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MASTER SCIENCES 1ère année

Mention Mathématiques et applications

ANALYSE FONCTIONNELLE
EXERCICES 3 — CORRIGÉ

EXERCICE 1 1) Si F n’est pas d’intérieur vide, il contient une boule de E. Par trans-
lation, on peut supposer que cette boule est centrée en 0. Mais alors, par homotétie, il
contient tout l’espace E.
2) Supposons qu’il existe une base dénombrable (e1 , e2 , . . .) de E. Alors

E = ∪n Vn , Vn =< e1 , . . . , en > .

Chaque Vn est fermé et d’intérieur vide, donc par Baire, E serait aussi d’intérieur vide,
une contradiction.
3) L’exemple n’est pas une contradiction car c00 n’est pas complet, car il n’est pas fermé
dans l∞ . En effet, la suite des suites

x(n) = (1, 1/2, . . . , 1/n, 0, . . .)

converge dans l∞ vers la suite (1, 1/2, . . .) qui n’est pas dans c00 .

EXERCICE 2 1) f ouverte implique f ouverte à l’origine : par définition, un voisinage


de 0 contient un ouvert contenant 0 donc l’image du voisinage contient un ouvert contenant
0 dans F donc c’est un voisinage de 0 dans F .
f ouverte à l’origine implique f ouverte : Soit A ouvert de E, on montre que f (A) est un
ouvert de F : Soit f (x) ∈ f (A), x ∈ A. Il existe un voisinage Vx de x tel que Vx ⊂ A et
comme la translation est continue, Vx − x est un voisinage de 0, donc f (Vx − x) = f (Vx ) −
f (x) est un voisinage de 0 dans F , donc f (Vx ) est un voisinage de f (x) et f (Vx ) ⊂ f (A)
donc f (A) est ouvert.
2) Soit V0 un voisinage de 0 dans E et f (V0 ) voisinage de 0 dans F . Soit y ∈ F , il existe
λ ∈ R tel que y/λ ∈ f (V0 ) (car f (V0 ) contient une boule centrée en 0) donc y/λ = f (x),
x ∈ V0 , donc y = f (λx) donc f est surjective.
3) L’application f n’est pas ouverte car [0, 1[ est un ouvert de [0, 2π] mais f ([0, 1[) n’est
pas ouvert dans T. Les ensembles [0, 2π] et T ne sont pas des espaces vectoriels donc le
théorème de l’image ouverte ne s’applique pas ici.

EXERCICE 3 1) On suppose a). L’appli. ϕ est continue en 0 donc

∀, ∃η, sup(kxk, kyk) ≤ η =⇒ |ϕ(x, y)| ≤ .

Soit B un borné de E × E, il existe C tel que sup(kxk, kyk) ≤ C pour (x, y) ∈ B, donc

|ϕ(x, y)| = (C/η)2 |ϕ(ηx/C, ηy/C)| ≤ (C/η)2 

1
donc l’image de B est bornée.
On suppose b). L’appli ϕ est bornée par une constante C sur la boule unité fermée. Alors

|ϕ(x, y)| = kxkkyk|ϕ(x/kxk, y/kyk)| ≤ Ckxkkyk.

On suppose c). Il est clair que ϕ est continue en 0 = (0, 0). On vérifie qu’elle est aussi
continue en un point (a, b) de E × E :

|ϕ(a + x, b + y) − ϕ(a, b)| = |ϕ(a, y) + ϕ(x, b) + ϕ(x, y)| ≤ C(kakkyk + kxkkbk + kxkkyk)

qui va être petit si sup(kxk, kyk) est petit.


2) Par rapport à chaque variable, l’appli. ϕ est linéaire. Par exemple, par rapport à x,
on a
|ϕ(x, y)| ≤ (Ckyk)kxk
qui montre la continuité par rapport à x. De même pour la variable y. L’implication
directe est donc immédiate. Pour l’implication inverse, on considère la famille d’appli.
linéaires continues ϕy : x → ϕ(x, y) pour kyk ≤ 1 définie sur le Banach E. Soit x fixé,

|ϕy (x)| = |ϕx (y)| ≤ kϕx kkyk ≤ kϕx k

car ϕx est continue. Par Banach-Steinhaus, il existe C > 0 tel que

sup kϕy k = sup sup |ϕy (x)| ≤ C


kyk≤1 kyk≤1 kxk≤1

c’est à dire
∀x, y ∈ E, |ϕ(x, y)| ≤ Ckxkkyk
ce qui montre la continuité de ϕ d’après 1).
3) Normalement, on voit de tels exemples en 2ieme année. La fonction f (x, y) = xy/(x2 +
y 2 ) pour (x, y) 6= (0, 0) et f (0, 0) = 0, est continue en chaque variable près de (0, 0)
car f (x, 0) = 0 et f (0, y) = 0 mais n’est pas continue en (0, 0) comme fonction de deux
variables. En effet, exprimé en polaire, on obtient f (r, θ) = sin θ cos θ dont la valeur
dépend de l’angle suivant lequel on tend vers 0.
4) L’appli. ϕ est continue en la variable p car
Z Z

p(t)q(t)dt ≤ sup |q| |p(t)|dt = (sup |q|)kpk1 ,

et de même par rapport à la variable q. Pour montrer que ϕ n’est pas continue, on
considère une suite de polynômes pn (t) qui tend vers t−1/2 dans L1 . Elle existe car P est
dense dans L1 . Alors kpn k1 est bornée et on sait qu’il existe une sous-suite de pn , notée
pnk , qui converge presque partout vers t−1/2 . Donc p2nk converge presque partout vers t−1 .
Alors, par Fatou,
Z 1 Z 1
2
∞= lim inf pnk dt ≤ lim inf p2nk (t)dt = lim inf ϕ(pnk , pnk ),
0 0

ce qui montre que ϕ n’est pas continue. Le résultat de la question 2) ne s’applique pas
car P muni de la norme L1 n’est pas complet (il n’est pas fermé dans L1 ).

2
EXERCICE 4 On note BE et BF les boules unité fermées respectivement de E et de
F . On suppose que f (BE ) = BF . Ceci implique que ||f (x)|| ≤ ||x|| ∀ x ∈ E, donc f est
continue et kf k ≤ 1.
1. On montre l’inclusion comme dans la preuve du théorème de l’image ouverte. En effet,
soit y ∈ F avec ||y|| ≤ 1. On cherche x ∈ E avec ||x|| ≤ 1 + ε tel que f (x) = y. Par
hypothèse,
f (BE ) = BF et donc ∀ r > 0, f (rBE ) = rBF .
Autrement dit,
(H) ∀ y ∈ F, ||y|| ≤ r, ∀ δ > 0, ∃ z ∈ E, ||z|| ≤ r, tel que ||y − f (z)|| ≤ δ.
Appliquons (H) avec δ = ε/2 et r = 1 à notre y, ||y|| ≤ 1 : on obtient un x1 ∈ E tel que
||x1 || ≤ 1 et que ||y − f (x1 )|| ≤ ε/2. Appliquons maintenant (H) avec δ = ε/4 et r = ε/2
à ce nouvel élément y − f (x), tel que ||y − f (x1 )|| ≤ ε/2 : on obtient un x2 ∈ E tel que
||x2 || ≤ ε/2 et que ||(y − f (x1 )) − f (x2 )|| ≤ ε/4. Par récurrence, on trouve des éléments
xn tels que
ε ε
||xn || ≤ n et ||y − f (x1 + · · · + xn )|| ≤ n+1 .
2 2
Comme E est complet, zn = x1 + · · · + xn converge vers un élément x de E avec
ε ε
||x|| ≤ sup ||zn || ≤ 1 + + + · · · = 1 + ε,
2 4
tel que ||y − f (zn )|| → 0, donc y = f (x), puisque f est continue.
2. La boule BF est dans l’image de f donc aussi tout l’espace F, donc f est surjective.
3. On sait déjà que ||f || ≤ 1. Inversement, l’inclusion entraı̂ne que ||f || ≥ (1 + ε)−1
∀ ε > 0, d’où ||f || ≥ 1.
4. Il est clair que fe est une application linéaire bijective. Il reste à montrer qu’elle conserve
la norme. On a, pour x ∈ E,
∀y ∈ ker f, kfe(e
x)k = kf (x − y)k ≤ kx − yk,
donc kfe(e
x)k ≤ ke e E ) donc fe−1 (BF ) ⊂ (1+)B
xk. D’autre part, pour tout , BF ⊂ (1+)fe(B eE
−1
donc kfe k ≤ 1 (la norme dans le quotient E/ ker f est plus petite que dans E) donc,
pour tout xe, ke
xk ≤ kfe(e
x)k.
EXERCICE 5 1. L’espace E est fermé dans un espace complet donc il est complet.
L’application ϕ est linéaire entre espaces complets. On peut donc appliquer le théorème
du graphe fermé. On montre que {(f, f 0 ), f ∈ E} est fermé dans E × C. Soit une suite
(fn , fn0 ) qui tend vers une limite (f, g) dans E × C. En utilisant le résultat rappelé dans
l’énoncé, on a que g = f 0 donc la limite est bien dans le graphe qui est fermé.
2. D’après Ascoli, la boule fermée est compacte si elle est bornée, ce qui est le cas, et si
elle est équicontinue. Par le théorème des accroissements finis,
|f (t) − f (t0 )| ≤ sup |f 0 ||t − t0 |.
Comme ϕ est continue, il existe une constante C > 0 telle que kf 0 k∞ ≤ Ckf k∞ donc pour
f ∈ BE on a kf 0 k ≤ C, ce qui implique
∀f ∈ BE , |f (t) − f (t0 )| ≤ C|t − t0 |.
La boule unité fermée de E est donc équicontinue en tout t0 ∈ [0, 1].
3. Il suffit d’appliquer le théorème de Riesz.

3
EXERCICE 6 1. Soit (fn )n≥1 une suite telle que fn → f ∈ Cb0 et T (fn ) → g ∈ Cb0
en norme de la convergence uniforme. Un théorème classique d’analyse (déjà utilisé dans
un autre exercice) entraı̂ne alors que g = f 0 (il faut adapter ce théorème à des fonctions
bornées, définies sur tout R), ce qui montre que le graphe de T est fermé.
2. L’appli. T n’est pas continue car il n’existe pas de constante C > 0 telle que

∀ f ∈ Cb0 , ||f 0 ||∞ ≤ C||f ||∞ .

En effet, les fonctions fn (x) = sin(nx) satisfont ||fn0 || = n et ||fn || = 1. L’espace Cb0 (R) est
complet car il est fermé dans B(R) qui est complet. Si le théorème du graphe fermé ne
s’applique pas, c’est donc parce que (Cb1 , || · ||∞ ) n’est pas complet.
3. La norme
||f ||Cb1 := sup |f (x)| + sup |f 0 (x)|
x∈R x∈R

rend l’espace complet et l’application dérivée T de (Cb1 , || · ||Cb1 ) dans (Cb0 , || · ||∞ ) devient
Cb1
continue (toujours par le graphe fermé). Plus généralement, on peut vérifier que l’espace
Cbk (R) muni de la norme

||f ||Cbk (R) = sup |f (x)| + sup |f 0 (x)| + . . . + sup |f (k) (x)|
x∈R x∈R x∈R

est aussi complet.


4. On a un ensemble dénombrable de semi-normes, et kf k∞ 6= 0 si f 6= 0. L’espace est
(k)
donc métrisable. Si (fn ) est une suite de Cauchy dans cet espace, alors chaque suite (fn )
(k)
est de Cauchy dans C0b (R) qui est complet. Donc, pour chaque k ≥ 0, fn a une limite
(k)
gk dans C0b (R). Toujours par le même résultat classique, on en déduit que gk = g0 pour
tout k, ce qui montre que (fn ) a pour limite g0 dans l’espace Cb∞ (R), qui est donc complet,
donc de Fréchet.
5. La fonction fα (x) := αx2 /(1 + x2 ) appartient à Hα = {f ∈ C∞ b (R) : |f (x)| < α, ∀ x ∈

R}. Or pour tout voisinage V de 0 dans (C (R), P), on a fα + V 6⊂ Hα , ce qui montre
que Hα n’est pas ouvert. En effet, tout voisinage V de 0 contient une p-boule de la forme
W = {g ∈ Cb∞ (R) : pk1 (g) < ε, . . . , pkm (g) < ε}, où ε > 0. Or W contient manifestement
l’ensemble des fonctions g égales à une constante c telle que |c| < ε. Et il et clair que
l’ensemble {fα + c : |c| < ε} n’est pas contenu dans Hα .
6. L’espace est métrique. On utilise le critère de continuité en terme de suites. Soit donc
une suite fn qui tend vers une limite f . Cela signifie que, pour chaque j, pj (fn − f ) tend
(k)
vers 0, ce qui, bien sûr, implique que, pour chaque j, pj (fn − f (k) ) tend vers 0. Donc
Tk (fn ) tend vers Tk (f ) et l’application Tk : f 7→ f (k) est continue.
7. Si T1 était ouverte, elle serait surjective. Or f (x) = 1 n’est pas dans l’image de T1 , car
aucune de ses primitives n’est bornée.

EXERCICE 7 Avec les hypothèses du théorème de Banach-Steinhaus, on peut utiliser


le résultat de l’exercice 7 (feuille 2) avec B = E. Il suffit donc de montrer que l’espace E
tout entier n’est pas maigre, car alors A est équicontinue et par suite bornée. Si E était
maigre, on pourrait écrire
[ ◦
E= En , En = ∅,
n∈N

4
donc E serait la réunion dénombrable des fermés En d’intérieur vide. Donc, par Baire, E,
qui est complet, serait d’intérieur vide, ce qui n’est pas vrai car E est ouvert et non vide.
EXERCICE 8 1. On a
X  1 Z 2π  X  1 Z 2π 
−int inx
SN (f )(x) = f (t)e dt e = f (t)ein(x−t) dt
−N ≤n≤N
2π 0 −N ≤n≤N
2π 0
Z 2π  i(2N +1)(x−t) − 1 
1 
−iN (x−t) e
= f (t) e dt
2π 0 ei(x−t) − 1
1
Z 2π  sin(N + 1 )(x − t)  1
Z 2π
2
= f (t) dt = f (t)DN (x − t) dt.
2π 0 sin((x − t)/2) 2π 0
En utilisant la 2π-périodicité de f et de DN , on voit que le changement de variable
u = x − t donne l’égalité
Z 2π Z 2π
1 1
f (t)DN (x − t) dt = f (x − t)DN (t) dt.
2π 0 2π 0
1
R 2π
2. Soit LN : f 7→ SN (f )(x0 ) = 2π 0
f (x0 − t)DN (t) dt. On majore facilement
Z 2π Z 2π 1
1 1 sin(N + 2 )t
|LN (f )| ≤ sup |f | |DN (t)| dt = sup |f | dt
2π 0 2π 0 sin(t/2)

[0,2π] [0,2π]

d’où Z 2π 1
1 sin(N + 2 )t
kLN k ≤ dt.
2π 0 sin(t/2)

Maintenant, on choisit une fonction continue ψ telle que ψ(x0 − t) = sign DN (t) sauf
sur de petits intervalles autour des discontinuités du signe. On note I la réunion de ces
intervalles et on suppose que I est de longueur inférieure à /(2N + 1), ce qui est toujours
possible. On obtient que
Z Z Z
1 1 1 2
kLN (ψ)k ≥ DN (t) dt − |ψ(x0 − t)DN (t)|dt ≥ DN (t) dt − ,

2π [0,2π]\I 2π I 2π [0,2π] 2π
où on a utilisé que |DN (t)| est majoré par 2N + 1. Comme  est quelconque, on obtient
avec l’autre inégalité,
Z π
1 π
Z
1
kLN k = DN (t) dt = DN (t) dt.

2π −π π 0
3. On a
Z π π (N +1/2)π
| sin(N + 1/2)t| | sin(t)|
Z Z
|DN (t)|dt ≥ 2 dt = 2 dt
0 0 t 0 t
N Z kπ N
X 1 4X1
≥2 | sin(t)|dt = ,
k=1
kπ (k−1)π π k=0
k
ce qui entraine le résultat.
4. Avec les notations de l’exercice 7 de la feuille 2, on a ici A = {LN , N ≥ 1}. L’ensemble
U des fonctions continues f pour lesquelles la série de Fourier converge est inclu dans
l’ensemble B de l’exercice (car LN (f ) converge vers f et toute suite convergente est
bornée). Si U n’était pas maigre alors B ne le serait pas non plus et alors A serait
équicontinue donc borné, ce qui n’est pas le cas, d’après la question précédente.

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