Vous êtes sur la page 1sur 36

DEBRAY Jadenis et DEBRAY Ninon, 1L2

Lycée Claude Monet, 267 rue Félix Faure 76600 LE HAVRE


Disciplines concernées : Histoire-géographie et arts plastiques
Thème : Individuel et collectif
Problématique : Quelle place occupent les arts et les artistes sous le Second Empire ?

TRAVAUX PERSONNELS ENCADRÉS


L'ART SOUS LE SECOND EMPIRE

Hippolyte Flandrin, L’Empereur Napoléon III, Empereur des Français en uniforme de


Général de Brigade dans son grand cabinet des Tuileries en 1862, 1862, huile sur toile,
dimensions 212cmx146cm, conservé au Château de Versailles
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Napol
%C3%A9on_III_par_Jean_Hippolyte_Flandrin.jpg
Sommaire

Introduction………………………………....…………………....……..........................Page 4

1. Le Second Empire ………………………………………………...............................Page 5


1.1 Présentation générale……………………………………………………...............Page 5
1.2 Napoléon III, un amateur d’art ?…………………………………………..............Page 6
1.3 La vie artistique et culturelle……………………………………….……...............Page 7
1.3.1 Aménagement urbain ……………………………………….……….............Page 7
1.3.2 Architecture et patrimoine……………………………………………...........Page 9
1.3.3 Les théâtres ………………………………………………………….............Page 9
1.3.4 La Fête impériale……………………………………………………….......Page 11
1.3.5 Les Musées………………………………………………………………....Page 12
1.3.6 L’art mêlé à l’industrie………………………………………………..........Page 12
1.3.7 La photographie : un art ou un procédé ?……………………………..........Page 13

2. Un art officiel …………………………………………………….............................Page 15


2.1 L'Académie, ancrée dans la vie artistique au XIXème siècle….....……...............Page 15
2.2 Un art académique..…………………………………...………………….............Page 15
2.3 Le Salon, une institution respectée mais aussi critiquée………….………...........Page 17
2.4 Un exemple d'artiste officiel : Jean-Baptiste Carpeaux..........................................Page 18

3. L'apparition d'artistes de plus en plus libres ………...........……….......................Page 21


3.1 Un art indépendant………………………………………………………….........Page 21
3.2 Le salon des refusés ………………………………………………………...........Page 22
3.3 Une exemple d’artiste indépendant : Camille Corot………………………..........Page 23

4. Analyse de tableaux d’artistes officiel et indépendant ……..........................…...Page 26


4.1 Analyse d'un tableau officiel………...…………………………….........…………..Page 26
4.2 Analyse d'un tableau non officiel…….............……...……………………………...Page 27

Conclusion …...............……………………………………………………….........…..Page 29

2
Synthèse personnelle de DEBRAY Jadenis ….…………………………....................Page 30
Synthèse personnelle de DEBRAY Ninon……….………………………...................Page 32

Rubrique des références bibliographiques et sitographiques ...........…………........Page 34

Glossaire..........................................................................................................................Page 36

3
Introduction générale du TPE :

Le second empire est, depuis toujours, perçu comme une période spectaculaire car il
est pourvu d'un panorama artistique impressionnant, de par ses nombreux artistes, la
construction de nombreux théâtres et opéras, etc. Cette période est aussi propice au marché
de l'art, qui se développe.
Napoléon III, dirigeant du Second Empire de 1852 à 1870, encourage les artistes à
exercer leur fonction notamment en leur passant des commandes, pour lui ou l’État ou en
leur achetant des œuvres.
Étant toutes deux en première littéraire, le XIXème siècle nous a toujours intéressées
avec son patrimoine culturel et artistique exceptionnel. C'est en effet une période
regorgeant d'auteurs, d'artistes... De plus, nous avons eu l’occasion de l’étudier à plusieurs
reprises et dans divers cours.
Ce sujet se rattache au thème « Individuel et collectif » puisque ce dossier traite de la
place de l'art et des artistes au sein de la société. Un artiste, au niveau individuel, peint avant
tout pour gagner sa vie mais au niveau collectif, il a besoin de la société pour obtenir ses
revenus et se réunit avec d'autres pour exposer ses œuvres.
Il est également en rapport avec la discipline de l'histoire avec l'étude d'une période
précise, celle du Second Empire, et celle des arts plastiques car la réflexion est centrée avant
tout sur l'art.
Quelle place occupent les arts et les artistes sous le Second Empire ?
Après avoir présenté le Second Empire dans son ensemble, il s'agira de montrer qu'il
existe un art académique à cette époque, mais aussi un art indépendant. Enfin, nous
procéderons à l'analyse d'un tableau peint par un artiste officiel et une œuvre réalisée par un
artiste indépendant.

4
1. Le Second Empire

1.1 Présentation générale

Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er effectue un coup d'état le 2


décembre 1852, ne pouvant pas faire un deuxième mandat après son élection de président de
la République en décembre 1848. Pour légitimer son acte, Napoléon III a recourt au plébiscite
(voir glossaire). L'essentiel du pouvoir appartient au président, Napoléon III possède donc le
pouvoir exécutif et obtient l'initiative des lois. La liberté d'expression est restreinte et il met
en place une dictature. Napoléon III emprisonne ou exile les opposants tel Victor Hugo. Peu
à peu l'Empire autoritaire se transforme en Empire libéral. Celui-ci est beaucoup moins strict
suite à l'affaiblissement de la France à cause de l'expédition mexicaine de 1861 qui fut un
échec, le traité de libre-échange entre la France et le Royaume-Uni contre l'avis des
industriels français et la montée en puissance de la Prusse qui s'annonce comme une plus
grande puissance.
L’Église devient un allié de l'Empire après que Napoléon III ait cherché du soutien auprès
d'elle pour maintenir l'ordre social dans les campagnes. Cependant le peuple entier n'est pas
aux côtés de Napoléon III car en effet, depuis 1854 Napoléon III fait l'objet de nombreux
attentats terroristes dont l'attentat de Felice Orisini, révolutionnaire italien, en 1858. Depuis
cet attentat Napoléon III rédige une loi de sûreté générale (voir glossaire) et fait place à une
politique de répression.

5
Les conquêtes se multiplient. La surface de l'empire passe de 300 000 à 1 million de
kilomètres carré, notamment en Afrique du Nord et en Asie entre 1850 et 1870.
En mai 1854, Napoléon III prononce un discours dans lequel il s'exprime sur les conquêtes :
«L'Europe sait que la France n'a aucune idée d'agrandissement. Le temps des conquêtes est
passé sans retour, car ce n'est pas en reculant les limites de son territoire qu'une nation peut
désormais être honorée et puissante, c'est en se mettant à la tête des idées généreuses, en
faisant prévaloir partout l'Empire du droit et de la justice.».

Toutefois, le Second Empire n'est pas aussi pacifique que le prétend Napoléon III
car la guerre de Crimée (territoire situé en Ukraine et Russie) éclate en 1853 :
Cette guerre oppose l'empire russe à l'empire ottoman et dure de 1853 à 1856 : la politique
interventionniste du tsar Nicolas Ier l'amène à envahir la Turquie. Le sultan de l'empire
ottoman trouve du soutien chez les Français et les Anglais. Par la suite, en mars 1854 la
France déclare la guerre à la Russie. Cela déclenche une guerre meurtrière, en effet le bilan
est de 120 000 soldats morts pour les Alliés (Empire Ottoman, France et Royaume-Uni) dont
95 000 soldats français morts, la majorité des morts étant due aux maladies telles le choléra.
D'autres conflits font suite à cette guerre comme la guerre contre l'Autriche en Italie en 1859.
Napoléon III est horrifié par les pertes humaines et décide de faire la paix.
Il y aura également une expédition au Mexique, qui se soldera par un désastre humain, soit
22 officiers, 32 sous-officiers et 414 légionnaires qui ont trouvés la mort dans les batailles
qu'a entraîné cette expédition (par exemple : Bataille de Las Cumbres, Bataille de Camerone).

1.2 Napoléon III, un amateur d'art ?

Pendant sa détention au fort de Ham de 1840 à 1846, il rencontre des personnalités


comme par exemple Alexandre Dumas et le socialiste Louis Blanc, qui l'ont peut-être
influencé dans ses idées politiques. Napoléon III possède de nombreux portraits représentant
des membres de sa famille pour perpétrer le souvenir de sa famille notamment les portraits
de l'Impératrice Eugénie par le peintre Winterhalter dont il était le peintre favori. Cependant,
sa réputation n'est pas restée celle d'un amateur d'art malgré ses achats réguliers à des
artistes français et étrangers (ex : La Naissance de Vénus, Alexandre Cabanel). Selon Maxime
Du Camp (écrivain polygraphe et photographe français, membre de l’Académie française),
Napoléon III est indifférent face aux tableaux et accomplit son « rôle de souverain » en allant

6
au Salon. Il s'intéresse particulièrement aux portraits, aux paysages, aux scènes de genre
(voir glossaire) familiales ou militaires. Napoléon III obtient des œuvres d'artistes officiels et
non officiels de Camille Corot, Hippolyte Bellange, Ingres. Il se procure des tableaux
d'artistes indépendants pour les encourager. Malgré ces nombreuses acquisitions, les
rencontres entre l'empereur et les artistes restent rares, ce qui donne aux artistes une
sensation plutôt étrange. Par exemple, Emmanuel Frémiet, sculpteur français, a l'impression
de n'être qu'un simple fournisseur, alors que l'empereur lui fait de nombreuses commandes.
Jean-Baptiste Carpeaux, peintre et sculpteur, est une exception car il fait des portraits de la
famille Bonaparte et travaille sur des chantiers. Pour embellir son image, l'empereur va
régulièrement voir des spectacles afin de se montrer parmi la population, bien qu'il n'en soit
pas un réel amateur. Il invite également des troupes de théâtre dans son palais.

Pour conclure, Napoléon III n'est pas vraiment un amateur d'art mais il a eu un
véritable rôle dans le domaine artistique, par intérêt à la fois personnel et politique.

1.3 La vie artistique et culturelle

1.3.1 L'aménagement urbain :

Napoléon III s'intéresse grandement à l'architecture et à


l'urbanisme, par intérêt esthétique mais aussi politique.
L'élargissement des avenues doit en effet permettre le passage
des troupes.
L'empereur porte également de l'attention à l'aménagement
d'espaces verts pour des raisons d'esthétique et d'hygiène.
Il décide de faire des modifications dans la ville. Il entreprend la
rénovation de Paris et la construction de bâtiments avec le
baron Haussmann, à qui il demande d'embellir la ville,
comme le montre cette citation de la lettre de mission de Le baron Haussmann, vers
1850, par Désiré François
Napoléon III à Haussmann : «1/ que toutes les artères Millet
aboutissent aux chemins de fer ; 2/ que la hauteur des maisons Source : Télérama hors-
série n°203, Regards sur
soit toujours égale à la largeur de la rue et ne l'excède jamais ;
le second Empire,
3/ que dans les tracés des grandes rues les architectes fassent septembre 2016
autant d'angles qu'il est nécessaire afin de ne point abattre soit
7
des monuments soit les belles maisons, tout en conservant les mêmes largeurs aux rues, et
qu'ainsi l'on ne soit pas esclaves d'un tracé exclusivement en ligne droite.»
Haussmann cherche à faciliter les déplacements en créant de larges avenues.
Pour les propriétaires, les règles sont très strictes : les bâtiments doivent avoir une façade de
pierre de taille, des balcons filants, moulures, etc. L'expropriation est mise en place afin de
gagner du temps avec la loi du 22 mars 1852.
L'aménagement urbain coûte très cher à l’État, Jules Ferry écrit en 1868 dans le journal Le
Temps «1500 millions de francs or. Trois fois plus qu'annoncé !». L’État s'endette.
En ce qui concerne le mobilier urbain, on décide de confier les travaux à des architectes, par
exemple la construction d'urinoirs est confiée à l'architecte Gabriel Davioud.
On projette aussi de relier le Louvre et les Tuileries.
De grands travaux sont lancés dans des villes comme Marseille, Montpellier ou Lyon. De
plus, Napoléon III finance personnellement la construction d'églises comme l'église
néogothique St Joseph à Pontivy.
Enfin, le XIXème siècle est une période emblématique pour la construction de nouvelles
salles de spectacle, avec la construction de l'Opéra de Paris, d'un théâtre de cour à
Compiègne et du théâtre du Châtelet.

Le boulevard Saint-Germain, un des projets du baron Haussmann. Il n'est terminé que sous la
IIIème République.
Source : Télérama hors-série n°203, Regards sur le second Empire, septembre 2016

8
1.3.2 Architecture et patrimoine :

Le Second Empire est une époque de grands changements pour l'architecture puisque
les travaux haussmanniens provoquent de nombreuses constructions et reconstructions. Une
des nouveautés est que Napoléon III souhaite l'emploi du fer et de la fonte, notamment pour
la construction des Halles Centrales de Paris (par Victor Baltard). Les paroles de l'architecte
Henri Sirodot le prouvent bien : « Notre siècle est bien un siècle de fer. ».
C'est également pendant cette période que commence la construction du célèbre opéra
Garnier. L'architecte Charles Garnier est engagé à l'issue d'un concours ouvert en décembre
1860. Il peut décider de presque tous les détails. Les travaux démarrent en 1861. C'est un
chantier monumental, qui permet au régime de montrer son pouvoir. Ce monument est dédié
à l'art lyrique, qui nous renvoie de par ses nombreuses références au baroque en Italie du
XVIème siècle. L'architecte a cherché à donner une impression de magnificence et de
puissance par la profusion des couleurs et des décorations. C'est également une sorte de
paradoxe puisque les salons, escaliers et couloirs prennent plus de place dans le bâtiment que
la salle de spectacle elle-même. Les travaux sont stoppés en 1870 avec la guerre contre la
Prusse et la chute de Napoléon III puis reprennent en 1873. Le bâtiment est inauguré en 1875.
L'opéra Garnier, monument emblématique du XIXème siècle, est un chef-d’œuvre du style
Napoléon III.
Plus populaire que l'opéra Garnier, le théâtre du Châtelet remplace celui du Cirque
Impérial qui fut démoli avec les travaux hausmanniens. Cet ancien théâtre était un des plus
fréquentés grâce aux pièces de féerie qui plaisaient à la population (voir glossaire).
Le théâtre du Châtelet participe donc à l'image populaire du théâtre.

1.3.3 les théâtres:

Pendant le XIXe siècle, la distraction préférée des Français est le théâtre. Le Second
Empire est une période essentielle pour cette forme d'art. La « comédie sociale » est à la
mode avec Emile Augier et Alexandre Dumas qui mettent met en scène des personnages
ordinaires dans la vie quotidienne avec leurs interrogations et leurs faiblesses. (Exemple : La
Jeunesse , comédie en 5 actes et en vers, par Emile Augier, représenté au Second Théâtre-
Français à Paris le 6 février 1858).
On constate le succès du vaudeville (voir glossaire). Eugène Labiche, très admiré par Émile
Zola et Gustave Flaubert, en est un des plus grands auteurs. Une centaine de ses pièces sont

9
jouées sous le Second Empire. On peut citer Le Voyage de M. Perrichon (1860), La Poudre
aux yeux (1861) ou La Grammaire (1867). Ces pièces sont tout de même censurées. C'est une
période prospère également pour les opéras d'Offenbach. Labiche et Offenbach peuvent tous
deux être vus comme des collaborateurs du régime, même si dans ses opérettes (Orphée aux
Enfers, La Belle Hélène) Offenbach critique le pouvoir. Étonnement, ces représentations
amusent beaucoup l'empereur.
Suite à la libéralisation de l'empire, la censure est allégée en 1864. Par exemple la pièce
Hernani de Victor Hugo, exilé, peut enfin être rejouée à partir de 1867. Celle-ci remporte un
succès retentissant durant l'exposition universelle de 1867.
Auparavant, les drames romantiques étaient sévèrement censurés, pour cause de non-
respect des règles du théâtre classique (règle de bienséance, règle de la vraisemblance, règle
des trois unités). Chaque pièce devait être examinée avant d'être éventuellement présentée au
public.
En janvier 1864, le régime adopte un décret très important car celui-ci proclame la « liberté
des théâtres ». Il y avait auparavant de nombreuses restrictions concernant les genres de
pièces ou encore le nombre de théâtres, qui lui était limité, avec le système du privilège. La
liberté des théâtres fait partie du programme de Napoléon III, qui a pour but d'apporter dans
l'empire du libéralisme. C'est un nouveau régime politique qui remplace la dictature de
l'Empire.
De nombreuses représentations ont lieu sous le Second Empire, et
on peut d'ailleurs y trouver toutes les catégories sociales (roturier,
bourgeois, noble...). Les salles de théâtre représentent également
pour les classes plus aisées un lieu de rencontres et de
sociabilisation, les loges pouvant effectivement servir de salons
privés.
L'opéra est également très apprécié : Verdi, compositeur d'opéra est
à cette époque très populaire avec des œuvres telles que Les
Affiche de Don Carlos, de
Vêpres siciliennes (1855) et Don Carlos (1867) qui ont été écrites Giuseppe Verdi
spécialement pour les expositions universelles. Source : Télérama hors-
série n°203, Regards sur
L'échec de Wagner avec le Tannhaüser en 1861 crée un contraste
le second Empire,
entre les deux hommes. septembre 2016
Les cafés-concerts ont à nouveau le vent en poupe durant
le Second Empire. A l'origine, ce sont des cafés où des musiciens et chanteurs peuvent se
produire. De nombreuses chansons sont censurées mais apparaît alors en 1867 pour ces
10
établissements la possibilité de jouer des pièces de théâtre. Les cafés-concerts deviennent peu
à peu très populaires car ils sont facilement accessibles et peu chers. Une chanteuse très
célèbre à l'époque y fait son apparition, elle se nomme Thérésa.

1.3.4 La Fête impériale :

La fête impériale se déroule dans les salles redécorées dans le Louvre ou les Tuileries.
Ces fêtes sont organisées afin que le Second Empire s'affirme à l'échelle mondiale et pour
donner une bonne image au monde entier. Pour impressionner, des projecteurs électriques
sont installés dans les jardins. Pour cette occasion, les artistes officiels, Carpeaux par
exemple, peignent sous les commandes de l’État.
La Fête impériale comprend plusieurs divertissements tels des comédies, des ballets, des
spectacles, des bals costumés et des concerts.
Pour poursuivre la fête, une chasse entre hommes avec des peintres, des architectes et des
hommes hauts placés est organisée à Compiègne, tandis que les femmes sont dans le froid à se
servir du punch.
C'est aussi une fête ouverte aux bourgeois et aux écrivains. Il y a ainsi des réceptions aux
Tuileries avec dîners, grands bals et bals travestis pour le carnaval. On peut y trouver environ
quatre mille invités à la fois.

Jean-Baptiste Carpeaux, Bal Costumé au


Palais des Tuileries, 1867, huile sur toile,
dimensions, conservé au Musée d'Orsay
Source :
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jea
n-
baptiste_carpeaux,_ballo_in_maschera_al_pa
lazzo_delle_tuileries,_1867.JPG

11
Le peintre Jean-Baptiste Carpeaux a réussi à rendre compte de l'ambiance qui
régnait lors de ces somptueuses réceptions, auxquelles il a pu assister grâce à ses relations
privilégiées avec la famille impériale. L'atmosphère et la lumière dorée mettent en valeur les
personnages, parmi lesquels on peut facilement reconnaître Napoléon III.

1.3.5 Les musées :

Napoléon III s'investit beaucoup pour les musées de France. Il fait notamment
beaucoup d'achats et de dons d’œuvres pour soutenir les artistes et équiper les différents
établissements. De nombreuses galeries font leur ouverture sous le second Empire, leur
nombre passant de 30 au début du XIXème siècle à 200 à la chute du Second Empire (ex :
musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye en 1867).

1.3.6 l'art mêlé à l'industrie :

Durant l'exposition universelle de Paris de 1855, les organisateurs dédient une section
à l'art dans le but de surpasser les Anglais, qui ont déjà organisé la première exposition en
1851, ainsi que de faire paraître la France comme la « nation des arts ». Une autre exposition
a lieu douze ans après, du 1er avril au 3 novembre 1867 et cette fois-ci, l'Empire a vu les
choses en beaucoup plus grand puisqu'elle est quatre fois plus grande que la précédente. Elle
accueille également, au milieu des meubles et des machines, des œuvres d'art. Les visiteurs
peuvent aller admirer les tableaux de Manet et Courbet, qui sont exposés en même temps au
salon des refusés. Malgré l'engouement général et le nombre astronomique d'entrées (onze
millions de visiteurs environ), des personnalités reprochent à l'exposition de ne pas mettre
suffisamment en avant l'art, comme le disent Edmond et Jules Goncourt dès le 16 janvier
1867 : « L'exposition universelle, le dernier coup à ce qui est, l'américanisation de la France,
l'Industrie primant l'Art, la batteuse à vapeur rognant la place du tableau, les pots de
chambre à couvert et les statues à l'air -en un mot, la Fédération de la matière. Je crois que
nous finirons par mourir avec l'idée que personne n'a lu un livre ni vu un tableau. ».

12
1.3.7 La photographie : un art ou un procédé ?

Bien que découverte dès le début du XIXème siècle, la photographie ne commence à


faire ses preuves que dans les années 1850.
En effet, l'année 1851 est une année très importante pour
la photographie, puisque c'est à partir de cette année-là que sont
organisées les premières expositions et commandes de l’État
français. Cinq photographes sont alors sollicités pour
photographier les anciens monuments nécessitant des
restaurations : Bayard, Le Secq, Baldus, Mestral et Gustave Le
Gray. Ce dernier deviendra par la suite le photographe officiel
de la famille impériale. Il photographiera notamment
l'impératrice Eugénie à plusieurs reprises, comme sur ces
portraits où elle est représentée en train de prier. La L'impératrice Eugénie,
photographiée par Gustave
photographie est utilisée par l'Empire beaucoup plus que la
Le Gray
gravure. Elle rapproche Napoléon III de ses sujets car il Source : Télérama hors-
apparaît plus décontracté que sur ses portraits officiels. série n°203, Regards sur
le second Empire,
Le portrait et le paysage sont deux genres de la septembre 2016
photographie qui attirent beaucoup et offrent de nombreuses
possibilités artistiques. Fin 1853, le portrait photographique se développe, car même s'il faut
dépenser entre cinquante et cent francs pour se faire photographier, les portraits peints quant à
eux restent beaucoup plus chers. De nombreux artistes de l'époque se font photographier par
un célèbre photographe du nom de Gaspard-Félix Tournachon, aussi appelé Nadar. Il est
aussi très demandé pour faire les portraits de familles aisées pouvant payer cent francs une
photographie. Nadar a notamment réalisé des portraits d’Émile Zola et du poète Charles
Baudelaire, qui était pourtant un fervent opposant de la photographie.
On peut également se demander si la photographie n'est qu'un procédé, car elle est
utilisée pour faire des reproductions photographiques d’œuvres, notamment à la Maison
Goupil à partir de 1858. Cependant, le lancement de la reproduction massive des œuvres
montre la progression du marché de l'art. La photographie a aussi une portée informative.
Le ministre de la guerre commande effectivement entre 1856 et 1857 un reportage
photographique sur l'Algérie.
Considérée comme une manière moderne de capturer un instant ou une personne sur

13
le vif, la photographie est, pour beaucoup, une nouvelle façon de voir le monde.

Emile Zola (à gauche) et Charles Baudelaire (à droite) photographiés par Nadar


https://www.flickr.com/photos/wikimediacommons/16219235889
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Charles_Baudelaire_1855_Nadar.jpg

Enfin, à Paris et à Lyon, les cours de dessin du soir rencontrent un franc succès,
montrant ainsi un véritable engouement pour l'art.

14
2. Un art officiel.

2.1 L'Académie, ancrée dans la vie artistique au XIXème siècle :

L'Académie des Beaux Arts est une école qui joue un rôle majeur dans la vie
artistique du XIXème siècle. Elle est fondée en 1816 et son siège se trouve à Paris. Cette école
hérite de L'Académie royale du XVIIème siècle. En effet, tout peintre souhaitant se faire
reconnaître et gagner sa vie avec ses œuvres doit impérativement passer par cette école. Cette
académie très célèbre est l'héritière des Académies royales de sculpture et de peinture.
Le but premier de l'Académie des Beaux-Arts est de soutenir les artistes avec des
aides aux projets, en desservant des prix et en organisant des concours. Ainsi, pour assurer la
réussite les élèves de l'Académie des Beaux Arts, l'école organise des concours d'émulation
(composition historique, paysage historique), mais aussi le célèbre concours du Prix de Rome
depuis 1663. Pour participer à ce concours, il faut être un homme célibataire de moins de
trente ans et avoir été à l'école des Beaux-Arts. Des thèmes sont imposés, ainsi le thème
durant les concours de 1857 et 1858 est la religion. Les gagnants deviennent pensionnaires à
l'Académie de France à la villa Médicis à Rome et voient leur nombre de commandes
augmenter d'un seul coup. Ils ont également la certitude d'être exposé au Salon. Le jury
certifie que l'artiste ayant remporté la victoire est désormais un artiste professionnel. A
travers ces différents projets, les résultats obtenus par les élèves leur permettent de progresser
dans leur cursus. Ils doivent également s'entraîner et pour cela ils s'inscrivent dans des
ateliers privés dont le plus célèbre est l'Académie Julien, ouverte en 1868.
Il arrive à l'empereur de venir voir les peintres à l'Académie et d'en choisir quelques
uns afin de les faire participer à des œuvres sur la cour.

2.2 Un art académique :

L'art académique, dit pompier ou encore officiel, remporte beaucoup de succès au


XIXème siècle. Il est en effet très apprécié du public avec ses scènes religieuses et
mythologiques. Ingres et Delacroix connaissent leurs dernières heures de succès avec leurs
tableaux romantiques. Le talent de Delacroix est reconnu très tardivement. Il reçoit des
commandes officielles comme les plafonds de l'Assemblée nationale et du Sénat.

15
L'art officiel trouve du succès auprès de la bourgeoisie mais aussi de l'aristocratie qui
ressent une forme de nostalgie pour l'ancien régime.
Le régime favorise les tableaux qui dépeignent une image douce de la campagne et
du monde paysan (exemple : Le Rappel des glaneuses, Jules Breton) contrairement aux
artistes réalistes. Le pouvoir ne prend pas de risque en laissant dans l'ombre les courants
artistiques novateurs.
Les critères de l'art académique sont très précis. Le nu fait partie de la peinture
académique, il a rôle très important notamment dans l'apprentissage du dessin.
Les artistes doivent donc, dans leurs œuvres, montrer une étude minutieuse du nu, mais aussi
affirmer la primauté du dessin sur la couleur, donner à leur travail une fois terminé un aspect
fini, préférer le travail en atelier au travail en extérieur et enfin imiter les anciens et la nature.
Les artistes officiels sont reconnus comme tels car ils ont été admis aux Beaux-Arts.
Certains peignent pour l'Empereur Napoléon III notamment pour des commandes de
portraits impériaux, comme Franz Xaver Winterhalter. Ce grand peintre officiel reçoit une
médaille à l'Exposition Universelle de 1855 pour son tableau L'Impératrice Eugénie entourée
de ses dames d'honneur.
C'est peut-être à la sculpture que cette période profite le plus. Beaucoup de nouvelles
pièces sont ajoutées dans les musées. Des sculpteurs sont sollicités pour décorer les villes, qui
sont en pleins travaux. Citons par exemple Carpeaux, Dalou et Carrier-Belleuse. De plus,
Antoine-Louis Barye devient célèbre grâce à ses sculptures d'animaux. Après avoir reçu en
1855 la médaille d'or de l'Exposition universelle, il reçoit de nombreuses commandes
officielles. Son œuvre Napoléon III à cheval exposée au Louvre provoque néanmoins de
l'ironie chez les républicains : « On sait que M. Barye est notre plus célèbre sculpteur
d'animaux. ». Les passants peuvent admirer de nombreuses sculptures au cimetière du Père-
Lachaise, que l'on peut considérer comme un véritable musée à ciel ouvert.
Les artistes officiels les plus connus sont : Alexandre Cabanel (artiste très à la mode),
Franz Xavier Winterhalter, Léon Bonnat, Thomas Couture, Henri Gervex, Jules Breton, Jean-
Baptiste Carpeaux, Gros, Jean-Léon Gérôme, Hippolyte Flandrin.

Quelques exemples d'œuvres d'artistes officiels :


– La Naissance de Vénus, Cabanel ;
– ,Napoléon III,empereur des Français,Winterhalter ;
– Réception des ambassadeurs siamois par l'empereur au palais de Fontainebleau,

16
Jean-Léon Gérôme ;
– Portrait en pied de Napoléon III, en uniforme de général de brigade, dans son grand
cabinet aux Tuileries, Hippolyte Flandrin.

Jean-Léon Gérôme, Réception des ambassadeurs siamois par l'empereur au palais de


Fontainebleau, 1864, huile sur toile, dimensions 128cmx260cm, conservé au Musée national
du Château de Versailles
Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jean-Leon_Gerome_001.JPG

Ce tableau témoigne de la volonté de l'Empereur à ouvrir la France au monde


extérieur. Il représente l'empereur, sa famille et une partie de sa cour en présence des
ambassadeurs du Siam le 27 juin 1861. Il correspond parfaitement à l'art pompier car
Gérôme en est le chef de file. C'est également une commande officielle de l'Etat, qui a tenu à
ce que ce soit ce peintre qui l'exécute, car il était habitué à peindre des scènes orientales.
D'ailleurs, ce tableau est empreint d'un un certain exotisme.

2.3 Le Salon, une institution respectée mais aussi critiquée :

Le Salon, dit des « artistes vivants », est une exposition régulière d’œuvres d'art qui se
tient au palais du Louvre. On parle de « salon officiel » dès l'année 1737. Il est organisé par
l’État et au XIXème siècle, c'est la principale et la plus attendue exposition d'art contemporain
à Paris. Le Salon est, pour les artistes, un moyen de se faire connaître et de progresser dans sa

17
carrière. En effet, l'admission au Salon confère le statut d'artiste professionnel.
Le jury, constitué d'artistes nommés par l'Académie elle-même, privilégie les
portraits d'apparat tels que ceux de Winterhalter, le nu, mais aussi l'orientalisme et la
fantaisie néogrecque. Les thèmes prépondérants, très classiques, sont l'histoire ainsi que la
mythologie grecque et romaine.
Toutefois, la tolérance à propos des tableaux pouvant y être exposés est assez élevée
puisque le jury accepte un certain degré de réalisme.
Cependant, certains dénoncent le fait que les peintres du Salon aient tendance à « faire
du nu pour le nu » car sous prétexte que la reproduction du nu, comme nous l'avons dit
précisément, est primordiale aux Beaux-Arts, on voit surgir de nombreuses Vénus des
ateliers. Le système de ce salon est également très controversé. Le critique d'art Edmond
About dit notamment à propos de cette institution : « Un atome de bon sens vaut mieux que
tout l'esprit dépensé en dix ans par les surintendances ».
Quelques exemples de tableaux exposés au Salon :
– La Naissance de Vénus d'Alexandre Cabanel, très apprécié par les artistes officiels et
le public ;
– La Perle et la Vague de Paul Baudry prisé pour son érotisme.

2.4 Un exemple d'artiste officiel : Jean-Baptiste Carpeaux.

Jean-Baptiste Carpeaux naît le 11 mai 1827 à Valenciennes. Alors qu'il est encore
jeune, il décide d'entamer des études d'art et plus précisément de sculpture à l'Académie
d'architecture, de sculpture et de peinture de sa ville natale. C'est une formation qui dure
pendant quelques mois, entre 1837 et 1838. Après l'arrivée de sa famille à Paris en 1838, il
entre à la Petite Ecole et suit une formation de dessin. Il rentre dès 1844 à l'école des Beaux-
Arts puis expose pour la première fois au Salon de 1852.
Carpeaux est désireux de remporter le prix de Rome mais ne le remporte qu'à sa
septième tentative en 1854 avec Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax.
Cependant, il se trouve retardé face à un amas de commandes et il n'arrive à la capitale
italienne qu'en 1856. Là, il étudie surtout les grands maîtres tels que Michel-Ange ou
Raphaël. Il éprouve beaucoup d'admiration pour le premier, et il aura une grande influence
sur son travail. En effet, dans ses œuvres d'art, Carpeaux mélange aussi bien le baroque qu'un
style plus contemporain qu'il tient de ses observations.
18
Carpeaux obtient un premier grand succès avec sa sculpture
Ugolin. En 1863, l'architecte Lefuel lui commande un décor
pour une façade. Il consacre à cette œuvre une majeure partie
de sa vie, en effet le chantier n'est achevé qu'en 1866. Ami
avec l'architecte Charles Garnier, il participe également au
chantier du nouvel opéra. C'est pour ce projet qu'il sculpte
La Danse, œuvre qui fait scandale lors de son dévoilement en
1869. Elle est jugée obscène par le public, et Carpeaux doit
même faire appel à l'Empereur pour que l’œuvre ne soit pas
retirée.
Napoléon III connaît bien le sculpteur et le soutient
Jean-Baptiste Carpeaux,
puisque la famille impériale pose souvent pour des portraits Autoportrait, 1874, huile sur
officiels. Carpeaux a été introduit en 1862 à la cour impériale toile, conservé au Musée
par Eugène d'Halwin de Piennes, qui se trouve être son d'Orsay

mécène. L'empereur l'a remarqué suite à la réalisation d'unSource :


https://fr.m.wikipedia.org/wiki
buste de la princesse Mathilde et lui commande ensuite
/Fichier:067_Jean-
plusieurs œuvres. Présent à la fête impériale, il fait
Baptiste_Carpeaux_Autoportr
notamment le portrait de l'empereur, de son épouse Eugénie ait.jpg
et de son ami Charles Garnier. Il peint également plusieurs
tableaux évoquant cette fête, dont Bal Costumé au Palais des Tuileries, 1867 (mentionné plus
haut) et Réception aux Tuileries, 1867.
Vers la fin de sa vie, Carpeaux retourne à Valenciennes puis meurt à Courbevoie (Île-
de-France) au château de Bécon suite à un cancer de la vessie très éprouvant.

19
Jean-Baptiste Carpeaux, La Danse, 1869, conservé au Musée d'Orsay
Source : https://en.wikipedia.org/wiki/File:Danse_Carpeaux_1.jpg
Nous pouvons y voir plusieurs femmes dénudées tournoyant autour du Génie de la danse.
Sa nature extraordinaire est visible grâce à la présence d'ailes dans son dos. C'est ce cortège
de bacchantes, invitant à un certain relâchement et à la fête, qui a généré le scandale.

20
3. L'apparition d'artistes de plus en plus libres.

3.1 Un art indépendant.

L’art non officiel est méprisé par le régime car il marque une rupture dans la société
française. C'est d'abord une rupture politique, certains peintres n'adhèrant pas aux idées de
Napoléon III, puis esthétique, sociologique car de nouveaux artistes éloignés de l’aristocratie
apparaissent et enfin « géographique » car, en effet avec la première Révolution Industrielle
les peintres cherchent à s’éloigner des innovations industrielles. L’Art non officiel est
représenté par des peintres bien connus tels que Jean-François Millet, Charles-François
Daubigny, Théodore Rousseau, Auguste Renoir, Camille Corot ou encore Édouard
Manet. Il n’y a pas de critères d’art non officiel à proprement parler mais la plupart des
artistes utilisent l’impressionnisme dans leurs tableaux, même si ce mot n'apparaîtra que sous
la Troisième République. Ils peignent des paysages pour représenter la beauté simple de la
nature et des portraits, souvent de femmes. Beaucoup de peintres peignent également de
manière réaliste, le réalisme étant un courant très important à l'époque. C'est Courbet qui
donne son nom à ce mouvement avec son tableau Un enterrement à Ornans, qui fait l'objet de
nombreuses critiques lors du Salon de 1850. Jean-François Millet est lui aussi un peintre
réaliste. Les artistes réalistes désirent peindre une nature qui n'est pas dévastée par les effets
de la Révolution Industrielle. C'est une volonté que l'on retrouve dans l'école de Barbizon,
dont les maîtres sont Corot, Rousseau et Daubigny. Cette école, située près de Fontainebleau,
prône la peinture en extérieur et donne beaucoup d'importance à la lumière.

Quelques exemples d'oeuvres réalisées par des artistes indépendants :


– Le Déjeuner sur l'herbe, Edouard Manet ;
– Les Baigneuses, Gustave Courbet ;
– L'Homme à la houe, Jean-François Millet ;
– Le Pêcheur, Charles-François Daubigny ;
– Le Village de Becquigny, Théodore Rousseau ;
– Charles et Georges Durand-Ruel, Auguste Renoir.

21
Jean-François Millet, L'Homme à la houe, 1860-1862, huile sur toile, dimensions
80cmx99cm, conservé au Getty Center à Los Angeles
Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jean-Fran%C3%A7ois_Millet_-_L
%27Homme_%C3%A0_la_houe.jpg

Jean-François Millet n'est à l'époque reconnu que pour son tableau Angélus qui
montre la ferveur religieuse des classes les plus modestes. Mais il est avant tout le peintre du
travail, qu'il représente de manière réaliste. Ici, un paysan tient une houe, le dos courbé sous
l'effort et le poids de l'ouvrage. Malgré qu'il soit harassé, il semble attaché à sa terre, ce que
l'on peut voir par ses habits, ses mains et son visage terreux. Ce tableau représente
parfaitement l'art indépendant de par le réalisme qui s'en dégage.

3.2 Le salon des refusés :

Napoléon III, bien qu'il soit décontenancé face au nouveau courant artistique
émergeant, crée en 1863 le « salon des refusés » afin que les œuvres refusées à l'exposition
au Salon soit tout de même exposées. De nombreuses personnes trouvent le jury du Salon
trop sévère et pensent que beaucoup d'injustices ont été commises. Mais le grand nombre de
tableaux refusés est compréhensible car il y a à l'époque trop de tableaux candidats. Le jury

22
doit donc faire preuve de sévérité et impose même un numerus clausus. 450 artistes sont ainsi
accueillis après avoir été refusés au Salon. Le Salon des Refusés est également un moyen
pour les artistes n'ayant pas réussi aux Beaux-Arts de se faire connaître, ne pouvant
effectivement pas exposer leurs œuvres au Salon. La devise de cette exposition est
«Sans jury, ni récompenses», ce qui montre ainsi la liberté dont jouissent les artistes
du Salon. Il y a eu au total quatre expositions : en 1864, 1873, 1875 et 1886 ; la
première exposition ouvre donc un an après l'ouverture du Salon des Refusés. Les
artistes cherchent une reconnaissance officielle pour d'éventuelles commandes
publiques et obtenir une clientèle pour gagner leur vie. Y exposent des artistes connus
comme Monet, Pissaro, Renoir mais aussi Manet avec son tableau Le Déjeuner sur
l'herbe (1863). On y trouve aussi des tableaux réalistes comme la Symphonie en blanc n°1 de
James Whistler (1862). Le salon des refusés est, pour beaucoup d'artistes, une « école
réaliste » ; de nombreux tableaux appartenant à ce mouvement ou s'en rapprochant y sont
exposés, tel l'Autoportrait, la tête légèrement baissée (1861) d'Henri Fantin-Latour, un tableau
réaliste mais en somme assez lugubre.
L'ouverture du salon des refusés montre donc en quelque sorte que le régime prend bel et bien
un tournant libéral.

Henri Fantin-Latour, Autoportrait, la tête légèrement baissée, 1861, huile sur toile,
dimensions 25x21,4cm, conservé à la National Gallery of Art de Washington
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Henri_Fanti-Latour_selfportrait_1861.jpg

23
3.3 Un exemple d'artiste indépendant : Camille Corot.

Durant le Second Empire, le pouvoir méprise l'art non officiel, qui continue tout de
même d'évoluer, certes difficilement. Courbet, Millet, Daubigny… en sont les représentants.
Malgré l'académisme triomphant, les artistes indépendants deviennent de plus en plus
populaires auprès du peuple dont Camille Corot. Ce dernier finit par être remarqué par le
public grâce à son talent visible dans ses portraits et ses paysages qu’il peint lors de ses
voyages. Corot devient même la source d’inspiration des impressionnistes, grâce à la
grande expressivité qui se dégage de ses tableaux, notamment de ses portraits.
En dépit du fait que Corot soit un artiste indépendant, ses œuvres figurent dans les collections
privées de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie.

Camille Corot, L'Étang de Ville d'Avray, 1865, huile sur toile, dimensions 40 x 61,5 cm,
conservé au Musée des Beaux-Arts d'Agen
Source : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Camille_Corot_-_L
%27Etang_de_ville_d%27Avray.jpg

Camille Corot possède une maison à Ville-d'Avray. Il en a peint les paysages et


notamment cet étang, au bout duquel on peut apercevoir sans doute l'habitation du peintre.
Les couleurs plutôt froides de la composition participent à la mise en place d'une atmosphère
paisible. Le personnage présent au premier plan a en effet l'air reposé. La présence d'une
nature abondante permet également d'alléger l’œuvre.
24
Camille Corot, peintre français, est né le 16 juillet 1796 à Paris et est mort le 22 février
1875 dans la même ville. Lors de ses voyages et de ses pèlerinages il peint les paysages avec
des petits personnages notamment ceux de Ville-d'Avray (voir tableau ci-dessus). Il
commence sa carrière en se présentant au Salon avec son œuvre Agar dans le Désert
illustrant un épisode de la Genèse. Il rencontre un franc succès. Corot continue de participer
au Salon abordant les thèmes mythologiques et religieux. Toutefois il n'accède pas aux
écoles, les artistes « modernes » regrettant le goût de Corot pour le néoclassicisme. Les
Néoclassiques, quant à eux, considèrent les tableaux de Corot trop réalistes. Plusieurs artistes
considèrent Corot comme le précurseur de l’impressionnisme. Les impressionnistes
essaieront, en vain, de le faire participer à leur première exposition en 1874.

Camille Corot, Agar dans le désert, 1835, huile sur toile, dimensions 180,3x270,5 cm,
conservé au Metropolitan Museum of Art
Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Agar_dans_le_desert.jpg

Ce tableau est le premier de Corot mais également un des plus grands. L'artiste a peint
une scène religieuse, ce que l'on peut voir à la présence d'un ange volant dans le ciel à
l'arrière-plan. On remarque aussi les deux personnages sur les rochers au premier plan, il
s'agit d'Agar et d'Ismaël, qui sont respectivement la servante et le fils d'Abraham. Le
paysage aride et désertique est la création de Corot mais celui-ci s'est tout de même inspiré
de ses études de la nature.

25
4. Analyse de tableaux d’artistes officiel et indépendant.

4.1 Analyse d’un tableau officiel : La Naissance de Vénus, Alexandre


Cabanel.

Alexandre Cabanel, La Naissance de Vénus, 1863, huile sur toile, dimensions 130x225cm,
conservé au Musée d'Orsay
Source : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Alexandre_Cabanel_-_The_Birth_of_Venus_-
_Google_Art_Project_2.jpg

La Naissance de Vénus est le tableau le plus admiré du Salon. Témoin de la beauté de


cette Vénus, Napoléon III l'achète d'emblée. Nous pouvons voir sur cette toile la déesse de
l’amour et de la beauté qui est un personnage de la mythologie gréco-romaine allongée sur la
mer plutôt calme d’un bleu plus intense que le bleu du ciel. Notons aussi qu’un rose pâle se
dégage des nuages, représentant l’aurore. Nous avons donc des couleurs douces qui apportent
lumière et appellent à l’apaisement et à la sérénité. Vénus se réveille devant les anges
figurant à l’arrière-plan, elle est un symbole de beauté et de perfection car son corps ne
comporte aucun défaut, elle n’a aucun poil et a de magnifiques cheveux longs : la Vénus est
donc conforme aux règles du Second Empire. La nudité envahit le tableau mais n’est pas
objet de quelconque scandale étant donné que celui-ci représente un personnage
mythologique à l’allure parfaite ainsi que des anges. On peut y voir l’Art Pompier car celui-ci
oblige à situer une ligne d’horizon au tiers inférieur de la toile, dans ce tableau la belle Vénus
la traverse avec son corps allongé.
26
4.2 Analyse d’un tableau non officiel : Le Déjeuner sur l’Herbe,
Édouard Manet.

Édouard Manet, Le Déjeuner sur l’Herbe, 1863, huile sur toile, dimensions 206 x 265 cm,
conservé au Musée d'Orsay
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:%C3%89douard_Manet_-_Le_
%C3%A9jeuner_sur_l%27herbe.jpg

Le Déjeuner sur l’Herbe de Manet est probablement le tableau qui a fait le plus
scandale lors du Second Empire, en effet celui-ci représente une femme nue accompagnée
de deux hommes habillés dont un semble montrer du doigt la femme dénudée en pleine
nature au centre du tableau. Il y a également une autre femme légèrement vêtue en arrière-
plan. La femme dénudée de tout vêtement est la plus marquante du tableau, elle est baignée
dans la lumière et la pâleur de son corps ressort des couleurs sombres présentes dans ce
tableau. Elle est marquée par des plis disgracieux, marquant l’imperfection qui n’a pas sa
place à l’époque. Les hommes font presque partie du décor, étant donné les couleurs sombres
de leurs habits qui ressemblent étonnamment aux couleurs des arbres et de la nature. Le
panier de mets est renversé et apporte une touche de couleur au tableau, il est un élément
appelant au scandale étant donné les vêtements éparpillés, on peut supposer que ceux-ci
appartiennent à la femme nue, cela appelle à la luxure. Cependant, l’arrière-plan qui
comporte la deuxième femme est plus coloré et plus vif que le premier plan car on peut y voir
une source d’eau, laissant à supposer que la femme s’y baigne. Le fait de voir une femme nue
27
ne se baignant pas et une femme vêtue se baignant est un paradoxe amusant. Ce tableau a en
effet troublé Napoléon III. On raconte même que son épouse Eugénie l'aurait frappée avec
son éventail. Lors de son exposition, les spectateurs sont pour certains indignés et pour
d'autres, secoués d'un fou rire. En effet, il est inconcevable à cette époque de voir des femmes
dénudées entourées d'hommes habillés dans un environnement champêtre. Aux yeux du
public, ce tableau est considéré comme indécent.

28
Conclusion :

Napoléon III, désireux de faire de Paris la capitale mondiale de l’art, s’est impliqué
activement dans la vie culturelle notamment en donnant une grande importance à
l’Académie des Beaux-Arts pour former les artistes et en les soutenant avec des commandes
et des achats d’œuvres. Il a donc participé à la renommée de son époque et de la capitale.
Ainsi, nous avons appris qu'il existait, en plus d'un art officiel, un art indépendant
avec des artistes possédant des convictions politiques différentes de celles du régime en
place. Ces artistes ont évolué en marge de l'art académique, et laissés dans l'ombre par l’État,
ils ont dû se contenter du « salon des refusés » tandis que leurs homologues, partisans de
l'empire, étaient admirés au Salon. La place des artistes officiels étaient donc auprès de la
famille impériale, certains comme Jean-Baptiste Carpeaux en étaient d'ailleurs très
proches, tandis que les artistes indépendants peignent de leur côté au sein de la société,
défendant parfois un courant artistique ou même des idées politiques. Nous avons
également pu voir que les arts occupaient une place très importante au sein de la vie culturelle
du Second Empire, ainsi le marché de l'art s'est beaucoup développé notamment avec la
photographie. Les différentes classes sociales se trouvaient même mélangées lors de
représentations théâtrales.
Enfin, les œuvres réalisées sous le second Empire et leurs artistes ont parfois fait
l'objet de scandales et ont été souvent -violemment ou non- critiqués, entre autres par des
critiques d'art tels Émile Zola ou encore Edmond About. On peut alors se demander quel
rôle ont joué les critiques d'art dans la vie artistique du Second Empire.

29
TPE : La fiche de synthèse personnelle par DEBRAY Jadenis
Classe de 1L2
Partenaire de groupe : DEBRAY Ninon
Sujet : « L’art sous le Second Empire »
Les matières concernées : Art et Histoire
Thème : Individuel et Collectif
Problématique :Quelle place occupent les arts/artistes sous le Second Empire ?

Les raisons du choix


Pour commencer, ma camarade et moi nous nous étions mises toutes les deux d’accord pour
travailler sur le thème de « Dictature et Démocratie » ; le plus dur a été de trouver un sujet qui
convenait aux professeurs qui nous encadraient ainsi qu’à nous mêmes. Nous avons tout
d’abord pensé à l’art dans les dictatures d’Hitler, de Staline ou encore de Mussolini et tous ce
qui touchait la Seconde Guerre Mondiale, notamment la propagande et les différents artistes
qui dénonçaient le régime totalitaire à travers leurs œuvres ainsi que l’art dégénéré, nous
pensions que ce serait une bonne idée avec nos multiples connaissances acquises aux fils des
années sur le sujet. Toutefois, sans surprise, nos professeurs, après nous avoir écoutés et
conseillés, nous ont orientés vers d’autres sujets, notre idée étant très commune et très
classique. C’est au bout d’environ 4 séances que nous avions trouvé notre sujet final : « L’art
sous le Second Empire » avec l’aide et les conseils de nos professeurs qui nous avaient
recommandés le XIXème siècle, nous avons fini par parler de ce sujet car nous n’avions que
très peu de connaissance sur l’art à cette époque (mis à part la littérature et l’impressionnisme)
et nous considérions qu’il serait intéressant d’en apprendre davantage, surtout dans le cadre
d’un examen.

Les étapes de la démarche


Nous avions deux heures de TPE chaque semaine :
Nous avons commencés nos recherches avec une revue au CDI du lycée intitulée « Arts et
pouvoir de 1848 à nos jours » de Philippe Poivrier (Édition Scérem) qui expliquait les formes
d’arts dont la sculpture, la littérature mais aussi de l’impressionnisme. L’Académie des Beaux
Arts, le Salon et la Fête impériale étaient étudiés. Nous avons beaucoup appris grâce à cette
revue, notamment le fait qu’il y ait un Salon des refusés ou encore que l’œuvre d’Édouard
Manet, « Le Déjeuner sur l’Herbe » fut un véritable scandale à son époque de parution. Nous
30
avons essayé de chercher des informations complémentaires dans les documents que le CDI
mettait à notre disposition, en vain. Cependant, les sites internet sur ce sujet fut une caverne
d’informations qu’il nous fallait de trier, nous avons visités beaucoup de sites que ce soit pour
une recherche générale (La politique de Napoléon III) ou pour une recherche précise
(Biographie de Camille Corot) dont les liens figurent en haut de page de notre TPE dans la
rubrique des sources.
Nous nous sommes réparties le travail, Ninon a rassemblé toutes nos idées et je me suis aidé
de son rassemblement d’information pour commencer à rédiger. J’ai rédigé la présentation
générale du Second Empire, la partie traitant de la fête impériale, des académies (Beaux Arts),
des artistes indépendants, notamment le paragraphe sur Camille Corot et du « Salon des
Refusés » ...
Ninon a rédigé entre autres les paragraphes traitant Napoléon III, de l’aménagement urbain,
des musées et du Salon. Elle a également suggéré de faire l’analyse d’un tableau de
commande et d’un tableau peint par un artiste indépendant. Nous avons décidé, sur le conseil
de notre professeure d’Histoire-Géographie, d’inclure un organigramme des institutions du
Second Empire.

Mon bilan personnel


Au total j’ai consacré 26 heures aux TPE en classe, j’ai également consacré du temps libre à
perfectionner notre travail (1 heure par semaine environ). Mon rôle au sein de mon groupe a
été de faire de la prise de note sur les documents qu’on trouvait pertinent ma camarade et moi-
même, j’ai notamment beaucoup photographié des pages de livres à la Bibliothèque
Universitaire du Havre pour continuer la prise de note chez moi et ainsi, avec toutes nos
informations, commencer à rédiger. Ce fut un plaisir pour moi de rédiger étant donné que
j’apprécie écrire. Le plus dur pour moi a été celui de trouver un sujet et une problématique
puisque nous étions, au début, orientées vers un sujet commun que nous avons dû changer par
la suite et nous ne possédions que de très peu d’idées. Les TPE sont une véritable expérience
enrichissante pour tout élève selon moi, cela lui permet d’approfondir sur un sujet qui,
normalement, n’est pas forcément dans son programme scolaire et lui apporte de la culture
générale.
Pour conclure, l'art sous le Second Empire se présente de plusieurs manières : L'Art Pompier
et l'Art détaché de l'Empire. L'Art contribue à la culture du Second Empire ainsi qu'à la vie
politique via les portraits de la famille impériale.

31
Synthèse personnelle
DEBRAY Ninon
1ère Littéraire 2
Thème : Individuel et collectif
Disciplines concernées : Histoire-géographie et arts plastiques
Sujet : L’art sous le Second Empire
Problématique : Quelle place occupent les arts et les artistes sous le Second Empire ?
Membres du groupe : Jadenis Debray et Ninon Debray

Tout d’abord, j’ai souhaité former un groupe avec Jadenis car je savais que c’est une
amie sur laquelle je peux compter, mais aussi une élève sérieuse. Etant toutes les deux
complices, nous avons pu travailler dans une bonne ambiance. De plus, nos emplois du temps
respectifs étaient similaires, il nous a donc été facile de nous retrouver au CDI pour travailler
sur notre dossier en dehors des heures de TPE.

Ensuite, Jadenis et moi avons choisi de travailler sur le thème « Individuel et


collectif » car les sous-thèmes évoqués sur le site Eduscol nous inspiraient beaucoup. Nous
avons d’abord voulu travailler sur le sous-thème « démocraties et dictatures » avec, en tant
que sujet, la contestation de l’art dans les dictatures (et l’art contestataire de la dictature).
Malheureusement, nos professeurs nous ont déconseillé ce sujet car ils le trouvaient peu
original. Nous avons donc réfléchi à une période historique qui nous plairait mutuellement, et
avons ensuite décidé de travailler sur l’art durant le XIXème siècle. En soumettant notre idée
à nos professeurs, ceux-ci nous ont suggéré de traiter le sujet des artistes officiels et
indépendants sous le Second Empire. Je n’étais pas vraiment partante au début car j’avais peu
de connaissances sur ce sujet, mais cela m’a paru ensuite une bonne idée quand nous avons eu
des éclaircissements. Puis, nous avons décidé de parler dans notre dossier de l’ensemble des
arts, mais également des artistes sous le Second Empire. Il a ensuite été facile de trouver une
problématique puisque nous savions déjà que nous allions aborder le rôle des différents
artistes. La problématique fut donc choisie : Quelle place occupent les arts et les artistes sous
le Second Empire ?

En ce qui concerne la démarche, nous avons effectué des recherches au CDI pour
trouver de la documentation sur notre sujet. Nous avons trouvé quelques ouvrages qui nous
ont permis de commencer la prise de notes. Nous sommes également allées à la Bibliothèque
32
Universitaire du Havre où nous avons trouvé pas moins de cinq livres traitant le sujet de la vie
artistique et culturelle sous le Second Empire. J’ai par la suite trouvé d’autres documents sur
des supports différents, par exemple des émissions de radio. Si nous avions au départ
peur de ne pas trouver assez de documents, les recherches se sont par la suite révélées
fructueuses. Tous ces documents nous ont notamment aidées dans la conception du plan.
Quand il a été temps de rédiger, nous nous sommes réparties le travail. Jadenis a rédigé par
exemple la présentation générale du Second Empire, la partie traitant de la fête impériale, des
académies (Beaux-Arts), des artistes indépendants –notamment le paragraphe sur Camille
Corot- et du « salon des refusés ». J’ai pour ma part rédigé, entre autres, les paragraphes
traitant de Napoléon III, de l’aménagement urbain, des musées et du Salon. Nous avons
décidé, sur le conseil de notre professeure d’histoire-géographie, d’inclure un organigramme
des institutions du Second Empire. J'ai également suggéré de faire l’analyse d’un tableau
réalisé par un artiste officiel et d’un tableau peint par un artiste indépendant. A chaque début
de séance, nous faisions toutes les deux le point sur ce que nous allions rédiger.

Pour finir, les travaux personnels encadrés ont été une expérience très enrichissante
pour moi, même si c’était plutôt stressant pendant les premières séances car nous avions pris
du retard. Nous avons certes rencontré des difficultés en devant changer de sujet, trouver une
nouvelle problématique sans se décourager, mais je reste fière de notre idée et du travail
effectué. Jadenis et moi avons toujours travaillé dans une bonne ambiance, et le fait d’être à
deux était plaisant et motivant. Cela m’a beaucoup apporté car j’ai pu réellement m’investir
sur le long terme dans un travail de groupe. J’ai également découvert comment faire des
recherches documentaires dans une bibliothèque et comment rédiger le dossier, comme par
exemple, savoir éviter le plagiat. Enfin, j’ai acquis une somme de connaissances assez
conséquente sur le sujet des arts sous le Second Empire grâce aux TPE. Nous avons appris
que les artistes officiels se voyaient confier des commandes de l’État tandis que les artistes
indépendants occupaient une place moins privilégiée, cependant ils pouvaient évoluer avec
plus de liberté. Ce fut donc une expérience très intéressante, tant sur le plan culturel que sur le
plan scolaire.

33
Références bibliographiques et sitographiques :

Encycloepedia Universalis, Corpus 20 Rhéologie Silicates, Second Empire, art,


industrie, société p.785
POIRRIER Philippe. Art et pouvoir de 1848 à nos jours, 2000, éditions scéren
YON Jean-Claude. Les spectacles sous le Second Empire, 2010, éditions Armand
Colin
BRUYERE-OSTELLS Walter. Napoleon III et le second Empire, 2004, éditions
Vuibert
MAUDUIT Xavier & ERGASSE Corinne. Flamboyant Second Empire ! : et la
France entra dans la modernité, 2018, éditions Armand Colin
YON Jean-Claude. Le Second Empire, 2012, éditions Armand Colin
TULARD Jean. Dictionnaire du Second Empire, 1995, éditions Fayard, article
Carpeaux, p. 233
Télérama hors-série n°203, Regards sur le second Empire, septembre 2016
L’époque du second empire, l’art académique et les débuts du marché de l’art [en
ligne] http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?
pArticleId=170&pChapitreId=33730&pSousChapitreId=33733&pArticleLib=L
%92%E9poque%A0%3A+le+second+empire%2C+l%92art+acad
%E9mique+et+les+d%E9buts+du+march%E9+de+l%92art+%5BL
%92impressionnisme
LAURENTIN Emmanuel, LIATARD Séverine, KERVRAN Perrine, KIEN Anaïs,
ABOLIVIER Maryvonne, MARSSET Aurélie, CASSAR Séverine, FLEURY Anne,
ROUX Charlotte, SAMOUILOFF Véronique, DALMAR Renaud. Les arts sous le
Second Empire [en ligne] https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-
lhistoire/les-arts-sous-le-second-empire-14
Bibliothèque Nationale de Paris, Histoire de l’Opéra Garnier [en ligne]
http://passerelles.bnf.fr/dossier/opera_01.php
ODDOS Valérie. Henri Fantin-Latour, du réalisme au symbolisme, au musée du
Luxembourg [en ligne] https://culturebox.francetvinfo.fr/arts/peinture/henri-fantin-
latour-du-realisme-au-symbolisme-au-musee-du-luxembourg-246191
BUSCOT Nella. Le Salon de peinture et de sculpture [en ligne] http://www.nella-
buscot.com/salon.php

34
TOURET, Denis. Napoleon III, Section 7. Le second empire : 1852-1870 [en ligne]
http://www.denistouret.fr/conshistoire/1852-1870.html
VERAT Marc. Qu'est-ce que l'art académique ? [en ligne] http://education-
programme.over-blog.com/article-photos-du-pavillon-110814609.html
La constitution du Second Empire [en ligne]
https://image.slidesharecdn.com/clmenceauvilleneuve-160618110658/95/cours-28-
638.jpg?cb=1466248072
MARTIN Guillaume. Le XIXe siècle [en ligne] https://slideplayer.fr/slide/5421746/
LOUVEAU François. Biographie Jean-Baptiste Carpeaux [en ligne]
https://galerietourbillon.com/biographie-jean-baptiste-carpeaux/
LOBSTEIN Dominique. (Page consultée le 24 février 2019). La fête impériale,
Histoire par l'image [en ligne] http://www.histoire-image.org/fr/etudes/fete-imperiale
GIBOUREAU Martine. (Page consultée le 24 février 2019). Napoléon III reçoit les
ambassadeurs siamois, Histoire par l'image [en ligne], http://www.histoire-
image.org/fr/etudes/napoleon-iii-recoit-ambassadeurs-siamois
THIBAUDAT Jean-Pierre. Jean-François Millet, le peintre du labeur, l’ami français
[en ligne] https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-thibaudat/blog/171017/jean-francois-
millet-le-peintre-du-labeur-l-ami-francais

Musée des Beaux-Arts de Rouen, Ville d’Avray, l’étang au bouleau devant les villas
[en ligne] http://mbarouen.fr/fr/oeuvres/ville-d-avray-l-etang-au-bouleau-devant-
les-villas

Metropolitan Museum of Art, Hagar in the Wilderness [en ligne]


https://www.metmuseum.org/art/collection/search/435962

35
Glossaire :

• Loi de sûreté générale : exécuter sans procès toute personne ayant subit une
condamnation politique
• Plébiscite : vote direct du peuple par lequel il investit une personne du pouvoir de
diriger l’État
• Pièce de féerie : pièce dans laquelle les décorations et effets sont mis en avant
• Scènes de genre : scènes de caractère anecdotique, familier, intime ou populaire,
définition de L'Encyclopédie Larousse en ligne
• Vaudeville : Comédie légère fondée sur l'intrigue et le quiproquo, définition du
Larousse

36

Vous aimerez peut-être aussi