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Cours du module de Médecine du travail : Externes 6e année

Dr BELKHATIR A.
Maitre-assistante Médecine du travail - CHU Mustapha

Les rayonnements ionisants (RI)

Plan :

I. Introduction

II. Définition des RI

III. Différents types de RI

IV. Unités de grandeurs utilisées en radioprotection

V. Sources d’exposition

VI. Effets des RI

VII. pathologies liées aux RI

VIII. Réglementation algérienne spécifique aux RI

IX. Principes généraux de la radioprotection

X. Pathologies réparées par la législation Algérienne


I. INTRODUCTION

L’irradiation externe c’est l'exposition de l'organisme à des rayonnements qui proviennent de


sources extérieures et qui présentent un certain pouvoir de pénétration (X, gamma, neutrons et
quelquefois bêtas et particules chargées issues d'un accélérateur).
La contamination peut être définie comme le contact de l'organisme avec les substances
radioactives en source ouverte.
Radioprotection: Ensemble des moyens mis en œuvre pour permettre l’utilisation sans risque pour
l’homme des rayonnements ionisants. En Algérie, le travail sous RI est réglementé dans le but de
protéger le personnel exposé

II. DEFINITION DES RI

Toute matière est constituée de molécules, lesquelles sont composées d’assemblage d’atomes. La
radioactivité c’est la transformation spontanée d’un noyau atomique au cours de laquelle celui-ci émet un
rayonnement.

Le rayonnement est un mode de propagation de l’énergie sous forme d’ondes ou de particules, les
rayonnements sont dits ionisants, quand leur énergie est suffisante pour déplacer des électrons à
l’intérieur des structures moléculaire, autrement dit ; d’ioniser la matière vivante.

III. DIFFERENTS TYPES DE RI

En se désintégrant les noyaux radioactifs vont émettre divers types de rayonnements qui peuvent
être séparé en 2 catégories :

1/Rayonnements charges électriquement : ∝ et β , ils sont dit directement ionisants car ils
arrachent des électrons à la matière dans laquelle ils se propagent.
a/ rayonnement ∝ :
Ce sont des noyaux d’hélium constitués de 2 protons et de 2 neutrons.
Ils ont un parcourt très cours 2,5 cm a 8,5cm. Une feuille de papier ou la couche externe de la
peau les arrêtent. Ils sont dits peu pénétrants

b/ rayonnement β :
Ce sont des électrons porteurs d’une charge (-) ⇒ βˉ
ou d’une charge (+) ⇒ positon.
Ils ont un parcours de quelque metre dans l’air et sont arretés par quelque mm de metal. Il sont
dit plus penetrant

2/ Rayonnement non charges électriquement :


a/ Rayonnement corpusculaire : les neutrons sont produits par des réactions au sein des
noyaux. Il faut des écrans en paraffine pour arrêter les neutrons.
b/ Rayonnements électromagnétiques x et γ : De nature et de propriété identique ils
diffèrent par leur origine .ce sont des rayons très pénétrants. Il faut des écrans protecteurs en
bêton, acier ou de plomb pour les arrêter. ils sont donc tres dangeureux en exposition externe.
– Rayonnement gamma γ : sont émis au cours de désintégration radioactive d’origine
nucléaire.
– Rayonnement X : sont émis lors d’intégration avec eˉ.
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IV. UNITES DE GRANDEURS UTILISEES EN RADIOPROTECTION

 L’activité d’une source radioactive : est le nombre de particules émises par seconde
(Becquerel : Bq)
 L’énergie des particules en électrons volt (eV)
 La dose absorbée « D » : C’est La quantité d’énergie communiquée à la matière vivante par unité
de masse
– s’exprime en gray : Gy .
– 1Gy = 1joule/kg
 La dose équivalente « H » : C’est l’énergie absorbée par l’organe ou le tissu pondérée par
un facteur tenant compte de la nature du rayonnement Wr :
– H = D x Wr
– Il s’exprime en Milli Sievert ( mSv)
 La dose efficace « E » : Dose équivalente pondérée par un facteur qui dépend de la
sensibilité du tissu exposé Wt :
– E = H x Wt
– Il s’exprime en Milli Sievert ( mSv)

V. SOURCES D’EXPOSITION
Tous travaux exposant à l’action des rayons ou des substances radioactives naturelles ou
artificielles :
 Extraction et traitement des minerais radioactifs
 Préparation des substances radioactives
 Préparation de produits chimiques et pharmaceutiques radioactifs
 Préparation et application de produits luminescents radifères
 Recherche ou mesures sur les substances radioactives et les rayons X dans les laboratoires
 Fabrication d’appareil pour radiothérapie et d’appareils à rayons X
 Travaux exposant des travailleurs au rayonnement dans les hôpitaux, les sanatoriums, les
clinique, les dispensaires, cabinets médicaux, les cabinets dentaires en radiologies dans les
maisons de santé et des centres anticancéreux.
 Travaux dans toutes les industries ou commerces utilisant les rayons X, les substances
radioactives ou les dispositifs emmenant les rayonnements indiqués ci-dessus.

VI. EFFETS DES RI

Les effets des rayonnements sur la santé dépendent :


- de la dose absorbée, la nature du rayonnement ;
- des conditions d’exposition
• Partielle : intéresse un organe ou une partie du corps
• Globale : intéresse tout le corps
-la nature des cellules lésées : -Différenciation
-Vitesse de multiplication
-Phase de multiplication de l’ADN
-l’organe touché

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Les organes cibles des RI du plus sensible au moins sensible:
• Tissu embryonnaire
• Organes hématopoïétiques
• Gonades
• Epiderme
• Muqueuse intestinale
• Tissu conjonctif
• Tissu musculaire
• Tissu nerveux

VII. PATHOLOGIES LIEES AUX RI

Les effets des rayonnements ionisants peuvent être classés en deux catégories :

→ Effets stochastiques ou aléatoires qui n’apparaissent que chez certains sujets et sont
indépendants de la dose

→ Effets non stochastiques ou effets déterministes dépend de la dose reçue (notion de seuil) et
pouvant être réversible

Caractéristiques générales des effets déterministes et aléatoires :

Effets aléatoires Effets déterministes


Aléatoire oui non
Dose faibles élevées
Seuil non oui
Délais long court
Spécificité non oui
Gravité + +/-
Réversibilité non oui
Exemple Cancer, anomalie génétique Brulures, aplasie médullaire

1. LES EFFETS DETERMINISTES :


A- Exposition massive de l'organisme entier en une seule fois : le syndrome aigu des radiations

La symptomatologie est fonction de l’équivalent de dose reçue. Evolue généralement en 4 phases :

 Phase initiale ou prodromique


– précocité et intensité des symptômes en fonction de la dose
– nausées et vomissements hyperthermie, lymphopénie, puis pic transitoire de PN
 Phase de latence
– durée en fonction de la dose
– rémission clinique de quelques jours à 2 semaines, d’autant plus courte que
la dose est élevée
 Phase d’état ou critique
– Polymorphisme clinique selon la dose :
• 0.3 – 1 Gy : nausées et vomissements
• 1 - 3.5 Gy : Atteinte hématologique: pancytopénie

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• 4 Gy : dose létale 50 (50% des irradiés décèdent) à 4Gy sans traitement en 60
jours
• 5 – 7 Gy : Atteinte des gonades : stérilité définitive
• 5.5 - 7.5 Gy : Atteinte gasto intestinale : diarrhée sanglante et perforation
intestinale, hémorragies
• 7.5 - 10 Gy : atteinte des poumons
• > 10 Gy : atteinte neurologique (désorientation, convulsion et coma). Aucun
traitement n’est efficace, hypotension, arythmie, tachycardie, décès par état
de choc.
 Phase de rémission et de récupération : débute 8 à 10 jours d’aplasie médullaire et
peut durer plusieurs mois

B- Les irradiations externes partielles = Exposition localisée:


Concernent le plus souvent la peau et l’œil :

 la peau: lésions de radiodermites ressemblant à des brulures, apparaissent 2 semaines


après l’exposition et dont la gravité augmente avec la dose.

Radiodermites

Dose absorbée Inf 4Gy 4 à5 Gy 5 à 12Gy 12à20Gy Sup à 20Gy

Epidermite
Irritation Epidermite exsudative Ulcération aigue
Érythème
Lésion dépilation sèche épilation Nécrose
définitive
Ces lésions sont souvent très douloureuses et étendues, guérissant lentement avec de
nombreuses séquelles.

 Œil: Le cristallin est particulièrement sensible, une cataracte après 5 ans d’une exposition à
une dose de 2 Gy ou après 1 année d’une exposition de 10 Gy.

 Gonades : Les cellules germinales des testicules sont très radiosensibles, une stérilité
masculine définitive pour une dose de 4 Gy, une stérilité féminine pour une dose > 8 Gy

 Thyroïde : une hypothyroïdie après 10 à 15 ans d’une exposition.

2. EFFETS STOCHASTIQUES :

 Effets le plus souvent tardifs, indépendant de la dose reçue et qui n’apparaissent que de
manière aléatoire chez certains sujets bien après une exposition.
 L’effet cancérigène par mutation dans l’ADN des cellules somatiques ex:

• Leucémies
• Cancer broncho-pulmonaire primitive par inhalation.
• cancer de la thyroïde
• Sarcome osseux

 Les effets génétiques par action sur les chromosomes ou sur les gènes
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VIII. REGLEMENTATION ALGERIENNE SPECIFIQUE AUX RI

• Décret n°5-117 du 11/04/2005 relatif aux mesures de protection contre les rayonnements
ionisants

• Arrêté du 20/01/2011 fixant la signalisation des zones réglementées contenant des


rayonnements ionisants

• Arrêté du 20/01/2011 fixant les conditions d’utilisation des dosimètres individuels

• Instruction n°6 du 05 /12/2013 relative à la protection contre les rayonnements ionisants


dans les établissements de santé

• Arrêté du 10 novembre 2015 fixant la surveillance médicale des travailleurs exposés aux
rayonnements ionisants

IX. PRINCIPES GENERAUX DE LA RADIOPROTECTION (Justification-


Optimisation- Limitation)

1. La justification :

L’utilisation des R.I. doit être justifiée par des avantages par rapport aux dommages
sanitaires qu’ils sont susceptibles de provoquer.

2. L’optimisation :

Toutes les expositions doivent être maintenues au niveau le plus faible raisonnablement
possible

3. La limitation :

La somme des doses reçues par une même personne ne doit pas dépasser les limites
réglementaires

XI. Les mesures de radioprotection

1. Prévention technique collective :

-Délimitation de la zone contrôlée


-Accès réglementé et signalé
-Contre l’irradiation :
• Ecrans adaptés au risque
• Vérification périodique de tous les appareils et dispositifs de mesures
• Installation de dispositif de mesure de dose avec signalisation sonore et visuelle en cas
de dépassement de dose.
-Contre la contamination :
• Confinement de la source radioactive
• Surfaces lisses et imperméables
• Enlèvement des objets superflus
• Ventilation appropriée

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• Stockage des sources radioactives dans des conteneurs appropriés
• Disposer de moyens de contrôle de la contamination des travailleurs et des locaux
• Affichage des consignes de sécurité sur les lieux du travail, du nom de la personne
chargée de la radioprotection et du médecin chargé de procéder aux premiers soins

2. Prévention technique individuelle :


 Port de gants, de blouses plombées contre l’irradiation
 Port de gants jetables, de tabliers imperméables adaptés au risque de contamination
 Contrôler la contamination externe avant de quitter les lieux du travail
 Port obligatoire du dosimètre individuel et analyse périodique et régulière
 Limites de dose en milieu professionnel : (mSv= milli Sievert)
– 20 mSv / 01 an pour le corps entier
– 500 mSv / 01 an pour les extrémités
– 150 mSv / 01 an pour les yeux

3. Prévention médicale :
a- Visite d’embauche

 Interrogatoire minutieux à la recherche des :


– Affections hématologiques héréditaires ou acquise
– Affections ayant un retentissement hématologique
– Equivalents de dose reçus antérieurement
 Faire un examen clinique général
 Des examens paracliniques de référence :
– FNS
– Radio du thorax

b-Visite périodique
• Faite chaque 6 mois
• Examen clinique générale
• FNS avec frottis
• Analyse régulière des résultats des dosimètres individuels

Motifs d’inaptitude formelle :


- Anomalies hématologiques héréditaires ou acquises
- Grossesse
- Age moins de 18 ans
- Antécédents d’irradiation thérapeutique ou accidentelle
- Anomalies de la FNS isolées ou associées lors de plusieurs examens répétés, complétés si
nécessaire par médullogramme:
o GR < 3 500 000 / mm3 et > 6 000 000 /mm3
o GB < 3 500/mm3 et >13 000/mm3
o PN < 35% et > 80%

X. PATHOLOGIES REPAREES PAR LA LEGISLATION ALGERIENNE

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Le tableau N°6 des maladies professionnelles répare les Affection provoquées par les
rayonnements ionisants suivantes :

- Anémie, leucopénie, thrombopénie ou syndrome hémorragique consécutifs à une


irradiation aiguë.
- Anémie, leucopénie, thrombopénie ou syndrome hémorragique consécutifs à une
irradiation chronique.
- Blépharite ou conjonctivite.
- Kératite.
- Cataracte.
- Radiodermites aiguës.
- Radiodermites chroniques.
- Radio-épithélite aiguë des muqueuses.
- Radiolésions chroniques des muqueuses.
- Radionécrose osseuse.
- Leucémies.
- Cancer broncho-pulmonaire primitive par inhalation.
- Sarcome osseux.