Vous êtes sur la page 1sur 60

~

~ Document à diffusion restreinte


Rapport technique
République
RP/1975-76/3.321.7

populaire
f
du Bénin
Aidè aux Etats membres pour le
développement culturel

Politique culturelle

par B. Faivre d'Arcier



N° de série FM R/CC/C0/76/117

P~ris, 1976
République
populaire
du Bénin

Politique culturelle

par _B. Faivre d'Arcier

Rapport établi à l'intention du


Gouvernement de la République
populaire du Bénin par l'Organisation
des Nations Unies pour l'éducation,
la science et la culture (Unesco)
Rapport technique
RP/1975·76/3.321.7
FM R/CC/CD/76/117 (Faivre dt Arcier)
27 avril 1976

() Unesco 1976
Printed in France
- 3 -
SOM};:AIRE

page

,
INTRODUCTION

Objet de la mission •••••• ~ •••••••••••••••••••••••••••••••••


Déroulement de la mission ••.•••••..•..•••••••••••••••...•.• 5
Présentation du rapport de mission ••••••••••••••••••••••••• 5
1. ~APrEL DES ORIEUTATIOnS POI,ITI0.U?,S ADCPTEES PAR LE
GelV? . lIE: IS1JT DU BEl~IN ........ ., ••• « ~ {I ••• :li • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 6

II. P}-:Il~C!PES DE 1..\ POLITF~ùT~S CULTU~:ILLE •••••••••• ~ •••• , ••••••••••• 7


III. IJ\. I~EVALORISATICN DES CULTtJTIE,S LOCALES
31 - l'utilisation des le.ngues na.tionales....................... 8
32 - la v~lorisation du p~trimoine culturel..................... 11
321 - la recherche
322 - la conservation du patrimoine
3221 • les archives
3222 • les musées
323 - lA mise en valeur du ~trimoine

3231 • la nobilité des Oeu."l'CS


3232 • la tradition orele
3233 • le folklore, IR musique, la danse
3234 • Ilartisan~t
3235 • le touris~e

41 - associer au centralisme Toli tique une l!3.rge 1


décentral~sation sur le plan culturel...................... 18
42 - fa.ire na~tre une nouvelle culture, •••••.•.,.. . • • • • • • • • • • • • • 21
421 - le livre et la lecture publique
422 - le cinéma
423 - la r~.dio
424 - les actions concertées

V. LES ~~OYENS NECESSAIRES A LA REALISATION DE LA NOUVELLE


POLITI~UE CU1TUEELLE

51 - les structures administratives............................. 25


52 - la form~tion des hoames.................................... 27
53 - des équiperaents cul tux'els appropriés....................... 28
54 - les problènes financiers................................... 30

VI. HESUME DES :flRINCIPALEJ RFCŒf·,~lmATICHS...................... •••• 31

Cm!CIUSION
- 4 -

ANNEXES

ANNEXE 1 Le Centre de recherches ~ppliquées du Bénin

ANNEXE 2 Les musées du Bénin

AlJNEXE 3 L'Office national du tourisme et de l'hetellerie

ANNEXE 4 Note sur les organisations de jeunes

ANIJEXE 5 Un exemple d'ensemble culturel à Djougou (Atacora)

ANNEXE 6 quelques dépenses culturelles locales

ANNEXE 7 Les bibliothèques publiques du Bénin

ANNEXE 8 Organigramn1e restreint du l\Iinistère de la Jeunesse,


de la culture populaire et des sports

ANNEXE 9 Les projets de déconcentration des actions des Directions


du Ministère de la Jeunesse, de la culture populaire et des
sports

ANNEXE 10 Les centres culturels et les r~isons des jeunes et ~e la


culture du Bénin

AnNEXE Il Liste des projets soumis par le Ministère de la Jeunesse,


de la culture populaire et des sports, et retenus lors de
la Conférence des directeurs des études et de la planifi-
cation des Tlinistères béninois pour un financement éventuel
par le fonds européen de développement (4° F.E.D.) juin 1975

A11ŒXE 12 Budget du Ministère de la Jeunesse, de la culture populaire


et des sports-1975 (Ancien organigramme)

ANNEXE 13 Liste des personnalités rencontrées


- 5 -
Présentation fiu raBP2rt ge ~6sion

Cette mission ayant revêtu un caractère explor~toire, le consultant s'attachera à


énoncer les grandes lignes d'une politique culturelle telle qu'elle se déduit des
options idéologiques affirmées par le Gouvernement Militaire Révolutionnaire du
Bénin. ' ,

Les parties descriptives, présentant la situation de tel ou tel secteur


"culturel" (les musées, les bibli.othèques, le théâtre, etc.) seront donc, en
général, renvoyées en annexe, à titre d'illustration cODcrète, précise et chiffrée.
Une description plus exhaustive nécessiterait en effet une mission de plus longue
durée faisant éventuellement appel au concours de spéciali.3tes ou de techniciens
afin d'identifier plus soigneusement tel ou tel projet.

Ce rapport ne constitue donc qu'une première étape la mise en forme d'une


politique culturelle orig~nale dont les grands traits ont déjà été définis mais
dont les conséquences pratiques n'ont pas encore été toutes mesurées. D'où l'adop-
tion du plan que l'on trouvera au sommaire du présent rapport.

INTRODUCTION

Objet de la mission
1,'3. mission du consultant avait pour objet "d'assister" les autorités du
Bénin en vue :
- de l'établissement de programmes d'action tendant à la valorisation des
cultures africaines, au Bénin;
- ~e la conception de structures d'accueil pour l'animation culturelle sur
l'ensemble du "territoire ;
- de la définition des priorités et des modalités en matière de formation
de personnels qualifiés de l'action culturelle à divers niveaux.

En fait, il s'est avéré, sur place et, à la demande même des autorités bé-
ntnciscs,nécessaire d'éJargir la mission à la formulation et à l'ûxamen de la
politique culturelle dans son ensemble.

Au terme de la mission, une réunion de travail présidée par le Ministre de


la Jeunesse, de la Culture popul~ire et des Sports, en présence des Directeurs
du Ministère, a été l'occasion pour le consultqnt d'ex8Biner un grand nombre
d'aspects de cette politique.

Déroulement ùe la mis~~on

La mission s'est déroulée du 14 août au 3 septembre 1975. La plupart dos. 1 ,


entretiens se sont tenus à Cotonou ou à Porto-Novo. Une semqine a cefendan~ été
consacrée à des déplacerJents sur le territoire qui onc; permis au consultant de
parcourir les six provinces. Une attention particulière a été accordée aux deux
provinces du Nord: le Borgou et l'~tacora.
- 6 -
l - RAPPEL DES ORIENTATIONS POLITI~UES ADOPTEES PAR LE GOUVERNEMENT DU BENIN

10 - Depuis le 26 octobre 1972, le Bénin est dirigé par un Gouvernement


Militaire Révolutionnaire (G.M.R.). Ses grandes orientations politiques ont été
exposées dans le Discours-Programme du 3Ô novembre 1972, qui constitue la charte
politique fondamentale, à l~quelle se réfèrent quotidiennement les cadres
politiques, les hautes fonctionnaires, la presse et la radiodiffusion beninoises.

"Le Socialisme, c'est notre voie, le Marxisme-Leninisme, c'est notre guide",


telles sont les deux phrases clés de ce programme.

Dans ce texte-programme, le Chef de l'Etat, le lieutenant-colonel ~mthieu


KEP~KOU, affirme que "jusqu'ici l'enseignement, l'éducation et la culture ont été
au service de la domination et de l'exploitation étrangères. Ici également s'im-
pose une politique nouvelle d'indépendance nationale qui rompt avec le carcan
d'étouffement de nos valeurs nationales que constitue l'école traditionna1le".
Parmi les tâches assignées au pays et au gouvernement, il faudra not9,mment :
- "Elaborer une réforme authentique de l'enseignement conforme aux exigences
de la nouvelle politique;
- revaloriser nos langues nationales ;
- réhabiliter notre culture en l'adaptant aux besoins de nos masses
laborieuses ;
- assurer le développement de la culture populaire en organisant dans les
langues nationales, l'alphabétisation des masses".

Il - Ces objectifs, depuis près de trois ans, ont fait l'objet de nombreux
développements. Divers membres du gouvernement, ainsi que le Chef de l'Etat
lui-même, y ont consacré des discours récents. Le "Daho-Express" (seul quotidien)
et "La Voix de la Révolution" (Office de la Radiodiffusion-Télévision béninoise)
ont longuement et fréquew~ent diffusé ces interventions et leurs cONffientaires.
C'est dire que la politique éducative et culturelle fait l'objet d'une attention
particulière. Invariable dans ses objectifs constamment répétés, clairement
énoncée dans sa logique, elle bénéficie donc d'un corps de textes et de déclara-
tions gui lui assigne un rôle politique fondamental.

12 - ~ais cest surtout pour l'instant le programme d!éducation nouvelle


qui a fait l'objet d'une énumération précise d'objectifs concrets et de projeta
individualisés (avec le concours notamment d'experts et de consultants de
l'Unesco). La politique éducative constitue maintenant un "noyau dur", bien défini,
dont les conséquences techniques et financières ont été mesurées. Elle est devenue
un domaine essentiel de mobilisation des cadres sinon des masses et fait l'objet,
en ce moment, d'un très important travail de conception et d'organisation.

13 - Il n'cn est pas de même pour la politique culturelle. ~e Ministère de


la J~unesse, de la Culture populaire et des Sports qui en est logiquement le
principal maître d'oeuvre, est en effet fort jeune. La nouvelle structure aduinis-
trative a été mise en pl~ce il y a quelques mois seulement: (voir annexe 8).

La tâche la plus urgente est à présent de traduire les grandes orientations


de la politique culturelle en un ensemble coordonné de projets.
- 7 -
II - PRINCIPES DE LA POLITI~UE CULTURELLE

201 - Revaloriser les cultures loc~les et forger, à p~rtir de leurs conpo-


santes les plus riches, une culture nationale dont l'enracinement popul~ire sera
le gage de son caractère démobratique et de son efficacité sociale: tel pourrait
être résumé l'objectif final de la poEtique culturelle.

202 - C8S déclarations de principe, fréquentes dans les discours officiels,


dans divers pays africains, doivent faire l'objet d'un examen intergouvernemental
lors de 19. prochaine "Conférence sur les poli tiques culturelles àn Afrique" qui a
eu lieu en octobre-novembre 1975. Le Gouvernement du Bénin peut aisément souscrire
aux proclamations d'autbenticité cultu~elle, d'affirm~tion des originalités
culturelles locales, de participation populaire la plus large à la création
culturelle, etc. Mais pour se chqrgor de sens, ces termes doivent bénéficier d'uno
volonté politique 3ans faille et induire des mesures concrètes et réalistes. Il
semble que le Gouvernement Militaire.RévQlutionnaire soit décidé à s'engager dans
cette voie qu'il a déjà partiellement parcourue dans le domaine de l'éducation.

Ceci dit, il reste presque tout à faire, dans un domaine difficile à cerner,
qui ne semble changer que lentement. Prenant racine d~ns des modes de vie quoti-
diens, les cultures 10c9.1es sont des productions sociales hautement structurées,
qu'on ne peut façonner par des circulqires administratives. Le Ministre de la
Jeunesse, de la Culture Populaire et des Sports en est conscient: ce n'est pas
un département adninistratif qui peut créer une culture, mnis il peut être le
coordinateur et l!initiateur de son renouvellenent. Ce n'est pqS vers une politique
de làisser-faire, ou même de simple gestion des productions culturelles que l'on
souhaite s'orienter au Bénin, mais vers une politique délibérae dont on sait avec
pertinence qu'elle doit être conçue à long terme ...

203 - Le consult~nt n'a pas jugé utile de pousser plus loin l'analyse du
discours politique sur la culture. Il est certain que de nombreuses questions
théoriques mériterqient d'être posées: dans quelle mesure ne peut-on crRindre une
contradiction entre la mise en valeur de culturos locales (le plus souvent définies
p~r leurs caractéristiques géographiques ou ethniques) et la volonté d'aboutir
à une cultura:nation~le forgée au sceau de l'unité politique? Comment le plura-
lisme culturel peut-il s'accomooder du centralisme démocratique et quel peut être
le rôle des cadres ~dministratifs et politiques chargés des questions culturelles
en tqnt qu'éléments de liaison entre ces deux termes? Quelle place donner à des
productions culturelles dont les formes ou les contenus sont nés imbriqués à des
structures politiques ou religieuses désormais contestées, etc. ? Tou~es ceS
questions devront faire l'objet de débats approfondis.

Le premier ensemble de mesures pratiques que le eouv8rnement entend mettre


cn oouvre est la revalorisation dos cultures loc~les.

III - LA P~VALORISATION DES CULTURES LOCALES

300 - La v~riété ethnique et linguistique d'un pays dont les frontièros sent
un héritage colonial justifie l' ~. t ppellation de "CU! tures locales". Leur revalori-
sation a impliqué, pour une première étape, une vigoureuse contestation de la
culture importée. Lp. lutte contro ll.')lién~tion cultur')lle '1 donc été 10 prol.JÎE;r
Dot d'ordro du nouvoau gouvurnelJent. Le combat contre le néo-colonialisme et 10
capitalisme interD~tional constitue IR. toile de fond de la nouvelle politique
culturelle. Il est le leitBotiv unanime du discours sur la culture et il émaille
de quelques lwsuros spoctp.culp.iros les productions culturelles (notA.mr.1ent thô3.-
traIes) les plus récentes.
- 8 -

Les ~utorités béninoises sont cepend~nt parf~item~nt conscientes que le


pays nepeut se dégager que progressivement d'une eoprise aussi forte dans son
histoire. Le système éducatif est encore, jusqu'à la prochaine rentrée scolaire,
calqué sur le système français. La l~ngue la plus parlée à l~ radio reste le
fr~nçais. Le réseau des biblioth~ques est quasi tot3.lement alimenté par le
Centre culturel français. La moitié du corps des professeurs de l'Université est
d'origine frl'l.nçr'l.Îse, etc.

301 - Aussi, le gouvernement cherche-t-il à modifier peu à peu sa politique


de coopération culturelle.
D'une part, vis-à-vis de la France, il a signé le 15 février 1975 un nouvel
~ccord de coopération concernant l'enseignement et la culture. Il souhaite
continuer à bénéficier de l'imrortRnte ~ide fr~nçais€ (3,1 milliards CFA en 1975
tous secteurs confondus) m~.is n'entend point atténuer ln. vigueur de SR condamna-
tion de l'aliénation culturelle. ~ présence culturelle française s'est donc faite
plus discrète: le Directeur du Centre culturel français; situé à Cotonou qui se
trouve être p~r sa bibliothèque, ses deux s~lles de spectacle, son matériel et son
personLel, le plus ioport~nt é~blissollent culturel du Bénin, s'est abstenu
d'inviter des troupes théâtrqles françRises à se produire dans le pays et a
préféré axer son ~ction sur le développement de la lecture publique.
D'autre part, le gouvernement souhaite diversifier les origines des eides
bilatér~les. Quelques projets importants ont été conclus avec par exewple, le
CanaQa (construction du Collège polytechnique universitaire), la République
populaire de ChinG (ré~lis~tion à'un stade de 30 000 plecGs aux environs de
Cotonou) ou l~ Corée du nord. M~is les aides àes principaux pays représentés au
Bénin sont encore peu importantes en comp~rqison de l'~ide française. Dans le
do~~ine culturel, il s'~git essentiellement de bourses d'étude, ùe dons de .
livres ou de prêt de films : cas de l'Union Soviétique, de la Chine et égRlewent
des ~tats-Unis, seul pays ~utre que la Fr~nce à entretenir un Centre culturel
(uniquement axé sur le livre).

31 - L'utilisation des Isnl)Ues nationnles


310 - Au Bénin, CO~le dans bien d'autres pays la recon~u~te du patrimoine
culturel nation~l p~sse par le développement de l'utilisation des langues natio-
nales. Le consultant ne détaillera pas cette question co~plexe qui a déjà fait
l'objet de diverses études. Il s'att~chera seulement à rappeler les différentes
t~.chcs ('lui incombent à diverses adrninistr.'3.tions ou org.. . .nismes et qui nécessitent
un pl~n d'action concerté à long terme.

311 - l,a r.:ise au point et l 'h"1.rnonis'3.tion des alphnbets est une entreprise
capitale. qui Det en oeuvre des concours divers. Co~~oncé par des bénévoles
africains ou étrangers (meœbres de clergés, professeurs, chercheurs, coopérants.~.),
organisé ensuite au sein de comités officiels, aidé enfin par les Etats dans une
perspective plus internationale, le tj~~vail de composition des alphabets des
langues locales est déjà très avancé. Sous l'égide de l'Unesco, un séminaire de
lin~~istique s'est tenu à Cotonou en août 1975 (1), réunissant des spécialistes
de six Etats de la sous-région (Gh~na, IJiger, Togo, Haute-Volta, Nigéria, Benin)
pour définir un alphabet unique convennnt aux detL~ familles de langues (groupe
KW) et groupe voltaïque) parlées dans cette partie du continent. Les résolutions
adoptées dem~ndent à l'Unesco et aux Et~ts Nembres de faire connaître les résult~ts
de ces travaux ct reCOmmAndent aux Et~ts de prendre les mesures l~gislatives ou

(1) "Séminaire régional de normalisation et d'h~rffionisation des ~lphabets des


lMgues de,homéhénnes et avoisin~mtes" Cotonou 21-23 août 1975.
- 9 ...
règlementaires pour rendre officiel l'alphabet unique de la sous-reg10n. Le
travail de recherche est donc caintenant bien organisé ~u sein de la Commission
Nationale Béninoise de linguistique d'une part, et du récent "Comita AlphBbéti~le
Permanent" des Etats de Iii sous-région, d''?utre p~rt.

312 - Un "3.lphabet unique à stock ouvert" est donc mis à la disposition de


chaque langue particulière pour laquelle il s' 'l,git de préciser ceux des signes
alphabétiques qui conviennent à ses carlictéristiques. D~ns un proche avenir,
toutes les langues du Bénin doivent donc disposer de leur alphabet.

313 - r~ais la prati~ue de leur écriture dépendra des efforts mts en jeu
pour leur popularisation. Il est évident que sur l~ ~unrnntaine de lp~gues
existant au Bénin, une diz~ine seulement disposeI'a des moyens modernes de
diffusion. Cinq ou six (le fon, le yoruba, le dendi, le bariba, l'adja ••• ) se
dég~gent d'ores et déjà comv,e dominantes, ne serait-ce qu'en raison de l'impor-
tance de la population qui les p~rle. Il est d'ailleurs dans l'intention du
gouvernement de laissor s'établir Ulle concurrence naturelle entre les 1~1gues du
pays. S'imposera un jour celle qui sera reconnue dans la pratique comme la plue
8fficace.

314 - Le développe~ent des langues n8ticnales écrites ou pqrlées exige des


efforts corabinés de plusieurs services d'Et",t •

• Le Einistère de l'Education a pOQr t~che, conformément au ProgT~rnne :


National d'Edification de l'Ecole Nouvelle "d'intToduire d'~bord les langues
nationales comme dos matièr8s, puis do les introduire comme véhicule du s~voir,
c'est-à-dire enseigner les différentes disci2lines d~ns ces langues" (1). En
principe, dès l~ procr~.ine rentrée scolaire, une lrmgue nqtionAle devrait être
étudiée on tant (tue discipline, au niveau de l'enseignement de base (de cinq à
dix/onze ans), tout au Ii1oin~ dansles écoles pilotes qui aurent été choisies pour
l~ mise en place progressive de la réfor~~•

• Le Ministère du Développement Rural t'tt le Idnistère de la Jeunesse, de la


Culture Popul~ire et des Sports (Direction de l'Alphabétisation et de la Presse
Rurale) collaborent déjà pour l'alph~bétisation des masses rur~les. Le prewier
de ces ministères a, p~r ses sections d'alp_abétisgtion, une longue expérience
d~ns cett~ t~che. L'apprentissage de l'alphabet dnns ce c~s est présanté aux
agriculteurs comBe le moyen de contrôler eux-mêmes la comr2ercialis~tion de leurs
produits : de la connaissance du calcul à la lecture d'une facture.

315 - L'alphqbétisation doit en outre s'nccom~~gner d'un développement


parallèle d'une presse rurale, en langue loc~le, qui est en fait la seule occasion
de lecture des nouveaux alphabétisés (du moins, hors du milieu scolaire). La
Direction de l' alphe,bétisntion et de ln. presse rurale [>. donc aidé à la création
de journaux (2) ronéotypés dans les quatre langues dont ltlaphabet et la grammaire
sont les plus élaborés. Cette presse rurale pourrait couvTir théoriquement une
grande partie du territoire (l'adja est surtout utilisé dnns la province da Mono:
le fon dans le Zou et llAtlantique, le yoruba dans ll(~émé et la bariba dans le
--_.__._ ... -~

(1) ~amne National dt Edification de l'Ecole Nouvelle P.dité par le CRAP -


Linistère de l'Education Nationale. Juillet-Août 1975 pa5~ 14.
(2) Ces journaux, ou plus exactelLC nt ces rJag~zines, de quatre à huit p8.ges environ
mensuels ou bimensuels, comprennent en général un éditorial, des nouvelles natio-
nales et régionales, une rubrique s~nit~ire, une rubrique d'agriculture, une
rubrique civique et une partie culturelle (proverbe, contes ou récits envoyés par
les lec teurs ) •
- 10 -

Borgou). En f~it, la diffusion reste très restreinte. Les tirages varient selon les
langues entre cinq cents et deux mille cinq cents exemplaires, mais les numéros,
vendus vingt francs l'unité, ne sont pas tous écoulés, malgré une diffusion
militante. En effet, dans la mesure ou l'alphabétisation n'en est qu'à ses début,
cette presse rur~le est surtout achetée par des instituteurs, des fonctionnaires,
des comnerçants, bref, ceux dont précisément l'alphabétisation n'est plus à faire.

C'est là un travail de longue haleine, cais qui doit réussir. Les méthodes
et le matériel de formation existent (1) et on constate que là ou l'alphabétisation
dispose' d'importants moyens, le presse rurale se développe rapidement: c'est le
cas dans le Borgou où une mission suisse de coopération effectue un très important
travail d'alphabétisatioll ; de ce fait, mille six cents agriculteurs comptent
pRrmi les deux mille aborillés de la presse rurale en bariba.

L'Unesco a reconnu l'intér~t de l'alphabétisation et de la presse rurale,


puisque trois journaux ont pu être imprimés gr~ce à son aide financière.

316 - La pratique de lang~es locales doit également bénéficier - sous sa


forme parlée - du soutien de la radio. L'Office de Radiodiffusion Télévision
consacre déjà une partie importante de ses quatorze heures quotidiennes de fonc-
ticnnement aux émissions en langup-s nationales. Douze langues au total sont
utilisées, six sont plus ~rticulièrement développées, chacune de ces dernières
bénéficiant du même temps mensuel d'antenne. Certaines rubriques font une large
place aux problèmes de langues, comoe "le Nagazine de l'éducateur" préparé par
l'Institut Pédagogique National. Certaines émissions, renoncées, n'utilisent que
les langles locales: c'est le cas des "Contes et légendes du Bénin" ( six contes
d'une demi-heure chacun#par semaine) ou de "connaissance du Bénin", suite '
d'enquêtes pratiques (une émission par semaine pour chacune des six langues).
Un résumé du journal parlé en français est traduit et diffusé chaque jour en .
langues loc~les. Lg contrqinte actuelle de l'Office de Radiodiffusion Télévision
est évidemment le manque de temps disponible à l'antenne. Cet obstqcle devrait
être prochainement levé, dans la mesure où de nouveaux émetteurs doivent être mis
en service au début de 1976, grâce à l'aide technique et financière de la
République Fédérale d'Alle~~gne. D'une part, la couverture du territoire sera
sensiblemont améliorée (jusqu'alors, s~llle la moitié sud du pays dispose de
conditions d'écoute s~tisfaisantes)o D'au~re part, il sera possible à l'Office de
doubler son temps d'antenne, en créant une chaIne nationale en langue française,
et une ~haIne r~dio-éducative et rurale- qui n'émettra qu'en langues nationales
seuls les journaux parlés étant synchronisés. Le projet de télévision, en
revanche est plus lointain (1977 ou 1978) ; le co~t total de l'investissell~nt
projeté est de 400 millions; il serP.it couvert par l'aide bilatérale française
et une mission de techniciens français est attendue pour 1976. Cependant les
projets des responsables de l'Office sont ambitieux: à raison de cinq heures de
progr~mmation par jour, le codt de fonctionnement de la télévision béninoise
s'élèverait à 150 millions par an. Or, ni les redevances qui pourraient être
perçues, ni les bénéfices tirés de la commercialisation des récepteurs (dont
l'Office souh~iterait avoir le monopole), ni ~ême la contribution qui pourrait
être attendue du budget ll~tional, ne sauraient suffire à l'équilibre financier
de l'opération. Si cependant ce projet voyait le jour aux dates prévues, il est
SÛ1' que la politique de revalorisation des lqngues et des cultures nationales

~~----
(1) L?expérience la plus récente, conduite par lPIPH-CIL~P (Institut Péd~gogioue
Nqt~oéml), a consisté à diffuser une bande déssinée dont les phylactères devaient
être imaginés puis écrits en langue localo par les villageois eux-m~mes. Cet
album ~e trente cinq pages, dessiné avec le con~ours de coopérants techniques
fraL~als, a été testé avec succès d~ns quatre villages et en quatre langues dif-
férentes. Il est à signaler que dans l'Etat voisin du Nigéria, des bandes dessi-
nées en yor~ba sont couramment mises en vente o
- 11 -

bénéficierAit là d'un médium capital, si l'on en juge à l~ fois ~~r l'engouement


que suscitent déjà au Bénin les télévisions vois~.nes d1.l Togo et du O'Nigéria, et la
volonté exprimée par l'Office de Radiodiffisimn Télévision de développer l'éccute
collective d'une télévision éducntive.

32 - La vRlorisation du patrimoine culturel


320 - Les langues nationales sont des éléments de culture que le Bénin, par
leur transcription. leur enseignement et leur popularis~tion, cherche à conserver
et à développer. Cette politique devrait ég~lement s'appliquer à la conservati,on
d'un patrimoine culturel qui, du palais historique au conte populaire, adopte des
formes variées. Or, des pans entiers de ce patrimolna sont négligés et sont menacés
par conséquent de disparition.
Une politique de valorisation du patrimoine culturel suppose la réalisation
coordonnée de trois étapes : la recherche, la conservation et la mise en valeur,
auprès de la population nationale. Ces trois moments sont indissocia11es.

321 - La recherc~~
On peut regretter une pénurie de chercheurs, un mangue de coordination
et l'absence de moyens de diffusion.
tl n'y a p~s à proprement parler de chercheurs spécialisés dans le domaine
culturel. Le J:inistère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports n'a
pas ~o service d'études à sa disposition: pas même un statiticien ou un
sociologue. Il f~ut donc plutôt parler de chercheurs socio-historiques dont le
nombre est diailleurs fort limité (1)0. On peut dénombrer trois catégories de
chercheurs : ceux qui trev:üllent dp.ns le c?dre de l 'Universi té ou du :.inistère
de l'Education, ceux qui font partie du Centre de Recherche appliquée du B~nin
et les correspondants bénévoles de ce Centre (prêtres, coopérants, intellectuels •• ).
1e Centre de Recherche appliquée du Bénin, qui est sous la tutelle du
?linistère de l~ Jeunesse, de la Culture et des Sports devrait être théoriquement
le principal centre de recherche, dans le domaine culturel, conformément aux
missions qui lui ont été assignées en 1973 : susciter les trnvaux scientifi~ues,
coordonner les recherches et d.iffuser la documentation eocib-historique ;
contraler, cons~rver et entretenir - en liaison avec le service des musées -
certains monuments, sites et objets classés et accorder son app~obation officielle
aux oeuvres artistiques de bonne qualité et de tradition reconnue. En fait, le
Centre ne disposant que de quatre chercheurs permanents et d'un cor,s d'une
vingt'?ine de chercheurs associés, ne peut ni organiser une politique coordonnée
de recherche, ni diffuser les études qui lui ont été confiées, ni enrichir sa
bibliothèque spécialisée ou sa photo-sonothèque enbryonnaire (voir arÙ~~Ç 1).
On pourrait aisément remédier pourvu que, sous la responsabilité du
Ministère de tutelle, un programme de rechérche culturelle centré sur les sujets
les plus urgents et les plus pertinent:3 soit élaboré, en liaison l'!.vec les autres
tTinistères et org'mismcs intéressés (voir le chapitre "Structures adninistrp. tivef3"
parag:r&phe 511).

322 - La conservp.tion du pqtrimoi~


3220 - On ne remar~ue p~s au Bénin, de ~enace précise sur la
conservation des sites naturels. En revanche, la conservation des archives 6t du
p~trimoine mobilier et immobilier, est un problème grave et urgent.

(1) Il n'est question ici que de ch~rcheurs béninois résidant au Bénin. Il n'e8t
pas fait Llention des centres de recherche établis à l'étrB.nger et qui disposent
de ~oyens, de personnel et d.'archives pour traiter de l'histoire béninoise plus;
importants qu'au Bénin même.
- 12 -

3221 - Le service central des archives, installé à Porto-Novo est


censé conserver les témoignages écrits du Bénin, c'est-à-dire en fait son histoire
coloniale. Les plus anciens docu~nts détenus remontent à 1863 et les séries
sont régulières à partir de 1881 (Administration générale, Affaires politiques,
Police, Justice, Affaires militaires, Affaires économiques, Enseignement, Presse,
telles sont les principales Bêries). Les archives sont constituées à partir de
documents officiels uniquement. Ce sont surtout les papiers des Administrations
Centrales, car les sous-préfectures ou les mairies ne eonservent guère leurs
documents.
La législation des archives n'a d'ailleurs pas été remaniée, et c'est
l'ancienne législation (datant de l'A.O.F.) qui est encore en vigueur. Le dépôt
légal n'étant inst.<mré que pour les publications du "Ehuzu" (1) (pas même pour
celles de l'Office national d'édition de presse et d'imprimerie), les versements
aux archives sont minces.
Le service ne dispose pas d'ailleurs de moyens matériels pour assurer non
seulement le traitement, mais même la conservation. La capacité maximale des
dépôts est de cinq cents mètres linéaires, alors que les documents en attente de
classement en occuperaient mille de plus. Un nouveau bâtiment a été projeté, mais
sa construction n'a pas dépassé le stade des fondations.
Il n'existe aucun guide, ni répertoire, ce qui limite considérablement
l'utilité des archives. Les scientifiques ou historiens, chercheurs ou étudiants
effectuent donc leurs études sur le Bénin, soit à Dakar, soit à Paris. Les 8rchives
béninoises ne disposent même pas d'un appqreil de reproduction.
Les archives nationales apparaissent donc comme une survivance de
l'administration coloniale. Le chef du service, seul cadre scientifique, entouré
seulement de quelques manutentionnaires, formé anciennement au Sénégal, doit
prendre s~ retraite d'ici trois ans. Le problème de sa succession se pose.
Là plus qu'ailleurs, ce secteur appara1t comme un monde clos, isolé,
poursuivant une mission anachronique dans des conditions particulièrement
difficiles.

3222 - Le service central des musées connaît des difficultés de même T


nature, mais sans doute moins dramatiques.
Son budget de quinze millions de F. C.F.A. (2) est quasi entièrement
consacré aux dépenses de fonctionnement. Il est le service de coordination des
trois musées existnnts, qui tous doivent faire face aux mêmes difficultés :
absence d'un budget d'équipement et manque de formation des personnels (voir
annexe 2).
En matière d'éq~ipement, les projets ne manquent pas. Certains sont ambi-
tieux. C'est la cas du projet de musée ethnographique et de plein air de Parakou.
L'idée de cré0r un musée national, offrant aux visiteurs un panorama complet de la
muséologie béninoise (de. l'habitat traditionnel aux objets de culte, en passant
par les instruments culinaires, les qrmes de chasse ou de combat, les instruments
de musique, etc ••• )·se conçoit. ~~is il s'agit de savoir si le choix de Parakou,
chef-lieu de trente mille h~bitants, se justifie. Certes, ce peut être un acte
délibéré de dé~cntr~lisation géographique, mais attend-on de ce musée le dévelop-
pement dlun flux touristique qui, pour l'instant n'est estimé qu'à six-cents
personnes par an ?
Les expériences étrangères montrent qu'un musée de ce type est généralement
im~lanté à proximité de la plus grande ville du pays. Le consultant croit savoir
qulil existe d'~illeurs un projet de Musée national à Cotonou.

(1) Anciennement: "Daho-Express".


(2) Soit 15 %du budget du Ministère.
- 13 -
On peut d'ailleurs se demander s'il est sOlili~itable d'entreprendre des
projets importants de construction tant que les musées exist&!ts ne disposent pas
de crédits de matériel pour permettre, d'une part, l'entretien normal de leurs
richesses, d'autre part, l'augmentation de leurs collections. Telle devrait
être la priorité.
Il faut noter en outre quo de véritables musées existent à l'état naturel
qu'il suffirait de conserver. Tel le palais des rois d'Atcora, encore occupé
pnr le dix-septième roi de Djougou, mais dont le tiers des maisons tr~ditionnellGs
a déjà disparu. La disparition du pouvoir féodal a également provoqué la fin d'un
système traditionnel de corvées qui permettait au roi de faire entretenir son
palais-village par les habitants. Mais les pouvoirs publics n'ont pas pris pour
autant les mesures nécessaires pour entreprendre l'o~vre de restauration.
L'accord du roi a cependant été donné au maire de Djougou pour que les autorités
administratives engagent, sur crédit public, un progrncrme de restauration. Centre
d'une ancienne vie ~ui meurt, sans être pour autant un musée ou un lieu de
curiosité, ce palais connaît une période de transition qu'il sl~girait d'aménager
au mieux.
Le Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports ne peut
négliger l'investissement capital que représente la for~~tion des hommes. Il est
souhaitable qu'il prête un soin particulier à la formation de spécialistes dnns le
domaine des archives et des musées, ne serait-ce que pour assurer la relève
d'homnœformés en d'autres tomps et qui atteindront bientôt l'âge de la retrqite.
Ln formation d'un ~,rchiviste et de deux conservat8urs, au moins devrait être
organisée dans de brefs délais. Elle pout l'être en Afri~ue même, et dans le
cadre d'accords de coopération (cf. parggraphe 523).
Il reste enfin à ~cquérir les quelques matériels et les crédits nécessaires
à l'accroissement des collections. Les archives et les musées du Bénin ne doivent
pas seulement être ceux de l'époque coloniale. L'~rt du Bénin (de la sculpture
sur bois à la terre cuite, du travail du cuivre à la confection du costume
traditionnel) est menacé d'un double dang6r : l'achat et l'exportation d'oeuvres
p~r des ~mateurs d'art étrangers (et ce en dépit d!une législation IJinterdisant)
et la transformation des techniques et des thèmes du trpvail artisanal au contact
de la de~ande to~ristique.
Il est donc essentiel que la conservation du patrimoine mobilier national
soit assurée par des Béninois eux-mêmes. Or, aucun conservateur ne dispose des
moyens nécess~ires pour découvrir, étudier, reproduire, acquérir. Par exemple, le
conserv~teur d~ Musée de Porto-Novo est en contact avec un certain nombre de
sculpteurs travaill~nt dans les villages de l'arrière-pays. Il en a établi la
liste, mais ne peut ni exaniner leur travail, ni acquérir, pour son ~'lsée, ne
serait-ce qu'une oeuvre représentative du village ou du style de travail de
l'artisan. Il est donc souhaitable que le ministère de tutelle organise, à un
rythme à définir, des tournées de prospection, on mGttant à la disposition des
conservateurs à tour de rôle, un véhicule et un petit fùnd d'p.cnat. (Un exemple
a contrario en es t fourni par le conserV13, teur de P'l.rl1kou qui, à 111 s~li te de
longues approches ~vec divorses familles Barib~, 11, petit à petit, et pa~ dons
successifs, acquis une centaine d'objets de haut intérêt par leur caractère et leur
hictoire.

32;3 - L,a mise en....:Y:.ê:.leur du p'1trimoine


Il ne s 'l1gi t pas de défendt'e le musée en soi, ct la conserv[:,tion ne peut
être une étape ul-Lime. Elle n'est qu'une base de départ pour permettre une connais-
sance éll1rgie des patrinoines ~égionaux cooposant le fonds culturel béninois.
- 14 -
3230 - Une question essentielle se pose dès lors, qui mérite une
réponse d'ordre politique: a qui servent les efforts de conservation, de pros-
pection et de mise en valeur ?
En l'état actuel des choses, essentiellement aux visiteurs étrangers.
C8rtes, il est nécessaire que le Bénin fasse connaître son art et son histoire
(et not~mment aux touristes africains de plus en plus nombreux) et développe
ses ressources touristiques. ~~is le public béninois dos musées est si restreint
(5 à 10 %des visiteurs) qu'on est en droit de penser que le système est inadapté
et ~ue la mise en valeur du patrimoine doit emprunter d'autres méthodes.
Les statistiques des musées sont éloquentes à cet égard : 50 à 80 %des
visiteurs sont européens. La fréquentation par le public béninois n'augmente que
d~s la mesure où des visites scolaires sont organisées. Le musée reste, pour le
Béninois qui n'a pas reçu d'instruction faisant de lui un "lettré", un monde
parfaitement étranger.
Un problème de fond est posé: on conçoit qu'un citoyen béninois qui vit
sa culture n'éprouve aucun besoin d'acheter un billet d'entrée dans un musée pour
y contempler des objets ~ui lui sont coutumiers, accrochés près de fiches qu'il
ne peut déchiffrer~ La fréquentation du musée de Porto-Novo par des non-lettrée
ne dépasse pas quelques di5aines de personnes, par exemple.
D'un autre côté, les choix signifiés par le Gouvernement Révolutionnaire
devraient conduire les agents du Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire
et des Sports à concevoir des méthodes nouvelles de mise en valeur des fonds
culturels béninois. Le but est de permettre ~ne connaissance réciproque des
patrimoines régionaux, de développer le sens de la richesse et de la pluralité
culturelles de la nation, de faire participer la population à la recherche de ses
expressions.

3231 - Cela suppose une certaine mobilité des oeuvres, qu'il s'agisse
de multiplier des expositions temporaires ou même de les rendre itinérantes pour
que la culture du Nord soit connue des habitants du Sud et réciproquement.
L~ circulation d'expositions traitant des arts et traditions populaires,
voire de l~ vie même : culturelle, sociale, éconoNique d'une région, nécessite,
il est vrai des moyens techniques rel~tivement importants. Mais elle est indis-
pensable à la formation d'un esprit nation~l, surtout dans un pays où la circula-
tion des hommes est encore peu développée.
Cettc.néthode bouleverse évidemment les doctrines nuséologiques en usage
(sécurité des objets, interdiction de reproduction, entrée payante, visite
organisée da.ns un établissement). Elle suppose par exemple la gratuité pour
l'individu (la gratuité des musées existants devrait d'ailleurs, sans gr~de
perte pour l'Etat, être reconnue pour les nntionaux). Mais il devrait être
envisagé une p2rticipntion collective de lq comnune ou du quartier sous ~rme
de prestations en nature; prêt du terrnin, main-d'oeuvre bénévole, dons d'essence,
publicité org~nisée par les habitants eux-mêmes, etc.
Les musGes du Bénin resterai~nt ce qu'ils sont, bien entendu, en tant que
richesse touristiqu8, des tarifs relativGmhTIt élevés pouvant être appliqués à
l'égard des visiteurs étrangers. Ils ser~ient également des camps de base, lieux
de restauration, mais aussi de confection de documents plus nombreux, plus diver-
sifiés, plus significatifs, qui devraient ensuite circuler dans l'ensemble du
pays.

3232 - Des problèmes identiques, de recherche, de conservation et de


miRe en valeur se posent à propos d'un patrimoine inmqtériel considérable: la
~~tion oraJe.
C'est s&ns doute en ce domaine que les autorités nationales ont pris les
initi~tives les plus judicieu~es à l'instar d'autres nations africaines.
- 15 -
C'est surtout par le biais de l'Institut Péd~gogique National et de l'Office
de Radiodiffusion Télévision Béninoise qu'ont pu être entrepris la collecte et la
conservation des contes, chants, légendes, proverbes, rébus constituant à la fois
l'histoire et le fonds culturel des villages du Bénin.
Cette collecte n'est pas encore systématique. Elle est encore un moyen
d'expérimentation pédagogique pour l'Institut Pédagogique National; elle ost
un instrument de valorisation des cultures régionales pour l'Office de Radio-
diffusion Télévision. Ces deux organismes ont d'qilleurs entamé une collaboration
régulière dnns le cadre d' émissi·ons péd'1gogiques. D'autres ins ti tuts pourr'Üent
tout également participer à cette collecte, si des moyens relativement modestes
d'enregistrement leur étaient confiés. Il le revendiquent d'ailleurs. Mais leur
souhei t ne devrait être'" ccepté que dans la mesure où une poli tique coordonnée
de nise en valeur était établie qui puisse notamment g3rantir l'authenticité des
traditions recueillies (ce qui peut nécessiter une analyse historique conjointe
étude des vari~ntes, par exemple).
Les établissements d'enseignement, sous l'impulsion du ï1inistère de
l'Education, devraient être, dans un procha aver:ir, les lieux de collecte les plus
décentralisés. La modification envis&gée des programmes scolaires donne une place
importante à la présence de la vie sociale et culturelle dans l'école ; ce qui
signifie que la ~radition orale villqgeoise fera partie de l'apprentissage scolaire
que le chant, la danse, la musique pénètreront dans l'école pour y être connus,
étudiés, partagés, recréés. L'Institut Pédagogique National dispose d'ores et
déjà de deux spécialistes qui recueillent, sélectionnent ou traduisent les contes.
Et l'Ecole Normale -Félicien Nadja" a suscité parmi ses cent soixante-dix élèves
la création d'un "club de chansons et danses nCl.tionales" pour réapprendre aux
instituteurs, non seulement à chanter, conter, nais à analyser l'origine et le
contenu du chant et de la d~nse.
L'Institut Pédagogique National se préoccupe également de la conservation
de ces fonds culturels oraux. Elle détient les meilleures archives sonores du
Bénin et vient de constituer le premier recueil de contes publié au Bénin par un
organislie public. L'Office de Radiodiffusion Télévision, en revanche, prête'une
moins grande attention à l~ conservation des bnndcs que ses équipes mobiles ont
enregistrées. Faute de disposer d'un stock ~uffiqant de bandes magnétiques,
1lOffice de Radiodiffusion Télévision ne peut en effet conserver plus d'un
trimestre ses enregistrements (au total près d'un millier). Il garde un tiers-de
sa production enviro~, aux fins de rediffusion. Il détruit le reste, tout en
slefforçant d'en conserver une (~opie écrite, mais qui dans les faits, est assez
fréqueuuont perdue, abîmée ou inachevée.
Pour l'instant, l'instrument essentiel de mise en vn.leur de la tradition
orale est donc la radiodiffusion. La création de la chaîne éducative et rurale
devrait permettre un très net développement de cette forme de communication
culturelle. Le deuxième moyen en est l'école, si toutefois le projet d'Edu~ation
nouvelle est effectivenent conduit à son terme, et sait réconcilier dans la
rép-lité le village et l'école. Une troisième voie conn3ît un début d'utilisation:
l'impression des contes; son efficacité dé~endra des progrès de l'alphabétisation.
Le "Ehuzu" et 1"1 presse rurale publient déjà certains contes, en français ou on
langues n~tion~lGs.

3233 - Le folklore, la musique. la dr:1ll3e et l'expression gestuelle


(individuelle ou colleciive : qu10n l'appelle !:lime, théâtre de rue, défilé,
parade, aucun terme européen ne peut être adé1uat) sont également des formes
cul blre lles très popubires et très variées. Leur mise en valeur se heurte à des
problèmes spécifiques: elle ne pourrnit être assurée que par le cinéma, mode de
diffusion coûteux et encore peu org~nisé au Bénin (voir le paragra~he 422).
- 16 -
Tout évenernent familial ou villageois, privé ou collectif est occasion de
s'expriner : du tarn-tam de mort frappé sur quelques boîtes de conserve à l'occasion
des maigres funérailles d'une paysanne de la brousse, au riche mariage des enfants
d'un commerçant de Porto-Novo où se produit un orchestre complet fort bien
équipé en matériels électroniques. Il ne se passe pas un jour sans musique, ou
sans danse. On apprend, tous apprennent, dès le plus jeune âge, dans la rue,
dans la vie. Tous connaissent ces chants cent fois répétés, cent fois enseignés.
En suivant les pas d'un féticheur parcourant le marché pour le protéger des voleurs,
en se gro~pant en cercle autour d'un orchestre de fortume, à l'occasion d'une
petite fête de famille, comme au passage d'un chef d'Etat étranger.
Ce patrimoine-là est le plus vivant et le plus populaire du Bénin. Il vit
fort bien, sans que l'Etat ait besoin de participer à son organisation. Il est
seulement souhaitable que les collectivités locales offrent à ces occasions mul-
tiples, les moyens matériels de se manifester avec plus d'ampleur. Non pas en
enferm..m t ce "folklore" dans une salle, mais en lui ménageant à l'occasion des
espaces de plein-air permettant des regroupements populaires importants, de jour
ou de nuit, ou bien encore, en fournissant aux groupes d'amateurs locaux, des
instruments dont le besoin est souvent exprimé : instruments modernes (guitares
éleotriques, trompettes, saxos, appareils d'amplification du son) qui sont
étrangers à la musique traditionnelle, mais qui fascinent une jeunesse tout à fait
capable d'enrichir un patrimoine populaire, de le transformer, de l'adapter.
Un certain nombre d'orchestres de nusique populaire, peuvent déjà être
considérés co~~e seni-professionnels ou professionnels. Ils se produisent à la
radio et réalisent déjà quelques disques. Mais la musique "de variété N connue de
toute l~ jeunesse urbaine est cependant d'origine togolaise et surtout
nigérianne (1).
Le souci du Ministère de la Jeunesse, de la Culture Populaire et des Sports
dans CG domaine, est de permettre à un grand nombre d'amateurs de s'exprimer, de
sSlectionner les meilleurs d'entre eux au niveau régional, et de constitUer ainsi
des ensembles nationaux susceptibles de représenter les différents aspects de la
Busique béninoise, traditionnelle moderne (voir p~ragraphe 415).

3234 - La mise en valeur de l'artisanat a connu déjà un d&but d'organi-


sation sous l'égide de l'Office National du Tourisme et de l'hôtellerie
(O.N.A.T.!i.O. ; voir annexe 3). Tout dépl~cement à l'intérieur du territoire
convainc de la variété de l'artisanat local: les cuivres d'Abomey, les statuettes
de Porto-Novo, les cannes sculpt5es de Djougou, les arcs de Parakou etc. Mais au
Bénin, comme d~ns bien d'autres pays, l'originalité de l'artisanat est menacée
par le système Gconomique qui le fait vivre.
L'artisan de village travaille à la commande. Le bijoutier façonne le cuivre
à la demande d'une famille et il s'approvisionne en conséquence. La demande
touristiq~e en revanche veut ln1e satisfaction immédiate : elle ne peut attendre
le temps d'une fabrication. Ceci implique que l'artisan dispose d'un fonds de
roulement lui permettant de constituer un stock suffisamment important d'objets
dont l'écoulement dépendra du flux touristique. Il lui est difficile de prendre un
risqup de mévente, voire même de préfil1ancer seul la production de stocks.
Aussi l'O.N.A.T.H.ü. joue-t-il ~~ rôle r0gulatour capit~l pour la santé
économique du secteur artisanal, en prenant en charge le risque commercial, en
passant des commandes importantes, on garantissant un prix, en contrôlant la
qualité, en incitant même certains artisans à se grouper en coopérative de pro-
duction.

(1) Une société d'Etat, la Scciét& africainG des techniques électroniques, cherche
à éditer de jeunes chanteurs ou musiciens, et à les faire connaître par des
touTIlées de représentations publiquos~ Un autre groupe, privé (Internatiolial Promo-
tien 1rtistic) tente également d'organiser des galas.
- 17 -

Il n'en reste pas Lloins que la deIJ.g,nde touristique (européenne) façonne


petit à petit la cr0ation artisanale, vi~ soit l'O.N.A.T.H.O., soit les circuits
comnerciaux privés qui écoulent en grande quantité à Paris, à Ansterdem, à
Francfort, pêle-nêle des reproductions plus ou Doins altérées de IJ.asques de toutes
sortes, des chaînes de mariage, des chapeaux de cuir, des figurines de cuivre dont
certaines sont parfaitement étrangères à l'esprit béninois.
Le rôle de l'O.N.A.T.H.O. n'en est que plus important pour prémunir l'artisa-
nat d'une dépréciation qualitative. Ce qui ne veut pas dire que le travail
artisanal doit être figé dans une simple tâche de reproduction de thèBes tradi-
tionnels. Bien au contraire, la création artistique, à partir de nouveaux sujets,
de nouvelles techniques, de nouve~ux nétériaux, doit ~tre encourag8e, ce qui
semble la m8thode la plus positive pour éviter quo le changement ne soit synonyme
d'alt6ration.
Ceci paraît être la voie choisie par l'O.N.A.T.R.O. : aut3ni l'habileté et
le sens des couleurs des artisans s'exprinent-elles avec éclat dans la confection
de chapeaux de paille destinés à l'Italie, autant la fabrication d'un tam-tam
Sato, dépourvu de ses attributs sexuels traditionnels au pr9fit de figurines
animales sans signification (à la demande d'un acheteur américain) représente-t-
elle un affadissement de l'art local.

3235 - La denande touristique, friande de folklore dont elle ne peut


discerner l'originalité ou l'authenticité, provoque bien d'autres distorsions
culturelles. Déjà des spectaoles sur l'e~u sont organisés à la carte par les
"tours opér"l.tors" d"l.nsla cité 1~custr8 de Ganvié.
~1ais cette alt~ration, qui paraît bien souvent fatale, n'a pas encore pris
de grandes proportions.
C'ost peut-être l'occasion pour l'O.N.A.T.H.O. de favoriser un "tourisIJ.e
d'aventure" que pratique une clientèle européenne jeune, certes peu fortunée, mais
en général respectueuse des conditions de vie de l'habitant.
En tout ét~t de cause, le Ministère de la Jeunesse, de l~ Culture populaire
et des Sports devrait participer à l'élaboration d'une politique touristique
s'appuyant précisément sur des richesses culturelles: sites, musées, artisanat,
folkoro, etc •••
M~is le but dos autorités béninoises n'est pas seulement de mettre en valeur
des cultures locales. Il est aussi de provoquer la naissance d'une culture contem-
poraine et révolutionnaire.

IV - L'ENERGENCE D'UNE CULTURE NATIONALE, POPUh~IRE ET ~ODERNE

40 - Selon les choix adoptés par le Gouverneuent, il ne slagit pas plus


d'imposer de nouvelles formes culturelles par le pouvoir central que de se
contenter de gérer les productions culturelles trnditionnelles.
En cO~lséquence, la transform.'1 tian cul turbl18 qu'exige nécessaircDont le
déve10ppeuGnt d'une conscienco r8volutionnaire doit s'0pérer à tous les nivG~ux
de la structure politique ct sociale: de la ~apitale ~u village isolé.
Il est rel~tiven0nt aisé de décrire la dialectiquG théorique qui serait
censée relier la base au sommet. Mais le succès de l'opération dépendra de la
circulatiA~ effective des expressions culturelles et de leure oodifiéations aucces-
sives. "
C'est donc à tous les nlvea~ géographiques que de~ra s'opérer e~etao~ent.
la résolution des contradictions culturelles entre l'ancien et le nouveau.
Cette tâche considérable ne peut être envlsagée qu'à fort long terme. Elle
iIJ.plique de vouloir réduire l'écart croissant entre la ville et la campagne, le
lettré et l'analph~bète, le Nord et le Sud, la doctrine révolutionnaire et la
prntique rituelle. En attendant, trois objectifs peuvent être dlores et d6ja
formulés.
- 18 -
41 - Associer au centralisme politique une large déoentralisation sur le
plan culturel de façon à l~isser au niveau local, la tâche de résoudre les
contradictions.

410 - Le but du Gouvernement Militaire Révolutionnaire est de forger un


sentiment mttion~l et r'~volutionnaire, ce qui suppose une orientation idéologique,
précise, claire et unique. La recherche de cette unité met à contribution divers
moyens: politiques (dissolution des partis et de l'Assemblée,Nationale, création
d'un 60mité National Révolutionnaire), économiques (nationalisation des secteurs
clés), militaires (r~le de cohésion et de défense idéologique confié à l'Armée),
pédagogiques (programme de l'Ecole Nouvelle, contrôle de l'information).

411 - Mais il ne s'agit pas pour autant de forger une doctrine culturelle
d'Etat, ce qui serait:
- contraire à l'idéologie elle-même, qui entend favoriser l'expression
culturelle populaire, et valoriser les cultures locales
- contraire auX principes de répartition des pouvoirs qui confie aux éche-
lons locaux la responsabilité opérationnelle des réalisations économiques,
sociales, culturelles, selon l'adage "compter sur ses propres forces" ;
- inefficace en tout état de cause, compte tenu des caractéristiques
géogrnphiques (diversités ethniques, difficultés de communication) et
historiques (importance des cultes traditionnels et des modes de vie
ancestraux.. '
Dans le domaine culturel, comme dans d'autres, on peut distinguer très
schématiquement, quatre phases :
- dissolution des partis et des mouvements de jeunesse (dans la campagne
comme dans l'université) ;
- élaboration des orientations culturelles ;
~ mise en place de cadres politiques chargés des affaires culturelles et
de la formation politiquo au sein des différents types de comités
révolutionnaires (province, district, commune) ;
- création des brigades d'animation et incitation au développement
d'activités culturelles loüales.

412 - La première phase a été accomplie de façon radicale. Les autorités


nationales, estiment que les organisations de jeunesse étaient trop nombreuses et
trop dispersées (selon la région, la religion, l'ethnie, etc.) ont dissous la
plupart des mouvements existants, à quelques notables exceptions près (voir anneXe
4). Les clubs scolaires et universitaires eux-m~mes ont dû cesser leurs activités
ainsi que tous ceux dont les statuts les faisaient apparattre comme des sections
nationales d'organisations ayant leur siège à l'étranger.

413 - La deuxième phase a été la constitution des directives et orientations


découlant du Discours-programme. La troisième a consisté à nommer des responsables
des activités culturelles dans les nouveaux organismes locaux mis en place par le
G.M.R •• L!ordonnance du 13 février 1974 portant réorganisation de l'administration
territoriale a prévu l'emboîtage successif d'organes de décision politique et de
responsabilité administrative: le Comité révolutionnaire local (avec à sa tête
un délégué élu), au niveau du quartier de ville ou du village; le Conseil
communal de la Révolution (avec à sa tête un maire élu) pour les communes urbaines
ou rurales; le Conseil révolutionnaire de district (dont l'exécutif est un chef
de diGtrict nommé en Conseil des ministres), pour l'arrondissement ou district;
enfiD, pour chncune des six pràvinces, un Conseil provincial de la Révolu~ion,
assiQLé d'un Co~ité régional de la planification et du développement, l'ezécutif
étant representé par un préfet coordonnant les chefs de service régionaux.
- 19 -

Pour le Gouvernement Militaire Révolutionnaire, éducation culturelle et


formation politique vont donc de pair. Elle ne se confondent pas pour autant avec
la propagande, puisqu'un secrétaire exécutif à chnque niveau est chargé spécifi-
quement de cette question. Dans le projet d'éducation nouvelle, dans les programmes
universitaires, dans les déclaration d'intentions des responsables locaux, culture
et politique restent d'ailleurs liées.

414 - L'une des tâches de ces responsables est de rassembler autour d'eux
les militants, les animateurs bénévoles, les artistes, tous ceux que les questions
culturelles intéressent, pour revivifier la vie culturelle locale dans un sens
politique nouveau.
Pour cela, par circulaire du 7 juillet 1975, le Ministre de la Jeunesse, de
la Culture Populflire et des Sports, a défini un cadre, appelé "brigade d'animation
culturelle de village et de quartier" laquelle est chargée d'orgRniser, de
dynamiser et d'entretenir la vie culturelle locale. k~ brigade est le "regroupe-
ment de tous les responsables d'artistes, groupes d'artistes et artis~ns en
activité régulière, du village ou du quartier, autour du responsable auxaffeires
culturelles et à la formation politique du Comité révolutionnaire local".
"Désormais, est-il ajouté dans ce texte, ne seront reconnus comme artistes,
groupes d'artistes ou artisans par le Ministère de la Jeunesse, de la Culture
Populaire et des Sports que ceux évoluant dansla brigade de leur localité".
Il est impossible pour l'instant de tirer le bilan de cette période en cours.
On constate que la décentralisation au niveau des acti?ités culturel18s
s'accompagne d'un net centralisme au niveau de l'option politi~le. Certaines
collectivités locales semblent avoir pris des initiatives, bien avant qu'aient
paru les textes officiels. La commune de Djougou, par exemple, sous-préfecture
de llAtacora, a suscité la création d'un "ensemble culturel" dont le président
Gst le responsable du Conité révolutionnaire local chargé des affaires culturelles
et de la formation politique. Cet ensemble comprend trois branches : musique
(orchestre d'une douzaine de bénévoles), folklore (groupe "Aské") et théâtre
(voir annexe 5).

415 - Dans le souci de faire apparaître la richesse et la diversité des


cultures locales du Bénin, le Ministère de la Jeunesse, de la Culture Populaire
et des Sports a entrepris de lancer, en province, une série de "mini-festivals
régionaux" à partir desquels seront sEflectionnés les groupes artistiques devant
représenter la nation au Deuxième Festival négro-africain de Lagos. Cette
procédure doit permettre, selon les termes m~mes du comuuniqué publié par le
Ministère le 2 janvier 1975, de mettre fin à la vieille pratique qui consiste à
sélectionner quelques artistes et artisans depuis Porto-Novo ou Cotonou pour
représenter le Bénin à l'oxtérieur. Dans.chaque province doivent donc être
sélectionnés, un groupe de danse de quinze membres, un griot, un compositetlr-
chanteur et un guit~riste soliste de musique moderne, un acteur et une actrice
de théâtre, un artisan et un plasticien. A titre d'exemple, pour la région
d'Abomey-C'l.lavi, c'est une commission è,'une dizaine de personnes qui a "auditionné"
devant le public les artistes durant deux jours. Cette commission était composée
d'artistes, de responsables politico-ndministr~tifs locaux (chef de district,
responsable de brigade d'ani~'l.tion culturelle) et d'un représentant du Ministère
(le chef du service des arts, lettres et spectacles),
- 20 -

416 - Plus encore, le Ministère de la Jeunesse, de la Culture Populaire et


des Sports entepd, dans le même mouvement, effectuer le recensement systématique
des artistes et artisans du Bénin, Des fiches d'enquête o~t été adressées aux
responsables locaux afin de connaître les noms, professions, domiciles, situation
de famille, langue utilisée, etc. des groupes de chants et de danses, des artisans
et artistes plasticiens et des troupes théâtrales. A chacun il est demandé par
la même occasion ce que l'Etat pourrait faire pour l'aider à mieux exercer son
art, et à chaque respons~ble politique et administratif ses projets pour une'
meilleure animation de sa localité.
Il est difficile de dire quel sera le résultat pratique d'une telle enquête
et si celle-ci pourra s'effectuer dans de bonnes conditions, sachant que chacun
au Bénin est un peu danseur, un peu artiste jusque dans les villages isolés.
Le professiona1isme est une situation exceptionnelle -sauf pour l'artisan) et
l'amateurisme peut se définir à des degrés très divers de pratique et de qualité.
Néanmoins, cette initiative est signif~cative d'un effort pour mieux faire
s'exprimer des activités culturelles jusqu'ici oubliées, méconnues, voire
méprisées.

417 - Elle est également significative d'un mode d'organisation qui devrait
logiquement confier au Ministère de la Jeunesse, de la Culture Populaire et des
Sports un rôle de synthèse, d'incitation et de gestion de services communs
(services spécialisés tels qu'archives, musées, bibliothèques centrales ••• ) et
aux collectivités décentralisées un rôle opérationnel dans la création aulturelle.
L'aménagement de ces compétences respectives est, dans la réalité assez
théorique. Il peut être menacé d'un double danger:
- une emprise croissante de l'Etat, au nom de la rigueur idéologique; ce
qui est toujours à cr~indre quand on sait que la bureaucratie se prévaut volontiers
pour ses propres fins, de la nécessité d'un centrelisme politique qui finit par
devenir administratif ;
- une insuffisance de ressources financières des activités décantrelisées
qui peut réduire à néant l~ volonté affichée de "responsabiliser" l'échelon local.

418 - Sur ce dernier point, la situation ne semble guère brill~nte. Il


n'esiste pas encore de recensement systèmatique des dépenses culturelles locales,
pas même celles engag8es par les provinces ou les districts. Mais de quelques
chiffres gl~nés dans les provinces les plus déshéritées (et qui par cons8qUGnt,
devr~ient bénéficier précisément de certaines priorités), on constate que les
dépenses en matière culturelle sont extrêment faibles. Les budgets réunis de la
province et des districts de l'Atncora représentent à peinG l %du budget du
Ministère de la Jeunesse, de la Culture Populaire et des Sports. Pour chacun des
sept distri.cts composant cette région, les pourcentages des dépenses culturelles
par rapport auX recettes ordinaires générales varient entre 0 ct 1,5 %. Les
chiffres sont à peine plus élevés pour le Borgou (voir annexe 6).
Certes il y aurait lieu de connaître les dépenses communales pour les
aff0ires culturelles qui sont probablement plus élevées, car c'est à l'échelon
communal surtout que des aides sont accordées dans ce domaine (à titre d'exemple,
le district de Djougou n'a rien prévu dRns son budget alors que la commune de
Djougou verse annuellement 200 à 400 000 francs CFA). Il faut savoir également que
ie nombreuses dépenses prennent, à l'échelon local, la forme de prestations en
nature (main-d'oeuvre, prêt de bRtiment, don de matériel fongible, paiements
COŒffiunaux de charges diverses: essence, électricité, entretien ••• ) si bien qu'un
table~u préci.s ou exhaustif des contributions de chacun des centres de décision
administratifs est impossible à établir,
- 21 -

419 - Il n'en reste pas moins que la déséquilibre existant entre "les
crédits fr9.is" de ces différents niveaux met en péril l'échafaudage théorique
des compétences respectives. C'est donc à l'échelon du Gouvernement lui-m~me qu'il
faut envisager soit de déconcentrer certains cr6dits d'EtRt (en l'é~~t actuel du
budget du Ministère lui-même, il ne peut s'agir en fait que de mise à la disposi-
tion de personnels quelifiés, au niveau local), soit d'envisager certaines
ressources supplémentaires en recoOflandant aux organismes locaux de consacrer
un eert~in pourcentage de l~~Bs dépenses au domaine culturel (par exemple 5 %,
chiffre qui peut être aménagé ou atteint par paliers).
S'il n'apnraît pas souhaitable Dour l'instant que le niveau central prenne
lui-même l'initiative de créer des mécanis@es de compensation financière entre
collectivités loc~les, il lui faut tenir compee des disparités régionales pour
ajuster l'affectation des crGdits d'Etat. Pour des actions dlune certaine ampleur,
dépassant les ressources 10c91es, il est indispensable de ne pas laisser l'Et~t
agir seul, mais de prévoir systé~~tiquement des co-financements entre l'~tat
et les collectivités loc~les : le premier apportant des crédits frqis et les
secondes plutôt des prestations en nature.

42 - Faire naître une nouvelle culture : po~ulaire. originale et moder~


420 - L'objectif révolutionnaire est de susciter un nouveau capital
culturel d'essence populaire, qui puisse créer le nouveau à partir de l'ancien.
Ce ne sont pas seulenent de nouvelles for@es d'adtions culturelles qui sont
recherchées ou de nouveaux moyens qui seront utilisés, c'est aussi un autre
contenu culturel qui est en jeu.
La pièce maîtresse de cette révolution culturGlle est, aux yeux des
responsables béninois, la réforme de l'Ecole. Du nouveau projet éducatif, cn
attend l'émergence d'un homme différent à la fois plus conscient sur un plan
politique et plus proche de ses r~cines populnires. D'où la modification des
programmes scolaires qui doivent mêler la formation théorique et la vie pr:tique,
l'apprentissage politique et civique et les ~0rmes traditionnalles d'expression
culturelle. Il est évident oue ce programme ambitieux reposera sur la capacité
des cadres politiques, des instituteurs et des militnnts. à mobiliser effectivement
les masses.
Pour atteindre cet objectif, le Gouvernement Militaire Révolutionnaire
entend recourir à des moyens modernes d'expression et de diffusion culturelles
le livre, le ciné~a, la radio-télévision en sont, mais leur utilisation n'a pas en
encore fait l'objet de réflexions très approfondies et on devine bien le risque
de discordance entre l'utilis~tion de ces mass media contemporains et la pratique
culturelle quotid~enne.

421 - Le livre ct la lectu.!,c.. pub.lique


4210 - Le livre est un moyen de connunication poli Uque et cul tUTelle
qui se développe considérablement. Il reste cependant un outil réservé à une
minorité urbaine, jeune, cultivée et franCisée, Le but du ~inistère de la Jeur.esse
de la Culture Populaire et des Sports est de développer un réseau décentralisé, .
ayant pour base les bilbiothèques provinciales (voir annexe 7 sur l'organisation
des bibliothèques). Son efficacité dépendra bien sûr des progrès nécessairement
lents de l'alp~~bétisation et de la scolarisation. Mais d'ores et déjà, la demande
de lecture est très supérieure à l'offre de livres. Dans la zone urbaine du sud,
les bib~iothèques sont très fTéquentées. Elles sont devenues le co@plément de
l'école au point que 80 %des usagers des bibliothèques sont des enfants ou des
adolescents.
La formation et le recrutement des personnels, la mise en place de la
circulation des livres, la diversification des types d'ouvrages, l'animation des
bibliothèques sont les principaux problèmes auxquels se trouve confronté le
Service centra.l.
- 22 -
4211 - Les responsables des bibliothèques de province (sept au total)
sont actuellement tous les instituteurs détachés par le Ministère de l'Education.
Le Chef du Service Central des Bibliothèques (ancien bibliothécaires du Centre
culturel français diplômé en France de l'Ecole N~tionale Supérieure des Biblio-
thèques), est le seul spécialiste de la lecture publique. Il ne semble pas pour
l'instant que les autorités béninoises aient saisi les offres de bourse qui leur
étaient présentées pour la formation de bibliothécaires. Mais c'est certainement
une préoccupation qui doit être prioritaire.

4212 - Le développement de la circulation des ouvrages en province est


ég~lement une tâche importante. Elle peut être conçue de diverses façons : par
le biais de caisses de livres acheminées par les transports en comnun habituels
auprès de correspondants locaux qui peuvent être aussi bien des fonctionnair~
communaux, des comœerçants que des bénévoles ou des responsables de brigades
d'animation culturelle.

: ; 4213 - Ces ouvrages doivent être plus nombreux et plus diversifiés •


. Jusqu'à pr{sent, l'essentiel des fonds de livres existant au Bénin, a été fourni
par le Centre Culturel Français (C.C.F.) dont c'est la forme d'aide prioritaire.
i Le choix des livres est effectué au vu des catalogues français, par le Service
\

1 Central des Bibliothèques qui passe ensuite commande au C.C.F., corn~ande automa-
tiquement honorée dans la limite des crédits prévus à cet effet par l'Ambassade
de France. Il est donc possible d'accro~tre la div€rsification des ouvrages: la
littérature africaine (ro~~ns, contes), qui est très sollicitée, la connaissance
élément~ire des mécanismes politiques, économiques et sociaux, les livres de vul-
garisation se rérérant à la vie quotidienne (bricolage, hygiène, droits sociaux ••• )
les ouvrages de formation professionnelle et la littérature enfantine (livres
illustrés ••• ). Ceci constitue une bonne mesure entre les deux fonctions que peut
posséder le livre en Afrique : la formation, (apprendre à apprendre) et la
divertissement (apprendre à lire, à imaginer). Cependant, cela suppose ~ue soient
conçus dans certains cas de nouveaux ouvrages mieux adaptés au public. (Le
Ministère de la Jeunesse, de la Culture Populaire et des Sports et le Ministère de
l'Education aidés de l'Institut péd~gogique nation~l pourraient prendre certaines
initiatives d~ns ce sens).

4214 - Enfin, dqns la mesure où les bâtiments (qu'il faut tâcher de


rendre plus attrayants) et les équipements le permettent, on peut imaginer de très
nombreuses formes d'animation des bibliothèques, à l'initiative des brigades
d'animation culturelle: lectures à haute voix, visites collectives de -
bibliothèques, débats-rencontres, illustrations à partir de textes par les éco-
liers, etc. Il serait possible ég~lement de prévoir certaines auditions de disques,
mais il n'existe pas encore de discothèque dans ces bibliothèques provinciales
(seul le Centre Culturel français en dispose).

422 - k,.cinéma
4220 - Le cinéma ne présente pas 1esmêmes difficultés d'accessibilité
quele livre qui suppose, lui, tout un contexte éducatif. Moyen de communication de
~~sse particulièrement apprécié en Afrique, son emploi suppose la résolution de
problèmes- techniques et financiers gui semblent parfois insurmontables. Mais prio-
rité devrait lui être accordée en raison de son efficacité.

4221 - Créé par ordon~~nce du 26 f8vrier 1974, l'Office National du


Cinérn'l. placé sous la tutelle du !1inistère de l'Information et de I~Orient!>,tion
Nationale, a reçu le monopole de l'exploitation des salles et de la distribution
des films.
- 23 -

il n'existe que trois s~lles couvertes (deux à Cotonou, une à Porto-Novo).


L'Office national du CinJma veut en réaliser trois ~utros dans le Nord (Parakou,
Djougou, Natitingou) en en finançant ]a construction à 70 %, le reste ét~nt
apporté pe.r un groupe privé franç~is. L'effice veut également développer des
ciné-bue (il en existe huit dont trois seuœement sont opérationnels; équipés en
16 mm). Mais il s'agit surtout de disposer depoints de projection susceptibles de
recevoir les films "grand pUblic" développés en 35 mm. L'obstacle principal dans
ce domaine est l'insuffisance d'équipes techniques compétentes (qui seraient
basées aUx chefs-lieux de province). Cepondant, le développeITént d'un cinéoa
populaire et itinérant est certaineoent une tâche capitale que devraient pour-
suivre en commun le Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des
Sports et le Ministère de l'Information.

4222 - Encore faut-il qu. la programmation des films soit Améliorée.


Une commission de censure a été instituée dans le but ~'éviter l'ali8nation
culturelle" du public. On constp.te d'indéniables progrès dans la qua li té de la
programmation.
Cependant, l'intérêt des files présentés dépend toujours des offres faites
sur le marché international où le film de ~iolen~e, d'espionnage ou de karaté
continue à tenir le haut du pavé. Si l'Office nation~ du Cinéma a bien racheté
les salles de cinéma à l'ex-COMACICO, il n'en reste p~s moins dépendant d'un
approvisionneoent contrôlé par l'Union générale oinématographique franç~ise. Son
but est donc de diversifier ses sources, tout en satisfaisant à certains goûts
populaires qui conditionnent ses recettes propres. L'Office attend beaucoup,
pour cela, des sources africaines. On pourrait envisager que le Gouv~rnemunt
prenne ou ~ppuie toute initiative diplomatique proposant la création d'un orga-
nisme africain intergouvernemental de distriLution cinématographique.

4223 - L'Office national du Cinéma j0ue également un rôle d'aide à la


création en se portant coproducteur de films béninois. Il nia utilisé cette
faculté que deux fois pour l'instant. En r~ison du manquo de matériel, de
techniciens, de fonds, le cinéma béninois est tout à fait embryonnaire. Deux ou
trois réalisateurs tentent cependant cette aventure (1). L'Office ~ational du
Cinéca pourrait aussi s'orienter vors la production de courts métrriges axés sur
la vie sociale et culturelle du Bénin, mais le circuit de distribution est encore
trop insuffisant po~r que cette entrepTise puisse débuter. Il faudra probablement
attendre le développement do la télévision et la conclusion d'~.ccords internatio-
naux d'échanges de programmes, pour que l'Office national du Cinéma se lance
effectivement d~ns cette politique.

423 - La r'ldi.Q.
4230 - La radio reste le moyen de promotion culturelle le plus utilisé.
Elle est également le principal support de foroation politique. C'est donc au
niveau de la progr~mm~tion radiophonique que na!tra d'~bord le nouveau contenu
politico-culturel qui est recherché. Pour l'instant, cepend~t, cette fusion n'est
pas faite. On assis te à un certr:1.in placage dl une forllir'l tion idéologique très
didactique qui fait peu appel à l'originalité culturelle du Bénin.

(1) Richard de Medeiros est l'un dJeua. Professeur agrégé de littérature exerçant
en France et à l'Université du Bénin, fondateur de l'association du 70 art qui
édi~e un bulletin culturel de haute qualité, il a not~mment réalisé un court
métr"1ge ("Téké") sur la vie du Borgou, que l'Office national du Cinélill1 progrR.mme
fréquenent d,ns ses salles. Il termine actuellement le montage m: premier long
métr'lge béninois co-fiw1.ncé par l'Office national du Cinéma, ("Le nouveau ver.'J. Il ,
(titre provisoire)).
- 24 -
4231 - On sait que les respons~bles (voir paragraphe 3232) de l'Office
de r~diodiffusion Télévision sont soucieux de mettre en valeur certaines expres-
sions culturelles spécifiques: contes, chants, musiques. Mais la radio, moyen
de communication de masse, d'abord conçue pour être écoutée par la population
urbaine, ne semble pa.s hors ces "émissions culturelles" intégrée dans une
politique globale de la communication culturelle.

4232 - S'il s'agit de relier de façon concrète, culture et politique.


et non d'en faire des domaines séparés, il paraît urgent qu'à tr~vers des·
rencontres périodiques entre les journalistes de "Voix de la Révolution", les
représent~nts du Ministère de la Jeunesse, de la Culture Populaire et des Sports
et les agents du Ministère de l'Education, s'élaborent des émissions d'un type
et d'un contenu nouveau qui allient éducation politique et formation culturelle.

424 - Les actions concertées


4240 - D'une manière générale, il s'~git de multiplier des actions
concertées qui fassent apparaître de nouvelles liaisons entre politique et
culture. Il ne s'~git pas seulement de remplacer un contenu par un autre en
conserv~nt la même forme d'expression, mais de trouver des modes originaux tirée
du fonds populaire et qui puisse illustrer une situation politique à partir de
CaS concrets. Un effort en ce sens est tenté au niveau de la création thé~trale.

4241 - Le théâtre, au sens moderne du terme, a déjà son histoire au


Bénin (1). "Mode d'expression importé, plus adapté au milieu urbain, il a seule-
'ment été utilisé par une élite africaine, jeune, fr~ncisée, en rupture fréquente
avec ses origines. La mobilisation politique a permis de dépasser ce sta.de et
d'inventer un théRtre parlé, politiquement engagé, mais qui recourt à des formes
de spectaoles appropriés au public (théâtre de masse, faisant une large place à
l'improvisation ccllecti'Ve, utilisA.nt les hngues M.tionales) (2).•

4242 - On peut tout aussi bien imaginer des formes d'expression collec-
tive qui entrcnêlent le conte, la danse, le théâtre, la musique, l'acrobatie, qui
:se déroulent dans. des espaces de plein-air plus propices aux rassenblements de
foule et à la participation du public et disposant de matériels techniques
mobiles (podium, projecteurs, praticables) d'emploi plus souple qu'une salle de
spectqcles traditionnelle.

4243 - M~is plus encore que des évènements ponctuels tels que f~tes,
festivals, "rassemblements culturels", le ~1inistère de la Jeunesse, de 1:3. Culture
popul~ire et des Sports pourr'it ~tre l'initiateur da programmes d'actions éche-
lonnées tout au long deI' année et centrés sur le couple poli tique-·cul ture.
De tels projets sont évidemnent difficiles à entreprendre. Ils peuvent
l'être pour peu qu'une autorité politique en assure elle-même la coordination
(et non l~ ré~lisation).

4244 - Ce peut la. tâche des c"dres locaux prtcisément chargés à la fois
de 19. forma tian poli tique et des affA.irûs culturelles, à condition d' évi ter le
double danger de négliger les compétences artistiques (empêcher une cert~ine
création de l'exprimer) et de plaquer un discours idéologique.

(1) IlL~s cerve'1UX noirs" créés dès 1966, ont constitué une troupe célèb:re
qui jGuait des auteurs nationaux.
(2) Telle la troupe "Zama-Hera" (la Voix du Peuple) créée au début de 1975, et qui
a dOlEJé son rT6mier répertoire, devant le chef de l'Etat~ au Hall des Congrès de
Cotonou.
- 25 -
4245 - Le Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des
Sports devrait susciter des initiatives locales d~ns ce sens, diffuser ensuite
les expériences, et en tirer pÉriodiquement enseignement, not~8ment pour l~ forma-
tion de ses correspondants loc~ux (préfets, cadres politiques, animateurs ••• ).
Les programmes d'animations concertées devraient non seulement ét~blir des
correspondances entre diverses formes d'expression (par exemple: un même thème
politique peut être, p~r~llèlement, illustré p~r de nouveaux contes ou rébus,
dessiné sur tissu, mis en scène, mis en chanson, etc.) mais également entre
divers partenaires (travail de préparation dans l'école, ou le groupement villa-
geois, recours à des formateurs, des techniciens, des artisans, participation
populaire par le biais d'un défilé-spectacle, etc.).

v - LES MOYENS NECESSAIRES A LA REALISATION DE LA NOUVELLE POLITIQUE CULTURELLE


50 - Il est cert~in que l'Et2t ne dispose pas des moyens nécessaires pour
mettre en geuvre massivement et dans de courts dél~is une politique aussi
ambitieuse•. f1ais il bénéficie d'atouts essentiels qui peuvent en assurer la
réussite, pour peu qu'il ajuste ses projets à la nature de ses richesses, plus
hur~aines que financières: le premier est la capacité politique de mobiliser les
masses; le second, la volonté de ne pas séparer la culture de la vie: le troi-
sième sera de disposer d'une politique culturelle clairement définie dont les
projets curont été identifiés, choisis, programmés dans le temps.
~atre tYPGS de moyens doivent alors ~tre rassemblés : administratifs,
humains, matériels et financiers.

51 - Les structures administratives


5iO - La création du Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire
et des Sports a été une première décision, essentielle pour désigner clairement
une responsabilité politico-administrative.
Ce ministère a été organisé selon des principes communs à tous les dép~rte­
ments : au Directeur général du ministère sont adjoints, outre les responSAbles
des Directions opér~tionnelles, un Directeur des études et de la pl~nification et
un Directeur des affaires financières et ad~inistratives (voir organigramme en
~nnexe 8).

511 - Il paraît essentiel d'organiser une concertation interministé-


rielle à travers des formes administratives soit permanentes soit provisoires,
aussi bien ~y niveau nation~l que local.

5110 - Le Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des


Sports pourr~it organiser, à son initiative, des réunions de concertation
interministérielle sur des sujets prioritaireso
C'est en Conseil des ministres et sur proposition du Ministre de la Jeunesse,
de l~ Cult~re populaire et des Sports, que ces responsabilités horizontales
pourraient lui être confiées, sur un certain nombre de sujets limitativement
énumérés; rapport devant en être fait, périodiquement.
Les exemples ne ~anquent pas, on peut citer:
5111 - La politique de la recherche dans le domaine cultural, qui
n'intéresse pas seulement le Centre de recherche appliquée mais également certains
services de formation et de recherche du Ministère de l'Educaticn (tels que
l'Institut Pédagogique national ou Institut national de for~ation et de r0cherche
de l'Enseignement), le Département des études littéraires et des sciences humaines
de l'Université, enfin le Conseil national de la recherche scientifique, réôJLWent
créé pour être un org~ne d'impulsion et de c0ordination de la recherche en
général.
- 26 -
5112 - Le tourisme culturel devr~it faire l'objet d'un groupe de
travail spécifique entre l'ONATHO et le }lin1stère de la Jeunesse, de la Culture
populaire et des Sports aux fins de coordination (cf. paragraphe 531 sur les
équipements culturels).

5113 - Le recensement des activités culturelles, des artistes et des


artisans, nécessite é~lement un travail en commun. On constate en effet que le
Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports entreprend une
vaste anquête à ce propos, qui intéresserait ItONAT'ID lequel prospecte de son
côté; tandis que le Ministère de l'Education dépouille actuellement un recen-
sement complet, district par district, des activités sociales et culturelles
du pays, pour la mise en place de la réforme de l'enseignement. Enfin, le
Ministère du Développement rural dispose également de données statistiques.

5114 - Le développement de l'~lphabétis~tion et de la presse rurale


nécessite aussi le regroupement de ces administrations : le Ministère de la
Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports, ~linistèr8 de l'Education,
Ministère du développement rural.

5115 - Dans d'autres cas, il peut ~tre préférable de confier les


responsabilités de chef de file à un Ministère autre que :e Ministère de la
Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports : le développement du cinéma
p6pnla!re et itinérunt, par exemple, dépend au premier chef de l'Office national
du Cinéoa, placé sous tutelle du Ministère de l'Information; le Ministère de la
Jeunesse, de la ulture populaire et des Sports devrait être associé à cette
politique. De m~me, la coordination des efforts pour la mise en valeur des tradi-
tions orales peut être confiée au Ministère de l'Education qui est l'administration
la mieux équipée pour cela, mais qui devrait aeeoei~r à ses travaux l'ORTD et le
Ministère de la Jeunesse, de la Culture Populaire et des Sports.

512 - le souci de coordination doit également s'étendre au niveau local.


La première tâche, en ce cas, est de renforcer le "réseau régional" du Ministère
qui comprendrait :
- les cadres politiques chargés des questions culturelles;
- les fonctionnaires régionaux du Ministère (parfois chargés des compétences
d'une seule direction: cas des instructeurs provinciaux de jeunesse, des
animateurs de culture populaire, des professeurs d'éducation physique et sportive,
des conservateurs, des bibliothécaires, etc.) (voir en annexe 9 les projets de
déconcentration des actions des Directions) ;
- les "correspondants", militants ou bénévoles (brigades d'animation,
mouvement de jeunesse, clubs ruraux ••• ) et les artistes ou artisans recensés.

513 - Il est souhaitable que les forces armées soient associées à la réali-
sation d'objectifs culturels d'intérêt national. Le contact entre l'armée et la
nation devant être également organisé à la base, il est concevable que des unités
militaires participent à des opérations ponctuelles, telles que transport de
groupes artistiques, aménagement de terrains ou d'équipements, sauvegarde du
patrimoine immobilier, prêt de matériel, aide à la formation sportive etc. On
pourrait également envisager que des manifestations culturelles se déroulent dans
les casernes, et que, réciproquement, des groupes artistiques composés de soldats
(orchestres, troupes théâtrales, artistes décorateurs) se produisent dans les
villes ou villages.
- 27 -
Ce type de collaboration a déjà été ébauché dans le domaine de l'éducation
(étudiants en mission d'enseignement, puis en formation militaire)o

52 - La formation des homm~

520 - Aux yeux de tous, cette question est capitale, mais sa mise en
oeuvre fait l'objet de juge~nts différents car la notion d'animateur est
difficile à saisir et prête souvent à confusion.
Il faut distinguer en fait les différentes tâches qui seraient dévolues à
ceux qui auraient à intervenir d'une manière ou d'une autre dans le domaine
culturel.
Amateurs ou professionnels ? Cadres ou éxécutants ? Bénévoles ou fonction-
naires ? les avantages et les inconvénients semblent partagés.

521 - Il f~udrait d'abord réserver aux cadres politiques une formation


spécifique en brèves périodes répétées sur des thèmes d'études à ln fois poli-
tiques et culturels. Le !<1i.nistère de la Jeunesse, de la Culture PÇ)pulaire et des
Sports pourrait organiser des stages d'information et d'orientation en collabo-
ration avec l'Université du Bénin et surtout l'Ecole idéologique d'Abomey,dont la
mission est précisément la formation des cadres politiques supérieurs du pays.
C'est également au Ministère de proposer des actions d'information pour les
officiers et les étudiants. Enfin, à l'intention des autorités supérieures elles-
I:lêmes, le r.1inistre pourrait organiser une tournée "culturelle" du pays, avant le
festival œ Lagos qui est une remarquable accasion de sensibiliser les organes
d'information et le public - national comme international - aux affaires cultu-
relles.

522 - Les administrateurs du ministère devra.ient A.voir accès à des


modes de formation de haut niveau. Deux directeurs du Ministère de la Jeunesse,
de la Culture populaire et des Sports bénéficieront pour cela de bourses
d'étude accordées par l'Unesco. Cette formation devrait être axée sur la mise en
forme de projets administratifs, l'évaluation financière, les techniques de
programmation et de planification, la rationalisatjon des choix budgétaires •••

523 - Les tÂches spécialisées (conservateur, bibliothécaire, archiviste


agent financier •• 0) doivent bien entendu être confiées à des profes~.ionnels,
fonctionnaires, pour lesquels une formation spécifique doit être prévue,
éventuellement à l'étranger. Le Bénin devrait bénéficier~ au titre de l'aide bi- 0
ou multi-latérale, de bourses de formation pour un archiviste, un conservateur,
deux bibliothécaires. Mais à cette formation, devrait correspondre un recrutement
effectif du personnel formé, ce qui reste difficile à envisager compte tenu des
contraintes budgétaires.

524 - Il est malaisé de définir la formation et le statut des person-


nels culturels qui n'exercent pas une tâche technique specialisée.: animateurs
de jeunesse, de culture populaire etc. Ce~x qui disposent d'une formation ou
d'une expérience dans une tecfulique dlexp~ession (audiovisuel, théâtre ••• )
ainsi que ceux qui ont la responsabilité d'un équipement permanent (exemple:
centre culturel) peuvent prétendre, étant donné la pénurie de cadres, à exercer
des tâches de "fonctionnaires-animateurs" à l'Administration Centrale ou au
niveau local. A ce titre le Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et
des Sports pourrait envisager la formation de deux responsables régionaux ou
directeurs de centres culturels 1 d~ns le centre de formation que l'Institut
culturel africain et mauricien créérait à Lomé (1).

(1) La création de ce centre régional de formation des anim~teurs et des adminis-


trateurs culturels, est prévue puur octobre 1976. Il recevrait 15 à 20 stagiai~0s
pour chaque section. Il s'agira donc dfune formation d'assez haut niveau.
- 28 -
On comprend aisément le souci des animateurs de terr~in de bénéficier, à
travers un statut, d'une sécurité et d'une reconnaissance professionnelle. Les
responsables de la Direction des activités de la jeunesse proposent la création
d'un centre populaire de formation des animateurs de jeunesse, destiné à des
-:promotions de 20 ou 30 animateurs qui deviendraient ainsi, au même titre que les
instructeurs provinciaux de jeunesse, des foncticnnaires.

525 - Mais il semble qu'il faille évifer de fonctionnariser des anima-


teurs de terrain, et ce pour deux raisons : d'une part le budget du ministère n'y
suffirait pas, d'autre part, il est souhaitable de recourir à des formes de
militantisme ou de bénévolat plus souples, plus évolutives, plus proches de la
population.
Il est préférable de prévoir une formation culturelle, m~me courte, auprès
du plus grand nombre de relais possible (instituteurs, responsables de coopératives
agricoles, membres de clubs ruraux, bénévoles de mouvements de jeunesse) que
d'organiser une formation longue pour un petit nombre. Ce principe répond à la fois
à l'objectif de mobilisation des masses, et au souci de ne pas couper une élite
de la popul~tion. Il garantit également un pouvoir multiplicateur beaucoup plus
élevé pour une dépense publique identique.

526 - L'~nimation culturelle peut et doit ~tre conçue aussi comme une
autre manière d'exercer des professions désormais institutionnalisées: c'est
pcur~uoi le Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports
devrait participer à la formation des maîtres.

527 - Dans la même perspective il faut prêter attention à tout projet


familiarisant les artistes et artisans aux modes d'action culturelle. L'idée
(proposée par le Chef du service des arts, lettres et spectacles) d'un institut
d'art et d'animation offrant des formations courtes et des stages pratiques à
des artistes, à des bénévcles, dans une perspective polytechnicienne mérite d'être
approfondie.

528 - Cependant, en raison des divergences d'id4es existant parmi les


responsables à propos de la formation des personnels d'action culturelle, comme
de la difficulté de décrire les voies, techniques et progr~mmes de formation qui
doivent être nécessairement différenciées, la question devrait faire l'objet
d'une étude particulière approfondie.

53 - Des équipements culturels appropriés


530 - Mis à part les équipements relativement spécialisés (musée, bi-
bliothéque ••• ) le Bénin ne dispose pas d'équipements conçus pour l'animation et la
diffusion culturelles. Il existe quelques dizaines de Maisons des jeunes et de 13
culture construites pend~nt l'époque coloniale. Ces bâtiments assez modestes, mais
encore solides sont plus ou moins ~bandonnés. Leur entretien, dans la plupart des
cas, n'est plus assuré. Il est vrai qu'ils ne eonviennent guère aux formes cultu-
relles africaines, et qu'ils ne disposent d'aucun équipement intérieur (voir
annexe 10).
Il est cependant possible de les aménager pour certains usages : théâtrè,
cinéma, réunions~conférences••• Dans cert~ins cas ce serait une solution
économique et viable pour peu que l'animation, la gestion et l'entretien du
Bâtiment soient prévus. Mais il ne semble pas dans les intentions des responsables
nationaux de rc~onner vie à des centres dont l'image est marquée par l'histoire
coloniale.
- 29 -
531 - Les responsables du Ministère de la Jeunesse, de la Culture
populaire et des Sports veulent s'orienter vers la construction de centres
culturels polyvalents régionaux.
Le prograwne d'un complexe de cet ordre est très riche : il comprend une
salle de spectacles couverte de l 000 places, une salle de lecture, un laboratoire
photographique, un local d'imprimerie, des salles d'art plastiques et d'artisanat,
un centre d'initi~tion aux travaux ménagers, un centre de travaux manuels éduca-
tifs, des espaces réservés aux jeux traditionnels, le tout devant être accompagné
d'un import~nt foyer-logement pour artistes (80 lits) et situé de préférence à
proximité diinst~llations sportives.
Ce vaste prograw~e (3 750 m2) a fait l'objet dlun avant-projet par un
architecte-urbaniste béninois. Les plans ont été présentés au Ministre le 2
septembre 1975, ainsi que le devis prévisionnel qui se monte à 212 millions de
francs, dépenses d'équipements internes et de matériel exclues.
Cependant, cet intéressant exercice d'école ne tient pas compte des
contraintes budgétaires du Ministère. Aucun,budget prévisionnel de fonctionnement
n'a été élaboré. Or il est certain qu'un centre de cette importance nécessitera
la mise enplace d'une équipe étoffée (~niBation, gestion, entretien, technique) :
10 à 12 personnes environ.
A vrai dire, un centre polyvalent de ce type ne se justifierait qu'à
Cotonou.
Encore, ce projet entre-t-il en concurrence avec celui d'un vaste "complexe
touristique et artisanal" proposé par l'ÜNATHO, qui comprendrait trois salles
d'exposition, une salle audiovisuelle, un atelier de recherche sur les produits
d'artisanat, un atelier de fabrication d'expositions, vingt st~nds de vente, des
ateliers d'~rtisans, des dépôts et bureaux, une salle d'accueil et d'information,
un bar et un restaurant. Une seconde tranche est même pr~vue qui envisage
notamment un foyer-logement d'artisans et un théâtre en plein air de l 250 places
(l'avant-projet n été dessiné par un groupe d'élèves de l'Ecole Nationale Supé-
rieure des Beaux-Arts de Paris~ pour un coût de l'ordre de 90 à ]00 millions).
Il est donc urgent de coordonner les plans d'équipements de l'üNATHO et du
Ministère de l~ Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports qui présentent
périodiquement des projets séparés au financeBent international. Un arbitrage
en conseil des ministres devrait même être pris sur la base d'une étude prévi-
sionnelle, pour la réalis8tion de lp.quelle le concours d'un expert peut être
demandé.
De tels projets, de façon génér~le, doivent faire l'objet d'une sérieuse
étude prévisionnelle de fonctionnement. C'est d'ailleurs à p~,rtir du budget
induit des dépenses de fonctionnement que doit être établi un progr~mme réaliste
et coordonné, faisgnt apparaître des tranches fonctionnelles au reg~lrd du
financement international pluri-~nnuel attendu (voir en PDnexe Il, la liste des
projets proposés pour le fin~n8ement par. le fonds europ~Gn de développement).

532 - 11is à part l'intérôt de disposer, dans la capitale, d'un centre


cul turel à vocation nationale, il est préfér9.ble de recourir à. dos matériels
mobiles susceptibles d'être utilisés en des lieux variés (de la salle couverte, au
plein-air) plutôt que d'entreprendre la construction de centres fixes, aussi
bien conçus soient-ils.
Il peut s'agir de matériels d'exposition (panneaux, matériels de reproduc-
tion etc.) dont certains pourr8it être construits sur place, ù'appareillages
scéniques (pr~tic~bles, podiums démontables, éch~faudages, projecteurs ••• ) de
m~tériels audio-visuels (instruments de musique, amplificateurs, équipements de
projection ••• ), bref tout équipement d'un emploi simple, démontA.ble, pouvant
~tre tr~nsporté p~r des véhicules utilitaires courants. Il y faut qjouter tout un
matériel de dessin, de découpe, couleurs, cartons, etc •• ) dont l'~bsence est
souvent sur place le seul obstacle à la mobilisation des énergies.
- 30 -
Les équipements de cette nature peuvent ~tre décentralisés pour leur gestion.
Ils sont d'un emploi aisé et immédiat. Ils n'impliquent pas d'importantes dépenses
de personnel (entretien technique excepté). Ils répondent tout à fait au souci,
d'aider les initiatives loc~les, et de recherche des formes culturelles originales
m~lant plusieurs techniques d'expression, et rassemblant différents partenaires.

54 - Les problèmes financiers


540 - Le budget du Ministère de la Jeunesse, de la Culture:popul&1re et
des Sports (ressources intérieures uniquement) est fort mince : il est en 1975 de
101 400 000 francs CFA). La récapitulation des souh~its des Directions, exprimés
dans le premier avant-projet de budget 1976 (avant tout arbitrage), est une bonne
indication des efforts à entreprendre : il faudrait environ le double
(191 millions) pour assurer la réalisation des pr~jets en cours (voir annexe 12).

541 - 88 %du budget actuel est affecté aux seules dépenses de


personnel. Les autres dépenses générales de fonctionnement absorbent les crédits
restants, si bien que la machine administrative se trouve bloquée dans sa marche
nême (insuffisqnce des crédits de mission, manque de papier, absence de matériel
élémentaire etc ••• ). De ce fait, il n'y a plus d'action nouvelle: seulement
le renouvellement du st?tu quo. Toute initiative trouve son pendant dans la
suppression de certaines catégories de dépenses dont les conséquences ne se font
pas sentir de façon imméQiate (entretien des bqtiments renouvellement de certains
matéx±els, etc ••• ) mais qui amoindrissept'le patrimoine public.

542 - Il serait donc indispensable quele Ministère de la Jeunesse, de


la Culture populaire et des Sports conserve une masse de crédits (équivalente à
5 ou la %de son budget global) destinés aux interventions. Ces crédi.ts fr"üs
devraient être réservés exclusivement à la réalisation d'opérations concertées
telles que celles qui ont été décrites précedemment, sur la base d'un plan annuel
d'activités co-financées avec des collectivités locales. Ce "fonds d'intervention
culturelle", inscrit sur une ligne budgétaire propre, serait le moyen d'expéri-
menter les nouvelles formes d'action culturelle recherch6es.

543 - L'aide bi ou mùlti-l~térale devrait être sollicitée dans deux


directions priorit~ires :
- la formation des personnels qui souvent ne peut être assurée qu'à
l'étranger;
- les crédits de m~tériels (techniques, scéniques, d'impression, de
reproduction, etc ••• ).

Ce qui signifie que les demandes portant sur des éguipements lourds so~ent
exclues (à moins qu'il ne s'8.gisse de dépenses de restauration ou d'aménagement
d'étaThlissements existants: musée, maison de jeunes, ~ménagement de bâtiment en
bibliothèque) si elles doivent ent~îner des dépenses permanentes de fonctionne-
ment supportées pnr le budget de l'Etat.

544 - Seuls un ou deux projets nationaux soigneusement étudiés, peuvent


être envis~gés (centre culturel et artisanal de 6otonou), si dans le même temps,
un effort d'auto-financement est pré~~. Il peut s'agir de ressources tirées d'une
activité artis~nale (production et exportation d'articles réalisés sous contrôle
d'Etat, COillQe :'0N1THO l'a déjà entrepris) ou d'une activité touristique. C81a
su~pose que le 11inistère de la Jeunesse, de la Cul ture popul~ire et des Sports
entame une négociation ~vec l'ONATHO afin de bénéficier également des ressources
fi1l'~n~ières provûnant du to'risme, puisque c'est le tourisme qui supporte la
charge de l'entr~tien du patrimoine culturel.

- O~ -
- 31 -
VI - RESUME DES PRINCIPALES RECO~WU~NDATIONS

Sur_la revalorisation..~es cu1~es locale~

]1ili~~tion des langges natio~~~


Se référer aux conclusions du séminaire de li~guistique des Etats de la
sous-région qui s'est tenu en ~oût 1975 à Cotonou. Elles proposent des mesures
législatives et réglementaires pour rendre officiel l'usage d'un "alp~qbet unique à
st:lck .ouvert" •

- Envisager la création d'un comité internillistériel pour la }t'cf:!otion des


langues nationales (voir le chapitre 51 "Structures administratives")
- En ce qui concerne l'action à l'intérieur de ItEcolB, se référer au
"Programme National d'Edification de l'Ecole Nouvelle".
- En ce qui concorne l'alphabétisation en milieu rural, généraliser les
comités d'alphabétisation et de presse rurale; faire bén8ficier la presse
rurale du concours de l'Institut Pédagogique National, à la fois pour la
réd~ction des journaux eux-mê0es, leur réalisation (utilis~tion des moyens
d'im~ression de l'IFN, et leur diffusion (par le biais des comités et des
institutions).
- Renouveler le fil~ncement international destiné à la presse rurale.
En ce qui concerne l'effice de Radiodiffusion Télévision, mener à bien le
projet de "Radio éducative et rurale" envisagé avec l'aide de la République
FédÉra le dt Allemagne.

Valorisa ti on du p.') trimo,ine culturel


D0fi~ir une Ec!it~g~c~~e~~~cherche sur les formes culturelles locales.
L'initiotive ~evrQit on ~tre prise par le Ministère de la Jeunesse, de la Ct~lture
populaire et des Sports (Direction des Etudes et de la Planification)i afin de
dénombrer les moyens de recherche existants (chercheurs de l'Université, du Centre
de Recherche Appliqué8, de l'Institut Pédneogique National, correspondants béni-
nois ou étrangers), de recenser les études existantes, de définir les axes Je
recherches prioritaires (not~~nent en fonction de leur utilisation ultérieure), de
rassembler les moyens techniques nécessaires (matériels d'enregistrement. photo-
son-ciné~a, véhicule, aide technique de 1iOffice National du cinéL~, ,
clocumentA.tion), enfin de prospecter des accords de coopération internation;ç.l:G spéci-
fiques (p~r exemple avec des universités ou des centres de recherche étrangers).
La mise en application d'une politique coordonnée de la recherche suppose la
constit~tion d'une cellule de recherche a~ sein du ~linistère de la Jeunesse. de
l~"Culture pcpulaire et des Sports.
Doter le service C0ntral des Archive~ des quelques moyens.tndtopenasbles
nécessairGs pour lui permettre de poursl'ivre sen activité :
• Faire pqrticiper les Archives à la politique coor~onnée de recherche
culturelle.
Fournir RUX Archives le matériel nécessaire au traitement et à lA. conser-
vation (classeurs). Lui offrir l'accès aux moyens -de reproduct.~on photo-
graphique, centralisés par l'Institut Pédagogique National.
• Anénager la lég::'slation des Archives et instituer un dé pM légal concernant
le Journal Officiel, le "Ehuzu" et les publicl'l.tions de l'ONEPI.
• Constituer ~~e section concernant l'histoire récente du Bénin, depuis
l'indépendance.
- 32 -
Améliorer la proteotion du patrimoine immobilier : sites, palais, musées,
objets classés.
• En ce qui concerne les Palais royaux d'Abomey hùit recommandations sont
développées dans l'annexe 4 : recensement du plan architectural, contrôle
muséologiQue des restaurations privées, protection d'urgence, participa-
tion de l~oroée aux travaux d'entretien, collecte de l'histoire orale des
dynasties, plan pluriannuel de restaurations prioritaires, édition et
vente de guides et rECueils photographiques.
• Pour l'ensemble des musées, octroi des matériels indispensables de pro-
tection.
• Crganisat1.on par le Ministère je la Jeunesse, de la Culture populeire et
des Sports de tournées de prospection. Mise en place de petits fonds
d'achat à la disposition des conservateurs. Décider la poursuite, le
transfert ou l'arrêt du projet de Musée de plein-air de Parakou.
• Classement ou restauration à envisager d'un certain nombre de sites ou
monuments historiques (exemple: Palais d'Atacora).

Organiser de nouveaux modes de mise en valeur du patrimoine culturel,


afin de présenter la diversité et la richesse des fonds locaux, et d'en popula-
riser la connaissance.
• Constituer des expositions itinérantes destinées à faire connaître les
expressions culturelles locales d'une région à l'autre. Ces expositions,
très légères et très mobiles, devraient relier le passé au présent,
présenter l'évolution culturelle d'une région dans son contexte écono-
mique et social.
• Assurer la gratuité des musées aux ressortissants béninois.

Développer la collecte et la fuise en valeur d6s traditions orales, par des


moyens spécifiques, déjà expérimentés et utilisés par les A~torités béninoises.
• Intégrer la collecte du patrimoine oral, aux nouvelles méthodes d'ensei-
gnement, tournées vers l'ouverture de l'école sur la vie.
• Créer un stock commun à l'Institut péd~gogique national et à l'Office
de Radiodiffusion T~lévision pour la conservation des archives sonores.
• Mener à bien le projet de radio éducative et rurale.
• Développer la publication, à tr~vers la presse, du patrimoine oral.

En cp. qui concerne le folklore. la d~nse et la musigue :


Multiplier les occasions ~e manifestations locales de groupes de
folklore, en incitqnt les collectivités locales à fournir des lieux et des
moyens de travail à ces formations (achats d1inetruments).
f1ener à terme les festivals régionaux org~nisés pour la prépar~tion du
Feetival mondial de Lagos •
• Inciter l'Office National du Cinema à produire une série de docu~entaires
filmés à propos de ces manifestations (prévus égQleœent en foncticn de
leur ~ventuelle diffusion t~13vi~éo, ainsi que de leur exportation).
- 33 -

Veiller à éviter une dépréci~tion de ~tjsanat par la demande touristique,


en favorisant la création artistique.
• Créer un groupe de trQv3il commun entre liONATHO et le Ministère de la
Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports pour inciter l'artisanat
de qua l i té.
• Favoriser lq constitution de groupements d'artisans afin de lear pGrmettre
de disposer d'un fonds de rculehent et de cercaines garanties de commande.
• Assurer la promotion de créations originales à partir des techniques
anciennes (exemple: gravures sur écorce, teintures, etc ••• ;
• Développer des forr.~es de "tourisme d'Dventure" qui respecte l'authenticité
culturelle du Bénin.

Entreprendre un recensoment systématique des rlépenses culturelles locales,


ce qui n'existe pas encore.
Inci ter les provinces, dis tricts, ou comrLlunes à prévoir Ui1 tuùget culturel,
dont un certain pourcentage par rapport au budget générql pcurrait être
donné en référence.
- Analyser l'origine des Gcqrts impor~ants existant entrG le8 budgets
culturGls locaux.
S'i1. n'apparaît pe,s souhaitable pour l'instant qae le niveau central
prenne lui-meme l'initiative de créer des méc~nismes de compensation
financiGre entre collectivités locales, il lui faut tenir compte des
disparités régi0n81~s pour ~juster la déconcentration des crédits d!Btat.
Pour des actions C::une certaine ~mple:1T. dépassant les rœssources locales
il paraît indispensable de ne pas laisser agir seul llEtat, mais de prévoir
systématiquement des co-financements entre llEtat et les collectivit~s
locales: le premier apportant des crédit~ frRis, et les secondes
davantage de prestations en nature.

Livre ~t lecture pa~ligue

Développer la circulation des ouvrages en ~rovince création d'antennes


lecture, aupl'ès de correspondllnts locaux q~.i. peuvent Itre des béné701es
(des brigades d'anim~tion aux cOB~erçants).
- Obtenir, sur fonds irrterm,tionaux, d'3s stocks de livres choisis par le
service ceatral des bibliothèques à p~tr1;ir lies J.ehlandes 10c'11e8.
- DivGrsifier encore les ouvrages f;wec quatre p:'.'ior:i.tés : la li ttératur,:;
afl<icaine (rolIlétns, c0ntes ••• L III connaissance é16rnen t:'-Î.:. e des m8c'1.nismea
politiques, économiques et s0ciaux, les OUVI"lges de vulgarisation ce
réfèrent à la vie quotidienne, et les ouvrages de formation prcfessiGnnelle
ce qui peut amener 1" concevoir de n')uveaux ouvrages adaptss au pubL.c
béninois f pé.lr exeraple : recueils dl il1lA.ges sous-ti I~rées).
- l:.nir.1Clr les bibliothèques, avec l'aide de bénévoles : lechres è h"l,ute
voix, débats-r0ncontres, visites col18ctiv6s de bibliothèques, etc.
- ili~éliorer l'équipement qu'il s'agit de rendre plus attrpyant pour le
public.
- 34 -

Cinéma
- Créer un groupe de travail commun à l'Office national du Cinéma (qui est
sous tutelle du Ministère de l'Information) et au Ministère de la Jeunesse
de la Culture populaire et des Sports pour le développeocnt du cinéma
populaire et itinérant.
- Améliorer la programmation en diversifiant les sources de distribution.
Il est concevable que le gouvernement du Bénin prenne l'initiative de
proposer la cr~ation d'un organisme africain intergouverneuental de dis-
tribution cinématographique.
Récourir à l'aide internationale peur multiplier les points de diffusion
et les équipes mobiles.
- Axer l'aide à la création sur la production de courts métrages.
- Denander une nission particulière d'étude à propos du cinéma, pour la
résolution de certains problèmes techniques (choix de matériels).

Radio
- Organiser des rencontres périodiques entre les journalistes de "Voix de
la Révolution", les responsables du Ministère de la Jeunesse, de la
Culture populaire et des Sports, et les formateurs du Ministère de
l'Education pour élaborer des émissions d'un type et d'un contenu nouveaux
qui allient éducation politique et formation culturelle.

Actions concertées

- Multiplier les actions concertées qui fassent appara!tre de nouvelles


liaisons entre politique et culture (voir section 424). Encourager les
initiatives locales dans ce sens, diffuser ensuite les expériences et en
tirer périodiquement enseignement, notamment pour la formation des corres-
pondants locaux du Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et
des Sports (préfets, cadres politiques, animateurs).

,êy,r les moyens néqessa:!:,res à la réalisation de ~a nouvelle politique cultu-


glk:
Structures 3dninistrative~

- Au.niveau natio~, organiser des réunions de concertation interministé-


rielle
Exemples : • groupes de travail culture et tourisme (ON~THO-Ministère de
la Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports •
• groupe sur le recensement des activités oulturelles (ONATHO-
rTinistère de l!Education-~Œnistère du Développement rural-
Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des
Sports) •
• groupe peur le développement de l'alphabétisation et de la
presse rurale (Ministère de l'Education-Ministère du Dévelep-
pement rural-Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire
et des Sports).
- Etendrp la coordin'ltion aU n:t:::.:2.::"2 2.1î2?:.1 : renforcer le "réseau régicnal"
du Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports (cadres
polItiques chargés des questions culturelles; fonctionnaires régionaux
du Ninistr8re ; "correspondants militants ou bénévoles; artistes et
artisans recensés).
- 35 -
Fornation des hommes
- Assurer aux cadres politioues une formation spécifique en brèves périodes
r{pétées sur des thèmes d' étl~des à la fois poli tiques et culturels. Les
questions culturelles peuvent faire l'objet de sessions ùe travail aussi
bien dans le cadres de l'Ecole idéologique, que de la formation Jes
officiers et des étudiants. Le Ministre pourrait également organiser une
tournée "culturelle" dans le pays, à l'intention des cadres politiques
dirigeants.
- Donner aocès à des modes de formation de haut niveau aux administrateurs
du Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports.
- Envisager, au titre de l'aide bi·· ou mul tila térale, la fOrLla ti on d'un
archiviste, d'un conservateur et de deux bibliothécaires, à laquelle
devrait correspondre un recrutement effectif.
- Envisager la formation de deux responsables régionaux ou directeur de
centres culturels, d"ms le Centre de formation de 11 ICAN qui doit être
é t.?>b 11 à Lomé.
En matière d'animation culturelle, prsvoir une forflation, même courte,
auprès du plus grand nombre de relais possible (instituteurs, responsables
de coopératives agricoles, membres de clubs ruraux et~.). Etudier le projet
de llInstitut d'art et d'animation destiné aux artistes et artis~ns.
- Faire participer le Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire et
des Sports, à l'élaboration des progra~es scolaires, et surtout de la
formation des ca1tres •

.Equipements culturels
- Coordonner les projets d' équip8mcnt de l 'ON~.THO et le Ninistère de la
Jeunesse, de la Culture populaire et des Sports présentent au financement
international. Etablir pour cha~ue projet des Prévisions budgétBires de
fonctionnemont.
- Recourir le plus souvent possible à des mat€riels mobiles.

Problèmes financiers
- Envisager l'étaThlissement d'un "fonds dlinte~vention culturelle" réservé
à la réalisation d'actions concertées.
- Orienter en priorité l'Qide bi ou multilatérale vers la formation des
personnels et les crédits de matériels; en exclure les équipesents
lourds impliquant pour l'Etat d'impo~t~ntes dépenses de fonctionnement.
- Prévoir l'9,utofinancement à terme des projets nationaux envisagés. Etudier
1"1 possibilité d'une répartition entre 1lONATHü et 18 Finistère de la
Jeunesse, de la Culture popul~ire et des Sports, des ressources financières
touristiques.

"
- 36 -
CONCLUSION

"La racine de l'arbre de la patience est amère, mais son fruit est doux"
dit un proverbe béninois. Ce pays jeune et pauvre, est confronté à des difficultés
exceptionnelles. Mais sa principale richesse est d'ordre culturel: ce sont les
Béninois eux-~êmes. Aussi l'~laboration d'une politique culturelle prend-elle
une importRnce toute particulière.
Il appartient aux autorités du Bénin d'identifier les secteurs prioritaires
en matière de développenent culturel et de définir les questions qui devraient
faire l'objet d'une étude approfondie, comme, par exemple: la restauration des
Palais d'Abomey; les noyens techniques du développement du C1nema ; les plans
de formation des personnels culturels ; le projet de centre culturel national.
- 37 -

ANNEXE l

LE CENrp~ DE RECHERCHSS APPLIQUEES DU BENIN

Le Centre de Rech0rche Appliquée du Bénin, situé à Porto-Nova, est l'héritier


de la section béninoise de l'Institut Fr8nçqis d'Afrique Noire (IFAN). Il dispose
de sections scientifiques et de sections techniques.
Le personnel scientifique comprend quatre permanents (un ethnologue, un
archéologue et deux sociologues). Lui sont rattachés vingt-deux cherchours asso-
ciés : neuf sociologues, deux psychologues, un ethno-~usicologue, un entomologiste,
un océanogr~phe, deux géographes, un économiste, un agronome, un ingénieur des
poids et mùsures, un pharcacien-herboriste et un chimiste.
Chacun de ces chercheurs établit personnellement le programme de recherche
qui l'intéresse et le soumet au financement du centre. Il n'y a guère de coordina-
tion dans cc type de travail et aucune idée directrice ne semble émerger pour
centrer les recherches sur tel ou tel do~~ine social, historique ou culturel. Cn
peut remarquer que la tendance actuelle privilégie - sans doute du fait du nombre
croissant de sociologues - les études portant sur de grandes questions socio-
politiques du type: nature du pouvoir en Afrique, rôle de l'armée, effets du
tribalisme, espoirs du panafricanisme, etc e Une dizaine de travaux sont en cours.
Ils sont d'intérêt fort variable: exemple.3 "Formules de politesse et de civilité
yoruba", "Les systèmes de mutualité traditionnels", "Vestiges de l'ancien royaume
d'Aboney", "Les cooporatives de production au Bénin", uLes rites funéraires du
bas Bénin".
·18 coût moyen d'une étude est de l'ordre de deux millions (d'après los devis)~
Le Centre est censé fournir le financement des ré.cherches, Dettre à 1'1
disposition des chercheurs ses moyens techniques et surtout assurer la diffusion 1
des études. M~is, faute de n03Tens, cette dernière mission n'est plus assurée: le
Centre publiait, quatre fois pe.r an, des caJÜ6rs jntitulés "Ztudes Dahoméennes",
à mille exemplaires par numéro. Cette édition a été inierrompue et de nombreux
textes dactylographiés sont en souffr~nce (de quoi assurer la production dlune ou
deux années).
Dès lors, on peut se denander quelle est llutilité de telle ou telle
recherche qui ne connaît plus de diffusion, à s·"pposer le problème du financement
résolu, la publication de cette revue telle qu'elle est. Sn conception, ses modes
de diffusion, sa publicité doivent faire l'objet d'une étude par un groupe de
travail interninistériel réuni à ce seul effet à l'initiative du Ministère de la
Jeunesse, de ln Culture populaire et des Sports.
Les sections techniques comprennent :
• k..9ibliothègue : disposant de quinze Dille volumes, cette bibliothèque
de consult3.tion et de prêt est ouverte alterr.ativement aux chercheurs et
au public (étudiA.nts surtout). Elle est l'une des rares bibliothèqt<.es du
Bénin à disposer dtun fonds technique:spécialisé et~dlun service de .
d8pouillement des revues et journaux dont les ~rticles font, à un titre
ou à ~n autre, mention du Bénin. Elle a publié en 1970 un imporfant
répertoire bibliographique.
• la section audic-visuelle : elle a recuéilli le répertoire photographique
de l'IFAN. Elle est censée conserver les films ou les bandes-sons collec-
tées par les chercheurs au cours de leurs enquêtes. Mais elle ne fonctionne
- 38 -
presque plus, faute de moyens. D'~illeurs, SA collection n'est plus utilisée
par l'Institut Pédagogique National ni par l'Ecole Normale, ni par la radio.
• la section pharmacopée : créée il y ~ un an, desservie par trois cher-
cheurs, elle constitue une excellen~initiative. Son laboratoire, encore
bien modeste, sert à la conservRtion et à la préparation de médicaments
traditionnels. Leur vente devrait permettre l'auto-financement de la ~.t tA,.c-
section.
- 39 -

ANNEXE 2
LES MUSEES DU BENIN

Il existe trois musées importants : les pRIais royaux d'Abomey, l~ musée


ethnographique de Porto-Nova et le musée historique de Ouidah. Un projet de musée
ethnogr~phique et de plein air à Parakou a connu un début de réalisp.tion.

LES PALAIS ROYAUX ET LE HUSEE D' ABOJYIEY


Les dix domaines royaux qui constituent la richesse muséologique d'Abomey
couvrE-'nt près de quarante qUfl.tre hectares. Chaque roi recréait, à partir du palais
de son prédécesseur, un dumaine frappé à son e~blàme dont les principaux éléments
sont identiques : deux à trois cours juxtRposées, une salle de réception, le
salon d'honneur, les "appartements" personnels, le temple, la tombe, etc •• .!
Il s'Rgit donc d'un très vnste ensemble de muraille d'enceintes, de cours,
de murettes de séparation, d'espaces enchevêtrés, riches d'histoire, de lieux
sacrés qui ont tous une profonde signification pour les h3.bit~nts d'Abomey; pour
la plupart descendents à un titre ou à un autre de ces dynsaties qui ont donné
gloire au Royaume.
Ces palais, de réputation mondiale, tonbent en ruine, Leurs matérittux
d'origine locale (banbou, chp.ume, peintures végétales ou minérales) sont exces-
sivement fragiles. Leur réfection doit être envis~gée teus les trois, qu~tre üU
cinq ans. Lorsque le palais était un lieu de vie collective, les fasilles elles-
mêmes sssurp.ient l'entretien, comme un devoir social. Depuis, i l fllut retruuver
- de plus en plus malpisément - des ~rtisans ~ue par ailleurs on peut difficilement
rémunér8r. L'IFLN avait essayé de consolider les murs du pnlais par des procsdés
plus ou moins grossiers (inclusion de barres de fer, recouvertes de b'1I!lbou mélé
au ciment). H~is restRurer ce vaste ensel1lble est une entr'''prise trop ambitieuse.
Fqute d'un financement public, les familles entreprennent, à l'occasion de leurs
cérémonies, des travaux de consolidation sommaire, à lours propres frnis. Si bien
qu'alternent oainten~nt la brique, le ciment et la terre de bnrr8, pêle-même
brisant l'h~rmonie ~ncienne. La plupart des toitures d'origine ont disparu faisant
place à des Chqrp8ntes provisoires recouvertes de t81e o ~e gr~nds espaces inté-
rieurs sont en jachère, quelques uns sont en culture.
Pourtant des efforts ont été entrepris pour s~uvegarder les b~timents les
moins abimés par les intempéries. Le résultat est très conc~incant. Les techniques
de rest"uraticn el'lployées sont ingénieuses : elles Ilssurent une plus grande durée
de vie des palais tout en respectant leur aspect original (cas de la tombe du roi
Ghézo) •
C'est une goutte d'eau d~ns la mer et il est certlli~ que le budget béninois
ne pe~t supporter SGul une oeuvre de restauration aussi importante. MRis certaines.
oesures peuvent être prises •
• Répertorier le plan-masse et les plans de détail de tout le domaine royal
(relevés photographiques notamment) ;
• Assurer, pqr le serviçe centr~l des Musées un contrôle nuéologique des
restaurations privées, selon un plan coordcnné d'opérations, défini en
accord avec les fonilles concernées (tenant coopte notnmcent du calen~rier
de leurs cérémonies) ;
- 40 -
• Doter le conserv~teur du musée d'Abomey des ~uelques matériels indispen-
sables peur une conservaticn d'urgence (bâches, tôles, produits d'entretien
des objets muséeux). Depuis 1960 par exemple, faute de sylophène, les bois
ne sont plus trnités ;
• Inviter l'armée, sur la base d'un plan défini avec le commandant de corps
concerné, à p~rticiper aux tr~vaux de gros entretiens, tels que protection
contre la pluie (drains), nettoyage, déblaiement et nivellûment des cours,
transports de ,terre, etc ••• ;
• Recueillir pendant qu'il en est encore temps, l'histoire orale des
familles royales. Ce travail peut être mené avec tact, par le conservateur
du Musée qui sait entretenir d'excellentes relations ~vec les descendants des
dynasties, dont certains vivent dans l'enceinte m~me du palais. Il ne faut
pas oublier que l'histoire royale d'Abomey se confond avec les histoires
privées, familiales des citoyens d'Abomey. L'intervention directe de spécia-
listes étrangers serait inappropriée.
• 'Choisir un secteur prioritaire de restauration complète, c'est-à-dire les
palais des rois Ghézo, Glélé, Béhanzin et Ago. Un devis précis d'une restau-
ration à l'intégrale a été récemment établi par le conservateur du Musée et
transmis au Ministère. Il s'élève à 24,5 millions de francs CFA. Ce devis
doit être contrôlé, puis faire l'objet d'un plan national pluriannuel de
rest~uration, bénéficiant éventuellemeat d'un financement inter~qtional.

• Développer l'activité artisan~le traditionnalle dans le palais même. Un


atelier de tissage occupe déjà sept tisserands. D'autres artisans demandent
à y travailler et ne le peuvent faute d'accueil organisé. Or la production
artisanale d'Abomey est très variée (vqniers, potiers, forgerons, calebas-
siers:; cuivriers, bronziers ••• ) et certaines familles - dont les ascendants
travaillaient, cunformément à la structure sociale ancienne, p0ur la seule
cour. du roi - estiment avoir un droit historique de continuer leurs activités
dans le palais. L'afflux de touristes étrangers laisse à penser que ceS
activités pourront aisément être rentables. Les ~rtisans pourraient.' ! '
d'Rilleurs financer les frais de leur propre installation. En contrepartie
l.de·:cet ,aè0ès, 1'1 direction du Musél3 pourrait avoir un drait de contr5le sur
les prix affichés ou bien encore prélever une contribution destinée à la
promotion du Musée (publication de plaquettes d'information) •
• La sonorisation du i-rusée et l'utilisation de hauts-parleurs guidant les
visites ont été évoquées. Le consultant ne croit p~s cette initi~tive prio-
ritaire. En revanche, la vente de brochures explicatives et de cartes
postales (d'autant plus justifiée qu'il est interdit de photographier dans
le !-1u,sée Sf1.nS qu'il soit possible pour autant de trouver des photos dA.ns le
commerce) devrait constitUer une ressource d'appoint pour 10 rlusée qui,
habilité à en percevoir les bénéfices, se doter'1it ainsi d'un fonds de
roulement permettant de parer aux dépenses d'urgence.

LE rmSEE ETHNOGR.,WHIQUE DE PORTO-l'WVO


Créé en 1949, rattaché à l'IFAN, à lII~~D puis au Centre de Recherche Appli-
quée du Bénin, il est autonome depuis 1974. Installé dans un ancien orphêlinat, il
offre
• une galerie de bas-reliefs d'Abomey (reproductions en plâtre, effectuées
à Paris, au ~lsée de l'Homme) ;
• une ga10rie de très bequx masques guélûdé (50 à 100 a~sques) ;
• une salle consacrée à la génÉalogié des rois de Porto-Nova (de 1645 à
1908) d'un intérêt limité;
• une salle d'armes et d'instruments de musique traditionnels •.
- 41 -
Des efforts récents ont été ~enés pour lui donner plus d'attrait (la porte
d'entrée est une belle réplique d'un port~il du palais; des fresques murales ont
été exécutées 11 y a quelques années).
Ses réserves sont bien plus import~ntes que les collections exposées. Elles
proviennent d'importants dons privés (la dernière don"l.tion, qui date de '1973,
comprenA.it plusieurs cent-ines d'objets). Qui plus est, elles sont correctement
répertori8es et bien entretenues. Le Q,lsée dispose de la meilleure salle de
réserve du pays (salle climatisée).
Pour disposer de plus d'espace, un b~timent de deux étages, devant offrir
huit à dix salles, est en cours de construction derrière le musée actuel. M~is
f3ute de crédits, le chantier est arrêté et le matériel Ge clim"l.tisation offert
par l'Unesco est en caisse depuis un an. Un petit espace a été aménagé pour des
spect~cles en plein air, mais depuis quelques années il n!est plus utilisé.

LE }WSEE HISTORIQUE DE OUIDAH


Il est instqllé d'lns l!qncicn fort portugais. Il présente notamment l'his-
toire do 1"1 colonisation (par exemple, les cadeaux offorts pqr les Négriers). Ses
collections sont assez limit8es. Ce sont des reproductions photographiques qui
illustrent l'évolution par~llèle du culte V~udou, à Raiti et au Brésil. La plup"l.rt
des archives historiques ou des oeuvres originales sont en effet détenues pA.r les
familles de Ouidah dont dertAines portent le nom des anciens m"l.îtr6s pertugais.
Il f~ut noter ége.lement le projet de "Nus8e ethnogr'J.phique et de plein-air"
de Par~kou. Le pl"l.n-~asse de ce projet a été dessiné en 1970 ; à l'origine le
coût pr8vu était de vingt-deux millions dont la moitié devait être fournie par
une aide extérieure (Fond"l.ticn allem~nde).
C'est un projet très ambitieux qui ne comporte r~s moins de six parties
que l'on imqginait construire par trqnches.
• Un musée-bâtiment (coût initial huit @illions) comprenqnt ün ensemble de
cinq salles d'exposition et un bloc afulinistr~tif et de recherche (voire un
c.qmpement peur accueillir des chercheuri3 sciontifiques). Ce musée devrrd t
~ccudillir des col16ctions 8thnographi~ues, non seulemont du Borgeu et de
l'Atacora, mais même d',mtres provinces, conforméBent à S"è vocation nn.tic·-
nale. M"is pou:' diverses rpisons, et à 1"l. sui te du départ de son promot€ur,
l'",ide ext,;ricure n'a pu ~tre acquise et co btitiment n'a p':s d{ constru~.t.
• Une zone d'habitats traditionnels. Ce type de Dusée de plein-air qui se
rspand en Europe et en Afrique (de la ScanQinqvie au Niger, en passaIlt pqr
la Rou~qniG) "l. connu un début de réQlis~tion gr~ce à une aide d\~tat
(810 000 F CFA en 1971, 1 620 000 F CFA cn 1972, nqis aucune dut~tion en
73, 74 et 75). La province a fourni le terrDin ct acccrdé los crédits
d'étude. Pour l'instant, sont présentés ~inq types dthabjtats (deux tat~.
somba, une tata mila-mi18., une bariba et une fon), Banquent encore une
maison lacustre de 11'1. région de G:::nvié, une tl2. tR (",n écorce du I~ono et une
h"l.bit~tien Peulh. Donc ù proprenent parler, il n'y a p~s encore de musée,
si~rleDBnt ces quelques habit~tion3 que déjà il fQudrait entretenir.

• UE centre artisannl, qui devrrd t '1ccueillir è.es R teliers de c1érllonstr"" tian


CUV,TtS au public, les artis"ns, venant de è.ifforentes régions, y étE'.r.. t
hébergés.
• Un p!3.rc z00logique et 'me oisellerie.
• Un j"l.rdin bc.,t"..nique ~VGC une section de recherches pour la pharmacopso
tr<1ditiannelle.
- 42 -
Après une discussion avec le conserv~teur du musée et le chef du service
central des musées, on peut estimer que le seul coût du musée-b~timent, du bloc
administratif et de recherche et des parties zoologiques et botaniques, dépasse-
rnit dix-neuf millions de fr~ncs. Le seul centre ~rtisana1 coûterqit une somme
identique.
Si Iton esquisse le budgot prévisionnel de fonctionnement du seul musée
(un conservateur, un rest~urat.ur, un magasinier, deux garçons de salle, deux
plantons), il faut chiffrer à 1 860 000 F. CFA le coût annuel du foncticnnement
(crédits d'entrGtien exclus).
- 43 -

ANNEXE 3

L'OFFICE NATI01U~L DU TOUEISïŒ ET DE L'HOTELLERIE


L'ONATHO, créé en 1974 succède à une Direction du Tourisme qui dépend~it
du Hinistère de 11'\ Fonction Publique. Son admin~.stration de tutelle ost le !'inis-
tère de l'Industrie, du Touris~e et du Comm~rce.
L'Office, qui comprond une trentaine d'agents, devrait comprendre une
Direction des Etudes et le l' Amonl1geIŒ nt et une Direction Cornn·rcinle (,",-Y1"1.nt en
ch~rge l',qrtis~nat).

Devant assurer lui-même son financement, l'OHATRO entend bien explciter


cert~ines ressources tcuristiques et artisA.!lA.les. Un décret lui l!.cnne le conopole
de l'exploitation d'objets d'art. Disposition th60riquG ~u deœeur?nt pour
l'artisanat d'art ou ce qui peut en tenir liea et qui est actuellerr~nt v6n~u en
grqndes au~ntités on Europe.
Soucieux cepend,qnt de "morR.liser" ce secteur économique, l 'ONATRO délivre
(gratuitement) l~ne licence d'exploitation des objets d'art et v~ut créer une
caisse spéciale aliuentée p~r les conmerçRnts d'objets artis,qn~ux, pour financer
1'"'. réalisation d'un centre de pronütion des objets d'art.
Son deuxième objectif est la commercialisation ~ circuits touriBtiques en
fqisant ~ppel notamment nu folklore local. Quntre lieux privilégiés ont été
choisis: 10 vill~ge lacustre èe G~nvié, les p~lnis d'Abomey, ln cité historique
de Ouidah ot la vieille ville de Porto-Nova. Le tcurisme se développe rqpidement
(+27 % de 1973 à 1974). Sur les 40 000 nuité spassées pE1r les touristes non-
r,Ssidents, 23 % l'ont été p"_r des Africl'l.ins, 33 %p"r des Frnnç..ü s, 7 %p'lr des
Allemnnds et 7 %pnr des Su!Bes. La forte saison touristique se situe de décembre
à avril. Plus de trois quarts des nuitées sont coopt&til1âéAs ù~us les hôtels de
Cotcnou.
- 45 -

ANNEXE 4

NOTE SUR LES ORGliliISATI~NS DE JEm~ES

Sept nouvements nIant pas été clissous p"'r le Gouvernement Nilitaire


Révolutionnaire et sont à ce titre les intorlocuteurs de la Directivn des
Activités de Jeunesse (DAJ) du Ministère de la Jeunesse, de la Culture populaire
et des Sports.
• le "Scoutisme béninois" qui fédère désorIl'1is les Eclaireurs, les Guides
les Coeurs V~illants et Ames Vaill~ntos ote ••• Ce m0uve~ent mixte est assez riche
en sectior-s locales. Il recrute essentiellement parni les jeunes scol~risés, les
instituteurs, voire quelques fonctionnaires. Affilié au Scoutisme mondial, il est
la plus inport"nte org'1nisation de jeunesse au Bénin. Orienté vers le seceurisme
et le civisme, il n'offre pas ~e formation p'1rn-militqire.
• la "Jeunesse Croix-Rouge" s'occupe égf:1.lement de secourisl'le et de rééduca-
tion d'handicapés physiques. Elle est peu nombreuse. Elle ne dispose que d'tm
centre inpcrtant à Porto-Nova qui, '1vec l'aide de jeunes stagiaires allemands,
forme une trent-ine èe secouristes par an.
• "Loisirs éducatifs pour Itenf~nce et l'~dolescence" est une association à
vocation essentiellement techni~ue : la gestion de centres journ'11iers de
vac~nces pour les 8nf'1nts de six à douze ans. Un seul existe, peur l'inst~nt, à
Porto-Novo (activités: chants, danses, jeux, initintion sportive). Elle fl:l.vorise
ég~lûment des éch~nges de jeur-es avec le Nigéria.

• les "Centres d'Entrainement aux r~fHhodes cl 'Education Active" gèrent, en


fait, exclusivement des colonies de V'1C~.nces (Perto-Novo, Cotonou et Abo\wy).
• 1 "'Union Géllér"'le des Ztudiants et des :r:;lèves du Bénin" est censée
regrouper 1'1 plupart des étudbnts et des élèves. Le Gouvornement ~~ili t~ir8
RévolutiGnn~ire ~ entendu fixer une vocation strictc[~nt liée à la vie de l'école,
du lycée, (lu collège et de l'Université. ~n tant que Fédération, olle rRssemble
notacnent le FACEEN (Front d'Action ùûs Etud~ants et Elèves du Nord) que le
gouvernement n'a pas tenté de dissoudre, bien ~ue fondée sur une base rùgionale.
• It"OrgA.nisation Progressiste des Etudiants et Elèves du Bénin" n'a pas été
dissoute non plus. Le mouveŒut est né en 1973, d'une sciosion de l'uni.on
Générale dûs étudiants et des élèves du Bénin, sur une base politi~ue :
l'Organisation progressiste Jos étudiAnts et élèves Ju Bénin entend appuyer des
revendications syndicA.les plus m~rquées à gauche.
• les "Clubs 4 D" (Devoir, Décision, Dévoloppement, Dahcuey) regrouppnt de
jeunes Agriculteurs (10-17 ~ns). C'est le seul mouvement v6ritp.blement rurRI,
placé cl..' ailleurs sous tutelle du l'linistère du Développer;ent hur!.ü. Le Einis tère
:.le la Jeunesse, de 19. Culture popuhdre et des Sports yûudr'1i t cO!J!plL:ter 18s
activités de vulgarisation p.~icole de cesclu~s par une formation culturelle et
sportive. Le r1inistère ùe l'EJ.ucation R'1.tioIl!'le de son côté s'intéresse ég'llement
à ces clubs qu'il vcudrf.l.i t considérer COEme ccn tre~ J?j.lo~es j}our le dém~rrage
d'un systè~e d'éducation de m8SS0 t en dehors et à côté du système scol~ire.
Ces clubs ccnsti tuent en effet un r~se~u déjà bien étoffé : il en e:.iste
r.ctucller.lent deux cent trente huit, regroi'pf.l.nt 3470 adhérents~ Créés en 1966,
sur 11initi~tive de la FAO, puis p~tronnés p~r l'1î~ICEF, leur ùéveloppement
ferait l'objet d'un plan de l'A.I.D. p0ur en porter le nombre à cinq cent
cinqu~ntG d'ici 1980. gependqnt, rJême d~ns ces conditions, le nombre de jeunes
concernés (7 500) ne représenter!>,it tcujcurs qu'1,8 %de la tranche d'âge visée
(12-17 ans).
- 46 -
Les "Clubs 4 D" ne sont pas encore des moyens d'6ducation de masse, mais
apportent une réponse appropriés aux difficultés spécifiques de la formation de
la jeunesse rurale, p~r leur quadruple voeation.
- former des jeunes qui n'ont pu s'adapter au système scolaire,
- les intégrer dans des unités de production en leur assurant une formation
professionnelle,
- développer l'alphabétisation par ce biais ("apprendre tout en ": .. ._.
__.....
" .L. ,t',
travaillant")
- développer l'hygiène, le sport et la formation culturelle.
- 47 -

ANNE~E 5

UN EXEMPLE D' ENSErIBLE CULTUREL A DJOUGOU (1.;. TACOR...o.)

La commune de Djougou a 25 000 habitants, et le district dont €lle est le


chef-lieu, 130 000. A l'initiative du Conseil eo~munal de la Révolution, un
ensemble culturel a été créé qui devrait jouer le rôle d'une brig~de d'animation
culturelle à l'échelon communal.
Sa branche la plus stnwturée est constituée d'un groupe de danse et de
chant (folklore) uniquement féminin et qui, depuis longtemps déjà, représente le
patrimoine folklorique du district jusqu'au plan national. Le noyau ùu groupe
comprenù soixante des femmes sa~hant le mieux danser dans la commune. Elles sont
accompagnées pRr trois griots. Elles peuvent exécuter en groupe une quinzaine de
danses différentes.
Le groupe "Aské" se prod.uit ; dA.ns toutes las r1anifest~tions privées ou
publiques de la commune: mariage, baptême, fête traditionnelle, mais aussi
ouverture d'un séminaire de formation politique.
Le groupe envisage d'en susciter d'autres dans les villages d'alentour. Les
obstqcles financiers à un développement de ces initiatives sont de trois ordres:
les frais de costumes (pour les dP.nses de groupe, les costumes doivent être identi-
ques ; leurs dessins et leurs coleris peu7ent d'ailleurs être choisis et composés
à l'occasion de telle m~ifestation ~ublique, en coordination aveO les artistes
et ~rtisans du tissu) ; les frais de déplacement, et los frais de matériel
technique (Qatériels scéniques légers qui peuvent donner, par des jeux d.e lumière
par exemple, une plus grande ampleur à l~ manifestation).
Une autre branche de l'ensemble est constituée d'un groupe de douze cusi-
ciens amf'.teurs qui répète et improvise auss1. bien dans le modo trRdit:Lonnel que
moderne. Il S6et déjà ~~nifesté une dizaine de fois avec succès. La corr©une
lui a procuré quel~ues instruments. Il en manque d'nutres, nota~~ent modernes (saxo,
trompette) ainsi que des ~pp~reils d'~mplification èu son.
Le groupe de thé~tre a été créé à l'initiative du Conseil Communal de la
Révolution à partir i'individus épars (élèves Je CES, sbouts ••• ) Svitant t0ut
~.pprentissl1ge de 11 art dram8.tique à partir de textes écrits, ce groupe d' ane
vingtaine de jeunes.·gens qUirépètent deux à trois fois pp.r sem0.il1E;, s'est
orienté vers l'imDrovisation et la créaticn collective. Les représente. tians sont
données en langue la-ale. Les thèmes sent empruntés à la vie localey 16s pièces
sont en général courtes; exemple :_l'histoire d'un charlatan déôasquant un sorcier,
ou bien sf1.ynète sur la féoè.l1li té. Ces "productions thénftrp..les" ont été présentées
aux autorités et à 111 populp.tion, d~ns la M'lison des Jeunos et de la culture de
la ville.
Aucun recensement d' A.rtistes pl~.sticiens n' 11 encore été effectué à Djougou.
Les srtisans sont, en revanche, très connus et renommés, mais ils n'ont p~s encore
été intégrés à l'ensemble.
- 49 -

ANNEXE 6

QUELQUES DEFENSES CULTUREl,LES LOCALES

1975 Recottes ordinaires


Budget de prcvinces (budget général de Dépenses culturelles
et districts fonctionnement)

Budget de la province
d'Atacora 41 millions CFA 400 000
Districts de
Kuandé 17,5 millions 300 000
Djougou 34 néant
Bassila 7,5 né.rmt
T!:mdieta 26,5 50 000
Natitingou 16 50 000
Boukoumbé 16 100 000
Kérou non connu non connu
'l'Gt.'1.l 158,5 900 000
soit 0,57 %

Province du
Borgou 28 millions 1 000 000
Districts de
Parakou-ville 68 1 000 000
Parakou-rural 16 200 000
Nikki 29 150 000
Bombéréké 16 néant
Kandi 23 150 000
r·1tllnnville 26 200 000
Segbala 6 100 000

Total 212 2 800 000


soit 1,3 %
- 51 -

ANNEXE 7
LES BIBLIOTHEQUES PUBLIQuES DU BENIN

Les bibliothèques de lecture publique, à vocation génér~le, sont org~n~see


~u nive~u provincial et coordonnées p~r le Service Central des Bibliothèques
dépendant du Ministère de la Jeunesse, de la Culture popul~ire et des Sports
(Direction de la Culture Populaire). Ce sont 10s ét~blissements dû Porto-Nova pour
l'Ouémé, de Ouidah pûur l'Atlantique, d'Abomey p~ur le Zou, de Parakou pour le
Borgou et de Natitingou peur l'Atacora. La bibliothèque provinciale du Mono n'est
p~s encore inst~llée. Il f~ut signaler ég~lement quelques fonds de livres épars,
comme la petite bibliothèque de la M~ison des Jeunes et de la Culture de Porxo-
Nevo.
Les nutres bibliothèques relèvent du Ministère de l'Education (CRS de
l'Université, de l'Institut péd'l,gogique n~tional, de certains établissements
d'enseignement), du Ministère de la Justice, du Ministère du Plan ou de la Cour
Suprême pour certains centres documentaires spécialisés. Il existe deux autres
bibliothèques publiques spécialisées: celle du Centre de Recherches Appliquées qui
comprend dix nille volumes environ, et la bibliothèque d'àdministration Publique
située à Cotonou.
Il est intéressant de d8crire comment fonctionne une bibliothèque de
province : celle de Parakou, par exemple, possède un fonds de 6 8 00 ouvrages
(dont 2000 d'~uteurs africains). C'est un bâtiment assez import~nt, disposant
en rez-de-chaussé d'une sRlle de lecture de quatorze mètres sur huit, avec un
magqsin s ct, en étage, une salle de conférences et de projections qui n'est pas
encore équipée. Ouverte en octobre 1972 ~vec un fonds offert p~r le Centre
Culturel Français, cette bibliothèque a l 700 lectùurs (l'inscription est gr~~
bi te). Le nOlllbre moyen de prêts est de 6 500 par mois. Le personnel est ,'lssez
réduit. Le bibliothéc~ire est in instituteur détqché. Il est ~idé d'un ccmnis,
d'un planton et d'un g~rdien, teus trois r~munsrés p8,r le budget provincia]. M~is
il n'a prntiquement pas de budget de fonctionnement. Pourtant les souhnits ne
Dan~uent pqS : disposer d'un carrousel de diapositives ou user plus souvent de la
cqmér~ 16 mm prêtée pqr le Centre Culturel franç~is. Faire circuler les livres
dans les écoles cu les villages voisins, ID3.is ceci Sl1;::>fose un véhicule. Obllienir
dcs OU"irPges "correspondant mieux à la l,ürspective révolutionnaire du p"\ys"
(politique, économie, travaux m'lnuels, médecine ••• ). Créer enfin des succursales
dans les districts importants de l'l province (par exemple à Kanùi GU à fjougou
ûÙ lq création d'une bibliothèque constitue le projet culturel prioritaire de
la. cOilll11 une).
Il est rol~tivement aisé de dresser le budget prévisionnel d'une biblio-
thèque de CG type, tel qu'il devrait être
- 52 -

BUDGET AN1'UEL

(Etat •••••••••••• 1 sal~ire d'instituteur 396 000 CFA


«Ministère de l'Education)
Personnel <p . ••••••••••• , ••••••
( rOV1nce 3 sahires
( . (commis, planton, gardien) 330•. 000 CFA

~ .................. l dactylo 144 000 CFA

870 000 CFA

Fonds de livres Ambassade de France (CCF) ....•..•.... 200 000 CFA


Mobilier et matériel Province •....•.....••..••.••..•....•• 100 OOC CF4
Charges (électricité,
eau, téléphone) Province ...........................•• 400 000 CFA
Entretien du bâtiment Etat ••••.........•.......•.........•• 300 000 CFA
Amortissement d'un
vehicule (sur 4 ans) Eta t •..•.••.•.••......•.•••.....•...• 250 000 CFA

TOTAL (II ••••••• st Q" •••••••••••••••••••••• 2 120 000 CFA

Ce budget qui ne paraît pas exagéré et qui répartit les ressources par moitié
à peu près à la charge de l'Etat et à celle de l~ province sst cependant supérieur
de près d'un million au b~dget actuel de cette bibliothèque (1 lï6 000 CFA).
La bibliothèque provinciale de Natitingou est, quant à elle, encore plus
nodeste. Située d~ns une D~ison isolée, tout juste protégée par un toit de tele
(localisqtion provisoire), elle est servie par un instituteur de brousse, aidé de
deux bénévoles. Avec son fonds de deux mille livres, elle n'en assure pqS noinB
moins mille cinq c0nts prêts pqr mois, surtout pour des enfants. Mais elle ne dis-
pose p'lS encore d'?.ide du district ou de la province.
ORGANIGRJ~l'TI"1E HE::3TREINT DU I1IlifISTERE DE LA JEUNESSE, DE LA CULTURE
POPUh:IRE ET DE8 SPORTS

Attaché aux rohtions publiques:----------- particulier


l'li.nistre~------------sSecrétariRt

l l
1

Directeur Général du Ministère (1)

l
rDirccti± de i~] JDire~t~.;;;--d;-11DirectLn
t l
1
Directi on des·l Direc tio~ des
Etudes ct de hl Aff3iros lI.drni-
l Culture ll'Alph.9.béti-
des
,Activités de Sports et

Direction des

Planifi cation nistrfltives et 1 populaire 1 1 sation ct de iJeunesae Loisirs INŒEPS~


DEP (1) 1 fillf'ncières 1 DCP t la Presse DAJ DSL (2)
L_
!
i DA.l!:A (l)
,i :j •
, 1 rur'lle DAPRA !
1
1 ,, j \
Service'des ~)ervice Sorvice Service cen- Centre de
Arts, lettres central centr:l.l des tral des Hecherche
et Spectacles dos Musées Archives Bibliothèques Appliquée
du Bénin

(1) Directicns corrtrùUn8S à tous les I1inistères.

(2) Institut National d'Enseignement d'Educ~tiün Physique et Sportive.


- 55 -

ANNEXE 9

LES PROJETS DE DECOUCENTRl-l.'rIGN DES ACTIONS


DES DIRECTIGNS DU JYIIHIsrl'ERE DE LA JEUNESSE, DE LA CULTURE POPULAIRE
ET DES SPORTS

Les qu~tre Directions du Ministère d~ la Jeunesse, de la Culture popul~ire


et des Sports, qui ont une vcc'"'.tion opérrt tionnelle, souhA.i bnt dénul tiplier leur
~ction sur le territoire par le biais de cGrrespond~nts eu fonctionnaires locaux.

- La Direction de l'Alphabétisation et de la Presse Ruralo (DAPR) entend


créer quatre services centr~ux (services de la programmation et de néthodologie,
de la presse rurale, de l'~udio-visuel et de l'évalu~tion pcr~anente) à la dispo-
sition des comités d'alphabétisation et de presse rurale, organismes do ~~turo
interministérielle qui s~rntent créés à tous les niveaux: cOWffilUle, district,
province, Etat.
Les bénévoles participant à ces comités seraient encadrés par un fcnction-
n~ire responsable provincial qui représenterait la Direction, ccntrôler~it les
activités, effectuerait les enquêtes du service d'évaluation. Pour l'instant il
n'existe pas de responsable de ce type.
- L9. Dir8ctiGn des Activités de Jrmnesse (DAJ) dispose de trois instructeurs
do jeunesse en pruvi~ce : à Porto-Nova (pour l'Atlantique et 110uémé), à Abomoy
(pour le Zou et le Heno), à Parakou (pour l'Atacora et le Borgou). Ces instruc-
teurs, recrutés nu niveau du B.E.P.C., ~près deux ans d!expérienco de terrain,
sont ch~rgés de contqcts nvcC l~ jeunesse, de conn~ître ses problèmes, d'év~luer
ses moyens ct de recenser les activités se déroul~nt d~ns les ~1~isons des Jeunes
et de 1'1 Culture qui, depuis juin 1975, relèvent de cette Direction.
L~ tâche de ces jeunes fonctionnairos est donc considérable. La DAJ vou-
drai t ne ttre on pl'1ce un instructour l)pr province, puis p::tr district. Son budget
ne le lui per~et pas. C'est pourquoi ello scuhaite compter sur des relais ~éjà
oxi:=>t"lnts : les org'1nisations de jeunesse, les militants locaux dél6gués pour la
jeunesse, les cadres ruraux ••• Elle envisage de réunir en sénin~ire deux cents de
ces rcprésent~nts pour leur présenter ses nissicns et s~ future orgtnisation
cOwpcsée d'un service des activités socio-ûconùmiques, d'un service des ~~isons
de jeunes, d'un service provincial et d'un centre populaire de forllintion des
animateurs Ge jeunes.
- L~ Direction des Sports ot des Loisirs a ég~lemcnt un nouvel organigran~e
en VU8 ; avec quatre services: des Fédér~tions Sportives, de l'animation srortive,
de la Docume nta tic'n et de l' équipement, ct de 1 t Educa t:i. (,In physi que. Elle semb le
disposer de plus de personnel, grqce ~ux promotions (20 professeurs-adjoints p~r
an) de l'Institut nation~l d'onseignemont d'éduc~tiçn physique et sportive. Elle
a lliis Gnplace six respo~s~bles régionaux des 8po~ts qui or-t un rèle théoriqu&
d'iuRpection 1 ~~is qui ne disposent ni de mntériel, ni de büro~uj ni de véhicule.
Dans cc don~ine qussi ln Direction chorche à s'appuyer sur des bénévoles ou des
relais existants que sont les ligues sportives.
- L~ Direction de la Culture populaire a pour relais ~doinistr2tifs dos
ét~.blissements plus que des resl"Jonsables région'1ux : musées 8t bibliothèqu<.>s
notllDmûnt.
- 57 -

ANNEXE 10

LES CENTRES CULTURELS BT LES tiAISONS DES JEU~S ET DE LA CULTURE DU BENIN

Los centres culturels dépendent en principe do la Direction ~e 1~ Culture


Popùlaire et los Maisons de Jeunes de l~ Direction des Activités de Jounesse.
Rien à vr~i dire, ne distingue ces deux sortes de b~timents, qui ressemblent aux
anciennes s~lles d€s fêtes co~~un?les de Fr~nce.
Il ost possible à Cotonou de trcUVJr des li8ux de spectacles plus
import~nts : le Palais des Congrès offre un vl'1,ste hall. Le cinéLla "Vog" A. été
récemmont réncvé par l'Office nationRl du Cinéma.
La ïl.J.C. de Porto-Novo, celle de Cotonou, le Centre Culturel de Ouidah
sont les salles les plus vastes, c'est-à-dire qu'elles psuvsnt contenir qUA.tre
conts perscnnos. P~r ailleurs, ll~dministr~tion coloni~le a construit sur l'en-
semble du territoire de petits bâ·ciments qui ont en moyenne vingt ans d'âge.
Il existe trente-cinq maisons de jeunes ainsi répprtics : sept darls l'Ouémé,
cinq d~ns l'Atlantique, quatre dl'1,ns le ~ono (dont une en voie de construction),
six &~ns 10 Zou, huit d~ns le Borgou et cinq dl'1,ns l'At~cora.
Ces bâtir!lOnts sont propriété de l'F,tp.t, Quelques ill<>j.sons dispcsent d'un
peu de natériol : cello de Perte-Nevo, p~r exonple a un projecteur 16 Will, un
magnétophone, un tourne-dis~ues offerts en 1974 pl'1,r l'Agence de Goopération des
Pays fr~ncophones ItAG~COOP Q~is ces ~pp~reils sont déjà inutilisables faute de
pièces détachées ou de rep6rateurs compétents.
Les M.J.C. sent en principe ouvertes t~us lQS jours. On y f~it du ping-
pong. On y donne quelques conférences, quelques filnR (ceux du Centre Culturel
fr~nçnis en g6n~r~1, car l'Office nl'1,tion~l du Cinénn préfère utiliser sos cinébus).
Des gre,upas d'D.::élp.tours y orgr.nisont, à l'ccc,'l.sion, des spectccles p9.yants
(nusique, théqtre ••• ).
Les II.J.C. sent effectivem8nt dos lieux occupés par les j~unes, mnis on
peut difficilement parler d'~nimation à leur propos. Aucun personnel perBanent
n'y trqvqille, si ce n'est 10 eardien.
- 59 -
.ANNEXE Il

LISTE DES F'I:.OJETS somas PAR LE


MINISTERE DE LA JEUNESSE DE LA CULTURE POPULAIP~ ET DES SPORTS
ET RETENUS LORS DE LA COIWERENCE DES DIrœCTEURS
DES ETUDES ET D~ LA FLANIFICATION
DES HIlU3'l'ERES BEI'aNOIS POUIt UN FINANCEMENT EVENTUEL
PAR LE :BlONDS EUROPEEN DE DEVZLOPPEHENT
(4° F.E.D.) JUIN 1975
Implantqtion de centres culturels d~ns les six provinces (du type de
celui décrit dans le rppport).
• Im:.'lant"'.tion d'un tho,:Hro Nation~ü (bÂtiment) à Cdcnou.
• Cré~tion d'un Institut n~tional des ~rts à Cotonou (école de fcr~~tion
artistiqua analogue à celle d'Abidjan).
• Achèvetlent du Husée de plein-air Je Parakou.
Croatiün do terrnins omnisports dans les six provinces.
• I~plantation de l'Institut National d'Education Physique et Sportivû
(INEPS) à Ouando.
• D8veloppement de l'alphabétisation et de la presse rurale.
• Création de galeries d'art Jans les six provinces (type "galerie
dynamique" do Dakar).
• Développement d' 13ctivi tés d' "'niml'l,tion populaire dans les six provincos.
• Eeconstruction du ousée d'Abomey.
Création d'un musée dyna~i~ue d'art moderne à Cotonou.
Création ct 'un tlusoe géologique a Natitingou.
• ~tudes et recherches des vestiges historiques de Savé et de Nikki.
• Implant~tion de phar~acopées traditionnelles dans quatre villes du B8nin.
• Tlultiplication dos ciné- et bibliobus.
• Extension des Archives natiow11es de Porto-Nova.
• lrapl1lnt'l,tion de la BibliothèQue ng,tionale.

Ces projets représentent tous les eS~GiTS des responsables culturels du


Bonin. Ils devront être soumis flU crible d' D,roi trages internes 'iv'lnt d' €tre
examinés effcctiv0~ent p~r le censeil du F.E.D. r1ais ils rcpréscnt0nt bien lfl
liste dJs urgences, telles qu'elles sont perçuGs p3r les Béniùcjs eux-2êmes.
Aucun n'~ cependant encore fait l'objet d'uneuise en fvrlle ,précise~ avoc
présent~tioli d'un budget plvri-annuel d'investisseoent associé à uos prévisions
budgét~ires de fonctionnement.
BUDGET DU M.J.C~P~Sc 1975 (1) (ANCIEN ORGANIGRMfMB)
(1) Ne comprend p"lS le budgot prévu pour le Festival de L9.gos •
. 1

Services
i Effectifs tot~.ux ! nature dos Postes
j
Dépenses de person- 1 AutrE;s dé- i
penses de ~
1
i ne1 (milliers CFA) 1

i fonctionne Total
ment 1975 1
1 1974 1975 1974 1975
.-
7 18 1 ~dministr~teur civil 10 750 1 13 500 2 100 15 600
3 conseillers techni- 1
ques 1

Cf'1binet 1 1 chef de cl3.binet 1


1
2 cadres
I l s'Q.aal ternes
u
-
15 c~dres
(dont un professeurs
certifié)
Direction géné- 13 subalternes
r~.le de la , . 19 m"lneUVrElS 2 950 13 000 680 13 700
Jeunesse .. - 3 21
1
..-
Diré~tton géné-
1

1" -
21 enseig,;rmts
.
!
1

1
rale de la 9 chnrt;\és de
Culture popu':' recherche 1
laire 116 131 21 cadres subal- 49 200 55 000 8 100 63 100
1
ternes
1
51 auxiliaires
1
,
1 Directeur
1
1 1 instituteur
HŒEPS 1
1
1
- 27 1 professeur EPS
2g élèV f;! •
- 8 300 600 8900
1
1 1 nuxJ. 1J.t1J.res 1
: j
'l'OTAL i 1 197 1 1 89 800 11 600 1 101 400._
HINISTERE DE LA JEUNESSE, DE LA CULTURE POPULAIRE ET DES SPORTS

---.-------- --
~VA1;T PROJET DE BUDGET 1976
, (AVENT TOUT ARBITRAGE)

J -r~-
1 1
Services Effectifs i Nature des postes Frais de personnel !AutreB dépenses de fone- Total
~ tionnement ou dtinterven-
1 1 tian
i
1
1 i'inistre 1
1 D.G.fJI. 5 800 1 30 310 36 110
Cabinet 19 1 inspecteur J. et S. (certnins postes étant
l attaché relntions (dont 24 000 pour
ratbwhés à d'autres
publiques les daplacements)
budgets)
! 14 auxilir.'..ires

l professoeur certifié
Direction des 1 1
1 l économiste 1

Etudes et de la
3+7==10 1 l sociologue 5 000 1620 6 620 1
pl::mification
l s tp. tis ticien 1
1
l documentnlis te
1 1
5 auxilin.iros

1 administrateur civil
Direction des l Il.ttaché
Aff.'1Îres fin1.n-
4+9=13 2 A.ssisbnts 7 000 1900 8 900
cières et Adminis- 45 ~gents financiers
tratives 5 ,'1uxilinires
1
l directeur ,
1
Direction de 4 chefs de service
1
!
!
15+15=30 1 5 specialistes des lan-
l'Alphabétisntion 13 600 1 30 260 43 860
et è!e la presse ! gues 1
(dont 7 500 en matériel
rurale 6 rosponsables provin- - 1
1 1 d'imprimerie et 6 000 j
l t- ---.. -' "---"'1
l
_ _ _- - l - -
ciaux
14 auxili"lires L-
pour la f.0rma.ti-on-)-
l
"'"'---'-_ _
.. ....
~

5 enseignants 1 r
1 6 secrét~ires provin- 1
Direction des , .. '...l. ~ :-.;
ciaux
Activités de 6+16=22 8 160
11 auxilinires 1, 9 800 17 960
Jeunesse
(dent 2 700 pour les
stag8s, camps, chantiers,
1
échanges ••• )

9 enseignants E.P.S.
2 secrétaires
Direction des 53+24=77 42 auxiliaires 20 500 23 460 43 960
Sports et 24 entr Q 1neurs (dont 10 000 pour les
Loisirs trPJ1Sports d'équipes et
7 700 pour les ~tér161&
sportifs)

Elèves, professeurs,
INNEPS 68 adrJinis tratifs, 22 500 11 500 34 000
Auxiliaires 1
1

TOTWX 239 84 200 107 210 191 410

-
NOTE SUR L'AVA1JT PROJET DE BUDGET 1976
Le consultQnt n'a.yant p~s ku le loisir de se livrer à une analyse plus détaillée des chiffres qui lui ont été
fournis, ce projüt de budget ne doit pas être considéré co~me très précis. Les effectifs envisaGés restent ap~roxi~tifs
et les ~2penses de personnel sert très certainement sous-évaluées. ~mis il est intéressant de constater que ce projet
est entière~ent orie~té vers un accroissement des déponses de fonctionnenent et d'intervention, qui étaient dans le
budget 1975 chichement mesurées.
- 65 -

ANNEXE 13
LISTE DES PERSONNALIT~S RENCO}~REES

MINISTERE DE LA JEUNESSE, DE LA CULTURE POPUUiIRE ET DES SPORTS

François Z0UY.~~I l'1inistre de la Jeunesse, de la Culturo


populaire et des Sports.
Roger ALAPINI Directeur général du JVIinistère de la Jeunesse,
de la Culture populaire et des Sports.
Anzat EL HADJ ADAMOU Directeur des Etudes et de la Planification
Sidikou Baba MOUSSA Directeur de l'Alphabétisation et de la
Presse Rur-::.le.
Aflablly ADEBO Directeur des Affaires Fin~ncières et
Adoinistratives.
Benjamin DOEINGO Directeur des activités de jeunesse.
Rogor KPOSSOU Dirscteur dos Sports et des 1oisirs.
Cléwont DA CRUZ Chof du service central des musées.
Ronain ASSOGB \. Conservateur du Musée d'Abowey.
OMOUGALI et BOUSSCU Ccnservateur et c0nservatcur-adjoint du :-.fusée
de P3.rakou.
'rlada~!i ADAr-lON Conservateur du l:usée de Porto-Neva.
Nic~las KPATOuFKJi Archiviste du Husée de Ouidah.
liouetin COROU LAZAL(E ( Servic0 des arts, des lettres
Guillaume Koffi ADJAHO ( et des spectaclGs.
Guillaume DA SILVA Direct8ur du Centre de Redherches Appliquées.
Noël AEOUSSOU C~ef du service central des bibliothèqu8s.
Atanase YGri jiATA Biblicthécaire de N2titingou.
Roland KONGOBI Bibliothécaire do Pa:..nakou.
1e Ch8f du serv~ce contTnl des Archives.

OFFICES

Nanassé AYAYI Biroctour général ûe l'Office N~tional du


Cinéma.
rUchel HOi'.rvO Dirocteur eénér~l Rdjoint de 1lOffice de la
Radio-Tél0visicn
Directour dos progr~mmes de l'Office do ln
Radio-Télévision.
Nicohs CS:-rUIJ:ARLB Chargé des études et ùe l'n~énagemont à
l'Office Naticnal du Tourisme et de llllêtelf
lerio. (O:rATHO).
- 66 -

MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE

Le Directeur général du Ministère


Yaya Médé MOUSSA Directeur des Etudes et de laPlanification.
ADJODOHOUN Directeur des enseignements du second degré.
ALAPINI Directeur de l'Institut Pédagogique National
(IPU - CRAP).
Célestin AGUEH Secrétaire génér~l de l'Institut National peur
la formation et la recherche dans l'enseignement
(LN.F.R.E. ).
AGOSSOU Chef du service de la production scùlaire.
GBOGBOHOUNDADA Chef du service des enseignements de base.
OLYMPIO Directeur de l'Ecole Normale "Félicien Nadja".

Responsables provinciaux et locaux


L<:tmbert IDIGIDINA Secrétaire général de la Province de l'At~cora.

Dodo Abdoul~r BIG& Chef du district de Natitingou.


Rigobert KOUAGOU Secrétaire exécutif du Conseil RévolutionnAire
du district de N~titingou.
Le roi d'Atakora, 17e roi de Djougou.
Ténaka BOUKARY Maire de Djougou.
Touré SEIBOU Respons~ble des Affaires Culturelles du CGmité
Commu~~l de la Révolution de Djougou.
Issa SEIBOU Responsable du groupe théâtral de Djeugou
(membre du C.C.R.).
Issaka BOù1CA...ltY Responsable du Centre Culturel de Djougou
(membre du C.C.R.).
SOSSOUHONTO Fouleia Vice-Président de l'ensemble culturel
"A-Barcu".
Idrissou SEIBOU Responsable des Affaires culturelles du CoDité
Révolutionn~ire du district de Djougou.
}hthias GOGAN Ancien Secrétaire général de la province de
Bargau.
Boniface AFFOGBOLO Secrétaire génér~l du Bargou.
Le Com~~ndant ZOUMAROU Chef do corps du 2e bataillon d'infanterie,
cor:m'l.ndant le camp de Sero Kpéra, à P~rakou.
- 67 -

AUTRES PERSONNALITES

Yacou BARRA Secrétaire général de la CowJission N~tionale


téninoise pour l'Un8sco.
Basile KOSSOU Directeur ~e l'ICAM (Institut cu~turel
Africain et Hauricien).
Albert EKUE Directeur de l'Ecole Internationale de
Bordep.ux de 1 t AGECOOP (Agence de CoopÉra tien
des pays francophones).
Rich~rd de r1ADEI~OS Professeur à l'Université du Bénin. Cinbaste.
M'1rti'l.1 SODOGAUDJI Arctitécte-urb~niste.

PERSONNALITES NON DAHOMEENNES

f.!. BEHRSTOCK Adjoint au Repr'~SGntémt résident du Programme


des Nations-Unies pour le Développem&nt.
M. V~N GREVEbINCKE Fnbassadeur de Fr~nce au B~nin.

Serge A§miAN Volontaire du Service National, en poste au


Centre culturel français.
Directeur du projot de l'Unesco en résidence
au Bénin.
111. ABDEL I-~nmr·1 Expert de l'Unesco, en résidence au Bénin.
....... et de nünbrc,ux artisn.ns, artistes, bénévoles ct citoyens.

Vous aimerez peut-être aussi