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UFR SCIENCES SOCIALES ET HUMAINES

DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE
Année …………………………
MEMOIRE
académique
Présenté pour l’obtention du
2017-2018

Numéro d’ordre
MASTER
……..………… Parcours : GEOGRAPHIE PHYSIQUE, ENVIRONNEMENT ET EAUX
2018-001
Par
M. LIGUE AYMARD ROMUALD

SUJET
MISE EN VALEUR AGRICOLE D’UN BAS-FOND EN
MILIEU RURAL FORESTIER : L’EXMPLE DE LA PLAINE
ALLUVIALE DE LA RIVIERE ZOTTO DANS LE FINAGE
DE ZEPREGHUE (CENTRE-OUEST, COTE D’IVOIRE)

Soutenu publiquement le 29/10/2019

JURY

M. KONE Issiaka Professeur Titulaire UJLoG Président

M. KOLI Bi Zueli Professeur Titulaire UFHB Directeur


Scientifique
M. DIARRA Ali Maître-Assistant UJLoG Encadreurur

M. N’GUESSAN Kouassi Guillaume Maître-Assistant UJLoG Examinateur

1
SOMMAIRE

DEDICACE ................................................................................................................................ 3

AVANT-PROPOS ..................................................................................................................... 4

RESUME .................................................................................................................................... 5

REMERCIEMENTS .................................................................................................................. 7

TABLE DES ILLUSTRATIONS .............................................................................................. 9

SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................................................ 12

INTRODUCTION GENERALE .............................................................................................. 13

Chapitre 1 : CADRE THEORIQUE ET NOTIONNEL DE L’ETUDE .................................. 21

Chapitre 2 : MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE ............................................................... 33

Chapitre 3 : RÉSULTATS ....................................................................................................... 42

Chapitre IV : DISCUSSIONS .................................................................................................. 87

CONLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES .................................................................. 91

REFERENCES BIBLIOGRAPHIES ....................................................................................... 93

2
DEDICACE

Chaque jour, des paysans africains s'évertuent, dans les bas-fonds, à produire du riz et

des maraîchères de qualité qui nourrissent des dizaines de millions de leurs concitoyens. Leur

tâche est d'autant plus complexe et noble quand on sait les effets négatifs des importations de

riz sur le budget public.

Ce présent travail leur est dédié, ainsi qu'à tous ceux qui les accompagnent sur le chemin

de la souveraineté alimentaire.

3
AVANT-PROPOS

Ce mémoire est issu d’un travail de fin d’étude réalisé dans le finage de Zépréguhé, dans
le cadre de l’obtention du grade de Maître en Géographie Physique au sein de l’Université Jean
Lorougnon GUÉDÉ (UJLOG). La thématique traitée est « la mise en valeur des bas-fonds en
milieu rural forestier : l’exemple de la plaine alluviale de la rivière Zotto dans le finage de
Zépréguhé (Centre-Ouest, Côte d’Ivoire) ».

Ainsi, avons-nous eu pour mission, de mener des investigations sur les exploitants des
terres de ladite plaine. Cette étude a été pour nous l’occasion d’apprendre afin d’affiner nos
connaissances théoriques tant environnementales que physiques.

Vous trouverez donc dans ce mémoire, les résultats d’un travail de terrain que l’on
qualifiera de formation et d’enrichissant à titre personnel.

4
RESUME

Cette étude vise à évaluer le niveau d’occupation et de mise en valeur des bas-fonds en
milieu rural forestier en l’occurrence celle de la plaine alluviale de la rivière Zotto dans le finage
de Zépréguhé. Les données mobilisées dans l’étude sont de types de terrains (Enquête menée
auprès de 80 exploitants) et cartographiques (image Landsat TM, 2017). L’approche
méthodologique employée ont conduit à diverses résultats. Les principaux résultats ont en relief
le niveau d’occupation et les différentes spéculations qui affectent le sol dans la plaine. Les
contraintes enregistrées sont d’ordres biophysiques, socio-économiques, matériels et humains.
Les mesures endogènes et techniques restent les stratégies d’adaptations paysannes adoptées
pour surmonter les écueils. Le développement local, l’amélioration des conditions de vie des
exploitants, la disparition des reliques de forêts, les problèmes liés à la santé et l’autonomisation
des femmes exploitantes sont entre autres, les principaux impacts de la valorisation du bas-
fond. Pour donc minimiser les contraintes, en plus de l’amélioration des stratégies paysannes,
des perspectives de solutions que sont le réaménagement du bas-fond, l’adoption d’un SRI,
l’appui financier pour l’amélioration de l’outillage, le renforcement de l’encadrement et la
prévention des maladies liées à la valorisation du bas-fond restent très notables et applicables.

Mots clés : Bas-fond, plaine alluviale, occupation, milieu rural forestier, Zotto, Zépréguhé.

5
ABSTRACT

This study aims to assess the level of occupation and development of lowlands in rural forest
areas, in this case that of the alluvial plain of the Zotto river in the Zépréguhé finage. The data
used in the study are of types of terrain (survey conducted among 80 operators) and cartographic
(Landsat TM image, 2017). The methodological approach employed led to various results. The
main results highlight the level of occupation and the various speculations affecting the soil in
the plain. The constraints recorded are biophysical, socio-economic, material and human.
Endogenous and technical measures remain the adaptation strategies adopted by farmers to
overcome the pitfalls. Local development, improvement of the living conditions of loggers, the
disappearance of forest relics, health-related issues and the empowerment of women farmers
are among others the main impacts of the valuation of the lowlands. To therefore minimize the
constraints, in addition to the improvement of peasant strategies, prospects for solutions such
as the redevelopment of the lowlands, the adoption of an IRS, financial support for the
improvement of tools, the strengthening of supervision and the prevention of diseases linked to
the reclamation of the lowlands remain very notable and applicable.
Key words: Lowland, alluvial plain, occupation, rural forest environment, Zotto, Zépréguhé.

6
REMERCIEMENTS

Au terme de recherche qui m’a fait rencontrer beaucoup de personnes très disposées à
m’aider, je mesure toute la difficulté de dresser une liste exhaustive de tous ceux qui, de près
ou de loin, ont contribué à l`aboutissement de cette œuvre. Puissent, celles ou ceux qui ne
trouveront pas leurs noms mentionnés sous ces lignes, se rassurer de ma profonde gratitude.
Nous remercions tout d’abord, les autorités de l’Université Jean Lorougnon Guédé, avec
à leur tête le Professeur TIDOU Abiba Sanogo, Présidente de ladite Université, pour leur
dévouement dans la formation des étudiants. Madame la Présidente, recevez la plus grande
expression de notre profonde gratitude.
Nous tenons à adresser un sincère remerciement à l’inspirateur de la recherche, mon
directeur de mémoire, professeur KOLI BI Zueli. C’est grâce à ses excellentes critiques,
surjections et orientations, que ce travail a pu être réalisé. En plus, la confiance qu’il nous a
accordée lors du démarrage du projet de mémoire, son soutien inconditionnel à chaque fois que
nous nous sommes rencontré, m’ont été très utiles et très réconfortants.
Nous exprimons toute notre reconnaissance à l’encadreur de ce mémoire, Docteur
DIARRA ALI, pour sa disponibilité, ses conseils, ses corrections, mais aussi, pour son soutien
inconditionnel dans la rédaction et la réalisation de cette œuvre. Nous vous réitérons notre
sincère gratitude pour nous avoir inculqué l’amour du travail bien fait.
Nous adressons un sincère remerciement à l’examinateur de ce Mémoire, Docteur
N’GUESSAN Kouassi Guillaume. Monsieur, vos différentes critiques, remarques et
suggestions ont été prises en compte dans les moindres détails pour l’amélioration de la qualité
et de la pertinence de ce document.
Vifs remerciements au Docteur ADOU Aka Giscard pour ces énormes contributions
pour la réalisation de cette œuvre et surtout, pour l’attention particulière qu’il accorde au
parcours Géographie Physique, Environnement et Eaux. Il a été présent tout le long de la
rédaction de ce Mémoire. Ainsi, sa disponibilité, ces conseils et corrections ont été très capitale
pour la finition de cette œuvre.
Remerciement spécial au professeur KONE Issiaka, doyen de l’UFR des Sciences
Sociales et Humaines (SSH) au sein de ladite université. Professeur, c’est une chance pour nous
de vous voir diriger l’UFR. Sachez que l’équipe que vous dirigez réalise un travail formidable
apprécié par l’ensemble des étudiants dont j’en fais partie.
Nous exprimons notre profonde gratitude au Docteur MAFOU Kouassi Combo, vice
doyen de l’URF des Sciences Sociales et Humaines au sein de ladite Université, pour nous avoir

7
initié lorsque nous étions en Licence, et par la suite, fourni un bagage potentiel en Master, sur
le traitement statistique de données à partie du logiciel Excel.
Ma reconnaissance va aussi aux nombreuses personnes qui nous ont reçus lors de nos
enquêtes dans le terroir de Zépréguhé et ces campements environnants. Il s’agit de l’ensemble
des exploitants du bas-fond et des autorités villageoises. En plus de leurs générosités, sans leurs
collaborations, ce travail n’aurait jamais pu aboutir. Aussi, pensions-nous à Monsieur
GNAMIEN Kouassi, responsable du personnel encadreur agricole au sein de l’ANADER Daloa
et au Secrétaire Générale de l’Association des Riziculteurs de Zépréguhé, Monsieur CISSE
Abdoulaye.
Je pense particulièrement à ma très chère mère AGODIO ANNE, mes frères et sœurs
pour tous les efforts et sacrifices consentis pour mon devenir. C’est grâce à votre soutien
financier et moral que je me retrouve aujourd’hui à cette étape de mon cursus universitaire.

8
TABLE DES ILLUSTRATIONS

Liste des figures


Figure n°1 : Localisation de la plaine alluviale de la rivière Zotto……………………………..15
Figure n°2 : Diagramme ombrothermique de la Sous-préfecture de Daloa……………………16
Figure n°3 : Carte hydrogéologique de la plaine alluviale du Zotto…………………………….….17
Figure n°4 : Différenciation morpho-pédologique d'un bas-fond d'amont en aval…………….24
Figure n°5 : Élaboration d’une composition colorée…………………………………………………36
Figure n°6 : Extraction de la zone d’étude………………………………………………………….…..37
Figure n°7 : Élaboration d’une classification supervisée……………………………………...38
Figure n°8 : Résultat de la vectorisation de l’image classifiée………………………………….…....39
Figure n°9 : Carte d’occupation du sol de la plaine alluviale de la rivière Zotto…………………48
Figure n°10 : Calendrier agricole détaillé des exploitants de la plaine de la rivière Zotto dans le
finage de Zépréguhé………………………………………………………………………..…74

Liste des Tableaux


Tableau n°1 : Exemples de ressources bonifiant la capacité d’adaptation……………………..29
Tableau n°2 : Les variables se rapportant aux exploitants et à l’occupation du sol……….……32
Tableau n°3 : Superficies des parcelles valorisées par les enquêtés dans la plaine……………35
Tableau n°4 : Nomenclature des types d’occupation du sol…………………………………...37
Tableau n°5 : Répartition des exploitants selon l’origine…………………………………...…41
Tableau n°6 : Répartition des exploitants selon l’ethnie……………………………………....42
Tableau n°7 : Répartition des exploitants en fonction du genre…………………………….....42
Tableau n°8 : Composition des exploitants par tranche d’âge………….…………………….43
Tableau n°9 : Niveau d’instruction des exploitants…………………………………………...44
Tableau n°10 : Situation matrimoniale des enquêtés…………………………………………..45
Tableau n°11 : Composition de la main d’œuvre……………………………………………...45
Tableau n°12 : Répartition des modes d’accès foncier dans la plaine………………………...46
Tableau n°13 : Traits d’occupation du sol en fonction la topographique des lieux…………...48
Tableau n°14 : Les catégories d'occupation du sol de la plaine alluviale Zotto………………..49
Tableau n°15 : Les types d’affectations du sol de la plaine alluviale…………………………..49
Tableau n°16 : Superficie des parcelles exploitées des enquêtés par localités...........................50
Tableau n°17 : Répartition des exploitants selon le genre et l’activité pratiquée......................50
Tableau n°18 : Productions rizicoles annuelles 2015 et 2018 par localité enquêtées………..…61
Tableau n°19 : Répartition des exploitants selon le rendement rizicole……………………….61
9
Tableau n°20 : Productions des maraîchères et des plantes à racines/tubercules……………....62
Tableau n°21 : Répartition du revenu annuel des riziculteurs enquêtés………………...……..63
Tableau n°22 : Répartition du revenu piscicole par espèce de poisson………………………...64
Tableau n°23 : Perceptions des enquêtés sur la variabilité pluviométrique locale………….….65
Tableau n°24 : Perception des enquêtés sur la fertilisation du sol………………………….….67
Tableau n°25 : Perception des enquêtés sur les effets de l’érosion et le ravinement...................68
Tableau n°26 : Répartition des variétés de riz cultivée par nos enquêtés……………………..75
Tableau n°27 : L’état pathologique des enquêtés dans la plaine alluviale Zotto…………….....83
Tableau n°28 : Superficies des parcelles de cultures pérennes des paysans enquêtés………..85

Liste des planches


Planche n°1 : Un labour manuel (A) et un labour mécanisé (B)………………………..……..52
Planche n°2 : Une parcelle de tomate (C) et d’aubergine (D) sur les versants…………………54
Planche n°3 : Champ de maïs et d’arachide…………………………………………………...55
Planche n°4 : Une parcelle affectée par les cultures de gombo (G) et salade (H)… …………...56
Planche n°5 : Une parcelle affectée par les cultures d’igname (I) et de manioc (J)…………….57
Planche n°6 : Les espèces de type Heterosis (K) et les espèces de type silure (L)… …………..60
Planche n°7 : Présence de bœufs dans les casiers (M) et la chasse d’oiseaux (N)……………...71
Planche n°8 : Quelques outils utilisés par les exploitants de la plaine alluviale……………..…72
Planche n°9 : Plantations de cultures pérennes……………………………………………..…85

Liste des photos


Photo n°1 : La culture du riz………………………………………………………………..….51
Photo n°2 : Une opération de récolte de riz à la faucille…………………………………….....53
Photo n°3 : Le battage manuel du riz……………………………………………………….….53
Photo n°4 : Champ de taro……………………………………………...……………………..56
Photo n°5 : Une plantation de bananier……………………………………………………..…58
Photo n°6 : Un étang piscicole…………………………………………………………….…..59
Photo n°7 : Les opérations de pêche………………………………………………………...…60
Photo n°8 : Bas-fond entièrement asséché…………………………………………………….66
Photo n°9 : Bas-fond entièrement inondation…………………………………………………66
Photo n°10 : La monoculture du riz………………………………………………………..….76
Photo n°11 : Une association de culture……………………………………………………….77
Photo n°12 : Une opération de semis direct du riz………..…………………………………..79
Photo n°13 : Une opération de semis par repiquage du riz………………………………..…..79
10
Photo n°14 : Une opération d’entretien de parcelle………………………………………...….80

11
SIGLES ET ABREVIATIONS

ADRAO. Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l’Ouest


ANADER Agence Nationale d’Appui au Développement Rural
ARZ Association des Riziculteurs de Zépréguhé
BNETD Bureau National d’Étude Technique et de Développement
CAD Comité d’Aide au Développement
CBF Consortium Bas-Fonds
CEP Champs Écoles des Producteurs
CNRA Centre National de Recherche Agronomique
DMR Direction de la Météorologie Régionale
FAO Food and Agriculture Organization
GIEC Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat
GPS Global Positioning system
IGT Institut de Géographie Tropicale
INS Institut National de la Statistique
IRD Institut de Recherche et de Développement
LANDSAT Land Satellite
ND Non Déterminé
OCDE Organisation de Coopération et de Développement Économiques
OLI Operational Land Imager
PAM Programme Alimentaire Mondial
PSSA Programme Spécial pour la Sécurité Alimentaire
RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SIG Système d’Information Géographique
SODERIZ Société de Développement de Riz.
SODEXAM Société d’exploitation de Développement Aéroportuaire Aéronautique Météo
SRI Système de Riziculture Intensive.
UJLOG Université Jean Lorougnon Guédé.

12
INTRODUCTION GENERALE

1. CONTEXTE SCIENTIFIQUE ET JUSTIFICATION DE L’ETUDE

1.1. Contexte scientifique


La Côte d’Ivoire, indépendante depuis le 7 Août 1960, a connu un essor économique et
un développement remarquable qui ont surpris le monde et même les experts les plus avertis
(Settié, 2014, p.7). Cette prouesse économique et financière s’est réalisée grâce à l’agriculture
basée sur les produits d’exportations notamment sur le café-cacao dans le cadre de « l’économie
de plantation ». Les années 1970 à 1978 ont été pour le pays un véritable moment de
réjouissance économique qualifiées de miracle ivoirien. En effet, ce miracle tirait ses racines
dans la vision politique de l’État indépendant dirigé par le président Houphouët Boigny, qui
prônait la diversification des cultures sur l’ensemble du territoire national. La politique
migratoire embrassée par Houphouët Boigny, lors de son discours en 1964 à Daloa où il
mentionne que « la terre appartient à celui qui la met en valeur » (Kablan et Pottier, 2008, p.
255), a été très bénéfique pour le secteur agricole surtout pour le Centre-Ouest ivoirien. Elle a
permis d’emblée, de combler les zones forestières de ressources humaines valides d’origine
nationale et étrangère, favorisant l’émergence des activités agricoles. C’est ainsi, la région du
Haut-Sassandra, située au Centre-ouest de la Côte d’Ivoire est devenue le deuxième front
pionnier de la production du binôme café-cacao (Adou, 2012, cité par Tchan Lou, 2016, p.9).
Mais, à la fin des années 1980, ce dynamisme agro-économique que connait le pays
notamment le Centre-ouest ivoirien, entre dans une phase de crise. Cette crise se traduit par
l’indisponibilité foncière due à la forte croissance démographique, la chute constante du prix
des matières premières (Tchan Lou, 2016, p.6). D’autres facteurs tels que la modification du
régime des pluies, la dégradation des aptitudes culturales des sols, la saturation des terres
forestières et le vieillissement des vergers (Assi-Kaudjhis, 2017, p.3), vont accentuer la crise
agricole. En effet, la forte pression anthropique exercée sur les terres de plateaux dans les zones
propices au développement des cultures de rentes, a engendré une diminution de la fertilité des
sols et une baisse sensible des rendements. De même, les aléas climatiques ont entrainé des
perturbations dans le calendrier cultural des paysans (Worou, 2007, p.2). Ainsi, face à ces
difficultés, les populations rurales s’orientent vers les écosystèmes de bas-fonds et développent
diverses stratégies de leur mise en valeur (Assi-Kaudjhis, 2017, p.3), afin de booster la
production vivrières. Les bas-fonds se sont donc révélés comme un ensemble de ressources
dont la mise en valeur devient une nécessité impérieuse pour le développement, l’intensification
et la diversification de la production agricole (Oloukoi, 2005, p.2).
13
L’une des stratégies utilisées chez les populations rurales du Haut-Sassandra, est
l’exploitation des bas-fonds par les hommes et les femmes pour faire face à la sécurité
alimentaire (Tchan Lou, 2016, p.6). Ainsi, durant ces dernières décennies, l’exploitation des
bas-fonds a considérablement augmenté en nombre et en superficie en raison de la fertilité de
leurs sols et de leurs caractères hydromorphes (Souberou, Agbossou, Ogouwalé, 2017, p.1601).
Dans les espaces périphériques de la ville de Daloa, on assiste à des dynamiques spontanées de
mise en exploitation de ces écotones (Delville et Boucher, 1996), qui par le passé, faisaient
l’objet de nombreux préjugés sociaux et psychologiques surtout chez les populations
autochtones, c’est-à-dire les Bétés et les Gouros (Assi-Kaudjhis, 2008, p.26). Le finage de
Zépréguhé, situé à la périphérie de la ville de Daloa disposant d’une vaste plaine alluviale, ne
reste pas en marge de cette reconversion agricole.
Nous aborderons donc en plein milieu rural forestier, l’étude de la mise en valeur de la
plaine alluviale de la rivière Zotto dans le finage de Zépréguhé.

1.2. Justification du choix du sujet


Le choix de mener une étude dans le finage de Zépréguhé et de traiter le thème « mise
en valeur de la plaine alluviale de la rivière Zotto », nous a été dicté par plusieurs raisons.
D’abord, le problème de l’insécurité alimentaire. En Côte d’Ivoire, l’insécurité
alimentaire est liée aux problèmes d’accès à la nourriture en raison du faible pouvoir d’achat,
de pauvreté et le manque de diversification alimentaire (FAO, 2010, p.2). Par exemple en 2009,
les investigations du Ministère de l’Agriculture, le PAM et la FAO dans les campagnes
ivoiriennes ont révélé que 12,6% des ménages ruraux sont en insécurité alimentaire dont 2,5%
et 10,1% respectivement dans une situation d’insécurité alimentaire sévère et modérée. Ces
chiffres rapportés à la population rurale, montrent que cette situation toucherait environ 1 269
549 personnes dont 232 602 personnes en insécurité alimentaire sévère (FAO, 2010, p.2). Cette
cartographie de la situation alimentaire montre que la sécurité alimentaire reste un souci majeur
pour la population ivoirienne surtout celle du Centre-Ouest qui regorge de nombreux espaces
ruraux notamment le finage de Zépréguhé. Nos investigations peuvent constituer un véritable
atout pour atténuer les nombreux problèmes d’insécurités alimentaires et de pauvretés auxquels
la population locale y compris, régionale est exposée. En effet, le bas-fond possède de grandes
potentialités agronomiques qui en font un site agricole stratégique à part entier, susceptible
d’apporter des palliatifs à la pression démographique sur les terres de plateaux.
Ensuite, l’exploitation des bas-fonds constitue aujourd’hui, l’une des stratégies
d’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques ((Dimon, 2008, cité par Souberou,

14
Oloukoi, Amoussou, 2016, p.70). Les irrégularités spatio-temporelles des précipitations rendent
parfois aléatoires les cultures strictement pluviales. Mais, grâce à leurs capacités de rétention
d’eau avec des sols très fertiles et humides parfois sur toute l’année, l’occupation et l’utilisation
du sol des bas-fonds comble sans risque de nous tromper, les pertes agricoles surtout en période
de sécheresse intense. Aujourd’hui, le développement des bas-fonds reste une impérieuse
nécessité car l’insuffisance, la mauvaise répartition et l’irrégularité des pluies, y compris, la
dégradation des terres exondées sont le lot des problèmes quotidiens vécus dans nos milieux
ruraux (Egue, Worou, Essiomley, 1998, p.3). Outre, les études sur la mise en valeur des bas-
fonds sont aujourd’hui très rares, voir, quasi inexistantes et l’INS ne dispose pas de données
statistiques relatives à l’exploitation de ces espaces à hautes potentialités agricoles (Zidago,
2014, p.8). Mener donc une telle étude sur ces écosystèmes, nous est donc apparue comme une
pratique innovante, nécessitant un important travail d’apprentissage et de production de
données importantes utile aux recherches scientifiques futures dans le domaine pédagogique.
Enfin, le finage de Zépréguhé qui illustre bien les traits singuliers d’une localité en
léthargie de développement, connait une mutation profonde de son espace agricole. Cette
localité n’a jamais fait l’objet d’une étude particulière surtout sur le plan pédagogique. Alors
qu’elle regorge non seulement d’énormes potentialités de ressources humaines, mais aussi,
naturelles parmi lesquelles figure la plaine alluviale de la rivière Zotto. Mener donc une étude
dans ledit finage, nous est apparu nécessaire car elle pourrait constituer un véritable atout pour
l’émergence du terroir, mais également, produire des effets positifs sur l’essor de la riziculture
et des maraichères, surtout, en période de contre-saison.

2. PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE

Ce présent travail est réalisé dans le finage de Zépréguhé. Avant toutes choses, il est
nécessaire de faire une brève présentation de l’espace d’étude. Cet faisant, l’accent est mis
d’une part sur la localisation géographique de la plaine alluviale Zotto, ainsi que, sur son
contexte physique. D’autre part, sur l’environnement socio-économique de ladite plaine.

2.1. Localisation de la plaine alluviale du Zotto

Située dans le finage de Zépréguhé, dans la Sous-préfecture de Daloa, la plaine alluviale


du Zotto est située entre 6°51’ et 5°55’ de latitude Nord et entre 6°18’ et 3°22’ de longitude
Ouest, couvrant environ 3 869 hectares (Figure n°1). Elle se trouve sur l’axe Daloa-Gonaté, à
une distance de 12 km de la ville de Daloa. Par ailleurs, le secteur d’étude abrite des
campements que sont Fofonadougou, Kassoundougou et Zanadougou.

15
Figure n°1 : Localisation de la plaine alluviale de la rivière Zotto.

2.2. Le contexte physique de la plaine alluviale du Zotto


2.2.1. Le climat des lieux
Le secteur d’étude se trouve dans la zone tropicale humide bénéficiant d’un régime
climatique de transition de type guinéen. Ce régime est caractérisé par une forte variation
pluviométrique avec une ou deux saisons de pluie dont un maximum en Juin et Septembre puis
une sècheresse accentuée. Malgré un déficit hydrique climatique cumulé compris entre 300 et

16
400 mm enregistré, la température moyenne à l’ombre varie entre 28 et 25 °C (Figure n°2). La
répercussion sur le déficit hydrique va dans le sens d’une aggravation constatée en Janvier.
Figure n°2 : Diagramme ombrothermique de la Sous-préfecture de Daloa
200 29
180
28
160
27
Précipitations (mm)

140

Température (° C)
120 26
100
80 25

60 24
40
23
20
0 22
Janv Févr Mars Avril Mai Juin Juil Aôut Sept Oct Nov Déc
Mois
Précipitations Température

Source : SODEXAM Daloa, 2017.

2.2.2. Le réseau hydrographique et la géologie des lieux


Le réseau hydrographique de la plaine alluviale appartient à celui du bassin versant du
fleuve Sassandra qui couvre une superficie d’environ 7 025 km². C’est un affluent du fleuve
Sassandra. Le cours d’eau qui draine la plaine est d’ordre 2 et est celui de la Goré. Mais, à
l’échelle locale, les villageois le surnomment « Zotto ». En effet, le nom Zotto est celui du génie
autrefois adoré par les autochtones dans ce lieu. Par ailleurs, calculer à l’aide d’un fil tissu et
en se réfèrent à l’échelle de la carte de la figure 3, la longueur de cette rivière d’amont en aval
au niveau de la plaine est d’environ 62,5 km.
Les formations géologiques de la Côte d’Ivoire se répartissent entre un bassin
sédimentaire côtier (3%) et un socle occupant plus de 97% du territoire (Biemi, 1992, cité par
Ouédé, 2018, p.6). Dans la plaine alluviale du Zotto, les formations géologiques sont de type
Granito et Migmatites sur granitos (Figure n°3). Les Granitos couvrent environ 80% de la plaine
contre 20% des Migmatites sur Granites.

17
Figure n°3 : Carte hydrogéologique de la plaine alluviale du Zotto.

2.2.3. La pédologie et la végétation de la plaine alluviale Zotto


Les sols de la plaine alluviale de la rivière Zotto sont de type hydromorphe. Ces sols
sont dus à une évolution sous l’effet d’un excès d’eau, un engorgement temporaire de surface,
de profondeur, ou de la présence ou de la remontée d’une nappe phréatique (Aubert, 1964.
p.17). Sur ces sols, la végétation existante est dominée par les plantes hygrophiles pendant au
moins une partie de l’année.

18
2.3. L’environnement socio-économique de la plaine alluviale Zotto
2.3.1. Lieux de pratiques cultuelles autrefois pour les autochtones
Le bas-fond de la plaine alluviale de la rivière Zotto appartient en réalité aux autochtones
de Zépréguhé. Autrefois, cet espace écologique servait de lieux de cultes. C’est dans cette
rivière que se déroulaient les pratiques rituelles du finage. Ce lieu était considéré comme le
siège de génies, donc inexploitable. Qualifié d’insalubre, c’est dans cet espace que les femmes
du village s’approvisionnaient en eaux et en bois de chauds pour leurs ménages respectifs. Les
activités de pêches coordonnées par les autorités villageoises étaient quasiment interdites
jusqu’à la période où les interdictions étaient levées. Quant aux hommes, ces derniers
n’exerçaient que sur les terres hautes où ils développaient les cultures de rentes notamment le
café et le cacao.

2.3.2. Lieu de culte laissant place progressivement aux activités agricoles


La transition d’un lieu de pratiques rituelles à un espace agricole dominé par l’essor des
activités rizicoles et maraîchères s’est faite de manière progressive. Cette colonisation agricole
est l’initiative de monsieur Wassa Kouamé (allochtone) arrivé dans la localité de Zépréguhé
dans les années 1939. Ce manœuvre d’ethnie Baoulé avait pour ambition de se doter de moyens
financiers pour accéder à une parcelle sur les hautes terres pour cultiver le café et cacao. Il eut
gratuitement l’accord et la bénédiction de ces tuteurs Bété pour s’installer dans la localité de
Kassondougou située à environ un kilomètre de Zépréguhé pour valoriser librement le bas-fond.
En effet, autrefois les espaces de bas-fonds impropres à l’économie de plantation du binôme
café-cacao n’avaient pas de valeur marchande (Tchan Lou, 2016, p.41).
Ce dernier cultivait faiblement le riz et excessivement l’igname, le manioc et les
légumes sur les terres de versant. Après quelques années, la politique migratoire embrassée par
le président Houphouët Boigny en 1964, va favoriser l’arrivée et l’installation d’étrangers
provenant des localités environnantes y compris des pays voisins. Ainsi, les senoufo, les
yandeboua et les Yanboua s’installèrent au fil du temps et s’adonnèrent de façon effective à la
valorisation de la plaine alluviale du Zotto. Aujourd’hui, l’exploitation de cette plaine est
devenue une préoccupation déterminante pour ces derniers.

2.3.3. La géographie humaine des lieux


Selon le RGPH de 2014, la taille totale de la population de la zone d’étude est estimée
à 5 372 habitants dont 3 022 hommes et 2 350 femmes avec un rapport de masculinité de 128,6.
Les autochtones (Bété) vivent en parfaite harmonie avec la population étrangère composée de
Gouro, Baoulé, Niamboua, yandeboua et Senoufo dont la plupart réside dans les campements
19
périphériques. Dans ladite localité, on y trouve une diversité de peuple provenant des pays
limitrophes de la Côte d’Ivoire. Cette population allogène est essentiellement composée de
Guinéens, de Maliens, mais surtout, de burkinabé. La population de la zone d’étude est donc
composite et paysanne ayant pour principale activité l’agriculture, l’élevage, le commerce, etc.
Par ailleurs, dans cette localité, les activités économiques exercées par les populations
sont liées au milieu naturel. Ces activités concernent l’agriculture, l’exploitation du palmier
pour la cueillette du vin de palme et l’extraction de l’huile. Le charbonnage est une activité de
grande envergure pratiqué par la population. La production du charbon est aujourd’hui devenue
une véritable source de revenue mais contribue à la dégradation du couvert végétal local.
L’une des conséquences directes de cette dégradation est la disparition de la petite
chasse de gibier. L’élevage pratiqué dans les enclos concerne principalement les Ovins, les
caprins, les bovins et la volaille. A côté de ce type d’élevage figure l’élevage domestique des
bêtes en divagation. L’agriculture vivrière est prédominée par la culture de riz pratiquée dans
la plaine alluviale suivant un modèle cultural traditionnel de labour, de semi et de récolte
manuel à la houe.

3. STRUCTURE DU MÉMOIRE

3.1. Annonce et justification du type de recherche effectué


En sciences sociales et humaines, différents types de recherche peuvent être menés selon
le type de données recueillies (Poumay, 2005, p.1). Le type de recherche effectué pour ce
mémoire est fondamentale car elle vise à une meilleure comprehension d’un phenomène afin
de faire avancer les connaissances sur le réel sans se preoccuper à court terme des applications
pratiques. Son objectif est de traiter des notions théoriques et de faire progresser le savoir
scientifique.

3.2. Plan suivi pour la redaction du mémoire


À l’issue de la rédaction de ce travail de recherche, le plan défini faisant office de la
structuration de ce mémoire est le plan IMRAD : Introduction, Méthodologie, Résultats et
Analyse, Discussion, puis la Conclusion.

20
Chapitre 1 : CADRE THEORIQUE ET NOTIONNEL DE L’ETUDE

Plusieurs auteurs ont axé leurs réflexions sur l’occupation et l’utilisation des bas-fonds.
Ce chapitre est organisé autour de trois (03) grands axes que sont l’état de la recherche sur la
question, les notions et concepts de l’étude et la problématique de l’étude.

1.1. État de la recherche sur la question


1.1.1. L’agriculture en bas-fonds ou plaine alluviale
La mise en valeur agricole des bas-fonds ou plaines alluviales est un mode
d’exploitation rural fréquemment perçu en zone forestière. L’exploitation des bas-fonds et le
changement dans les rapports de genre ont fait l’objet de nombreuses études (Tchan Lou, 2016,
p.25). Berton (1988) cité par Hounkpetin (2003, p.32), distingue trois types de mise en valeur
de ces entités. La première porte sur l’approvisionnement en eau des villages. Alors que la
seconde, met l’accent sur la mise en valeur pour l’élevage et la pêche, la dernière met l’accent
sur la mise en valeur agricole à partir de choix de cultures. Dans ces circonstances, les bas-
fonds sont alors des surfaces de très grand intérêt dans un environnement marqué par la
variabilité climatiques et les mutations des modes d’utilisation des terres agricoles (Souberou,
2016, p.22).
Delville, Boucher et Vidal (1996, p.9), ont montré que la mise en valeur des bas-fonds
n’est jamais le simple produit des caractéristiques du milieu. L’utilisation qu’en font les paysans
dépend du rôle que joue le bas-fond dans leur système de production. Pour les techniciens du
développement rural, la mise en valeur rime avec l’agriculture. Or la culture n’est pas la seule
valorisation possible des bas-fonds, ni forcément la meilleure. Les bas-fonds servent aussi de
pâturage en saison sèche. Selon Jamin (1999) cité par Hounkpetin (2003, p.33), les bas-fonds
sont le lieu de cueillette qui fournit du bois ou des plantes spécifiques (condiments, plantes
médicinales). Pour l’auteur, dans le bas-fond d’Okéita par exemple, la mise en valeur se fait à
travers la pisciculture et la culture en contre saison.
La valorisation des terres de bas-fonds est fonction de leur disponibilité en eau par
rapport aux terres hautes dans les régions où la fréquence et la répartition des eaux de pluie
rendent aléatoire la conduite de certaines cultures à leur terme (Raunet, 1985, p.9). Worou
(2003, p.2) a montré que la valorisation agricole des terres de bas-fonds varie en fonction de
l’origine des exploitants, de la charge de travail sur les terres exondées, et de l’accessibilité aux
terres de bas-fonds. Les migrants raisonnent sur l’exploitation des bas-fonds en termes de
sécurité alimentaire en y pratiquant l’association de cultures. Ainsi, les bas-fonds sont donc

21
exploités de façon multiforme pour la riziculture, le maraîchage, l'arboriculture, les cultures
fourragères, l'abreuvement des animaux (Consortium Bas-Fonds, 1996).
Selon Albergel, Lamachere, Gadelle, Lidon, Ran, Vandriel (1993, p.6), le principal
avantage des bas-fonds en agriculture est de concentrer les écoulements superficiels et
souterrains favorisant leur mise en culture soit avec des variétés plus exigeantes en eau comme
le sorgho et le riz, soit avec des variétés à cycle plus long et à plus fort rendement. L‘existence
des nappes souterraines à faible profondeur dans les bas-fonds permet le développement de
l’arboriculture et la culture maraîchère de contre-saison alimentée en eau à partir de puisards
peu profonds. Dans les bas-fonds, les cultures présentent de nombreux avantages car elles
permettent l’obtention d’une récolte tardive pouvant être vendue à meilleur prix et un temps de
travail à l’hectare faible (Elsa, 2012, p.5). Cependant, le risque d’une récolte nulle est cependant
élevé. Ce système est donc réservé aux producteurs ayant une grande capacité d’investissement,
qui peuvent supporter le risque d’une récolte nulle.
Par ailleurs, Akassimadou et Yao-Kouamé (2014, p.3), ont montré que la valorisation
des bas-fonds par les paysans est le fruit de leurs stratégies de production en agriculture dans
des contextes agro-écologiques et économiques. Les pratiques paysannes de mise en valeur des
bas-fonds s'inscrivent dans des systèmes de production diversifiés qui, sauf exception, sont
centrés sur les cultures pluviales, répondant à des objectifs économiques qui ne passent pas
forcément par l'intensification.

1.1.2. Les vulnérabilités et les perceptions paysannes


« La vulnérabilité est la mesure selon laquelle un système est susceptible, ou se révèle
incapable, de faire face aux effets néfastes du changement climatique, y compris à la variabilité
du climat et aux événements extrêmes » (F.A.O., 2013, p.3).
La vulnérabilité analyse donc l’écart qui existe entre les impacts des changements
climatiques et l’adaptation à ces impacts (Doukpolo, 2014). Elle nécessite une approche par les
acteurs : « Les changements environnementaux et leurs impacts sont objectivement mesurables
et perceptibles d'un point de vue scientifique. Cependant, il est nécessaire de regarder ce qui
se passe du point de vue des acteurs, de leur perception et de leur définition de la vulnérabilité,
de leur représentation de ce qu'est une catastrophe, par rapport à leur vécu » (Noblet et
Weissenberger, 2016).
Dans le contexte de cette étude, la vulnérabilité désigne l’influence ou les effets directs
ou indirects de la variabilité climatique sur les environnements physiques et socioéconomiques.
La vulnérabilité au changement climatique n’est pas uniforme, elle présente plusieurs facettes,

22
et varie dans le temps et l’espace. Une typologie des vulnérabilités selon six axes a été proposée
(Angignard., Greiving., Bailly., Delachenal., Glon. 2013 p. 8) :
- La vulnérabilité environnementale qui concerne les effets sur l’environnement naturel ;
- La vulnérabilité économique, qui concerne les effets sur les activités économiques ;
- La vulnérabilité sociale, qui concerne les conséquences sur les populations et le lien
social ;
- La vulnérabilité sanitaire, qui concerne les effets sur la santé publique ;
- La vulnérabilité culturelle, qui concerne à la fois les dégâts matériels infligés au
patrimoine culturel (monuments) et les effets sur la culture (traditions) ;
- La vulnérabilité institutionnelle, qui concerne l’organisation et le fonctionnement des
sociétés et des institutions (les règles d’accès à la terre).

1.1.3. La question de l’adaptation des populations par des aménagements


Selon Raunet (1985, p.9), des aménagements peuvent être nécessaires pour améliorer
les conditions naturelles du bas-fond, particulièrement le régime des eaux, et augmenter sa
productivité. Cependant, deux types d’aménagements se distinguent à savoir, l’aménagement
traditionnel et moderne. L’aménagement traditionnel est défini comme « l’ensemble des
techniques développées par les paysans pour la gestion de l’espace agraire, de l’eau et des
différentes productions dans le cadre de la mise en valeur de leur bas-fond. L’objectif poursuivi
par les paysans dans ces aménagements est de sécuriser les cultures en minimisant les risques
hydriques liés à la sécheresse et à l’inondation (Lidon, 1993, cité par Hounkpetin, 2003,
p.19) ». Dans cette même veine d’idée, Agbossou (1995, p.11) précise que ces aménagements
conçus par les paysans pour la maîtrise et la gestion de l’eau consistent à la confection de gros
billons ou de grosses buttes disposées en quinconce, formant des chicanes qui ralentissent
l’écoulement de l’eau et favorisant ainsi l’infiltration.
Delville, Boucher et Vidal (1996, p.1), ont abordé le concept d’aménagement comme
stratégie d’adaptation de mise en valeur intensive des bas-fonds. Pour eux, l’aménagement
traditionnel des bas-fonds passe nécessairement par le drainage et induit une profonde
anthropisation du milieu, qui n'est pas sans risques à moyen ou long terme. En riziculture
surtout, l'impact agronomique des aménagements résulte des modifications des conditions
hydriques, mais aussi, des changements d'itinéraires techniques, eux-mêmes fonction des
logiques économiques paysannes. Delarue (2007) cité par Elsa (2012, p.13), par ces propos,
renchérie cette idée en signalant que l’aménagement des écosystèmes de bas-fonds doit
habituellement faire face à une problématique de pression foncière élevée ou répondre à un

23
besoin de sécurisation foncière. Les résultats des travaux d’Oloukoi et Mama (2009, p.125),
n’en disent pas le contraire de ce qui précède. En dehors de l’extension des terres cultivées au
niveau des bas-fonds, depuis leur aménagement, l’impact de l’utilisation des terres sur le milieu
physique des bas-fonds est perceptible surtout sur les sols, la végétation et la faune.
Les aménagements modernes sont les plus proposés et pratiqués par les structures. Selon
Zidago (2014, p.17), comme moyen d’adaptation, des modèles d’aménagement ont été proposés
par des structures d’encadrement spécialisées comme l’Agence pour le Développement de la
Riziculture en Afrique de l’Ouest (ADRAO). Ces types d’aménagements doivent être
rigoureusement adaptés à la fois aux motivations exprimées par les paysans et à leur degré
d’évolution agricole (Sossa, 2001, cité par Hounkpetin, 2003, p.19). Pour Worou (2007, p.4),
les aménagements modernes des bas-fonds se font en général en ne tenant compte que de
l’emprise de l’ouvrage. La plupart de ces aménagements sont confrontés à d’énormes
problèmes parmi lesquels figurent l’inondation en amont, le manque d’eau en aval et le
comblement précoce des cours d’eau par les dépôts solides.
Par ailleurs, Albergel, Lamachere, Gadelle, Lidon, Ran, Vandriel (1993, p.2), ont pu
montrer que « les aménagements moderne des bas-fonds doivent être techniquement fiables et
gérables par les populations concernées. Bien peu d’aménagements tiennent compte de la
nécessité pour les paysans de limiter leurs pertes en répartissant leurs parcelles en fonction
des risques encourus. Ils sont plus souvent conçus pour réduire les coûts de construction et
tiennent peu compte des contraintes d’exploitation. En l’absence d’aménagement, le
mouvement des marées commande l’ennoiement et le dévoiement d’une partie des terres de
bas-fonds en eaux douces et en eaux salées ». Les résultats des travaux d’Elsa (2012, p.8), ont
révélé que, l’aménagement moderne d’un bas-fond n’est pas fonctionnel et montre déjà
d’importants signes de dégradation. L’exploitation d’un bas-fond aménagé est une innovation
et moyen d’adaptation pour l’ensemble des producteurs, ce qui nécessite un important travail
de formation et d’appropriation des nouvelles techniques culturales.

1.2. Les notions et concepts concernés dans l’étude

1.2.1. Notion liée à géomorphologie et au fonctionnement hydrologique.


Notion liée à géomorphologie des lieux
Plusieurs terminologies peuvent être utilisées pour qualifier l’espace d’étude. On peut
parler de bas-fond alluvial, de plaine alluviale ou de zone humide alluviale.
La notion de « bas-fond alluvial », fait l'objet de diverses définitions en raison de la
complexité de cet agroécosystème (Kambou, 2008, p.9). Les définitions élaborées jusque-là

24
diffèrent d’un auteur à un autre. Berton (1988), cité par Hounkpetin (2003, p.5), définit ces
écosystèmes en tenant compte des unités morphologiques du paysage. Ce sont des fonds de
petites vallées (ou vallons) qui constituent de grands axes de drainage des eaux d’un bassin
versant. Cette définition est largement partagée par Klassou (2011, p18) qui définit les bas-
fonds comme des vallées à fond relativement plat et marécageux où le lit du cours d’eau est
incertain voire discontinu. Certains auteurs comme Delville, Boucher et Vidal (1996, p.1), ont
régulièrement travaillé sur les bas-fonds alluviaux de l’Afrique tropicale humide, définissent
les écosystèmes de bas-fonds comme suite : « Têtes des réseaux hydrographiques, les bas-fonds
sont des milieux complexes, dont le fonctionnement physico-chimique est déterminé par les
conditions hydriques (succession de phases aérobies) ».
Les bas-fonds, selon Raunet (1985), sont les fonds plats ou concaves des vallons et
petites vallées dans les parties amont des réseaux de drainage. Ils représentent des « unités de
milieu » spécifiques et essentielles au sein des paysages tropicaux. Ce sont les axes de
convergence préférentielle des eaux de surface, des écoulements hypodermiques et des nappes.
Ils reçoivent également les transports solides des versants. Après un certain nombre de
confluences de bas-fonds, lorsque le bassin hydrologique devient assez vaste et que les
écoulements des cours d’eau acquièrent une compétence suffisante, le bas-fond fait place à la
plaine alluviale (Figure n°4). Raunet (1985), distingue les bas-fonds des vallées alluviales
classiques par la taille du bassin versant (de 10 à 200 km²), leur largeur souvent remarquable,
la faiblesse de la pente longitudinale (<3%), la dynamique de sédimentation et d’érosion, faible
et l’engorgement ou la submersion des sols pendant une période plus ou moins longue de
l’année. Il faire une différentiation du réseau des bas-fonds de l’amont en aval : la tête, la partie
amont, la partie avale, et la vallée alluviale turbulente. La tête d’un bas-fond est le plus souvent
élargie en « spatule » ou en « amphithéâtre », avec des sols sableux. La partie amont est marquée
par une atténuation de sa concavité transversale et le profil transversal devient horizontal au
centre, les flancs restant nettement concaves. Dans le troisième tronçon, le bas-fond s'élargit un
peu plus et son profil transversal devient nettement horizontal. Dès lors, on y voit un cours d'eau
bien marqué, encaissé de 1 à 2 m, bordé parfois par de discrètes levées alluviales. Enfin, la
vallée alluviale turbulente qui est un passage progressive, après un certain nombre de
confluences de bas-fond.

25
Figure n°4 : Différenciation morpho-pédologique d'un bas-fond d'amont en aval
Premier tronçon : tête de bas-fond en spatule, absence de cours d’eau.

Dixième tronçons : vallon concave à horizontal début d’entaille.

Troisième tronçon : vallon à fond plat à flancs concaves : petit cours d’eau net encaissé.

Quatrième traçons : Large plaine alluviale dynamique.

(Raunet, 1985, cité par Albergel et Claude, p.330).

Une plaine alluviale est une plaine formée par les dépôts (alluvions) successifs de cours
d'eau. La position des cours d'eau et leur charge en alluvions varient sur de longues périodes.De
ce fait, ils ont occupé une place beaucoup plus grande que celle qu'ils ont aujourd'hui.
L'ensemble des terrains qu'ils ont déposés forme la plaine alluviale.
La zone humide alluviale est un espace plus ou moins grand situé aux abords des cours
d'eau et qui sont périodiquement ou épisodiquement inondés. Naturellement, elle est une zone

26
couverte de végétation qui longe un cours d’eau. Des bras de rivière et des mares isolées y
alternent et dessinent une microtopographie d’îlots de sable, d’herbes hautes, de buissons
denses et de forêt. (cf. https://www.wsl-junior.ch/fr/le-paysage/comprendre-le-
paysage/quappelle-t-on-zone-alluviale.html).
Pour simplifier notre point de vue, le terme de plaine alluviale est utilisé
concomitamment avec celui de bas-fond. Il a été préféré à celui de zone humide alluviale, terme
qui semble moins bien adapté au contexte géomorphologique étendu du secteur d’étude.

Notion liée au fonctionnement hydrologique des lieux


Plusieurs chercheurs ont axé leurs réflexions sur le fonctionnement hydrologique des
bas-fonds pour mieux appréhender la permanence de l’hygrométrie dans ces zones, autrefois
délaissées des pratiques culturales (Zidago, 2014, p.11).
A cet effet, Delville, Boucher et Vidal (1996, p.1.3), ont montré que les bas-fonds sont
des milieux complexes, dont le fonctionnement physico-chimique est déterminé par des
conditions hydriques. L’alimentation en eau du bas-fond est multiple : pluie, ruissellement,
écoulements hypodermiques, nappes phréatiques ou d'altérites qui affleurent une partie de
l'année. Les écoulements dans le bas-fond peuvent être superficiels ou hypodermiques. Ce
fonctionnement dépend de multiples paramètres (climat, structure du paysage et relief, taille et
forme du bassin versant et du bas-fond, végétation, etc.) et ne peut être modélisé.
Cette idée reste largement partagée par Kambou (2008, p.12) qui pour lui, le
fonctionnement hydrique des bas-fonds est fonction de la pluviométrie annuelle de la zone, de
sa répartition spatio-temporelle, des périodes de l'année et également des caractéristiques
physiques du sol notamment, la texture, la structure et la pente. En fonction de la quantité d'eau
tombée, il s'ensuit un processus simultané d'infiltration et/ou de ruissellement. Selon Albergel
(1988, p.6), pour comprendre véritablement le fonctionnement hydraulique d’un bas-fond, il ne
faudrait pas oublier que celui-ci fait partie d’un bassin versant et qu’il fait partie d’un réseau
hydrographique.

1.2.2. Notion d’occupation et de l’utilisation des sols en zone forestière humide


Les études sur le changement dans l’occupation et l'utilisation du sol sont d’une grande
importance car ils permettent de connaître les tendances actuelles dans les processus de
déforestation, dégradation, désertification et perte de la biodiversité d'une région déterminée
(Noyola-Medrano, Cristina, Mering, Catherine, Beltrán, Marco, 2011, p.2).
L’occupation du sol se définie comme étant la distribution spatiale (qualitative et
quantitative) de l’ensemble des éléments à la surface du sol (Adou (2005) cité par Edjagne

27
N’dah, 2017, p.16). Ainsi, pendant ces dernières décennies en zone humide forestières, les
activités humaines ont toujours été le principal déclencheur de la transformation des
écosystèmes pour répondre aux besoins socioéconomiques des populations. Cela se traduit par
une dynamique de la structure spatiale des paysages. Selon Mama, Sinsin, De Cannière, Bogaert
(2013, p.78), l’agriculture est responsable des répercussions directes sur l’occupation du sol et
la configuration du paysage. Dans cette étude, les types d’occupations du sol sont l’ensemble
des composantes spatiales qui composent notre zone.
Pour certain la nuance entre occupation et utilisation des sols n'est pas évidente.
L’occupation du sol est une description physique de l’espace, elle est définie comme la
couverture biophysique de la surface des terres émergées (d’après FAO, 1998), c’est-à-dire ce
qui recouvre le sol. On distingue ainsi plusieurs catégories biophysiques : la végétation (arbres,
buissons, champs, pelouses), les sols nus, les surfaces dures (roches, bâtiments), les surfaces
humides et les plans d’eaux intérieures. Par conséquent, l’occupation des sols est « observée »,
c’est-à-dire scrutée par différentes « sources d’observation » situées à plus ou moins grande
distance de la surface terrestre : l’œil humain, les photographies aériennes, les sondes satellites.
L’utilisation du sol caractérise les arrangements, les activités et les intrants introduits par
l'homme sur un certain type d'occupation du sol visant à en tirer des produits et/ou des bénéfices,
on parle donc d’une description des surfaces terrestres selon leurs finalités socio-économiques
: superficies à vocation résidentielle, industrielle, commerciale ou agricole. En raison du rôle
implicite ou explicite de l'homme dans la détermination de l'utilisation des sols, elle doit être
traitée séparément de l'occupation du sol, assurant ainsi la cohérence et la comparabilité interne
et externe.
1.2.3. La contrainte et l’adaptation
La résilience des populations et leur adaptation aux changements climatiques sont des
notions majeures de la recherche sur le changement climatique. En outre, elles constituent des
sujets importants qui sont de plus en plus abordés depuis une vingtaine d’années. Cet intérêt est
lié à l’apparition des impacts réels du changement climatique et l’intensification de
vulnérabilités, leur corollaire. Ces concepts d’adaptation et de résilience ont beaucoup évolué
ces dernières années (Noblet et Weissenberger, 2016).
Le concept de l’adaptation est vaste. Il implique généralement un processus
d’ajustement pour survivre et théoriquement, pour prospérer face au changement. L’adaptation
est précédée de la prise de conscience individuelle ou collective de l’existence d’un risque.
Dans le contexte des changements climatiques, l’adaptation a lieu au moyen d’ajustements
visant à réduire la vulnérabilité ou à améliorer la résilience face à des changements observés ou

28
prévus au niveau du climat. Elle comporte des modifications des processus, des perceptions,
des pratiques et des fonctions (Brown, Hammill et Mc Leman, 2007).

L’adaptation
L’adaptation occupe une place grandissante dans la recherche et les débats sur la lutte
contre les changements environnementaux liés au changement climatique. Les mesures
d’adaptation consistent en un ensemble de processus itératifs ayant des objectifs s’actualisant
constamment. Ils dépendent donc de la vitesse à laquelle les choses changent (Chavaillaz,
2016). L’être humain s'est depuis toujours adapté à son milieu et aux variabilités de celui-ci; il
s'agit d'une capacité inhérente des humains, une capacité attachée à leur habilité à agir
collectivement (Adger, 2003). Pour autant, les impacts déjà visibles du changement
environnemental viennent bouleverser les sociétés humaines et remettre en question leur mode
de développement et leur capacité d'adaptation.
Le GIEC définit l’adaptation comme « un ajustement des systèmes naturels et humains
en réponse aux stimuli climatiques présents ou futurs ou à leurs effets afin d'atténuer les effets
néfastes ou d'exploiter des opportunités bénéfiques » (GIEC, 2001, p.879). Pour la FAO,
propose, quasiment dans les mêmes termes, la définition suivante : c’est « l’ajustement dans les
systèmes naturels ou humains en réponse à des changements actuels ou attendus, ou à leurs
effets, qui atténue les dommages ou en valorise les bénéfices » (FAO, 2007). Ce processus
d’ajustement regroupe toutes les initiatives et mesures prises pour réduire la vulnérabilité des
systèmes naturels et humains aux effets réels ou prévus. Ailleurs, l’adaptation désigne la
réponse des individus, des groupes et des gouvernements aux changements actuels ou attendus
des conditions climatiques ou à leurs effets. L’adaptation est définie comme un ensemble
d’activités visant à « réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains aux impacts du
changement climatique et aux risques liés au climat, en maintenant ou en accroissant la
capacité d’adaptation et la résilience ». (OCDE, CAD, 2011).
De nombreux auteurs proposent de distinguer deux types d’adaptation, d’une part
l’adaptation spontanée ou autonome (Smit et Pilifosova, 2001 ; Smith et al, 1996) qui est un
processus endogène, d’autre part, l’adaptation planifiée ou organisée (Nazoumou, 2015; Smith
et al, 1996) qui relève de l’intervention du secteur public. Dans cette étude, sans pousser la
distinction plus loin, la définition du GIEC et de la FAO ont été retenues.

La capacité et les stratégies d’adaptation


La capacité d’adaptation est définie comme la capacité d’un système à s’adapter au
changement climatique (y compris la variabilité climatique et les évènements climatiques

29
extrêmes) afin de réduire les dommages potentiels, de tirer avantage des opportunités ou, de
s’adapter aux conséquences (GIEC, 4e rapport d’évaluation). L’un des facteurs les plus
importants renforçant la capacité d’adaptation des individus, ménages et communautés est
l’accès et le contrôle que ces derniers ont sur les ressources naturelles, humaines, sociales,
physiques et financières. Ces ressources pouvant sont donc importantes pour la capacité
d’adaptation (Tableau n°1).
Tableau n°3 : Exemples de ressources bonifiant la capacité d’adaptation
Ressources Connaissances
Humaines Connaissance des risques environnementaux, compétences en
agriculture de conservation, bonne santé pour pouvoir travailler
Sociales Groupes féminins d’épargne et de crédit, coopératives agricoles
Physiques Infrastructure d’irrigation, capacités de stockage des semences et
des graines
Naturelles Sources d’eau fiable, terres productives
Financières Micro-assurance, sources de revenus diversifiées
Source : GIEC, 2016
La capacité d’adaptation peut varier dans le temps en fonction des changements de
contexte et des aléas spécifiques. En général, les personnes les plus pauvres sont également les
plus vulnérables au changement climatique. Ceci est souvent dû au fait qu’elles n’ont qu’un
accès limité aux ressources qui favoriseraient l’adaptation. Par exemple, les femmes sont
souvent particulièrement vulnérables aux impacts liés au changement climatique vu leur niveau
de responsabilité au sein du foyer et leur accès limité aux informations, ressources et services.
D’autres groupes tels que les pauvres (ou malades) et les personnes âgées peuvent également
faire partie des populations très vulnérables. Il peut aussi noter par ailleurs que la capacité à
s’adapter aux changements est généralement conditionnée par des modèles culturels donnés
(Heyd T, Dupuis I., 2012). Car selon ces mêmes auteurs, La vulnérabilité aux dommages n’est
pas seulement due aux facteurs extérieurs. Elle répond aussi à des facteurs internes propres à
ces populations rurales. Par ailleurs, pour les mêmes auteurs l’éclairage que peut apporter
l’analyse des facteurs culturels contribuant à la vulnérabilité et à la résilience des sociétés peut
fournir des approches supplémentaires significatives pour consolider la capacité des
populations à faire face aux difficultés prévisibles sous l’effet du changement climatique. Ces
auteurs proposent alors de définir la culture, « comme phénomène comprenant les valeurs, les
convictions, les pratiques et les objets matériels qui conditionnent la production et la
reproduction de biens et de services tangibles et intangibles nécessaires pour satisfaire les
besoins et les attentes » (Heyd et Dupuis, 2012).Ainsi, les stratégies d’adaptation comprennent
une large gamme d’activités, depuis les mesures visant la réduction des vulnérabilités jusqu’aux

30
interventions destinées à faire face aux impacts concrets du changement climatique. Entre la
réduction des facteurs de vulnérabilité et la réponse aux impacts du changement climatique, on
trouve un large éventail d’activités plus ou moins orientées sur la vulnérabilité ou sur l’impact,
visant à renforcer les capacités de réaction et à mieux gérer les risques climatiques.
En somme, la revue littéraire a permis de prendre connaissance des éventuelles
thématiques relatives aux concepts de bas-fonds alluviale, plaine alluviale et zone humide
alluviale. Outre, leurs caractéristiques morphologiques, leurs aménagements et leurs
fonctionnements hydrologiques ont été abordés. Ce large tour d’horizon a été très utile pour
percevoir une réalité bien évidente des connaissances antérieures et actuelles des écosystèmes
de bas-fonds. Les différentes thématiques de cette étude ont été soient spécifiquement traitées
ou en mettant l’accent sur un aspect particulier notamment sur la mise en valeur de ces entités.

1.3. Problématique de l’étude


1.3.1. Le problème et la question de recherche
La Côte d’Ivoire est un pays à caractère essentiellement agricole où le développement
de l’agriculture a provoqué l’exploitation exacerbée des forêts et des terres cultivables (Zidago
2014, p.23). La superficie totale cultivée (9.500.000 ha) représente 40% des terres cultivables
(24.000.000 ha), elles-mêmes estimées à 75% du territoire national soit 32.250.000 ha (FAO,
2010, p.3). Entre les années 1960 à 1980, l’essor du binôme café-cacao accumulé à la forte
croissance démographique dans les zones forestières ont engendré des mutations spatiales et la
saturation des terres cultivables (Edjagne N’dah, 2017, p.56). Depuis lors, les écosystèmes de
bas-fonds autrefois délaissés sont de plus en plus convoités par les paysans et sont désormais
intégrés aux espaces dédiés aux systèmes de production agricole. L’occupation et l’utilisation
du sol de ces espaces repose principalement sur la riziculture, le maraîchage et quelquefois sur
la pisciculture (Assi-Kaudjhis, 2008, p.26). Aujourd’hui à l’échelle nationale, malgré
l’existence d’importantes potentialités en superficies irrigables et d’une bonne disponibilité en
eau (souterraine et de surface), les cultures maraîchères et le riz irriguées sont peu développés
(Zidago, 2014, p.23). En effet, les besoins en riz des populations ne sont couverts qu’à hauteur
de 50% par la production nationale (BNEDT, 2008, p.48). La conséquence directe sur le
territoire national est l’accroissement massif des importations à grands frais pour combler le
déficit en riz (FAO, 2010, p.2). Selon l’USDA (2019), ces importations devraient atteindre un
nouveau record passant de 1,45 Million de tonnes entre 2018-2019 à 1,5 Million de tonnes entre
2019-2020.

31
Par ailleurs, à l’échelle régionale, la mise en valeur des bas-fonds présente de multiples
enjeux socio-économiques. Dans la région du Haut Sassandra, du fait de sa géographie avec
des bas-fonds intégrés au sein même des nouveaux quartiers et à sa périphérie, la ville de Daloa
(Dural, 1993) fournit une bonne illustration des enjeux économiques et sociaux des bas-fonds
(Delville et Boucher, 1996, p.10). A l’échelle locale, le finage de Zépréguhé connait ces mêmes
configurations. Les terres de la plaine sont occupées et exploitées pour des raisons d’ordres
alimentaires et surtout, économiques.
Au regard de ces constats, le véritable problème qui fonde cette étude, est celui de
l’intérêt de l’occupation et de la mise en valeur des terres de la plaine alluviale, qui jadis était
quasi inexploité. Cependant, un tel problème suscite une réflexion particulière sur la question
suivante : Dans quelle mesure l’occupation et la mise en valeur des bas-fonds contribue-t-elle
à la redynamisation des espaces ruraux forestiers en l’occurrence celle de la plaine alluviale de
la rivière Zotto dans le finage de Zépréguhé ?
De cette question centrale, découle des questions subsidiaires à s’avoir : Quel est le
niveau d’occupation et d’utilisation du sol par les cultures dans la plaine ? Quelles sont les
contraintes et les stratégies d’adaptations développées par les producteurs dans ladite plaine ?
Quel est l’impact de la valorisation des terres de la plaine sur environnement socio-économique
et spatial de Zépréguhé ?
C’est autour de ces questionnements que s’articule ce travail de recherche.

1.3.2. Objectifs de recherche

- Objectif général
L’objectif général de cette étude est d’évaluer le niveau d’occupation et de mise en
valeur des bas-fonds en milieu rural forestier en l’occurrence celle de la plaine alluviale de la
rivière Zotto dans le finage de Zépréguhé.

- Objectifs spécifiques
Spécifiquement, il s’agira :
Identifier l’occupation et l’utilisation des terres dans de la plaine alluviale Zotto.
Montrer les diverses contraintes et les stratégies d’adaptations développées par les
paysans dans la plaine.
Évaluer l’impact de la mise en valeur de ladite plaine sur l’environnement socio-
économique et spatial du finage de Zépréguhé.

32
Chapitre 2 : MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE

Le présent travail a été réalisé grâce à l’acquisition de données basée sur la mise en
application d’une démarche scientifique. Ce chapitre met l’accent sur l’approche
multidisciplinaire utilisée, les différentes données de l’étude et la méthode de traitement.

2.1. L’approche multidisciplinaire utilisée dans l’étude


La prise en compte de la complexité des réalités pour l’acquisition et la production de
données, nous a motivé à adopter une approche multidisciplinaire qui tient compte d’une
approche cartographique, géomorphologique et socioéconomique.

2.1.1. L’approche cartographique


La cartographie est l’un des moyens de restitution des résultats issus des différents
traitements sous SIG (Samaali, 2011, p.10). Qu’elles soient simples ou complexes, les cartes
relèvent d’une démarche scientifique spécifique. L’approche cartographique exige l’application
d’un certain nombre de principe et d’apprentissage du langage de la sémiologie graphique
(Zanin., Tremelo., 2003, p.43). En effet, son absence dans une étude d’occupation et
d’utilisation du sol, amène à l’élaboration d’un prototype de carte basé sur les principes de la
sémiologie (description spécifique) graphique.
Dans l’étude, cette approche a été utilisée pour réaliser la carte détaillée de l’occupation
du sol de la plaine alluviale par les aires de cultures avec leurs indices. Cette approche se penche
sur l’utilisation et l’analyse de variables se rapportant aux exploitants et à l’occupation du sol
(Tableau n°2).
Tableau n°4 : Les variables se rapportant aux exploitants et à l’occupation du sol.
Variables qualitatives Variables quantitatives

- La situation matrimoniale ; - Les superficies exploitées ;


- Le niveau d’instruction ; - Les superficies non exploitées ;
- La nature de l’outillage ; - Les espaces jachères ;
- Les types de cultures (mosaïque de - Les productions annuelles ;
culture vivrière, culture de rente) ; - Les revenus annuels ;
- Les modes d’accès aux fonciers. - Les prix de vente des produits

Ces variables ont eu le mérite de dresser le profil sociodémographique type des


exploitants, mais surtout d’apprécier le niveau d’occupation du sol de la plaine alluviale de la
rivière Zotto.

33
2.1.2. L’approche géomorphologique
La géomorphologie est définie comme étant l’étude scientifique des formes de la surface
terrestre et de leur évolution. A cet effet, elle tient compte de la description des unités du relief
en suivant leur façon d’évolution dans le temps et dans l’espace. Indispensable dans toute étude
d’occupation et d’utilisation du sol, elle a été employé dans cette étude pour une analyse par
séquence topographique de la morphologique de la plaine. Le but était de comprendre le jeu
des acteurs sur les terres culturales et d’analyser la répartition spatiale des cultures dans la
plaine. Pour cela, un modèle numérique de terrain a été effectué lors de la mission de
prospection avec un GPS pour la prise de coordonnées.

2.1.3. L’approche socioéconomique


L’approche socio-économique appliquée à la recherche a eu pour mérite de compléter
les approches géomorphologiques et cartographiques en leur donnant une dimension hyper-
systémique. La finalité de cette approche a permis d’identifier les diverses contraintes et
impacts socio-économiques de la valorisation de ladite plaine.
Elle a aussi permis de percevoir les diverses contraintes socio-économiques auxquelles
les exploitants sont confrontés dans l’exercice de leurs activités.

2.2. Les données de l’étude et leurs sources


Deux types de données ont été mobilisés pour cette étude. Il s’agit des données
géographiques ou cartographiques de l’occupation du sol et les données de terrain notamment
celles liées aux activités agricoles, aux perceptions, d’adaptations et d’impacts.

2.2.1. Les données cartographiques de l’occupation du sol


Les données images et cartographiques mobilisées pour ce travail de recherche sont
celles relatives à l’occupation du sol couvrant la zone d’étude. Elles sont essentiellement
composées d’une image satellites Landsat de 2017 (Figure 6), obtenue grâce aux capteurs OLI-
8 et un extrait Google Earth de l’année 2019 (figure 5). L’image satellite utilisée a été
téléchargée gratuitement sur le site internet http://earthexplorer.usgs.gov.
En effet, les données sur l’occupation et l’utilisation du sol fournissent en général des
informations quantitatives (classes d’occupation/utilisation, estimations de la superficie). Des
précisions concernant les caractéristiques qualitatives (pratique agricole, valeur écologique,
etc.) sont nécessaires pour bien décrire les processus en action. Ces données sont également des
unités analytiques qui permettent d’établir un premier lien quantitatif entre les activités
humaines, leurs répercussions sur l’environnement, et la dimension géographique (spatiale).

34
2.2.2. Les données de terrain

La collecte des données de terrain a débuté d’abord par la recherche documentaire suivie
d’une observation directe de terrain, ensuite, par une enquête auprès des exploitants, enfin, par
la collecte de données auprès des structures.

a) La recherche documentaire
La recherche documentaire a consisté essentiellement à la lecture de divers ouvrages,
de rapports, de mémoires, de thèses et d’articles qui abordent en générale les écosystèmes de
bas-fonds et particulièrement qui traitent les thématiques relatives à l’occupation et l’utilisation
du sol des bas-fonds. Ainsi, plusieurs bibliothèques ont été visité notamment celle de
l’Université Jean Lorougnon Guède (UJLOG) et de la municipalité, l’IGT, l’IRD et du CERAP.
La documentation disponible sur Internet a permis d’accéder à des informations notables pour
la bonne compréhension du sujet. Cette étape nous a-t-elle permis de bien situer notre problème,
de voir la défaillance au niveau de la littérature existante et d’en savoir plus sur notre sujet, sur
le problème que nous traitons ou sur des problèmes similaires.

b) L’observation directe
Elle s’est déroulée pendant la phase de la rédaction du projet de mémoire. L’observation
directe de terrain a permis de recueillir un bon nombre de données primaires, aussi, d’effectuer
de nombreux constats pertinents. Cette étape a été très capitale car elle a eu comme finalité
d'observer et d’apprécier les différentes formes d'occupation de la plaine via des prises
photographiques. C’est durant cette phase que les tous premiers contacts avec les responsables
(chefferie et paysans) de ladite localité se sont effectués. Des parcours pédestres ont donc été
entrepris dans le finage et dans la plaine sous la conduite d’un guide pour un contact visuel et
direct avec les différents milieux et leurs réalités.

c) L’enquête de terrain par questionnaire et entretien


A l’instar des autres étapes de la méthodologie, l’enquête de terrain est une procédure
importante en ce sens qu’elle constitue le socle de l’acquisition des informations pertinentes
issues de la réalité (Zidago, 2014, p.29). Elle s’est réalisée du 10 au 24 Mars 2019 avec des
questionnaires qui ont ciblé une partie de la population paysanne. De même, des entretiens
directs avec des personnes ressources ont permis de soulever des interrogations sur les
initiatives agricoles dans la plaine. Ils ont ciblé surtout les autorités villageoises, les agents
d’ANADER et les responsables de l’Association des Riziculteurs de Zépréguié (ARZ).

35
Par ailleurs, des données démographiques ont été collectées auprès de la direction de
l’INS pour mieux appréhender la composition de la population locale. Ces données concernent
la composition des ménages repartis par sexe et le rapport de masculinité. Quant aux données
pluviométriques et de température, elles sont issues de la DMR au sein de la SODEXAM. Elles
concernent les valeurs journalières de l’année 2017.

d) L’échantillonnage
Dans le souci de réaliser une enquête pertinente, en raison du vide statistique spécifique
à notre étude et de l’incapacité à enquêter tous les exploitants, un échantillonnage a effectué.
L’échantillonnage composite assez représentatif a été réalisé sur la base de la technique du
choix raisonné. Ainsi, la sélection des personnes enquêtées s’est faite sur la base de critères liés
à leurs différentes activités ou responsabilités dans la plaine : riziculteurs, maraîchers,
pisciculteurs, appartenance ou non à un groupement, mise en valeur régulière de sa parcelle.
Elle s’est aussi penchée sur l’ancienneté des producteurs dans le bas-fond. Au total, 80
exploitants ont été sélectionnés et interviewés (Tableau n°3).
Tableau n°3 : Superficies des parcelles valorisées par les enquêtés dans la plaine
Localités Effectifs Superficies des parcelles en (ha)
Enquêtées paysans Brutes Exploitées Non
enquêtés exploitées
Fofanadougou 20 27 (20%) 27 (20%) 0 (0%)
Kassoundougou 20 33 (24%) 33 (24%) 0 (0%)
Zanadougou 20 42,5 (31%) 41,5 (30%) 1 (15%)
Zépréguhé 20 35 (25%) 29,5 (21%) 5,5 (85%)
Total 80 137,5 (100%) 131 (95%) 6,5 (5%)
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
Par ailleurs, les données recueillies ont été complétées par triangulation avec des
personnes ressources telles que les élus locaux et les agents de l’ANADER. Tous ces acteurs
ciblés ont fait l’objet d’interviews individuelles et de groupes (focus group) à l’aide de
questionnaires et de guides d’entretien.

2.3. Le Traitement et l’analyse des données de l’étude


2.3.1. Le traitement des données géographiques
Le traitement des données géographiques a été possible grâce aux logiciels ArcGIS
10.4.1 et Envi 4.5. Le contour de la plaine, numérisé sur Google Earth, a été exporté sur ArcGIS.
La superposition du contour de ladite plaine sur l’image Landsat, a permis d’extraire l’image
échantillon. Des coordonnées géographiques des affectations du sol ont été prélevées avec un

36
GPS. Toutefois, la réalisation de la carte d’occupation du sol regorge toute une série d’opération
que sont le prétraitement de l’image et le traitement de l’image satellite proprement dit.

Le prétraitement de l’image satellite


Le prétraitement d’image se résume en un ensemble d’opérations qui a pour objectif
d’augmenter la lisibilité des données (Edjagne N’dah, 2017, p.29). Avec le logiciel Envi 4.5,
ce traitement s’est fait sur les scènes en vue d’une meilleure exploitation de l’image. Il était
question d’effectuer une composition colorée à partir des bandes choisies selon les
caractéristiques et d’en extraire la zone d’étude. Enfin, d’appliquer des méthodes ayant pour
finalité d’améliorer l’impact visuel de l’image et de rendre certains aspects de l’image plus
visible (amélioration de contraste) à travers la technique de rehaussement.
En effet, la technique de rehaussement d’une image permet de faciliter l’interprétation
visuelle et la compréhension de l’image, donc plus interprétable par l’œil humain.

Le traitement de l’image satellite

- La composition colorée des bandes.


La composition colorée est un procédé qui consiste à combiner trois bandes spectrales
qui sont choisies et associées aux couleurs de base que sont le rouge, le vert et le bleu (RVB)
dans le logiciel Envi. Les bandes spectrales utilisées pour l’élaboration de cette opération sont
OLI 3, OLI 4 et OLI 5. Il s’agit d’une composition colorée fausse couleur ou infrarouge. La
Figure n°5 décrit le processus d’élaboration de la composition colorée qui a été effectué.
Figure n°5 : Élaboration d’une composition colorée.

Source : Edjagne N’dah (2017, p.31).

37
 L’extraction de la zone d’étudie
La zone d’étude identifiée sur l’image satellite initiale (Figure n°6) est extraite grâce au
logiciel ArcGIS 10.4. Le processus d’extraction appliqué est le suivant : Arc Toolbox/Spatial
Analyst Tool/Extraction/Extract by Mask.
Figure n°6 : Extraction de la zone d’étude

Source : Image Landsat Oli 2017.

 La détermination des classes


La détermination des classes se fait selon les besoins de l’étude, c’est-à-dire
l’information que l’analyste veut faire ressortir (Edjagne N’dah (2017, p.32). Dans cette étude,
sept classes regroupées en deux grands ensembles d’occupation du sol (espaces naturels et
humanisés) de la zone ont été déterminées (Tableau n°4). C’est donc à partir de ces différentes
classes que la classification supervisée de l’image satellite échantillon a été réalisé.
Tableau n°4 : Nomenclature des types d’occupation du sol
Les grands traits d’occupation du sol Classes
Espace naturel Forêt
Localités/sols nus
Cultures de rente
Espace humanisé Reliques de forêt
Mosaïque cultures vivrières
Jachère
Espaces piscicoles
Source : Mission de prospection, Mars 2019.

38
 La classification supervisée de l’image échantillon
Dans cette classification, la distribution des pixels dans chaque classe suit une loi
normale (Lacombe, 2008, p.23). Chaque classe est définie par une courbe de densité de
probabilité. La méthode calcule la probabilité d’appartenance d’un pixel à une classe donnée.
Le pixel sera affecté à la classe pour laquelle la probabilité est la plus forte. Cette méthode
classe tous les pixels sauf si on applique un seuil de probabilité en dessous duquel les pixels de
très faibles probabilités ne seront pas classés (Lacombe, 2008, p.23).
Le processus de cette classification est le suivant : Classification > Supervised >
Maximum Likelihood. La Figure n°7 illustre la classification supervisée d’une image Landsat.

Figure n°7 : Élaboration d’une classification supervisée

Source : Ducrot (2005), cité par Edjagne N’dah (2017, p.34).

 La précision globale et le coefficient kappa


Les résultats de la classification sont déterminés par un certain nombre d’indicateurs de
précision tels que la précision globale, le coefficient kappa et la matrice de confusion (Edjagne
N’dah, 2017, p.33). La précision globale (ou Overall Accuracy) correspond au rapport de
nombre de pixels bien classés sur le nombre total de pixels. Les pixels ayant été bien classés se
trouvent sur la diagonale de la matrice. Le coefficient Kappa (ou Kappa Coefficient),
correspond à une autre mesure de précision de la classification (Lacombe, 2008, p.27). Il est
égal à la précision globale et varie entre 0 à 1. La classification supervisée de notre image à
fournir un résultat satisfaisant supérieur au seuil fixé pour étude (90%). Ainsi, sur un total de
281 pixels de référence, 278 pixels ont été bien classés d’où une moyenne de pourcentage de
pixels correctement classés de 98,93% et un coefficient kappa de 0,9862 soit 98,62%.

39
 L’amélioration de la qualité de l’image classifiée
Cette opération consiste au nettoyage de l’image classifiée permettant d’obtenir une
image de qualité. En effet, les images classifiées présentent souvent un manque de cohérence
spatiale matérialisé par des tâches ou trous dans les parcelles. Ainsi, pour améliorer le rendu
de la classification sur Envi, nous avons éliminé d’une part les pixels isolés et d’autre part
homogénéisé les classes. Pour cela, les fonctions Sieve et Clump ont été respectivement
appliquées pour l’élimination des pixels isolés et l’homogénéisation des classes. La fonction
Sieve Classes qui permet de supprimer les pixels isolés se base sur l’examen des pixels de
voisinage (Lacombe, 2008, p.29). Le pixel éliminé devient noir (criblage de l’image).

 La vectorisation de l’image classifiée


La vectorisation d’une image classifiée est une opération qui consiste a transformé un
fichier de type raster en un fichier de format shapefile (Figure n°8). L’image classifiée a été
automatiquement vectorisée sur du logiciel Envi.
Figure n°8 : Résultat de la vectorisation de l’image classifiée.

Source : Image satellite Landsat, 2017.

 Création de la base de données et élaboration de la carte d’occupation du sol


L’image vectorisée a été exportée sur ArcGIS pour la création d’une base de données.
Dans la table attributaire, chaque polygone est marqué par un code affecté en fonction de la
couleur du polygone sélectionné. Dans cette table attributaire, un nouveau champ a été créé

40
dans lequel nous avons regroupé les codes par valeur pour obtenir les superficies en hectares
de chaque classes. Ces diverses opérations ont permis d’avoir les différentes statistiques de
l’occupation du sol de la plaine. Aussi, avions nous élaboré la carte proprement dite en
attribuant des couleurs aux classes lors de l’habillage de la carte.

2.3.2. Le traitement des données de terrain


Les questionnaires et guides dument remplis sur le terrain, ont été l’objet de traitement
statistique sur Excel. Un dépouillement de données brutes et une classification accompagnée
d’un renseignement dans un tableau Excel à l’aide d’outil informatique (ordinateur portable) a
été effectué. Après l’insertion des données dans l’ordinateur, début le traitement proprement
dit. Ce faisant, à partir des tableaux croisés dynamiques, les différentes statistiques ont été
déterminées présentant les caractéristiques des enquêtés et leurs superficies exploitées dans la
plaine.

2.4. Conclusion partielle

2.4.1. Intérêts de ce type d’analyse


Ce chapitre a largement présenté les données utilisées pour la réalisation de l’étude
et leur méthode de traitement. Elle a particulièrement mis l’accent sur les données de types
géographiques ou cartographiques et de terrains. L’intérêt de ce type d’analyse est de
concrétiser les informations recueillies sur le terrain.

2.4.1. Difficultés rencontrées


Au cours de la réalisation de l’étude, nous avons été confrontés à de nombreux obstacles
tant au niveau de l’acquisition des données géographiques que celles de terrain. Aucune carte
géographique relative au secteur d’étude n’est disponible. Nous avons téléchargé une image
satellite et un extrait Google Earth pour combler ce déficit de données.
Par ailleurs, les principales difficultés répertoriées au niveau de l’acquisition des
données de terrain concernent le manque de données agricoles chronologiques chez les
exploitants de la plaine, surtout chez les maraîchers. L’obtention des données sur la production
s’est avérée complexe. De cet fait, nous avons procédé à une estimation des différentes
productions en se réfèrent aux quantités de produits vendus par récipients.

41
Chapitre 3 : RÉSULTATS

Les résultats de nos investigations de terrain sont axés sur trois points essentiels.
D’abord, sur l’analyse de l’occupation et l’utilisation des terres de la plaine alluviale. Ensuite,
sur l’identification des contraintes et les stratégies d’adaptation des paysans. Enfin, sur
l’évaluation des impacts de la valorisation de ladite plaine sur l’environnement socio-
économique et spatial de Zépréguhé.

3.1. Analyse de l’occupation et de l’utilisation du sol de la plaine alluviale


L’accent d’une part sur le profil sociodémographique des enquêtés et analyse largement
les résultats de la cartographie de l’occupation du sol de la plaine. D’autre part, elle met en
évidence la production et le revenu des enquêtés.

3.1.1. Profil sociodémographique des exploitants de la plaine alluviale


Les acteurs de la valorisation de la plaine alluviale Zotto sont à la fois composés de
paysans propriétaires de produits agricoles et de la main d’œuvre.

Les paysans : les acteurs clés de la mise en valeur des terres de la plaine

- La répartition des exploitants selon l’origine et l’ethnie


Les principaux acteurs qui occupent et exploitent les terres de la plaine, sont d’origine
diverses, composés à la fois d’Ivoiriens et de non Ivoiriens. Les ivoiriens (autochtones et
allochtones) sont plus nombreux avec une proportion de 81% contrairement au non ivoiriens
(allogènes) soit 19% (Tableau n°5).
Tableau n°5 : Répartition des exploitants selon l’origine.
Acteurs Effectifs Fréquences relatives (%)
Allochtones 53 66
Autochtones 12 15
Allogènes 15 19
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
L’analyse détaillée de la composition des enquêtés montre que les exploitants ivoiriens
sont d’ethnie Sénoufos, Baoulés, Yanboua, Yandeboua et Bété (Tableau n°6). Les Sénoufo
originaire du Nord, sont largement en tête dans la valorisation des terres de la plaine alluviale
avec un effectif de 34 paysans soit 43% des interrogés (Tableau n°6). Ils sont suivis par les Bété
(15%) dont la plupart réside dans le finage de Zépréguhé.

42
Tableau n°6 : Répartition des exploitants selon l’ethnie.
Acteurs Effectifs Fréquences relatives (%)
Bété 12 15
Sénoufo 34 43
Yanboua 9 11
Yandeboua 7 9
Baoulé 3 4
Malien 13 16
Burkinabé 2 3
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
En effet, les paysans nordisses ont la connaissance des techniques de maîtrise d’eau et
n’hésitent pas à s’installer dans les fonds de vallées (bas-fonds) inoccupées alors que les
autochtones se cantonnent plus sur les terres exondées (Zidago, 2014, p.66). Ces propriétaires
terrains (les Bété), se consacrent plus au maraîchage. Les Yanboua et les Yandeboua, dont la
plupart ont migrés de la sous-préfecture de Zoukougbeu et Gregbeu, en destination de la localité
de kassoundougou, détiennent une faible proportion parmi nos enquêtées. Ils représentent
respectivement 11 et 9% des interrogés et exercent aussi bien sur les terres des versants comme
dans l’enceinte du bas-fond. Quant aux Baoulés, ils sont très faiblement représentés soit 4%
parmi les exploitants de la plaine.
Les non ivoiriens enquêtés sont essentiellement composés de maliens (soit 16%) et de
burkinabés (soit 3%). Ces allogènes se consacre uniquement à la riziculture. Certes, la très
faible proportion de burkinabés s’explique par l’essor des activités d’orpaillages clandestines
en zone forestière.

- La répartition des exploitants en fonction du genre


L’analyse de la répartition des enquêtés selon le genre a mis en évidence une forte
prédominance des hommes avec un effectif de 61 paysans soit 76% (Tableau n°7).
Globalement, 24% des exploitants sont des femmes dont la majorité réside à Zépréguhé.
Tableau n°7 : Répartition des exploitants en fonction du genre.
Acteurs Effectifs Fréquences relatives (%)
Hommes 61 76
Femmes 19 24
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
L’examen de ces chiffres montre que, les hommes sont très dynamiques et sérieusement
impliqués dans les activités agricoles de la plaine. Le fait de retrouver plus d’hommes sur les

43
terres agricoles de ladite plaine s’explique historiquement par l’abandon de la riziculture par
les femmes au profit du maraîchage. Cela se justifie aussi, par la pénibilité des travaux dans
l’enceinte de la plaine. En effet, la technique de labour par exemple requiert beaucoup d’efforts
physiques, ce qui n’est pas chose facile pour une femme (Yéo, 2013, cité par Zidago, 2014,
p.67). Raison pour laquelle, la majorité des femmes préfèrent cultiver sur les versants qui
exigent moins d’efforts physiques. Toutefois, très peu d’entre elles descendent véritablement
dans les casiers de la plaine à l’exception des femmes Sénoufo.

- Répartition des exploitants en fonction de l’âge


L’analyse de la répartition des exploitants par tranches d’âges révèle que la grande
majorité a un âge compris entre 30 et 40 ans soit 40% des enquêtés (Tableau n°8).
Tableau n°8 : Composition des exploitants par tranche d’âge.
Tranches d’âge Effectifs Fréquences relatives (%)
Moins de 30 ans 5 6
30 - 40 ans 32 40
41 - 50 ans 21 27
51 - 60 ans 13 16
Plus de 60 ans 9 11
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
La tranche d’âge 30 et 40 ans est suivie par celle dont l’âge varie entre 41 à 50 ans avec
un taux de 27%. En effet, les exploitants de ces tranches d’âge, très actifs dans la mise en valeur
de la plaine sont généralement confrontés à des charges et se doivent d’assurer la sécurité
alimentaire familiale. Ils détiennent de grandes parcelles dans la plaine en raison de leur pouvoir
d’achat important. Parmi ces paysans, très peu ont véritablement le statut de chef exploitant.
Les paysans ayant moins de 30 ans occupent une très faible proportion (6%) des
interrogés. Ces acteurs n’ont pas le statut de chefs exploitants et certains d’entre eux sont encore
sous la responsabilité de leurs parents chefs exploitants. En effet, si le droit d’occuper une
parcelle dans la plaine alluviale ne semble pas être une véritable contrainte pour accéder au
foncier, ces derniers ne disposent pas suffisamment de moyens pour se lancer à grande échelle
dans les activités agricoles.
Par contre, ceux dont la tranche d’âge est comprise entre 51 à 60 ans et plus de 60 ans,
sont non négligeables dans la mise en valeur de la plaine. Ils représentent respectivement 16 et
11% des acteurs observés. En effet, ces exploitants jouissent depuis bel lurette des retombées
économiques cette plaine. Certains parmi eux ont commencé son exploitation étant très jeune

44
auprès de leurs parents. Aujourd’hui, ces chefs exploitants détiennent un pouvoir d’achat assez
surprenant et ont la capacité d’acquérir facilement de grandes superficies de parcelles dans
ladite plaine. Certes, ils sont confrontés aux effets de fatigue et de vieillesse à cause de l’avancer
de l’âge; donc descendent rarement dans les casiers. Toutefois, dans les travaux champêtres, ils
bénéficient constamment du soutien de leurs progénitures dans les opérations culturales.

- Le niveau d’instruction des exploitants


L’analyse de la répartition du niveau d’instruction des enquêtés fait ressortir deux
grandes catégories de paysans. Il s’agit entre autres de ceux ayant été au moins scolarisés et
ceux n’ayant jamais été scolarisés. Le niveau d’instruction est un facteur de développement et
parallèlement indispensable pour l’essor de l’agriculture (Zidago, 2014, p.69). Cela dit, la mise
en valeur d’un bas-fond nécessite dans ce contexte actuel façonné par le changement climatique,
un certain niveau d’instruction minimum acceptable comme celui du primaire pour faciliter les
taches aux encadreurs agricoles. Or, sur les 80 paysans enquêtés, plus de la moitié est
analphabète soit 57% (Tableau n°9). Au sein de cette catégorie de paysans analphabètes on y
retrouve plus de femmes et de chefs exploitants. Ce taux d’analphabétisme engendre de sérieux
incidents dans les pratiques agricoles voire la maîtrise de l’eau. Par conséquent, ce handicap
intellectuel ne peut qu’entraver l’accès à l’encadrement.
Tableau n°9 : Niveau d’instruction des exploitants.
Niveau
Effectifs Fréquences relatives (%)
d’instruction
Analphabète 46 57
Primaire 19 24
Secondaire 12 15
Supérieur 3 4
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
Par contre, parmi les 42% de producteurs ayant au moins été scolarisés, 24% ont un
niveau primaire et 15% un niveau secondaire. Les exploitants ayant un niveau d’instruction très
élevé ne représentent que 4%. Cette catégorie de paysans instruite met généralement plus en
pratique les conseils et recommandations des encadreurs agricoles appris lors des champs
écoles. Cependant, les 4% des producteurs ont reçu des formations en technique de production
rizicole et piscicole.

45
La situation matrimoniale des exploitants
La répartition des exploitants selon leur situation matrimoniale montre que près de 66%
des enquêtés vivent en concubinage contre 21% des mariés (Tableau n°10).
Tableau n°10 : Situation matrimoniale des enquêtés.
Situation Fréquences relatives
Effectifs
matrimoniale (%)
Célibataires 4 5
Concubinage 53 66
Mariés 17 21
Veufs (ves) 6 8
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
Les célibataires détiennent une très faible proportion soit 5% contre 8% des paysans
veufs. La forte fréquence des paysans vivant en concubinage s’explique par leur situation
financière qui demeure instables. La majorité des hommes ayant fait un mariage réside dans la
localité de Zépréguhé. Toutefois, l’on remarque que le niveau d’instruction influence
considérablement et justifie parfaitement la situation matrimoniale des enquêtés.

La main d’œuvre : une ressource en travail


La main d’œuvre est une ressource indispensable pour la valorisation d’une parcelle
agricole. Les exploitants de la plaine ont recours à trois catégories de cette ressource humaine,
selon son origine et la forme de rémunération. Ce sont entre autres la main d’œuvre familiale,
contractuelle (salariée) et associative (Tableau n°11).
Tableau n°11 : Composition de la main d’œuvre
Main d’œuvre Effectifs Proportion (%)
Familiale 17 21
Contractuelle 9 11
Associative 54 68
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.

 La main d’œuvre familiale


La main d’œuvre familiale est constituée de l’ensemble des membres actifs de la famille
propriétaire de l’exploitation. Elle travaille sur les terres agricoles de manière permanente et
n’exige aucune rémunération. Généralement, elle est récompensée en nature après la récolte.
Dans la plaine alluviale, cette forme de main d’œuvre est faiblement représentée soit 21%.
L’explication de son usage dans les systèmes de production au niveau de la plaine alluviale
résulte du fait que les retombées (compléments alimentaires et revenus substantiels) sont

46
destinées à satisfaire les besoins des membres de la famille inclus dans cette main-d’œuvre
(Zidago, 2014, p.74). Cette ressource humaine intervient dans les tâches comme l’entretient des
parcelles et étangs piscicoles, dans les opérations de récoltes et post-récoltes.

 La main d’œuvre contractuelle


La main d’œuvre salariée ou contractuelle regroupe toutes les personnes qui travaillent
pour une rémunération estimée en somme d’argent. Elle est généralement requise pour le
labour, le repiquage en riziculture et l’aménagement des étangs piscicoles. La rémunération
actuelle est en moyenne 2 000 F CFA par personne pour la journée, soit 500 F CFA pour la
nourriture et 1 500 F CFCA pour le travail accompli. Cette catégorie de main d’œuvre est
faiblement sollicitée par les producteurs, vu qu’ils sont regroupés au sein de l’Association des
Riziculteurs de Zépréguhé (ARZ). Elle est seulement sollicitée que par 11% des enquêtés.
Aujourd’hui, l’accessibilité de cette main d’ouvre demeure très difficile à cause des activités
d’orpaillages dans la région.

 La main d’œuvre associative


La main d’œuvre associative est constituée par affinité (amicale ou parentale) et en
fonction des groupes d’âges (jeunes et adultes). Ce groupe d’entre aide travail gratuitement
dans la plaine alluviale notamment sur les parcelles des différents membres et à tour de rôle.
Cette main d’œuvre participe à toutes les activités sans distinction (défrichement, désherbage,
récolte, etc.). Elle fonctionne selon les besoins des membres adhérents. Elle peut offrir son
service à un exploitant non membre en contrepartie d’une rémunération. Dans ce cas, elle se
comporte alors comme des groupes salariaux. Cette catégorie de main d’œuvre est la plus
sollicitée dans la valorisation de la plaine alluviale du Zotto soit 68%.

Les modes d’accès fonciers de la plaine alluviale du Zotto


Dans de la plaine alluviale Zotto, les modes d’accès des terres enregistrés sont l’héritage,
le prêt et la location (Tableau n°12).
Tableau n°12 : Répartition des modes d’accès foncier dans la plaine
Acquisition Effectifs des
Fréquences relatives (%)
foncier paysans
Héritage 7 9
Location 68 85
Prêt 5 6
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.

47
- Le mode d’accès par héritage
Le mode d’accès foncier par héritage est le plus répondu chez les autochtones de
Zépréguhé. En effet, l’organisation sociale en pays Bété est purement fondée sur le patriarcat.
Dans ce système, le patrimoine foncier que constitue la forêt ou les espaces de bas-fond, transite
de père en fils. Ainsi, 9% de nos enquêtés, ont hérités de leurs parents les parcelles qu’ils
valorisent dans la plaine.

- Le mode d’accès par prêts


L’acquisition foncière par prêt dans la plaine connait un faible essor en raison de la
récurrence des conflits fonciers qui opposent généralement autochtones et étrangers.
Aujourd’hui, les parcelles sont prêtées entre autochtones et/ou autochtones propriétaires
terriens, c’est-à-dire entre Bété et Bété. Ainsi, au cours de nos enquêtes, nous avons pu
enregistrer une fréquence relative de 6% de cette forme d’acquisition foncière.

- Le mode d’accès par location


Nos investigations de terrain ont révélé que la plus grande majorité des enquêtés soit
85% louent leurs parcelles dans cette plaine. La location est donc la forme d’acquisition
foncière la plus répandue qui vise surtout l’ensemble les étrangers (allochtones et allogènes).
Par ailleurs, les superficies des parcelles de la plaine sont louées à prix d’argent ou sacs
de riz. Les propriétaires terrains qui fixent le prix de la location à 30 000 F CFA soit deux sacs
de riz l’hectare, envisagent une augmentation de 15 000 F CFA, soit le prix de trois sacs de riz.
Cependant, l'entretien de la parcelle acquise revient à l'exploitant qui peut se voir retirer la
parcelle pour non-paiement de la redevance ou par le non-respect de certains principes
fondamentaux de la gestion du périmètre. Les sénoufo qui disposent de moyens financiers sont
très impliqués dans ce mode foncier.
Toutefois, l'accès aux fonciers de la plaine devient un enjeu conflictuel où les stratégies
conservatoires des communautés locales prennent souvent un caractère ethnique.

3.1.2. Résultats de la cartographie de l’occupation du sol de la plaine alluviale Zotto

Présentation de l’occupation du sol de la plaine


La cartographie de l’occupation du sol est une variable fondamentale pour la
planification des affectations culturales. Les résultats de la cartographie de l’occupation du sol
de ladite plaine, permettent de mieux comprendre le jeu des acteurs sur les terres culturales.
Finalement, le constat montre que les acteurs s’intéressent aux cultures vivrières, de rentes et à
l’activité piscicole (Tableau n°13).

48
Tableau n°13 : Traits d’occupation du sol en fonction la topographique des lieux.
Position Latitude Longitude Altitude
Occupation du sol
topographique (N) (W) (m)
Haut de versant Localités/ Sols nus 6° 54’17 6°22’11 242
Haut de versant Cultures de rente 6°54’18 6°19’29 249
Haut de versant Reliques de forêt 6°52’19 6°18’32 216
Mi-versant Jachère 6°53’11 6°18’21 236
Mosaïque culture
Bas de versant 6°52’54 6°19’05 220
vivrière
Bas de versant Étang 6°54’43 6°21’01 225
Source : Mission de prospection, Mars 2019.

Les paysans procèdent à une répartition de leurs activités selon les facettes
topographiques. La Figure n°9 montre l’occupation du sol de la plaine par les cultures.
Figure n°9 : Carte d’occupation du sol de la plaine alluviale de la rivière Zotto

Ainsi, le haut versant abrite les cultures de rente, les reliques forestières et les sols nus
(en préparation pour la semence). Le bas versant est occupé par un ensemble de mosaïque de
cultures vivrières y compris un étang piscicole. Entre ces deux facettes topographiques (mis-
49
versant) sont observées des jachères. La pratique de la jachère par les paysans permet aux sols
peu fertiles de se régénérer.

Analyse statistique de l’occupation du sol de la plaine alluviale


L’analyse statistique globale de la cartographie de la plaine met en évidence deux grands
traits d’occupation du sol notamment l’espace naturel et humanisé. Ainsi, sur une superficie
totale de 3 869 hectares cartographiée, l’espace naturel couvre 258 hectares soit 7% de la zone
(Tableau n°14). Par contre, l’espace humanisé occupe 3 611 hectares, soit près de 93% de
l’espace étudié. Par conséquent, la zone d’étude est un espace fortement humanisé.
Tableau n°14 : Les catégories d'occupation du sol de la plaine alluviale Zotto.
Les grandes catégories Superficie Fréquence relative
d’occupation du sol (ha) (%)
Espace naturel 258 7
Espace humanisé 3 611 93
Total 3 869 100
Source : Carte d’occupation du sol de la plaine alluviale (image Landsat, 2017).

En effet, dans cette plaine l’espace naturel est uniquement composé de reliques
forestières. Ces restes de forêts subissent une forte anthropisation en raison de l’emprise des
activités agricoles et du charbonnage. Définir comme étant la transformation du milieu naturel
par l’homme, l’espace humanisé dans la plaine alluviale, est essentiellement composé de
localités/sols nus, d’une mosaïque de cultures vivrières dominées par les cultures maraîchères,
des étangs piscicoles, des cultures de rente et des espaces jachères.

Analyse détaillée de l’occupation du sol de la plaine alluviale du Zotto


L’analyse statistique détaillée des résultats de la cartographie de ladite plaine alluviale,
met en exergue les différents types d’affectation du sol avec leurs superficies (Tableau n°15).
Tableau n°15 : Les types d’affectations du sol de la plaine alluviale
Types d’affectation du sol Superficie (ha) Fréquence relative (%)
Localités/sols nus 28 1
Mosaïque cultures vivrières 2 561 65
Étangs piscicoles 3 ±1
Cultures de rente 1 008 26
Reliques de forêts 258 7
Jachère 11 ±1
Total 3 869 100
Source : Carte d’occupation du sol de la plaine alluviale (Image Landsat, 2017).
Les espaces localités/sols nus sont non recouvert de végétaux et très peu représentés
avec 28 hectares soit 1%. La plupart des localités sont situées non loin des voies à l’exception

50
du terroir de Kassoundougou. Quant ’aux reliques forestières, espaces non humanisés, elles
couvent 258 hectares soit 7% de la zone cartographiée.
Les espaces affectés par les cultures vivrières couvrent la plus grande partie avec 2 561
hectares soit 65%. Ces cultures sont essentiellement composées de manioc, d’igname, des
plantains, du riz, du maïs et des légumes, etc. Ces cultures sont encore traditionnelles, ne
bénéficiant pas de soutien financier public significatif. C’est grâce à ces cultures que les paysans
diversifient leurs productions et assurent leur sécurité alimentaire familiale. Par ailleurs, les
espaces occupés par les étangs piscicoles sont faiblement représentés dans la plaine. Ils ne
couvrent que 3 hectares ce qui représente une proportion presque nul (± 1%).
Les espaces affectés par les cultures pérennes sont importants dans la zone et s’étendent
sur 1 008 hectares, soit 26%. Ces cultures concernent le café-cacao, l’hévéa, le palmier à huile
et l’anacarde. Ces cultures sont la principale pourvoyeuse de devises pour les autochtones. La
plupart de ces cultures sont localisées sur les hauts versants. Enfin, les espaces laissés en jachère
ne représentent que 11 hectares soit ± 1% de la zone.

Répartition spatiale des cultures au niveau du bas-fond de la plaine


A l’échelle du bas-fond, les cultures affectants le sol sont reparties en fonction de la
topographie des lieux. Les principales activités exercées par nos enquêtés se concentrent autour
de trois grands centres d’intérêts que sont la riziculture, le maraîchage et la pisciculture
(Tableau n°16).
Tableau n°16 : Superficie des parcelles exploitées des enquêtés par localités
Localités Superficies des parcelles exploitées (ha)
Enquêtées Riziculture Maraîchère Pisciculture Total
Fofanadougou 27 (20%) 0 (0%) 0 (0%) 27 (20%)
Kassoundougou 28,5 (21%) 3 (2%) 1,5 (1%) 33 (24%)
Zanadougou 40 (29%) 1,5 (1%) 0 (0%) 41,5 (30%)
Zépréguhé 13 (9%) 15 (11%) 1,5 (1%) 29,5 (21%)
Total 108,5 (79%) 19,5 (14%) 3 (2%) 131 (95%)
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
Tableau n°17 : Répartition des exploitants selon le genre et l’activité pratiquée
Activités
Riziculture Maraîchère Pisciculture Total
Exploitants
Hommes 54 (67%) 5 (6%) 2 (3%) 61 (76%)
Femmes 13 (16%) 6 (8%) 0 (0%) 19 (24%)
Total 67 (83%) 11 (14%) 2 (3%) 80 (100%)
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.

51
La riziculture : principale affectation du sol dans le bas-fond de la plaine
Classer à la quatrième position dans la grande famille des vivrières après l’igname, le
manioc et la banane plantain, le riz reste le plus consommé au monde. De toutes les activités
agricoles de la plaine, la riziculture (Photo n°1) occupe une place de choix. Les résultats de nos
investigations de terrain ont révélé que le riz est cultivé par 83% des enquêtés avec une
prédominance d’hommes (67%) au détriment des femmes (16%) (Tableau n°17). Ainsi, sur les
131 hectares soit 95% des superficies exploitées, la riziculture couvre 79% soit 108,5 hectares
(Tableau n°16). Cependant, deux grandes phases caractérisent l’activité notamment la
préparation du sol qui conduit au semis et les opérations de récolte.
Photo n°1 : La culture du riz

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La photo 1 illustre l’affection du sol par la culture du riz dans la plaine alluviale. Plus de 80%
des grains ont atteint une couleur jaune paille, d’où une récolté possible dans peu de temps.

 La phase de la préparation du sol et le semis du riz


La préparation du sol est la toute première étape à laquelle l’exploitant fait recours pour
valoriser sa parcelle. L’objectif étant de lutter contre les mauvaises herbes communément
appelées « hors types » puis de faire un bon lit permettant la croissance des plantes. Elle débute
par le nettoyage de la parcelle qui consiste à couper les herbes et les déposer sur les diguettes.
Ainsi, peut commencer la pré-irrigation dont la finalité est d’inonder la parcelle 2 à 3 jours
avant le premier labour, réalisé quelques semaines avant le semis pour permettre une bonne
décomposition de la matière organique enfouie. Selon leur situation financière, les riziculteurs
procèdent au labour qui est soit manuel (Planche n°1-A) ou mécanisé (Planche n°1-B).

52
Planche n°1 : Un labour manuel (A) et un labour mécanisé (B).

A B
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.
La planche 1 illustre respectivement un labour manuel (A) et mécanisé (B). Il s’agit de la phase
de préparation du sol pour le semis. Le labour mécanisé est généralement effectué en période pluvieuse
et annonce un semis par repiquage ou à la volée. Par contre, le labour manuel annonce un semis direct.
Évitant un labour trop profond au risque de déplacer le sol plus fertile en profondeur
empêchant le riz d’en bénéficier, les riziculteurs sont tous unanime pour un labour compris
entre 15 et 20 cm de profondeur. Un second labour à lieu pour développer la carapace du sol
afin de réduire les pertes en eau par infiltration dans le sol et rendre fins les éléments grossiers.
Ensuite, la parcelle est entièrement inondée durant 2 à 3 semaines pour détruire les
insectes nuisibles restés dans la végétation et décomposer les mauvaises herbes. Les casiers
vidés d’eaux bénéficies d’engrais, soit environ 150 à 200 kg de NPK. Le planage qui facilite la
gestion de l’eau et le contrôle des adventices reste la dernière étape de la préparation du sol. Il
consiste à décaper les parties élevées de la parcelle qui seront déposées sur des zones basses.
Toutefois, la préparation du sol dans les casiers de cette plaine alluviale, varie selon que
le riz est d’abord semé en pépinière et repiqué ou qu’il est semé directement ou soit à la volée.

 La récolte et les opérations post-récoltes


La récolte, le battage et le séchage constituent des opérations décisives pour garantir une
bonne productivité et une bonne qualité du produit. Tous les efforts consentis depuis la
préparation du sol peuvent être compromis, si ces opérations sont mal effectuées. A cet effet,
les riziculteurs attendent qu’au moins 80% des grains prennent la couleur jaune paille avant de
débuter la récolte. Le riz est coupé à la faucille (Photo n°2) après que les exploitants ont
asséchés au préalable les casiers 15 jours avant.

53
Photo n°2 : Une opération de récolte de riz à la faucille

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La photo n°2 montre une opération de récolte du riz à la faucille. La main d’œuvre sollicité
pour cette opération est celle en association.
Une fois le coupage terminé, le ramassage des panicules revient aux femmes. Les
femmes ressemblent panicules dans l’un des casiers qui est par la suite battu manuellement
(Photo n°3). Le battage du riz est une opération qui consiste à séparer la graine de la panicule
sans l’endommager. Il intervient environ 48 heures après la récolte.

Photo n°3 : Le battage manuel du riz

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La photo n°3 montre une opération de battage manuel du riz. La main d’œuvre sollicité par
l’opération est celle en association.
Le battage étant terminé, les riziculteurs procèdent au séchage en exposant les grains au
soleil pendant une durée allant de 48 à 72 heures. La finalité de cette opération est de ramener

54
le taux d’humidité des grains à environ 14 à 12% avant d’être stocké, commercialisé ou
conduire au moulin. Certes, la majorité des riziculteurs ont tendance à se débarrasser des
impuretés à savoir le sable, les cailloux, les grains vides et autres résidus.

La culture maraîchère : une activité secondaire du bas-fond de la plaine.


Les cultures maraîchères occupent une place de second rang dans de la plaine alluviale
de la rivière Zotto. Fortement convoitées par les femmes (8%) au détriment des hommes (6%),
ces cultures s’étendent sur de très vaste superficie (Tableau 16). Elles sont très développées et
affectent les versants. Par moment, certains riziculteurs les implantent les laitues sur les buttes
(ou soles) et les diguettes des casiers. L’analyse des résultats de nos investigations de terrains
montre que ces cultures couvent une superficie de 19,5 hectares soit 14% de la superficie totale
des parcelles exploitées. Cependant, les cultures maraîchères recensées sont essentiellement
composées de la tomate, de l’aubergine, du gombo, du piment, de la salade et, etc.
 La tomate et l’aubergine
La culture de la tomate (Planche n°2-C) et de l’aubergine (Planche n°2-D) sont cultivées
sur les bas-versants à la périphérie des parcelles rizicoles. Dans la plaine, ces cultures sont très
développées en période pluvieuse et peu développées en période de contre saison.
Planche n°2 : Une parcelle de tomate (C) et d’aubergine (D) sur les versants.

C D
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La planche n°2 montre respectivement un champ de tomate (C) et d’aubergine (D) sur les
versants.
Ces cultures affectent des superficies comprises entre 0,25 et 0,5 hectare. Les variétés
d’aubergine et de tomate cultivées sont respectivement l’aubergine africaine Aub21NB/06Du
et la tomate salade. Le cycle de la culture d’aubergine varie de 7 à 8 mois et est de 3 mois pour
la tomate. La récole des aubergines débute généralement 4 à 5 mois après le semis. Par contre,
55
les tomates sont récoltées 3 mois après leurs semis. Les récoltes des fruits matures
respectivement de couleur blanc-jaunâtre pour l’aubergine et rouge claire pour la tomate se font
2 à 3 fois par semaine.
Par ailleurs, la majorité des enquêtés disent prendre des risques surtout en périodes de
contre-saisons vis-à-vis de la production de la tomate. En effet, les plantes de tomates sont
beaucoup exigeantes en eau en périodes de sècheresses et moins pendant les saisons pluvieuses.
Cette situation fait que sur les 14% enquêtés opérants sur les versants, seulement 4% produisent
la tomate. Toutefois, le déficit pluviométrique ou la sécheresse demeurent les facteurs
déterminants qui impactent négativement ces cultures.
 Le maïs, le taro et l’arachide
Perçue sur les versants de la plaine, le maïs (Planche n°3-E) et l’arachide (Planche n°3-
F) sont des cultures très convoitées par nos enquêtés. Elles connaissent un véritable essor en
période de saison pluvieuse.
Planche n°3 : Champ de maïs et d’arachide

E F
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La planche n°3 montre respectivement un champ de maïs (C) et d’arachide (D) sur les versants.
Avant les premières pluies du mois de Mars, les paysans préparent le sol des parcelles
en procédant au nettoyage et à la brûlure des herbes. Les premières pluies enfouies les résidus
issus de l’incendie qui contribuent à la fertilisation du sol. Au lendemain des pluies, les paysans
débutent le semis des grains de maïs et d’arachide. Cependant, plusieurs facteurs climatiques
dont la pluie, la température et le déficit de saturation affectent la croissance des cultures.
Concernant la culture du taro (Photo n°4), elle est très localisée et peu répondu dans la
plaine. Elle est pratiquée dans le fond de la vallée précisément dans sa partie aval dans des

56
endroits traditionnellement aménagés par les exploitants. En effet, pour les producteurs, les sols
en aval sont très fertiles, humides et n’ont pas été suffisamment exploitées, donc facile à
manipuler pour l’élaboration des buttes destinées à la culture.
Photo n°4 : Champ de taro.

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.


La photo n°4 montre la culture de taro. Cette culture est pratiquée sur des parcelles perçue en
aval de la plaine alluviale.
 Le gombo, le concombre et la salade
La culture du gombo (Planche n°4-G) et la salade (Planche n°4-H) sont pratiquées à
petite échelle dans différents points dans la plaine alluviale. Elles affectent plus des bas de
versants. Les variétés de gombo cultivées par les exploitants sont le « Tomi » et le « Koto ».
Planche n°4 : Une parcelle affectée par les cultures de gombo (G) et salade (H)

G H
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La planche n°4 montre respectivement la culture du gombo (G) et la salade (H) sur les versants.

57
Le cycle de maturité du gombo est de 90 jours et les paysans débutent généralement la
récolte 90 ou 100 jours après le semis. Le concombre se cultive plus sur les buttes figurant dans
les casiers du bas-fond et quelque rare fois sur les portions de terres situées juste à la périphérie
des parcelles rizicoles. C’est pendant les saisons pluvieuses que les femmes Sénoufos
s’intéressent véritablement à ces cultures.
 L’igname, le manioc et la banane plantain
Par leurs extensions géographiques et le volume de leur production dans la plaine, la
culture de l’igname (Planche n°5-I) et du manioc (Planche n°5-J) sont très développées sur les
hauts versants.
Planche n°5 : Une parcelle affectée par les cultures d’igname (I) et de manioc (J)

I J
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La planche n°5 montre respectivement un champ d’igname (I) et de manioc (J) sur les versants.
La variété d’igname cultivée par les enquêtés est celle communément appelée Bêtê Bêtê.
Il appartient au genre Dioscorea dont le cycle de production s’étend sur 9 mois. Par contre,
deux types de variétés de manioc sont cultivés par les paysans. Il s’agit du manioc doux
consommé en bouillie ou en pâte mélangée avec de la banane plantain et le manioc amer destiné
à la fabrication du placali (pâte pressée) ou de l’attiéké. Le manioc est une plante caractérisée
par une grande plasticité sur le plan climatique et pédologique (Yao, Oule, N’goran, 2013,
p.54). Par ailleurs, durant nos parcours pédestres, ce sont les femmes qui cultivent ces champs
sur de petites parcelles comprises entre 0,25 ha et 0,50 ha. Elles font régulièrement appelles aux
journaliers pour les travaux plus physiques tels que le défrichage, le buttage et lors des récoltes.
Elles s’occupent du reste des travaux avec la main d’œuvre familiale. Toutefois, l’igname et le

58
manioc constituent aujourd’hui pour l’ensemble des exploitants, des aliments de soudures qui
interviennent quand il n’y a plus de banane plantain, ni de riz ou de maïs.
Les plantes de la banane plantain (Photo n°5) connaissent un essor sur les hauts de
versants grâce à sa complantassions avec la caféiculture qui aujourd’hui à quasiment disparu.
Photo n°5 : Une plantation de bananier

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.


La photo n°5 présente une illustration des affectations du sol sur les terres de versants par la
culture de la banane plantain.

En raison de la forte consommation locale et régionale, les bananiers sont cultivés par
tous les paysans. Par ailleurs, certaines plantes sont localisées dans des endroits peu gorgés
d’eau avec des sols profonds. L'importance des précipitations et leur répartition constituent les
seuls facteurs de réussite de la culture. Mais, la rusticité de cette plante est toutefois relative car
le volume des récoltes diminue fortement à la suite de périodes de sécheresses prolongées.

La pisciculture : une forme d’affectation peu perçue dans la plaine.


La pisciculture désigne l’ensemble des techniques de production et d’élevage de
poissons comestibles (Hachette, 1993, cité par Toily, 2009, p.9). Dans cette plaine alluviale, la
pisciculture est une activité peu négligeable pratiquée par 3% des enquêtés. L’activité occupe
une superficie de 3 hectares soit 2% des superficies totales exploitées auprès des enquêtés.
 Les infrastructures et le système piscicole en vigueur
Les infrastructures piscicoles sont des étangs (Photo n°6) séparés par des digues et une
canalisation. L’état de ces étangs est dans l’ensemble jugé satisfaisant offrant une facilité de
remplissage et surtout de vidange grâce à une pente (0,5%) du point d’alimentation vers le point
de vidange. Dans ces étangs, l’alimentation en eau et le point de vidange sont opposés,
permettant l’évacuation des eaux plus anciennes.

59
Photo n°6 : Un étang piscicole

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.


La photo n°6 présente un étang piscicole. Les étangs sont des infrastructures indispensables
dans l’activité piscicole.
Les pisciculteurs sont passés d’un système extensif à un système semi intensif. En effet,
le système extensif est un système d’élevage traditionnel généralement perçu sur de grandes
surfaces en zones rurales et péri-urbaines. Dans ce système artisanal, les poissons sont livrés à
eux-mêmes et quelquefois nourrirent avec des déchets agro-alimentaires comme aliments
d’appoint. Ce type d’élevage permet la production de poissons nécessaires au repeuplement
équilibré et durable des écosystèmes aquatiques (Arrignon, 1993, cité par Toily, 2009, p.11).
Mais, l’inconvénient reste que l’élevage est mixte et repose sur plusieurs espèces de poissons
non sexées avec une densité incontrôlée puis une production très hétérogène de faible
rendement. Aujourd’hui, la forte demande de poisson sur les marchés locaux pousse les
pisciculteurs à abandonner ce système traditionnel pour un système semis intensif jugé
satisfaisant et rentable.

 Typologie des espèces de poissons élevées


Les espèces de poissons élevées dans les étangs par les pisciculteurs sont très
diversifiées. Ils sont essentiellement composés de tilapia, d’heterosis (Planche n°6-K), de silure
(Planche n°6-L) et de poisson communément appelé Cameroun. Les pisciculteurs interviewés
disent préférer élever les silures, car ces poissons ont la capacité de se développer sans leur
intervention. Cependant, les tilapias et les hétérosis sont des espèces qui exigent assez de
moyens financiers et de temps dans l’activité.

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Planche n°6 : Les espèces de type Heterosis (K) et les espèces de type silure (L)

K L
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.
La planche n°6 montre plus ou moins les espèces de poissons élevés dans les étangs. Il s’agit
respectivement des espèces de poissons Heterosis (K) et les espèces silures (L).
 Les opérations de pêches
Les opérations de pèches (Photo n°7) débutent lorsque les poissons ont atteint la taille
désirée par les pisciculteurs, par exemple 4 à 6 mois pour 250 à 300 gramme pour le tilapia.
Photo n°7 : Les opérations de pêche

Source : Cliché crédit

La photo n°7 montre les acteurs de l’activité en pleine opération de pêche. Par défaut
d’illustration, cette photographie a été prise sur internet.
Les pisciculteurs ne disposant pas de pêcheries, procèdent à la diminution de l’eau des
étangs et ramassent les poissons à l’épuisette ou à la senne. Cette méthode implique que l’on
dispose sur place un marché capable d’absorber tous les poissons le jour de la vidange (Lacroix,
2014, p.87). Cependant, lorsque le marché est saturé en poissons, les producteurs échelonnent
leurs récoltes en effectuant plusieurs pêches sans vider complètement l’étang.
61
3.1.3. La production agricole et le revenu des paysans enquêtés

La production agricole
Les différentes productions agricoles enregistrées dans la plaine auprès des enquêtés
portes essentiellement sur la riziculture et les cultures maraîchères.

- Le rendement rizicole
Les productions rizicoles ont été obtenues grâce aux archives de la coopérative Coop
Ah-ARZ, qui regroupe l’ensemble des riziculteurs enquêtés. Elles concernent les productions
annuelles de 2015 et de 2018 (Tableau n°18). Depuis 2015, les riziculteurs enquêtés opèrent
sur les mêmes parcelles. La production totale annuelle de riz enregistré en 2018 est de 241,7
tonnes contre 292,5 tonnes en 2015 soit une régression importante de 50,8 tonnes au cours de
trois ans. Outre, ces statistiques montrent que les riziculteurs de Fofanadougou en tête de la
production en 2015 (33%) ont été détrônés par ceux de Zanadougou avec 35% en 2018.
Tableau n°18 : Productions rizicoles annuelles 2015 et 2018 par localité enquêtées
Localités Superficies (ha) Production 2015 Production 2018
Fofanadougou 27 95 (33%) 59,5 (25%)
Kassoundougou 28,5 80 (27%) 65,4 (27%)
Zanadougou 40 87 (30%) 86,3 (35%)
Zépréguhé 13 30,5 (10%) 30,5 (13%)
Total 108,5 292,5 (100%) 241,7 (100%)
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
Les riziculteurs de Kassoundougou ont produit 65,4 tonnes en 2018, soit 27% contre 80
tonnes de riz en 2015. La production annuelle de ceux de Zépréguhé est restée constante (30,5
tonnes) durant ces trois ans. Par ailleurs, le rendement annuel rizicole des enquêtés varie entre
1,5 et 10 tonnes (Tableau n°19). L’analyse du Tableau n°19 fait ressortir trois catégories de
riziculteurs : les petits, les moyens et les grands riziculteurs.
Tableau n°19 : Répartition des exploitants selon le rendement rizicole
Rendements annuels Proportion
Effectifs
(Tonnes/ha) (%)
Moins de 3 tonnes 24 36
3 à 6 tonnes 36 54
6 à 9 tonnes 5 7
Plus de 9 tonnes 2 3
Total 67 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.

62
Près de 61% des producteurs ont un rendement compris entre 3 et 9 tonnes. Il s’agit des
moyens riziculteurs. Les petits riziculteurs ont une production de moins de trois tonnes à
l’hectare soit 36% des enquêtés. Ils sont confrontés aux problèmes de main d’œuvre et de
fertilisants. Les grands riziculteurs (chefs exploitants), en effectif restreint soit 3% des
riziculteurs produisent de plus de 9 tonnes de riz.

 Le rendement des cultures maraichères et plantes à racines/tubercules


Le rendement des cultures maraîchères et des plantes à racines/tubercules ont été
d’autant très complexe à enregistrer chez nos enquêtés. La divagation des récoltes associées à
un manque d’organisation des maraîchers sont les principaux facteurs explicatifs de
l’indisponibilité de données. Pour pallier aux déficits de données, nous avons procédé à des
estimations en se réfèrent au poids et au nombre total de cartons ou de seaux/cuvettes vendus
aux grossisses. Cette technique de production de données a ciblé principalement quelques
cultures maraîchères à savoir, la tomate, l’aubergine, l’arachide, le gombo et le chou. Les
tonnages des cultures comme le taro, l’igname et le manioc nous ont été directement
communiqués par les producteurs sur le terrain. Ainsi, le Tableau n°20 ci-dessous présente
l’ensemble des résultats enregistrés auprès de nos enquêtés sur la production maraîchère.
Tableau n°20 : Productions des maraîchères et des plantes à racines/tubercules.
Cultures Récipients Effectifs Poids
recensés Tonnes Fréquence (%)
Tomate Carton chargé : 40 197 7,88 9
kg environs
Aubergine Cuvette chargée : 163 2,8525 3
17,5 kg environs
Arachide Sacs de 100 kg 8 0,8 ±1
Gombo Cuvette chargée : 109 1,9075 2
17,5 kg environ
Piment Seau chargé : 10 kg 132 1,32 1
environ
Taro Tricycle ND 21 23
Manioc 2Aucun ND 39 43
Igname Aucun ND 17 18
Total 91,67 100
Source : Nos enquêtés, Mars 2019.
La production globale des cultures maraîchères et plantes à racines/tubercules des
enquêtés est de 91,67 tonnes. La production des cultures maraîchères est de 35,67 tonnes soit
une proportion de 39% contre 56 tonnes des plantes à racines/tubercules soit 61%.

63
Le revenu des paysans
 Le revenu rizicole
Le kilogramme du riz non décortiqué est commercialisé sur les marchés locaux au prix
de 145 F.CFA en moyen. Le revenu moyen annuel il varie de 200 001 à 1 500 000 F CFA
(tableau 22). Près de 75% des riziculteurs ont un revenu annuel qui oscille entre 200 001 et 600
000 F.CFA contrairement aux chefs exploitants (soit 10%), dont le revenu dépasse plus d’un
million de francs (Tableau n°21). En effet, la plupart des chefs exploitants disposent
suffisamment de moyens pour s’équiper en intrants et accède facilement à la main d’œuvre. Par
contre, 15% des paysans ont un revenu variant entre 600 001 à 1 000 000 F CFA.
Tableau n°21 : Répartition du revenu annuel des riziculteurs enquêtés.
Revenus Effectifs Proportion (%)
(F CFA) riziculteurs
200 001 - 300 000 19
300 001 - 400 000 4
400 001 - 500 000 16 75
500 001 - 600 000 11
600 001 - 700 000 1
700 001 - 800 000 2
800 001 - 900 000 4 15
900 001 - 1 000 000 3
1 100 001 - 1 200 000 4
1 200 001 - 1 300 000 1 10
1 400 001 - 1 500 000 2
Total 67 100
Source : Nos enquêtes, Mars 2019.
La confrontation du coût global de la production rizicole aux revenus globaux obtenus
après moisson montre que les bénéfices des producteurs sont faibles. En effet, le coût global
pour la valorisation d’un hectare de parcelle dans le bas-fond est environ 469 000 F.CFA. Ainsi,
si l’on s’attarde à retrancher le coût de la production dans le revenu obtenu, les gains après
récolte restent quasiment insignifiants.

 Le revenu piscicole
Globalement, les résultats de nos enquêtes ont révélé que le revenu total que génère
l’activité piscicole est de 2 610 000 F CFA par cycle (Tableau n°22). Les tilapias occupent 82%
du revenu contrairement aux heterotis (12%) et aux silures (6%).

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Tableau n°22 : Répartition du revenu piscicole par espèce de poisson
Espèces de poissons Montants (F CFA) Proportion (%)
Tilapia 2 145 000 82
Silures 315 000 6
Heterosis 150 000 12
Total 2 610 000 100
Source : Nos enquêtes, 2019.
La part importante des tilapias dans le revenu montre bien que ces espèces de poissons
sont très convoitées non seulement par les pisciculteurs mais également sur les marchés locaux.
Par contre, la demande de Heterosis et des silures est moins importante car ces espèces prennent
plus de temps pour se développer dans les étangs, donc des investissements supplémentaires.
Le prix de vente bord champs des espèces de poissons varie du simple au double selon
le kilogramme. La variabilité des prix de vente dépend de plusieurs facteurs tels que la rareté
des produits et les coûts d’acheminement qui sont parfois élevés et à la charge des acheteurs.
En saison pluvieuse, la pêche dans les cours d’eaux est très complexe et cela se répercute sur le
prix de vente. La commercialisation des poissons s’effectue à l’état frais après la récolte.

En somme, les résultats de la cartographie de l’occupation du sol dans la plaine alluviale


dans le finage de Zépréguhé permettent de mieux comprendre le jeu des acteurs dans les
pratiques culturales. C’est un espace fortement humanisé et dominé par les cultures de types
vivrières. La répartition spatiale des cultures par séquence topographique met en exergue trois
catégories cultures dans la plaine. La riziculture, principale activité des enquêtés affecte les sols
des casiers situés dans le fond de la vallée. La pisciculture, reléguée au dernier rang, affecte les
étangs et le maraîchage, classé au second rang occupe les terres de versants.
Par ailleurs, la caractérisation sociodémographique des enquêtés a fait ressortir
l’origine, l’ethnie, le niveau d’instruction et la situation matrimoniale des paysans.
Cependant, les exploitants sont confrontés à de nombreuses difficultés dans la
valorisation de la plaine qui influencent leurs productions. Alors, vue l’ampleur de ces écueils,
les paysans ont introduit diverses stratégies d’adaptations afin d’atténuer les contraintes.

3.2. Identification des contraintes et des stratégies d’adaptation paysanne


Dans les pratiques agricoles relatives à l’utilisation des terres de la plaine, les
producteurs sont confrontés à de nombreuses difficultés qui influencent considérablement leurs
productions. L’ampleur de ces écueils a poussé les producteurs à entreprendre des stratégies
d’adaptation dans la valorisation du bas-fond.

65
3.2.1. Les contraintes liées à la valorisation de la plaine alluviale
L’ampleur de certaines contraintes varie en fonction du degré d’occupation et
d’utilisation du sol dans la plaine. Les écueils identifiés sont entre autres les contraintes
naturelles ou biophysiques relatives au changement climatique et les contraintes socio-
économiques associées à d’autres écueils.

Les contraintes naturelles relatives au changement climatique


Les principales contraintes biophysiques recensées dans la plaine sont multiformes et
varient selon la topographie du milieu. Ces écueils, résultants des effets du changement
climatique sont la non maîtrise de l’eau, l’enherbement et la pauvreté du sol, l’érosion et le
ravinement du sol.

- La non maîtrise de l’eau


La non maîtrise de l’eau s’exprime en termes de son non contrôle et de la difficulté de
calage des cycles des cultures. Elle se traduit par le déficit ou l’excès d’eau et les dégâts que
cela occasionne. Dans la plaine alluviale du Zotto, la période d'inondation se situe entre la
troisième décade de Juillet et la deuxième décade d'Août avec une pointe en début d’Août.
L’enquête menée sur la perception des paysans concernant la variabilité pluviométrique
locale montre que les populations de Fofanadougou, Kassoundougou, Zanadougou et
Zépréguhé s’accordent sur la variabilité des pluies, mais dans des proportions différentes. Ainsi,
près de 73% de la population enquêtée de Fofanadougou estime que la variabilité des pluies
s’est accrue actuellement par rapport au passé contre 95% à Kassoundougou, 70% à
Zanadougou et 85% à Zépréguhé (Tableau 23).
Tableau n°23 : Perceptions des enquêtés sur la variabilité pluviométrique locale.
Variabilité Fofanadougou Kassoundougou Zanadougou Zépréguhé
Accrue 14 (70%) 19 (95%) 16 (80%) 17 (85%)
Non accrue 6 (30%) 1 (5%) 4 (20%) 3 (15%)
Total 20 (100%) 20 (100%) 20 (100%) 20 (100%)
Source : Nos enquêtes, 2019.

La variabilité pluviométrique locale est marquée par une baisse de précipitation


prolongée durant l’année. Ce deficit pluviometrique influence negativement la croissance des
cultures. En effet, en période de sècheresse, les sols des casiers rizicoles sont en déficit
important d’eau (Photo n°8). Les jeunes plantes de riz ont nécessairement besoin d’une bonne
quantité d’eau suffisante et d’un sol humide pour se développer. Cependant, elles évoluent dans
des conditions pénibles succombant par moment.

66
Photo n°8 : Bas-fond entièrement asséché.

Source : A. R. Ligué., vue prise en début Février 2019.

La photo n°8 montre le sol de la plaine dans un état critique en période de sécheresse. La plaine
est entièrement asséchée.
En outre, pendant les périodes de fortes pluies, les paysans ont du mal à appréhender le
ruissellement d’eau. Dans les mois de Juin et septembre, la plaine est entièrement inondée
(Photo n°9) en amont comme en aval, occasionnant la destruction des cultures.
Photo n°9 : Bas-fond entièrement inondation

Source : A. R. Ligué., vue prise en Juillet 2018).


La Photo n°9 montre la plaine alluviale entièrement inondée aussi bien en amont qu’en aval en
période pluvieuse. Cette contrainte est aussi liée au changement climatique.
Les exploitants impuissants face à ces inondations réitérées, stoppent les travaux
champêtres une à deux semaines à ce que le niveau d’eau redescende à la normale. Le régime
hydrique de la plaine est très instable et les cultures sont tantôt noyées, tantôt soumises à
l'arrivée tardive et au retrait précoce des eaux (Kambou, 2008, p.14).

67
Par ailleurs, la non maîtrise de l’eau dans la plaine est perçue dans les pratiques
d’irrigations employées par les riziculteurs et les maraîchers. En effet, le bas-fond exploité
s’étend sur plus de 207 hectares. La canalisation principale positionnée presqu’au centre du
bas-fond est située à une distance assez éloignée d’un très grand nombre de casiers surtout, ceux
situés très proches des versants. La problématique de la répartition spatiale de l’eau au niveau
des casiers s’impose donc chez la grande majorité des riziculteurs enquêtés.

- L’enherbement et la pauvreté du sol dans la plaine alluviale du Zotto


L’enherbement est un problème de grande envergure qui est très récurrente dans la
plaine alluviale du Zotto. Les écueils liés à l’enherbement constituent aujourd’hui une grande
préoccupation pour l’ensemble des producteurs exerçants surtout dans les casiers. Pour y
remédier, certains exploitants préfèrent investir dans les herbicides que dans les engrais afin de
disposer de temps pour d’autres activités. Cette contrainte est surtout commune à la riziculture
qui entraine une baisse accrue au niveau du rendement.
La pauvreté des sols est surtout marquée dans la plaine alluviale. Elle se traduit par une
diminution sensible des rendements agricoles surtout en riziculture. L’analyse de la perception
des enquêtés sur la qualité du sol dans la plaine montre que 51% des enquêtés trouvent que les
sols occupés sont pauvres contre 9% qui jugent très fertile (Tableau 24). Seulement, 24% et
16% ont respectivement jugés que les sols sont bon et moyen bon.
Tableau n°24 : Perception des enquêtés sur la fertilisation du sol.
Appréciations de la qualité Effectifs Proportion
du sol (%)
Très bon 7 9
Bon 19 24
Moyen 13 16
Mauvais 41 51
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, 2019.

En effet, les paysans justifient cette perception à travers les différents rendements
agricoles qu’ils obtiennent sur les terres de la plaine.

- L’érosion et le ravinement dans la plaine alluviale du Zotto


La problématique de l’érosion et du ravinement des sols constitue une préoccupation
majeure dans la plaine. L’analyse du Tableau n°25 révèle une forte présence de l’érosion et du
ravinement. Plus de 96% des enquêtés ont signalé les effets induits de ces contraintes.

68
Seulement 4% des personnes interrogées n’ont point signalé ces écueils. Ces chiffres justifient
que l’érosion et le ravinement sont des contraintes majeures de la plaine alluviale.
Tableau n°25 : Perception des enquêtés sur les effets de l’érosion et le ravinement.
Appréciations des effets Effectifs Proportion (%)
Très important 13 16
Important 38 46
Moyennement important 26 33
Pas important 3 4
Total 80 100
Source : Nos enquêtes, 2019.

En effet, l’érosion est surtout observée au niveau du bas-fond sur les horizons
superficiels sableux. Elle se manifeste par des atterrissements sableux en aval et le
développement de ravines aux bas des versants qui progressent vers l’amont. Le caractère
orageux des précipitations, la violence des crues et les forts ruissellements sur les terres très
fragiles peu profondes et très vulnérables sont autant de facteurs qui concourent à l’érosion des
sols entraînant ainsi leur dégradation physique et chimique. Concernant le ravinement, il
constitue une autre forme d’érosion beaucoup plus dangereuse pour les cultures. Il se traduit
par la naissance de rigole ou de fossé à l’aval de la plaine. Cette rigole se creuse, s’approfondit
et progresse vers l’amont de plusieurs mètres par an.

3.2.2. Les contraintes socio-économiques


Les contraintes socio-économiques identifiées ne sont pas propres à la plaine alluviale.
Elles concernent l’absence d’encadrement des exploitants, la mévente du riz et des produits
maraîchères, la destruction des cultures par les animaux, etc.

La valorisation du bas-fond : une activité à coût élevé.


L’exploitation des bas-fonds exige d’importants moyens financiers (Zidago, 2014,
p.101). Chez les exploitants de la plaine alluviale, les dépenses importantes se situent au niveau
du labour en riziculture pendant la phase de la préparation du sol, lors de l’achat d’intrants et le
recours à la main d’œuvre contractuelle.
Pendant la phase de la préparation du sol dans les casiers au second cycle rizicole, les
exploitants font recours à de la mécanisation, d’ailleurs peu disponible. En effet, ils ne peuvent
s’en passer du travail du machiniste qui consiste à labouré la terre des parcelles à l’aide d’un
motoculteur. Cependant, le coût de l’opération du labour qui autrefois estimé à 45 000 F CFA

69
l’hectare, s’est accrue et est passé à 60 000 F CFA, soit une hausse de 15 000 F CFA. Ce coût
élevé du labour apparait comme une véritable contrainte financière pour l’ensemble des
riziculteurs. De même dans le maraîchage, le prix du nettoyage de la parcelle est passé de 20
000 F CFA à 25 000 F CFA l’hectares. Les producteurs les plus vulnérables de ces écueils sont
les petits et moyens riziculteurs qui ont un faible revenu agricole.
Concernant l’achat d’intrants, il concerne aussi bien les riziculteurs mais surtout les
maraîchers exerçants. Ainsi, pour le bien être des cultures, les exploitants font recours aux
produits phytosanitaires et aux engrais. Mais, compte-tenu de leurs coûts élevés sur les marchés
locaux et la dose recommandée pour la fertilisation de la parcelle, les exploitants ont du mal à
s’en offrir. En effet, pour la fertilisation d’un hectare, l’exploitant doit disposer de 5 sacs
d’engrais repartis en 2 sacs d’Urée et 3 sacs de NPK. Le prix unitaire du sac de 50 kilogrammes
varie entre 16 000 F CFA et 17 000 F CFA. De plus, si les intrants sont presque disponibles sur
les marchés, leur accessibilité constitue un facteur limitant à production agricole en raison du
coût élevé du transport. Le prix du transport Daloa-Zépréguhé est passé de 300 F CFA en 2018
à 400 F CFA en 2019.
Par ailleurs, malgré l’existence d’une main d’œuvre d’entre aide, le recours à la main
d’œuvre contractuelle reste indispensable aux exploitants. Cette forme de main d’œuvre,
sollicitée dans tous les types de travaux champêtres est à présent une véritable contrainte
financière. En effet, sa rémunération journalière autrefois s’évaluait au prix de 1 000 F
CFA/jour par travailleur. L’abondance de cette ressource humaine et la facilité à s’en approprier
étaient les facteurs explicatifs d’une telle rémunération. Mais à l’heure actuelle, en raison de sa
très faible disponibilité et de la pénibilité des travaux champêtre, le coût de la rémunération à
fortement grimpé passant de 1 500 F CFA et 2 000 F CFA la journée.

Le manque d’encadrement
L’encadrement des paysans reste un facteur déterminant dans les initiatives agricoles
relatives à l’occupation du sol par les cultures dans la plaine. Il vise à former, à orienter, à suivre
et à évaluer à la lettre les producteurs opérants sur les parcelles. En Côte d’Ivoire,
l’appui/conseils des producteurs est assuré par des structures étatiques spécialisées dans le
domaine de l’agriculture, de l’élevage et de la pisciculture. Ces structures que sont l’ANADER
et le CNRA, ont pour mission respective d’accompagner les producteurs par appui/conseil et
d’approfondir les recherches agronomiques. Leur objectif principal dans la valorisation des bas-
fonds est de renforcer les compétences techniques et méthodologiques des producteurs sur la

70
gestion rationnelle et la répartition de l’eau ainsi que l’utilisation des variétés améliorées à
travers les Champs Écoles des Producteurs (CEP).
Dans la plaine alluviale, le manque d’encadrement des paysans est effectif, donc
demeure une véritable contrainte pour la production agricole. Sur les 80 paysans enquêtés, très
peu, soit 9% ont confirmé avoir bénéficié d’un encadrement de la part des structures ayant pour
champs d’action l’agriculture tels que l’ANADER. Par contre, 91% des interrogés ont signalé
n’ayant jamais reçu d’encadrement agricole.
Cependant, les conséquences de l’absence d’appui-conseil chez les exploitants de la
plaine se traduisent dans ce contexte de changement climatique par une pratique de techniques
culturales peu adaptées. Aussi, s’ajoute l’impossibilité ou la difficulté d’accès aux crédits
agricoles bancaires et aux intrants par l’utilisation de semences locales peu performantes ou de
semences améliorées dégénérées. Le souci de non maîtrise de l’eau et des circuits de
commercialisation accompagnent ces conséquences.

La mévente des produits agricoles


Après les diverses opérations de récoltes, les producteurs évacuent la plus grande
quantité de leurs produits sur les marchés locaux de la ville de Daloa. Une fois sur les marchés,
les paysans traitent directement avec les femmes grossistes Dioula. Mais, le prix auquel ces
commerçantes achètent les produits est à l’encontre de leur volonté. En effet, sur les marchés
locaux, le kilogramme du riz non décortiqué est normalement au prix de 150 F CFA. Pourtant,
la réalité reste bien différente lorsque les producteurs se retrouvent face aux grossistes. Par
exemple, certaines commerçantes achètent le kilogramme du riz non décortiqué au prix de 130
F CFA ou 120 F CFA, lorsque le riz est en abondant sur le marché. La majorité des riziculteurs
dont la plupart s’endettent auprès de ces commerçantes pour financer les travaux champêtres,
sont obligés de rester silencieux.
Par contre, certains paysans entretiennent des relations étroites avec ces commerçantes,
qui aujourd’hui du fait de leur amitié prennent leurs produits à des prix raisonnables. C’est le
cas de monsieur Thaourou Pascal, qui traite depuis 12 ans avec un grossiste de la place qui lui,
achète le kilogramme de son riz non décortiqué au prix de 140 ou 145 F CFA et quelque très
rare fois à 135 F CFA.
Cette situation vécue par les riziculteurs reste indifférent de ceux des maraîchers. La
plupart des produits maraichers sont achetés à des prix dérisoires. Tel est le cas de la tomate qui
est souvent acheté au prix de 250 F CFA le kilogramme soit 10 000 F CFA le carton de 40
kilogramme, au lieu d’au moins 5 00 F CFA le kilogramme soit 20 000 F CFA.

71
La destruction des cultures par les animaux
La destruction des cultures par les rongeurs est une contrainte très récurrente dans la
plaine. Les cultures pratiquées sur les versants et dans les casiers, sont fréquemment détruites
par des animaux tels que les agoutis et les souris. En riziculture surtout, ce sont les troupeaux
de bœufs (Planche n°7-M) et les oiseaux granivores (Planche n°7-N) qui attaquent et détruisent
le plus souvent le riz. Des différends entre producteurs et éleveurs sont les formes de conflits
qui apparaissent fréquemment dans cette plaine alluviale.
Planche n°7 : Présence de bœufs dans les casiers (M) et la chasse d’oiseaux (N)

M N
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La planche n°7 montre respectivement un troupeau de bœufs (M) broutant dans les casiers et
un riziculteur en plein opération de chasse d’oiseaux (N).
Par ailleurs, les insectes ou chenilles ont tendance à attaquer les feuilles des plantes
créant ainsi d’énormes dégâts sur les parcelles. L’impact considérable de ces rongeurs sur les
cultures, réduit sévèrement les rendements. De surcroit, les plus exposés à ces fléaux, sont les
producteurs qui ont du mal à accéder aux intrants et aux produits phytosanitaires.

Les difficultés liées au manque d’équipements matériels et aux pratiques


culturales
Dans la plaine, l’agriculture est manuelle. Les exploitants usent d’un outillage
traditionnel rendant pénible les travaux champêtres. Les outils usuels utilisés sont les machettes,
les faucilles, les houes, des lances pierres (photo 25). Un seul motoculteur est à la disposition
des paysans. L’usage de ces outils est un obstacle pour agrandir les parcelles et exécuter les
opérations culturales à temps. Le recours au travail manuel s’explique par le fait que les paysans

72
ont encore des revenus qui ne leur permettent pas de s’offrir des motoculteurs encore moins
d’acheter des animaux pour l’attelage (Zidago 2014, p.88).
Planche n°8 : Quelques outils utilisés par les exploitants de la plaine alluviale.

O P Q
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La plante n°8 présente quelques outils utilisés par les exploitants dans les opérations culturales
dans la plaine. Ce sont respectivement des machettes et la houe (O), des faucilles (P), et une lance
pierres (Q). La nature de ces outils nous situe sur le labeur des travaux.
Le manque d’équipements matériels adéquats reste donc une contrainte majeure qui
influence négativement le rendement et le revenu des paysans. Les riziculteurs ont énormément
besoin de la mécanisation dans les opérations culturales. Or, à l’exception de la seule trace du
motoculteur qui n’arrive non pas à satisfait les besoins des riziculteurs de la localité en raison
de ces nombreux contrats, aucune autre forme de mécanisation n’est à la disposition des
paysans. Cet handicape les obliges à fournir davantage d’efforts physiques dans les travaux
champêtres et de fréquemment faire appel à la main d’œuvre salariale.
Par ailleurs, la plupart des enquêtés ont des lacunes dans les opérations culturales. Ces
lacunes résident dans la non maitrise de certaines pratiques culturales. Les techniques de
fertilisation et de lutte phytosanitaire restent encore peu ou mal connues chez certains. C’est le
cas des nouveaux producteurs dont certains non point la connaissance des produits qu’ils
utilisent. Par exemple, le mélange d’engrais foliaires et d’insecticides pour lutter disent-ils
contre les maladies sur les jeunes plantes est mal connu. Cela augmente les risques d’échec et
limite la rentabilité des productions.

3.2.3. Les stratégies locales d’adaptation des paysans


Les stratégies d’adaptations employées par les exploitants pour la mise en valeur des
terres de la plaine alluviale du Zotto dans le finage de Zépréguhé sont axées sur des mesures
directes et alternatives d’adaptations.

73
Les mesures directes d’adaptations
 L’aménagement du calendrier agricole en fonction des conditions climatiques
La modification du régime pluviométrique caractérisée par la baisse des précipitations
dont les effets conjugués se font de plus en plus ressentir, impact négativement la production
agricole. Dans un tel contexte, la modernisation du calendrier cultural s’est avérée comme une
solution innovante pour les exploitants. Cette actualisation du calendrier agricole met l’accent
sur les dates de semis dans les casiers et sur les versants. Elle concerne le calage du calendrier
cultural selon les conditions climatiques de l’année. Ainsi, dans la plaine alluviale du Zotto, les
dates de semi autrefois fixés et connues du calendrier cultural sont désormais en partie
déterminées par la tombée ou non des pluies.
Par ailleurs, lorsque les pluies tardent, le surplus de travail et l’utilisation des variétés
plus précoces sont les réponses qui interviennent pour tenter de rattraper le retard des semis.
Mais, ces réponses nécessitent une main d’œuvre supplémentaire et les variétés utilisées sont
fréquemment moins productives et/ou assez exigeantes en termes de fertilité du sol. De plus,
face au risque élevé du retard des premières pluies, certains producteurs ont décidé de ne pas
changer les dates de semis. Ce faisant, ils pratiquent des semis en sec afin de gagner du temps
au démarrage de la culture. Certes, ces pratiques sont très risquées compte tenu de l’incertitude
sur le démarrage de la saison de pluies.
Le calendrier agricole est aussi un outil primordial dans les systèmes de productions qui
se résume à la planification des activités agricoles dans la plaine. Les riziculteurs s’adonnent à
des cycles de courtes durées. Ils pratiquent jusqu’à deux cycles rizicoles (Figure n°10) à
l’exception de certains d’entre eux. Le premier cycle rizicole débute à partir du mois d’Avril et
prend fin en Juillet. Cependant, Il évolue dans des conditions hydriques très complexes comparé
au second cycle d’Octobre à février.
Concernant les cultures maraîchères, deux types de maraîchages sont perçus. Il s’agit
du maraîchage de saison qui s’étend d’Avril à Juillet et celui de contre saison de Septembre à
Décembre (Figure n°10). En période de contre saison, les cultures maraîchères sont très peu
développées à cause de la non disponibilité de l’eau. Par contre, en saison pluvieuse, toutes les
portions de terre des versants connaissent une anthropisation assez importante.
Par ailleurs, le calendrier piscicole, met en exergue deux cycles qui suivent relativement
la saison des pluies et qui interfère généralement avec celui du riz. La préparation des étangs
débutent à partir du mois de Février et Juin respectivement pour le 1er et le 2nd cycle (Figure
n°10). Les opérations de pêches coïncident le plus souvent avec la récolte du riz dans les
cassiers.

74
Figure n°10 : Calendrier agricole détaillé des exploitants de la plaine de la rivière Zotto dans le finage de Zépréguhé.

PLUVIOMETRIE MENSUELLE (SODEXAM, 2019)


200
(mm)
100

MOIS Janvier Févier Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept Oct. Nov. Déc.

1er cycle de riz


Semis direct Récolte
ACTIVITES ET Fin 2ième cycle de riz Début du 2ième cycle de riz
OPERATIONS Récolte Semis par
CULTURALES Maraîchère de saison repiquage
DE MISE EN
VALEUR DE LA Fin de maraîchère Début de maraîchère
PLAINE. de contre saison de contre saison

1er cycle piscicole


Aménagement des étangs Pêche et vente
2ème cycle piscicole cycle piscicole
Aménagement des étangs Pêche et vente
Source : Inspiré de Kaudjhis (2011), cité par Zidago, (2014)

75
 L’utilisation des variétés de semences améliorées et résistantes aux aléas
Au niveau du maraîchage, certains agriculteurs agissent sur l’abandon ou l’introduction,
la diminution ou l’extension de certaines spéculations. Les espèces sensibles à la sécheresse
font place à d’autres plus rustiques. Les cultures à croissance lente et continue telles que les
tubercules (manioc, igname) sont ainsi préférées aux cultures à stade critique telles que le maïs,
afin de limiter le risque de récolte nulle.
En riziculture, la majorité des enquêtés utilise des semences améliorées. Lorsque la
semence n’est pas disponible, les exploitants utilisent une partie des récoltes antérieures. Les
principales variétés de riz cultivées par nos enquêtés sont le Wita 9, le V10 et le Bouaké 189.
Ainsi, 64% des riziculteurs cultivent sur leurs parcelles la variété Wita 9 contre 27% la variété
Bouaké 189 et 9% la variété V10 (Tableau n°26).
Tableau n°26 : Répartition des variétés de riz cultivée par nos enquêtés.
Variété de riz Effectifs Fréquences relatives (%)
Bouaké 189 18 27
Witta 9 43 64
V10 6 9
Total 67 100
Source : Nos enquêtes, 2019.
La forte préférence du Wita 9 sur les parcelles au détriment des autres variétés
s’explique par sa demande élevée sur les marchés locaux. Aussi, la saveur de cette variété
associée à sa capacité à résister contre les mauvaises herbes communément appelées « hors
types » et les maladies, justifie cette préférence. Les producteurs la perçoivent ainsi comme une
variété de qualité organoleptique résistante à la panachure jaune avec un cycle moins long
compris entre 109 à 115 jours. En raison de ces divers atouts, les anciens producteurs le
recommandent aux nouveaux riziculteurs.
Par contre, la variété Bouaké 189 connue sous l’appellation scientifique « Oryza
sativa », à une particularité assez bien intéressante. Le poids des grains et sa capacité à résister
aux inondations ainsi qu’à la toxicité due au fer, justifie sa préférence chez les riziculteurs.
Malgré une demande moins importante sur les marchés locaux, les riziculteurs en tirent profil
à cause du poids des grains.
En outre, la faible demande ou préférence de la variété V10, puise ces racines dans sa
saveur moins douce que le Wita 9 et le Bouaké 189. Pourtant, son cycle s’étend sur une courte
période comprise entre 95 à 105 jours, permettant de faire trois cycles rizicoles/an.

76
 L’adoption des systèmes et techniques culturales
Dans la plaine alluviale de la rivière Zotto, les exploitants adoptent des systèmes et
techniques culturales pour faire face à toutes sortes de contraintes. Ainsi, les systèmes et
techniques culturales employés sont axés sur la monoculture et l’association des cultures.
 Le système de monoculture
Le système de monoculture connaît un véritable essor dans le domaine de la riziculture
dans la plaine alluviale du Zotto. La monoculture du riz (Photo n°10) est de loin le système de
culture le plus pratiqué par la majorité des enquêtés. Ce système occupe une superficie estimée
à 109 hectares soit 79% de la superficie totale des parcelles affectées et est pratiqué par 84%
des exploitants interviewés.
Photo n°10 : La monoculture du riz

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.


La photo n°10 montre une monoculture de riz dans les casiers de la plaine alluviale.
En effet, l’intensification de la riziculture dans cet espace est axée sur le système de
culture pure. C’est dans les casiers que l’on retrouve cette façon de faire des paysans et non sur
les versants ou mi-versants. Les variétés améliorées recommandées et les itinéraires techniques
qui leur sont associés sont plus exigeants pour la pratique d’un système de culture pure en
riziculture. Outre, dans ce système, rare sont ceux qui pratiquent la technique de la rotation des
cultures sur leurs parcelles.

 L’association des cultures


Le mode traditionnel d’association des cultures dans la plaine ne diffère pas de celui que
l'on rencontrer dans toutes les zones forestières du pays. L’enquête de terrain a montré qu’au
fil des années, les légumes qui étaient plantés seuls, ont été intégrées aux associations de

77
cultures. Cette technique donne lieu à des combinaisons complexes jugées très intéressantes sur
le plan de la complémentarité nutritionnelle et dans l’étalement des récoltes sans oublier celui
de la couverture du sol. Cette polyculture couvre 14% des parcelles enregistrées sur les versants.
Il s’avère difficile de percevoir un système de culture pure sur les versants à l’exception des
cultures d’exportations. Ainsi, sur ces versants, on rencontre généralement en associations les
espèces de types maraîchères et autres cultures vivrières (Photo n°11).
Photo n°11 : Une association de culture

. Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.


La photo n°11 présente une association de cultures d’arachide, de maïs et de banane plantain.
Le manioc par exemple est associé ou cultivé en rotation avec d’autres produits vivriers.
Les cultures en association varient selon les maraichers et il n'existe pas de plantation
homogène, sous un système intensif comme dans le cas de la riziculture. Cette association
culturale est au centre d’un système incluant d’autres types de cultures vivrières notamment le
maïs, le manioc, le piment, le gombo, l’aubergine, la tomate et quelque rare fois l’igname.
L’objectif visé par ces associations n’est pas seulement l’obtention du rendement maximum,
mais, la limitation des risques en espérant obtenir un peu avec chaque culture (Worou, 2003,
p.2). Cette stratégie culturale offre plusieurs avantages à savoir une couverture maximale de
l’espace qui réduit l’érosion et l’enherbement.
Toutefois, ces pratiques sont diversement affectées par des perturbations climatiques
qui jouent sur la production globale supérieure à celle qui aurait été obtenue en culture pure.

 La récurrence des pratiques d’irrigations et la valorisation des buttes et diguettes


L’eau reste quasiment inexistante dans les casiers de la plaine en période de contre
saison. Elle demeure toutefois présente dans la canalisation principale permettant l’irrigation

78
des parcelles asséchées. Peu employé autrefois par les riziculteurs en raison de la régularité des
pluies qui favorisaient la disponibilité de l’eau dans les casiers, aujourd’hui la pratique
d’irrigation est beaucoup plus employée dans les pratiques paysannes. Les chefs exploitants de
la plaine disposent d’une parfaite maitrise d’irrigation et peuvent drainer facilement les
parcelles quelques soit leur emplacement. Cette faculté est quasiment inexistante chez les petits
et moyens riziculteurs.
Par ailleurs, la mise en valeur des buttes et des diguettes est perçue comme une stratégie
d’adaptation adoptée pour les exploitants. Cette initiative qui est menée par les conjointes des
riziculteurs vise non seulement à l’accroissement de la production agricole, mais également la
diversification des cultures. Ainsi, même si la production étant en quantité insignifiante, sur la
plupart des parcelles bénéficiant d’une portion de terre élevée, les producteurs n’hésitent pas à
affecter les laitues sur ces espaces. Les cultures développées sur ces portions de terre sont
uniquement destinées à la consommation familiale.

Les mesures alternatives d’adaptation


Les mesures alternatives d’adaptation concernent l’emploi des techniques de semis qui
diffèrent en fonction de la séquence topographique du sol, l’entretient des jeunes plantes et le
regroupement des producteurs en association.

 L’emploi des techniques de semis qui diffèrent selon le cycle rizicole


Dans la plaine alluviale de la rivière Zotto, la pratique du semis directe et du repiquage
dans les casiers est l’œuvre des femmes et quelquefois des hommes. En raison du
raccourcissement de la saison des pluies qui entraîne le retard de l’implantation des premières
cultures, trois techniques de semis sont employées par les riziculteurs. Ces techniques qui
diffèrent selon la toposéquence du terrain d’amont en aval sont notamment fonction de la
disponibilité de l’eau dans les casiers.
Ainsi, après un labour manuel à la houe ou mécanisé à l’aide d’un motoculteur, les
riziculteurs sèment à la volée ou pratiquent le semis direct ou encore exercent le repiquage des
jeunes plantes de riz sur les parcelles.
Dans le premier cycle rizicole, les paysans exerçants dans les casiers sont confrontés à
un sérieux déficit d’eau. Pour remédier à cette contrainte, ils pratiquent un semis direct (Photo
n°12).

79
Photo n°12 : Une opération de semis direct du riz

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.


La photo n°12 illustre bien un semis direct effectué par les femmes. Le cours de la rémunération
est de 45 000 F CFA à l’hectare. Le semis direct a lieu pendant la période de contre saison.
Le but est de semer directement le riz puis attendre l’arrivée des pluies pour enfin voir
le riz se développer. Les paysans enquêtés justifient cette pratique par l’abandon du repiquage
dans le premier cycle en raison de la non disponibilité de l’eau au cours de la période sèche.
Dans le second cycle rizicole, l’eau est présente en quantité suffisante dans les casiers.
Les riziculteurs pratiquent le semis à la volée ou font recours aux femmes pour le repiquage des
jeunes plantes de riz (Photo n°13).
Photo n°13 : Une opération de semis par repiquage du riz

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.


La Photo n°13 montre les femmes en pleine opération du semis par le repiquage des jeunes
plantes de riz. La rémunération est de 45 000 F CFA l’hectare. Ce type de semis à lieu pendant la
période pluvieuse.

80
 L’entretien des plantes
La lutte contre les mauvaises herbes (Photo n°14) dans la plaine et l’apport de
fertilisants sont des opérations notables qui déterminent une meilleure production.
Photo n°14 : Une opération d’entretien de parcelle

Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.


La photo n°14 montre un maraîcher en pleine opération d’entretien de sa parcelle. A l’aide
d’un pulvérisateur, il applique le produit sur les mauvaises herbes appelées hors types.
En effet, les différentes actions entreprises par les producteurs face à l’enherbement
concernent l’entretien des plantes qui tournent autour du désherbage et la fertilisation du sol.
En général, deux semaines après le repiquage ou le semis direct ou à la volée, les herbes sont
au stade de 2 à 3 feuilles. Les riziculteurs procèdent au traitement d’herbicide car à ce stade, le
désherbage manuel est difficile. Il s’agit du premier désherbage qui est effectué à temps en vue
de favoriser l’aération des plantes de riz. Un second désherbage à lieu entre 45 à 60 jours. Ainsi,
les producteurs utilisent pour une superficie de 500 m², une petite boîte de tomates de herbazol,
herbextra (2-4 D) pour pulvériser les herbes à feuilles larges et les cypéracées. Pour la
pulvérisation graminée, cinq petites boites de tomates Garil, Rical, Tamariz (Propanil) sont
utilisées.Cependant, pour garantir l’efficacité du traitement et leur sécurité, l’exploitant ou
l’applicateur traite sa parcelle en temps calme généralement compris entre 7 et 10 heures ou de
16 à 18 heures afin d’éviter le vent, l’ensoleillement et la menace de pluie.
Relativement à la fertilisation, les engrais minéraux urée et NPK sont utilisés. En
riziculture les plantes de riz ont relativement besoin d’une fertilisation équilibrée et elles
préfèrent des sols riches en macro-éléments (NPK). Les riziculteurs appliquent 150
kilogrammes de NPK à hectare (au moment du labour et avant le semis) et 50 kilogrammes par
hectare d’urée au tallage (3 semaines après le semis). Toutefois, pour s’assurer de la
composition chimique de l’urée, il est employé juste après une bonne quantité de pluie tombée.

81
- Le regroupement des exploitants en association
Le regroupement des producteurs au sein d’une association appelée « Association des
Riziculteurs de Zépréguhé (ARZ), s’est avéré comme une solution efficace pour faciliter
l’exécution des opérations culturales dans la plaine. En effet, l’ampleur et la persistance des
divers contraintes biophysiques et socioéconomiques accumulés à l’intensité des efforts
physiques fournies sur les terres culturales, ont motivés les paysans à s’entre-aidés d’avantage.
Aujourd’hui, l’ARZ connait une forte expansion dans la région du Haut Sassandra. Elle compte
actuellement plus 307 riziculteurs dont la plus grande majorité valorise la plaine alluviale du
Zotto dans le finage de Zépréguhé. Les résultats de terrain ont montré que plus 83% des
enquêtés ont intégrés la coopérative contre 17% qui valorise de façon individuel la plaine.

En somme, les exploitants de la plaine alluviale de la rivière Zotto dans le finage de


Zépréguhé sont confrontés à de multiples contraintes d’ordre naturelle ou biophysique liées au
changement climatique, socio-économiques associées d’autres types d’écueils non
négligeables. Par ailleurs, pour mieux occuper et mettre en valeur les terres de la plaine
alluviale, les producteurs développent des stratégies d’adaptation destinées à atténuer ces
écueils. Ces stratégies sont tant perçues à travers l’actualisation du calendrier cultural,
l’utilisation de semences améliorées résistantes aux aléas climatiques, la pratique de semis
adaptées à la saison, l’entretien des plantes et les pratiques d’irrigations.
Toutefois, l’occupation et l’utilisation des parcelles de la plaine génèrent de nombreux
effets sur l’environnement socio-économique et spatial de la localité.

3.3. Les effets de la valorisation de la plaine alluviale sur l’environnement socio-


économique et spatiale.
Les actions multiformes des producteurs sur les terres de la plaine alluviale du Zotto ont
occasionné au fil des années, des impacts jugés néfastes et positifs. Ces effets sont perçus sur
l’environnement socio-économique et spatial de la zone.
3.3.1. Les impacts de la valorisation de la plaine alluviale sur l’environnement
socio-économique
Ces impacts sont entre autres l’amélioration des conditions de vie des paysans,
l’autonomisation des femmes exploitantes et les problèmes liés à la santé.

L’amélioration des conditions de vie des paysans


La mise en valeur intense et régulière de la plaine alluviale du Zotto dans le finage de
Zépréguhé a généré d’énormes ressources financières au fil des années chez les producteurs.

82
L’impact de la riziculture porte sur la marge brute et sur les différents indicateurs de pauvreté
(Sidibé, Djouara, Sanogo, 2008, p.9). Les gains économiques ont réduit le niveau de pauvreté
et améliorés les conditions de vie paysannes. Aujourd’hui, les grands riziculteurs de la plaine
ont investi dans plusieurs domaines dans le département de Daloa. Ils sont actuellement
propriétaires de grands magasins de produits phytosanitaires et d’engins de transports (taxi
brousse, taxi-moto). La mise en œuvre d’activités complémentaires génératrices de revenus
agricoles ou extra-agricoles est un mécanisme mis en œuvre notamment par les petits et moyens
producteurs pour assurer la survie familiale. Les investissements portent essentiellement sur le
développement de l’élevage, les cultures maraîchères et les cultures d’exportations localisées
sur les hautes terres de la plaine.
En outre, la mise en valeur des terres de ladite plaine a réduit le souci d’insécurité
alimentaire locale. Pour véritablement palier à la pénurie alimentaire dans les ménages, les
exploitants ont pris des initiatives sur les productions. Ainsi, quel que soit la quantité du
rendement obtenue sur les parcelles,les producteurs scindent la moisson en trois parties
consacrées respectivement à la commercialisation, au stockage et à la consommation.

L’autonomisation des femmes exploitantes


L’occupation et la valorisation des parcelles de la plaine par les femmes, surtout celles
de Zépréguhé a eu d’énorme répercussion sur leur statut. Fortement impliqué dans le
maraîchage, cette activité leur a accordé un certain prestige dans leurs foyers respectifs. Ainsi,
longtemps marginalisées car dépendait pleinement des revenus agricoles du conjoint,
aujourd’hui, en raison de leur pouvoir d’achat, elles sont respectées et impliquées dans les
dépenses ménagères. Elles disposent à présent un pouvoir d’achat non négligeable qui les rend
autonomes.
En effet, le regain d’attention accordé à l’activité maraîchère par ces femmes trouve son
explication dans le fait que l’activité leur procure beaucoup de biens matériels et économiques.
Grace à leurs productions diversifiées sur les versants de la plaine, elles arrivent à couvrir plus
de 40% des dépenses familiales. Aussi, elles interviennent fréquemment dans le recouvrement
des frais de scolarité des enfants.

Les problèmes liés à la santé


La mise en valeur des terres des milieux humides est fréquemment génératrice de
diverses maladies. Bien qu’elle soit rentable, la mise en valeur des terres de la plaine impact
négativement la santé des producteurs. Dans cette plaine, les producteurs sont exposés à des
maladies de types hydriques et physiques (Tableau n°27).

83
Tableau n°27 : L’état pathologique des enquêtés dans la plaine alluviale Zotto
Maladies Fofanadougou Kassoundougou Zanadougou Zépréguhé Total
Choléra 0 (0%) 1 (1%) 1 (1%) 3 (4%) 5 (6%)
Démangeaison 2 (2%) 6 (8%) 2 (2%) 2 (2%) 1(14%)
Courbature 8 (10%) 6 (8%) 7 (9%) 7 (9%) 28 (35%)
Paludisme 6 (8%) 0 (0%) 3 (4%) 3 (4%) 12 (15%)
Pied d'athlète 4 (5%) 7 (9%) 7 (9%) 5 (6%) 23 (29%)
Total 20 20 20 20 80
(25%) (25%) (25%) (25%) (100%)
Source : Nos enquêtés, 2019.
L’analyse du tableau montre que les exploitants sont plus vulnérables aux maladies liées
aux courbatures (35%) et les pieds d’athlètes (29%). Les courbatures qui apparaissent le plus
souvent dans la nuit au couché, se manifestent à travers des douleurs intenses. Par contre, la
maladie pied d’athlète attaque les orteils. Elle est due à la durée des pieds dans la boue ou dans
les paires de bottes trempées d’eau. En effet, certains riziculteurs ont tendance à descendre dans
les casiers du bas-fond les pieds nus, car se sentir à l’aise vu qu’ils sont épargnés de la chaleur
générée par les bottes.
En outre, la démangeaison reste la maladie moins considérée qui mais affecte plus les
exploitants. Près de 14% des enquêtés ont été victime de la maladie (Tableau 25). Cependant,
durant nos échanges avec les paysans, on n’a pu constater qu’ils ont tous été victime de la
démangeaison. Par ailleurs, la plupart des enquêtés victimes de la maladie du paludisme (15%)
sont ceux qui résident dans les terroirs situées très proche des casiers et surtout des étangs
piscicoles. Ces localités sont entre autres Fofanadougou (8%), Zanadougou (4%) et Zépréguhé
(4%). La maladie du choléra a touché environ 6% des enquêtés. Une telle infection est due à un
manque d’hygiène et à la consommation d’aliments impropres. Par exemple, la majorité des
producteurs ont tendance à consommer l’eau provenant des sources ou des marigots, souvent
chargés de déjections d’animaux.

3.3.2. Les impacts de la valorisation de la plaine sur l’environnement spatial du


finage de Zépréguhé
Le développement local, la disparition des reliques forestières et le développement
d’autres cultures sur les hautes terres sont les impacts de la mise en valeur de la plaine sur
l’environnement spatial de Zépréguhé.

84
Le développement local du finage
L’émergence des activités agricoles dans la plaine a favorisé indirectement le
développement local. Aujourd’hui, la localité est reconnue comme un véritable pôle de
production de riz et de maraichères. Durant nos entretiens, des riziculteurs ont affirmé qu’ils
alimentent régulièrement leurs confrères de Yamoussoukro en matière de semence et
bénéficiaient en retour de quelques semences plus améliorées. Ces échanges ont fait naître une
relation harmonieuse entre paysans. Aujourd’hui, l’ensemble des produits de la plaine alimente
considérablement les marchés locaux environnants et ceux de la ville de Daloa.
En outre, d’autres impacts notables sur l’environnement ont été enregistrés. Lesdits
impacts se traduisent par une réorganisation des activités économiques, une diversification de
la production, une mutation de l’économie traditionnelle, une dynamique des paysages.

La disparition des reliques de forêts


La mise en valeur agricole des terres exondées tout comme celles des hautes terres de
plateaux exigent des actions néfastes qui compromettent en général le milieu naturel et en
particulier, les espaces de reliques de forêts encore très fragiles. Ces actions multiformes sont
parfois matérialisées par l’abatage ou la coupure des essences forestières. Même si l’agriculture
de plantation du binôme café-cacao avait épargné certaines forêts, ou du moins les forêts
galeries situées le longtemps des cours d’eau et dans les zones marécageuses, en raison des
enjeux socio-économiques que renferme la valorisation des bas-fonds, l’on assiste de plus en
plus à la disparition de ces vergers forestiers (Zidago, 2014, p. 99). La forte pression
anthropique paysanne exercée sur les terres de la plaine a entrainé la dégradation et la réduction
de la couverte végétale. Les aménagements traditionnels menés par les riziculteurs et les
maraîchers dans le bas-fond engendrent des actions nuisibles au milieu naturel.

Le développement d’autres cultures sur les terres du finage de Zépréguhé


L’impact économique issu de la valorisation de la plaine s’est fait ressentir sur les hautes
terres culturales. En effet, les revenus générés enregistrés par les exploitants ont permis à bon
nombre d’entre eux d’accéder à de parcelles des superficies sur les hautes terres de plateaux.
Aujourd’hui, ces paysans possèdent des plantations de cultures pérennes telles le café, le cacao
et les nouveaux centres d’intérêts à savoir l’hévéa et l’anacarde (Planche n°9).

85
Planche n°9 : Plantations de cultures pérennes

R S
Source : A. R. Ligué., vue prise en Mars 2019.

La Planche n°9 présente respectivement une plantation de cacao (R) et d’anacarde (S).
Les investigations de terrain ont montré que la plupart de nos enquêtés dispose des
parcelles sur lesquelles ils cultivent au moins une culture pérenne Tableau n°28.
Tableau n°28 : Superficies des parcelles de cultures pérennes des paysans enquêtés
Localité Superficies des cultures pérennes (en Ha)
enquêtées Café Cacao Hévéa Anacarde Jachères
Fofanadougou 0,5 (1%) 7,5 (15%) 2 (4%) 8 (16%) 1(2%)
Kassoumdougou 0 (0%) 2 (4%) 0 (0%) 5,5 (11%) 0,5 (1%)
Zanadougou 1,5 (3%) 1 (2%) 0 (0%) 3 (6%) 0 (0%)
Zépréguhé 3 (6%) 8 (16%) 3 (6%) 0 (0%) 3 (6%)
Total 5 (10%) 18,5 (37%) 5 (10%) 16,5 (33%) 4,5 (9%)
Source : Nos enquêtes, 2019.
L’analyse du tableau 26 révèle que les exploitants se consacrent plus aux cultures de
cacao (37%) et d’anacarde (33%) au détriment de l’hévéa (10%) et le café (10%). Le prix actuel
accordé au cacao et la forte présence de Nordisse dans la zone sont les facteurs explicatifs d’une
telle préférence.
En somme, les effets induits de la valorisation des terres agricoles de la plaine sont
multiples. Ces impacts sont perçus sur l’environnement socio-économique et spatial. Ce sont
entre autres l’amélioration des conditions de vie, l’autonomisation des femmes, les problèmes
liées à la santé, la disparition des reliques de forêts, le développement d’autres cultures sur les
terres de plateaux.

86
Chapitre IV : DISCUSSIONS

Le thème faisant objet de cette recherche a été partiellement ou spécifiquement traitée


par de nombreux chercheurs et institutions. Les écrits et les analyses sur le sujet ont abordé
plusieurs aspects relatifs aux initiatives agricoles pratiquées dans les plaines alluviales.
L’ensemble de ces travaux nous ont permis d’appréhender et d’aborder plusieurs dynamiques
saillantes, en termes de similitudes et de dissemblances sur la valorisation de ces écosystèmes
surtout dans les terroirs africains. Cependant, ces ouvrages ouvrent le champ à la discussion de
nos divers résultats obtenus lors de nos investigations dans la plaine alluviale de la rivière Zotto
dans le finage de Zépréguhé.
A cet effet, nous débuterons par une brève présentation de nos résultats suivis des
analyses qui en émergent, qui nous conduira à aborder la question de l’accès aux fonciers ainsi
que, les multiples conflits perçus dans la valorisation de la plaine alluviale.

4.1. Analyse de l’occupation du sol et de l’utilisation des terres dans la plaine


Conformément à nos résultats d’enquête ainsi qu’aux analyses statistiques, il ressort que
les initiatives agricoles enregistrées dans la plaine ont pour principale finalité l’émergence des
activités rizicoles, piscicoles et maraîchères associées à d’autres types de cultures. En dehors
des activités piscicoles, ces résultats sont semblables à ceux répertoriés par Assi-Kaudjhis
(2008, p.20) dans le Centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Selon l’auteur, la reconversion de ces
espaces repose principalement sur la riziculture et le maraîchage, dont l’implication du genre
féminine reste déterminante. Outre, ces résultats ont été confirmés au Bénin par Souberou,
Barre, Yabi, Ogouwale (2018, p.142), notamment dans le Sud du bassin versant de l’Oti. Selon
ces auteurs, dans cette partie du bassin versant, ces milieux sont exploités dans leur ensemble
pour la riziculture (saison pluvieuse), le maraîchage (saison pluvieuse et sèche) et autres
cultures vivrières. Ils précisent que le riz est cultivé en monoculture sur des sols à bonne
capacité de rétention en eau. Par contre, les cultures maraîchères, pratiquée en association sont
plus représentées sur les versants. Ces réalités s’accrochent à celles vécues dans la plaine
alluviale de Zépréguhé où les cultures sont reparties en fonction de la topographie du milieu.
Par ailleurs, en abordant la question du genre féminin, les statistiques qui en émergent
de la caractérisation sociodémographique des enquêtes ont montrés que les hommes (76,25%)
sont forts impliqués que les femmes (23,75%) dans les activités agricoles. Ce même constat fut
signalé par Zidago (2014, p.67) dans les bas-fonds de la Sous-préfecture de Divo où plus de
85% des exploitants qu’il a interrogé sont des hommes contre 25% de femmes. Cependant, au-

87
delà de nos frontières, dans le Département des Collines au centre du Bénin, précisément dans
les bas-fonds de Gankpétin, Gomé, Odo-Otchérè et Yaoui, ces résultats non pas l’air de
coïncider avec ceux que nous avons obtenu. En utilisant une approche méthodologique basée
sur un échantillonnage exhaustif ayant pour finalité d’enquêter au total 259 exploitants dans ces
quatre bas-fonds, les résultats enregistrés par Iwikotan, Mama, Biaou, Chabi, Oloukoi, Taiwo
(2011, p.35) sur la caractérisation sociodémographique des exploitants révèlent une plus large
dominance de femmes au détriment des hommes. Selon ces auteurs, 35% des exploitants dans
ces bas-fonds sont les hommes contre 75% de femmes qui se servent de ces entités pour
diversifier la production et les sources de revenus. L'enquête en milieu paysan effectuée par
Kambou (2008, p.64) dans les bas-fonds de Banfora et de Dandé au Burkina Faso montre le
contraire. Dans ces bas-fonds, la culture du riz est de plus en plus pratiquée par les hommes.
Selon l’auteur, les hommes exploitent de grande superficie comparativement aux femmes et
bénéficient le plus de main d'œuvre supplémentaire familiale.
L’analyse de ces confrontations montre qu’il apparaît d’énormes points de semblances
et de dissemblances sur l’inventaire des activités agricoles et sur les caractéristiques
sociodémographiques des exploitants des milieux humides. Certes, le constat intéressant dans
cette confrontation se situe sur le niveau d’instruction des exploitants. Nos résultats y compris
ceux des auteurs cités, sont unanimes et montrent que la grande majorité des exploitants qui
exploitent les terres des bas-fonds sont analphabètes.

4.2. Identification des contraintes et stratégies d’adaptation des paysans dans


la plaine alluviale
4.2.1. Les contraintes de la valorisation de la plaine alluviale
L’analyse des résultats portant spécifiquement sur l’inventaire des contraintes dans la
plaine alluviale de Zépréguhé a eu le mérite d’être confrontés à ceux obtenus par bon nombre
d’auteurs. Rappelons que les diverses contraintes énumérées dans cette plaine sont d’ordre
biophysiques ou naturelles, matériels et humains et socioéconomiques associées à d’autre type
de contraintes. Des contraintes similaires ont été listées par Kambou (2008, p.14) au Burkina
Faso dans les bas-fonds de Banfora et de Dandé. En abordant l'étude sur les besoins en eau du
riz et l'influence des conditions hydriques aléatoires dans ces bas-fonds, l’auteur montre que les
principales contraintes en riziculture sont d’ordres physiques, écologiques et
socioéconomiques. Selon Kambou (2018, p.14), sans une lutte contre l'enherbement, les
possibilités de fertilisation efficace restent limitées dans les bas-fonds aménagés. Nos résultats
corroborent également avec ceux d’Alberge, Lamachère, Gadelle, Lidon, Ran, Vandriel (1993,

88
p7), tous spécialistes en bas-fonds dans le Sahel. Ces auteurs ont mis l’accent sur les contraintes
naturelles et humaines. Ils ont révélés que les contraintes humaines dans les bas-fonds de
l’Afrique de l’Ouest sont nombreuses et importantes que les écueils liés au milieu naturel.
Delville, Boucher et Vidal (1996, p.6) dans les bas-fonds de l’Afrique tropicale humide, en plus
des contraintes physiques et socioéconomiques ont soulevés une autre forme de contrainte non
abordée dans l’étude. Il s’agit des contraintes agronomiques. Ces contraintes sont perçues en
phases de submersion pendant les remontées du pH occasionnant des risques de toxicités
ferreuses et en phase aérobie marquée par l’acidification et les risques de toxicités aluminiques.
Au regard des diverses pertes dues aux contraintes analysées, des stratégies d’adaptation
doivent être développées par les paysans afin de combler leurs attentes (Kindjinou, 2013, p.48).

4.2.2. Les stratégies d’adaptation des paysans dans la plaine alluviale Zotto
Les stratégies d’adaptations développées par les paysans de la plaine de Zépréguhé sont
multiples et diversifiées. Rappelons que se sont l’actualisation du calendrier agricole, les
pratiques d’irrigations et les techniques de semis qui diffère en selon de la topographique du
milieu. Aussi, l’entretient des plantes, l’utilisation des variétés de semences améliorées et
résistantes aux aléas, enfin, le regroupement des riziculteurs en association. Parmi ces
stratégies, certaines ont été identifiées par Atidegla, Koumassi, Mouzou, Houssou (2017, p.272)
dans le bas-fond de Dokomey au Benin. Selon ces auteurs, les stratégies d’adaptations des
riziculteurs reposent sur l’adaptation selon les saisons, qui se matérialisent par l’installation des
pépinières en Avril à cause du décalage du démarrage de la saison des pluies. La modification
de la date de semis et l’adoption des semences de variétés à cycle court ont notamment été
soulignés par ces auteurs comme stratégies d’adaptations. En effet, ils affirment que « la plupart
des paysans pratiquent les semis à partir du 15 du mois d’Avril (alors qu’il se faisait vers fin
Mars autrefois) tandis que les 25% restants s’adonnent à des semis directes. Pour faire face aux
poches de sécheresse, au raccourcissement des périodes pluvieuses et à l’irrégularité des pluies,
les producteurs font usage de semences de variétés à cycle court. Outre, nos résultats portant
sur la modification du calendrier agricole sont similaires à ceux de Mama, Ogouwale, Oloukoi
et Tayewo (2011, p.9) dans les bas-fonds du Centre du Bénin. Selon eux, la variabilité
pluviométrique à causer des impacts néfastes sur le calendrier agricole des paysans. Ainsi, pour
s’adapter à cette péjoration climatique, le calendrier agricole qui prévoyait le semis du riz à date
presque fixe a été modifié. En effet, le démarrage des activités rizicoles dans les bas-fonds est
quelquefois handicapé par des inondations imprévues dues à des excès de pluies notamment au

89
cours du mois de juillet. Pendant ce mois reconnu pluvieux dans les régions du centre du Bénin,
on assiste certaines années à des déficits en termes de quantité et de répartition des pluies.

4.3. Évaluation de l’impact de la valorisation la plaine alluviale sur


l’environnement socio-économique et spatial du finage de Zépréguhé.
Nos résultats relatifs aux effets induits de la mise en valeurs de la plaine alluviale du
Zotto dans le finage de Zépréguhé se résument à l’amélioration des conditions de vie des
exploitants et l’autonomisation des femmes. Des problèmes liés à la santé, la dégradation des
reliques forestières et le développement d’autres cultures sur les terres de plateaux ont été
indexés. Ces mêmes répercussions sont pas trait similaire à ceux de Zidago (2014, p.94) dans
les contrées de la Sous-préfecture de Divo. Les points de dissemblances de ces résultats se
perçoivent uniquement au niveau de l’itinérance ou l’alternance des espaces cultivables qui
apparaissent clairement dans la sous-préfecture de Divo. Selon l’auteur, dans cet élan, en
mouvement pendulaire les agriculteurs migrent des hautes terres vers les bas-fonds, et
inversement. Ces mutations n’ont pas été signalées dans cette étude. La plupart des résultats
obtenus coïncident également avec ceux enregistré par Kindjinou (2013, p.47) dans les bas-
fonds du Togo. A l’aide de la télédétection et des données secondaires, l’auteur montre que la
valorisation des bas-fonds, assure une large part des ressources alimentaires et constitue une
source d’importants revenus monétaires pour les ménages agricoles. Les travaux des auteurs
comme Iwikotan, Mama, Biaou, Chabi, Oloukoi, Taiwo (2011, p.45) dans les bas-fonds de
Gankpétin, Gomé, Odo-Otchérè et Yaoui, au Bénin, ne prouvent pas le contraire. La mise en
valeur des plaines alluviales au Bénin à travers l’intensification accroît la productivité et la
diversification des systèmes à base du riz et de la maraîchère qui contribuent à la sécurité
alimentaire et nutritionnelle, à l’augmentation substantielle des revenus agricoles et non
agricoles.

90
CONLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES

L’étude sur l’occupation et l’utilisation des terres de la plaine alluviale de la rivière


Zotto dans le finage de Zépréguhé a présenté divers résultats sur des initiatives agricoles
pratiquées par les paysans. L’occupation des terres par les cultures est fonction de la
topographie du milieu. C’est dans le fond de la vallée que les paysans jugent bon de cultiver le
riz et d’exercer l’activité piscicole. Sur les parcelles des versants, se développent une mosaïque
de cultures vivrières dominées par les maraîchères. Les acteurs exerçants dans ce milieu ont un
profil sociodémographique très diversifié composé d’autochtones, d’allochtones et d’allogènes
avec une forte prédominance d’homme. La production agricole enregistrée chez les enquêtés a
quasiment chutée. Les facteurs de cette baisse de rendements sont les diverses contraintes
évoquées par les producteurs.
Confrontés à de multiples contraintes d’ordre naturelles ou biophysiques liées au
changement climatique, socio-économique et des types d’écueils non négligeables, les
producteurs sont de plus en plus soucieux de leurs rendements agricoles. Cependant, la
persistance de ces contraintes les pousse à adopter aujourd’hui des stratégies d’adaptations
visant à les atténuer. Ces stratégies sont relativement perçues à travers l’actualisation du
calendrier cultural, l’utilisation des variétés de semences améliorées plus résistantes aux aléas
et dans les systèmes et techniques culturales, etc.
Par ailleurs, les effets induits de l’utilisation des terres agricoles dans la plaine à des
répercussions notables sur l’environnement socio-économique et spatial de Zéprégué. Ces
impacts sont l’amélioration des conditions de vie, l’autonomisation des femmes, la disparition
des reliques de forêts et le développement d’autres cultures sur les terres de plateaux. La
valorisation du bas-fond s’est aussi révélée génératrice de maladies causant des problèmes de
santé chez les paysans.
Cependant, les difficultés financières, sanitaires, d’encadrement et d’autres genres
astreignent les efforts des exploitants et si l’on n’y prend des précautions, ces difficultés
pourraient fragiliser d’avantage les moyens d’existence des paysans (Zidago 2014, p.104).
Raison pour laquelle, il s’avère important de trouver des solutions pour parvenir à une
exploitation agricole efficience et durable.
L’une des perspectives pour atténuer les contraintes naturelles ou biophysiques liées au
changement climatique reste le réaménagement hydro-agricole du bas-fond. Face à de tel aléa,
seul le recours à des aménagements limitant les crues ou favorisant l'écoulement des eaux en
protégeant les parcelles, permet de sécuriser la mise en valeur du bas-fond (B. Lidon, p.167).

91
La réalisation de nouveaux aménagements avec maitrise totale de l’eau aura pour conséquence
la baisse de la dégradation des terres sous irrigation, la conservation des eaux et des sols
contribuant ainsi à l’augmentation des superficies agricoles et donc à la productivité du milieu.
En effet, l’aménagement hydro-agricole est un ensemble d’infrastructures modifiant les flux
hydriques afin de lever des contraintes agronomiques (Klassou, 2011, p.25). En riziculture,
l’impact agronomique de ces aménagements résulte des modifications de conditions hydriques,
mais aussi, des changements d’itinéraires techniques, eux-mêmes fonction des logiques
économiques paysannes. Les aménagements hydro-agricoles visent à réduire les fluctuations et
le risque qu’elles représentent pour la réussite de la riziculture.
Outre, l’adoption et la pratique du Système de Riziculture Intensive (SRI) est aussi une
solution notable pour pallier les écueils biophysiques et accroitre la production rizicole. Initié
par le prête Henri de Laulanié en 1984 à Madagascar, le SRI un système à potentiel agricole
innovant durement éprouvé par les aléas climatiques pour relancer la riziculture. Cette méthode
de riziculture connait une grande application en Asie (surtout en Chine, en Inde, au Vietnam,
au Cambodge et en Indonésie) avec des accroissements de rendements de 20 à 100% et même
plus (Gbenou, 2013, p.11). Le SRI repose essentiellement sur une fertilisation et des traitements
phytosanitaires biologiques nécessitant une réduction de la main d’œuvre. Il est basé sur
l’espacement optimisé des plantes de riz, l’utilisation de faibles quantités de semences et
s’adapte parfaitement aux conditions physiques les plus difficiles.
Les solutions pour l’accroissement de la production agricole concernent la nécessité
d’appui de financement pour l’amélioration de l’outillage et le renforcement de l’encadrement
des exploitants. L’encadrement technique sur les méthodes d’irrigations et de répartition
rationnelle de l’eau sur la parcelle aidera les paysans à mieux gérer les ressources en sols et
eaux en limitant leur surexploitation et leur dégradation. L’introduction des techniques
modernes de stockage et d’usinage aura comme impact le rehaussement des capacités de
production agricole. Une bonne mécanisation réduit les efforts physiques sur les parcelles
valorisées.
Des solutions notables telles que la prévention des maladies liées à la mise en valeur de
la plaine alluviale, la gestion agricole de la topographie du milieu et la mise en place de circuit
de commercialisation organisé peuvent permettre aux exploitants de tirer de meilleurs profits.

92
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96
ANNEXE

QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX EXPLOITANTS DE LA PLAINE ALLUVIALE


DE LA RIVIERE DE ZOTTO DANS LE FINAGE DE ZEPREGUE
(CENTRE-OUEST, CONTE D’IVOIRE)

IDENTIFIANT
Date …../.…./…... Localité enquêtée : …………………..………… Coordonnées GPS :
Nom et prénoms de l’exploitant : ……………….……………….....……… N° de Tél : ……………….………
Sexe : M F Age : ……………… Ans.
Nationalité : …………….......… Ethnie : ……….………..…… Autre emploi : ………………………….………….……
Niveau d’instruction : Aucun Primaire Secondaire Supérieur Ecole coranique
Situation matrimoniale : Marié Concubinage Célibataire Divorcé Veuf (veuve)
Nombre d’enfants : Nombre de garçons : Nombre de filles :
Depuis combien d’année résidez-vous dans la localité? …………………….………….… Ans

Pouvez-vous estimer la population de votre localité ?.........................................................................


Accès au bas-fond : … Route bitumée Piste carrossable Piste Sentier
I. CARACTERISTIQUES ET CARTOGRAPHIE DU BAS-FOND DE LA RIVIERE ZOTTO.

1. La Topographie du Bas-fond
1.1. Position du bas-fond par rapport au cours d’eau : En aval du cours d’eau
En amont du cours d’eau Au confluent du cours d’eau A la côté du cours d’eau
1.2. Type de bas-fond : Plat Légèrement concave Concave
Avec chahut Irrégulière (précisez) : ………………………………………
1.3. Morphologie du bas-fond : Long Large Peu large Etendu Effilé
1.4. Est-ce que le lit mineur est : Marqué Marqué par endroit Non marqué ?
2. L’Hydrologie du Bas-fond
2.1. A quelle hauteur de vos pieds arrive l’inondation au centre du bas-fond pendant la saison de
pluie habituellement ?..………….…….………cm (approx.)
2.1.a) Pendant quelle période de l’année le centre du bas-fond est inondé ?
Début:……………………………………………….....Fin:…………………………………………………………
2.2. A quelle hauteur de vos pieds arrive l’inondation aux bords du bas-fond pendant la saison de
pluie habituellement ?.............................cm (approx.)
2.2.a) Pendant quelle période de l’année les bords du bas-fond sont inondés ?
Début:……………………………….……………………Fin:…………………………………………………………
2.3. Quel est le niveau de la nappe phréatique en pleine saison sèche ?
……………….…..……cm (approx.) Aucune idée

97
2.4. Quel est l’état hydrique du bas-fond dans les années où il y a moins de pluie ?
Pas de changements La hauteur d’inondation diminue
La superficie inondée diminue La répartition de zone inondée se modifie
La période d’inondation est plus courte Autre (précisez)……………………………………………
3. Les Sols du Bas-fond.
3.1. Quelle est la texture du sol ? Sableuse Limoneuse Argileuse Sablo- argileuse
Autre (précisé)………………….……………………………….……………..……..
3.2. Quel est le niveau de la fertilité actuelle du sol ? Bon Moyen Mauvais
3.3. Quel était le niveau de la fertilité avant (plus d’un an) ? Bon Moyen Mauvais
4. Aménagement du Bas- fond.
4.1. Est-ce que le bas-fond a-t-il été aménagé? Oui Non
4.2.a) Si oui : Quels types ? Diguettes simples Diguettes avec vannes de vidange
Diguettes de rétention avec le chenal d’évacuation
Pompage avec bassins pour arrosage manuelle
Autre (précisez)………………………………………….………………………….………...
4.3. En cas d’aménagement :
4.3.a) Quelle est l’année de réalisation:……………………………………………………….…………..…………………………
4.3.b) Réalisé par qui ? : …………………………………………………………..…………………….…………………………………...
4.3.c) Etat de l’aménagement: Bon Moyen Mauvais
4.3.e) Responsable de la gestion de l’aménagement: Etat ONG/Projet Exploitants
Groupement d’exploitants Groupement des femmes Autre (précisez) : ………………………..
5. Mode d’acquisition foncière dans le bas-fond.
5.1. Quel est le mode d’acquisition des parcelles ? Propriétaire Location Prêt
5.1.a) Si location, à combien louez-vous cette parcelle ?..........................................................................
5.1.b) Si prêt, pendant combien d’année l’avez-vous et comment ?........................................................
5.2. Comment se fait le partage dès la récolte ?.......................................................................................
5.3. Avez-vous des conflits fonciers dans votre localité ? Oui Non
5.3.a) Si Oui, quels sont les genres de conflits que vous rencontrez ? Autochtone-Allogène
Autochtone-Allochtone Au sein d’une famille Autres (précisez) : …………...……………………
5.3.b) Comment se règlent ces différents conflits ?..................................................................................
II. EXPLOITATION DU BAS-FOND ET IDENTIFICATION DES CONTRAINTES.
1. Exploitation du bas-fond.

98
1.1. Est-ce que tout le bas-fond est totalement exploité ? Oui Non
1.2. Depuis combien de temps vous exploitez le bas-fond ?.....................................................................
1.3. Combien de parcelle possédez-vous dans le bas-fond ?
Au début de l’exploitation….…………………..………….…… Actuellement.………………………………………..…….…
1.4. Quelle est la superficie totale de vos parcelles dans le bas-fond ?
Au début de l’exploitation….………..….…… Actuellement.……………...dont :……..……..………sont exploités.
2. Quelles sont les types d’activités qui sont pratiquées sur vos parcelles dans le bas-fond ?
Agriculture Elevage Pisciculture … Pêche … Bois de chauffe … Autre (précisé)…………….
2.1. En cas d’exploitation agricole : Quelles cultures pratiquez-vous ?
Cultures (mettre un ‘P’ pour la Saison de pluie Saison sèche Emplacement
culture principale)
Casiers Versants Diguettes
Riz
Sorgho
Maїs
Gombo
Tomates
Piments
Manioc
Bananiers
Ignames
Arachide
Autre (précisez) :
2.2. En cas d’exploitation agricole :
2.2.a) Quelle est la superficie des parcelles exploitées (en hectares)?
En saison de pluie (approx.)………………..……...……… En saison sèche (approx.)……….…….……....………
3. Est-ce que vous irriguez par moment vos cultures dans le bas-fond ? Oui Non
3.1. Si oui, quelles sont les techniques d’irrigation que vous employez?
L’irrigation avec support technique (motopompes) L’irrigation manuelle avec arrosoir
Par submersion Autre (précisez)……………………………….……………………………..
4. Quels sont les modes d’organisation des exploitants pour la mise en valeur du bas-fond ?
Organisation individuelle Plusieurs paysans Groupement d’exploitants
Groupement de femmes Autre (précisez)………………………………………………………………..
5. Utilisiez-vous des intrants pour les cultures dans le bas fond? Oui Non
5.1. Si non, pourquoi ? ……..………………………………………………………………………………………….………………………
5.2. Si oui, quels types d’intrants ? Engrais (son nom :……………….……….) Fumure organique
6. Concernant la riziculture, combien de cycle pratiquez-vous par année ?

99
Avant 2000………………… A partie de 2000 : ………………… Actuellement : …………………..……
1
6.1. A quelles
1 périodes de l’année se font les semailles ?.........................................................................
6.2. Combien dépensez-vous pour l’exploitation? D’un casier ..................... ; D’un hectare...................
6.2.a) Pouvez-vous nous donné plus de détailler les dépenses :
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
6.3. Quelles est la variété de riz que vous cultivez ?
Avant 2000……………..…………A partie de 2000 : ………………..………… Actuellement : ………….….………………
6.4. Pourquoi cultivez-vous cette variété de riz présentement ?……………………………….………………….………
6.7. Utilisiez-vous des insecticides ou herbicide ? Oui Non
6.7.a) Si oui, à quel moment ? ……….…………………………………………………………………………………….………………
6.8. A quel moment employez-vous les intrants? …….……………………..…………………..………………………………
6.9. Combien de sacs de riz gagnez-vous par hectare après récolte ?
Avant…………………………………..………………………. Actuellement…………………………….…………………………………
6.10. Combien d’argent est estimé un sac de riz ? .………………………………………………..……..……………………
7. Faite vous recours à la main d’œuvre pour les travaux dans le bas-fond ? Oui Non
7.1. Si oui, à quel moment et pour quelle tache ?…………………………………………………………………………………
7.2. Quel est son mode de rémunération ?…………………………………………………………………………………….......
8. Avez-vous un manœuvre à plein temps ? Oui Non
8.1. Si Oui, quel est son mode de rémunération ? Tiers de la récolte Moitié de la récolte
Autre (Précisé) : ……………………….…………………………
9. Possédez-vous une parcelle cultivable hors du bas-fond ? Oui Non
9.1. Si oui, quelle est la superficie mise en valeur ?..................................................................................
9.2. Est-ce une parcelle familiale ou individuelle ? Familiale Individuelle
9.3. Quelles sont les cultures qu’on retrouve sur cette parcelle ?
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………….……………………
2. Identification des contraintes liées à l’exploitation du bas-fond
4.10. Etre vous confrontez à des difficultés lors de l’exploitation du bas-fond? Oui Non
4.10.a) Si oui : Quelles sont les catégories de difficultés auxquelles vous être soumis?
Biophysiques Socio-économiques Autre (Précisé) : ……………………………….…………
Si biophysiques, lesquelles ? Non maîtrise de l’eau L’érosion Le ravinement
La pauvreté des sols L’enherbement Le changement climatique

100
Autre (Précisé) …………….………………………………………………………………………………………………………..….…………
Si socio-économiques, lesquelles ? Absence d’encadrement La location des terres
L’attaque du riz par les oiseaux Morcellement continu des parcelles La mévente du riz
Destruction des cultures par les animaux en divagation et les bœufs transhumants.
Autre (Précisé)...............……………………………..………………………………………………………..………………………
Mesures endogènes d’adaptation paysanne
Quelles sont les techniques culturales disposez-vous dans vos activités agricoles ?
A. Culture de rentes (préciser la spéculation)………………………………..
B. Culture vivrière (préciser la spéculation)…………………………………………………..
C. Autre……………………………………………………..
Quelles sont les mesures endogènes culturales vous que vous aviez déjà prises pour faire face à la
baisse de la production agricole lors des perturbations du climat ?
Jachère. Utilisation d’engrais organique et/où minéral sur les cultures agricoles.
Recours à d’autres variétés de cultures. Entretien de manière périodique les plantations.
Modification périodique du calendrier cultural bien défini en fonction des différentes saisons
sèches et pluvieuses. Abandon progressive de certaines cultures au profit d’autres.
Autre :…………………………………………………………………………………….…………………………………………………….
Pourriez-vous faire un commentaire sur vos initiatives des techniques culturales sur les productions
agricoles dans votre localité ?...................................................................................................................
Pourriez-vous faire un commentaire sur les conséquences de la variabilité climatique sur les
productions agricoles dans votre localité ?...............................................................................................

5. L’Economie du Bas-fond
5.1. Quelle est la destination des récoltes ? Commercialisation Autoconsommation

Semence Stockage Autre(Précisé) :……………………………………………………………………………….

5.1.a) Si commercialisation, sur quels marchés: Local Autre (Précisé) : ………………….…………...

5.1.b) Si non commercialisation, pourquoi les produits ne sont pas commercialisés au marché ?..........
………………………………………………………….…………………………………………………...……......…………………………………

Dans quelle tranche se situe votre revenu annuel FCFA?


Moins de 200 000 FCFA 200 001 à 500 000 FCFA 500 001 à 700 000 FCFA
700 001 à 1 000 000 FCFA 1 000 001 à 2 000 000 FCFA 2 000001 de 3 000 000 FCFA
Plus de 3 000 000 FCFA Autre (Précisé) : ………………….…………………………..……………. FCFA

101
Quelle est la part des revenus en nature destinée :
A l’alimentation (en sacs)?……………………………………………………………………………………………..……...……......…
A la commercialisation (en sacs)?…………………………………………………………………………………………………......…
Au stockage (en sacs)?…………………………………………………………………………………………………………..……......…
A la semence (en sacs)?………………………………………………………………………………………………….……...……......…
Quelles appréciations faites-vous sur votre revenu agricole ? Bon Très bon
Passable Insuffisant Mauvais Autre (Précisé) : …………………….….…………...
Bas-fond et santé des exploitants.

Depuis que vous exploitez le bas-fond, être vous une fois tombé malade ? Oui Non
Si non, comment cela s’expliqué ?
…………………………………………………………………………………………………………………..………………………………………
Si oui, quelles sont les maladies auxquelles vous être victime ? Paludisme Ulcère de brûlis
Bilharziose Oculaire (précisé) Cholera Autre (Précisé) : ………………….…………………………
A quel mode de soin faite vous recours ? Traditionnel Moderne
Divinité Autre (précisé) : ……………..……
Être vous satisfait de la qualité de ce type de soin ? Oui Non
Si non, pourquoi ? ………………..……………………………………………………………………………………..………………………
Dites donc, combien de fois tombez-vous malade par an ? ………………………………………….………………………
Pouvez-vous évaluer les montants dépensés pour vos soins ? ………………………………………………….…………
6. Perspective
6.1. Désirez-vous le réaménagement de votre bas-fond ? Oui Non
Si non, pourquoi ? …………………………………………………………………………………………………………………………….…
Si oui, quels types d’aménagement peuvent soulager l’exploitation du bas-fond?………………….……………
Pourquoi ?.................................................................................................................................................
...................................................................................................................................................................
Dites en quelques lignes ceux dont vous attendez des structures étatiques ou des autorités vis-à-vis
de vos activités dans le bas-fond ?
...........................................................................................................................................................………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
Autres Observations : …………………………………………………….……………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
...................................................................................................................................................................
....................................... ………………………………………………………………………………………………………………………

Je vous remercie
102
Table des matières

SOMMAIRE…………………………….……………..………………………………………1
DEDICACE ................................................................................................................................ 3
AVANT-PROPOS ..................................................................................................................... 4
RESUME .................................................................................................................................... 5
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. 7
TABLE DES ILLUSTRATIONS .............................................................................................. 9
SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................................................ 12
INTRODUCTION GENERALE .............................................................................................. 13
1. CONTEXTE SCIENTIFIQUE ET JUSTIFICATION DE L’ETUDE ....................13

1.1. Contexte scientifique .........................................................................................13

1.2. Justification du choix du sujet............................................................................14

2. PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE .........................................................15

2.1. Localisation de la plaine alluviale du Zotto .......................................................15

2.2. Le contexte physique de la plaine alluviale du Zotto ........................................16

2.2.1. Le climat des lieux .........................................................................................16

2.2.2. Le réseau hydrographique et la géologie des lieux ........................................17

2.2.3. La pédologie et la végétation de la plaine alluviale Zotto ..............................18

2.3. L’environnement socio-économique de la plaine alluviale Zotto ......................19

2.3.1. Lieux de pratiques cultuelles autrefois pour les autochtones .........................19

2.3.2. Lieu de culte laissant place progressivement aux activités agricoles .............19

2.3.3. La géographie humaine des lieux ...................................................................19

3. STRUCTURE DU MÉMOIRE ................................................................................20

3.1. Annonce et justification du type de recherche effectué .....................................20

3.2. Plan suivi pour la redaction du mémoire ...........................................................20

Chapitre 1 : CADRE THEORIQUE ET NOTIONNEL DE L’ETUDE .................................. 21


1.1. État de la recherche sur la question ....................................................................21

1.1.1. L’agriculture en bas-fonds ou plaine alluviale ...............................................21

1.1.2. Les vulnérabilités et les perceptions paysannes .............................................22

103
1.1.3. La question de l’adaptation des populations par des aménagements .............23

1.2. Les notions et concepts concernés dans l’étude .................................................24

1.2.1. Notion liée à géomorphologie et au fonctionnement hydrologique. ..............24

Notion liée à géomorphologie des lieux .........................................................24

Notion liée au fonctionnement hydrologique des lieux..................................27

1.2.2. Notion d’occupation et de l’utilisation des sols en zone forestière humide ...27

1.2.3. La contrainte et l’adaptation ...........................................................................28

L’adaptation ...................................................................................................29

La capacité et les stratégies d’adaptation .......................................................29

1.3. Problématique de l’étude ...................................................................................31

1.3.1. Le problème et la question de recherche ........................................................31

1.3.2. Objectifs de recherche ....................................................................................32

Chapitre 2 : MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE ............................................................... 33


2.1. L’approche multidisciplinaire utilisée dans l’étude ...........................................33

2.1.1. L’approche cartographique.............................................................................33

2.1.2. L’approche géomorphologique ......................................................................34

2.1.3. L’approche socioéconomique ........................................................................34

2.2. Les données de l’étude et leurs sources .............................................................34

2.2.1. Les données cartographiques de l’occupation du sol .....................................34

2.2.2. Les données de terrain ....................................................................................35

c) L’enquête de terrain par questionnaire et entretien ..............................................35

d) L’échantillonnage ................................................................................................36

2.3. Le Traitement et l’analyse des données de l’étude ............................................36

2.3.1. Le traitement des données géographiques ......................................................36

Le prétraitement de l’image satellite ..............................................................37

Le traitement de l’image satellite ...................................................................37

2.3.2. Le traitement des données de terrain ..............................................................41

104
2.4. Conclusion partielle ...........................................................................................41

2.4.1. Intérêts de ce type d’analyse ..........................................................................41

2.4.1. Difficultés rencontrées ...................................................................................41

Chapitre 3 : RÉSULTATS ....................................................................................................... 42


3.1. Analyse de l’occupation et de l’utilisation du sol de la plaine alluviale ............42

3.1.1. Profil sociodémographique des exploitants de la plaine alluviale .................42

Les paysans : les acteurs clés de la mise en valeur des terres de la plaine .....42

La situation matrimoniale des exploitants ......................................................46

La main d’œuvre : une ressource en travail ...................................................46

Les modes d’accès fonciers de la plaine alluviale du Zotto ...........................47

3.1.2. Résultats de la cartographie de l’occupation du sol de la plaine alluviale Zotto


48

Présentation de l’occupation du sol de la plaine ............................................48

Analyse statistique de l’occupation du sol de la plaine alluviale ...................50

Analyse détaillée de l’occupation du sol de la plaine alluviale du Zotto .......50

Répartition spatiale des cultures au niveau du bas-fond de la plaine .............51

La riziculture : principale affectation du sol dans le bas-fond de la plaine ....52

La culture maraîchère : une activité secondaire du bas-fond de la plaine. .....55

La pisciculture : une forme d’affectation peu perçue dans la plaine. .............59

3.1.3. La production agricole et le revenu des paysans enquêtés .............................62

La production agricole ...................................................................................62

Le revenu des paysans ....................................................................................64

3.2. Identification des contraintes et des stratégies d’adaptation paysanne ..............65

3.2.1. Les contraintes liées à la valorisation de la plaine alluviale...........................66

Les contraintes naturelles relatives au changement climatique......................66

3.2.2. Les contraintes socio-économiques ................................................................69

La valorisation du bas-fond : une activité à coût élevé. .................................69

Le manque d’encadrement .............................................................................70

105
La mévente des produits agricoles .................................................................71

La destruction des cultures par les animaux ...................................................72

Les difficultés liées au manque d’équipements matériels et aux pratiques


culturales ..................................................................................................................72

3.2.3. Les stratégies locales d’adaptation des paysans .............................................73

Les mesures directes d’adaptations ................................................................74

Les mesures alternatives d’adaptation ............................................................79

3.3. Les effets de la valorisation de la plaine alluviale sur l’environnement socio-


économique et spatiale. ................................................................................................82

3.3.1. Les impacts de la valorisation de la plaine alluviale sur l’environnement socio-


économique ..................................................................................................................82

L’amélioration des conditions de vie des paysans .........................................82

L’autonomisation des femmes exploitantes ...................................................83

Les problèmes liés à la santé ..........................................................................83

3.3.2. Les impacts de la valorisation de la plaine sur l’environnement spatial du


finage de Zépréguhé .....................................................................................................84

Le développement local du finage .................................................................85

La disparition des reliques de forêts ...............................................................85

Le développement d’autres cultures sur les terres du finage de Zépréguhé ...85

Chapitre IV : DISCUSSIONS .................................................................................................. 87


4.1. Analyse de l’occupation du sol et de l’utilisation des terres dans la plaine .......87

4.2. Identification des contraintes et stratégies d’adaptation des paysans dans la plaine
alluviale ........................................................................................................................88

4.2.1. Les contraintes de la valorisation de la plaine alluviale .................................88

4.2.2. Les stratégies d’adaptation des paysans dans la plaine alluviale Zotto ..........89

4.3. Évaluation de l’impact de la valorisation la plaine alluviale sur l’environnement


socio-économique et spatial du finage de Zépréguhé. .................................................90

CONLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES .................................................................. 91


REFERENCES BIBLIOGRAPHIES ....................................................................................... 93

106
ANNEXE……………………………………………………………………………………..96

107