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LES PROCEDES MEMBRANAIRES

1. Définition de la membrane

De façon générale, une membrane peut être définie comme étant une barrière de très faible
épaisseur permettant l’arrêt ou le passage sélectif des composés de taille inférieure au
diamètre de ses pores, dissous ou non, sous l’action d’une force motrice.

La nature de la force motrice mise en jeu. Celle-ci peut être :


• un gradient de pression ∆P
• un gradient de concentration ∆C
• un gradient de potentiel électrique ∆E

Elle permet le passage (transfert) ou la rétention de certains composants entre les deux
milieux qu’elle sépare (Fig. 1).
La phase retenue constitue alors le rétentat (ou concentrât) alors que la phase ayant traversé
la membrane s’appelle le perméat (ou filtrat).

Perméat Rétentat

(Filtrat) (Concentrât)

Figure 1 Schéma du mécanisme de filtration sur membrane

Le pouvoir de séparation d’une membrane dépend de sa structure poreuse, de la nature du


matériau membranaire et des conditions opératoires.

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2. Les techniques séparatives à membranes utilisées dans le traitement des eaux

En fonction de la taille des pores de la membrane mise en œuvre, on distingue quatre


procédés membranaires : la microfiltration (MF), l’ultrafiltration (UF), la nanofiltration
(NF) et l’osmose inverse (OI) (figure 2). A noter que dans le cadre de la production d’eau
potable à partir d’une eau de surface, ce sont principalement les membranes de
microfiltration qui ont été choisies pour réaliser l’étape de clarification.

Figure 2 : différents techniques de séparation par procédés membranaires

Les principaux avantages des procédés membranaires, basses pressions, par comparaison aux
procédés conventionnels de clarification et désinfection sont :
o l’absence d’utilisation de réactifs chimiques (coagulant, floculant, désinfectant) et
d’ajustement de pH.
o Une filtration par exclusion de taille à l’opposé d’une filtration en profondeur.
o Une eau produite de qualité constante en termes d’élimination des particules et des
microbes, indifféremment de qualité de l’eau d’alimentation.
o Une élimination des bactéries pour lequel le chlore est peu efficace.

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o La compacité des stations en effet un encombrement plus limité offrant une intégration
facile aux installations existantes

3. Types des membranes


3.1. Selon leur nature

Les membranes sont fabriquées à partir de différents matériaux, de type organique ou minéral.

3.1.1. Les membranes minérales ou céramiques

Sont de type composite (zircone ‘ZrO2’ sur support carbone macroporeux ou sur alumine
‘Al2O3’, ou oxyde de titane ‘TiO2’ sur alumine ou encore totalement en carbone ou en
alumine). Elles sont largement répandues car elles sont très sélectives, très perméables et
peuvent être soumises plus facilement à des procédés de nettoyage assez agressifs sans trop
être altérées. Elles ont une excellente résistance chimique, mécanique et surtout thermique.

3.1.2. Les membranes organiques

Elles sont fabriquées à partir de polymères. Les dérivés cellulosiques restent encore très
utilisés, ainsi que les polyamides (en OI et NF). D’autres polymères, tels que les
polyacrylonitriles (PAN), les polysulfones (PS) et les polyfluorures de vinylidène (PVDF)
sont de plus en plus répandus car ils résistent mieux à l’oxydation, au pH ou à la température.

3.2. Selon leur porosité


3.2.1 Membranes poreuses
Ce type de membrane est similaire par sa structure au filtre conventionnel (de diamètre de
pore supérieur au micron), mais elle diffère par la taille de ses pores 0,01 à 1 micron. Les
particules plus grosses que les pores sont toutes retenues, celles de taille comprise entre les
plus gros pores et les plus petits sont partiellement retenus, et les particules de plus petites
tailles passent en totalité. La séparation de soluté par des membranes poreuses est donc
principalement une fonction de taille moléculaire et de distribution de taille de pores. En
général, seulement les molécules qui diffèrent largement de taille peuvent être séparées par
des membranes poreuses, par exemple en microfiltration ou ultrafiltration.
Le mécanisme de transfert de matière sous l’effet de la pression est exclusivement convectif
pour le solvant, celui n’entraîne avec lui que les espèces dont la taille est plus petite que celle

3.2.2. Membranes denses

Cette membrane consiste en un film dense à travers lequel le perméat est transporté par
diffusion sous l’effet d’une force de pression, de concentration ou de gradient de potentiel

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électrique. La séparation des composés d’un mélange est directement reliée à leur diffusivité
et leur solubilité à travers la membrane. Ainsi, une membrane dense peut séparer des
composés de taille voisine si leur solubilité (concentration dans la membrane) diffère.
Dans une membrane dense, lorsque les pores se réduisent aux espaces libres situés entre les
chaînes de polymères, leur taille est voisine de celles des molécules organiques simples ou des
ions hydratés. L’effet tamis devient donc négligeable.

3.3. Selon leur fabrication

Pour obtenir une perméabilité sélective élevée, compatible avec un usage industriel, il est
nécessaire que la barrière soit la plus mince possible. Il en résulte une certaine fragilité qui a
été palliée par la consolidation de la barrière mince par différents moyens que ce soit, un
support à pores de même nature ou de nature différente, un support tissé.

3.3.1. Membranes isotropes (ou symétrique)

Ces membranes denses ou poreuses ont la même structure sur toute leur épaisseur.

3.3.2. Membranes anisotropes (ou asymétriques)

Ces membranes sont formées d’une couche de surface très fine déposée sur un support poreux
plus épais. Les propriétés de séparation et de perméabilité sont assurées par la fine couche
extérieure, alors que la structure interne assure le support mécanique. Les bénéfices résultant
en gain de flux sont tels que la plupart des procédés de séparation commerciaux utilisent des
membranes anisotropes. Le flux à travers une membrane est inversement proportionnel à son
épaisseur. Des flux élevés sont recherchés pour des raisons économiques, donc les membranes
devraient être aussi fines que possible. Les technologies de fabrication conventionnelles de
membranes permettent de fabriquer des membranes suffisamment résistantes et sans défaut,
d’épaisseur minimale de 20 µm.
Les membranes organiques de la microfiltration à la nanofiltration ont une matrice organique
de 100 à 200 µm qui sert de support à la membrane filtrante ou peau dont l’épaisseur se situe
entre 0,1et 1 µm.
Les membranes minérales, aussi asymétriques, sont composées d’une matrice à base
d’alumine ou de carbone sur laquelle sont appliquées une ou plusieurs couches d’oxydes
minéraux. La dernière couche est appliquée par frittage. Ainsi, la taille des pores est
déterminée par granulométrie de la poudre initiale.
La peau peut être dense ou poreuse selon l’application envisagée et la tenue mécanique peut
encore être améliorée par l’incorporation d’un support textile.

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3.3.4. Membranes composites

Ces membranes sont de type organique et anisotrope. Cependant les deux couches la
composant sont formées de polymères différents. Les membranes composites de
nanofiltration et d’osmose inverse sont formées d’une matrice de 200 µm au centre, sur
laquelle est appliquée une couche anisotrope de 40 µm de polymère poreux qui supporte une
fine couche de 0,3 à 3 µm de polymère ajouté conférant à la membrane ses propriétés de
rétention et de flux.

3.3.5. Membranes à charge électrique

Ces membranes peuvent être denses ou poreuses. Les parois des pores sont chargées d’ions
positifs ou négatifs. Les membranes chargées positivement favorisent le passage de cations
celles chargées négativement favorisent le passage d’anions. Donc la séparation avec des
membranes chargées est basée principalement sur la répulsion d’ions de même charge, mais
aussi par la taille des pores. La séparation est contrôlée par la charge et la concentration des
ions. Par exemple, les ions monovalents sont plus difficilement retenus que les ions bivalents
et, dans les solutions à force ioniques élevées, la sélectivité diminue. On rencontre ce type de
membranes principalement en électrodialyse, mais aussi en osmose inverse.
Les différents types de membranes décrits ci-dessus sont présentés sur la figure suivante :

Membrane microporeuse membrane dense membrane à échange


Isotropique électrique

Membrane anisotropique Membrane anisotropique Composite

Fig 3 : Description des différents types de membrane

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3.4. Caractéristiques des membranes

3.4.1. Définition de quelques paramètres

a) Seuil de coupure

Le seuil de coupure est défini comme étant la masse molaire critique pour laquelle 90% des
solutés sont retenus par la membrane. Celui-ci se mesure en g/mol ou en Dalton. Le seuil de
coupure est une façon pratique de caractériser les membranes, mais pas tout à fait rigoureuse
d’un point de vue scientifique, car il dépend aussi des autres caractéristiques du soluté ainsi
que des conditions d’opération. Aussi le seuil de coupure doit-il être défini par rapport à un
soluté donné.

b) Pression transmembranaire (PTM)


Elle est définie par la relation :

PTM = (PA+PR)/2-Pp (1)

Avec :
PA : Pression d’alimentation,
PR : Pression du rétentât,
Pp : Pression du perméat.
c) Flux de perméation ou de perméat : J
La productivité du procédé est définie par le débit de perméation, Qp, divisé par la surface
membranaire S. Il représente aussi la vitesse du fluide perpendiculaire à la surface de la
membrane.

J = Qp/S (2)

Qp : Débit du perméat
QA : Débit d’alimentation

d) Taux de rejet (ou taux de rétention) R

Il représente la sélectivité du procédé, c’est une caractéristique de surface de la membrane,


qui détermine quels composés de la solution la traversent. Cette caractéristique est liée à la
nature même de la membrane, physique et chimique.

R = 1- (CP/CR) (3)

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Avec :
CP : Concentration du perméat ;
CR : Concentration du rétentât.
Un taux de rejet de 1 signifie que le soluté est parfaitement retenu par la membrane (la
concentration dans le perméat CP = 0) ; alors qu’un taux de rejet égal à zéro correspond à un
soluté non retenu, c-à-dire que CP = CR .

e) Perméabilité LP

La perméabilité est un paramètre qui caractérise la facilité avec laquelle l’eau traverse la
membrane. La perméabilité dépend principalement de la taille des pores ainsi que de
l’épaisseur de la membrane pour les membranes poreuses. Elle dépend aussi des propriétés
chimiques pour les membranes denses. C’est donc un paramètre intrinsèque de la membrane
décrivant la résistance hydraulique, Rm, vis-à-vis du solvant.

J = LP. PTM = PTM/Rm (4)

LP : perméabilité de la membrane;
Rm : Résistance hydraulique de la membrane.
f) Taux de conversion Y
C’est la fraction du liquide qui traverse la membrane.

Y = QP/QA (5)

QP : Débit du perméat ;

QA : Débit du perméat.

3.4.2. Module

Un module est la plus petite unité qui peut être changée dans un système industriel. Il s'agit
d'un assemblage de membranes avec une entrée d'alimentation commune et des sorties
communes de perméat et de concentrât. Le module comporte des cadres séparateurs ou des
drains intercalaires, et généralement des joints de colle pour assembler les membranes
et assurer l'étanchéité entre l'alimentation et le perméat. Un module ne comporte
pas d'accessoires et d'équipement tels que des dispositifs de mesure, de mise sous pression, de
contrôle, etc.

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4. Types d’écoulement
4.1. Ecoulement Frontal
Quand on fait une filtration frontale, toute l'eau qui pénètre dans le module est pressé contre la
membrane. Certains solides et composés, selon la taille des pores de la membrane, restent
derrières la membrane tandis que l'eau la traverse. Par conséquence il y a ensuite une plus
grande résistance pour passer la membrane. Quand la pression de l'eau d'alimentation est
continue, le flux traité diminue. Après un certain temps le flux a tellement diminué que la
membrane a besoin d'être nettoyé.
La filtration frontale est utilisée car la perte d'énergie est moindre que lorsqu'on applique une
filtration tangentielle. Ceci car toute l'énergie est dans l'eau qui passe effectivement la
membrane. La pression nécessaire pour presser l'eau à travers la membrane est appelée le
Pression Trans-Membranaire déjà définie (PTM ou TMP en anglais).
Lors du nettoyage d'une membrane, les impuretés sont éliminées hydrauliquement,
chimiquement ou physiquement. Lors de la procédure de nettoyage, le module est
temporairement hors service. Par conséquent le fonctionnement frontal est un procédé
discontinu.
En pratique on essaie toujours de rendre le temps de filtration le plus long possible, et le
temps de nettoyage le plus court possible.
Lorsqu'une membrane est nettoyée avec le perméat, on diminue la production d'eau. Le
facteur qui indique la quantité de production est appelé recouvrement.

4.2. Ecoulement tangentiel


En général, toute filtration membranaire industrielle est effectuée au moyen d’une filtration
tangentielle (cross-flow), où le liquide à filtrer s'écoule, à fort débit et sous pression,
parallèlement à la membrane (contrairement à la filtration frontale).
Cet écoulement tangentiel du fluide permet de limiter l'accumulation de matières générées par
le gradient de pression au travers de la membrane.

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Fig. 4 : Filtration frontale et tangentielle

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Fig.5 : Filtration tangentielle

5. Différents procédés membranaires


5.1. La Microfiltration
Ce procédé de séparation solide-liquide met en œuvre des membranes dont les diamètres de
pores sont compris entre 0,1 et 10 µm. Il permet donc la rétention des particules en
suspension, des bactéries et indirectement des colloïdes et de certains ions après fixation de
ces derniers sur des plus grosses particules obtenues par complexation, précipitation ou
floculation.
Théoriquement, la différence entre la microfiltration et l’ultrafiltration est très nette.
➢ l’ultrafiltration fonctionne en phase liquide homogène alors que la microfiltration a
pour objectif une séparation solide-liquide ;
➢ la pression de travail est généralement plus faible dans le cas de la microfiltration
(Pression transmembranaire < 3 bars) ;
➢ les flux de filtration sont souvent plus importants dans le cas de la microfiltration.
Cependant, du point de vue technologique, les deux techniques peuvent se recouper. Ainsi,
pour minimiser les phénomènes de colmatage et éviter que des particules solides pénètrent
dans les pores des membranes, on a souvent intérêt à utiliser des membranes d’ultrafiltration
pour effectuer une opération de microfiltration. Inversement, une membrane de microfiltration
peut devenir une membrane d’ultrafiltration (1 à 100 nm) ou même d’osmose inverse (< 1
nm) par suite de la formation en cours de fonctionnement d’une couche de gel à porosité très
fine (membrane dynamique).
5.2. L’ultrafiltration
L’ultrafiltration utilise des membranes microporeuses dont les diamètres de pores sont
compris entre 1 et 100 nm. De telles membranes laissent passer les petites molécules (eau,

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sels) et arrêtent les molécules de masse molaire élevée (polymères, protéines, colloïdes)
[MAUREL Alain – 1993]. Pour cette raison, cette technique est utilisée pour l’élimination de
macro solutés présents dans les effluents ou dans l’eau à usage domestique, industriel
(électronique) ou médical.
5.3. La nanofiltration
Cette technique se situe entre l’osmose inverse et l’ultrafiltration. Elle permet la séparation de
composants ayant une taille en solution voisine de celle du nanomètre (soit 10 Å) d’où son
nom. Les sels ionisés monovalents et les composés organiques non ionisés de masse molaire
inférieure à environ 200 - 250 g/mol ne sont pas retenus par ce type de membrane. Les sels
ionisés multivalents (calcium, magnésium, aluminium, sulfates…) et les composés organiques
non ionisés de masse molaire supérieure à environ 250 g/mol sont, par contre, fortement
retenus [MAUREL Alain – 1993].

N. B. : Dans le cas des macromolécules, l’unité de masse molaire que l’on utilise est le dalton
: 1 Da = 1 g/mol.

Les mécanismes de transfert sont intermédiaires entre ceux de l’osmose inverse et ceux de
l’ultrafiltration. Cette technique est souvent utilisée pour l’adoucissement des eaux.
5.4. L’osmose inverse
5.4.1. Principe
La filtration membranaire est un procédé de séparation des composants d’un fluide. Le rôle de
la membrane est d’agir comme une barrière sélective, elle permet de laisser passer certains
constituants et d’en retenir d’autres en fonction des propriétés respectives de ces éléments
sous l’effet d’une force motrice.
5.4.2. Pression osmotique
L’osmose est le transfert de solvant à travers une membrane sous l’effet d’un gradient de
concentration. Considérons un système de deux compartiments séparés par une membrane
semi-perméable sélective et contenant deux solutions de concentrations différentes (Figure 6).
Le solvant (généralement l’eau) s’écoule à travers la membrane du compartiment de la
solution la moins concentrée vers le compartiment contenant la solution la plus concentrée,
c’est le phénomène d’osmose.

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Fig. 6 : Principe d’osmose inverse

La pression osmotique peut être calculée par la loi de Van’t Hoff qui exprime que la pression
osmotique exercée par un soluté est égale à la pression que ce corps aurait exercé dans l’état
gazeux parfait dans le même volume (V) et à la même température (T). Si le soluté est
dissocié en i ions, la pression osmotique sera i fois supérieure.
La pression osmotique d’une solution est proportionnelle à la concentration en solutés :

Π = i.C.R.T (6)

Avec :
Π : Pression osmotique (bar)
i : Nombre d’ions dissocies dans le cas d’un electrolyte
C: Concentration molaire (mol.L-1)
R : Constante des gaz parfaits (0,082 L .bar.mol-1 K-1)
T : Température absolue (K)

L’osmose inverse utilise des membranes denses qui laissent passer l’eau et arrêtent tous les
sels.
Cette technique est utilisée pour :
➢ Le dessalement des eaux de mer.
➢ Le dessalement des eaux saumâtres.
➢ La production d’eau ultra pure, etc.

5.5. L’électrodialyse
L'électrodialyse est un procédé de nature électrochimique. Il permet d'extraire en partie ou en
totalité les ions contenus dans une solution, en conservant des substances pas ou très peu
ionisées.

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Un électrodialyseur fonctionne de la manière suivante (voir schéma ci-dessous): deux
compartiments (1) et (2) sont séparés par des membranes alternativement anioniques et
cationiques. Comme leur nom l'indique, sous l'action d'un champs électrique, les premières ne
se laissent franchir que par des anions, les secondes par des cations.
Les cations migrent dans le sens du courant électrique. Ils peuvent sortir du compartiment en
traversant la membrane cationique, mais ils ne peuvent pas sortir du compartiment (2), car ils
trouvent sur leur chemin une membrane anionique.
Les anions migrent dans le sens inverse du courant électrique, ils peuvent eux aussi sortir du
compartiment (1) en traversant la membrane anionique, mais ils ne peuvent pas sortir du
compartiment (2) car la membrane cationique les en empêche.
En conséquence, le compartiment (1) s'appauvrit en sel dissous: on l'appelle compartiment de
dilution. le compartiment (2) s'enrichit en sels dissous: on l'appelle compartiment de
concentration. La concentration des substances dissoutes non ionisées n'est pas modifiée.

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Fig. 7 : Electrodialyse

6. Etude Hydrodynamique

Le suivi du flux de perméat en fonction du temps de l’eau pure est d’une grande importance,
il permet de vérifier la qualité de la membrane lorsqu’elle est colmatée ou détériorée, car
avant et après chaque manipulation (filtration d’une solution réelle) on procède à la filtration
d’eau pure ; si on obtient le même flux pour un temps bien déterminé la membrane est
propre ; par contre si la quantité du flux diminue considérablement, la membrane est colmatée
sinon dans le cas contraire la membrane est détériorée. Le flux du perméat d’une solution à
traiter permet de déterminer la résistance totale au transfert lorsque la pression
transmembranaire (PTM) varie.

6.1 Modèle des résistances en série

La figure 4.14 présente la variation du flux de l’eau pure en fonction de la pression


transmembranaire. Ces résultats montrent que le flux de l’eau augmente avec la pression,
conformément à la loi de Darcy suivante:

P
JP = (7)
 Rm

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Jp : Flux de perméat (de l’eau pure)
∆𝑃 : Pression transmembranaire
µ : viscosité dynamique du liquide
Rm : Résistance hydraulique de la membrane.

Cette variation est presque linéaire, d’où la résistance de la membrane peut être déterminée
graphiquement, la pente de la droite est égale à :

1
(8)
 Rm

La perméabilité de la membrane Lp est l’inverse de la résistance.

Dans la microfiltration, la condition à la limite exprimant l’égalité entre le flux convectif et le


flux diffusif est fonction du flux de perméat, ce dernier peut être calculé par le modèle des
résistances en série si on néglige la pression osmotique:

P P
JP = = (9)
 (Rm + RC + RP )  RT

Avec :

RT = Rm + Rc + RP (10)

Avec : RT : résistance totale (m-1),


Rm : résistance hydraulique de la membrane (m-1), Rc : résistance de colmatage (m-1),
Rp : résistance de polarisation (m-1),  : viscosité dynamique de la solution (Pa.s).

Pr. M. CHIKHI
Bibliographie
[1] Coulson and Richardson’s, CHEMICAL ENGINEERING, VOLUME 2, FIFTH
EDITION, Particle Technology and Separation Processes, Ed. Butterworth Heinemann
OXFORD
[2] Jean-Marc BERLAND et Catherine JUERY Les procédés membranaires pour le
traitement de l’eau, Office International de l’Eau SNIDE, 2002.
http://www.fndae.fr/documentation/PDF/fndae14.pdf
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alimentaire, Revue de litérature ACER, 2008.
[4] Patrice Bacchin, Principes de bases de la filtration membranaire, Université Paul Sabatier
Laboratoire de génie Chimique.
[5] Patrice Bacchin. Principes de base des Technologies à Membranes. 2ème Ecole d’Eté
Franco-Maghrébine“ Sciences et Technologies à Membranes ”, Sep 2005, Monastir, Tunisia.
hal-00201760
[6] C. C. Lee, Shun Dar Lin, Handbook of Environmental Engineering Calculations, 2nd
edition, McGraw-Hill, 2007
[7] Alain Maurel, Techniques séparatives à membranes, Considérations théoriques,
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[8] Rouaiguia Samia, Polycopié de cours pour les Master Génie des procédés - Génie
Chimique, Université Guelma, 2015.
[9] Ahlem Romdhane. Procédés de séparation membranaire pour la production en continu de
nanocristaux de polysaccharides : approche expérimentale et modélisation. Génie des procédés.
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rchivage.pdf
[9] https://www.emse.fr/~brodhag/TRAITEME/fich9_2.htm

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