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Dissertation Intégrale n°1

Sujet : « Avons-nous besoin d'autrui pour avoir conscience de nous-mêmes ? »

La conscience, du latin « cum scentia  » (avec savoir/science), peut se


définir comme la connaissance qu’a l’homme de ses pensées, de ses sentiments,
de ses sensations comme de ses actes. On discerne généralement deux types de
conscience : la conscience immédiate, qui renvoie à la simple présence de l’homme
à lui-même au moment où il pense. Je sais que je souffre au moment où je
souffre. La conscience réfléchie, quant à elle, signifie que l’homme réfléchit à
ses pensées, ses actes, il est donc capable de faire un retour sur ses pensées et
par conséquent de les analyser pour ainsi revoir son jugement, c’est la conscience
psychique qui est inséparable de la conscience morale qui nous fait juger nos
actions.
L’humain est un être social, qui se construit dans une société où la parole
et le regard des autres influent sur le comportement de chacun. En effet, la
société dans laquelle nous vivons exclue la solitude de l’esprit collectif, ce qui
nous confronte sans arrêt avec des préoccupations d’ordre social, comme à juste
terme ou non, avec le jugement de nos semblables. Mais avons-nous réellement
besoin d’autrui pour avoir conscience de nous-mêmes ?
Tout d’abord, nous verrons si notre vie est compatible à l’isolement, à la
solitude, et l’inexistence d’autrui pour enfin voir si autrui ne serait pas un
obstacle à notre liberté.

Chaque personne grandit et se développe différemment. Nous grandissons


grâce aux épreuves que nous surmontons plus ou moins avec succès mais aussi
avec le soutien que nous apportent les autres. Parfois, même, nous avons besoin
d’un modèle, d’une personne à copier pour mûrir et atteindre la prospérité,
jusqu’à même nous dire que sans lui (notre modèle personnel), nous ne serions
pas, nous ne serions rien. Hegel dit : «  La conscience générale de soi est
l’affirmative connaissance de soi-même dans l’autre moi. » Pour avoir conscience
de soi, il faut aussi avoir conscience de l’autre comme d’un alter ego. Cette
citation d’Hegel peut être directement mise en relation avec la parole de Sartre,
« Ce moi qui n’est pas moi» pour définir autrui. On peut donc déduire que l’être-
humain a besoin d’un pilier, d’un modèle sur lequel se baser pour se développer et
avoir conscience de lui-même.
La conscience de soi passe non seulement par la connaissance de soi mais
également par l’éducation. L’Homme, est non seulement un être social, qui vit en
groupe, en société mais c’est aussi un être qui a une soif de culture, de
connaissance introduite par l’éducation. L’éducation du latin « educatio  » qui
signifie « formation de l’esprit » est l’action d’élever, de développer ses facultés
physiques, intellectuelles et morales. Dans l’inconscient collectif, cette
responsabilité est attribuée aux parents, les parents éduquent leurs enfants.
Mais aussi à l’état, avec l’accès à l’école. L’exemple de Victor, l’enfant sauvage
s’impose. Son cas est particulièrement intéressant et éclairant, car il a suscité
une expérience éducative. François Truffaut lui consacra même un film sorti en
1969. C’est au XIXème siècle, dans le sud de la France, en Aveyron, qu’il est
découvert et capturé par des chasseurs, un enfant ayant une dizaine d’années,
vivant à l’état sauvage. Il ne sait parler, lire, ni écrire : il n’est pas en adéquation
avec les codes de la société, il est considéré comme sauvage voir même comme
« arriéré mental incurable ». C’est pourquoi Jean Itard a tenté de rééduquer le
jeune Victor. Malgré beaucoup de travail et de conviction, la rééducation de
Victor est un quasi-échec. Victor balbutie quelques mots mais ne parlera jamais,
utilise quelques objets, mais reste totalement inadapté sur le plan social et
sexuel. Cela peut nous permettre de mener différentes réflexions: naissons-nous
humains ou le devient-on ? Mais comme le dit si bien John Dewey « l’éducation ne
se borne pas à l’enfance et à l’adolescence. L’enseignement ne se limite pas à
l’école. Toute la vie, notre milieu est notre éducation, et un éducateur à la fois
sévère et courageux ». Mais alors, est-ce que cela signifie que l’on a besoin de
passer par les autres pour être soi-même ? Est-ce un détour indispensable ?

Après avoir vu que nous avons besoin des autres pour nous former,
notamment à travers l’éducation et qu’il est donc impensable pour un être social
de vivre isolé, nous pouvons nous demander si justement autrui n’est pas un
obstacle à notre liberté.
Tout d’abord, autrui, en tant que parent, dans l’exemple précédent, peut
être une figure autoritaire qui peut vouloir nous imposer certains choix comme
une conscience à qui nous ne pouvons échapper. Cette conscience qui se transcrit
par le biais d’un être-humain touche à notre liberté. Mais est-ce que s’isoler
d’une telle « raison » est la bonne chose à faire ? Certes, autrui peut être
considéré comme un obstacle à la liberté personnelle de chacun mais n’est-il pas
important de faire face à l’opinion raisonnée d’une personne qui veut notre bien ?
En réalité, autrui ne nous impose pas ses choix, il nous les suggère. A nous de
peser le pour et le contre. Comme dit Kant “Ce tribunal que l’homme sent en lui
est la conscience” et non pas le poids d’autrui. La parole de nos semblables est un
avis, un conseil à prendre ou à laisser. Même si, cette parole, peut paraître
intrusive et empiéter sur notre liberté de penser, elle est généralement là pour
notre bien (dans le cas où autrui est bien intentionné bien sûr). Ce n’est pas
autrui, qui nous fait barrière avec ce que l’on souhaite mais notre conscience qui
nous crie « ECOUTE LE, IL A RAISON ! ».

Après avoir vu qu’autrui ne se met pas en travers de notre liberté mais


fait juste office de conscience, nous allons voir s’il est intelligent de s’opposer à
lui ou bien accepter de s’asservir aux autres pour devenir soi-même.
Autrui, n’est pas toujours de bon conseil, nous dit notre conscience mais
aussi notre raison. Mais dans ce cas, faut-il s’opposer à lui ? Ou bien se
soumettre à un avis différent du notre. Cette question est difficile à traiter.
Tout d’abord, faut-il écouter autrui pour lui faire plaisir ou au contraire lui
désobéir à risque de le décevoir ? Et bien, cela dépend de chacun, de notre
éducation mais aussi de nos convictions. Blaise Pascale à dit un jour « Le cœur a
ses raisons que la raison ignore ». Le choix nous est libre, du moment que nous
assumons nos responsabilités. Par conséquent, le véritable obstacle à notre
liberté n’est pas les autres mais le petit ange sur notre épaule qui nous souffle la
raison.

A travers le courant de notre pensée, nous avons vu qu’autrui a une place


importante dans notre vie et dans notre développement personnel. Il nous est
impossible de nous construire seul. Cependant, l’aide des autres, ne nous semble
pas toujours favorable à nos envies mais il est tout de même important de juger
toutes les commodités et inconvénients de la pensée de nos semblables afin de
faire nos propres choix et construire notre raisonnement. Ce qui nous permet
d’en venir à l’interrogation suivante : nous pouvons nous demander si vivre à
l’écart d’autrui ne nous plongerait pas dans un rêve éveillé où nous sommes
qu’esclaves de notre imagination, ne sachant faire la différence de si nous vivons
dans la réalité ou dans un inconscient.

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