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Physique

PHENOMENES DE TRANSFERT
EXERCICE D’ ORAL

-EXERCICE 23.7-

• ENONCE :
« Ailette de refroidissement »

Te
On considère un corps solide (B), qui peut être
le boîtier d'un transistor de puissance.
( B)
Les phénomènes dissipatifs dont il est le siège
T0 le portent à une température supérieure à la
température ambiante.
Pour faciliter le transfert thermique du boîtier
vers l'extérieur, on prolonge (B) par un barreau
cylindrique mince, de longueur L et de section S.
On prendra S = π a ; par ailleurs, le barreau est suffisamment mince pour que sa température
2

ne dépende que de la variable x, comptée dans le sens de sa longueur.


Le régime sera stationnaire.
L’ailette (de conductivité thermique λ ) n’étant pas calorifugée, elle présente des pertes
thermiques conducto-convectives égales à : h[T ( x) − Te ] −2
(en W .m )

(T(x) est la température locale du barreau et Te est la « température extérieure », suffisamment


loin de l’ailette pour que le milieu y soit à l’équilibre thermique et sans turbulences ; h est le
coefficient de transfert thermique de surface, en W .m−2 .K −1 )
Rq : cette loi est appelée « loi de Newton », et régit (dans beaucoup de cas) les échanges
thermiques complexes entre un solide et un fluide.

1) Déterminer la répartition de température T(x) au sein du barreau.


λa αh
(on pourra poser α= et β = )
2h λ
2) Calculer le rapport ρ des puissances évacuées par le corps (B) à travers la surface
S = π a , en présence du barreau et sans le barreau : dans ce dernier cas, on supposera
2

que les pertes thermiques de surface du boîtier obéissent à la loi de Newton, avec le
même coefficient h que pour le barreau. A quelle inégalité doit satisfaire la grandeur β
pour que l’ailette joue pleinement son rôle ?
Commenter le résultat obtenu en fonction des paramètres a, h et λ.
3) Compte tenu de la réponse à la question précédente et pour simplifier les calculs, nous
allons considérer que L → ∞ .
a) Reprendre alors la question 1).
b) Calculer de deux manières différentes la puissance PF fournie par le boîtier au
barreau.

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PHENOMENES DE TRANSFERT
EXERCICE D’ ORAL

• CORRIGE :
« Ailette de refroidissement »

1) Remarque préliminaire : le phénomène étudié n’étant pas purement diffusif, il est hors de
question d’utiliser directement « l’équation de la diffusion thermique » : il faut effectuer un bilan
de puissance sur une tranche de barreau d’épaisseur dx.
• 3 puissances sont à considérer :
! !
♦ la puissance entrant en x, Pth ( x ) = ∫∫ jth ( x) ⋅ dS = π a 2 × jth ( x)
S
! ! !
(car jth et dS sont colinéaires, et jth ( x ) = cste sur la section S)

♦ la puissance sortant en x+dx, Pth ( x + dx) = π a 2 × jth ( x + dx)


♦ la puissance perdue latéralement, dPlat = h[T ( x) − Te ]dSlat = h[T ( x) − Te ] × 2π adx
dU
⇒ en régime permanent : = 0 = π a 2 [ jth ( x) − jth ( x + dx)] − h[T ( x) − Te ]2π adx
dt
• L’application de la loi de Fourier et la simplification par π a conduit à :

 dT dT 
 dx −
dx x  d 2T ( x) T ( x) − Te
λa  x + dx
− 2h[T ( x) − Te ] = 0 ⇒ − =0 ⇒
 dx  dx 2 α2
 
 
T ( x) = Te + Ach( x / α ) + Bsh( x / α )
• Conditions aux limites :
♦ en x=0 : continuité de la température pour un contact (supposé parfait) entre deux
solides : T ( x = 0) = T0 ⇒ A = T0 − Te
♦ en x=L : ici, on ne peut pas affirmer que T ( L) = Te (la région du fluide où T = cste = Te
n’est pas au contact direct avec le barreau). En fait, il faut appliquer la continuité du flux
thermique à l’extrémité de l’ailette, ce qui donne :
dT
Pth ( L− ) = Pth ( L+ ) ⇒ −λ × π a 2 = h[T ( L) − Te] × π a 2 (loi de Fourier en L− , loi de Newton en L+ )
dx x= L

λ th( L / α ) + β
⇒ − [ Ash( L / α ) + Bch( L / α )] = h[ Ach( L / α ) + Bsh( L / α )] ⇒ B = (Te − T0 ) ×
α 1 + β × th( L / α )
dT λB
2) • avec le barreau : Pth ( x = 0) = −λ ×π a2 = − ×π a2
dx x =0 α
B 1 th( L / α ) + β
sans le barreau : Pth ( x = 0) = h(T0 − Te ) × π a 2 ⇒ ρ= = ×
β (Te − T0 ) β 1 + β × th( L / α )

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EXERCICE D’ ORAL

• pour que l’ailette soit utile, il faut bien sûr que : ρ "1
ah
on a alors : th( L / α ) + β " β + β 2 × th( L / α ) ⇒ β2 ≺1 ⇒ ≺2
λ
• a et h fixés : plus la conductivité thermique λ sera élevée, plus l’ailette sera efficace.
h et λ fixés : en valeur relative, l’amélioration apportée par le barreau sera d’autant plus
importante que a sera petit; pour une surface S totale donnée, il est donc préférable d’utiliser
plusieurs barreaux minces plutôt qu’un seul plus gros (ce sont ces ailettes de refroidissement
que l’on retrouve dans les dissipateurs thermiques des composants électroniques de puissance).
a et λ fixés : il faut alors que h soit le plus petit possible ; ceci peut sembler paradoxal : si h
est petit, l’ailette évacue difficilement l’énergie thermique (qu’elle a « drainée » par conduction)
à travers sa surface latérale et l’amélioration de la dissipation thermique n’est pas évidente. En
fait, il ne faut pas oublier que h représente aussi l’aptitude (plus ou moins bonne) du boîtier à
évacuer spontanément la chaleur à travers sa surface : le résultat obtenu signifie simplement
que plus h est petit, plus il est facile d’améliorer les performances du dispositif à moindre coût
(par exemple,en utilisant un barreau dont la conductivité n’est pas nécessairement très élevée).

Rq : il est curieux que ρ ne dépende pas de la longueur du barreau L ; mathématiquement,


ceci est dû au fait que nous avons confondu le coefficient de dissipation surfacique h du barreau
et du boîtier. En pratique, si ces coefficients sont différents mais voisins, L n’est pas un facteur
aussi déterminant que a, h ou λ (il n’est pas nécessaire d’utiliser des ailettes de grande
longueur, quelques centimètres suffisent).

3) a) L’équation différentielle satisfaite par T(x) est identique ; nous écrirons les solutions sous
la forme : T ( x ) = Te + A exp( − x / α ) + B exp( x / α )

• La température devant rester finie lorsque x → ∞ , il vient : B = 0


Par ailleurs, la continuité de T(x) en x=0 donne : A = T0 − Te ⇒ T ( x ) = Te + (T0 − Te ) exp(− x / α )
Rq : on constate que T (∞) = Te , ce qui est logique puisque le milieu extérieur se comporte
comme un thermostat et que T ( x) $ pour x % , par dissipation latérale de chaleur.
dT π a2λ
b) 1 calcul : PF = Pth ( x = 0) = −λ
er
×π a 2
⇒ PF = (T0 − Te )
dx x=0
α
2ème calcul : l’aspect stationnaire du régime fait que la puissance entrant dans l’ailette en
x=0 est intégralement dissipée à la périphérie de cette dernière ; nous écrirons cette fois :
∞ ∞
PF = ∫ h[T ( x) − Te ] × 2π adx = 2π ah(T0 − Te ) × ∫ exp( − x / α )dx ⇒ PF = 2π ahα (T0 − Te )
0 0

π a 2λ
Rq : pour que les résultats soient identiques, il faut que : = 2π ahα , ce qui est vérifié pour
α
λa
l’expression de α donnée par l’énoncé, soit α 2 = .
2h

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