’est ce que je vaux comme
travailleur si je produis un travail de qualité. Il indispensable pour notre équilibre
d’apprendre à nous considérer comme une personne de valeur même lorsque nous
subissons des échecs.
« Ce qui compte, c’est ce que les autres pensent de moi ». Si notre
valeur personnelle dépend de nos actes, ces derniers peuvent être jugés par les
autres, ainsi, nous allons nous mettre en dépendance du jugement des autres pour
savoir ce que nous valons :« si les autres jugent mon travail très bon, alors je me
dirais que je vaux quelque chose », « si je ne me comporte pas parfaitement,
alors les autres vont m’abandonner ». Nous devons mériter l’amour des autres,
notre place parmi les autres n’est pas acquise puisque nous devons faire des
efforts pour la mériter, en tant que telle notre valeur personnelle ne justifiant pas
qu’ils nous acceptent.

Les origines du perfectionnisme


Un conditionnement précoce et des renforcements familiaux en
constituent la base la plus fréquente, nos parents pour des raisons qui remontent
quelquefois à une génération précédente ayant eu pour objectif de réussir car à
l’époque c’était indispensable. Aussi, nos échecs les angoissaient, leur faisant
craindre un retour à la précarité qu’ils ont peut-être vécu, et, obsédés par le carnet
scolaire, ils nous ont récompensés pour toute réussite ou pour tout résultat en
réprimant gravement ou en ne parlant pas de nos faiblesses.
La société renforce cette tendance au perfectionnisme, la tendance
médiatique étant que seuls les meilleurs survivront, que nous sommes dans une
société de compétition ou de performance et que l’erreur n’est pas acceptable.

Comment faire pour échapper au perfectionnisme ?


 Relativisons nos échecs, apprenons à être contents et satisfaits de ce
que nous faisons, pour ce faire, faisons la différence entre la valeur de nos actes et
notre personne.
 Hiérarchisons nos objectifs, faisons une priorité de nos moments de
plaisir en laissant le rébarbatif et non-urgent à plus tard, et apprenons à vivre sur
un autre rythme en prenant conscience de nos émotions positives.
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Je n’arrive pas à me décider

« Si tu doutes commence par agir »


(Sénèque)
Une indécision permanente dans tous les domaines de notre vie est
parfois le révélateur de notre manque de confiance en nous, même s’il est tout à
fait normal d’être indécis dans certaines circonstances de la vie.

Les mécanismes de l’indécision


Lorsque nous prenons une décision il faut être capable de ne pas en
prendre une autre, en effet, chaque choix présente ses avantages et ses
inconvénients et si nous optons pour l’un d’eux, nous perdons les avantages de
l’autre.
Tout le problème est dans ce que l’on ne décide pas plutôt que ce que
l’on décide. Si nous ne décidons pas, nous ne laissons pas une possibilité de côté,
mais la procrastination nous guette. Ne pas décider est une décision, une décision
de pas agir qui elle-même peut avoir des conséquences négatives.

Comment se manifeste l’indécision excessive ?


Nous doutons même pour des décisions sans conséquence ou lorsque la
décision est réversible. Nous comparons toujours, et encore et encore, nous
surestimons notre responsabilité envers les autres, en nous croyant toujours
responsables du mal que nous pourrions faire aux autres.
Si nous avons déjà fait une erreur dans le passé, nous pensons que nous
en ferons de nouveau.

Pourquoi l’indécision diminue notre confiance en nous ?


Nous ne décidons pas, la conséquence est que nous n’améliorons pas
nos conditions de vie. Nous ne prenons aucun risque mais nous ne progressons
pas, la conséquence est que les décisions sont prises à notre insu et nous ne
sommes pas participants dans notre choix de vie. Si nous percevons notre absence
de progression, nous la considérons comme un manque venant de nous, la
conséquence est que nous n’avons pas la sensation de faire le bon choix, et notre
manque de confiance en nous augmente, ce qui fait que nous ne décidons pas…
avec le retour à la case départ.

L’origine de l’indécision
Nous avons pu souffrir dans notre enfance d’une erreur de décision
familiale ou avoir fait nous-mêmes dans notre passé une erreur qui nous a
marquée
Nous avons pu être trop tôt responsabilisés et avons endossé des
charges trop lourdes qui nous ont angoissé et paniqué.
19

Nous avons pu avoir un père ou une mère qui hésitaient tout le temps
sans avoir de modèle d’une personne qui sache décider facilement sans angoisse
de se tromper.

Quelles solutions ?
 Lutter contre les pensées qui nous empêchent d’agir et de décider.
 Peser bien les avantages et les inconvénients de chaque solution.
 Appliquer les décisions les plus faciles dans notre domaine de
prédilection.
 Se dire que faire le bon choix, c’est par principe être content de la
décision que l’on a prise en oubliant l’autre option pour ne pas la regretter.

Je me fais toujours du souci

« La source de la peur est dans l’avenir – qui est libéré de l’avenir n’a rien à
craindre » (Milan Kundera)

Les mécanismes de l’anxiété

Les dangers potentiels sont surestimés.


Si nous souffrons d’anxiété généralisée nous pouvons éviter tout ce qui
est source de danger comme par exemple, l’avion, les voyages, les transports en
commun, le ski, la navigation de plaisance, etc. Nous aurons tendance à anticiper
toutes les situations que nous ne pouvons maîtriser à l’avance ou que nous ne
connaissons pas bien en développant des contrats de réassurance quasi
obsessionnelle. Du coup, nous ne progressons pas, nous n’apprenons pas de
nouvelles choses et nous ne savons plus faire face à l’imprévu.

La difficulté à faire face à l’imprévu


Comme l’inconnu apparaît menaçant et nous fait peur, nous avons
tendance à l’éviter ou à le préparer à l’avance, « et si, et si, et si » devient notre
maxime favorite. Nous n’apprenons plus à faire face aux situations nouvelles et
nous ne comptons plus sur notre capacité à les résoudre, nous ne développons pas
nos compétences et au moment où l’imprévu survient, nous sommes désemparés.
Là aussi le mécanisme de l’anxiété généralisée fonctionne comme une
boucle : nous considérons que le monde est dangereux et que nous ne sommes pas
capables de faire face à l’imprévu, nous avons un comportement de vérification,
d’anticipation, d’évitement, de réassurance, d’inquiétude, la conséquence est que
nous n’affrontons pas l’imprévu, donc nous sommes de moins en moins capables
20

de l’affronter, ce qui nous fait perdre confiance en nous, en confirmant dans l’idée
que nous ne sommes pas capables de faire face à l’imprévu.

D’où vient ce préjugé


La première cause est biologique ou génétique, une sensibilité une
émotivité particulière qui semblerait exister chez certains enfants depuis leur plus
âge.
La seconde est d’ordre psychologique, certains enfants perçoivent le
monde comme plus dangereux que d’autres, en surestimant les risques et en
évaluant globalement l’environnement comme dangereux.
La troisième cause est un facteur éducationnel. Lors de ses premières
expériences, l’enfant peut se sentir incapable de contrôler un des éléments de son
environnement ce qui génère pour lui un problème, soit du fait de parents
inconsistants laissant leur enfant seul face à tous les dangers, soit du fait de
parents surprotecteurs qui conduisent l’enfant à douter de ses capacités à
affronter les expériences ce qui le pousse à rester sur la réserve et à devenir
craintif.
Mais cela ne suffit pas, l’anxiété peut apparaître chez des adultes de
vingt à quarante ans ou peut persister de l’enfance à l’âge adulte car deux grands
mécanismes maintiennent le sujet dans l’anxiété. L’anxieux perçoit le monde
comme plus dangereux qu’il n’est vraiment, et il doute de ses capacités à résoudre
les problèmes en particulier ceux qui ne sont pas prévisibles. De plus, une
croyance va lui faire penser que se faire du souci empêche la survenue des
événements négatifs : « si je m’inquiète pour beaucoup de chose peut-être que
j’aurais moins d’ennuis dans la vie ». Cette croyance malheureusement va le
mettre dans un état de dépendance à l’inquiétude et il ne pourra plus s’arrêter de
se faire du souci.

Quelles solutions ?
Ne multiplions pas les assurances et les réassurances. L’anxieux
s’assure en permanence contre tout, il prend donc le risque de payer toute sa vie
pour des risques qui ne se concrétiseront jamais, même si une certaine anxiété
nous préserve contre nous-mêmes, contre les autres, et contre la nature.

Comment diminuer l’anxiété excessive ?


 Pour bien gérer l’anxiété, trions nos sources d’anxiété en trois
catégories. D’abord les situations qui existent et qui sont modifiables, celles qui
existent mais qui ne sont pas modifiables, enfin, les situations pour lesquelles
nous nous inquiétons mais qui n’existent pas, même si elles sont virtuellement
possibles, car faisant partie de la vie sans nous concerner présentement.
21

 Apprenons à nous relaxer, sécurisons nos comportements par des


comportements de réassurance et apprenons à résoudre les problèmes de la vie
quotidienne.
 Imaginons le pire, pour nous y habituer et vivre avec, car la réalité
se révèle généralement moins grave que nous aurions pu le redouter.

Je ne peux pas compter sur les autres et je dois m’en méfier

« L’unique aide que nous avons toujours cherchée c’est nous-mêmes »


(R. Walpole)

Ce préjugé est différent des autres dans la mesure où il s’agit d’une


perte de confiance en soi et non d’un manque de confiance.
Le point de départ de ce préjugé est un traumatisme pouvant avoir deux
types de mécanismes. Soit un traumatisme en positif non que l’événement soit
heureux bien au contraire, mais c’est un événement qui va marquer notre vie en
laissant une trace en relief. Il peut s’agir dans l’enfance d’un traumatisme
psychologique à la suite d’une agression avec manipulation et culpabilisation,
d’une agression physique, d’inceste ou de l’action de parents toxiques. Soit un
traumatisme en négatif qui se manifeste par le manque, manque d’affection en
particulier et manque d’amour.
La méfiance se manifeste par une angoisse paniquante qui survient
dès que quelqu’un cherche à se rapprocher de nous. Elle fonctionne elle aussi
selon une boucle : nous pensons que nous devons nous méfier des autres, la
conséquence est que nous ressentons une angoisse paniquante et une culpabilité,
qu’il s’en dégage un comportement de mise à distance et d’isolement avec
comme conséquence dans la vie relationnelle que nous n’établissons pas de
relation de confiance, et cette absence de confiance en l’autre fortifie notre
méfiance.
Il en résulte deux types de comportement : un comportement de mise
à distance des autres et un comportement d’isolement par crainte ou méfiance,
nous préférons rester seuls, de ce fait notre vie relationnelle sera très pauvre, nous
ne nous créerons pas de nouveaux amis et nous aurons même des difficultés à
faire confiance à notre conjoint.
22

LE MANQUE DE CONFIANCE EN SOI

« Que les lecteurs écoutent mes confessions, qu’ils rougissent de mes misères,
qu’ils gémissent de mes indignités ». (J. J. Rousseau – Les confessions)

L es conséquences du manque de confiance en soi peuvent être très


lourdes au quotidien. Nous ne faisons pas ce que nous voudrions
faire, et nous nous sentons frustrés, insatisfaits, ou nous accumulons les échecs et
nous nous le reprochons. Cela ne fait qu’augmenter notre manque de confiance en
nous, l’image négative que nous avons de nous-mêmes et perturbe nos relations
avec les autres. Mais tout cela procède d’un mécanisme, d’une dynamique en
boucle, or, tout mécanisme peut être inversé ou tout cercle vicieux peut être
transformé en cercle vertueux.

Les blocages, les fuites et les échecs

« Ayez confiance, prenez des risques, ce n’est qu’ainsi que se forgera votre
confiance en vous » (R. Walpole)
Nous n’osons pas agir
Nous entendons souvent : « Il suffit de vouloir pour réussir ! », c’est
vrai si nous avons une bonne confiance en nous, mais si nous manquons de
confiance en nous, notre volonté n’est pas en jeu : nous voudrions agir mais nous
n’osons pas. Le manque de confiance en nous nous bloque dans l’expression de
nos désirs et de nos besoins, il nous empêche d’obtenir ce que nous souhaitons.
Ce qui apparaît comme un manque de volonté est une difficulté voire une
impossibilité à agir.
Le mécanisme de ce blocage se résume dans la crainte de ne pas y
arriver : en anticipant l’échec, nous nous paralysons dans l’action. Pour briser ce
cercle vicieux, nous pouvons, par exemple, décider de relativiser l’échec en
tenant compte de ce qu’il ne porte pas de conséquence et surtout tenter une action
qui ait de grandes chances de réussir, en choisissant un domaine que nous
maîtrisons bien et en nous entourant de personnes bienveillantes.
La confiance en soi est donc un processus, une mécanique qu’il est
possible d’inverser.

Nous avons tendance à fuir

Nous évitons beaucoup de situations, prendre la parole en public, entrer


le premier dans un lieu public, inviter à dîner une personne qui nous attire, etc.
23

Nous refusons les nouvelles rencontres, de nous lancer dans de nouveaux projets,
de profiter d’opportunités.
Nous nous sous-estimons
« Rongé de modestie »
(J. Renard)
Cette inefficacité se manifeste dans notre vie au travail où nous n’avons
pas le poste que nous méritons, dans notre vie privée en choisissant un conjoint
qui n’est pas digne de nous et avec nos amis qui souvent, nous exploitent ou ne
sont pas là lorsque nous avons besoin d’eux.
Nous faisons tout pour ne pas exister aux yeux des autres
Nous avons un comportement de timide en parlant d’une voix à peine
audible, souvent pour nous disqualifier. Notre tenue sera la moins voyante
possible et nous choisirons des vêtements neutres qui n’attirent aucun regard. Si
quelqu’un vient vers nous pour entrer en contact, nous rougissons en regardant
nos pieds et nous prétendons souvent « devoir partir de toute urgence ». Tout est
fait dans notre comportement pour que personne ne nous remarque, que nous
soyons transparents et que personne ne nous mette en cause. Généralement, nous
cherchons à prévoir ou du moins à éviter l’imprévu qui nous terrorise.
A LA BASE SI JE MANQUE DE CONFIANCE EN MOI

Je me dis que je n’y arriverai pas

J’anticipe l’échec
Cela me conforte dans mon
hypothèse de départ : « je n’y
arriverai jamais ! »
L’idée de l’échec m’effraie

Je me le reproche
intérieurement : Je préfère ne pas essayer
« Je vois bien que
Je n’en suis pas capable »

Je reste en retrait
et n’agis pas
Au contraire,
J’ai plutôt honte de ne pas avoir
agi.
Je n’obtiens pas
ce que je voudrais

Je ne peux pas me mettre en valeur ni être fier(ère) de mon acte


24

Les émotions négatives

Lorsque nous manquons de confiance en nous, nous ressentons cinq


types d’émotions principales : la tristesse, le découragement, le défaitisme, le
sentiment d’infériorité, nous nous sentons indignes d’intérêt et incapables de
faire quoique ce soit d’intéressant, d’autant plus que ce sentiment de ne pas valoir
grand chose inhibe notre énergie pour agir.
La peur, l’inquiétude, la crainte de ne pas réussir nous paralysent et
nous empêchent d’agir, nous ne nous sentons pas capables, persuadés que nous ne
saurons pas faire, ces pensées nous poussant à chercher à tout prévoir et surtout à
éviter l’inconnu.
La culpabilité, nous fait nous blâmer en permanence en pensant que
tout est de notre faute et qu’il vaut mieux nous faire discret, et nous mettre en
retrait pour éviter de faire des choses.
La honte, la crainte de décevoir les autres nous pousse à éviter les
gens, surtout ceux qui nous impressionnent et leurs jugements.
Un sentiment d’exclusion, d’être différents des autres, d’être à part,
nous pousse à ne pas nous mélanger aux autres et à rester seuls.
Ces émotions peuvent se manifester dans notre corps. Nous rougissons,
nous sentons des bouffées de chaleur, notre cœur bat la chamade, nous
bafouillons en cherchant nos mots dans la panique. Les pensées négatives, du
type « je n’y arriverais pas », « je suis nul », « il ou elle va me laisser tomber »,
« on ne m’aimera plus », « je n’ai rien à dire d’intéressant », « je ne suis pas
assez cultivé », etc. nous maintiennent dans un climat d’insatisfaction personnelle
et entretiennent une mauvaise image de nous-mêmes. Mais hélas, pas l’image que
nous avons de nous-mêmes, mais la mauvaise image de nous que nous donnons
aux autres. A force de nous mettre en retrait, de nous dévaloriser, ces autres vont
penser que nous sommes réellement ce que nous pensons… un personnage
insignifiant.

Un manque d’affirmation avec les autres

Nous rencontrons cinq difficultés principales dans nos relations avec les
autres :
 Nous n’exprimons pas nos besoins et nos désirs.
 Nous n’osons pas nous manifester quand quelque chose nous gêne.
 Nous avons du mal à dire non.
 Nous ne nous protégeons pas lorsque nous sommes attaqués.
 Nous ne nous mettons pas assez en valeur.
Les techniques d’affirmation de soi ont été vues lors d’un séminaire
précédent, nous n’y reviendrons pas.
25

L’ENFANCE, LA NAISSANCE
DE LA
CONFIANCE EN SOI

« Quiconque n’est pas révolutionnaire à seize ans, n’a plus à trente ans assez
d’énergie pour faire un capitaine de pompiers ».
(A. Maurois)

a confiance en soi est l’extériorisation du « moi » face à autrui, et à


L la réalité, face aux événements, elle est donc la partie apparente de
la force du moi et se constitue en même temps que la construction du moi.
Le Moi est formé quand l’enfant dit «Moi» ou «Moi je» autour de deux
ans et un peu plus.

L’attitude des parents va être déterminante car la confiance en soi


s’élabore dans le rapport aux autres, le rapport à la réalité et le rapport au désir
(j’ai envie de çà). Si on aide trop l’enfant parce qu’il ne sait pas faire, on crée des
conditions pour qu’il devienne timoré, si on exige trop de lui, qu’il se retrouve en
situation d’échec trop souvent, il va se refermer pour éviter les épreuves.

Les effets de la socialisation sur l’enfant, font qu’à six ans les vraies
bases de la confiance en soi sont en place. Ecouter l’enfant, l’interroger dans la
mesure bien sûr où les questions restent simples et accessibles, l’inviter à
s’exprimer en toute liberté sur le vécu et l’éprouvé, sur ce qu’il vit à la maison et
surtout à l’école, est le ciment de la confiance en lui.

Ne pas vouloir trop en faire


Il ne faut pas trop apprendre aux enfants, ils s’apprennent et nul ne
peut apprendre pour autrui. L’essentiel consiste donc à mettre les enfants dans
la bonne situation pour apprendre, c’est en faisant que l’on apprend, et c’est en
procédant ainsi que l’on développe sa confiance en soi.
Les confiances en soi sont situationnelles et tout dépend des
expériences que l’on a laissé faire à l’enfant et dans des conditions dans lesquelles
elles se sont déroulées. En effet, selon que les parents sont excessivement à l’aise
et performants ou très mal à l’aise et peu performants dans un domaine ou un
autre, ils ont tendance à forcer ou à retenir les enfants.
26

Le cas particulier de l’adolescence


Cette période dite « ingrate » apparaît comme un rappel de l’épreuve
des trois premières années, est marquée par d’importantes transformations
corporelles et psychologiques « une lame de fond existentielle vient bouleverser
la vie, apportant avec elle des expériences de la première fois qui retentissent en
profondeur dans l’être intime et dont l’intensité brutale est à la fois crise et
choc ».
L’adolescence est une mutation où les adolescents sentent qu’ils ont
quelque chose en leur pouvoir. Ils utilisent des armes nouvelles comme celles de
la séduction et pour palier un Moi encore incertain, une confiance en soi instable,
ils prennent une distance affective à l’égard des parents afin de s’intéresser à la
découverte de soi, des autres et du monde parfois menaçant en jouant à
contrecarrer, masquer et quelquefois tromper les autres.
Notre rôle de parents consiste à privilégier la mise en place de
l’autonomie en laissant nos adolescents un espace suffisant de liberté et en
évitant tout encombrement et intrusion dans leur vie. Bien sûr, l’apprentissage de
la négociation peut commencer car tout n’est pas possible ni acceptable. Le rôle
des parents étant de mettre des «gardes fous» sécuritaires pour l’adolescent, le
parti pris inconditionnel de confiance est le meilleur aliment de consolidation
pour la confiance en soi de l’adolescent. Il y a une différence entre être à ses côtés
et décider ou faire à sa place.

Les cinq domaines les plus importants dans la constitution de l’estime


de soi des enfants et adolescents sont : l’aspect physique (est-ce que je plais), les
compétences athlétiques (est-ce que je suis bon en sport), la popularité auprès
des pairs (est-ce qu’on m’aime bien dans ma classe, est-ce que j’ai beaucoup
d’amis), la conformité comportementale (est-ce que les adultes me considèrent
comme quelqu’un de fiable), et la réussite scolaire (est-ce que j’ai des résultats
corrects). Les enfants à haute confiance en soi et estime en soi se trouvent
compétents dans le domaine où ils jugent qu’il est important de l’être.

Il faut toujours prendre au sérieux les doutes et les craintes de notre


enfant lorsqu’il porte un jugement sur lui-même. Une écoute bienveillante et
attentive l’entraînera à utiliser plus tard, quand il sera adulte le «soutien social»
c’est-à-dire la possibilité de parler à des proches de ses difficultés pour obtenir en
retour des informations ou des émotions positives. Ensuite grâce à nos conseils et
à notre expérience, nous l’aiderons à relativiser ses inquiétudes. Mais si ces
dialogues n’ont pas lieu dès l’enfance, il est inutile d’espérer qu’ils se produisent
à l’adolescence.
Ne nous montrons pas, cependant, trop intrusifs en cherchant à être
présents dans chacun des problèmes de notre enfant, et ne jouons pas non plus
au psy en voulant tout savoir de ses états d’âme alors qu’il se montre réticent.
27

La scolarisation
La famille représente un milieu non compétitif, l’enfant a des
interlocuteurs connus, centrés sur lui, les consignes qui lui sont données sont
personnalisées et il y a la possibilité de régression, c’est-à-dire de réparer l’estime
de soi en se faisant materner.
L’école est un milieu compétitif avec des interlocuteurs au début
inconnus, l’action de ces interlocuteurs est centrée sur le groupe avec des
consignes faiblement personnalisées. L’enfant a peu de possibilité de régression.
Donc, préparons notre enfant à cet impact de la scolarisation sur ses nouveaux
repères de vie en lui parlant, en lui montrant, en lui expliquant cette différence qui
va s’imposer dans sa vie, pour le rassurer. Sa confiance en lui et son estime de soi
dépendent de l’harmonie de cette transition de vie.

Comment aider nos enfants pour une bonne réussite scolaire


L’aide scolaire directe (vérifier le travail, faire réciter les leçons) a un
assez faible impact sur le résultat scolaire à long terme de l’enfant. Par contre,
l’écouter, l’encourager à exprimer ses opinions, demander son avis et en tenir
compte pour les décisions familiales le concernant, est le meilleur prédicteur de
réussite scolaire, de stabilité émotionnelle et de résistance aux échecs, de
confiance et estime de soi.
Pour qu’un enfant réussisse à l’école, il faut que les parents instaurent
un bon équilibre entre la sécurité (montrer à l’enfant qu’on l’aime) et la loi (lui
rappeler ses règles).

La nourriture affective et la nourriture éducative


L’amour est un soutien inconditionnel, dans lequel le comportement
des parents ne dépend pas du comportement de l’enfant, il n’est pas remis en
cause si l’enfant a des comportements inadéquats. Si l’amour nourrit directement
et influence durablement l’estime de soi il n’apprend pas forcément comment
recevoir l’estime de soi.
Le soutien conditionnel qu’apporte l’éducation dépend du
comportement de l’enfant, il est critique si l’enfant a des comportements
inadéquats et nourrit moins bien l’estime de soi mais apprend à être estimé des
autres. Il influence la stabilité de l’estime de soi, car si l’enfant est aimé, plus il
sera éduqué, plus son estime de soi sera stable.

Comment être un bon modèle de confiance en soi


Si nous progressons nous-mêmes en augmentant notre capital confiance
il est probable que nos enfants nous suivront.
28

Si nous avons des difficultés, nous pouvons en parler avec notre enfant
et lui montrer que nous savons prendre une certaine distance par rapport à elles. Il
se rendra compte que nous ne sommes pas un modèle à prendre dans sa globalité,
sans distance, mais qu’il peut se situer par rapport à nous en gardant certaines de
nos qualités et en étant plus distant par rapport à certains de nos défauts.

Apprenons à notre enfant la confiance en soi inconditionnelle.

 Acceptons ses erreurs et ses échecs.


 Montrons-lui que nous l’aimerons toujours comme parent quels que
soient ses résultats.
 Ne le dévalorisons pas en l’insultant devant les autres.
 Ne dénigrons ses résultats ou ses comportements.
 Montrons-lui que nous l’acceptons tel qu’il est.

C’est par cette attitude d’amour inconditionnel que notre enfant va


acquérir une confiance en lui inconditionnelle qui ne sera pas dépendant de ses
actions et de ses performances, car sans confiance en soi inconditionnelle, il
deviendra très vite dépendants des échecs et des aléas de la vie. Cependant, il
faudra aussi aider notre enfant à se construire une confiance en lui conditionnelle
et lui donner un certain goût pour la performance et la fierté d’être lui-même.

Avoir des attitudes de parents

Les parents qui ont eu des parents très autoritaires qui les ont
infantilisés, ont tendance à tomber dans l’excès inverse et à devenir les copains de
leurs enfants.
Nous sommes un coach pour notre enfant et comme le coach, nous
devons lui offrir un soutien permanent, qu’il réussisse ou qu’il échoue, en
encourageant plutôt l’effort que la réussite : « C’est bien, tu as essayé, cette fois-
ci tu n’as pas réussi mais si tu persévère tu vas y arriver la prochaine fois ».
Aidons-le face aux difficultés à trouver des solutions lui-même plutôt que de les
lui apporter sur un plateau. Toutefois, s’il ne trouve pas, prenons-lui la main et
aidons-le à passer le cap. Montrons-lui les limites de son pouvoir, qu’il ne peut
pas tout obtenir, que personne ne peut « décrocher la lune ». Ainsi, nous lui
apprendrons à ne pas dramatiser lorsque ses désirs ne seront pas exaucés, la
frustration faisant partie de la vie car certains désirs resteront à l’état de désir et
ne seront pas réalisés.

Nous sommes également des pédagogues pour notre enfant et nous


devons lui apprendre des tas de choses, à se défendre lorsqu’il est attaqué, à dire
non lorsqu’il ne veut pas se soumettre, à respecter les autres mais aussi lui-même.
Et surtout en le complimentant, apprenons-lui à être fier de lui.
29

Nous sommes tout aussi un point de repère et c’est peut-être le rôle le


plus difficile pour les parents particulièrement dans la phase de l’adolescence. Les
adolescents attendent que leurs parents tiennent le choc, qu’ils leur établissent des
limites qu’ils vont tenter de déroger. Aussi, soyons fermes sans être intolérants,
soyons cohérents en faisant ce que nous avons dit, en ne disant pas ce que nous ne
ferons pas et en ne faisant pas sans avoir prévenu avant. Il est indispensable pour
être crédible auprès de nos enfants que l’acte accompagne la parole.

Enfin, nous sommes un libérateur pour notre enfant, et souvent c’est le


parent qui est en difficulté, lorsqu’il doit renoncer à une partie de sa vie et
affronter le départ de ses enfants, notre rôle effectif étant de les rendre
parfaitement autonomes, et faire en sorte qu’ils aient le moins possible besoin de
nous. Nos enfants ne nous appartiennent pas, même si nous restons toujours le nid
vers lequel l’oiseau même adulte et responsable aura de temps en temps besoin de
revenir...
30

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 Vos enfants ne sont pas vos enfants. 
 Ce sont les fils et les filles du désir de Vie. 
 Ils arrivent à travers vous mais non de vous. 
 Et quoiqu’ils soient avec vous, il ne vous 
 appartiennent pas. 
 Vous pouvez leur donner votre amour mais 
 non vos pensées, 
 Car ils ont leurs pensées propres. 
 Vous pouvez abriter leurs corps mais 
 non leurs âmes, 
 Car leurs âmes habitent la demeure de 
 demain que vous ne pouvez visiter même 
 dans vos rêves. 
 Vous pouvez tenter d’être comme eux, mais 
 n’essayez pas de les rendre comme vous. 
 Car la vie ne s’en retourne pas en arrière ni ne 
 s’attarde avec hier. 
 Vous êtes les arcs qui projettent vos enfants 
 comme des flèches vivantes. 
 L’Archer voit le but sur le sentier de l’infini 
 et Il vous tend de toute son énergie pour que 
 ses flèches puissent aller vite et loin. 
 Que cette force bandée par la main de 
 l’Archer soit joyeuse ; 
 Car, s’Il aime la flèche qui vole, Il aime aussi 
 l’arc qui est stable. 
 Khalil Gibran 
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L’AMOUR DE SOI

« Qui tombe amoureux de lui-même n’a pas de rivaux »


(B. Franklin – Mémoires)
première vue, l’idée de s’aimer soi-même paraît futile, ridicule
A même ou prétentieuse car traditionnellement et culturellement
c’est sur la capacité d’aimer autrui qu’est mis l’accent. La psychologie moderne
prétend au contraire que s’aimer un minimum est indispensable pour éprouver du
plaisir et du charme à la vie. L’amour de soi est un ensemble d’attitudes : se
reconnaître une certaine valeur, se ménager, protéger son territoire intime, sa
santé physique et psychique, connaître ses intérêts réels. Il s’agit d’être « une
bonne mère pour soi-même ».

Les recherches de James Overholser ont confirmé que les hommes et


les femmes ont des appréciations d’eux-mêmes différentes : les premiers
s’aiment à travers leur réussite professionnelle ou dans une activité physique
tandis que les secondes ont viscéralement besoin de voir leur entourage
reconnaître leurs qualités personnelles. Il est exceptionnel de s’accepter
totalement, la vie quotidienne le démontre, et cette insatisfaction est inhérente à la
nature humaine.

S’aimer soi-même implique une capacité à ne pas se soucier que de soi,


et à ne pas se déresponsabiliser face à autrui en s’appuyant sur des considérations
du style « on me prend intégralement comme je suis ou bien adieu ! ». L’amour
de soi suppose une bonne dose de conscience, de connaissance de ses
fonctionnements mentaux, il va de paire avec la capacité de s’adapter au besoin
d’autrui, sans toutefois s’y aliéner, et avec l’aptitude à se transformer quand c’est
nécessaire. L’homme est un animal social et notre structuration psychique passe
par l’autre, son image, son regard constituent des points d’appui pour nous diriger
dans la vie et les jugements que nous portons sur nous en sont tributaires.

L’amour de soi, le sentiment de sa valeur, l’image que l’on a de soi-


même est une notion complexe et mal perçue car elle est généralement connotée
péjorativement. Elle est souvent renvoyée du côté du trop et de la pathologie,
celle qu’illustre le mythe : Narcisse si amoureux de son image entrevue dans
l’eau qu’il en oublie l’extérieur et les autres, si captivé par elle qu’il se noiera en
voulant la rejoindre.
Entre penser que l’on ne vaut rien et se prendre pour le nombril du
monde, il existe un juste milieu, un narcissisme « normal » qui est nécessaire aux
humains. Nous ne pouvons pas vivre si nous ne nous aimons pas un tant soit peu.
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Au début de sa vie, l’enfant ne peut ni s’aimer, ni aimer qui que ce soit


car il ne se ressent pas encore comme « un », il a de lui-même un vécu morcelé et
chaque morceau de son corps est le siège de pulsions de tensions sans lien entre
elles. Peu à peu, grâce à la présence, aux paroles, et aux soins de sa mère, une
première étape va se réaliser rendant possible que l’enfant ainsi rassemblé,
commence à investir l’énergie libidinale qu’il a en lui. Il va s’attacher d’abord à
sa propre personne et à cette étape, le bébé est pour lui-même le centre du monde,
l’extérieur n’existant pas pour lui. Il ressent sa mère comme une partie de son
propre corps, la voyant accourir sans délai au moindre de ses appels et il est
persuadé qu’il a autant de pouvoirs sur elle que sur sa main ou sur son pied, c’est
ce que Freud appelle le narcissisme « primaire » qui est pour tout être humain
un moment fondateur et toute distorsion à ce niveau entraînent des troubles
psychiques très graves.
Le nourrisson grandissant et sa mère répondant moins immédiatement à
ses demandes, il réalise progressivement qu’elle n’est pas un morceau de lui,
qu’elle a une existence propre, et qu’il y a donc à l’extérieur de lui une réalité sur
laquelle sa pensée n’a pas de prise. Cette découverte a des conséquences très
importantes, elle rend, en effet, l’enfant capable d’agir sur la réalité extérieure
mais également d’y choisir des objets d’amour, sa libido qui était jusque là
orientée vers lui se déplace et investit le monde extérieur, c’est l’époque où il
commence à s’attacher à des personnes, à des objets, etc… sans pour autant
renoncer à s’investir lui-même. Il continue à s’aimer mais commence à aimer les
autres. C’est ce que Freud appelle le narcissisme « secondaire ». Nous sommes
donc condamnés pour aimer les autres à nous retirer de la libido à nous-mêmes et
vice versa, si nous nous aimons trop nous-mêmes, nous n’avons plus rien à
donner aux autres.

On comprend que l’équilibre entre amour de soi et amour des autres


soit difficile à trouver. Comment réussir à s’aimer soi-même tout en aimant les
autres ? Pourquoi avons-nous ou n’avons-nous pas un narcissisme solide ? Le
sentiment de sa valeur, la capacité à s’aimer ne sont jamais chez un enfant des
facultés données au départ, elles se construisent et un enfant ne les construit
jamais seul mais toujours dans la relation aux autres et particulièrement à ses
deux autres essentiels que sont ses parents.

Que faut-il pour qu’un enfant puisse penser qu’il vaut quelque chose ?
Il faut d’abord lui dire et lui montrer que pour ses parents il compte, et que son
existence est essentielle à leur bonheur, d’autre part, il faut que ses parents
manifestent qu’ils ont pour lui un projet de vie, un désir absent des parents pour
leur enfant le laisse sans appui pour soutenir son propre désir de vie.
Il faut ensuite que leur enfant sente qu’il compte pour « un », singulier
unique, c’est-à-dire savoir qu’il est considéré comme une individualité, qu’il est
Pierre, Jacques ou Marie et pas simplement un morceau indifférencié d’un grand
33

magma appelé les enfants, qu’il est reconnu et valorisé dans ses particularités à
soi, admis comme différent de ses frères et de ses sœurs, qu’il a une place et
qu’elle compte. Enfin, il faut que ce « un » que représente notre enfant soit un
« un » dont nous reconnaissons la valeur, il faut l’accepter pour ce qu’il est et le
respecter comme tel dans sa sexualité, dans son corps en respectant son intimité,
sa pudeur, dans son être, dans ses désirs et sa parole car un enfant que l’on
n’informe pas de ce qui le concerne et dont les désirs et les opinions ne sont
jamais pris au sérieux, ne peut pas penser qu’il a de la valeur.
L’amour de soi a donc des racines bien plus profondes qu’il n’y paraît,
il est pour tous les humains et quel que soit leur âge la clef de la vie, sur tous les
plans, et d’abord, celui de la relation aux autres. Comment, en effet, pourrait-on
être aimé si on ne se pense pas soi-même aimable ?

Que faire lorsque l’on se sent en mésestime de soi, en désamour avec


soi-même, inapte au bonheur et que l’on porte son malaise en bandoulière,
persuadé que la vie ne nous aime pas ?
Pour sortir de l’enfermement dans l’échec, souvent généralement lié à
des injonctions maternelles, une mère peu aimante « tu es nul et tu ne feras
jamais rien », il faut accepter de donner tort à ses parents. Il s’agit de se
prouver à soi-même ce dont nous sommes capables, cela passe par commencer
par de petites choses et avancer doucement vers une version de soi qu’ils
n’avaient pas prévu : on peint, on cuisine, on jardine et surtout on fait l’effort
d’écouter les compliments et les remarques de ceux qui apprécient. Créer du
beau, du bon nous restaure intimement.
Si nous pensons ne pas valoir grand chose allons au Resto du Cœur, à la
Société Protectrice des Animaux ou à d’autres associations caritatives et nous
verrons que l’on a besoin de nous, cela fait du bien au moral et à force de voir
que les autres peuvent compter sur nous, nous finirons par en faire autant.
Longtemps, nous avons pensé qu’il fallait avoir reçu de l’amour pour
en donner, pourtant, les professionnels de l’enfance commencent à montrer que
nous pouvons donner ce que nous n’avons pas reçu et que nous pouvons réussir
notre vie malgré l’échec de notre enfance. Donner, faire plaisir, chacun sait le
faire mais accepter les cadeaux de la vie est une étape importante. Faisons la
liste de nos petites joies et des gens qui ont compté pour nous et nous verrons que
même si nous ne nous aimons pas, la vie nous a souri de nombreuses fois.
Ne plaçons pas la barre trop haute et accordons-nous le droit à l’erreur,
soyons tolérant à notre égard. Etablissons la liste de ce que nous aimons et
détestons en nous, enquêtons sur ce que les autres recherchent ou fuient en nous,
nous verrons alors, que nous avons des capacités, des qualités, des dons que nous
ignorons, pourquoi ne pas les exploiter ? Nous découvrirons alors que les petits
bonheurs procurent d’aussi bons moments que les petites cruautés, avec en prime
le plaisir d’être sans remords, de voir les gens sourire et de devenir plus
plaisants…
34

L’IMAGE DE SOI

« Ah, je ris de me voir si belle en ce miroir »


(Air des bijoux de Faust)

ès l’enfance, les scores moyens d’estime de soi sont plus élevés


D chez les garçons qui ont tendance à surestimer leurs capacités, à
surélever leurs compétences que chez les filles. Il est probable que
l’environnement social joue un rôle et que les parents ont tendance à plus
encourager leur enfant mâle, à défendre leurs intérêts et à affirmer leurs
personnalités qu’ils ne le font pour leur fille. Les mouvements féministes et
l’accès progressif des femmes aux postes de responsabilité pourraient bien
modifier ces écarts entre les sexes en matière d’estime de soi. D’autant que dans
une société où la force physique perd peu à peu de son utilité, les archétypes
masculins prennent un coup de vieux…

Aujourd’hui, 60% des adolescentes se déclarent trop grosses, et seules


20% d’entre elles sont satisfaites de leur corps. A l’âge de quatorze ans, un tiers
des adolescentes a déjà suivi un régime alimentaire.
Entre quatorze et vingt-trois ans, l’estime de soi augmente
régulièrement chez les garçons alors qu’elle décline chez les filles. Cela est sans
doute du aux pressions de l’environnement social et à l’écart perçu entre ce que
l’on pense être et ce que l’on pense devoir être.
Pour la plupart des femmes, le poids idéal se situe bien en-dessous du
leur, il en est de même pour l’idée qu’elles se font de l’idéal masculin en matière
de minceur féminine : le véritable idéal masculin accepte plus de rondeurs
qu’elles ne se l’imaginent.
Cette terrible pression culturelle subie par les femmes quant à leur
apparence, retentit en la fragilisant sur l’estime d’elle-même, ce qui les pousse à
avoir d’avantage besoin de grignoter ou de trop manger.

Les hommes n’échappent pas à une attention excessive de leur aspect


physique, alors que les femmes sont préoccupées par leur poids, c’est surtout la
taille qui inquiète, il leur est pénible d’avoir une taille qu’ils estiment trop petite,
car dans les fantasmes de la plupart des gens, une grande taille est associée à une
grande puissance, et ce, pas seulement dans le domaine sexuel.
35

Pourquoi cette importance du physique dans l’estime de soi ? Peut-


être parce que de toutes les compétences qui alimentent l’estime de soi, l’aspect
physique est la plus immédiate et celle qui dépend le moins du contexte.
Les avantages de la beauté sont indéniables. A l’école primaire, les
enfants les plus populaires, sont souvent ceux qui sont aussi les plus attirants
physiquement pour leur camarade. Dans les contes de fée, les héros sont beaux et
les méchants sont laids. Dans le monde des grands, les adultes beaux sont plus
crédibles aux yeux de leurs semblables, et compétence égale, les personnes au
physique attirant sont légèrement mieux payées que les personnes au physique
moyen.
Les gens attirants bénéficient d’un préjugé favorable auprès des
personnes du sexe opposé mais ce peut être l’inverse auprès des personnes de leur
propre sexe. De même, après un conflit on trouve en général que la personne avec
qui on s’est disputé, bien moins belle qu’avant la querelle…

Voilà bien longtemps que nos vêtements ne servent plus seulement à


nous protéger du froid ou à cacher notre nudité, mais qu’ils sont devenus les
prothèses ou caches misère de notre estime de soi. C’est que dans les pays
Occidentaux, la façon la plus simple et la plus rapide d’améliorer son image, c’est
souvent d’acheter des vêtements. La mode existerait-elle si les humains n’avaient
pas de problème d’estime de soi ?
Lieu révélateur des grandes angoisses de l’acheteuse, la cabine
d’essayage est le théâtre des grandes manœuvres sur l’estime de soi, car elle est
en fait le lieu de la rencontre entre l’image idéale de soi (entrevue en s’imaginant
dans un vêtement) et l’image réelle de soi (sa propre vision dans le dit vêtement
révélée par le miroir et pire encore, par le regard de la vendeuse).

La recherche de la beauté est sans doute éternelle au point autrefois,


de menacer la santé des femmes. La mondialisation du modèle occidental, de
minceur adolescente semble un phénomène irréversible aujourd’hui, d’autant que
les intelligences du marketing et de la publicité s’en sont emparées. Les messages
publicitaires, au début cantonnés aux vêtements et à la mode, aujourd’hui
s’attaquent directement au corps, par le biais notamment des industries du
cosmétique et de la chirurgie plastique. A quand le clonage pour devenir plus
belle ?

Depuis 1959, il s’est vendu plus d’un milliard de poupées Barbie dans
le monde, si on transpose les proportions de la belle à une femme adulte, on
obtient une taille d’1,77 m pour des mensurations 85, 46, 73. Ces chiffres donnent
une idée de la silhouette idéale proposés à des générations de petites filles et des
blessures à l’estime de soi qui en résulteront lorsqu’elles s’arrondiront à
l’adolescence sont proprement inhumaines…
36

NOTRE ESTIME DE SOI

« Autant vaut l’homme qu’il s’estime »


(Rabelais)

Est-elle haute ou basse ?

« L’amour de soi, sans être toujours coupable est la source de tout mal »
(E. Kant)

Quelle idée nous nous faisons de nous même ?


Comment nous nous comportons au moment de passer à l’action ?
Comment réagissons-nous à nos échecs ou nos succès ?
Les réponses à ces questions nous permettent de savoir si nous nous estimons un
peu, beaucoup ou pas du tout.
Comment nous nous présentons, comment parlons-nous de nous ?
Les personnes à basse estime de soi parlent d’eux de façon plutôt
neutre, se décrivent de manière modérée, floue, incertaine, moyenne, tiennent sur
eux-mêmes parfois un discours contradictoire, ont un jugement sur eux-mêmes
peu stable qui peut dépendre des circonstances et des interlocuteurs.
Ils ont le sentiment de ne pas très bien se connaître, ont tendance à
percevoir plus facilement leurs défauts que leurs qualités, et il leur semble que les
autres les jugent de la même façon aussi, ils sont étonnés d’être appréciés et de
connaître le succès, ce qui les inquiète un peu.
Souvent, ils se persuadent que les bonnes solutions ne se trouvent pas
en eux, mais chez les autres. Ils consacrent plus de temps à observer autrui pour
se calquer sur lui qu’à se pencher sur leur propre personne et leurs capacités.
Craignant plus que les autres le jugement social, ils sont donc plus
prudents, plus neutres lorsqu’ils ont à parler d’eux-mêmes, plus attentifs à ne pas
se tromper ou tromper les autres, ce qui les pousse de façon excessive à cultiver la
nuance et le doute.
L’inconvénient de tout cela est qu’ils donnent une image floue et
hésitante, l’avantage est qu’ils s’adaptent aux interlocuteurs avec un bon sens de
la nuance.
Les sujets à haute estime de soi ont des idées claires sur eux-mêmes,
parlent d’eux de manière tranchée, de façon positive. Ils tiennent un discours
37

plutôt cohérent avec un jugement assez stable sur eux, qui dépend relativement
peu des circonstances et des interlocuteurs.
Ils ont une image globalement positive d’eux-mêmes, ils savent qu’ils
ont des qualités et sont capables de plaire et de réussir.
Ils ont le sentiment de plutôt bien se connaître, sont actifs, sont
entreprenants du moins pour les objectifs qu’ils ont investis et savent prendre des
risques en aimant se dépasser, les échecs et les critiques les touchent mais sans les
démoraliser outre mesure.
L’avantage est qu’ils donnent une image tranchée et stable,
l’inconvénient est que trop de certitudes ou de suffisance risquent de déplaire à
certains interlocuteurs.

De quoi sommes-nous capables ?

Plus on s’estime, plus on a confiance en soi, mieux on agit, on prend


des décisions et l’on s’y tient, et plus on se comporte ainsi régulièrement, plus on
s’estime, plus on a confiance en soi.

Les personnes à basse estime de soi ont une prise de décision parfois
laborieuse ou différée, sont souvent inquiètes des conséquences possibles de leur
choix, tiennent parfois trop compte de l’entourage dans leur prise de décision,
renoncent vite en cas de difficulté dans leur décision personnelle. Ils subissent
parfois des situations dictées par l’environnement.
L’inconvénient est, qu’ils paraissent hésitants ou conventionnels,
l’avantage est, qu’ils ont un comportement prudent, réfléchi et patient.

Les sujets à haute estime de soi ont une prise décision en général plus
facile et plus banalisée, ils agissent aussi efficacement que possible pour faire
réussir leur choix, ils tiennent volontiers compte d’eux-mêmes dans leur prise de
décision, ils sont capables de persévérer dans leur décision personnelle malgré les
difficultés et se dégagent des situations dictées par l’environnement s’ils les
perçoivent comme contraires à leur intérêt.
L’avantage est, qu’ils peuvent être novateurs, l’inconvénient est, qu’ils
sont parfois trop sensibles à leur intérêt à court terme.

Notre réaction à l’échec et la critique

Les sujets à basse estime de soi, sur le coup, réagissent


émotionnellement à l’échec qui laisse une trace émotionnelle durable, ils
s’effondrent s’ils sont critiqués sur les points où ils pensent être compétents. Ils
recherchent les informations négatives sur eux-mêmes, se justifient après un
échec, et se comparent souvent avec les plus forts (lui au moins il a réussi). S’ils
38

sont critiqués, ils se sentent rejetés et ressentent une forte anxiété d’évaluation par
autrui.
L’inconvénient, c’est une souffrance durable et quelquefois excessive
par rapport à la critique et une anxiété anticipée, l’avantage, c’est qu’il existe une
forte motivation à ne pas échouer et une vraie capacité d’écoute des avis critiques.

Les sujets à haute estime de soi, sur le coup réagissent


émotionnellement à l’échec qui laisse peu de cicatrices émotionnelles durables.
Ils peuvent résister à des critiques sur des points sensibles ou s’en défendre
énergiquement, ils recherchent peu les informations négatives sur eux-mêmes et
ne se sentent pas obligés de se justifier qu’après un échec.
Face à l’échec ils se disent que beaucoup d’autres auraient échoué à
leur place, ils ne se sentent pas rejetés ni critiqués, et ont un faible degré d’anxiété
d’évaluation par autrui.
L’avantage, est qu’il y ont une bonne résistance à l’adversité,
l’inconvénient est, qu’ils peuvent ne pas assez tenir compte des critiques.

Comment nous réagissons au succès

Les sujets à basse estime de soi aiment réussir, mais la réussite


dérange la vision d’eux-mêmes et leur provoque des émotions mitigées avec une
peur de ne pas être à la hauteur ensuite et que la réussite ne dure pas.
L’inconvénient, c’est un «bonheur anxieux», c’est-à-dire un plaisir
gâché avec peu de bénéfice des succès sur l’estime de soi, l’avantage, c’est une
humilité et une modestie qui sont quelquefois appréciées par l’entourage.

Les sujets à haute estime de soi aiment réussir, la réussite confirmant


leur vision positive d’eux-mêmes, en leur provoquant des émotions positives. Ils
se posent peu de question concernant ce qui se passera après leur réussite.
L’avantage, c’est un bénéfice des succès sur l’estime de soi et une
motivation accrue, une confiance en soi fortifiée. L’inconvénient, c’est qu’ils
deviennent facilement dépendants de la récompense.

L’influence de notre estime de soi sur nos choix de vie

Les gens à basse estime de soi ont peur d’échouer et regardent


facilement vers le bas pour se rassurer. Ils ne prennent pas de risque et quand
l’objectif est atteint ils en restent là. Ils se sentent protégés par les habitudes et
préfèrent être moyen en tout, ne pas avoir de lacune.
L’inconvénient, ce sont des progrès lents, ils raisonnent à partir de leurs
échecs et s’autolimitent, l’avantage, c’est une bonne maîtrise de la situation liée à
une certaine prudence.
39

Les sujets à haute estime de soi ont envi de réussir, comparent vers le
haut pour s’aider à progresser en prenant des risques, ils cherchent à repousser
leur limite et se sentent stimulés par de nouvelles expériences. Ils préfèrent
exceller dans leur domaine de compétences et acceptent de moins briller dans
d’autres.
L’avantage, ce sont des progrès rapides, ils raisonnent à partir de leur
succès et s’auto développent, l’inconvénient étant une prise de risque importante
et un risque de dispersion.

Est-elle stable ou instable

Il existe quatre grands types d’estime de soi en rapport avec le degré de


résistance aux événements de la vie quotidienne. Une haute estime de soi stable
ou instable, une basse estime de soi stable ou instable.
La haute estime de soi stable amène peu de fluctuations de l’estime de
soi au quotidien, peu d’énergie est consacrée à son autopromotion et peu
d’énergie est consacrée à se défendre ou à se justifier des critiques ou des échecs
lorsqu’ils sont mineurs, par contre, il y aura une écoute rationnelle et attentive des
critiques.
Le sujet à haute estime de soi instable subira des fluctuations de
l’estime de soi en réponse à des situations quotidiennes, beaucoup d’énergie sera
consacrée à son autopromotion, à se défendre ou à se justifier des critiques ou
échecs même s’ils sont mineurs, il aura par ailleurs une écoute émotionnelle des
critiques.
Les sujets à basse estime de soi stable auront peu de fluctuation de
leur estime de soi au quotidien. Leurs états émotionnels seront régulièrement
négatifs et ils feront peu d’effort pour augmenter l’estime d’eux-mêmes. Le feed-
back de leurs actes aura un impact émotionnel mais peu de conséquences
comportementales, convaincus qu’ils sont de l’inutilité de la poursuite d’objectifs
personnels.
Les sujets à basse estime de soi instable peuvent avoir des
fluctuations vers le haut, des états émotionnels mixtes négatifs mais avec des
moments positifs, où ils feront des efforts pour augmenter l’estime d’eux-mêmes.
L’impact émotionnel du feed-back aura des conséquences comportementales
d’ajustement et ils auront un désir social qui les détournera de leur intérêt
personnel.
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
 
 La rose épanouie 
 
 
 
 Quelles difficultés elle avait rencontrées, cette rose avant 
 de pourvoir s’épanouir vraiment ! 
 Alors qu’elle était encore une toute petite graine et qu’elle 
 commençait à peine à germer, le vent l’avait déposée dans un 
 endroit plus ou moins accueillant. Elle demeura là un petit 
 moment et elle s’y sentit relativement bien car quelqu’un lui 
 apportait parfois du fumier pour la nourrir. 
 
 
 Un jour cependant, alors qu’elle était encore bien jeune, 
 la pousse fut plusieurs fois déménagée très souvent avec plus 
 ou moins de précaution. Sa nourriture était médiocre et, malgré 
 les querelles avec ses voisins, elle réussit quand même à 
 survivre. Le jardinier qui s’occupait d’elle la malmenait 
 souvent et elle était très malheureuse dans son cœur car elle 
 ne pouvait rien y faire. Elle se faisait parfois des amis, mais 
 elle devait toujours les quitter pour continuer tant bien que 
 mal à s’épanouir ailleurs. 
 
 
 Si bien qu’un jour, elle se retrouva dans une sorte de 
 dépotoir abandonné. Elle eut beaucoup de misère à y survivre 
 car ses racines devaient aller chercher sa nourriture à travers 
 des détritus de toutes sortes et parfois même dans des éléments 
 en décomposition. 
 
 
 Mais elle se sentait comme dans un endroit protégé du 
 vent et de la pluie et peu à peu, elle s’habitua à cette nouvelle 
 vie. Comme elle était forte et qu’elle avait passé à travers 
 beaucoup de difficultés, elle finit par s’épanouir de plus en 
 plus et devint une rose unique, aux pétales extraordinaires. 
 
 
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 
 
 Un horticulteur renommé vint un jour à passer par là. 
 En apercevant la rose, il fut stupéfait par sa beauté et son 
 éclat. Il décida alors de la transplanter délicatement dans 
 la serre ou il lui fit une place de choix et la choya. 
 
 
 A partir de ce moment-là, notre rose fit l’envie de tous 
 les visiteurs ; tous voulaient l’acquérir mais le propriétaire 
 gardait son joyau rare pour lui et il en prenait grand soin. 
 Elle fut par la suite immortalisée grâce à de nombreuses 
 photos et elle remporta de nombreux prix lors de différents 
 concours horticoles à travers le monde. 
 
 

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L’ESTIME DE SOI A L’AGE ADULTE


DANS LES RELATIONS D’AMOUR,
DE COUPLE ET DE TRAVAIL

« Félicitation ; la politesse de la jalousie »


(A. Bierce)

ien que les bases en soient construites pendant l’enfance, la


B confiance en soi l’estime de soi ne restent pas figées lorsque nous
atteignons l’âge adulte, au contraire, elles continuent d’évoluer et d’être l’objet de
fluctuations.

Les relations d’amour

La séduction et ses risques

Du flirt à la liaison durable, du conflit conjugal à la rupture, tous les


aspects de notre vie sentimentale entretiennent des liens très forts avec la
confiance en soi et l’estime de soi.
De même que certains font des achats compulsifs qui excèdent leur
besoin réel, d’autres ont besoin de séduire plus que de raison. Tous les
comportements de séduction ont pour fonction d’améliorer l’estime de soi.
Pour les grands séducteurs, le moindre rapport social est l’occasion de
vérifier qu’ils peuvent plaire, tant est grand le besoin de s’assurer qu’on peut être
estimé ou aimé par autrui. Leur estime de soi est dopée, lorsque la séduction
fonctionne, par contre, ces mêmes personnes se sentent perdues et désemparées
face à des personnes froides et peu sensibles à leur charme.
La personnalité hystérique se caractérise par un besoin impérieux
d’attirer l’attention des autres sur soi, de paraître sous un jour favorable, de plaire,
et par une grande difficulté à s’engager dans des relations affectives stables et
gratifiantes. La faible estime de soi à l’origine de ce comportement fait que
l’hystérique se conçoit comme quelqu’un d’attirant et de compétent d’un point de
vue sexuel et dans le cadre de liaisons superficielles et multiples, mais, dans le
même temps, elle se considère comme une personne sans intérêt et incapable de
retenir durablement un partenaire à ses côtés.
43

Diverses expériences scientifiques ont montré que le sexe masculin


s’intéresse d’avantage aux jolies femmes lorsqu’il est dans une haute estime de
soi, tandis que les individus à estime de soi altérée, soit n’essaient pas grand
chose dans le domaine de la séduction, soit tentent leur chance auprès des moins
jolies femmes. Donc, on peut en déduire que l’on choisit ses éventuels partenaires
en fonction de ce que l’on croit être son niveau de mérite… La beauté de la
partenaire serait-elle un des indicateurs de l’estime de soi des hommes ?
D’un autre côté, les femmes sont plus vulnérables et réceptives à la
séduction, quand elles se sentent dévalorisées.

Le couple : mythe ou réalité ?

L’estime de soi influence le choix du partenaire. En effet, certaines


expériences ont montré que pour une relation éphémère, on cherche à se valoriser
en choisissant une personne qui a une haute estime de nous même, par contre,
pour une histoire durable, on cherche quelqu’un qui ait de nous, une vision juste,
légèrement positive tout de même. Il apparaît important de ne se mettre en
ménage qu’avec quelqu’un qui sache vraiment qui nous sommes… de revenir aux
réalités, l’amour étant alors vécu comme « une folie temporaire que l’on peut
guérir par le mariage ».
Sans doute les sujets à basse estime de soi, préfèrent-ils choisir des
partenaires capables de leur renvoyer un regard critique, cela confirme leur propre
regard sur eux-mêmes et cela ne les met pas dans la situation risquée de décevoir
l’autre. Mais si elles écoutaient d’avantage leurs intuitions, ces mêmes personnes
choisiraient plus souvent, des personnes ayant un regard favorable sur elles, avec
une chance d’augmenter peu à peu leur estime de soi, mais aussi le risque de les
angoisser et finalement déstabiliser sinon abaisser le peu d’estime qu’elles se
portent.
Si nous nous mettons en ménage, c’est pour nous faire du bien et
améliorer notre estime de soi, du moins c’est ce que l’on peut supposer, en réalité,
certains travaux laissent à penser que le mariage bénéficie en moyenne plus à
l’estime de soi de l’homme qu’à celui de la femme.

Un couple repose sur des dons et des renoncements, de la part de


chacun de ses membres, or, il semble que les femmes acceptent de procéder à
plus de renoncements que l’homme dans leur couple. Dans les couples qui
marchent bien, les renoncements sont en principe mutuels, ce qui débouche sur la
notion d’une zone de compétence de «chacun ». Lorsque ces zones de
compétences sont équilibrées, il n’y a aucune compétition pour l’exercice de ces
compétences. Par contre, il n’est pas possible à un couple de fonctionner
durablement si l’un des conjoints occupe le terrain de toutes les compétences
agréables ou socialement valorisées. Les estimes de soi de chaque conjoint
44

doivent être nourries par la vie du couple, de plus, lorsqu’un couple va bien,
chacun se réjouit et se valorise par procuration des réussites du conjoint. L’estime
de soi de chacun est ainsi augmentée de manière directe pour l’un, indirecte pour
l’autre.

Dans certains couples, existe une forme de compétition implicite où


chacun a le désir de séduire l’autre en l’impressionnant ; dans d’autres couples,
on est frappé par le besoin d’un ou des deux membres de maintenir subtilement
l’estime de soi de son conjoint dans des limites à ne pas dépasser et au-delà
desquelles sa propre estime de soi serait menacée.

A quoi servent les disputes au sein d’un couple ? A ramener chaque fois
que nécessaire l’estime de soi du conjoint à de plus justes proportions. La dispute
est normale dans la vie de tout couple, elle permet d’exprimer attente et
insatisfaction et de faire évoluer la situation, mais à son issue, personne ne doit se
sentir humilié et l’estime de soi de chacun des membres ne doit pas avoir été
attaquée de manière directe.
Parfois, «la carte du tendre » ressemble plus à un champ de bataille
qu’à un jardin bucolique. Les conflits des conjugopathies ne débouchent sur
aucune solution et sont les théâtres d’agressions féroces des participants. Les
coups bas, du genre reproches ou insultes à propos desquels la personne ne peut
évoluer ou faire d’effort de changement, portent des coups très durs à l’estime de
soi de la personne qui les reçoit et ne sont jamais oubliés. Ces conflits sont
tournés vers la recherche de responsabilités, avec des critiques centrées sur les
personnes (tu es vraiment nul(le)) la responsabilité des émotions attribuée à
l’autre (tu me rends malade) et des griefs douloureusement ressassés, le conflit
renaissant sans cesse de ses cendres pour déséquilibrer les rapports de force entre
les conjoints en confirmant la dominance de l’un ou en inversant cette dominance.
La jalousie est presque toujours un signe de vulnérabilité générant des
doutes sur soi : je ne suis capable ni de vivre sans lui ou elle, ni de le ou la retenir,
je dois donc le ou la surveiller sans arrêt. Si la jalousie concerne d’avantage les
sujets à faible estime d’eux-mêmes, elle peut également toucher certains sujets à
haute estime de soi, elle est alors liée à un besoin de contrôler leur
environnement, et ceux ou celles qui en font partie.
Les chagrins d’amour affectent profondément l’estime de soi. Il s’agit
de « mini déprimes » au cours desquelles le sujet se dévalorise, ne s’imagine plus
d’avenir et n’apprécie plus ses pôles habituels d’intérêt. Ces symptômes pouvant
aller jusqu’à la dépression, surtout s’ils touchent des personnes à bas niveau
d’estime de soi.
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Estime de soi et travail

L’épanouissement au travail reste une réalité pour beaucoup de


personnes, auxquelles il procure un sentiment d’efficacité personnelle tout en leur
permettant de mieux se connaître. Le travail nous apporte un statut social, une
intégration à un groupe, l’atteinte d’objectifs, et des gains financiers qui nous
permettront d’acheter des prothèses à notre estime de soi.
Quand l’estime de soi professionnelle se met à prendre une part trop
importante dans l’estime de soi globale au point d’en représenter la principale
source, on prend le risque d’être complètement dépendant de son métier et de ne
plus vivre qu’à travers le prisme du bureau. Cet engagement professionnel
excessif présente de grands dangers pour l’équilibre psychologique du sujet, le
« burn out » chez les professionnels de la relation d’aide constituant un grave état
névrotique.
Pour beaucoup d’entreprises, l’estime de soi professionnelle est
corrélée à la qualité et à la quantité du travail fourni. Cette confusion entre valeur
et performance induit une estime de soi très instable, vulnérable aux échecs chez
des sujets obsédés par la compétition et qui s’effondrent en cas de licenciement.
Le harcèlement moral et les différentes agressions possibles en milieu
professionnel ont pour effet d’altérer profondément et durablement l’estime de soi
de la victime avec, selon les cas, divers objectifs : le plus souvent la soumission
ou le départ (placardisation d’un salarié).
De même, le chômage entraîne un profond sentiment de dévalorisation
et agit comme un révélateur de la personne qu’il frappe. Le chômage de longue
durée fragilise très sérieusement l’estime de soi du chômeur et le rend de moins
en moins apte non seulement à exercer un travail mais aussi à le rechercher avec
toujours un risque de cicatrice psychologique très importante.

Le pouvoir

Quatre points caractérisent les hommes de pouvoir : ils croient en leur


destin, ils voient grand, ils passent systématiquement à l’action, ils acceptent
d’échouer.
Vouloir exercer le pouvoir, c’est souvent désirer être aimé. Si les
hommes politiques trouvent le pouvoir et parfois la popularité, malheureusement
pour eux, l’exercice du pouvoir se solde rarement par un retour d’affection…
La difficulté qu’ont les hommes politiques et dirigeants importants à
quitter le pouvoir place le pouvoir comme une drogue pour l’estime de soi.
Peut-être est-ce dû à ce que si on court derrière la réussite, le pouvoir, la
reconnaissance, c’est que l’on doute de soi. Toute personne à estime de soi
véritablement forte ne devrait pas rechercher le pouvoir ou la gloire mais lui
46

préférer le bonheur que l’on trouve plus facilement en s’occupant de soi-même


qu’en consacrant sa vie aux autres.
« Mais si parce qu’on a accompli de grandes choses, on ne peut plus s’occuper
de soi-même et se réjouir avec un ami, c’est un bonheur auquel je dis adieu
volontiers » (Xénophon)
47

MOSAÏQUE DE THEORIES

« Quelque découverte que l’on ait faite dans le pays de l’amour propre, il y
reste des liens inconnus »
(François de Larrochefoucauld)

L’équation de James

Succès
Estime de soi
Prétention

Plus nous obtenons de réussite, plus notre estime de soi augmente à


condition, toutefois, que nos prétentions ne soient pas trop élevées.
Le bien être psychologique de personne vivant parfois dans des
conditions peu favorables, vient sans doute, en partie de leur capacité à se
contenter de ce qu’elles ont. Le bonheur est souvent une affaire de perspective
individuelle et il est toujours relié à l’estime de soi, meilleure est cette dernière
plus le sujet se dira satisfait de sa vie.
Les recherches plus récentes récusent cette théorie montrant qu’il est
préférable de ne pas avoir une vision trop lucide de soi-même et de ses véritables
aptitudes.
« Le bonheur est le privilège de ceux qui savent cultiver les illusions positives et
sont capables de s’estimer plus intelligents et plus compétents qu’ils ne le sont »
affirme le psychiatre américain Robert Ornstein.

Le modèle financier de l’estime de soi


L’estime de soi doit être régulièrement réinvestie pour ne pas se
dévaluer. Les gains sont à la hauteur des risques pris et plus le capital de départ
est élevé, plus les risques sont faciles à prendre.

Le moi-miroir
L’estime de soi n’est pas seulement une évaluation personnelle, c’est
aussi une anticipation ou une estimation de l’évaluation d’autrui.
D’où qu’il vienne et même s’il est peu argumenté, le moindre
commentaire négatif à notre encontre entraîne immédiatement chez nous, une
réaction émotionnelle douloureuse. Ce jugement, nous le ressentons, d’abord
48

comme vrai, et ce n’est que dans un deuxième temps que nous nous en détachons
soit pour le critiquer, soit pour en atténuer l’importance en prenant de la distance
avec l’interlocuteur.
La critique nous touche toujours, l’approbation aussi. Les bénéfices que
l’on peut retirer d’un message positif sont probablement plus labiles si l’on
s’estime peu, dans la mesure où l’on se remet plus vite à douter de soi.
Tout ce qui augmente l’acceptation sociale augmente un peu l’estime
de soi, tout ce qui diminue l’acceptation sociale diminue beaucoup l’estime de
soi.
Nous nous estimons exactement d’après ce que nous prétendons être et
prétendons faire dans ce monde. L’estime de soi dépend de la distance que nous
percevons entre notre comportement et ce qui représente notre idéal. Quand nous
nous rapprochons de nos idéaux, nous nous portons en bonne estime, et en
mauvaise estime, quand nous nous en éloignons.
L’idéal pour l’estime de soi consiste, sans doute, à cultiver deux types
de regard, stimulant vers le haut, et rassurant vers le bas «je me regarde je me
désole, je me compare je me console ».

Les signes de reconnaissance


Chacun établie des relations, des transactions pour être reconnu par les
autres et pour indiquer aux autres qu’il les reconnaît, cet échange de
reconnaissance (strocke dans le langage de l’Analyse Transactionnelle) des uns
par les autres se fait sous forme de signes variés qu’Eric Berne père de l’Analyse
Transactionnelle a baptisés strocke.
Le strocke est indispensable pour la survie biologique et
psychologique. De nombreuses expériences en maternité ont montré que les bébés
« strockés » se portaient mieux que les bébés peu ou pas strockés, les bébés
caressés et entourés par leur mère résistent mieux aux maladies que les autres,
même s’ils sont dans des conditions d’hygiène défavorables.
Le strocke positif correspond à la reconnaissance des qualités de
l’autre pour le valoriser ou de tout autre comportement ou action qui provoque
chez l’autre le développement d’une énergie positive, les strockes positifs
permettant ainsi de vivre mieux avec nous même et avec les autres.
Le strocke négatif correspond à la dévalorisation de l’autre en ne
reconnaissant pas ses qualités ou en se comportant de telle façon qu’elle provoque
chez l’autre le développement d’une énergie négative. Le strocke négatif nous
permet de vivre mais de vivre en souffrant et en nous sentant mal dans notre peau
et en relation difficile avec les autres.
Cependant, un individu préfère un strocke négatif au risque de ne pas
en recevoir, car l’absence de strocke est dramatique pour un individu. Cela
explique que de nombreux comportements désagréables, provocateurs ou
49

manifestement destinés à développer des échecs ou des ennuis pour tout le monde
aient malgré tout une douloureuse et tragique fonction de survie.
Le strocke peut être conditionnel ou inconditionnel. Le strocke
conditionnel est un signe de reconnaissance conditionné par les comportements
de l’autre. Le strocke inconditionnel n’est pas lié directement aux façons de
faire de l’autre mais au contraire, il consiste à apprécier sa personnalité avec ses
qualités et ses défauts et non ce qu’il fait.
Si le strocke conditionnel positif ou négatif est d’une intensité moyenne
donc de risque limité, le strocke inconditionnel positif ou négatif est toujours de
très forte intensité donc de risque élevé.
L’effet positif du strocke est directement lié à la qualité du strocke
donné, ainsi le strocke positif le plus intense est un strocke qui a les cinq qualités
suivantes : être sincère, être approprié, être personnalisé, être dosé, être
argumenté. Le faux strocke positif est assuré de n’avoir aucun effet, c’est le cas
des compliments appuyés ou manipulateurs ; de même le strocke forcé se sent et
le strocke inapproprié inquiète en général, l’interlocuteur qui se demande s’il y a
manipulation ou dérision.
Pour la même quantité d’énergie psychique, il faut soit un strocke
positif soit dix strockes négatifs. Ainsi, un individu en manque de strocke positif
a besoin de multiplier les occasions de strocke négatif pour recevoir quantité de
signes de reconnaissance nécessaires pour survivre. Ceci explique les attitudes
provocatrices de certaines personnes appelant en retour le rejet et la réprimande.
Chaque individu a un canal préférentiel de strocke : le regard, les
yeux, la vue et en ce cas il suffit de regarder quelqu’un même un moment pour
que l’effet strocke ait lieu. Certaines personnes sont sensibles au son de la voix,
elles préfèrent parler, dire ; d’autres craignent l’expression orale et se sentent plus
à l’aise en communiquant par l’écriture, elles savent bien féliciter quelqu’un en
lui envoyant un petit mot, une lettre, alors qu’elle serait gênée de le faire au cours
d’une conversation. Certains aiment être en groupe, même dans la foule, proches
les uns des autres, ce qui importe c’est la proximité, le contact, le toucher, la
poignée de mains, la tape sur l’épaule, les accolades. L’odeur est le seul problème
de communication qui soit dissuasif pour la vie en couple, toutes les autres
difficultés pouvant être résolues sauf celle-là : si l’on ne peut plus se sentir, il vaut
mieux se séparer car c’est insurmontable…
Chacun possède un filtre à strocke et selon sa personnalité et les
habitudes de son milieu, est prêt à accepter ou refuser totalement ou partiellement
les strockes qui lui sont donnés. Certaines personnes interprètent même le strocke
positif en strocke négatif, car l’effet strocke est essentiel dans la vie, c’est
pourquoi il fait peur.
Le strocke est une ressource naturelle, gratuite, inépuisable et à la
portée de tous. Plus nous en donnons, plus nous augmentons nos chances d’en
50

recevoir et plus nous augmentons notre capacité à stocker les strockes. Le strocke
est une ressource naturelle que chacun a à sa disposition, et qu’il peut recevoir et
distribuer à tout le monde et à tous les moments. Seules les difficultés
psychologiques personnelles et des habitudes sociales restrictives font croire le
contraire. Le strocke est gratuit, il est possible d’en recevoir sans payer en retour
de sa personne.
Strocker, c’est être positif face à la valeur de soi-même et des autres.

Les positions de vie


Chacun a une représentation de ce que les autres sont par rapport à lui
et de ce qu’il lui semble possible de faire de positif avec les autres.
En Analyse Transactionnelle, la représentation que la personne se fait
d’elle-même par rapport à l’autre est représentée par le schéma

JE SUIS
OK
SUPERIORITE COOPERATION

OK – NON OK OK - OK

L’AUTRE L’AUTRE
EST EST
NON OK OK

PASSIVITE INFERIORITE
NON OK – NON OK NON OK - OK

JE SUIS
NON OK

Voir le réel côté positif de soi et de l’autre pour construire ensemble,


est la position heureuse et efficace, la représentation réaliste lucide, avec un esprit
positif de soi-même et de l’autre, c’est la position OK+ OK+.
51

Se voir supérieur à l’autre de façon irréaliste en retenant surtout les


côtés négatifs de l’autre, est une position malheureuse et inefficace, une
représentation irréaliste de soi et de l’autre, un manque de lucidité. La position
OK+ OK- consiste à ne sélectionner que le côté négatif de quelqu’un ou de
l’exagérer ou de l’inventer en se voyant soi-même uniquement positif par rapport
à elle.

Se voir inférieur à l’autre de façon irréaliste en retenant surtout les


côtés négatifs de soi-même est également une position malheureuse, c’est la
position OK- OK+

Se voir dans un environnement hostile, négatif et incapable d’y faire


face en ne retenant que les côtés négatifs de soi-même et des autres est la position
la plus malheureuse et la moins efficace de toutes, la position OK– OK-

Dans une situation difficile, une personne peut passer par plusieurs
positions de vie, chacun de nous ayant un cycle négatif qui lui est propre et est
utile de connaître.
52

L’ART D’AIMER

« All you need is love »


(John Lennon)

Apprendre à aimer

our beaucoup, le problème essentiel de l’amour c’est d’être aimé.


P Le risque est d’y perdre son estime de soi car on se met dans une
situation de dépendance, (comment être aimé, comment être aimable, comment
plaire…).
S’il est facile de «tomber » amoureux, l’expérience durable d’aimer ne
va pas de soi. Selon Erich Fromm, «il n’y a guère d’activité, d’entreprise, dans
laquelle on s’engage avec des espoirs et attentes aussi démesurés, et qui pourtant
échoue aussi régulièrement que l’amour », ainsi il s’agit d’un art dont la théorie et
la pratique devraient être enseignés.
L’amour a une dimension existentielle pour l’homme, en ce sens il est
constitutif de son intégrité. L’amour accompli est une union qui implique la
préservation de l’individualité, c’est un pouvoir actif qui «démantèle les murs
séparant l’homme de ses semblables, qui l’unit à autrui, lui fait surmonter la
sensation d’isolement et de séparation ».
Pour Fromm, l’amour est un «prendre part à », il consiste avant tout à
donner. Aimer c’est donc vivre l’expérience de faire confiance à ses propres
forces pour apporter quelque chose. En ce sens, aimer ne va pas sans un minimum
de confiance en soi et vice versa. Aimer c’est entretenir d’une certaine manière la
confiance en soi, car cela oblige à «se bouger » en soi pour produire en direction
de l’autre.
On rencontre chez la personne mûre, bien à l’écart des rêves
narcissiques, les quatre composantes de l’amour :
La sollicitude, apporter du soin à ceux que nous aimons ;
La responsabilité, dans le sens noble du mot, être capable et prêt à
«répondre » aux besoins de l’autre ;
Le respect, (de respirer, regarder) dans le sens de percevoir une
personne telle qu’elle est dans sa singularité ;
La connaissance, avoir accès à l’autre et le connaître en ses propres
termes.
L’amour conçu ainsi consiste en une attitude, une orientation
personnelle qui nous permet de nous affirmer en ne formant qu’un, tout en restant
deux, sans se perdre dans l’autre mais au contraire en réussissant mieux à se
53

trouver. En ce sens, on peut dire que l’amour affermit l’estime de soi et qu’un bon
niveau de confiance en soi est nécessaire pour engager, avec des chances de
succès, une relation amoureuse.
Dans la pratique, l’amour conçu comme un art exige de la discipline,
de la patience et de la concentration. C’est à ce prix qu’on arrivera à s’éloigner
de l’orientation narcissique qui porte à n’éprouver comme réel que ce qui existe
en nous, tandis que les phénomènes extérieurs sont vidés de leur réalité propre et
ne sont vécus qu’en fonction de l’utilité ou du danger qu’ils présentent.
Aimer dans la vie c’est être dans un état constant d’intérêt actif vis-à-
vis de l’objet extérieur. L’amour est une activité, un état d’éveil intense, dont on
a la liberté de commande. L’estime de soi et la confiance en soi sont évidemment
concernées en ce sens qu’elles ne peuvent qu’être sollicitées, voire dynamisées,
par l’entreprise amoureuse.

Peut-on aimer sans s’aimer soi-même ?

Le manque d’amour de soi générateur d’une mauvaise estime de soi-


même se traduit par un manque de confiance, des doutes, et de la méfiance qui
vont générer ou entretenir soit des relations à base d’appropriation et de
possessivité, soit des relations de type persécuté – persécutant. Lorsqu’on ne
s’aime pas, on pense que l’on a rien à donner de valable et d’intéressant, et
lorsque l’on donne, on a le sentiment d’être dépossédé, d’avoir un « moins ».
Dans les couples bancals, celui qui ne s’aime pas, finit invariablement
par user puis détruire la confiance de l’autre envers lui. Le partenaire pourvoyeur
d’amour va à son tour se mettre à douter avant de se lasser définitivement de
fournir des preuves d’amour n’entraînant aucune réciprocité. Ce genre de relation
est une mission impossible : tenter pathétiquement de donner à l’autre ce que
lui seul pourrait s’offrir : de l’amour envers lui-même. Dans la relation
amoureuse, le manque d’amour de soi entraîne très souvent un jeu de
disqualification mutuelle, celui qui ne s’aime pas va mettre en cause l’amour de
l’autre « comment peut-il aimer quelqu’un d’aussi nul que moi, il est encore plus
nul que je le pensais », cela se passe évidemment sur un mode inconscient mais
violente les relations intimes.
Dans la relation sexuelle, le manque d’amour de soi va induire des
rapports d’exigence, de violence, voire de perversité de type sadique basé sur des
pratiques de possessivité, de consommation, de captation et d’aliénation de
l’autre.
Croire que l’amour de l’autre peut suppléer au manque d’amour
de soi est un de nos désirs le plus absurde, une utopie, une illusion aussi
dangereuse que vaine. Lorsqu’on ne s’aime pas, on est dans l’attente d’un amour
inconditionnel et ce type de demande conduit immanquablement à mettre à
l’épreuve l’amour de l’autre constamment sans relâche.
54

Jacques Salomé symbolise la relation amoureuse par une écharpe et


rappelle que dans la relation nous sommes toujours trois l’autre, moi et la relation
qu’il y a entre nous. Dans une relation dysfonctionnelle, nous voulons le plus
souvent gérer le bout de l’autre ou bien on attend que l’autre gère notre propre
bout. Dans une relation respectueuse des possibles de chacun, chaque partenaire
devient responsable de son bout de relation et peut se définir et se positionner
sans avoir besoin de définir ou d’aliéner l’autre. Ce positionnement responsable
est l’antidote à la dépendance, à la frustration et aux conflits destructeurs.
L’estime de soi et l’amour de soi nous font accéder, dans la relation à
l’autre, au meilleur de tous les possibles, les nôtres et ceux de notre partenaire
55


 
 MA MAISON 
 
 
 
 Qu’elle était jolie, cette maison que vous habitiez depuis tant 
 d’années avec son toit brun ou blond, ses deux grandes fenêtres 
 à travers lesquelles on pouvait voir pratiquement tout ce qui se 
 passait à l’intérieur… Mais vous ne vous y sentiez pas bien. 
 
 Bien sûr, dans votre enfance, vous ne voyiez pas bien ce qui 
 l’habitait. Vous ne vous préoccupiez pas bien d’apprécier ses 
 beautés. Pendant longtemps, vous y étiez presque insensible. 
 Vous y viviez par habitude. 
 
 Lorsque quelqu’un vous faisait remarquer qu’une décoration 
 était plus ou moins jolie, vous n’y portiez pas attention ; ou plutôt, 
 vous ne vouliez pas y porter attention. Alors, vous la cachiez ou 
 bien vous ne la regardiez plus, mais tôt ou tard, cette décoration 
 refaisait surface, par je ne sais quelle magie. 
 
 Vous y viviez comme un automate. Lorsque quelqu’un vous 
 complimentait sur une pièce particulièrement agréable ou même 
 de grande qualité, vous rougissiez, disant que ce n’était rien, sinon 
 illusion. Puis, un jour, cette maison qui vous était auparavant si 
 familière vous devint tout à coup, je ne sais pour quelle raison 
 inhabitable. 
 
 Vous la détestiez, vous la fuyiez. Vous ne lui trouviez plus 
 rien de beau. Elle vous faisait mal et vous lui faisiez mal. Vous la 
 sentiez comme hantée, habitée d’une maladie que vous croyiez 
 incurable. Vous aviez beau fuir, cette maison vous suivait. Vous 
 auriez voulu la démolir. 
 
 Vous la voyiez si laide que vous pensiez qu’elle n’avait plus 
 le droit d’exister. Jusqu’au jour où sur votre chemin, vous avez 
 croisé ce spécialiste en décoration intérieure. Vous l’avez fait 
 entrer dans votre maison que vous trouviez si laide, et lui, il l’a 
 trouvée si belle. 
 
 Il vous a fait ressortir les plus belles décorations que vous 
 aviez enfouies au plus profond du sous-sol. En plus de les avoir 
 oubliées, lorsque vous les avez redécouvertes, vous avez eu 
 peine à croire qu’elles vous avaient déjà appartenu, ces petites 
 choses qui rendent pourtant la vie si merveilleuse. 
 
56

 Et puis vous vous êtes mis(e) au travail. Avec l’aide de ce


 décorateur, vous avez fini par sélectionner de belles trouvailles
 que vous avez enfin accepté d’accrocher bien en vue ; non pas 
 pour les montrer aux autres dans le but de leur faire envie, mais
 bien plus pour les voir et les admirer vous-même. Quelle satis- 
 faction redécouvrir ces trésors que vous croyiez, votre maison, à
 jamais disparus ! 
 
 Cette maison que vous continuez d’embellir n’a pas d’adresse 
 et ne coûte pas un sou à chauffer, même en hiver. Vous y habitez 
 seul(e), mais vous avez beaucoup de visiteurs puisque maintenant 
 vous laissez les portes ouvertes. Vous avez jeté définitivement 
 la clef qui la fermait depuis si longtemps… 
 

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LE MANQUE DE CONFIANCE EN SOI


PEUT DEVENIR UNE MALADIE

« Je ne connais personne de plus inutile et de plus inutilisable que moi »


(Emile Cioron)

Les maladies du manque de confiance en soi

La dépression
C’est la maladie la plus souvent rencontrée chez des personnes qui
manquent de confiance en elles. Ici, pauvre estime de soi semble être présent dès
l’origine de la maladie. Il s’agit d’une tristesse permanente avec une perte de
« l’envie d’avoir envie » et du goût de faire les choses, un manque de désir et de
volonté pour tout, une difficulté à anticiper l’avenir qui paraît bouché.
La dépression peut également s’accompagner de symptômes
physiques : ralentissement (nous n’arrivons plus à faire les choses), fatigue,
trouble du sommeil, troubles de la concentration et de la mémoire, troubles
physiques divers et variés…
Cette dépression peut être d’intensité modérée mais permanente et nous
gêner de nombreuses années, c’est ce que l’on appelle la « dysthymie ». Mais la
dépression peut aussi évoluer par accès très intenses et très marqués, nous
handicapant gravement dans notre vie. Ces accès, qui durent en général de
quelques semaines à quelques mois, nécessitent un traitement médical urgent.

L’anxiété sociale ou phobie sociale


C’est la deuxième maladie la plus fréquemment rencontrée, (2 à 3% de
la population selon les études) chez des personnes qui manquent de confiance en
elles : la peur des autres. Si nous manquons de confiance en nous et que nous
avons un jugement négatif sur nous-mêmes, nous aurons tendance à redouter le
jugement des autres et à penser que les autres nous jugent négativement. Si ces
pensées sont importantes, nous aurons peut-être tendance à éviter les contacts des
autres en nous enfermant petit à petit dans une vie solitaire, en retrait, en refusant
les invitations et les contacts, les promotions professionnelles, les prises de parole
en public…
58

Le trouble d’anxiété généralisée ou TAG


Il ne s’agit pas des fresques sur les murs des cités, mais du trouble
d’anxiété généralisée (TAG) ! Lui aussi est très fréquent, il atteint probablement
entre 3 et 4% de la population générale. Il affecte des sujets inquiets, bileux, qui
se font toujours du souci et qui s’inquiètent pour tout.

Les complexés
Ils sont convaincus d’être porteurs d’un défaut physique, auquel ils
attribuent toutes les difficultés rencontrées dans leur existence et ils attendent
également beaucoup de la disparition de ce supposé défaut qui induit un
sentiment d’infériorité par rapport aux autres personnes.

Alcoolisme, anorexie et traumatismes


Il existe beaucoup d’autres maladies qui peuvent avoir des liens avec le
manque de confiance en soi. C’est le cas de certaines formes d’alcoolisme, les
personnes qui boivent pour s’auto agresser et se confirmer dans la mauvaise
image qu’elles ont d’elles-mêmes ou celles qui boivent parce qu’elles ont peur
d’aborder les autres et que l’alcool les y aide par son action désinhibante qui
facilite le passage à l’acte, or bien-être et facilité d’action sont précisément ce qui
manque à une personne qui s’estime faiblement.
Un manque de confiance en soi est très souvent rencontré chez les
jeunes femmes souffrant d’anorexie mentale.
Mais il existe aussi des événements qui ont pour conséquence un
manque de confiance en soi, c’est le cas des traumatismes sexuels. L’inceste
entraîne chez les personnes qui l’ont subi une grande difficulté à accepter leur
corps et des difficultés à faire confiance aux autres dans leurs relations, honte,
humiliation et culpabilité étant à l’origine à la chronicisation des souffrances de
l’estime de soi de ces personnes.

Les maladies liées à un excès de confiance en soi

L’euphorie maniaque
A l’inverse de la dépression, on peut rencontrer des personnes qui
souffrent d’un excès momentané de confiance en elles, ce qu’on appelle des
« états maniaques ». se présentant comme euphorie de l’humeur qui dure
quelques semaines de type mégalomaniaque. Cette excitation est en contraste
avec l’état habituel et la personne se croit capable de tout faire au-dessus des
autres, dans un état hyperactif sans fatigue apparente.

Les narcissiques, les « moi je »


Est-il possible d’avoir tout le temps trop confiance en soi ? Oui, et cela
pose même certains problèmes. Nous avons autour de nous des personnes
59

toujours très sûres d’elles ou en tout cas qui le paraissent. Ici, la surestimation est
permanente mais paraît suspecte.
En effet, il y a en a deux types de personnes sûres d’elles :
- celles qui le sont vraiment. Nous n’aurons pas besoin d’essayer de
nous faire une place à côté d’elles : elles nous respectent, elles nous laissent la
parole, elles savent voir nos bons côtés et elles nous aident à progresser. Elles ne
font jamais les choses à notre place si nous ne leur demandons pas ;
- et puis il y a les « faux sûrs d’eux », écrasants, qui ont besoin de
dominer pour exister. Pour eux, nous n’existons pas, ils ne nous laissent pas la
parole, ils n’ont pas pris le temps d’observer nos côtés positifs. En général, ils
font les choses à notre place et, lorsque nous essayons de nous lancer, ils nous
critiquent… Souvent, ils nous expliquent que nous avons tort et eux raison, ils
cherchent globalement à nous dominer. Ces personnalités en ont besoin pour se
rassurer, car contrairement aux apparences, elles ont une estime de soi fragile et
c’est par la domination de l’autre qu’elles essaieront de prendre confiance en
elles-mêmes. Leur estime de soi est sociale, elles sont dépendantes de
l’impression de domination qu’elles donnent aux autres pour se sentir sûres
d’elles. Elles ont une très faible estime de soi personnelle et peuvent être très
facilement déstabilisées lorsqu’elles sont remises en cause.
A côté d’eux nous nous sentons rabaissés, agacés, nous avons
l’impression d’être complètement inexistants. Ils nous donnent l’impression de
tout savoir mais ils ne nous communiquent jamais leur savoir. Ils parlent d’eux
tout le temps, « Moi, je… »
- Ces personnalités sont extrêmement craintives redoutant toute
critique ou défaite qui pourraient les déstabiliser. Toute leur confiance en elles
dépend du fait d’être remarqués par les autres, elles ont un besoin d’approbation
et de compliment quasi addictive. De plus, elles ne cherchent que les messages
positifs et aucune critique constructive ne leur est accessible. Les autres ne
peuvent être entendus que dans la mesure où ils vont dans leur sens car dès que
nous cherchons à leur faire une critique même constructive, ils se sentent blessés
dans leur amour-propre et nous expliquent que c’est nous qui avons tort.

Le cas des parents toxiques

En matière d’estime de soi le rôle des parents s’avèrent important, il


existe de véritables parents «toxiques ».
 Les parents, contrôleurs abusifs, qui décident une fois pour toute qu’eux seuls
savent ce qui est bon pour leurs enfants auxquels ils ne laissent aucune
autonomie.
 Les parents alcooliques qui font subir leurs sautes d’humeur, qui vont de
l’abattement à l’hostilité, à leur enfant.
60

 Les parents abuseurs verbaux excellent dans l’art de dévaloriser leurs enfants
par des remarques cruelles sur leurs erreurs, leurs points faibles, voire leurs
caractéristiques physiques.
 Les abuseurs physiques sont des parents incapables de contrôler leur pulsion
agressive envers leurs enfants. Pour ces derniers, un peu comme pour les enfants
d’alcooliques, l’univers familial devient un environnement dangereux et
imprévisible.
 Les abuseurs sexuels constituent le degré ultime dans la violence au sein des
familles. L’enfant est agressé dans ce qu’il a de plus intime et plus aucun refuge
ne lui est possible.
61

COMMENT PROTEGER A
COURT TERME
L’ESTIME DE SOI

B eaucoup de comportements quotidiens servent parfois à notre insu


à défendre notre estime de soi quand elle est menacée.

Les mécanismes de défense


Ils servent à nous éviter des émotions et des pensées pénibles à notre
conscience, ils jouent un rôle d’amortisseur, lorsque nous sommes confrontés à
des difficultés, en évitant des remises en question trop frontales et en représentant
une forme de remaniement et d’évitement de la réalité.

• L’évitement où retrait permet d’échapper au risque d’échec


• Le déni de refuser d’admettre les problèmes
• La projection d’attribuer ses propres sentiments négatifs et difficultés
aux autres
• Le fantasme et la rêverie d’imaginer sa réussite au lieu de la
construire
• La rationalisation de reconnaître les problèmes mais en leur
attribuant des causes qui éviteront une remise en question
• La compensation de fuir un sentiment d’infériorité en s’investissant
dans d’autres domaines.

Réussir à travers les autres


Le succès par procuration permet de bénéficier de la réussite d’une
autre personne au succès de laquelle nous nous sentons associés : voir ses enfants
réussir à l’école pour une personne qui a souffert de ne pas faire d’étude, la
réussite du conjoint, la réussite d’un club sportif dont on est supporter…

Rester groupés
Etre intégré, accepté, dans un groupe témoigne d’un minimum
d’acceptation par ses semblables et le groupe permet le partage : le partage du
succès, le partage de l’échec.

Les rêveries, projets flous


Un monde virtuel, permet un évitement de la réalité trop douloureuse
pour l’estime de soi, il apporte des satisfactions qui remplacent celle de l’action.
62

Nos agissements quotidiens


Certaines actions mettent en jeu l’estime de soi, acheter quelque chose
ou dire du mal de son voisin sont souvent à notre insu, des comportements
destinés à faire du bien à notre estime de soi, qu’elle soit haute ou basse.
Acheter, c’est se valoriser, même s’il s’agit d’un stratagème dont
l’effet est transitoire. Dans l’industrie de luxe, on vous incite à penser qu’acheter
un objet luxueux, c’est rentrer dans une catégorie sociale de connaisseurs et de
privilégiés. Ainsi, le shopping du samedi après midi peut être une drogue à
l’estime de soi, les acheteurs compulsifs étant parfois à l’image des boulimiques
ou des cleptomanes, incapables de se contrôler.
Posséder des objets valorisants représente des prothèses à l’estime de
soi. La prolifération des gros véhicules 4 X 4 rutilants, chromés et inutiles dans
les grandes villes, constituent un besoin ostentatoire pour certains de montrer
leurs valeurs. Le 4 X 4 serait-il à l’estime de soi ce que la silicone est à la
poitrine ?
C’est bien d’acheter et de posséder mais quel dommage de ne pas
montrer pour faire encore plus de bien à son estime de soi. Tout se passe comme
si, montrer ces richesses, étaient le signe extérieur de nos richesses intérieures…
Bien sûr tout cela nous renvoie au plaisir enfantin d’être admiré plus pour ce que
l’on a que plus pour ce que l’on est. Séduire et se vanter demeurent un sport vieux
comme le monde.
Contrôler, dominer augmentent également notre estime de soi. Pour
ce faire, certains se lancent dans la politique, d’autres possèdent de gros chiens
énergiques style pitbull et plus le chien est gros et appartient à une race réputée
agressive, plus le problème d’estime de soi du maître peut être suspecté. Le fin du
fin étant d’expliquer que justement il s’agit de «race inoffensive » à condition de
bien leur faire comprendre qui est le chef… Les propriétaires des chiens plus
petits, la catégorie des maîtres persécuteurs (assis ! couché ! au pied !) sont dans
le même cas. Il existe des variantes avec son conjoint, ses enfants, ses
subordonnés…
Les jeux de société sont un dérivé des rapports de force sociaux, être
mauvais perdant et être prêt à tricher constituent des signes d’un investissement
excessif de l’estime de soi dans ces jeux.
Transgresser les lois, resquiller, pour certaines personnalités dope
considérablement leur estime de soi.
Dénigrer, médire, se moquer, permet de réduire l’écart entre soi et les
autres. Dire du mal des stars, des princes, des milliardaires les rapproche de nous,
les ramène à notre image.
Ne pas perdre la face, c’est-à-dire refuser de reconnaître ses échecs,
ses ratages et ses points faibles est une façon de protéger son estime de soi. Cela
se passe au niveau d’un individu mais malheureusement, aussi, au niveau de
certains régimes politiques dans certains pays.
63

COMMENT DEVELOPPER
SON
ESTIME DE SOI ?

« Je m’aime donc je suis »


(Anonyme inconnu)

ertaines occasions de vie sont de nouveaux départs pour l’estime


C de soi. Une rencontre sentimentale avec un conjoint qui, bien que
lucide à votre égard nous donne confiance en vous, une rencontre amicale, une
insertion dans un groupe, l’accès à une profession, l’accès à un statut social, tout
cela peut aider à la construction et à la consolidation d’une estime de soi et d’une
confiance en soi jusque là un peu hésitante. L’estime de soi est un phénomène qui
s’auto-entretient.

Haute estime de soi

L’estime de soi
augmente

L’estime de soi
se maintient

Actions
fréquentes
On se réjouit

On relativise Réussite

Echec

Malheureusement, l’événement heureux ne suffit pas toujours à


entretenir la boucle de la haute estime de soi. Certaines personnes qu’elles aient
64

une haute ou une basse estime d’elles-mêmes se font une spécialité de « rater les
occasions » soient qu’elles pêchent par orgueil ou par excès d’inhibition (la vie
amoureuse constituant un terrain d’étude quasi-expérimental).
La aussi, la basse estime de soi est un phénomène qui fonctionne en
boucle

Basse estime de soi

L’estime de soi
inchangée

Estime de soi
diminuée

Actions
rares
On doute

On se dévalorise Réussites

Echecs

Comment modifier son estime de soi

« Je veux faire les choses bien mais je désire que quelqu’un, n’importe qui,
s’en aperçoive ». (Jules Renard)

Se connaître

« Connais-toi toi-même » rappelait Socrate. Quel regard nous jetons


sur nous et comment nous nous présentons aux autres ?

La fenêtre du Johari est un outil de réflexion qui définit :


• Le domaine public, c’est tout ce qui est connu de vous et de votre
entourage : nom, état civil, âge et autres renseignements…
65

• La tâche aveugle, c’est ce que les autres savent ou perçoivent de


vous sans que vous en soyez clairement conscient : non verbal, comportement,
attitude…
• Le domaine caché, c’est tout ce que vous connaissez de vous et
que vous cachez aux autres : jardin secret, parties vulnérables…
• Le domaine inconnu, c’est ce que la personne n’a pas encore
révélé d’elle-même et que son entourage ne pressent pas non plus : inconscient,
besoins profonds, mobiles, peurs…

Ce qui est connu Ce qui est inconnu


de soi de soi
Ce qui est connu des autres Domaine public Tâche aveugle
Ce qui est inconnu des autres Domaine caché Domaine inconnu

Pour augmenter l’estime de soi, il faut augmenter le domaine public :


En transformant la tâche aveugle en domaine public : en écoutant
systématiquement et même en sollicitant l’avis des personnes de son entourage.
en transformant le domaine caché en domaine public : pour cela ne pas hésiter
à exprimer ses pensées et ses émotions.
En transformant le domaine inconnu en domaine public : c’est tout l’intérêt
de se mettre dans des situations inhabituelles et de faire de nouvelles expériences.

S’accepter

« Quelque bien qu’on nous dise de nous, on ne nous apprend rien de nouveau »
(La Rochefoucauld)

Il n’est pas nécessaire d’être sans défaut pour avoir une bonne estime
de soi, par contre, il faut être capable de les assumer ou de les changer. La
culpabilité est le remords de ce que l’on a fait, la honte est la confusion envers
ce qu’on est, et c’est la honte qui transforme la conscience d’un défaut en
complexe. Les deux meilleurs alliés de la honte sont le silence et la solitude. A la
minute où l’on admet sa honte, on en parle, on l’exprime et elle disparaît.
66

Arrêter de nous sentir coupables

La théorie des attributions


Les pensées des sujets qui souffrent d’anxiété, peuvent se classer en
quatre catégories : interne négative si nous nous attribuons la responsabilité de
nos échecs, par exemple, « j’ai échoué, c’est de ma faute », externe négative si
l’on attribue aux autres ou à l’environnement la responsabilité de nos échecs, « si
j’ai échoué c’est la faute de l’examinateur qui a fait des préférences ». Pour les
pensées positives, c’est la même chose, notre pensée peut être interne positive,
par exemple, « c’est normal j’ai bien travaillé je le mérite », ou externe positive,
« le jury était sympa, ils me l’ont donné ».
Les expériences en recherche psychologique ont montré que les patients
qui manquent de confiance en eux ont tendance à s’attribuer la responsabilité de
leurs échecs avec des pensées internes négatives en revanche, ils ne s’attribuent
pas leurs réussites qu’ils rattachent aux autres par des pensées externes positives,
ce qui diminue encore leur confiance en eux.

Nous nous maltraitons en traitant mal l’information.


Le processus cognitif déforme l’information de plusieurs façons.
 La généralisation globalise à partir d’un point précis.
 Le raisonnement dichotomique est un raisonnement en « tout ou rien » en
« blanc ou noir », le gris n’existant pas.
 L’inférence arbitraire nous fait tirer des conclusions d’un fait sans en avoir la
preuve.
 La maximalisation du négatif et la minimalisation du positif amplifient tout ce
que nous faisons en négatif et minimise tout ce que nous faisons en positif.
 La personnalisation nous fait tout ramener à nous, c’est ainsi qu’au cours
d’une discussion de groupe, nous pensons que toutes les allusions, les critiques
et les sous-entendus nous concernent.
 L’omission sélective nous fait tirer une conclusion générale à partir d’un détail
en ne tenant pas compte du reste de l’ensemble des informations ou du
contexte.

Etre honnête envers soi

Nous avons tendance à dénier nos émotions. Les deux réactions du déni
vis-à-vis des événements menaçants pour notre estime de soi sont l’auto-défense
en niant systématiquement nos états émotionnels et la soumission aux événements
par la résignation et la banalisation avec refus de toute tentative d’agir pour
changer.
67

Agir

« L’unique aide que vous avez toujours cherchée c’est vous-mêmes. Ayez
confiance, prenez des risques. Ce n’est qu’ainsi que se forgera votre confiance
en vous » (R. Walpola)
Les actes sont les gymnastiques d’entretien de l’estime de soi dans la
vie quotidienne, une foule d’objectifs même modestes une fois atteints, nous
permettent de ressentir une amélioration de notre estime de soi. Considérons donc
certaines activités quotidiennes, non plus comme de simples corvées mais comme
des moyens d’augmenter notre sensation de contrôle sur nous-mêmes et de nous
rapprocher de notre image idéale.
Devenons un expert dans un domaine, la pratique régulière d’un hobby
ou d’une passion fait du bien à l’estime de soi et la confiance en soi, en
améliorant le sentiment de compétence personnelle et en favorisant la
reconnaissance sociale.
Un projet qui se traduit par un acte est promis à un meilleur avenir que
celui qui demeure au stade de l’intention, la procrastination est l’alliée d’une
mauvaise estime de soi.

Faire taire le critique intérieur

« D’expérience en expérience, j’en arrive à la certitude que je suis fait pour


rien » (Jules Renard)
Le critique intérieur, ce sont toutes les pensées à priori critiques que
nous nous adressons à nous-mêmes. Il s’agit souvent d’un discours parental
intériorisé, conséquence de ce que nous avons entendu lorsque nous étions enfant,
«c’est inutile »», dissuade d’essayer, «ça ne marchera pas» amène une inquiétude
ou un perfectionnisme inutile, «c’était nul » une dévalorisation, «ça n’a servit à
rien» dissuade de recommencer, «ce n’est pas suffisant» amène une
insatisfaction.
Face à notre critique intérieure, il faut d’abord prendre conscience de
son existence, pour ensuite, nous poser les bonnes questions
Cette critique est-elle réaliste ?
Est-ce qu’une pensée optimiste et positive m’aidera à me sentir mieux ?
Est-ce que cette pensée m’aidera à mieux faire face à la situation
actuelle ?
Est-ce que cette pensée m’aidera à mieux faire face à la situation la
prochaine fois ?
68

Oser et décider

« Le cachet de la médiocrité, c’est de ne pas savoir se décider »


(J.B. Say)
Fixons-nous des objectifs accessibles
Lorsque nous manquons de confiance en nous, nous avons tendance à
fixer des objectifs trop élevés tant et si bien que nous ne les atteignons pas
toujours, ce qui nous confirme dans notre sentiment d’incapacité. Nous devons
nous fixer des objectifs accessibles, mettre la barre pas trop haute, afin d’avoir
une chance de réussir.

Evaluons les risques


Après avoir pris notre décision et nous être fixés un objectif accessible,
il peut être utile avant d’agir d’évaluer les risques que nous prenons en cas
d’échec.
Dans le même ordre d’idée, vaccinons-nous contre l’échec, car en
affrontant des petits échecs, nous nous habituons en quelque sorte à l’échec, afin
de pouvoir faire face un jour où nous en subirons de plus importants, pour cela
organisons nous-mêmes de petits échecs et évaluons la gravité des conséquences,
d’autant que ce n’est pas l’échec qui fait peur mais l’idée de l’échec.

Nous apprenons en échouant


« L’échec est le fondement de la réussite »
(Lao Tseu)
A la limite quelqu’un qui réussit tout le temps ne progresse pas
vraiment, les échecs nous apprennent une démarche constructive et nous
conduisent à analyser les causes et éventuellement à modifier nos comportements
pour qu’à l’avenir, ils se reproduisent pas, dans ce cas, l’échec est source
d’informations importantes.

L’échec relatif
La plupart de nos comportements peuvent être considérés comme des
échecs ou des réussites relatives, aussi, réévaluons les et éventuellement faisons
les juger par les autres notre interprétation deviendra ainsi plus nuancée dans nos
comportements.
69

Accepter l’idée de l’échec

«L’échec est un morceau de la victoire». Pour changer, il faut agir


donc prendre le risque d’échouer, ce n’est pas l’échec qu’il faut accepter, c’est
l’idée de l’échec. Certains thérapeutes prescrivent l’échec à leurs patients pour
vérifier si leurs prédictions étaient fondées.
Les pensées catastrophes aggravent la vision de l’échec : C’est la
catastrophe - je ne serais jamais capable d’affronter cette situation - les
conséquences sont irrémédiables - je vais me laisser aller et m’habituer à la
médiocrité - mon image en a pris un coup mortel et après çà, on ne me fera plus
confiance -.
Les pensées réalistes aident à récupérer de l’échec : un échec est un
désagrément et c’est ennuyeux - un échec est une étape qui nous permet de
progresser pour être à l’aise dans une situation - la plupart des échecs sont
rattrapables, il n’y a pas de risque de s’habituer à l’échec, il n’est pas ridicule
d’échouer - un échec est la preuve que l’on a encore heureusement des progrès à
faire et un échec est toujours effacé par une réussite ultérieure.
Pour bien gérer les échecs, il ne faut pas voir les choses sur un mode
dichotomique, en noir et blanc, mais en nuancer la vision. Rappelons nous que
tout le monde a échoué, échoue ou échouera, et sachons tirer les enseignements
de l’échec.

Quelques astuces pour agir en confiance

Osons réussir quelques petites actions

Certaines grandes actions constituent des objectifs qui nous


apparaissent infranchissables, transformons cet objectif en plusieurs objectifs, ils
nous apparaîtrons aisément réalisables et par-là même nourriront davantage notre
confiance dans notre la réussite.
C’est l’accumulation des petites actions qui font les grandes actions et
ces petites actions réussies, surtout si à chaque fois nous en tirons satisfaction,
vont peut à peu nous donner confiance en nous, à condition que ces premières
actions correspondent à certains critères:
Leurs difficultés qu’elles nous demandent doivent nous être accessibles.
Elles doivent être faisables dans les jours qui suivent.
Elles doivent plutôt concerner un domaine de prédilection pour nous, où nous
sommes à l’aise, dans le sport, dans le bricolage, le travail, le soutien d’autrui,
etc. en choisissant une action facilement reproductible.
70

Ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier

Si nous nous investissons trop dans un domaine, en cas de problèmes


nous risquons de nous écrouler d’autant plus s’il s’agit de domaine très compétitif
comme le sport ou la musique, la politique, le show-biz. Si nous ne maîtrisons pas
complètement notre sort, nous risquons de soumettre notre réussite et la confiance
en nous qui en découle au bon vouloir des autres et de leur appréciation.

Soignons les apparences

Même si ce n’est pas le cas, faisons comme si nous avions une bonne
confiance en nous. En nous modélisant sur les signes extérieurs de personnes en
bonne confiance et estime d’eux-mêmes.

Manque de Bonne Excès


confiance en soi confiance en soi de confiance en soi

Contact visuel Fuyant Direct Fixe

Expression faciale Peu expressive Expressive Contractée

Tendu, dressé,
Position du corps Repliée Souple menton en avant et
haut

Mouvements du corps Rares Souples et amples Saccadés

Intensité de la voix Faible Adaptée à la Forte voix criarde


situation

Intonation de la voix Monotone Expressive Explosive

Quantité de paroles Peu Autant que Beaucoup plus que


l’interlocuteur lui
71

Etre assertif

S’affirmer, c’est la capacité d’exprimer ce que l’on pense, ce que l’on


veut, ce que l’on ressent tout en respectant ce que l’autre pense, veut et ressent,
c’est se respecter suffisamment pour se donner des droits face aux autres
personnes. Or, se donner des droits, c’est prendre le risque de déranger
l’interlocuteur, de lui déplaire, il ne faut être ni inhibé (paillasson), ni agressif
(hérisson).

Basse estime de soi et manque d’affirmation de soi

J’ai une basse


estime
de moi

Je ne me donne pas Je ne prends pas


le droit de J’ai peur du rejet l’habitude de
m’affirmer face aux si je m’affirme m’affirmer
autres

Je ne m’affirme pas

Je continue d’avoir
peur du rejet :
«Que se serait-il
passé si je m’étais
affirmé ?»

(Se référer aux journées thématiques sur « l’Affirmation de soi)


72

Etre empathique

L’empathie, c’est la capacité d’écouter et de ressentir le point de vue de


l’autre, de chercher à le comprendre même si l’on n’est pas d’accord totalement
avec lui «je comprends bien ce que tu veux dire mais je ne pense pas forcément
comme toi».
Elle nous permet de rester proche des autres et d’être apprécié d’eux et
de mieux nous affirmer : on écoutera nos points de vue si nous nous sommes
montrés capables d’écouter ceux que l’on nous a exprimés.
(Se référer aux journées thématiques sur « les émotions »)

S’appuyer sur le soutien social

Le soutien social se compose de quatre ingrédients :


Le soutien d’estime (on sait que tu es quelqu’un de bien)
Le soutien affectif (on est à tes côtés, on t’aime)
Le soutien matériel (on va t’aider)
Le soutien informationnel (voilà une information qui va te rendre
service)
Le soutien social donne le sentiment d’être aimé et d’être aidé donc
n’hésitons pas à demander du soutien, à activer régulièrement notre réseau social
et à le diversifier dans le cercle des intimes, des collègues et des connaissances.

Devenir ami avec soi

« On n’aurait guère de plaisir si on se flattait jamais »


(La Rochefoucauld)

Le bouddhisme, contrairement à l’idée préconçue que les spiritualités


orientales méprisent le moi et cherchent à l’abolir en vue de s’améliorer, parle
plutôt de bienveillance envers soi-même comme pratique essentielle.
La méditation est un recueil essentiel pour l’intérêt de soi, la recherche
et la curiosité à son propre sujet car elle permet d’observer puis d’accepter le
moindre de ses pensées et de ses émotions. Le but n’est pas nombrilisme mais
une ouverture à la compassion.
« Si vous parvenez à avoir vous même cette sorte d’honnêteté, de
douceur et de bonté et à rester clair face à vous, un sentiment de bienveillance
peut s’étendre aux autres sans obstacle »
73

QUELQUES OUTILS POUR CHANGER

Les autosuggestions

Par une affirmation, vous affirmez au présent quelque chose que vous
voulez créer dans votre vie dans le futur.
Faites-vous des déclarations qui reflètent la vie que vous voulez.

• Utilisez le présent
• Soyez positif
• Renforcez vos affirmations avec des sentiments.
• Faites-le quotidiennement.
Vos affirmations peuvent tout concerner, mais commencez plutôt par
des affirmations touchant à votre estime personnelle. Plus vous vous aimerez et
plus vous aurez confiance en vous et plus vous serez à même d’apporter vos
dons au reste du monde.
Voici ci-dessous quelques affirmations modèles.

• Maintenant, je m’accepte, comme je suis.


• Je suis bien comme je suis.
• Chaque jour, de toutes les manières, je me porte de mieux en mieux.
• J’aime et respecte ce qui me fait « moi ».
A vous d’énoncer celles concernant votre estime de vous-même :

Avant de vous endormir, lorsque vous n’êtes plus tout à fait réveillé ni
encore endormi, répétez à haute voix (avec les lèvres) vingt fois votre affirmation.
Faites de même au réveil, dans la phase ou vous ne dormez plus sans
être totalement éveillé.
74

Le swish et l’image de soi


1 - Identifier les circonstances problématiques
Quelle est la situation dans laquelle vous avez une image négative de
vous-même et dans laquelle vous voulez réagir différemment ?
2 - Identifier l’image liée au problème
Maintenant repérez l’image interne négative que vous voyez dans cette
situation juste avant d’avoir l’attitude que vous voulez changer.
3 – Créer l’image positive
Créer une deuxième image, une image de vous ayant pleinement
confiance en vous, totalement positive. Vous pouvez modifier l’image jusqu’à ce
qu’elle soit vraiment attirante et qu’elle matérialise bien le changement que vous
désirez effectuer, vous devez sentir une réaction corporelle positive, c’est-à-dire,
ressentir un sentiment de bien-être et d’épanouissement.
Vérifier que l’adoption de cette image ne présente aucun inconvénient.
4 – Le swish proprement dit
Les yeux fermés, visualiser l’image négative de vous-même. Elle doit
être très grande et très claire puis vous placez en bas à gauche de celle-ci une
petite image sombre correspondant à votre image positive. Ensuite, vous faites
grandir la petite image qui s’éclaire au fur et à mesure qu’elle recouvre l’autre,
pendant que l’image grand format rétrécit et devient sombre. A la fin de ce
processus, vous devez visualiser un écran blanc.
Vous devez effectuer cette même séquence d’opérations mentales cinq
à six fois de suite et chaque fois de plus en plus vite.
5 - Faites une projection dans l’avenir
Imaginez les différentes situations que vous rencontrerez, y compris
celles qui jadis étaient difficiles. Comment cette nouvelle personne que vous êtes
devenu se comporte-t-elle ? Comment agissez-vous en famille… à votre travail…
dans vos loisirs… ?

Image négative

Image positive
75

Les ancrages

On définit généralement l’ancrage comme une information visuelle,


auditive ou kinesthésique qui, lorsqu’elle est évoquée, déclenche une réponse, un
comportement spécifique. Pour réaliser un ancrage, on crée une association entre
un état intérieur spécifique et une information kinesthésique, visuelle ou
auditive ; il suffit alors d’activer l’ancre, c’est-à-dire de renouveler l’information
pour voir réapparaître la ressource à laquelle elle a été associée.
Les ancrages d’états de ressource sont extrêmement utiles car, une fois
réalisés, ils permettent de reconduire instantanément le patient vers l’état positif
ainsi identifié (énergie, motivation, sérénité, confiance en soi, image positive,
amour de soi).

• Identifions la ressource à laquelle nous voulons avoir accès


(confiance en soi, sérénité, énergie, motivation etc.)
• Imaginons mentalement un contexte passé dans lequel nous avons
pu vivre cette ressource. Voyons, entendons et ressentons ce que nous avons
vécu de façon aussi complète que possible dans notre tête comme si nous le
revivions réellement.
• Au moment ou nous ressentons l’émotion « à son top », la
sensation de ressource, serrons le poing une dizaine de secondes. L’ancrage
(l’effet stimulus-réponse) est en place.
• Pensons à autre chose puis testons l’ancrage : serrer le poing,
amène immédiatement dans notre esprit la ressource que l’on a ancrée.
• Un pont vers le futur le confirmera : évoquons une situation future
ou nous allons avoir besoin la ressource que nous venons « ancrer ».
Pensons-y tout en maintenant l’ancre (notre poing serré) et constatons ce
qui se passe…

Le recadrage

La technique dite du recadrage en une phrase consiste en une


formulation qui change le point de vue que l’interlocuteur a construit de son
problème ou de sa situation. Quelqu’un qui a l’impression de se trouver dans une
impasse ne voit souvent qu’un aspect restreint de sa situation, et le recadrage peut
alors l’aider à envisager autrement ses possibilités d’action.
Le recadrage du contenu mettra en évidence d’autres significations de
la problématique de la personne tandis que le recadrage du contexte recherchera
d’autres situations dans lesquelles la problématique sera moins limitante.
76

PROTOLE

DE TRAVAIL

SUR CONFIANCE

ET ESTIME DE SOI

« Tu t’aimeras toi-même, sinon plus que ton prochain


tu prendras soin de toi
tu veilleras à ton bien être… »
(Le XIème Commandement de
Dieu à Moïse… ou ce qu’il
aurait peut-être du être.)
77

QUI ETES-VOUS ?

• Qui suis-je ?

• De quoi suis-je capable ?

• Quelle est ma valeur, à mes yeux, aux yeux de mes proches, aux yeux des
personnes qui me connaissent ?

• Est-ce que je me vois comme une personne qui mérite la sympathie,


l’affection, l’amour des autres, ou est-ce que, au contraire, je doute souvent de
mes capacités à être apprécié et aimé ?

• Est-ce que je conduis ma vie comme je le souhaite ?


78

• Est-ce que mes actes sont en accord avec mes désirs et mes opinions, ou est-ce
que, au contraire, je souffre du fossé entre ce que je voudrais être et ce que je
suis ?

• Suis-je en paix avec moi-même ou fréquemment insatisfait ?

• Quand, pour la dernière fois, me suis-je senti déçu de moi-même, mécontent,


triste ?

• Quand pour la dernière fois me suis-je senti fier de moi, satisfait, heureux ?
79

MIEUX VOUS CONNAITRE POUR


MIEUX VOUS AIMER

Quels sont vos défauts et vos qualités ?

Situez vous par une croix sur la ligne du continuum défaut-qualité

Inactifs X Actif
Maladroit Adroit
Egocentrique Attentif
Malhonnête Honnête
Déloyal Loyal
Imprécis Précis
Retardataire Ponctuel
Versatile Persévérant
Impoli Poli
Tendu Détendu
Anxieux Calme
Pessimiste Optimiste
Indécis Décidé
80

Qu’avez-vous échoué et réussi jusqu’à maintenant ?

Placez une croix en fonction de l’échec ou de la réussite

ECHECS REUSSITES

Mes études X

Mon couple

L’amitié

M’occuper des autres

Avoir des centres d’intérêt

M’occuper de mon physique

Activité sportive

Les sorties

L’engagement associatif
81

Quels sont vos domaines de compétences et d’incompétences ?

INCOMPENCES COMPETENCES

Vélo
Bricolage X
Organiser une soirée
Organiser un voyage
Ranger
Affirmer une opinion
Ecouter l’autre
Faire mon travail
Relations avec mes collègues

Qu’est-ce que le bien pour vous ?

Pour chacune de vos actions, tracez un axe sur lequel vous pourrez
déplacer un curseur qui irait du pire résultat au résultat excellent.

Vos actions Nul Moyen Parfait


82

Apprenez à vous connaître vraiment

Au lieu de vous juger, observez-vous sans parti pris. Observez


objectivement vos actes, vos pensées et vos émotions.
Notez dans les trois colonnes ci-dessous :
- ce que vous faites
- ce que vous ressentez
- ce que vous vous dites à vous même.

Situation Emotions Pensées automatiques


Décrivez Précisez vos émotions et leur Précisez ce qui vous passe par la
Ce qui se passe : intensité tête sur le moment
Où, quand, comment, avec qui
83

QUE VONT PENSER LES AUTRES

Inscrivez ci-dessous ce que, secrètement, vous pensez que vous


aimeriez vraiment, vraiment faire.

Pourquoi ne le faites-vous pas ? Serait-ce parce que vous vous


inquiétez de ce que les autres pourraient penser ? Ou parce que vous voulez leur
plaire ? Alors que, de toute évidence nous ne pouvons plaire à tout le monde.

Ceux à qui j’essaye de plaire :


84

Vous plaisez-vous à vous-même ?

Repensez aux décisions que vous avez prises ces derniers mois. Les
avez-vous prises en fonction de ce que les autres allaient penser, ou les avez-vous
prises pour vous plaire ? Que pensez-vous de chaque décision ?

Décision n° 1 et comment je l’ai ressentie :

Décision n° 2 et comment je l’ai ressentie :

La tyrannie du « doit »

Si vous examinez attentivement chacune de vos décisions vous verrez


qu’elles dissimulent toutes un «doit». Le «doit» caché est «Tout le monde doit
m’aimer et m’approuver» et ce «doit» interfère entre vous et l’acceptation de
vous-même, entre vous et votre tranquillité d’esprit.

Quels sont vos «doit» ?

Mes «doit avoir» :

Mes «doit faire» :

Mes «doit être» :


85

Lorsque vous laissez les «doit» guider votre vie, vous laissez les autres
maîtriser votre vie comme s’ils avaient le pouvoir de décider si ce que vous
pensez est bien ou non et quoi que vous fassiez, vous souffriez d’un sentiment de
culpabilité, d’inadaptation et d’insatisfaction.
La seule manière pour vous d’être heureux, c’est que vous déterminiez
que ce que vous croyez est bien et que vous agissiez de façon cohérente avec cette
conviction. Peut-être ne plairez-vous pas toujours aux autres, mais vous vous
plairez à vous-même.

Remède au souci de ce que les autres vont penser : déterminez vos valeurs.

Les valeurs sont les croyances que vous choisissez pour guider votre
vie.
Lorsqu’il s’agit de valeurs, il n’est plus question de vrai ou faux, de
bien ou de mal, mais de votre différence, vous cessez de vous juger et de juger les
autres.

Inscrivez les «doit» qui sont aussi réellement des valeurs pour vous.
Pour transformer vos «doit» en valeurs, vous devez changer la manière dont vous
vous adressez à vous-même. «Je veux» ou «Je préfère» sont d’autres mots par
lesquels vous pouvez remplacer vos «doit».

Je dois Je préfère (valeurs)


 

 

 

 
86

Clarification des valeurs

Différentes valeurs sont énumérées ci-dessous. Classez chacune d’elle


selon l’importance que vous lui accordez, sur une échelle allant de 1 à 10, 10
étant le plus important. Puis classez vos comportements – la façon dont vous
vivez vos valeurs - en utilisant la même échelle. Si l’écart est supérieur à 3 points,
utilisez la troisième colonne pour noter l’action qu’il vous faut entreprendre afin
de faire concorder votre comportement et vos valeurs.

Valeur Importance Comportement Action

Affection

Altruisme

Apparence

Apprentissage

Arts (musique,
peinture, écriture
etc.)

Autonomie/Liberté
personnelle

Autorité/Pouvoir

Carrière/Emploi

Communauté
87

Compétence

Créativité

Environnement

Equilibre mental

Esthétique

Famille

Foyer

Franchise

Intégrité

Temps de loisirs

Amour

Argent

Croissance personnelle

Forme physique

Intimité/Solitude

Loyauté
88

Ouverture

Plaisir

Prises de risque

Reconnaissance

Relations

Religion

Réussite

Sagesse

Sécurité

Sociabilité

Spiritualité

Statut social

Vos ressources (temps, énergie, argent) sont limitées, et lorsque vous


dites oui à quelque chose, vous dites non à autre chose. Clarifier vos valeurs vous
aide à faire des choix avisés et à échapper à la tyrannie des «doit».
89

Sélectionnez vos valeurs les plus importantes

Dans votre liste, sélectionnez les quatre valeurs les plus importantes et
donnez un exemple de l’application de cette valeur dans la réalité au cours de la
semaine passée.

Valeur :

Exemple :

Valeur :

Exemple :

Valeur :

Exemple :

Valeur :

Exemple :

Remplacez les «doit» par les valeurs

Certains des «doit» de votre liste ne reflètent peut-être pas du tout vos
préférences donc vos valeurs. L’un des meilleurs moyens de se débarrasser de ces
«doit» consiste à les remplacer vos choix en accord avec vos valeurs.

Ex : Je dois passer du temps en famille je veux avoir du temps pour moi le


Week-end


90

JE NE SUIS PAS ASSEZ…

Inscrivez toutes les raisons de ne pas vous sentir « assez » qui vous
viennent à l’esprit.

Je ne suis pas assez 

Pensez à trois situations dans lesquelles vous avez été à la hauteur.

J’ai été à la hauteur quand :

J’ai été à la hauteur quand :

J’ai été à la hauteur quand :

Maintenant, relisez ce que vous avez inscrit dans les «Je ne suis pas
assez…» Dans l’une des trois situations que vous venez de mentionner, avez-vous
eu ce dont vous croyez manquer ?
91

Le piège de la comparaison

Parfois, vous estimez que vous n’êtes pas à la hauteur parce que vous
vous comparez à quelqu’un d’autre.

Je ne suis pas assez comparé à

Je ne suis pas assez comparé à

Je ne suis pas assez comparé à

Je ne suis pas assez comparé à


92

SE PARLER A SOI-MEME

Ce que je me dis

Vous vous parlez à vous-même toute la journée. Ce sont ces


pensées/jugements qui engendrent des sentiments d’estime de soi élevée ou
médiocre, ce que vous vous dites affecte votre perception de vous-même.

Ce que me dit ma « radio-critique » intérieure et ce que peut me dire « radio-


encouragement »

Situation Emotions Pensées Pensées Emotions


automatiques alternatives
Décrivez ce qui se Précisez vos Précisez ce qui vous Notez ici vos Réévaluez vos
passe : émotions et leur passe par la tête sur pensées alternatives émotions en tenant
Où, quand, intensité le moment plus constructives compte des pensées
comment, avec qui alternatives
93

Mes accomplissements de ce jour

Combien de fois vous êtes-vous couché en récapitulant mentalement les


fautes que vous aviez faites, vos erreurs de jugement, les mots prononcés qu’il
aurait mieux valu taire ? Ce faisant, vous érodez votre estime de vous, pour
l’améliorer, essayez plutôt de penser à vos accomplissements du jour.

Prenez quelques minutes le soir pour vous rappeler dix choses que vous
avez accomplies avec le sentiment de bien faire. Revoyez votre journée et toutes
les choses positives que vous avez faites ou dites. Si vous vous endormez en vous
rappelant les choses que vous estimez avoir bien faites, vous vous réveillerez en
vous sentant bien avec vous-même.
94

VOTRE UNICITE

Au fur et à mesure que vous élèverez le niveau de votre auto-estime et


que vous apprendrez à vous aimer, vous arriverez à mieux vous connaître et à
savoir ce qui vous rend unique.
Vous mettrez alors en œuvre toutes les expériences de votre vie – les
bonnes et les mauvaises, tous vos talents, toutes vos compétences et tous vos
espoirs pour créer un impact sur le monde qui vous entoure.

1. En quoi suis-je unique ?

2. Quels sont les talents et les compétences qui me rendent unique ?

3. En quoi l’éventail de mes expériences personnelles me permet-il d’apporter


quelque chose, à mon environnement familial, professionnel, social ?

4. Quand ai-je apporté quelque chose aux autres dans mon milieu familial,
professionnel, social ?
95

5. Comment l’ai-je fait ?

6. Quand me suis-je senti plein de vitalité, d’énergie et bien présent dans le


déroulement de ma vie ?

7. Tout au fond de moi, pourquoi suis-je ici ?


96

QUELQUES TESTS POUR


VOUS SITUER
97

INVENTAIRE DE VOTRE
ESTIME DE SOI

Répondez par 7, 5, 3, 1 selon que vous adhérez ou non aux propositions ci-dessous
Très fortement : 7 Modérément : 3
Fortement : 5 Peu : 1

Je suis en général quelqu’un qui voit la vie de façon optimiste


7 5 3 1

Quand je prends du temps et du soin pour me préparer et bien


m'appliquer je réussis très bien en général 7 5 3 1
J’ose prendre des initiatives sans attendre qu’on m’y pousse
7 5 3 1
J’ai envie d’en apprendre plus dans beaucoup de domaines
7 5 3 1
J’ai l’impression d’être bien équilibré au plan mental 7 5 3 1
Je ne me prends pas au sérieux 7 5 3 1
J’ai une forte écoute des autres 7 5 3 1
Je crois être respecté par les autres 7 5 3 1
J’ai tendance à dire les choses en face 7 5 3 1
J’aime discuter avec des gens même quand je suis en désaccord 7 5 3 1
avec eux
Je ne ressens aucune réticence pour le changement 7 5 3 1
J’aime prendre des risques 7 5 3 1
J’ai des objectifs très clairs dans ma tête 7 5 3 1
J’apprécie de prendre moi-même des décisions et de m’y tenir 7 5 3 1
Je me sens en forme physiquement et je veille à ma santé 7 5 3 1
J’aime bien regarder les gens dans les yeux quand je leur parle 7 5 3 1
Je suis à l’aise pour appliquer ce que j’ai décidé 7 5 3 1
J’ai bien réussi à supporter certains échecs 7 5 3 1
Je suis attiré par ce qui est positif chez les autres 7 5 3 1
Je sais prendre du recul quand on me critique ou me conteste 7 5 3 1
J’aime m’exprimer en public 7 5 3 1
Je crois que ce qui m’arrive dépend en grande partie de moi 7 5 3 1
Je prends du plaisir et du temps pour m’habiller à mon goût 7 5 3 1
Je sais aller vers l’inconnu 7 5 3 1
Je me sens satisfait de mon sort actuel 7 5 3 1
J’apprécie les compliments de mon entourage 7 5 3 1
Total par catégorie
TOTAL GENERAL

Totaliser les scores


Score compris entre 28 et 50 : estime de soi très insuffisante.
51 et 100 : estime de soi moyenne.
101 et 150 : forte estime de soi.
151 et 175 : estime de soi excessive.
98

VOTRE DEGRE DE CULPABILITE

Répondez aux propositions ci-dessous


Tout à fait 1
En partie 3
Rarement 5

TOUT A FAIT EN PARTIE RAREMENT

Je ne fréquente que les gens qui m’apprécient


Il est toujours difficile de dire non
Je ne pense pas que les gens changent vraiment
Beaucoup de gens qui félicitent ne sont pas
vraiment sincères
Je suis loin d’avoir les résultats que j’aimerais
avoir
Quand les choses vont bien ça n’est pas bon signe
J’ai du mal à reconnaître mes erreurs
J’accorde beaucoup d’importance à ce que les gens
pensent de moi
Les gens en général cherchent à vous nuire et
empêchent votre évolution
J’en veux à mes origines et à mes parents
J’ai tendance à remettre à un autre jour la plupart
des décisions à prendre
Si on souffre on n’y peut pas grand-chose
J’ai le sentiment que je ne peux pas mieux faire
Je pense que personne ne peut vraiment vous aider
Le changement et les responsabilités me font
globalement peur

TOTAL

Totaliser les scores


Score compris entre 15 et 30 : très fort sentiment de culpabilité.
30 et 45 : fort sentiment de culpabilité.
45 et 60 : moyen sentiment de culpabilité.
60 et 75 : faible sentiment de culpabilité.
99

VOTRE EQUILIBRE
TRAVAIL / VIE PERSONNELLE

Toujours : 5 / Souvent : 3 / Rarement : 1

TOUJOURS SOUVENT RAREMENT

Je n’ai que des amis de travail

J’emmène du travail à la maison

Je suis très sensible au climat au bureau ou à


l’usine

Quand ça va mal dans le travail, ça ne va pas


bien à la maison

La nuit, je pense souvent au travail

En vacances, j’emmène du travail

J’aime parler de mon travail lors de


rencontres fortuites

Je profite du week-end pour rattraper le


retard pris au travail

Je rentre souvent en disant le soir chez moi


que je suis « crevé », que j’en ai marre

Je reste le soir plus tard que les autres au


travail

Totaliser les scores


Score compris entre 10 et 20 : bon équilibre.
21 et 30 : équilibre moyen.
31 et 40 : fort déséquilibre.
41 et 50 : très fort déséquilibre.
100

«COMMENT POUVEZ-VOUS CHANGER» ?

Lisez attentivement chaque formulation et répondez sans prendre trop de temps en


cochant d’une croix la colonne qui se rapproche le plus de votre point de vue actuel.

Questions sur le rapport à soi-même Plutôt vrai Plutôt faux

1) Je ne m’aime pas beaucoup


2) J’ai du mal à prendre des décisions
3) Je ne suis pas apprécié (e) et reconnu (e) par les autres comme
je le voudrais
4) Je ne sais pas vraiment ce que je vaux
5) Je ne persévère pas si je rencontre des difficultés
6) J’échoue dans ma vie sentimentale
7) Même quand les choses vont plutôt bien, je me sens inquiet
(inquiète)
8) J’évite les situations où je ne suis pas à l’aise
9) Je suis trop dépendant (e) du regard que l’on porte sur moi
10) Quand j’ai des difficultés, je m’en prends souvent à moi-
même et il m’arrive même de me détester
11) On m’a souvent fait le reproche de fuir dans l’action et de
« trop en faire »
12) Je me sens souvent jaloux (jalouse), j’éprouve fréquemment
du ressentiment envers certaines personnes.
13) Je ne fais pas les bons choix dans ma vie.
14) Je supporte mal l’échec ou la critique sur ce que je fais
15) Je me laisse trop envahir par les autres
16) Je me sens insatisfait (e)
17) Je me mets souvent en échec
18) Je suis souvent trop agressif (agressive) et critique envers les
autres
19) J’ai du mal à me trouver des qualités.
20) Je repousse souvent à plus tard des choses importantes que je
devrais faire rapidement
21) Parfois j’ai l’impression que je provoque moi-même
inconsciemment les ruptures ou les conflits.

Comment calculer vos résultats ?


Ce questionnaire vous permet d’obtenir quatre notes : une note de «besoin global
de changement » et trois notes de «domaines de changement ».
 Besoin global de changement : chaque réponse «plutôt vrai » vous donnant 1
point, faites le total de vos points.
101

 Domaines de changement :
- Besoin de changement dans votre rapport à vous-même : faites le total des
points aux questions 1, 4, 7, 10, 13, 16, 19.
- Besoin de changement dans votre rapport à l’action : faites le total des points
aux questions 2, 5, 8, 11, 14, 17, 20.
- Besoin de changement dans votre rapport aux autres : faites le total des points
aux questions 3, 6, 9, 12, 15, 18, 21.

Comment interpréter vos résultats ?


1. Votre note de «besoin global de changement » peut aller de 0 à 21 points.
 De 0 à 7, votre besoin de changement est limité.
 De 8 à 15, votre besoin global de changement est moyen.
 De 16 à 21, il semble que vous avez intérêt à entreprendre des efforts de
changement.

2. Votre note, pour chacun des «domaines de changement », peut aller de 0 à 7


points.
Plus la note est importante, plus c’est dans ce domaine qu’il faudra sans doute
fournir prioritairement vos efforts.
102

JE M’AIME UN PEU, BEAUCOUP,…


PAS DUTOUT

Je réagirais Je réagirais
1. Juste avant un rendez-vous important, vous pouvez plutôt comme tout à fait
vous observez dans un miroir et vérifier votre allure. ça… comme ça…
Vous ne vous regardez même pas  
Vous vous souriez et vous vous plaisez ; tout va bien se passer + ++
Vous remarquez une mèche de travers et cela vous agace :
vite, la remettre d’aplomb, sinon vous n’allez penser qu’à ça  
pendant l’entretien.
Vous vous assurez globalement que tout va bien puis vous
pensez à autre chose.  
2. Vous êtes assis(e) à la terrasse d’un café avec un(e) Je réagirais Je réagirais
ami(e) de votre âge très beau (belle). Les regards des plutôt comme tout à fait
serveurs, des clients, des passants, s’attardent sur votre ça… comme ça…
voisin et vous ignorent totalement : vous n’existez plus…
Vous êtes agacé(e) et un peu jaloux(se) + ++
Vous vous dites que, décidément, le physique a de
l’importance dans notre société.  
Vous êtes content(e) pour elle (lui), mais un peu triste d’être
négligé(e).  

Vous vous dites que, quand il (elle) va vieillir, ce sera terrible


pour elle (lui) de ne plus être regardé(e).  

3. Premier jour de vacances, vous arrivez sur la plage, pas Je réagirais Je réagirais
très bronzé(e), pas très musclé(e) plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
« Ce n’est pas si grave. Dans quelques jours, je ressemblerai
aux autres ».  
« Vite ! de l’huile solaire et programme sportif intensif :
abdos, footing, natation, etc. ». + ++
« Je n’aurais pas dû revenir, c’est tous les ans la même
chose ; je ne supporte pas mon corps mou et blanc, au milieu  
de nymphettes et d’éphèbes bronzés ».
Vous gardez votre tee-shirt et vous quittez vite la plage pour
aller vous faire bronzer sur le balcon de votre chambre  
d’hôtel
103

4. Vous cherchez désespérément de nouveaux vêtements Je réagirais Je réagirais


dans un magasin à la mode, mais aucun ne vous va plutôt comme tout à fait
vraiment. Vous ne ressemblez à rien… ça… comme ça…
« Ce n’est pas mon jour, il vaut mieux que je revienne une
autre fois ».  
« Je suis vraiment mal foutu(e). Je vais essayer de limiter les
dégâts : qu’est-ce qui va le mieux dissimuler mes défauts ? »  
« C’est incroyable ! ils dessinent leurs vêtements pour des
décathloniens ou des tops models, et rien ne vous va si vous + ++
êtes normalement bâti(e) ».
« J’ai toujours l’air d’un clown quand je cherche à suivre la
mode… Je sens que je vais encore m’acheter un jean ».  

5. Avoir recours à la chirurgie esthétique... Je réagirais Je réagirais


plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
C’est inutile, ce n’est pas comme ça que l’on règle ses
problèmes.  
Vous y avez déjà pensé, mais vous hésitez : le regard (et le
jugement) de vos proches après l’intervention…  
Pourquoi pas ? le jour où vous en ressentirez le besoin, vous
y aurez recours sans état d’âme. + ++
Vous ne vous êtes jamais posé la question : pas besoin, pas
envie…  
6, Vous avez quelque chose de désagréable à dire à un Je réagirais Je réagirais
proche. Quelle question vous vient en premier à l’esprit ? plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
« Comment lui dire ça pour que ça le fasse vraiment
changer ? »  
« Comment lui montrer qu’il a eu tort ? »
+ ++
« Comment ne pas me fâcher avec lui ? »
 
« A quoi ça va servir, finalement, tout ça ? les gens ne
changent jamais… Et je ne suis même pas sûr(e) d’avoir  
raison…

7. On vous critique Je réagirais Je réagirais


plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
Vous réalisez tout de suite vos torts, et vous essayez de vous
justifier ou de vous excuser  
Vous vous sentez vite agressé(e) et vous ne vous laissez pas
faire + ++
Vous cherchez à en savoir plus et vous posez des questions
précises.  
Vous vous dites que, décidément, vous n’arrivez jamais à
satisfaire les autres.  
104

8. Vous venez de déménagez, et vous avez l’impression que Je réagirais Je réagirais


l’un de vos voisins ne vous apprécie pas : il ne vous salue plutôt comme tout à fait
pas, ou à peine, quand vous le croisez… ça… comme ça…
Vous laissez courir : « On ne peut pas plaire à tout le
monde ».  
Vous continuez de le saluer aimablement.
 
Cela vous irrite et vous l’ignorez ostensiblement à votre tour.
+ ++
Cela vous tracasse beaucoup, vous vous demandez pourquoi
il vous traite comme ça.  

9. A l’école, dans les jeux de cour de récréation, vous étiez Je réagirais Je réagirais
plutôt du genre… plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
Bagarreur (se) : leader et directif.
+ ++
Conciliateur (se) : intégrant les isolés, calmant les excités
 
Suiveur (se) : soucieux (se) de ne pas être laissé(e) sur la
touche et de ne pas contrarier.  
Oublié(e) : souvent à l’écart.
 

10.Un de vos collègues, individu habituellement assez Je réagirais Je réagirais


content de lui et que vous n’appréciez guère, sort une plutôt comme tout à fait
grosse bourde en réunion, avec le plus grand aplomb. ça… comme ça…
Vous êtes la seule personne compétente en la matière
capable de repérer son erreur, sans conséquence graves
par ailleurs. Que faites-vous ?
Vous signalez l’erreur à vos collègues une fois la réunion
terminée.  
Vous ne dites rien et vous lui faites encore moins confiance à
l’avenir.  
Vous attendez la fin de la réunion pour aller lui dire qu’il
s’est trompé.  
Vous prenez tout de suite la parole pour corriger son erreur.
+ ++
11. Vous réussissez une tâche particulièrement difficile… Je réagirais Je réagirais
plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
Vous êtes satisfait(e) et soulagé(e), et vous vous accordez un
temps de repos ou une récompense.  
Vous ne comprenez pas comment vous avez pu réussir.
 
Vous vous demandez si vous serez capable de faire aussi bien
la prochaine fois. Du coup, vous n’avez pas très envie de  
recommencer.
Vous vous sentez très fier(e) de vous et vous vous relancez + ++
dans une autre tâche
105

12. Vous échouez Je réagirais Je réagirais


plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
Vous êtes déçu(e) et vous réfléchissez d’abord à votre part de
responsabilité.  
Vous êtes agacé(e) et vous repensez tout de suite aux
obstacles mis sur votre chemin. + ++
Vous vous demandez ce que l’on va penser de vous.
 
Vous avez l’habitude d’échouer, cela ne vous afflige pas plus
que ça… En apparence du moins.  

13.Vous retrouvez par hasard une(e) camarade d’école, Je réagirais Je réagirais


qui n’était pas franchement doué(e) en classe, mais qui a plutôt comme tout à fait
aujourd’hui une très bonne situation. Il (elle) fait un ça… comme ça…
métier beaucoup plus intéressant que le vôtre, bien mieux
payé et nettement moins stressant.
Vous avez l’habitude que les autres réussissent mieux que
vous ; cela ne vous réjouit pas, mais ça vous paraît dans  
l’ordre des choses.
Une envie hostile vous submerge : « il (elle) ne le méritait
pourtant pas plus que moi ». + ++
Vous pataugez dans une envie plutôt dépressive : « Ce n’est
pas moi qui aurais eu cette chance ».  
Vous ressentez une envie plutôt admirative, suivie d’un désir
de comprendre : « Il (elle) s’est vraiment bien débrouillé(e).  
Comment s’y est-il (elle) pris ? »

14. Vous gagnez le gros lot au loto. Quelle est votre Je réagirais Je réagirais
première dépense ? plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
Des vacances en famille ou avec vos meilleurs amis.
 
Un placement financier sûr (on ne sait jamais…)
 
Une belle voiture, de beaux vêtements, des objets luxueux.
+ ++
Vous laissez l’argent quelque temps sur votre compte, au cas
où ce serait une erreur.  

15. On vous propose d’écrire une biographie. De qui Je réagirais Je réagirais


aimeriez-vous raconter l’histoire ? plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
Du dalaï-lama  
De LouiXIV + ++
De Woody Allen  
De Judas  
106

16. Un long baiser passionné, vous fermez les yeux et vous Je réagirais Je réagirais
vous dites… plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
« Mmm ! c’est bon ».
 
« Eh bien ! c’est pas trop tôt ».
+ ++
« Heu ! qu’est-ce que je fais après ? »
 
« Ça alors ! pourquoi m’avoir choisi(e) moi ? »
 

17. Votre partenaire se fait draguer lors d’une soirée Je réagirais Je réagirais
plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
Cela vous crispe, vous préparez vos arguments pour la scène
de ménage à la maison. + ++
Cela vous amuse plutôt, tant que cela ne va pas trop loin,
vous surveillez la scène.  
Cela confirme que vous avez du mal à retenir vos partenaires
auprès de vous ; vous allez boire tristement dans un coin.  
Cela vous inquiète et vous déprime ; vous vous demandez s’il
ne faudrait pas vous interposer très vite, mais vous avez peur  
du ridicule

18. Très grosse dispute avec votre conjoint : il (elle) est Je réagirais Je réagirais
parti(e) en claquant la porte. Il y a de la rupture dans plutôt comme tout à fait
l’air. A qui téléphonez-vous en premier ? ça… comme ça…
A vos parents, pour qu’ils vous réconfortent.
 
A votre conjoint sur son portable, pour lui montrer à quel
point il (elle) aurait tort de se séparer de vous. + ++
A vos meilleurs amis, pour vous aider à réfléchir sur ce qu’il
y a de mieux à faire.  
A personne. Eventuellement à votre médecin, pour qu’il vous
prescrive des antidépresseurs.  

19. Dans votre vie sentimentale, vous avez souvent eu Je réagirais Je réagirais
l’impression… plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
D’avoir aimé autant que vous avez été aimé(e)
 
D’avoir plus aimé que vous n’avez été aimé(e) vous-même.
 
D’avoir été plus aimé(e) que vous n’avez aimé vous-même.
+ ++
D’avoir souvent eu du mal à vous faire aimer.
 
107

20. Un cadeau pour l’élu(e) de votre cœur… Je réagirais Je réagirais


plutôt comme tout à fait
ça… comme ça…
Votre livre préféré.
 
Une soirée en tête-à-tête avec vous.
+ ++
Un bon massage des pieds.
 
Pas de cadeau, l’amour ne s’achète pas.
 

Calcul des réponses


Points obtenus : additionnez les symboles.
Nombre de  Nombre de 
Nombre de + Nombre de 

1er résultat : « Votre estime de soi » (ci-dessous)


Seuls les symboles  et + donnent des points.
Additionnez le nombre de et le nombre de + =
De 0 à 19 : basse estime de soi.
De 20 à 40 : haute estime de soi.

2ème résultat : « Votre profil d’estime de soi »


Seuls les nombres de symbole supérieurs à 10 sont significatifs ; on peut parfois appartenir à
deux catégories.
Plus de 10 symboles  correspondent à la haute estime de soi stable.
Plus de 10 symboles + correspondent à la haute estime de soi instable.
Plus de 10 symboles  correspondent à la basse estime de soi stable.
Plus de 10 symboles  correspondent à la basse estime de soi instable.

3ème résultat : les secteurs où s’investit votre estime de soi


Les quatre domaines où peut se percevoir et s’exercer l’estime de soi font aussi parfois l’objet
d’un bilan. Compter pour chaque domaine le nombre de symboles obtenus.
Domaine A : Question 1 à 5 (apparence physique) Total tous signes confondus :
Domaine B : Questions 6 à 10 (popularité et approbation) Total tous signes confondus :
Domaine C : Questions 11 à 15 (réussite) Total tous signes confondus :
Domaine D : Questions 16 à 20 (vie sentimentale) Total tous signes confondus :
108

Reportez vos points dans le tableau ci-dessous.


Plus votre total est haut dans un domaine, plus votre estime de soi est investie dans ce domaine.

+ Physique Approbation Réussite Amour


10 signes
9 signes
8 signes
7 signes
6 signes
5 signes
109

EN CONCLUSION

ans un monde difficile, la question d’estime de soi se pose de


D façon plus aiguë. Nous avons voulu souligner les exigences de
l’éducation aux origines de la confiance en soi. Il y a un âge où se construit le
moi et l’enjeu est de taille. A mesure que l’étayage prend forme, tout va se jouer
dans le rapport au contexte social, à l’entourage. Si l’adulte a le « souci de lui »,
comme le préconisait Michel Foucault, on peut penser que le moi continuera à
s’affermir, à devenir plus souple et à opérer les médiations nécessaires entre les
désirs, les émotions et les exigences cristallisées en termes de croyances.

La confiance en soi associée à une image positive de soi, à l’amour de


soi conçues comme une manifestation du moi, restera associée à ce qui se passe
du dedans au contact de la réalité. Elle sera un allié du devenir adulte, en rendant
possible le projet, la prise de risque, la singularité.

L’autonomie, quand elle est là, est partie prenante avec l’estime de soi,
de même pour la capacité à s’accepter, à faire avec ses vulnérabilités. C’est le
meilleur chemin pour faire au mieux avec soi, ce qui pose l’idée de progrès
raisonnable, d’évolution et d’enrichissement. La confiance en soi, l’estime de soi
constituent un facteur incontestablement favorable du développement personnel.

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