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Macroéconomie III: Introduction

Alain Paquet, Ph.D.

Département des sciences économiques


Université du Québec à Montréal
paquet.alain@uqam.ca

20 janvier 2021

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 1 / 73


Plan de cours

I. Introduction
II. La croissance économique
III. Économie sans friction, sources réelles des fluctuations et modèle des
cycles réels
IV. Frictions et modélisation du chômage
V. Politique monétaire et cycles économiques
VI. La conduite de la politique monétaire : institutions, objectifs,
instruments et moyens
VII. Macroéconomie et secteur financier : interactions, fonctionnement et
dysfonctionnements

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Revue historique sommaire des développements en macroéconomie

Au XXe siècle et début du XXIe siècle : de nombreux épisodes


historiques (nationaux et mondial) ont alimenté des avancées
(théoriques et pratiques) sur le plan macroéconomique
Esquisser un portrait de l’évolution de la pensée et des méthodes en
macroéconomie (sans prétendre l’approfondir et y rendre pleinement
justice)

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De Keynes à la synthèse néoclassique 1

À partir des années 1920-1930, la macroéconomie reconnue comme


discipline “scientifique”
Étude des cycles de conjoncture et des politiques de stabilisation en
isolant des grandes variables : p. ex. l’inflation, l’emploi, le revenu et
la monnaie
Keynes et sa Théorie générale : assemblage du premier puzzle de
toutes ces variables pour en faire un tout, relativement cohérent, dont
des prescriptions pouvaient être dégagées pour engager des actions
par les législateurs et décideurs publics
La Grande Dépression des années 1930 ⇒ héritage d’une
importance prépondérante accordée au court terme et à la gestion de
la demande agrégée pour la performance d’une économie (PIB)

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De Keynes à la synthèse néoclassique 2

Hicks et Samuelson : la synthèse néoclassique pour étudier


séparément la tendance de la croissance économique et les
fluctuations à court terme autour de cette tendance
À long terme, flexibilité des prix et des salaires et fonctionnement
classique au maximum de sa capacité de l’offre et de la demande sur
tous les marchés (notamment à la fois sur celui des biens et services
et celui du travail).
À court terme, ajustements plus lents des prix et des salaires avec des
effets sur le fonctionnement du marché du travail à la source des
fluctuations économiques de court terme
Les politiques budgétaires et monétaires pourraient jouer un rôle
contracyclique en visant à conserver l’évolution de l’économie plus
près de la tendance de long terme.

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De Keynes à la synthèse néoclassique 3

Modélisation : traitement un peu schizophrène des outils de la


macroéconomie et de la microéconomie
boı̂te d’outils macroéconomiques : davantage développée autour de
représentations agrégatives de la consommation et de l’investissement,
souvent estimées empiriquement avec des méthodes économétriques,
sans nécessairement les lier de manière explicite aux problèmes de
décisions des agents économiques
développements en économétrie inspirés par la révolution keynésienne
et la synthèse néo-classique (Frisch, Tinbergen,Klein & Haavelmo)
boı̂te d’outils microéconomiques : laissée davantage à l’attention de
ceux qui s’intéressaient aux problèmes des agents économiques
individuels
Exceptions notables : avancées réalisées sur des fonctions agrégées en
s’inspirant de considérations microéconomiques et dynamiques :
Frieman et la théorie de la consommation basée sur le revenu
permanent ; Modigliani et la théorie de la consommation basée sur le
cycle de vie ; Tobin, Baumol & Allais et des fondements pour la
demande de monnaie
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De Keynes à la synthèse néoclassique 4

Deux courants émergents de la synthèse néoclassique


Approche keynésienne : accent sur l’utilisation des outils fiscaux et
budgétaires pour atténuer les fluctuations économiques
Approche monétariste :
Friedman : la monnaie peut jouer un rôle important, voire supérieur à
celui des instruments budgétaires pour réduire les fluctuations cycliques
Mise en évidence de l’importance de comment concevoir des
arrangements et des politiques monétaires favorisant la stabilité du
niveau des prix (enjeu négligé par le courant keynésien)
Le courant monétariste inspiré de l’étude narrative exhaustive des
donnée américaines par Friedman et Schwartz :
La politique monétaire est neutre à long terme : pas d’effet à long
terme sur l’activité économique réelle, mais plein son effet sur les prix
Effets transitoires de la politique monétaire sur l’activité économique
réelle, notamment à cause des rigidités prévalant temporairement sur
les prix ou les salaires
Aux fins de stabilisation économique autour de la tendance de long
terme, une politique monétaire relativement stable et prévisible est
préférable
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De Keynes à la synthèse néoclassique 5

Les deux courants associés à un arbitrage à court terme et


possiblement exploitable par les gouvernements entre l’inflation et
l’activité économique réelle (niveau du PIB ou chômage) : la courbe
de Phillips de première génération
Phelps : l’idée que les anticipations inflationnistes comptent beaucoup
dans les effets pouvant être associés à l’inflation et la politique
monétaire. L’arbitrage à court terme seulement et possibilités limitées
d’arbitrage si les taux d’inflation anticipés pour l’avenir plus élevés

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La révolution des anticipations rationnelles 1

Les années 1970 ⇒


dans plusieurs économies nationales et l’économie mondiale :
combinaison d’un ralentissement marqué de la croissance économique
(et même de récession) et de tensions inflationnistes : la stagflation
Remise en cause de la stabilité et de l’à-propos de la courbe de Phillips
en tant qu’arbitrage exploitable par les banques centrales
Lucas et la révolution des anticipations rationnelles : une première
phase de la nouvelle macroéconomie classique
Hypothèse des anticipations rationnelles (HAR) : à une date donnée,
les agents économiques forment leurs attentes quant à l’avenir (1) en
utilisant toute l’information disponible et (2) en cherchant à éviter de
commettre des erreurs systématiques coûteuses ⇒ les décisions des
agents économiques quant à leurs variables d’intérêt sont aussi
fonction des anticipations quant aux valeurs futures de ces variables

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La révolution des anticipations rationnelles 2

HAR ⇒ avec des prix et des salaires flexibles, dans un environnement


incertain avec une information temporairement incomplète quant à la
politique monétaire, une surprise positive (négative) sur le taux
d’inflation induite par une hausse (baisse) non anticipée de la quantité
de monnaie peut stimuler (réduire) l’activité économique réelle.
Il n’y a plus d’arbitrage systématiquement exploitable et stable entre
l’inflation et l’activité économique réelle – output ou chômage :
Si la politique monétaire est anticipée : pas d’effet sur l’activité
économique réelle
Si la politique monétaire est très volatile et difficile à prévoir : l’activité
économique réelle moins sensible à des surprises monétaires
Il y a des leçons importantes tirées de la prise en compte
d’anticipations rationnelles : notamment pour les politiques
économiques : la critique de Lucas

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La révolution des anticipations rationnelles 3

Empiriquement, l’information incomplète à elle seule


vraisemblablement pas une source suffisamment importante pour
expliquer les fluctuations économiques de court terme ainsi que la
corrélation entre la monnaie et l’activité économique réelle
Fischer et Taylor (deux types de contrats de travail postulés) : une
politique monétaire même systématique et anticipée peut impacter à
court terme sur l’activité économique avec des anticipations
rationnelles, et rigidités contractuelles salariales prévalentes un certain
temps.
, Mais le type supposé de rigidités salariales contractuelles a des
caractéristiques en partie insatisfaisantes et un peu ad hoc :
questionnement quant à leur optimalité et leur adéquation avec les
contrats observés

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Vers une approche d’équilibre général dynamique : la recherche des
microfondements de la macroéconomie, les modèles du cycle réel et les
nouveaux modèles keynésiens 1

Deuxième phase de la nouvelle macroéconomie classique ⇐ stagflation


+ insatisfaction avec le type de rigidité nominale supposé + besoin
inassouvi de reconnecter la microéconomie et la macroéconomie
(traitement plus cohérent du comportement des agents économiques
individuels avec l’évolution agrégée de l’économie)
Kydland et Prescott : développement des modèles du cycle
économique d’origine réelle (c.-à-d. non monétaire) dans un contexte
d’une économie concurrentielle et sans rigidités de prix ou de salaires
⇒ changements majeurs dans la façon d’aborder les questions
macroéconomiques.

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Vers une approche d’équilibre général dynamique 2

Approche réelle :
pour la première fois, au niveau macroéconomique, traitement explicite
d’équilibre général dynamique simultané sur tous les marchés (étudiés
d’un point de vue microéconomique avant par Arrow, Debreu et
McKenzie)
expliquer un ensemble de faits caractérisant le cycle économique à
l’aide de modèles d’une économie artificielle simulée numériquement
les équilibres économiques découlant de l’interaction entre agents
rationnels qui résolvent explicitement des problèmes d’optimisation
intertemporelle
analyse des politiques économiques campées sur des fondements
microéconomiques plus solides
traitement explicite des hypothèses concernant les préférences et la
technologie plutôt que de reposer sur des hypothèses de comportement
ad hoc possiblement non robustes à des changements dans
l’environnement économique
méthodologie recherchant une meilleure cohérence interne du modèle

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Vers une approche d’équilibre général dynamique 3

Modèles du cycle réel :


Des chocs plus ou moins persistants sur la capacité productive de
l’économie peuvent constituer une source de fluctuations économiques
Plusieurs extensions avec d’autres perturbations réelles : p.ex. sur les
dépenses publiques, les taux de taxation, les termes de l’échange, etc.
La corrélation observée entre l’activité économique et la quantité de
monnaie peut refléter une accommodation du stock de monnaie
pendant que l’économie est en expansion, sans en être la cause (King
et Plosser)
La hausse importante du prix mondial du pétrole orchestrée par l’OPEP
en 1973 et 1979 et leurs conséquences négatives sur la croissance
économique s’apparentaient à des chocs réels de productivité
D’un point de vue méthodologique, il y a une pause sur l’étude de la
contribution de la politique monétaire aux fluctuations économiques
Plutôt qu’un choix dogmatique, une invitation à mieux comprendre le
rôle et la transmission des perturbations autres que monétaires sur les
fluctuations économiques (les perturbations non monétaires avaient
souvent été pratiquement ignorées)
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Vers une approche d’équilibre général dynamique 4

Une nouvelle étape : vers des modèles de la nouvelle macroéconomie


keynésienne
Reconnaissance de l’importance de bien établir les microfondements de
la macroéconomie, de l’existence de sources réelles de fluctuations
économiques et de l’hypothèse des anticipations rationnelles
des perturbations monétaires en présence de frictions et d’imperfections
de marché (ignorées dans les premiers modèles de cycles d’origine
réelle) : une partie de l’explication des fluctuations économique⇒
équilibre macroéconomique général contraint à court terme
Recherche des microfondements à la base de frictions et
d’ajustements plus lents des salaires et des prix
Introduction de concurrence imparfaite (où les entreprises ont un
certain pouvoir de marché, du moins dans certains secteurs de
l’économie) simultanément avec des coûts associés aux changements
des prix par les firmes
Pouvoir de marché des organisations de travailleurs dans la
prédétermination de salaires contractuels.

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Vers une approche d’équilibre général dynamique 5

Avec des changements moins fréquents, dans les prix des biens la
rigidité nominale ⇒ un effet temporaire sur l’activité économique
réelle d’un changement dans la politique monétaire (Calvo, Blanchard,
Kyotaki, Mankiw, D. Romer, Galı́, etc.) ; monnaie neutre à long terme
Retombées de l’évolution méthodologique en macroéconomie et de sa
rigueur :
un assez large consensus sur une approche dans laquelle la distinction
entre les outils microéconomiques et macroéconomiques est plus ténue
qu’avant et c’est tant mieux
reconnaissance de la sensibilité de la transmission de perturbations
économiques à la nature des politiques économiques ainsi que de
diverses caractéristiques structurelles de l’économie
mise en évidence la portée et les limites des modèles
appel à vérifier dans quelle mesure il y a adéquation entre les
prédictions théoriques des modèles et les faits observés
Développement des outils économétriques en macroéconomie et en
finances (Granger, Engle, Sargent, Sims & Hansen)
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Vers une approche d’équilibre général dynamique 6

La contribution définitive, respective et relative des sources réelles et


monétaire dans les fluctuations économiques : les sources de
fluctuations ne sont pas uniques
Une partie de l’explication des fluctuations résulte des réactions
optimales des agents économiques suite à des chocs inévitables
Une autre partie de l’explication tient à l’existence d’imperfections de
marché et de frictions dont émanent certaines perturbations ou qui
amplifient l’impact des perturbations
Regroupement des types de frictions
réelles ou monétaires
d’offre ou de demande
financières ou non-financières
La macroéconomie cherche à expliquer pourquoi et comment des
variables économiques évoluent à travers le temps, interagissent entre
elles et réagissent à différents types de perturbations qui se propagent
à travers l’économie
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Vers une approche d’équilibre général dynamique 7

L’équilibre général : le fruit de décisions et de réactions d’agents


économiques en interactions sur plusieurs marchés qui envisagent
l’avenir (sur un certain horizon), en tenant compte des informations
disponibles, de l’incertitude prévalant et de l’environnement dans
lequel ils opèrent
Toutes les questions ne sont pas résolues, mais reconnaissance par la
profession que l’économie fonctionne dans un contexte avec
incertitude, intrinsèquement dynamique et d’équilibres simultanés
interdépendants sur plusieurs marchés nationaux et internationaux
(équilibre général) : marché des biens et services, marché du travail,
marché financier et obligataire, marché de la monnaie, etc.
Selon l’absence ou l’existence de frictions ou de rigidités, la nature et
les caractéristiques des équilibres diffèrent
L’équilibre de court terme peut différer de l’équilibre de long terme,
mais la cohérence globale s’inscrit dans une approche d’équilibre
général stochastique
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Conséquences des anticipations sur la poursuite des politiques économiques
1

Les décisions courantes des agents économiques fonction de leurs


anticipations ⇒ conséquences directes des effets de telles politiques
de la prise en compte des attentes rationnelles. Exemples :
supposons une politique monétaire inchangé, mais que les ménages
s’attendent à ce que la politique monétaire future (annoncée ou non)
occasionne un taux d’inflation plus élevé à l’avenir, le comportement
des ménages fait en sorte qu’une inflation plus élevée aura tendance à
se matérialiser dès cette année (Sargent et Wallace)
la question de l’incohérence intertemporelle des politiques économiques
(monétaire ou budgétaire). Par exemple, une banque centrale formule
aujourd’hui une politique monétaire optimale qu’elle dit vouloir
poursuivre. La politique initialement annoncée pourrait ne plus paraı̂tre
optimale à une date ultérieure et inciter la banque centrale à dévier de
ce qui avait été communiqué. Changement de politique, semblant
désirable à courte vue, mais globalement nuisible et coûteux pour
l’économie ⇒ supériorité des règles pour des politiques, plutôt que des
politiques discrétionnaires (Kydland et Prescott)
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Conséquences des anticipations sur la poursuite des politiques économiques
2

La période de très forte inflation (dans les deux chiffres) dans


plusieurs pays au début de 1980 et la difficulté à la maı̂triser et à la
ramener en deçà de 4%, jumelée aux développements théoriques ⇒
adoption de cibles d’inflation dans plusieurs pays et d’une plus grande
transparence par les banques centrales, voire jusqu’à suivre plus ou
moins formellement une règle de conduite de la politique monétaire
(Svensson).
Analyse théorique et pratique de la conduite de la politique monétaire
depuis la fin des années 1980 : en considérant diverses règles de
politique monétaire, dont les variantes de règles de Taylor

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De la Grande Modération à la Grande Récession 1

Depuis le début des années 1970, la théorie et la pratique


macroéconomique ont passablement changées
Du milieu des années 1980 à 2007, plusieurs économies, dont
notamment l’économie américaine, caractérisées par des politiques
plus prévisibles, un taux d’inflation plus faible et des fluctuations
économiques moins prononcées
Ayant étudié l’économie américaine sur 168 trimestres de 1959 à
2001, Stock et Watson ont documenté la stabilité économique accrue
associée avec un lissage des cycles conjoncturels et la baisse de
volatilité du taux de croissance du PIB à partir de 1985 : la période de
‘Grande Modération’, laissant envisager la conquête d’un nouvel âge
de prospérité

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De la Grande Modération à la Grande Récession 2

Robert Lucas (2003) :


“le problème central de la prévention des dépressions a été résolu,
pratiquement, et a en fait été résolu depuis plusieurs décennies. Il
reste d’importants gains de bien-être qui découleraient de meilleures
politiques budgétaires, mais je soutiens que ce sont des gains
découlant de meilleures incitations aux gens à travailler et à
économiser, pas de meilleure régulation fine des flux de dépenses.”
la Crise économique et financière mondiale de 2007-2009, appelée la
Grande Récession : un puissant rappel à l’ordre

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De la Grande Modération à la Grande Récession 3

2007 : la crise des prêts hypothécaires à risque (ou crise des


‘subprimes’) aux États-Unis
Première partie des années 2000, prix de l’immobilier en forte
progression, plusieurs institutions financières accordent abondamment
des prêts hypothécaires très risqués à des taux initialement
apparemment avantageux à des ménages avec une faible solvabilité qui,
ultimement, ne seraient pas capables de rembourser
Succombant au chant des sirènes de rendements attendus,
apparemment faussement alléchants à peu de risque, de nombreux
investisseurs institutionnels aux États-Unis et ailleurs dans le monde
avancent des milliards de dollars aux institutions financières qui
accordaient ces prêts ou qui achetaient des dettes ou titres financiers
adossés à ces créances hypothécaires de haut risque

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De la Grande Modération à la Grande Récession 4

Lorsque le marché immobiliser amorce un déclin et qu’un grand


nombre de ménages sont incapables d’honorer leurs dettes, la liquidité
et la valeur de ces crédits d’échange (‘swaps’) sur défaillance
s’effondrent ⇒
faillite de Lehman Brothers à l’automne 2008, dont la création
remontait au milieu du XIXe siècle et auparavant la quatrième plus
grande banque d’investissement américaine
effondrement d’AIG, la plus grosse compagnie d’assurance en 2007 aux
États-Unis : opération de sauvetage de 180 milliards $ US juste pour
cette institution par le gouvernement américain
des milliards $ US en aide financière du gouvernement américain pour
parer à l’effondrement de la banque d’investissement Bear Sterns, pour
prendre le contrôle de Fannie Mae et de Freddie Mac qui sont les
principaux organismes de crédit hypothécaire sur le marché secondaire,
ou dans l’opération de sauvetage de GM.

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De la Grande Modération à la Grande Récession 5

Épisode fort éprouvant pour l’économie mondiale appelant les


gouvernements et les banques centrales à réagir rapidement sur
plusieurs fronts dans un contexte peu connu
Pour tenter de sauver la mise, ou du moins viser à réduire l’ampleur
et la durée de la Grande Récession, les gouvernements ont encouru
des déficits budgétaires très importants, au prix d’un endettement
public qui a grandement fragilisé les finances publiques de plusieurs
pays, notamment en Europe.
Alors que les taux d’intérêt nominaux de court terme restaient collés
près de zéro, les banques centrales ont dû imaginer et recourir à des
instruments non conventionnels de politique monétaire
(assouplissements quantitatifs monétaires et publication d’indications
prospectives claires)
Aussi, réévaluation du cadre législatif et réglementaire des marchés et
institutions financières
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De la Grande Modération à la Grande Récession 6

Sur le plan théorique, sans jeter par-dessus bord tous les


développements précédents, le dérèglement mondial de 2007-2010
révèle, à certains égards, un décrochage entre la macroéconomie et la
finance
Appel à pousser plus loin la réflexion, tant du point de vue de l’origine
que de la transmission d’une crise financière comme celle-là
Reconsidération de l’impact relatif des politiques budgétaires et
monétaires dans une telle situation, comparativement à des chocs et
fluctuations économiques moins atypiques
Dans la foulée de la Grande Récession, certains auteurs remettent en
cause l’utilisation répandue du cadre d’analyse des modèles
stochastiques d’équilibre général (dont Martin Wolfe, célèbre
rédacteur associé et commentateur économique en chef au Financial
Times)

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La pandémie 2020-2021 et la Crise du Grand Confinement 1

Jusqu’en février 2020, les États-Unis et le Canada dans leur 11e année
d’expansion + plusieurs pays industrialisés : une des expansions les plus
longues jamais enregistrées
Février 2020 : des niveaux pratiquement égaux ou dans le voisinage
immédiat de valeurs historiquement basses de taux de chômage de 3,5% et
5,6% pour les É.-U. et le Canada.
Les taux d’inflation observée et attendue étaient à des niveaux très faibles.
Bien que non spectaculaires, les taux de croissance du PIB réel étaient
corrects et apparaissaient solides.
Les marchés boursiers enregistraient des niveaux records de leurs indices.
L’économie américaine assez résiliente aux politiques commerciales et à la
rhétorique protectionniste de l’administration Trump (même si une
incertitude importante entourait ces politiques et les réponses possibles des
gouvernements d’autres pays et que la dette fédérale américaine avait
rapidement augmenté pendant la période d’expansion suite à
l’implémentation dès 2018 d’un plan de réduction des impôts).

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La pandémie 2020-2021 et la Crise du Grand Confinement 2

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La pandémie 2020-2021 et la Crise du Grand Confinement 3

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La pandémie 2020-2021 et la Crise du Grand Confinement 4

Les statistiques officielles du taux de chômage du É.-U. Bureau of Labor Statistics (BLS)
font abstraction d’une sous-estimation effective découlant d’un problème de classification
des personnes au cœur de la première vague de la pandémie.
Erreur de classification due à des difficultés à recueillir certaines données en temps de
pandémie
Un nombre important de personnes qui n’étaient pas temporairement au travail au cours
de la période d’enquête en raison de la pandémie, mais qui auraient dû être classées
comme chômeurs mis à pied temporairement ont été omises du nombre de chômeurs.
Erronément classées comme en dehors de la population active pour  autres raisons
 qu’une perte d’emploi, même si elles restaient à la maison en attendant d’être rappelées.
En temps normal, la catégorie  autres raisons  : applicable uniquement pour des
personnes en vacances, faisant partie d’un jury ou prenant un congé pour s’occuper d’un
enfant ou d’un parent.

Taux de chômage aux É.-U.


2019 2020
Déc. Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sep. Oct. Nov. Déc.
Officiel 3.6 3.5 3.5 4.4 14.8 13.3 11.1 10.2 8.4 7.8 6.9 6.7 6.7
Effectif ou corrigé 3.6 3.5 3.5 5.4 19.7 16.3 12.1 11.2 9.1 8.3 7.2 7.1 7.3
Source : U.S. Bureau of Labor Statistics

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La pandémie 2020-2021 et la Crise du Grand Confinement 5

Les gouvernements au Canada et aux


États-Unis ont versé différentes
prestations financières aux personnes
qui ont perdu leur emploi pendant le
Grand Confinement, ce qui a
certainement limité les impacts sur le
revenu disponible des ménages.
Le fait que ces prestations étaient
vraisemblablement temporaires, les
ménages ont été incités à en épargner
une partie.
La hausse importante de
l’incertitude macroéconomique, qui
a rendu beaucoup plus incertaines les
perspectives de revenus futurs, a
incité les ménages à reporter des
dépenses de consommation, le tout
se traduisant par une hausse
importante de l’épargne.
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De nouveaux défis pour la macroéconomie 1

Mon point de vue : sans doute considérer explicitement des frictions


additionnelles du secteur financier, mais le jugement de certains sur
l’approche méthodologique en macroéconomie moderne est trop
sévère. (Il existe des extensions dans le cadre d’un modèle d’équilibre
général qui peut reproduire des caractéristiques de la dernière tempête
financière)
Il n’existe pas de théorie unifiée, ou de Saint-Graal, basés sur un
modèle unique pleinement satisfaisant en macroéconomie
Malgré de nombreuses avancées, l’histoire économique demeure
jalonnée d’interrogations qui forcent l’ouverture de nouvelles pistes à
explorer.
Tout comme l’illustre l’évolution des idées en macroéconomie depuis
Keynes jusqu’à nos jours, plusieurs questions peuvent être considérées
comme nécessitant l’identification de la nature et du rôle de frictions,
de même que leur importance pour enrichir notre analyse.
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De nouveaux défis pour la macroéconomie 2

Quelques débats actuels sur la méthodologie en macroéconomie


l’approche largement répandue qui postule que les agents économiques
forment des attentes ou des anticipations rationnelles versus une
approche relevant davantage de l’économie comportementale avec une
rationalité limitée (tout en reconnaissant que certains éclairages sont
apportés par l’approche comportementale, il n’est pas évident que cette
caractéristique soit si dominante qu’elle remette en question l’essentiel
des conclusions obtenues par la macroéconomie moderne)
des questions et des qualifications de l’incertitude propre de
l’environnement dans lequel les agents économiques évoluent et
prennent leurs décisions. Par exemple, Hansen et Sargent (pionniers et
les développeurs des modèles avec attentes rationnelles) ont
récemment publié un ouvrage qui rassemble des avancées récentes en
modélisation macroéconomique pour incorporer la prise en compte de
l’incertitude des agents économiques et des économètres quant au bon
modèle de fonctionnement de l’économie

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De nouveaux défis pour la macroéconomie 3

Quelques débats actuels sur la méthodologie en macroéconomie


(suite)
enjeux d’agrégation qui pourraient apporter des raffinements pertinents
pour tenir compte d’effets supplémentaires découlant, par exemple :
des questions d’écarts de revenus entre différents groupes dans
l’économie, en tenant compte des différences (ou hétérogénéité) entre
les agents économiques en présence de marchés financiers incomplets
de l’interaction entre des secteurs de l’économie caractérisés par leur
importance et des attributs particuliers (structure de marché, coûts
d’ajustement et rigidités particulières)
le rattachement de primes de risque en finances aux fondamentaux de
l’économie
Le travail de recherche est loin d’être terminé !

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 34 / 73


Conclusion 1

À la différence de nombreuses autres branches des sciences sociales, la


macroéconomie, définie comme l’étude du comportement des grands
agrégats économiques, reste malgré toutes ses velléités l’un des outils
les plus puissants et les plus percutants du changement de nos
sociétés.
Tout de même préférable de prendre des orientations de modèles
que nous pouvons réellement comprendre et mener au terme de
l’analyse, au lieu de modèles que nous souhaiterions avoir ou que
d’autres pensent que nous avons (Lucas, 1986)
Un encouragement à la profession de poursuivre le travail exigeant,
tant du point de vue théorique que du point de vue empirique, afin de
mieux identifier et modéliser les incitatifs auxquels répondent tous les
acteurs de l’environnement économique et leurs implications
individuelles et agrégées

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 35 / 73


Conclusion 2

Une invitation à mieux camper rigoureusement les analyses, les


arguments et les débats qui sous-tendent les actions des décideurs
publics : sans doute exigeant, mais d’autant plus gratifiant et
pertinent, ne serait-ce que pour reconnaı̂tre leurs limites
À l’aide d’une nouvelle génération d’outils, les effets des politiques
économiques doivent être évalués dans un contexte dynamique plutôt
que statique et sous l’angle global d’équilibre général, plutôt que
partiel
Les dernières crises nous rappellent l’importance de conserver une
saine dose d’humilité, ce qui ne signifie pas qu’il faille négliger ce qui
a été appris et ce qui n’exclut pas de pousser plus loin notre
questionnement

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 36 / 73


Tendance de croissance économique à long terme
vs fluctuations économiques
Évolution du PIB réel

Les variables macroéconomiques agrégées nominales et réelles


exhibent généralement :
tendance de long terme et fluctuations de plus court terme
parfois énormément de persistances dans les mouvements de certaines
variables
la tendance d’une variable peut aussi être assujettie à des fluctuations
propres
Filtre d’Hodrick-Prescott (HP) : une possibilité pour extraire la
tendance
tracer une courbe de tendance avec des inflexions lentes de la tendance, tout en
imposant que l’écart de la variable à la tendance ne dépasse pas une certaine
valeur représentant les évolutions de la partie conjoncturelle

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 38 / 73


Évolution du PIB réel (en log) au Canada 1961T1-2016T4 – Tendance
Hodrick-Prescott

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Composante cyclique du PIB réel au Canada 1961T1-2016T4

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Cycles économiques : définition et datation

Qu’est-ce qu’une récession ?


Définition “populaire” : 2 trimestres consécutifs de croissance négative
du PIB réel
Commode, trop tranchante, au mieux approximative, mais incomplète
Déclin ou baisse significative de l’activité économique, dans l’ensemble
de l’économie, qui dure un certain temps
NBER :“une baisse significative de l’activité qui se propage à travers
l’économie, durant plus de quelques mois, qui est perceptible dans la
production industrielle, l’emploi, le revenu réel, ainsi que dans le
commerce de gros comme le commerce de détail” (Leamer 2008)
Identification d’une récession sur 3 dimensions, à apprécier ensemble :
durée, profondeur et portée
Datation officielle :
aux É-U, depuis 1979, NBER Business Cycle Dating Committee
au Canada, depuis 2012, Institut C.D. Howe

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 41 / 73


Représentation stylisée de cycles économiques

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 42 / 73


Chronologie des cycles économiques au Canada depuis 1929

Durée (en mois)


Sommet mensuel (S) Creux mensuel (C) Catégorie
(trimestriel) (trimestriel) (1 à 5)
Contraction Expansion Cycle Cycle
(S à C) (C à S) (C à C) (S à S)

avril 1929 (1929 :T2) février 1933 (1933 :T1) 46 – – – 5


novembre 1937 (1937 :T3) juin 1938 (1938 :T2) 7 57 64 103 5
août 1947 (1947 :T2) mars 1948 (1948 :T1) 7 110 117 117 2
avril 1951 (1951 :T1) décembre 1951 (1951 :T4) 8 37 45 44 3
juillet 1953 (1953 :T2) juillet 1954 (1954 :T2) 12 19 31 27 4
mars 1957(1957 :T1) janvier 1958 (1958 :T1) 10 32 42 44 3
mars 1960 (1960 :T1) mars 1961 (1961 :T1) 12 26 38 36 3
décembre 1974 (1974 :T4) mars 1975 (1975 :T1) 3 165 168 177 2
janvier 1980 (1979 :T4) juin 1980 (1980 :T2) 5 58 63 61 1
juin 1981 (1981 :T2) octobre 1982 (1982 :T4) 16 12 28 17 4
mars 1990 (1990 :T1) avril 1992 (1992 :T2) 25 89 114 105 4
octobre 2008 (2008 :T3) mai 2009 (2009 :T2) 7 198 205 223 4
février 2020 ··· ? 129 ? 166 ?
(2020 :T1) ···

Moyenne, 11 cycles [12 cycles] 13,2 77,7 83,2 93,3

Source : Cross et Bergevin (2012), Conseils du cycle économique de l’Institut C.D. Howe (2020) & calculs de l’auteur

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 43 / 73


Classement des récessions en 5 catégories ( 1 = plus faible,5 = plus sévère)

Récession de catégorie 1 : caractérisées par une courte, baisse modérée


du PIB réel et aucune baisse de l’emploi trimestriel

Récession de catégorie 2 : une baisse du PIB réel semblable à celle dans la catégorie 1, mais
suffisante pour provoquer une baisse de l’emploi, souvent parce que
la contraction est très sévère dans certains secteurs de l’économie

Récession de catégorie 3 : baisse plus longue, et généralement plus marquée, du PIB réel, souvent
suivie d’une baisse de l’emploi

Récession de catégorie 4 : baisse substantielle à la fois du PIB réel et de l’emploi, généralement


pour une période d’environ un an ou plus

Récession de catégorie 5 : contraction extrêmement rapide du PIB et de l’emploi sur une période
de temps prolongée

Source : Cross et Bergevin (2012)

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 44 / 73


Faits stylisés relatifs aux fluctuations cycliques au Canada (1961T1 - 2016T4)

Données (en log) lissées avec filtre HP


Variables réelles (désaisonnalisées) composant Fraction Écart-type de la Corrélation*
le PIB réel moyenne partie cyclique avec la
du PIB réel (en %) partie cyclique
du PIB réel

PIB 100,0% 1,34 1,00


Consommation totale de biens
non durables, semi durables & services 48,5% 0,75 0,45
Consommation non durables 17,1% 0,87 0,26
Consommation semi durables 5,3% 1,85 0,39
Consommation services 26,1% 0,93 0,37
Investissement privé (au sens large) 25,6% 7,63 0,44
Consommation durables 7,4% 3,87 0.45
Investissement privé brut (de capital physique fixe) 18,1% 4,67 0,49
Investissement fixe non résidentiel (machine et équipements**) 12,3% 5,89 0,37
Investissement fixe résidentiel 5,8% 5,62 0,41
Dépenses publiques totales 24,6% 1,41 0,23
Dépenses publiques de base 20,6% 1,22 0,25
Investissements publics 4.1% 3,51 0,07
Exportations 28,2% 3,78 0,53
Importations 27,1% 4,63 0,47

* Ce sont les corrélations contemporaines, c.-à-d. de la variable au trimestre t avec le PIB réel
au trimestre t.
** Incluant explicitement les produits de la propriété intellectuelle
sur la période 1981T1 - 2016T4.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 45 / 73


Faits stylisés ou régularités empiriques

Certaines régularités empiriques (notamment dans les pays industrialisés) :


La production pour différents secteurs de l’économie tend à évoluer dans la même
direction.
Exception : Les mouvements dans la production et les prix des produits agricoles
sont relativement plus indépendants des mouvements associés avec les cycles
économiques.
L’investissement et la consommation de biens durables sont tous deux plus volatiles
que la consommation de biens non durables.
Les profits des entreprises sont volatiles et pro-cycliques.
L’offre de monnaie et la vélocité sont pro-cycliques. (On y reviendra.)
Quelques différences pour des pays en voie de développement :
L’importance relative du secteur agricole dans l’économie peut être passablement
plus importante que dans les pays industrialisés.
La consommation de biens non durables peut être plus volatile que dans les pays
industrialisés, à cause de l’accès plus difficile aux marchés financiers domestiques
pour les consommateurs – bien qu’elle demeure moins volatile que l’investissement.
Le degré de libéralisation de l’économie (p. ex. à cause de la réglementation) peut
varier beaucoup d’un pays à l’autre, ce qui peut influencer la croissance et le
comportement cyclique de l’économie.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 46 / 73


Faits stylisés relatifs aux fluctuations cycliques au Canada (1961T1 - 2016T4) –
(Suite)

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 47 / 73


Nature et importances des anticipations
Les anticipations rationnelles 1

Les décisions des agents économiques à un moment donné –en tant que consommateurs,
travailleurs, investisseurs ou producteurs – s’inscrivent dans un contexte dynamique et ne
sont pas seulement fonction de l’état de l’économie qui découle de leurs choix passés et
des politiques économiques passées qui ont été poursuivies.
Ces décisions dépendent aussi des anticipations ou attentes des agents économiques quant
à l’avenir, en plus des perturbations non prévues qui frappent l’économie pendant la
période.
Dans un monde avec incertitude, les agents économiques doivent former ex ante une
e
anticipation du taux d’inflation à venir, soit πt,t+k
IMPORTANT : les décisions en t des agents économiques (consommateurs, épargnants,
investisseurs, etc.) basées sur le taux d’intérêt réel ex ante :
La consommation courante dépend des flux de revenus courants et futurs après
impôts
L’investissement privé dépend entre autres de la rentabilité future du capital
physique (p. ex. machinerie et équipement)
Les choix de prêts ou emprunts financiers dépendent du taux d’inflation anticipé.
Pour comprendre le fonctionnement de l’économie (prix et quantités), il est essentiel de
traiter formellement des anticipations des agents économiques

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 49 / 73


Les anticipations rationnelles 2

Hypothèse des attentes (anticipations) rationnelles :


les agents économiques utilisent toute l’information disponible de manière à former
les meilleures prévisions possibles (pas parfaites)
Erreurs de prévision systématiques coûteuses à éviter pour l’agent marginal (p. ex.
avec les taux d’intérêt)
Erreurs de prévision non systématiques : en moyenne nulle et non corrélée avec de
l’information disponible et connue
S’il est possible de tromper certaines gens de temps en temps, on ne peut pas tromper
tout le monde tout le temps.
En vertu de l’HAR, les valeurs déterminées par les choix économiques ne diffèrent pas
systématiquement (c.-à-d. de manière régulière ou prévisible] de ce à quoi les gens
s’attendent à ce qu’ils soient. (Sargent, 2008)

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 50 / 73


Taux d’intérêt et inflation
Équation de Fisher 1 : taux d’intérêt nominal, réel et inflation entre t et t + k

Soit un emprunt (nominal) de bt $ à la période t à


rembourser en t + k au taux d’intérêt nominal de
Rt,t+k %
⇒ Remboursement de bt (1 + Rt,t+k )$.
Soit un taux d’inflation de πt,t+k % entre t et t + k,
bt
en termes réels, l’emprunt est de Pt
et le
bt (1+Rt,t+k )
remboursement réel est de Pt+k

Si un emprunt réel de Pbtt était directement t à


rembourser en t + k à un taux d’intérêt réel
contracté de rt,t+k %
⇒ Remboursement de Pbtt (1 + rt,t+k ).
⇒ Équivalence en termes réels :
bt (1+Rt,t+k ) bt
Pt+k
= Pt
(1 + rt,t+k )

(1 + Rt,t+k ) = (1 + rt,t+k ) (1 + πt,t+k )


Rt,t+k ≈ rt,t+k + πt,t+k

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 52 / 73


Équation de Fisher et anticipations rationnelles :
taux d’intérêt et inflation ex-ante vs ex-post

Dans un monde avec incertitude et des obligations libellées en dollars courants, les
agents économiques doivent former ex ante une anticipation du taux d’inflation à
e
venir, soit πt,t+k
⇒ Équation de Fisher ex-ante
e e
(1 + Rt,t+k ) = (1 + rt,t+k ) (1 + πt,t+k )
e e
Rt,t+k ≈ rt,t+k + πt,t+k
La différence entre le taux d’intérêt réel ex ante et le taux d’intérêt réel ex post :
l’erreur d’anticipation inflationniste :
e e
rt,t+k − rt,t+k = πt,t+k − πt,t+k
On suppose que les agents économiques forment des anticipations rationnelles en
utilisant toute l’information disponible de manière à éviter de commettre des
erreurs systématiques. Les erreurs de prévision sont donc en moyenne nulle et sont
non corrélées avec de l’information disponible et connue)

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 53 / 73


Équation de Fisher et anticipations rationnelles :
taux d’intérêt et inflation ex ante vs. ex post

Dans un monde avec incertitude et des obligations libellées en dollars courants, les agents
économiques doivent former ex ante une anticipation du taux d’inflation à venir, soit
e
πt,t+k
⇒ Équation de Fisher ex ante :
e
(1 + Rt,t+k ) = (1 + rt,t+k e
) (1 + πt,t+k )
e
Rt,t+k ≈ rt,t+k e
+ πt,t+k
⇔↑ e
πt,t+k ⇒↑ Rt,t+k dans la même proportion
La différence entre le taux d’intérêt réel ex ante et le taux d’intérêt réel ex post est
l’erreur d’anticipation inflationniste :
e
rt,t+k e
− rt,t+k = πt,t+k − πt,t+k
IMPORTANT : Les décisions en t des agents économiques (consommateurs, travailleurs,
épargnants, investisseurs, etc.) sont basées sur le taux d’intérêt réel ex ante.
Hypothèse des attentes (anticipations) rationnelles :
Les agents économiques utilisent toute l’information disponible de manière à faire
les meilleures prévisions possibles (pas des prévisions parfaites)
Des erreurs de prévision systématiques sont coûteuses et à éviter pour l’agent
marginal (p. ex avec les taux d’intérêt)
Des erreurs de prévision non systématiques : en moyenne nulle et non corrélée avec
de l’information disponible et connue
Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 54 / 73
Déterminants du taux d’intérêt nominal

Le taux d’inflation anticipée


Le déterminant principal du taux d’inflation anticipée est le déterminant du taux
d’inflation tendancielle.
On verra au cours # 3 : que le taux d’inflation tendancielle découle essentiellement de la politique monétaire en
cours et anticipée (via un taux de croissance excédentaire de l’offre de monnaie relativement au taux de
croissance de la quantité réelle de monnaie demandée)

Le taux d’intérêt réel anticipé


Ce dernier est fonction à court et à long terme de plusieurs facteurs réels (chocs de
productivité, rendement futur sur les investissements en capital physiques, dépenses
publiques, déficits et dettes publiques, l’arbitrage international, etc.).
À plus court terme, une augmentation (surtout non anticipée) du stock de monnaie
pourrait réduire temporairement le taux d’intérêt réel (sous certaines hypothèses).
Pour une petite économie ouverte (p. ex. Canada ou autres pays de petite taille relative en
% de l’économie mondiale)
e e e
CAN Rt,t+k = CAN rt,t+k + CAN πt,t+k
e e e
CAN Rt,t+k = M rt,t+k + CAN prime + CAN πt,t+k avec CAN prime R 0.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 55 / 73


Structure à terme des taux d’intérêt
Rendements nominaux canadiens d’obligations zéro coupon pour plusieurs échéances pour
la période de janvier 1986 à juillet 2019

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 57 / 73


Rendements nominaux canadiens d’obligations zéro coupon pour plusieurs échéances pour
la période de janvier 1986 à juillet 2019 (suite)

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 58 / 73


Rendements nominaux canadiens d’obligations zéro coupon pour plusieurs échéances pour
la période de janvier 1986 à juillet 2019 (suite)

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 59 / 73


Courbe de rendements et structure à terme des taux d’intérêt 1

Situation d’arbitrage
Situation dans laquelle deux stratégies de transaction équivalentes
permettraient d’être exploitées pour en tirer un bénéfice sans qu’il ne soit
nécessaire d’utiliser ses fonds ou d’assumer de risque plus important. Une
telle situation ne peut pas durer, de sorte qu’il en résulte une condition dite
de non-arbitrage à l’équilibre.
Un des principes économiques est d’identifier les conditions de non-arbitrage

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 60 / 73


Courbe de rendements et structure à terme des taux d’intérêt 2

Arbitrage intertemporel : comparaison entre un emprunt (ou un prêt) entre t et


t + k avec une obligation à échéance de k périodes vs une suite d’emprunts (ou de
prêts) consécutifs avec des obligations à échéance de 1 période :
h i1/k
e e e
(1 + Rt,t+k ) = (1 + Rt,t+1 ) (1 + Rt+1,t+2 ) (1 + Rt+2,t+3 ) · · · (1 + Rt,t+k )
e e e
Rt,t+1 + Rt+1,t+2 + Rt+2,t+3 + ··· + Rt,t+k
Rt,t+k ≈ k

Si Rt,t+k > Rt,t+1 , les taux moyens futurs de court terme seront plus élevés que le
taux de court terme actuel
Si la courbe de rendements a une pente positive
⇒ le marché anticipe que les taux d’intérêt de court terme augmenteront dans
l’avenir (taux réels ou taux d’inflation).
Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 61 / 73
Courbe de rendements et structure à terme des taux d’intérêt 3

Généralisation de la théorie des anticipations de la structure à terme avec


une prime (de risque) à terme, χt,t+k ,

(1 + Rt,t+k ) =
h i1/k
e e e
(1+Rt,t+1 ) (1+Rt+1,t+2 ) (1+Rt+2,t+3 ) · · · (1+Rt+k−1,t+k ) (1+χt,t+k )
e e e
Rt,t+1 + Rt+1,t+2 + Rt+2,t+3 + ··· + Rt+k−1,t+k + χt,t+k
Rt,t+k ≈ k

Une courbe de rendements à pente positive :


- le marché anticipe une hausse à venir des taux d’intérêt de court
terme
- la prime de risque à terme

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 62 / 73


Courbe de rendement et structure à terme des taux d’intérêt 4

Arbitrage intertemporel : comparaison entre un emprunt (ou un prêt) entre t et t + 1 avec


une obligation à échéance de k périodes vs. une suite d’emprunts (ou de prêts) consécutifs
avec des obligations à échéance de 1 période :
 e e
(1/k)
(1 + Rt,t+k ) = (1 + Rt,t+1 ) (1 + Rt+1,t+2 ) · · · (1 + Rt+k−1,t+k )
Rt,t+1 +R e
t+1,t+2 +···+R e
t+k−1,t+k
Rt,t+k ≈ k
Si Rt,t+k > Rt,t+1 , les taux moyens futurs de court terme seront plus élevés que le taux
de court terme actuel.
Si la courbe de rendement, représentée par Rt,t+k en fonction de k, a une pente positive
⇒ le marché anticipe que les taux d’intérêt de court terme augmenteront dans l’avenir
(soit via l’un ou/et l’autre des taux d’intérêt réel des taux d’inflation).
Généralisation de la théorie des anticipations de la structure à terme avec une prime (de
risque ou de liquidité) à terme, χt,t+k :
 e e
(1/k)
(1 + Rt,t+k ) = (1 + Rt,t+1 ) (1 + Rt+1,t+2 ) · · · (1 + Rt+k−1,t+k ) (1 + χt+k−1,t+k )
e e
Rt,t+1 +Rt+1,t+2 +···+Rt+k−1,t+k +χt,t+k
Rt,t+k ≈ k
Si la courbe de rendement a une pente positive :
– à cause d’une anticipation de hausse à venir des taux d’intérêt de court terme par le
marché
– et à cause d’une prime de risque (ou de liquidité) à terme
– ou à cause d’une prime de risque (ou de liquidité) à terme suffisamment forte
Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 63 / 73
Théorie des fonds prêtables et applications
Équilibre sur le marché des fonds prêtables

Ceteris paribus,
↑ Rt,t+k ⇒↓ quantité demandée de
fonds prêtables (DFP) (offre
d’obligations)
↑ Rt,t+k ⇒↑ quantité offerte de fonds
prêtables (OFP) (demande
d’obligations)
Tout autre changement affectant, s’il
y a lieu, les quantités demandées ou
offertes de fonds prêtables ⇒
déplacements des courbes DFP et
OFP respectivement.

À analyser les conséquences possibles


de différentes perturbations
économiques sur le taux d’intérêt
mondial.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 65 / 73


Impact mondial des chocs pétroliers (temporaires) de 1973 et 1979

Réduction substantielle de la quantité


pétrole sur le marché mondial par le
cartel de pays exportateurs de pétrole
(OPEP) ⇒↑ prix relatif du pétrole ⇒↓
possibilités mondiales de production
si la situation est perçue comme
temporaire ⇒ incitation pour les
agents économiques qui veulent
maintenir leur consommation à
emprunter (DFP à droite) ou à réduire
leur épargne (OFP à gauche)
e
⇒ ↑ rt,t+k le taux d’intérêt réel
mondial augmente, ceteris paribus
e
(pour πt,t+k donné).

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 66 / 73


Augmentation mondiale de la profitabilité des investissements

Ouverture des pays de l’Europe de


l’Est, ouverture du commerce
international ou progrès technologique
⇒↑ attendue de la productivité
marginale future du capital ⇒↑
demande d’investissement privé cette
année ⇒↑ incitation pour les agents
économiques à augmenter la demande
de fonds prêtables (DFP à droite)
e
⇒ ↑ rt,t+k le taux d’intérêt réel
mondial augmente, ceteris paribus
e
(pour πt,t+k donné).

e
Une ↑ rt,t+k peut être le symptôme
d’une mauvaise ou d’une bonne
nouvelle. Ça dépend.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 67 / 73


Hausse mondiale des déficits budgétaires des gouvernements 1

↑ mondiale des déficits budgétaires


publics ⇒↑ titres obligataires émis par les
gouvernements ⇒↑ une augmentation de
DFP (DFP à droite)
Si les agents économiques considèrent (au
moins en 1re approximation) que les
déficits d’aujourd’hui sont les taxes de
demain⇒↑ incitation pour les agents
économiques à épargner en prévision des
taxes à venir pour que le gouvernement
rembourse principal et intérêt sur sa dette
⇒↑ offre de fonds prêtables dans la même
proportion (OFP à droite)
e
⇒ le taux d’intérêt réel mondial, rt,t+k
ne change pas, ceteris paribus (pour C’est ce qu’on appelle l’analyse dans un
e
πt,t+k donné). monde ricardien : financement par taxes
ou par déficit est équivalent (au moins en
1re approximation).

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 68 / 73


Hausse mondiale des déficits budgétaires des gouvernements 2

↑ mondiale des déficits budgétaires


publics ⇒↑ titres obligataires émis par les
gouvernements ⇒↑ une augmentation de
DFP (DFP à droite)
Si les agents économiques se considèrent
un peu plus riches parce que les taxes
n’augmenteront que dans l’avenir ⇒↑
incitation pour les agents économiques à
épargner, mais moins proportionnellement
que la hausse des déficits budgétaires ⇒↑
offre fonds prêtables dans une proportion
moindre (déplacement de OFP à droite
moins que DFP)
e
⇒ ↑ taux d’intérêt réel mondial rt,t+k ,
e
ceteris paribus (pour πt,t+k donné).
Ceci réduira l’investissement privé It ,
C’est ce qu’on appelle l’analyse selon
Kt+s et Yt+s et le niveau de vie des
l’approche dite standard avec un fardeau
prochaines années (générations).
de la dette publique, tel que décrit.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 69 / 73


Effets de la politique monétaire :
long terme vs court terme
Augmentation mondiale du taux de croissance de la quantité de monnaie 1 :
effets à long terme et à court terme (sous certaines hypothèses)

Flexibilité des prix et des salaires


Situation dans laquelle les prix et les salaires peuvent s’ajuster librement et rapidement
Afin de développer notre intuition économique, on commence souvent par parler d’abord
de la détermination de l’équilibre économique et de l’impact de perturbations économiques
dans un monde sans friction, par exemple en concurrence pure et parfaite, avec
information plutôt complète et sans rigidité dans l’ajustement des prix ou des salaires.
Notez que dans un monde avec information complète, il y a tout de même de l’incertitude
quant à l’avenir, mais la distribution statistique des perturbations est connue (p. ex.,
moyenne, variance, respective pour les chocs est connue ou estimable).
Pour certaines questions, l’hypothèse d’une économie sans friction nous simplifie la vie et
n’est pas trop préjudiciable pour comprendre les impacts d’une perturbation en première
ou deuxième approximation. Pour d’autres questions, l’existence de frictions demande de
compléter et d’amender notre analyse.

Absence versus existence de frictions et/ou rigidités


L’existence de frictions survient notamment avec l’existence de rigidités d’ajustement dans certains prix ou dans
certains salaires, qui peuvent ne pas être parfaitement flexibles, mais qui s’ajustent plus lentement au cours du
temps, comme en raison d’arrangements contractuels.
D’autres frictions peuvent survenir dans le marché du crédit où l’accès pourrait être limité non seulement par un
ajustement des coûts d’emprunts, mais aussi en refusant d’accorder des emprunts au-delà de certaines sommes
(restriction de quantité plutôt ou en sus d’une gestion par le prix de l’emprunt. Etc.
Autres types de friction : l’accessibilité à la mise à jour d’informations ; non-accessibilités à certaines
informations ; la vitesse d’ajustement de certaines décisions (p.ex., rééquilibrage de portefeuilles financiers) ;
l’existence d’externalités.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 71 / 73


Augmentation mondiale du taux de croissance de la quantité de monnaie 2 :
effets à long terme et à court terme (sous certaines hypothèses)

En l’absence de rigidités sur les prix et


salaires (au moins à long terme) et
sans information incomplète sur les
prix,

↑ taux de croissance la quantité de


e
monnaie en circulation ⇒↑ πt,t+k ⇒
ceteris paribus, pour Rt,t+k donné, si
rien d’autre ne changeait rt,t+k plus
faible,
⇒↑ quantité demandée de fonds
prêtables (DFP à droite)
⇒↓ quantité offerte de fonds
prêtables (OFP à gauche)
e
⇒ aucun effet sur rt,t+k , mais,
conformément à l’équation de
e
Fisher, ∆Rt,t+k = ∆πt,t+k : La monnaie est neutre, du moins à
⇒↑ Rt,t+k . long terme.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 72 / 73


Augmentation mondiale du taux de croissance de la quantité de monnaie 3 :
effets temporaires à court terme (sous certaines hypothèses)

Avec l’existence de certaines rigidités


dans les salaires ou dans les prix, des
éléments incomplets d’information sur
des prix, ou l’augmentation directe de
liquidité dans le système bancaire
américain (effet de liquidité),

↑ taux de croissance la quantité de


monnaie en circulation ⇒
temporairement ↑ Yt et ⇒↑ quantité
offerte de fonds prêtables (OFP à
droite), avec un effet à court terme
e
moins fort sur πt,t+k
CT e La monnaie n’est pas nécessairement
⇒↓ rt,t+k , pour k plutôt petit.
neutre à court terme, mais elle est
neutre, du moins à long terme.

Alain Paquet, Ph.D. (ESG-UQAM) ECO3023 Macro III 20 janvier 2021 73 / 73

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