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LA FINANCE VERTE EN CHINE, UNE COMPOSANTE ESSENTIELLE

DE LA TRANSITION VERS UNE ÉCONOMIE BAS-CARBONE


Armand Chane

Réseau Canopé | « Idées économiques et sociales »

2018/2 N° 192 | pages 42 à 45

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Pour citer cet article :


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Armand Chane, « La finance verte en Chine, une composante essentielle de la
transition vers une économie bas-carbone », Idées économiques et sociales 2018/2
(N° 192), p. 42-45.
DOI 10.3917/idee.192.0042
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SES PLURIELLES I

La finance verte en Chine,


une composante essentielle
de la transition vers une
économie bas-carbone
L’un des aspects des efforts actuels de la Chine pour aller vers une économie bas-
carbone est son financement, ce qu’on appelle « la finance verte ». La transition vers une
économie plus « verte » est tout à la fois une nécessité et une opportunité pour la Chine,
qui ambitionne de retrouver sa place de grande puissance dans le monde.

Le formidable développement économique et Crédits verts et titres verts


Armand Chanel,
technologique de ces quarante dernières années Pour financer des nouveaux projets d’activités
enseignant bénévole
à l’UIAD (Université a certes hissé la Chine sous-développée vers une productives plus respectueuses de l’environne-
Inter-Age du Dauphiné). ment, grande priorité du XIIIe Plan quinquennal

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société à revenu intermédiaire, mais il s’est aussi
Ying Ying Ren, stagiaire
au PNUE (Programme accompagné de dégâts environnementaux massifs, (2016-2020), la Chine met les grands moyens. Par
des Nations unies pour en particulier en matière de pollution de l’air du fait exemple, pour lutter contre le smog des grandes
l’environnement)
de l’utilisation du charbon comme principale source villes et faciliter la conversion des énergies fossiles
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d’énergie. (notamment le charbon qui est prédominant) vers


Dans ce contexte, se réorienter vers un déve- les énergies non carbonées (éoliennes, hydraulique,
loppement plus soutenable ne devient-il pas une solaire et nucléaire), ce ne sont pas moins, selon les
nécessité vitale pour la Chine, tout autant qu’une chiffres de l’Administration nationale de l’énergie
opportunité pour se faire une place mondiale dans (ANE), de 2 500 milliards de yuans sur 5 ans (344
la nouvelle économie verte qui émerge ? La finance milliards de dollars, soit presque 70 milliards
verte désigne alors l’ensemble des mécanismes qui d’euros par an) qui devraient permettre aux éner-
vont pousser les capitaux à financer des projets d’in- gies renouvelables de fournir la moitié de l’électri-
vestissement dans les industries vertes et le déve- cité nouvelle en 2020. Or, en Chine comme ailleurs,
loppement durable : comme le dit Mme Yao Wang, les principaux canaux de financement des investis-
directrice de l’Institut international de la finance sements des entreprises sont, en plus des bénéfices
verte (IIFG), « le défi est de permettre une réalloca- réinvestis, les crédits bancaires et l’émission de
tion des ressources depuis les industries polluantes titres en bourse (actions et obligations). Aussi, pour
vers les industries vertes » et ainsi contribuer à accé- atteindre leurs objectifs ambitieux, les régulateurs
lérer « la transition vers une civilisation écologique » publics imposent-ils aux banques des normes pour
1 « Guidelines » éditées selon l’expression même du Comité central du parti. les crédits qu’elles accordent aux investisseurs 1  :
en 2016 entre autres par
la Banque centrale et le Pour assurer cette transition vers une économie selon un standard national, les entreprises sont clas-
ministère des Finances. plus verte, sont mises en œuvre des réglementa- sées en cinq niveaux : « vert », « bleu », « jaune »,
tions qui labellisent notamment des crédits et titres « rouge » et « noir ». Dès lors, pour les entreprises
certifiés « verts ». Mais divers outils économiques qui demandent des prêts, si elles sont dans le « vert »,
incitatifs sont aussi mobilisés, des plus classiques pas de problème, mais si elles sont dans le « noir »,
(subventions et taxes) aux plus récents (marchés du les banques ne les aident plus. Pour les autres cas,
carbone, marchés des certificats verts). les banques les financent avec prudence. Cependant,
cette procédure ne se fait, pour l’instant, que sur une
base de volontariat.

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I SES PLURIELLES

Quant aux obligations et actions labellisées bonus très élevé (de plusieurs dizaines de milliers de
« titres verts » par des certifications spécifiques, elles yuans, soit plusieurs milliers d’euros), réservé aux
s’échangent directement entre acteurs sur les places voitures d’origine chinoise et complété au niveau
boursières et se sont fortement développées depuis local afin de compenser le surcoût par rapport aux
2015, comme en témoigne le graphique 1 sur les flux moteurs thermiques classiques. Pourtant, dès janvier
annuels cumulés des émissions d’obligations vertes 2017, cette politique très généreuse pour pousser à
dans le monde : la Chine en détient aujourd’hui une la voiture « propre » est en partie infléchie, dans le
part notable, y compris pour celles alignées sur les souci de réduire le rôle de la voiture en général (les
normes internationales (et à plus forte raison si on y grandes concentrations urbaines chinoises ne pouvant
ajoute celles alignées sur les seuls standards chinois). pas suivre le modèle américain d’une voiture pour
un habitant). Cependant, une filière chinoise est née
Des subventions publiques et jouera certainement l’un des premiers rôles dans
aux « marchés du carbone » cette révolution de l’automobile.
Pour inciter les acteurs économiques à développer Plus généralement, pour inciter les producteurs
des technologies plus « vertes », l’État a d’abord et les consommateurs d’énergie à sortir progressi-
recours à l’arme traditionnelle des subventions vement des sources carbonées pour leur préférer des
publiques. Ainsi, dans le secteur automobile où la technologies plus vertes, des mécanismes complexes
Chine est devenue à la fois le plus grand marché et le ont été mis en place en Chine : il en est ainsi des
premier producteur du monde, l’objectif est bien sûr fameux « marchés des droits à polluer », souvent

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de limiter le nombre croissant de véhicules polluants mal compris sous cette appellation, et qui sont en
et, pour cela, de développer les voitures électriques fait des marchés de droits d’émission, notamment
et hybrides : en 2016, plus de 500 000 véhicules à de gaz carbonique, déjà largement testés par l’Eu-
énergie nouvelle (NEV) ont ainsi été vendus en rope ou par les USA au niveau local. L’objectif de la
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Chine, en augmentation de 50 % par rapport à 2015. puissance publique régulatrice est alors d’imposer
Et une grande majorité de ces véhicules sont d’ori- le principe du pollueur-payeur : il s’agit de donner
gine nationale, fabriqués notamment par le construc- un coût financier aux émissions de CO2, et donc de
teur chinois BYD, devenu no 1 devant Tesla ou Nissan. freiner les technologies et activités carbonées. Pour
Une des explications de ce boom : en 2014, l’État a cela, un « marché du carbone » est organisé qui fixe
supprimé la taxe à l’achat (10 %) et a maintenu un le prix de la « tonne de carbone » ; celui-ci oblige

Graphique 1. Évolution des flux annuels cumulés des émissions d’obligations vertes
(en milliards de dollars)

180
160 émissions chinoises
(Chine continentale ; alignées
140 sur les standards chinois)
120
100 émissions chinoises
(alignées conjointement sur
80
les standards internationaux
60 et chinois)
40 émissions des autres pays
(alignées conjointement sur
20
les standards internationaux)
0
2014 2015 2016 2017

Lecture : Pour les Occidentaux qui enquêtent directement à partir des sources chinoises, notamment pour lire les documents statistiques
et graphiques, il faut être attentif au fait que les Chinois n’utilisent pas les mêmes normes de chiffrement : ils comptent en 䣐 (Yi) qui
équivalent à 108 (cent millions). Il faut donc enlever un zéro aux nombres chinois pour les transposer en milliards français (ou en billions
américains, bn) soit en 109 utilisé par le système international.
Source : d’après Climate Bonds Initiative, China Central Depository and Clearing Company, avec le soutien de HSBC, « China green bond
market. Annual report 2017 », 2018 (voir bibliographie).

43 juin 2018 I n° 192 I idées économiques et sociales 43


SES PLURIELLES I

les acteurs économiques à « internaliser » ces exter- actuel de subventions aux centrales d’énergie solaire
nalités négatives et doit les conduire vers des solu- et éolienne ».
tions plus respectueuses de l’environnement (voir Parallèlement, la production des centrales élec-
encadré). La Chine a expérimenté depuis quelques triques au charbon, qui occupe encore 64 % de la
années ce mécanisme dans sept régions pilotes. Par consommation nationale, devra diminuer jusqu’à
exemple, en juillet 2017, le prix de la tonne de CO2 atteindre le taux de 58 % en 2020. Pour cela, des
a été fixé à 51 yuans à Pékin et à 32 yuans à Shan- quotas minimums d’énergie renouvelable seront
ghai. En 2018, le mécanisme est généralisé au niveau imposés aux producteurs et distributeurs d’énergie :
national pour le secteur de la production d’énergie, au moins 15 % en 2020. Ceux qui ne pourront pas
qui représente presque la moitié (46 %) des émissions atteindre ce seuil imposé devront acheter en compen-
de CO2 du pays. C’est d’ores et déjà le plus grand sation des « certificats verts » qui leur seront vendus
marché du carbone au monde, avec près de deux fois par les producteurs d’énergie verte, qui verront alors
plus d’émissions couvertes que le marché des quotas leurs revenus augmenter d’autant, en remplace-
de carbone européen. ment des subventions. Ainsi, la charge des aides aux
énergies renouvelables sera en partie transférée du
Un nouveau marché des consommateur final sur les producteurs d’énergie
« certificats verts » en expérimentation carbonée, ce qui devrait les dissuader de trop en
Dans la même veine de mécanismes financiers produire. Ce nouveau mécanisme de finance verte
incitatifs à l’économie verte, les autorités chinoises qui devrait entrer en application dès 2018 permettrait

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viennent de lancer, encore à titre d’expérimentation donc de faciliter la transition énergétique : CQFD
en 2017, des « certificats verts » pour les produc- (voir encadré).
teurs d’électricité, marché qui doit être généralisé
courant 2018… En effet, afin d’aider le développe- Conclusion
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ment des énergies renouvelables du soleil et du vent, Cette transition verte constitue une nécessité
un fonds national dédié prélève environ 3 % de taxes mondiale, et s’accompagne de recompositions dans
sur l’ensemble des factures d’électricité des consom- tous les domaines : des techniques de production,
mateurs et les redirige en subventions publiques aux des produits, des marchés, et donc aussi des forces
fermes solaires et éoliennes. Cependant, le fonds relatives des divers acteurs, entreprises ou pays.
n’arrive plus à payer à temps ces aides qui prennent En particulier après la décision de Donald Trump
des retards jusqu’à deux ans. D’où un plan nouveau de désengager les États-Unis des accords de Paris
de « marché de certificats verts » lancé cette année signés en 2016, n’y a-t-il pas là, pour la Chine, une
sur une base de volontariat par la Commission natio- opportunité supplémentaire, via l’économie verte,
nale du développement et des réformes pour mieux de développer un rôle de leadership mondial qu’elle
« se diriger vers une consommation d’énergie plus ambitionne, soutenue par la nostalgie d’avoir été,
verte à l’échelle nationale » et « améliorer le système jusqu’au xve siècle, la plus puissante nation du monde ?

Bibliographie
Pour concevoir cet article, les auteurs ont largement eu recours à des informations brutes issues des dépêches des agences de presse
européennes et chinoises publiées sur Internet : il aurait été trop long et fastidieux de toutes les référencer. Aussi, on se limitera ici à trois
documents conséquents.
Sur les normes vertes éditées en 2016 par les autorités publiques en direction des banques, voir « Guidelines for establishing the green
financials system », China Daily USA, 2016. En ligne : http://usa.chinadaily.com.cn/business/2016-09/04/content_26692956.htm
Sur les marchés du carbone : United Nations Developement Programm – China, Environomist China Carbon Market Report 2017, 2017.
En ligne : https://issuu.com/undp-china/docs/undp-ch-environomist_china_carbon_m/11
Sur les obligations vertes : Climate Bonds Initiative, China Central Depository and Clearing Company, avec le soutien de HSBC, China
Green Bond Market. Annual Report 2017, 2018. En ligne : https://www.climatebonds.net/files/files/China_Annual_Report_2017_
English.pdf
Sur les certificats verts : « Chine émet les premiers certificats d’énergie verte à 20 projets d’énergie renouvelable », Énergies solaire, 4
juillet 2017. En ligne : http://www.energies-solaire.net/energie-renouvelable/chine-emet-les-premiers-certificats-denergie-verte-a-
20-projets-denergie-renouvelable/

44 idées économiques et sociales I n° 192 I juin 2018


I SES PLURIELLES

Réguler les industries émettrices de gaz à effet de serre :


comment les pouvoirs publics peuvent-ils s’y prendre ?

La science économique de l’environnement distingue classi- niveau d’émission de 1990. Puis cet objectif global était modulé
quement quatre moyens possibles de régulation des industries. par grandes zones (par exemple – 8 % pour l’Europe). Mais les
– La norme. C’est le moyen le plus simple. Par exemple, moyens d’obtenir ces objectifs étaient laissés à l’initiative des
en 1987, les États se sont accordés pour interdire les gaz CFC pays.
qui détruisaient la couche d’ozone (protocole de Montréal). Ce Ainsi, l’Europe en 2005 a-t-elle mis sur pied un « marché
peut être aussi une norme technique : les villes françaises, face européen du carbone » (ETS, pour European trading system). Le
aux pics de pollution, peuvent n’autoriser la circulation qu’aux régulateur définit une quantité globale maximale de CO2 auto-
voitures labellisées « vertes », c’est-à-dire émettant un taux de risée, qu’il va ensuite répartir en quotas, donnés sous forme de
CO2 inférieur au seuil autorisé. Ce moyen est radical mais aussi « permis d’émission » à divers acteurs à chaque niveau (pays,
« binaire » : il ne peut répondre aux nombreuses situations plus grands secteurs énergivores, grandes entreprises). Et ces permis
complexes de manière nuancée. D’où la proposition des écono- sont « négociables » : les entreprises qui font de gros efforts
mistes d’utiliser dans ce cas des « moyens économiques incita- d’économie et arrivent à limiter ces rejets en deçà du quota
tifs », parmi lesquels on distingue la taxe et les marchés des droits alloué ont donc encore des permis disponibles qu’elles peuvent
négociables. revendre. À l’inverse, les acteurs qui n’ont pas réussi à limiter
– La taxe. C’est l’outil le plus ancien, préconisé dès le leurs rejets autorisés doivent alors obligatoirement en acheter.
e

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xx  siècle par l’économiste anglais Arthur Pigou pour lutter D’où un marché aux enchères où la confrontation entre les excé-
contre les « effets externes négatifs » comme la pollution que les dents des uns et les déficits des autres entraîne la détermination
industriels rejettent « librement », c’est-à-dire sans coûts, dans d’un prix des permis d’émission, avec une unité standardisée :
l’atmosphère, au détriment de la collectivité. Ici, le régulateur la tonne de CO2 ou équivalent. Cependant, en raison de permis
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public impose donc un « coût » à ces émissions indésirables (une alloués en trop grande quantité pour diverses raisons complexes,
« taxe carbone ») qui, en augmentant le prix, incite à la fois à le prix (5 € en 2017) est toujours resté trop bas pour inciter suffi-
freiner la demande et à trouver des nouvelles technologies plus samment aux investissements bas-carbone. Aussi Bruxelles a-t-
« vertes ». Par exemple, la France a institué en 2014 une taxe elle lancé un chantier de réforme visant en particulier à abaisser
carbone, sous le nom officiel de « contribution climat énergie » les quotas alloués afin de faire remonter le prix et lancer de bons
(CCE) : de 7 € la tonne de CO2 en 2014, elle est passée à 22 € en signaux en faveur d’une industrie moins polluante.
2016 et devrait atteindre 100 € en 2030. Ici, le régulateur public – Les « marchés des certificats verts ». De manière
joue donc sur les prix, mais ensuite ce sont les acteurs écono- symétrique, cette technique consiste pour le régulateur à fixer
miques qui vont « internaliser ce coût de l’environnement », la quantité minimale d’« électricité verte » qui doit être injectée
et les effets quantitatifs finaux attendus seront plus ou moins au dans les réseaux de distribution : l’État octroie alors aux produc-
rendez-vous. En effet, les situations concrètes sur le terrain sont teurs d’énergie renouvelable des « certificats verts » en quan-
multiples, et le régulateur central ne peut bien les connaître : tité proportionnelle à leur production. Il impose parallèlement
aussi la taxe officielle unique ne sera-t-elle pas toujours bien aux producteurs d’énergie fossile (par exemple les centrales
adaptée. D’où l’idée de créer de nouveaux mécanismes régula- électriques à charbon) un quota minimal d’« électricité verte »
teurs via des marchés ad hoc. (par exemple 15 % en Chine), qui leur imposera soit d’investir
– Les « marchés carbone » (ou « marchés des droits à eux-mêmes dans ces nouvelles énergies, soit de les acheter aux
polluer »). Il s’agit ici pour le régulateur de fixer les quantités fermes solaires ou éoliennes. Là aussi, ce sont les enchères sur ces
maximales jugées souhaitables pendant une période donnée. certificats négociables qui vont alors déterminer le « bon prix »,
Par exemple, le protocole de Kyoto signé en 1997 sous l’égide celui où les besoins des demandeurs rencontrent les offres des
de l’ONU fixait un objectif impératif en 2012 de diminution vendeurs.
globale des GES pour les pays développés de 5 % par rapport au

juin 2018 I n° 192 I idées économiques et sociales 45

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