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L'Éveil économique de

l'Indochine : bulletin
hebdomadaire / directeur : H.
Cucherousset, rédacteur en
chef

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


L'Éveil économique de l'Indochine : bulletin hebdomadaire /
directeur : H. Cucherousset, rédacteur en chef. 28/05/1933.

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Il L'ÉVEIL I>E LINDOCHINE
L'ÉVEIL DE L'INDOCHINE
IV L'ÉVEIL DE L'INDOCHINE
L'ÉVEIL DE L'INDOCHINE
VI L'ÉVEIL DE L'INDOCHINE
17rae Année NUMERO 790 Dimanche 28 Mai 1933

L'Administration, qui voudrait que la route orientale longe les se soit faite à la même époque
tant, on se demande pourquoi, côtes de Bornéo et de Palawan que celle que les mêmes Japo-
qu'on ne parlât plus de ces îles pour éviter cette partie de la Mer nais ont faite aux Iles Paracels,
Paracels, dont elle prétend que de Chine, qui est peu connue, lorsque le Commandant de la
la propriété est revendiquée par parsemée de récifs et d'écueils, Marine à Saïgon leur eût répondu
les Chinois (Quels Chinois ? dont il n'existe pas de carte exac- que de ces îles, la France se dé-
Quand ? et comment?) et dont,en te et que les navires, qui n'ont sintéressait.
attendant la fin d'un soi-disant rien de spécial à y faire, évitent Dans certains îlots du Sud, de
litige, soi-disant soumis à l'arbi- soigneusement. Cette mer est grandes quantités de phosphate
trage de La Haye (est-ce bien très dangereuse. Déjà à 100 mil- ont été enlevées et la raison qui a
vrai ?) elle laisse une compagnie les de la-Côte d'Annam, une ai- amené la cessation de cette in-
chinoise de Hongkong exploiter guille rocheuse à pic, s'y dresse dustrie, aussi bien là qu'aux Pa-
paisiblement les phosphates, émergeant près de fonds de 1.500 racels, n'est certainement ni le
l'Administration est vraiment mètres, (roches du Duperré). climat, ni la durée de la mauvai-
bien peu conséquente avec elle- En tout cas il arrive fréquem- se saison, ni l'épuisement des gi-
même ! ment dans ces régions qu'un sements, mais probablement une
Tout le mondé a pu lire,en effet, grand navire puisse trouver au cause commerciale. Il se peut
dans une note assez vague, com- sondage 606 mètres d'eau et deux que la Société japonaise qui diri-

muniquée par les autorités mari- minutes après heurter un récif. geait cette exploitation ait trou-
times à nos confrères de Saigon, Donc l'îlot Spratly, loin des rou- vé des gisements bien moins éloi-
qu'une escadre de trois navires : tes maritimes, est à la limite des gnés du Japon, aux Iles Marian.
l'Alerte, l'Astrolabe et le La. régions pour lesquelles les cartes nés, par exemple, que le traité de
nessan, étaient allée prendre pos- marines offrent dés indications Versailles a placées sous mandat
session au nom de la France, de suffisantes.Mais à l'Est et au Nord-japonais et dont un grand nom-
l'îlot Spratly et de différents au- Ouest de cet îlot s'échelonnent bre sont habitées et jouissent
tres îlots à deux cents milles à de nombreux atolls, dont la cein- d'un agréable climat. Ou bien
l'Est de Saigon. ture émerge en îlots générale- cette société aura été victime de
En fait l'îlot Spratly est à 480 ment riches en phosphate, fré- quelque crise financière. C'est
kilomètres, soit 260 milles marins quentés jadis par des pêcheurs ainsi qu'au Tonkin de bons gise-
de Phanthiêt, à 304 milles du chinois et depuis quelques années ments de zinc, de plomb, de fer
Cap Saint Jacques et à 210 milles japonais, avec leurs canots à mo~ etc. ne sont pas exploités.
de Poulo-Cecir de Mer. teurs, et où des entreprises japo- Si les Japonais ont exploité ces
C'est entre cette dernière île et naises ont exploité d'une façon îles pour le phosphate, les Chi-
la Côte d'Annam que passe la intense, assez récemment,les dé- nois y pratiq uaient la pêche, mais
route maritime occidentale, de pots de phosphate. il semble bien qu'ils soient peu à
Hongkong à Singapour, tandis Il semble que cette exploitation peu supplantés par les pécheurs
L'EVEIL DE L'INDOCHINE

japonais plus hardis et mieux ou- de sur les Paracels, publiée buissoîis.àvéc ue hbmbfeux nids
tillés. dans notre numéro 785 |du 2j£ d'oiseaux de mér et quelques co-
C'est ce qui a failli, se passer Avril dernier). Les deux-tieris: cotiers; et?bananiers poussant au-
tout récemment à l'îlot Spratly. du rocher formant la caye sont tour d'un puits.
Mais les pêcheurs chinois établis couverts d'une épaisse couche de On trouvait alors des pêcheurs
là et qui avaient été assurés de la guano, que les Japonais ne sem- de Haïrian sur la plupart des îles
protection française quand, il y blent pas avoir entièrement ex. du banc Tizard.
a trois ans, le Lanessan passa par ploitée.
' -^
vy
Les pêcheurs passaient quel-
là et déclara l'île française, dé- Pendant ce temps\ t'Alerte se ; quefois des années dans ces para-
ployèrent le pavillon français que dirigeait vers l'atoll Fiery Cross ges à pêcher tortues et holoturies.
le Lanessan leur avait laissé ; ou fou Investigatpr) à 80 milles au Des jonques venaient en Décem-
plutôt le drapeau tricolore neuf Nôrd^Ouest de Spratly et à égale bre leur apporter des vivres et
qu'ils avaient fait faire à Haï-Nan, distance du Cap Padaran et de s'en retournaient chargées d'é-
pour remplacer le drapeau du La- la pointe Sud de l'île Palavvan. çailles.
nessan, usé. Ce vaste récif n'émerge que par- Depuis, des Japonais sont ve-
Les Japonais menacèrent bien quelques têtes. nus, ont entrepris l'exploitation
de revenir en force mais il est bien Le Lanessan, au même mo- du guano et ont établi de peti-
peu probable qu'ils se permet- ment, se dirigeait vers les récifs tes plantations de cocotiers et ba-
traient de descendre le pavillon du London, à une vingtaine de naniers ; mais tout cela semble
d'une nation amie du Japon ; car milles au Nord.Est de Spratly. Il être, maintenant, définitivement
ils redouteraient une sévère.pu- y remarqua l'épave du Saint abandonné.
nition si leur gouvernement en François Xavier, qui fit naufrage Le Lanessan et l'Astrolabe se di-
était informé. en cet endroit en 1927 en se ren- rigèrent ensuite vers le Nord où,
Nous sommes persuadé qu'aux dant de Nouméa en Indochine à vingt milles environ du banc
Paracels, pendant la saison de par cette partie de la Mer de Chi- Tizard, se trouve le banc Loaïta,
pêche et de relâche, les Chinois ne où il est recommandé aux na- atoll du même genre; Les deux
seraient tout aussi heureux de vigateurs de ne pas trop s'aventu- bâtiments prirent formellement
pouvoir se réclamer, le cas rer malgré la grande profondeur. possession de l'île principale, où
échéant, de la protection françai- Les récifs du London sont fort l'on trouve également des restes
se. En tout cas il s'y est produit, à dangereuXj étant partout accores de plantations et d'une exploita-
plusieurs reprises, des fait regret- (c'est-à-dire escarpés et abrupts) : tion de phosphate non encore
tables : des entrepreneurs d'ex- sauf quelques talus extérieurs. épuisée. L'île Loaïta est une île de
traction de phosphate y aban- C'est sur un de talus le sable, ba$se, recouverte de buis-
ces
donnant des ouvriers à la soif et Lanessan ayant jeté l'ancre par que
à la famine etc., faits qui n'au- mètres de tond, donc avec 240
50
raient jamais pu se produire sous mètres de chaîne,
suzeraineté française bien se trouva,
une (ayant, avec la marée, tourné au-
établie. tour de son ancre), par 600 mè-
Pour en revenir aux îles du tres de fond. Donc dénivella-
Sud, dont notre expédition offi- tion de une
cielle vient de prendre formelle- ment dit 540 mètres sur 246, autre-
presque là verticale. La
ment possession, sans s'occuper même chose était arrivée au
de savoir s'il y aurait ou non des Rifleman », navire anglais qui
incidents diplomatiques, on re- &
exploré autrefois régions.
a ces
marquera qu'elles sont assez éloi- Les trois navires se retrouvè-
gnées les unes des autres et à
égale distance de la côte du Sud- rent au banc de Tizard, à i7o mil-
Aunam et des côtes de Bornéo les environ au Nord-Est de Sprat-
(Grande Bretagne) et de Pala- ly, toujours à mi-distance entre
(Iles Philippines). le Gap Padaran, la pointe Sud
wan
Les trois vaisseaux ont d'abord de Palawan et la pointe Nord
visité Spratly et confirmé la pos- de Bornéo. Le banc Tizard est
session française par un acte ré- un immense atoll s'élevant sur
digé par les capitaines et mis des fonds de J.500 à 2.000 mè-
dans une bouteille enfermée en- tres et dont la lagune a une pro-
suite dans une borne en ciment. fondeur moyenne de 80 mètres.
Puis l'Astrolabe se dirigea vers Le pourtour de l'atoll, formé d'un
le Sud-Ouest à 70 milles de Sprat- plateau corallien, émerge en trois
ly et à 200 milles de Bornéo et endroits, formant des îles dont la
arriva à la caye (îlot sableux) plus grande est Itou Aba, dont
d'Amboine, à l'extrémité Nord du nos navires prirent foimellement
haut fond Bombay Castle. il en possession ; elle a deux à trois ki-
fut pris possession dans la forme lomètres de long et peut être
ci-dessus. Cette caye émerge de comparée a Lincoin, la p lus gran-
2 m, 40 à marée haute; elle est de oes Paracels.
entourée de têtes dont quelques- Itou Aba, qu'entoure un récif,
unes émergent à marée basse (les est signalée oans les Instructions
mêmes sortes de têtes que M. nautiques de 1919 comme étant
Çlerget a décrites dans son étu- couverte d'arbustes et de grands
L'EVEIL DE L'INDOCHINE

sons et ayant à peine 300 mètres (d'après les Instructions Nauti- l'Annam; en tout casril est sur le
de diamètre. ques de 1919). passage de nos navires allant
L'Alerte de son côté visita le ré- Toute cette région est parcou- du Cap Varella à Hongkong.
cif Thiiou,à une vingtaine de mil- rue aujourd'hui par des pêcheurs Quant à la soi-disant impossi-
les au Nord du banc Loaïta et pri- japonais qui semblent être les bilité d'y aborder la plus grande
rent possession d'une île de cet Bretons de cette Terre-Neuve partie de l'année, c'est une mau-
atoll, toujours selon le même ri- orientale. Ils y viennent avec vaise excuse, en tout cas une énor-
tuel. Cette petite île sablonneuse d'assez grosses barques à moteurs, me exagération dans le but d'em-
et basse possède un puits et quel- ressemblant de loin à des ba- pêcher les Français et sujets in-
ques buissons et cocotiers rabou- teaux-lavoirs, dont chacune est dochinois d'aller voir ce qui s'y
gris. Ou trouve un assez bon accompagnée de petits canots de passe.
mouillage au Sud du banc. pêche. Lorsque nos navires ap- Par ce qu'on vient de voir, le ou
Plus au Nord encore, à la hau- prochaient il arriva plusieurs fois plutôt les gouvernements chinois
teur de Nhalrang, dans l'atoll dit que des canots japonais s'en allè- (on ne voit pas bien lequel) n'au-
Danger Nord, j'Alerte prit pos- rent vers l'Est, ce qui semble raient qu'une satisfaction d'a-
session de deux îlots sableux prouver que cette mer leur est mour-propre à la suzeraineté (très
(cayesj où il trouva des Japonais familière. théorique) de ces îles. Quant au
en train de pêcher. Le Lanes- Espérons que l'Administration peuple chinois, (ce qui est bien
san y vint ensuite et explora la indochinoise ne s'arrêtera pas à autre chose), quant a ces bravés
petite île. Celle-ci est sensible- mi-chemin et. continuera à faire pêcheurs et jonquiers qui fré-
ment plus haute que les autres; explorer les bancs qui se trouvent quentent cet archipel, ceux-là au*
le point culminant atteint cinq plus au Sud (Rifleman, Prince of raient tout avantage à s'y sentir
mètres. Les gisements de phos- Wales,Prince Consort,Vanguard, sous la protection (effective celle-
phate sont importants et furent Charlotte) et plus au Nord (Tri- là, et bienveillante) de la France,
l'objet d'une grosse exploitation dent, Macclesfield... et. , Para- comme les pêcheurs de 1 îlot
japonaise, actuellement arrêtée. cels !) Spratly.
Le lagon de cet atoll a 36 à 45 Rappelons à ceux qui s'ima- Donc à la lumière des derniers
mètres de brassiage ; les navires ginent que les Iles Paracels sont événements, tant dans les archi-
y accèdent par un passage de 7 à des rochers le long de la côte de pels coralliens des mers du Sud
16 mètres de profondeur, entre les Haïnan, que l'Ile Triton est à qu'en Chine même, il semble
deux cayes (îlots) couvertes d'her- 135 milles seulement de la côte qu'il serait facile à un diplomate
be épaisse. Ces cayes sont fré- du Quang Ngaï tandis que l'îlot a peine un peu malin d'arranger
quentées par lespêcheurs de Haï- le plus rapproché de Haïnan est à très facilement la question des
nan, qui y ramassent biches de 140 milles de la partie la plus mé- Paracels d'une façon agréable aux
mer et écailles de tortues; ils font ridionale de cette île. On ne peut deux parties.
de l'eau à un puits creusé au donc pas arguer que cet archipel Pas besoin des juges de La Haye
milieu de la caye du Nord-Est. est plus près de Haïnan que de pour cela, H. CUCIIEROUSSET

C'est le 12 Juillet, donc dans expérience industrielle et com- ment le résultat.


quelque six semaines, qu'entre- merciale des * Distilleries de La principale des distilleries
ra en vigueur le nouveau régime l'Indochine » et d'autre part par- nouvelles est celle qu'achève de
des alcools, régime de fabrica- ce qu'il y aura.en fait, de quoi fai- construire à Van-Diên, à 10 km.
tion et de la vente libres sous des re vivre largement toutes les dis- de Hanoï, sur la Route Mandari-
conditions qui éliminent la dis- tilleries qui se montent actuelle- ne, une société de quatre person-
tillation par les villages jadis ment. nalités bien connues du monde
spécialissé dans cette industrie, et En effet, depuis la désorga- commercial indigène. Ce groupe
qui ont été honteusement trahis nisation de sa vente par le mono- a déjà consacré à ses construc-
par Messieurs les Représentants pole d'Etat lui-même, l'alcool of- •
tions plus de 100.000 $. Nous
du Peuple. ficiel se vend très mal et la con- avons visité cette usine : située,
Les con ditions mises à l'ouver- sommation d'alcool de contre- près de la gare et le long du che-
ture d'une distillerie nécessitent bande a augmenté dans d'énor- min de fer, dont un embranche-
en effet une mise de fonds consi- mes proportions. Aussi, dès que ment particulier la dessert, elle
dérable et une dépense annuelle, cessera le régime .du monopole fait vraiment impression. Les vas-
pour frais d'exercice, de plus de on peut compter sur les distille- tes salles de fermentation conte-
6.000 $. ries indigènes pour faire une nant chacune2o,000 jarres que les
Cinq distilleries, à notre con- guerre efficace à la contrebande. ouvriers devront manipuler cha-
naissance, seront alors prêtes à En même temps la fin de l'ingé- cune plusieurs fois par jour, les
fonctionner au Tonkin et Nord- rence administrative dans tous ateliers de distillation avec leurs
Annam.plusou moins en concur- les détails de la fabrication, de longues lignes d'alambics moder-
rence avec les trois grandes usi- l'embo.uteillage, des transports et nisés, chauffés à la vapeur, les di-
nes de la Société des Distilleries de la vente de l'alcool, aura iné- vers magasins de riz que l'on a
de l'Indochine. vitablement pour,effet une aug- déjà remplis jusqu'au toit de pad-
Nous disons : plus ou moins, mentation de la consommation. dy, les bassins de réserve d eau,
parce que d'une part deux nou- Ce n'est peut être pas ce qu'ont les châteaux d'eau, le puits qui
velles distilleries indigènes ont voulu les vertueux adversaires va chercher à 50 mètres de pro-
tenu à profiter d'un apport de ca- de ce qu'on appelait «le monopo. fondeur l'eau pure de la nappe
pitaux et surtout de la précieuse le Fontaine » mais c'en sera sûre- souterraine où s'alimente Hanoï,
4 L'ËVÉIL DE L'INDOCHINE

donnent vraiment l'impression Une autre distillerie purement sation de l'Administration, les
d'Urie immense usine, et les chif- annamite, elle aussi, est en cons- travaux seront terminés pour le
fres qui nous ont été donnés truction à Daï-Lâm. dans la pro- 11 Juillet.
quant à là production escomptée, vince de Bac-Ninh ; mais nous En même temps une importan-
correspondent aux besoins de n'avons pas encore eu l'occasion te société annamite, bien con-
plusieurs grandes provinces. On de la visiter. nue depuis plusieurs années dans
ne saurait accuser ces messieurs La troisième distillerie nou- le Nord-Annam, la Société Com-
de n'avoir pas VU grand. Mais velle au Tonkin est en construc- merciale et Industrielle de l'An-
tion à Yên-Viên province de Bac- Tonkin (S.C.I.A.T.) achève
sans doute sont-ils fort bien ren- nam
les travaux de construction de sa
seignés sur la production de Giang, à 8 km en aval du Sorîg-
nombreux villages distillateurs, Câu'j sur la rive gauche. Cette distillerie à Thành-Hoa même,
où la douane fermait jusqu'ici as- distillerie est construite par la près de là gare d'eau du Canal et
sez libéralement les yeux sur Société Anonyme des Distille- de là gare du chemin de fer, Cet-
la contrebande, et comptent-ils ries annamites de l'Annâm-Tôn- te société comprend parmi ses
obtenir, eux, les distillateurs an- kin (S.A.D.A.T.) dans laquelle la principaux actionnaires presque
namites capitalistes, que la doua- Société française des Distilleries tous les Représentants du Peu-
ne exercera sur ces villages une ré- de l'Indochine a un intérêt, mais ple de la région. Elle pourrait
pression très sévère, rendant tou- où la fabrication sera conduite donc, à l'instar d'un de nos grands
te contrebande impossible. Cette rigoureusement selon la métho- chefs socialistes de France, bap-
puissante distillerie peut donc de indigène traditionnelle, qui tiser son alcool « le Popu ».
espérer, pour peu qUè son alcool donne le ruou vân, pour lequel La construction de ces deux
soit du goût dû consommateur ce village est célèbre dans tout distilleries àThanh-Hoa ne man-
indigène, devenir une affaire le Tonkin, quera pas d'amener un nouvel
fructueuse qui fera vivre tdUte Le matériel sera le même et élément de prospérité à une ville
une population ouvrière, ce mal-
gen- aussi le personnel, travaillant dé- si bien placée et si bien conçue
re de fabrication demandant, sormais ouvertement, poUr de pour devenir une grande ville.
gré la modernisation du matériel bons gages, et non plus en con- Sans doute le régime nouveau
de distillation, une main-d'oeu- trebande. amènera-t-il une augmentation
vre considérable. Qu'on pense à C'est la même société qui cons- de la consommation apparente de
ce qu'il faut d'ouvriers rien que truit près de Thanh-Hoa une dis- l'alcool; mais il amènera sûre-
pour la manipulation quotidien- tillerie, organisée selon le même ment une diminution correspon-
ne de 40 ou 60.000 jarres j principe de s'en tenirstrictement dante de la consommation oc-
Nous avons remarqué non seu- aux méthodes traditionnelles an culte, de sorte qu'il n'est pas cer-
lement le bel agencement des namites, avec le même matériel, tain que l'augmentation de la
divers bâtiments autour dévastes en utilisant le riz nep. L'usine consommation contrôlée, du fait
cours, mais la commodité des se trouve sur le Song-Ma, à de toutes ces nouvelles distille-
bureaux, le confort des apparte- côté de la gare de Ham-Rong. ries, correspondra à une augmen-
ments des directeurs et employés Bien que les constructions tation de la consommation ré-
et la très belle maison construite n'aient été entreprises que tout elle.
pour le douanier européen, M. récemment, après toutes les for-
H.C.
Coquenpâte. malités et l'obtention de l'autori-

Ce titre sonne comme celui et en couleurs, destinées à illus- ce. Et l'on aurait tort. chambre de
d'une fable de La Fontaine, une trer ses publications, commandes D'autre part, si une
fable qui aurait comme morale : dont l'ensemble était de 50.000 $, commerce peut être très compé-
Pour ne pas dire dé bêtises la Chambre décida à l'unanimité tente en matière de tabac, sain-
Dans votre bouche il faut tourner de s'élever énergiquement contre doux, savon, pétards, quincaille-
Sept fois la langue avant parler. de tels errements et chargea son rie et calicot, cela ne lui donne
En tout cas si M. le Président président d'adresser à M. le Gou- peut être pas des lumières parti-
de la Chambre de Commerce de verneur Général une lettre salée. culières en matière purement
Hanoï avait vingt ans d'expé- Aussitôt dit, aussitôt fait, et scientifique.
rience du journalisme il saurait pour plus d'énergie, M. le Prési- Toutefois M. le Président est
qu'avant de faire sienne une ré- dent pensa asséner le bon coup un homme cultivé, dontdeonpréci- au-
clamation, il convient de pren- d'assommoir en ajoutant ce mem- rait pu attendre moins
dre sa loupe et sa balance de pré- bre de phrase : pitation. Quand on est appelé à
cision, pour examiner d'un oeil « L'Institut Océanographique, être fréquemment le porte-parole
critique chaque phrase et soupe- qui a fait l'objet de si nombreuses de personnes ou de groupes ayant
ser chaque mot, en se disant : critiques et dont, par ce temps des réclamations à présenter, on
« Mon homme est aveuglé pas son de crise, l'utilité apparaît des a plus de chances d'être écouté
intérêt personnel, attention ! » plus contestable »... si l'on est connu pour passer
Donc l'Imprimerie d'Extrême- Ici nous feions remarquer à M. préalablement ces réclamations
Orient s'étant plainte à la Cham- Josse qu'il est bijoutier et qu'en au crible. Nos chambres dé com-
bre de commerce de ce que l'Ins- raisonnant étourdiment on pour- merce se plaignent d'une tendan-
titut Océanographique de Nha- rait dire qu'en temps de crise l'u- ce du Gouvernement à leur don-
trang avait passé à Londres des tilité des bijoux apparaît aussi ner tort à priori ; ne serait-ce pas
commandes de planches,en noir contestable que celle de la scien- parce qu'elles ont une tendance
L'ËVEÏL DE L'INDOCHINE

à accueillir trop vite toutes les .1.000 exemplaires et que l'Insti- ques se fait précisément par gros
plaintes de leurs ressortissants, tut, connaissant le tout petit nom- temps.
sans assez tenir compte de cet bre de gens qui s'intéressent aux Que le Lanessan a permis de
aveuglement que produit l'inté- sciences, avait estimé suffisant un faire cette année plusieurs prises
rêt privé ? tirage à 500 exemplaires. importantes qui ont déjà ébranlé
Dans le cas dont s'agit la Cham- Que le prix a été de 13.000$
be) l'absolue confiance des contre-
bre se verra répondre que : et non de 50.000 $, le plaignant bandiers dans l'absence de sur-
10) Il ne s'agit pas de plusieursayant donc confondu le nombre veillance des côtes ; que si l'acti-
commandes, mais d'une seule. de feuilles tirées avec le nombre vité du Lanessan dans ce domai-
3e) Qu'il s'agit d'un ouvrage
de piastres. ne (qui n'empêche pas certaines
l'Exposi- Quant au petit addendum au études scientifiques) continue.
publié à l'occasion de sujet de l'utilité en temps de cri- la contrebande diminuera,."pour
tion Golohiale et sur les fonds de se de .l'Institut Océan ographi que, le plus grand profit du cpmmerce,
Cette exposition, nous apprendrons à M. le Prési- à qui la contrebande sans risque
3e) Que l'Institut Océanogra. dent dé la Ghambre de Commer- portait un grave préj udice,
phiqUé a été appelé à fournir tex- ce : Mentionnons en second lieu le
te^ dessins et aquarelles, mais n'a Que l'Institut fait profiter, Une rôle important que le « Lanessan »
pas eu à s'occuper de l'impres- bonne partie de l'année, l'Admi- vient de jouer dans la toute ré-
sion.-;' nistration des Douanes de son cente exploration du Sud-Est de
4e) Que c'est le commissariat chalutier 1 e « Lanessan ». la merde Chine et dans la prise
de l'Exposition qui, d'accord avec Que ce chalutier est le seul ba- de possession de plusieurs îlots
l'Agind.Oj a passé la commande. teau dont dispose la Douane, qui à phosphate, presqu'aussi impor-
5e) Qu'il s'agit d'une comman- tienne bien la mer par gros temps tants,bien que plus lointains, que
de de 50 pages illustrées, tirées à et que la contrebande par jon- ceux des Paracels. CATON

Nous avons eu l'occasion défaire une Le long de la route mandarine c'est que la crise ait ralenti le mouvement
tournée dans le Sud Annam, de Hué jus- l'activité fébrile des chantiers, terrasse- touristique vers ce climat merveilleux.
qu'à Phanrang, et c'est avec une réelle ments, construction des ponts, des bâti- La nouvelle église, d'architecture mo-
satisfaction que nous avons constaté une ments des gares. Certaines de celles-ci yenâgeuse, est juchée magnifiquement
certaine activité dans les différents cen- sont pittoresques et rappellent des cha- sur un rocher élevé et, de son parvis,
tres que nous avons traversés ainsi que lets normands, comme celle de Tam- on domine les maisons blanches de Nha-
dans la campagne et sur les routes. Les Quan ; mais le décor, au lieu de grasses trang. De l'autre côté de la Ville, vis-à-
dizaines de millions de piastres qui ont prairies, est une riante forêt de cocotiers- vis des ruines de Pp Nagar, et sur une
été dépensées dans la construction du Nous avons constaté que si certains colline balayée par le veut du large, le
chemin de fer ont porté leurs fruits. tronçons de la ligne ne présentent au- Noviciat des Frères dresse la masse im-
Une main-d'oeuvre nombreuse a été cune difficulté, par contre, d'autres tron- posante de ses immenses bâtiments. Une
utilisée.Naguère les paysans travaillaient çons, comme la Corniche de Sa huynh, ligne électrique, qui franchit hardiment
quelques mois par an à l'époque des certains massifs rocheux, exigent des le fleuve, y distribue à profusion la lu-
labours, du repiquage des rizières et des travaux délicats et présentent de réelles mière, qui la nuit les fait ressembler à
récoltes de paddy. Or les travaux du difficultés, d'exécution pour les entre- un paquebot fantastique émergeant des
chemin de 1er durent depuis près de preneurs. flots.
deux ans sans discontinuer et les pay- Néanmoins, d'un mois à l'autre on Les routes si belles, pour la plupart
sans, en dehors des mois de culture, constate un avancement rapide des tra- goudronnées, nous conduisent à Phan-
trouvent à s'employer à ces travaux. vaux et à cette cadence nous aurons rang. Mais ici, les derniers typhons
L'activité de lourane reste stagnante, sans doute la surprise de voir les trains laissent encore des traces de leur pas-
Fàifoo n'a fait aucun progrès, et est circuler sur ces lignes plus tôt que nous sage, malgré l'activité inlassable du Ré-
vouée, nous le croyons bien, à baisser ne le croyions. sident.
encore dans l'échelle commerciale. Mais Il est vrai que cet important service a, Voilà pour les côtes d'Annam. Nous
dès Tamky, le mouvement s'accentue, pour le diriger.un homme qui a déjà l'ex- faisons ensuite un petit crochet vers les
une circulation intense se manifeste, de périence de 1 étude du «Vinh - Dongbà»,
nombreux camions surchargés de voya- et qui, loin d'être un rond-de-cuïr, est
geurs vont et viennent dans un sens plus souvent sur la ligne que dans son
comme dans l'autre. bureau. A peine l'entrevoit-on sur le
Quang Ngaï présente une animation Tâa-Ap — Thakhet qu'on le revoit à
inaccoutumée ; ses rues sont sillonnées Quinhon ou à Quang Ngai.
de véhicules de toutes sortes, des cons- A Quinhon, il y a aussi une légère
tructions nouvelles s'érigent, les bouti- reprise des affaires, et au grand hôtel
ques sont achalandées par des coolies, Morin qui, sans crainte d'être contredit,
des tâcherons, des tirailleurs, des mar- est le plus joli d'Indochine, il y a davan-
souins. C'est un plaisir que de voir ce tage de passages.
mouvement continuel, qui ne cesse mê- A Nhatrang également légère reprise
me pas avec la nuit. d'activité, et c'est réellement regrettable
L'EVEIL DE L'JJNDOGHJNK

régions, naguère débordantes d activité, Allons la voir. Quelques kilomètres, Le barrage de 60 m. de largeur et 8 m.
de circulation automobile amenant et sur une route particulière tracée au mi- au-dessus du lit du torrent, est en moel-
ramenant sans cesse la main-d'oeuvre lieu de la forêt, traversée d'un grand vil- lons extraits sur place et ses deux extré-
des plantations du Darlac, de Ban-Mé- lage moi aisé, puis on est surpris de voir mités sont solidement ancrées sur les
'tlMot. la route se terminer devant un chantier. rives.
-'"'À 60 km. de Ninh-hoa, est M' Drack, Est-ce un campement de chercheurs De la prise d'eau, part un canal d'ame-
sentinelle avancée des pays Mois. Quel- d'or ? Non, ce sont seulement des huttes née de 900 m. de longueur, qui suit une
ques maisons en torchis, une maison de dans une trouée de la forêt vierge au route construite pour ce travail'et abou-
passagers sous laquelle des tigres ont bord d'un cours d'eau. Puis parait un tit à "la centrale par des conduites forcées,
laissé les traces de leur passage, et un homme en tenue de mineur. C'est M. B. qui amèneront 1 eau sous une charge de
petit poste delà garde indigène, avec un grand industriel d'une des plus impor- 20 mètres.
chef accueillant, jeune,enthousiaste dans tantes villes de Chine, qui s'est établi Le débit pourra être de 500 à 600 litres
son métier, ayant du cran ;il en a besoin somptueusement à Dalat, séduit par la à la seconde. A l'origine deux groupes tur-
pour*supporter son isolément. beauté de ce pays. bo-alternateurs de 50 Kya. alimenteront
Monotone est la route qui conduit à Cet homme, fils de ses oeuvres et qui des câbles souterrains à 6.000 volts, qui
Ban-Méiliuot -pas de villages, mais voici grâce à sa grande fortune acquise par transporteront l'énergie à Ban-Méthuot.
là C. A. D À. Compagnie Agricole d'An- une vie de travail, pourrait se reposer Un poste de transformation à l'entrée de
nam. Dès détracteurs avaient insinué en cultivant des fleurs, trouve encore du la ville abaissera la tension à 115/200 V.
qu'on s'y amusait, en dépensant des plaisir à exercer son activité dans des A proximité de ce poste Mr.B. installera
sommes folles. Mais il y a dès calom- entreprises à la fois philantropiques et une grande piscine, qui fera le bonheur
nies qu'il faut détruire; ces sommes dé- rémunératrices. des habitants,
pensées ont produit quelque chose. A L'électricité est un agent du confort Souhaitons d'avoir en Indochine plu-
voir ces immenses plantations de ca- colonial qui, d'après lui, par une pro- sieurs hommes de cette trempe, qui, tout
féiers, de théiers, ces usines de traite- duction économique, doit pouvoir être en faisant travailler leurs capitaux, con-
ment des produits de récoltes, ces routes gaspillé. tribuent au bien- être de la population du
faites comme aux T. P., on convient Nous sommes de son avis. Le site de pays où,ils exercent leur activité.
qu'on ne s'y est pas toujours amusé. Un Ban-Méthuot lui ayant plu, il a décidé, à Dans quelques mois ce beau travail
homme nous a reçu, figure énergique, b km. de ce centre, de barrer un torrent
Monsieur M. Son collègue Mr. F. et lui et d'y édifier une usine hydroélectrique sera achevé et la ville de Ban-Méthuot
aura ses rues largement éclairées par des
sont les deux seuls Européens qui res- pour distribuer l'énergie et la lumière lampes axiales, la lumière électrique
tent d'une vingtaine naguère répartis sur électrique à profusion.
l'immense plantation. Quel prodige de Depuis deux mois, il habite dans ces sera à la portée de tous, l'artisan pourra
gaiement prolonger sa veillée et la glace
travail ne doivent-ils pas produire pour cai-nbas en pleine forêt, dirigeant avec
MM. P. et'B. les travaux délicats du bar- sera à un prix infime. Ville heureuse 1

assurer à eux seuls, sur les quelques


huit cents hectares plantés, la surveil- rage, et surveillant minutieusement la A. L.
lance et l'entretien, et quelle foi aussi réception et là pose des matériaux.
dans le succès futur pour ne pas se lais-
ser décourager par l'intensité de la crise
1

11 y à des heures où le colon est admi-


rable!
Le café produit est délicieux, et sans
flatterie, son goût est comparable aux
meilleurs Sao Paulo et Moka. On se de-
mande pourquoi on va chercher des
produits si loin quand nos colonies en
produisent d'aussi bons. Snobisme et
engouement contre lesquels la raisonne
peut rien.
Enfin Ban-Méthuot capitale du Uarlac
De belles avenues conduisent au centre
européen. On y a bien fait les choses. M.
Sabatier a laissé des traces durables de
son oeuvre, que continuent très heureu-
sement des jeunes comme M. D. Là ville
est large et coquette, la résidence cachée
dans la verdure fait songer aux cottages
de Singapour et Colombo. Mais le char-
me de ce centre si éloigné de tout est
1 hôtel du Grand Cerf. Aux temps de

prospérité la clientèle se composait sur-


tout de touristes et nemrods américains
attirés par l'appât de ces pays giboyeux,
assurés de trouver un logis confortable
où se reposer des fatigues au retour des
grandes randonnées dans la brousse. En
fait, c'est bien l'auberge accueillante,
propre et gaie.
-
Puis» ce qui ne gâte rien ; le centre
est doté de l'éclairage électrique, assuré
par une toute petite station, qui bientôt
sera remplacée par une usine hydroélec-
trique.
.L'EVEIL DE : L'INDOCHINE n

Les Américains revendiquent comme cun particulier ne saurait en réaliser pensées par le Comité de secours fondé
étant typiquement de leur pays le 'sys- l'équivalent et mettre ses oeufs dans tant par le Président Hoovër. Et toutes ces
tème d'assurance sur la vie en vigueur de paniers différents. Des bons de l'Etat, avances furent faites eh argent comp-
aux Etats-Unis. Nulle part au monde quelques-uns — très peu nombreux — tant. Cela sans préjudice, bien entendu,
cette forme de prévoyance n'est prati- de gouvernements étrangers complètent des paiements faits aux bénéficiaires dès
quée sur une plus.large échelle. En effet avec diverses valeurs foncières et quel- polices d'assurés décédés, des dividen-
sur la totalité des police? existantes, ques créances sûres ce magnifique por- des, des indemnités de tout genre et du
70,2 % appartiennent aux Américains, tefeuille. remboursement des polices dénoncées.
.et la Grande-Bretagne, qui vient en se- De plus, les compagnies d'assurances Cette dernière rubrique seule' représen-
cond, n'en possède que 81 °/o. ne sont tenues de verser des dividendes te une dépense de 850 millions de dol-
Aux Etats-Unis, 68 millions dé per- que lorsque leurs bénéfices le permet-
lars.
sonnes,c'est-à-dire plus de la moitié de là tent. En 1918 et 1919, lors de l'épidémie On comprend, dès lors, que les Amé-
population, sont assurées pour une som- de grippe qui ravagea les Etats-Unis et ricains considèrent le système des assu-
me totale de 109 milliards de dollars, à le Canada, la mortalité fut énorme, par- rances sur la vie comme «la plus gran-
l'exclusion dés sommes versées. mi les jeunes surtout, c'est-à-dire qu'elle de entreprise coopérative de l'Histoire »,
Il semble bien que ce soit le plus sûr frappa dès hommes dont la vie semblait et que:le président Coolidge l'ait déclaré
devoir être longue, qui étaient assurés « la plus sûre des institutions financiè-
des placements, puisque, en 50 ans,
aucune compagnie assurante de quel- pour une somme très élevée et qui n'a- res, l'instrument le plus efficace pour
vaient encore versé que quelques pri- stimuler l'industrie, l'épargne et la pré-
que importance n'a fait faillite. voyance ». Le peuple le sent si; bien qu'il
Le principe fondamental de ces com- mes. De 70 °/o des prévisions, les décès
pagnies consiste à tabler sur les prévi- montèrent à plus de 100 °/o. Oh compta a contracté, en 1931, des polices nou-
plus de 500.000 victimes. Les compagnies velles pour une valeur totale de plus de
sions les plus pessimistes, afin d'avoir 16 milliards de dollars. Ce chiffre est in-
en temps normal une ample marge pour durent réduire leurs dividendes, mais le
montant de toutes les polices fut payé férieur à celui de 1929, mais supérieur
garantir leur sécurité. Ainsi, on évalue à la moyenne de la dernière décade, qui
toujours au pire la mortalité annuelle, intégralement.
comprenait pourtant des années de
et comme l'examen médical auquel doi- Leur crédit traversa victorieusement grande prospérité. C'est dire qu'en
vent se soumettre les candidats à l'as- cette crise, et il est en train de s'accroî- temps de crise, le public comprend
surance est très sévère, la proportion tre à cause des services rendus ces der- mieux que jamais toutes les garanties et
des décès oscille entre 60 et 75 °/o des nières années, où le système américain les ressources offertes par l'aide coopé-
prévisions. s'est montré d'un secours plus efficace
rative.
De plus, les compagnies font de leurs que toutes les autres entreprises publi- « Je suis partout »
fonds dés placements très prudents. ques ou privées. Tout détenteur d'une
Elles agissent plus librement que les police a, en effet, le droit de contracter
banques, n'ayant pas comme celles-ci un emprunt sur son assurance. C'est
l'obligation d'avoir une somme consi- une clause à laquelle la plupart des as-
-
dérable d'argent liquide toujours dispo- surés n'avaient accordé, au temps où les
nible et exigible à vue. Peu à peu, et par affaires marchaient bien, qu'une atten
la force des choses, sans que la loi in- don distraite. On pourrait même affir-
tervint en rien, les directeurs des com- mer que l'immense majorité des gens
pagnies d'assurances sont devenus, en l'avaient oubliée. Ils s'en ressouvinrent
quelque sorte, les gérants d'une fortune aux jours de détresse. Et ils empruntè-
immense. L'extension même de leurs rent.
entreprises, l'abondance de l'argent qui Le bien qui résulta de cette aide est
affluait entre leurs mains, les y a con- idappreciable.il faut se souvenir qu'aux
traints. Ils' détiennent actuellement au Etats-Unis, 54 °/o des habitants sont as-
total plus dé 20 milliards de dollars. surés, que, par conséquent le caractère
"Par dèjudicieux placements- ils ont de généralité de la ressource offerte par
assuré à ce formidable capital le maxi- l'assurance ne peut exister dans aucun
mum de rendement — et de sécurité. autre pays, puisque ailleurs, en compa-
Les revenus, les garanties, ce sont les raison, la proportion des assurés est
facteurs qui déterminent le choix des va- infime. Mais en Amérique, un nombre
leurs;à acquérir. Jamais d'actions ordi- immense de faillites et de ruines fut
naires, des obligations seulement; ou des évité par ce providentiel secours. Des
actions privilégiées. De très nombreuses chefs d'entreprises, de grands indus-
hypothèque?, les unes sur des fermes triels, dont lé nom était un symbole de
et maisons rurales (10 o/o du total), les richesse, ont été, en ces derniers mois,
autres (28 °/o) sur des immeubles cita- trop heureux de recourir à leur assuran-
dins, des propriétés particulières, sur- ce et avouent que cette aide a représen-
tout, plutôt que des hôtels ou des mai- té pour eux la marge qui séparait le sa-
sons Iocatives dont le revenu est incer- lut de la catastrophe.
tain et dépend de la rentrée des loyers, L'année dernière, cinquante-deux im-
qui s'effectue fort mal pendant la crise. portantes compagnies d'assurances ont
Cette prudence est une des raisons qui annoncé qu'elles avaient ensemble prê-
permettent aux compagnies d'assuran- té en moyenne plus de S millions de
ces de traverser victorieusement la dure dollars par semaine. Le total pour 1931
période actuelle; Une autre raison est fut de 427 millions de dollars — cinq
l'extrême variété des placements. Au- fois plus que la totalité des sommes dé-
8 IL'ÏSVËIL ?DE <mNJ50CHiftE

(Suite : Voir notre numéro du 14 Mai 1933).

Les routes de la province bes et qu'en cas de besoin on peut tou- -En iseeond -lieu ;relier cette routé'à
de Laokay jours louer les services de caravaniers Lâokày. Il n?y aurait, disent bien dès
'"^M. l'administrateur Devé, qui vient chinois I.ii.. geosi qu'à reconstruiVè l'ancîerïne'îroute,
d'être nommé ^résident ^'de la province Mais vôîci enfin tin Résident Supé- léiong' du chemin de fer, dont tonsures
ponts-'en fersont encore utilisables. Nous
1

de Laokay,? n'est bas-seulement un artis- rieur, qui a'fait la guerre et Comment !


et'qui, si -petite que sôit la cible qu'il n'avons'pas euT'occasion dé nous rendre
te Capable d'organiser sur nos scènesin- comptéde'l'état de ces;ponts, mais' nous
dochinoises des soirées artistiques di- constituait, a reçu de balles et d'éclats
d'obus, plus que la part d'un ..géant. H a serions fort étonné que dëskponts'^en?fèr,
gnes des plus grandes villes de France, abandonnés 'depuis vihgl-cinq ahs.ne
et de mettre ea valeur les plus-mignons appris, sur leifront et au Maroc, à réser
nombrils et les plus joliesjambes de Ha- vertes jambes des hommes pour le com- fussent pas entièrement mangés par la
noï, c'est aussi au besoin un homme d'ac- bat ou pour la marché dans'lès lieux peu rouille; resteraient, il est vrai, les;piles
tion capable demettreen valeur une pro- accessibles et à Utiliser les; moyens mo- et culées. Mais il nous semble que la
vince ; et ce n'est pas par unegageure que dernes qui remplacent deux étapes ' de remise en état puis l'empierrement d'un
cet aimable citadin a été envoyé-dans 25 kilomètres par une heure et deniie cbemia faisant une concurrence directe
cette montagneuse province de Laokay. d'auto. Et il s'est dit que, si-nos frontières an chemin de fer serait moins à propos
Cette^ province possède d'ailleurs une étaient plus accessibles de l'intérieur, le que la construction d'une route nouvelle,
Station d'altitude, Cbapa, où beaucoup nombre et l'importance des petits postes qui suivrait un couloir parallèle à la
de familles françaises vontchercber en et la lourde corvée des partisans pour vallée 'dn Fleuve Rougé et iine région
qu'il y aurait intérêt à débloquer. Ce se-
été-la fraîcheur et l'air vif de la monta- raient être réduits. Il s'est dit aussi que
c'était bien beau d'embellir la capitale rait amener du cbhimeirce au chemin de
gne. Nous pouvons compter sur l'esprit
fertile en ressources de M. Devé pour às- etles chefs lieux mais- que d'immenses fer an lieu de lui en enlever C'est pour-
^

sûTercettei année à cette station'une sai- régions du Tonkin, vastes comme des quoi nous avons déjà plusieurs fois sug-
départements, n'avaient pas l'ombre géré que l'on construisela route de Vié-
son brillante et pour mettre en train toute tri à Laoltay par là vallée du Song Chay.
une série d'améliorations. Une colonie de d'une route carrossable. Ainsi, à l'Est
C'est ce que l'on a déjà commencé à tai-
vacances, pour les enfants dont les fa- de la province de Laokay, un triangle de
milles ne peuvent se déplacer elles-mê- 100 kilomètres de base (entre Laokay et re à partir dé Phù-Doan jusqu'à Luc-
et Hagiang) sur 80 km. de hauteur (en-
Àn-Chau, soit la moitié du trajet.
mes, est en train de s'y organiser sur l'i-
nitiative d'un jeune Père dominicain et tre la frontière et Luc-An-Chau, ne pos- Nous conseillerions donc à la provin-
nous croyons savoir qu'u n grou pe! d An- sède pas la moindre route. Donc 4,000 ce de Laokay de construire d'abord,
namites sportifs compte s'y rendre pour kilomètres carrés pour la surveillance partant dit chef-lieu, la partie Nord de
tenter l'escalade du Pan-Si-Pan. Ainsi desquels on ne peut compter que sur les celte route. Elle est déjà assez bonne au
l'alpinisme prendrait naissance en Indo- jambes des soldats, des.partisans et de départ de Laokay ; elle remonte la rive
chine ; nous sommes persuadé que M. quelques douzaines de chevaux. Delà gauche du Nam-Ti, pendant cinq kilo-
Devé facilitera de toutes façons cette in- la politique nouvelle: le grand effort mètres, puis passe, en remontant la val-
téressante initiative d'un savant annami- doit porter sur les roules, non pour lée du Song Tong Giai, par Na-Natig,
te, M. Nguyên-công-Tiêu ; car nous fignoler les grand'routes de tourisme et comme piste cavalière d'où se détachent
croyons savoir que le sommet, par 3.153 construire dès autostrades le long du les pistes qui desservent la partie Nord
mètres d'altitude, est encore vierge et chemin de fer, mais pour ouvrir d'im- de la province. A partir de A Yeng ce
que même les hardis sous-officiers du menses régions dépourvues de voies de n'est plus qu'un sentier, qui emprunte un
service géographique n'y sont pas encore communication. couloir naturel à col très bas, par Tong
montés. Alors les résidents de bonne volonté Ouan, L.oc Toum, Ho Tsao frai et CÔc
Mais une oeuvre plus importante at- obtiendront, malgré la. crise et malgré Xam. Là notre sentier croise la route de
tend M. Devé, c'est le développement du les appels du budget général, des cré- Pho-Lu à Pakha. Le couloir naturel
réseau routier de la province. dits pour améliorer les chemins et en continue au-delà, en ligne droite jusqu'à
Ce réseau se résume en une soixantai- construire de-nouveaux. la limite de iasprôvince, avec un sentier
ne de kilomètres au plus, de routes acces- Ce a'esi donc pas le nerf de la guerre par Brc-Nguon, Xuan Quang, Hoëng-
sibles aux automobiles : Une route de 19 qui manquera à M. Devé pour agrandir Maet TienFang.Là, croisement perpen-
kilomètres, de Laokay à Baxat, en re- son réseau routier. diculaire avec un sentier qui suit la limi-
montant le Fleuve Rouge, la route de Par où commencer? te provinciale et relie la vallée du Song
Cbapa longue de 39 kilomètres, enfin Tout d'abord transformer en une rou- Chay avec le Fleuve Rouge. Le couloir
quelques kilomètres de route aux envi- te empierrée, accessible en tout temps naturel continue d'ailleurs toujours en
rons de Laokay et c'est tout. aux automobiles, le pauvre chemin de ligne droite, par Diên Quang et Mong
C'est tout pour une province frontière Pho-Lu à Pakha, travail aussi urgent au May pour réjoindre le Song Chay un
flont lès'postes'sbnt sous la menace cons- point de vue économique qu'au point peu plus loin.
tante d'incursions de pirates chinois fort de vue stratégique. Aussitôt achevée La route aurait 35 km. de Laokay au
bien armés, où la contrebande d'opium cette route deviendra pour le chemin de croisement de la route de Phb"Lu à Pa-
s'exerce en grand ; c'est tout pour une fer un véritable embranchement et point kha, et 16 km. de ce croisement jusqu'à
des provinces les plus belles et les plus ne sera besoin de subventionner un ser- la limite Sud-Est de la province.
pittoresques du Tonkin. Mais le budget vice automobile; il s'en créera plutôt Les 35 premiers kilomètres sejraient à
provincial, tout récent, est infime, avec deux qu'un, de par la seule initiative de aménager en première urgence ; ils ne
beaucoup de dépenses obligatoires ; et le chauffeurs annamites. semblent pas offrir de difficulté. Quant
budget local était surtout jusqu'ici des- Le prolongement de cette route de aux 40 km, de Pho-Lu à Pakha (13 km.
tiné à d'extravagantes constructions ; 40 km. pourrait-être amorcée dans la di- de Côc-Xam à Pho-Lu) on peut déjà les
quant au budget général il avait bien rection de Hoang Su-Phi, jusqu'à Ban- parcourir en saison sèche et par bean
d'autres dépenses, bien plus amusantes, Gia, à la limite de la province et à dix temps avec une automobile légère. Mais
à payer. Et puis, à quoi bon des routes ? kilomètres à vol d'oiseau de la frontière il est de toute nécessité de transformer
Du moment que les soldats ont des jam- chinoise. cette piste en une route accessible aux
L'EVEIL DE L'INDOCHINE

camionnettes en tout temps. On verrait on avait avantage à passer par Hanoï, ment et le goudronnage dès la seconde
aussitôt s'y créer spontanément des ser- soit 190 kilomètres ; et même pour aller moitié de 1934.
vices publics d'autobus. de Haïphong à Thai-Binh (56 km. à vol Comme nous l'avons dit nous n'envi-
Voilà donc notre réseau de routes au- d'oiseau) on avait encore meilleur temps sageons cette route que comme une pre-
tomobilables passant de 60 à 135 kilomè- de passer par Nam-Dinh, soit 211 kilo- mière étape ; De nouveaux raccourcis
tres. Ce n'est pas encore énorme. mètres. Quant aux 1.500.000 habitants s imposeront plus tard.
Viendraient ensuite, par ordre d'im- que représentent la province de Thaï- Le premier raccourcira la route de
portance : hinh et les huyêns maritimes de celles six kilomètres. Il se détachera de la par-
1° — Le prolongement sur Binh-Lu de Haïduong et Kiên-An, ils étaient sur- tie actuellement en construction à Nhân
de la route, de Chapa par le col de Lo- tout desservis par eau, avec la moitié Mue, deux km. avant le chet-lieu du
Kouei-Ho, soit une quarantaine de kilo- des canaux envasés. Aussi ces provinces Huyên de Vinh-Bao et filera en ligne
mètres aux altitudes successives de restaient-elles assez arriérées et ne vo- droite par Cuu Diên et Dong Quat jus-
1.635, 1.330, 1.750, 1.035 et 800 mètres, yaient-elles que rarement nos commer- qu'au bac sur le Sông Thai-Binh de la
amorce de la roule sur Laï-Cbau. Binh- çants et industriels. route venant de Kiên An, route qu'il
Lu est encore à 44 kilomètres de Pak- M. Pages a tout de suite compris cela faudra bien entendu redresser et élargir.
Nam Ma sur la Rivière Noire, en cet en- et, s'inspirant de nos articles, où nous Ce projet comporte quatre kilomètres
droit facilement navigable jusqu'à Laï- suggérions un raccourci en trois étapes seulement de route neuve et fera gagner
Chau. jusqu'à arriver à la route presque rec- six kilomètres par rapport à la route qui
L'importance stratégique de cette rou- tiligne, il a décidé d'aménager immédia- passe par Vinh Bao, Bai Cong et An
te saute aux yeux ; elle ne serait pas tement la route locale N° 10 de Haïphong Luân. Il n'y aura plus que 83 km, de
non plus sans intérêt du point de vue àThaï-Binh. Cette route passe par Kiên- Haïphong à Namdinh.
administratif et économique. An, An-Luâo, Qui-Cao, Ninh-Giang, Pourquoi n'a-t-on pas commencé par
2° — Roule de Laokay à Muong Duc-Linh, Vu-Ha et Dong-Lê ; elle met ce second raccourci? Question de bac.
Khuong. Cette route nous paraît très in- Haïphong à 96 km. de Nam-Dinh, mais Ces Messieurs des T. P. manquent d'ima-
téressante à améliorer pour la rendre avec onze bacs et toute une partie, entre gination ; il n'ont pas encore pu conce-
automobilable en tout temps, car elle se Ninh-Giang et Qui-Cao, non empierrée. voir ce que c est qu un bac à vapeur ou
détache de la route ci dessus décrite de Il fut donc décidé de remplacer tous les à moteur. Ils en sont encore au vieux
Laokay à Pakha. petits bacs par des ponts et de faire un chaland à fond plat remorqué par un
Ce chemin, qui existe déjà à titre de premier raccourci en évitant Phu-Ninh- canot, ou par un- bachot mû par une mo-
pisle cavalière, longe la frontière chi- Giang, ce qui évitait trois passages de togodille. Evidemment, par gros vent et
noise, distante de sept kilomètres, en rivières, et en filant directement sur clopotis, de tels bacs ne sont pas sûrs.
suivant successivement les vallées de Qui-Cao. Le trajet sera ainsi réduit de Second raccourci. Il s'agit maintenant
deux affluents du Nam-Ti par Ban-Lao, sept kilomètres et ramené à 89 km. de raccourcir la distance de Haïphong à
Ha-Chau(Teng Kui rang) et Ou-Lai Po. Namdinh de six kilomètres encore et de
Total, environ 32 kilomètres. En cas de Les grands bacs : Sôag Thaï Binh,
la ramener à 77 km.
Sông Vaa-Uc et Lach-Tray, seront com-
troubles de frontière la route mettrait C'est une idée que nous n avons pas
Muong Khuong à une heure de Laokay me le Fleuve Rouge franchis par des
bacs à vapeur ou à moteurs, comme cela encore exposée.Elle consiste, pour le tra-
au lieu d'une longue et pénible étape de fic direct de Haïphong à Namdinh, à évi-
huit à dix heures de marche. Ce serait se fait déjà sur le Fieuve Rouge et le ter le coude par Tnaï-Binh en filant di-
Traly, en attendant la construction en-
une garantie de sécurité pour cette poin- visagée de grands ponts à Thaï Binh sur
rectement de Dong Le à iân De, en uti-
te que fait le territoire tonkinois dans lisant 16 km. de routes existantes et
le Sông Traly et près de Haïphong sur
la province du Yunnan. construisant 4.500 m. de route neuve à
le Lach-Tray. Des pourparlers déjà en- Bac à moteur sur le Traly en attendant
Ces divers travaux suiûronl sans dou-
tamés avec des industriels de Haïphong
te à absorber l'activité de notre ami un pont,qui se justifiera vite. Total 20,500
Devé pendant quelques temps. pour la construction de ces deux mètres au lieu de 26.500 m.
ponts comme ponts à péages sont, cro- Plus tard on pourra envisager un der-
Route directe de Haïphong yons-nous, sur le point d'aboutir. Quant
à Nam-Dinh nier raccourci de trois kilomètres eh éta-
aux autres ponts moins importants les blissant un second bac sur le Fleuve
Que l'on soit arrivé jusqu'à ce jour
travaux en sont adjugés pour des ponts Rouge deux kilomètres en amont de celui
sur le Sông Tiên-Hung (à Dong-Lê), sur de Tan De. Namdinh ne sera plus alors
sans réaliser une jonction facile entre le Sôog Giêm hô à Co Tiet, et sur le
les deux grandes villes que sont Haï- qu'à 74 km. de Haïphong.
Sông-Hoa.
phong, le port du Tonkin et la ville ma- Notez que toutes ces améliorations en
nufacturière de Nam-Dinh, et à travers Ces travaux de routes à élargir et em- valent la peine et l'Administration finira
les régions maritimes les plus riches et pierrer ou à construire à neuf, de ponts parle- reconnaître. En attendant, ce qui
les plus peuplées du Tonkin, c'est quel- et autres ouvrages seront terminés en se fait actuellement est une première
1934; ils auront coûté 205.000$ dont
que chose qui en dit long sur l'absence 80.000 en 1933. On compte achever l'em-
étape, qui servira à justifier notre campa-
complète de politique économique dans gne et à convaincre les gens sans imagi-
ce pays. pierrement et l'asphaltage en 1935. nation. Et les parties que plus tard le tra-
Ily avait bien des routes, plus ou moins La situation financière n'a pas permis fic direct abandonnera resteront exliê-
sinueuses, plus ou moins étroites, avec d'accélérer davantage les travaux ; mais mement utiles et plus que justifiés pour
de grands troaçons non empierrés, donc il est permis 'd'espérer que le Gouverne- le trafic local.
pratiquement inexistants et une multi- ment Général finira par comprendre le
tude de bacs.C'est au point que, pour se très grand intérêt de cette route et ac- (à suivre)
rendre de Haïphong à Nam-Dinh, une cordera, sur fonds d'emprunt, les fonds CLODION'
distance à vol d'oiseau de 72 kilomètres, nécessaires pour achever l'empierre-
42 L'EVEIL DE L'INDOCHINE

La faillite de la piastre de vingt servent, quitte à le laisser pourrir, ne vou- au peuple d'un liard de son impôt ». Tant
l'impôt lant pas le vendre à bas prix mieux !
grammes et !

Toutefois ne serait-il pas mieux d'accep- H C.


M. le Gouverneur Général, jaloux des ter les anciennes piastres et se dire :
lauriers du roi Philippe le Bel, a voulu « Mieux vaut percevoir l'équivalent de six Le budget de l'Indochine
l'imiter ; malheureusement il ne l'a imité francs que de ne rien percevoir de l'équi- La Commission permanente du Grand
que sur un point qui n'avait pas précisé- valent de 10 ». Si l'Administration en 1933 Conseil
.
des intérêts économiques et finan-
ment servi la gloire de ce souverain : en perçoit 40 % en piastres-or de moins ciers, réunie à Hanoï le 19 mai, a approuvé
fondant les piastres de 27 grammes pour qu'elle ne comptait, elle aura de la chance ; les propositions du Gouverneur général
en refaire à 20 grammes. au moins elfe n'aura pas jeté le dé- tendant à ramener à 72 millions le budget
Nos financiers occidentaux savent jus- couragement dans les campagnes et peut- ordinaire et extraordinaire de l'exercice
tifier de telles pratiques par des arguments être même recUeillera-t-elle d'heureux 1933, soit une réduction de dépenses de
impressionnants,etsansdoute M.Diethelm, fruits de ce sacrifice. 5.507.000 piastres sur le budget primitif.
théoricien réputé, avait-il su convaincre Mais s'il en est ainsi en Annam et dans Le budget remanié accuse une diminution
M. Pasquier. Mais la population annamite de plus de 35 millions dé piastres sur ce-
n'a pas été aussi naïve que nos bonasses raison une grande partie du Tonkin, à plus forte
en est-il ainsi au Laos, où l'impôt lui de l'exercice 1931 qui avait été arrêté
citoyens électeurs de l'Europe moderne. personnel en recettes et en dépenses à 108 millions
Dès" le début elle a été. méfiante. Cette est du triple, 7 $50 au lieu de
2 $ 50. Figurez-vous ce montagnard qui de piastres soit une réduction de 30 °/o en
piastre de 20 grammes qui, au même titre, n'a jamais entendu dire dans son lointain deux ans, qui témoigne de l'effort de re-
valait plus que Ja piastre de 27 grammes village piastre, dressement opéré pour rétablir l'équilibre
lui disait rien qui vaille. Quant que la qu'il a toujours con-
ne aux nue, perdu la moitié de budgétaire compromis pur la crise écono-
montagnards et aux Laotiens, cette nou- a sa valeur et qui, mique mondiale.
velle arithmétique dépassait complètement en tout cas, n'a jamais pu comprendre
qu'une pièce de 20
leur entendement. Jamais ils ne voulurent sente le billet d'une grammes, que repré- Communiqué
de la nouvelle piastre. piastre, vaille presque N.D.L.R. — Malheureusement le déficit
Bientôt se produisit au Tonkin le phé- le double d'une pièce de 27 grammes au constaté pour les quatre premiers mois
nomène auquel on pouvait bien s'attendre, même titre. dépasse quatre millions.
des tentatives de falsification, tentatives lia péniblement réuni sept anciennes Suppose-t-on que le délicit des huit au-
assez réussies puisque banques et caisses piastres et cinquante sous, et, en dix tres mois n'atteindra que 1.507.000S? M.
publiques refusèrent indifféremment vrais jours de marche pénible, est arrivé au le Gouverneur général, il est vrai, a annon-
et fausses piastres tant il était difficile de chef-lieu. Là on lui dit : Donne-moi des cé à un de nos confrères la joyeuse nou-
les différencier. Aussitôt ce fut le discrédit billets ou des piastres nouvelles !— Des velle de la fin de la crise. Ce qui nous
.total ; est bien malin celui qui, aujour- billets je n'en ai pas, ces piastres nouvelles revient des provinces nous rend moins
d'hui, réussirait à faire accepter une seule je n'en ai jamais vu. — Eh bien ! dé- optimiste. Partout c'est le même son de
piastre rognée. Personne n'en veut Un brouille-loi pour en acheter, ou gare à toi, cloche : les indigènes auront grand peine
Français peut encore, au besoin, en pré- tu seras fichu en prison. à payer leurs impôts et ce sera bien beau
senter à Ja Poste ou au Trésor parce qu'il Et le malheureux trouve enfin un Chi- si l'on en recueille la moitié. Sans doute
sait, lui, qu'en cas de refus, il n'a qu'à ap- nois qui lui dit : « Apporte-moi 16 piastres quelque dieu de coulisse (deus ex machi-
peler un agent de police habile à dresser et je te donnerai les 7 $ 50 que réclament na) a-t-il offert à un budget assoiffé le ré-
procès-verbal, et que le fonctionnaire, en les Français)'. Alors il retourne à son confort de quelques tonnelets d'eau pure,
persistant dans son refus, s'exposerait à lointain village, vend à perte tout ce qu'il aromatisée au jus d'opium ; mais nous
des peines graves et à la destitution. Mais peut avoir de susceptible d'être vendu ; craignons bien que même ce secours, en-
on ne voit pas un Annamite prendre cette mais pour lui, pour son village, pour tout voyé chuchote-t-on à son fidèle serviteur
attitude énergique. C'est pourquoi jamais le pays, cela veut dire qu'on lui a réclamé par Pallas Athénée, ne sulïise pas et que
un Annamite quelconque n'acceptera en deux l'ois plus d'impôt. Or les Français ont la joie du divin Phocéen ne soit pas lout-
paiement une piastre rognée... et proba- arrêté les travaux de route, supprimé le à-lait partagée par son jeune chancelier
blement un Français non plus, car il ne bureau de poste, remplacé le médecin par de l'Echiquier.
se souciera pas de faire une histoire. un vague infirmier, renoncé à construire
Et le commentaire du communiqué ne
Ces piastres sont d'ailleurs actuellement l'école. Que voulez-vous que pensent les jettera de poudre qu'aux yeux des naïfs.
presque toutes retirées sans qu'il ait été gens du pays 7 Notre impression est que de ce budget de
émis assez de billets pour les représen- 77.567.000 $ qu'on vient de ramener à
Ne vaudrait-il pas mieux leur dire: Vous 72.000.000, ce sera magnifique s'il se bou-
ter. paierez
Alors comment veut-on que les indigè- valent comme avant et se dire : mieux cle avec plus de O8.000.O0U de piastres de
paient leurs impôts ? Un certain nom-
sept piastres à 5 frs 50 ou 6 francs recettes. C'est à ce chiffre que le budget
nes
bre, croyons-nous, ont conservé quelques que zéro piastre à 10 francs ! aurait dû être ramené.
vieilles piastres soigneusement cachées. Ainsi l'Administration récupérerait ces C'est pourquoi, malgré certains symp-
Lorsque le mandarin arrivera, ayant reçu vieilles pièces, qu'il faudra bien remoné- tômes rassurants,nous considérons comme
du résident l'ordre de se débrouiller et de tiser plus tard puisqu'il a fallu retirer ces prématurées les danses et cabrioles de M.
trouver l'argent à tout prix, le malheureux piastres rognées que pas un seul des vingt le Gouverneur Général.
villageois préférera peut-être sortir ses der- millions d'habitants de l'Indochine ne veut
nières piastres de leur cachette plutôt que accepter. —Mais, nous dira-t-on, les Chinois L'Indochine et letalon-or
de recevoir (en Annam) des coups de introduiront des masses d'anciennes pias- 11 y aquelques mois, nous avons cru
rotin ou de se voir enlever son buffle 11 a tres dans les régions-frontières !
pouvoir, sans sortir du cadre assigné à
2 $50 à payer; il apportera deux vieilles Eh bien tant pis, vous n'aviez qu'à les
! celte page de .1rs Suis PAUTOUT,'risquer
piastres de 97 grammes de bon aloi et cinq démonétiser, avant de les vendre en Chine une incursion dans le domaine colonial de
pièces de dix sous. Mais au moment de au prix du métal, il y a trois ans. Vous la France, et le 12 Novembre 1932, no-
payer il s'entendra dire que ses deux pias- avez commis alors une imprudence qui tamment, nous avons examiné, au poinl
tres ne seront prises que pour une seule, conlinait au gâtisme et aucun des res- de vue monétaire surtout, intimement lié
et qu'il faut qu'il se débrouille pour trou- ponsables n'a été puni. Tant pis! ces pias- au mouvement commercial et économique,
ver un autre de ces billets d'une piastre, tres reviendront; mais en tout cas elles la situation présente de l'Indochine.
qu'on ne peut acheter que pour deux an- reviendront, en paiement de ces produits La colonie vit sous un régime fondé sur
ciennes piastres d'argent. Le plus souvent tonkinois dont actuellement la Chine n'a- l'élalon-or, que le gouvernement français
il ne les a plus, ces deux anciennes pias- chète pas pour un sou. décida d'instaurer au lendemain de la
tres ; alors c'est pour le malheureux la Et cela créera une certaine animation stabilisation du franc. Nous en avons dit
ruine totale, la vente de tout ce qui peut commerciale à la frontière. les raisons, el nous persistons à croire que,
rester de pauvres objets dans sa caba- Mais l'alternative est inéluctable : Ou sur le terrain de la doctrine, il est difficile
ne. percevoir les impôts en vieilles piastres de ne pas rendre hommage à la réforme
Telle est la situation dans beaucoup de ou ne rien percevoir du tout et perdre la de 1030.
provinces d'Annam. Toutefois l'Adminis- l'ace. C'est également le sentiment d'un cor-
tration pourrait saisir, dans le Thanh-lloa Cela crèvera le coeur de tous ceux qui respondant occasionnel, dont l'avis, du l'ait
par exemple, le riz que les paysans con- ont pour devise : « Ne jamais faire grâce de sa situation à Saigon el de sa connais-
L?J5VÉ1L JUE 'L'INéOClilÀli 13

^satice^ancienne destoèsoins et 'de la-Mrùc- ? francs.'; Certains dés contrats lés plus im- ,rî'est>p!us':^
^ufc'e iie ; la; cbîonie, mérite ;d'ê.tre retenu. portants (mfëssagéries fluviales,;radio, etc..) '.ràutva eu là faiblesse dé "permettre qu'elle
A' 'là .suite. de_ notre ârticje, ij: nous a ,
comportaient une ventilation, les subven- fût remise en,"question.
"adressé
o uhè ïniérëssante" lettre dont nous tions étant établies, partie en francs, partie Rien ne nous, garant.it:pjfus
,
désqrrnais
extrayons-rë*pàssâ'ge'sùivàrit: en ,piastres. De .même, le gouverneur gé- que. nos\ avoirs en piastres ne vaudront
néraT LÔng'âvàiÇ ëri 1920*, procédé à un plus en francs, dans' 'trois mois, que lès
»
* * rajustement'des soldes des personnels ad- 6/.lOe'"dé''cë qu'ils valent aujourd'hui.
5

«
Vous iniçliquez avec raison, écrit notre ministratifs européens, partie en piastres Ils vaudraient encore moins avec la
correspondant,' que la Chine a drainé, en et partie en francs piastre rognée. Seulement, là, le gouver-
pleine ^crise, d'importante 'capitaux indo- ..Les obligations entre
, Européens étaient ..nement risquerait une ..'jréypjte... Même
chinois. souvent libellées en francs Les loyers ur- maintenant, où ..elle, vaut théoriquement
Les rnéfaits d'une monnaie riche ne sont bains également; Les magasins français dix francs, là piastre rognée n'a cours
à cet égard/que trop apparents,
1
d'articles d'importation visant la clientèle que quand c'est un Français qui 'la pré-
Envértu Héla loi des vases commùni- française marquaient leurs prix en francs. sente à une caisse" publique. Mais aux An-
^cârïts, le pays à change bW;aspire tes dis- Les épiciers chinois eux mêmes avaient namiteson la. refusé partout ; aussi n'en
porirbilïtésdu pays à Change élevé. des prix-courants en francs et d'autres en veulent-ils eux-mêmes,à aucun prix, pour
En Indochine, lasitùation,-sous ce rap- piastres, au choix du client. eux c'est de |a fausse monnaie. Mettre cet-
port,,requiert une ^attention particulière
,
Mais comme il n'existait pas dans'la co- te piastre en circulation, quand elle sera
du'fait', que,les éîéments.abprigè,nes de la lonie un stock monétaire de francs, ceux- déstabilisée et faire savoir que le billet
pbpuiatiônfEurqpëehs, Indiens et Chinois, ci jouaient seulement le rôle de monnaie d'une'"piastre ne sera remboursable que
quf'he sont pas fixés à demeure, jouent décompte et étaient convertis au Eaux du par cette piastre, ce serait provoquer une
<lans: l'éeônô in ie du pays un rôIe très ' im- jour des règlements. rébellion, sans,que cette, fois.on puisse ac-
portant et ont deigrosses disponibilités. cuser Moscou, qui est d'aiileui's mainte-
\Sôu;s le régime d'une monnaie or, l'éva- de'ne nant notre cher ami.
sion se fait surtout sur les pays à monnaie Ce système avait l'inconvénient pas
permettre l'investissement des francs né- En ce qui concerne la campagne défai-
.

dépréciée, Chine, frides, Birmanie. tiste des gros propriétaires fonciers de


"'Sous' l'e'Mgim'é de Té'tàion argent, c'est cessaires à la constitution de patrimoines
francs nombreux et importants. Dès lors, Çochincliine, elle a des conséquences fâ-
sur la France qu'elle se'produirait de pré- les risques de dépréciation des piastres cheuses, en particulier celle de tuer le
férence," les épargnants français et les considérables crédit.
sociétés désirant ; bien légitimement met- dans le étaient trop pour retenir
les disponibilités. Un/marchand d'engrais chimiques nous
,

tre leurs fonds disponibles à l'abri des pays »


montré il y a quelque temps'Litie lettre
''"pertes'-au change lors de rapatriements Ces considérations appellent, à noire a
avis, des réserves Elles n'en contiennent du directeur d'une des plus grosses mai-
'ultérieurs. sons, de Saigon, à laquelle iJ avait demandé
Par ailleurs, on ne saurait songer à ré- pas moins une part de vérité et de pratique.
de représenter.son produit. Le directeur
tablir entre la métropole et la colonie la
. Je'mis pari oui lui répondit à peu près en ces termes "-
barrière d'un change prohibitif. Restons fidèles franc « Nous nous en chargerions volontiers,
Que l'or spit, .en principe, préférable à au maisil faudrait vendre au comptant, ce qui
l'argent comme étalon monétaire, je ne le Restons liés à'l'a France... et au franc. restreint énormément Ta clientèle. Quant
discute pas, ' mais ilêsf avéré que la mon- C'est là condition absolue de l'indépetidan- à vendre à crédit c'est impossible, car par-
naie unique ne peut donner de bons résul- ce des entreprises' indochinoises, de la , tout le mot. d'ordre a été donné par. les dé-
tats dans ce pays. mise en valeur totale de l'Indochine, de stabilisateurs : ce,Ne,payez,pas vos'.dettes ».
Un fait domine la question . l'Indochine la création (le ces réserves, qui nous per- Dans ces conditions il serait vraiment
-est accrochée au liane de l'immense Chine mettront, cette crise passée,d aborder plus Irop' imprudent de consentir du crédit.
elle en ressentTïniluénce. vaillamment les crises que nous promet Ce commerçant a raison. Vendre à cré-
A\u carrefour de deux inondes, en rela- encore sous des formes encore ignorées, dit c'est s'exposer à être obligé; de pour-
tions "étroites avec l'Occident que régit l'avenir. suivre à grands (Vais le débiteur en justi-
l'or et la République du milieu où l'argent La déflation est bien fâcheuse Corri- ce. Et là de deux choses l'une : pu le tri-
•est maître, force lui est bien de tenir geons-la par des apports de capitaux bunal accordera au débiteur un moratoire
•compte de cette situation toute spéciale. » francs. C'esl-là qu'est le salut. Et si nous d'un an o.u plus, ou il prononcera un juge-
* voulons les-attirer et les garder, trêve au ment en faveur du créancier. Et alors,
Ce
* *
.paraissez, reprocher défaitisme colonial, trêve au défaitisme ri- si celui-ci exécute son jugement le Gou-
« que vous au zicole.
système de la double monnaie que je'pr'é- vernement de Cochinchine prendra contre
<i'oh"isë'pour l'Indochine, c'est sa nouveauté. Tous ces défaitismes sont injustes, ab- lui un arrêté d'expulsion. Et sil'avoçat du
' malheureux' créancier proteste, le Gou-
En fait, il a existéici jusqu'en mai 1930. surdes ... et dangereux.
En effet, sous le régime" de la piastre ar- JULES HAÂG verneur Général le poursuivra pour crime
gent, lès soldes des fonctionnaires euro- l'Opinion de lèse-majesté.
péens, les marchés administratifs avec des N.D.LR —Malheureusement la piastre- Dans ces conditions' mieux vaut s'abste-
fournisseurs français, étaient décomptes en or n'est plus brevetée que SiG.D.G. Elle nir des affaires que de faire crédit.

! La lotir" tlè Binh-Sbn de pures inventions ries scribes chinois courses en empruntent les anciens rem-
La région située aux environs du ds l'époque dès Tang. parts. C'était « Bai-la-thàhh », à l'em-
Le premier empereur de la dynastie placement du siège de la commanderie
confluent de la Rivière Claire et du chinoise de t Giao cbï ».
Fleuve Rouge est plusieurs fois citée des Li antérieurs (541-602) eut à dispu-
dans les annales et l'histoire du pays ter le jeune royaume d'Annam aux géné- Ea 545, Li-Bi, ce premier souverain
dÀnnam. Ainsi, près du village de raux chinois qui considéraient ce pays du royaume, fut battu et s'installa pour
Bach-hac s'élève un temple dédié à la comme .vassal. L'emplacement de la quelques mois sur le site qui nous inté-
mémoire de la famille du dernier souve- première capitale, «Long-bien», entre resse aujourd'hui au confluent de la
rain de la dynastie des Hbng-bàng. Cette le Canal des Rapides et 8âc Ninh n'est Rivière Claire et du Fleuve Rouge.
dynastie, qui aurait duré vingt-six siè- pas encore exactement déterminé. Le On retrouverait d'ailleurs dans l'his-
cles, pour s'éteindre en 258 avant J.-C, site de la seconde capitale est, par con- toire annamite d'autres faits qui appuie-
est d'ailleurs purement légendaire. Son tre, bien connu des Hanoïens; la digue raient l'importance de cette région. Par
royaume, le Vân-lang, son histoire, Parreau et la route circulaire qui con- contre aucun vestige important n'y
•comme ses limites géographiques sont tournent la plaine où est le champ de avait été relevé.
14 L'EVEIL DE L'INDOCHINE

Il y a quelques .mois, le Résident de ciser la destination. D'un seul coupj la Service archéologique;ont étendu nos
^France à Vînh-yên M. Lotzer signalait à découverte de la toar de Binh-san situé, connaissances sur ces vestiges de*lâ(pè-
l'Ecole Française d'Extrême-Orient sur le monument eh place, la position riode chinoise du pays annamite. Ces
l'existence d'une tour dans une pagode de la plupart de ces motifs. nouveaux tombeaux sont situés sur le
à Binh-san à 15 km. au Nord de Bach- Bai-la-thành était déjà datée par l'his- territoire du village de Lac-Y an Sud du
hac; cette tour, ajoutait M. Lotzer, pré- toire du pays d'Annam. Mais, ce qui ren- lac de Vinh-yên. L'active Société de Géo-
sentait des motifs décoratifs a qui ne force singulièrement la certitude de la graphie de Hanoï n'a d'ailleurs pas man-
paraissaient pas d'origine annamite » ... haute époque de celte classe de monu- qué d y organiser la 8 conférence pro-
Les tours-stupas (auxquelles étymo- ments, c'est la confrontation des diffé- menade » traditionnelle.
logiquement, lé nom de pagode devrait rents décors avec ceux d'un traité d'ar- Quatre tumuli ont été jusqu'à ce jour
être exclusivement réservé) sent en réa- chitecture datant de l'époque des Song, éventres. Le premier a donné lé càvéan
lité assez fréquentes dans les environs OU de 1100 exactement,
par Li Ming- habi'uel avec la chapelle, une petite
des bODzeries annamites. Il en existe aux tchong. Or cet auteur chinois précise chambre à l'Est et une sorte de vestibu-
environs même de Ilancï, à Liên-phâi qu il a fait celte méthode pour fixer les le. Ce tombeau était caractérisé par la
ou à Bùt-thâp par exemple. C'est une modèles anciens de l'architecture, « afin Construction particulièrement soignée
forme chinoise du reliquaire indien, for- que soient observés les rites ». et bien conservée de sa voûtèj CeUe-ci
me dont la tour de porcelaine deNankin Presque tous les éléments décoratifs ainsi que les arcs des nervures affectent
est un exemple connu de tous. de la tour de Binh-son se retrouvent la forme, ogivale. Caveau et salles an-
Mais les premières photographies de dans les images de ce traité : les fleurs nexes sont dallés au moyen d'une rangée
la tour de Binh-son révélèrent un mo- de lotus de la base, si grassement mo- de briques posées à plaL parfois double.
nument de qualité exceptionnelle. delées, le dragon vermiculaire sur un Aucun Vestige important n'y fut trouvé.
Une petite expédition y fut organisée, carreau encadré ; les consoles en forme Le second tombeau rappelait par son
rendue facile giâce à l'amabililé de M. de « pipe », traduction directe en terre plan celui de Nghi-vê (province de Bac-
Lotzer que nous sommes heureux de re- cuite d'éléments decoestructiou en bois ; ninb) reconnu autrefois par MM. Par-
mercier ici (1). Notons que la réfection les motifs en coeur renversé ayant le mentier et Goloubew. Il se compose de
de quatre bu cinq ponts sur ruisseaux charme de broderies et toujours de des- trois caveaux parallèles réunis par une
secondaires suffirait pour que l'on puis- sins différents, etc.. galerie transversale au Sud. A chaque
se se rendre à Binh-scn en auto, en Aux étages les carreaux figurent des intersection une voûte en « arc de cloî-
deux heures, de Hanoï. Actuellement, tre » s'élève au-dessus des arcs doû-
petites tours-slupas et encadrent des ni-
en sampan, de Bach-hac,il faut compter ches axiales. Actuellement celle du corps bleaux des baies de communication.
près de douze heures de trajet. Ces voûtes étaient coupées au sommet
La tour de Binh-san mesurait envi- inférieur, à l'Ouest, communique avec
une sorte de cheminée centrale, ouverte par un plan horizontal réalisé au moyen
ron 15 m. de haut. Elle comportait, dans le haut par le fait de la destruction d'un groupe de briques parallèles for-
sur plan carré, onze étages au-dessus de l'étage supérieur. Les officiants de la mant clef. Chaque salle était précédée
d'un corps reposant sur la fleur de lo- Sud d'un vestibule clos par un mur
pagode voisine y brûlent les papiers vo- au
tus rituelle. Le tout est levéj sur un tifs, monnaies figurées ou personnages appuyé contre lui à l'extérieur. Dans
soubassement de près de 2 m* 50 de l'axe du caveau central en particu-
haut, ayant 3 m. 50 de large. Sa lar- porteurs de voeux aux génies invoqués.
n'est Ainsi celte tour, construite sans doute lier ce mur révèle, par sa construction
geur au sommet plus que de 1 m. 50 qu'il a été construit à l'extérieur, après
environ. au VIIIe ou au IXe siècle de notre ère coup, comme un contrefort. C'est sans
Mais ce qui la caractérise et la classe comme reliquaire bouddhique, sert en- doute par laque le dernier officiant s'est
comme le plus ancien monument ac- core de nos jours de pieux intermédiai- retiré, avant que la tombe ne soit défi-
tuellement debout an Torkin, (à re aux croyants faisant appel à la pitié
part nitivement close. La salle de l'Ouest était
les nombreux tombeaux chinois enseve- des forces mystérieuses du ciel. Pour remplie de jusqu'au
c'est terre presque som-
lis sous des tumuli) le décor nous, profanes, elle est un joyau de
dont
met de la voûte.
elle est revêtue; Les motifs qui l'ornent plus au trésor archéologique de ce pays,
Dans les deux autres caveaux la cou-
ont été admirablement modelés, par des et non des moindres. Quand ce ne se- che déterre variait entre 0,20 c/m et un
artistes talentueux, dans de la terre qui rait qu'à ce titre, l'Ecole Française d'Ex- d'épaisseur. De nombreux débris
tiême-Orient en prendra le soin qu'elle mètre
fut cuite ensuite. Ces motifs sont étroi- de vases ou poteries ont été mis au jour
tements apparentés à ceux, de même mérite. de l'enlèvement de cette terre.
destination, provenant de Bai-la thành, au cours
Citons notamment une réduction de mai-
au champ de Courses de Hantï. Mal- Les tombeaux chinois de L,ac Y. son à pavillons semblable à celle prove-
heureusement ces derniers ne sont que Province de Vlnh Yen nant de Nghi-vê exposée au Musée Louis
morceaux, débris et tessons où surgis- -
Finot ; un fragment de modèle de four
sent des formes et des décors. Jusqu'à Le Bulletin de l'Ecole Française d Ex- de cuisine et de nombreux débris de
ce jour il avait été difficile d'en pré- trême-Orient a publié de nombreuses vases et de pots avec décor à im'r/iïes£ions
(1) Cette « promenade » comprenait, en notes ou articles concernant les tom- géométriques. Plusieurs de ces poteries,
..outre,du signataire de ces lignçs, M. MA- beaux chinois. Ceux ci sont dissimulés portaient les « gouttes, de couverte » de
'UKOUJE,. l'auteur des fameux guides sur sous des tumuli et se rencontrent fré- couleur, verte foncée fréquente sur les.
l'Extrême-Orient qui ajoutait ainsi à sa quemment au Tonkin aussi bien qu'en poteries funéraires indochinoises rie l'é-
•documentation déjà si complète. M. MAS- Âni Han:
des Archives, dont l'activité à la So- am. poque i
SON
ciété de, Géographie et aux Amis du Vieux Leur découverte et leur fouille n'est Le troisième et le quatrième tumuli
Hanoï est bien connue. M. MEKCIÈR, char- donc pas une nouveauté. Cependant des fouillés étaient à caveau unique. L'un
gé des travaux pratiques à l'Ecole Fran- recherches récentes entreprises par le d'eux était presque complètement écrou-
çaise et M. MANIKUS le sympathique ci- lé sous la poussée dès terres. Ils
.néaste à qui est maintenant, confiée la sec- (1) Une édition photolithographiqueda-
photographique de la même institu- tant de 1920 existe à la bibliothèque de contenaient néanmoins tous deux de
tion
tion. l'E.F.E.O. nombreuses jarres et même des frag-
L'KVEIL DE L'INDOCHINE 15

ments de bronzé, coupelles ou couver- tombes aussi bien en Chine qu'au Ton- était placé sur deux murets formant
cles de pots. Le dernier caveau est par- kin, c'est que jamais les restes du défunt socle.
ticulièrement intéressant par le disposi- n'ont été reconnus. Comme il est per- Dans le troisième tombeau de Lac-Y
tif de sa porte située au Sud, avec un mis de supposer que dans le mobilier deux petits murs peuvent avoir eu cette
véritable mur de façade et au Nord une funéraire enseveli avec le cercueil il y destination. Le squelette avait d'ailleurs
sorte de fenêtre d'aération ménagée dans avait également des objets en bois, meu- toujours complètement disparu, mais à
le mur. ; Elle a été trouvée obturée bles, chars, etc., et qu'on n'a jamais 1 emplacement de la bouche, de la poi-

d'une brique simplement posée con- rien trouvé de semblable, il est facile trine, de l'abdomen, la monnaie rituelle,
tre elle, qui empêchait les terres dé fil- de conclure que seuls les bronzes et les le pectoral, la boucle de ceinture, des
trer dans le caveau. Peut-être peut-on poteries bien cuits ont résisté aux objets divers de bronze ou de jade mon-
rapprocher ce dispositif de l'habitude de agents destructeurs. traient que la sépulture n'avait pas été
figurer la porte entrouverte pour le « pas- ^Cadavre, cercueil et objets périssables violée.
sage de l'esprit » souvent rencontrée ont néanmoins existé dans ces tombes. Ces tombes, avec leur mobilier rituel
dans les tombeaux de la même époque Les ouvertures crevant la voûte sont le étaient, de véritables demeures bâties
du Tcheng tcheou et du Lo-yang dans fait de pillards et d'ailleurs insuffisantes pour la vie de l'esprit du défunt dans
lé Ho-nàn. et trop irrégulières pour que Ion ait pu l'au-delà. La fréquence a sec laquelle
Le Contenu de ces tombes, (que l'on extraire par là les vestiges du défunt on les rencontre au Tonkin prouve que
a la coutume d'appeler « mobilier funé dans une cérémonie officielle. le moindre petit mandarin avait la sien-
raire ») était dans la région que nous Cependant, en Corée* les tombeaux ne. Espérons que le hasard des trou-
Venons de citer ainsi composé : cinq chinois de même époque, fouillés mé- vailles nous permettra un jour de trou-
grandes urnes à grains destinées aux thodiquement par une mission scienti- ver la crypte d'un grand chef. Notre bon-
espèces de semences prescrites par les fique japonaise ont permis de retrouver heur sera complet si nous la découvrons
rituels ; trois vases en forme de pot ré- des traces du cercueil. L'architecture vierge de toute fouille intempestive de
servés aux différentes sortes de viandes de ces tombes se rapproche plus de cel- pillards de sépultures. Ce n'est malheu-
et, en outre du fourneau de cuisine, dif- le des vestiges tonkinois que de ceux reusement pas le cas pour toutes celles
férents autres pots, trépieds, vaisselles. de la Chine centrale. On y rencontre la qui ont été reconnues jusqu'ici par l'E-
Nos deux derniers caveaux de Lac-Y même brique à décor géométrique sur cole Française d'Exlrême-Orient, sauf
ont donné ce mobilier rituel complet la tranche, les mêmes claveaux montés parfois au Thanh-Hoa.
sauf, toutefois, les trépieds. en biseau, les mêmes dispositions de
Ce qui caractérise la fouille de ces salles, aux dimensions près. Le cercueil JEAN YVES CLAEYS

Ce qui paraît curieux, difficilement haut notre colonie, la déclarent terre- s'emploie, en ce moment, à former con-
explicable, c'est qu'en France on ne chinoise ? Ces toukiun ont des armées, tre Nankin une fédération des provinces
consulte jamais les hommes qui ont une c'est vrai, mais elles ne semblent bonnes du sud et de l'ouest. De même, dans le
expérience spéciale de tel ou tel pays, que pour la guerre civile: ce ne sont nord, il s'organise une autre fédération
de tel ou tel problème qui peut être très que des bandes, des grandes Compa- prête à se rallier au Mandchoukouo.
complexe s'il affecte des peuples fort gnies. On vient de voir avec quelle rapi- Donc, pas ombre d'unité en Chine, mê-
différents de nous psychiquement com- dité les Japonais les ont culbutées dans me devant le péril extérieur. Il n'y a
me l'Asiatique, par exemple. Non seu- le Jehol: elles ont été littéralement ba- plus d'Etat, mais seulement une féoda-
lement on néglige, même à une heure layées. lité. Point d'dme collective dans ce grand
critique, de faire appel à une expérien- Et cependant elles comptaient, d'a- pays, point d'rîme nationale. Quant à la
ce si utile, mais on en veut souvent à près la presse de Chine, 250.000 hom- génération qui vient, celle des grandes
ces hommes d'exprimer leur opinion mes au moins et elles occupaient un écoles, elle s'affiche bolchevisante et
dans la presse quand elle vient à ren- massif montagneux avec d'étroits et violemment xénophobe Serait-ce donc

contre des mystiques à la mode, de celles longs couloirs des plus propices à toute elle qui préparerait le règne de la paix
surtout qui ont une valeur électorale.Les défensive. Quand même, cette armée n'a dans la fraternité des peuples et mettrait
pacifistes anglais ont aussi décrété que tenu nulle part, a fui éperdue devant fin au chaos,à la misère et aux hécatom-
mon livre, La Crise mondiale, ne serait l'attaque. Il est vrai que des généraux — bes actuelles en Chine ? Or, c'est cette
pas publié en anglais: il met trop en re- il y en a tant maintenant en Chine, sans masse anarchique, déliquescente qu'est
lief leurs erreurs.Voilà où nous en som- compter les maréchaux promus par la Jeune-Chine, que la S.D.N. offre en
mes : et l'on s'étonne des graves fautes eux-mêmes — ont fait défection, se sont exemple, puisque, dans le verdict, elle
commises aussi bien en ce qui concerne laissé acheter. D'ailleurs, pour qui se déclare sans rire que les toukiun n'ont
le Japon que l'Allemagne. En ce qui re- battent-ils ? Pour le peuple chinois ? aucune responsabilité dans le conflit
garde le Japon, des Français avertis et pour la patrie chinoise ? Mais leur pa- présent avec le Japon. Etonnez-vous que
réalistes se seraient bien gardés de pren- trie, c'est leur fief, la région qu'ils ex- le peuple chinois, celui qui travaille et
dre parti contre le Japon, même en droit ploitent. Et s'ils se battent sérieusement, souffre, pousse le « han inen », « crie à
rigoureux. D'nn autre côté, en cette pé- c'est pour la conservation de ce fief, ou l'injustice » de la S. D. N. qui se refuse,
riode trouble, il est prudent de songer à la conquête d'un meilleur, d'un plus une fois de plus, à prendre en pitié sa
l'avenir. Le jour, par exemple, où l'In- riche. Le Jehol n'intéresserait en rien détresse. C'est donc une énorme masse
dochine serait menacée, est-ce sur le Tchang Sué Liang s'il ne|rapportait gros humaine qui, ajourd'hui, maudit la So-
Guatemala, le Honduras ou la Républi- par la vente de l'opium. Les principaux ciété des Nations et les grands peuples
que d'Haïti que nous devrons compter toukiun ont sans doute crié très haut d'Europe. Et c'est ainsi que la S. D. N.
pour une aide efficace ? Est-ce aussi sur leur patriotisme, mais uniquement pour travaille pour la paix !
le toukiun de Nankin et autres féodaux la question de « face » : ils conservent
de Chine que nous pourrons nous ap- leurs reitres pour leur propre sauvegar- 1> A. LEGENDlUi
Figaro
puyer, eux qui revendiquent déjà très de. Le toukiun de Canton, par exemple,
1(5 L'EVEIL OE L'INDOCHINE

On soignera le malade quand il destination. Ce système était simple et Un nouveau confrère


équitable.
sera mort Mais au ministère des colonies un beau Un autre confrère : L'ERE NOUVELLE
décida à Commis- D'ANNAM,organebi-hebdomadaire des Ami-
La rizière cochinchinoise a versé au Bud- jour on de confier une tiés franco-annamites, Administration 13
titre à iJex- sion spéciale le soin de répartir ces sub-
RUE DU SONG TO LICIT à Hanoï ; le gérant
get général, au seul de la taxé disposition
portalion,720.000.000 de francs en vingt ventions mises en blanc à la
ans. E.R.Michel.
De ce total rien ou presque rien n'a été du département et l'on donna la présiden- colonial Pro-nationaliste, L'EUE NOUVELLE D'AN-
dépensé à son profit. Mais si l'on examine ce de cette commission non à un
Lacroix, NAM demande le retour stricte aux termes
les budgets successifs on constate qu'il a averti, mais à l'ëminent professeur l'Académie des du traité de 1884, en laissant AUX DIRI-
été investi dans période de vingt secrétaire général de
cette ans GEANTS NORMAUX DU PAYS le soin de le diri-
plus de 500.000.000de francs dans l'Hydrau- Sciences. ger. « LE FONCTIONNAIRE FRANÇAIS NE DOIT
lique agricole du Tonkin et de l'Annam. Cette Commission, dit M. Outrey, a fonc- QU'EXCEPTIONNELLEMENT L'AUTORI-
Les dépenses ont été engagées follement, tionné pendant un certain temps, mais « AVOIR
président, a, depuis deux ans, négligé « TÉ. IL DOIT AIDER, SECONDER, CONSEILLER
sans réflexion. Les irrigations de la pro- son
haut fonc- « AVEC UNE INTENTION AMICALE TRÈS NETTE»,
vince de Thanh-lloa ont représenté une de la réunir. C'est, paraît-il, unqui, repré- Relisez le traité de 1884, la correspon-
dépense dé 107 ;> 00 a l'hectare à la char- tionnaire de la rue Oudinot assemblée, dance diplomatique qui l'a précédé et
du budget... sentant à lui seul cette est
ge suivi, Confrère, et vous conviendrez que
L'hectare qui antérieurement à l'exécu- chargé du soin d'opérer cette répartition. le traité de 1884 n'est pas tout à fait ce que
.

tion des travaux se vendait 5 $ 00 a atteint Et le député de Gochinchine ajoute :


cho- vous voudriez qu'il fut.
le prix de 250 $ 00 — Les propriétaires « Si le ministre connaît cet état de Maintenant, comme nous aimons peu
ont donc eu un bénéfice de 245 $00 à is ses il est bien regrettable pour le bon l'anonymat, nous espérons que dans le pro-
l'unité de superficie. « renom de son administration qu'il le to- chain numéro de votre journal, vous ferez
Les riziculteurs cochinchinois en s'en- « 1ère, il est donc à souhaiter que désor- connaître le nom des DIRIGEANTS NORMAUX
dettant ont ainsi enrichi leurs frères du « mais la répartition des subventions des DÛ PAYS devant remplacer le Gouverneur
Tonkin et de l'Annam. Ils n'en éprouvent « colonies soit faite régulièrement,, par la général et les fonctionnaires français, de
aucune rancoeur, mais aujourd'hui qu'ils « Commission qui a été créée à cet effet venus simples conseillers, comme à la Cour
connaissent la misère, ils demandent à la « et non suivant le bon plaisir d'un fonc- du Siam, probablement.
collectivité indochinoise de les aider. « tionnaire ». Nous avons déjà le Gouvernement mo-
Il suffirait de 200.000.000 de francs pour Notre confrère, avec beaucoup de bon derne de M. Pham Quynh, agité par son
les remettre à flots. Ce n'est pas un cadeau sens suggère, lui, que les colonies gardent Conseiller français Marty, directeur des
qu'ils demandent mais simplement du cré- leur argent plutôt que de le distribuer à Affaires indigènes et politiques au Gouver-
dit. Cette somme ils la rembourseront des groupements dont beaucoup ne leur nement général. Pham Quynh a lâché le
en quinze ans tout en continuant à alimen- sont d'aucune utilité. NAM PHONG pour la place de premier mi-
ter Je Budget général. Malheureusement notre confrère ne se- nistre du gouvernement annamite monar-
Les laisser sans appui serait non seule- suivi subventions, dont chiste de S.M. Bao-Dai.
ment une injustice. ra pas car ces
Nous souhaitons longue vie et prospé-
M. Sarraut connaît fort bien l'histoire et
Ce serait encore une lourde maladresse. qu'il fait distribuer à rité à L'ERE NOUVELLE D'ANNAM.
ses amis, sont très
L'Opinion de Saigon utiles pour conserver sa clientèle à la H. Tirard du Golov Fmnçuis
GENS SARRALTA. Et ce n'est pas M. Pasquier
N.D.L.R. — Voilà bientôt deux ans qu'il
qui se permettra de couper ce subside, Le sort de l'exportation française
est question de venir en aide à la rizicul- plus les autres subsides dont la lié au sort de la riziculture
pas que
ture cochinchinoise par le prêt à long ter- colonie l'ait les frais,
car en fortifiant la si- cochinchinoise
me, plus d'un an que cette institution est tuation de la gens Sarralta, il fortifie la
théoriquement créée, et plus de trois mois Et la politique colo- Il existe au moins un excellent moyen
qu'elle est prête à fonctionner. sienne propre. toute
niale est là. de faire avorter les projets saugrenus de
Pourquoi ne l'onctionne-t-elle pas ? M. Queuille : si l'Indochine est fournisseur
On voudrait,croyons-nous, laisser à cer- de la France, elle en est aussi sa cliente.
tains moribonds que rien ne peut sauver Le Paon et le Renard Or il est évident que moins elle lui vendra
le temps de mourir, pour n'avoir pas le de riz, moins elle pourra lui acheter de
chagrin de leur refuser ; on voudrait aussi L'ANNAM NOUVEAU, dans son numéro du produits manufacturés. Il suffira de signa-
que les riziculteurs cochinchinois soient jeudi 18 mai 1930, ( «» 238) publie une let- ler ce fait à quelques groupements indus-
tous préalablement imprégnés de la for- tre d'Annam, avec titre : « PETITS A CÔTÉ triels et aux Chambres de commerce poul-
mule : Aide-toi le Ciel cfaidera. D'UNE GRANDE AFFAIRE » A utour de l'évé- ies voir prendre en mains la cause de l'In-
Mon Dieu, il y a du bon dans le régime nement historique du 2 Mai. —
dochine.
de la diète appliqué dans les hôpitaux Lé signataire Linh Nhan en serait notre LE GAG
militaires à tout nouvel entrant avant tout très sympathique Gouverneur général Le Courrier d'Haïphonif
autre traitement.Toutefois nous ne l'avons Pierre Pasquier, l'auteur de I'ASNAM N.D.L.R. — Ça c'est certain. C'est grâce
jamais vu appliquer à une jambe cassée ou D'AUTREFOIS le créateur de L'ÈRE «
», « NOU- à cet argument que les vignerons de l'A-
à une balle dans je bras ou à un oeil crevé VELLE » en Annam, que nous n'en serions frique du Nord ont obtenu que l'Industrie
plus de quelques jours. surpris à moins que ce soil l'émi-
pas et la Presse du Nord de la France s'allient
Les docteurs Pasquier, Diethelm et de nence grife,...Marty, celui qui tire les ficel- à eux pour lutter contre les prétentions ;

Feyssal ne craignent-ils pas qu'un trop les de tous les pantins politiques d'Annam des vignerons de l'Hérault.' Or ces gros
grand nombre de leurs malades ne meu- depuis bientôt vingt années. propriétaires de vignobles, pour pouvoir
rent de faim ? Pour les Jeunes, tous ces « BOBARDS » inonder sans concurrence possible la Fran-
peuvent prendre consistance ; mais pour ce de leur imbuvable vinasse, s'étaient ;
La propagande coloniale les « VIEILLES COLONNES DE L'EMPIRE », faits socialistes et avaient enrôlé toutes les
en France que nous sommes, le jeu d'adresse et de grandes gueules du Socialisme au service
rusé si cher à Albert Sarraut, est du ré- de leurs intérêts.
Dans le COURRIER DE SAIGON M. Ernest chauffé ! Et la cause des vignerons Nord-africains "
Outrey rappelle qu'à une certaine époque, et aussi des bons vins de France eût été
lés colonies voulant encourager et stimu- Nous engagerons vivement M. Marty à irrémédiablement perdue, si l'Afrique du
ler la propagande destinée à l'aire connaî- revoir : LA VIE LAUGÊ DES COLONIES de'A. Nord n'avait démontré qu'elle absorbait la
tre en France les ressources de noire em- Joyeux, avec préface de Jean Ajalbert, moitié des exportations françaises.
pire d'outre-mer, ont accordé à divers édile chez Maurice Bauche à Paris, à Alors non seulement nos industriels du
des subventions plus PETITE FABLE FRANCO-ANNAMITE : LE
groupements «
ou PAON Nord,
^ mais aussi les armateurs et le haut '
moins fortes, selon leur importance et ET LE RENARD ».
commerce marseillais ont pris fait et cause
leur inlluence sur le public de la métro- Attendons les événements qui vont sui- pour le vin de l'Afrique du Nord... servant
pole. Ces subventions inscrites au budget vre. en cela les vrais intérêts de l'Hérault dont
de chaque colonie avec une attribution HENRI TIRAHD la vinasse n'est buvable que mélangée aux
précise ne risquaient pas de changer de Colon FrançaiH bons crus africains.
L'EVEIL DE L'INDOCHINE 17

Nous sommes persuadé que la Presse ce peuvent protester et reprotester, le


< « L'éducation donnée à S. M. Bao-Dai
du département du Nord, où nous comp- Gouvernement
( général s'en îîche et s'en « marque la
troisième étape de cette poli-
tons de bons amis, entreprendrait volon- contre-fiche car il sait bien qu'il n'a rien
< ce tique. Il était évident que le jeune sou-
tiers une campagne susceptible de profiter ià craindre de
ces timides bêlements. ci verain reviendrait
à Huê avec des idées
à la fois à l'industrie du Nord et à la rizi- « qui ne lui permettraient pas de
colla-
culture indochinoise. A Hué. Ecce novus narcitur ordo. « borer très longtemps avec des hommes
« dont on ne saurait nier ni l'intelligence,
Pas de liberté Notre excellent confrère FRANCE AN- « ni le dévouement au souverain et
à
de la Presse au Tonkin NAM écrit au sujet du coup d'Etat du 2 « l'Etat, mais qui n'avaient jamais approu-
mai : « vé la politique poursuivie en Annam et
MICHEL a voulu aborder le Gouverneur
« ne s'y associaient qu'à contre-coeur. L'é-
général PIERRE PASQUIER, seul ; il nous « C'est un coup d'état exécuté avec l'as- était donc inélucta-
sentiment et à la grande satisfaction de cc vénement du 2 mai
demande, maintenant, de faire campagne cc
« ble.
avec lui contre le décret VARENNE. J'es- ce tout le monde. Par cet acte qui décon-
time que cette campagne sera inopérante. cc certe autant qu'il réjouit, S. M. Bao-Dai « On comprend que-cette rupture avec
Depuis la parution de ce décret en 1927 « se révèle avec une forte et clairvoyan- « le passé puisse provoquer des regrets, en
et au Congrès de la Presse coloniale à Pa- te te volonté qui tend uniquement vers le « particulier chez les bénéficiaires de l'é-.
ris en octobre 1931,'j'ai lutté, seul, pour ce
bonheur de son peuple. Finis désormais « tat de choses qui existait hier. Mais une
la liberté de la Presse en Indochine. « le gérontisme, le formalisme, le tradi- observation s'impose: en Indochine le
PIERRE PASQUIER n'a pas demandé l'ap- « tionalistne outrancier, en un mot toutes ce sort
de la population indigène s'est amé-
plication du décret, je dois le reconnaître et ce ces exagérations qui sont les véritables « lioré dans la mesure même où la ruptu-
l'ai reconnu déjà ; mais comme je l'ai écrit « causes île la stagnation du gouverne- « re avec le passé a été plus complète.
l'autre jour: ce décret demeure une arme « ment ; finies désormais les pratiques su- « Des événements récents ont montré à
contre la Presse, l'épée de Damoclès sus- « rannées qui sont autant de grains de sa- « quel point cette rupture était justiliée,car
pendue sur sa tète. .«
ble dans la machine administrative. « les troubles de 1930 et 1931 sont dus en
Si M. PIERRE PASQUIEH est si désireux « Le nouveau gouvernement issu de la ce
premier lieu à un mécontentementpro-
de la liberté de la Presse, de toute la pres- ce
journée historique du 2 mai, sera à mê- ie fond, provoqué par les méthodes de
se de langue française et annamite, avec la « me de comprendre les intentions et les « l'administration indigène. On en a fait
même juridiction qu'en France, pour quel- ce gestes du Protectorat, de lui apporter ce assez souvent la
démonstration pour n'a-
le raison n'a-t-il pas déjà demandé l'abro- « une collaboration loyale et efficace pour cc voir pas besoin de la
renouveler.
gation du décret VARENNE de 1927 et pro- ce son oeuvre de regénération nationale ». « Il nous paraît paradoxal qu'on puisse
posé aux Ministres et Président de la Ré- N.D.L.R.—Et voilà! Ce n'était pas plus « regretter de voir le souverain s'associer
publique un décret plus libéral ? difficile que cela.— Un ronllement d'avions, « à ce mouvement de rénovation, qui est
La Presse n'a pas à supplier. un Gouverneur général arrivant dans une « la raison et la justification de notre pré-
Elle a suffisamment réclamé ses droits, splendide auto. Un édit royal, un roulement ci sence.
Or l'ancien gouvernement était,
ses devoirs, ses responsabilités. de tambours et c'est fait. Toute une race ic par l'âge et la formation
intellectuelle de
Le Gouverneur général n'a qu'à agir. transformée, tout un atavisme anéanti, ce ses
membres, un organe de conserva-
Après tout, c'est un CONVENTIONNEL.... toute une civilisation remplacée par une « tion et de résistance aux nouveautés.
mais il y a, en France, le trio OUTREY-SAR- autre. Plus d'abus, l'âge d'or ! « Sa collaboration avec un souverain dont
RAuT-VAitENNiî, et ceux-là ne veulent pas Hum ! croit-on vraiment que les choses se « l'éducation a été menée en vue
de le
de la liberté de la Presse... pour cause. passent ainsi dans la vie, que la nature fait ce
préparer au rôle de réformateur ne pou-
HENRI ÏIRARD de ces bonds, et que le vieil Horace ra- « vait être que de courte durée. Les habi-
dotait quand il disait : FESTINA LENTER ? « tudes prises pendant la Régence s'op-
L'office d achat qu'est l'Agindo Nous disons en irançais : Le génie est une ce
posaient d'ailleurs à ce que le roi exer-
longue patience. ce çàt une action
personnelle. Les change-
Malgré les protestations réitérées de Le génie politique aussi. Ce n'est pas ce ments survenus
étaient donc inévita-
toutes les Chambres de commerce l'Ad- en un jour que les vieux abus disparais- « blés.
ministration fait ses achats dans la Métro- sent ou alors ils ne disparaissent que pour R. LE GAC.
pole par l'entremise de l'Agindo, sans pu- renaître peu après car les mauvaises tra-
blicité à la colonie. ditions ont la vie dure. N.D.L.R. — Si au lieu d'être signé R,
<
La Chambre de commerce de Haïphong Ce n'est pas un jour, c'est tous les jours Le Gac, cet article avait pour auteur quel-
sur un nouveau fait signalé par M. Au mont qu'il faut tuer un abus, comme une mau- que personne ayant des attaches avec l'Ad-
a protesté une fois de plus en ces termes : vaise herbe singulièrement vivace. Et il y ministration nous serions heureux d'enre-
«Ces achats concernant, dans la plupart a des défauts qui sont humains et de tous gistrer un aveu précieux quant aux ce évé-
des cas, des articles, marchandises ou ma- les temps et ne disparaissent jamais com- nements récents ».
tériel qui peuvent être livrés par les com- plètement. Car la vérité vraie si nettement indiquée :
merçants indochinois, se justifient d'autant Ce sont de longues années qu'il faudra troubles de 1930 et 1931 sont dûs en
« les
moins que le commerce local est toujours pour réformer l'Annam ; et nous ne se- premier lieu à un mécontentement pro-
en mesure de remettre des conditions aus- rions pas étonné si d'ici peu l'on s'aperce- fond, provoqué par les méthodes de l'Ad-
si avantageuses que celles obtenues des vait que tel ou tel abus s'est sournoise- ministration indigène », cette vérité qui
fournisseurs de la Métropole, si l'Adminis- ment rétabli sous une autre forme. « Chas- aurait pu être complétée : du consente-
ce
tration tient compte des intérêts de l'ar- sez le naturel il revient au galop ». ment tacite et avec la complicité de l'Ad-
gent, frais de transport, frais divers et ris- ministration française » cette vérité est la
ques qu'elle supporte comme le commer- Le coup d'Etat de Huê vérité vraie, cette vérité que l'Administra-
çant. tion en Indochine et en France au minis-
D'un intéressant article du COURRIER tère repousse avec indignation.
« Notre Compagnie qui a déjà, maintes D'HAÏPHONG, signé R. le Gac mais sous le-
fois, protesté contre ces marchés conclus Ayant, lin 1930, été reçu en audience par
quel faute de signature nous aurions été M. Piétri, alors ministre des colonies, nous
en dehors et au détriment des maisons de tenté de mettre les initiales H. T. nous ex-
commerce locales, s'élève de nouveau con- crûmes devoir lui dire ce que dit ci-des-
tre ces procédés de nature à porter attein- trayons les passages suivants : sus notre confrère. « Non Monsieur, nous
te aux droits et intérêts des commerçants « Cette révolution de palais a été, il est dit M. Piétri, d'un Ion qui excluait toute
indochinois déjà très éprouvés par le ma- « vrai, préparée avec une discrétion exem- réplique, il n'y a eu qu'une cause à ces
rasme des affaires résultant de ia crise ce
plaire. Mais elle était inévitable. C'est la troubles, une cause unique : le bolchévis-
économique, et renouvelle le voeu présenté « suite normale d'une politique poursuivie me ». Et depuis cette époque les ministres
en 1925, en session du Conseil de Gou- « avec beaucoup de persévérance depuis successifs des colonies en France et les
vernement, par tous les présidents des ce un quart
de siècle par le gouvernement autorités supérieures en Indochine n'ont
corps élus, demandant que : « protecteur. Dès ce moment, en effet, cessé de maintenir la même affirmation.
L'Agence économique à Paris, secan- « l'éducation donnée au jeune roi Duy- Entrerions-nous dans la voie des aveux
« Tan montrait que le gouvernement fran-
ce
maintenant que l'on a trouvé de commodes
« tonnant strictement dans son rôle, d'in- entendait faire de lui un souverain
« çais boucs émissaires ?
« formation et d'agent de liaison entre le
« commerce local et le commerce métro- « moderne. On sait comment cette tenta- Et les journalistes qui ont des preuves
« politain, cesse d'être chargée de quel- « tive a tourné ; elle n'en a pas moins élé en main pourront-il les sortir sans risquer
«. faite.
Quelques années plus lard, la sup- les foudres du décret de 1927 supprimant
ce que opération
\
d'achat que ce soit pour
pression des concours triennaux mani- la liberté de la Presse, dont I'AMI nu I'EU-
« le compte de l'Administration ». cc

« lestait la volonté de transformer l'admi- PU<: nous rappelait ces jours derniers les
N.D.L.R. — Les Chambres de commer- « nistration annamite. dispositions '?
18 L'EVEIL DE L'INDOCHINE

Le Cinquantenaire du Commandant Riviè- Non seulement M. Masson nous fit con-


= Pour instruire le peuple de ses droits.—
re. — Lorsqu'on parlait autrefois d'un naître un Henri Rivière que nous connais- L'effroyable tyrannie que certains fonc-
archiviste bibliothécaire, aussitôt l'on se sions mal, lorsque nous ne l'avions pas tionnaires indigènes font peser sur la po-
ligurait un petit vieux de 25 ou 80 ans, oublié tout à fait, mais il ordonna au splen- pulation, provient surtout de l'ignorance
bien moisi, bien ratatiné, que l'on aperce- dide édifice qu'est Je nouveau musée de où celle-ci est de ses' droits, du fait même
vait le dos courbé dans un coin de la bi- s'écarter un instant et lit surgir devant qu'elle a des droits. Et Ja responsabilité en
bliothèque aux heures bien incommodes nous l'ancienne Maison de France, mais retombe largement sur l'Administration
où celle-ci était ouverte, prêt à rendre ser- avec des murs de cristal et derrière ces lrançaise qui, trop souvent, laisse faire,
vice aux chercheurs dune façon discrète et murs ses habitants et ses hôtes vivant les n'ayant elle-même aucun contact avec le
effacée, et parfaitement inconnu en dehors heures fiévreuses qui précédèrent et qui peuple et témoignant sa confiance aux
de ce petit cercle de rats de bibliothèques. suivirent la mort héroïque d'un Conqué- fonctionnaires indigènes qui la méritent
C'est à une toute autre école qu'appar- rant. le moins, car ce sont ceux-Jà qui savent se
tient M. Masson, à cette nouvelle école Et le magicien n'eût pas plus tôt ren- rendre Jes plus serviables, pour ne pas di-
qui sort de sa sacristie et descend sur la voyé les ombres aux Champs Elysées qu'un re se faire Jes plus plats.
place publique, appelant tous et chacun à tonnerre d'applaudissements tomba du Heureusement il y a par-ci par-là des
s'intéresser au passé, faisant revivre devant ciel ainsi que des larmes abondantes, sous administrateurs qui ne goûtent ni la flat-
eux, comme un incomparable film, les an- la forme d un de ces copieux orages que terie ni la platitude, et qui ne dédaignent
cêtres qu'on avait oubliés. nous apporte Je mois de Mai. pas de s'intéresser au petit peuple.
C'est pour nous faire proliter de ces nou- De ce nombre est M. le Résident de Baç-
velles méthodes, vivantes, entraînantes, Giang. Dans sa sollicitude pour les petits
que M. Boudet qui fut, lui, un créateur La Foire de Batavia ou Pasar Gambir ».
ce
M. Le Guénédal se montre même Tort in-
flans ce genre, en Indochine, a eu l'heu- —
Nous avons été heureux d'apprendre génieux.
reuse idée de faire venir de Rouen M. Mas- que M. Je Résident Supérieur Pages avait C'est ainsi que, pour faire comprendre
son, certainement l'un des plus distingués uécidé de faire participer le Tonkin au Pa- aux paysans ce qu'il ont à payer et rien
de cette nouvelle lignée d'archivistes, si sar Gambir, ou foire de Batavia, qui se de plus, il a fait placarder dans tous les
différente de l'ancienne. tiendra du 25 Août au 5 Septembre l93o. villages une affiche en très peu de mots
Dès le début M. Masson s'est révélé à La situation financière n'a pas permis mais illustrée de dessins très parlants.
Hanoï comme un évocateur de premier or- au Gouverneur générai d'y faire partici- Cette affiche indique les impôts à payer:
dre du passé, de ce passé qui vieillit si vi- per l'Indochine. Aussi bien est-ce le Ton- impôt personnel et première moitié de
te, dans ce pays de l'oubli. Se servant liin qui, de tous les pays de l'Union, est le l'impôt foncier le 51' mois ; seconde moitié
de cet excellent écran qu'est la Société de pJus intéressé à cette loire. U n'en est pas de l'impôt foncier le '10^ mois.
Géographie, il a fait déiiier devant nos moins regrettable que Je budget général Ceci est expliqué sans phrases, en cinq
yeux tout ce que pouvaient évoquer les lui ait relusé tout concours. ou six mots, en français, en annamite et
quelques vieilles pierres non encore dis-
parues de la Citadelle ; plus Lard, dans un
Le Tonkin se débrouillera donc tout
seul.
en chinois. '.*.-.:
Mais ce qui est surtout intéressant c'est
ouvrage magniiique, il nous a révélé que Ai. le Résident Supérieur s'est rendu que pour les illettrés les croquis suffisent.
Hanoï, à plus juste titre encore que Uuè, compte que quelques milliers de piastres Pour l'impôt personnel un homme qui
:
méritait que l'on s'intéressât à son passé. judicieusement dépensées à Java a cette tend sa carte et à côté, figurent dessinées
. De là
est née l'idée, chez quelques mem- occasion seront une utiJe dépense, il s'est
bres de la Société de Géographie, d'une adressé pour l'exécuLion à J homme qu'il
« Société des Amis du Vieux Hanoï ». fallait, M. Charles Crévost. EL c'est mada-
.

On sait que le Service des Archives a me Duport, la collaboratrice expérimentée


pour but de sauver de la moisissure et de M. crevost qui sera chargée d'aller ins-
des insectes et autres causes de destruc- taller, dans le vaste pavillon que l'on va
tion ou de disparition, ces liasses de cahiers construire pour le Tonkin au Pasar Gam-
et registres que chaque service, civil ou bir, une exposition qui aura été préalable-
militaire, de Ja province ou de Ja capitale, ment préparée au. musée Commercial
entassait sans ordre dans quelque grenier. avec soin ei méthode en collaboration avec
Mais nos jeunes archivistes ne sont pas les fabricants.
hommes à se contenter de manier le plu- C'était la meilleure manière de procé-
meau, ni même de mettre en ordre et de der.
classer. De cette poussière des morts ils Nous avons donc maintenant l'essen-
veulent faire renaître de Ja vie et recher- tiel, Je noyau, comme diraient Jes boJché-
cher dans ce passé, pour nous les présen- vistes, de notre représentation tonkinoise
ter sous leur forme la plus assimilable, à la Foire de Batavia, le strict nécessaire
les leçons de nos anciens. et, au besoin, suffisant.
Sous ce rapport M. Masson est un vrai Mais cefa ne doit pas nous suffire. 11 faut
magicien. que l'initiative privée,' se joignant à celJe
D'une pile d'informes, de poussiéreuses ne M. le Résident Supérieur, lasse à cette
paperasses, transférées des greniers de foire un éclatant succès.
l'Etat-Major à la table tournante des ar- .

chives, il a dès Je premier jour évoqué


l'ombre d'un homme qui n'était pas Prochains Départs.
oublié, certes, mais qui était mal connu. — Depuis quelques
semaines nous avons vu partir succes-
JJour la première l'ois l'ombre a parlé, et a sivement en congé LouLe une série d'admi-
répondu à toutes les questions que lui po- nistrateurs de grande valeur et l'on peut
sai L i habile magicien. se réjouir que ces absences, puisqu elles
Comment vous appelez-vous ?. — Henri sont nécessaires, coïncident avec la sai-
Rivière. son morte. Aujourd'hui ce sont deux gros
Voudriez-vous vous l'aire connaître à travailleurs, M. et Madame Gamichon, qui
nous sous votre vrai jour? - Avec plai- s'en vont prendre, après six ans de séjour
sir, cher Monsieur, prenez votre stylo et ininterrompu, un congé bien mérité. Tau-
écri vez dis qu'aux Finances M. l'Administrateur
Et sous la dictée d'Henri Rivière M. Gamichon, bras droit de M. Diethelm, ren-
Masson écrivit le magnifiquediscours qu'il dait à ce dernier les plus signalés services
prononça à Hanoi le 19 Mai dernier à à une époque si difficile, au lycée Madame
l'inauguration de la plaque insérée dans Gamichon enseignait les mathématiques
le soubassement du Musée archéologique avec un don d'exposition te), ejue son départ
pour indiquer l'emplacement de l'Ancien sera vivement regretté par les élèves et
Consulat de France. leurs familles. - > .:.-...«-
L'EVEIL DE L'INDOCHINE 19

deux piastres avec le millésime 1931. il n'y avait pas encore le chemin de fer, Ce n'est d'ailleurs pas la première fois
Pour l'impôt foncier, un carré vert re- pour un service postal trois fois par se- que ce miracle se produit, toujours à la
présentant un « mau » de rizière et, à cô- maine. Mais continuer cette subvention et douane. Chacun se souvient d'un cas beau-
té sont dessinées quatre pièces de 20 sous, faire transporter la poste par ce moyen coup plus frappant car le revenant était de
une de dix sous et huit de un sou, soit un après là mise en exploitation de la voie son vivant bien connu. C'était en effet no-
impôt de:0& 98. ferrée^ alors que celle-ci est à sa disposa tre ancien confrère Laumonnier, fondateur
Voilà une très heureuse idée que le Pro- tiôn pour un transport GRATUIT et quoti- de FRANCE-INDOCHINE et débitant gé-
« »
tectorat devrait bien emprunter à M. Le dien, voilà qui témoigne qu'il n'y a pas néral des alcools pour la province de Thaï-
Guénédal et appliquer dans tout le Tonkin. qu-à Elsenëùr qu'il y a quelque chose de Binh. Plusieurs années après mort il â
Nous ne croyons pas qu'elle soit brevetée. pourri et qu'à là Poste au moins, autant continué à assurer sa
ces fructueuses mais
Une affiche semblable devrait être com- qu'à la Cour de Hué^ il y aurait lieu de
assez délicates fonctions, qui .exigeaient
posée, et placée bien en Vue dans tous les rajeunir les cadres. des relations constantes avec les hauts fonc-
bureaux de postéj pour les affranchisse- tionnaires des douanes.
ments qui intéressent le hhà-que. La vente du riz a Saigon et à Hongkong Finalement l'âme de Laumonnier put
d'après l'ARIP — L'ARIP du 20 Mai enfin jouir du repos éternel quand Mes^-
donné comme Valeur du riz blanc n° 1 à sieurs Tissot et Babut lui succédèrent.
A u Cambodge. Si l'auto complétait le rail ?. Hongkong-.6 $03 le pieul soit 10 $05 les Mais n'est-ce pas tout de même un phé^
**—Depuis qu'a été décidée la construc- cent kilogs. en dollars de Hongkong, le- nomène très curieux, bien à enra-
tion de la ligne du Cambodge au-delà de quel valait ce jour-là 165$ mex =: 100 $ I C. ciner dans leurs propre
Bàttambang jusqu'à Mongkol-Borey, L'E- Cela met donc les 100 kilogs. de riz N° 1 cent-cinquante théosophes croyances les quelques
suggéré de notre ville?
VEIL a que la Compagnie des Che- de Saigon à 6 piastres indochinoises. On ne peut pas donner une meilleure preu^
mins de fer du Sud de l'Inciochine organi- Or le même bulletin donne comme ve de la survivance de l'âme après la mort;
sât sans plus tarder des services réguliers cours moyen à Saigon, pour la même Qu'en pense Monsieur Diethelm ? qu'en
d'autobus sur Aranyà d'une part et sur qualité, rendu le long du bord 2 $50 M. le Secrétaire Général, qui fut lui
pense
Angkor d'autre part, autobus exploités les 607 hectos soit 4 $ 12 les cent kilos. aussi directeur des douanes et auquel le
dans les mêmes conditions que les trains. Il nous semble que la différence soit miracle de Namdinh fut signalé il y a quel-
Or un de nos correspondants du Cam- 1 $88 soit 18 $80 la tonne c'est un peu de nos rédacteurs ?
bodge nous apprend que la Compagnie cher pour le chargement et le transport que temps par un
des Chemins de fer du Sud a étudié avec de Saigon à Hongkong.
le garage S. I. T. une organisation dans le En tout cas les quelque 30.000 tonnes L'arrêté de M. le Maire de Hanoi contre
genre de celle que nous préconisions. de riz blanc expédiées par Saïgon du 1er au le bruit. — En partant en congé, M.
D'après cet arrangement la S. I. T. au- 15 mai, à 4 $ en moyenne les 100 kilogs,
rait supprimé son service Phnom-Penh- soit 40 $ la tonne font déjà un assez beau Guillemain, maire de Hanoï, nous a laissé
Mongkol-Borey et créé un service automo- denier: 1.200.000 $ soit douze millions de comme testament un arrêté contre le bruit
bile Aranya-Sisophon-Mongkolborey-Siso- francs, pour ne pas parler de 30.000 ton- inspiré par les délibérations ou élucubra-
phon-Siemréap en: correspondance avec nes de qualités inférieures et des autres tions d'une commission spéciale.
les trains. Tout était extrêmement simple et produits. Nous avons fait nos réserves quant à
^économie pour l'Administration pas né- cet « acte législatif », inapplicable aux
Serait-ce là un de ces signes de temps PERSONNES DE QUALITÉ, auxquelles
gligeable, mais au lieu d'aider la com- meilleurs que M. le Gouverneur général un
pagnie^ à régler d'abord cette question si indiquait dernièrement à notre confrère agent, mêmeprocès-verbal, européen, risquerait sa place
simple} elle a voulu reprendre tout le con- Michel, de « l'Ami du Peuple »'? en dressant mais prêtant à
trat S. I. T. et depuis Décembre dernier les de multiples vexations vis-à-vis du petit
pourparlers n'avancent plus. peuple. M. Eckert, successeur de M. Guil-
En ce qui concerne la Cie de chemin de
A *
Toulouse les morts votent. A Nam-Dinh lemain, qui administre
«
en détail et s'inté-
ils tiennent des débits officiels. —Tout resse aux petits riens, a déjà commencé
fer nous croyons savoir qu'elle avait appor- le monde connaît, au moins pour en avoir
té dans cette affaire tout l'esprit de conci- entendu parler, ce petit artifice dont cer- à réduire les occasions de tracasserie que
liation possible, en offrant une ristourne tains groupes politiques sont coutumiers, l'arrêté donnait àla police vis-à-vis de ce
substantielle sur ses billets de lre et de 2,! de faire voter les morts. Mon Dieu ! avec petit peuple.
Déjà l'arrêté contre le bruit a prévu une
classes pour le cas de service combiné, de les ressources modernes du spiritisme on exception
façon à aider l'autocar. La S. I. T. elle-mê- peut concevoir qu'un mort soit évoqué en faveur tle la Gardé Indigène,
qui, fière de sa magnifique clique de clai-
me s'était montrée très conciliante en pendant une demi-heure pour venir voter et tambours, lui fait faire plusieurs
abandonnant certains droits acquis. Les et disparaître ensuite dans une flaque rons dans le quartier.
prix seraient devenus très raisonnables, d'ectoplasme. Mais faire tenir à un mort Ça fois par semaine un tour
confortables, ne dérange personne, au contraire ça
les cars sont le service au- un débit d'opium', et cela pendant plusieurs réjouit le
rait été quotidien pendant les mois de tou- années, et faire signer par ce mort une plaisir coeur, et puis cela fiait tellement
risme, tri-hebdomadaire le reste de l'an- demande de renouvellement, qui est accor- aux chefs du Corps bleu ! Quel est
née, ce qui était très suffisant. Mais il n'au- dée et lui permet de continuer ensuite sa le régiment qui pourrait aligner une pa-
rait pas fallu que les Cahiers des Charges gérance, ça c'est beaucoup plus fort, roulements, reille clique, des tambours roulant de tels
des deux sociétés les obligeassent à deman- fiien des gens se refuseront à le croire. des clairons claironnant si
der l'accord de l'Administration. Bien que Pourtant le cas se présente à Nam-Dinh, clairement ? *
le projet procurât à celle-ci une économie, au vu et au su de tous. Une défunte y tient 9*
elle ne vit (et ne voit encore) qu'une cho- depuis plusieurs années un débit d'opium, Le décret de 1927 supprimant la liberté
se : la satisfaction de son esprit bolcheyis- et sa licence vient de lui être renouvelée de la presse en Indochine. — L'Ami
te â l'égard de toute entreprise non en- il y a quelques mois par une commission du Peuplé de Indochinois publie dans son
core complètement étatisée. A moins composée de pontifes de -la Douane. numéro du 16 mai une étude qui fait res-
que ce ne soit une nouvelle manifesta- Les commissions sont une institution
tion de cette décadence intellectuelle dont bien commode ; tel fonctionnaire qui ne
l'Administration fait preuve depuis quel- voudrait jamais mettre sa signature sous
ques temps dans diverses branches, inca- une décision frisant à peine l'injustice,
pable de rien réaliser selon le bon sens. commettra les pires petites saletés sous
En attendant n'est-ce pas ridicule de con- l'anonymat d'une commission. Nous ne
tinuer à subventionner un service d'au- dirons pas aujourd'hui tout ce que nous
tomobiles 30.000 $ par an, six mois après savons de toutes les petites vilenies de
la mise en exploitation du chemin de cette commission pour nuire à une pau-
fer '? vre veuve et à des orphelins. Ce qui nous
Ça c'est un comble. C'était très bien de intéresse c'est ce curieux cas d'exercice
subventionner un service d'autobus quand d'une fonction publique par un défunt.
20 L'EVEIL DE, L'INDOCHINE

sortir ies risques que courent au.Tonkin


les journalistes indépendants.
En fait à la moindre incartade ou im-
prudence ou erreur ils risquent des pei-
nes de 6 jours à 3 mois de prison et même
un an de pnison ou d'énormes amendes.

ce
En voici un spécimen.
« Aux délits énumérés par la loi Fran-
çaise de 1881 le décret ajoute tout ce
Les chirurgiens-dentistes exerçant en
Cochinchine sont au nombre de 10 dont
deux Annamites diplômés de France.

Lps-rSS,Lïf^„-;
w „ tA\r.nu~
/4I

du 13 avril, nous apprend que cet impor-


tant travail est maintenant en train à Saï-
.• . „ ..
qs^-^
n'ont pas brillé cette année au concours
général. Une seule nomination, un septiè-
me accessit de version latine.
Celui qui sauve ainsi l'honneur de soi-
xante millions de Française?) d'outre-mer

'__
" ~~—— : ~

ce qui peut porter atteinte au respect dû à


fisamment agrandi offre les grands espa-
I PcLVSLU X lÛDllGS, H (MOI
l'autorité Française en Indochine et aux
ces nécessaires aux appareils nombreux et
ce

ce Gouvernements indigènes protégés par


la France », délits qui seront punis d'un compliqués que nécessite le téléphone au- APPEL D'OFFRES
ce
«emprisonnement de 3 mois à un an et tomatique. Les demoiselles du téléphone
seront remplacées par des techniciens Le 30. Mai 1933, à 15 heures
« d'une amende de 100 à
3.0UO Francs, il
ajoute également « l'offense envers le mais rien ne s'opposerait au contraire à. Fourniture de 1000 '"3 de moellons des-
1 emploi de femmes, instruites dans cette
ce
Gouverneur général en tant qu'elle at- tinés.à la .défense des berges du Song-Càu
ce
teint le prestige de l'autorité française, délicate et méticuleuse technique. (Bac-Ninh); '
cc

<.<
les offenses envers les souverains proté- ,V Cautionnement provisoire. 35 f.
. .
« gés, leurs épouses, leurs ascendants, I es colonies au Concours Général des Consulter le dossier au 2e Arrondisse-
ce Jeurs enfants, les raines mères et les ** lycées et collèges. — Les colonies ment d'Hydraulique à Hanoï.
ce
princes héritiers régulièrement introni-
« ses ».
Il y a bien des façons de concevoir le RENSEIGNEMENTS TOURISTIQUES
prestige, et telle caricature complètement
inoffensive, telle chansonnette pourra être HÔTELS ET BUNGALOWS
considérée par un lourdaud d'esprit com-
me un véritable crime de lèse majesté. TONKIN .LAOS;
,
Rappelons le cas de NADAUD avec son amu- Bac-Ninh, Hôtel de Paris. Savannakliet, H. Tran-huu-Hu, H.'Nam-Hao;
sante chanson des deux gendarmes. Mais Babé, (Bac-Can) Bungalows à Ghora et aux bungalow.
la Gendarmerie ne comprenait pas, à cet- lacs Babé. Bungalows à 7 hakhek, Vientiane, Napé, Pakés
te époque, la plaisanterie et il fallut l'inter- Cao-Bang, H. Ferrière. H. Delair. Bungalow à Tchépone
Ffa-Giang, H. de la Haute Rivière Glaire.
vention de l'Empereur Napoléon lil et de Haïphong, Hôtels du Commerce, de l'Europe, COCHINCHINE
l'impératrice Eugénie pour éviter au chan- du Théâtre, de France, de Paris, Teston,: de la Saigon : Majestic, Continental Palace, Grand
sonnier la correctionnelle. Daurade, Ishiyama. Hôtel, la Rotonde, Saigon Palace, H. du Coq
Mais voici qui est plus dangereux en- Hanoï. Hôtel Métropole, H. Splendide, du d'Or, du Grand Balcon, du Casino, de la Terras-
core : « une addition supplémentaire punit Coq d'Or, Hanoï-Hôtel, des Colonies, de France, se, Terminus.
« d'une amende de 50 à 1.00U francs et de fa Paix, 11. Terminus et de la Gare. Baria, bungalow, hôtel Long-Hoi
« même à de la prison «le fait de relater Doson, Grand B-ôtel de Do-Son. biën-Hoa, H. Tran-varir-Tao, H. du Donaï.
« d'une manière inexacte les débats des
Lang-Son,ti. des Trois Maréchaux,H. Moderne Cantho, H. Central, Tran-elat-Nghià, Rest
chambres françaises, des assemblées or- Lao-Kay, Touring Hôtel, H. la Madeleine (12 de l'Ouest
ce
ganiques de l'Indochine.* des Cours et km. avant Chapa). Cap St Jacques, Grand Hôtel du Cap, Hostel-
ce
tribunaux» si l'auteur ne peut exciper Chapa, Grand hôtel de Chapa, du Fan-Si- lerie Saint Jacques.
ie Pan, Morellon à Chau-Doc, Go-Cong, Ha-Tien, Long-Xnyën,
« de sa bonne foi ! — Ainsi c'est à l'au- âloneay, Hôtel Cyrnoa. My-Tho, Hach-Gta, Sa-Oec, Soe-Trang, Tay-
« teur de faire la preuve de sa bonne foi, Nam-Dmk, H. de la Gare, H. Nam-Vièt. ftïnh,Travinh, Tkwlaumdt, Vinh-Long : bunga-
« non à la justice
de prouver la mauvaise Viél-Tri, H. du Commerce, des Colonies. lows
ce
foi ! Il y a là une arme bien dangereuse Hongay, Hôtel des Mines, H. de Va-Chay.
« entre les mains d'un gouvernement qui Campha-Porl, H. Gampha-port.
. Quang-Yên, H. Quang-Yên, Terminus.
Loueurs d'automobiles au Tonkin
n voudrait l'utiliser !
""
'

Bref la loi française est tellement aggra- Thai-Nguyén, Hôtel Kê-Yên. et Nord-Annam
vée et par endroit déformée que l'on ne Tuyên-Quarig, Hôtel des Mines
Tam-Dao, Hôtel de la Cascade d'Argent. Hanoï
peut vraiment pas parler de liberté de la Yên-bay,'Hôtel de Yèn-Bay.
Presse et les journaux ne peuvent compter Dao Ba Mai, 182 rue du Coton Tél. 8-33
que sur l'indifférence ou le libéralisme du ANNAM Hung Binh, 209 » > Tél. 4-67
Gouverneur général, ou sur la peur qu'il Datât, Langbiang Palace, Grand Hôtet. Hoang khac Dinh,27 r. des Chapeaux Tél. 9-17
„ .

Nain Vinh, 95 route Mandarine Tél. 7-64


peut avoir de se ridiculiser ou de s'expo- tian-Me-l' auot, ti. du Grand Cerf, Bungalow. Ng. van Huu, 105 rue des Changeurs Tél. 5-49
ser à une campagne de presse en France. Hué, Hôtel Morin Frères, H. de la Gare. Tél. 9-17
Bungalows &Dong-Hî>i, Quung-Tri, Konloum, Quang Minh, 27 rue des Chapeaux
Tout cela c'est bien chanceux. Long Thinh, 205 rue des Changeurs Tél. 5-44
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Nha-'frang, Hôtel Beau Rivage, Hôtel du Tinh Thanh, 173 rue du Coton Tél. 7-43
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liberté de la Presse. Seulement au7dessus P/ian-2'hiét, ti. de Phan-Thiêt, H. de Ngoc- Garages Indochinois 64 Bd Hollandes Tél. 4-3
de M. le Gouverneur général, s'il voulait Lam.
lui, la liberté de la presse, il y a M. le Mi- Haïphong
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Thanh-Hoa, H. Reynaud, Hpang-duc-Truong. Huu Tliai, 35 Bd Amiral Courbet Tél. 2-87
un décret. '
Hoang Thu, 117 Bd Bonnal Tél. 5-58
il n'y a pas de danger. Sam-Son, (Thanh-Hoa; H. Reynaud.
Tourane, H. Morin Frères, H. de la Victoire. Loi Long » » >
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;S5 d'Annamites. Kompong Thom, Hôtel de Kg. l'hom. S.T.A.C.A. Tél. 0-63
Ces derniers se répartissent en 15 doc- Bungalows à liaUambany, Kampol, Kep,
teurs des universités de France et 20 di- liéam, Kratié, lianam, Pùrsal, Prey-Veng, N. B. —
Prière de nous signaler erreurs et
plômés de l'Ecole de Médecine de Hanoï »
ioai-iUeng, Takéo, Slung-Treng. omissions,
^i^BanMaHMMinnMnHMMÉMnMiai
Grands Magasins Réunis: ««y°»*M»w^»«><-Q»»™"™-
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Hanoï — Imprimerie de I'EVKIL m L'INDOCHINE LE DIRFXTKIJR-GÉIUNT :H. CUGHEROUSSET

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