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Université Sidi Mohamed Ben

Abdellah
Faculté des Sciences Dhar El
Mehraz, Fès
Département de Physique

Polycopié de cours

D’ELECTROMAGNETISME
DANS LE VIDE

Filière : SMP/S3
Module : ÉLECTRICITÉ 2

Réalisé par :
Prof. Ahmed SALI

Année universitaire 2020 – 2021

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 1


PROGRAMME

 CHAPITRE I: Magnétostatique du vide

 CHAPITRE II: Phénomènes d’induction


électromagnétique

 Chapitre III- Energie électromagnétique des


circuits

 CHAPITRE IV : Courant alternatif

 Chapitre VI : Les équations de Maxwell dans le


vide

 CHAPITRE VI: Les ondes électromagnétiques


dans le vide

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Rappels : Définition des opérateurs différentiels
Soit (𝑂, 𝑒⃗𝑥 , 𝑒⃗𝑦 , 𝑒⃗𝑧 ) un espace rapporté aux coordonnées cartésiennes.
On définit le vecteur nabla par :
𝜕 𝜕 𝜕
⃗∇⃗= 𝑒⃗𝑥 + 𝑒⃗𝑦 + 𝑒⃗𝑧
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
Le gradient : champ de vecteur attaché à un champ scalaire f
𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑓 = ∇
𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗𝑓 = 𝑒⃗𝑥 + 𝑒⃗𝑦 + 𝑒⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧 𝑧
⃗⃗
La divergence : champ scalaire attaché à un champ de vecteur A
𝜕𝐴𝑥 𝜕𝐴𝑦 𝜕𝐴𝑧
𝑑𝑖𝑣(𝐴⃗) = ⃗∇⃗. 𝐴⃗ = + +
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
⃗⃗
Le rotationnel : champ de vecteur attaché à un champ de vecteur A
𝜕𝐴 𝜕𝐴 𝜕𝐴 𝜕𝐴 𝜕𝐴 𝜕𝐴
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝐴⃗) = ⃗∇⃗𝐴⃗ = ( 𝑧 − 𝑦 ) 𝑒⃗𝑥 + ( 𝑥 − 𝑧 ) 𝑒⃗𝑦 + ( 𝑦 − 𝑥 )𝑒⃗𝑧
𝑟𝑜𝑡
𝜕𝑦 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑦
Le Laplacien scalaire :
𝜕 2𝑓 𝜕 2𝑓 𝜕 2𝑓
∆𝑓 = ∇2 𝑓 = + +
𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝜕𝑧 2
Le Laplacien vecteur :
∆𝐴⃗ = ∇2 𝐴⃗ = ∆𝐴𝑥 𝑒⃗𝑥 + ∆𝐴𝑦 𝑒⃗𝑦 + ∆𝐴𝑧 𝑒⃗𝑧

Applications :

 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑓) = ⃗∇⃗. ⃗∇⃗𝑓 = ∆𝑓 = ∇2 𝑓


𝑑𝑖𝑣(𝑔𝑟𝑎𝑑
 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ( 𝑔𝑟𝑎𝑑
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗∇
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑓) = ∇ ⃗⃗𝑓 = ⃗0⃗

 ⃗⃗)) = ∇
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (A
𝑑𝑖𝑣(𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗A
⃗⃗. (∇ ⃗⃗) = 0

 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡 (𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗)) = ⃗∇⃗(∇
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (A ⃗⃗  ⃗A⃗) = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑑𝑖𝑣A ⃗⃗) − ∆𝐴⃗

 ⃗⃗𝑓. ⃗∇⃗𝑔 + 𝑔∆𝑓


∆(𝑓𝑔) = 𝑓∆𝒈 + 𝟐∇
 𝑑𝑖𝑣(𝐴⃗  B
⃗⃗) = B
⃗⃗. 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗) − A
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (A ⃗⃗. 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (B
1 r⃗⃗
 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (− 𝑟 ) = 𝑟 3

 ∮𝐶(𝜑. d𝑙⃗) = ∬𝑆 ⃗⃗⃗⃗⃗


𝑑𝑆 ˄ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝜑

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Chapitre I: Magnétostatique du vide

INTRODUCTION:
L’électrostatique est la branche de la physique qui étudie les phénomènes et les lois réservées à
l’électricité des charges électriques immobiles dans la situation où le champ électrique est
stationnaire.

La magnétostatique est l'étude des phénomènes magnétiques produits par des courants stationnaires
ou constants, c'est-à-dire par des courants indépendants du temps.

On appelle électromagnétisme le domaine de la physique lié à l'étude des charges électriques


en mouvement relatif les unes par rapport aux autres, du champ électrique et du champ
magnétique réunis dans le concept de champ électromagnétique.
Lorsque le champ magnétique dépend du temps, de nouveaux phénomènes physiques se manifestent.
En particulier, la variation temporelle d’un champ magnétique agit comme une source de champ
électrique. C’est le phénomène d’induction électromagnétique, une telle étude sera traitée dans le
chapitre II.

I. Définition et historique:
I.1.Expérience de Hans Christian Oersted (1819)

On considère un fil conducteur rectiligne entouré de trois boussoles (figure 1a)). Celles-ci
sont initialement alignées selon le champ magnétique terrestre.

(a) (b) (c)

Figure 1

Quand le fil est parcouru par un courant i, les boussoles se tournent et s’alignent selon un cercle
entourant le fil (figure 1b). Si on inverse le sens du courant, le sens des boussoles s’inverse (figure
1c).

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I.2. Expérience de Rowland (1876)

On considère une boussole placée devant un disque chargé en périphérie (figure 2). En l’absence
de rotation, la boussole est alignée selon les lignes du champ magnétique terrestre (figure 2).

Figure 2

Si la roue chargée tourne, on observe une déviation de l’aiguille aimantée de la boussole (figure 3a)

(b)
(a)

Figure 3

Si on inverse le sens de rotation du disque chargée (figure 3a), l’aiguille aimantée de la boussole
dévié dans le sens opposé.
Des charges en mouvement modifient donc les propriétés de l’espace alentour. La boussole réagit de
la même manière que lorsqu’elle est placée au voisinage du fil conducteur (expérience 1), elle est
soumise donc à des forces magnétiques.
I.3. Interprétation des deux expériences
Pour les deux expériences, le fil parcouru par le courant i et le disque chargé en rotation produisent
le même effet : déviation sans ambiguïté de l’aiguille aimantée. A partir de ces résultats, on en déduit
que :
- Le courant électrique est lié à un déplacement de charges
- Mise en évidence des forces magnétiques qui agissent sur la boussole
- Une relation étroite entre le courant électrique et le champ magnétique, c’est le phénomène
de l’électromagnétisme.
En fait, un courant électrique qui a pour origine un mouvement d’ensemble des charges mobiles dans
le fil conducteur et de disque chargé crée dans l’espace qui l’entoure un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗. Le
champ a les mêmes propriétés que celui d’un aimant.
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I.4. Sources de champ magnétique :

Un champ magnétique peut être produit par:


 Des aimants permanents (possédant un champ magnétique propre) constitués par des
matériaux ferromagnétiques (l'oxyde de fer magnétique (Fe3O4), le cobalt, le nickel ou les
aimants au néodyme (alliage de fer, bore et de néodyme)
 Des aimants non permanents (électro-aimants, bobines supraconductrices, etc.)
 une charge en mouvement
 un courant électrique (particules chargées animées d’un mouvement d’ensemble)
 une planète tellurique dont le noyau externe comporte du fer liquide en mouvement.
 une planète gazeuse
 une étoile

I.5. Propriétés des aimants

Tout aimant possède deux pôles qu’on appelle pôle nord et pôle sud, en référence aux pôles
géographiques terrestres vers lesquels ils sont attirés. Lorsqu'on met deux aimants en présence, on
s'aperçoit que les pôles de même nature se repoussent, ceux de natures différentes s'attirent (figure 4
a). Si on fait le processus inverse : diviser les aimants en deux autant de fois qu'on veut (figure 4b),
on finirait par aboutir aux atomes, qui se comportent comme des petits aimants. On comprend alors
la raison pour laquelle il est impossible d’isoler les pôles magnétiques d’un aimant. Les pôles
magnétiques vont toujours par paires.

deux pôles de même nature se


deux pôles de nature
repoussent
différente s’attirent

Figure 4a
Expérience de division d’un
aimant
Figure 4b

Le voisinage d’un aimant est caractérisé par l’existence d’un champ magnétique de la même manière
qu’un champ gravitationnel existe au voisinage de la terre et un champ électrique autour d’une charge
électrique. De même il existe, comme nous allons le voir, au voisinage d’un circuit électrique un
champ magnétique.

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Le vecteur champ crée par un aimant est dirigé du pôle sud vers le pôle nord à l’intérieur de
l’aimant et il est tangent aux lignes de champ. A l’extérieur de l’aimant, les lignes du champ
magnétique sortent du pôle nord de l’aimant et rentrent par le pôle sud (figure 5).

Figure 5

Nous allons commencer ce premier chapitre de magnétostatique par l’étude de l’action d’un
champ magnétique sur une charge électrique en mouvement. Cette force, découverte par Lorentz, à
la fin du 19éme siècle va nous permettre de retrouver la force de Laplace. Puis nous donnerons, la loi
de Biot et Savard pour les différentes distributions de courant et nous définissons le théorème
d’Ampère à partir de laquelle on calcule les champs magnétiques créés par différents circuits
électriques.

II. Action d’un champ magnétique sur le mouvement des charges électriques
II-1 : Force électromagnétique entre deux charges ponctuelles en mouvement: Force de
Lorentz
En électrostatique, la force exercée entre deux particules 𝑞1 et 𝑞2 chargées immobiles à un instant t
𝑞 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀1 𝑀2
aux points 𝑀1 et 𝑀2 est donnée par la loi de Coulomb : 𝐹⃗1−2 = 𝑞2 𝐸⃗⃗1 (𝑀2 ) où 𝐸⃗⃗1 (𝑀2 ) = 1 3
4𝜋𝜀0 |𝑀1 𝑀2 |
est le champ électrostatique créé au point 𝑀2 par la particule de charge 𝑞1 .

Que se passe-t-il lorsqu’on considère enfin le mouvement des particules ?

Le point de départ du magnétisme est le


postulat de la force magnétique qui s’exerce
entre deux charges électriques en mouvement.
Son énoncé est le suivant :
Entre deux charges en mouvement (Figure 6),
par rapport à un référentiel galiléen R, la partie
magnétique de la force électromagnétique
exercée par la charge 1 sur la charge 2 a pour
Figure 6
expression:
⃗⃗2 𝐵
𝐹⃗1→2 = 𝑞2 𝑉 ⃗⃗1

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Cette expression porte le nom de la force de Lorentz établie par le physicien hollandais Hendrik
Lorentz à la fin du XIXe siècle et n’est valable que pour des particules se déplaçant à des vitesses
beaucoup plus petites que celle de la lumière (approximation de la magnétostatique).
⃗⃗1 est l’induction magnétique créé au point 𝑀2 par la particule 1 de charge 𝑞1 et de vitesse 𝑉
𝐵 ⃗⃗1 sur
⃗⃗2 .
la particule 2 de charge 𝑞2 et de vitesse 𝑉
⃗⃗ par rapport à un
D’une manière générale, une particule de charge q aminée d’une vitesse 𝑉
⃗⃗ subit la force de Lorentz :
référentiel lié à un champ magnétique 𝐵
⃗⃗ 𝐵
𝐹⃗ = 𝑞𝑉 ⃗⃗
Si en plus la charge q est soumise à une action d’un champ électrique 𝐸⃗⃗ , la force totale de Lorentz
(électromagnétique) agissante sur la charge q devient:
⃗⃗ 𝐵
𝐹⃗ = 𝑞(𝐸⃗⃗ + 𝑉 ⃗⃗)
En absence du champ électrique (𝐸⃗⃗ = ⃗⃗
0), cette force :
 a pour module:
⃗⃗, 𝐵
𝐹 = 𝑞𝑉𝐵 |sin( 𝑉 ⃗⃗ )|

 Sa direction est perpendiculaire au plan formé par 𝑉


⃗⃗ et 𝐵
⃗⃗ ,
⃗⃗ , 𝐵
 Son sens est tel que, dans le cas d’une charge positive, les vecteurs 𝑞𝑉 ⃗⃗ et 𝐹⃗ forment un
trièdre direct (règle des 3 doigts de la main droite, figure 7).
⃗⃗ . Sens de q𝑉
 On place l'index dans la direction et le sens de q𝑉 ⃗⃗ =sens de 𝑉
⃗⃗ si 𝑞 > 0 ou sens
⃗⃗ si 𝑞 < 0.
opposé à 𝑉
⃗⃗
 On place le majeur dans la direction et le sens de 𝐵
 Le pouce donne alors le sens et la direction de la force de Lorentz 𝐹⃗ . Cette règle découle de
la règle de la main droite pour le calcul du produit vectoriel.

Figure 7

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Le sens de cette force est également donné par la règle
du bonhomme d’Ampère (figure 8) :
Le bonhomme d’Ampère, traversé des pieds vers la
⃗⃗ , regarde
tête par la charge (+q) animée d’une vitesse 𝑉
dans le sens de l'induction et a la force dirigée vers sa
gauche.
Remarque:
 Cette expression dépend de la vitesse de la
particule, ce qui implique que le champ
magnétique dépend du référentiel.
 Cette relation montre aussi qu’il existe une
relation étroite entre les champs électrique et Figure 8
magnétique produits par une charge en
mouvement.

Exemple : Un électron de charge 𝑞 = 1,6. 𝑙0−19 𝐶, animé d’une vitesse 𝒗 = 250000 𝐾𝑚/𝑠 =
2,5. 108 m/s, placé dans un champ d’induction 𝐵 = 1 𝑊𝑏/𝑚2 = 1𝑇 normal à sa vitesse, est soumis
à une force 𝑓 = 1,6. 𝑙0−19 𝑥2,5. 108 = 4. 𝑙0−11 𝑁. Bien que cette force soit très petite, l’électron est
fortement dévié, car sa masse est extrêmement faible.
Remarque :
Les expériences menées pour déterminer l’action d’un champ magnétique sur des particules montrent
que :
- un champ magnétique n’exerce aucune action sur les particules non chargées ;
- un champ magnétique n’exerce aucune action sur une particule chargée immobile par
rapport au champ ;
- qu’un champ magnétique modifie la trajectoire de particules chargées en mouvement.

II-2 : Effet Hall et force de Laplace

On veut exprimer la force que subi un conducteur de forme parallélépipédique par un champ
⃗⃗ : Force de Laplace
magnétique extérieur 𝐵
Considérons un conducteur parcouru par un courant I (figure 9). Le conducteur possède des charges
mobiles (électrons libres) et donc des charges fixes (ions positifs).
Soit 𝜌𝑚 la densité volumique de charges mobiles (électrons libres) et 𝜌𝑓 la densité volumique de
charges fixes (ions positifs). Par définition, les matériaux conducteurs étant neutres électriquement.
En régime permanent, 𝜌𝑚 + 𝜌𝑓 = 0.

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Figure 9

En présence d’un champ magnétique extérieur, chaque charge négative de conducteur (électron) en
⃗⃗ et de sens opposé au courant I est soumise à une force magnétique de
mouvement, de vitesse 𝑉
⃗⃗ 𝐵
Lorentz : 𝐹⃗𝑚 = 𝑞𝑉 ⃗⃗ 𝐵
⃗⃗ = −𝑒𝑉 ⃗⃗ . En utilisant la règle de la main des trois doigts ou le produit
vectoriel, cette force est dirigée selon −𝑢
⃗⃗𝑥 . Par conséquent, dans le régime transitoire, la force
magnétique 𝐹⃗𝑚 a tendance à dévier les particules chargées négativement vers le côté haut (Paroi 2).
Ce côté se charge négativement et par influence, le côté opposé se charge alors positivement. Comme
dans un condensateur, l’accumulation des charges positives et négatives va donner naissance à un
champ électrique appelé champ de Hall 𝐸⃗⃗𝐻 dirigé de la plaque chargée positivement vers celle
chargée négativement. Ce champ de Hall exerce une force de Coulomb sur les électrons 𝐹⃗𝑒 = −𝑒𝐸⃗⃗𝐻
opposée à 𝐹⃗𝑚 . Cette force électrique (Champ de Hall) croît au fur et à mesure que les charges
négatives s’accumulent dans la plaque supérieure. Le régime transitoire s’estompe lorsque la force
électrique compense la force de Lorentz (|𝐹⃗𝑒 | = |𝐹⃗𝑚 |) : les électrons retrouvent alors leur trajectoire
rectiligne, c’est le régime permanent. Les charges mobiles subissent la force magnétique de Lorentz
et la force de Coulomb due au champ de Hall, par contre les charges fixes (positifs) ne sont soumises
⃗⃗ ). Soit 𝑑𝜏 un volume élémentaire du conducteur de charge
qu’à la force électrique (pas de vitesse 𝑉
𝑑𝑞, il subit la force :
⃗⃗ 𝐵
𝑑𝐹⃗ = 𝜌𝑚 𝑑𝜏𝑉 ⃗⃗ + 𝜌𝑚 𝑑𝜏𝐸⃗⃗𝐻 + 𝜌𝑓 𝑑𝜏𝐸⃗⃗𝐻

⃗⃗ (vecteur
La charge 𝑑𝑞 peut être considérée comme une charge ponctuelle mobile avec la vitesse V
vitesse moyen).
⃗⃗ 𝐵
Comme 𝜌𝑚 = −𝜌𝑓 (régime permanent), on obtient : 𝑑𝐹⃗ = 𝜌𝑚 𝑑𝜏𝑉 ⃗⃗ = 𝑗⃗ 𝑑𝜏𝐵
⃗⃗ avec 𝑗⃗ = 𝜌𝑚 𝑉
⃗⃗ =

⃗⃗ est le vecteur densité volumique de courant (𝐴𝑚−2 ) et n est le nombre d’électrons dans le
𝑛𝑒𝑉
conducteur par unité de volume.

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Procédons d’une autre manière, en régime permanent, la force totale de Lorentz pour les porteurs de
charge mobiles du conducteur est nulle (la somme de la partie magnétique et électrique s'annule :
𝐹⃗𝑒 = −𝐹⃗𝑚 )  𝜌𝑚 𝑑𝜏𝑉
⃗⃗ 𝐵
⃗⃗ + 𝜌𝑚 𝑑𝜏𝐸⃗⃗𝐻 = ⃗0⃗  𝐸⃗⃗𝐻 = −𝑉
⃗⃗ 𝐵 ⃗⃗ 𝐵
⃗⃗ , d’où 𝑑𝐹⃗ = 𝜌𝑓 𝑑𝜏𝐸⃗⃗𝐻 = −𝜌𝑓 𝑑𝜏𝑉 ⃗⃗ =

⃗⃗ 𝐵
𝜌𝑚 𝑑𝜏𝑉 ⃗⃗.
⃗⃗ sur un élément de
C’est l’expression de la force de Laplace exercée par un champ magnétique 𝐵
conducteur de volume 𝑑𝜏 parcouru par un courant volumique I.
Pour un courant filiforme, la force de Laplace est : 𝑑𝐹⃗ = 𝐼𝑑𝑙⃗𝐵
⃗⃗ où 𝑑𝑙⃗ est un élément de longueur
du fil conducteur orienté dans le sens du courant. En effet :
𝑑𝐹⃗ = 𝑗⃗ 𝑑𝜏𝐵
⃗⃗ = (𝑆⃗. 𝑑𝑙⃗)𝑗⃗𝐵
⃗⃗ = (𝑆⃗. 𝑗⃗) 𝑑𝑙⃗𝐵
⃗⃗ = 𝐼𝑑𝑙⃗𝐵
⃗⃗

et 𝐼 = ∬ 𝑗⃗. 𝑑𝑆⃗ = 𝑗⃗. 𝑆⃗ si 𝑗⃗ est uniforme dans tout le circuit et S est la section de conducteur.
La résultante des forces magnétiques sur tout le conducteur s’obtient par une somme
vectorielle sur l’ensemble du circuit :

𝐹⃗ = ∮ 𝐼 𝑑𝑙⃗𝐵
⃗⃗ = ∮ ⃗⃗
𝑗⃗ 𝑑𝜏B
𝑐𝑜𝑛𝑑.𝑓𝑖𝑙𝑖𝑓𝑜𝑟𝑚𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑑.𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒

Le sens et la direction de 𝑑𝐹⃗ sont donnés par la règle des 3 doigts de la main droite

𝐼 𝑑𝑙⃗ (Courant) : l’indexe est placé dans le sens et la direction de 𝑑𝑙⃗


⃗⃗ (Champ) : le majeur est placé dans la direction et le sens de 𝐵
𝐵 ⃗⃗

𝑑𝐹⃗ (Force) : le pouce est placé dans la direction et le sens de 𝐹⃗


Remarque :
La force de Lorentz est une force microscopique qui s’applique à des porteurs de charge q en
mouvement dans un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗ alors que la force de Laplace est une force macroscopique
qui s’applique à tout le conducteur électrons et ions fixes (positifs).
Ces forces électromagnétiques trouvent de nombreuses applications dont la plus importante en
électrotechnique est le moteur électrique. Elles peuvent aussi avoir tendance à déformer des circuits
parcourus par des courants intenses (exemple : haut parleur électromagnétique).

II-3 : Travail de la force de Lorentz

Pendant un intervalle de temps élémentaire 𝑑𝑡, la particule parcourt ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ 𝑑𝑡 . Le travail de la force
𝑑𝑙 = 𝑉
de Lorentz agissant sur une particule chargée pendant cet intervalle est donc :
𝑑𝑊 = 𝐹⃗ . ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ 𝐵
𝑑𝑙 = 𝑞(𝑉 ⃗⃗ ). 𝑉
⃗⃗ 𝑑𝑡 = 0
La force de Lorentz ne travaille pas.

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III-EXPRESSION DU CHAMP MAGNETIQUE CRÉÉ PAR DES CHARGES EN MOUVEMENT
III-1 : Champ magnétique crée par une charge en mouvement
Soit une particule de charge q située en un point
⃗⃗ dans un référentiel
P et animé d’une vitesse 𝑉 ⃗⃗⃗
𝑩
galiléen (figure 10) crée en un point M un
champ magnétique : 𝑴 M
Figure 10
𝜇0 𝑟⃗
⃗⃗ = (
𝐵 𝑞𝑉⃗⃗  )
4𝜋 𝑟3
où μ0 est une constante universelle appelée perméabilité magnétique du vide, reliée à la permittivité
du vide 𝜀0 et à la célérité de la lumière par la relation 𝜀0 𝜇0 𝑐 2 = 1. 𝜇0 = 4𝜋10−7 𝑁/𝐴2 (SI) ou encore
4𝜋10−7 𝐻𝑚−1 où H est le symbole du Henry, unité légale de l’inductance.
 Le champ magnétique 𝐵
⃗⃗ est orthogonal au plan formé par 𝑉
⃗⃗ et ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝑀. Du fait du produit vectoriel,
⃗⃗ est un pseudo vecteur ou vecteur axial.
𝐵
Dans le système international, l’induction magnétique B s’exprime en Tesla (T), d’après la relation
de la force de Laplace, 1𝑇 = 1𝑁𝐴−1 𝑚−1 . Une autre unité également souvent utilisée est le Gauss
(de symbole G) :
1𝐺 = 10−4 𝑇

 Quelques ordres de grandeurs du champ magnétique:


 Le champ magnétique terrestre est très faible de l’ordre de : 𝐵 = 0.5 𝐺 (50𝜇𝑇).
 Les aimants courants 𝐵 = 10 𝑚𝑇
 Les électroaimants produisent des champs magnétiques allant de, 0.1 à 2𝑇. Ces valeurs
correspondent à des champs moyens.
 Bobine supraconductrice : 𝐵 ≈ 5 − 50 𝑇.
 Les bobines de fil de cuivre émaillé créent des champs magnétiques allant jusqu’à 100 T. Ce
sont des champs très intenses.
 Champ magnétique d’une étoile à neutrons 𝐵 ≈ 108 𝑇

III-2 : Champ magnétique crée par plusieurs charges en mouvement


Principe de superposition:
S’il existe deux charges ou plus en mouvement alors le champ magnétique créé en un point M par
ces charges est la somme vectorielle des champs créés par chaque charge.
Pour N charges en mouvement, le champ magnétique total en un point M vaut :
𝜇0 𝑢
⃗⃗
⃗⃗ (𝑀) = ∑ 𝐵
𝐵 ⃗⃗𝑖 (𝑀) = ∑ ⃗⃗𝑖  𝑖
𝑞𝑖 𝑉
4𝜋 𝑟𝑖 2
𝑖=1,𝑁 𝑖=1,𝑁

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Si le nombre N de charges ponctuelles en mouvement est très important dans un volume V, on peut
remplacer une distribution de charges discrètes par une distribution de courants continues, c’est le
cas des circuits parcourus par des courants électriques. La somme discontinue se transforme en une
intégrale sur des charges élémentaires contenues dans le volume élémentaire dV du volume V.

IV- Champs magnétiques crées par des courants électriques

Hans Christian Oersted a montré la génération d’un champ magnétique par un courant, Jean-Baptiste
Biot et Félix Savart en effectuant une étude quantitative des interactions entre aimants et courants au
cours de l'année 1820, ont établi empiriquement la loi qui porte leur nom et qui permet d’exprimer
le champ magnétique créé par un courant en un point M dans l’espace.

IV-1: Courant filiforme (distribution linéique)

Considérons un conducteur filiforme (figure 11), c.à.d. ayant une longueur ≫ à la dimension
transversale et décrivant une courbe (C) quelconque. Ce fil est parcouru par un courant d’intensité I.
On considère en un point P une portion élémentaire de fil 𝑑𝑙⃗ orientée dans le sens du courant I. Si on
note 𝑟⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝑀 le vecteur position d’un point M relativement à P, le champ magnétique élémentaire
créé en tout point M de l'espace est alors donné par (expression fournie plus haut) :
𝜇0 𝑟⃗
⃗⃗ (𝑀) =
𝑑𝐵 ⃗⃗  )
( 𝑑𝑞𝑉
4𝜋 𝑟3
𝑑𝑙⃗ 𝑑𝑞
⃗⃗ = 𝑑𝑞
𝑑𝑞𝑉 = 𝑑𝑙⃗ = 𝐼𝑑𝑙⃗ = 𝑑𝐶⃗
𝑑𝑡 𝑑𝑡

⃗⃗ = 𝑑𝑙 , 𝑑𝐶⃗ = 𝐼𝑑𝑙⃗ est l’élément de courant du fil conducteur, s’exprime en 𝐴𝑚.
car 𝑉 𝑑𝑡

𝜇0 𝑑𝐶⃗𝑟⃗ 𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗𝑟⃗ 𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗u⃗⃗r


⃗⃗ (𝑀) =
𝑑𝐵 = =
4𝜋 𝑟 3 4𝜋 𝑟 3 4𝜋 𝑟 2

Cette expression de ⃗⃗⃗⃗⃗⃗


𝑑𝐵, déduite d'expériences (par Biot et Savart) constitue la loi de Biot et Savart.
⃗⃗, créé
Le champ d'induction magnétique total 𝐵
en un point M par le fil conducteur parcouru par
le courant I, est obtenue par une intégration sur
toute la longueur du fil, soit :

⃗⃗ (𝑀) = ∫ 𝑑𝐵
𝐵 ⃗⃗ (𝑀) = ∫ ⃗⃗ (𝑀)
𝑑𝐵
𝑓𝑖𝑙 𝑃∈(𝐶)

𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗u⃗⃗r
= ∫ 2
𝑃∈(𝐶) 4𝜋 𝑟 Figure 11

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Remarque :
La relation ci-dessus ne permet pas de calculer le champ magnétique au tout proche voisinage du fil,
puisque 𝑟 → 0; dans ce cas la partie du circuit filiforme n’est plus assimilable à un fil, il faut tenir
compte des dimensions transversales du conducteur.

IV-2: Courant volumique


Considérons un conducteur volumique (non filiforme) de
grande section 𝑆 et de longueur 𝑙, parcouru par un courant de
densité 𝑗⃗ (figure 12) le conducteur peut être considéré comme
un ensemble de conducteurs filiformes de section 𝑑𝑠 parcourus
par des courants élémentaires d’intensité 𝑑𝐼 = 𝑗⃗𝑣 . 𝑑𝑠⃗ (𝑗⃗ = 𝑗⃗𝑣 )
comme le montre la figure 11 suivante :
L’élément de courant 𝑑𝐶⃗ au point P pris à l’intérieur du
conducteur est :
Figure 3a
𝑑𝐶⃗ = 𝑑𝐼 𝑑𝑙⃗ = 𝑗⃗𝑣 . 𝑑𝑠⃗. 𝑑𝑙⃗ = 𝑗⃗𝑣 𝑑𝜏
Le champ magnétique élémentaire crée par l’élément de
courant 𝑑𝐶⃗ = 𝑗⃗𝑣 . 𝑑𝜏 en un point M de l’espace est :
𝜇0 𝑑𝐶⃗𝑟⃗ 𝜇0 𝑗⃗𝑣 𝑑𝜏u ⃗⃗r
⃗⃗ (𝑀) =
𝑑𝐵 =
4𝜋 𝑟 3 4𝜋 𝑟 2

Le champ d'induction magnétique, créé en un point M de


l'espace, par le conducteur volumique est donc donné par :
𝜇 𝑗⃗𝑣 𝑑𝜏u⃗⃗r
𝐵⃗⃗ (𝑀) = 0 ∭
4𝜋 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑟 2

Figure 12b

IV-3 : Courant surfacique


Si l’une des dimensions transversales d’un circuit volumique (figure 13) de vecteur densité de
courant ⃗j est très petite (e ≪ 1) devant les autres dimensions, on peut modéliser le circuit comme
une distribution superficielle de courant (nappe de courant d’épaisseur e).

Figure 13

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Le vecteur densité volumique de courant ⃗j est dans le plan tangent à la nappe.
L’élément de surface dS de la nappe de courant centré en P crée en un point M le champ
⃗⃗ :
magnétique dB
𝜇0 𝑑𝐶⃗  𝑟⃗
⃗⃗ (𝑀) =
𝑑𝐵
4𝜋 𝑟 3
Le courant élémentaire traversant la surface d est :
⃗⃗ = 𝑗⃗. 𝑛⃗⃗𝑑 = 𝑗⃗. 𝑛⃗⃗ 𝑒𝑑𝑙 = 𝑗⃗𝑠 . 𝑛⃗⃗ 𝑑𝑙 → 𝐼 = ∫𝐵 𝑗⃗𝑠 . 𝑛⃗⃗ 𝑑𝑙 avec 𝑗⃗𝑠 = 𝑒 𝑗⃗ pour e très faible.
𝑑𝐼 = 𝑗⃗. 𝑑 𝐴
𝑛⃗⃗ est un vecteur unitaire tangent au plan de la surface de nappe de courant.
L’élément de courant
𝑑𝐶⃗ = 𝑑𝐼 𝑑𝐿⃗⃗=𝑗𝑠 𝑑𝑙 𝑑𝐿⃗⃗ = 𝑗⃗𝑠 𝑑𝑙 𝑑𝐿 = 𝑗⃗𝑠 𝑑𝑠
Ou encore en utilisant la densité surfacique de charges mobiles 𝜎.
𝑑𝐶⃗ = 𝑑𝑞𝑉 ⃗⃗ = 𝜎𝑑𝑆𝑉 ⃗⃗ = 𝑗⃗𝑠 𝑑𝑆 avec 𝑗⃗𝑠 = 𝜎 𝑉
⃗⃗ où 𝑗⃗𝑠 est le vecteur densité surfacique de courant
(𝐴 𝑚−1 ).
Le champ élémentaire créé en M par l’élément de courant 𝑑𝐶⃗ au point P de la surface 𝑑𝑆 devient :
𝜇0 𝑗⃗𝑠 𝑑𝑆  u
⃗⃗r
⃗⃗ (𝑀) =
𝑑𝐵
4𝜋 𝑟2
Le champ magnétique crée par la nappe de courant est obtenue par une intégration sur toute la
surface de la nappe, soit :
𝜇0 𝑗⃗𝑠 𝑑𝑆  u
⃗⃗r
⃗⃗ (𝑀) =
𝐵 ∬
4𝜋 𝑆 𝑟 2

Remarque :
⃗⃗ est 𝑑𝐶⃗ = 𝑞𝑉
L’élément de courant pour une seule charge en mouvement de vitesse 𝑉 ⃗⃗ .

IV-4 : Règles pour déterminer le sens du champ magnétique:


⃗⃗ est défini par un produit vectoriel. Il faut donc faire extrêmement
Chaque vecteur élémentaire 𝑑𝐵
attention à l’orientation des circuits. Voici quelques règles mnémotechniques pour déterminer le sens
du champ magnétique:
 Règle de la main droite
 Règle du bonhomme d’Ampère
 Règle du tire-bouchon

 Régle de la main droite : cas d’un fil conducteur


Si on oriente le pouce de la main droite dans la direction du sens conventionnel du courant (du
+ vers le -), le sens de flexion des doigts indique la direction du champ magnétique (figure 14).

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 15


Figure 14

 Règle de la main droite : cas d’une bobine


On place les doigts et on les fait tourner dans le même sens que le courant dans la bobine. Le
sens du pouce donne le sens du champ magnétique à l’intérieur de la bobine (figure 15).

Figure 15
 Règle du bonhomme d’Ampère : cas d’un fil conducteur
Le bonhomme est placé sur le fil de sorte que le courant le traverse des pieds vers la tête, il regarde
⃗⃗ (𝑀) est donnée par son bras gauche (figure 16).
dans la direction de M, la direction de 𝑑𝐵

Figure 16

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 16


 Règle du tire-bouchon : dite de Maxwell : cas d’une spire

Cette règle s'applique notamment pour


déterminer le sens du vecteur champ
magnétique induit par une boucle de
courant (figure 17). Son énoncé est le
suivant :
En tournant le tire-bouchon dans le sens
du courant parcourant la spire celui-ci se
« visse » dans le sens de l'induction.

Figure 17

V: Propriétés de symétrie et d’invariance d’un champ magnétique


V-1 : Principe de Curie

Lorsque certaines causes produisent certains effets, les éléments de symétrie des causes doivent se
retrouver dans les effets produits″.
En magnétostatique, le champ magnétique est un effet créé par la distribution de courant (cause).
Les propriétés de symétrie et d’invariance sont fondamentales car elles permettent de simplifier
considérablement le calcul du champ magnétique. Les raisons de symétrie permettent de réduire les
composantes de champ magnétique créé par des distributions de courants, c.à.d. de déterminer sa
direction, alors que les invariances permettent de réduire le nombre de coordonnées spatiales dont
dépend le champ magnétique.

 Vecteurs et pseudo-vecteurs
Un vecteur polaire, ou vrai vecteur, est un vecteur dont la direction, le module et le sens sont
parfaitement déterminés. Exemples : vitesse d’une particule, champ électrostatique, densité de
courant, potentiel vecteur.
Un vecteur axial, ou pseudo-vecteur, est un vecteur dont le sens est défini à partir d’une orientation
du trièdre de référence (convention d’orientation d’espace). Exemples : le champ magnétique, la
normale à une surface, le vecteur rotation instantanée, etc.

V-2 : Règles de symétrie

1) Invariances et conséquences
Comme dans le cas du champ électrique, il existe pour le champ magnétique deux types
d’invariances, invariance par translation et invariance par rotation. Pour considérer celles-ci, on
place un point M qui regarde la distribution, puis on le déplace par translation le long de ladistribution
ou par rotation autour d’elle. Si le point M voit la même distribution, il y a invariance et le champ
magnétique au point M ne dépendra pas de la coordonnée qui "produit" l’invariance.
A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 17
a) Invariance par translation

Une distribution de courant est invariante par translation parallèlement à un axe Oz lorsque le
courant en P est identique au courant en tout point 𝑃′ obtenu par une translation de 𝑃 de ∆𝑧
parallèlement à cet axe (𝑗⃗ (𝑃) = 𝑗⃗ (𝑃′ ) ) (figure 18). Ceci n’est possible qu’avec une distribution
⃗⃗ ne dépend pas de
s’étendant jusqu’à l’infini. D’après le principe de Curie, le champ magnétique 𝐵
la variable z de cette translation.

.
Figure 18

 𝑗⃗ (𝑃) = 𝑗⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝑗⃗ (𝑥, 𝑦) indépendante de z, d’où 𝐵


⃗⃗ (𝑀) = 𝐵
⃗⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧) = 𝐵
⃗⃗ (𝑥, 𝑦).

b) Invariance par rotation (Symétrie axiale)

S’il existe un axe 𝑜𝑧 pour lequel toute rotation d’angle 𝜃


laisse invariante la distribution de courant, alors le champ
⃗⃗ ne dépend pas de l’angle  (figure 19). Le
magnétique 𝐵
problème est dit à symétrie de révolution.
Ou encore, on dit que la distribution est invariante par rotation
si ‖𝑗⃗ (𝑃)‖ = ‖𝑗⃗ (𝑃′ )‖ où P’ est obtenu par rotation de
P.
 ‖𝑗⃗ (𝑃)‖ = ‖𝑗⃗ (𝑟, 𝑧 )‖ est indépendant de . Donc d’après
⃗⃗ (𝑀) = 𝐵
le principe de Curie : 𝐵 ⃗⃗ (𝑟, 𝑧).

Figure 19
2) Symétrie cylindrique
Si une distribution de courants est invariante par translation et par rotation, le champ magnétique
exprimé en coordonnées cylindrique (𝑟, , 𝑧 ) ne dépendra que de la coordonnée cylindrique 𝑟. Le
problème est dit à symétrie cylindrique.

En coordonnées cylindriques : ‖𝑗⃗ (𝑃)‖ = ‖𝑗⃗ (𝑟, , 𝑧 )‖ = ‖𝑗⃗ (𝑟 )‖ 𝐵 ⃗⃗ (𝑟, , 𝑧) = 𝐵


⃗⃗ (𝑀) = 𝐵 ⃗⃗ (𝑟).

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 18


3) Symétrie sphérique :
Si une distribution de courants est invariante pour
toute rotation autour d’point noté O (figure 20), alors le
champ magnétique exprimé en coordonnées sphériques
(𝑟, , 𝜑 ) ne dépendra que de la coordonnée sphérique r.
Le problème est dit à symétrie sphérique.
‖𝑗⃗ (𝑃)‖ = ‖𝑗⃗ (𝑟, , 𝜑 )‖ = ‖𝑗⃗ (𝑟 )‖

 ⃗⃗ (𝑟, , 𝜑) = 𝐵
⃗⃗ (𝑀) = 𝐵
𝐵 ⃗⃗ (𝑟)

Figure 20

Ces règles de symétries sont aussi valables pour le calcul du champ électrique 𝐸⃗⃗ et pour le potentiel
vecteur 𝐴⃗ dont dérive l’induction magnétique, (𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴⃗).
⃗⃗ = (𝑟𝑜𝑡

4) Plan de symétrie de la distribution de courant

Un plan (𝝅) est appelé plan de symétrie de la distribution de courant, si en deux points P et P’,
symétriques par rapport à (𝝅) (figure 21a), on a un vecteur densité de courant qui vérifie : 𝑗⃗(𝑃′) =
[𝑆𝑦𝑚(𝑗⃗(𝑃))]/(𝝅)  le champ magnétique 𝐵 ⃗⃗ (𝑀′) = −[𝑆𝑦𝑚(𝐵 ⃗⃗ (𝑀))] (figure 22b) et le potentiel
/(𝜋)

vecteur 𝐴⃗ est tel que 𝐴⃗(𝑀′) = [𝑆𝑦𝑚(𝐴⃗(𝑀 ))]/(𝜋) avec 𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐴⃗ et 𝑀 et 𝑀′ sont deux points
⃗⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗

symétriques par rapport au plan (𝝅).


Si en plus la distribution de courant admet un plan de symétrie 𝜋 passant par un point M où on
veut déterminer le champ 𝐵 ⃗⃗ en ce point M est forcément  à ce plan 𝜋 (figure 22c), ∀ 𝑴 ∈
⃗⃗ , alors 𝐵
⃗⃗(𝑴) 𝝅 et ⃗𝑨⃗(𝑴) ∈ 𝝅.
𝝅, ⃗𝑩

M
M ≡ M′ ∈ P

 : Vecteur sortant

Figure 21a Figure 21b Figure 21c

5) Plan d’antisymétrie de la distribution de courant


Un plan (𝝅∗ ) est appelé plan d’antisymétrie, si en deux points P et P’, symétriques par rapport
à (𝝅∗) (figure 22a), on a un vecteur densité de courant qui vérifie : 𝑗⃗(𝑃′) = −[𝑆𝑦𝑚(𝑗⃗(𝑃 ))]/(𝝅∗) 
⃗⃗(𝑀 ))] ∗ (figure 22b) et 𝐴⃗(𝑀′) = −[𝑆𝑦𝑚(𝐴⃗(𝑀))] (figure 22c).
⃗⃗ (𝑀′) = [𝑆𝑦𝑚(𝐵
𝐵 /(𝝅 ) /(𝜋)

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 19


Si en plus la distribution de courants admet un plan d’antisymétrie 𝝅∗ passant par un point
⃗⃗ , alors le champ 𝐵
M où on veut déterminer le champ 𝐵 ⃗⃗ en ce point du plan est contenu dans ce plan
⃗⃗ (𝑀) ∈ 𝜋 ∗ 𝑒𝑡 le vecteur 𝐴⃗(𝑀) 𝜋 ∗ .
(figure 22c), ∀ 𝑀 ∈ 𝜋 ∗ , 𝐵

M ≡ M′ ∈ P

 : Vecteur sortant
 : Vecteur entrant

Figure 22a Figure 22b Figure 22c

VI : Lignes de champ – tube de champ magnétique.

Le concept de lignes de champ (également appelées lignes de force) est très utile pour se faire une
représentation spatiale d’un champ de vecteurs. Les lignes de champ sont expérimentalement tracées
par la matière sensible au champ magnétique, telle que la limaille de fer déposée au voisinage d’un
aimant (figure 23).
L’ensemble de ces lignes de champ magnétiques forment un dessin qu’on appelle spectre magnétique
(figures 23,26).

Figure 23

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 20


a) Définition :
Une ligne de champ de vecteur champ magnétique est une
courbe C dans l’espace telle qu’en chacun de ces points le vecteur
champ y soit tangent (figures 24,26). Une ligne du champ est
orientée conventionnellement dans le sens du champ.
Soit 𝑑𝑙⃗ = 𝑀𝑁
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ un déplacement élémentaire le long d’une
⃗⃗ soit en tout
ligne de champ magnétique C. Le fait que le champ 𝐵
point de C parallèle à 𝑑𝑙⃗, on peut écrire :
⃗⃗ (𝑀)𝑑𝑙⃗ = ⃗0⃗
𝐵
En coordonnées cartésiennes, 𝑑𝑙⃗ = 𝑑𝑥 𝑖⃗ + 𝑑𝑦 𝑗⃗ + 𝑑𝑧 𝑘 ⃗⃗ et les
lignes de champ sont calculées en résolvant l’équation : 𝑑𝑥/𝐵𝑥 =
𝑑𝑦/𝐵𝑦 = 𝑑𝑧/𝐵𝑧 . Figure 24
⃗⃗⃗⃗
En coordonnées sphériques, 𝑑𝑙 = 𝑑𝑟 u ⃗⃗r + 𝑟𝑑𝜃 u⃗⃗θ + 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝑑𝜑 u ⃗⃗φ et l’équation des lignes
de champ devient : 𝑑𝑟/𝐵𝑟 = 𝑟𝑑𝜃/𝐵𝜃 = 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝑑𝜑/𝐵𝜑
La conservation du flux magnétique implique que les lignes de champ magnétique se referment sur
elles-mêmes.
b) Tubes de champ
Soit un contour (C) fermé de l'espace.
L'ensemble des lignes de champ magnétique qui
s'appuient sur (C) engendre une surface ouverte
appelée tube de champ (figure 25).
Figure 25

 Propriétés des lignes du champ :

Ce sont des courbes fermées


Les lignes de champ entrent par la face Sud et sortent par la face Nord
En un point, il passe une ligne et une seule
Deux lignes du champ ne se coupent jamais
Elles sont parallèles dans les régions où le champ est uniforme
Il existe une infinité de lignes de champ
 Exemples des lignes des champs :

Fil Figure 26 Spire circulaire Figure 27 Solénoïde

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 21


VII : Exemples d'application : Champs crées par quelques formes
1- Champ magnétique créé par un fil infini

Soit un fil infini parcouru par un courant permanant d’intensité I.


Déterminons le champ B en un point M situé à une distance 𝑎 du fil
(figure 28).
A.N. : I = 15 A et a = 3 cm.
Avant tout calcul de champ magnétostatique, il est utile de réaliser une
étude préliminaire :
 Analyse des symétries de la distribution de courant pour
connaître rapidement la direction du champ,
 Analyse des invariances pour réduire le nombre de
coordonnées spatiales dont dépend le champ.
Figure 28
⃗⃗:
Direction de champ 𝐁

Le fil est considéré comme un cylindre de section circulaire très


petite mais non négligeables, les coordonnées cylindriques sont donc
les mieux adaptées pour son étude.
Le plan défini par le fil et le point M est un plan de symétrie de
la distribution de courant I, soit (M, u
⃗⃗r , u
⃗⃗z ) ce plan de symétrie. Ainsi,
le champ ⃗B⃗ en M est perpendiculaire à ce plan, donc porté selon la
direction de vecteur unitaire u
⃗⃗θ (figure 29). De plus, la règle de tire-
bouchon indique que le sens du champ magnétique est le même que
celui de vecteur unitaire u
⃗⃗θ .
Figure 29
Le plan (M, u ⃗⃗θ ) qui est  au fil est un plan d’antisymétrie de
⃗⃗r , u
⃗⃗ appartient à ce plan. Un
la distribution de courant donc le champ B
seul plan antisymétrique ne suffit pas pour déterminer la direction du
champ magnétique.

Dépendance de 𝐁 vis-à-vis de coordonnées (𝝆, 𝜽, 𝒛)

La distribution de courant est invariante par translation selon l’axe z ainsi que par rotation autour
de cet axe z, elle possède donc une symétrie cylindrique. 𝑗⃗(𝜌, 𝜃, 𝑧) = 𝑗⃗(𝜌)u
⃗⃗z . On peut donc dire que
le champ est indépendant de z et θ, ne dépend donc que de la distance 𝜌, d’où 𝐵(𝑀) = 𝐵(𝜌, 𝜃, 𝑧) =
𝐵(𝜌) → 𝐵⃗⃗ (𝑀) = 𝐵(𝜌)u⃗⃗θ . Dans notre cas, 𝜌 = 𝑎 = 𝑂𝑀.

⃗⃗ créé au point M par un élément PP ′ = 𝑑𝑂𝑃 = dl du fil est


Le champ magnétique élémentaire dB
donné par la loi de Biot et Savart, soit :

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μ0 I dl⃗u
⃗⃗
⃗⃗(M) =
dB
4π r 2
- Module :
𝜇0 𝐼 𝑑𝑙 𝑠𝑖𝑛𝛼 𝜇0 𝐼 𝑑𝑙 𝑐𝑜𝑠𝜃 𝜋
𝑑𝐵 = = 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝛼 = 𝜃 +
4𝜋 𝑟2 4𝜋 𝑟2 2
𝑧 𝑎
Or 𝑡𝑎𝑛𝜃 = 𝑙/𝑎 = 𝑎  𝑑𝑙 = 𝑑𝑧 = 𝑐𝑜𝑠𝜃2 𝑑𝜃 et en utilisant 𝑐𝑜𝑠𝜃 = 𝑎/𝑟, l’expression du champ
d'induction magnétique B créé par ce fil en un point M quelconque de l'espace est donné par :
+∞
𝜇0 𝐼 𝜋/2 𝑐𝑜𝑠𝜃 𝜇0 𝐼
⃗⃗ ⃗⃗
𝐵 (𝑀) = ∫ 𝑑𝐵 (𝑀) = ∫ 𝑑𝐵 (𝑀) = ⃗⃗ ∫ 𝑑𝜃u ⃗⃗θ = ⃗⃗
u
𝑓𝑖𝑙 −∞ 4𝜋 −𝜋/2 𝑎 2𝜋 𝑎 θ
Autre méthode :
μ I dl⃗PM ⃗⃗z (OM
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ μ0 I d𝑧 u ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
OP) μ0 I d𝑧 u ⃗⃗z (𝜌 u⃗⃗r − z u⃗⃗z ) μ0 I 𝜌d𝑧 u⃗⃗θ
⃗⃗(M) = 0
dB = = =
4π r 3 4π r 3 4π r 3 4π r 3

En remplaçant 𝑑𝑧 et 𝑟 en fonction de a et 𝑐𝑜𝑠𝜃, on obtient :


μ I 𝑎 𝑎 𝑐𝑜𝑠 3 𝜃 u ⃗⃗θ μ I 𝜋/2 𝜇0 𝐼
⃗⃗(M) = 0
dB  𝐵⃗⃗ (𝑀) = 0 ∫ 𝑐𝑜𝑠𝜃 𝑑𝜃 u ⃗⃗θ == ⃗⃗
u
4π 𝑐𝑜𝑠 𝜃 2 a 3 4πa −𝜋/2 2𝜋 𝑎 θ
15
A.N. : 𝐵 = 2. 10−7 = 0.1𝑚𝑇.
3.10−2

2- Champ créé par une spire circulaire en un point de son axe.


Considérons une spire circulaire d’axe Oz de centre 0 et de
rayon R parcourue par un courant d’intensité I constante
(figure 30a). On veut déterminer le champ magnétique créé
par la spire circulaire en un point M de son axe.
Un élément dl de cette spire centré en un point P repéré
par ses coordonnées cylindriques (ρ = R, θ, z = 0), Figure 30a

produit en un point M de l’axe de la spire, un champ


magnétique dB ⃗⃗, perpendiculaire à dl ⃗⃗⃗⃗ et à u ⃗⃗, soit :
μ I dl⃗u ⃗⃗
⃗⃗(M) = 0
dB
4π r 2
Tout plan contenant l'axe de la spire est un plan
d'antisymétrie de la distribution de courant, il y en a une
infinité. Par exemple (M, u⃗⃗r , u
⃗⃗z ) et (M, u ⃗⃗θ , u
⃗⃗z ) sont des plans
d’antisymétries (figure 30b) passant par M. Le champ Figure 30b
magnétique appartient nécessairement à l’intersection de ces
plans, il est donc porté par l’axe oz, son sens est donné par
la règle de la main droite (figure 30 c), il est de même sens
que le vecteur u⃗⃗z  ⃗B⃗(M) = B(M)u ⃗⃗z .
La densité de courant étant toroïdale et invariante par
⃗⃗
Sens de 𝐁
rotation autour de l’axe z, c'est-à-dire j⃗⃗(ρ, θ, z) =
Figure 30c

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 23


⃗⃗θ  ⃗B⃗(M) = B(ρ, θ, z)u
𝑗(ρ, z)u ⃗⃗z = B(ρ, z)u ⃗⃗z . Puisque M est choisi sur l’axe oz  sa composante
radiale ρ = 0, d’où ⃗B⃗(M) = B(z)u ⃗⃗z . Calculons le module du champ élémentaire :
𝜇 𝐼 𝑑𝑙 ̂
𝑑𝐵 = 0 2 car (𝑑𝑙 ⃗, 𝑢
⃗⃗𝑟 ) = 𝜋/2
4𝜋 𝑟
Puisque le champ et selon oz, ses composantes perpendiculaires à l’axe s’éliminent et seule la
composante suivant oz persiste, soit :
π 𝜇 𝐼 𝑑𝑙
𝑑𝐵𝑧 = 𝑑𝐵 cos( − 𝛼) = 0 2 sin𝛼
2 4𝜋 𝑟
𝜇0 𝐼 sin 𝛼 2𝜋𝑅 𝜇 sin 𝛼
𝐵= 2
∫ 𝑑𝑙 = 0 2 𝑅𝐼
4𝜋 𝑟 0 2 𝑟
Le champ résultant est porté par l’axe de la spire:
𝑅 𝜇0 𝑅2
Or sin𝛼 = 𝐵 = 𝐼, soit :
𝑟 2 𝑟3
𝜇0 𝐼𝑅2
𝐵= (figure 30d) ou encore en
2 (𝑅2 +𝑧 2 )3/2
fonction de 𝛼:
𝜇0 I
𝐵= 𝑠𝑖𝑛3 𝛼
2𝑅 Figure 30d

Autre méthode :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝜇0 𝐼 (𝑅𝑑 u
𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗PM ⃗⃗θ (𝑧u ⃗⃗r ) 𝜇0 𝐼 (𝑅𝑧𝑑 u
⃗⃗z − Ru ⃗⃗r + 𝑅 2 𝑑 u
⃗⃗z )
⃗⃗ (𝑀) =
𝑑𝐵 = =
4𝜋 𝑟 3 4𝜋 𝑟 3 4𝜋 𝑟 3

𝜇0 𝐼 𝑅𝑧 2𝜋 𝑅 2 2𝜋
⃗⃗ (𝑀) =
𝐵 [ ∫ 𝑑 u ⃗⃗r + 3 ∫ 𝑑 u ⃗⃗z ]
4𝜋 𝑟 3 0 𝑟 0
2𝜋
⃗⃗r = 𝑐𝑜𝑠 ⃗i + 𝑠𝑖𝑛 ⃗j ∫0 𝑑 u
En coordonnées cylindriques, u ⃗⃗r = 0 et
𝜇0 𝐼 𝑅 2 2𝜋 𝜇0 𝐼 𝑅 2 𝜇0 𝐼𝑅2
⃗⃗ (𝑀) =
𝐵 ∫ 𝑑  ⃗
u⃗ z = ⃗
u⃗ z = 3/2
⃗⃗z
u
4𝜋 𝑟 3 0 2 𝑟3 2 (𝑅2 + 𝑧2 )
Au centre de la spire (𝑧 = 0  𝛼 = 𝜋/2), le champ vaut :
𝜇0
𝐵= 𝐼
2𝑅
3- Champ créé par un solénoïde de longueur L en un point (intérieur) de son axe.
Un solénoïde est constitué d’un fil conducteur
enroulé sur un cylindre de longueur L (figure 31)
et d’axe Oz. Chaque tour du fil constitue une spire
circulaire de rayon R. On suppose que ce fil est
suffisamment mince pour pouvoir modéliser ce
solénoïde comme une juxtaposition de N spires
coaxiales. Le nombre de spires par unité de
longueur est 𝑛 = 𝑁/𝐿. Figure 31 𝑢
⃗⃗𝑟

𝑢
⃗⃗𝑧
⃗⃗𝜃
𝑢

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 24


Chaque spire est alors parcourue par un courant
électrique permanent d’intensité I, ce courant qui
parcourt le fil, entraîne l’apparition, dans l’espace
environnant, d’un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗.
La distribution de courant est invariante par rotation
autour de l’axe Oz et puisque M est situé sur l’axe 0z
(𝑟 = 0), le champ magnétique 𝐵⃗⃗ au point 𝑀(𝑟, 𝜃, 𝑧) ne
dépendra donc que de 𝑧  𝐵 ⃗⃗ (𝑀) = 𝐵 ⃗⃗ (𝑟, 𝜃, 𝑧) = 𝐵
⃗⃗ (𝑧).
Tout plan  à l’axe de solénoïde Oz contenant le
point M où on veut déterminer le champ magnétique, est
un plan de symétrie de la distribution de courant, en Figure 32
particulier le plan (M, u ⃗⃗r , u
⃗⃗θ ) (figure 32), le champ
magnétique est  à ce plan, il est donc porté par l’axe 0z ⃗𝑩
⃗⃗
et d’après la règle de tire-bouchon ou de la main droite
(figure 33)  𝐵 ⃗⃗ (𝑀) = 𝐵𝑧 (𝑧)u ⃗⃗z .
Prenons une tranche de solénoïde d’épaisseur dz qui est
équivalente à une bobine plate contenant 𝑛𝑑𝑧 spires
(figure 34). Cette tranche est vue de point M sous l’angle
α. Autour d’un point P situé sur dz tel que 𝑑𝑂𝑃 = 𝑑𝑧,
cette bobine plate crée un champ en un point 𝑀 Figure 33
quelconque de l’axe, soit :
𝜇0 𝑛𝑑𝑧𝐼
𝑑𝐵 = sin3 𝛼
2𝑅
R
On a tan α = R/z  dz = − sin2 α dα. Ici dz > O pour un dα > O, d’où le champ total créé par la
solénoïde au point M est :
μ0 nI α2 μ0 nI
B= ∫ sinα dα = (cosα1 − cosα2 )
2 α1 2

𝑢
⃗⃗𝑟

𝑢
⃗⃗𝑧
⃗⃗𝜃
𝑢

Figure 34

𝛼1 𝑒𝑡 𝛼2 étant les angles sous lesquels on voit les extrémités de solénoïde du point M de l’axe oz.
Pour un solénoïde infini, 𝛼1 → 0 et 𝛼2 → 𝜋 et le champ B vaut : 𝐵 = 𝜇0 𝑛𝐼.
Application numérique: 𝑛 = 2000 spires par mètre et 𝐼 = 10 𝐴  𝐵 = 0,025 Tesla.

A l’extérieur du solénoïde, le champ est très faible par rapport au champ régnant à l’intérieur,
pour un solénoïde de longueur infini, le champ extérieur est nul.

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 25


VIII : Propriétés locales du champ magnétique

1 : Propriété fondamentale du champ magnétique : 𝒅𝒊𝒗 ⃗𝑩


⃗⃗ = 𝟎

Considérons un fil, de forme quelconque, parcouru par un courant d'intensité I. Le champ élémentaire
𝑑𝐵⃗⃗ créé par un élément 𝑑𝑙⃗ est donné par :
𝜇 𝐼 𝑑𝑙⃗𝑟⃗
𝑑𝐵⃗⃗ = 0
4𝜋 𝑟 3
Soit (𝑂, 𝑥 𝑦 𝑧) un repère cartésien dont l'axe Oz est dirigé suivant 𝑑𝑙⃗ tel que 𝑑𝑙⃗ = 𝑑𝑙𝑘 ⃗⃗ et 𝑟⃗ = 𝑥𝑖⃗ +
𝑦𝑗⃗ + 𝑧𝑘⃗⃗ .
𝑑𝑙⃗𝑟⃗ = 𝑑𝑙𝑘⃗⃗ (𝑥𝑖⃗ + 𝑦𝑗⃗ + 𝑧𝑘⃗⃗ ) = 𝑑𝑙(𝑥𝑗⃗ − 𝑦𝑖⃗)
𝜇 𝐼 𝑑𝑙⃗𝑟⃗ 𝜇0 𝐼 𝑑𝑙(𝑥𝑗⃗ − 𝑦𝑖⃗)
⃗⃗ (𝑀) = 0
𝑑𝐵 = = 𝑑𝐵𝑥 𝑖⃗ + 𝑑𝐵𝑦 𝑗⃗
4𝜋 𝑟 3 4𝜋 𝑟3
Or 𝑟 = √(𝑥 2 + 𝑦 2 + 𝑧 2
Calculons la divergence de l’induction champ magnétique 𝐵 ⃗⃗ : 𝑑𝑖𝑣𝐵
⃗⃗
𝜕(𝑑𝐵𝑥 ) 𝜕(𝑑𝐵𝑦 )
𝑑𝑖𝑣 𝑑𝐵 ⃗⃗ = ∇⃗⃗. 𝑑𝐵⃗⃗ = ( + )
𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕(𝑑𝐵𝑥 ) 𝜕 𝜇0 𝐼 𝑑𝑙(−𝑦) 𝜇0 𝐼𝑑𝑙 𝑦 𝜕 2 3 3𝜇0 𝐼 𝑑𝑙 𝑥𝑦
= ( 3
)=− (𝑥 + 𝑦 2 + 𝑧 2 )−2 =
𝜕𝑥 𝜕𝑥 4𝜋 𝑟 4𝜋 𝜕𝑥 4𝜋 𝑟 5
𝜕(𝑑𝐵𝑦 ) 3𝜇0 𝐼 𝑑𝑙 𝑥𝑦 𝜕(𝑑𝐵𝑧 )
De même, =− et = 0 car 𝑑𝐵𝑧 = 0
𝜕𝑦 4𝜋 𝑟5 𝜕𝑧
D’où 𝑑𝑖𝑣 𝑑𝐵 ⃗⃗ = 0.
L'opérateur divergence étant linéaire, la divergence d'une somme est donc égale à la somme des
divergences 
⃗⃗ = 𝑑𝑖𝑣 (∫ 𝑑𝐵
𝑑𝑖𝑣 𝐵 ⃗⃗ ) = ∫ 𝑑𝑖𝑣 (𝑑𝐵
⃗⃗ ) = 0 (Équation de Maxwell-Thomson ou Maxwell-flux)
𝑓𝑖𝑙 𝑓𝑖𝑙
C’est la formule locale de la conservation du flux du champ magnétique à travers une surface fermée.
Cette relation constitue une propriété intrinsèque du champ magnétique.

Remarque 1 : Il n’existe pas de densité magnétique


(𝜌𝑚 ), c'est-à-dire qu’il n’y a pas de charges
magnétiques libres (analogue aux charges
électriques). On dit qu’il n’y a pas de monopole
magnétique. Ceci se conçoit par l’expérience de
division d’un aimant (figure 35) : si l’on fractionne
un aimant, les morceaux se comportent encore
comme des doublets (avec pôle Nord et Sud).
Un aimant est analogue à un dipôle et non à une Figure 35
charge magnétique libre.

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 26


Remarque 2:
⃗⃗ = 0) est bien vérifiée dans le cas de l'exemple précédent du fil infini. En
Cette propriété (𝑑𝑖𝑣 𝐵
effet : Dans un système de coordonnées cylindriques (𝜌 = 𝑎, 𝜃, 𝑧):
𝜇 𝐼 𝜇0 𝐼
⃗⃗ (𝑀) = 0 u
𝐵 ⃗⃗θ  Bρ = Bz = 0 et Bθ =
⃗⃗θ = Bθ u
2𝜋 𝑎 2𝜋 𝜌
𝜕Bρ 1 𝜕Bθ Bρ 𝜕Bz 1 𝜕Bθ
⃗⃗ =
𝑑𝑖𝑣 𝐵 + + + = = 0 𝑐𝑎𝑟 Bθ 𝑛𝑒 𝑑é𝑝𝑒𝑛𝑑 𝑝𝑎𝑠 𝑑𝑒 𝜃
𝜕𝜌 𝜌 𝜕𝜃 𝜌 𝜕𝑧 𝜌 𝜕𝜃

2. Flux du champ magnétique à travers une surface fermée.

En électromagnétisme, on définit le flux du vecteur champ magnétique ⃗B⃗ à travers une surface
S fermée par :
 = ∯(S) B
⃗⃗. dS⃗⃗ = ∭ divB
(V)
⃗⃗ dѴ = 0 (théorème de Green-Ostrogradski)

où Ѵ est le volume intérieur à la surface fermée S délimitant ce volume et dS⃗⃗ un élément de la surface
S.
Le flux de B à travers toute surface fermée est donc nul. Par conséquent, le ″flux magnétique″  est
conservatif. Cette loi est générale et reste valable même en régime variable.
Dans le système MKSA, le flux magnétique est mesuré en ″weber ″(𝑊𝑏) et le champ magnétique
en 𝑤𝑒𝑏𝑒𝑟/𝑚2) (𝑊𝑏/𝑚2 ), ou en tesla (𝑇).
⃗⃗ à travers
Remarque: Le flux du vecteur champ magnétique B
toute surface s’appuyant sur un même contour est le même.
Prenons deux surfaces 𝑆1 et 𝑆2 s’appuyant sur C (figure 36)
et telles que 𝑆 = 𝑆1 + 𝑆2 et soit une surface fermée. La
conservation du flux magnétique impose que :

S = ∯ B
⃗⃗. dS⃗⃗ = ∬ ⃗⃗. n
B ⃗⃗. n
⃗⃗dS + ∬ B ⃗⃗dS
(S) (S1 ) (S2 )

=∬ ⃗⃗. n
B ⃗⃗. (−n
⃗⃗1 dS + ∬ B ⃗⃗2 )dS
(S1 ) (S2 ) Figure 36

S = S − S2 = 0  S1 = S2 ce qui rentre d’un côté ressort de l’autre.


1

IX : Potentiel vecteur :
a) Définition
La divergence de tout rotationnel d’un vecteur u
⃗⃗ est nulle : ∀ u ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ u
⃗⃗, 𝑑𝑖𝑣(𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗) = 0
⃗⃗(M) tel que :
⃗⃗ = 0, il existe alors pour tout point de l’espace un vecteur A
Puisque 𝑑𝑖𝑣 𝐵
𝑟𝑜𝑡 𝐴⃗(𝑀) = 𝛻⃗⃗ 𝐴⃗(𝑀)
⃗⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐵
⃗A⃗(M) est appelé potentiel vecteur associé au champ d'induction magnétique 𝐵
⃗⃗. Cette équation ne
suffit pas de déterminer le potentiel ⃗A⃗ d’une manière unique car si 𝐵
⃗⃗ vérifie la relation 𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐴⃗(𝑀)
⃗⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 27


𝐴′ = 𝐴⃗(𝑀) + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
alors ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗, c.à.d. vérifie la
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑓(𝑀)) est aussi potentiel vecteur associé au champ 𝐵
⃗⃗ = rot
relation B ⃗⃗⃗⃗⃗⃗(A ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗(f(M))) car 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗(M) + grad ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗(f) = ⃗0⃗ ∀ f. Pour déterminer complétement 𝐴⃗,
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ grad
on impose une condition dite de jauge : jauge de Coulomb, 𝑑𝑖𝑣 𝐴⃗ = 0 (condition de jauge de
Lorentz simplifiée en régime stationnaire).

b) Potentiel vecteur associé à un courant filiforme I


𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗  𝑢
⃗⃗
⃗⃗ =
Pour un conducteur filiforme, la loi de Biot et Savard s’écrit : 𝑑𝐵
4𝜋 𝑟2
𝑑𝑙⃗𝑢
⃗⃗ 𝑑𝑙⃗
Or ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗( ), en effet :
= 𝑟𝑜𝑡
𝑟2 𝑟
⃗⃗
𝑢 𝑟⃗ 1 𝑑𝑙⃗𝑢
⃗⃗
⃗⃗⃗⃗(− ) 
= 𝑟3 = ∇ ⃗⃗⃗⃗ (− 1) = ∇
= 𝑑𝑙⃗  ∇ ⃗⃗⃗⃗ (1) 𝑑𝑙⃗
𝑟2 𝑟 𝑟2 𝑟 𝑟
⃗⃗⃗⃗(𝑓𝑈
𝛻 ⃗⃗) = 𝛻⃗⃗𝑓𝑈 ⃗⃗⃗⃗𝑈
⃗⃗ + 𝑓𝛻 ⃗⃗  𝛻⃗⃗ 𝑓𝑈 ⃗⃗⃗⃗(𝑓𝑈
⃗⃗ = 𝛻 ⃗⃗⃗⃗𝑈
⃗⃗) − 𝑓𝛻 ⃗⃗, d’où
⃗⃗⃗⃗⃗𝑢
𝑑𝑙 ⃗⃗ ⃗ ⃗
⃗⃗⃗⃗ (𝑑𝑙) − 1 𝛻
=𝛻 ⃗⃗⃗⃗ (𝑑𝑙) car 𝛻
⃗⃗⃗⃗𝑑𝑙⃗ = 𝛻 ⃗⃗⃗⃗𝑑𝑙⃗ = ⃗0⃗ ( la dérivation se fait suivant les coordonnées
𝑟2 𝑟 𝑟 𝑟
du point M, c'est-à-dire 𝑥, 𝑦, 𝑧).
𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗𝑢
⃗⃗ 𝜇0 𝐼 ⃗𝑑𝑙
⃗⃗ 𝜇0 𝐼 ⃗𝑑𝑙
⃗⃗ 𝜇0 𝐼 𝑑𝑙
⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗ =
𝑑𝐵 = ⃗⃗⃗ ( ) = 𝛻
𝛻 ⃗⃗⃗ ( ⃗⃗  𝑑𝐴⃗ =
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝐴
) = 𝑟𝑜𝑡
4𝜋 𝑟2 4𝜋 𝑟 4𝜋 𝑟 4𝜋 𝑟
Pour un fil filiforme de longueur finie, le potentiel vecteur s’écrit :
𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗
𝐴⃗(𝑀) = ∫
4𝜋 𝑓𝑖𝑙 𝑟
c) Potentiel vecteur associé à un courant surfacique
Soit 𝑗⃗𝑠 le vecteur densité surfacique de courant, l’élément de courant est 𝑑𝐶⃗ = 𝑗⃗𝑠 (𝑃)𝑑𝑆 au point
de la surface S. Pour une distribution surfacique de courant, le potentiel vecteur est :
𝜇0 𝑑𝐶⃗ 𝜇0 𝑗⃗𝑠 (𝑃)𝑑𝑆
𝐴⃗(𝑀) = ∬ = ∬
4𝜋 (𝑆) 𝑟 4𝜋 (𝑆) 𝑟
d) Potentiel vecteur associé à un courant volumique
Soit 𝑑𝜏 un volume élémentaire cylindrique de section dS traversé par un courant 𝑑𝐼 = 𝑗⃗𝑣 (𝑃). 𝑑𝑆⃗,
l’élément de courant au point P pris à l’intérieur du conducteur est donc 𝑑𝐶⃗ = 𝑑𝐼. 𝑑𝑙⃗ =
𝑗⃗𝑣 (𝑃). 𝑑𝑆⃗. 𝑑𝑙⃗ = 𝑗⃗𝑣 (𝑃)𝑑𝜏. Le potentiel vecteur devient :
𝜇0 𝑑𝐶⃗ 𝜇0 𝑗⃗𝑣 (𝑃)𝑑𝜏
𝐴⃗(𝑀) = ∭ = ∭
4𝜋 𝜏 𝑟 4𝜋 𝜏 𝑟
e) Circulation du potentiel vecteur le long d’un contour fermé
Considérons une surface S s’appuyant sur un contour C fermé et orienté.
⃗⃗. dS⃗⃗ = ∬ rot
∬(S) B ⃗⃗. dS⃗⃗ = ∮ A
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ A ⃗⃗. dl⃗ (théorème de Stokes)
(S) C

Il en d´écoule le résultat important suivant :

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Le flux de champ magnétique ⃗B⃗ à travers une surface quelconque S s’appuyant sur un contour fermé
C est égal à la circulation de vecteur potentiel ⃗A⃗ le long de ce contour.
X : Théorème d’Ampère
X-1 : Définition
Ce théorème est l’équivalent du théorème de Gauss en électrostatique, il permet de déterminer le
module du champ magnétique B⃗⃗ lorsqu’on en connait sa direction et son sens.
Considérons dans le vide un circuit fermé (figure 37) parcouru par un courant d'intensité I constante,
créant un champ magnétique ⃗B⃗ statique et une courbe fermée () traversant une seule fois toute
surface ouverte s'appuyant sur le circuit (on dit que  enlace le circuit).

− +

Figure 37 Figure 38
La circulation du champ magnétostatique ⃗B⃗ sur un contour fermé () et orienté appelée contour
d'Ampère est égale au produit 𝜇0 et de la somme algébrique des courants enlacées par le contour.

⃗⃗. dl⃗ = 𝜇0 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é


∮B

Cette relation constitue le théorème d'Ampère (forme intégrale du théorème d’Ampère)
Un courant qui traverse toute surface (S) s’appuyant sur le contour  est dit enlacé par le contour.
 est la courbe d’Ampère dont le sens est choisi arbitrairement et dl⃗ est un élément vectoriel de
longueur de  orienté dans le même sens que le contour .
Le vecteur normal n
⃗⃗ à S déterminé par la règle de la main droite ou de tire-bouchon (figure 38) est
de même sens que le courant I d’où 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é = +𝐼:

⃗⃗. dl⃗ = 𝜇0 𝐼
∮B

X-2 : Généralisation du théorème d’Ampère

1. Cas d’une distribution de courants filiformes

Soit  le contour fermé enlaçant n circuits parcourus par des courants d’intensité 𝐼1 , 𝐼2 , . . 𝐼𝑛 , la
⃗⃗ est égale au produit de 𝜇0 par la somme algébrique
circulation du vecteur induction magnétique B
des courants 𝐼𝑖 qui traversent toute surface S s’appuyant sur  :

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∮ ⃗B⃗. dl⃗ = 𝜇0 ∑ ±𝐼𝑖 = 𝜇0 (+ ∑ 𝐼𝑝 − ∑ 𝐼𝑛 )
 𝑖 𝑝 𝑛
On choisit un sens arbitraire pour le contour fermé . L’orientation du contour détermine alors le
⃗⃗ à la surface S tel que 𝑑S⃗⃗ = n
sens de vecteur normale n ⃗⃗ dS (figure 38). Le signe de I est lié au sens
⃗⃗. On compte positif les courants de même sens que la normale à la surface 𝑑S⃗⃗ délimitée par la
de n
courbe d’Ampère, soit + ∑𝑝 𝐼𝑝 et négatifs de sens contraire, soit (-∑𝑛 𝐼𝑛 ).

Exemples :

⃗⃗. dl⃗ = 𝜇0 (𝐼2 − 𝐼1 )


∮B ⃗⃗. dl⃗ = 𝜇0 (𝐼3 − 𝐼1 − 𝐼2 )
∮B
 C
2. Cas d’une distribution de courant non filiforme

Courant volumique : ∮ ⃗B⃗. dl⃗ = 𝜇0 ∬() 𝑗⃗𝑣 . 𝑑𝑆⃗,

Courant surfacique : ∮ ⃗B⃗. dl⃗ = 𝜇0 ∫𝐴𝐵 𝑗⃗𝑠 . 𝑛⃗⃗ 𝑑𝑙 avec 𝑛⃗⃗ un vecteur unitaire tangent à la surface
(S) de circuit (nappe de courant) et 𝑑𝑙⃗ 𝑒𝑠𝑡  aux lignes de courant (𝑗⃗𝑠 ).
X-3 : Théorème d’Ampère du potentiel vecteur ⃗𝑨 ⃗⃗
Soit (C) un contour (Fig.39) (c’est-à-dire une courbe fermée orientée) et (S) une surface quelconque
qui s’appuie sur (C) dont le vecteur normal est orienté selon la règle du tire-bouchon.
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗A⃗ ∬(𝑆) ⃗B⃗. 𝑑𝑆⃗ = ∬(𝑆) ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗B⃗ = rot rot ⃗A⃗. 𝑑𝑆⃗ = ∮C ⃗A⃗. dl⃗ (Théorème de Stockes)

La circulation de ⃗A⃗ sur un contour fermé C et orienté est égale au flux de ⃗B⃗ à travers toute surface S
enlacée (et orientée) par ce contour. Sans connaitre le rotationnel du potentiel vecteur, on peut
déterminer 𝐴⃗ connaissant le champ magnétique 𝐵 ⃗⃗ . Comme dans le cas du champ magnétique, le
contour d’Ampère (C) est déduit de la direction du potentiel vecteur 𝐴⃗ qui est déterminée par une
étude d’invariance et de symétrie.

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Figure 39

X-4: Equation de Maxwell-Ampère (forme locale du théorème d’Ampère)

La circulation du champ magnétique sur un contour fermé Γ orienté dans le sens direct, s’appuyant
sur une surface , est :

∮ ⃗B⃗. dl⃗ = 𝜇0 ∬ 𝑗⃗. 𝑑𝑆⃗


 ()

∮ ⃗B⃗. dl⃗ = ∬() ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗


𝑟𝑜𝑡 ⃗B⃗. 𝑑𝑆⃗ (théorème de Stokes)

On en déduit que : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗B⃗. 𝑑𝑆⃗ = ∬( ) 𝜇0 𝑗⃗. 𝑑𝑆⃗


∬() 𝑟𝑜𝑡 
D’où :
⃗⃗ = 𝝁𝟎 𝒋⃗.
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐁
𝒓𝒐𝒕
Cette équation constitue la forme locale du théorème d’Ampère : 4ème équation de Maxwell)

X-5: Application du théorème d’Ampère.

On utilise souvent le théorème d’Ampère lorsqu’on dispose de distributions de courants très


symétriques ou infinies. L’étude des symétries et des invariances nous permet d’obtenir un champ
magnétique qui n’a de composante non nulle que selon un seul des vecteurs de base et cette
composante ne dépend que d’une seule coordonnée d’espace (𝐵 ⃗⃗ (𝑀) = 𝐵(𝜌)u
⃗⃗θ pour le cas d’un fil
⃗⃗ (𝑀) = 𝐵(𝑧)u
infini ou 𝐵 ⃗⃗z pour un solénoïde infini). Seule manquera l'information relative à la norme
du champ 𝐵 ⃗⃗. Le théorème d’Ampère sera un outil précieux et performant pour déterminer l’intensité
de l’induction magnétique 𝐵 ⃗⃗.
Après avoir déterminé les invariances et les symétries et après avoir opté pour cette méthode,
il convient de réaliser les étapes suivantes.
 En déduire les lignes de champ déduites de la direction et des variables dont dépend le champ.
 Choisir le contour d’Ampère passant par le point M où on veut calculer le champ magnétique.
 Déterminer l’expression mathématique de la circulation du champ magnétique B ⃗⃗ sur le
contour fermé choisi.
 Calculer les courants enlacés, c.à.d. le courant total qui traverse la surface délimitée par le
contour.
 Appliquer le théorème d’Ampère pour déduire l’intensité du champ magnétique

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 Détermination du contour d'Ampère :

Celui-ci est défini de manière à rendre simple le calcul de la circulation. La détermination de


la courbe d’Ampère nécessite la connaissance des lignes du champ qui sont déduites de la direction
⃗⃗ et de la coordonnée dont dépend la composante non nulle de ce vecteur. Le contour doit
du vecteur B
suivre les lignes de champ ou les couper orthogonalement. Plus précisément, si les lignes du champ
sont fermées, on choisira un contour fermé = la ligne du champ tel que le champ ⃗B⃗ est tangent à dl⃗
sur () et si les lignes du champ sont ouvertes, on choisira une courbe fermée pour laquelle ⃗B⃗ est
parallèle à dl⃗ sur une partie de () et B
⃗⃗ est perpendiculaire sur le reste. Le contour d'Ampère doit
passer par le point M où on cherche à calculer le champ magnétostatique et que la norme du champ
magnétique est constante sur ce contour.

X-6: Exemples d'application :

1. Champ crée par un fil infini parcouru par un courant d'intensité I


Considérons un fil infini parcouru par un courant d'intensité I
(figure 40a) et M un point quelconque de l'espace. Les raisons de
symétries et d’invariances étudiés précédemment montrent que
⃗⃗ (𝑀) =
l’induction magnétique créé par le fil est orthoradial, soit 𝐵
𝐵(𝜌)u
⃗⃗θ . Par conséquent, les lignes de champ sont des cercles (figure
40a) perpendiculaires au fil et dont le centre appartient au fil. Tous les
points situés sur une ligne de champ sont identiques relativement au
fil. Donc, le champ a la même norme en tout point de ce cercle et en Figure 40 a
est tangent.

On peut donc prendre comme courbe d'Ampère le cercle C, d’axe 𝑂𝑍


et de rayon 𝜌 = 𝑂𝑀 (O étant la projection orthogonale de M sur le fil
(figure 41b). On choisit un sens arbitraire pour le contour fermé C, les
vecteurs B⃗⃗ et dl⃗ sont de même sens. Le vecteur dl⃗ suit le sens de
contour C. Le sens de courant I est déterminé par la règle de la main
droite tel que le courant I et le vecteur dS⃗⃗ normal à la surface appuyant
sur C sont de même sens donc 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é = +𝐼.
Donc d’après le théorème d’Ampère:
∮ ⃗B⃗. dl⃗ = 𝜇0 𝐼  ∮ B. dl = 𝜇0 𝐼  B ∮ dl = 𝜇0 𝐼 Figure 41b
C C C
 B ∮C ρdθ = 𝜇0 𝐼  B2πρ = 𝜇0 𝐼,
𝜇0 𝐼
d’où : 𝐵 = ⃗⃗ = 𝜇0 𝐼 u
𝐵 ⃗⃗
2πρ 2πρ θ

Il est clair que les calculs sont beaucoup plus simples qu’avec la formule de Biot et Savart.

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2. - Cas d’une distribution volumique de courant
Soit un conducteur cylindrique de section circulaire R et de
longueur très grande devant R (figure 42). L’étude de
l’invariance et de symétrie sont parfaitement identiques au cas
⃗⃗ = 𝐵(𝑟)𝑢
du fil infini infiniment fin, ce qui donne 𝐵 ⃗⃗𝜃  les
lignes de champ sont des cercles centrés sur l’axe Oz du fil.

D’après les considérations de symétrie et d’invariance, le


vecteur garde une norme constante le long de chacun des cercles,
soit B(r).
il paraît donc approprié de choisir comme contour fermé
d’Ampère un cercle de rayon r d’axe (Oz), orienté dans le sens
trigonométrique, de sorte que la norme du champ magnétique
reste constante en chaque point du contour (figure 36). Figure 42

Le signe du courant I est donné par la règle de la main droite ou du tire-bouchon en déterminant le
sens de vecteur normal à la surface s’appuyant sue le cercle. Le cercle est dans le plan (𝑢 ⃗⃗𝜃 )  le
⃗⃗𝑟 , 𝑢
vecteur normal à la surface de cercle est  à ce plan donc porté selon 𝑢
⃗⃗𝑧 . Son sens est vers l’axe oz
de même sens que le courant I  le courant 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é est positif.
Déterminons B(r). D’après le théorème d’Ampère, on a

⃗⃗. dl⃗ = 𝜇0 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é = 𝜇0 ∑ ±𝐼𝑖 = 𝜇0 ∑ +𝐼𝑖


∮B
 𝑖 𝑖
Pour 𝑟 > 𝑅

Le contour fermé choisi est 𝐶1 de surface 𝑆1 

∮ ⃗B⃗. dl⃗ = 2πrB(r)



Le cercle enlace le courant I qui est positif d’après les considérations ci-dessus 
𝜇0 𝐼
2πrB(r) = +𝜇0 𝐼  𝐵(𝑟) =
2πr
A l’extérieur du conducteur, le champ est le même que si le conducteur était filiforme et confondu
avec l’axe Oz.
Pour 𝑟 < 𝑅
Le contour fermé choisi est 𝐶2 de surface 𝑆2 .

Si on suppose que la distribution de courant j est uniformément répartie dans la section du


conducteur, la somme des courants s’appuyant sur la surface du cercle de rayon 𝑟 < 𝑅 est le courant
𝐼2 , c.à.d. que le contour d’Ampère (cercle 𝐶2 ) enlace le courant 𝐼2 :

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 33


𝐼 𝐼2 I. 𝑆2 πr 2 r2
𝑗= =  𝐼2 = = I. 2 = I. 2
𝑆 𝑆2 S πR R
Par suite le théorème d’Ampère donne :
r2 𝜇0 𝐼 r
2πrB(r) = 𝜇0 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é = 𝜇0 𝐼2 = 𝜇0 𝐼 2
 B(r) =
R 2π R2
A l’intérieur du conducteur, le champ magnétique est proportionnel à r.
Sur la figure suivante (figure 43) est representé graphiquement le champ magnétostatique pour les
deux cas 𝑟 < 𝑅 𝑒𝑡 𝑟 > 𝑅.

Figure 43

XI : Équations de passage du champ magnétique

1- Continuité de la composante normale du champ magnétique


Soit  une surface de densité superficielle de courant 𝑗⃗𝑠 séparant deux régions (1) et (2) dans
⃗⃗1 et 𝐵
lesquels règnent les champs magnétostatiques 𝐵 ⃗⃗2 au voisinage de () (figure 44). Soit 𝑛⃗⃗12 le

vecteur normal à la surface (). Considérons une petite surface cylindrique S (surface fermée fictive)
traversant la nappe de courant, d’axe parallèle à la normale à , de surface latérale 𝑆𝑙 et de surfaces
de bases 𝑆1 et 𝑆2 parallèles au plan tangent à la surface . Calculons le flux du champ magnétique 𝐵
⃗⃗
à travers cette surface fermée :
⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = ∬ 𝐵
∯𝑆 𝐵 ⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ + ∬ 𝐵⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ + ∬ 𝐵⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = 0 (conservation de flux).
𝑆1 𝑆2 𝑆𝑙

Lorsqu’on fait tendre 𝑆𝑙 vers zéro, 𝑆1 tend vers 𝑆2 , on aura :

∬𝐵 ⃗⃗2 . 𝑑𝑆⃗ = 0  ∬ 𝐵
⃗⃗1 . 𝑑𝑆⃗ + ∬ 𝐵 ⃗⃗⃗⃗1 + ∬ 𝐵
⃗⃗1 . 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗⃗2 = 0
⃗⃗2 . 𝑑𝑆
𝑆1 𝑆2 𝑆1 𝑆2

 ∬𝑆 (𝐵
⃗⃗2 − 𝐵 ⃗⃗⃗⃗1 = −𝑑𝑆
⃗⃗1 . ) 𝑛⃗⃗12 𝑑𝑆 = 0 avec 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗⃗2 = −𝑑𝑆 𝑛⃗⃗12
1

 (𝐵
⃗⃗2 − 𝐵
⃗⃗1 ). 𝑛⃗⃗12 = 0

Ainsi à la traversée d’une surface quelconque, même parcourue par des courants surfaciques,
la composante normale du champ magnétique est continue.

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 34


Figure 44
2. Discontinuité de la composante tangentielle du champ magnétique
Considérons une surface plane (S) sur lequel circule un courant de densité surfacique 𝑗⃗𝑠 = 𝑗𝑠 𝑒⃗𝑥
et qui sépare l’éspace en deux semi-espaces (1) et (2) dans lesquels existent deux champs
⃗⃗1 et 𝐵
magnétiques 𝐵 ⃗⃗2 au voisinage immédiat de cette surface (figure 45). On notera 𝑛⃗⃗12 = 𝑒⃗𝑧 le
vecteur unitaire normal à la surface (S) dirigé de (1) vers (2). On considère (𝑒⃗𝑥 , 𝑒⃗𝑦 , 𝑒⃗𝑧 ) une base
orthonormée directe. Soit  = (𝑁1 𝑀1 𝑀2 𝑁2 ) un parcours rectangulaire
 dans un plan orthogonal à la
surface (S) tel que ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀2 𝑁2 = 𝐿𝑦 𝑒⃗𝑦 , ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑁1 𝑀1 = −𝐿𝑦 𝑒⃗𝑦 et 𝑀1 𝑀2 = 𝑁1 𝑁2 = 𝜀 ≪ 1. Les côtés 𝑀1 𝑁1 et
𝑀2 𝑁2 sont de part et d’autres de la surface plane (S).
Le théorème d’Ampère donne :

⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ = 𝜇0 𝐼𝑒𝑛𝑙𝑎𝑐é = 𝜇0 ∬ 𝑗⃗. 𝑑 


∫𝐵 ⃗⃗
 𝑆

Or 𝑗⃗. 𝑑
⃗⃗ = 𝑗⃗. 𝑑 𝑒⃗𝑥 = 𝑗⃗. 𝜀 𝑑𝑙𝑒⃗𝑥 = 𝑗⃗𝑠 . 𝑑𝑙𝑒⃗𝑥 = 𝑗𝑠 𝑑𝑙  ∬ 𝑗⃗. 𝑑 
𝑆
⃗⃗ = 𝑗𝑠 𝐿𝑦

⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ = ∫
∫𝐵 ⃗⃗2 . 𝑑𝑙⃗ + ∫
𝐵 ⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ + ∫
𝐵 ⃗⃗1 . 𝑑𝑙⃗ + ∫
𝐵 ⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗
𝐵
 𝑁1 𝑀1 𝑀1 𝑀2 𝑀2 𝑁2 𝑁1 𝑁2

⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ = ∫ (𝐵
∫𝐵 ⃗⃗2 )𝑑𝑙⃗ = (𝐵
⃗⃗1 − 𝐵 ⃗⃗1 − 𝐵
⃗⃗2 ). 𝑒⃗𝑦 𝐿𝑦 = 𝜇0 𝑗𝑠 𝐿𝑦
 𝑀𝑁

⃗⃗2 ). 𝑒⃗𝑦 = 𝜇0 𝑗𝑠  (𝐵1𝑦 − 𝐵2𝑦 ) = 𝜇0 𝑗𝑠


⃗⃗1 − 𝐵
(𝐵
ou encore
⃗⃗2 ). 𝑒⃗𝑦 = 𝜇0 𝑗𝑠 = 𝜇0 𝑗⃗𝑠 . 𝑒⃗𝑥 = 𝜇0 𝑗⃗𝑠 . (𝑒⃗𝑦 𝑒⃗𝑧 ) = −𝜇0 (𝑗⃗𝑠 𝑛⃗⃗12 ). 𝑒⃗𝑦
⃗⃗1 − 𝐵
(𝐵
⃗⃗ 𝐶⃗) = 𝐵
Car 𝐴⃗. (𝐵 ⃗⃗ . (𝐶⃗𝐴⃗) = 𝐶⃗. (𝐴⃗𝐵
⃗⃗ )

D’où : (𝐵 ⃗⃗1 ) = 𝜇0 (𝑗⃗𝑠 𝑛⃗⃗12 )


⃗⃗2 − 𝐵
Ainsi à la traversée d’une distribution surfacique de courant, la composante tangentielle du
champ magnétique est discontinue.

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 35


𝑒⃗𝑧 𝑒⃗𝑦

𝑒⃗𝑥

Figure 45
Le champ électromagnétique créé par une distribution volumique de courants est continue. Si
l’on décrit la distribution par un modèle surfacique (distribution surfacique de courants), le champ
électromagnétique subit une discontinuité à la traversée d’une distribution surfacique de courant.

VII – Les dipôles magnétiques


1-Définition :
On appelle dipôle magnétique une
source de champ magnétique (aimant ou
circuit parcouru par un courant d’intensité
I indépendant du temps) dont les
dimensions (𝑑) sont faibles par rapport aux
distances auxquelles on se place pour
étudier ses effets(𝑟 ≫ 𝑑) (figure 46).
Figure 46

2-Moment magnétique d’un dipôle

On appelle moment magnétique du dipôle (circuit filiforme fermé), le vecteur m


⃗⃗⃗⃗ = IS n
⃗⃗ où S
est la surface du dipôle et n
⃗⃗ est le vecteur unitaire perpendiculaire à S et dont le sens est lié à celui
du courant par la règle du tire-bouchon (figure 47). Ce moment s’exprime donc en 𝐴𝑥𝑚2 .
Rappelons que, dans le cas d’une surface fermée, la normale est orientée de l’intérieur vers
l’extérieur et pour une surface ouverte (cas du spire), on choisit un sens de parcours du contour
et on oriente la normale en utilisant par exemple la règle de la main droite.
 Dans le cas d’un enroulement de fil, le moment magnétique est la somme des moments
magnétiques des spires :

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 36


𝑚
⃗⃗⃗ = ∑ 𝐼𝑆𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒 𝑛⃗⃗𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒
𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒
En particulier, le moment magnétique d’une bobine comportant N spires identiques de surface S est:
⃗⃗ = NIS⃗⃗.
⃗⃗⃗⃗ = NISn
m

𝑛⃗⃗

Figure 47

On distingue deux types de dipôle, dipôle actif et dipôle passif :


 Lorsqu’on considère les actions exercées par le dipôle en un point M situé à une distance r
d’une origine O de circuit, en supposant que (𝑑 << 𝑟) (approximation dipolaire), on parle d’un
dipôle actif.
 Lorsqu’on s’intéresse aux actions subies par le dipôle dans un champ magnétique extérieur
créé par des objets (aimants ou circuits) assez éloignés du dipôle, c.à.d. que la distance caractéristique
de variation du champ extérieur est très grande devant d, on parle de dipôle passif. Le champ extérieur
doit être uniforme ou quasi-uniforme.

Afin d’étudier le potentiel vecteur et champ magnétique créé par un dipôle, nous allons utiliser
celui ayant une géométrie plus simple, c.à.d. une spire circulaire.

3. Potentiel vecteur créé par un dipôle magnétique :

Considérons un dipôle circulaire (figure 48), de centre O et de moment 𝑚


⃗⃗⃗, parcouru par
un courant I et contenu dans le plan XOY. Soit un point M à une distance r = OM très grande
par rapport au rayon R du dipôle.
Dans le repère orthonormé OXYZ, dont l’axe OZ est choisi dans la direction de 𝑚
⃗⃗⃗, le potentiel
vecteur élémentaire 𝑑𝐴⃗ créé, en un point M de l’espace, par un élément de longueur 𝑑𝑙⃗ du dipôle
situé au oint P s’exprime par :
𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗
𝑑𝐴⃗ =
4𝜋 𝑃𝑀

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 0M
PM ⃗⃗⃗⃗⃗⃗  |PM
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ − OP ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗| = √PM
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗. PM ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ − OP
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = √(0M ⃗⃗⃗⃗⃗⃗). (0M
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ − OP
⃗⃗⃗⃗⃗⃗) = √(𝑟 2 − 20M
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗. OP
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ + 𝑅 2
1/2
𝑅 𝑅2
= 𝑟 [1 − 2 𝑒⃗𝑟 . 𝑒⃗𝑅 + 2 ]
𝑟 𝑟

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avec ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 = 𝑟𝑒⃗𝑟 et ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
OP = 𝑅𝑒⃗𝑅
D’après la définition du dipôle, 𝑅/𝑟 ≪ 1, on peut négliger
le terme d’ordre 2 : 𝑅 2 /𝑟 2 . d’où
−1/2
1 1 𝑅 1 𝑅
 = [1 − 2 𝑒⃗𝑟 . 𝑒⃗𝑅 ] = [1 + 𝑒⃗𝑟 . 𝑒⃗𝑅 ]
𝑃𝑀 𝑟 𝑟 𝑟 𝑟
Le potentiel vecteur crée par le dipôle magnétostatique est
donc :
𝜇0 𝐼 𝐼 𝑑𝑙⃗
𝐴⃗ = ∮
4𝜋 𝑃∈𝐶 𝑃𝑀
𝜇0 𝐼
= ∮ 𝑑𝑙⃗
4𝜋𝑟 𝑃∈𝐶
𝜇0 𝐼𝑅
+ ∮ (𝑒⃗ . 𝑒⃗ ). 𝑑𝑙⃗ Figure 48
4𝜋𝑟 2 𝑃∈𝐶 𝑟 𝑅
car l’intensité étant constante le long d’une ligne de courant en régime stationnaire (donc sur la
boucle).
Soit (𝑅, 𝜓) étant les coordonnées polaires de P, le vecteur
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ s’exprime par :
𝑂𝑃
𝑂𝑃 = 𝑅𝑒⃗𝑅 = 𝑅(𝑐𝑜𝑠𝜓𝑖⃗ + 𝑠𝑖𝑛𝜓𝑗⃗) 𝑑𝑙⃗ = 𝑑𝑂𝑃
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑅𝑑𝜓𝑒⃗
= 𝑅𝑑𝜓(−𝑠𝑖𝑛𝜓𝑖⃗ + 𝑐𝑜𝑠𝜓𝑗⃗)
2𝜋 2𝜋
Or ∫0 𝑐𝑜𝑠𝜓 𝑑𝜓 = ∫0 𝑠𝑖𝑛𝜓 𝑑𝜓 = 0  ∮𝑃∈𝐶 𝑑𝑙⃗ = 0.
Si 𝑟, 𝜃 et 𝜑 sont les coordonnées sphériques du point M,
alors le vecteur ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 s’exprime par :
⃗⃗ = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑𝑖⃗ +
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑟𝑒⃗𝑟 avec 𝑒⃗𝑟 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑒⃗𝜌 + 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑘
𝑂𝑀
⃗⃗
𝑠𝑖𝑛𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑𝑗⃗ + 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑘

𝑒⃗𝑟 . 𝑒⃗𝑅 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑𝑐𝑜𝑠𝜓 + 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑𝑠𝑖𝑛𝜓


𝜇0 𝐼𝑅
 𝐴⃗ = 4𝜋𝑟 2 ∮𝑃∈𝐶 (𝑠𝑖𝑛𝜃 𝑐𝑜𝑠𝜑 𝑐𝑜𝑠𝜓 + 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝑠𝑖𝑛𝜑 𝑠𝑖𝑛𝜓)
(−𝑅𝑠𝑖𝑛𝜓𝑖⃗ + 𝑅𝑐𝑜𝑠𝜓𝑗⃗)𝑑𝜓
2𝜋 2𝜋 2𝜋
Or ∫0 𝑐𝑜𝑠𝜓 𝑠𝑖𝑛𝜓 𝑑𝜓 = 0 𝑒𝑡 ∫0 𝑐𝑜𝑠 2 𝜓 𝑑𝜓 = ∫0 𝑠𝑖𝑛2 𝜓 𝑑𝜓 = 𝜋
𝜇0 𝐼𝑅 2 𝜇0 𝐼𝑅 2
 𝐴⃗ = 𝜋𝑠𝑖𝑛𝜃(−𝑠𝑖𝑛𝜑𝑖⃗ + 𝑐𝑜𝑠𝜑𝑗⃗) = 𝜋𝑠𝑖𝑛𝜃𝑒⃗𝜑
4𝜋𝑟 2 4𝜋𝑟 2
Du fait que 𝑚 = 𝐼𝑆 = 𝐼𝜋𝑅 2 , le potentiel vecteur peut s’écrire :
𝜇0 𝑚
𝐴⃗ = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑒⃗𝜑
4𝜋𝑟 2
Du fait que 𝑒⃗𝑧 𝑒⃗𝑟 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑒⃗𝜑 , 𝑚⃗⃗⃗ = 𝑚𝑒⃗𝑧 et 𝑒⃗𝑟 = 𝑟⃗/𝑟 alors le potentiel vecteur aura comme
expression:
𝜇0 𝑚
⃗⃗⃗𝑟⃗
𝐴⃗ =
4𝜋 𝑟 3
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 Autres méthodes simples :
𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗
𝐴⃗ = ∮
4𝜋 𝑆𝑝𝑖𝑟𝑒 𝑃𝑀

Formulaire : ∮𝐶(𝑓. d𝑙⃗) = ∬𝑆 ⃗⃗⃗⃗⃗


𝑑𝑆 ˄ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓 𝑓𝑜𝑟𝑚𝑢𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝐾𝑒𝑙𝑣𝑖𝑛
1 𝜇0 𝐼 𝑑𝑙⃗ 𝜇0 𝐼 1
𝑓=  𝐴⃗ = ∮ = ∬ 𝑑𝑆⃗ ˄ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 ( )
𝑃𝑀 4𝜋 𝑆𝑝𝑖𝑟𝑒 𝑃𝑀 4𝜋 𝑆 𝑃𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ − OP
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 0M
𝑃𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = (𝑥𝑀 − 𝑥𝑃 )𝑖⃗ + (𝑦𝑀 − 𝑦𝑃 )𝑗⃗ + (𝑧𝑀 − 𝑧𝑃 )𝑘 ⃗⃗ 
1
= [(𝑥𝑀 − 𝑥𝑃 )2 + (𝑦𝑀 − 𝑦𝑃 )2 + (𝑧𝑀 − 𝑧𝑃 )2 ]−1/2
𝑃𝑀
𝜕 𝜕 𝜕 1 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑𝑃 = 𝑖⃗ + 𝑗⃗ + ⃗⃗  ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑘 𝑔𝑟𝑎𝑑𝑃 ( ) =
𝜕𝑥𝑃 𝜕𝑦𝑃 𝜕𝑧𝑃 𝑃𝑀 𝑃𝑀3
Le point M est très éloigné du dipôle (𝑟 ≫ 𝑅: 𝐴𝑝𝑝𝑟𝑜𝑥𝑖𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑖𝑝ô𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒)  ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝑀 ≈
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀:
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 𝑟⃗ 𝜇0 𝐼 𝑟⃗ 𝜇0 𝐼 𝑟⃗
3
≈ 3
= 3  𝐴⃗ = (∬ 𝑑𝑆⃗) ˄ 3 = (𝑆⃗)˄ 3
𝑃𝑀 𝑂𝑀 𝑟 4𝜋 𝑆(𝑑𝑖𝑝ô𝑙𝑒) 𝑟 4𝜋 𝑟

⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗
𝝁𝟎 𝒎 𝒓
 ⃗𝑨⃗ = ⃗⃗ = 𝒓𝒆
𝒂𝒗𝒆𝒄 𝒓 ⃗⃗𝒓 𝒆𝒕 𝒎 ⃗⃗
⃗⃗⃗⃗ = 𝑰𝑺
𝟒𝝅 𝒓𝟑
4. Champ d’induction magnétique créé par un dipôle magnétique :

A partir de l’expression du potentiel vecteur 𝐴⃗ calculé précédemment, on en déduit le champ


d’induction magnétique créé par le dipôle de moment 𝑚
⃗⃗⃗ en utilisant la relation 𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴⃗ exprimée
⃗⃗ = 𝑟𝑜𝑡
dans le système de coordonnées sphérique, soit :
𝐵 𝑟𝑜𝑡 𝐴⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑟𝑜𝑡(𝐴𝑟 𝑒⃗𝑟 + 𝐴𝜃 𝑒⃗𝜃 + 𝐴𝜑 𝑒⃗𝜑 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡(𝐴𝜑 (𝑟, 𝜃)𝑒⃗𝜑 )
𝜇0 𝑚
car 𝐴𝑟 = 𝐴𝜃 = 0 et 𝐴𝜑 = 4𝜋𝑟 2 𝑠𝑖𝑛𝜃
Or, dans le système de coordonnées sphérique, le rotationnel est donné par :
1 𝜕(𝐴𝜑 𝑠𝑖𝑛𝜃) 𝜕𝐴𝜃 1 𝜕𝐴𝑟 𝜕(𝑟𝐴𝜑 ) 1 𝜕(𝑟𝐴𝜃 ) 𝜕𝐴𝑟
𝑟𝑜𝑡 𝐴⃗ =
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ( − )𝑒⃗𝑟 + ( − 𝑠𝑖𝑛𝜃 )𝑒⃗𝜃 + ( − )𝑒⃗
𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜃 𝜕𝜑 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜑 𝜕𝑟 𝑟 𝜕𝑟 𝜕𝜃 𝜑
1 𝜕(𝐴𝜑 𝑠𝑖𝑛𝜃) 1 𝜕(𝑟𝐴𝜑 )
 𝐵
⃗⃗ = ( )𝑒⃗𝑟 − )𝑒⃗𝜃
𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜃 𝑟 𝜕𝑟
d’où :
𝜇0 𝑚
⃗⃗ =
[2𝑐𝑜𝑠𝜃𝑒⃗𝑟 + 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑒⃗𝜃 ]
𝐵
4𝜋𝑟 3
⃗⃗ = 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑒⃗𝑟 − 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑒⃗𝜃  𝑚(2𝑐𝑜𝑠𝜃𝑒⃗𝑟 + 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑒⃗𝜃 ) = 𝑚(3𝑐𝑜𝑠𝜃𝑒⃗𝑟 + 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑒⃗𝜃 − 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑒⃗𝑟 )
Or 𝑘
⃗⃗ ) = 𝑚(3𝑘
= 𝑚(3𝑐𝑜𝑠𝜃𝑒⃗𝑟 − 𝑘 ⃗⃗ . 𝑒⃗𝑟 𝑒⃗𝑟 − 𝑘
⃗⃗ ) = 3𝑚
⃗⃗⃗. 𝑒⃗𝑟 𝑒⃗𝑟 − 𝑚 ⃗⃗ . 𝑒⃗𝑟
⃗⃗⃗ car 𝑐𝑜𝑠𝜃 = 𝑘

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avec ces transformations, on obtient une expression intrinsèque du champ d’un dipôle magnétique :
𝜇0 3𝑚 ⃗⃗⃗. 𝑟⃗
⃗⃗ =
𝐵 ( 2 𝑟⃗ − 𝑚⃗⃗⃗)
4𝜋𝑟 3 𝑟
5. Vérification à partir du champ magnétique créé par une spire circulaire
L’expression du champ magnétique créé par une spire circulaire de rayon R et parcourue par un
𝜇0 𝐼𝑅2
⃗⃗ =
courant I en un point M de son axe est: 𝐵 𝑒⃗ .
2 (𝑅2 +𝑧 2 )3/2 𝑧

 Dipôle :
On se place sur l’axe du dipôle donc 𝜃 = 0, d’où 𝑠𝑖𝑛𝜃 = 0 et 𝑐𝑜𝑠𝜃 = 1. On a aussi, 𝑟 = 𝑧
et 𝑚 = 𝐼𝑆 = 𝐼𝜋𝑅2
𝜇0 𝑚 𝜇0 𝐼𝑅 2
𝐵𝑟 = =
 2𝜋𝑟3 2𝑧3
𝐵𝜃 = 0
{ 𝐵𝜑 = 0
 Spire circulaire
Dans l’approximation dipolaire, 𝑧 ≫ 𝑟  𝑅 2 + 𝑧 2 ≈ 𝑧 2
2
⃗⃗ = 𝜇0 𝐼𝑅3 𝑒⃗𝑧 . On retrouve bien la même expression que le cas du dipôle.
D’où 𝐵 2𝑧

6. Lignes du champ d’un dipôle magnétique


𝜇0 𝑚 𝜇0 𝑚
𝐵𝑟 = 𝑐𝑜𝑠𝜃 et 𝐵𝜃 = 𝑠𝑖𝑛𝜃
2𝜋𝑟3 4𝜋𝑟3
Les équations aux lignes des champs sont traduites par l’équation :
0 
⃗⃗ (𝑀)𝑑𝑙⃗ = ⃗⃗
𝐵
𝑑𝑟 𝐵 2𝑐𝑜𝑠𝜃 𝑑𝑟 2𝑐𝑜𝑠𝜃
𝑑𝑟/𝐵𝑟 = 𝑟𝑑𝜃/𝐵𝜃  = 𝐵𝑟 𝑑𝜃 = 𝑑𝜃  ∫ =∫ 𝑑𝜃
𝑟 𝜃 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝑟 𝑠𝑖𝑛𝜃
𝑑𝑟 𝑑𝑡
On pose 𝑡 = 𝑠𝑖𝑛𝜃 dt = cosθ dθ  ∫ 𝑟
= 2∫ 𝑡
 𝑙𝑛𝑟 = ln(𝑠𝑖𝑛 𝜃) + 𝐶𝑡𝑒, on pose 𝐶𝑡𝑒 = 𝑙𝑛𝑟0  𝑙𝑛𝑟 = ln(𝑟0 𝑠𝑖𝑛2 𝜃)
2

 𝑟 = 𝑟0 𝑠𝑖𝑛2 𝜃
C’est l’équation aux lignes du champ pour un dipôle magnétique.

Tracé d’une ligne du champ 𝒓 = 𝒓𝟎 𝒔𝒊𝒏𝟐 𝜽

𝜃 0 𝜋/6 𝜋/4 𝜋/3 𝜋/2 2𝜋/3 3𝜋/4 5𝜋/6 𝜋

𝑟 0 𝑟0 /4 𝑟0 /2 3𝑟0 /4 𝑟0 3𝑟0 /4 𝑟0 /2 𝑟0 /4 0

On a 𝑧 = 𝑟𝑐𝑜𝑠𝜃  𝜃 𝑒𝑠𝑡 𝑙′ 𝑎𝑛𝑔𝑙𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑟 𝑒𝑡 𝑙′ 𝑎𝑥𝑒 𝑧, 𝑎𝑥𝑒 𝑑𝑢 𝑑𝑖𝑝ô𝑙𝑒.

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Figure 49 :

7. Action d’un champ magnétique extérieur sur un dipôle magnétique


Le dipôle magnétique ne subit pas de force mais probablement un moment non nul. La force
de Laplace s’écrit alors : 𝐹⃗ = ∮𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒 𝐼𝑑𝑙⃗𝐵
⃗⃗ = 𝐼 (∮
𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒
𝑑𝑙⃗)𝐵
⃗⃗ = ⃗⃗
0. Donc le circuit est soumis à un

couple de forces : 𝐹⃗ = 𝐹⃗1 + 𝐹⃗2 = ⃗⃗


0. Cela nous mène au calcul de moment de force du couple.
Remarque :
Un dipôle magnétique plongé dans un champ
magnétique uniforme ne se déplace pas.

Figure 50 : Force de Laplace infinitésimale


Appelons O le centre de la spire (figure 51), P le centre de l’élément dl⃗ de spire, et calculons
le moment subi par un élément de spire.
⃗⃗⃗𝑂 (𝐹⃗ ) = 𝑂𝑃
𝒅𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗(𝐼𝑑𝑙⃗𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝑑𝐹⃗ = 𝑂𝑃 ⃗⃗ )

𝑎⃗(𝑏⃗⃗𝑐⃗) = (𝑎⃗. 𝑐⃗)𝑏⃗⃗ − (𝑎⃗. 𝑏⃗⃗)𝑐⃗


⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝐵
⃗⃗⃗𝑂 (𝐹⃗ ) = 𝐼[(𝑂𝑃
𝒅𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ − (𝑂𝑃
⃗⃗ )𝑑𝑂𝑃 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝑑𝑂𝑃
⃗⃗⃗⃗⃗⃗)𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑑𝑙⃗
⃗⃗] avec 𝑑𝑂𝑃

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⃗⃗ = 𝑀 𝑂𝑃𝑑𝐹⃗ = I ∮ (𝑂𝑃
⃗⃗⃗𝑂 (𝐹⃗ ) = ∮ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ − 𝐼 ∮ (𝑂𝑃
⃗⃗ )𝑑𝑂𝑃 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝑑𝑂𝑃
⃗⃗⃗⃗⃗⃗)𝐵 ⃗⃗ )𝑑𝑙⃗ − 0
⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝐵
⃗⃗ = 𝐼 ∮ (𝑂𝑃
𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒 𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒 𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒 𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒

Formulaire : ∮𝐶(𝑓. d𝑙⃗) = ∬𝑆/𝐶 ⃗⃗⃗⃗⃗


𝑑𝑆 ˄ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓 𝑓𝑜𝑟𝑚𝑢𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝐾𝑒𝑙𝑣𝑖𝑛

En posant 𝜑 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑃. 𝐵 ⃗⃗

⃗⃗⃗𝑂 (𝐹⃗ ) = 𝐼 ∮ (𝑂𝑃


𝑀 ⃗⃗ ). 𝑑𝑙⃗ = 𝐼 ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝐵 𝑑𝑆 ˄ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑂𝑃 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝐵
⃗⃗ )
𝑆
𝑠𝑝𝑖𝑟𝑒
⃗⃗ est uniforme, on a la relation : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Or si 𝐵 𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑂𝑃 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗. 𝐵 ⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗ ) = 𝐵 𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑂𝑃 ⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗) = 𝐵 ⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑟⃗) = 𝐵
⃗⃗ = 𝑀 ⃗⃗ = 𝐼𝑆⃗𝐵
⃗⃗⃗𝑂 (𝐹⃗ ) = 𝐼 (∬ 𝑑𝑆⃗) ˄ 𝐵 ⃗⃗ = 𝑚 ⃗⃗
⃗⃗⃗𝐵
𝑆

 ⃗⃗⃗𝑂 (𝐹⃗ ) = 𝑚
⃗⃗ = 𝑀 ⃗⃗
⃗⃗⃗𝐵
Malgré une résultante des forces nulle, le champ magnétique exerce un moment qui va avoir tendance
⃗⃗⃗ s’aligne
à faire tourner la spire sur elle-même, de telle sorte que son moment magnétique dipolaire 𝑚
⃗⃗ .
dans la direction et le sens de 𝐵

Figure 51
8: Energie potentielle
⃗⃗ possède l’énergie potentielle :
Un dipôle magnétique plongé dans un champ 𝐵

𝐸𝑝 = −𝑚 ⃗⃗
⃗⃗⃗. 𝐵

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XIII: Travail des forces de Laplace : théorèmes de Maxwell

XIII-1 : Premier énoncé du théorème de Maxwell

Considérons un élément de longueur 𝑑𝑙⃗ d’un circuit


filiforme (C) (figure 52) orienté dans la direction de courant
d’intensité I, qui se déplace de 𝑑𝑥⃗ sous l’effet de la force
magnétique de Laplace (due à la présence d’un champ
⃗⃗ ).
d’induction 𝐵
L’élément de longueur 𝑑𝑙⃗ subit la force de Laplace 𝑑𝐹⃗ =
𝐼𝑑𝑙⃗𝐵
⃗⃗.
Lors d’un petit déplacement de circuit de 𝑑𝑥⃗, le travail
élémentaire 𝛿 2 𝑊 effectué par la force de Laplace est :
𝛿 2 𝑊 = 𝑑𝐹⃗ . 𝑑𝑥⃗ = 𝐼(𝑑𝑙⃗𝐵
⃗⃗ ). 𝑑𝑥⃗ = 𝐼(𝑑𝑥⃗𝑑𝑙⃗)𝐵
⃗⃗
𝛿 2 𝑊 = 𝐼𝑑 2 𝑆⃗. 𝐵 ⃗⃗ . 𝑑2 𝑆⃗ = 𝐼𝑑2 
⃗⃗ = 𝐼𝐵
𝑐 Figure 52
où 𝑑2 𝑐 est le flux de 𝐵
⃗⃗ à travers la surface 𝑑 2 𝑆 balayée par 𝑑𝑙 pendant le déplacement 𝑑𝑥 appelé
flux coupé par 𝑑𝑙 pendant le déplacement 𝑑𝑥.
Pour l’ensemble du circuit parcouru par un courant I, le travail de la force magnétique dû à un
déplacement élémentaire 𝑑𝑥 est :

𝛿𝑊 = ∫ 𝛿 2 𝑊 = 𝐼 ∫ 𝑑 2 𝑐 = 𝐼𝑑𝑐
Ce résultat constitue le théorème de Maxwell qui s’énonce ainsi :

Théorème de Maxwell :
⃗⃗ extérieur engendre
Le déplacement d’un circuit électrique fermé placé dans un champ magnétique 𝐵
un travail des forces magnétiques égal au produit du courant traversant le circuit I par le flux coupé
par celui-ci lors de son déplacement :
𝑊 = 𝐼 𝑐
Remarque :

𝛿𝑊 = 𝐹⃗ . 𝑑𝑥⃗ = 𝐼𝑑 𝑐  𝐹⃗ = 𝐼𝑔𝑟𝑎𝑑
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗  (autre expression de la force de Laplace)
𝑐

XIII-2 : Deuxième énoncé du théorème de Maxwell


Considérons un circuit (C) (figure 53) parcouru par un courant d’intensité I qui se déplace dans un
champ d’induction magnétique 𝐵 ⃗⃗ sous l’effet des forces magnétiques. Lors de son déplacement, le
circuit (C) engendre une surface coupée 𝑆𝑐 orientée par continuité vers 𝑆1 et la surface 𝑆 = 𝑆1 + 𝑆𝑐 +

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𝑆2 formée de Sc et des surfaces 𝑆1 et 𝑆2 du circuit à l’état initial et à l’état final (du déplacement
considéré) est une surface fermée.
Puisque 𝑑𝑖𝑣 𝐵⃗⃗ = 0, la formule de la divergence (théorème de Green) nous permet d’écrire :

=∯ B
⃗⃗. dS⃗⃗ = ∭ divB
⃗⃗ dV = 0
(S) (V)
où V est le volume limité par S.
On choisit d'orienter les normales à chaque surface vers l'extérieur, le flux  sortant à travers S
s’exprime par :  = 1 − 2 + 𝑆 𝑙𝑎𝑡é𝑟𝑎𝑙𝑒 où 1 et 2 sont les flux sortants à travers 𝑆1 et 𝑆2 .
La conservation du flux magnétique impose alors
0 = 1 − 2 + 𝑐  𝑐 = 2 − 1 = ∆  W = I𝑐 = 𝐼∆
Cette dernière relation constitue la seconde forme du théorème de Maxwell qui s’énonce comme
suit: Le travail des forces magnétiques agissant sur un circuit, parcouru par un courant d’intensité
I entre les états initial (1) et final (2) du déplacement considéré et placé dans un champ d’induction
⃗⃗ est égal au produit de I par la variation  −  du flux de 𝐵
𝐵 ⃗⃗, à travers la surface
2 1
du circuit.

Figure 53
XIII-3 : Energie potentielle d’interaction magnétique :
Le travail des forces magnétiques ne dépend pas du chemin suivi, ces forces sont conservatives, elles
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑈.
dérivent donc d’une énergie potentielle U telle que 𝐹⃗ = −𝑔𝑟𝑎𝑑
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑈. 𝑑𝑙⃗ = −𝑑𝑈, soit W = −∆U  ∆U = −𝐼∆.
𝛿𝑊 = 𝐹⃗ . 𝑑𝑙⃗ = −𝑔𝑟𝑎𝑑
Ou encore en utilisant la conservation de l’énergie mécanique :
E = Ec + U  dEc + dU = 0  ∆U = −∆Ec = −W = −𝐼∆.
L’énergie potentielle d’interaction relative à une position d’un circuit (C ) est: U = −𝐼;  étant le
⃗⃗ à travers le circuit (C) dans cette position. Donc connaissant  dans une position, on peut
flux de 𝐵
déduire U. Cela nécessite le choix de l’origine des énergies électromagnétiques, c.à.d. que U n’est
déterminée qu’à une constante arbitraire prés. Pour un circuit placé à l’infini, on peut prendre
U(∞) = 0.
⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = −𝐼𝐵
Pour un dipôle magnétique: U = −𝐼 = −I ∬(𝑆) 𝐵 ⃗⃗ ∬ 𝑑𝑆⃗ = −𝐵
⃗⃗ . 𝐼 𝑆⃗ = −𝑚 ⃗⃗
⃗⃗⃗. 𝐵
(𝑆)

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XIII-4 : Règle de flux maximal

Considérons un circuit soumis aux seules forces électromagnétiques de Laplace, il est susceptible de
se déplacer et donc de développer une vitesse. Appliquons le théorème de l’énergie cinétique :
∆Ec = W = 𝐼∆ = 𝐼(2 − 1 ) > 0 ou encore ∆U = −𝐼∆ < 0
A l’´équilibre stable, l’énergie potentielle 𝑈 est minimale. Tout écartement du circuit par rapport à
cette position tend à augmenter 𝑈. Le circuit revient à sa position d’équilibre en diminuant son
énergie potentielle.
″Un circuit tend toujours à se déplacer vers une position d’équilibre stable pour laquelle le flux
magnétique est maximal″, c’est la règle de flux maximal.

XIV : Principe d’Action et de Réaction


Le principe d’Action et de Réaction est bien
vérifié pour la force de Laplace s’exerçant entre deux
circuits 𝐶1 et 𝐶2 quelconques, parcourus par des courants
permanents 𝐼1 et 𝐼2 (figure 54).

𝐹⃗1/2 = ∮ 𝐼2 𝑑𝑙⃗2 𝐵
⃗⃗1 = −𝐹
⃗⃗2/1 = − ∮ 𝐼1 𝑑𝑙⃗1 𝐵
⃗⃗2
𝐶2 𝐶1

𝜇0 𝐼1 𝑢
⃗⃗12
⃗⃗1 = ∮ (
𝐵 𝑑𝑙⃗1  ) 𝑒𝑡
𝐶1 4𝜋 𝑀1 𝑀2 2
𝜇 0 𝐼2 ⃗⃗21
𝑢 Figure 54
⃗⃗2 = ∮ (
𝐵 𝑑𝑙⃗2  2
𝐶2 4𝜋 𝑀1 𝑀2

XV : Inductance propre d’un circuit et inductance mutuelle de deux circuits


XV-1 : Induction propre (Auto-induction):
a) Définition:
Un circuit filiforme (C) (figure 55) parcouru par un courant d’intensité I crée un champ
⃗⃗ que l’on qualifie de propre 𝐵
magnétique 𝐵 ⃗⃗𝑝 , par opposition au champ extérieur dont il n’est pas
responsable mais dans lequel il peut-être plongé. Le flux  de ce champ propre à travers le circuit
qui l’a créé est appelé le flux propre 𝑝 .
⃗⃗𝑝 et donc  sont proportionnels à I (loi de Biot Savart), le rapport  /𝐼 ne dépend plus du
Comme 𝐵 𝑝 𝑝
courant qui parcourt le circuit et constitue donc une caractéristique intrinsèque de celui-ci; on
l’appelle l’inductance propre ou le coefficient d’auto induction :

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 45


𝑝 ⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗
∬(𝑆) 𝐵
𝐿= =
𝐼 𝐼
L’unité de L est le Henry: [𝐿] = 𝐻

Remarques :
1) L’inductance propre L est une grandeur
Figure 55
toujours positive.
2) L’inductance propre L dépend de la
géométrie du circuit et des propriétés
magnétiques du milieu dans lequel il est plongé.
b) Exemple:
On considère un solénoïde de longueur (𝑙 >> 1) comportant N spires
régulières, supposées jointives, de section S (figure 56).
Le champ magnétique B à l’intérieur du solénoïde (champ propre)
⃗⃗𝑝 = 𝑛𝜇0 𝐼𝑒⃗𝑧 où 𝑒⃗𝑧 est le vecteur unitaire de l’axe de solénoïde.
est : 𝐵
Son flux à travers une spire est 1 = 𝑆𝐵𝑝 = 𝑆𝑛𝜇0 𝐼.
Le flux total (flux propre) est 𝑝 = 𝑁1 = 𝑛𝑙 1 = 𝑆𝑛2 𝑙𝜇0 𝐼, d’autre
𝑆 Figure 56
part 𝑝 = 𝐿𝐼  𝐿 = 𝑆𝑛2 𝑙𝜇0 = 𝜇0 𝑁 2 .
𝑙
XV-2 : Induction mutuelle de deux circuits:

On considère les circuits 𝐶1 et 𝐶2 parcourus par des courants 𝐼1 et 𝐼2 (figure 57). Le courant 𝐼1 produit
dans tout l'espace un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗1. Le flux généré par le champ magnétique 𝐵 ⃗⃗1 à travers 𝐶2
est noté :
12 = ∬(𝑆 ) 𝐵 𝑟𝑜𝑡𝐴⃗1 . 𝑑𝑆⃗ = ∮(𝐶 ) 𝐴⃗1 . 𝑑𝑙⃗2 (théorème de Stokes)
⃗⃗1 . 𝑑𝑆⃗ = ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
(𝑆 )
2 2 2

L'expression du potentiel vecteur généré par un circuit linéique 𝐶1 parcouru par un courant 𝐼1 s'écrit:
𝜇0 𝑑𝑙⃗1
𝐴⃗1 = ∮ 𝐼1
4𝜋 𝐶1 𝑟12

Figure 57

L’expression final du flux est donc:

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 46

𝐼2
𝜇0 (𝑑𝑙⃗1 .𝑑𝑙⃗2 )
12 = 𝑀12 𝐼1 avec 𝑀12 = ∮ ∮ = 𝑀21 (formule de Neumann)
4𝜋 𝐶 𝐶 2 1 𝑟12
On remarque que 𝑀12 est inchangé par permutation des indices 1 et 2 dans les calculs d'où : 𝑀21 =
𝑀12 = 𝑀. 𝑀12 et 𝑀12 sont les coefficients d’induction mutuelle ou inductances mutuelles entre le
circuit 𝐶1 et le circuit 𝐶2 .
M peut être positif ou négatif, son signe dépend de l’orientation choisie des circuits et dépend de la
forme des chacun des circuits et de la distance entre eux.
M est aussi mesuré, dans le système MKSA, en henry (H).
Le flux à travers 𝐶1 est : 1 = 11 + 21 = 𝐿1 𝐼1 + 𝑀12 𝐼2 = 𝐿1 𝐼1 + 𝑀𝐼2
Le flux à travers 𝐶2 est : 2 = 22 + 12 = 𝐿2 𝐼2 + 𝑀21 𝐼1 = 𝐿2 𝐼2 + 𝑀𝐼1
11 et 22 sont les flux propres de 𝐶1 et 𝐶2 respectivement.
Plus généralement pour n circuits 𝐶1 , 𝐶2 , … 𝐶𝑛 parcourus par les courants 𝐼1 , 𝐼2 , … 𝐼𝑛 :
Le flux à travers 𝐶𝑖 est : 𝑖 = 1𝑖 + 2𝑖 + ⋯ + 𝑖𝑖 + ⋯ + 𝑛𝑖
𝑛 𝑛

𝑖 = 𝐿𝑖 𝐼𝑖 + ∑ 𝑀𝑗𝑖 𝐼𝑗 𝑖 = 𝐿𝑖 𝐼𝑖 + ∑ 𝑀𝑖𝑗 𝐼𝑖
𝑗=1 𝑗=1
𝑗≠𝑖 𝑖≠𝑗
Sous forme matricielle, on obtient :
1 𝐿1 𝑀21 𝑀31 … 𝑀𝑛1 𝐼1
2 𝑀12 𝐿2 𝑀32 … 𝑀𝑛3 𝐼2
. … … … … … … … … . .
=
. ……………………. .
. … … … … … … … … . .
(𝑛 ) (𝑀1𝑛 𝑀2𝑛 𝑀3𝑛 … 𝐿𝑛 ) (𝐼𝑛 )
C’est une matrice symétrique.
 L’énergie potentielle d’interaction de deux circuits est donnée par:
𝑈 = −𝐼1 21 = −𝐼2 12 = −𝑀21 𝐼1 𝐼2 = −𝑀12 𝐼1 𝐼2 = −𝑀𝐼1 𝐼2

 Généralisation à plusieurs circuits:


Pour des courants permanents, l’énergie potentielle d’interaction de l’ensemble des circuits (1…n) est
obtenue par sommation des interactions deux à deux soit :
𝑛
1
𝑈 = − ∑ ∑ 𝑀𝑖𝑗 𝐼𝑖 𝐼𝑗
2
𝑖 𝑗≠𝑖
𝑗=1

On a divisé par 2 pour ne pas compter deux fois l’interaction entre le circuit 𝐶𝑖 et le circuit 𝐶𝑗 .

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 47


Chapitre II: Phénomènes d’induction électromagnétique

Au début du 19e siècle et comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent, un courant électrique
produisait un champ magnétique et un champ magnétique exerce une force sur un courant électrique
ou sur une charge électrique en mouvement. A la suite de cette observation, les scientifiques se sont
demandés si, à l'inverse, un champ magnétique pouvait faire apparaître un courant. Cette hypothèse
a été confirmée 10 ans plus tard et à l’origine des phénomènes d’induction magnétique qui ont été
découverts en 1830 par l'Américain Joseph Henry (1797 – 1878) et en 1831 par le physicien Anglais
Michael Faraday (1791 – 1867) grâce à des études sur les actions réciproques entre aimants et
circuits électriques. Dans la même année, le Français André-Marie Ampère, le Russe Heinrich Lenz,
et l'Allemand Ernest Neumann précisèrent la théorie et entrevirent quelques applications du
phénomène. Le terme induction électromagnétique désigne la création de courants et donc de force
électromotrice (f.é.m.) à partir de champs magnétiques variables dans un circuit ne contenant pas de
générateurs; on parle de courants induits et de f.é.m. induites. L'induction électromagnétique est à
l'origine de plusieurs applications technologiques : générateurs, moteur électrique, alternateurs,
transformateurs, etc. Elle est également la base de la production d'ondes électromagnétiques telles
que, par exemple, la lumière et les ondes radio.

II-1 : Circuit fixe placé dans un champ magnétique ou courant variable


II-1-1 : Mise en évidence des phénomènes d’induction.
Ce phénomène d’induction est mis en évidence à partir de la réalisation de quelques expériences
simples:
Expérience 1:
La figure 58 ci dessous illustre une bobine
conductrice reliée à un micro-ampèremètre qui ne
comporte aucun générateur et placée près d’un aimant
⃗⃗ = ⃗0⃗). Puisqu’il n’y a pas de pile ou d’autre
fixe (𝑉
source de f.é.m., il n’y a pas de courant dans le circuit.
Pourtant, si on approche un aimant droit de la bobine,
un courant induit apparait dans le circuit, et dévié vers
la gauche (Figure 59). Ce courant revient à 0 quand le Figure 59
mouvement de l’aimant cesse. Si on éloigne ensuite
l’aimant de la bobine, un courant réapparait, mais dans
le sens opposé, c.à.d. dévié vers la droite (figure 60).

Figure 60

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 48


⃗⃗ = ⃗0⃗
𝑉

Figure 58
Lorsqu'on déplace un aimant par rapport à la bobine, on observe qu'un courant nait dans la bobine.
Selon qu'on approche ou qu'on éloigne l'aimant, le sens du courant change, de même que si l'on
retourne l'aimant (changer les pôles). De plus, ce courant est d'autant plus important que le
déplacement est rapide.
Expérience 2:
Dans cette expérience, on utilise un dispositif
comprenant deux boucles conductrices rapprochées
l’une de l’autre sans se toucher (figure 51).
En effet, Faraday savait que lorsqu’un courant
permanent circule dans la boucle droite, un champ
magnétique serait engendré et il s’attendait donc à Figure 51

voir apparaître un courant dans la boucle gauche. Si on ferme l’interrupteur S pour établir un courant
dans la boucle de droite, l’ampèremètre enregistre un courant induit de façon soudaine et brève dans
la boucle de gauche. Si on ouvre ensuite l’interrupteur, un autre courant apparait brièvement dans la
boucle de gauche, mais cette fois dans le sens opposé.
On obtient un courant induit seulement lorsqu’il y a une variation de courant dans la boucle de droite
(en fermant et en ouvrant l’interrupteur), et non lorsque le courant est constant, même dans le cas
d’un courant intense.
 La déviation de micro-ampèremètre est produite par un courant qui prend naissance dans la
bobine (expérience 1) ou dans la bobine gauche (expérience 2). Ce courant est appelé courant induit.
 La bobine (expérience 1) ou bobine gauche (expérience 2) s'appelle bobine induite
 L’aimant droit (bobine droite) constitue l’aimant (la bobine) inducteur (inductrice).
Lorsqu’un circuit fixe est soumis à un champ magnétique variable, il se comporte comme un
générateur électrocinétique : il est le siège d’un phénomène d’induction, appelé induction de
Neumann.
Le phénomène est l'induction électromagnétique qu'il ne faut pas confondre avec l'induction
magnétique 𝐵⃗⃗ ..

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 49


II-1-2 : Loi de Lenz :
II-1-2-1 : Rappel : Champ magnétique crée par un aimant droit

Figure 61

La ligne du champ confondu avec l’axe de l’aimant droit est une droite. Les lignes du champ sortent
du pôle nord et entrent dans le pôle sud (figure 61).
Le sens du champ magnétique à l’intérieur de l’aimant est de sud vers le nord.
A proximité de l’aimant, le champ magnétique créé par l’aimant en un point A a une valeur
importante et son intensité diminue au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’aimant (point C) par
exemple. L’intensité du champ est mesurée avec un teslamètre.

II-1-2-2 : Rappel : Champ magnétique crée par une bobine

Soit une bobine traversée par un courant i (figure 62) et présente aussi des lignes du champ. La ligne
du champ coïncidant avec l’axe de la bobine est une droite. A l’intérieur de la bobine, le champ est
uniforme et les lignes du champ sont donc des segments de droites parallèles et à l’extérieur de la
bobine, les lignes du champ sont comme celles d’un aimant droit. Le sens du champ magnétique est
indiqué par la main droite. Le courant est descendant et coïncide avec les 4 doigts de la main droite
et le sens du champ 𝐵⃗⃗ est donnée par le pouce. Ce sens nous permet de déterminer la face sud (S) et
la face nord (N) de la bobine (Champ dirigé de S vers N).

Main droite

S N

Figure 62

II-1-2-3 : Interprétation des manipulations 1 et 2 :


Considérons l’expérience 1 où on approche un aimant à une bobine lié à un micro-
ampèremètre (courant est très faible), de telle manière que le pôle nord soit à proximité de la
bobine (figure 63).

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 50


D’après le rappel sur l’aimant, l’aimant va créer à l’intérieur de la bobine un champ magnétique
⃗⃗𝐴 dirigé du sud vers le nord. Lorsqu’on déplace l’aimant droit vers la bobine, on remarque
𝐵
l’apparition d’un courant induit dévié vers la gauche (descendant).. Ce courant induit va lui-même
créer à l’intérieur de la bobine un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗𝑖 dont le sens est déterminé par la règle de
la main droite (voir rappel sur la bobine), c.à.d. dirigé de nord vers le sud donc opposé au champ
⃗⃗𝐴 .
𝐵
On remarque que la cause de la création du courant induit est l’augmentation de la valeur de
⃗⃗𝐴 du à l’approchement de l’aimant à la bobine. La réponse à cette augmentation
l’intensité de 𝐵
⃗⃗𝑖 ayant le
est la création d’un courant induit i qui à son tour, crée un champ magnétique induit 𝐵
⃗⃗𝐴 . Le champ 𝐵
sens contraire de 𝐵 ⃗⃗𝑖 tend à diminuer la valeur de 𝐵
⃗⃗𝐴 (la résultante des deux champs
⃗⃗𝐴 ‖ − ‖𝐵
diminue, ‖𝐵 ⃗⃗𝑖 ‖ diminue).

Figure 63

Dans un deuxième cas, on va essayer d’éloigner l’aimant de la bobine (figure 64), c.à.d. de la
déplacer vers la droite sans changer les pôles de l’aimant donc le champ magnétique 𝐵 ⃗⃗𝐴 garde le
même sens qu’avant. D’après l’expérience, le courant induit i est dévié vers la droite (ascendant). Ce
⃗⃗𝑖 de même sens que 𝐵
courant induit crée un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗𝐴 .
La cause de création du courant induit dans la bobine est cette fois-ci est la diminution de la valeur
⃗⃗𝐴 du à l’éloignement de l’aimant de la bobine. Le champ 𝐵
de l’intensité de 𝐵 ⃗⃗𝑖 tend donc à augmenter
⃗⃗𝐴 .
la valeur de 𝐵

Figure 64
A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 51
⃗⃗𝑖 s’oppose à la cause de la création du courant induit
Dans les deux cas, le champ magnétique induit 𝐵
i qui est du à la variation du champ magnétique ou à la variation de l’intensité de courant dans la
bobine droite (expérience 2), c’est la loi de Lenz.

II-1-2-4 : Énoncé de la loi de Lenz :


La loi de Lenz renseigne sur le sens que va prendre le courant induit.
Le courant induit qui est créé par une variation du champ magnétique (qui est à l’origine du déplacement
de l’aimant) tend par ses effets à s’opposer à la cause qui lui a donné naissance.
⃗⃗⃗𝑖
Effets : = 𝐵
⃗⃗𝐴 .
Cause : = Augmentation ou diminution du champ 𝐵

II-2 : Circuit mobile placé dans un champ magnétique permanent


II-2-1 : Loi de Faraday
⃗⃗
Considérons une spire en mouvement avec une vitesse 𝑣⃗ placé dans un champ magnétique 𝐵
d’un aimant droit. Les électrons de la spire sont animés aussi d’une vitesse 𝑣⃗. En présence d’un
champ magnétique 𝐵 ⃗⃗ orienté dans la direction des lignes du champ de l’aimant, ces électrons
changent de direction et leur orientation est indiquée par le sens de la force de Lorentz : 𝐹⃗ = 𝑞𝑣⃗ 𝐵
⃗⃗
(sortant) (figure 65). Au point P, le champ magnétique est parallèle à 𝑑𝑙⃗ et dirigé selon le sens des
lignes du champ de l’aimant et 𝑞𝑣⃗ = −𝑒𝑣⃗ est de sens opposé à 𝑣⃗. Le sens de la force 𝐹⃗ est déterminé
par la règle des 3 doigts (sortant, pointe vers nous). Les électrons tournent dans la spire donc dans le
sens des aiguilles d’une montre.
Si les électrons sont fixes, la vitesse 𝑣⃗ est nulle et la force de Lorentz 𝐹⃗ = ⃗0⃗ . Le champ 𝐵
⃗⃗
n’accélère pas les électrons contrairement au champ électrique 𝐸⃗⃗ qui les met en mouvement mais le
champ magnétique a pour rôle de modifier la direction des électrons en mouvement. Grâce à la force
de Lorentz, il se crée un courant dans la spire de sens opposé à celui des électrons.
Un circuit se déplaçant dans un champ magnétique permanent peut se comporter comme un
générateur électrocinétique : il est le siège d’un phénomène d’induction. On parle alors
d’induction de Lorentz.
L’avant de la spire

Figure 65
A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 52
En électrocinétique, on définit le travail qu’il faut fournir à un électron pour qu’il soit en mouvement
dans une spire est : 𝑊 = 𝑞 𝑒 où 𝑒 est la force électromotrice (f.é.m.).
𝛿𝑊 = 𝐹⃗ . 𝑑𝑙⃗ où 𝑑𝑙⃗ est un élement de la spire.
⃗⃗ ). 𝑑𝑙⃗ = 𝑞𝑒  e = ∮(𝑣⃗ 𝐵
𝑊 = ∮ 𝐹⃗ . 𝑑𝑙⃗ = 𝑞 ∮(𝑣⃗ 𝐵 ⃗⃗ ). 𝑑𝑙⃗

avec e la f.é.m. de Lorentz induite par le déplacement, cette force est exprimée en Volt (V).

Entre les instants t et 𝑡 + 𝑑𝑡, la spire se déplaçant avec la vitesse 𝑣⃗


parcourt la distance 𝑑 = 𝑑𝑟 = 𝑣𝑑𝑡 (figure 66).
On découpe la surface latérale (surface coupée, figure 57) du
cylindre imaginaire en petits éléments de surface.
⃗⃗ à travers la surface latérale.
dc est le flux coupé = le flux de B
On rappelle que  = ∬(S) B
⃗⃗. dS⃗⃗  d2 c = B
⃗⃗. dS⃗⃗

d2 c est le flux à travers la surface élémentaire 𝑑𝑆 du rectangle de


côtés 𝑑𝑙 et 𝑣𝑑t.
Le vecteur dS⃗⃗ est perpendiculaire à la surface 𝑑𝑆.
𝑑𝑆 = 𝑑𝑙 𝑣𝛿𝑡 𝑠𝑖𝑛𝜃 = ‖𝑑𝑙⃗ 𝑣⃗𝛿𝑡 ‖  dS⃗⃗ = ±𝑑𝑙⃗ 𝑣⃗𝑑𝑡. La Figure 66

convention nous impose de choisir dS⃗⃗ de l’intérieur vers l’extérieur,


d’où dS⃗⃗ = 𝑣⃗𝑑𝑡𝑑𝑙⃗.
d2 c = ⃗B⃗. (𝑣⃗𝑑𝑙⃗) 𝑑𝑡  dc = 𝑑𝑡 ∮ ⃗B⃗. (𝑣⃗𝑑𝑙⃗) 
dc
⃗⃗. (𝑣⃗𝑑𝑙⃗)
= ∮B
𝑑𝑡
Propriétés du champ magnétique (conservation de flux): 
 = ∯(S) B
⃗⃗. dS⃗⃗ = 0 Figure 67
On choisit un sens positif du contour et le vecteur dS⃗⃗ est déterminé par la régle de la main droite.
𝑆 = 𝑆𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 + 𝑆𝑐𝑜𝑢𝑝é𝑒 + 𝑆𝑎𝑟𝑟𝑖è𝑟𝑒  ∬(𝑆 ⃗B⃗. dS⃗⃗ + ∬ ⃗B⃗. dS⃗⃗ + ∬ ⃗B⃗. dS⃗⃗ = 0 
𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 ) (𝑆
𝑐𝑜𝑢𝑝é𝑒 ) (𝑆
𝑎𝑟𝑟𝑖è𝑟𝑒 )
𝜕(t) 𝜕(t)
(t) − (t + d𝑡) + dc = 0  dc = (t + 𝑑𝑡) − (t) ≈ (t) + 𝑑𝑡 − (t) ≈ 𝑑𝑡
𝜕t 𝜕t
(développement limité à l’ordre 1 pour 𝑑𝑡 très petit).
dc 𝜕(𝑡) 𝑑(t)
 ≈ = , D’où
𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝑑t
d(t)
𝑒=− c’est la loi de Faraday.
dt
Un circuit se déplaçant dans un champ magnétique permanent se comporte comme un générateur
électrocinétique : il est le siège d’un phénomène d’induction, appelé induction de Lorentz

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 53


II-2-2 : Énoncé de la loi de Faraday
Tout circuit (C) soumis à une variation de flux (𝑡), soit par variation du champ magnétique (de
l’aimant), soit par déplacement de circuit dans un champ magnétique, il est le siège d’une force
𝑑
électromotrice induite : : 𝑒 = − 𝑑𝑡 .
Remarque :
 Le signe − correspond à la loi de Lenz qui dit que la tension induite s'oppose par ses effets à
la cause qui lui donne naissance.
 Si la résistance du circuit vaut R alors le courant induit 𝐼𝑖𝑛𝑑 = 𝑒/𝑅.
𝑑 𝑠
 Si il y a N spires traversées par un flux magnétique identique alors: 𝑒 = −𝑁 où 𝑠 est le
𝑑𝑡
flux traversant chaque spire.
II-2-3 : Méthode d’application de la loi de Faraday
Pour appliquer la loi de Faraday il faut :
1) Orienter le circuit (choisir un sens positif) (voir figure 68)
2) Déterminer le sens de vecteur dS⃗⃗ = 𝐧⃗⃗ dS, il est bien sûr intéressant de choisir n
⃗⃗ dans le même sens
⃗⃗ (règle de tire-bouchon ou main droite)
que B
⃗⃗
3) Déterminer le sens de B
4) Evaluer algébriquement le flux :
⃗⃗ de même sens :  > 0
- si ⃗B⃗ et n
⃗⃗ de sens contraire :  < 0
⃗⃗ et n
- si B
1) Evaluer le signe de 𝑑 /𝑑𝑡, puis de 𝑒 =
− 𝑑 /𝑑𝑡 Figure 68
 Si 𝑒 > 0, I est dans le sens + (figure 69)
 Si 𝑒 < 0, I est dans le sens -
Figure 69
II-2-4 -1: Application 1: courant induit dans une spire

Soit une spire en mouvement avec une vitesse v ⃗⃗ placée dans un champ magnétique d’un aimant
droit, déterminer le sens de courant induit dans la spire.
L’avant de la spire

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 54


1) On se donne un sens positif de la spire
2) On détermine le sens de vecteur dS⃗⃗ = n
⃗⃗ dS, (règle de tire-bouchon ou main droite)
3) On détermine le sens de ⃗B⃗
4) Signe de flux : ⃗B⃗ et dS⃗⃗ sont de même sens   = ∬S ⃗B⃗. dS⃗⃗ > 0
5) Variation de flux  : La spire s’approche de l’aimant, le champ B
⃗⃗ augmente et dS ne change
d
pas   augmente  dt > 0.
d d
6) > 0  e = − dt < 0  𝑖 < 0, d’où le courant induit dans le sens positif a le sens opposé
dt
à celui choisi.

II-2-4-2 : Application simple : courant induit d’un rail de Laplace:

Considérons une barre (AB), de longueur 𝑎 et de masse m, de centre de masse d'abscisse 𝑥(𝑡) et
de vitesse 𝑣⃗ = 𝑣𝑢⃗⃗𝑥 est lancée avec une vitesse initiale 𝑣0 sur des rails métalliques sur lesquels
elle glisse sans frottement (figure 70). Les rails de résistance négligeable sont reliés par un fil
d’un côté et constitue avec la barre (AB) un circuit rectangulaire (C) de résistance 𝑅 constante
et d'inductance négligeable et dont la surface à l'instant 𝑡 est 𝑆(𝑡) = 𝑎𝑥(𝑡).

Ce circuit est placé dans un champ magnétique permanent 𝐵 ⃗⃗ = 𝐵𝑢 ⃗⃗𝑧 d'origine extérieure à (C).
On souhaite déterminer le courant induit, son sens ainsi que la f.é.m. induite.

Figure 70

1. On choisit arbitrairement un sens de circulation le long du circuit.


2. Ce sens définit, grâce à la règle de la main droite, une normale à la surface délimitée par le circuit
 le vecteur normale à la surface S est selon 𝑢 ⃗⃗𝑧 .
3. Le signe du flux est alors déterminé en faisant le produit scalaire du champ magnétique par cette
normale, soit  = ∬ B ⃗⃗. dS⃗⃗ = BS > 0 car le champ B
(S)
⃗⃗ et dS⃗⃗ sont portés selon 𝑢
⃗⃗𝑧 .
𝑑(t) dS
4. La variation de flux : =B = Baẋ = Bav > 0
𝑑t dt
𝑑
5. 𝑒 = − 𝑑𝑡 = −Bav < 0.

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 55


−Bav
6. Enfin, le courant est obtenu à partir de la loi d’Ohm : 𝑒 = 𝑅𝑖 = −Bav < 0  𝑖 = < 0, ce
𝑅
qui correspond bien à un courant induit dans le sens négatif. Ce résultat pouvait être prévu à l'aide
de la loi de Lenz.

En effet, lorsque la tige se déplace vers la droite, la surface du circuit augmente et le flux
inducteur (positif) augmente  le flux induit doit être négatif, ce qui correspond bien à un
courant induit dans le sens négatif.

Applications :

a) Freins à courant de Foucault


Un disque de cuivre tourne entre les pôles d'un électro-
aimant parcouru par un courant I (figure 71). Cet
⃗⃗⃗⃗ le disque est
électroaimant crée un champ magnétique 𝐵,
en mouvement de rotation dans un champ ⃗⃗⃗⃗
𝐵, Il y a donc
génération des courants induits (courants de Foucault)
dans le disque qui tourne  une force de Laplace qui va
s'opposer au mouvement de rotation du disque,c.à.d. il y a
freinage de disque.
Figure 71  Si l'électro-aimant n'est pas parcouru par un
courant, le disque tourne librement.
 Si l'électro-aimant est parcouru par un courant, le disque est freiné et s'échauffe.
Ce type de frein est appelé « ralentisseur » car il freine beaucoup quand la vitesse est grande et peu
lorsque la vitesse est faible. Il est utilisé dans les camions, les autobus et les trains (TGV).
Lorsque le chauffeur de camion par exemple appuie sur la pédale de frein, il alimente en courant les
bobines des électroaimants qui produisent un champ magnétique.
II-3 : Champ électromoteur ⃗𝑬
⃗⃗𝒎

𝜕𝐴⃗
⃗⃗⃗⃗𝑒𝑡
a) Circuit fixe dans un champ électromagnétique variable (Neumann : 𝑣⃗ = 0 ≠ ⃗⃗⃗⃗
0 )
𝜕𝑡

Soit un circuit (C) immobile soumis à un flux magnétique variable (issu d’une variation de champ
magnétique)  création d’une f.é.m. induite e :
𝑑 𝑑
Loi de Faraday : 𝑒 = − = − ∬ 𝐵 ⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = − 𝑑 ∬ 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐴⃗ . 𝑑𝑆⃗ = − 𝑑 ∮ 𝐴⃗ . 𝑑𝑙⃗ (théorème de
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑆 𝑑𝑡 𝑆 𝑑𝑡 𝐶
𝜕𝐴⃗
Stokes)  𝑒 = − ∮𝐶 𝜕𝑡 . 𝑑𝑙⃗ avec 𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐴⃗.
⃗⃗ = 𝑟𝑜𝑡
Dans le cas général, la f.é.m. induite e apparaissant dans un circuit filiforme est par définition égale
𝜕𝐴⃗
à la circulation du champ électromoteur sur ce circuit : e = ∮ 𝐸⃗⃗𝑚 . 𝑑𝑙⃗  ⃗⃗⃗⃗
𝐸𝑚 = − 𝜕𝑡 .
𝜕𝐴⃗
b) Circuit mobile dans un champ magnétique permanent (Lorentz : 𝑣⃗ ≠ ⃗⃗0⃗⃗𝑒𝑡 = ⃗⃗0⃗⃗ )
𝜕𝑡

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 56


L’expression de la force qui met les charges en mouvement avec une vitesse 𝑣⃗ d’un circuit électrique
se déplaçant dans un champ magnétique 𝐵 ⃗⃗ permanent est : 𝐹⃗ = 𝑞𝑣⃗ 𝐵
⃗⃗, peut s’écrire 𝐹⃗ = 𝑞𝐸⃗⃗𝑚 avec
⃗⃗ le vecteur champ électromoteur telle que : la f.é.m e = ∮ 𝐸⃗⃗𝑚 . 𝑑𝑙⃗. Le champ
𝐸⃗⃗𝑚 = 𝑣⃗ 𝐵
électromoteur ne dérive pas d’un potentiel.

c) Cas d’un circuit mobile plongé dans un champ magnétique variable


Que se passe-t-il si on déplace un circuit (rigide ou non) dans un champ magnétique variable, le
champ électromoteur s’écrit sous la forme :
𝜕𝐴⃗
𝐸⃗⃗𝑚 = − ⃗⃗
+ 𝑣⃗ 𝐵
𝜕𝑡
Le champ électromoteur est parfois appelé champ électrique d’induction. Il présente des propriétés
différentes de celles du champ électrostatique.
d) Extension de la notion de champ électrique
Supposons qu’en plus des phénomènes d’induction étudiés précédemment, il règne dans la
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉, une charge q du circuit subit
région considérée un champ d’origine électrostatique : 𝐸⃗⃗𝑠 = −𝑔𝑟𝑎𝑑
d’une part la force totale :
𝜕𝐴⃗
𝐹⃗ = 𝑞(− ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉)
⃗⃗ − 𝑔𝑟𝑎𝑑
+ 𝑣⃗ 𝐵
𝜕𝑡
et d’autre part, cette charge subit la force de Lorentz :
𝐹⃗𝑚 = 𝑞(𝐸⃗⃗ + 𝑣⃗ 𝐵
⃗⃗ )
L’identification des deux expressions donne :
𝜕𝐴⃗
𝐸⃗⃗ = − − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑉
𝜕𝑡
Par définition, le vecteur ⃗E⃗ s’appelle vecteur champ électrique généralisé.
e) Relation de Maxwell-Faraday
𝜕𝐴⃗ 𝜕
𝑟𝑜𝑡𝐸⃗⃗ = −𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ( ) − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡(𝑔𝑟𝑎𝑑⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉) = − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡(𝐴⃗)
𝜕𝑡 𝜕𝑡
⃗⃗
𝜕𝐵
𝑟𝑜𝑡 𝐸⃗⃗ = −
 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (Equation de Maxwell-Faraday)
𝜕𝑡

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 57


Chapitre III- Energie électromagnétique des circuits
a) Circuit filiforme unique:

Soit un circuit R, L, contenant un générateur de f.é.m. E


(figure 73). Lorsque le circuit est fermé, il apparaît un
courant I(t) qui vérifie l’équation:
d d dI
𝐸 = 𝑅𝐼 − 𝑒 = 𝑅𝐼 + = RI + (LI) = RI + L 
dt dt dt
𝑡 𝑡 𝐼
2
∫ 𝐸𝐼𝑑𝑡 = ∫ 𝑅𝐼 𝑑𝑡 + ∫ 𝐿𝐼𝑑𝐼
0 0 0 Figure 73
e : étant la f.é.m. induite dans la bobine.
𝑡
∫0 𝐸𝐼𝑑𝑡 : représente l’énergie ou le travail fourni par le générateur.
𝑡
∫0 𝑅𝐼 2 𝑑𝑡 : Energie calorifique dissipée par effet joule dans le circuit.
𝐼 1 1
𝑊𝑚 = ∫0 𝐿𝐼𝑑𝐼 = 2 𝐿𝐼 2 = 2 I: Energie électromagnétique emmagasinée dans le circuit.
La self (L) est un réservoir d’énergie c.à.d. qu’elle absorbe une partie de l’énergie du générateur. S’il
y’a baisse de tension, la self restitue, conformément à la loi de Lenz, une partie de cette énergie pour
lutter contre la baisse.
Si l’on place maintenant ce circuit dans un champ magnétique extérieur 𝐵 ⃗⃗𝑒𝑥𝑡 , l’énergie magnétique
1
totale sera : 𝑊𝑚 = 2 𝐿𝐼 2 − 𝐼𝑒𝑥𝑡 .

b) Cas de deux circuits filiformes:

Soient deux circuits (𝐶1 ) et (𝐶2 ) (figure 74) couplés par induction mutuelle M, de résistances 𝑅1 et 𝑅2 ,
d’inductances propres 𝐿1 et 𝐿2 et de f.é.m. 𝐸1 et 𝐸2 , tel que à 𝑡 = 0, 𝐼1 = 𝐼2 = 0. La loi d’Ohm permet
d’écrire :
d1
𝐸1 = 𝑅𝐼1 − 𝑒1 = 𝑅𝐼1 + avec 1 = 11 + 21 = 𝐿1 𝐼1 + 𝑀𝐼2 , d’où :
dt
𝑑𝐼1 𝑑𝐼2 𝑑𝐼2 𝑑𝐼1
𝐸1 = 𝑅𝐼1 + 𝐿1 +𝑀 , de même 𝐸2 = 𝑅𝐼2 + 𝐿2 +𝑀 avec
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑𝐼2
𝑀 : f.é.m. induite dans le circuit (𝐶1 ) par la variation de courant 𝐼2 dans le circuit (𝐶2 ).
𝑑𝑡
𝑑𝐼1
𝑀 : f.é.m. induite dans le circuit (𝐶2 ) par la variation de courant 𝐼1 dans le circuit (𝐶1 ).
𝑑𝑡

Figure 74

L’énergie fournie par E1 pendant 𝑑𝑡 est: 𝑑𝑊1 = E1 𝐼1 𝑑𝑡 = R𝐼12 dt + 𝐿1 𝐼1 d𝐼1 + 𝑀𝐼1 d𝐼2

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 58


L’énergie fournie par E2 pendant 𝑑𝑡 est: 𝑑𝑊1 = E2 𝐼2 𝑑𝑡 = R𝐼22 dt + 𝐿2 𝐼2 d𝐼2 + 𝑀𝐼2 d𝐼1
L’énergie électromagnétique totale (𝑊𝑚 ) est:
𝑑𝑊𝑚 = 𝐿1 𝐼1 d𝐼1 + 𝐿2 𝐼2 d𝐼2 + 𝑀𝐼1 d𝐼2 + 𝑀𝐼2 d𝐼1
1
𝑑𝑊𝑚 = 𝑑[𝐿1 𝐼12 + 𝐿2 𝐼22 + 2𝑀𝐼1 𝐼2 ]
2
1
D’où : 𝑊𝑚 = [𝐿1 𝐼12 + 𝐿2 𝐼22 + 2𝑀𝐼1 𝐼2 ]
2
Les deux premiers termes correspondent aux énergies magnétiques propres. Le troisième terme
correspond à l’énergie magnétique d’interaction mutuelle.
On peut également exprimer l’énergie totale 𝑊𝑚 emmagasinée par les deux circuits en fonction de
flux 1 et 2 avec 1 = 𝐿1 𝐼1 + 𝑀𝐼2 et 2 = 𝐿2 𝐼2 + 𝑀𝐼1 .
1
Pour deux circuits, on a : 𝑊𝑚 = 2 [1 𝐼1 + 2 𝐼2 ]
1
Pour n circuits filiformes, 𝑊𝑚 = ∑𝑛𝑖=1 𝑖 𝐼𝑖
2

c) Cas d’un circuit non filiforme


Pour un circuit filiforme, limitant une surface S, parcouru par un courant d’intensité I, l’énergie
magnétique 𝑊𝑚 est donnée par :
1 1 1
𝑊𝑚 = 𝐿𝐼 2 = 𝐼 = 𝐼 ∬ 𝐵 ⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = 1 𝐼 ∬ 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴⃗. 𝑑𝑆⃗ = 1 𝐼 ∮ 𝐴⃗. 𝑑𝑙⃗ (théorème de Stokes)
2 2 2 𝑆 2 𝑆 2 𝐶
Pour un circuit non filiforme, de section S, parcouru par un courant de densité 𝑗⃗ :
1
𝐼 = ∬ 𝑗⃗. 𝑑𝑆⃗ et 𝑊𝑚 = ∬ 𝑗⃗. 𝑑𝑆 ⃗⃗⃗⃗ ∮ 𝐴⃗. 𝑑𝑙⃗ = 1 ∭ 𝑗⃗ 𝐴⃗𝑑𝜏 = 1 ∭ 𝑗⃗ 𝐴⃗𝑑𝜏
𝑆 2 𝑆 𝐶 2 𝑉 2 𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒
1𝑟𝑜𝑡𝐵 1 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗
On sait que: 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗ = 𝜇0 𝑗⃗  𝑊𝑚 = ∭
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵 𝑗
⃗ ⃗𝑑𝜏 = ∭
𝐴 𝐴⃗𝑑𝜏
2 𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 2 𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 𝜇 0

Or 𝑑𝑖𝑣(𝐴⃗𝐵
⃗⃗ ) = 𝐵 𝑟𝑜𝑡𝐴⃗ − 𝐴⃗ 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
L’énergie électromagnétique devient :
1 1
𝑊𝑚 = ∭ 𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐴⃗𝑑𝜏 −
⃗⃗ 𝑟𝑜𝑡 ∭ 𝑑𝑖𝑣(𝐴⃗𝐵
⃗⃗ )𝑑𝜏
2𝜇0 𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 2𝜇0 𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒
∭𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑖𝑣(𝐴⃗𝐵
⃗⃗ )𝑑𝜏 = ∯ (𝐴⃗𝐵
𝑆
⃗⃗ ). 𝑑𝑆⃗ (théorème de Green-Ostrogradski)
où S est la surface limitant tout l’espace qui peut être considérée comme une surface sphérique de
rayon R infini.
Sur cette surface S, A ⃗⃗ est en 1/R2  (𝐴⃗𝐵
⃗⃗ est en 1/R et B ⃗⃗ ) est en 1/R3
𝐶𝑡𝑒
D’autre part, ∯𝑆 𝑑𝑆 = 4 𝜋𝑅 2 d’où ∯𝑆(𝐴⃗𝐵
⃗⃗ ). 𝑑𝑆⃗ = lim R2 = 0 où 𝐶𝑡𝑒 est une constante de
𝑅→∞ R5
proportionnalité.
1 1
𝑟𝑜𝑡𝐴⃗𝑑𝜏 = 2𝜇 ∭𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 𝐵 2 𝑑𝜏 = ∭𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑊𝑚
⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
Finalement, 𝑊𝑚 = 2𝜇 ∭𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 𝐵
0 0
𝐵2 𝑑𝜏
 𝑑𝑊𝑚 = .
2𝜇0
𝑑𝑊𝑚 𝐵2
Le rapport 𝜔 = = est la densité d’énergie magnétique.
𝑑𝜏 2𝜇0

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Chapitre IV: Courant alternatif

Les circuits en régime continu ont été étudiés auparavant, Dans ce chapitre, nous allons aborder
l’étude des circuits alimentés par des tensions alternatives sinusoïdales. Ces circuits sont en général
composés d’un élément actif (générateur à courant alternatif sinusoïdal) et d’éléments passifs
(résistances, condensateurs et bobines).
Contrairement au courant continu, un courant alternatif présente de faible perte d’énergie par effet
joule, c’est un courant électrique qui transporte des quantités d'électricité alternativement égales dans
un sens et dans l'autre. La forme la plus utilisée de courant alternatif est le courant sinusoïdal,
essentiellement pour la distribution commerciale de l'énergie électrique. La fréquence utilisée est le
plus souvent de 50 Hz sauf, par exemple, en Amérique du Nord où la fréquence est de 60 Hz.

I-Production et caractéristiques d’un courant alternatif sinusoïdal


I-1 : Production d’un courant sinusoïdal
Le principe de production de tensions sinusoïdales
monophasées repose sur les lois de l’induction
électromagnétique.
Les alternateurs monophasés (figure 66a) sont des types
des générateurs électriques produisant un courant
alternatif sinusoïdal et sont en général composés :
- d’une bobine à N spires tournant autour de l’axe z’z à
la vitesse angulaire constante ω (rotor) et d’un aimant
ou électroaimant (stator) produisant un champ Figure 66a
magnétique
uniforme ⃗B⃗ (figure 66b) Le mouvement de la bobine
dans le champ magnétique induit un courant. Celui-ci
change de sens à chaque demi-tour du rotor.
- d’un aimant ou électroaimant en rotation (rotor) avec
une vitesse angulaire 𝜔 et d’une bobine fixe (stator)
(figure 6-c).

Figure 66c
Figure 66b

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Le mouvement de rotation de l’aimant engendre
également un courant induit dans la bobine.
La différence du potentiel entre les bornes A et B de la bobine est égale à la f.é.m. induite, soit :
𝑑
𝑉𝐴 − 𝑉𝐵 = 𝑢(𝑡) = 𝑒 = −
𝑑𝑡
où  est le flux de 𝐵
⃗⃗ à travers la bobine.
A t = 0, ⃗B⃗ et ⃗⃗S sont colinéaires. A l’instant t le flux à travers la bobine est:
 = 𝑁1 = 𝑁𝐵
⃗⃗ . 𝑆⃗ = 𝑁𝐵
⃗⃗ . 𝑆𝑛⃗⃗ = 𝑁𝐵𝑆𝑐𝑜𝑠𝜔𝑡
où 𝑛⃗⃗ est le vecteur unitaire normale à la surface S. La tension sinusoïdale u(t) de pulsation ω aux
bornes de la bobine est:
𝑢(𝑡) = 𝑁𝐵𝑆𝜔𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡 = 𝐸𝑚 𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡
On choisit une origine des phases qui permet d’écrire: 𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 sin(𝜔𝑡 + 𝜑) où 𝜑 est la phase à
l’origine (𝑡 = 0) de 𝑢(𝑡).
Un courant induit 𝑖(𝑡) dans la bobine de même pulsation ω est donné par la loi d’ohm:
𝑒 𝑁𝐵𝑆𝜔
𝑖(𝑡) = = 𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡 = 𝐼𝑚 𝑠𝑖𝑛𝜔𝑡.
𝑅 𝑅
I-2 : Définition
Un courant alternatif est un courant
électrique souvent périodique (figure 67) tel que :
𝑖(𝑡) = 𝑓(𝑡) = 𝑓(𝑡 + 𝑛𝑇)
qui change de sens deux fois par période (figure 68):
𝑖(𝑡) = 𝑓(𝑡) = −𝑓(𝑡 + 𝑇/2)
c.à.d. que les charges électriques se déplacent Figure 67: Courant périodique
alternativement dans un sens puis dans l'autre où n est
un nombre entier et T est la période et son inverse 𝑓 =
1 /𝑇 est la fréquence.
La période est mesurée en secondes et la fréquence en
Hertz (Hz).
Le Hertz mesure le nombre d'allers-retours que réalise
le courant électrique durant une seconde. Figure 68 : Courant alternatif

En règle générale, le courant alternatif est de forme


sinusoïdale :

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I-3 : Courant sinusoïdal
Un courant alternatif est sinusoïdal, lorsque son
intensité est une fonction sinusoïdale du temps (figure
69) :
𝑖 = 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 sin(𝜔𝑡 + 𝜑)
ou 𝑖 = 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑)
i est la valeur instantanée du courant, Im est une
Figure 69 : Courant sinusoïdal
constante appelée amplitude du courant ou sa valeur
maximale. ω est appelée pulsation du courant
exprimée en 𝑟𝑎𝑑 𝑠 −1. Elle est reliée à la fréquence par 𝜔 = 2𝜋𝑓 et 𝜑 est la phase à l’origine (𝑡 = 0)
et (𝜔𝑡 + 𝜑) est la phase à l’instant t de 𝑖(𝑡).

I-4 : Intensité efficace :


1) Définition 1 :
La valeur efficace d’un courant alternatif est définie comme la racine carrée de la moyenne du carré
de l’intensité calculée sur une période :

1 𝑇2
𝐼𝑒𝑓𝑓 = √ ∫ 𝑖 (𝑡)𝑑𝑡
𝑇 0

Pour 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 sin(𝜔𝑡 + 𝜑),


2
𝐼𝑚 𝑇 𝐼2 𝑇 𝐼2 1 𝑇 2
𝐼𝑚
2
∫0 𝑠𝑖𝑛2 (𝜔𝑡 + 𝜑)𝑑𝑡 = 2𝑇
𝑚 𝑚
𝐼𝑒𝑓𝑓 = ∫0 (1 − cos 2(𝜔𝑡 + 𝜑)𝑑𝑡 = 2𝑇 [𝑡 + 2𝜔 sin 2(𝜔𝑡 + 𝜑)] =
𝑇 0 2
𝐼𝑚
Finalement, on a : 𝐼𝑒𝑓𝑓 =
√2

2) Définition 2 :

Le courant efficace 𝐼𝑒𝑓𝑓 est l’équivalent d’un courant continu qui dissiperait la même puissance dans
une même résistance. Autrement dit, l’intensité efficace d’un courant 𝑖(𝑡) (ou tension 𝑢(𝑡)) alternatif
est l’intensité d’un courant (tension) continu qui, passant dans la même résistance ohmique R que
𝑖(𝑡) (ou 𝑢(𝑡)) dégageraient pendant une période la même quantité de chaleur par effet joule.
La quantité de chaleur dégagée pendant T est :
𝑇 2
𝑅𝐼𝑚 𝑇 𝐼𝑚
2
𝑊 = 𝑅𝐼𝑒𝑓𝑓 𝑇 = ∫ 𝑅𝑖 2 (𝑡)𝑑𝑡 =  𝐼𝑒𝑓𝑓 =
0 2 √2
Remarque : Les valeurs indiquées par les appareils de mesure de type voltmètre ou ampèremètre
sont toujours des valeurs efficaces : « RMS » « Root-Mean-Square » : Valeur efficace en anglais

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I-5 : Valeur moyenne de 𝒊(𝒕)

L’intensité moyenne de 𝑖(𝑡) est:


1 𝑇 𝐼𝑚 𝑇 𝐼𝑚 −1 𝑇
𝑖𝑚𝑜𝑦 = 〈𝑖(𝑡)〉 = 𝑇 ∫0 𝑖(𝑡)𝑑𝑡 = ∫0 sin(𝜔𝑡 + 𝜑) 𝑑𝑡 = [ 𝜔 cos(𝜔𝑡 + 𝜑)] = 0.
𝑇 𝑇 0

Remarque :

A chaque instant, le courant alternatif agit comme le ferait le courant continu. En conséquence, les
études et les lois faites sur le courant continu sont applicables, à chaque instant, sur le courant
alternatif.

II: Représentation complexe


II-1 : Rappels sur les nombres complexes

Soit un point M du plan complexe. Ses coordonnées cartésiennes


(a, b) peuvent être déterminées en fonction des coordonnées
polaires (𝑟, 𝜃) (figure 70).
L’affixe du point M est : 𝑧 = 𝑎 + 𝑗𝑏 (forme algébrique) où 𝑎 =
𝑅𝑒(𝑧) est la partie réelle de 𝑧, 𝑏 = 𝐼𝑚(𝑧) sa partie imaginaire et
𝑗 le nombre complexe vérifiant 𝑗 2 = −1.
Le complexe 𝑧 a pour conjugué 𝑧 ∗ = 𝑎 − 𝑗𝑏 Figure 70
𝑒 𝑗𝜃 = 𝑐𝑜𝑠𝜃 + 𝑗𝑠𝑖𝑛𝜃
En utilisant les relations d’Euler { −𝑗𝜃 , le
𝑒 = 𝑐𝑜𝑠𝜃 − 𝑗𝑠𝑖𝑛𝜃
nombre z devient :
𝑧 = 𝑟(𝑐𝑜𝑠𝜃 + 𝑗𝑠𝑖𝑛𝜃) = 𝑟𝑒 𝑗𝜃 = |𝑧|𝑒 𝑗𝜃 (forme trigonométrique
ou polaire) (figure 71). Figure 71

Le module de 𝑧 noté |𝑧| a pour expression: |𝑧| = √𝑧𝑧 ∗ = √𝑎2 + 𝑏 2


𝑏
𝜃 = 𝐴𝑟𝑔 𝑧 est l’argument du nombre complexe z défini tel que: 𝑡𝑎𝑛𝜃 =  𝜃 = arctan( 𝑏/𝑎) .
𝑎
Soient 𝑧1 = 𝑎1 + 𝑗𝑏1 et 𝑧2 = 𝑎2 + 𝑗𝑏2
|𝑧1 𝑧2 | = |𝑧1 ||𝑧2 | et 𝐴𝑟𝑔(𝑧1 𝑧2 ) = 𝐴𝑟𝑔(𝑧1 ) + 𝐴𝑟𝑔(𝑧2 )
𝑧 |𝑧 | 𝑧
| 1 | = |𝑧1| et 𝐴𝑟𝑔 ( 1) = 𝐴𝑟𝑔(𝑧1 ) − 𝐴𝑟𝑔(𝑧2 )
𝑧2 2 𝑧2

II-2 : Représentation complexe

Soit un signal sinusoïdal d’expression mathématique 𝑥(𝑡) = 𝑋𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑), on lui associe une
grandeur complexe:
𝑥̅ (𝑡) = 𝑋𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝜑) = 𝑋𝑚 𝑒 𝑗𝜔𝑡 𝑒 𝑗𝜑

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 63


En régime sinusoïdal, tous les éléments du circuit varient avec la même pulsation, par conséquent
le terme 𝑒 𝑗𝜔𝑡 est commun à la représentation de toutes les grandeurs sinusoïdales du circuit
et peut donc être simplifié.

𝑥(𝑡) est la partie réelle de la fonction complexe associée : 𝑥(𝑡) = 𝑅𝑒(𝑥̅ (𝑡))
On pourra également définir une amplitude complexe : 𝑋̅𝑚 = 𝑋𝑚 𝑒 𝑗𝜑 , cette grandeur complexe est
appelé phaseur. On peut donc écrire 𝑥̅ (𝑡) sous la forme : 𝑥̅ (𝑡) = 𝑋̅𝑚 𝑒 𝑗𝜔𝑡 .
L’amplitude 𝑋𝑚 est le module de la fonction complexe associée : 𝑋𝑚 = |𝑋̅𝑚 |

Remarque :

Cette représentation permet de faciliter les calculs dans l’étude des réseaux en courant alternatif.

II-3 : Représentation de Fresnel


Pour pouvoir résoudre les circuits alternatifs
complexes sans trop de difficultés, on représente
tensions et courants par des vecteurs tournants. Dans
le plan (𝑥, 𝑦), on associe à une fonction sinusoïdale
𝑥(𝑡) = 𝐴 cos(𝜔𝑡 + 𝜑) un vecteur 𝑋⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 appelé
vecteur de Fresnel qui tourne autour du point fixe O
à la vitesse angulaire ω. Son module est égale à 𝐴 et
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , 𝑂𝑀
d’angle orienté (𝑂𝑥 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ) = (𝜔𝑡 + 𝜑 ) avec 𝑂𝑥
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
l’axe origine des phases. Cette représentation est
appelée représentation de Fresnel (figure 72). Figure 72
La méthode de Fresnel permet de mettre en évidence les P
déphasages relatifs des différentes grandeurs
sinusoïdales de même pulsation 𝜔 et d’effectuer des
opérations élémentaires (addition, soustraction).
Soient deux grandeurs physiques 𝑥1 (𝑡) et 𝑥2 (𝑡) telle
que (figure 73a):
𝑥(𝑡) = 𝑥1 (𝑡) + 𝑥2 (𝑡) avec :
𝑥1 (𝑡) = 𝐴1 cos(𝜔𝑡 + 𝜑1 ) 𝑒𝑡 𝑥2 (𝑡) = 𝐴2 cos(𝜔𝑡 + 𝜑2 )
Figure 73a
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗1 | = 𝐴1
|𝑂𝑀
𝑥1 (𝑡) → ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀1 {
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , 𝑂𝑀
(𝑂𝑥 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗1 ) = 𝜔𝑡 + 𝜑1
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗2 | = 𝐴2
|𝑂𝑀 t
𝑥2 (𝑡) → ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀2 {
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
(𝑂𝑥 𝑂𝑀2 ) = 𝜔𝑡 + 𝜑2

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 64


⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗| = 𝐴
|𝑂𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = (𝑂𝑀
𝑥(𝑡) = 𝐴 cos(𝜔𝑡 + 𝜑) = 𝑥1 (𝑡) + 𝑥2 (𝑡) → 𝑂𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗1 + 𝑂𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗2 ) {
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
(𝑂𝑥 𝑂𝑀) = 𝜔𝑡 + 𝜑
En pratique, comme tous les vecteurs considérés tournent autour de O avec la même vitesse angulaire
ω, on peut simplifier la représentation en considérant les vecteurs à l’instant 𝑡 = 0 (figure 73 b). On
notera le vecteur :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗1 (𝐴1 , 𝜑1 ),
𝑥1 (𝑡) → 𝑂𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗2 (𝐴2 , 𝜑2 )
𝑥2 (𝑡) → 𝑂𝑀 et ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝐴, 𝜑).
𝑥(𝑡) → 𝑂𝑀
L’amplitude de la grandeur sinusoïdale 𝑥(𝑡) est :

⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗| = √⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐴 = |𝑂𝑀 𝑂𝑀. ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗1 + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 = √(𝑂𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗1 + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀2 ). (𝑂𝑀 𝑂𝑀2 ) = √A21 + A22 + 2𝐴1 𝐴2 cos(𝜑2 − 𝜑1 )

Figure 73b

̅̅̅̅̅
𝑚𝑀 𝑚𝐻 ̅̅̅̅̅̅1 + ̅̅̅̅̅̅
𝐻1 𝑀 ̅̅̅̅̅̅̅̅
𝑚1 𝑀1 + ̅̅̅̅̅̅
𝑚𝐻2 ̅̅̅̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅̅̅̅
𝑚1 𝑀1 + 𝑚 2 𝑀2
tan(𝜑) = = = =
̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅̅
𝑂𝑚 0𝑚1 + ̅̅̅̅̅̅̅ 𝑚1 𝑚 ̅̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅̅
0𝑚1 + 0𝑚2 ̅̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅̅
0𝑚1 + 0𝑚2
Or ̅̅̅̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅̅̅̅
𝑚1 𝑀1 = 𝐴1 𝑠𝑖𝑛𝜑1 , 𝑚 ̅̅̅̅̅̅ ̅̅̅̅̅̅
2 𝑀2 = 𝐴2 𝑠𝑖𝑛𝜑2 , 0𝑚1 = 𝐴1 𝑐𝑜𝑠𝜑1 et 0𝑚2 = 𝐴2 𝑐𝑜𝑠𝜑2
𝐴1 𝑠𝑖𝑛𝜑1 +𝐴2 𝑠𝑖𝑛𝜑2
 tan(𝜑) =
𝐴1 𝑐𝑜𝑠𝜑1 +𝐴2 𝑐𝑜𝑠𝜑2

Exemple (figure 74):


𝜋
𝑥1 (𝑡) = 3 sin(𝜔𝑡), 𝑥2 (𝑡) = 4 sin (𝜔𝑡 + 2 )

|𝑉 ⃗⃗1 | = 3𝑐𝑚 |𝑉⃗⃗2 | = 4𝑐𝑚


⃗⃗1 {
𝑥1 → 𝑉 , 𝑥2 → 𝑉⃗⃗2 { 𝜋
𝜑1 = (𝑂𝑥 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , 𝑉
⃗⃗1 ) = 0 𝜑2 = (𝑂𝑥 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , 𝑉
⃗⃗2 ) =
2
|𝑉⃗⃗ | 2 2
⃗⃗ {
𝑥→𝑉 , |𝑉 ⃗⃗ | = √|𝑉⃗⃗1 | + |𝑉
⃗⃗2 | = 5cm
𝜑 = (𝑂𝑥⃗⃗⃗⃗⃗⃗ , 𝑉⃗⃗ )
⃗⃗ |
|𝑉
𝑡𝑎𝑛𝜑 = |𝑉⃗⃗2 | = 1,33  𝜑 = 53° (0.3𝜋). Figure 74
1

D’où 𝑥(𝑡) = 𝑥1 (𝑡) + 𝑥2 (𝑡) = 5 sin(𝜔𝑡 + 0.3𝜋).

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180
𝜑(°) = 𝜑(𝑟𝑎𝑑).
𝜋

II-4 : Impédance et Admittance complexe


L’impédance complexe 𝑍̅ d’un dipôle en régime permanent sinusoïdal est le quotient de la tension
complexe 𝑢̅(𝑡) = 𝑈𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝛼) par le courant complexe 𝑖̅(𝑡) = 𝐼𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝛽) :
̅
𝑢 𝑈 𝑈 𝑈
𝑍̅ = 𝑖̅ = 𝐼 𝑚 𝑒 𝑗(𝛼−𝛽) = 𝐼 𝑚 𝑒 𝑗𝜑 = 𝑍𝑒 𝑗𝜑 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑍 = |𝑍̅| = 𝐼 𝑚 (forme polaire)
𝑚 𝑚 𝑚

𝑍 est le module mesuré en Ohm () et 𝜑 = 𝛼 − 𝛽 est le déphasage entre la tension et le courant, il
peut être positif ou négatif ou nul.
L’admittance complexe 𝑌 est l’inverse de l’impédance, ou en d’autres termes :
1 𝑖̅
𝑌= =
𝑍̅ 𝑢̅
II-5 : Définitions de la résistance et de la réactance
La partie réelle de l’impédance complexe est appelée la résistance R
du dipôle correspondant :
𝑈𝑚
𝑅 = 𝑅𝑒(𝑍̅) = 𝑐𝑜𝑠𝜑 = |𝑍̅|𝑐𝑜𝑠𝜑
𝐼𝑚
La partie imaginaire de l’impédance complexe est appelée la
réactance X du dipôle correspondant :
𝑈𝑚
𝑋 = 𝐼𝑚(𝑍̅) = 𝑠𝑖𝑛𝜑 = |𝑍̅|𝑠𝑖𝑛𝜑 Figure 75
𝐼𝑚
D’où, l’impédance complexe 𝑍̅ d’un circuit électrique, sous forme cartésienne est: 𝑍̅ = 𝑅 + 𝑗𝑋,
avec les équations de transformations : 𝑅 = 𝑍𝑐𝑜𝑠𝜑, 𝑋 = 𝑍𝑠𝑖𝑛𝜑, 𝑍 = √𝑅 2 + 𝑋 2 et
𝜑 = arctan(𝑋/𝑅) comme le montre le diagramme d’impédance (figure 75).
III- Circuits électriques en régimes quasi-stationnaires: cas des circuits sinusoïdaux
III-1 : Régime permanent et régime variable
Définitions
 On parle de réseau en régime continu (ou stationnaire ou permanent) lorsque les
grandeurs (intensité, courant, charge. . .) sont indépendantes du temps.
 Un réseau électrique fonctionne en régime variable lorsque les grandeurs qui lui sont
associées varient au cours du temps (i(t), u(t), q(t). . .).

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 66


III-2 : Approximation des régimes quasi-stationnaires
Soit le circuit ci-contre. Le condensateur C est initialement
déchargé. Après la fermeture de l’interrupteur K, les ampèremètres
vont-ils indiquer, à chaque instant, la même valeur de l’intensité ?
Réponse : en toute rigueur, non
Ainsi, en toute rigueur, 𝑖𝑁 (𝑡) est en retard sur l’intensité 𝑖𝑀 (𝑡) avec
𝑖𝑁 (𝑡) = 𝑖𝑀 (𝑡 − 𝜏) où 𝜏 est la durée de propagation du signal électrique de M à N. Pourtant, en régime
variable (sinusoïdal le plus souvent) nous considérerons que l’intensité est la même en tous points
d’une même branche, sous certaines conditions :
𝑀𝑁
La durée de propagation 𝜏 = soit négligeable devant les durées caractéristiques du régime étudié
𝐶

(période 𝑇 lorsque le signal est périodique) (𝜏 ≪ 𝑇)  𝑖𝑁 (𝑡) = 𝑖𝑀 (𝑡) = 𝑖(𝑡), c’est l’approximation
des régimes quasi-stationnaires (ARQS) ou quasi-permanents ARQP).
𝜏 ≪ 𝑇  ≫ 𝑙 où l est la dimension caractéristique du circuit et  = 𝑐 𝑇 est la longueur d’onde du
signal sinusoïdal avec 𝑐 = 3. 108 la célérité de la lumière.
Exemple : Soit un Circuit électrique de dimensions inférieur à 1𝑚 (𝑙 < 1𝑚), alimenté par un signal
𝑐 3𝑥108
de fréquence 𝑓 = 100𝑀𝐻𝑧. Comme  = 𝑐. 𝑇 = 𝑓 = = 3 > 𝑙, ce circuit pourra donc être étudié
108

dans l’A.R.Q.S.
III-3 : Les éléments passifs en courant alternatif
Lorsqu’on applique une tension alternative (𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 + 𝜑) ) aux bornes d’un élément
passif (résistance, bobine, condensateur, etc.), on constate qu’après un bref instant (régime
transitoire), il s’établit un courant alternatif (régime permanent) de même pulsation que 𝑢(𝑡) : 𝑖(𝑡) =
𝐼𝑚 sin(𝜔𝑡 + 𝜑 ′ ). La différence de phase (𝜑 ′ − 𝜑) est appelée déphasage de 𝒊(𝒕) par rapport à 𝒖(𝒕).
 Si 𝜑 ′ − 𝜑 < 0, on dit que la tension est en avance de phase sur le courant
 Si 𝜑 ′ − 𝜑 > 0, on dit que la tension est en retard de phase par rapport au courant
 Si 𝜑 ′ − 𝜑 est nul alors 𝑖(𝑡) et 𝑢(𝑡) sont dits en phase.
𝜋
 Si 𝜑 ′ − 𝜑 = ± 2 , 𝑢(𝑡) et 𝑖(𝑡) sont en quadrature de phase
 Si 𝜑 ′ − 𝜑 = ±𝜋, 𝑢(𝑡)et 𝑖(𝑡)sont en opposition de phase

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 67


III-3-1 : Circuit ne comprenant qu’une seule résistance
Sur la figure 76, une résistance R est alimentée par une
source de f.é.m. alternative 𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + ) et
sera parcourue par un courant alternatif 𝑖(𝑡).
D’après la loi d’Ohm :
𝑢(𝑡) 𝑈𝑚
𝑢(𝑡) = 𝑅 𝑖(𝑡) 𝑖(𝑡) = = 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + )
𝑅 𝑅
𝑈𝑚
𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + ) avec 𝑰𝒎 = .
𝑅
Le courant 𝑖(𝑡) et la tension 𝑢(𝑡) ont la même
fréquence 𝑓 = 𝜔/2𝜋 et sont en phase comme l’illustre Figure 76
la figure 77.
Représentation de Fresnel :
F
ig ∆  = 𝜑𝑅 = 0
Figure 77
ur
e
72

En notation complexe :
La relation en valeur instantanée 𝑢(𝑡) = 𝑅 𝑖(𝑡) entre
tension et courant dans une résistance R se traduit pour
le régime sinusoïdal en valeur complexe par:
𝑢̅(𝑡) = 𝑅 𝑖̅(𝑡)
̅(𝑡)
𝑢
L’impédance complexe 𝑍̅=𝑍̅𝑅 est : 𝑍̅𝑅 = 𝑖̅(𝑡) = 𝑅 
∆ = 0 est le déphasage entre 𝑢(𝑡) et 𝑖(𝑡) car la
réactance 𝑋 = 0. Figure 78

Le diagramme de Fresnel est représenté sur la figure 78.


III-3-2 : Circuit comprenant qu’une capacité pure
Considérons un condensateur de capacité C connecté aux
bornes d'une source de f.é.m. alternative :
𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + ) (figure 79). Supposons que
celle-ci produit un courant sinusoïdal 𝑖(𝑡) donné par :
𝑑𝑞 𝑑𝑢
𝑖(𝑡) = =𝐶 = −𝐶𝜔𝑈𝑚 sin((𝜔𝑡 + ))
𝑑𝑡 𝑑𝑡
= 𝐶𝜔𝑈𝑚 cos((𝜔𝑡 +  + 𝜋/2))
Figure 79
𝑼𝒎 = 𝑹𝑰𝒎
A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 68
Soit 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + ′) avec 𝐼𝑚 = 𝐶𝜔𝑈𝑚 et ′ =
𝜋
 + 2  ∆ = 𝜑𝐶 =  − ′ = −𝜋/2 le déphasage entre
la tension 𝑢(𝑡) et le courant 𝑖(𝑡)  le courant 𝑖(𝑡) est en
avance de phase de 𝜋/2 par rapport à la tension 𝑢(𝑡)
(figure 80).
𝑈𝑚 1
𝐼𝑚 = 𝐶𝜔𝑈𝑚  = 𝐶𝜔 = |𝑍𝐶 | s’appelle la réactance
𝐼𝑚

de la capacité.
La représentation de Fresnel est montrée sur la figure
𝑰𝒎 Figure 80
81.

En notation complexe, si on associe à 𝑢(𝑡) le complexe 𝑢̅(𝑡) = 𝑈𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+) alors :


̅(𝑡)
𝑑𝑢 1
𝑖̅(𝑡) = 𝐶 = 𝑗𝐶𝜔𝑈𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+) = 𝑗𝐶𝜔𝑢̅(𝑡)  𝑢̅(𝑡) = 𝑖̅(𝑡) = Z̅C 𝑖̅(𝑡)
𝑑𝑡 𝑗𝐶𝜔
1 𝑗
d’où Z̅C = 𝑗𝐶𝜔 = − 𝐶𝜔 est l’impédance complexe associée à la capacité C (𝑅𝑒(Z̅C ) = 0).
Le diagramme de Fresnel est représenté sur la figure 82.

Figure 81 Figure 82

Remarque :
̅ C nous permet de définir le comportement du condensateur à basses et hautes
F Z
Cette impédance
fréquences
ig :
— En basses
u fréquences (𝜔 → 0), l’impédance du condensateur tend vers l’infini, celle-ci étant
homogèner à une résistance, on peut dire que le condensateur se comporte comme un interrupteur
ouvert.
e
— En hautes fréquences (𝜔 → ∞), l’impédance du condensateur tend vers zéro, on peut dire que
7
le condensateur se comporte comme un interrupteur fermé.
8

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 69


III-3-3 : Circuit comprenant qu’une inductance pure
Soit le circuit représenté sur la figure 83 contenant un
inducteur d'inductance L connecté aux bornes d'une source de
f.é.m. alternative, 𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 + ) . Supposons que
cette source produit un courant sinusoïdal 𝑖(𝑡) tel que :
𝑑 𝑑(𝐿𝑖(𝑡)) 𝑑𝑖(𝑡)
𝑢(𝑡) = = =𝐿
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 Figure 83

1 1
 𝑖(𝑡) = ∫ 𝑢(𝑡)𝑑𝑡 = 𝑈 sin(𝜔𝑡 + )
𝐿 𝐿𝜔 𝑚
1
= 𝑈 cos(𝜔𝑡 +  − 𝜋/2)
𝐿𝜔 𝑚
1
Soit 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + ′) avec 𝐼𝑚 = 𝐿𝜔 𝑈𝑚 et

′ =  − 𝜋/2  ∆ = 𝜑𝐿 =  − ′ = 𝜋/2  le
courant 𝑖(𝑡) dans la self est en retard de phase de
𝜋/2 par rapport à la tension 𝑢(𝑡) (figure 84). Figure 84
𝑈𝑚
L’impédance de la self est |𝑍𝐿 | = = 𝐿𝜔. Pour la représentation de Fresnel, voir figure 85.
𝐼𝑚

En notation complexe, si on associe à 𝑢(𝑡) le complexe 𝑢̅(𝑡) = 𝑈𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+) alors :


1 1 1
𝑖̅(𝑡) = ∫ 𝑢̅(𝑡)𝑑𝑡 = 𝑈𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+) = 𝑢̅(𝑡)
𝐿 𝑗𝐿𝜔 𝑗𝐿𝜔
 𝑢̅(𝑡) = 𝑗𝐿𝜔𝑖̅(𝑡) = Z̅L 𝑖̅(𝑡)  Z̅L = 𝑗𝐿𝜔 est l’impédance complexe associée à l’inductance 𝐿.
Le diagramme de Fresnel est représenté sur la figure 86.
1
L’admittance est YL = 𝑗𝐿𝜔.

Figure 85 Figure 86

Remarque :
Le module de l’impédance d’une inductance |Z̅L | = 𝐿𝜔 varie linéairement avec la fréquence. Ainsi,
à fréquence nulle (courant continu), l’impédance ZL est également nulle (𝑍𝐿 = 0) et la bobine se

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 70


comporte comme un fil (court-circuit). Lorsque la fréquence tend vers l’infini, cette impédance se
comporte de plus en plus comme un circuit ouvert.

III-3-4 : Association des impédances en série et parallèle

Les lois, relatives aux associations des résistances en courants continus restent valables en
courants sinusoïdaux lorsqu’on utilise les impédances complexes.

III.3.4.1 : Impédances montées en série.

La figure 87 ci-contre montre que :


̅=𝑈
𝑈 ̅𝐴𝐵 = 𝑈
̅𝐴𝑀 + 𝑈
̅𝑀𝑁 + 𝑈
̅𝑁𝐵
Or Toutes les impédances sont traversées par le même
+ −
courant i, d’où
̅ = 𝑍̅𝐼 ̅ = 𝑍1̅ 𝐼 ̅ + 𝑍2̅ 𝐼 ̅ + 𝑍3̅ 𝐼 ̅ = (𝑍1̅ + 𝑍2̅ + 𝑍̅3 )𝐼 ̅
𝑈
Figure 87
 𝑍̅ = 𝑍̅ 1 + 𝑍̅ 2 + 𝑍̅ 3
Dans le cas de n impédances, on obtient :
𝑛

𝑍̅𝑒𝑞 = ∑ 𝑍𝑖̅
𝑖=1
III.3.4.2. Impédances montées en parallèle.

La figure 88 ci-contre montre que :


̅ = 𝑍̅𝐼 ̅ = 𝑍1̅ 𝐼 ̅ = 𝑍2̅ 𝐼 ̅ = 𝑍̅3 𝐼 ̅
𝑈
L’équation du noeud en A donne :
1 1 1 𝑈̅
𝐼 ̅ = (𝐼1̅ + 𝐼2̅ + 𝐼3̅ ) = 𝑈
̅( + + ) =
𝑍̅ 𝑍̅ 𝑍̅ 1 2 3 𝑍̅
1 1 1 1
 𝑍̅ = (𝑍̅ + 𝑍̅ + 𝑍̅ )
1 2 3

Dans le cas de n impédances, on obtient :


Figure 88
1 1 1 ̅
𝑈 1 1
𝐼̅ = 𝑈
̅( + +⋯+ ) =  = ∑𝑛𝑖=1 𝑍̅
𝑍̅ 𝑍̅
1 𝑍̅ 2 𝑛 𝑍̅𝑒𝑞 𝑍̅𝑒𝑞 𝑖

Remarque :
Pour des éléments passifs branchés en parallèle, l’admittance complexe de l’élément passif
équivalent est la somme des admittances de chaque élément de l’association considérée :
𝑛

𝑌̅𝑒𝑞 = ∑ 𝑌̅𝑖
𝑖=1

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 71


Exemple :

Déterminer l’impédance 𝑍𝐴𝐵 équivalente au circuit


alimenté par la tension 𝑢(𝑡) et représenté sur la figure
ci-contre (figure 89).
A.N : 𝑅 = 1 𝑘Ω, 𝐶 = 1𝜇𝐹, 𝑓 = 5 𝑘𝐻𝑧
𝑍𝐴𝐵 = 𝑍𝐴𝐶 + 𝑍𝐶𝐵
1 𝑗
𝑍𝐴𝐶 = 𝑅 + =𝑅−
𝑗𝐶𝜔 𝐶𝜔
1 1 𝑅
= + 𝑗𝐶𝜔  𝑍𝐶𝐵 =
𝑍𝐶𝐵 𝑅 1+𝑅𝑗𝐶𝜔
𝑗 𝑅(1−𝑅𝑗𝐶𝜔)
D’où 𝑍𝐴𝐵 = 𝑅 − 𝐶𝜔 + Figure 89
1+(𝑅𝐶𝜔)2

1 1 𝑅 2 𝐶𝜔
̅ = 𝑅 (1 +
𝑍𝐴𝐵 ) − 𝑗( + )
1 + (𝑅𝐶𝜔)2 𝐶𝜔 1 + (𝑅𝐶𝜔)2
̅ = 1 + 𝑗0,4)103 Ω, Zpolaire : 𝑍 = 1,03103 Ω et 𝜑 = 22°.
A.N : 𝑍𝐴𝐵

IV : Les réseaux électriques en courant alternatif


L’introduction en régime sinusoïdal permanent du concept d’impédance permet de généraliser la loi
d’Ohm pour les circuits contenant des éléments linéaires résistifs, inductifs et capacitifs en utilisant
la notation complexe :
̅ = 𝑍̅𝐼 .̅
𝑈
Comme la loi d’Ohm reste valable dans la représentation complexe d’un circuit, toutes les lois
d’électricité utilisées en régime continu restent valables dans ce modèle.

IV-1 : Lois de Kirchhoff en régime sinusoïdal


Les lois de Kirchhoff en courant continu restent valables en courant alternatif pour les valeurs
instantanées et les grandeurs complexes, elles s’expriment de la manière suivante :

IV-1-1 : Loi des nœuds

A un instant t quelconque, la somme algébrique des intensités


des courants en un nœud d’un réseau est nulle (figure 90),
soit :∑𝑘 𝜀𝑘 𝑖𝑘 (𝑡) = 0 avec 𝜀𝑘 =
+1 𝑠𝑖 𝑙𝑒 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑠𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑛𝑡
{
−1 𝑠𝑖 𝑙𝑒 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑠𝑡 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡
En représentation complexe : ∑𝑘 𝜀𝑘 𝑖𝑘 (𝑡) = 0  ∑𝑘 𝜀𝑘 𝐼𝑘̅ = 0
Figure 90
A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 72
IV-1-2 : Loi des mailles

A un instant t quelconque, la somme algébrique des tensions aux


bornes des différents éléments d’une maille du réseau est nulle,
(figure 91) soit : ∑𝑘 𝜀𝑘 𝑢𝑘 (𝑡) = 0
où 𝜀𝑘 = 1 si le sens de parcours de la maille est le même que le
sens d’orientation de la tension et 𝜀𝑘 = −1 si le sens de parcours
de la maille est le sens contraire du sens d’orientation de la
tension.
Figure 91
En représentation complexe : ∑𝑘 𝜀𝑘 𝑢(𝑡) = 0  ∑𝑘 𝜀𝑘 𝑈
̅𝑘 = 0.

IV-2 : Théorèmes généraux

VI-2-1 : Théorème de superposition:


Si le réseau contient plusieurs générateurs, le
courant dans une branche quelconque du réseau
est la somme algébrique des courants (dans cette
même branche) lorsque chaque générateur est
considéré seul dans le réseau et les autres sont
remplacés par leurs impédances internes. Dans cet
exemple (figure 92) : 𝐼 = 𝐼1 + 𝐼2
Figure 92
IV-2-2 : Théorème de Thevenin
On peut remplacer tout circuit linéaire (figure 93) contenant des générateurs et des composants
passifs, qui alimente par les bornes A et B un dipôle D, par un générateur de tension de f.é.m. 𝐸̅𝑇ℎ
en série avec une impédance interne 𝑍̅𝑇ℎ . La f.é.m. 𝐸̅𝑇ℎ du générateur est égale à la d.d.p mesurée
entre A et B quand le dipôle D est débranché. L’impédance 𝑍̅𝑇ℎ est égale à l’impédance équivalente
mesurée entre A et B quand le dipôle D est débranché et que tous les générateurs sont remplacés par
leurs impédances internes (toutes les sources d’excitation du circuit sont annulées, c.à.d. tous les
générateurs de tension idéaux sont remplacés par des courts-circuits et les générateurs de courant
idéaux sont remplacés par des circuits ouverts).

Figure 93

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 73


̅𝑇ℎ
𝐸
Ainsi, nous avons la relation suivante : 𝑉̅ = 𝑍𝐷̅ 𝐼 = 𝐸̅𝑇ℎ − 𝑍̅𝑇ℎ 𝐼  𝐼 =
𝑍̅𝐷 +𝑍̅𝑁
IV-2-3 : Théorème de Norton:
On peut remplacer tout circuit linéaire (figure 94), contenant des générateurs et des composants
passifs qui alimente par les bornes A et B un dipôle D, par un générateur de courant 𝐼𝑁̅ en parallèle
avec une impédance 𝑍𝑁 ̅ . L’intensité de courant 𝐼𝑁̅ du générateur est égale au courant de court-
̅ est égale à la résistance mesurée
circuit entre A et B quand le dipôle D est débranché. La résistance 𝑍𝑁
entre A et B quand le dipôle D est débranché et que les générateurs sont remplacés par leurs
résistances internes.

Figure 89

𝑍̅𝑁 𝐼𝑁
̅
̅ (𝐼𝑁̅ − 𝐼) = 𝑍̅𝐷 𝐼  𝐼 =
𝑉̅𝐴𝐵 = 𝑍𝑁
𝑍̅𝐷 +𝑍̅𝑁

Figure 90

IV-2-3 : Équivalence Thévenin-Norton et passage Thévenin ↔ Norton

Les schémas équivalents de Thévenin et de Norton sont transposables l’un à l’autre (figure 95).
Vue de AB (sources éteintes) :
𝑍̅𝑁 = 𝑍̅𝑇ℎ
A vide : 𝑉̅𝐴𝐵 = 𝐸̅𝑇ℎ = 𝑍̅𝑁 𝐼𝑁̅
 𝐸̅𝑇ℎ = 𝑍̅𝑇ℎ 𝐼𝑁̅

Figure 91

IV-3 : Circuit RLC en série dans un régime sinusoïdal permanant

Soit le circuit RLC (figure 96) comportant une résistance R, un inducteur d'inductance L et un
condensateur de capacité C, montés en série et alimenté par un générateur de basses fréquences
(G.B.F.) de tension : 𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 cos𝜔𝑡 et parcouru par un courant 𝑖(𝑡).

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 74


Figure 92
D’après la 2éme loi de Kirchhoff, la d.d.p aux bornes du circuit est donnée par :
𝑢(𝑡) = 𝑈𝑅 (𝑡) + 𝑈𝐿 (𝑡) + 𝑈𝐶 (𝑡)
𝑑𝑖(𝑡)
Selon la loi d’Ohm : 𝑢(𝑡) = 𝑅𝑖(𝑡) + 𝐿 + 𝑞/𝐶
𝑑𝑡
𝑑𝑞
Or =  q = ∫ 𝑖(𝑡)𝑑𝑡 , d’où
𝑑𝑡
𝑑𝑖(𝑡) 1
𝑢(𝑡) = 𝑅𝑖(𝑡) + 𝐿 + ∫ 𝑖(𝑡)𝑑𝑡
𝑑𝑡 𝐶
qui peut encore s’écrire en fonction de la charge q :
𝑑2𝑞 𝑑𝑞 𝑞
2
𝐿
+𝑅 + = 𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 cos𝜔𝑡
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝐶
C’est une équation différentielle du second ordre avec les conditions initiales suivantes :
à 𝑡 = 0 , 𝑞 = 0 et 𝑖 = 0.
La solution générale de cette équation avec second membre est égale à la somme de la solution
générale de l’équation sans second membre et d’une solution particulière de l’équation avec second
membre : 𝑞(𝑡) = 𝑞𝑆𝐺𝐸𝑆𝑆𝑀 (𝑡) + 𝑞𝑆𝑃𝐸𝐴𝑆𝑀 (𝑡)
𝑑2 𝑞 𝑅 𝑑𝑞 𝑞
L’équation générale sans second membre est : + + = 0 qui peut encore s’écrire :
𝑑𝑡 2 𝐿 𝑑𝑡 𝐿𝐶
𝑑2 𝑞 𝑑𝑞 𝑅
+ 2 𝑑𝑡 + 𝜔02 𝑞 = 0 avec  = 2𝐿 (𝑒𝑛 𝑠 −1 ) est le coefficient d’amortissement du circuit et
𝑑𝑡 2
1
𝜔0 = (en (𝑠 −1 ) est la pulsation propre du circuit.
√𝐿𝐶

L’équation caractéristique est : 𝑟 2 + 2𝑟 + 𝜔02 = 0


∆′ = 2 − 𝜔02
1er cas : ∆′ > 0 ⟹ 2 racines réelles et négatives : c’est le régime amorti

𝑟1 = − − √2 − 𝜔02 et 𝑟2 = − + √2 − 𝜔02

−𝑡√2 −𝜔02 𝑡√2 −𝜔02


La solution générale est de la forme 𝑞(𝑡) = 𝑞𝑆𝐺𝐸𝑆𝑆𝑀 (𝑡) = 𝑒 −𝑡 (𝐴1 𝑒 + 𝐴2 𝑒 )

𝑑𝑞 −𝑡√2 −𝜔02 𝑡√2 −𝜔02


 𝑖(𝑡) = = 𝑒 −𝑡 (𝐴1 𝑟1 𝑒 + 𝐴2 𝑟2 𝑒 ) = 𝑓(𝑡)𝑒 −𝑡
𝑑𝑡

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 75


2éme cas : ∆′ < 0 (régime pseudo-périodique oscillant) ⟹ 2 racines complexes :

𝑟1,2 = − ± 𝑗√𝜔02 − 2 = − ± 𝑗

La solution générale est de la forme 𝑞(𝑡) = 𝑒 −𝑡 (𝐵1 𝑒 −𝑗 𝑡 + 𝐵2 𝑒 𝑗 𝑡 ) qu’on peut écrire encore
sous la forme : 𝑞(𝑡) = 𝑞𝑆𝐺𝐸𝑆𝑆𝑀 (𝑡) = 𝐵𝑒 −𝑡 cos( 𝑡 + )  𝑖(𝑡) = 𝑒 −𝑡 𝑔(𝑡)
3éme cas : ∆′ = 0 (régime critique)  une seule racine double : 𝑟 = −
𝑞(𝑡) = (𝐴 + 𝐵𝑡)𝑒 −𝑡  𝑖(𝑡) = ℎ(𝑡)𝑒 −𝑡
La solution particulière de l’équation avec second membre est donnée par :
𝑞𝑆𝑃𝐸𝐴𝑆𝑀 (𝑡) = 𝐶 cos(𝜔𝑡 + )
d’où 𝑖𝑆𝑃𝐸𝐴𝑆𝑀 (𝑡) = −𝐶𝜔 sin(𝜔𝑡 + ) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑)
La solution générale de l’équation avec second membre pour le courant est donc de la forme :
𝑖(𝑡) = 𝐹(𝑡)𝑒 −𝑡 + 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑)
où 𝐹(𝑡)𝑒 −𝑡 est la solution générale et 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑) est la solution particulière.
En régime permanent: 𝐹(𝑡)𝑒 −𝑡 → 0 et donc 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑).
L’objectif c’est de déterminer 𝐼𝑚 et 𝜑 de 𝑖(𝑡) connaissant 𝑢(𝑡). Il existe trois méthodes qui peuvent
être utilisées pour les déterminer.

1) Méthode algébrique ou trigonométrique

En régime permanent: 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑) 


𝑚 𝐼
𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 cos𝜔𝑡 = 𝑅𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑) − 𝐿𝜔𝐼𝑚 sin(𝜔𝑡 + 𝜑) + 𝐶𝜔 sin(𝜔𝑡 + 𝜑)
1
𝑈𝑚 cos𝜔𝑡 = 𝑅𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑) + ( − 𝐿𝜔) 𝐼𝑚 sin(𝜔𝑡 + 𝜑) ∀𝑡
𝐶𝜔
Cette équation peut être résolue en développant les termes cos(𝜔𝑡 + 𝜑) et sin(𝜔𝑡 + 𝜑) et en faisant
une identification avec le terme gauche de l’équation ou encore en donnant des valeurs à t, en
𝜋
particulier pour 𝑡 = 0 et 𝜔𝑡 = 2 .
1
𝑡 = 0  𝑈𝑚 = 𝑅𝐼𝑚 cos𝜑 + (𝐶𝜔 − 𝐿𝜔) 𝐼𝑚 sin𝜑 (1)
𝜋 1
𝑡 = 2𝜔  0 = −𝑅𝐼𝑚 sin𝜑 + (𝐶𝜔 − 𝐿𝜔) 𝐼𝑚 cos𝜑 (2)
𝐼 1
(1) x sin𝜑 + (2) x cos𝜑  sin𝜑 = 𝑚 ( − 𝐿𝜔) (3)
𝑈 𝐶𝜔 𝑚
𝑅𝐼𝑚
(1) x cos𝜑 − (2) x sin𝜑  𝑈𝑚 cos𝜑 = 𝑅𝐼𝑚  cos𝜑 = (4)
𝑈𝑚
1
( −𝐿𝜔)
D’où : (3)/(4)  tan𝜑 = 𝐶𝜔
𝑅
1 2 𝐼2
et (3)2 + (4)2 donne : 1 = [𝑅 2 + (𝐶𝜔 − 𝐿𝜔) ] 𝑈 2  𝑚
𝑚

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 76


𝑈𝑚
𝐼𝑚 =
2
√𝑅 2 + ( 1 − 𝐿𝜔)
𝐶𝜔
Deux cas se présentent :
1
i) 𝐿𝜔 > 𝐶𝜔  tan𝜑 < 0, d’où 𝜑 < 0  le courant 𝑖(𝑡)est en retard de phase sur la tension
𝑢(𝑡)
1
j) 𝐿𝜔 < 𝐶𝜔  tan𝜑 > 0, d’où 𝜑 > 0  le courant 𝑖(𝑡)est en avance de phase sur la tension
𝑢(𝑡)

2) Méthode de Fresnel

Dans la représentation de Fresnel, on représente les tensions 𝑢(𝑡) du circuit RLC, 𝑈𝑅 (𝑡) aux bornes
de la résistance, 𝑈𝐿 (𝑡) la tension aux bornes de la bobine et 𝑈𝐶 (𝑡) la tension aux bornes du
condensateur, respectivement par les vecteurs 𝑢 ⃗⃗𝑅 (𝑡), 𝑈
⃗⃗(𝑡), 𝑈 ⃗⃗𝐿 (𝑡) et 𝑈
⃗⃗𝐶 (𝑡) tournant dans le sens
positif avec la même pulsation 𝜔.
Comme les trois dipôles R, L et C sont alimentés en série, la tension 𝑢(𝑡) est telle que :
𝑢(𝑡) = 𝑈𝑅 (𝑡) + 𝑈𝐿 (𝑡) + 𝑈𝐶 (𝑡)  𝑢 ⃗⃗𝑅 (𝑡)+𝑈
⃗⃗(𝑡) = 𝑈 ⃗⃗𝐿 (𝑡) + 𝑈
⃗⃗𝐶 (𝑡)
La méthode consiste à déterminer l’amplitude et la phase (inclinaison par rapport à l’horizontal) pour
chaque tension et choisir un sens de rotation positif.
⃗⃗
⃗⃗𝑅 (𝑡) {|𝑈𝑅 (𝑡)| = 𝑅𝐼𝑚
𝑈𝑅 (𝑡) = 𝑅𝑖(𝑡) = 𝑅𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑) 𝑈
𝜑 = 𝑝ℎ𝑎𝑠𝑒
𝑑𝑖 ⃗⃗
𝑈𝐿 (𝑡) = 𝐿 = −𝐿𝜔𝐼𝑚 sin(𝜔𝑡 + 𝜑) = 𝐿𝜔𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑 + 𝜋/2) 𝑈 ⃗⃗𝐿 (𝑡) {|𝑈𝐿 (𝑡)| = 𝐿𝜔𝐼𝑚
𝑑𝑡 𝜑 + 𝜋/2
𝐼
𝑞 1 𝐼𝑚 𝐼𝑚 |𝑈⃗⃗𝐶 (𝑡)| = 𝑚
𝑈𝐶 (𝑡) = = ∫ 𝑖(𝑡)𝑑𝑡 = sin(𝜔𝑡 + 𝜑) = cos(𝜔𝑡 + 𝜑 − 𝜋/2)𝑈 ⃗⃗𝐶 (𝑡) { 𝐶𝜔
𝐶 𝐶 𝐶𝜔 𝐶𝜔 𝜑 − 𝜋/2
|𝑢
⃗⃗| = 𝑈𝑚
𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 cos𝜔𝑡  𝑢 ⃗⃗(𝑡) {
𝜑𝑢 = 0
Pour la construction de Fresnel, on distingue deux cas :

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 77


𝟏 𝟏
Cas où 𝑳𝝎 > Cas où 𝑳𝝎 <
𝑪𝝎 𝑪𝝎

Figure 93 Figure 94

𝑖(𝑡) est en retard de phase sur 𝑢(𝑡), 𝜑 < 0, 𝑖(𝑡) est en avance de phase sur 𝑢(𝑡), 𝜑 > 0,
𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 − |𝜑|), le circuit est dit 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + |𝜑|), le circuit est dit
inductif capacitif.

Expression de 𝑰𝒎 :
1 2
2
Pour le triangle rectangle, on a : 𝑈𝑚 = [𝑅 2 + (𝐶𝜔 − 𝐿𝜔) ] 𝐼𝑚
2

𝑈𝑚
 𝐼𝑚 =
2
√𝑅 2 + ( 1 − 𝐿𝜔)
𝐶𝜔
1
(𝐿𝜔− )
𝐶𝜔
Pour le même triangle, on a 𝑡𝑎𝑛𝜑 = − 𝑅

3) Méthode complexe

En notation complexe, les expressions de la tension et le courant sont respectivement :


𝑢̅(𝑡) = 𝑈𝑚 𝑒 𝑗𝜔𝑡 et 𝑖̅(𝑡) = 𝐼𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝜑) .
En appliquant le résultat des résistances en série : 𝑍̅𝑒𝑞 = ∑𝑛𝑖=1 𝑍̅𝑖 , l’impédance complexe équivalente
du circuit RLC est :
𝑗 1
𝑍̅ = 𝑍̅𝑅 + 𝑍𝐿̅ + 𝑍𝐶̅ = 𝑅 + 𝑗𝐿𝜔 − = 𝑅 + 𝑗 (𝐿𝜔 − ) = 𝑅 + 𝑗𝑋
𝐶𝜔 𝐶𝜔
1
𝑋 = 𝐿𝜔 − 𝐶𝜔 est appelé réactance du circuit RLC, c’est la somme des réactances de la bobine et du
condensateur.
𝑢
̅ (𝑡) 𝑈𝑚 𝑒𝑗𝜔𝑡 𝑈𝑚 −𝑗𝜑 |𝑢
̅ (𝑡)| 𝑈𝑚
𝑍̅ = = = 𝑒 |𝑍̅| = = ,
𝑖̅(𝑡) 𝐼𝑚 𝑒𝑗(𝜔𝑡+𝜑) 𝐼𝑚 |𝑖̅(𝑡)| 𝐼𝑚
d’où :

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 78


𝑈𝑚
𝐼𝑚 =
2
√𝑅 2 + ( 1 − 𝐿𝜔)
𝐶𝜔
𝑅
𝑐𝑜𝑠𝜑 = |𝑍̅| 𝑋
𝑍̅ = |𝑍̅|𝑒−𝑗𝜑 = |𝑍̅|(𝑐𝑜𝑠𝜑 − 𝑗𝑠𝑖𝑛𝜑) = 𝑅 + 𝑗𝑋  { 𝑋  𝑡𝑎𝑛𝜑 = − 𝑅
𝑠𝑖𝑛𝜑 = − |𝑍̅|
1
𝑋 − 𝐿𝜔
 𝜑 = −arctan ( ) = arctan (𝐶𝜔 )
𝑅 𝑅

Le déphasage 𝜑 peut être calculé d’une autre manière, en effet :


On rappelle que lorsque l’impédance complexe 𝑍̅ d’un circuit électrique est sous forme cartésienne:
𝑋
𝑍̅ = 𝑅 + 𝑗𝑋 alors l’argument de 𝑍̅ est : 𝐴𝑟𝑔(𝑍̅ ) = arctan (𝑅 ).

̅ (𝑡) = 𝑍̅ 𝑖̅(𝑡)  Arg(𝑢


D’autre part, on a 𝑢 ̅ (𝑡)) = 𝐴𝑟𝑔(𝑍̅ ) + 𝐴𝑟𝑔 (𝑖̅(𝑡)),
𝑋 𝑋
D’où pour le circuit RLC étudié dans ce cas, on a : 0 = arctan (𝑅 ) + 𝜑  𝜑 = arctan (− 𝑅)
1
− 𝐿𝜔
 𝜑 = arctan (𝐶𝜔 ).
𝑅

L’impédance complexe 𝑍̅ du circuit électrique RLC sous forme polaire est : 𝑍̅ = |𝑍̅|𝑒 −𝜑 où – 𝜑 est
le déphasage entre la tension 𝑢(𝑡) et 𝑖(𝑡).
On obtient donc le même résultat que celui obtenu à l’aide de la représentation trigonométrique et la
méthode de Fresnel.
Le diagramme de Fresnel pour cette représentation complexe est le suivant :
𝟏
Cas où 𝑪𝝎 > 𝐿𝜔

Détermina
tion de 𝐼𝑁 
A. SALI, Cours d’Électromagnétisme
La dans le vide, E2, 2020-2021 79

branche AB est
4) Etude de la résonance du circuit RLC

D’après les études précédentes, les expressions de l’amplitude de courant 𝑖(𝑡) et le déphasage 𝜑 sont
données par les relations :
𝑈𝑚
𝐼𝑚 =
2
√𝑅 2 + ( 1 − 𝐿𝜔)
𝐶𝜔
1
− 𝐿𝜔
𝜑 = arctan (𝐶𝜔 )
𝑅
𝟏
Lorsque Lω = 𝑪𝝎: la réactance est nulle, le circuit est en résonance.
1 1 1
L’intensité 𝐼𝑚 est maximale lorsque 𝐿𝜔 = 𝐶𝜔  𝜔 = 𝜔0 =  𝑓 = 2𝜋√𝐿𝐶
√𝐿𝐶
𝜔0 est appelé la fréquence de résonnance où la fréquence propre du circuit.
𝑈𝑚
𝐼𝑚 = et 𝜑 = 0.
𝑅
Ainsi le circuit RLC se comporte comme une simple résistance
Le diagramme de Fresnel (figure 100) est le suivant :

Figure 95
V– Les puissances électriques en courant alternatif:
Une machine électrique utilisant le courant alternatif (moteur, lampe, transformateur,…) consomme
trois puissances :
- Une puissance active notée 𝑃𝑎
- Une puissance réactive notée 𝑃𝑟
- Une puissance apparente
Il existe trois types de récepteurs, résistif, inductif ou capacitif. Les valeurs des 3 puissances active,
réactive ou apparente varient en fonction de la nature du récepteur.

V-1- Puissance instantanée en régime sinusoïdale :

Dans un circuit électrique en régime alternatif alimenté par une tension 𝑢(𝑡) et parcouru par un
courant électrique d’intensité 𝑖(𝑡), on définit la puissance électrique 𝑃(𝑡), à l’instant t par : 𝑃(𝑡) =
𝑢(𝑡)𝑖(𝑡).

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 80


V-2- Puissance active :

On définit la puissance active 𝑃𝑎 absorbée par le récepteur comme la valeur moyenne de la puissance
instantanée 𝑃(𝑡), soit :
1 𝑇 1 𝑇
𝑃𝑎 = ∫ 𝑃(𝑡)𝑑𝑡 = ∫ 𝑢(𝑡)𝑖(𝑡)𝑑𝑡
𝑇 0 𝑇 0
Posons 𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 cos𝜔𝑡 et 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜑), la puissance active est telle que :
𝑈𝑚 𝐼𝑚 𝑇 𝑈𝑚 𝐼𝑚 𝑇
𝑃𝑎 = ∫ cos𝜔𝑡 𝑐os(𝜔𝑡 + 𝜑)𝑑𝑡 = ∫ (cos𝜑 + 𝑐os(2𝜔𝑡 + 𝜑))𝑑𝑡
𝑇 0 2𝑇 0
1
(Utilisation de 𝑐𝑜𝑠𝑎 𝑐𝑜𝑠𝑏 = 2 (cos(𝑎 + 𝑏) + cos(𝑎 − 𝑏)).
𝑇
Comme ∫0 𝑐os(2𝜔𝑡 + 𝜑))𝑑𝑡 = 0 et 𝜔 = 2𝜋/𝑇, on trouve que
𝑈𝑚 𝐼𝑚
𝑃𝑎 =cos𝜑 = 𝑈𝑒𝑓𝑓 𝐼𝑒𝑓𝑓 cos𝜑
2
On remarque que la puissance active 𝑃𝑎 ne dépend pas du temps.
Soit 𝑍̅ = 𝑅̅ + 𝑗𝑋̅ l’impédance complexe d’une branche AB d’un circuit considéré, alors :
̅
𝑈 𝑈 𝑅𝐼 2
𝑍̅ = 𝐼 ̅ = 𝐼 𝑚 𝑒 −𝑗𝜑  𝑈𝑚 = |𝑍̅|𝐼𝑚 et cos𝜑 = 𝑅/|𝑍̅|, d’où 𝑃𝑎 = 𝑚 = 𝑅𝐼𝑒𝑓𝑓
2
.
𝑚 2
La Puissance active correspond à une fourniture réelle d’énergie transmise au récepteur et convertible
en chaleur ou en travail. Elle est mesurée avec un wattmètre.
Le produit 𝑈𝑒𝑓𝑓 𝐼𝑒𝑓𝑓 est appelé puissance apparente et s’exprime en Volt-Ampère (VA).
𝑃𝑎
Le rapport 𝐹𝑝 = 𝑈 = cos𝜑 est appelé facteur de puissance, 𝐹𝑝 est toujours compris entre 0 et 1:
𝑒𝑓𝑓 𝐼𝑒𝑓𝑓

0 ≤ 𝐹𝑝 ≤ 1. Il caractérise l’efficacité d’un réseau de distribution d’énergie. Pour un réseau de distribution


d’énergie électrique, il est souhaitable d’avoir un facteur de puissance aussi proche que possible de 1.

V-3 : Puissance réactive


On appelle puissance réactive dans une branche AB d’un circuit donné, la puissance 𝑃𝑟 donnée par :
𝑈𝑚 𝐼𝑚
𝑃𝑟 = 𝑈𝑒𝑓𝑓 𝐼𝑒𝑓𝑓 sin𝜑 = sin𝜑
2
Soit 𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 cos𝜔𝑡 et 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 − 𝜑) avec 𝜑 le déphasage entre la tension 𝑢(𝑡) et le
courant 𝑖(𝑡).
Si l’impédance complexe d’une branche AB d’un circuit est donnée par 𝑍̅ = 𝑅̅ + 𝑗𝑋̅, alors :
̅
𝑈 𝑈 |𝑍|𝐼𝑚 𝑋̅ 2 𝑋𝐼 2
𝑍̅ = 𝐼 ̅ = 𝐼 𝑚 𝑒 𝑗𝜑  𝑈𝑚 = |𝑍̅|𝐼𝑚 et sin𝜑 = 𝑋/|𝑍̅|, d’où 𝑃𝑟 = |𝑍̅|
2
= 𝑚 = 𝑋𝐼𝑒𝑓𝑓 .
𝑚 2 2
La puissance réactive 𝑃𝑟 est exprimée en Volt-Ampère-Réactif (VAR).
La puissance réactive apparait lorsque l’installation contient des recepteurs inductifs et des recepteurs
capacitifs (condensateur,…) et consommées par des alimentations des circuits magnétiques des
machines électriques (moteur, transformateur,…).

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 81


V-4 : Puissance complexe

Soit 𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 cos𝜔𝑡 et 𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 − 𝜑) avec 𝜑 le déphasage entre la tension 𝑢(𝑡) et le
courant 𝑖(𝑡).
On définit la puissance complexe 𝑃̅ = 𝑃𝑎 + 𝑗𝑃𝑟 avec 𝑃𝑎 la puissante active et 𝑃𝑟 la puissance réactive
𝑈 𝐼
 𝑃̅ = 𝑈𝑒𝑓𝑓 𝐼𝑒𝑓𝑓 cos𝜑 + 𝑗𝑈𝑒𝑓𝑓 𝐼𝑒𝑓𝑓 sin𝜑 = 𝑈𝑒𝑓𝑓 𝐼𝑒𝑓𝑓 𝑒𝑥𝑝(𝑗𝜑) = 𝑚2 𝑚 𝑒𝑥𝑝(𝑗𝜑)
𝑢(𝑡) = 𝑈𝑚 cos𝜔𝑡  𝑈 ̅ = 𝑈𝑚
𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 − 𝜑)  𝐼 ̅ = 𝐼𝑚 𝑒 −𝑗𝜑 𝐼 ∗̅ = 𝐼𝑚 𝑒 𝑗𝜑
𝑈𝑚 𝐼𝑚 𝑗𝜑 ̅ 𝐼∗̅
𝑈
d’où : 𝑃̅ = 𝑒 = avec 𝐼 ∗̅ le conjugué de 𝐼 .̅
2 2

Branche contenant une résistance pure


̅ 𝐼∗̅
𝑈 𝐼 ̅ 𝐼 ∗̅ 2
𝐼𝑚
𝑢(𝑡) = 𝑅𝑖(𝑡)  𝑈
̅ = 𝑅𝐼 ̅  𝑃̅ = =𝑅 =𝑅 2
= 𝑅𝐼𝑒𝑓𝑓 = 𝑃𝑎  𝑃𝑟 = 0.
2 2 2
𝑃𝑎 > 0  La résistance absorbe de l’énergie électrique qu’elle convertie, par effet Joule, en énergie
calorifique.

Branche contenant un condensateur pur


̅ ∗̅ 𝐼 ̅ 𝐼∗̅ 2
̅ = 𝑍̅𝑐 𝐼 ̅ = − 𝑗 𝐼 ̅  𝑃̅ = 𝑈 𝐼 = −
𝑈
𝑗
=−
𝑗 𝐼𝑚
=−
𝑗 2
𝐼 = 𝑗𝑃𝑟
𝐶𝜔 2 𝐶𝜔 2 𝐶𝜔 2 𝐶𝜔 𝑒𝑓𝑓
1 𝐼2𝑚
 𝑃𝑎 = 0 et 𝑃𝑟 = − 𝐶𝜔 .
2
La puissance réactive pour une charge capacitive est négative (𝑋 < 0), on dit que la charge
capacitive fournit de la puissance réactive à la source qui la consomme. Cet échange d’énergie
correspond à la libération puis l’accumulation d’énergie électrostatique dans le diélectrique du
condensateur ( charge et décharge de C).

Branche contenant une inductance pure


̅ ∗̅ 𝐼 ̅ 𝐼∗̅ 2
̅ = 𝑍̅𝐿 𝐼 ̅ = 𝑗𝐿𝜔𝐼 ̅  𝑃̅ = 𝑈 𝐼 = 𝑗𝐿𝜔
𝑈 = 𝑗𝐿𝜔
𝐼𝑚 2
= 𝑗𝐿𝜔𝐼𝑒𝑓𝑓 = 𝑗𝑃𝑟
2 2 2
𝐼2𝑚
 𝑃𝑎 = 0 et 𝑃𝑟 = 𝐿𝜔 .
2
La puissance réactive pour une charge inductive est positive (𝑋 = 𝐿𝜔 > 0). Par convention, on
considère que la puissance réactive est fournie par la source à l’inductance qui la consomme. Cet
échange d’énergie correspond à l’accumulation puis à la libération d’énergie électromagnétique dans
L.
Remarque:
La puissance active 𝑃𝑎 est toujours positive (c’est une vraie puissance) alors que la puissance réactive
𝑃𝑟 peut être aussi bien positive que négative (c’est une puissance fictive qui n’a pas de réalité
physique, c.à.d. ne correspond à aucune puissance réelle).

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 82


V-5 : Théorème de Boucherot

Considérons un circuit quelconque comportant N éléments passifs d’impédances complexes


𝑍1̅ , 𝑍̅2 , … 𝑍̅𝑁 .
Pour des impédances montées en paralléles, le courant total qui les traverse est : 𝐼 ̅ = ∑𝑖 𝐼𝑖̅
La puissance complexe 𝑃̅ dans ces impédances est :
̅𝐼 ∗̅
𝑈 ̅
𝑈 ∗ 1 ∗
𝑃̅ = = ∑ 𝐼𝑖̅ = ∑ 𝐼𝑖̅ 𝑈 ̅ = ∑ 𝑃̅𝑖
2 2 2
𝑖 𝑖 𝑖
où 𝑃̅𝑖 est l’impédance complexe dans l’impédance 𝑍̅𝑖 .
Pour le cas des impédances montées en série, la tension complexe aux bornes de l’ensemble des
impédances est : 𝑈̅ = ∑𝑗 𝑈̅𝑗 avec 𝑈̅𝑗 la tension appliquée aux bornes de l’impédance 𝑍𝑖̅ .
La puissance complexe 𝑃̅ dans ces impédances branchées en série est :
̅𝐼 ∗̅
𝑈 1 1 1
𝑃̅ = = (∑ 𝑈 ̅𝑗 𝐼 ∗̅ = ∑ 𝐼𝑗̅ ∗ 𝑈
̅𝑗 ) 𝐼 ∗̅ = ∑ 𝑈 ̅ = ∑ 𝑃̅𝑗
2 2 2 2
𝑗 𝑗 𝑗 𝑗
La puissance complexe 𝑃̅ pour l’ensemble des élements de circuits mis en paralléles et en série est :
𝑁 𝑁 𝑁 𝑁

𝑃̅ = ∑ 𝑃̅𝑖 + ∑ 𝑃̅𝑗 = 𝑃̅1 + 𝑃̅2 + ⋯ + 𝑃̅𝑁 = ∑ 𝑃̅𝑘 = ∑(𝑃̅𝑎𝑘 + 𝑗𝑃̅𝑟𝑘 ) = ∑ 𝑃̅𝑎𝑘 + 𝑗 ∑ 𝑃̅𝑎𝑟
𝑖 𝑗 𝑘=1 𝑘=1 𝑘=1 𝑘=1
𝑃̅ = 𝑃̅𝑎 + 𝑗𝑃̅𝑟 , d’où : 𝑃̅𝑎 =
∑𝑁 ̅
𝑘=1 𝑃𝑎𝑘 et 𝑃̅𝑟 = ∑𝑘=1 𝑃̅𝑎𝑟
𝑁

La puissance active dans l’ensemble des N éléments passifs est égale à la somme des puissances
actives pour chacun de ces éléments et la puissance réactive est égale à la somme des
puissances réactives.
Ce résultat constitue le théorème de Boucherot dont l’énoncé et le suivant :
Les puissances active et réactive absorbées par un groupement de dipôles sont respectivement égales
à la somme des puissances actives et réactives absorbées par chaque élément du groupement.

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Chapitre V : Les équations de maxwell dans le vide

Dans un référentiel d’étude supposé galiléen, une distribution caractérisée par la densité volumique
total de charge 𝜌 et la densité volumique de courant 𝑗, crée en tout point M à l’instant t un champ
électromagnétique, qui satisfait aux quatre équations suivantes, appelées équations de Maxwell, sur
lesquelles repose toute l’électromagnétisme. Ces 4 équations sont déduites des lois de
l’électrostatique, de la magnétostatique et de l’induction électromagnétique, et qui permettent de
décrire la propagation des ondes électromagnétiques.

I. Les équations de Maxwell en régime statique (permanent) :

En régime statique, la densité de charges ρ et l’intensité du courant électrique I ne varient pas au cours du
temps (constantes dans le temps) :
𝜕𝜌
En électrostatique (charges fixes) : = 0 et 𝑗⃗ = ⃗⃗
0.
𝜕𝑡
𝜕𝜌
En magnétostatique (charges mobiles mais courants constants) : = 0, 𝑗⃗ ≠ ⃗0⃗ et 𝑑𝑖𝑣𝑗⃗ = 0.
𝜕𝑡
I. 1. Les équations de l’électrostatique :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉  ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐸⃗⃗ = −𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑟𝑜𝑡𝐸⃗⃗ = 0 : (forme locale : 1ère équation de Maxwell)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗⃗ = 0  ∮ 𝐸⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ = ∬ 𝑟𝑜𝑡
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = 0  ∮ 𝐸⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ = = 0 (forme intégrale).
𝐶 𝑆 𝐶
𝑄
∯𝑆 𝐸⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = 𝜀𝑖𝑛𝑡 (forme intégrale du théorème de Gauss)
0

𝑄𝑖𝑛𝑡 1 𝜌
∯ 𝐸⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = = ∭ 𝜌𝑑𝜏  ∭ 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗⃗ 𝑑𝜏 = ∭ 𝑑𝜏
𝜀0 𝜀0 𝑉 𝑉 𝑉 𝜀0
𝑆
𝜌
 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗⃗ = 𝜀 : forme locale du théorème de Gauss (2ème équation de Maxwell).
0
𝜌
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉) = −∆𝑉 = 𝜌  = ∆𝑉 + 𝜌 = 0 (équation de poisson)
𝑑𝑖𝑣𝐸⃗⃗ = 𝜀  𝑑𝑖𝑣(−𝑔𝑟𝑎𝑑
0 𝜀 𝜀0 0

I. 2. Les équations de la magnétostatique :


𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴⃗ 𝑑𝑖𝑣 𝐵
⃗⃗ = 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗ = 0 (forme locale : 3ème équation de Maxwell)
⃗⃗ = 0  ∯ 𝐵
𝑑𝑖𝑣 𝐵 ⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = ∭ 𝑑𝑖𝑣 𝐵
⃗⃗ 𝑑𝜏 = 0
S 𝑉

⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = 0 (forme intégrale)


∯S 𝐵
⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ = 𝜇0 𝐼 (forme intégrale du théorème d’Ampère)
∮𝐶 𝐵
⃗⃗ = 𝜇0 𝑗⃗ (forme locale du théorème d’Ampère : 4ème équation de Maxwell)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐵
𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐴⃗  𝑟𝑜𝑡
⃗⃗ = 𝑟𝑜𝑡
𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴⃗) = 𝜇0 𝑗⃗  ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝑟𝑜𝑡 𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑑𝑖𝑣𝐴⃗) − ∆𝐴⃗ = −∆𝐴⃗ = 𝜇0 𝑗⃗
En utilisant la convention 𝑑𝑖𝑣 𝐴⃗ = 0 en régime permanent (jauge de Coulomb) pour le potentiel
vecteur  ∆𝐴⃗ + 𝜇0 𝑗⃗ = 0, c’est l’équation de poisson pour le potentiel 𝐴⃗.

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Cette équation est analogue à l’équation de Poisson en électrostatique.

II. Les équations de Maxwell en régime variable :


En régime variable, la densité de charges ρ et le vecteur densité de courant 𝑗⃗ varient dans le temps.
En un point M de l’espace, 𝜌 = 𝜌(𝑀, 𝑡) et 𝑗⃗ = 𝑗⃗(𝑀, 𝑡). De même pour les autres grandeurs
électromagnétiques: 𝐸⃗⃗ = 𝐸⃗⃗ (𝑀, 𝑡), 𝐵 ⃗⃗ (𝑀, 𝑡), 𝑉 = 𝑉(𝑀, 𝑡) et 𝐴⃗ = 𝐴⃗(𝑀, 𝑡).
⃗⃗ = 𝐵

II. 1. Equation de conservation de la charge électrique :


On considère un volume V délimité par une surface fermée S. La conservation de la charge
électrique implique que la variation de la charge électrique contenue dans V est égale à l’opposé de
flux de charge qui traverse la surface fermée S orientée de l’intérieur vers l’extérieur.
La surface S est traversée par un courant I (de l’intérieur vers l’extérieur de S) de densité 𝑗⃗.
Si 𝑑𝑞 > 0 est la charge traversant S pendant le temps élémentaire 𝑑𝑡 (𝐼 > 0), la charge Q du
volume V limité par S diminue donc de 𝑑𝑞. Soit : 𝑑𝑄 = − 𝑑𝑞.
𝑑𝑞 𝑑𝑄 𝜕 𝜕𝜌
𝐼= =− = − ∭ 𝜌𝑑𝜏 = − ∭ 𝑑𝜏
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝑉 𝑉 𝜕𝑡
𝜕𝜌 𝜕𝜌
Or 𝐼 = ∯S 𝑗⃗. 𝑑𝑆⃗ = ∭𝑉 𝑑𝑖𝑣𝑗⃗𝑑𝜏, d’où 𝑑𝑖𝑣𝑗⃗ = − 𝜕𝑡  𝑑𝑖𝑣𝑗⃗ + 𝜕𝑡 = 0
C’est l’équation locale de conservation de la charge électrique dans un système.
Remarque :
𝜕𝜌
En régime variable, ≠ 0  𝑑𝑖𝑣𝑗⃗ ≠ 0  𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗ ≠ 𝜇0 𝑗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝜕𝑡

II. 2. Les équations de Maxwell en régime variable :

1ère équation de Maxwell : (Equation de Maxwall-Faraday)


d
D’après la loi de Faraday, la force électromotrice induite dans un circuit (C) est : e = − dt . où  est
⃗⃗ à travers la surface limitée par le circuit.
le flux de B
⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐸⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = − d = − 𝜕 ∬ 𝐵
D’autre part, on a : e = ∮C 𝐸⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ = ∬𝑆 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = − ∬ 𝜕𝐵
. 𝑑𝑆⃗
dt 𝜕𝑡 𝑆 𝑆 𝜕𝑡
⃗⃗
𝜕𝐵
 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐸⃗⃗ = −
𝜕𝑡
C’est l’équation de Maxwell-Faraday déduite de loi de Faraday.
2ème équation de Maxwell :
𝜕𝐵⃗⃗ 𝜕(𝑑𝑖𝑣𝐵⃗⃗ )
𝑟𝑜𝑡  𝑑𝑖𝑣(𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗⃗ = − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐸⃗⃗ ) = − =0
𝜕𝑡 𝜕𝑡
⃗⃗ ne dépend pas du temps et par suite elle garde la même valeur que celle
Ce qui implique que divB
du régime statique (magnétostatique) : 𝑑𝑖𝑣𝐵⃗⃗ = 0.
En régime variable, le champ magnétique garde sa propriété fondamentale qui traduit la conservation
⃗⃗(𝑀, 𝑡) = 0 ↔ 𝐵
du flux : divB ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴⃗ (forme locale)
⃗⃗ = 𝑟𝑜𝑡

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 85


⃗⃗(𝑀, 𝑡) = 0  ∯ 𝐵
divB ⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = 0 (forme locale)
S
3ème équation de Maxwell : (Equation de Maxwell-Gauss)
⃗⃗(M, t) = ρ(M,t) (forme locale)
A un instant t quelconque : divE ε 0

Cette équation qui représente la forme locale du théorème de Gauss en régime variable est appelée:
équation de Maxwell-Gauss.
𝜌(𝑀,𝑡) 𝑄 (𝑡)
𝑑𝑖𝑣𝐸⃗⃗ (𝑀, 𝑡) = 𝜀  ∯𝑆 𝐸⃗⃗ . 𝑑𝑆⃗ = 𝑖𝑛𝑡 (forme locale)
0 𝜀 0

4ème équation de Maxwell : (Equation de Maxwell-Ampère)


ρ(M, t) ⃗⃗(M, t) 𝜕ρ(M, t)
𝜕E
⃗⃗(M, t) =
divE ε0 div = = −𝑑𝑖𝑣𝑗⃗
ε0 𝜕𝑡 𝜕𝑡
⃗⃗(M,t)
𝜕E
 𝑑𝑖𝑣 (ε0 + 𝑗⃗) = 𝑑𝑖𝑣(𝑗⃗ + 𝑗⃗𝐷 ) = 0
𝜕𝑡
⃗⃗(M,t)
𝜕E
avec 𝑗⃗𝐷 = ε0 est le vecteur densité de courant de déplacement.
𝜕𝑡
⃗⃗(M,t)
∂E
Le vecteur densité de courant total est ⃗jt = ⃗j + ⃗jD = ⃗j + ε0 est donc à flux conservatif. Le
∂t
théorème d’Ampère sous sa forme locale s’écrit donc :
⃗⃗(M, t)
∂E
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝐵 ⃗⃗ = 𝜇0⃗jt = 𝜇0⃗j + 𝜇0 ε0
∂t
Cette équation représente la forme locale du théorème d’Ampère en régime variable et appelée :
équation de Maxwell-Ampère.
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝐵 ⃗⃗ = 𝜇0⃗jt  ∮ 𝐵⃗⃗ . 𝑑𝑙⃗ = 𝜇0 ∬ ⃗jt . 𝑑𝑆⃗ (forme intégrale du théorème d’Ampère)
C 𝑆
En conclusion les 4 équations de Maxwell en régime variable sont :
𝜌(𝑀,𝑡)
1. 𝑑𝑖𝑣𝐸⃗⃗ (𝑀, 𝑡) = 𝜀 (équation de Maxwell-Gauss)
0
⃗⃗
𝜕𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸⃗⃗ = − (équation de Maxwell-Faraday)
2. 𝑟𝑜𝑡 𝜕𝑡
⃗⃗ = 0
3. 𝑑𝑖𝑣𝐵
⃗⃗(M,t) ⃗⃗(M,t)
4. 𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗ = 𝜇0⃗j + 𝜇0 ε0 ∂E
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵 = 𝜇0⃗j + c2
1 ∂E
(équation de Maxwell-Ampère)
∂t ∂t
 Extension de la notion de champ électrique
⃗⃗
𝜕𝐵 𝜕 𝜕𝐴 ⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐴⃗) = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝐸⃗⃗ = − 𝜕𝑡 = − 𝜕𝑡 (𝑟𝑜𝑡 𝑟𝑜𝑡𝐴⃗
⃗⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡(− 𝜕𝑡 ) car 𝐵
⃗⃗
∂A ⃗⃗
∂A
rot⃗E⃗ = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ rot (− )  ⃗E⃗ = − + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
gradf
∂t ∂t
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗f = − 𝑔𝑟𝑎𝑑
En régime permanent, 𝐸⃗⃗ = grad ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉, où 𝑉 est le potentiel électrique, d’où
⃗⃗
∂A
− ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗E⃗ = −
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑉
∂t
Par définition, le vecteur ⃗E⃗ s’appelle vecteur champ électrique généralisé.

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 86


 Equation au champ 𝐸⃗⃗
⃗⃗
𝜕𝐵 𝜕 𝜕 1 ∂E⃗⃗(M, t)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗(rot
rot ⃗⃗) = −rot
⃗⃗⃗⃗⃗⃗E ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ( ⃗⃗ ) = − (𝜇0⃗j +
⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝐵
) = − (rot )
𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑡 c 2 ∂t
𝜕j⃗ 1 ∂2 ⃗E⃗(M, t)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗E⃗) = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗(rot
rot 𝑔𝑟𝑎𝑑 (divE ⃗⃗) − ∆E
⃗⃗ = −𝜇0 − 
𝜕𝑡 c 2 ∂t 2
⃗⃗(M, t) 1
1 ∂2 E 𝜕j⃗
⃗⃗
∆E − 2 = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝜌 + 𝜇 0
c ∂t 2 𝜀0 𝜕𝑡
 Equation au champ ⃗𝑩
⃗⃗
1 ∂E⃗⃗(M, t)
⃗⃗ = 𝜇0⃗j +
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝑟𝑜𝑡
c2 ∂t
1 ∂
⃗⃗⃗⃗⃗⃗(rot
rot ⃗⃗) = 𝜇0 𝑟𝑜𝑡
⃗⃗⃗⃗⃗⃗B ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗j + 2 (rot ⃗⃗)
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ B
c ∂t
1 ∂2 ⃗B⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
rot(rot⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗B⃗) = ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (divB ⃗⃗) − ∆B
⃗⃗ = −∆B
⃗⃗ = 𝜇0 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡 ⃗j −
c 2 ∂t 2
2 ⃗⃗⃗
D’où ⃗⃗ = 12 ∂ B2 − 𝜇0 𝑟𝑜𝑡
∆B ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗j
c ∂t
 Equation au potentiel V
⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗
⃗E⃗ = − ∂A − ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ = −∆V – ∂(div A) = 𝜌
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑉  𝑑𝑖𝑣E
∂t ∂t 𝜀 0

En utilisant le choix d’une jauge (convention) de Lorentz qui a pour rôle de simplifier les équations
⃗⃗ = −𝜇0 ε0 ∂V (jauge de Lorentz), on aura :
de l’électromagnétisme, soit : 𝑑𝑖𝑣A ∂t
∂2 V 𝜌 𝜌 ∂2 V
−∆V + 𝜇0 ε0 = 𝜀  ∆V + 𝜀 = 𝜇0 ε0
∂t2 0 0 ∂t2

C’est l’équation de Poisson en régime variable

 Equation au potentiel Vecteur A

1 ∂E ⃗⃗(M, t)
⃗⃗ = 𝜇0⃗j +
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝑟𝑜𝑡
c2 ∂t
∂A⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉 −
⃗E⃗ = −𝑔𝑟𝑎𝑑
∂t
1 ∂V 1 ∂2 A
⃗⃗ = 𝜇0⃗j − 𝑔𝑟𝑎𝑑
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ −
c2 ∂t c 2 ∂t 2
1 ∂V 1 ∂2 A
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡𝐵 = 𝑟𝑜𝑡( 𝑟𝑜𝑡𝐴) = 𝑔𝑟𝑎𝑑 (divA) − ∆A = 𝜇0⃗j − 2 𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗ ⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ −
c ∂t c 2 ∂t 2
2
 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (divA ⃗⃗ + 12 ∂V) = ∆A ⃗⃗ + 𝜇0⃗j − 12 ∂ A2
c ∂t c ∂t
∂2 A
⃗⃗ + 𝜇0⃗j = 12 2
 ∆A c ∂t

A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 87


A. SALI, Cours d’Électromagnétisme dans le vide, E2, 2020-2021 88

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