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PARTIE 5

LE MATÉRIAU BÉTON
5.1 Le béton :
connaissance du matériau

Historique de Lambot (1848), le plus significatif, l’immeuble


Hennebique à Paris (1898).
L’ingénieur Bélidor, auteur de « L’architecture Le XXe siècle va voir le développement considérable
hydraulique » (1737) étudia la composition du béton du béton et, parallèlement, l’évolution de ses tech-
et introduisit le mot béton dans son sens actuel. niques : usage croissant des adjuvants, béton prêt à
l’emploi, matériel de mise en œuvre, mise au point
L’invention du ciment par Louis Vicat en 1817, celle
du béton précontraint par Freyssinet.
du ciment Portland par Aspdin (1824) et l’installation
des premiers fours par Pavin de Lafarge au Teil Plus récemment, les progrès réalisés dans les
(1830) préparent l’avènement du béton. Les pre- bétons de hautes performances lui donnent ses
mières cimenteries se développent en France entre lettres de noblesse dans le bâtiment, avec une réali-
1850 et 1860, dans le Boulonnais avec la Société sation comme l’Arche de la Défense, ou dans les tra-
des Ciments Français. vaux publics : pont de l’Ile de Ré, pont sur l’Elorn,
pont de Normandie.
C’est en fait le mariage ciment-métal, appelé ciment
armé, puis béton armé, qui va donner au béton
son plein essor. Le premier exemple, est la barque

65 ans séparent le nouveau pont sur l’Elorn du pont Albert Louppe conçu et réalisé par Freyssinet en 1928.

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Du béton pour structurer,
pour embellir les façades,
pour franchir les cours d’eau
(ou la mer), pour les routes
et leurs équipements.

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Le béton, pour quoi faire ? • Les bétons de granulats légers, dont la résistance
peut être élevée, sont employés dans le bâtiment,
pour les plates-formes offshore ou les ponts.
Performances et souplesse d’emploi permettent au
béton d’être présent dans tous les domaines du bâti- • Les bétons cellulaires peuvent répondre aux pro-
ment et des travaux publics. blèmes d’isolation dans le bâtiment.
Le béton fait partie de notre cadre de vie. Il a • Les bétons de fibres, plus récents, correspondent à
mérité sa place par ses caractéristiques de résistan- des usages très variés : dallages, éléments décora-
ce, ses propriétés en matière thermique, sa résis- tifs, mobilier urbain.
tance au feu, son isolation phonique, son aptitude au
vieillissement, ainsi que par la diversité qu’il permet
dans les formes, les couleurs et les aspects.
Le béton a sa place dans les bâtiments d’habitation
(logements, écoles, hôpitaux...) aussi bien que dans
les constructions liées à l’activité professionnelle
(usines, ateliers, commerces, bureaux) ou dans des
réalisations diverses (socio-culturelles, sportives ou
de loisir...).
Le béton structure et participe de manière visible à
l’architecture. Le béton n’est plus une « pierre artifi-
cielle », mais un matériau adapté aux formes ten-
dues, propres aux ouvrages d’art, au même titre
qu’aux réalisations actuelles des architectes.
Le béton permet de franchir. Grâce à la précon-
trainte, le béton a pu améliorer ses performances et
rend possible les très longues portées. Les dernières
évolutions techniques concernent la précontrainte
extérieure et l’allègement des âmes des tabliers, en
particulier par l’utilisation de structures triangulées.
Le béton est dans les routes. Supprimant pratique-
Qu’est-ce que le béton ?
ment toutes les servitudes inhérentes à l’entretien, le
béton routier s’est fait sa place dans tous les types de Le béton est un mélange de plusieurs composants :
voiries, de l’autoroute au chemin de vignoble, en pas- ciment, eau, air, granulats et, le plus souvent, adju-
sant par les pistes cyclables. Dans les villes, les vants qui doivent constituer un ensemble homogène.
dalles et les pavés en béton apportent leur esthéti- Les composants sont très différents : leurs masses
que particulière, en harmonie avec le mobilier urbain. volumiques vont, dans les bétons courants, de 1
(eau) à 3 (ciment) t/m3 ; les dimensions de leurs
grains s’échelonnent de 0,5 µm (grains les plus fins
Quels bétons ? du ciment) à 25 mm (gravillons).
Dans les bétons où une très grande compacité est
Le béton peut varier en fonction de la nature des gra- recherchée (bétons HP par exemple), la dimension
nulats, des adjuvants, des colorants, des traitements des éléments les plus fins peut descendre en des-
de surface, et peut ainsi s’adapter aux exigences de sous de 0,1 µm (fillers, fumée de silice).
chaque réalisation, par ses performances et par son De même les granulats très légers ont des masses
aspect. volumiques inférieures à 100 kg/m3.
• Les bétons courants sont les plus utilisés, aussi La pâte (ciment + eau), élément actif du béton enro-
bien dans le bâtiment qu’en travaux publics. Ils pré- be les granulats. L’objectif est de remplir les vides
sentent une masse volumique de 2 300 kg/m3 envi- existants entre les grains. La pâte joue le rôle de
ron. Ils peuvent être armés ou non, et lorsqu’ils sont lubrifiant et de colle.
très sollicités en flexion, précontraints.
• Les bétons lourds, dont les masses volumiques
peuvent atteindre 6 000 kg/m3 servent, entre autres,
pour la protection contre les rayons radioactifs.

La confection d’un béton approprié à sa destination


consiste, à partir d’études graphiques ou expérimen-
tales, à déterminer la composition granulaire et le
dosage des divers constituants (Fiche technique B3).

■ Le ciment

Le choix du type de ciment et son dosage dépendent


à la fois des performances recherchées (résistance
mécanique, résistance aux agents agressifs, appa-
rence) et de la nature des autres composants (gra-
nulométrie des granulats).

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Dosage en ciment et résistances mécaniques
Le dosage en ciment a une influence directe sur les
résistances mécaniques du béton. Toutes autres
conditions égales par ailleurs, on peut dire que dans
une certaine plage (150 à 400 kg/m3 de béton) la
résistance est sensiblement proportionnelle au
dosage en ciment C.

L’eau
Nécessaire à l’hydratation du ciment, elle facilite
aussi la mise en œuvre du béton (effet lubrifiant)
Sans détailler les critères de choix du ciment (voir dans la mesure où on n’abuse pas de cette influen-
le chapitre 1.4) on peut rappeler quelques règles : ce par un excès d’eau qui diminue les résistances et
• Pour un béton courant, on utilise des ciments de la durabilité du béton.
type CEM II, CEM I, CEM III, CEM III/C, ou CEM V, L’eau doit être propre et ne pas contenir d’impure-
alors que ciment à maçonner et chaux hydraulique tés nuisibles (matières organiques, alcalis). L’eau
sont réservés à la préparation de mortiers pour potable convient toujours. Le gâchage à l’eau de
maçonneries. mer est à éviter, surtout pour le béton armé. La
• Pour les bétons armés, la classe de résistance quantité d’eau varie avec un très grand nombre de
32,5 est au minimum retenue. facteurs (teneur en ciment, granulats, consistance
• Pour des travaux en ambiance agressive, on utilise recherchée du béton frais) ; elle est en général
des ciments pour travaux à la mer NF P 15 317 ou comprise entre 140 et 210 l/m3. Il convient de tenir
des ciments pour travaux en eaux à haute teneur en compte de l’eau apportée par les granulats. Il est
sulfates XP P 15-319. souvent utile de contrôler la plasticité à l’aide d’es-
• Le ciment prompt naturel et le ciment alumineux sais simples connus.
fondu sont utilisés pour leur durcissement rapide
(réparations, scellements), mais aussi pour leur Le rapport E est un critère important des études
C
résistance aux ambiances agressives. de béton ; c’est un paramètre essentiel de l’ouvrabi-
• La classe R est utilisée chaque fois qu’on lité du béton et de sa qualité : résistance mécanique
cherche des résistances élevées au jeune âge : pré- à la compression, durabilité.
fabrication avec cycle de démoulage court, bétonna-
ge par temps froid. Les granulats
• Les ciments blancs se prêtent bien à la réalisation
de bétons architectoniques. Ils peuvent être égale- On peut distinguer les granulats naturels (roulés ou
ment teintés à l’aide de pigments minéraux. concassés) et artificiels (voir le chapitre 3.1). La
gamme des granulats s’est considérablement éten-
Dosage en ciment : les critères due ; à côté des granulats courants, des granulats
Le dosage en ciment est un choix délicat qui dépend spéciaux sont apparus pour des usages spécifiques :
de plusieurs critères tels que le type de béton, la • durs pour des bétons soumis à une forte usure :
destination de l’ouvrage, la résistance requise, les sols industriels, routes à grande circulation ;
granulats utilisés... • légers pour isolation thermique et allègement des
structures ;
Le dosage n’est pas déterminé par un calcul théo- • réfractaires, à faible coefficient de dilatation ther-
rique absolu, mais il résulte de l’application de règles mique ;
dont la valeur a pu être appréciée à l’usage et véri- • colorés pour les bétons apparents.
fiée expérimentalement. Les granulats doivent être des matériaux de qualité
La norme XP P 18-305 « Bétons prêts à l’emploi » et satisfaire notamment deux exigences :
fournit des dosages minimaux à respecter en fonction – la propreté, particulièrement importante pour les
des classes d’environnement qui sont elles-mêmes sables ; la teneur en fines argileuses doit être stric-
définies dans ce document. tement limitée ;

* Le liant équivalent est constitué du ciment et d'une éventuelle addition normalisée dans les conditions définies par la norme P 18-305.

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– la granulométrie, propriété géométrique essentiel- spécifications : résistance mécanique, notamment à
le d’un granulat, dont le bon choix est déterminant la compression, isolation thermique et phonique,
dans la recherche d’un béton compact. étanchéité, aspect, durabilité, sécurité incendie.
Les granulats utilisés pour réaliser un béton doivent Pour utiliser au mieux le béton, il faut bien connaître
permettre d’une part de remplir correctement et en ses propriétés : d’une part à l’état frais, alors qu’il est
totalité le moule ou le coffrage et, d’autre part, d’as- plastique et qu’on peut le travailler ; d’autre part, à
surer un enrobage correct des armatures. l’état durci, alors que sa forme ne peut plus être modi-
En outre, au voisinage des parois, les distances fiée mais que ses caractéristiques continuent à évo-
entre les plus gros grains laissent des vides plus luer durant de nombreux mois, voire des années.
importants que dans la masse du béton. Il est donc
nécessaire de délimiter la taille maximale des grains ■ Le béton frais
en tenant compte de ce phénomène.
La satisfaction de ces exigences impose une limita- La propriété essentielle du béton frais est son ouvra-
tion de dimension pour le plus gros granulat (D) en bilité, qui le rend apte à remplir n’importe quel volu-
fonction de : me, à condition que sa composition ait été étudiée
• la plus petite dimension de l’ouvrage «h» : D < 0,25 h en conséquence et que les moyens de mise en
• l’espacement entre les deux armatures les plus œuvre soient appropriés.
rapprochées « e » : L’ouvrabilité caractérise l’aptitude d’un béton à rem-
D < e – 0,5 (en cm) ; plir les coffrages et à enrober convenablement les
• l’enrobage des armatures « d » : armatures.
D < 0,65 d. De nombreux facteurs influent sur l’ouvrabilité : natu-
re et dosage en ciment, forme des granulats, granu-
lométrie, emploi d’adjuvants et, bien entendu, dosa-
ge en eau.
Il ne faut cependant pas considérer que le dosage
en eau peut être augmenté au-delà d’une certaine
valeur dans le seul but d’améliorer l’ouvrabilité.
Un excès d’eau se traduit, entre autres inconvé-
nients, par un phénomène de « ressuage », qui est la
création à la surface d’une pièce en béton, d’un film
d’eau, générateur de fissures après évaporation.
Les autres conséquences sont :
• la diminution de la compacité et, corrélativement,
des résistances ;
• une porosité accrue ;
• un risque de ségrégation des constituants du
béton ;
• un retrait augmenté ;
• un état de surface défectueux se traduisant notam-
ment par le bullage.
La teneur en eau doit être strictement limitée au
minimum compatible avec les exigences d’ouvrabili-
té et d’hydratation du ciment.
La grandeur qui caractérise l’ouvrabilité est la consis-
tance ; sa mesure peut être effectuée facilement sur
■ Les adjuvants le chantier avec la méthode du cône d’Abrams ou
« slump test », qui est un essai d’affaissement d’un
volume de béton de forme tronconique, mesuré
Les adjuvants sont de plus en plus utilisés. Ils modi-
conformément à la norme NF P 18 451.
fient les propriétés des bétons – et des mortiers –
auxquels ils sont ajoutés (voir le chapitre 3.2).
Par exemple, l’emploi des plastifiants-réducteurs
d’eau et des superplastifiants facilite la mise en
place du béton dans les pièces minces fortement
armées, ainsi que la réalisation des bétons de
hautes performances.
Les accélérateurs de prise facilitent le bétonnage par
temps froid, tandis que les retardateurs de prise sont
utiles pour le bétonnage par temps chaud.

Propriétés des bétons


Les qualités du béton sont bien connues. C’est un
matériau facile à mouler quelles que soient les
formes, à l’épreuve du temps, économique, résistant
au feu et nécessitant peu d’entretien.
Matériau composite, mis en œuvre de multiples
manières, il peut répondre à un grand nombre de

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Matériau privilégié de l’architecture
du XXe siècle, le béton apporte à la fois
sa force aux structures, et sa souplesse
pour réaliser les volumes les plus originaux,
les teintes et les textures les plus variées.

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Selon la valeur d’affaissement obtenue, le béton est Les résistances mécaniques
classé de la façon suivante : Une bonne résistance à la compression est la quali-
té bien souvent recherchée pour le béton durci. Cette
résistance est généralement caractérisée par la
valeur mesurée à vingt-huit jours.
On a pu voir précédemment que la résistance
dépend d’un certain nombre de paramètres, en par-
ticulier la classe et le dosage du ciment, la porosité
du béton et le facteur E/C, rapport du dosage en eau
au dosage en ciment.
Parmi les formules qui permettent de prévoir les
Selon la norme P 183 25.
résistances, celle de Féret est la plus connue.
C 2
R=k ( C+E+V )
R = résistance,
■ Le béton durci k = coefficient dépendant de la classe de ciment, du
type de granulats et du mode de mise en œuvre,
La porosité
C = dosage en ciment,
La caractéristique essentielle du béton durci est sa E = dosage en eau,
porosité – rapport du volume des vides au volume V = volume d’air subsistant.
total. Cette formule montre l’intérêt que présente la dimi-
Les études de Féret avaient déjà établi le lien entre nution de la quantité d’eau de gâchage et de l’air, ce
la porosité du béton et sa résistance. On a pu voir qui réduit la porosité et par conséquent augmente la
depuis l’importance de cette caractéristique sur la résistance.
résistance du béton aux agents agressifs, sur la car- Les résistances mécaniques du béton sont contrô-
bonatation en matière de protection des armatures, lées par des essais destructifs ou non destructifs.
et sur la tenue au gel. C’est donc le facteur essentiel
• Les essais destructifs
de la durabilité du béton.
La résistance à la compression peut être mesurée
La recherche d’une porosité minimale doit nécessai-
en laboratoire sur des éprouvettes généralement
rement passer par :
cylindriques (diamètre 16 cm, hauteur 32 cm),
• l’augmentation de la compacité du béton frais confectionnées avec le béton destiné à l’ouvrage à
grâce à une bonne composition du béton et à des contrôler.
moyens de mise en œuvre adaptés ; les compacités
réellement atteintes sur chantier ne dépassent guère
0,850 : dans 1 m3 de béton très bien préparé et vibré
par des moyens puissants, il existe encore 150 litres
d’air ou d’eau, constitués notamment par des
canaux extrêmement fins, répartis dans la pâte de
ciment durcie (capillaires) ;
• l’augmentation du dosage en ciment et le choix de
son type ont une influence favorable sur la diminu-
tion de la porosité ; les hydrates formés par l’hydra-
tation du ciment ont un rôle essentiel de colmatage
des capillaires.
On améliore la compacité du béton en jouant sur la
granulométrie des granulats dans la fraction des élé-
ments fins, et sur la réduction d’eau.
La faible porosité d’un béton présente de nombreux
avantages déterminants pour sa durabilité.
• Un béton en contact avec un milieu agressif (eau
pure, eaux séléniteuses, eau contenant des acides
organiques) subira une attaque beaucoup plus lente
si les capillaires du béton sont moins nombreux et
plus fins.
• Dans le cas du béton armé, une faible porosité est
indispensable, pour protéger les armatures contre
l’oxydation, le ciment Portland dégageant de la
chaux au cours de son durcissement.
L’acier est protégé contre l’oxydation tant qu’il est
baigné par cette chaux – pH basique – mais si elle
se carbonate au contact de l’air pour revenir à l’état
de carbonate de calcium – pH acide – l’acier rede-
vient vulnérable. En retardant cette carbonatation,
une faible porosité assure la protection des arma- • Les essais non destructifs
tures. Ils peuvent utiliser le scléromètre, appareil basé sur
Pour les bétons devant présenter une forte étanchéi- le rebondissement d’une bille d’acier sur la surface à
té (réservoirs, piscines), une faible porosité évitera tester, ou des instruments de mesure de la vitesse
pratiquement toute migration d’eau au travers des du son au travers du béton (4 000 m/s pour un béton
capillaires courant).

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■ Variations volumiques déformations sont proportionnelles aux charges
appliquées.
Au cours de son évolution, le béton est l’objet de Le module d’élasticité instantané Ei au jour j d’un
modifications physico-chimiques qui entraînent des béton courant est lié à sa résistance en compression
variations dimensionnelles. au même âge par une relation empirique telle que :
Le retrait hydraulique avant prise Ei = 11 000 3R
cj (en MPa) (règles BAEL 91).
et en cours de prise Rcj = résistance à la compression au jour j. Ei est le
plus souvent compris entre 30 000 et 35 000 MPa.
Il est dû à un départ rapide d’une partie de l’eau de
gâchage, soit par évaporation (rapport surface/ ■ Les déformations sous charge
volume des pièces élevé, atmosphère sèche, temps
chaud, vent violent), soit par absorption (coffrage, de longue durée : le fluage
granulats poreux). Une surface de béton frais peut
évaporer plus d’un litre d’eau par m2 et par heure. Au-delà d’une certaine charge (approximativement
Ce retrait sera limité par une bonne compacité du la moitié de la résistance ultime à la compression), le
béton ou par un traitement de cure (film freinant béton se comporte comme un corps plastique. Après
l’évaporation). suppression de la charge, il subsiste une déforma-
tion résiduelle permanente, c’est ce qu’on appelle le
Le retrait hydraulique à long terme phénomène du fluage.
On admet que cette déformation due au fluage, qui
Il est dû à un départ lent de l’eau en atmosphère se poursuit durant de nombreux mois (voire années),
sèche. Il varie suivant les ciments (nature, finesse) et est de l’ordre de trois fois la déformation instantanée.
il est proportionnel au dosage en volume absolu de
la pâte pure. (1)
∆I R
=
Le retrait thermique I E

Il est dû à des baisses rapides de température pro-


venant :
• soit du ciment lui-même lors de son hydratation
aux premiers âges, qui provoque une élévation de
température, suivie de son refroidissement ;
• soit des variations climatiques du milieu.
Ces deux causes additionnent parfois leurs effets.
Les effets de la première peuvent être réduits en uti-
lisant des ciments à faible chaleur d’hydratation.
L’ordre de grandeur du retrait total est de 200 à
300 µm/m pour un béton usuel. Diagramme de fluage.

■ Les déformations sous charge


instantanée
Pour consulter
Comme tous les autres matériaux, le béton a un le chapitre suivant,
comportement élastique linéaire pour des charges cliquer ici.
modérées de courte durée, c’est-à-dire que ses

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