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Synthèse des réflexions européennes « L’EUROPE

SOCIALE, QUEL AVENIR ? »


Compte-rendu du Café-débat du 19 janvier 2010

par ME-Cosl, publié le lundi 1er mars 2010

I/ Synthèse de l’introduction de M. Frédéric BERGELIN, responsable d’Europe Direct


Bourgogne : bilan et éléments de réflexion :

2010 : année de lutte contre la pauvreté et l’exclusion

Etat des lieux de ce qui a déjà été réalisé par l’Europe : • Lutte contre les discriminations
(notamment envers les femmes) • Libre circulation des travailleurs, reconnaissance des
qualifications… • Droit du travail (sécurité, conditions, licenciements…)

Outils dont dispose l’Europe : • Directives (environ 200) (moins contraignantes que les
règlements) • Dialogue social • Financiers (FSE, FEADER…) • Stratégies (stratégie
européenne pour l’emploi…°

Freins : • Antagonismes entre Etats • Personnalités réticentes • Principe de subsidiarité


(questions sociales comme domaines des Etats et non comme compétence exclusive de
l’Europe)

Enjeux/perspectives : • Question de l’harmonisation des règles sociales : vers le bas ?


uniquement des règles minimales ? • Questions sociales comme compétence exclusive de
l’Europe ? Attention à « l’exception culturelle » • Optimisation des fonds publics qui ne sont
pas toujours totalement utilisés (communication…) • Elargissement • Vieillissement
démographique

II/ Synthèse des débats des 25 participants présents :

CONSTAT

L’Europe sociale n’existe toujours pas alors que la classe moyenne indienne et son pouvoir
d’achat en pleine expansion égale le total de la population de l’Union européenne.

Qu’en est-il réellement de l’Europe sociale ? Sa conceptualisation verra-t-elle un jour sa mise


en application ?

L’Europe sociale ne risque-t-elle pas d’entrainer un nivellement vers le bas (retraite,


assurances sociales...) ?

Les règlementations européennes peuvent-elles contraindre les pays qui passent outre aux
injonctions ?
Est-ce un objectif à atteindre pour une Union de progrès ou un obstacle à une Europe
compétitive ? Certains pays de l’UE n’ont pas intérêt à l’harmonisation (dumping social).
L’Europe sociale inquiète notamment les demandeurs d’emploi qui voient les délocalisations
d’entreprises. On note également beaucoup d’inquiétude chez les petits épargnants qui voient
diminuer leur force d’achat et qui donc n’investissent pas.

L’Europe peut-elle porter un modèle commun d’Etat providence ?

La majorité des Etats membres de l’UE possède des systèmes de protection sociale plus ou
moins étendus et coûteux, est-il possible d’imaginer une homogénéisation des conditions
sociales ?

Plutôt que de se focaliser sur les différences ne faudrait-il pas chercher les points communs et
inscrire ceux-ci dans un début de législation sociale commune européenne qui pourrait
s’enrichir progressivement ?

DIFFICULTES

• Difficultés d’une harmonisation (vers le haut ou vers le bas)

• Les Etats laissent une part de souveraineté. Or, il paraît important que chaque Etat
puisse conserver une identité propre afin que l’Europe ne perde pas de sa richesse
culturelle…. (Analogie avec les communautés de communes ou les communes
abandonnent certaines de leurs compétences pour le bien de la population.)

Il faudrait donner plus de poids au parlement européen, élu directement par la population, afin
que des réformes telles que l’harmonisation des règles sociales aient plus de légitimité.

• Il faudrait d’abord une harmonisation des économies (croissance, niveau de vie…)


avant de vouloir harmoniser les règles sociales. Pour cela, les pays plus « riches »
devraient accepter de donner plus que de recevoir afin de permettre une mise à niveau
plus rapide des pays les plus nécessiteux.

Problème d’une bureaucratie trop lourde. De ce fait, les fonds paraissent souvent
inaccessibles. Et même lorsque leur principe est acquis, la multiplication des étapes, contrôles
et intervenants rend leur utilisation bien trop complexe, voir plus couteuse qu’ils n’apportent.

La question est de savoir s’il faut continuer dans cette idée de vouloir créer une
harmonisation. Le système de protection sociale est dépendant de l’économie, des mœurs, de
l’histoire. On ne peut appliquer les mêmes règles à tous. Le système de protection sociale
aujourd’hui ne pourrait se mettre en place sur les mêmes bases de 1945 (CNR et plan
Beveridge). Problème de vieillissement de la population (pathologie du grand âge,
hébergement spécifique, intégration des aînés dans la société…). Sur quelles nouvelles bases
doit-on assoir les ressources de la protection sociale ? Comment responsabiliser les acteurs
sociaux ? Doit-on mettre en place des mesures protectionnistes au niveau de l’UE ? Mais quid
de ce type de mesures avec la réglementation de l’OMC ?

• Sur la mise en place de règles minimales


• Le problème n’est pas l’existence de règles minimales car il est toujours possible de
faire mieux. Le risque est plutôt que les Etats utilisent cela comme prétexte pour ne
pas aller plus loin.

• Une harmonisation vers le haut risque d’implanter dans l’ensemble des pays européens
une « trappe à pauvreté » où il serait plus intéressant pour les personnes concernées de
profiter d’un système avantageux que de « se prendre en main ».

ENJEUX

Nécessité d’une harmonisation des règles sociales

• Nécessité économique : l’absence d’harmonisation entraine des déséquilibres en


termes d’offre et de demandes d’emploi sur le marché européen ! Il semble
contradictoire de vouloir aller toujours plus loin sur le plan économique sans avancer
en parallèle sur le plan social.

• Nécessité démographique : face au vieillissement de la population, la mise en place


d’un système de retraites européen parait justifié.

OUTILS ET PERSPECTIVES

Quels moyens, quels outils l’UE possède-t-elle, au regard des réticences des Etats membres,
pour faire avancer l’Europe sociale ?

• les outils législatifs : les Directives qui s’appuient sur les Traités…
• le dialogue social : donnant aux partenaires sociaux européens la possibilité de
conclure des accords ayant force de loi…
• les outils financiers : ex le FSE (fonds social européen) finançant notamment des
actions publique de formation des personnes destinées à accroître leur employabilité ,
ou la promotion de l’ égalité entre les sexes….
• La méthode ouverte de coordination : consistant à se fixer des objectifs communs (ex
Traité de Lisbonne : plein emploi et croissance) et échanger des bonnes pratiques pour
atteindre ces objectifs….

Une information concernant le fonds social européen peut-elle être développée afin d’étendre
l’Europe sociale, notamment au niveau de la formation, des échanges culturels et permettre
l’accès à l’emploi au sein des différents pays européens.

Plutôt que de vouloir homogénéiser des conditions sociales déjà en moyenne plus
développées qu’ailleurs dans le monde (car la majorité des Etats de l’UE possède des
systèmes de protection sociale étendus et coûteux), ne faudrait-il pas entreprendre de grandes
actions communes pour la lutte contre la pauvreté ?

Un consensus devrait être possible entre tous pour résoudre des problèmes sociaux communs
aux Vingt-Sept tels que les problèmes du logement, de nourriture, des sans-abri et des laisser
pour compte, qui existent avec plus ou moins d’acuité dans tous les pays de l’ UE même les
mieux nantis de l’ Europe dite de l’Ouest.

Réflexions recueillies par Mireille EVERS, Présidente


ME-Cosl
http://www.mouvement-europeen.eu/Synthese-des-reflexions-europeennes-L-EUROPE-SOCIALE-
QUEL-AVENIR