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Contrôle Classant

Dynamique de l’atmosphère et des océans, MEC 433


Sujet proposé par Olivier Thual
Durée 4h

Version 10 du 26 juin 2007

L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé. Les notations sont celles du cours.
Chaque question est notée sur 1 point. Pour les applications numériques, on pourra utiliser les valeurs
simplifiées a = 6 106 m, ρr = 1 kg/m3 pour l’atmosphère, ρr = 1000 kg/m3 dans l’océan et considérer
que le périmètre de la terre est de 36 000 km.

Préambule : Approximations à l’échelle planétaire (1 point)

On considère les équations d’échelle planétaire suivantes :


! "
1 ∂u ∂(v cos φ) ∂w
0 = + + ,
a cos φ ∂λ ∂φ ∂r
Du uv 1 ∂p
− tg φ = − + 2 Ω v sin φ ,
Dt a a ρr cos φ ∂λ
Dv u 2
1 ∂p
+ tg φ = − − 2 Ω u sin φ ,
Dt a a ρr ∂φ
∂p Ds Fe
= ρr γ s , = , (1)
∂r Dt T
avec D
Dt = ∂
∂t + u a cos
1
φ

∂λ +v 1 ∂
a ∂φ +w ∂r .

1) Quelles sont, dans la liste ci-dessous, les approximations qui ont été utilisées pour écrire ces équa-
tions : B) approximation de Boussinesq, CM) approximation de couche mince, G) approximation
géostrophique, F) approximation des frottements visqueux nuls ou H) approximation hydrostatique.

Problème 2 : Cellules de Hadley (10 points)

On suppose ici que l’écoulement est stationnaire et qu’il représente la moyenne temporelle de la circulation
atmosphérique pour les mois de décembre à février (hiver boréal). On définit le débit massique Q(φ, r) =
Qv j + Qw k de cet écoulement par les relations
Qv = 2 π ρr a cos φ [v] , Qw = 2 π ρr a cos φ [w] , (2)
la moyenne zonale [b] d’un champ atmosphérique quelconque b étant définie par la relation
# 2π
1
[b](φ, r) = b(λ, φ, r) dλ . (3)
2π 0
1 ∂Qv ∂Qw
2) Montrer que a ∂φ + ∂r = 0. Interpréter cette relation.

La figure 1a) représente les isolignes de la fonction de courant ψ(φ, r) définie par les relations
∂ψ 1 ∂ψ
Qv = − , Qw = . (4)
∂r a ∂φ

1
3) Indiquer, de manière très approchée, la distance y20N − y10S entre les latitudes 20◦ N et 10◦ S. À
quelles altitudes r − a notées z1000 , z800 et z200 correspondent à peu près les niveaux de pression
P = 1000 hPa, P = 800 hPa et P = 200 hPa ? Quel est l’ordre grandeur de l’erreur sur ψ effectuée
lorsque l’on considère qu’une particule virtuelle advectée par l’écoulement en moyenne zonale passe
par les points suivants de la figure 1a) : A(φA =10◦ S, PA =800 hPa), B(φB =10◦ S, PB =200 hPa),
C(φC =20◦ N, PC =200 hPa) et D(φD =20◦ N, PD =1000 hPa).

4) À partir de la figure 1a), estimer les valeurs de ψ en φ=10◦ N aux niveaux de pression P =1000 hPa
puis P =800 hPa. En déduire une approximation grossière du gradient ∂ψ ∂r sur le chemin DA. En
déduire une estimation de la moyenne zonale [v] sur ce chemin.

5) Donner une estimation grossière du gradient a1 ∂ψ


∂φ à partir des valeurs de ψ lues sur la figure 1a) au
niveau P =500 hPa et entre les latitudes φ = 15◦ N et φ = 25◦ N. En déduire une estimation grossière
de la moyenne zonale [w] sur le chemin CD.

6) En déduire une estimation approximative du nombre de jours que met une particule pour effectuer
la boucle ABCD en effectuant les hypothèses suivantes :
• sur les chemins AB et CD : [v] = 0 et |[w]| = w0 constant.
• sur les chemins BC et DA : [w] = 0 et |[v]| = v0 constant.

$ = u − [u], v$ = v − [v] et w
En notant u $ = w − [w], on définit la grandeur Mu par la relation

Mu 1 ∂$
u u tg φ
∂$
= −$
v −w$ + $ v$ .
u (5)
a ρr cos φ a ∂φ ∂r a
% & %D& ' ( ' (
∂e ∂e
Dt = Dt [b] + v
7) Montrer que pour tout champ b, on peut écrire Db $ a1 ∂φ
b
+ w b
$ ∂r où $b = b − [b] et
%D&
Dt = ∂t + [v] a ∂φ + [w] ∂r .
∂ 1 ∂ ∂

%D&
8) En déduire que Dt [ma ] = [Mu ] où ma est le moment cinétique de l’atmosphère.

9) À partir de la figure 1b), estimer grossièrement les valeurs respectives de la moyenne zonale [ma ] du
moment cinétique aux points A, B, C et D. On pourra se servir de la table 1 sans interpolation.

10) En supposant que Mu prend respectivement des valeurs constantes sur chacun des chemins AB, BC,
CD et DA et en reprenant les hypothèses de la question 6), donner une estimation, en Pascals, de
[Mu ] sur chacun de ces quatre chemins.

11) Commenter brièvement les phénomènes qui pourraient expliquer les signes obtenus pour les différentes
valeurs de [Mu ].

φ\u -5 m/s 0 m/s 5 m/s 10 m/s 15 m/s 20 m/s 25 m/s 30 m/s


0◦ 462 467 472 477 482 487 492 497
10◦ 448 452 457 462 467 472 477 482
20◦ 407 412 417 421 426 431 435 440
30◦ 346 350 354 359 363 367 372 376
40◦ 270 274 278 281 285 289 293 297

Table 1: Abaque pour la fonction ma


aρr = cos φ (u + Ωa cos φ).

2
Figure 1: Moyenne de l’hiver boréal. a) Fonction de courant ψ de l’écoulement en moyenne zonale
exprimée en débit massique (1010 kg/s). b) Vent zonal [u] (5 m/s).

Figure 2: Moyenne annuelle et zonale de la température potentielle (◦ K).

3
Problème 3 : Vent thermique et jet d’ouest (4 points)

On suppose ici que l’écoulement est stationnaire et qu’il représente la moyenne annuelle de la circulation
atmosphérique. On suppose qu’entre φ = 30◦ N et φ = 50◦ N cet écoulement peut être décrit avec les
approximations suivantes : Fe = 0 et l’écoulement est zonal, c’est-à-dire v = 0 et ∂λ ∂b
= 0 pour tout
champ b.
12) Déduire de cette approximation et de conditions aux limites évidentes que w = 0. Écrire les équations
d’équilibre dans le cadre de cette approximation.

13) En déduire une relation entre u, ∂u


∂r et ∂φ où θ est la température potentielle. On considérera que
∂θ

l’atmosphère est un gaz parfait pour éliminer Cp des équations.

14) On effectue maintenant l’approximation qui consiste à négliger u devant 2 a Ω cos φ. À partir des
valeurs observées de la figure 1b), estimer l’erreur relative sur ∂u
∂r induite par cette approximation.

15) À partir de la figure 2, donner une estimation grossière du gradient a1 ∂φ


∂θ
pour la boîte définie par
30 N ≤ φ ≤ 50 N et 400 hPa ≤ P ≤ 1000 hPa. En déduire, de manière approximative, la valeur
◦ ◦

du vent u au niveau P = 200 hPa en supposant que u est nul au sol. On pourra utiliser la valeur
numérique simplifiée g = 10 m/s. Comparer avec la figure 1b).

Problème 4 : Courant antarctique circumpolaire (5 points)

On modélise l’océan antarctique circumpolaire par une couche sphérique comprise entre les latitudes
φ = 70◦ S et φ = 50◦ S et les altitudes r = a − H et r = a − H + h(φ) où H = 4 km est une profondeur
constante et h est la hauteur de la surface libre. On suppose que l’on peut faire ici les approximations
suivantes : Fe = 0, l’écoulement est zonal et stationnaire, c’est-à-dire v = 0 et ∂λ
∂b
= 0 et ∂b
∂t pour tout
champ b.
16) On néglige le terme d’accélération tgaφ u2 devant l’accélération de Coriolis. En supposant que u est au
plus égal à 1 m/s, estimer l’ordre de grandeur de l’erreur relative induite par cette approximation. En
déduire la relation de l’équilibre géostrophique en faisant intervenir la pression totale P = Pr (r) + p
dr (r) = −ρr g.
avec dP r

17) On suppose que la température T (φ) et la salinité rs (φ) ne dépendent pas de r et λ dans le domaine
étudié et que leur variation est monotone. En utilisant l’approximation hydrostatique, exprimer la
pression totale P (φ, r) en fonction de ρ(φ) et h(φ) en supposant que la pression atmosphérique Pa
est constante à la surface en r = a − H + h(φ).

18) On considère maintenant la condition aux limites au fond u = 0 pour r = a − H. En déduire que le

produit ρ(φ) h(φ) ne dépend pas de φ. En déduire l’expression de u(φ, r) en fonction de dφ .

19) Les observations permettent de choisir les valeurs approximatives T (50◦ S) = 276◦ K, T (70◦ S) =
273◦ K, rs (50◦ S) = 34, 4 g/kg et rs (70◦ S) = 34, 5 g/kg. Calculer la variation relative de masse
volumique δρ/ρr avec δρ = ρ(50◦ S) − ρ(70◦ S) en utilisant la loi d’état linéaire de l’eau de mer où
A = 1, 7 10−4 K−1 et B = 7, 6 10−4 (g/kg)−1 . En déduire la valeur en m du dénivelé approximatif
δh = h(50◦ S) − h(70◦ S) que l’on supposera petit.

20) À l’aide des approximations sin φ ∼ −1 et h ∼ H dans la couche sphérique considérée, estimer la
valeur maximale de la vitesse ainsi que le débit approximatif de l’océan antarctique circumpolaire.
Comparer avec la valeur de 130 Sv mesurée au niveau du Détroit de Drake et commenter.

4
CORRIGÉ

Préambule : Approximations à l’échelle planétaire

1)Les approximations B), CM), H) et F) ont été utilisées pour écrire le système d’équations.

Problème 2 : Cellules de Hadley


) 2π
2)En invoquant l’équation de conservation de la masse du système (1) et la relation 0
∂u
∂λ dλ = 0, on
peut écrire : # 2π ! "
1 ∂Qv ∂Qw ∂(v cos φ) ∂w
+ = ρr + a cos φ dλ = 0 . (6)
a ∂φ ∂r 0 ∂φ ∂r
Cette relation montre que la moyenne zonale d’un ’écoulement isochore est isochore.

3)Une distance d’environ y20N − y10S ∼ 3000 km séparent les latitudes 10◦ S et 20◦ N. Les niveaux de
pression P = 1000 hPa, P = 800 hPa et P = 200 hPa correspondent respectivement aux altitudes
z1000 ∼ 0 m, z800 ∼ 1000 m et z200 ∼ 10 000 m. Les points A, B, C et D sont à peu près sur l’iso-valeur
ψ = 2 1010 kg/s. Dans la mesure où la trajectoire d’une particule advectée par l’écoulement en moyenne
zonale est une iso-ψ, on fait une erreur d’environ δψ = 1010 kg/s en affirmant que ces quatre points sont
sur une même trajectoire.

Figure 3: Points A, B, C et D. a) Isoligne ψ = 2 1010 kg/s en grisé. b) Schématisation de la circulation


de Hadley le long de la boucle ABCD. Valeurs approchées uA = uB = uD ∼ 0 m/s et uC ∼ 25 m/s.

4)Pour φ=10◦ N, on lit sur la figure 1a) ψ800 ∼ 14 1010 kg/s au niveau de pression P =800 hPa et
ψ1000 ∼ 2 1010 kg/s au niveau de pression P =1000 hPa. On en déduit une estimation de
∂ψ ψ800 − ψ1000
∼ = 12 107 kg/(ms) . (7)
∂r z800 − z1000

Comme Qv = 2 π ρr a cos φ [v] = − ∂ψ


∂r , on peut écrire

1 ∂ψ
[v] = − ∼ 3 m/s . (8)
2 πρr a cos φ ∂r

5
5)Au niveau de pression P =500 hPa, on lit sur la figure 1a) ψ15N ∼ 12 1010 kg/s pour φ=15◦ N et
ψ25N ∼ 2 1010 kg/s pour φ=25◦ N. En notant y25N − y15N ∼ 1000 km la distance entre les latitudes 15◦ N
et 25◦ N, on peut estimer
∂ψ ψ25N − ψ15N
∼ = 10 104 kg/(ms) . (9)
∂φ y25N − y15N
∂ψ
Comme Qw = 2 π ρr a cos φ [w] = ∂φ , on peut écrire

1 ∂ψ
[w] = − ∼ 3 10−3 m/s . (10)
2 π ρr a cos φ ∂φ

6)Le temps τ que met une particule à parcourir la boucle ABCD est
y20N − y10S z200 − z1000 z200 − z800
τ =2 + + ∼ 107 s ∼ 120 jours. (11)
v0 w0 w0

7)Comme [$b] = 0, on remarque que [b1 b2 ] = [b1 ] [b2 ] + [$b1' $b2 ] pour
( deux
' champs
( b1 et b2 quelconques.
% & %D& 1 ∂e ∂e
Pour tout champ b, on peut donc écrire Db
Dt = Dt [b] + $
v a ∂φ
b
+ $
w b
∂r .

8)Comme Dma
Dt = 0, on a ! " ! " ! "
D 1 ∂m
$a ∂m$a
0= [ma ] + v$ + w$ (12)
Dt a ∂φ ∂r
$ a = ρr a cos φ ($
avec m u + Ω a cos φ). On calcule alors
* +
∂m$a u tg φ
∂$
= ρr a cos φ − $ − 2 ρr a2 Ω cos φ sin φ .
u (13)
∂φ ∂φ a

Comme [$ v ] = 0, on obtient finalement


! " *! " ! "+
D 1 ∂$
u tg φ ∂$
u
0= [ma ] + ρr a cos φ v$ − [$
u v$] + w$ , (14)
Dt a ∂φ a ∂r
%D&
ce qui s’écrit bien Dt [ma ] = [Mu ].

9)On lit, sur la figure 1b), les valeurs approximatives uA = uB = uD ∼ 0 m/s et uc ∼ 25 m/s. À partir
de la table 1, on en déduit que
kg kg kg
[ma ]A = [ma ]B = 2, 71 109 , [ma ]C = 2, 61 109 et [ma ]D = 2, 47 109 . (15)
ms ms ms

10)On note τBC = τDA = (y20N − y10S )/v0 , τAB = (z200 − z800 )/w0 et τCD = (z200 − z1000 )/w0 les
temps que met une particule à parcourir respectivement les chemins BC, DA, AB et CD. En supposant
que [Mu ] est constant sur chacun des chemins, on peut écrire

[ma ]B − [ma ]A = τAB [Mu ]AB , [ma ]C − [ma ]B = τBC [Mu ]BC ,
[ma ]D − [ma ]C = τCD [Mu ]CD , [ma ]A − [ma ]D = τDA [Mu ]DA . (16)

On en déduit

[Mu ]AB = 0 Pa , [Mu ]BC = −50 Pa , [Mu ]CD = −40 Pa , [Mu ]DA = 120 Pa . (17)

11)Les trois valeurs non nulles de [Mu ] traduisent des phénomènes qui s’opposent à la circulation de
Hadley. La valeur sur DA traduit le frottement dans les couches limites de surface que l’on devrait

6
modéliser par un terme de flux turbulent de vitesse. Les valeurs sur BC et CD traduisent le transfert de
quantité de mouvement vers la cellule de Ferrel (transport par les fluctuations).

Problème 3 : Vent thermique et jet d’ouest

∂r = 0. On en déduit que w est constant, donc nul


12)L’équation de conservation de la masse entraîne ∂w
compte tenu de la géométrie. L’équation de quantité de mouvement pour v s’écrit ici
tg φ 2 1 ∂p
u =− − 2 Ω u sin φ . (18)
a a ρr ∂φ

13)En dérivant par rapport à φ la relation hydrostatique et par rapport à r cette relation d’équilibre,
l’élimination de la pression conduit à la relation
* +
tg φ ∂u γ ∂s
2 u + Ω sin φ =− . (19)
a ∂r a ∂φ

En utilisant les définitions s = Cp Ln θ et γ = g/Cp pour un gaz parfait, on obtient


* +
tg φ ∂u g 1 ∂θ
2 u + Ω sin φ =− . (20)
a ∂r a θ ∂φ

14)Comme 2 a Ω cos φ ∼ 800 m/s avec |u| ≤ 40 m/s pour φ = 30◦ N et 2 a Ω cos φ ∼ 600 m/s avec
|u| ≤ 30 m/s pour φ = 50◦ N, on peut négliger tg φ ua devant Ω sin φ dans l’équation (20) en faisant une
erreur relative de 5%.

15)À partir de la lecture de la figure 2, on peut estimer un écart de température δθ ∼ −15 ◦ K entre
φ = 30◦ N et φ = 50◦ N. Comme la distance y50N − y30N entre les deux latitudes est d’environ 2000 km,
on peut estimer
1 ∂θ δθ
∼ ∼ −7, 5 10−6 ◦ K/m . (21)
a ∂φ y50N − y30N
En approximant θ par la valeur moyenne θm ∼ 300◦ K et en utilisant la relation du vent thermique
g 1 ∂θ
2 Ω sin φ ∂u
∂r = − a θ ∂φ (à 5% près), cette équation entraîne

∂u g 1 δθ
∼− ∼ 2, 7 10−3 s−1 . (22)
∂r 2 Ω sin φ θm y50N − y30N

∂r est constant et en utilisant z200 ∼ 10 m, on trouve que la vitesse pour φ = 40 N


En supposant que ∂u 4 ◦

et P = 200 hPa est u(φ = 40 N, P = 200 hPa) ∼ 27 m/s. Cette valeur est proche de la valeur d’environ

25 m/s que l’on peut lire sur la figure 1b).

Problème 4 : Courant antarctique circumpolaire

16)Le rapport u/(2 a Ω cos φ) entre tgaφ u2 et 2 Ω sin φ u est maximal pour φ = 70◦ et u = 1 m/s et vaut
environ 3 10−3 . L’erreur relative maximale est donc de l’ordre de 0,3 %. Comme on a ∂P ∂φ = 0 on peut
r

écrire l’équilibre géostrophique sous la forme


1 ∂P
0=− − 2 Ω u sin φ . (23)
a ρr ∂φ

7
17)La relation hydrostatique ∂P
∂r = −ρ g pour la pression totale entraîne

P (φ, r) = Pa − ρ(φ) g [r − a + H − h(φ)] . (24)

18)L’équilibre géostrophique s’écrit

g d
0= [ρ(φ) (r − a + H) − ρ(φ) h(φ)] − 2 Ω u sin φ . (25)
a ρr dφ

Comme u = 0 pour r = a − H, on en déduit que dφ [ρ(φ) h(φ)]


d
= 0. On en déduit

g dρ
u= (r − a + H) . (26)
2 a ρr Ω sin φ dφ

19)En appliquant la loi d’état linéaire de l’eau de mer, on obtient

δρ/ρ0 = −A[T (50S) − T (70S)] + B[rs (50S) − rs (70S)] ∼ 5, 8 10−4 . (27)

À la précision de ce calcul, on a δρ/ρr ∼ δρ/ρ0 . La relation dφ


d
[ρ(φ) h(φ)] = 0 peut être approximée par
la relation
δh δρ
∼ ∼ 5 10−4 . (28)
H ρr
On trouve donc δh ∼ 2 m.

20)En notant y50S − y70S ∼ 2000 km la largeur de l’océan, on peut écrire

g dρ g δρ r − a + H
u= (r − a + H) ∼ − . (29)
2 a ρr Ω sin φ dφ 2 Ω sin φ ρr y50S − y70S
Avec les valeurs sin φ ∼ −1 et h ∼ H, la valeur maximale umax de u est obtenue à la surface libre en
r = a − H + h ∼ a et vaut
g δρ H
umax ∼ ∼ 0, 1 m/s . (30)
2 Ω ρr y50S − y70S
Le débit volumique de l’océan antarctique circumpolaire est
# a # 50S
g δρ H 2
D∼ u(φ, r) a dφ dr = ∼ 300 106 m3 /s = 300 Sv . (31)
a−H 70S 2 Ω ρr 2

L’absence de prise en compte des frottements de diverses natures constitue un début d’explication de
cette sur-estimation du débit dans ce modèle très simple.

8
Contrôle Classant

Dynamique de l’atmosphère et des océans, MEC 433


Sujet proposé par Olivier THUAL,
Durée 3h

Vendredi 3 juillet 2009

L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé. Les notations sont celles du cours.

Problème 1 : Perturbations de moyenne latitude (8 points)

On considère le modèle atmosphérique constitué des équations


1 ∂p
f0 k ∧ U H + ∇H p = 0 et 0=− + ρr γ s (1)
ρr ∂z

où P = Pr (z) + p est le champ de pression, S = Sr + s est le champ d’entropie, U H est le champ de


vitesse horizontale, f0 > 0 le paramètre de Coriolis supposé constant et ρr la masse volumique constante.
On ne s’intéresse pas ici à la vitesse verticale. On suppose que z ∈ [0, H] où H = 8 000 m est la hauteur
de la tropopause.

On donne les valeurs numériques approchées suivantes : Pr (0) = P0 = 1 000 hPa, f0 = 10−4 s−1 ,
ρr = 1 kg/m3 , R = 300 J kg−1 K−1 , Cv = 700 J kg−1 K−1 , g = 10 m s−2 . On rappelle que Pr" (z) = −ρr g,
Cp = Cv + R et γ = g/Cp . Les applications numériques pourront être effectuées avec une précision de
l’ordre de 10%.
1) Indiquer les hypothèses et approximations qui permettent de modéliser ainsi la circulation de grande
échelle de l’atmosphère aux latitudes tempérées.
2) On suppose que l’on peut décomposer les champs sous la forme s = s(z) + s!, p = p(z) + p!, où
s(z) et p(z) sont solutions du modèle pour U H = 0. En supposant que N02 = γ dz ds
est constant avec
N0 = 10 s , s(0) = 0 et p(0) = 0, calculer s(z) et p(z). Indiquer la valeur numérique de la pression
−2 −1

P = Pr + p pour z = H.
−R/C
3) On rappelle que la température potentielle θ est définie par la relation θ = T (P/P0 ) p
avec
P0 = 1 000 hPa où T est la température et que S = Cp Ln θ + Cste. On suppose que T (0) = 20◦ C
au sol. Calculer θ(H) et T (H) à la tropopause correspondant à la solution p(z) et s(z). Que valent
ces températures en degrés Celsius et sont-elles représentatives de la réalité ?
4) On définit ψ par la relation p! = ρr f0 ψ. On note ζ = ∇2H ψ et η = η + η! avec η = dz ds
f0 et
η! = dz ζ + ∂z f0 . Que représentent les champs ψ, ζ et η ? On suppose, dans la suite du problème,
ds ∂e
s

que η! = 0 pour z ∈ [0, H]. Justifier brièvement cette hypothèse.


5) On"suppose que le champ de pression obéit à la relation p! = pm λ |zm | F (x, y, z) avec F (x, y, z) =
1/ x2 + y 2 + λ2 (z − zm )2 où zm et λ sont des constantes. Calculer la valeur de λ permettant de
satisfaire l’hypothèse η! = 0. On rappelle que ∇2 (1/r) = 0 pour r > 0 en coordonnées sphériques.
6) On suppose que pm < 0 et zm < 0. Calculer s!(0, 0, 0) et indiquer son signe. Tracer (schématiquement)
l’allure des champs de pression P , de température T et de vent au sol dans le plan Oxy. Justifier le
fait qu’une dépression au sol corresponde à une anomalie chaude près de la surface.
7) On suppose pm < 0 et zm > H. Déterminer le signe de s!(0, 0, H). Tracer (schématiquement) l’allure
des champs de pression p! et d’entropie s! dans le plan vertical Oxz pour y = 0. Justifier le fait qu’une
dépression à la tropopause corresponde à une anomalie froide en altitude.

1
"
8) Montrer que le champ de pression au sol peut s’écrire sous la forme p!(x, y, 0) = f (r) où r = x2 + y 2
# $−1/2
et f (r) = pm r2 /L2 + 1 . Exprimer L en fonction de zm et λ. Calculer la valeur r = r∗ pour
laquelle f (r) présente un point d’inflexion. Utiliser ce résultat pour estimer grossièrement, à partir
de la figure 1, les valeurs de pm et zm permettant de modéliser les champs synoptiques de la tempête
du 24 janvier 2009 lors de son passage sur la France.

Fig. 1 – Tempête du 24 janvier 2009. Isobares (P , lignes blanches, δP = 1 hPa) au sol (z = 0). Isohypses
(ψ, champ coloré, δψ = 40 m) et isothermes (T , lignes grises, δT = 1◦ C) pour P = 500 hPa.

2
Problème 2 : Circulation thermohaline (12 points)

On s’intéresse à la circulation thermohaline dans les océans. On n’étudie dans ce problème que les mou-
vements liés aux perturbations de masse volumique et on néglige systématiquement les effets du vent sur
l’océan.

On considère un modèle simplifié cartésien pour l’étude de la circulation convective des océans, le modèle
de Stommel-Arons. L’océan occupe un domaine à fond plat de dimensions horizontales Lx et Ly (voir
figure 2) avec une description à deux couches de masses volumiques constantes et d’épaisseurs variables.
On suppose que les frontières sont ouvertes sauf sur le bord EST, en x = Lx , où la vitesse zonale est
nulle. La couche inférieure d’épaisseur h1 (x, y) > 0 correspond à un fluide de masse volumique ρ1 . La
couche supérieure d’épaisseur h2 (x, y) > 0 correspond à un fluide de masse volumique ρ2 .

NORD
z

u2 = 0

ρ2 h2 Thermocline

u1 = 0
y
Ly ρ1 h1
Lx Abysses EST
0 x

Fig. 2 – Modèle de Stommel-Arons pour la circulation convective.

On suppose l’existence d’une source très localisée à haute latitude (représentée en gris foncé sur la figure),
qui transforme le fluide de masse volumique ρ2 en un fluide de masse volumique ρ1 . Cela produit un flux
de matière de la couche 2 vers la couche 1. On suppose que le régime est permanent (stationnaire). Le
flux de masse à travers l’interface entre les deux domaines doit donc être nul. Ainsi, on introduit un flux
de matière q ∗ (x, y) à travers l’interface stationnaire d’équation z = h1 (thermocline) pour compenser le
flux de matière associé à la source localisée. La masse volumique des particules fluides qui transitent ainsi
de la couche 1 vers le la couche 2 est transformée de ρ1 en ρ2 .
9) Rappeler le rôle de la concentration en sel et de la température dans la circulation thermohaline et
la conséquence principale de ce double forçage.
10) On suppose que les composantes de la vitesse horizontale sont indépendantes de z et on les note
u2 (x, y) et v2 (x, y) pour la couche 2 et u1 (x, y) et v1 (x, y) pour la couche 1. On modélise le flux de
matière de la couche 1 vers la couche 2 (à l’extérieur de la source localisée) par les équations
∂(h2 u2 ) ∂(h2 v2 ) ∂(h1 u1 ) ∂(h1 v1 )
ρ2 + ρ2 = q∗ et ρ1 + ρ1 = −q ∗ . (2)
∂x ∂y ∂x ∂y
Quelle loi physique représentent ces équations ? Calculer la valeur de la divergence du champ hori-
zontal de composantes (Qx , Qy ) défini par Qx = ρ1 h1 u1 + ρ2 h2 u2 et Qy = ρ1 h1 v1 + ρ2 h2 v2 . Que
peut-on en conclure sur le bilan de masse à travers les frontières du domaine ?
11) On suppose que l’approximation hydrostatique est vérifiée et que la pression atmosphérique Pa sur
la surface libre d’équation z = h1 + h2 est constante. La pression varie continuement au travers de
l’interface des deux couches. En déduire l’expression des pressions respectives P1 (x, y, z) et P2 (x, y, z)
dans les deux couches.

3
12) On modélise la circulation océanique par les équations

1 ∂P2 1 ∂P2
−f v2 = − , f u2 = − , (3)
ρ2 ∂x ρ2 ∂y
1 ∂P1 1 ∂P1
−f v1 = − , f u1 = − , (4)
ρ1 ∂x ρ1 ∂y

où f (y) est le paramètre de Coriolis. Indiquer les hypothèses et les approximations qui permettent
de modéliser ainsi la circulation océanique. Remplacer P1 et P2 par leurs expressions en fonction de
h1 et h2 .
13) En déduire que l’on peut écrire

β h2 v2 = −f q ∗ /ρ2 + B2 J(h1 , h2 ) et β h1 v1 = f q ∗ /ρ1 + B1 J(h1 , h2 ) (5)

où β(y) = f " (y), J(h1 , h2 ) = ∂h1 ∂h2


∂x ∂y − ∂h
∂x
2 ∂h1
∂y et où B1 et B2 sont des constantes que l’on précisera.
14) En déduire que Qy = 0. En invoquant la nullité des vitesses zonales u1 et u2 à l’est de la boîte
(x = Lx ), en déduire que Qx = 0. Montrer que l’on a h2 ∇H P2 + h1 ∇H P1 = 0.
15) En déduire que C2 (h1 , h2 )∇h2 + C1 (h1 , h2 )∇h1 = 0 où C2 et C1 sont des fonctions de h1 et h2 que
l’on précisera. En déduire que ρ1 h21 + 2 ρ2 h1 h2 + ρ2 h22 est un champ constant.
16) En déduire que J(h1 , h2 ) = 0 ainsi que les relations β v2 = −f q ∗ /(ρ2 h2 ) et β v1 = f q ∗ /(ρ1 h1 ).
Comment peut-on nommer ces relations ?
17) On suppose que q ∗ = q0 > 0 est une constante et que ! h1 = h1 −h1r et !
h2 = h2 −h2r sont petits devant
les épaisseurs de référence h1r et h2r . On approxime f et β par les constantes f0 et β0 . Montrer alors
que l’on a !h2 = −! h1 (1 + D) où D est une constante que l’on exprimera en fonction de (ρ1 − ρ2 )/ρ2
et h1r /(h1r + h2r ).
18) En déduire la cote z = ztherm de la thermocline lorsque la surface libre est à une cote z = zlibre telle
que zlibre − (h1r + h2r ) = 7 cm. On supposera que h2r = 500 m, h1r = 3 500 m, ρ1 = 1 028 kg/m3
et ρ2 = 1 024 kg/m3 .
19) Montrer que v1 , v2 sont des constantes que l’on exprimera en fonction de ρ1 , ρ2 , h1r , h2r , f0 , β0 et
q0 . En utilisant les équations de conservation de la masse et les conditions aux limites, en déduire
que u2 et u1 sont des fonctions affines de x que l’on explicitera.
20) On prend f0 = 10−4 s−1 et β0 = f0 /a avec a = 6.4 103 km. On suppose que q0 = 10−3 kg m−2 s−1
et on choisit h2r = 500 m, h1r = 3 500 m et Lx = Ly = 4 000 km. Estimer, en Sverdrup, les
débits volumiques dans chaque couche aux frontières du domaine ainsi qu’à l’interface entre les deux
couches.
21) Représenter sur un schéma, pour chacune des couches, les champs de vitesses horizontaux ainsi que
la projection des trajectoires des particules fluides sur un plan horizontal. Commenter en comparant
la direction des vitesses avec la structure de la circulation thermohaline réelle.

4
CORRIGÉ

Problème 1 : Perturbations de moyenne latitude (8 points)

1) (0.5 point)
Les hypothèses et approximations constitutives de ce modèle sont : équilibre hydrostatique, équilibre
géostrophique, stationnarité, incompressibilité ou hypothèse de Boussinesq.

2) (1 point)
Comme dz ds
= N02 /γ et dp
dz = ρ r γ s, l’intégration de ces équations avec les conditions aux limites s(0) = 0
et p(0) = 0 conduit à s(z) = N02 z/γ et p(z) = ρr N02 z 2 /2. De même, l’intégration de Pr! (z) = −ρr g
avec Pr (0) = P0 conduit à Pr (z) = P0 − ρr z. On en déduit que la pression à la tropopause est P (H) =
Pr (H) + p(H) = P0 − ρr g H + ρr N02 H 2 /2 = 232 hPa.

3) ! " (1 point)
Comme p(0) = 0, on a θ(0) = T (0). On peut écrire S(H)−S(0)# = s(H)
$ = Cp Ln θ(H)/θ(0) . En utilisant
# $
θ(H) N02 H
s(H) = N02 H/γ, on obtient finalement N02 H/γ = Cp Ln T (0)
et donc θ(H) = T (0) exp γ Cp .
N02H
Comme γ Cp ∼ 8 10−2 , on peut faire l’approximation θ(H) = T (0)(1 + 8 10−2 ) = 316 K. La température
! "R/Cp
potentielle est donc de 43◦ C à la tropopause. On en déduit T (H) = θ(H) P (H)/P0 = 204 K.
La température est donc de −69◦ C à la tropopause. Les valeurs θ(H) = 43◦ C et T (H) = −69◦ C sont
conformes aux figures du cours qui montrent les moyennes zonales et annuelles de ces grandeurs.

4) (1 point)
Dans la mesure où u = − ∂ψ ∂y et v = ∂ψ
∂x , le champ ψ(x, y, z) à z fixé agit comme une fonction de courant.
Le champ ζ est la vorticité géostrophique. Le champ η est la vorticité potentielle quasi-géostrophique.
Dans le cadre de l’approximation quasi-géostrophique, ce champ est invariant. Comme η% est nul pour
l’équilibre U H = 0, p = p et s = s, on peut supposer η% = 0 pour le régime perturbé.

5) (1 point)
Comme la fonction 1/r, où r est la distance à l’origine, vérifie ∇2 (1/r) = 0 pour r > 0, on en déduit
2 2
facilement que λ2 ∇2H F + ∂∂zF2 = 0. Comme on peut écrire γ η% = N02 ∇2H ψ + f02 ∂∂zψ2 = 0, on voit qu’il faut
choisir λ = N0 /f0 pour que p% = ρr f0 ψ soit solution du modèle.

6) (1.5 point)
On a s% = ∂∂zpe /(ρr γ) = |zm | pm (zm −z) λ3 F 3 /(ρr γ). Dans le cas f0 > 0, pm < 0 et zm < 0, on a s%(0, 0, 0) =
pm /(ρr γ zm ) > 0. Les isobares au sol sont des cercles de centre (x, y) = (0, 0) avec une dépression
d’intensité pm au centre (figure 3). Les vents sont géostrophiques et donc parallèles aux isobares. Dans
la mesure où f0 > 0 (hémisphère nord), les trajectoires circulaires des particules fluides tournent dans le
sens trigonométrique. Les isothermes au sol sont des cercles avec un maximum en (x, y) = (0, 0). Pour
2
une solution générale ψ(x, y, z) vérifiant N02 ∇2H ψ + f02 ∂∂zψ2 = 0, un minimum au sol correspond à une
2 2
valeur de ∇2H ψ (vorticité) positive et donc une valeur de ∂∂zψ2 négatif. On en déduit que ∂z
∂e
s
= fγ0 ∂∂zψ2
est négative, en donc que s% est maximum au sol. Une dépression au sol correspond donc à une anomalie
chaude au sol.

7) (1 point)
Dans le cas f0 > 0, pm < 0 et zm > H, on a s%(0, 0, H) = pm /[ρr γ (zm − H)] < 0. Les isobares et les
isentropes sont des portions de cercles de centre (x, z) = (0, zm ) dans le demi-plan vertical z ≤ H avec un
minimum de pression et un maximum de température en (x, z) = (0, H) dans ce domaine (figure 4). Un

5
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a) x b) x

Fig. 3 – Champs au sol. a) Isobares P avec une dépression au centre et champ de vent. b) Isothermes T
avec un maximum au centre.

raisonnement identique à celui effectué pour la question précédente permet d’affirmer qu’une dépression
à la tropopause correspond, dans ce cas et dans le cas général, à une anomalie froide à la tropopause.

L FROID
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x x

Fig. 4 – Coupe verticale en y = 0. a) Isobares p! avec une dépression en (x, z) = (0, H). b) Isentropes s!
avec un minimum en (x, z) = (0, H).

8) (1 point)
On a L = λ |zm | et r∗ = L. En lisant sur la carte que le minimun de pression est de l’ordre de P = 975 hPa,
on peut poser pm = −25 hPa. En observant sur la carte, on peut estimer l’existence d’un point d’inflexion
pour r∗ ∼ 500 km. On a donc L = 500 km et zm = −L/λ ∼ −5 000 m.

Problème 2 : Circulation thermohaline (12 points)

9) (0.5 point)
Une augmentation de la salinité ou une diminution de la température augmente la masse volumique.
Cette augmentation génère une plongée des eaux de surface vers les abysses en quelques régions très
localisées des hautes latitudes. Ce processus alimente la circulation thermohaline des océans.

6
10) (0.5 point)
Les équations (2) traduisent la conservation de la masse. En sommant ces deux équations, on obtient que
∂Qx ∂Qy
∂x + ∂y = 0. La divergence du champ horizontal (Qx , Qy ) est donc nulle. Le flux de masse à travers
les frontières du domaine est nul.

11) (1 point)
La relation hydrostatique ∂P ∂z = −ρ g, la condition aux limites P = Pa pour z = h1 + h2 et la continuité
de la pression à travers l’interface z = h1 entrainent

P2 (x, y, z) = Pa − ρ2 g z + g(ρ2 h1 + ρ2 h2 ) et P1 (x, y, z) = Pa − ρ1 g z + g(ρ1 h1 + ρ2 h2 ) . (6)

12) (1 point)
Les hypothèses du modèle sont : approximation hydrostatique, équilibre géostrophique, stationnarité,
frottements négligeables, absence de forçage diabatique. En remplaçant les pressions P2 et P1 en fonction
de leurs expressions, le modèle s’écrit
g ∂ g ∂
−f v2 = − (ρ2 h1 + ρ2 h2 ) , f u2 = − (ρ2 h1 + ρ2 h2 ) , (7)
ρ2 ∂x ρ2 ∂y
g ∂ g ∂
−f v1 = − (ρ1 h1 + ρ2 h2 ) , f u1 = − (ρ1 h1 + ρ2 h2 ) . (8)
ρ1 ∂x ρ1 ∂y

13) (1.5 point)


En multipliant respectivement par h1 ou h2 les équations dans chaque couche, en dérivant par rapport à
y les équations pour hv et par rapport à x les équations pour hu qui en résultent, puis en retranchant
deux à deux les équations ainsi obtenues dans chaque couche, on obtient
! "
∂(h2 u2 ) ∂(h2 v2 ) 1
f (y) + + h2 v2 f ! (y) = − J(h2 , P2 ) ,
! ∂x ∂y " ρ2
∂(h1 u1 ) ∂(h1 v1 ) 1
f (y) + + h1 v1 f (y) = − J(h1 , P1 ) .
!
(9)
∂x ∂y ρ1

En utilisant les équations de la masse (2), on obtient

β h2 v2 = −f q ∗ /ρ2 + g J(h1 , h2 ) et β h1 v1 = f q ∗ /ρ1 − g (ρ2 /ρ1 ) J(h1 , h2 ) . (10)

On a donc B2 = g et B1 = −g ρ2 /ρ1 .

14) (1 point)
En sommant les deux équations (10) on obtient Qy = ρ1 h1 v1 +ρ2 h2 v2 = 0. Comme la divergence du champ
(Qx , Qy ) est nulle, on obtient ∂Q
∂x = 0. En utilisant les conditions aux limites u1 = u2 = 0 pour x = Lx ,
x

on en déduit que Qx = ρ1 h1 u1 + ρ2 h2 u2 = 0. En multipliant les équations (7) et (8) respectivement par


h2 et h1 et en les sommant deux à deux, on obtient h2 ∂P ∂x + h1 ∂x = 0 et h2 ∂y + h1 ∂y = 0, d’où
2 ∂P1 ∂P2 ∂P1

h2 ∇H P2 + h1 ∇H P1 = 0.

15) (1 point)
En remplaçant P1 et P2 par leurs expressions en fonction de h1 et h2 dans la relation h2 ∇H P2 +h1 ∇H P1 =
0 on en déduit ρ2 h2 ∇h2 + ρ2 h2 ∇h1 + ρ2 h1 ∇h2 + ρ1 h1 ∇h1 = 0 que l’on peut aussi écrire C2 (h1 , h2 )∇h2 +
C1 (h1 , h2 )∇h1 = 0 avec C2 (h1 , h2 ) = ρ2 h1 +ρ2 h2 et C1 (h1 , h2 ) = ρ1 h1 +ρ2 h2 . En intégrant, on démontre
que la quantité ρ1 h21 + 2 ρ2 h1 h2 + ρ2 h22 ne dépend pas de l’espace : c’est donc une constante.

16) (0.5 point)


Dans la mesure où l’on peut écrire J(h1 , h2 ) = (∇h1 ∧ ∇h2 ) · k, on voit que J(h1 , h2 ) = 0. Les relations
β v2 = −f q ∗ /(ρ2 h2 ) et β v1 = f q ∗ /(ρ1 h1 ) qui en découlent peuvent être vues comme des équations

7
de Sverdrup intégrées sur la verticale en assimilant les expressions q ∗ /ρ à des vitesses et les expressions
± q ∗ /(ρ h) à des gradients verticaux de vitesse.

17) (1 point)
En linéarisant la relation ρ1 h1 +2 ρ2 h1 h2 +ρ2 h2 = Cste, on obtient (ρ1 h1r +ρ2 h2r )h1 +(ρ2 h1r +ρ2 h2r )!
2 2 ! h2 =
0. On obtient donc ! h2 = −(1 + D) ! h1 avec D = ρ1ρ−ρ
2
2 h1r
h1r +h2r .

18) (1 point)
! ! ! ! ! ρ1 −ρ2
Comme h1 +h2 = zlibre −(h1r +h2r ) = 7 10 m et que h1 +h2 = −D h1 avec D = ρ2 h1r +h2r = 3.5 10−3
−2 h1r

on a !
h1 = −(!
h1 + !
h2 )/D = −20 m. La cote de la thermocline est donc ztherm = 3 480 m.

19) (1 point)
On a v2 = −f0 q0 /(ρ2 β0 h2r ) et v1 = f0 q0 /(ρ1 β0 h1r ). Les équations de conservation de la masse (2),
∂x = q0 /ρ2 et h1r ∂x = −q0 /ρ1 . En utilisant les conditions aux limites u1 = u2 = 0 pour
s’écrivent h2r ∂u 2 ∂u1

x = Lx , on en déduit que u2 = −q0 (Lx − x)/(ρ2 h2r ) et u1 = q0 (Lx − x)/(ρ1 h1r ).

20) (1 point)
La valeur f0 = 10−4 s−1 est une estimation de la valeur de f aux moyennes latitudes de l’hémisphère
df
nord. Comme β = f # (y) = a1 dφ où a est le rayon de la Terre et φ la latitude, on peut approximer
β par β0 = f0 /a en prenant φ = 45◦ N comme valeur moyenne de la latitude. On calcule alors v2 =
−f0 q0 /(ρ2 β0 h2r ) = −a q0 /(ρ2 h2r ) = −12.5 10−3 m/s. Les débits volumiques dans la direction y sont
respectivement D2y = v2 Lx h2r = −a Lx q0 /ρ2 = −25 Sv et D1y = −(ρ2 /ρ1 ) D2y = 25 Sv pour les couches
2 et 1. Sur la frontière ouest, on obtient u2 (0) = −q0 Lx /(ρ2 h2r ) = −7.8 10−3 m/s. Les débits volumiques
dans la direction x à travers les frontières ouest sont D2W = u2 (0) Ly h2r = −Lx Ly q0 /ρ2 = −16 Sv et
D1W = −(ρ2 /ρ1 )D2W = 16 Sv. Le débit volumique dans la direction verticale à travers la thermocline
est Dz = q0 Lx Ly /ρ1 ∼ q0 Lx Ly /ρ2 = 16 Sv.

21) (1 point)
L’allure des champs de vitesse horizontaux et de la projection des trajectoires dans le plan horizontal
est représentée sur la figure 5. Le sens des trajectoires de la couche inférieure est conforme à la partie
“moyennes latitudes” de la circulation profonde des océans telle qu’imaginée par Stommel en 1958 et
vérifiée par les observations de nos jours.

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Couche supérieure 2 '"# Couche inférieure 1

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a) b)

Fig. 5 – Allure des champs de vitesses horizontaux et de leurs trajectoires. a) couche supérieure 2, b)
couche inférieure 1.

8
Dynamique de l’Atmosphère et des Océans
Contrôle MEC433 du vendredi 1er Juillet 2011.
Durée : 3h - Tous documents autorisés - Le barême est indicatif.

Exercice proposé par T. Dubos, problème proposé par J.-M. Chomaz

Exercice : Modèle à deux couches de la circulation océanique


pilotée par les vents (5 points)
Le but de l’exercice est de déterminer la circulation
océanique en réponse au forçage du vent en tenant
compte de la variation de densité des eaux de sur-
face avec la latitude. Pour cela on distingue quatre
couches :

• une fine couche d’Ekman superficielle, plane,


dont l’épaisseur est négligée, qui transmet le couche d’Ekman (épaisseur négligeable)
z=0
forçage par le vent

• une couche 1 de masse volumique con- e1 couche 1

stante ρ1 , d’épaisseur e1 , animée d’une


vitesse u1 = u1 i + v1 j + w1 k z=−e1

• une couche 2 de masse volumique con- e2 couche 2

stante ρ2 > ρ1 , d’épaisseur e2 , animée d’une


vitesse u2 = u2 i + v2 j + w2 k z=−e

couche profonde immobile


• une couche profonde de masse volumique
ρ∞ > ρ2 immobile. Sud
y=0
Nord

Figure 1 : Modèle de Saint-Venant à deux


couches (vue dans le plan y, z)
La coordonnée y = a(φ − φ0 ) est la coordonnée méridienne (Sud-Nord). Pour refléter le fait que
les eaux de surface sont moins denses dans les régions tropicales que dans les régions extra-tropicales,
la couche 1 n’existe que dans les basses latitudes :

si y < 0 alors e1 ≥ 0 si y > 0 alors e1 = 0.

La coordonnée x = a cos φ (λ − λ0 ) est la coordonnée zonale (Ouest-Est). Le bassin océanique considéré


s’étend d’un bord Ouest en x = xW à un bord Est en x = xE . Le système de coordonnées (x, y, z) est
cartésien. En particulier
df ∂e ∂e ∂wi ∂ui ∂vi
= β, ∇e = i+ j, div ui = divH ui + où divH ui = +
dy ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y
où f (y) est le paramètre de Coriolis.
On admettra que les mouvements des couches 1 et 2 peuvent être décrits par un système de Saint-
Venant à deux couches dans l’approximation du plan β :

D ! "
u1 + f (y)k ∧ u1 + ∇ g2" e + g1" e1 = 0 où e = e1 + e2 ,
Dt

1
D ! "
u2 + f (y)k ∧ u2 + ∇ g2! e = 0
Dt
où g1! = g(ρ2 − ρ1 )/ρ∞ et g2! = g(ρ∞ − ρ2 )/ρ∞ sont des gravités réduites. Dans la couche i = 1, 2,
la vitesse horizontale (ui , vi ) est indépendante de la coordonnée verticale z. Les conditions aux
limites cinématiques au sommet et à la base des couches 1 et 2 sont :

w1 (z = 0) = wE ,
# $

w1 (z = −e1 ) = − + u 1 · ∇ e1
∂t
# $

w2 (z = −e1 ) = − + u 2 · ∇ e1
∂t
# $

w2 (z = −e) = − + u2 · ∇ e
∂t

où la vitesse d’Ekman wE (x, y) est une donnée du problème.


On ne considère ici que la région tropicale y < 0, dans laquelle e1 ≥ 0.

1. Question de cours : comment la vitesse d’Ekman wE dépend-elle des tensions exercées par les
vents de surface ?

2. Que dire de div ui (i = 1, 2) ? Que vaut w1 (z = −e1 ) − w2 (z = −e1 ) ? En déduire que

e1 divH u1 + e2 divH u2 = w2 (z = −e) + (u2 − u1 ) · ∇e1 − wE .

3. Dans la suite on suppose que l’écoulement est stationnaire et géostrophique. Donner


les expressions de u1 et u2 . En déduire les valeurs de (u2 − u1 ) · ∇e1 et w2 (z = −e).
On prend comme condition aux limites sur le bord Est x = xE que u1 = u2 = 0. En déduire
que e et e1 prennent des valeurs constantes H et H1 sur le bord Est. Expliquer à partir du cours
pourquoi on n’applique pas ces mêmes conditions aux limites au bord Ouest x = xW . Que vaut
e1 en y = 0 ? En déduire la valeur de H1 .

4. En considérant e1 divH (f u1 ) + e2 divH (f u2 ), montrer que

β (e1 v1 + e2 v2 ) = f wE .

Comment s’appelle cette relation ? L’interpréter en termes d’étirement de la vorticité. En déduire


que
2f 2 xE
ˆ
! 2 ! 2 ! 2
g 2 e + g 1 e1 = g 2 H − wE (x! , y)dx! .
β x

5. Afin de déterminer e et e1 en fonction des données du problème, une relation supplémentaire


entre e et e1 est nécessaire. De quelle grandeur peut-on invoquer la conservation ? Dans quelle
couche et pourquoi ? Le long de quelles isolignes cette grandeur est-elle constante ? Comment
trouver cette constante (on négligera la vorticité relative devant la vorticité planétaire) ?

2
3

Problème : Des ondes sur l’Océan, Ondes de Rossby, Poincaré et


Kelvin
Les parties I, II, III A, III B peuvent être faites indépendamment.
Ce problème étend l’analyse des ondes décrites dans le cours, en particulier des ondes de Rossby
et des ondes de Kelvin (ici loin de l’équateur).

Figure 1: Schéma de la couche mince et définition des paramètres

Nous nous plaçons dans l’approximation de couche mince représentée sur la figure 1 et décrite
par les équations de Saint-Venant sans frottement, ni dissipation :


 DUH
 + f ez ∧ UH + g∇h = 0 ,
Dt
(E.1)

 D(h − hinf )
 + (h − hinf )∇H .UH = 0 ,
Dt
D ∂
avec = + UH .∇H , (E.2)
Dt ∂t
∇H = (∂/∂x, ∂/∂y), h l’élévation de l’interface, hinf la cote du fond et UH = (u, v) la vitesse
horizontale supposée indépendante de z.
Nous faisons l’approximation du plan β loin de l’équateur et supposons f0 > 0 (hémisphère
nord), le paramètre de Coriolis est donné par :
f = f0 + βy , (E.3)

où y est la coordonnée dans la direction des latitudes (coordonnée méridienne) et β la variation
du paramètre de Coriolis f avec y.
Nous supposons que la cote du fond hinf varie linéairement suivant y :
hinf = −hr (1 − sy) , (E.4)
où hr est la profondeur de référence et s la pente du fond (si s > 0 le fond remonte quand on va
vers le nord y > 0).

Nous introduisons une vitesse caractéristique cr = ghr et une longueur caractéristique
appelée rayon de déformation de Rossby Rd = cr /f0 .

Partie I: Linéarisation et définition de différents régimes (3 points)

Pour rendre les parties indépendantes, les équations que nous allons dériver ici
seront redonnées au début de chaque partie où les différents régimes seront analysés.
4

1) Nous supposons les mouvements de petite amplitude en introduisant !, l’ordre de grandeur


des vitesses par rapport à cr et en faisant le changement de fonctions :
!
UH = !cr U!H , avec U!H = (u! , v ! ) ,
(E.5)
h = !hr h! ,
où h! , u! et v ! sont des fonctions d’ordre unité d’écrivant respectivement la forme des per-
turbations de l’élévation de l’interface et des vitesses suivant x et y.
Linéarisez les équations E.1, pour cela supposez ! infinitésimal et écrivez les équations du
mouvement E.1 au premier ordre !.
2) Appliquez le changement de variable :
!
x = Rd x ! ,
(E.6)
y = Rd y ! ,
et montrez que les équations linéarisées trouvées à la question précédente, deviennent :
 !

 −1 ∂u −1 ! ! ∂h!

 f 0 − (1 + βf 0 R d y )v + = 0,

 ∂t ∂x!

 ∂v ! ∂h!
f0−1 + (1 + βf0−1 Rd y ! )u! + ! = 0 , (E.7)

 ∂t ∂y



 ∂h! ∂u! ∂v !

 f0−1 − sRd v ! + (1 − sRd y ! )( ! + ! ) = 0 .
∂t ∂x ∂y
Pour toute la suite du problème, nous faisons deux hypothèses : l’hypothèse de
pente faible et l’hypothèse que les effets de pente du fond quantifiés par s et les
effets β contribuent à la dynamique au même ordre. Formellement cela impose
de considérer que βf0−1 et s sont du même ordre de grandeur en introduisant :
!
η ≡ sRd # 1 ,
(E.8)
βf0−1 Rd = ηb! ,

où b! = βf0−1 s−1 est un paramètre supposé ici d’ordre unité qui représente l’intensité relative
de l’effet β par rapport à l’effet de pente du fond.
3) Pour trouver le jeu d’équations du régime que nous appellerons ”régime rapide”,
a) appliquez le changement de variable
t = f0−1 t! , (E.9)
où t! sera appelé le temps rapide.
b) Développez les solutions en série de η :
(u! , v ! , h! ) = (u0 , v0 , h0 ) + η(u1 , v1 , h1 ) + ... (E.10)

Montrez que les équations au premier ordre en η deviennent de façon évidente :


 ∂u0 ∂h0

 − v0 + = 0,

 ∂t ! ∂x!


 ∂v0 ∂h0
!
+ u0 + = 0, (E.11)

 ∂t ∂y !



 ∂h0 + ( ∂u0 + ∂v0 ) = 0 .

∂t! ∂x! ∂y !
5

Cette approximation du premier ordre fait implicitement l’hypothèse que les fonctions
u0 , v0 , h0 et leurs variations sont d’ordre unité quand les variables x! , y ! , t! sont d’ordre
unité. Par conséquent les équations E.11 ne s’appliquent qu’à des phénomènes d’une cer-
taine échelle spatiale : laquelle ? d’une certaine échelle temporelle : laquelle ?
4) Pour trouver le jeu d’équations du régime que nous appellerons ”régime lent”,
a) appliquez le changement de variable
t = (sRd f0 )−1 t!! = (scr )−1 t!! (E.12)
où t!! sera appelé le temps lent.
b) Développez les solutions en série de η de la même façon que précédemment :
(u! , v ! , h! ) = (u0 , v0 , h0 ) + η(u1 , v1 , h1 ) + ... (E.13)

Montrez que les équations au premier ordre en η deviennent :



 ∂h0

 −v0 + = 0,

 ∂x!


 ∂h0
u0 +
= 0, (E.14)
 ∂y !





 ∂h0 ∂ ∂v0 ∂ ∂u0
 − v0 − b! v0 + (− ∂t”! + ∂t”! ) = 0 .
∂t” ∂x ∂y
Cette approximation du premier ordre fait implicitement l’hypothèse que les fonctions
u0 , v0 , h0 et leurs variations sont d’ordre unité quand les variables x! , y ! , t!! sont d’ordre
unité. Par conséquent les équations E.14 ne s’appliquent qu’à des phénomènes d’une cer-
taine échelle spatiale : laquelle ? d’une certaine échelle temporelle : laquelle ?
5) En se référant au cours, quelle est dans la dérivation du système E.14, la vitesse géostrophique,
et la vitesse agéostrophique ?

Partie II: Ondes de Rossby (5 points)

Nous réécrivons le système d’équation E.14 en gardant les perturbations définies par E.5 mais
revenant aux variables d’origine pour (x, y, t) ceci afin de pouvoir comparer les différents régimes
entre eux et afin d’identifier directement les différents termes de l’équation:

 ∂h0

 −f0 v0 + cr = 0,

 ∂x


 ∂h0
f0 u0 + c r
= 0, (E.15)
 ∂y





 ∂h0 cr ∂ ∂v0 ∂ ∂u0
 − (s + βf0−1 )cr v0 + (− ∂t + ∂t ) = 0 .
∂t f0 ∂x ∂y

6) En se référant au cours,
a) quel équilibre la vitesse et la hauteur d’eau vérifient-elles dans le système E.15 ?
b) Qu’appelle-t-on vorticité potentielle dans le cadre des équations de Saint-Venant ? Com-
ment évolue-t-elle ? Montrez que la dernière équation du système E.15 traduit la conser-
vation de la vorticité potentielle linéarisée (N.B. avec le changement de fonctions E.5 la
vorticité s’écrit ici : ζ = %cr (∂v0 /∂x − ∂u0 /∂y) et on notera ζ0 = ∂v0 /∂x − ∂u0 /∂y)
c) donnez alors l’origine physique des termes −scr v0 et −βf0−1 cr v0 dans la dernière équation
du système E.15, en terme de transport ou d’étirement de la vorticité planétaire.
6

Figure 2: a) Table tournante à fond conique de Carl-Gustaf Arvid Rossby dans les années folles
1920, b) Onde de Rossby générée par un cylindre oscillant dans un fluide en rotation dans une
cuve à fond conique, visualisation par colorant.

7) En comparant l’effet de la pente du fond s et l’effet β de la variation du paramètre de Coriolis


sur le système E.15, expliquez pourquoi Carl-Gustaf Rossby a utilisé une table tournante à
fond conique pour mettre en évidence les ondes qui portent son nom.
Pour simplifier nous noterons à partir de maintenant sans introduire une nou-
velle variable s = s + βf0−1 , s représentant ainsi l’effet cumulé de la pente du fond
et de la variation du paramètre de Coriolis.
8) Ce système est à coefficients constants, nous supposons le domaine infini et nous cherchons
une solution sous la forme d’une onde plane de vecteur d’onde (kx , ky ) et de pulsation ω
(choisie positive par convention) :

(u0 , v0 , h0 ) = (û, v̂, ĥ)ei(kx x+ky y−ωt) + cc , (E.16)

où (û, v̂, ĥ) sont trois coefficients complexes et où cc désigne le complexe conjugué de
l’expression précédente (ici (û∗ , v̂ ∗ , ĥ∗ )e−i(kx x+ky y−ωt) , avec a∗ le complexe conjugué de a ).
En remarquant que ei(kx x+ky y−ωt) et son complexe conjugué e−i(kx x+ky y−ωt) sont deux fonc-
tions complexes indépendantes, montrer que le système d’équations E.15 implique que les
coefficients complexes (û, v̂, ĥ) sont solutions de :
  
0 −f0 cr ikx û
 f0 0 cr iky   v̂  = 0 . (E.17)
cr ky ωf0−1 −scr − cr kx ωf0−1 −iω ĥ
9) En déduire la relation entre le vecteur d’onde (kx , ky ) et la pulsation ω pour que ce système
homogène ait une solution non triviale.
Cette relation de dispersion décrit la dynamique des ondes de Rossby à 2 dimensions.
10) Ces ondes de Rossby se propagent-elles vers le Nord ou vers le Sud, vers l’est ou vers l’ouest?
Vous pouvez utiliser pour réponde à cette question, la propriété qu’une onde se propage à
la vitesse de phase ω/kx dans la direction x et ω/ky dans la direction y.
Comparez avec les ondes de Rossby unidimensionnelles décrites dans le cours.
11) On considère maintenant que ky = 0, la relation de dispersion trouvée précédemment
décrit les ondes de Rossby et se réduit à:
Rd k x
f0−1 ω = −sRd , définie uniquement pour kx négatif. (E.18)
1 + (Rd kx )2
7

Dessinez dans le demi plan (Rd kx , ω/f0 ) la courbe qui représente cette relation de dispersion
(pour le dessin vous utiliserez la valeur η = sRd = 0.5). Quelle est la pulsation maximum
de ces ondes en fonction de η = sRd . Pour laquelle valeur de kx ce maximum est-il atteint?
12) En supposant sRd petit, nous avons montré dans la partie I que le système E.15 n’est valide
que pour des échelles spatiales de l’ordre de Rd et des échelles temporelles lentes de l’ordre
de 1/f0 sRd , ces hypothèses sont-elles bien vérifiées par les ondes de Rossby décrites aux
questions précédentes?

Partie III: Ondes de Poincaré et ondes de Kelvin de bord (7 points)

Nous réécrivons le système d’équation E.11 en gardant les perturbations définies par E.5 mais
revenant aux variables d’origine pour (x, y, t) ceci afin de pouvoir comparer les différents régimes
entre eux et afin d’identifier directement les différents termes de l’équation. Il est à noter que ce
système serait obtenu directement sans l’analyse de la partie I si nous supposions f = f0 constant
et β et s nuls, il n’y aurait alors aucune restriction à la validité de ces équations linéarisées. f0
pourrait alors même être nul.
 ∂u0 ∂h0

 − f0 v0 + cr = 0,

 ∂t ∂x


 ∂v0 ∂h0
+ f0 u0 + c r = 0, (E.19)

 ∂t ∂y



 ∂h0 ∂u0 ∂v0
 + cr ( + ) = 0,
∂t ∂x ∂y

A) Ondes de Poincaré et Tsunami

Nous supposons le domaine infini. Le système E.19 est à coefficients constants, et nous
pouvons alors chercher des solution sous la forme d’une onde plane de vecteur d’onde (kx , ky )
et de pulsation ω (choisie positive par convention) :

(u0 , v0 , h0 ) = (û, v̂, ĥ)ei(kx x+ky y−ωt) + cc , (E.20)

où (û, v̂, ĥ) sont trois coefficients complexes et où cc désigne le complexe conjugué de l’expression
précédente.
13) En remarquant que ei(kx x+ky y−ωt) et son complexe conjugué e−i(kx x+ky y−ωt) sont deux fonc-
tions complexes indépendantes, montrer que le système d’équations E.19 implique que les
coefficients complexes (û, v̂, ĥ) sont solutions de :
  
−iω −f0 cr ikx û
 f0 −iω cr iky   v̂  = 0 , (E.21)
cr ikx cr iky −iω ĥ
14) En déduire la relation entre le vecteur d’onde (kx , ky ) et la pulsation ω pour que ce système
homogène ait une solution non triviale.
15) Commentez la solution de fréquence nulle dans le cas où s = 0 et le système E.21 est valide
sans restriction et dans le cas où s "= 0 et les conditions de validité du système E.21 définies
dans la partie I s’appliquent.
16) Le système E.19 étant invariant par rotation, l’orientation de l’axe des x peut être redéfinie
arbitrairement le long du vecteur d’onde, cela revient à poser ky = 0 et la relation de
8

dispersion trouvée précédemment qui décrit les ondes de Poincaré (appelées aussi ondes
d’inertie-gravité ou encore ondes de gravité) se réduit alors à:
!
f0−1 ω = 1 + (Rd kx )2 . (E.22)

Dessinez dans le demi plan (Rd kx , ω/f0 ) la courbe qui représente cette relation de dispersion
sur le même graphe que pour les ondes de Rossby de la partie II.
17) Donnez pour Rd kx ! 1 le développement limité de f0−1 ω et montrez que dans ce régime ces
ondes se propagent à la vitesse de phase (vitesse des crêtes) ω/kx et de groupe (vitesse de
propagation de l’énergie) dω/dx toutes deux égales à cr .
18) Application pour l’océan profond hr = 4000 m et les mers peu profondes comme la Manche
et la Mer du Nord où hr = 40 m.
Calculez le paramètre de Coriolis à 45◦ de latitude, calculez le rayon de déformation pour
l’océan profond et les mers peu profondes. Donnez alors la valeur de la vitesse cr et le
domaine de longueurs d’onde qui se propagent à cette vitesse. Comment varie ce domaine
quand on s’approche de l’équateur?

Figure 3: Temps d’arrivée du Tsunami du 11 mars 2001.

19) Les Tsunamis correspondent à une excitation initiale des ondes de gravité par les ondes
sismiques dans une gamme de longueurs d’onde comprises entre 10 et 200 km environ.
a) Dans quel régime se situent ces ondes?
b) A quelle vitesse se propagent-elles? et combien de temps mettent-elle pour aller du Japon
au Chili (distance de 17 000 km) si on suppose l’océan pacifique de profondeur constante et
égale à 4000 m? Comparez à la figure 3.

B) Ondes de Kelvin de bord et marées

Nous supposons maintenant le domaine semi-infini, y ∈ [0, +∞[. La côte située


en y = 0 impose, afin d’assurer la conservation de la masse, la condition dite
9

d’imperméabilité de la paroi :
v(y = 0) = 0 . (E.23)

Le système E.19 est à coefficients constants mais n’est plus invariant par translation en y, et
nous cherchons une nouvelle famille de solutions sous la forme d’une onde plane le long de x
de nombre d’onde kx et de pulsation ω (choisie positive par convention) mais avec une fonction
propre en y de la forme e−αy y (αy réel) :

(u0 , v0 , h0 ) = (û, v̂, ĥ)e−αy y ei(kx x−ωt) + cc , (E.24)

où comme précédemment (û, v̂, ĥ) sont trois coefficients complexes et où cc désigne le complexe
conjugué de l’expression précédente.
20) En remarquant que e−αy y ei(kx x−ωt) et son complexe conjugué e−αy y e−i(kx x−ωt) sont deux
fonctions complexes indépendantes,
a) qu’implique la condition en y = 0 sur v̂ ?
b) Déduire une condition sur αy en supposant que la perturbation liée à l’onde s’annule à
l’infini (i.e. (u0 , v0 , h0 ) → 0 quand y → ∞).
c) montrer que le système d’équations E.19 implique alors que les coefficients complexes
(û, ĥ) sont solutions de :
 
−iω cr ikx % &
 f0 û
−cr αy  =0. (E.25)

cr ikx −iω
d) En déduire la condition sur kx pour que le système ait une solution compatible avec la
condition trouvée en b) et donner alors la relation de dispersion ω en fonction de kx , û en
fonction de ĥ et de kx et la valeur de αy .
21) La relation de dispersion trouvée précédemment décrit les ondes de Kelvin qui n’existent
que pour kx positif et se réduit à:

f0−1 ω = Rd kx . (E.26)

Dessinez dans le demi plan (Rd kx , ω/f0 ) la courbe qui représente cette relation de dispersion
sur le même graphe que pour les ondes de Rossby de la partie II et les ondes de Poincaré
de la partie III A).
22) a) Montrez que, comme pour les ondes de Kelvin équatoriales étudiées en cours, ces ondes
ne se propagent que dans la direction des x > 0 (nous rappelons que les crêtes d’une onde
se propagent à la vitesse de phase ω/kx ).
Donnez la valeur de la vitesse de phase ω/kx pour la mer du Nord en supposant hr = 40 m.
b) Le système E.19 étant invariant par rotation, si la côte à une orientation arbitraire, l’axe
des x peut être redéfini pour être parallèle à la côte.
Pour une côte d’orientation arbitraire l’onde de Kelvin se propage-t-elle vers la droite ou
vers la gauche en regardant le large depuis la côte?
23) Nous nous intéressons ici à l’implication des ondes de Kelvin dans la propagation des marées
le long des cotes.
L’action de la Lune tend à exciter un système d’ondes dont la période est de 12.42 h. Au
milieu des océans la marée, dite planétaire, a une amplitude de 0.45 m en moyenne mais
lorsque cette masse d’eau rencontre l’obstacle que constituent les côtes, elle peut forcer des
ondes de kelvin de bords dont les caractéristiques expliquent simplement une partie des
10

Figure 4: Amphidromie des marées en Mer du Nord, en traits pointillés, les isocontours du
marnage avec la valeur en m de l’amplitude de la marée et, en traits pleins, les lignes de phase
de l’onde de marée où sont indiquées les différentes heures de la marée haute un jour donné (en
fait la phase relative de la marée par rapport à la marée planétaire).

observations reportées sur la figure 4 (et les observations complémentaires que vous ferez
cet été).
a) Comparez la fréquence d’excitation de la marée à f0 à 45◦ de latitude. Donnez la
valeur du vecteur d’onde de l’onde de Kelvin excitée à la fréquence de la marée et reportez
approximativement cette fréquence et ce vecteur d’onde sur le diagramme (Rd kx , ω/f0 ) où
vous avez dessiné la relation de dispersion des ondes de Kelvin à la question précédente.
b) Dans le cas de la Mer du Nord dont la profondeur moyenne est de 40 m, quelle est la
longueur d’onde λ = 2π/kx de l’onde de Kelvin forcée par la marée?
On admet sans le justifier que, sur la figure 4, les points où l’amplitude est nulle et où les
lignes de phase convergent résultent de l’interaction de deux ondes se propageant en sens
inverse le long des deux côtes qui se font face (Royaume Uni et Europe continentale). Ils
sont la généralisation à 2 dimensions des nœuds des ondes stationnaires à une dimension et
ils sont appelés points amphidromiques. Leur distance est d’une demie longueur d’onde.
Comparez la distance prévue entre les points amphidromiques dans un modèle idéalisé où
la Mer du Nord a une profondeur constante et égale à 40 m, et les valeurs reportées sur la
figure. Qu’en concluez vous?
Corrigé
Exercice : Modèle à deux couches de la circulation océanique
pilotée par les vents (5 points)
1. D’après la relation 7.24 du chapitre 7 “Circulation générale de l’océan” (p.84 du cours) :
1
wE = k · ∇H ∧ τ (1)
ρr f
où τ est la tension exercée par le vent sur la surface océanique.

2. On a fait l’hypothèse que la couche i est de densité constante. Le bilan de masse


Dρi
+ ρi divui = 0 (2)
Dt
implique alors que div ui = 0. De plus on a fait l’hypothèse que la vitesse horizontale (ui , vi )
est indépendante de z. On en déduit que :
∂wi
divH ui = − (3)
∂z
est indépendante de z. En intégrant dans chaque couche il vient

e1 divH u1 = w1 (z = −e1 ) − wE
e2 divH u2 = w2 (z = −e) − w2 (z = −e1 )

Donc

e1 divH u1 + e2 divH u2 = w2 (z = −e) − w2 (z = −e1 ) + w1 (z = −e1 ) − wE


= w2 (z = −e) + (u2 − u1 ) · ∇e1 − wE (4)

Ce raisonnement est identique à celui qui permet d’établir les équations de Saint-Venant (pp
17-20 du cours).

3. L’équilibre géostrophique s’obtient en négligeant l’accélération Dui /Dt devant la force de Coriolis
f k ∧ ui (cours p. 23). Il s’écrit :
1 1
k × ∇ g2! e + g1! e1 k × ∇ g2! e (5)
! " ! "
u1 = u2 =
f f

Par conséquent u2 · ∇e = 0 et (u2 − u1 ) · ∇e1 = 0. Comme l’écoulement est stationnaire,


∂e/∂t = 0 donc

# $
w2 (z = −e) = − + u2 · ∇ e = 0. (6)
∂t
Comme u1 = u2 = 0 sur le bord Est, ∂e1 /∂y et ∂e/∂y y sont nuls. e et e1 prennent donc des
valeurs constantes H et H1 sur le bord Est. e1 (y = 0) = 0 donc H1 = 0.
Sur le bord Ouest un courant de bord se forme dans une zone près de la côte où la friction
devient importante. L’équilibre friction-transport méridien de vorticité planétaire ne peut pas
exister sur un bord Est, ce qui impose que le courant soit sur le bord Ouest. La friction permet à
des solutions vérifiant les conditions aux limites sur u sur les deux bords d’exister, mais le modèle
de Saint-Venant sans friction que nous utilisons ici n’est plus valable dans cette zone.

4. On a :

0 = divH (f u1 ) = ∇f · u1 + f divH u1 (7)


0 = divH (f u2 ) = ∇f · u2 + f divH u2 (8)

11
Donc

β (e1 v1 + e2 v2 ) = −f (e1 divH u1 + e2 divH u2 )


= f wE . (9)

puisque w2 (z = −e) = 0.
Cette relation est la forme à deux couches du bilan de Sverdrup (7.2, cours p.79). Son interpré-
tation est que la vorticité planétaire gagnée lors d’un déplacement vers le Pôle Nord (membre de
gauche) provient de l’étirement vertical de la colonne océanique induit par la vitesse d’Ekman
(membre de droite).
Maintenant, en rempaçant v1 et v2 par leurs expressions géostrophiques (5) :

f 2 wE ∂ ! ! ∂
g2 e + g1! e1 + (e − e1 ) g2! e (10)
"
= e1
β ∂x ∂x
∂ ! ! " ∂ ! ! " ∂ ! ! " ∂ ! ! "
= e1 g1 e1 + e1 g2 e − e1 g2 e + e g e (11)
∂x ∂x ∂x ∂x 2
1 ∂ # $
= g! e2 + g2! e22 (12)
2 ∂x 1 1
De plus e(x = xE ) = H et e1 (x = xE ) = 0, d’où le résultat.

5. On n’a pas encore invoqué la conservation de la vorticité potentielle. Celle-ci est valide en
l’absence de termes diabatiques (chauffage, friction) donc seulement dans la couche 2, la couche
1 étant soumise au pompage d’Ekman. Par conséquent (cf cours p. 57) :

∂ f + k · ∇ H ∧ u2 f
% &
+ u2 · ∇ q 2 = 0 où q2 = $ . (13)
∂t e2 e2
la dernière expression étant obtenue en négligeant la vorticité relative ζ2 = k · ∇H ∧ u2 devant la
vorticité planéraire f .
L’écoulement étant stationnaire il vient

u2 · ∇q2 = 0 (14)

Or on a déjà vu qu’une conséquence de l’équilibre géostrophique est :

u2 · ∇e = 0. (15)

Par conséquent q2 est constant sur chaque isoligne e = cst. En parcourant l’isoligne jusqu’en
y = 0, on trouve que q2 = f0 /e car e2 = e en y = 0. Donc

f
% &
e1 = 1 − e (16)
f0

fournit la relation supplémentaire désirée. Étant donné le forçage atmosphérique, on peut ainsi
en déduire wE puis e et e1 , et enfin u1 et u2 .

12
13

Problème : Des ondes sur l’Océan, Ondes de Rossby, Poincaré et


Kelvin

L’approximation de couche mince, pour laquelle la dynamique est décrite par les équations
de Saint-Venant, rend à la fois compte des mouvements tourbillonnaires et des mouvements
ondulatoires dont nous avons vu des exemples dans le cours avec les Ondes de Rossby et les
ondes de Kelvin équatoriales liées toutes deux à l’effet de la variation du paramètre de Coriolis
à différentes latitudes (plan β et plan β équatorial).

Nous nous proposons ici de revenir sur ces équations et de décrire différents régimes dynamiques
correspondant à plusieurs types d’onde et d’expliquer ainsi plusieurs phénomènes observés dans
l’océan : ondes de gravité, Tsunami, ondes de Kelvin de bords, résonance des marées et onde
de Rossby d’orientation quelconque.

Partie I: Linéarisation et définition de différents régimes

1)Seuls les termes de transport de la perturbation (UH .∇H UH , UH .∇H h) sont d’ordre "2 et
sont négligés, en revanche il reste le terme de transport de la colonne d’eau dû aux variations
du fond −UH .∇hinf = −"cr v ! hr s qui est d’ordre ".



 ∂u! ∂h!

 − f0 (1 + βf0−1 y)v ! + cr = 0,

 ∂t ∂x

 ∂v ! ∂h!
+ f0 (1 + βf0−1 y)u! + cr = 0, (1)

 ∂t ∂y



 ∂h! ∂u! ∂v !

 − scr v ! + (1 − sy)( + ) = 0,
∂t ∂x ∂y

2)le calcul est évident en utilisant le système (1).

Remarque hors programme en prolongement du contrôle: Tout au long du cours nous avons
utilisé des analyses en ordre de grandeur des différents termes des équations pour obtenir des
modèles simplifiés. Nous allons ici le faire formellement pour faire apparaı̂tre les différents
régimes d’onde et mettre en évidence les hypothèses qu’ils impliquent. La méthode pour cette
analyse est de définir les échelles de temps et d’espace qui permettent de simplifier les équations
tout en gardant les effets physiques souhaités et de faire alors un changement de variable et de
fonction pour que l’ensemble des fonctions et de leur dérivées soient d’ordre unité. On peut alors
explorer différents régimes en négligeant les termes dont le préfacteur est petit (le préfacteur est
l’ordre de grandeur du terme). Sans développer l’ensemble de la théorie on se propose ici de
mettre cette méthode en pratique de façon guidée pour décrire les régimes asymptotiques des
équations linéarisées 1. Dans une théorie asymptotique complète la loi d’échelle sur le temps
doit être prise comme une jauge inconnue déterminée par le principe de moindre dégénérescence
(dominant balance en anglais). Deux jauges sont alors à envisager suivant que le terme de
dérivée temporelle est du même ordre que la force de Coriolis ou du même ordre que l’effet de
la pente dans la conservation de la masse −sRd v ! ou de l’effet β.

3)a) Les équations pour les mouvements rapides (dérivées par rapport à t! d’ordre unité)
14

s’écrivent: 

 ∂u! ! ! ! ∂h!

 − (1 + b sR d y )v + = 0,

 ∂t! ∂x!

 !
∂v ! ! ! ∂h!
+ (1 + b sR d y )u + = 0, (2)

 ∂t! ∂y !


 ∂h! ! ∂v !

 ! ! ∂u
 − sR d v + (1 − sR d y )( + ) = 0,
∂t! ∂x! ∂y !
b) Pour les mouvements rapides, il suffit d’écrire les équations à l’ordre zero en η et l’on trouve
le système E.11.

Il est important de noter que pour négliger l’effet β et l’effet de pente s sous l’hypothèse de
faible pente eq. E.8 et de faible β eq. E.8, il ne suffit pas de supposer l’échelle spatiale de l’ordre
du rayon de déformation Rd , il faut aussi que l’échelle de temps soit rapide (f0−1 )!

4)a) Les équations pour les mouvements lents (dérivées par rapport à t!! d’ordre unité) s’écrivent:


 ∂u! ! ! ! ∂h!

 sR d − (1 + b sR d y )v + = 0,

 ∂t” ∂x!

 ∂v ! ∂h!
sRd + (1 + b! sRd y ! )u! + ! = 0 , (3)

 ∂t” ∂y



 ∂h! ∂u! ∂v !

 sRd − sRd v ! + (1 − sRd y ! )( ! + ! ) = 0 ,
∂t” ∂x ∂y

b) Pour les mouvements lents il faut aller jusqu’à l’ordre 1 dans une procédure identique à celle
qui permet d’écrire l’approximation quasi géostrophique:

A l’ordre zero en η on a : 
 ∂h0

 −v0 + = 0,

 ∂x!

 ∂h0
u0 + = 0, (4)

 ∂y !



 ∂u0 ∂v0
 ( ! + ) = 0.
∂x ∂y !

La dernière équation est inutile si les 2 premières sont respectées. La solution à l’ordre zero
est donc à l’équilibre géostrophique. La solution à l’ordre 1 est donc la solution agéostrophique
introduite dans le cours.

A l’ordre 1 en η on a :  ∂u
 0 ∂h1

 − b! y ! v 0 − v 1 + = 0,

 ∂t” ∂x!

 ∂v
0 ∂h1
+ b! y ! u 0 + u 1 + = 0, (5)

 ∂t” ∂y !



 ∂h0 − v0 + ( ∂u1 + ∂v1 ) = 0 ,

∂t” ∂x! ∂y !

ce qui donne la troisième équation en éliminant u1 et v1 :


∂h0 ∂ ∂v0 ∂ ∂u0
− v0 − b! v0 + (− ∂t”! + ∂t”! ) = 0 . (6)
∂t” ∂x ∂y
15

Les changements de variables sur x, y et t et la procédure de développement impliquent que


les équations E.14 ne s’appliquent qu’à des phénomènes dont échelle spatiale est de l’ordre du
rayon de déformation de Rossby Rd mais dont l’échelle de temps est lente de l’ordre (scr )−1 ,
soit (sRd f0 )−1 .

5)Dans le système E.14 la vitesse géostrophique est (u0 , v0 ) car les 2 premières équations
décrivent l’équilibre géostrophique entre (u0 , v0 ) et h0 , la vitesse agéostrophique est la vitesse
(u1 , v1 ) dont l’élimination donne le modèle quasi-géostrophique avec la dernière équation du
système E.14 qui représente la conservation de la vorticité potentielle quant elle est transportée
par la vitesse géostrophique.

Dans cette équation le terme −v0 vient de la pente du fond et plus précisément du terme de
transport de −hinf : D(−hinf )/Dt = UH .∇H (−hinf ). La vitesse et l’élévation de la surface sont
en équilibre géostrophique (les 2 premières équations) alors que la dernière équation correspond
à la dynamique quasi-géostrophique où la divergence du champs agéostrophique ici (u1 , v1 )
provoque l’évolution sur un temps lent de l’équilibre géostrophique.

Partie II: Ondes de Rossby

Nous venons de montrer que le système d’équation E.14 décrit la dynamique des mouvements
sur une échelle spatiale de l’ordre du rayon de déformation de Rossby Rd et sur une échelle
de temps lente de l’ordre de (ηf0 )−1 = (sRd f0 )−1 = (scr )−1 en supposant b = βf0−1 du même
ordre que s. En sachant que ces hypothèses devront être vérifiées à posteriori, nous réécrivons
le système d’équation E.14 en variable d’origine (x, y, t) afin de pouvoir comparer les différents
régimes entre eux et afin d’identifier directement les différents termes des équations E.15:

6)a) Dans le système E.15 les 2 premières équations décrivent l’équilibre géostrophique entre
(u0 , v0 ) et h0 .

b) La vorticité potentielle est (f +ζ)/(h−hi nf ), elle est transportée par la vitesse géostrophique
ici (u0 , v0 ) (elle se conserve le long des trajectoires car la dérivée lagrangienne est nulle).

La troisième équation du système E.15 fait apparaı̂tre la conservation de la vorticité potentielle


linéarisée (avec $ factorisé). En effet, elle s’écrit :

∂(cr ζ0 − h0 f0 )
+ (sf0 + β)cr v0 = 0 , (7)
∂t
ce qui donne :
∂(∇2 − f02 /c2r )h0 ∂h0
+ (sf0 + β) =0, (8)
∂t ∂x

car ζ0 = cr f0−1 ∇2 h0 .

Ce qui exprime bien la conservation de la vorticité potentielle linéarisée du cours multipliée par
la constante hr : f + ∇2 h0 − f02 /c2r h0 + f0 hinf /hr = f0 + βy + ∇2 h0 − f02 /c2r h0 + f0 (sy − 1).

c) Le terme −scr v0 correspond à l’étirement de la vorticité planétaire moyenne dû à la variation


de hauteur de la colonne d’eau quand la masse d’eau se déplace en y où la hauteur du fond
16

varie. Le terme −βf0−1 cr v0 correspond au transport de la vorticité planétaire qui varie en y. On


retrouve bien ici que ces deux effets sont équivalents pour des perturbations de petite amplitude
dans la limite où sRd est petit avec s et βf0−1 du même ordre.

Cette dynamique lente correspond, comme nous allons le montrer, aux ondes de Rossby ana-
logues à celles décrites dans le cours mais qui peuvent aussi être dues à la variation du fond.

7)Bien que mettant en jeu des effets physiques différents, les équations E.15 montrent que l’effet
d’une pente du fond est équivalent à l’effet de la variation du paramètre de Coriolis c’est pourquoi
Carl-Gustaf Arvid Rossby et tous les expérimentateurs utilisent depuis une table tournante à
fond conique pour étudier l’effet β. Cette équivalence n’est plus exacte si la vorticité relative
n’est pas faible par rapport à la vorticité planétaire (Onde non linéaire associée à un nombre de
Rossby d’ordre un).

8)Cette forme de solution conduit à remplacer ∂/∂x ⇒ ikx , ∂/∂y ⇒ iky et ∂/∂t ⇒ −iω et
conduit immédiatement au système E.17 en écrivant le terme en facteur de ei(kx x+ky y−ωt) .

9)Il faut que le déterminant de la matrice des coefficients soit nul ce qui donne:

k x Rd
f0−1 ω = −sRd . (9)
1 + (Rd kx )2 + (Rd ky )2

Comme les fréquences ω sont toujours positives, cette relation n’est définie que pour kx négatif
mais pour tout ky .

10)On en déduit que ω/kx est toujours négatif pour les ondes de Rossby qui ont donc une vitesse
de phase orientée vers l’est x < 0.

En revanche suivant y la vitesse de phase est de signe quelconque et les ondes de Rossby bidi-
mensionnelles se propagent aussi bien vers le nord que vers le sud. Elles peuvent ainsi jouer un
rôle important dans l’océan en couplant différentes régions.

11)Pour kx négatif, on a
dω 1 − (Rd kx )2
c−1
r = −sRd . (10)
dkx (1 + (Rd kx )2 )2

Cette dérivée s’annule pour Rd kx = −1 et la valeur maximale de la fréquence vaut alors f0−1 ω =
sRd /2 ce qui est bien de l’ordre de η = sRd donc dans le domaine de validité de cette limite
asymptotique (petit quand ce paramètre η est petit).

Dans le demi plan (Rd kx , ω/f0 ) la courbe qui représente cette relation de dispersion pour η =
sRd = 0.5 est dessinée sur la figure 5.

12)Cette branche de la relation de dispersion qui correspond aux ondes de Rossby est bien telle
que pour des variations de Rd kx d’ordre unité, la fréquence ω est bien d’ordre sRd f0 .
17

Figure 5: Toutes les ondes possibles dans l’approximation du plan f avec fond incliné dessiné
pour le cas η = sRd = 0.5.

Partie III: Ondes de Poincaré et ondes de Kelvin de bord

Nous avons démontré à la fin de la partie I que le système d’équations E.11 décrit la dynamique
des mouvements sur une échelle spatiale de l’ordre du rayon de déformation de Rossby Rd et
sur une échelle de temps rapide de l’ordre de f0−1 et ceci même en présence d’un effet lié à la
pente du fond s ou d’un effet β du à la variation du paramètre de Coriolis avec la latitude, ceci
seulement si sRd ! 1 et s et βf0−1 sont du même ordre. Quand s et β ne sont pas nuls ces
hypothèses devront être vérifiées à posteriori, alors que lorsqu’ils sont nuls les équations sont
valables sans restriction autre que celle des petites amplitude de perturbation (# petit).

A) Ondes de Poincaré et Tsunami

13)Cette forme de solution conduit à remplacer ∂/∂x ⇒ ikx , ∂/∂y ⇒ iky et ∂/∂t ⇒ −iω et
conduit immédiatement au système E.21 en écrivant le terme en facteur de ei(kx x+ky y−ωt) .

14)Il faut que le déterminant de la matrice des coefficients soit nul ce qui donne:

f0−1 ω((f0−1 ω)2 − 1 − ((Rd kx )2 + (Rd ky )2 )) = 0 . (11)

15)La solution de fréquence nulle dans le cas où s = 0 est valable pour tout vecteur d’onde
; elle décrit l’existence d’une infinité de solutions à l’équilibre géostrophique telles que f0 ez ∧
UH + g∇h = 0. Dans le cas où s &= 0, le système n’est pas valable il n’est alors pas légitime de
négliger l’effet de la pente s (effet β) pour une fréquence nulle et des échelles spatiales de l’ordre
du rayon de déformation Rd les équations valables dans ce cas là étant celles dérivées pour le
temps lent dans la partie I.
18

16)Le système E.19 étant invariant par rotation on peut toujours choisir les axes pour que l’onde
soit orientée suivant x et prendre ainsi ky = 0.

Dans le demi plan (Rd kx , ω/f0 ) la courbe qui représente cette relation de dispersion est présentée
sur la figure 5.

On a
dω Rd k x
c−1
r =! . (12)
dkx 1 + (Rd kx )2
Cette dérivée s’annule pour Rd kx = 0 et la valeur minimale de la fréquence vaut alors ω/f0 = 1.

17)Pour Rd kx ! 1 le développement limité donne ω = cr |kx |, on a alors ω/kx = dω/dk = ±cr


(avec ± en fonction du signe de kx .

18)A 45◦ de latitude, f0 = 2sin(π/4)2π/24 ∗ 60 ∗ 60s−1 ∼ 10−4 s−1 .



Pour l’océan profond, hr = 4000 m donc cr = ghr = 200m s−1 soit 720km h−1 , le rayon de
déformation vaut alors 2 10−6 m soit 2 000 km.

Pour mers peu profondes, hr = 40 m donc cr = ghr = 20m s−1 soit 72km h−1 , le rayon de
déformation vaut alors 2 10−5 m soit 200 km.

Pour l’océan profond, cr ∼ 720km h−1 est la vitesse des ondes de longueur d’onde λ entre 4 km
et 2 000 km (i.e. 4 km % λ % 2 000 km) alors que pour les mers peu profondes, cr ∼ 72km h−1
est la vitesse des ondes de longueur d’onde λ entre 0.04 km et 200 km (i.e. 0.04 km % λ % 200
km).

Le rayon de déformation augmente lorsque l’on s’approche de l’équateur et que f0 diminue, le


domaine pour lequel les ondes se propagent à la vitesse cr augmente donc aussi.

19)a) Dans l’océan profond les tsunamis se propagent sous la forme d’ondes de gravité en eau
peu profonde donc non dispersives.

b) Ils se déplacent à la vitesse cr = ghr ∼ 720km h−1 et mettent vingt et une heure pour aller
du Japon au Chili, ce que donnent aussi les calculs bien plus complexes présentés sur la figure
3!

B) Ondes de Kelvin et marées

Les ondes de Kelvin de bords ont une physique très proche des ondes de Kelvin équatoriales
étudiées en cours pour la thermocline pour lesquelles la ligne où f s’annule joue le rôle d’un
bord, elles expliquent beaucoup de phénomènes dans les lacs (modes excités par le vent) et les
océans (propagation le long des côtes américaines de l’onde de Kelvin équatoriale associée à El
Ninio décrite en cours)

20)a) La condition en y = 0 sur v # = 0 ⇒ v̂ = 0.


19

b) Pour que la perturbation liée à l’onde soit finie à l’infini il faut αy positif.

c) Cette forme de solution conduit à remplacer ∂/∂x ⇒ ikx , ∂/∂y ⇒ −αy et ∂/∂t ⇒ −iω et
conduit immédiatement au système E.25 en écrivant le terme en facteur de e−αy y ei(kx x−ωt) .

d) Les 2 équations où ω est présent imposent ω 2 = c2r kx2 , donc û = sign(kx )ĥ, où (sign(kx ) est
la fonction qui vaut ±1 suivant le signe de kx , la dernière équation impose alors (f0 sign(kx ) −
αy cr )ĥ = 0.

Cette solution impose donc kx positif (elle n’existe pas pour ky < 0), on a alors f0−1 ω = Rd kx
et Rd αy = 1.

21)Cette courbe est la demie droite de pente 1 dans le premier quadrant Rd kx positif f0−1 ω
positif reportée sur la figure 5.

22)a) Par convention on peut choisir l’origine des temps (l’instant initial) pour que ĥ soit réel,
les maxima de h sont alors donnés par kx x − ω(kx )t = n2π avec n entier, ils se déplacent à la
vitesse de phase vϕ = ω/kx = cr . Cette vitesse de phase pointe dans la direction des x positifs
donc le long de la côte à droite quand on regarde l’océan (ici f0 > 0), vers l’ouest pour une côte
qui regarde le nord.

Pour les ondes de Kelvin équatoriales, l’équateur où f s’annule, joue physiquement le rôle d’un
bord pour l’hémisphère nord (idem pour l’hémisphère sud), elles se propagent vers l’ouest à la
vitesse cr (pour l’hémisphère sud f change de signe et la droite devient la gauche... ).

La vitesse cr est donc aussi la vitesse des ondes de Kelvin quelle que soit leur longueur d’onde
par rapport au rayon de déformation de Rossby mais cette longueur d’onde doit rester grande
devant la profondeur hr pour que les équations de Saint-Venant soient valides. Ces ondes sont
non dispersives.

On a vG = dω/dkx = cr , les ondes de Kelvin propagent l’énergie vers la droite de la côte en


regardant l’océan (dans l’hémisphère nord où f0 > 0) dans la même direction et à la même
vitesse que la phase.

A 45◦ de latitude, f0 = 2 sin(π/4)2π/24 ∗ 60 ∗ 60s−1 ∼ 10−4 s−1 .



Pour la Mer du Nord , hr = 40 m donc cr = ghr = 20m s−1 soit 72km h−1 , le rayon de
déformation vaut alors Rd = 2 105 m soit 200 km.

b) Le système E.19 étant invariant par rotation pour les ondes de Kelvin de bords l’orientation
de l’axe des x peut être redéfini arbitrairement le long de la côte, elles se propagent donc quelle
que soit l’orientation de la côte vers la droite en regardant le large.

23)a) La fréquence de la marée planétaire est Ω2/(1 + 1/28) car elle correspond un mode 2
(un ellipsoı̈de) qui tourne 29 fois en 28 jours elle est plus grande que le paramètre de Coriolis
f0 = 2Ω sin(α) avec α = 45◦ la latitude. Cette valeur est reportée sur la figure 5.

b) On a Rd kx = f0−1 ω = 1/(1+1/28) sin(α) donc la longueur d’onde λ = 2πRd (1+1/28) sin(α) ∼=


870km.
20

Notre analyse prévoit, en prenant une profondeur uniforme de la Mer du Nord de 40 m, que
les points amphidromiques (les nœuds) devraient etre séparés de l’ordre de 435 km ce qui est
très proche de la valeur reportée sur la figure de 350 km (pour ajuster cette valeur il suffirait
de prendre une profondeur effective plus faible de l’ordre de 30 m ce qui est raisonnable car ces
points sont proches des côtes).

On peut pousser l’interprétation plus loin. Les mesures de l’amplitude et de la phase de la marée
en mer du nord (figure 4) montrent la figure de superposition des ondes Kelvin se propageant
vers la droite le long de chaque côte, ces ondes étant forcées par la marée au large. Comme
l’indiquent les heures portées sur la carte, la marée tourne donc dans le sens direct autour des
nœuds (les points amphidromiques où les lignes de phase se joignent et l’amplitude s’annule).
La marée est plus forte au nord le long de la côte Ecossaise et plus forte au sud le long de la
côte française. Ceci est du à la propagation de l’énergie qui se fait à la même vitesse et dans la
même direction que la phase, l’onde qui tourne autour de l’Angleterre ne peut donc entrer que
par le nord et perd de l’énergie en se propageant dans le sens horaire autour du Royaume Uni.
A l’inverse l’onde le long des côtes du continent propage l’énergie de la France vers le Bénélux
puis le Danemark et les pays scandinaves où elle arrive affaiblie. Evidemment ce raisonnement
est simplifié car dès que la distance entre côtes est plus petite que Rd le rayon de déformation de
Rossby, ici de l’ordre de 200 km, les ondes le long de chaque côte ne peuvent plus être considérées
comme strictement indépendantes et des effets de résonance peuvent apparaı̂tre qui expliquent
l’amplitude considérable du marnage en certains points comme à St Malo . Néanmoins notre
interprétation qualitative est une excellente première approximation du phénomène.

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