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Protection et décoration

par peinture

par Jean-Claude LAOUT


Responsable du Service peintures et vernis, Groupe des laboratoires Wolff
− Département industrie Wolff − Ceripec (Lyon)

1. Présentation générale des peintures .................................................. M 1 505 - 2


2. Liants utilisés dans les peintures et vernis ....................................... — 4
3. Formation des feuils de peinture. Peintures liquides .................... — 7
4. Propriétés des peintures liquides ........................................................ — 12
5. Peintures en poudre thermodurcissables .......................................... — 24
6. Peintures à base de poussière de zinc................................................ — 27
7. Anomalies du feuil de peinture lors du séchage ............................. — 29
8. Matériels d’application des peintures ................................................ — 31
9. Notion sur la réglementation ................................................................ — 35
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. M 1 505

L es peintures sont des préparations liquides ou pulvérulentes qui permettent


de protéger et/ou de décorer les supports les plus variés : métaux, matériaux
plastiques, verre, bois. Néanmoins pour obtenir une efficacité maximale, il est
indispensable d’associer à leur application une préparation de surface réalisée
dans les règles de l’art. Celle-ci doit impérativement prendre en compte :
— la température du support, l’hygrométrie ambiante ;
— l’atmosphère dans laquelle est localisé l’objet à peindre ;
— le matériel et les conditions d’application.
En outre lors de l’utilisation d’un système multicouche, on prendra soin de
respecter les épaisseurs humides et/ou sèches de chaque couche préconisées
par le fabricant de peinture.

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PROTECTION ET DÉCORATION PAR PEINTURE _______________________________________________________________________________________________

1. Présentation générale peinture des propriétés spécifiques telles que : dureté superficielle
élevée, résistance aux solvants usuels, à la condensation, aux acides
des peintures minéraux et/ou organiques, etc.

Le durcissement ou séchage se définit comme le mécanisme


physico-chimique qui permet le passage de l’état liquide à celui
1.1 Principaux constituants de solide. L’état solide se caractérise par la formation de liaisons
chimiques et obtention d’un réseau macromoléculaire tridimen-
tionnel.
Les peintures sont des préparations liquides ou pulvérulentes qui,
appliquées sur des subjectiles, permettent de les protéger et/ou de
les décorer. Celles-ci sont formulées à partir de matières premières Par séchage physique, on obtient un réseau macromoléculaire
qui leur confèrent des propriétés physico-chimiques spécifiques. La dont les chaînes polymériques sont « liées » entre elles par des
terminologie des principaux constituants est celle définie dans la liaisons de faible énergie : liaisons hydrogène, de Van der Waals (cas
norme AFNOR − NF T 36-001 : des liants acryliques, vinyliques, du caoutchouc cyclisé, du caout-
— liant et/ou mélange de liants : partie non volatile du milieu de chouc chloré).
suspension des peintures et vernis ;
— pigments : substances généralement présentes sous forme de
fines particules, pratiquement insolubles dans les milieux de sus- 1.2.2 Peintures en phase aqueuse
pension usuels utilisées en raison de certaines de leurs propriétés
optiques, protectrices ou décoratives ; Ces peintures sont obtenues à partir de liants hydrodispersés
— matières de charges : substances en poudre, pratiquement et/ou hydrosolubles dont les principales caractéristiques sont pré-
insolubles dans les milieux de suspension, souvent blanches ou fai- sentées ci-après :
blement colorées, dont l’indice de réfraction est généralement infé-
rieur à 1,7, employées en raison de certaines de leurs propriétés ■ Liants hydrosolubles : macromolécules de type alkyde, acryli-
chimiques ou physiques ; que en solution, d’aspect limpide, de masse moléculaire comprise
— solvant : constituant liquide, simple ou mixte, volatil dans des entre 1 000 et 5 000 et dont le diamètre n’excède pas 0,001 µm. Ces
conditions normales de séchage, ayant la propriété de dissoudre liants sont généralement solubilisés dans un mélange solvant cons-
totalement le liant, même à forte concentration ; titué d’éthers de glycol et d’eau. Le mélange pondéral éther de
— diluant : liquide simple ou mixte, volatif dans des conditions glycol/eau dépend de la nature chimique du polymère d’une part, de
normales de séchage, incorporé en cours de fabrication ou ajouté au la solubilité de l’éther de glycol dans l’eau d’autre part.
moment de l’emploi, pour obtenir les caractéristiques d’application
requises sans entraîner de perturbations ; ■ Liants hydrodispersés ou hydrodiluables parmi lesquels on
— additifs : substances souvent incorporées à faible dose dans distingue les dispersions colloïdales et les émulsions :
les liants, vernis, peintures pour y développer certaines qualités pro- — les dispersions colloïdales, d’aspect translucide, sont des sus-
pres à en améliorer soit les conditions de fabrication et/ou de con- pensions de particules polymériques dans l’eau, qui n’ont aucune
servation et/ou d’application, soit certaines propriétés spécifiques. affinité pour se combiner avec elle, donc de se solubiliser. Ces parti-
cules, de masse moléculaire comprise entre 50 000 et 200 000, ont
un diamètre compris entre 0,001 et 0,1 µm ;
— les émulsions, d’aspect opaque, sont des dispersions de deux
1.2 Classification des peintures liquides non miscibles entre eux. L’un des liquides forme la phase
dispersante continue (eau), l’autre la phase dispersée discontinue
constituée de particules polymériques dont le diamètre est généra-
À partir des matières premières décrites précédemment sont for- lement de l’ordre de 0,1 µm et les masses moléculaires comprises
mulées des peintures liquides parmi lesquelles on distingue celles entre 200 000 et 1 000 000.
en phase solvant, en phase aqueuse et celles durcissant sous rayon-
nement ultraviolet d’une part, et des peintures en poudre d’autre
part.
1.2.3 Peintures réticulant sous rayonnement UV

1.2.1 Peintures en phase solvant Ces peintures sont des préparations exemptes de solvant qui réti-
culent par ouverture des doubles liaisons présentes dans les prépo-
Les peintures en phase solvant sont des solutions polymériques lymères en présence de photo-initiateurs et/ou photosensibi-
qui, après durcissement, donnent sur le subjectile une pellicule fil- lisateurs.
mogène continue, adhérente et insoluble en présence des solvants
usuels. Le durcissement ou séchage se définit comme le mécanisme
physico-chimique qui permet le passage de l’état liquide à celui de 1.2.4 Peintures en poudre
solide.
Le séchage chimique peut être obtenu par : Les peintures en poudre, matériaux pulvérulents, sont commer-
cialisées sous forme de poudres thermoplastiques ou de poudres
— réaction d’oxydopolymérisation : cas des peintures alkydes à
thermodurcissables.
séchage air ;
— réaction entre deux groupements chimiques spécifiques : cas Les peintures thermoplastiques sont formulées à partir de liants
des peintures époxydiques, polyuréthanes à haut et faible extrait tels que polyamide, polymères fluorés... quant aux poudres thermo-
sec ; durcissables, elles le sont à partir de résines époxydiques, polyes-
— réaction de polycondensation : cas des peintures alkydes à ters, acryliques.
séchage au four, réticulées par des résines aminées (urée-formol, Ces peintures sans solvant permettent d’obtenir sur des supports
mélamine-formol). conducteurs ou rendus conducteurs des feuils, par fusion des parti-
Après durcissement, on obtient un réseau macromoléculaire cules polymériques (coalescence) puis par polymérisation dans le
constitué de liaisons chimiques covalentes qui confère aux feuils de cas des peintures thermodurcissables.

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Tableau 1 – Classification des peintures


Peinture Séchage

Solvant
Phase Caractéristiques (teneur pondérale Air Four UV
en %)
Hydrosolubles 10 à 20 − x −
Phase aqueuse
Hydrodispersées 2 à 10 x − −
Haut extrait sec 20 à 25 x − −
Phase solvant
Faible extrait sec 50 x x −
Peintures en poudre
thermodurcissables 0 − x (*)
Exempte de solvant Peintures sans solvant ≈0 x − −
Peintures à réticulation UV 0 − − x
(*) À l’étude chez les fabricants de matières premières et de peintures.

Tableau 2 – Principaux liants utilisés dans la formulation des peintures


Peintures
Liant
Hydro- Hydro- Haut Sans Poudre UV
Solvantées
solubles dispersées extrait sec solvant
Polyester ............................................ x x − − x x −
Alkyde ................................................ x x x − − − −
Acrylique ........................................... x x x − − x x(1)
Caoutchouc chloré ............................ x − − − − − −
Caoutchouc cyclisé ............................ x − − − − − −
Époxydique ........................................ x − x x x x −
Polyuréthane ..................................... x − x x − x −
Époxy-polyester ................................ − − − − − x −
Polyester-TGIC (2) ............................. − − − − − x −
Polyester-amide ................................ − − − − − x −
(1) Prépolymère contenant des doubles liaisons
(2) TGIC Triglycidylisocyanurate
Peintures solvantées : peintures dont le liant est solubilisé uniquement par des solvants organiques. Lors de l’application, les diluants utilisés sont, eux aussi,
de nature organique.

1.2.5 Classification des peintures et liants utilisés ■ Peinture hydrosoluble :

— avant le point d’inflexion I, il y a encore suffisamment de sol-


Les peintures formulées tout ou partie à partir des matières pre-
vant organique (éther de glycol) pour solubiliser le liant en présence
mières décrites au paragraphe 1.1 sont présentées tableaux 1 et 2.
d’eau. Les ajouts successifs d’eau entraîne une diminution de la vis-
cosité ;
— après le point d’inflexion I, il y a un excès d’eau par rapport à
1.3 Différences fondamentales entre la teneur en éther de glycol. Cet excès favorise la formation d’une
solvants organiques et eau microémulsion et, par suite, tout ajout d’eau aura pour effet de
diluer cette microémulsion donc de diminuer la viscosité.
Les différences fondamentales entre les solvants organiques et
■ Peinture en phase aqueuse
l’eau sont présentées tableau 3. L’allure générale des courbes de
dilution en fonction de la nature chimique des polymères est don-
Ce cas est comparable à celui des peintures solvantées mais la
née à titre indicatif (figure 1 sur laquelle nous distinguons trois cas).
dilution est obtenue par de l’eau. (Notons que cette eau ne solubilise
■ Peinture solvantée : un ajout croissant de solvant a pour effet de pas le polymère. Plus la quantité d’eau augmente plus faible sera la
diluer le polymère donc d’abaisser la viscosité de la peinture. viscosité.)

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Tableau 3 – Différences fondamentales entres les solvants organiques et l’eau


Caractéristiques Solvants organiques Eau Influence sur
Vitesse d’évaporation .................................... Variable selon les solvants Constante
Formation du feuil de peinture
Humidité relative élevée [ HR < 80 % ] ...... Pratiquement sans effet Très importante
Polarité ............................................................ Faible Élevée Propriétés électriques
Tension superficielle .......................mN/cm Faible 0,30 à 0,35 Élevée (0,75) Mouillage :
— des pigments ;
— des matières de charge ;
— de la surface métallique
Point de congélation ..................................... Très bas < 0 °C Élevée : 0 °C Stockage et transport
Viscosité (η) .................................................... Dilution Variable selon la nature Évolution de η = f (% eau)
du polymère

Nombre
Viscosité de molécules
(η ) Peinture Peinture Peinture de même masse
en phase en phase en phase Mi
solvant aqueuse : aqueuse :
hydrosoluble dispersion et / ou
émulsion Polymère monodispersé

η = f (% eau)

Polymère polydispersé

M i ou DPi

Figure 2 – Allure générale d’une courbe de répartition des masses


Pourcentage de solvant organique ou d'eau moléculaires d’un polymère

I Point d'inflexion après lequel il y a inversion de phase

Figure 1 – Allure générale des courbes de dilution des peintures Ces macromolécules sont caractérisées soit par la courbe de dis-
tribution de leurs masses moléculaires (Mi ) (figure 2), soit par leur
degré de polymérisation (DPi ). Celles-ci sont obtenues par des
méthodes de fractionnement telles que chromatographie par per-
2. Liants utilisés dans méation de gel, ultrafiltration à travers des membranes poreuses,
précipitations successives, etc.
les peintures et vernis ■ Masse moléculaire moyenne en nombre
L’expression de la masse moléculaire moyenne en nombre ( M n )
peut être établie à partir de la connaissance du degré de polymérisa-
tion moyen en nombre DP n :
2.1 Généralités nombre total de motifs monomères
DP n = -------------------------------------------------------------------------------------------------------
nombre total de macromolécules
Σi i Ni Ni
Les liants utilisés dans la fabrication des peintures et vernis sont DP n = --------------- = Σ i i  ------------- 
des macromolécules dans lesquelles de nombreux motifs mono- Σi Ni Σ N 
i i
mères (M) sont liés entre eux par des liaisons chimiques covalentes.
M n = DP n M 0
Contrairement aux composés minéraux qui possèdent une masse Ni
moléculaire unique, les matériaux macromoléculaires renferment M n = Σ i i  -------------  M 0
Σ N i i
des molécules de différentes tailles, on dit qu’ils sont polymoléculai-
res ou polydispersés. donc :

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Ni 2.2 Présentation succincte de la synthèse


M n = Σ i M i  ------------- 
Σi Ni des macromolécules
Ni
M n = Σ i M i  -------------  2.2.1 Polymérisation radicalaire
Σi Ni
La synthèse de macromolécules thermoplastiques réalisée à par-
avec M0 masse du motif monomère, tir de monomères acrylique et vinylique, c’est-à-dire de molécules
renfermant des doubles liaisons, est obtenue par une succession de
«i» ensemble des macromolécules de degré de réactions chimiques. Les principales étapes de cette polymérisation
polymérisation i, sont respectivement l’initiation, la propagation et la terminaison.
Mi = i M0 masse moléculaire d’une macromolécule ■ Phase d’initiation
d’espèce i,
C’est la phase durant laquelle des radicaux libres R . sont obtenus
Ni nombre de macromolécules de l’espèce i. par rupture homolytique d’une liaison covalente. Les entités molé-
culaires insaturées, non affectées d’une charge ionique permettent
On définit donc la masse moléculaire moyenne en nombre, l’amorçage de la polymérisation. Les initiateurs ou amorceurs de
comme la somme des masses moléculaires Mi des espèces « i », polymérisation sont regroupés en quatre familles.
affectée d’un coefficient égal au rapport du nombre de macromolé- — initiateurs thermiques dont les radicaux sont engendrés par la
cules de l’espèce « i » au nombre total de macromolécules Σ i N i . chaleur : péroxyde de benzoyle ;
— initiateurs rédox qui permettent l’obtention de radicaux en pré-
■ Masse moléculaire moyenne en poids sence d’un système oxydoréducteur : péroxyde d’hydrogène/fer II ;
— initiateurs photochimiques dont les radicaux sont obtenus par
L’expression de la masse moléculaire en poids peut être établie à
l’action de radiations électromagnétiques ;
partir du degré de polymérisation moyen en poids DP w :
— initiateurs radiochimiques dont les radicaux sont engendrés
Σ i iW i Wi sous l’action de rayonnements de niveau énergétique élevé : rayons
- = Σ i i  --------------- 
DP w = -------------- X, β.
Σi Wi Σ W 
i i
avec Wi = Ni Mi = i Ni M0, masse de l’espèce i, ■ Phase de propagation
Cette étape, durant laquelle la chaîne polymérique croît, est la
Ni Mi plus importante, car elle détermine la configuration de la chaîne
DP w = Σ i i  -----------------------  macromoléculaire.
Σi Ni Mi
■ Phase de terminaison
Comme Mi = i M0 et Mw = M0 DP w , M w a pour expression : Cette étape traduit l’arrêt de la croissance du polymère.
Σ i N i M i2 La polymérisation radicalaire permet l’obtention d’homopoly-
M w = ------------------------
- mères par enchaînement des liaisons carbone-carbone de « n »
Σi Ni Mi motifs monomères tels que le poly(chlorure de vinyle), le poly(acé-
tate de vinyle), les polyacrylates, etc.
La connaissance de la valeur des masses moléculaires moyennes
en nombre et en poids définit un indice de polydispersité I tel que :
2.2.2 Copolymérisation radicalaire
Mw
I = --------
-
Mn La copolymérisation radicalaire permet d’obtenir des polymères
dont les propriétés sont différentes des homopolymères correspon-
Ainsi dans le cas : dants.
Lors de la synthèse, les phases d’amorçage et de terminaison sont
— de la polymérisation radicalaire .............................. 1,5 < I < 2 identiques à celles des homopolymères correspondants. C’est la
phase de propagation qui détermine l’obtention du copolymère.
— de la polycondensation ............................................ I = 2
Selon les valeurs des rapports de réactivité r1 et r2 (supérieur ou
— de la polymérisation vinylique ................................ 2 < I < 5 inférieur à 1), on peut déterminer le type de séquence obtenu dans
le copolymère lors de la synthèse. Le tableau 4 présente des exem-
— de la polymérisation de polymères ramifiés ......... 20 < I < 50 ples pratiques de séquence dans quelques copolymères.

Tableau 4 – Exemples pratiques de séquences dans quelques copolymères


Monomère 1 r1 Monomère 2 r2 Cas
Copolymères
(A) (B)

Acrylate de méthyle 0,84 Chlorure de vinylidène 0,99 r1 ≈ r2 ≈ 1 Statistique


Styrène 0,78 Butadiène 1-3 1,4 r1 ≈ r2 ≈ 1 ∼ AAABBAABB ∼
Méthacrylonitrile 0,15 α méthylstyrène 0,21 r1 et r2 < 1 Tendance à l’alternance
∼ A-B-A-B-A ∼
Acrylonitrile 4,1 Acétate de vinyle 0,06 r1 > 1 et r2 < 1 Contenant principalement A
∼ AAAAABAAAAB ∼
Styrène 0,01 Anhydride maléique 0,0 r1 = r2 = 0 Alternance presque parfaite

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2.2.3 Polyaddition M ≈ 500 r=2


M ≈ 900 r = 1,4
Les liants et/ou résines synthétisés par ce procédé appartiennent M ≈ 1600 r = 1,2
à la classe des macromolécules époxydiques. Ils sont obtenus à par-
tir de l’épichlorhydrine du glycérol avec un diol qui est : CH3
— soit le dihydroxy 4-4’ diphényl diméthylméthane encore
CH2 CH CH2 O C O CH2 CH CH2
appelé bisphénol A :
O CH3 OH n
CH3
CH3
HO C OH
O C O CH2 CH CH2
CH3
CH3 O
— soit le dihydroxy 4-4’ diphényl méthane ou bisphénol F :
n = 1,2,3...
HO CH2 OH
● À partir du diglycidyléther du bisphénol A (DGEBA)

Selon la conduite de la polyaddition, on obtient des liants époxy- Cette réaction se fait en deux étapes :
diques de faible masse moléculaire ou au contraire des masses — addition d’une molécule de bisphénol A sur l’une des fonctions
moléculaires élevées. époxydique selon la réaction :
■ 1er procédé : liants époxydiques de faibles masses
CH3
moléculaires
Ce premier procédé comprend deux étapes : CH2 CH CH2 O C O CH2 CH CH2
— la condensation de deux molécules d’épichlorhydrine du gly-
cérol sur le bisphénol A et obtention d’une dichlorhydrine intermé- O CH3 OH
diaire ;
— l’action de la soude qui, par déhydrohalogénation, conduit à la CH3
formation du diglycidyléther du bisphénol A (DGEBA), c’est-à-dire O OH
C
une molécule comportant deux cycles époxydiques :
CH3
CH3
Cl CH2 CH CH2 + HO C OH 130 à 200 °C en présence de catalyseur
nucléophile (amine tertiaire)
O CH3
Épichlorhydrine du glycérol — condensation d’une nouvelle molécule d’épichlorhydrine du
+ CH2 CH CH2 Cl glycérol et ainsi de suite, de sorte que l’on parvient à une macromo-
O lécule de masse moléculaire plus élevée que celle mentionnée pré-
cédemment et de formule générale :
Na OH
CH3
CH2 CH CH2 O C O CH2 CH CH2
CH3
O CH3 OH n
Cl CH2 CH CH2 O C O
CH3
OH CH3
O C O CH2 CH CH2
CH2 CH CH2 Cl
CH3 O
OH
n = 2,4,6
2 Na OH

CH3 2.2.4 Polycondensation


H2C CH CH2 O C O CH2 Les résines synthétisées par réaction de polycondensation,
O notamment phénoplaste, urée-formol, mélanine formol ne sont
CH3
jamais utilisées seules, mais servent d’agent de réticulation avec
CH CH2 + 2NaCl + 2H2O des liants alkydes, époxydiques et conduisent à des réseaux macro-
O moléculaires tridimensionnels.

Le liant époxydique liquide de faible masse moléculaire (M = 380) ■ Résines phénoplastes


est utilisé pour la fabrication de peintures sans solvant. Elles sont obtenues par polycondensation du formaldéhyde sur le
■ 2e procédé : liants époxydiques semi-solides et solides phénol. Cette réaction peut être réalisée soit en milieu acide (H+) soit
● À partir de la réaction de l’épichlorhydrine du glycérol sur le en milieu basique (OH−).
bisphénol A en présence de soude
● Condensation en milieu acide
On obtient des polymères dont les masses moléculaires sont
comprises entre 500 et 1 600 selon la valeur du rapport r, lequel défi- La croissance linéaire de la chaîne macromoléculaire conduit à
nit le nombre de molécules d’épichlorhydrine du glycérol en fonc- des composés solubles de faibles masses moléculaires solubles
tion du nombre de molécules du bisphénol A : dans l’alcool (novolaques).

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● Condensation en milieu basique


Au fur et à mesure de l’avancement de la réaction, on obtient suc- CH CH CH2 CH CH (CH2)n CH3
cessivement un résol (masse moléculaire ≈ 500) fusible et soluble,
O2
puis un résitol moins fusible et moins soluble que le précédent. Si la Fixation sur la double liaison en α
réaction se poursuit, on obtient une résine tridimentionnelle appe- H
lée résite insoluble et infusible.
CH CH CH CH C (CH2)n CH3 hydroperoxyde
■ Résines urée-formol
O OH
Elles sont obtenues par polycondensation de l’urée et du formol.
Lors de la synthèse, on obtient, en fin de réaction, des macromolé-
cules tridimensionnelles.
■ Résines mélamine-formol CH CH CH2 C H + OCH (CH2)n CH3 aldéhyde
Elles sont synthétisées par action du formol sur la mélanine et
sont elles aussi des macromolécules tridimensionnelles. O2 O
Auto-oxydation
Afin que ces résines ne deviennent pas insolubles et puissent être
utilisées dans l’industrie des peintures elles sont éthérifiées par le
butanol normal (n - butanol). O
■ Résines polyesters CH CH CH2 C peracide

Ce sont des polymères obtenus par polycondensation de polyols O OH


et de polyacides. Selon les monomères utilisés lors de leur syn-
+ CH3 (CH2)n CH CH CH2 CH CH
thèse, on obtient soit des polyesters saturés, soit des polyesters
insaturés.
Peroxydation des double liaisons et pontage
Certains polyesters, qui referment dans leur chaîne macromolécu-
laire des acides gras saturés ou non, conduisent à l’obtention de
résines alkydes. La diversité des polyols (glycérol, pentaérithrytol...),
des acides gras (acides gras de soja, de ricin...), des polyacides O
(anhydride phtalique...) permet d’obtenir une gamme de polymères CH CH CH2 C
aux propriétés variées.
O

CH3 (CH2)n CH CH CH2 CH CH

3. Formation des feuils OH


ester hydroxylé
de peinture. Figure 3 – Séchage air par oxydopolymérisation : peinture alkyde
Peintures liquides
3.1.2 Séchage par polyaddition
La formation du feuil de peinture ou de vernis suit différents
mécanismes selon qu’il s’agit de produits durcissant à l’air ou au La formation du feuil par séchage air, résultat de la réaction chimi-
four : que entre groupements fonctionnels spécifiques, ne donne lieu à
— séchage air à température ambiante ou étuvage (40 °C) : aucune élimination d’un corps tiers. Les principales fonctions chimi-
séchage par oxydopolymérisation, séchage par polyaddition, ques telles que époxydiques (ou oxiranes) et isocyanates sont sus-
séchage physique, séchage par rayonnement ultraviolet ; ceptibles de réagir avec des composés à hydrogènes labiles. La
— séchage four : séchage par polycondensation. réactivité de ces groupes chimiques est telle que les peintures prê-
tes à l’emploi sont obtenues après mélange de la base et du durcis-
Quelques exemples d’enchaînements macromoléculaires sont
seur, c’est pourquoi ces produits sont vendus en deux emballages.
proposés pour illustrer ce propos.
Malgré une mise en œuvre délicate, les peintures époxydiques et
polyuréthanes connaissent, en raison de leur qualité intrinsèque, un
développement important. La réaction de polyaddition peut être ini-
3.1 Séchage air tiée par étuvage dès 40 °C (figures 4 et 5).

3.1.1 Séchage par oxydopolymérisation 3.1.3 Séchage physique

La formation du feuil de peinture est différent selon qu’il s’agit de


Ce type de séchage est obtenu par durcissement des liants qui
produits en phase solvant ou en phase aqueuse.
contiennent, dans leur chaîne macromoléculaire, des liaisons insa-
turées ou doubles liaisons provenant d’huiles siccatives telles que
l’huide de lin, de bois de chine, d’huiles semi-siccatives comme 3.1.3.1 Peinture en phase solvant
l’huile de soja, de carthame ou d’acides gras. C’est le domaine des Le film est obtenu par enchevêtrement des macromolécules et
résines alkydes, des esters de résines époxydiques, des vernis oléo- leur cohésion assurée par des liaisons intermoléculaires de type Van
résineux. der Waals. C’est le cas des peintures acryliques, au caoutchouc
Les réactions chimiques qui permettent le durcissement du feuil chloré, au caoutchouc cyclisé (figure 6). Ces liaisons sont plus
de peinture ou de vernis sont complexes et se font sans apport « fragiles » que les liaisons chimiques caractéristiques des peintures
d’énergie extérieure. Les principales étapes qui conduisent de l’état durcissant par oxydopolymérisation, polyaddition, rayonnement UV
liquide à l’état solide sont résumées sur la figure 3. ou par polycondensation.

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CH3 OH CH3

H2C CH CH2 O C O CH2 CH CH2 O C O CH2 CH CH2


O CH3 n CH3 O

Liant époxydique

+ H N R N R N H
Durcisseur : amine
H H H

CH3 CH3

H2C CH CH2 O C O CH2 CH CH2 O C O CH2 CH CH2

OH CH3 OH n CH3 OH

N R N R N CH3

CH2 H CH2 CH CH2 O C O CH2 CH CH2 O

CHOH OH CH3 OH n
CH2

Réseau macromoléculaire
tridimensionnel

H3C C CH3

CH2

CHOH

CH2
n
O

N
H3C C CH3
R

H N H

O CH2 CH C N R N

OH H H

Figure 4 – Séchage air par polyaddition : peinture époxydique

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O C CH2 CH CH2 O C CH CH2 O C


Polyester hydroxyle
O O H O OH O

O N C O
CH3
O C N
C
H3C N N

C C
Durcisseur : isocyanurate
O N O

N C O
CH3

O C CH2 CH CH2 O C CH CH2 O C

O O O O O

C O C O
O
N H H N H O
H3 C C
O H3C N N N C O
C C C
N N CH3 O N O Réseau macromoléculaire
tridimensionnel
C C N C O
O N O
H O
N C O
CH3
H O
O C N
CH3
O H
Figure 5 – Séchage air par polyaddition :
peinture polyuréthane

H H H H H H

Cl C C Cl Cl C C Cl Cl C C Cl
H3 C C Cl H C Cl H3C C Cl H C Cl H3C C Cl H C Cl
H C C H H H H H H H H

H CH3 C C C C C C C C C C C

Cl CH3 Cl Cl Cl CH3 Cl Cl Cl CH3 Cl

a caoutchouc chloré

H2C CH2 CH3 H2C CH2 CH3


H2C C H2 C C
H C C H2C C C
H3C CH3 H3C CH2 C CH2 CH3
H2C C
H C C
H3C CH2

b caoutchouc cyclisé
Figure 6 – Séchage air. Peinture à séchage
physique

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Polymère (copolymère) Méthyl 1 [4 (méthylthio)phényl ] - 2 morpholéno propane l-one


Solvants (Irgacure 907 ) ( λ absorption = 320 nm) pour système pigmenté :
résiduels Eau + agent de coalescence
(%) CH3

H2C S C C N O Photo-initiateur
Stade a : état humide
O CH3

Eau Polyester acrylate :

R C O CH2 CHOH CH2 O C CH CH2

Stade b : début du séchage O O

(1) Phase d'initiation : elle permet l'obtention de radicaux Rn à partir


Eau de l'état triplet excité du photo-initiateur :

CH3

H2C S C C N O
Stade c : poursuite
de la coalescence CH3
O CH3

H2C S C + C N O

O CH3

Phase de propagation Radicaux (Rn )


Stade d :
feuil R C O CH2 CHOH CH2 O C CH CH2
coalescé
O O
Rn
Temps (h) R C O CH2 CHOH CH2 O C CH CH2
Figure 7 – Séchage air : peinture séchant par coalescence O O Rn

R CH CH2
3.1.3.2 Peinture en phase aqueuse Rn
Les liants en émulsion sont caractérisés par : R CH CH2 R O C CH CH2
— une phase aqueuse continue ; Rn O
— une phase discontinue constituée de particules polymériques, R CH CH2 Rn
insolubles dans le milieu de dispersion et dont les diamètres sont Rn
compris entre 0,1 et 0,3 µm. Une des propriétés de ces liants est que R O C CH CH2
chaque « grain » d’émulsion possède les mêmes propriétés phy-
sico-chimiques que le polymère masse. O
Phase de terminaison et régénération du donneur de radicaux
La formation du film est obtenue par coalescence, c’est-à-dire par
et obtention d'un réseau macromoléculaire tridimensionnel
fusion des particules sous l’action des forces capillaires lors de
l’évaporation de l’eau (planches photographiques de la figure 7). Ce Figure 8 – Séchage air par rayonnement ultraviolet
phénomène ne s’effectue que lorsque la température d’application
est supérieure ou égale à la température minimale de formation du
film (TMFF). La présence d’agents de coalescence dans le milieu
permet la plastification externe des entités polymériques ainsi que réaction de polymérisation et fait partie intégrante du réseau macro-
l’abaissement de la TMFF. moléculaire. Il devra donc être choisi avec soin.
Souvent, on assimile température de transition vitreuse (Tg) avec La plupart des prépolymères ou monomères n’absorbent pas tou-
la TMFF, ce qui n’est pas rigoureusement exact. La Tg est, quant à jours les longueurs d’ondes convenables, c’est pourquoi la photo-
elle, une caractéristique intrinsèque du polymère. Cas des émul- polymérisation est réalisée en présence de photo-initiateurs et/ou
sions acryliques (copolymères). photosensibilisateurs. Ces composés organiques absorbent les
radiations pour transmettre l’énergie acquise sous forme de radi-
caux libres qui permettent la propagation de la polymérisation.
3.1.4 Séchage par rayonnement ultraviolet Les trois étapes qui permettent l’obtention du polymère sont
respectivement :
La photoréticulation sous l’action du rayonnement UV consiste en
l’ouverture des doubles liaisons présentes dans les polymères et/ou — la phase d’initiation qui permet l’obtention des radicaux ;
monomères insaturés. Selon leur structure chimique, les polymères — la phase de propagation à partir de laquelle il y a croissance de
confèrent au feuil de peinture ou de vernis des propriétés physico- la chaîne polymérique ;
chimiques spécifiques : souplesse, dureté superficielle... Quant aux — la phase de terminaison par laquelle il y a arrêt de la polyméri-
monomères leur rôle essentiel est de régler la viscosité des produits sation et régénération du donneur de radicaux dans son état initial
prêts à l’emploi lors de leur application. Ce composé participe à la (figure 8).

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C OH
R H H H
R
C O CH2 C CH2 O C CH2 C C O C OH

O OH O OH AG O
Liant alkyde
+

HN CH2 N CH2 OH HN CH2 N CH2 OH

C O C O C O C O Durcisseur :
aminoplaste
H2C NH HN CH2 O CH2 NH HN

C OH
R R
C O CH2 CH CH2 O C CH2 CH2 CH CH O C OH

O O O O AG O

HN CH2 N CH2 HN CH2 N CH2


Réseau
C O C O C O C O macromoléculaire
tridimensionnel
H2C NH HN CH2 O CH2 NH HN Figure 9 – Séchage par polycondensation :
Peinture alkyde-aminoplaste

Principales réactions de polycondensation


3.2 Séchage four

Nous mentionnons celles entre : 3.2.1 Séchage par polycondensation

Contrairement à la polyaddition, la polycondensation donne lieu à


— une fonction hydroxylée (OH) et un acide carboxylique une réaction chimique entre deux groupes fonctionnels réactifs et
(C OH) avec élimination d’eau et obtention d’une fonction s’accompagne de l’élimination d’un corps tiers (eau, alcool, for-
ester : mol...). Cette réaction n’a lieu qu’à des températures supérieures à
O 100 °C, c’est pourquoi la peinture se présente en un seul emballage,
donc à l’état fluide jusqu’à son utilisation (figures 9 et 10). Les prin-
+ HO C R + H2O cipales réactions de polycondensation sont données en encadré.
OH O OH C R

O 3.2.2 Séchage par polyaddition


Fonction ester
Bien que les matières premières soient différentes de celles utili-
— une fonction hydroxylée et un groupement hydroxymé- sées dans la polyaddition par séchage air, le mécanisme de forma-
tion du feuil des peintures et vernis lui est comparable.
thyle (HO CH2 ) avec élimination d’eau et formation
d’une fonction éther :

3.3 Groupements chimiques


+ HO CH2 + H2O et caractéristiques des feuils
OH O CH2
Fonction éther
Ce qui différencie le séchage chimique air ou four du séchage
physique est que :
— une fonction hydroxylée et un groupement carboxylique
avec élimination d’une molécule d’alcool et obtention d’une — dans le premier cas, on initie la formation du film à partir de
nouvelle fonction ester : monomères et/ou de prépolymères de faible masse moléculaire
pour obtenir après réticulation une masse « infinie » ;
— dans le second cas, la formation du film nécessite l’utilisation
R O C + RO H de polymères de masses moléculaires élevées
OH O O C 200 000 < M < 1 000 000.
Le tableau 5 présente les principales propriétés physico-chimi-
O
ques des feuils de peinture et de vernis en fonction des groupe-
ments chimiques présents dans la chaîne principale du polymère.

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Tableau 5 – Propriétés physico-chimiques des feuils de peintures et vernis


en fonction des groupements chimiques présents dans la chaîne principale
du réseau macromoléculaire
Fonctions et liaisons chimiques Réseau macromoléculaire Séchage Caractéristiques
Alkydes Air Hydrolyse en milieu basique
C O Alkydes modifiées
Ester
O
Alkydes-aminoplastes Four Présence de liaisons éthers qui
Ester C O augmente la tenue aux liquides
(essence...)
O
Éther C O C

Époxydique Air Absence de fonctions hydrolysables


Éther C O C
Augmentation de la dureté
Four Augmentation de l’adhérence
Cycle aromatique

Hydroxyle OH
Polyuréthane Air Augmentation de la tenue
NH C O à l’extérieur : pas de photolyse
Uréthane Four par les UV donc absence de farinage
O
Acrylique Air Bonne tenue à l’extérieur :
Carbone-carbone C C Caoutchouc cyclisé pas de photolyse par les UV
Caoutchouc chloré
Acrylique Four Bonne résistance chimique
Carbone-carbone C C

Éther C O C

• alkydes courtes en huile à séchage four ( LH < 40% ) dont les


4. Propriétés des peintures applications sont pour l’essentiel celles des peintures industriel-
liquides les. Néanmoins, selon la nature chimique de l’acide gras, certai-
nes de ces résines sont utilisées dans le domaine des peintures à
séchage air ;
— la nature de l’huile ou de l’acide gras :
4.1 Peintures alkydes • les huiles siccatives : huiles de lin, de bois de chine,
• les huiles semi-siccatives : huiles de soja, de tall-oil, de car-
thame, de ricin déshydraté (castor oil ),
4.1.1 Peintures alkydes à séchage air • les huiles non siccatives : huile de coprah, de ricin.
Ce qui différencie ces huiles est pour l’essentiel la teneur en acide
gras et, par voie de conséquence, le nombre de doubles liaisons
4.1.1.1 Alkydes non modifiées
qu’elles renferment;
Les résines alkydes appartiennent au groupe des résines synthé- — la nature chimique des polyols (glycérol, pentaérithritol), des
tiques, obtenues par réaction chimique entre un polyol, un polya- polyacides (anhydride phtalique).
cide, un acide gras ou une huile, qui fait partie intégrante du poly- Les peintures préparées à partir de ces matières premières per-
mère. Les propriétés physico-chimiques de ces liants dépendent de mettent la fabrication de peintures primaires et de finition recouvra-
plusieurs paramètres : bles entre elles. Leurs principales propriétés se résument comme
— la longueur en huile (LH), c’est-à-dire la teneur pondérale en suit :
huile ou acide gras dans la résine qui permet de classer les alkydes — adhérence sur les supports métalliques à l’exception des sub-
en plusieurs catégories : jectiles zingués ;
• alkydes longues en huile à séchage air ( LH > 60 % ) utilisées — résistance aux solvants aliphatiques ;
dans le domaine du bâtiment, — sensibilité aux solvants chlorés, aux acides et aux bases ;
• alkydes moyennes en huile séchage air ( 40 % < LH < 60 % ) — souplesse et dureté superficielle du feuil variable selon le taux
utilisées principalement dans le domaine industriel notamment de pigmentation et la nature chimique des matières pulvérulentes
dans celui des peintures anticorrosion ; (pigments, charges).

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Tableau 6 – Caractéristiques générales des peintures alkydes modifiées par rapport


à leurs homologues non modifiés
Réaction sur les doubles Résine et/ou groupements Désignation Propriétés des peintures correspondantes
liaisons des chaînes grasses fonctionnels spécifiques (tendance générale)
insaturées
Styrène − alkyde styrénée — feuil possédant une meilleure résistance à
l’eau, aux alcalis ;
— séchage plus rapide ;
— dureté superficielle du feuil plus élevée ;
— solubilité du polymère dans les solvants
aromatiques, cétoniques et de type ester ;
— faible compatibilité avec les autres types
de liants.
Vinyltoluène − alkyde au vinyltoluène
Acrylate − alkyde acrylée — feuil de peinture moins jaunissant, moins
perméable ;
— séchage plus rapide ;
— bonne adhérence et souplesse sur support
en acier ;
— amélioration de la tenue chimique.
− Phénolique (5 à 10 %) alkyde phénolique — séchage rapide ;
— feuils souples utilisés en sous-couche ;
— augmentation de la dureté et de la résis-
tance à l’humidité du feuil.
− Époxydique ester d’époxy — résistance aux alcalis ;
— augmentation de l’adhérence ;
— dureté accrue du feuil de peinture.
Uréthane alkyde-uréthane — séchage rapide ;
— séchage possible par temps humide ;
— feuil résistant aux solvants ;
— résistance à l’abrasion élevée ;
Silicone (30 %) alkyde-silicone — bonne souplesse ;
— bonne résistance aux intempéries.
Silicone (< 30 %) — farinage du feuil et perte de brillant.
Nous noterons que ces propriétés dépendent essentiellement de la nature de la résine alkyde.

4.1.1.2 Alkydes modifiées


Les liants alkydes présentés précédemment peuvent être modifiés Tableau 7 – Propriétés comparées du liant alkyde
par : et du réticulant (urée-formol-mélamine-formol)
— des monomères tels que le styrène, le vinyltoluène, les acryla-
tes, c’est-à-dire des composés organiques dont la double liaison
peut réagir avec celles des chaînes grasses insaturées ; Constituant Propriétés apportées
— des résines comme les résines phénolique, époxydique et/ou
des composés organiques faisant intervenir des groupements fonc- Liant alkyde Adhérence, souplesse, brillant
tionnels spécifiques.
L’amélioration des propriétés des formulations de peinture com- Résines urée-formol Dureté
parativement à celle des alkydes non modifiées sont décrites et mélamine-formol Résistance à l’eau et aux agents chimiques
tableau 6. (durcisseur) Stabilité chimique après réticulation
Rapidité de séchage

4.1.2 Peintures alkydes à séchage four Les urée-formol et mélamine-formol sont insolubles dans les sol-
vants organiques. C’est pourquoi on procède à l’éthérification des
À côté des peintures alkydes traditionnelles à séchage air, l’utilisa- groupes méthylols (− CH2 OH) par un alcool et ce avec le butanol
généralement.
teur a à sa disposition des alkydes aminoplastes qui réticulent
sous l’action de la chaleur et ce pour des températures supérieures
à 100 − 120 °C. Les propriétés physico-chimiques des feuils de pein-
ture dépendront conjointement des propriétés des résines amino-
plastes (urée-formol ou mélamine-formol) ainsi que de celles des Les peintures alkydes aminoplastes trouvent des applications
liants alkydes. Le tableau 7 résume les principales propriétés appor- dans le domaine industriel :
tées par l’un et l’autre des constituants. Quant aux caractéristiques — alkyde/urée-formol : utilisation en sous-couche ;
des formulations, elles sont présentées tableau 8. — alkyde/mélamine-formol : utilisation en peinture de finition.

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4.2.2.1.1 À température ambiante


Tableau 8 – Caractéristiques générales des formulations :
alkydes-aminoplastes (tendances générales) Il s’agit des réactions avec des amines primaire, secondaire et des
mercaptans (R −SH).
Constituant Propriétés
Les principaux durcisseurs rencontrés industriellement sont :
Liants alkydes Bonne dureté superficielle du feuil
(importance de la de peinture — des polyamines aliphatiques telle la dipropylène triamine de
teneur en hydroxyles) : Bonnes propriétés mécaniques formule chimique H2N − (CH2)3 − NH−(CH2)3 − NH2 ;
— alkydes sans huile Absence de jaunissement du feuil
durant l’étuvage — des polyamines cycloaliphatiques comme l’isophorone dia-
— alkydes modifiées
Augmentation de l’adhérence mine
aux acides gras saturés Dureté superficielle accrue du feuil
naturels ou synthétiques de peinture H H
— alkydes modifiées Léger jaunisssement lors de l’étuvage H3C NH2
par de l’huile de ricin
déshydratée ou de soja H3C
H H
Aminoplastes : teneur 20 Les formulations sont généralement H H
à 30 % en masse par rap- de 80/20 et/ou 70/30. En effet, des
port au liant alkyde sec teneurs en durcisseur supérieures à H3C CH2 NH2
30 % en masse entraînent une augmen-
tation de la dureté superficielle du feuil — des polyamines aromatiques comme la diaminodiphénylmé-
de peinture mais une forte diminution thane (1) la xylènediamine (2) :
des caractéristiques mécaniques
Possibilité d’abaisser la température de durcissement par l’emploi
de catalyseur acide (vérifier préalablement que celui-ci ne diminue H2N CH2 NH2 (1)
pas la stabilité de la peinture).
Lors de la formulation nécessité de prendre en compte la réactivité
des résines urée-formol ou mélamine-formol qui, pour l’essentiel,
dépend du degré d’éthérification. Plus ce degré est élevé moins est NH2
réactive la résine aminoplaste.
CH2
(2)

4.2 Peintures époxydiques CH2 NH2

— des polyaminoamides tel le produit de condension obtenu à


4.2.1 Généralités partir de l’acide gras de tall-oil et la tétraéthylène pentamine (3) ou
celui synthétisé à partir du phénol, de l’aldéhyde formique et la
triméthylhexaméthylène diamine (4) :
Les liants époxydiques sont utilisés industriellement compte tenu
de leurs caractéristiques physico-chimiques et des propriétés intrin-
sèques des revêtements filmogènes après durcissement. Ils sont O
employés dans la formulation de peintures anticorrosion pour la (3)
protection des intérieurs de canalisation, des citernes, du matériel H31C17 C N (CH2)2 N (CH2)2 N
roulant et se présentent sous forme liquide (peintures solvantées,
sans solvant, en phase aqueuse), sous forme pulvérulente (peintu- H H H
res en poudre). La dégradation du polymère sous l’action du rayon-
(CH2)2 N (CH2)2 NH2
nement ultraviolet fait que, pour des épaisseurs inférieures à
100 µm, on préférera les utiliser comme peinture primaire. Néan- H
moins, pour protéger des structures métalliques dans des atmos-
phères agressives et où aucun effet décoratif n’est recherché ces
liants peuvent ne pas être recouverts par une peinture de finition.
Dans ce cas, les épaisseurs des feuils secs doivent au moins être CH3
égales voire supérieures à 500 µm. OH
CH2 NH (CH2)2 CH CH2 C CH2 NH2 (4)
CH3 CH3
4.2.2 Réactions spécifiques des fonctions
époxydiques et hydroxylées
Les caractéristiques usuelles liées à la structure chimique des
durcisseurs sont présentées tableau 9.
La présence simultanée des groupements époxydiques et
hydroxydés dans les polymères époxydiques permet des réactions
spécifiques. 4.2.2.1.2 À température supérieure à 100 °C

En outre la fonction époxydique est susceptible de réagir avec des


4.2.2.1 Fonction oxirane (époxydique) résines phénolique ou formophénolique (température comprise
entre 120 et 200 °C) selon le schéma réactionnel :
Ce groupement chimique réagit avec des composés chimiques
porteurs d’hydrogènes labiles ce qui permet la réticulation entre les HC CH2 + HO R CH CH2
chaînes polymériques. La densité du réseau macromoléculaire O
dépend, pour l’essentiel, de la structure du réticulant (durcisseur). HO O R

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Tableau 9 – Caractéristiques usuelles des principaux durcisseurs


Polyamine Adduct de polyamine Adduct de polyamine
Caractéristique polyamino-amide
aliphatique à longue chaîne aromatique
Basse viscosité Bonne flexibilité Bonne résistance aux acides Excellente adhérence
Bonne résistance Bonne résistance chimique minéraux Bonne flexibilité
Avantages chimique en général en général Bonne résistance aux solvants
Peu sensible à l’humidité
ambiante
Faible résistance aux Faible résistance aux acides Haute viscosité Très faible résistance aux acides
Limitations acides organiques organiques Faible résistance organiques
Durée de vie en pot courte aux solvants aromatiques

4.2.2.2 Fonction hydroxylée et affectent dans une moindre proportion les caractéristiques phy-
sico-chimiques du feuil de pointure.
La présence de fonctions hydroxylées dans la chaîne latérale du
polymère époxydique permet des réactions spécifiques avec : La présence d’un et/ou deux cycles époxydiques dans le diluant
— des polyisocyanates qui conduisent à l’obtention de fonctions réactif fait que celui-ci fait partie intégrante du réseau macromolécu-
uréthanes à température ambiante : laire et qu’il ne s’évaporera pas lors de la formation du film comme
un diluant liquide classique car la fonction époxydique réagira avec
CH + R N C O CH O C N R le durcisseur aminé.

OH O H
— des résines thermodurcissables contenant des fonctions 4.2.4 Peintures anticorrosion
méthylolées ( HOCCH 2 ) à température élevée avec formation de
fonction éther dans le réseau macromoléculaire :
■ En phase solvantée ( 50 % < ES < 60 % ) (ES : extrait sec pon-
CH + R CH2 OH déral)

OH CH + H2O Il est possible de formuler des peintures :

O CH2 R — insensibles à l’humidité par utilisation d’un durcisseur de type


adduct de polyaminoamide ;
— des composés carboxyliques portés par un acide organique
— à séchage rapide et très réactives à basse température par
(entre 200 et 300 °C) tels que acides gras d’huiles siccatives, semi-
l’emploi d’adduct de polyamine (exemple : adduct d’éthylène dia-
siccatives ou non siccatives en vue d’obtenir des esters époxydiques
mine).
à séchage air ou four. Les fonctions époxydiques participent elles
aussi à la réaction car elles sont considérées comme des fonctions
alcools secondaires ; ■ À haut extrait sec ( 65 % < ES < 85 % )
— des composés organiques, carboxylés (réaction d’alcoolyse) Durée de vie en pot longue et séchage long lors de l’utilisation des
créant des fonctions esters dans le réseau macromoléculaire selon durcisseurs de type adduct de polyaminoamide, d’adduct de polya-
le processus réactionnel : mine-imidazole.
CH + R C O R' Système à forte réactivité en présence de durcisseur de type poly-
aminoamide combiné avec un adduct d’amine.
OH O

CH + R' OH (alcool) ■ En phase aqueuse (émulsion)

O C R Durée de vie en mot supérieure à 3 h.

O Séchage physique court (25 à 30 min).

Forte réactivité.

4.2.3 Diluants réactifs époxydiques Température minimale de formation du film + 5 °C et ce en pré-


dans les peintures sans solvant sence d’un durcisseur aminé exempt d’amine libre et de solvant.

Si l’on souhaite diminuer la viscosité du mélange prêt à l’emploi


(base/durcisseur), des diluants réactifs renfermant des fonctions 4.2.5 Combinaisons des peintures époxydiques
époxydiques sont à la disposition du formulateur. avec d’autres liants
Les quantités ajoutées au mélange sont limitées car :
— les diluants monofonctionnels tels que le paratertbutylphényl- ■ Séchage air
glycidyléther, le 2 éthylhexylglycidyléther réduisent le degré de réti-
culation, ce qui a pour effet de diminuer la résistance chimique, la Les peintures époxydiques à séchage air sont compatibles avec
dureté, la résistance à la chaleur du feuil de peinture. d’autres résines tels le brai de houille, la résine cétonique. Le
— les diluants bifonctionnels comme, par exemple, le 1,6-hexane tableau 10 donne un aperçu des modifications des propriétés initia-
diglycidyléther réduisent de façon moindre le degré de réticulation les de ces peintures lors d’un ajout d’une autre résine.

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4.3.1.1 Réactions spécifiques du groupement cyanate


Tableau 10 – Principales caractéristiques des feuils
de peinture époxydique modifiés
ou non par une autre résine (tendance générale) 4.3.1.1.1 Hydrogène lié à un atome d’oxygène

Peinture Ajout Caractéristiques Les principales réactions chimiques qui entrent dans cette catégo-
époxydique d’une résine du feuil de peinture rie sont obtenues avec l’eau (5); les alcools (6), les acides organiques
(7) :
100 % − Bonne résistance :
époxydique — aux alcalis ; ■ Réaction avec l’eau :
— à l’eau ;
— aux produits chimiques (*).
60 % 40 % brai Diminution : R1N C O + H OH R1N C OH
époxydique de houille (5)
— de la réactivité donc H O
augmentation de la durée
de vie en pot ;
— de la résistance aux Nous obtenons un acide carbamique qui se décompose pour don-
solvants. ner une amine R1NH2 et un dégagement de dioxyde de carbone
Augmentation de la flexibilité (CO2).
90 % à 70 % 10 % à 30 % Diminution :
époxydique résine Cette amine peut à son tour réagir sur le cyanate pour donner une
— de la flexibilité ;
cétonique — de la résistance aux urée substituée :
solvants. NHR1
Augmentation de la résistance R1N C O + R1NH2 O C
à la rayure.
NHR1
(*) Résistance variable suivant la nature du durcisseur et du poly-
mère époxydique. urée substituée

■ Réaction avec les alcools :


■ Réticulation four (T > 100 °C)
R1N C O + H OR2 R1 N C OR2
Certaines résines peuvent être utilisées en association avec les (6)
liants époxydiques en tant qu’agent réticulant. Ne réagissant pas à (alcool) H O
la température ambiante, il est alors possible de réaliser des pro-
duits à un seul emballage qui, après réticulation au four, permettent
d’obtenir un revêtement filmogène. Les principales combinaisons Il y a formation d’uréthane (notons que les alcools primaires sont
avec les résines époxydiques sont l’utilisation : plus réactifs que les alcools secondaire et tertiaire).

— de résines aminoplastes (urée-formol − mélamine-formol) ; ■ Réaction avec les acides organiques :


— de résines phénoliques.
R1N C O + R2 C OH R1N C O C R2
Les premières sont utilisées dans le vernissage des emballages
(7)
de pièces diverses et les secondes sont employées comme vernis O H O O
d’impression du métal dans le domaine de la conserverie.

Il y a formation d’un anhydride qui, par décomposition, conduit à


une amide R1 N C R2 et à la formation de dioxyde de car-
4.3 Peintures polyuréthanes
H O
bone.
4.3.1 Séchage air
4.3.1.1.2 Hydrogène lié à un atome d’azote
Les peintures polyuréthanes à deux composants sont des prépa-
rations qui, après application et séchage, donnent des films renfer- Les réactions chimiques entre fonction cyanate et les amines pri-
mant, pour l’essentiel, des fonctions uréthanes. maires, les amides primaires (9), l’urée substituée (10) et l’uréthane
(11) sont décrites succinctement ci-après :
Ces fonctions chimiques sont le résultat de la réaction d’un poly-
isocyanate (durcisseur) sur un composé organique polyhydroxylé — réaction avec les amines primaires :
(base), c’est-à-dire des polymères renfermant des hydrogènes labi-
les. Ces peintures sont principalement utilisées dans le domaine des
H NHR1
peintures industrielles dont la spécificité dépend de la nature chimi-
que des composants. R1 N C O + N R2 O C (8)
H NHR2
Certaines d’entre elles sont des préparations monocomposantes
durcissant en présence de l’humidité de l’air et sont employées dans
le domaine du bâtiment (génie civil...). et formation d’urée substituée ;

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— réaction avec les amides primaires : conduisant à la formation d’allophanate substitué dans le milieu.

H Tout ou partie de ces réactions peut, selon le cas, apparaître dans


le milieu réactionnel lors de la formation du film de peinture.
R1 N C O + R2 C N
H Le tableau 11 indique les principaux polyisocyanates utilisés
O NHR1
100 °C industriellement.
O C (9)
NH C R2

O
Tableau 11 – Principaux polyisocyanates
et formation d’acylurée ; utilisés industriellement
— réaction avec l’urée substituée :

R1 N C O + R2 N C N R2 Base de synthèse Polyisocyanates

H O H
O
120 à 140 °C Base TDI Isocyanurate
R1N C NHR2 (toluylène di-isocyanate) Adduct avec le triméthylolpropane
(10) Prépolymère à fonctions isocyanates
C NHR2

O Base HDI Biuret


et formation de biuret ; (hexylène di-isocyanate) Isocyanurate
Prépolymère isocyanate
— réaction avec l’uréthane :

R1 N C O + R2 N C O R3 Base MDI Résine d’uréthane aromatique


O (diphénylméthane
H O di-isocyanate)
C OR3
(11)
R2N
C NHR1
Le tableau 12 permet de situer les caractéristiques et les principa-
O les utilisations de ces durcisseurs.

Tableau 12 – Domaines d’utilisation des principaux polyisocyanates


Applications
Base de
Type Caractéristiques
synthèse
1 2 3a 3b 3c 4 5a 5b 5c

Adduct Résistant aux produits chimiques x x − − − − x x −

Base Isocyanurate Séchage rapide − − − − − − x x −


Grande dureté
TDI Prépolymère Séchage plus ou moins rapide
selon la nature chimique − − − − − − − − x
du prépolymère
Biuret Pas de jaunissement
Tenue aux intempéries − x x − − x − − x
Base Stabilité du brillant
Isocyanurate Pas de jaunissement
Très bonne tenue aux intempéries − − x − x − x x −
Grande stabilité du brillant
HDI
Prépolymère Pas de jaunissement
Stabilité du brillant − x − − − − − − −
Résistant aux bases
Base Résine d’uréthane Grande élasticité − − − x − − − − −
MDI aromatique
1 Anticorrrosion 3c Peinture pour réparation véhicule
2 Industries : aéronautique, matériels ferroviaire et agricole 4 Matériaux plastiques
3a Peinture de finition pour véhicule 5a Bois
3b Peinture intermédiaire pour véhicule 5b Meuble
5c Parquet

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Tableau 13 – Domaines d’utilisation des principaux liants polyhydroxylés


Applications
Caractéristiques
1 2 3a 3b 4 5a 5b 6 7 8
Polyester ramifié Stable à la lumière − x − − − x − − − −
Résistant aux intempéries
Polyester peu ramifié Grande flexibilité − − − − x − − x − −
Résistant aux intempéries
Polyester ramifié x − − − − − x x − −
aux acides gras
Polyacrylates Stable à la lumière x x x x − − − − − −
Résistant aux intempéries
Polyéther ramifié Résistance élevée x − − − − − − − x −
aux produits chimiques
Liant époxydique Résistant chimiquement − − − − − − − − − x
Décontamination aisée
1 Anticorrosion 5a Bois
2 Industries : aéronautique, matériels agricole et ferroviaire 5b Meubles
3a Peinture de finition pour véhicule 6 Prélaquage (coil coating)
3b Peinture de réparation pour véhicule 7 Peintures sans solvant
4 Matériaux plastiques 8 Nucléaire

4.3.1.2 Polymères polyhydroxylés • réaction du polyisocyanate « régénéré » sur les hydrogènes


mobiles du polymère polyhydroxylé et formation des fonctions
Parmi les polymères polyhydroxylés que l’on peut utiliser uréthanes :
pour la fabrication des peintures polyuréthanes citons : les polyes-
ters, les polyacrylates, les polyéthers et les liants époxydiques. HO R1 OH + R0N C O
Le tableau 13 résume leurs principales caractéristiques et applica-
tions. R0N C O R1 O C N R0

H O O H
4.3.2 Séchage four
Les principales propriétés des peintures polyuréthanes à séchage
au four sont résumées tableau 14.
Les peintures polyuréthanes à séchage four sont des préparations
qui renferment dans le même emballage le polymère polyhydroxylé
et le durcisseur isocyanate bloqué, donc stable à la température
ambiante. Tableau 14 – Principales caractéristiques physico-
Le schéma réactionnel de formation du film peut se résumer chimiques des peintures polyuréthanes
comme suit :
Séchage Caractéristiques du feuil de peinture
— blocage de et/ou des fonctions isocyanates par exemple par un
composé phénolique : Air Bonne résistance aux solvants aromatiques
Bonne adhérence
20 °C Bonne tenue à l’extérieur
R0N C O + H O R0N C O Bonne résistance à l’eau, aux acides, aux alcalis
Four
H O
phényluréthane

— mélange du phényluréthane et du polymère polyhydroxylé : Les peintures polyuréthanes ont de nombreux domaines d’appli-
cation mais sont utilisées pour l’essentiel comme peinture de fini-
HO R1 OH R0N C O tion.

H O

— application du mélange sur le support métallique à tempéra- 4.4 Peintures acryliques


ture ambiante et cuisson à 150 °C. À cette température, il y a :
• régénération du polyisocyanate et dégagement de phénol :
Les peintures acryliques utilisées industriellement sont de deux
150 °C types :
R0N C O R0N C O + OH
— les peintures thermoplastiques en solution ou en émulsion ;
H O — les peintures thermodurcissables.

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4.4.1 Peintures thermoplastiques 4.4.2 Peintures thermodurcissables

4.4.1.1 Peintures en solution


Dans la mesure où les résines acryliques ou méthacryliques ren-
Les polymères qui entrent dans la préparation de ces peintures ferment des groupements fonctionnels spécifiques : hydroxylés,
sont synthétisés à partir des esters de l’acide acrylique ou métha- carboxylés, époxydiques, des réactions de réticulation sont possi-
crylique et ne renferment, dans leur chaîne principale, que des bles en vue d’obtenir un feuil de peinture insoluble dans les solvants
liaisons carbone-carbone. Ces liaisons covalentes de forte énergie usuels. Les principales réactions chimiques qui permettent l’obten-
font que ces polymères sont résistants à l’hydrolyse, à l’oxydation. tion de ces feuils de peinture sont les suivantes :
En outre, l’absorption faible dans le domaine de l’ultraviolet fait
qu’ils sont peu ou pas dégradés lors d’une exposition au soleil et a) pour les résines acryliques à fonction hydroxylée, la réaction
qu’ils ne jaunissent pratiquement pas. avec les résines mélamine-formol et les polyisocyanates ;
Généralement, ces résines en solution ne sont pas utilisées à l’état
pur mais en mélange avec d’autres polymères tels que les résines b) pour les résines acryliques à fonction carboxylique, la réaction
vinyliques, la nitrocellulose... avec les résines époxydiques, les résines formo-phénoliques et
mélamine-formol ;
4.4.1.2 Peintures émulsion
c) pour les résines acryliques à fonction carboxamide, la réaction
Ces liants, généralement des copolymères, sont principalement avec les liants époxydiques et les alkydes ;
utilisés dans le domaine des peintures bâtiment. La formation du
film procède de la coalescence, c’est-à-dire de la fusion à froid des d ) pour les résines acryliques à fonction époxydique, la réaction
entités polymériques. Selon la nature chimique de chaque entité et avec des acides, des polyamines.
leur proportion relative, une multitude de formulations peut être
réalisée. Les propriétés physico-chimiques dépendront, pour Quelques propriétés afférentes à ces peintures thermodurcissa-
l’essentiel, du copolymère utilisé dans la préparation du produit prêt bles sont décrites tableau 15. Le tableau 16 présente les propriétés
à l’emploi. comparées des acryliques thermoplastiques et thermodurcissables.

Tableau 15 – Caractéristiques physico-chimiques de quelques peintures acryliques thermodurcissables


Système Température Durabilité Résistance Propriétés Utilisations
Liant acrylique Réticulant de réticulation chimique mécaniques
(ACR) °C

(b )
Mélamine- Bonne Industrie
ACR C O formol 130 à 150 à Bonne Convenable (appareillage)
excellente
O H

(a )
Polyiso- Réparation
ACR C O cyanate 20 à 80 Excellente Bonne Excellente automobile
O R OH

(b )
Époxy- Bonne Industrie
ACR C O dique 150 Convenable à Bonne (appareillage)
excellente
O H

(c )
Bonne Vernis pour boîte
Époxy- 180 à 200 Bonne à Bonne de conserve
ACR C O dique excellente Appareillage industriel
HN CH2OH

Tableau 16 – Principales propriétés physico-chimiques comparées des peintures acryliques


thermoplastiques (TP) et thermodurcissables (TD)
Séchage Acrylique Caractéristiques du feuil de peinture
Bonne durabilité en œuvre
Air Thermoplastique Bonne propriété mécanique
(TP) Sensibilité aux solvants
Meilleur brillant que les TP
Four Thermodurcissable Résistance aux solvants supérieure à celle des TP
(TD) Dureté superficielle TD supérieure à celle des TP
Tenue chimique (acides/bases) TD supérieure à celle des TP
Seules les peintures thermodurcissables obtenues par réaction avec un polyisocyanate réticulent dès la température ambiante (≈ 20 °C)

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4.5 Les peintures vinyliques substitutions. Le produit final se présente sous forme d’une poudre
blanchâtre.
Ce polymère est fréquemment utilisé avec d’autres liants mais
4.5.1 Peintures à base de polychlorure de vinyle doit être obligatoirement plastifié :
— liants alkydes ;
Compte tenu de sa très faible solubilité dans les solvants usuels, — liants acryliques ;
le chlorure de polyvinyle n’est pas utilisable en l’état dans les pein- — liant à base de caoutchouc cyclisé ;
tures et vernis. Néanmoins, ce polymère peut être dispersé en fines — liants hydrocarbonés aromatiques.
particules :
— dans un milieu organique partiellement ou totalement volatil
ce qui permet d’obtenir des organosols ; 4.6.2 Caoutchouc cyclisé
— dans un milieu organique, généralement un plastifiant, pour
donner des plastisols dont la viscosité est plus élevée que celle des À côté du caoutchouc chloré, on trouve le caoutchouc cyclisé
organosols. obtenu lui aussi à partir du caoutchouc naturel lequel est dissous
Ces peintures sont principalement utilisées dans le domaine du dans un hydrocarbure anhydre en présence d’un catalyseur acide lui
prélaquage où le feuil continu est obtenu par fusion à chaud des aussi anhydre.
entités polymériques. Ces préparations n’adhèrent pas directement Le caoutchouc cyclisé se présente sous la forme d’une masse
sur le métal ce qui nécessite préalablement l’application d’une pein- dure, ambrée et friable qui doit être plastifiée si l’on souhaite obtenir
ture primaire. Celle-ci doit présenter une grande résistance aux sol- un revêtement filmogène adhérent et continu sur le matériau.
vants et/ou aux plastifiants.

Parmi les plastifiants utilisés industriellement on trouve :


4.5.2 Peintures à base de poly(acétochlorure — les composés chimiquement inertes (paraffines chlo-
de vinyle) rées...) ;
— les composés saponifiables (plastifiants monomères de
type ester).
La copolymérisation de l’acétate vinyle avec le chlorure de vinyle
On notera également que les principales caractéristiques de
permet l’obtention d’une gamme importante de peintures aux pro-
ces composés sont :
priétés variées selon la proportion relative de chacun des monomè-
— leur compatibilité avec le polymère ;
res. Ces peintures, pour l’essentiel, sont utilisées dans la protection
— leur inertie chimique ;
des supports métalliques en raison de leur grande inertie aux pro-
— leur solubilité dans les solvants du polymère.
duits chimiques.
Malgré leur souplesse, les peintures à séchage air doivent être
plastifiées dans la plupart des cas.
4.6.3 Propriétés comparées des peintures
Les principales propriétés physico-chimiques sont présentées au caoutchouc cyclisé et chloré
tableau 17.
Les propriétés physico-chimiques comparées sont présentées
tableau 18.
Tableau 17 – Propriétés des feuils de peintures vinyliques
Séchage (*) Caractéristiques du feuil de peinture
Tableau 18 – Propriétés physico-chimiques comparées
Air Résistance aux intempéries des peintures au caoutchouc chloré
Peu ou pas attaqué à température ambiante et au caoutchouc cyclisé
par les acides minéraux, les bases fortes
Bonne souplesse Caractéristiques du feuil de peinture
Feuil thermoplastique
Résistance au vieillissement
Sensible aux solvants cétoniques, chlorés Propriétés Caoutchouc Caoutchouc
chloré cyclisé
(*) Possibilité selon les besoins d’étuver les peintures vers 160

air
à 175 °C en présence de résines époxydiques, mélamine-formol, Solubilité aromatiques aromatiques
urée-formol. Les feuils obtenus restent souples mais appartien- aliphatiques
nent à la catégorie des thermodurcissables.
Stabilité T = 90 °C T > 230 °C *

Séchage
thermique
Résistance acides/bases/ acides/bases
4.6 Peintures au caoutchouc chloré alcools
et au caoutchouc cyclisé Perméabilité à peu peu
la vapeur d’eau
* non en continu
4.6.1 Caoutchouc chloré

Le caoutchouc naturel est un hydrocarbure insaturé contenant


Les principales utilisations de ces polymères compatibles avec la
essentiellement de l’isoprène. Le caoutchouc chloré est donc obtenu
plupart des pigments sont :
par traitement du caoutchouc naturel en solution dans le tétrachlo-
rure de carbone par du chlore. Durant cette opération, les réactions — les peintures anticorrosion pigmentées à la poussière de zinc ;
qui se produisent comprennent des cyclisations, des additions, des — les peintures anticorrosion résistant aux bases et aux acides.

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4.7 Peintures et vernis sans solvant : 4.7.2.3 Époxyacrylates


réticulation sous rayonnement Les prépolymères résultent de la réaction d’estérification des
ultraviolet groupes époxydiques du diglycidyléther du bisphénol A par l’acide
acrylique dont les doubles liaisons sont situées aux extrémités de la
chaîne moléculaire. Ces prépolymères possèdent une haute réacti-
vité et une viscosité élevée à température ambiante.
4.7.1 Généralités Leur formule générale s’écrit :
CH3
La photoréticulation sous l’action du rayonnement UV consiste en
l’ouverture de la double liaison présente dans les prépolymères et H2C CH C O CH2 CH CH2 O C O
monomères insaturés. Les prépolymères, selon leur structure chimi-
que, confèrent au feuil de peinture ses principales caractéristiques O OH CH3
physico-chimiques (souplesse, dureté, résistance chimique) quant
au monomère son rôle essentiel est de permettre de régler la visco- CH2 CH CH2 O C CH CH2
sité lors de l’application du produit fini. Ce composé participe à la
réaction de polymérisation et fait partie intégrante du réseau macro- OH O
moléculaire. Il sera choisi avec soin, car il influera sur la vitesse de
polymérisation.
4.7.2.4 Polyesters acrylates
Ces prépolymères sont synthétisés par polycondensation d’un
diacide et d’un polyol (diol). La formule générale a pour expression :
4.7.2 Principaux prépolymères utilisés
dans l’industrie R C O CH2 CH CH2 O C CH CH2

O OH O
4.7.2.1 Polyéthers acrylates
Les caractéristiques physico-chimiques de ces polyesters-acryla-
Ces prépolymères sont principalement caractérisés par leur tes dépendent de la nature chimique des diol et diacide, de la lon-
dureté et leur résistance à l’abrasion. Ils ont des viscosités plus bas- gueur de la chaîne polyester ainsi que du nombre d’insaturations
ses que celles des oligomères époxydiques ou uréthanes. Leur for- dans la chaîne du prépolymère.
mule générale s’écrit : L’ensemble des principales propriétés de ces prépolymères est
présenté tableau 19.
H2C C O CH2 CH O C CH CH2

H CH3 O
4.7.3 Présentation des monomères de dilution

4.7.2.2 Uréthanes acrylates Le principal rôle de ces composés organiques est de permettre de
régler : la viscosité des produits prêts à l’emploi ainsi que la densité
Ces prépolymères sont obtenus par réaction d’un di-isocyanate de réticulation du feuil durci. Les principales caractéristiques de ces
sur un composé polyhydroxylé, puis sur un acrylate hydroxylé. Les monomères sont :
propriétés de ces composés organiques dépendent de la nature chi- — de posséder une bonne réactivité ;
mique du di-isocyanate, de la nature du groupement chimique R : — de dissoudre le prépolymère ainsi que le système photo-initia-
polyéther, polyester, copolymères acryliques. Ces prépolymères teur ;
répondent à la formule générale : — d’avoir un point d’ébullition élevé de manière à ne pas s’éva-
porer durant l’irradiation sous le rayonnement UV ;
R O C N R' N C O (CH2)n O C CH CH2 — d’être non toxiques ;
— de permettre l’obtention de feuils ayant de bonnes propriétés
O H H O physico-chimiques.

Tableau 19 – Propriétés comparées des prépolymères et/ou oligomères, doc. UCB


Prépolymères et/ou oligomères Inconvénients Avantages
Polyéthers acrylates − Bonne dureté
Bonne résistance à l’abrasion
Uréthanes acrylates Viscosité très élevée Très bonne résistance chimique
Haute flexibilité
Excellentes propriétés mécaniques
Excellente résistance à l’abrasion
Réactivité élevée
Époxy acrylates Manque de flexibilité Bonne adhérence
Viscosité élevée Bonne résistance chimique
Jaunissement Réactivité élevée
Farinage
Polyesters acrylates Faible réactivité Prix peu élevé
Mauvaise tenue à l’extérieur
Flexibilité faible

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Les principaux monomères de dilution appartiennent à la classe ■ Systèmes pigmentés (Irgacure 907 ®)
des acrylates : monoacrylates, diacrylate tri et tétraacrylates dont les
propriétés sont présentées tableau 20.
CH3

H2CS C C N O
Tableau 20 – Propriétés comparées des monomères O CH3 CH3
de dilution, doc. UCB hν
H2CS C + C N O
Monomère Avantages Inconvénients CH3
O
Monoacrylates Bon pouvoir solvant Faible volatilité mais
Diminution de la suffisante pour 2−méthyl-1 (-4 (méthylthio) phényl) 2-morpholino propane 1-one
densité de réticu- émettre une odeur λ absorption = 320 à 325 nm
lation donc augmen- Diminuent la réac-
tation de la flexibilité tion des formu- ■ Systèmes polyesters insaturés/styrène (Irgacure 651®)
du feuil lations
Diminuent la résis-
tance à l’abrasion du O OCH3 O OCH3
feuil

Diacrylates Bon pouvoir solvant Irritants C C C + C
Bonne réactivité
Faible volatilité OCH3 OCH3

Tri et tétraacrylates Réactivité supérieure Assurent peu de sou- 2-2 diméthoxy-2 phényl acétophénone
aux diacrylates plesse aux feuils.
Grande dureté Le fabricant retient λ absorption = 330 à 340 nm
du feuil tel ou tel monomère Ce photo-initiateur est utilisé lorsque le non-jaunissement du sys-
Résistance en fonction de la tème n’est pas important.
aux solvants destination du
produit. ■ Composé utilisable dans les systèmes en phase aqueuse
(Irgacure 295 ®)

4.7.4 Présentation des systèmes photo-initiateurs O CH3


et photosensibilisateurs
HO (CH2)2 O C C OH
Les photo-initiateurs fonctionnent par photoscission intramolécu- CH3
laire. Parmi ceux-ci on distingue : CH3

— les dérivés de l’acétophénone ; HO (CH2)2 O C + C OH
— les éthers de la benzoïne ;
O CH3
— les dérivés halogénés.
Les photosensibilisateurs, quant à eux, ne sont « actifs » qu’en 4 - (2 hydroxyéthoxy) phényl-(2hydroxy-2 méthyl propyl) cétone
présence d’un donneur d’hydrogène appelé encore coinitiateur. Les λ absorption = 320 à 330 nm
principaux coinitiateurs sont essentiellement des amines tertiaires
Les formulations issues de ces matières premières sont principa-
possédant des hydrogènes actifs en position α de la chaîne carbo-
lement utilisées sur des supports plans dans le domaine du bois,
née :
des métaux, des matériaux plastiques.
R1 N CH2 R3

R2
4.8 Peintures primaires réactives
Quelques exemples d’obtention de ces radicaux présentés ci-
après sont extraits de la documentation technique de la Société
Ciba. Les peintures primaires réactives (PPR) ou wash-primers sont des
préparations fluides destinées à être appliquées sur des surfaces
■ Systèmes non pigmentés minces (Irgacure 500 ®) métalliques exemptes de souillures (graisse, rouille...) afin de favo-
riser l’adhérence de la première couche de peinture sur laquelle elle
sera appliquée. Ces peintures primaires réactives ne doivent pas
être considérées comme des peintures primaires anticorrosion mais
O
plutôt comme un traitement de surface dont le rôle essentiel est la
C + C modification de l’interface du métal (par création de composés à
HO base de phosphates métalliques dont le rôle est d’augmenter l’adhé-
O rence de la couche de peinture primaire). Notons que, après
1–hydroxycyclohexyl phénylcétone benzophénone séchage, il faut recouvrir ces peintures primaires réactives dans les
plus brefs délais.
λ absorption = 375 à 390 nm
Ces préparations existent sous deux formes : bicomposantes ou
O monocomposantes. Les produits à deux composants, les plus cou-
hν ramment utilisés, sont constitués d’une solution de butyral polyvi-
C +
nylique pigmentée au tétra-oxychromate de zinc, d’une solution
HO
alcoolique d’acide orthophosphorique, lequel doit être exempt de

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fer, et sont utilisables sur la plupart des métaux usuels (acier, acier — les peintures époxydiques à deux composants, silicate
galvanisé...). Ces solutions sont appliquées généralement au pisto- d’éthyle, silicates alcalins. Les épaisseurs des feuils secs sont com-
let sous des épaisseurs sèches comprises entre 7 et 12 µm et ce sur prises entre 15 et 20 µm ;
des surfaces métalliques exemptes d’humidité. — les peintures à base d’oxyde de fer dispersé dans le liant buty-
ral polyvinylique assurant une protection temporaire (épaisseur du
Quelques précautions doivent être prises lors de l’utilisation de feuil sec 20 µm) ou dans un liant époxydique à deux composants
ces produits fluides dont la durée de vie en pot n’excède générale- sous des épaisseurs de 20 µm.
ment pas 6 heures. Après ce laps de temps :
En règle générale, ces préparations possèdent une bonne adhé-
— ne pas ajouter un excès d’acide orthophosphorique qui provo- rence sur le métal et sont compatibles avec de nombreuses peintu-
querait une dégradation en profondeur de la surface métallique res.
avant que ne se forme le dépôt de phosphates métalliques ; Les principales propriétés que doivent posséder ces primaires
— ne pas ajouter d’eau car cela provoquerait la précipitation des d’atelier sont :
phosphates métalliques entraînant la formation de précipités flo- — une bonne soudabilité ;
conneux non adhérents ; — une bonne adhérence sur le substrat métallique en acier ;
— ne pas ajouter d’hydrocarbures, ceux-ci provoquant la précipi- — un séchage rapide ;
tation du butyral polyvinylique. — une résistance mécanique suffisante ;
— une bonne compatibilité avec la couche de peinture ultérieure.
L’extrait sec pondéral de ces préparations est compris entre 10 et
15 %.
La plupart des peintures sont compatibles avec les peintures pri-
maires réactives, c’est le cas des peintures époxydiques à deux
4.10 Prélaquage
composants séchant à l’air.
Tous les matériaux livrés en bande sont susceptibles d’être préla-
qués : acier laminé à froid, acier galvanisé, aluminium.
4.9 Peintures primaires d’atelier Cette opération consiste, après un traitement de surface du sup-
port métallique, d’appliquer une peinture primaire et une peinture
à séchage air de finition de manière à augmenter la longévité du subjectile.
La peinture primaire de type époxydique et/ou vinylique est dépo-
sée sur les deux faces du matériau sous quelques micromètres
On désigne par primaire d’atelier (shop-primers), la première cou- d’épaisseur ( 5 µm < e < 10 µm ) . Quant aux peintures de finition,
che de peinture appliquée en atelier sur les subjectiles métalliques elles sont de nature chimique différente selon leur destination.
avant que ne soient appliquées les autres couches de peinture.
Le tableau 21 résume les principales propriétés et performances
Les principales familles utilisées industriellement sont : des produits prélaqués disponibles sur le marché.

Tableau 21 – Propriétés et performances des produits prélaqués

Épaisseur Performances Résistance Tenue aux


Produit Utilisations
µm secs mécaniques chimique intempéries

Acryliques ......................................... 20 à 25 Moyennes Bonne Très bonne Utilisation en extérieur


Bâtiments de longue durée
Usage général
Acryliques silicones ......................... 20 à 25 Moyennes Bonne Très bonne

Polyesters ......................................... 20 à 25 Bonnes Bonne Bonne Exposition extérieure

Polyesters silicones ......................... 20 à 25 Bonnes Bonne Très bonne Usages généraux

Polyvinyles fluorés [PVDF : Exigences élevées pour


poly(fluorure de vinylidène)] ......... 20 à 25 Excellentes Excellente Excellente extérieurs et formage

Liants vinyliques en solution .......... 20 Très bonnes Moyenne Médiocre Pour formages difficiles

Liants vinyliques organosols .......... 20 à 50 Très bonnes Très bonne Bonne Pour formages difficiles
+ résistance à l’usure

Plastisols ........................................... 100 à 400 Bonnes Très bonne Très bonne Usages extérieurs
pour atmosphère industrielle
Résistance à l’abrasion

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5. Peintures en poudre Tableau 22 – Propriétés des peintures en poudre


thermodurcissables thermodurcissables époxydiques

Poudres Avantages Inconvénients

5.1 Principales peintures en poudre Liant époxydique Très bonne Farinage à l’extérieur
résistance chimique sous l’action
+ Très bonnes perfor- des ultraviolets
mances mécaniques Jaunissement
Les peintures en poudre thermodurcissables, préparations pulvé- durcisseur aminé (choc-adhérence) du feuil en cas
rulentes exemptes de solvant, sont très largement utilisées indus- de surcuisson
triellement. Parmi celles-ci, on distingue les poudres époxydiques,
et Grande souplesse Jaunissement à la
les poudres époxypolyesters (poudres hybrides ou mixtes), les pou- de formulation chaleur et sous
dres polyesters, les poudres acryliques et polyuréthanes. Liant époxydique de mate à brillant l’action des UV
Lors du choix d’une de ces peintures, il sera impératif de prendre +
en compte les paramètres suivant :
durcisseur
— qualité du support : inertie thermique variable selon la compo- phénolique
sition chimique et son épaisseur ;
Les températures de polymérisation, désignées sous le vocable
— préparation de la surface métallique ; température de cuisson, sont habituellement 5 min à 180 °C,
— formulation de la peinture en poudre : mate, satinée ou 10 min à 160 °C. Des cuissons rapides sont possibles à des
brillante ; températures élevées de l’ordre de 200 à 210 °C (valeurs données
à titre indicatif).
— destination du matériau peint ;
— épaisseur du feuil de peinture.
5.1.2 Poudres époxypolyesters
5.1.1 Poudres époxydiques Ces poudres sont obtenues par réaction des groupements car-
boxyliques sur les groupements oxiranes des résines époxydiques.
Le liant utilisé pour la fabrication de ces poudres sont des résines L’enchaînement macromoléculaire obtenu lors de la formation
époxydiques dont la réticulation est assurée principalement par des des feuils est présenté figure 11. Quant aux principales propriétés
durcisseurs de type phénolique et aminé (tableau 22 et figure 10). physico-chimiques elles sont citées dans le tableau 23.

OH OH

R O CH2 CH CH2 CH2 CH CH2 O R

N C N C N
H2N C NH C N
R O CH2 CH CH2 N CH2 CH CH2 O R
NH
OH OH
R O CH2 CH CH2
O
HO OH OH OH

CH2 R O CH2 CH CH2 O O CH2 CH O R

CH2

Figure 10 – Poudre époxydique

OH

R O CH2 CH CH2 O C R1 C O
R O CH2 CH CH2
O HO C R1 C OH O O OH
C
O O O O CH2 CH CH2 O R
C
O OH

Figure 11 – Poudre époxy-polyester

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Tableau 23 – Propriétés des peintures en poudre


thermodurcissables époxypolyesters
O O
Poudre Avantages inconvénients HO OH
O C O O
Liant époxydique Très bonnes perfor- Farinage à l’extérieur C O O
mances mécaniques Jaunissement sous OH C
O
+ (choc-adhérence) l’action du rayonne- C O O
Bonne résistance chi- ment ultraviolet
durcisseur mique Résistance à la O
polyester Jaunissement moin- corrosion plus faible
carboxylé dre à la surcuisson que les poudres (Anhydride phtalique)
que les poudres époxydiques
époxydiques Figure 12 – Poudre polyester
Bonne dureté
de surface
Résistance à la sur-
cuisson supérieure groupements chimiques époxydique du triglycidylisocyanurate et
à celle des poudres un polyester carboxylé.
époxydiques
La réticulation des poudres époxypolyesters est obtenue à 180 °C L’enchaînement macromoléculaire obtenu lors de la formation du
(cuisson environ 6 min) ou à 160 °C (cuisson environ 8 min) feuil est représenté figure 13. Quant aux principales propriétés phy-
sico-chimiques elles sont présentées tableau 24.
Des études sur le comportement mutagène du TGIC sur des sou-
ris ont obligé son remplacement par d’autres types de durcisseurs.
Notons que les revêtements époxydiques et époxypolyesters C’est pourquoi des polyesters sans triglycidylisocyanurate ont fait
sont sensibles et peu résistants aux solvants cétoniques (méthy- leur apparition dans le domaine de l’architecture :
léthylcétone), au trichloréthylène.
— polyester carboxylé réticulé par le tétrabétahydroxylalkyla-
mide (HAA) ;
5.1.3 Poudres polyester et polyester-TGIC — polyester hydroxylé réticulé par le tétraméthoxyméthylgluco-
lurile (TMMGU).
5.1.3.1 Poudre polyester
Les feuils de peinture en poudre thermodurcissable polyester 5.1.4 Poudres acryliques
sont obtenus par réaction chimique entre un polyester polyhy-
droxylé et un durcisseur type anhydride d’acide (figure 12).
Les peintures en poudre de type acrylique sont obtenues par réac-
tion des groupements fonctionnels carboxyliques sur les cycles
5.1.3.2 Poudre polyester-TGIC
époxydiques portés soit par un époxy-acrylate, soit par un polymé-
Les peintures en poudre polyester-TGIC (triglycidylisocyanurate), thacrylate glycidilique. Les propriétés de ces poudres sont présen-
quant à elles, donnent des feuils par réaction chimique entre les tées tableau 25, les enchaînements moléculaires figure 14.

O
O O
C
HOOC COOH N N CH2 CH CH2 O C C O

C C OH
COOH (Polyacide) O O C O
N
+ O

C
H2C CH H2C N N CH2 CH CH2
O O
C C
O N O

CH2

HC
O
H2 C

Figure 13 – Polyester-TGIC

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Tableau 24 – Propriétés comparées des polyester Tableau 25 – Principales propriétés des poudres acryliques
et polyester-TGIC
Poudre Avantages Inconvénients Poudre Avantages Inconvénients
Polyester Très grande dureté Résistance à la
de surface corrosion inférieure Polyméthacrylate (*) Tenue à l’extérieur variable Performances
+ à celle des poudres glycidylique selon le polymère de base mécaniques
Absence de jaunisse- époxydiques inférieures à
anhydride ment en continu pour + Très bonne résistance au celles des
phtalique des températures rayonnement ultraviolet autres poudres
(durcisseur) comprises entre polyacide
150 et 200 °C carboxylique Bonne résistance à la
et (durcisseur) corrosion mais inférieure
Très bonnes à celle des poudres
(*) polyester performances et époxydiques
mécaniques
+ Très bonne tenue Époxy-acrylate Bonne résistance chimique
à l’extérieur
TGIC (durcisseur) + Pas de jaunissement
Très bonne résistance à la sur-cuisson
chimique polyacide
carboxylique Bonne dureté de surface
(*) Prépondérant sur le marché (durcisseur)
Les températures sont 200 °C pendant 7 à 10 min ou, pour des
cuissons basses températures, 160 °C durant des temps supé-
rieurs à 10 min. (*) Utilisation dans le domaine électroménager au Japon

O C O

R C O CH2 CH CH2 R C O CH2 CH CH2 O C C


O HOOC COOH
O O OH O O
COOH

a polyméthacrylateglycidilyque

R R

C C
O O CH2 CH CH2 O O CH2 CH CH2 O C (R1) C O
O HOOC (R1) COOH
OH O O

b époxy-acrylate

Figure 14 – Poudres acryliques

5.1.5 Poudres polyuréthanes 5.1.6 Comparaison des peintures en poudre

Afin d’évaluer et de comparer le comportement des différentes


Ces peintures poudre sont le résultat de la réaction chimique peintures en poudre le tableau 26 résume les principales propriétés
entre un polyester polyhydroxylé en présence d’un durcisseur physico-chimiques. Les essais sont réalisés sur un même type de
(adduct bloqué au caprolactame). Les principaux avantages sont support ayant reçu préalablement le même traitement de surface
principalement une très bonne tenue à l’extérieur ainsi que de très ainsi que la même qualité de poudre.
bonnes performances chimiques et mécaniques. L’inconvénient
principal est le dégagement de caprolactame lors de la formation du
feuil sur le support. En effet, le polyisocyanate est bloqué chimique-
ment sur la caprolactame. À température ambiante, ce composé 5.2 Principales utilisations des poudres
chimique dénommé « adduct de polyisocyanate bloqué au
caprolactame » est stable.
thermodurcissables
Lors de l’élévation de la température l’adduct libère le polyisocya-
nate qui réagit avec les hydrogènes mobiles de la base polyhydroxy- 5.2.1 Domaine de la protection
lée et régénère la caprolactame sous forme de dégagement gazeux.
Les peintures en poudre thermodurcissables ont pour
La figure 15 présente l’enchaînement macromoléculaire obtenu « vocation » la protection des subjectiles conducteurs et sont appli-
lors de la cuisson de ces peintures. Ces poudres sont principalement quées en monocouche par pistolage électrostatique sous des épais-
utilisées au Japon et aux États-Unis, peu ou pas en Europe. seurs comprises généralement entre 80 à 100 µm.

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O C N (R ) N C O O
HO OH
O
OCN (R ) NCO O H H O
OH C O
adduct de polyisocyanate
bloqué au caprolactame O C N (R ) NH

O H
a polyester

R2 O C N R N C O

O H H O
R1 CH CH R1 R1 HC CH R1
OCN (R ) NCO
OH OH O O C N R N C O
R2 OH
O C O H H O

H N R N C O

H O
b polyméthacrylate polyhydroxylé

Figure 15 – Poudres polyuréthanes

Tableau 26 – Propriétés physico-chimiques comparées des feuils de peinture en poudre


Époxydique Époxypolyester Polyester Polyuréthane Acrylique
Résistance chimique ....................... Excellent Bon à très bon Bon à très bon Très bon Bon à très bon
Flexibilité ......................................... Excellent Excellent Excellent Excellent acceptable à bon
Dureté de surface ............................ Excellent Très bon Très bon Très bon Bon à très bon
Tenue au quadrillage (*) ................. Excellent Très bon Très bon Très bon Très bon
Résistance aux UV .......................... Mauvais Mauvais à acceptable Très bon à excellent Très bon à excellent Très bon à excellent
Résistance à la corrosion .............. Excellent Bon Bon Bon à très bon Bon
Résistance à la surcuisson ............. Mauvais Bon Excellent Bon Bon
(*) Souvent appelé improprement « adhérence »

Le tableau 27 précise leurs principaux domaines d’utilisation. — zingage à froid ou électrolytique ;


— zingage par sublimation ou shérardisation ;
— zingage par pulvérisation ou métallisation ;
5.2.2 Domaine des poudres à effets spéciaux — zingage à chaud ou par immersion ;
— peintures riches en poussière de zinc (PRZ).
À côté des peintures en poudre mises en œuvre pour protéger les
subjectiles, des poudres décoratives, dites à effets spéciaux, ont été Seules ces dernières retiendront notre attention. En effet ces
mises sur le marché. Le tableau 28 présente succinctement ces pro- peintures doivent répondre, dans leur conception, à des caractéristi-
duits dont les formules sont différentes de celles décrites au para- ques rigoureuses tant au niveau de leur formulation que de la mor-
graphe 5.2.1. phologie de la poussière de zinc. D’une manière générale, la
formulation de ces peintures répond aux critères généraux
suivants :
— teneur en poussière de zinc élevée (teneur pondérale comprise
6. Peintures à base entre 90 et 95 % ce qui équivaut à une teneur volumique de 60 à
70 % dans le feuil sec) ;
de poussière de zinc — morphologie et répartition granulométrique appropriée en
fonction des conditions d’application et de l’utilisation désirée ;
— liant insaponifiable de façon à éviter toute réaction chimique
avec la poussière de zinc.
6.1 Généralités
Ces peintures sont formulées à partir de poussières de zinc dont
la teneur en métal est de l’ordre de 99,7 %. Celles-ci sont obtenues
Le zinc a pour principale propriété de protéger l’acier cathodique- par distillation du zinc fondu, condensation sous gaz inerte dans des
ment, c’est-à-dire que, dans un milieu agressif, il s’oxydera préfé- chambres de récupération et ce de manière à éviter leur contamina-
rentiellement. Plusieurs technologies permettent cette protection : tion par des sels solubles tels que les chlorures, les sulfates.

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Tableau 27 – Utilisations des peintures en poudre


Nature chimique de la poudre Domaines d’utilisation
Époxydique Protection des éléments métalliques contre la corrosion (poutres et poutrelles en acier)
Éléments de fonderie (vannes)
Protection anticorrosion dans le domaine automobile : ressorts, barres de torsion...
Enrobage des fers à béton
Protection extérieure des oléoducs
Époxypolyester Extincteurs
Appareils de chauffage (radiateur, convecteur, chaudière)
Mobilier métallique
Matériel électroménager (lave-vaisselle, réfrigérateur, lave-linge, four à micro-ondes)
Polyester-TGIC Laquage des profilés en aluminium
Mobilier de jardin
Machines agricoles
Pièces pour l’industrie automobile

Tableau 28 – Peintures en poudre à effets spéciaux


Poudre Revêtement Utilisation But
Grainé Mobilier de bureau Masquer les légers défauts de surface
Appareillages médicaux
Appareillage électronique
Texturé Mobilier de bureau Masquer des défauts de surface :
Poudres structurées Appareillage électronique — points de soudure ;
Coffrets électriques — défauts de tôlerie ;
— défauts de meulage ;
— défaut de fonderie
Martelé Matériel électrique −
Métallisé Accessoires de sport (bâtons et fixation de skis) −
Accessoires pour l’automobile (jantes)
Mobilier urbain
Poudres lisses
Transparent et/ou coloré Accessoires pour le cycle −
Lunetterie
Revêtement décoratif sur verre

6.2 Liants organiques liquide. Les réactions conduisant à la formation du film de peinture
peuvent se résumer comme suit :

Les feuils de peinture sont obtenus soit par séchage chimique – réaction d'hydrolyse :
(liant époxydique), soit par séchage physique (caoutchouc chloré, Si (OEt)4 + H2O Si (OEt)3 OH + Et OH
caoutchouc cyclisé, ester-époxydique). Dans les deux cas, il y a éva-
poration des solvants lors de la formation du feuil. Le tableau 29 Et C2H5
résume l’ensemble des peintures PRZ utilisées industriellement.
– réaction de condensation :
Si (OEt)3 OH + Si (OEt)3 OH
6.3 Liants inorganiques : silicates alcalins (OEt)3 Si O Si (OEt)3 + H2O

Ces silicates de formule générale (Si, O2, M2O, n H2O) contiennent – réaction de polycondensation :
entre 20 et 25 % (en masse) de silice et ne diffèrent les uns des (OEt)3 Si O Si (OEt)3 + H2O OEt
autres que par la nature chimique du métal alcalin (M) qui entre
dans leur composition. La formation du feuil de peinture sur le sub- (OEt)3 Si O Si OH + Si(OEt)4
strat métallique débute par une réaction de déshydratation suivie
d’une réaction chimique entre la poussière de zinc et le liant inorga- OEt
nique. Après séchage air ou étuvage, le mélange « poussière de
zinc-silicate alcalin » conduit à la formation de silicates complexes
OEt OH O Si
de formule générale : (Zn Si O3, Zn (M)2, Si2 O6).
HO Si O Si O Si

6.4 Liants organominéraux : OEt O O Et


silicates d’éthyle
Si

Les silicates organominéraux utilisés industriellement sont des


liants à base de silicate d’éthyle qui, contrairement aux précédents,
sont peu réactifs vis-à-vis de la poussière de zinc dans la peinture (schéma simplifié car possibilité de cyclisations)

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peinture. Ces anomalies sont dues, pour l’essentiel, à des conditions


Tableau 29 – Liants utilisés dans la formulation d’application et/ou une insuffisance de la préparation de surface
des peintures riches en poussière de zinc avant recouvrement. Le tableau 30 n’a pour objet que de présenter
Liants Nature chimique des composants les principales anomalies et leurs causes possibles.
Liants inorganiques Liants : silicates alcalins La figure 16 illustre ces anomalies.
Pigment : poussière de zinc
Liants Liants : silicates d’éthyle
organominéraux Pigment : poussière de zinc
Liants organiques Liant : époxydique à deux composants
Pigment : poussière de zinc
Liants : caoutchouc chloré ou
caoutchouc cyclisé ou ester-époxydique
Pigment : poussière de zinc

Parmi les silicates d’éthyle, on rencontre :


— les silicates d’éthyle préhydrolysés, prêts à l’emploi, contenant
20 % (en masse) de silice et constitués par le mélange des monomè-
res, dimères et trimères ;
— les silicates d’éthyle hydrolysables contenant 40 % (en masse)
de silice et constitués par l’orthosilicate condensé en solution
hydroalcoolique ; de tels systèmes doivent être hydrolysés partielle-
ment lors de la mise en peinture des subjectiles métalliques.

a faïençage
6.5 Utilisations des peintures riches
en poussière de zinc

On distingue :
— les peintures pour charpentes métalliques ;
— les peintures pour tôles minces laminées à froid ;
— les peintures sur métallisation.
Les peintures riches en poussière de zinc appliquées à l’état fluide
et sous faible épaisseur permettent de créer une couche d’accro-
chage pour les peintures déposées ultérieurement.
D’une manière générale, sur un PRZ bicomposant on applique
une finition bicomposante, sur un PRZ monocomposant une finition
monocomposante.

Ne jamais appliquer une peinture primaire réactive sur une


peinture riche en poussière de zinc. La présence d’acide ortho- b rouille
phosphorique dans ces peintures étant susceptible de dissou-
dre le zinc du PRZ.

■ Peintures en poudre
Actuellement le seul système utilisé dans le domaine de l’anticor-
rosion est à base de poudre époxydique et renferme entre 40 et 80 %
(en masse) de zinc. Les épaisseurs de ces peintures déposées sur
acier grenaillé sont d’environ 60 à 70 µm.

7. Anomalies du feuil
de peinture lors du séchage

7.1 Peintures liquides c cloquage

Après application du système de peinture sur le substrat métalli- Figure 16 – Quelques anomalies du feuil de peinture, d’après clichés
que, des défauts peuvent apparaître lors du séchage du feuil de de Sylvain Audisio INSA-Lyon

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Tableau 30 – Anomalies et causes probables


Anomalie Causes probables
et manifestation
Coulures : Viscosité trop faible de la peinture (produit trop fluide).
formation de bourrelets et de gouttes Technique de pistolage non adaptée (jet mal réglé/diamètre de buse trop grand), débit d’air
en surface du feuil de peinture non conforme aux recommandations techniques...
Temps d’évaporation des solvants et/ou des diluants insuffisant entre les différentes passes
Épaisseur du feuil de peinture trop importante.
Faïençage (figure 16 a) : Épaisseur trop élevée de la couche de peinture de finition.
formation de fissures de longueurs Utilisation de produits non compatibles entre eux.
différentes plus ou moins importantes Variations de température plus ou moins prononcées lors de l’application et du séchage
décelables visuellement ou sous très du feuil de peinture.
faible grossissement
Rouille (figure 16 b) : Préparation de la surface métallique insuffisante.
apparition d’oxyde ferrique Souillure du support métallique par des sels hygroscopiques et/ou présence d’humidité enfermée
transperçant le feuil de peinture sous le feuil de peinture lors de l’application de la peinture liquide.
Défauts d’application :
— épaisseur insuffisante du feuil de peinture compte tenu du milieu ambiant ou de l’atmosphère
dans lequel est exposé le matériau peint ;
— rugosité de la surface métallique trop importante ;
— présence de « porosités » dans le feuil de peinture.
Cloquage (figure 16 c) : Rétention de solvant notamment en atmosphère confinée.
apparition de boursouflures Inadaptation du système de peinture à des conditions non appropriées d’utilisation.
ou cloques de taille variable Emprisonnement de sels solubles (chlorure, nitrate, sulfate) sous le feuil de peinture et ce lors du rin-
et de manière aléatoire çage insuffisant des pièces métalliques.
Mise en service du matériau peint avant durcissement complet du feuil de peinture.
Décollement : Support métallique/peinture primaire :
perte d’adhérence à l’interface — préparation de surface non réalisée dans les règles de l’art : présence de graisse, de rouille, de
« support métallique-peinture reste d’abrasifs ;
primaire » ou — pollution accidentelle du support par des silicones ;
entre couches de peinture
— non respect des conditions d’application et possibilité de condensation en surface du métal ;
peinture non adaptée au support métallique.
Entre couches de peinture :
— rétention de solvant, incompatibilité du diluant utilisé ;
— présence de traces d’humidité entre les couches de peinture ;
— incompatibilité entre les couches de peinture ;
— non-respect des délais de recouvrement ;
— non-respect de la stœchiométrie « base/durcisseur » lors de l’utilisation de peinture à deux
composants (un excès de durcisseur dans la peinture primaire aura pour conséquence une mauvaise
adhérence de la peinture de finition).
Peau d’orange : Vérifier les épaisseurs déposées ainsi que le diluant utilisé.
mauvais tendu du feuil Vérifier l’homogénéisation du jet de peinture et respecter la distance « buse/support à peindre » lors
de peinture de l’application de la peinture liquide.

7.2 Peintures en poudre • au dysfonctionnement des pistolets,


thermodurcissables • à la propreté insuffisante de la cabine de poudrage, du
convoyeur, des balancelles.

7.2.1 Défauts de poudrage et causes probables


7.2.2 Défauts dus à une réticulation (cuisson)
Ces défauts sont : insuffisante du feuil de peinture
— les micropiqûres et matage de la surface du feuil d’une pein-
ture brillante dues :
Une vitesse de montée en température du four non contrôlée ou
• aux inclusions, non conforme aux instructions du fabricant de peinture entraînant
• à l’humidité de la peinture en poudre, du support ; une température non adaptée du support à peindre se traduira par
— la peau d’orange excessive due : un réseau macromoléculaire insuffisamment réticulé. Ceci aura
• à l’épaisseur déposée non conforme à celle préconisée par le pour conséquence :
fabricant de peinture,
— une mauvaise adhérence du feuil de peinture ;
• à la montée trop lente en température du subjectile métalli-
que, — une diminution de la dureté superficielle de surface, de la résis-
• à la température insuffisante du substrat pour obtenir la fusion tance aux chocs ;
des entités polymériques ; — une mauvaise résistance à la corrosion, aux produits chimi-
— les inclusions d’impuretés dans le feuil de peintures dues : ques.

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7.2.3 Défauts dus à la nature chimique du substrat


métallique

Il s’agit :
— de la modification de la composition chimique qui peut entraî-
ner une perte d’adhérence du revêtement filmogène due au fait que,
dans ce cas, le traitement de surface n’a plus son efficacité maxi-
male ;
— du non-respect des conditions d’utilisation de la préparation
de surface entraînant une diminution de l’adhérence du feuil de
peinture, ce qui se traduit par une moindre résistance aux chocs
mécaniques et par suite favorisera la corrosion.

8. Matériels d’application
des peintures

8.1 Pulvérisation pneumatique


traditionnelle
a alimentation par gravité b alimentation par aspiration
La protection et/ou la décoration des subjectiles (bois, métal, plas- ou succion
tique) est réalisée en appliquant la peinture ou le vernis à l’aide Figure 17 – Pistolets de peinture, doc. ITW
d’une technique appropriée.
Cette technique nécessite l’utilisation d’une réserve de peinture,
d’un pistolet et d’un dispositif de prélèvement. 8.1.1.3 Dispositif de prélèvement
Le dispositif de prélèvement est constitué par une pompe pneu-
8.1.1 Le pistolet matique qui pour l’essentiel est composée :
— d’un corps de pompe qui permet le transfert de la peinture du
8.1.1.1 Présentation générale récipient au support à peindre via le pistolet ;
— d’un moteur (rotatif ou linéaire) dont le rôle est de faire dépla-
Le rôle du pistolet (figure 17) est de fractionner le jet de peinture cer le piston du corps de pompe de manière à créer la dépression
en une multitude de petites gouttelettes et de les déposer sur le sup- nécessaire à l’aspiration de la peinture et à la mise en pression ;
port. Cette opération est appelée pulvérisation. Selon la géométrie — d’un projecteur composé d’un pointeau, d’une buse et d’une
et la surface des pièces à peindre, on équipera le pistolet de têtes de tête de pulvérisation.
pulvérisation permettant d’obtenir différents types de jets : jet coni-
que plan, jet conique creux, jet circulaire, jet plat. C’est ce dernier qui Ces trois pièces sont choisies l’une en fonction de l’autre.
est le plus couramment utilisé, car l’angle du jet peut se régler de
telle sorte qu’il puisse s’adapter aux dimensions de la pièce.
8.1.2 Autres types de pulvérisation
Le pistolet comprend deux parties principales :
— un organe de commande manuel ou automatique qui permet à
À côté du pistolet traditionnel à pulvérisation pneumatique qui
la peinture d’être acheminée vers la tête de pulvérisation ;
permet d’appliquer des couches minces d’un très bon tendu, on dis-
— un projecteur composé d’un pointeau, d’une buse et d’une tête pose sur le marché de matériels permettant d’autres types de pulvé-
de pulvérisation qui se positionne autour de cette buse par vissage. risation.
Ces trois pièces doivent obligatoirement être choisies les unes en
fonction des autres. ■ Pulvérisation mixte (Airmix ® − Kremlin)
Elle consiste à modifier la forme du jet par adjonction indirecte
8.1.1.2 Alimentation du pistolet d’air de pulvérisation sous basse pression (figure 18).
Un pistolet peut être alimenté de trois manières différentes : ■ Pulvérisation sous haute pression (Airless ®)
— par gravité (figure 17 a) : dans ce cas, la peinture est placée Par ce procédé, on pulvérise la peinture sans utilisation d’air com-
dans un godet (réserve de peinture) situé au-dessus du pistolet. La primé. Ceci implique une pompe permettant l’aspiration et la mise
peinture s’écoule alors par la force gravitationnelle ; sous pression de la peinture.
— par aspiration ou succion (figure 17 b) : la peinture est enfer-
mée dans un godet vissé sous le pistolet. À condition que le pistolet ■ Pulvérisation basse pression (HVLP = High Volume Low
soit équipé d’une tête de pulvérisation adaptée, il y a, lors de l’aspi- Pressure)
ration, de la peinture, création d’une dépression (pression inférieure Cette technique de pulvérisation consiste à atomiser la peinture
à la pression atmosphérique) qui permet à la peinture d’être aspirée sous faible pression (0,7 bar ou moins) en utilisant un plus grand
puis transférée sur le support ; volume d’air, ce qui permet la réduction du brouillard lors de l’appli-
— sous pression : la peinture enfermée dans un réservoir est cation.
mise sous pression d’air comprimé, ce qui permet de transférer la
peinture au pistolet par l’intermédiaire d’un tuyau. Dans ce cas, plus Les pistolets basse pression sont principalement :
la pression est élevée plus le débit est important et inversement. — le pistolet à gravité (godet d’environ 600 mL) ;

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que). Dans ce procédé, aucune différence de potentiel n’est appli-


Jets d'air quée entre l’objet à peindre et le pistolet. En outre, la suppression
Évents correcteurs
Buse centrale des effets de cage de Faraday permet de traiter des pièces de géo-
identique à celle métrie compliquée non réalisables avec le matériel classique de pul-
d'un pistolet vérisation électrostatique.
Airless 

8.1.3 Caractéristiques comparées des différents


types de pulvérisation

Air Peinture Air Pour faciliter la comparaison entre les différents types de pulvéri-
sation, les principales caractéristiques seront présentées sur les
Figure 18 – Tête de pulvérisation figures 19, 20, 21 rassemblées tableaux 31 et 32.

— le pistolet sous pression (manuel ou automatique) alimenté


par une cuve sous pression ou par une pompe à membrane ;
Axe de repérage
— le pistolet avec godet surpressurisé (contenance 100 mL). sans unité
■ Pulvérisation électrostatique
La pulvérisation électrostatique est un des procédés les plus per-
formant et efficace utilisé pour l’application des peintures liquides.
Cette pulvérisation peut être associée à la pulvérisation pneumati-
Pistolet pneumatique
que mixte (Airmix ®), haute pression sans air (Airless ®) et à la Pul- Airmix (pulvérisation mixte)
vérisation Air Coat (haute pression sans air + air additionnel). Il Pistolet pneumatique
suffit alors d’équiper le pistolet classique d’une ou plusieurs électro- sous haute pression (Airless)
des raccordées à un générateur haute tension, d’une part, et d’ajus- Pistolet pneumatique
ter la résistivité, d’autre part, avant l’application de la peinture. alimenté sous pression de peinture
Pistolet pneumatique
L’ajustement de la résistivité se fait par l’ajout de solvants polaires à godet
et/ou d’additifs spécifiques de manière à ce que la charge électrique
Pistolet miniature
portée par chaque gouttelette de peinture soit importante. Celle-ci pour décoration
sera d’autant plus importante que la résistivité du produit prêt à
l’emploi sera faible.
Les caractéristiques principales du procédé électrostatique sont : 0 0,5 1,0 1,5 2,0

— le contournement de l’objet à peindre par la peinture (celle-ci Débit (L /min)


se dépose également sur la face arrière) ;
— l’efficacité de transfert élevée ;
Figure 19 – Zones d’utilisation des différents pistolets
— la facilité d’obtention de couches régulières.
(d’après H. Perrin : Guide pratique du peintre industriel)
Le pistolet peut être remplacé par un bol ou un disque (meilleur
rendement d’application au disque par rapport au bol) qui permet la
pulvérisation de la peinture à haute vitesse :
— bols électrostatiques à haute vitesse : 15 000 à 40 000 tr/min ;
— disques électrostatiques à haute vitesse : 20 000 tr/min ; Axe de repérage
15 cm < ∅ < 25 cm . sans unité
Le champ haute tension entre l’objet à peindre et le pistolet est
compris entre 50 et 90 kV.
En règle générale, les peintures sont appliquées sur les supports Pulvérisation
à température ambiante, mais l’on peut avoir recours à la pulvérisa- basse pression (HVLP)
tion à chaud. Celle-ci se réalise avec le matériel précédemment Pulvérisation Air Coat
décrit : pistolet pneumatique conventionnel, pistolet Airmix ®, pisto- Pulvérisation électrostatique
let sans air (Airless ®). Air Coat
Pulvérisation sans air
Les avantages de cette technique, bien que ne s’appliquant pas Pulvérisation
électrostatique
sans air (Airless)
aux produits bicomposants, sont principalement :
— une mise en peinture plus rapide car on peut choisir une pein- Pulvérisation
Pulvérisation traditionnelle
ture plus épaisse qui se fluidifiera sous l’action de la température ; traditionnelle électrostatique
— une économie de séchage, car moins de solvant à évaporer ;
— un meilleur recouvrement des arêtes ;
— l’obtention d’un bon brillant. 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
La pulvérisation électrostatique est aussi utilisée pour l’applica- Transfert (%)
tion des peintures en poudre thermodurcissable à condition que les
supports soient conducteurs (métaux) ou rendus conducteurs
(matériaux plastiques, verre...). Figure 20 – Efficacité comparée du transfert, en pour-cent, avec
Une variante de ce type de pulvérisation consiste à charger et sans pulvérisation électrostatique (d’après H. Perrin : Guide pratique
« électriquement » les particules par frottement (pistolet triboélectri- du peintre industriel)

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Axe de repérage Tableau 31 – Temps d’écoulement, en secondes, (Tt )


sans unité
généralement prescrits (Coupe Afnor n° 4)

Pulvérisation (*) Tt
(s)

Pulvérisation Pulvérisation pneumatique à godet d’aspiration............. 18 à 25


basse pression (HVLP)
Pulvérisation pneumatique à gravité (godet) .................. 20 à 40
Pulvérisation Pulvérisation mixte Pulvérisation pneumatique basse pression .................... 15 à 20
électrostatique (Airmix)
Pulvérisation pneumatique alimentée sous pression .... 30 à 60
Pulvérisation haute pression
sans air (Airless) Pulvérisation pneumatique
traditionnelle Pulvérisation pneumatique mixte (Airmix ®) .................. 40 à 80
Pulvérisation sans air (Airless ®) :
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 — moyenne pression (≈ 120 bar) ................................. 60 à 120
Taux de perte (% en masse) — haute pression (> 120 bar) ....................................... > 120

(*) La pulvérisation peut être complétée par un apport électrostatique.


Figure 21 – Taux de perte, en pour-cent, en fonction des types
D’après H. Perrin : Guide pratique du peintre industriel
de pulvérisation (d’après H. Perrin : Guide pratique du peintre industriel)

Tableau 32 – Caractéristiques comparées des différents types de pulvérisation


Vitesse des Taux de Pression au Distance Brouillard
Pulvérisation gouttelettes perte (1) chapeau d’air buse/objet (overspray) (2)
(m/s) (%) (bar) (cm) (% en masse)
Pneumatique .................................................. 10 60 à 70 4,5 25 à 30 50 à 60
Mixte (Airmix ®) ............................................. 0,7 40 à 60 1,5 ≈ 30 ≈ 30 à 35
Haute pression (Airless ®) ............................ 1,2 40 à 50 .................... 30 à 50 35 à 60
Basse pression (HVLP) ................................... .................... 10 à 25 0,7 15 à 20 −
30 à 40 : pneumatique
Électrostatique ............................................... .................... 0 à 25 .................... .................... 20 à 55 : Airless ®
10 à 20 : bol tournant
(1) Par rapport à la masse initiale de peinture.
(2) Par rapport à la quantité (en masse) pulvérisée
D’après H. Perrin : Guide pratique du peintre industriel

Certaines caractéristiques, spécifiques à chaque type de pulvéri- Notons que cette technique ne permet pas la mise en peinture des
sation ne peuvent être citées tableau 32, c’est pourquoi elles seront corps creux d’une part, nécessite des volumes importants de pein-
présentées succinctement en encadré en prenant comme référence ture d’autre part.
la pulvérisation pneumatique car il s’agit de la pulvérisation la plus
couramment utilisée notamment dans le domaine industriel.
8.2.2 Trempé par électrophorèse

Depuis plusieurs années pour réduire les risques inhérents au


8.2 Application au trempé trempé classique (incendie, risque d’explosion), le trempé par élec-
trophorèse a connu un développement important pour l’application
de peinture primaire sur des subjectiles conducteurs du courant
8.2.1 Trempé classique électrique. Pour cela, il faut utiliser des liants dont les fonctions chi-
miques salifiées permettent leur solubilisation dans l’eau en pré-
Cette technique consiste à immerger totalement la pièce dans une sence de cosolvants.
cuve aux dimensions appropriées contenant la peinture puis à Le dépôt du feuil de peinture par électrophorèse se passe en qua-
l’émerger à vitesse constante de manière à obtenir un dépôt de tre étapes fondamentales et ce dès l’application du courant électri-
peinture humide aussi régulier que possible. que :
Cette technique requiert une maintenance constante du bain de — déplacement des particules colloïdales chargées sous l’action
peinture. Il faudra donc pendant la durée de l’opération : du champ électrique (électrophorèse) ;
— contrôler avec soin l’extrait sec pondéral, la viscosité de la — transfert de charge au travers de l’interphase électrochimique
peinture ; (électrolyse) ;
— vérifier la balance du mélange des solvants ; — formation d’aggrégats par déstabilisation de la solution colloï-
— contrôler la vitesse de remontée des pièces peintes. La remon- dale au voisinage de l’électrode et formation d’ions annulant la
tée se fait, généralement, lentement et sans secousses. charge portée par les particules (coagulation) ;

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Les tensions électriques continues appliquées entre les électrodes


Caractéristiques spécifiques à chaque type de pulvérisation sont comprises entre 100 et 300 V. Les films secs dont les épaisseurs
par rapport à la pulvérisation pneumatique varient de 20 à 40 µm sont obtenus après passage à l’étuve vers
180 °C/200 °C.
■ Pulvérisation mixte (Airmix ®)
● Domaine du pistolet Airmix ® : recouvre celui des pistolets Pour obtenir une bonne qualité du revêtement, il sera indispensa-
pneumatiques et des pistolets Airless ® équipés de petites ble de contrôler le bain et de vérifier : le pH, la température, l’extrait
buses. sec, l’élimination des ions par électrodyalise et ultrafiltration.
● Possibilité de retenir une cabine d’application de dimen-
sions inférieures à celle utilisée dans la pulvérisation pneumati-
que. 8.2.3 Autodéposition (ACC 800 ®)
● Économie d’énergie par l’utilisation d’une ventilation moins
puissante.
● Économie d’air comprimé. Cette technologie, réalisée en phase aqueuse à température
ambiante (≈ 20 °C), permet le dépôt uniforme d’un revêtement orga-
● Économie de diluant donc moins de pollution, réduction
nique d’épaisseur de l’ordre de 12 à 30 µm et ce en l’absence de tout
des coulures.
courant électrique. Ce procédé développé par la Société Amchem ne
● Économie de peinture. met en œuvre ni composés organiques volatils, ni métaux lourds
● Diffusion de peu de brouillard dans l’atmosphère. toxiques. Le bain est constitué : d’eau déminéralisée, d’acide dilué,
de pigments et d’un polymère en émulsion. Dès l’immersion de la
■ Pulvérisation sous haute pression (Airless ®) pièce en acier, l’acidité du bain libère des ions ferreux par attaque du
● Amélioration des conditions de travail, car utilisation d’une métal, ce qui permet la coagulation du polymère sur le support
peinture peu diluée (application sous forte épaisseur 100 µm et métallique. La réaction est rapide puis diminue au fur et à mesure
plus). que le film croît. L’avantage de cette technique est l’obtention d’un
● Consommation de peu de diluant, car il n’est pas nécessaire dépôt dans les corps creux ainsi que sur les filetages si ceux-ci sont
de diluer exagérément. présents sur la pièce. Après rinçage du film autodéposé l’insolubili-
● Consommation d’air réduite. sation est obtenue après passage à l’étuve à 105 °C pendant 25 min
(tenue en température du revêtement 130 °C).
■ Pulvérisation électrostatique
● Nécessité d’une dilution de manière à obtenir une bonne
efficacité de l’application, ce qui entraîne une augmentation des
solvants évaporés sur le lieu de travail. 8.3 Autres techniques d’application
● Nécessité de contrôler la résistivité de la peinture (toutes les
peintures ne conviennent pas).
● Mises en peinture de toutes les pièces.
8.3.1 Application par aspersion (flow-coating)
● Rapidité d’exécution.
● Économie de peinture.
Par pulvérisation électrostatique à grande vitesse, il y a possi- Ce procédé consiste à arroser la pièce par des jets de peinture
bilité d’appliquer des peintures en phase aqueuse, à haut extrait dans une enceinte fermée. Il est utilisé pour la mise en peinture de
sec et à 2 composants (époxydique, polyuréthane). Dans ce cas, pièces métalliques de taille importante et de forme plus ou moins
on adaptera des pompes volumétriques à engrenages ou à pis- complexe et où le changement de teinte n’est pas fréquent.
ton dans l’installation de mise en peinture.
Utilisé en atelier, il est parfois nécessaire, pour réaliser l’applica-
■ Pulvérisation basse pression (HVLP) tion dans les meilleures conditions, d’imposer un mouvement de
— Technique utilisée pour l’application des peintures en rotation aux pièces à peindre de manière à uniformiser le dépôt de
phase aqueuse ou solvantée, des peintures bicomposantes peinture. Dans ce procédé, l’excédent de peinture est recueilli après
(polyuréthane, époxydique), apprêts... égouttage puis remis dans le circuit par un système de pompes. Une
— Atomisation des gouttelettes de peinture et, par suite, des caractéristiques à vérifier est la valeur de la viscosité du produit
réduction du brouillard sur le site ; compte tenu de l’évaporation des solvants.
— Taux de transfert 65 à 80 % qui permet d’augmenter le taux
de productivité.
8.3.2 Machine à rideau
— déplacement des ions de l’eau et/ou des contre-ions à travers
le film coagulé (électro-osmose).
Cette technique d’application est réservée pour la mise en pein-
Dans le procédé anaphorétique la résine est de type anionique ture des supports plans de dimensions variables. La peinture est
donc riche en fonctions carboxyliques salifiées par des amines et se véhiculée dans un réservoir dont la partie inférieure est munie d’une
déposera sur la pièce à peindre placée à l’anode. Dans la technique fente horizontale réglable et dont l’écartement permet d’ajuster le
cataphorétique les résines sont de type cationique riches en groupe- débit de la peinture et, par suite, l’épaisseur du feuil de peinture sur
ments aminés ou ammonium quaternaire, le dépôt se fait donc sur le substrat. Dans ce procédé, la peinture s’écoule perpendiculaire-
la pièce placée à la cathode. ment sur l’objet à peindre sous forme de rideau. Compte tenu de la
vitesse de défilement (80 à 100 m/min pour des épaisseurs de 30 à
Au fur et à mesure de la croissance du film coagulé sur la pièce, la 40 µm), la quantité de peinture déposée peut être réglée en faisant
couche joue le rôle d’isolant électrique obligeant la couche à se varier la pression à la pompe, l’ouverture de la fente et la vitesse du
déposer dans les zones difficilement accessibles par les lignes de convoyeur. À condition que la viscosité de la peinture soit constante
courant, de sorte que les corps creux peuvent ainsi être protégés. À lors de l’application, il est possible d’obtenir des films d’épaisseur
la fin de l’opération, le revêtement est suffisamment adhérent pour régulière. Après application, la peinture est polymérisée dans une
être rincé par aspersion et ce afin d’éliminer l’excédent de peinture étuve afin de permettre un empilement des panneaux peints en sor-
retenu lors de l’émersion de la pièce. tie du convoyeur.

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8.3.3 Machine à rouleaux d’une part, et à ne pas laisser migrer certains de leurs constituants
d’autre part.
Cette méthode simple et rapide consiste à transférer la peinture En France, la réglementation reprend ces exigences en fixant la
d’un rouleau métallique doseur sur un support plan par l’intermé- liste des substances autorisées à entrer dans la composition des
diaire d’un rouleau applicateur en caoutchouc tournant en sens revêtements susceptibles d’être utilisés. La brochure 1227 éditée par
inverse. Un rouleau transporteur permet d’appliquer une contre- le Journal Officiel de la République Française rassemble toutes les
pression sur le subjectile en contact avec le rouleau applicateur. prescriptions à cet usage.
La vitesse de rotation du rouleau applicateur est plus élevée que
celle du rouleau doseur de manière à « égaliser » la quantité de
peinture entre les deux rouleaux et permettre un dépôt régulier du 9.1.2 Peintures pour jouets
film de peinture. La quantité appliquée varie en fonction de l’écarte-
ment des deux rouleaux. Quant aux peintures destinées à être appliquées sur des jouets,
Ce mode d’application convient à tous supports plans : bois, elles doivent répondre aux exigences de la norme NF EN 71 partie 3
matériaux plastiques, panneaux de particules, carton, supports qui définit, à ce jour, les teneurs maximales admissibles en métaux
métalliques. lourds.

■ Prélaquage en bande (coil coating)


Ce procédé permet la mise en peinture en continu de tôles d’acier, 9.1.3 Peintures classées dangereuses
d’aluminium présentées en bobines. Avant d’être recouvertes d’une
peinture primaire et de finition sur une ou deux faces, ces tôles sont La réglementation sur les peintures est liée aux dangers spécifi-
dégraissées en atelier et reçoivent un traitement de surface. Les ques éventuels dus à leur composition et à leur mise en œuvre. On
cadences de défilement de l’ordre de 100 m/min nécessitent distingue :
l’emploi de peintures à durcissement rapide qui sont réticulées à
haute température (250 à 300 °C) en moins de 60 s dans un four tun- — les dangers pour la santé classés de manière conventionnelle
nel. en plusieurs catégories : très toxique, toxique, nocif, irritant, corro-
sif, sensibilisant, cancérigène, mutagène et toxique pour la repro-
Les tôles d’acier prélaquées sont utilisées dans l’industrie, le duction ;
domaine de l’électroménager, du bardage métallique. Les tôles — les dangers physico-chimiques liés, pour l’essentiel, à l’inflam-
d’aluminium prélaquées quant à elles sont employées dans la mabilité due aux solvants organiques et à la présence de certains
construction des caravanes, du bâtiment (volets roulants...). constituants présents exceptionnellement tels que les péroxydes ;
— les dangers pour l’environnement (air, sol, eau).
8.3.4 Application par lit fluidisé La première source d’information mise à la disposition de l’utilisa-
teur, sur les dangers des peintures et les moyens de s’en prémunir,
Cette technique uniquement réservée aux peintures en poudre est l’étiquette de danger. Celle-ci reprend de manière succincte :
thermoplastiques pour l’essentiel consiste à mettre ces produits en — le symbole rappelant la nature du danger ;
suspension par l’intermédiaire d’air comprimé injecté au fond de la — les phrases expliquant les dangers ;
cuve à travers une paroi poreuse horizontale. Les pièces métalliques — les phrases obligatoires indiquant les précautions à prendre
chauffées à 200 °C sont plongées dans ce bain. À cette température, lors de la manipulation pour maîtriser les risques associés.
le ramollissement et la fusion des particules permet la fixation sur le
support. Si certains constituants présentent des risques partiels, ils sont
clairement indiqués sur l’étiquette par une phrase telle que
Par ce procédé, on dépose des films de peinture d’une épaisseur « contient du... ».
de 500 µm et plus (protection de grillage, paniers de lave-vais-
selle...).
Il est important de noter que pour ces préparations classées
dangereuses, le fabricant de peinture est tenu de fournir une
fiche de données de sécurité qui reprend en détail le contenu de
9. Notion sur l’étiquette. Cette fiche adressée au chef d’entreprise permet de
prendre, en connaissance de cause, toutes les dispositions pro-
la réglementation pres à assurer une mise en œuvre sans risque des produits.
L’ensemble des principales réglementations françaises et euro-
péennes applicables aux peintures est repris dans « Pour en
savoir plus » [Doc. M 1 505, Tableau A].
9.1 Les peintures

La réglementation visant le domaine des peintures et vernis est en 9.2 Les entreprises
constante évolution. C’est pourquoi ne seront mentionnées que les
informations à la date de parution de cet article.
Parmi les peintures utilisées industriellement, on distingue les Les entreprises utilisatrices de peinture qui, en quantité, dépas-
peintures destinées au contact alimentaire, les peintures pour jouets sent certains seuils sont soumises à la réglementation des installa-
et les peintures classées « dangereuses ». tions classées pour la protection de l’environnement (rubrique 2940
en ce qui concerne l’Application des peintures − rubrique 1433 pour
le Stockage des liquides inflammables).
9.1.1 Peintures destinées au contact alimentaire Le tableau 33 reprend les autorisations et/ou déclaration dans
l’activité « application des peintures » et stockage des liquides
Tous les articles susceptibles d’entrer en contact avec les denrées inflammables à l’exclusion des activités couvertes par la rubrique
alimentaires doivent obligatoirement répondre à des exigences 1521 traitement ou emploi de goudrons, asphaltes, brais et matières
d’inertie de manière à ne communiquer aucun goût aux aliments bitumineuses.

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Tableau 33 – Seuils des différents régimes : dossier d’autorisation (A), dossier de déclaration (D)
Secteur Caractéristiques du produit Application Quantité maximale Régime
installations classées
Point d’éclair Trempé Q > 1 000 L A
< 55 °C
et teneur en solvants 100 < Q < 1 000 L D
au moment Autre Q > 100 kg/j A
de l’emploi
Application > 10 % 10 < Q < 100 kg/j D
des
peintures Point d’éclair Trempé Q > 2 000 L A
> 55 °C ou teneur
en solvants au moment 200 < Q < 2 000 L D
de l’emploi < 10 % Autre Q > 200 kg/j A
ou peinture
en poudre 20 < Q < 200 kg/j D
Nature Quantité susceptible d’être présente dans l‘installation Régime
Stockage Produits inflammables 10 < Q < 200 t A
de point d’éclair
< 55 °C 1 < Q < 10 t D
Point d’éclair : (NF EN 456-ISO 3679)
Température minimale à laquelle un produit placé dans un vase clos doit être chauffé pour que les vapeurs émises s’enflamment au contact d’une flamme et
cela dans des conditions opératoires normalisées.
Dans la norme internationale le point d’éclair est corrigé à la pression atmosphérique de 101,3 kPa (1013 mbar).
D’après Mémento peintures. Groupe des Laboratoires Wolff - Clichy, déc. 1997.

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