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Département de Langue et de Littérature françaises

Projet de fin d’étude pour l’obtention de la licence


La poésie d’Ajmak d’Achtouken
Encadré
Cas du poètepar : M : RachidAmejoud
"Mohamed BAALLAOsltana "

Réalisé par : Mohamed Amejoud


18026055

Année universitaire : 2020/2021

1
Didécace

Je dédie ce travail à l'âme de mon cher grand-père :

Raiss Mohamed Amejoud

Remerciements

2
Je tiens à remercier profondément M Rachid Baalla pour ses conseils et ses
orientations les plus judicieuses, et Mon cher père Lhoussine Amejoud pour
l'aide importante qu'il m'a apportée et ses informations précieuses.

Je remercie ma femme et mes fils pour leur patience et leur compréhension.

Mes remerciements sont adressés également à tous les professeurs du


département de langue et littérature françaises.

Je remercie toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la


réalisation de ce travail.

3
«La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.»
William Shakespeare

« Les poètes sont des oiseaux : tout bruit les fait chanter. »
François René de Chateaubriand

4
Introduction :

Peu des études universitaires sérieuses qui ont mis l'art d'Awash en recherche.
Or, cet art ancien qui résonne dans chaque région avec ses particularités de
chanson, de danse et de rythme porté en lui un important patrimoine immatériel
pour la région. Et s'il était consacré à une étude du professeur Ahmed Bouzid al-
Kansai et une autre de Ahmed Assid , alors que l’un de ses branches connue sous
le nom d’ "Ajmak" n'ont pas fait l'objet de recherches suffisantes. Ce qui incite à
creuser dans cet art en recherchant l’origine de son nom, ses lieux de diffusion et
ses composants de base.

Nous espérons que les chercheurs donnent plus d’importance à ce patrimoine


artistique amazigh, au niveau de la collecte, la documentation et la recherche pour
sauver la mémoire culturelle de la perte qui a conduit et continue de conduire à
l'extinction générale des manifestations civilisées formées pendant des siècles
par le contact humain avec les autres.

Peut-être que les transformations sociales des vallées amazighes ont mis de
nombreux arts locaux authentiques dans une situation difficile, sauf que certaines
associations ont été créer pour faire avancer le dossier de la culture et
préservation de la mémoire, ainsi que ces associations de praticiens de l'art jouent
un rôle pédagogique de transmission du patrimoine aux jeunes de la nouvelle
génération .

" Ajmak" Une danse particulière que l’on trouve dans la région de Chtouka,
typiquement masculine. Plus qu’une simple danse rythmique, c’est un vrai
spectacle de joutes poétiques échangées dans la place centrale du village entre
deux rangs d’hommes.

Situés dans la région de Sous-Massa-Drâa, les tribus de la province chtouka Aït


Baha, sont un lieu ou ajmak tient une importance et une grande valeur chez les

5
habitants. De même ces tribus ont donné naissance à de grandes figures Rwaïss d’
Ajmak, ayant légué au Maroc un répertoire artistique et poétique considérable.

Et à cet égard, j’ai essayé de rassembler un recueil de conversations poétiques


du poète "Mohamed Amejoud" connu comme "Osultana"., ainsi qu'un ensemble
de témoignages concernant sa capacité à escrimer dans le cadre d’une scène d’
"Ajmak" .

L'art Ajmak est basé sur quatre composantes : la poésie, le chant, le rythme et
les mouvements (danse).Et à travers un ensemble d'enregistrements audio et
vidéo, j'ai essayé de me concentrer sur la conversation poétique en raison de son
importance dans la qualité de l'épisode artistique présenté par les poètes.

La plupart de ceux qui s'intéressent à cet art se concentrent sur la forme, c'est-à-
dire les mouvements et le rythme répétitif, et ont du mal à rechercher des
connotations symboliques d’escrimes poétiques, car ils nécessitent une bonne
connaissance de la langue amazighe ainsi que de la métrique poétique.

Cependant, il faut donner à la poésie dans l'art d'"Ajmak" la place qui lui
revient, car ce patrimoine artistique a été réduit sous la forme de danses
folkloriques exécutées sur des plateformes d'hôtels de luxe en tant que produit
touristique comme tous les autres produits.

6
I. la poésie :
1. caractéristiques de la poésie ajmakienne
La poésie est une création circonstanciée produite à l’instant , encadrée dans un
contexte conversationnel qui suppose un poète locuteur , un poète co-locuteur ,
des membres d’ un groupe ,un public et une scène spatiale et temporelle
( Fantasia) .

"la performance du poète se traduit par sa rapidité, sa spontanité, la qualité et la


concision de la réponse, la concision de la réponse, l’esthétique du texte oral
produit, la capacité de la relance"1

Pour être reconnu dans ce milieu très fermé des poètes de l’Ajmak, il faut
impérativement répondre à quelques conditions pour les moins importantes : une
langue amazighe chatiée, un sens de la répartie, la dérision ; l’ironie’ la satire’ et
surtout une connaissance profonde des coutumes et de l’histoire de la région.

En outre, il faut mettre tout cela en vers.ce qui non seulement demande un don
inné pour cette poésie ajmakienne , mais aussi une maitrise totale des règles de
versification et de métrique impénétrables pour le commun des mortes.

Seul, parfois, un auditoire acquis et initié peut en comprendre toutes les


subtilités, et pourtant en saisir le sens et toute la beauté. Il, n’est pas donné à tout
le monde d’apprécier l’Ajmak et à plus forte raison y participer, serait-on tenté de
dire.2

1
Ayad Alhyane."Pour une typologie des fonctions de la littérature orale des Achtouken"in La littérature orale
amazighe d’Achtouken. p18. Publication de l’association Timatarine.2012
2
Lhsn Olhaj. "Said Achtouk : un grand maitre de Tirrouysa. "in La littérature orale amazighe d’Achtouken.p25.
Publication de l’association Timatarine.2012

7
2. La conversation poétique : les joutes poétiques

Les joutes poétiques, entonnées collectivement, sont le fruit de l’instant présent


c’est-à-dire improvisées avec tout ce que ce terme a de positif : la spontanéité, la
pureté et le naturel. Elles sont produites par plusieurs trouveurs-aèdes qui ont déjà
fait preuve par le passé de leur compétences et dont la renommée n’est plus à
faire.3

Il doit y avoir deux poètes qui se disputent d'une même classe (équivalence),
donc le poète fort et expérimenté refuse de dialoguer avec un poète novice dans
cet art afin de préserver la qualité de la poésie, et d'élever le niveau de poésie et
de conversation.

La conversation ( les joutes poétiques) dans l'art d’ "Ajmak" est difficile et


majestueux, il exige du poète de comprendre l'intention de son adversaire, et
d'interpréter le mot poétique avec ses possibilités, et de connaître les coutumes ,
les traditions, l'histoire des tribus , leurs gloires et leurs "défauts. Au contraire,
cela nécessite parfois une connaissance du dossier artistique, familial et
psychologique du poète interlocuteur, de sorte que s'il se lance dans la satire, le
propriétaire de ce dossier trouve pour lui ce à quoi il répond et maintient
l'équilibre de la conversation , et l'intégrité de son camp.

Parmi les poètes qui recourt à des énigmes poétiques pour tester l'intelligence
de son adversaire. S'il répond avec ce qui prouve son mérite, il est admiré et la
conversation continue, et si son adversaire trébuche, il devient la risée du peuple,
le forçant à partir de l’espace( l'Asais) . La défaite inclut non seulement le poète
et ses amis qui le soutiennent, mais aussi sa tribu, tout comme la défaite de
l'équipe sportive inclut le parti auquel il appartient !4

3
Lhsn Olhaj. "Said Achtouk : un grand maitre de Tirrouysa. "in La littérature orale amazighe d’Achtouken.p24.
Publication de l’association Timatarine.2012
4
Said Jalil . l’art d’Ajmak à Achtouken et Ait baha( en arabe). in La littérature orale amazighe d’Achtouken.p 11.
Publication de l’association Timatarine.2012

8
3. Types des conversations poétiques :
3.1 la conversation normale

La conversation poétique traite de diverses questions politiques, sociales et


économiques du peuple et la tribu en particulier, et pour le pays en général.

Aucun but poétique n'est pas non plus exclu, car nous trouvons la présence de
louange et de satire, d'orgueil et de lamentation, de description, de poésie de
sagesse et de prédication. Cependant, c'est la présence de figures poétiques
expérimentées qui affecte les contenus poétiques présentés.

La présence de certains poètes se transforme en prédominance de la satire et du


sarcasme, et la présence de certains se transforme en sagesse et en discours sobre
ou en présence de problèmes majeurs tels que les nouveautés politiques et
économiques.

3.2 La conversation comique

Après des joutes poétiques de haut calibre, le propriétaire de l'occasion de la


célébration ou l'un des amoureux d'Ajmak vient mettre le voile sur l'épaule du
premier poète et donne le chapelet ou la béquille ou le poignard au deuxième
poète, et cela signifie que le premier est tenu de jouer le rôle d'une femme et de la
défendre, et le second joue le rôle d'un homme.

Ce dialogue n'est pas seulement une plaisanterie absurde et n'est pas un


divertissement pour le public, mais c'est plutôt une expression de la vision de la
société ou de l'homme sur les femmes.

Il présente une critique de certaines pratiques sociales telles que la trahison et


la sorcellerie et traite de certaines évolutions telles que le code de la famille,
l'éducation des filles et d'autres qui étaient interdites dans la société.

9
II. Le poète Raiss Moh ( Amejoud) Osltana

Son nom complet est Mohamed bin Al-Hussein Amejoud, et il est surnommé
Al-Rais Moh Akanko ou Sultana.

"Rais Moh" est né à la commune de "Tighirat" située dans la tribu des


"Imajad", dans la région de "Sidi Hammad Oumousa" en l'an 1925. Il a quitté sa
tribu fuyant la famine des années trente et s'est installé à la tribu "Ikenka".

Il a commencé à jouer la poésie de l'art d'Ajmak avec le grand poète "Al-Rais"


"Omar Alkjon" en 1949 .

Omar "Alkjon " lui a dit :

10
Akuig rbi do saadi yintanoult

Assiknzri ghayd ighaman h laamr

Raiss Moh Amejoud lui a répandu :

Srssat Asslibna o fossnak

Ayna sahtnit igua agharass nk

À la mort d'Omar Elkejon , Rais Moh a pris son assistant, Rais Ahmed Obodriz ,
et il est devenu un poète expérimenté, rivalisant avec les grands poètes de l'arène.

Il a été arrêté pendant la période coloniale du côté du Kayd Yara, exactement en


1953, après une conversation poétique dans lequel il a abordé l'oppression du
lKayd et du colonisateur, et il a été condamné à deux mois de force

IL a dit :

Yalah O yalah ay mousslmn

Nga aglif otntn ijawan tiwoutch

Oritaf aglid yili htifaout

Assin(e) imgharn tozlin hifasn

Tana olin(e) tadout ikssa ilm(e)

Après sa sortie de prison, il a dit :

Ikatine Lhaj iga amgharnh

Nki assizouar issigig yourm imassn(e)

Ida fokss ikml idam htassanou(w)

Awalyni dorad rayssn samh

11
Il est décédé en 2015 après une vie de chant engagé, préservant cet ancien
héritage humain.

III. Les joutes poétiques de Raiss MOH Amejoud


 La conversation satirique

La conversation a eu lieu entre : le poète Raiss moh Amejoud et Raiss Lahsn


Amghogh.. Ait Ouadrim 2008

Dans cette conversation, Rais Amghogh commence par une calomnie et une
satire à Rais Moh. Et ce dernier lui a répondu avec une dureté qui fait qu’il
laisse sa place effondré et vaincu.

1er joute :

 Raiss Lhsn Amghogh

Yak ortrmit Ahmed ayasmoninw

Haya ochiban ikchmd okan flanh

Yiwitid okan wado himâicholn

12
Isndalb irbi andanh orin hachm

 Raiss Moh Amejoud :

Iwa bismilah adak nghr achikhnh

Assidi Hmad omoussa otzrwalt

A hana amghogh n kchmd okan flasn

50 âam ayad nka homarg

Orjo skrh lâib ora nsawltn

Ntan aygan sibab ntakourt

Yofad gih azmz nra y sn chawr

Agues nkss issid ihaksn zouyd

 Raiss Lhsn Amghogh

arba arih igane asmoninw

Ha yalfakir idrd okan flanh

Tasans ran ldi so fasinwe

agissn skr kababa atnchin mind

 Raiss Moh Amejoud

arba (a)rih lkmd lmakan(k)

ini orated tlkmt arzmb itkorayt

han amghorgh azrg amotini

13
ihorirza ghassad ora ssour irz

2. La conversation comique

La conversation a eu lieu entre : le poète Raiss moh Amejoud et Raiss Ahmed


Oghida .. IKonka 2009

Rais Moh( 1) joue le rôle de l'homme tandis que Rais Ahmed(2) joue le rôle de
la femme. Un dialogue traitant des femmes modernes et comparant la situation
actuelle avec la situation avant qu'elle sort vers l'espace public.

1)Our ira lhawa lâib inaran ig(u)t

ihimon (d) lâarda yili lok(i)r

(a)wana inan ayta(h)l marayaw(i)

Ikh(i)ld osghar(l)ward nta tihiwt

2)Awal izri wayad atlkm lokt

14
Iwa bismilah ra dah nkchm sount(a)

ihila kra “n”orgaz itaf(n) lâalal

(a)walayni adoring achiban(e) ora talb

Awadiskr lfrizi kay ihilikn

2)akoukan islm rbi (a)yan (di)rohn

niwid sik r(a)ja adaroun (n) myourh

(a)dah nssbr (n)gn lkhatm (n) orgh

inah nzri (n)ga aznzar afhak(a) m(a)dn

1)or okan nzdar itihal (n) tâyalt

(a)wana yran lârboun atnak(a) izr

ido(s) lbhr ikhir gha was

agiss izr (a) lâarada mani tlkam

ida lisslam ikchm do wakal imt

1)niki ray minih (a) dokan flam issahl attaâyalt

Manik radh igue nikah n(i)m

Wili zrinine tahln (i)yi li(n)massn

Ima win ghilad tagat(a) tnyoutn(a)

15
2)Ikouta(d) guik(a) lâiib

Or ngui yat (h)ifassn(a)

akidour igmâ(a) rbi rayk nssamh

lan idbo tamobilat (h) merakch

yan irbane amssod issatn faln(a)

2)ournssamh (i)baba hayi jlan nanh

isnih nki nta(h)l a fha(k) m(i)dn(a)

Azih ahri ichibne a saho(k) outn(a)

issa tidka nssrgha ihra nf(i)gh(a)

1)Ahan oriougih madah itnawaln

Aylizrih okan adah issiwidn(a)

Ma mo rih amssoud atn tnawalh

(a)you fah angue aboukad ihatn krfh

2)Irba(mt) awa khtid a tour tamn(a)mt

our yid yiwi lizar ora chayt

(a)ma mouri(h) amzloud atn(a) tnaw(i)lh

16
1)ta na dikan lousine ih tassoukt

Ora(k) isskr ch(e)râ(a) nrbi nikahn(ss)

3. La conversation thématique

La tribu

Raiss Oghida vient de laisser sa région, et il a été reçu par quelques amoureux
d’Ajmak dans la région d’Ikonka pour etre l’adversaire de Raiss Moh.

1)amdakl ino frbi ray ninw(a)

tamount noun a hmad irat lkhatr

awa layni adour tagul(e)t it krayt

ahan ord tiwiyad aray(a)ktn ikss

ima niki origa lassl winw(a)

(a)wili izâ(a)mn kadi tarn(e) awintn(e)

2)ahayah lkm kend a raïss

m(k)a ratzit origa lassl wink

a hani gurad issaha yawn(a)

17
a kiyi agiss izdigun sofouss(nk)

majoguiss ihadrn a ywn yawss

ora ma moujo guiss tojit lâchournss

1)arba(yt) okan Ahmad aka tchwart

Ahan igurad ihazawnt raïss

wili kssanine hadan ladroufnss

ama moutrit Ahmad atnkhassamt

La politique

La conversation a eu lieu entre : le poète Raiss moh Amejoud(2) et


Raiss Ahmed Obodrz(1) .. Ait Oblkassem Biougra

Raiss Moh Amejoud avec Raiss Ahmed Obodrz

1)

Atamount dorat irat lkhatr

Koyan d ina sida yafk lkhatr

18
Ima yawzmz igu rad issahtkism

Abina“h”kolo ijawan tifawt

Abina“h”kolo ijawan lkssoutinw(e)

2)

Azik adgua lmohiba yan hlant

Assok idawmhnd aka tswa”k”

Awalayni saâtad raïss omargue

Issaadit nakass rbi tamousslmet

Atili lhassada goutn(e) h midn(e)

2)

Amadaklino frbi rayninw

Orssine mani h rad a nafh lkhatr

Gare assdrm i khchngih ihratnkn

Ikhld osghar ihtrzmt d oufoussnk

1)

Assok idawhnd ifoulki mimn(e)

Awalayni yazmz ihataâmarn

Imaghilad aârab ka nikoussn

19
Adane ibo lkssab ora y fouloussne

A tomazt wa ligue akha tkhlassh

2)

Aghila htrza targua raywntml

Mnssa idawmhn aflah aygua

A flah do kan kssab ihnwafakn

A wa na din raygue raïss

O rak “n”htaja a dndi yawn khald

1)

Aghassa lhaj brahim n frhassn

Iguanit imlidino orawink

Atigue rbi do mazal imousslm

Adirar timzguida s lmakanss

1)

Makhnza nik didoun lmassayl

Assif izri diyid lih goun midne

Yiwi timzguid yawi talb

20
Awana yran adizal ikchm tounf

Ima lahwal ourta jou giss ila talb

2)

Adoussat okan a Lahj Brahim it korayt

Yan ikssan atidour issli wouchn

Ahan ou chn(e) oraykrz orar srwatn(e)

Olah i bla tatna gua a ha tsslakn

2)

Olah arnga amssoud orntif laakl

Arnkat s lbarod oras momourh

Awana hla tgoqi h ait lmodaâ

Aritanf ina htidiwine igharassn

Lâib ikhichn h orgaz ihatssawaln

1)

Akigue rabi dorgaz itafn lâakl

Anassi lham imlid n wakalnh

Imaghid itaf maguiss isslomorn

Idawmhnnd d idaguaran kolotn

M kna ran a giss nsskr midn

21
2)

Katat s lbarod litnawalt

Aguik ortili t houdayt ayhayank

Ihnmout hozmzad lwali kangue

Kolo amlal nghid lharaka aygue

Ola lachjar hi giss ismghayn

Ora taleb n tmzguid lharaka aygue

2)

Ariha Lhaj Brahim akn chaw(e)n

Ghilad if kayak rbi takorayt

A mach ihtoussit lham i flahn(e)

Ihila imik “n” chmindr chrkint m(i)dn

Ama yawzmz ihratatan ilamn(e)

Ora dah yaj lâodw yat w(e)ltimt(e)

Ihi gh(e)i lbon ratiznz(e) ikra yadn

1)

Adawa or ijimâ yan orifrhn

Amkad a bokaol orin(e) tifawt(e)

22
Orassoul guih itnaz lhlk siminss

Awana yran lhssab n taryalline

Ariznza h lakssab ihi fouloussne

Adour iznza midne “h” igharassn(e)

2)

A han ord issnkssoud i hataywi h

A daknml mayighlbn tamadount

Assnab youri ozrg lmakaniss

A yan iskrn lâib ati tkhlassne

Amara dakh ifgh akid ikss ouwchin

1)

Orayouri ozrgue h lmakanss

Orayilih irgazne mati isskatayn

1)

Izd issakna k issiwid lhal a raïss

23
Ayan ichan lkada soussne ifassne

Assoul orissiguile adourine ssoussayss

Adonit tga zonde azrgue w mane atgue

Ayan izdane izrgunss izayd(e)

Okan ifld iwaya tawalan(s)

2)

Allaho akbar ahigline okane arays

Ighali sbda tgoune tonit fraht

Issatissglab rbi soufoussnss

A mya bla kiyi a diwin ifassn

2)

Achour iôidl horgaz iha tchwarn

Adour iskar lâib ihatssawaln

Ima snh nit adrzmh itkorayt

Ayan orohln ka ditarn iskhf

1)

24
Ihi orisha ghikad litanayt

Mlatahza manta daroune imimne

Irbi mlyi lâod wna n tamank

Ani tyili chmndr ohofossnss

Ojo yawn ina a hmed awin lkhncht

1)

Adaw ortknad artini saht

Agua ragdid ihibga yan hifassn

Atoukan yout lhma guinass tikiwit

A ghikan ayga walidar ila tabâ

Ayna oufine issoudrtn itakayt

Orjo skrn lhssab iwanawnk

2)

Rbi idiga lhna do nafalnk

Ama moutrit lâodw ino wara wink

Orahikine yanlbab oraknatkt

Mdn tafn aglid li ya snislhn

25
Mra dizdour nta radilih takayt

2)

Adonit tga kolo gar lmassayl

Adak ortnit radah lkmh tifawt

Asmawd li ndadana ghiklitn

Olah ibra afouss kadass it khlafn

Ima to khssine lhssab assatilint

4. Commentaire

Ces poèmes profonds traitent un événement politique électoral ,lors d'une

cérémonie pour un candidat local d'un parti particulier à Biougra. Cette

conversation poétique traite la perte, la corruption et l'utilisation de l'argent par

l'adversaire pour gagner, le tout en utilisant des connotations symboliques et des

métaphores dans un langage unique qui rend difficile pour l'auditeur

inexpérimenté de comprendre le contexte et le sens du discours.

26
Dans les dernières sections, la conversation relate la corruption et le vol des

fonds publics par le président perdant et les membres de la commune . Bien sûr

des allusions sont faites par des métaphores : loup, fkih , bêtes, bâton, moulin...

Conclusion

Comme la plupart des arts traditionnelles marocaines, AJMAK incarne une

référence d’identité, une mémoire collective de l’appartenance ethnique. Ces

poésies sémantiques et métaphoriques sont en effet des moments de joie et de

communication, elle constitue un fondement de l’identité culturelle

d’ACHTOUKN, depuis des siècles, comme une tradition authentique, AJMAK a

pu survivre et résister jusqu’à nos jour, malgré le développement et les

changements socioculturels qu’a connu la région de CHTOUKA AIT BAHA.

Rais Moh Amejoud est l’un des poètes qui ont vécu leur vie pour cet art. Il le

considère comme un lieu de plaisir et un espace de sagesse et d'expression

artistique et politique.

C'était un artiste engagé qui connaissait bien les systèmes locaux et l'histoire de

la région d'Achtouken dont il était étranger.

27
Cependant personne ne peut garantir l’existence de cet art dans l’avenir, car les

passionnées et les poètes d’AJMAK se diminuent jours après jours, donc la

préservation de cet art est la responsabilité de tous, le tissu associative les

chercheures ,le ministère de la culture et les passionnées et les amateurs de cet

art.de plus, il ne suffit pas de penser à le sauvegarder dans sa forme originale,

mais aussi de l’ouvrir au changement à l’évolution pour s’adapter aux époques et

aux générations.

Bibliographie
1- Ahmed Aasid (2011) Imarirn, Imprimerie El MAARIF RABAT

2- Ayad Alhyane."Pour une typologie des fonctions de la littérature orale des


Achtouken"in La littérature orale amazighe d’Achtouken. p18. Publication de
l’association Timatarine.2012

3- Bouzid El Gansani, A. (1996), Ahwach : la danse et le chant collectifs à


Souss. Traditions et coutumes, Editions Okad / Rabat (en arabe).

4- Lhsn Olhaj. "Said Achtouk : un grand maitre de Tirrouysa. "in La littérature


orale amazighe d’Achtouken.p25. Publication de l’association Timatarine.2012.

5- Said Jalil . l’art d’Ajmak à Achtouken et Ait baha( en arabe). in La littérature


orale amazighe d’Achtouken.p 11. Publication de l’association Timatarine.2012.

Collections vidéo/ audio et témoignages

28
- Une collection de vidéos et d'enregistrements audio des concerts d'Ajmak.

- Témoignages des amis de Raiss Moh Amejoud :

- Raiss Ahmed Obodrz

- Raiss Ahmed Oghida

-Son fils Lhoussine amejoud.

Tables de matière
Introduction :..........................................................................................5

29
I. la poésie :..........................................................................................7
1. caractéristiques de la poésie ajmakienne....................................7
2. La conversation poétique : les joutes poétiques.........................8
3. Types des conversations poétiques :............................................9
3.1 la conversation normale..........................................................9
3.2 La conversation comique........................................................9
II. Le poète Raiss Moh ( Amejoud) Osltana..................................10
III. Les joutes poétiques de Raiss MOH Amejoud.........................12
 La conversation satirique...........................................................12
2. La conversation comique.............................................................14
3. La conversation thématique......................................................17
La tribu...........................................................................................17
La politique....................................................................................18
4. Commentaire...............................................................................26
Conclusion...........................................................................................27
Bibliographie.......................................................................................28

30