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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l'Enseignement Supérieur et


De la Recherche Scientifique

Université Mouloud Mammeri De Tizi Ouzou


Faculté des Lettres et Sciences Humaines
Département de Langue et Culture Amazighes

Spécialité : Langue et Culture Amazighes


Option : Linguistique

Présenté par : M e l l e GACI Zohra

Sujet :

Quel système d'écriture pour la langue berbère  

(le kabyle) ? 

Membres du jury :
-M. NABTI Amar ; Maître de conférences(A), UMMTO ; Président.
-Mme. TIGZIRI Noura ; Professeur, UMMTO ; Rapporteur.
-M. SALHI Mohand Akli ; Maître de conférences(B), UMMTO; Examinateur.

Année …/ …/ 2011
Remerciements

J'exprime mes sincères remerciements à ma Directrice de recherche


Mme N. TIGZIRI, pour l'aide qu'elle m'a apportée pour réaliser ce
mémoire.
Je remercie la contribution du jury à la lecture et l'évaluation de mon
mémoire.
Je voudrais remercier aussi tous les membres de ma famille et mes
amis (es), pour l'aide et le soutien moral qu'ils n'ont cessé de
m'apporter tout au long de la réalisation de ce travail.
Sommaire

Int roduction .............................................................................. 1

Le premi er chapit re : Ecritu re et systèmes d'écritu re …..…..6

I- Quelques définition s ............................................................. 7


1- Ecr it ure ................................................................................ 7
2- S yst ème d'écr it ure ................................................................... 8
3- Différent s t ypes de s yst èmes d'écr it ur e ...................................... 8
4- Alphabet ................................................................................ 9

II- Rappel historique sur les trois systèmes d'écriture : arabe, latin,
tifinagh : ................................................................................... 10
1-L'écr it ure lat ine…………………………………………………………10
2- L'alphabet ber bère…………………………………………………….13
3- L'écr it ure arabe ...................................................................... 19

Le deu xième chapit re : Asp ects phonologiqu es et systèmes


graphiques………………………………………………………………….2 7

I- Présentation des systèmes phonologiq ues : .............................. 27


1- Le syst ème pho no logique du fr ançais ........................................ 27
2- Le syst ème pho no logique du kabyle. ......................................... 28
3- Le syst ème pho no logique d e l'ar abe. ......................................... 31

II- Princip es de t ran scription : .................................................. 34

1- Principes de transcription de tamazight à base de caractères latins……………...34


2- Principes de transcription de tamazight à base de caractères t ifinaghs .......... 41
3- Principes de transcription de tamazight à base de caractères arabes…………….46

III-La phonologie kabyle et les différents systèmes d'écriture………………….49

1- La graphie lat ine : ................................................................... 49


Sommaire

2- Le t ifinagh ............................................................................. 64
3- La graphie ar abe ..................................................................... 74
Conclusi on……………………………………………………………….…87

Le troi sième chapit re : Inventai re des classes monématiqu es


et segmentation…………………………………………………………….88

I- Inventai re des classes monématiques et morphologie ............... 91

1- Les verbes et ses modalit és…………………………………………… .91


2 -les nominaux……………………………………………………………………...98
3- les fonct ionnels ………………………………………………………... 105

II- La segmentation :……………………………………………………. 106

1- La segment at ion et le s yst ème not at io n lat in…………………… …..106


2- La segment at ion et le syst ème de t ranscr ipt io n à base de caract ères
t ifinagh………………………………………………………………….. ….138
3- La segment at ion et le syst ème de t ranscr ipt io n à base de caract ères
arabes ……………………………………………………………………….. 147
Conclu sion. ............................................................................. 152

III- Quelques p ropositions……………………………………………….153


1-La segment at ion…………………………………………………………..153
2-Les syst èmes de t ranscr ipt io n………………………………………… ..154

Conclusi on générale .................................................................. .157


Bibliographie………………………………………………………………….161
Résumé du mémo ir e en t amazight .........................……………………..167
Les a nnexes……………………………………………………………………172
Table des mat ières…… ………………………………………………………180
Introduction

Pour transcrire tamazight, les berbères en général, les berbèrisants en


particulier avaient fait recours à trois systèmes d'écriture :
- Le tifinagh : comme alphabet authentique attesté dans les
inscriptions libyques depuis l'antiquité.
- L'alphabet arabe suite à l'arrivée des arabes à la fin du 6 è m e siècle.
- Le latin, dès la fin du 18 è m e siècle.

Au cours de ces dernières années la question de la graphie à adopter


pour écrire tamazight est devenue objet de polémique entre les usagers de
ces trois graphies, entre ceux qui optent pour l'utilisation de la graphie
arabe ou latine, et ceux qui optent pour le système authentique, le tifinagh.

Actuellement (en Kabylie surtout) la quasi-totalité de


l'enseignement, des publications et des éditions se fait en caractères latins.
La transcription dans ses commencements était phonétique, elle se
développe au fur et à mesure pour donner naissance à un système de
notation à tendance phonologique.

Cette production en caractères latins nous laisse conclure que la


population kabyle a fait son choix : écrire et enseigner sa langue en
caractères latins. En dépit de cela, le problème de la polémique autour de
ce thème ne s'arrête pas à ce niveau, surtout quand à l'interprétation ou la
justification de ce choix.

Le choix de transcrire le kabyle en graphie latine reçoit plusieurs


interprétations. Il y a ceux qui déclarent que ce choix est purement
idéologique (encouragé par les partisans de la culture occidentale au
détriment de la culture arabo-musulmane), et d'autres qui l'interprètent par
le fait historique et social (suite au colonialisme français).

Quelque soient les critères de ce choix (planifié ou aléatoire); il est


fait. Mais la question qui se pose : est ce-t-il le bon ?
Introduction

Notre présente étude ne se fixe pas comme objectif d'affirmer ou


d'infirmer telle ou telle interprétation, mais plutôt de vérifier ce choix. Elle
sera consacrée à la présentation des trois systèmes d'écriture : latin, arabe,
et tifinagh, puis elle portera sur leur adaptation et leur adaptabilité à la
langue berbère (kabyle).

La problématique soulevée dans cette étude est la suivante :


- Parmi ces trois systèmes d'écriture qui sont en usage, et leurs
règles de transcription, quel est celui qui reflète mieux la
structure phonologique et morpho-syntaxique de la langue berbère
(kabyle) ?
- Après un aménagement des trois systèmes, y aura-t-il un qui serait
plus adéquat que les autres pour écrire le berbère (kabyle) ?

Les berbères ne sont pas les premiers dans l'histoire à se servir d'un
alphabet étranger pour écrire leur langue. L'histoire de l'écriture depuis
l'antiquité nous confirme que ni l'alphabet arabe n'est une création des
arabes, ni l'alphabet latin n'est une invention des romains. Les hypothèses
les plus vraisemblables sur l'origine de ces alphabets leur attribuent une
origine phénicienne, (dérivés plus au moins directement) ( 1 ) .

Cependant, les arabes et les romains ont réussi à faire adapter ces
systèmes graphiques à leurs langues pour donner naissance à leurs propres
alphabets. Ces expériences peuvent être bénéfiques pour le berbère. En
principe une langue peut être transcrite avec n'importe quel alphabet
étranger, il suffit de savoir l'adapter à sa structure phonétique/
phonologique, morphosyntaxique et lexicale, pour avoir sa propre
orthographe. Maintenant, pour faire son choix quand on est en présence de
plusieurs systèmes sur le terrain, il y a des critères qu'on doit prendre en
charge tels :

(1)
Voir : HIGONNET, Ch. , L’écriture, coll, « que sais-je ? » n 653. P.U.F Paris, 1993.
Introduction

-Le degré d'adéquation ; le choix d'un système qui sera plus facile à
adapter à la structure de la langue
-Le système le plus économique.
- Le système le plus favorisé par l'opinion publique.
- Le système qui répond le plus au critère d'universalité.

Le choix d'un système d'écriture est un acte conventionnel. Par là on


entend que le berbère peut être transcrit avec tous les trois systèmes
graphiques : arabe, latin ou tifinagh. Quant à la sélection d'un seul système
parmi ces trois, pour le transcrire, elle doit être focalisée sur celui qui
s'adapte mieux et/ou plus facilement à sa structure phonologique morpho-
syntaxique et lexicale.

Le champ de la production berbère qui se fait dans sa majorité en


caractères latins, nous induit à présumer que ce dernier est le système
d'écriture qui s'adapte mieux à la structure du berbère. Mais, jusque là il
n’y a pas eu de politique linguistique pour standardiser ce système, non
plus un des deux autres (arabe ou tifinagh).

Les manuels scolaires de la langue berbère, sont transcrits en trois


graphies (arabe, latine, et tifinagh), les sujets d'examens officiels (BEM et
BAC) sont rédigés en deux graphies (arabe et latine), dans les régions du
centre de l'Algerie, en tifinagh au sud. D'une région à une autre,
l'enseignement de la langue se fait soit en graphie latine (surtout en
Kabylie), arabe ou tifinagh (à Batna, Ghardaia, Tamanrasst…..)

C'est cette situation délicate de l'enseignement de la langue berbère qui


a motivé notre choix de ce thème. Le moment n'est-il pas encore venu pour
standardiser une graphie qui sera le support de la langue berbère pour tous
les niveaux ?
Introduction

Notre étude s'inscrit dans le cadre de la théorie fonctionnaliste. A


partir de l'analyse d'un corpus transcrit avec les trois systèmes graphiques,
nous essayerons de voir comment la structure phonologique et morpho-
syntaxique du kabyle sont représentées.
Elle se réparti sur 03 chapitres :
Dans le premier chapitre, nous présentons un rappel historique sur
l'origine et l'évolution des trois systèmes d'écriture (arabe, latin et
tifinagh)
Le deuxième chapitre sera consacré à l'aspect graphique et
phonologique, nous y présentons :
- Les systèmes phonologiques de l'arabe, du français et du kabyle.
- Les principes de transcription de tamazight ('le kabyle) :
- à base des caractères arabes et latins dans le manuel
scolaire de tamazight de la première année moyenne ( 1 )
- à base des caractères tifinagh dans le livre de R. AT.
MANSOUR "Poèmes kabyles d'antan" ( 2 )
-La phonologie berbère et les trois systèmes graphiques.
Le troisième chapitre traite de la morphosyntaxe : nous y présentons
les différentes classes monématiques de la langue berbère (kabyle), et leur
morphologie, telles qu'elles étaient présentées par S. CHAKER dans sa
thèse de doctorat où il à effectué une étude syntaxique d'un parler
kabyle ( 3 ) . Puis, nous verrons comment ces différentes unités (monèmes et
morphèmes) sont représentées lors de la transcription de tamazight à base
de caractères latins, arabes et tifinaghs. Cela, se fera par la segmentation
de quelques énoncés transcrits avec les trois systèmes graphiques.
Les énoncés seront extraits de :
-Le manuel scolaire de tamazight de la première année moyenne, pour
les énoncés transcrits en caractères latins et arabes.
-Le livre de R. AT MANSOUR, Poèmes kabyles d'antan, pour les
énoncés transcrits en caractères tifinaghs.

(1)
LUNIS, A. , et al. Adlis-iw n Tmazight, Aseggas amezwaru n ulmud alemmas, ed, O.N.P.S. Algerie, 2004.
(2)
AT, MANSOUR, R. , Poèmes kabyles d'antan, ed, Ibis Press, Paris, 1998.
(3)
CHAKER, S. , Un parler berbère d'Algérie (kabyle); thèse, Paris V, 1978, publiée à université d'Aix-en-
provence, 1993.
Ecriture et systèmes d’écriture.
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

I- Quelques définitions :

1- Ecriture :
En linguistique on parle souvent de la primauté de l’oral sur
(1)
l’écrit . Toutes les langues ont d’abord été parlées, avant d’être fixées par
l’écriture sous forme de différents t ypes. De là on entend que le rôle de
l’écriture est de représenter la langue.

Cependant, le passage de l’oral à l’écriture n’a pas comme unique


apport la fixation et la sauvegarde de la langue, mais aussi un apport pour
la vie sociale de l’individu. L’écrit est représenté comme un élément
central de la vie sociale, il possède des dimensions, individuelles et
sociales « dans la mesure où il est à la fois expression personnelle et
moyen d’accès à autrui » ( 2 ) ; et cognitives par ce que « il est un outil de
réflexion et de travail » ( 3 ) .

Telle qu’elle est définie dans le dictionnaire de la linguistique,


l’écriture est « une représentation de la langue parlée au moyen de signes
graphiques » ( 4 ) . Elle est donc un procédé destiné à fixer le langage articulé.
Selon l’expression de Charles Higonnet, l’écriture est « un nouveau
langage » ( 5 ) , c'est-à-dire un moyen d’expression du second degré après la
parole.

Pour qu’il y ait écriture il faut d’abord un ensemble de signes qui


possèdent un sens établi à l’avance par une communauté. C’est cet
ensemble de signes graphiques qui forme le système d’écriture.

(1)
Cf. SAUSSURE, F. , Cours de linguistique générale, ed, Talantukit, Béjaia, 2002, p. 34.
(2)
GIP P ET , F. et a l. Passage à l’écriture. Un défi pour les apprenants et les formateurs, ed , P.U.F, Paris,
2000, p. 01.
(3)
Ibid. p. 70
(4)
DUBOIS, J. et al. Dic de linguistique, ed, Larousse, paris, 1973, p.175.
(5)
HIGONNET Ch. , L’écriture, coll, « que sais-je ? » n 653. P.U.F Paris, 1993, p. 03.
7
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

2- Le système d’écriture :
Un système d’écriture est une série de signes visibles ou tactiles
utilisés pour représenter les unités de la langue de manière systématique.
Cette représentation a comme but de rapporter un message, et que ce
message soit décodé par quiconque connaissant la langue en question, et
ses règles d’écriture.

3 - Différents types de systèmes d’écriture:


L’histoire de l’écriture a connu une évolution considérable depuis
son invention jusqu’à ces états actuels, une évolution qui « va d’une
représentation figurative du signifié à un code formé de signes
abstraits » ( 6 ) .

La classification des divers systèmes d’écriture qui ont été


découverts diffère d’un auteur à un autre. Celle présentée par Saussure ( 7 )
distingue deux t ypes :

3-1 - Le système idéographique : Dans ce système le mot est représenté


par un signe unique et étrange aux sons dont il se compose, « le signe se
rapporte à l’ensemble de mot » ( 8 ) .

3-2- Le système dit communément phonétique : Ce système est une


évolution des anciens t ypes, né suite à la recherche d’une certaine
économie graphique, « il vise à reproduire la suite des sons se succédant
dans le mot » ( 9 ) . C'est-à-dire ce système tente de reproduire la chaîne
sonore du langage, non les concepts.

(6)
DUBOIS, J. , op. cit. p. 175.
(7)
SAUSSURE, F. , op. cit. p. 36.
( )
8 DUBOIS., J. , op. cit. p. 177.
(9)
SAUSSURE, F., op. cit. p. 36.
8
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

Selon Saussure ( 1 0 ) ces écritures sont tantôt « S yllabiques » où chaque


signe correspond à une syllabe, tantôt « Alphabétiques » ou chaque signe
nous réfère à un son vocalique ou consonantique de la langue.
Le système qui est en usage aujourd’hui est le système alphabétique,
cette appellation vient du mot alphabet.

4- Alphabet :
Le mot alphabet est d’origine latine « alphabétum », formé avec les
deux premières lettres de l’alphabet grec « alpha et bêta » ( 1 1 ) . Il désigne
« l’ensemble des lettres utilisées pour la représentation graphique des
unités phoniques d’une langue, et disposées dans un cadre
conventionnel » ( 1 2 ) . C'est-à-dire l’alphabet est un ensemble d’éléments
graphiques appelés « lettre ».

Dans l’écriture alphabétique, les systèmes d’écriture peuvent être à


référence phonétique (noter toutes les variantes contextuelles ou
individuelles réalisées), ou phonologique (ne noter que les unités
phoniques pertinentes).

L’usage d'un système graphique doit être conforme à des règles en


vertu desquelles les unités sont encodées dans le système d’écriture, c'est-
à-dire à des règles orthographiques. Par orthographe on entend
« l'utilisation spécifique d’un alphabet dans l’écriture d’une langue, tant au
niveau de l’attribution des valeurs particulières aux lettres, et aux
groupements de lettres qu’à celui de leur distribution dans le mot ». ( 1 3 )

L’élaboration où la normalisation d’une orthographe d’une langue


donnée doit prendre en considération la structure morphosyntaxique,
phonologique, phonétique, lexicale…, de la langue en question.

(10)
Cf. SAUSSURE, F., op. cit.. p.36.
(11)
Cf. HIGOUNET, Ch. , op. cit. p..39
(12)
MOUNIN G. et al. Dic de la linguistique, ed, PUF, 1974, p. 20.
(13)
Ibid, p.239.
9
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

II- Rappel historique sur les trois systèmes d'écriture : arabe, latin,
tifinagh :

1- L’écriture latine :
Largement répandue notamment au cours du XIX° siècle avec les
empires coloniaux, l’alphabet latin est employé par un grand nombre de
langues, qui n’avaient jusque là pas d’écriture, ou celles dotées d’une
écriture non alphabétique (comme le vietnamien par exemple). Il est
aujourd’hui le premier alphabet utilisé dans le monde (l’arabe est le
second).

1-1 : L’origine de l’alphabet latin :


L’alphabet latin est formé de 23 lettres, créé au 7 è m e siècle avant J.C,
il est emprunté plus ou moins directement à des t ypes grecs occidentaux
(dérivés eux-mêmes du phénicien) ( 1 4 ) . La forme des caractères des premiers
documents latins confirme cette origine. Il s’agit des inscriptions de la
pierre noire de l’ancien forum romain, découverte en 1899, et la fibule d’or
de préneste ( 1 5 ) .

Ce qui est incertain est la manière de la dérivation de cet alphabet


( c'est-à-dire du grec). Les historiens de l’écriture ne sont pas d’accord sur
une seule thèse.

La plus vraisemblable pour Ch. Higonnet est celle qui présume que
l’alphabet latin dérive du grec occidental par l’intermédiaire des étrusques.
Quand ces derniers étaient soumis par les romains (en Italie), ils leur
transmettaient leur écriture, « l’alphabet latin est en définitive un alphabet
grec occidental devenu avec une forte influence étrusque, un des alphabets
italiques » ( 1 6 ) .

(14)
Cf. HIGONNET, Ch. , op.cit. p. 72.
(15)
Ibid. p. 72
(16)
Ibid, p. 73.
10
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

Le premier alphabet latin naît dès le VII° siècle avant notre ère, il ne
comptait que 21 lettres dans sa forme archaïque. Il apparaît comme tout
constitué avec ces 23 lettres au I° siècle avant J.C (après la conquête de la
Grèce ( 1 7 ) ), en plus des 21 lettres dont il se composait, pour noter des mots
d'emprunt, on lui ajoutait deux lettres « y » (upsilon) et « z » (zêta) qui
appartiennent à l’alphabet grec.

Voilà l'alphabet latin dans sa forme archaïque.

Au I° et II° siècle après J.C le latin se présentait sous forme de deux


types d’écriture la « capitale » et la « cursive » ( 1 8 ) .

*/ La capitale : C'est une écriture cursive d’assez grande taille,


employée pour les livres de luxe, actes officiels, etc.

*/ La cursive : Appelée aussi « commune classique » ( 1 9 ) petite


légère, utilisée généralement comme écriture de librairie.

L’écriture latine n’arrêtait pas d'évoluer. Au II°, III° siècle une


métamorphose se produit dans l’alphabet ( 2 0 ) , ce qui a engendré deux
nouvelles graphies qui se substituent progressivement aux deux
précédentes : la « nouvelles écriture commune », appelée aussi « miniscule
primitive » ou « semi onciale », et l’écriture « onciale ». Disant que cette
évolution de la forme des caractères latins était conditionnée par la nature
des instruments et les supports de transcription (graveur sur pierre, notes
hâtives sur des tablettes de cire, à l’encre sur papyrus ou parchemin…).

(17)
Cf. HIGONNET, Ch. , op.cit. p72.
(18)
Cf. FEVRIER, J-G. , op.cit. p. 481.
(19)
HIGONNET, Ch. , op.cit. p. 74.
(20)
Cf. HIGONNET, Ch. , op.cit. p. 75.
11
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

Dès le début du IV° siècle la miniscule prémitive s’est transformée


en « cursive récente » par opposition à l’ancienne cursive de I° et II°
siècle. Elle serait utilisée dans les bureaux de la haute administration.

Entre le VII et de XII° siècle, la décadence de l’empire romain (par


conséquent la décentralisation du pouvoir politique) a fait que chaque
région a développé une forme de graphie propre à elle. L’écriture
mérovingienne en Gaule, l’écriture combartique en Italie, l’écriture
wisigothique en Espagne, l’écriture irlandaise …. ( 2 1 )

En France, le renouveau politique à l’époque de Charlemagne, n'était


pas sans influence sur l’écriture. A partir de VIII° siècle une autre variété
de miniscule apparaît : «la miniscule caroline » ( 2 2 ) . Elle bénéficie du
prestige de la dynastie carolingienne, et par son élégance et sa clarté elle
s’impose dans une grande partie de l’Europe. C’est avec cette écriture que
commence l’histoire de l’écriture latine médiévale et moderne. Elle dure
approximativement jusqu’au XII siècle ( 2 3 ) . Selon l’expression de Ch.
Higonnet elle est « celle qui a eu l’avenir le plus long le plus stable le plus
universel, et qui a pour nous l’intérêt le plus actuel » ( 2 4 ) .

A la fin du moyen âge l’écriture caroline donne naissance à cinq


types d’écriture que Ch. Higonnet présente de la manière suivante :
« l’écriture courante gothique, commune et populaire, la lettre de forme,
calligraphie de luxe et scholastique; la bâtarde, qui tient des deux
précédentes ; l’écriture humanistique et son expression cursive écritures
(25)
savantes et modernes» .
C’est de ces cinqs t ypes que dérive l'écriture contemporaine.

(21)
Cf. G FEVRIER, J. , op.cit. pp. 585-487.
(22)
Ibid . p. 488.
(23)
Ibid, p. 496.
(24)
HIGONNET, Ch. , op.cit. p. 89.
(25)
Ibid. p. 102.
12
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

1-2 : Quelques principes d’utilisation de l’alphabet latin :


• Chaque lettre de l’alphabet possède une graphie en majuscule et
une autre en miniscule (A, a, b, B….)
• En fonction des langues qui l'adapte, l’alphabet est enrichi de
signe de ponctuation ( ?, !, ., ;….) ; d’accents (é, ï, è,….) ; de
cédilles (ç) ou de tildes (ñ), de lettres liées (ae, oe, …) ; et de
nombreux autres signes diacritiques qui permettent de noter toutes
les nuances nécessaires, ce qui a favorisé sa grande diffusion dans
le monde.
• L’alphabet latin utilisé pour écrire la langue française par
exemple est composé de 26 lettres (20 consonnes et 6 voyelles).

2- L’alphabet berbère :

2-1 : L'alphabet libyque :


Depuis l'antiquité les berbères disposaient d’un alphabet appelé le
« libyque » dont l’origine reste ambiguë. Son usage à date antique était très
restreint, il n’a servi qu’à graver des textes sur pierres, des inscriptions
funéraires et votives très brèves. Le libyque est composé d'un ensemble de
caractères anguleux et rigides, composés de traits verticaux (I = n, III =
ch…), de traits horizontaux (- = z, = = L…) de la combinaison de traits
verticaux et horizontaux, de rectangles, de ronds avec ou sans points… ( 2 6 ) .

L’alphabet berbère ne présente pas un système homogène, il connaît


plusieurs nombres de variantes à travers le temps et l’espace. Pour les
périodes anciennes on distingue trois types d’alphabets : Le libyque
oriental, le libyque occidental, et l’alphabet saharien ou le tifinagh
ancien ( 2 7 ) .

(26)
Cf. HADDADOU, M. A. , L'alphabet berbère, Des inscriptions libyques aux transcriptions modernes,
éd , azur, 2004, p. 21.
(27)
Cf. CHAKER, S. , "l’écriture libyco-berbère, Etat des lieux et perspectives", in : Acte du colloque sur le
libyco-berbère ou le tifinagh, ed, HCA, 2007, p. 278.
13
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

2-1-1 : La découverte du libyque :


Le libyque a été découvert pour la première fois par les européens.
Le 1 e r texte qui nous est parvenu, le seul qui a pu être daté avec certitude
est l’inscription bilingue (punico- libyque) de Touga, la fameuse dédicace à
Massinissa, datée de 138 avant J.C, elle lui a été dédie par son fils Micipsa,
qui lui a succédé en 148 avant J.C, en l’an X de son règne ( 2 8 ) .
(voir l'annexe N°: 03)

L’inscription a été découverte en Tunisie en 1631 par l’anglais Thomas


d’Acros ( 2 9 ) . Les premières tentatives de déchiffrement de l’inscription ont
connu un échec. En 1843 le Français de Souley arrive à établir la moitié de
l’alphabet libyque.

Les recherches sur le libyque se poursuivent, en 1867 le 1 e r recueil


d’inscription libyco-berbère apparaît. Il a été publié par le médecin major
Rebout. Mais la plus grande recherche, celle qui a eu le plus d’opportunité
pour le libyque, a été le recueil d’inscription libyque (R.I.L) de J. B.
Chabot, parue en 1940. Il reconstitue l’alphabet avec ces différents t ypes
d’écriture oriental et occidental ( 3 0 ) . Le recueil «compte 1125 textes dont
917 avaient été localisés en Algerie-Tunisie auxquels s'ajoutèrent 218
nouvelles publiées en 1941 et portant, outre l'Est et le Centre algérien, sur
l'Oranie et le Maroc» ( 3 1 ) .

2-1-2 : L’origine de l’alphabet libyque :


L’origine du libyque est encore obscure. En s’appuyant sur différents
critères (la dénomination, la datation, l’orientation de l’écriture, la forme
des lettres….) plusieurs hypothèses ont été émises sur l’origine de cette
écriture. Il y a celles qui lui attribuent une origine sémitique et d’autres qui
le rejettent.

(28)
Cf. FEVRIER, J. , op.cit. p. 321
(29)
Cf. HADDADOU, M.A. , op.cit, p. 17
(30)
Ibid. p 17
(31)
FERRAH, A. , L'amazigh, écrire le berbère, ed, MARINOUR, Algerie, 1997, p. 39.
14
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

Les tenants de l’origine sémitique s’appuient selon FEVR IER sur


deux arguments principaux : le caractère consonantique de cette écriture, et
l’analogie qu’on peut établir entre certains signes libyques et des lettres
phéniciennes ou sud-arabiques, pour la forme ou pour le sens ( 3 2 ) . Pour ce
second principe, et selon le même auteur (pp323-224), d’autres sous-
hypothèses ont été émises quand à l’alphabet sémitique qui aurait servi de
protot ype au libyque, entre le punique, le phénicien ancien ou les écritures
sud-arabiques ou nord-arabiques.

Parmi ceux qui rejettent l’origine sémitique, R. Dussand qui envisage


la possibilité que le libyque est dérivé des écritures grecques archaïques
(cité par FEVR IER, 1956, p323) . Cette hypothèse est remise en cause par
l’auteur de l’ouvrage disant que le libyque ne possède pas de voyelles,
(33)
comme le cas de l’alphabet grec .

Aujourd’hui la position classique, qui admettait un emprunt direct à


une variante punique est complètement écartée. En faveur de cette origine,
(34)
S. Chaker et Hachi( Chaker et Hachi, 2000) ont développé une approche
critique fondée sur les indices suivants :

a- Les ressemblances libyque/ phénicien sont très minoritaires.


b- L’apparition de l’alphabet libyque est bien plus ancienne qu’on ne
le pensait traditionnellement.
c- Les documents les plus anciens proviennent des régions éloignées
des pôles d’influence punique.
d- Les formes générales de l’écriture libyque (géométriques)
s’inscrivent parfaitement dans la lignée des figures et symboles
géométriques de l’art pariétal protohistorique nord- Africain.
e- La dénomination « tifinagh » veut dire dans l’actuel touareg « les
signes » ou les « lettres ».

(32)
Cf. FEVRIER , J.G. , op.cit. p. 323.
(33)
Ibid. p323.
(34)
Cité par CHAKER. S. , op.cit. pp. 280-282.
15
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

f- La racine lexicale pour « écrire / écriture » R(W) est berbère et


pan- berbère, et résulte certainement d’une évolution sémantique
à partir d’un signifié plus ancien, antérieur à l’écriture
(« graver », « marquer », « insérer »).
A partir de cette théorie, Chaker et Hachi écartent aussi l’hypothèse
d’une genèse locale spontanée sans aucune influence externe, car « il n y a
pas au Maghreb de tradition d’écriture pré-alphabétique (syllabique ou
idéographique) qui autoriserait à retenir l’idée d’une formation totalement
indigène : l’alphabet ne peut naître brutalement sans un long processus
antérieur de perfectionnement à partir d’autres t ypes d’écritures» ( 3 5 ) .

Cette idée est loin de faire l’unanimité. Pour d’autres chercheurs tel
M.A. Haddadou, il y a une forte chance pour que le berbère ait possédé une
écriture pré-alphabétique, par conséquent l’origine autochtone du libyque
sans aucune influence étrangère est possible, il écrit « (…) on sait déjà que
l’art berbère utilise depuis longtemps un répertoire de symboles qui
rappellent fortement les caractères libyques» ( 36)
.

En se basant sur des nouvelles données de la recherche sur le libyque


[l’inscription repeste d’Azzib, n’Ikhis, (Yagour, Haut Atlas Marocain) site
phare pour la datation relative du libyque le plus ancien] ( 3 7 ) , d’autres
hypothèses sont entrain de se construire. Deux récentes thèses ont été
récemment émises, l’une suggérant que l’origine du libyque pourrait être
saharienne (Lemaire, communication datant de 2001 et publiée en 2006),
l’autre Méditerranéenne et occidentale (Pichler. 2007) ( 3 8 ) .

(35)
Ibid. p. 279-280.
(36)
HADDADOU, M.A. , op.cit. p. 28.
(37)
Cf. HACHID, M. , "Le contexte archéologique et historique de l’apparition de l’alphabet libyque. Retour
sur la date de l’inscription rupestre d’Azzib n Ikhis (haut Atlas) et sa troublante convergence avec celles du
Sahara Central", in. Actes du colloque international, Le libyco-berbère ou le tifinagh, ed, HCA, 2007. p. 14.
(38)
Ibid, p. 20.
16
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

2-2: L’alphabet tifinagh :


Le tifinagh est l’écriture qui est actuellement en usage chez les
touaregs dans ses diverses formes. Il dérive directement de l'écriture
(39)
libyque antique .

Tel qu’il a été présenté par M. HADDADOU ( 4 0 ) , le tifinagh :

• S’écrit de droite à gauche, de gauche à droite, du bas en haut et


même en boustrophédon.
• C’est un système consonantique, constitué de barres, cercles,
points…. Il dispose d’un signe point (a) pour noter la voyelle
« a » en finale, appelé « taghrit ».
• Les autres voyelles finales, i, u/o, sont notées par les signes qui
notent "y" et "w".
• Dans leurs écrits, les touaregs n’indiquent pas le redoublement
consonantique. Ils ne séparent pas entre les mots et n’utilisent pas
les signes de ponctuation.
• Le tifinagh ne constitue pas un ensemble homogène. Un grand
nombre de caractères varie d’une région à une autre, mais les
variantes des signes se rapprochent fortement.

2-3-L’étymologie du terme « tifinagh » :


L’hypothèse qui attribue au libyque une origine phénicienne s’appuie
en grande partie sur la dénomination de l’écriture berbère "tifinagh". Cela
en rattachant ce mot, qui est « un nominal féminin pluriel qui se repose sur
une racine FN£. Sachant que « q « et « γ » sont à date ancienne et dans le
système phonologique fondamental du berbère, de simples variantes» ( 4 1 ) , au
mot « finiqi » (phénicien), disant que la racine FNQ ressemble à la
dénomination des Phéniciens-Puniques. L'appellation "tifinagh" «a
(42)
probablement dû signifier à l'origine : "les phéniciens, les puniques" » .

(39)
Cf. HIGOUNNET, Ch. ,op.cit. p. 59.
(40)
Cf. HADDADOU, M. A. ,op.cit. pp. 43-44.
(41)
CHAKER, S. , op.cit. pp. 281.
(42)
Ibid. p 281.
17
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

Quant à l’ét ymologie populaire du terme, elle connaît deux


interprétations :
Une, connue dans les milieux militants kabyles décompose le terme
en « tifin » qui signifie en kabyle « trouvaille » ou « découverte », et
« nagh » adjectif possessif, qui veut dire « notre » ou "à nous", la
recomposition des deux parties donnera « tifinagh » c'est-à-dire notre
trouvaille ou « notre découverte » ( 4 3 ) .

La seconde connue chez les touaregs nigériens. Celle-ci parait


plausible pour M. A. HADDADOU. « Asfinaγ » veut dire « explicitation ».
Pour lui, (et selon M Aghali Zakara et J. DROUIN 1973-79, p.252 et249),
cette ét ymologie «est liée à la légende d’un héros civilisateur qui, tout en
révélant l’écriture aux hommes, a réservé la signification cachée des lettres
aux seuls initiés » ( 4 4 ) .

Le rattachement du mot tifinagh au mot finiqi « phénicien » est plus


contestable pour M.A.HADDADOU, car pour lui le mot finiqi n’est pas
sémitique mais grec, et « provient de phoenici, qui signifie "homme rouge"
(45)
par référence à la couleur pourpre que fabriquaient les Phéniciens » .

2-4: Les néo-tifinaghs :


C'est un alphabet proposé par un groupe de militants kabyles au
début des années 70, groupe fondateur de l’académie berbère à Paris. Ayant
comme souci d’écrire le kabyle en tifinagh, ce groupe a adopté les tifinagh
de l’Aheggar auxquels on a ajouté de nouvelles lettres (voyelles et
consonnes) pour noter les particularités phonologiques, voir même
phonétiques du kabyle.

(43)
Cf. S I N I , C., A n a l y s e d e s a t t i t u d e s d e l o c u t e u r s a m a z i g h o p h o n e s à l ' é g a r d d e s t r o i s
s y s t è m e s d ' é c r i t u r e e n u s a g e , mé mo i r e d e ma g i s t e r e n l i n gu i s t i q u e , u n i v e r s i t é d ' Al g e r , 1 9 9 7 .

(44)
Cité par HADDADOU, M.A. , op.cit. p. 28.
(45)
HADDADOU, M.A. , op.cit. p. 27.
18
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

Ce système est considéré par S. CHAKER comme un système de


notation phonétique, qui manque tout travail de réflexion phonologique ( 4 6 ) .

2-5: Le libyco – tifinagh :


Alphabet usuel proposé par S. CHAKER ( 4 7 ) , constitué à partir des
inventaires des caractères libyques (orientales) et des caractères tifinaghs
de Hoggar. Il se distingue des néo–tifinaghs de l’académie berbère sur
plusieurs points :
- la notation est strictement phonologique.
- Il n’a pas introduit de nouvelles lettres par rapport aux usages
traditionnels (libyques, et tifinaghs).
- Le retour prioritaire aux formes anciennes libyques où les points
sont moins nombreux.
- Le choix des lettres les plus facilement reconnaissables.
JO (libyque) pour (s) ou lieu de : s tifinagh.
B O O (tifinagh pour (b) ou lieu de s libyque.

3- L’écriture arabe :
Une des grandes écritures internationales, répandues sur un espace
important des trois continents (Asie, Afrique et Europe). C’est une écriture
alphabétique comprenant 28 lettres et un certain nombre de signes. L’arabe
se lit et s’écrit de droite à gauche elle est avec l’hébreu selon C.
Higounnet, la seule écriture consonantique encore en usage ( 4 8 ) .

3-1- l’origine de l’écriture arabe :


L’origine de l’écriture arabe est encore obscure, fondée jusqu’à
maintenant sur des hypothèses qui sont plus au moins vraisemblables.

Pour Février ( 4 9 ) les arabes ne possédaient pas une écriture propre. Au


début, afin de transcrire leur langue, ils ont fait recours aux alphabets sud-

(46)
Cf. CHAKER, S. , " Pour une notation usuelle à base tifinagh", in, Etudes et documents berbères.N°11
1994, p. 33.
(47)
Ibid . pp. 31-42.
(48)
Cf. HIGOUNNET, CH. , op. cit. p. 51
(49)
Cf. FEVRIER, J.G. , Histoire de l’écriture, ed, Payot, Paris, 1956, p. 262.
19
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

arabiques (écriture lihyanit et thamoudéenne, paraissent dérivées de


l’écriture sud-Arabique). Cette hypothèse se base sur des textes découverts;
à EL 'ELA, et à Héribé (à partir des Ve siècle ( ?)) ( 5 0 ) , d’autres sur la route
de Medain Saleh a Teima. Les textes sont rédigés dans un dialecte nord-
Arabique, assez voisin de l’arabe classique.

En s’appuyant sur des textes retrouvés dans la Harain (Harran, Oum


El Djimâl, En- Namâra) ( 5 1 ) , les historiens de l’écriture attribuent à la
dynastie des Ghassanides (de la S yrie), l’élaboration progressive de
l’alphabet arabe. D’autres penchent pour le royaume des Lakhmides de
Mésopotamie dont la capitale Al- Hira. ( 5 2 )

L’hypothèse qui parait bien plus vraisemblable est celle qui soutient
que l’écriture arabe est une évolution de l’alphabet nabatéen « une des
variétés de l’écriture araméenne, la plus grande langue commerciale de
l’ancien Orient, dérivée elle-même de l’alphabet phénicien» ( 5 3 ) . Plusieurs
textes montrent cette période de transition de l’écriture araméenne vers
l’écriture arabe, on peut citer comme exemple, la bilingue d’Oumm El
Djimal, l’inscription d’En Nemâra (+328) ( 5 4 ) , et un texte daté de 267 à
Medain Saleh.
Selon cette hypothèse, auparavant, les arabes se servaient de
l’écriture nabatéenne pour transcrire leur langue, mais cette dernière ne
résiste pas aux influences de la phonétique de la langue arabe, ce qui a
donné naissance à un système d’écriture propre à elle.

L’alphabet nabatéen ne comptait que 22 lettres ; pour transcrire les


28 consonnes que présente la langue arabe, avec cet alphabet, ils ont fait
recours aux signes diacritiques ; un, deux ou trois points, placés au dessus
ou au dessous de la lettre, pour distinguer les lettres de la même forme ( ‫ث‬

‫ ب‬،‫ ت‬....)
(50)
Ibid. p. 263.
(51)
Ibid. p264.
(52)
Cf. HIGOUNNET, Ch. , op.cit. p. 25.
(53)
FEVRIER, J.G. , op.cit. p. 263.
(54)
Cf. FEVRIER, J.G. , op.cit. p. 263.
20
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

Pour l’indication des voyelles, on a attribué aux signes de trois


consonnes (le "‫" ا‬, le " ‫" ي‬, et le " ‫ ) "و‬l’indication des trois voyelles
langues [a:], [i:], [u:]. Quand aux voyelles brèves, elles n’étaient pas
notées. Au début de l’ère musulmane au VI e siècle la plupart des lettres ont
déjà la forme de l’écriture arabe ( 5 5 ) . A cette période les écrits en arabe se
font plus nombreux et plus variés. Et selon le support sur lequel en
transcrivait et le matériel employé pour la transcription, support dur ou
résistant (pierre, métal, cuir, ou parchemin...), ou support lisse (papyrus),
l’écriture arabe a évolué vers deux t ypes d’écriture :

*/ Le coufique : du nom de la ville de Kaufa, sur l’Euphrate. C’est


« une calligraphie monumentale ou de manuscrits sur cuir ou parchemin.
Elle est caractérisée par une ligne de base horizontale sur laquelle des
signes anguleux et rigides s'implantent verticalement » ( 5 6 ) . Elle a donné
naissance à l’écriture Maghrébine ( 5 7 ) .

*/ Le naskhi : écriture de «copiste» ( 5 8 ) . C’est une écriture «ronde »,


de forme cursive, arrondie, chargée d’ornements elle est tracée avec un
(59)
calame (qualam) sur papyrus, ou sur d'autres supports lisses .

De ces deux types d’écriture s’est dérivé des diverses autres formes,
qui n’étaient qu’une évolution ou une perfection de la forme ancienne. Le
système d’écriture qui est en usage aujourd’hui n’est qu’une de ces formes
dérivées.

(55)
Ibid, p. 265.
(56)
HIGOUNNET, Ch. , op.cit p. 52.
(57)
Cf. HIGOUNNET, Ch. , op.cit., p. 52.
(58)
Ibid. p. 52
(59)
FEVRIER, J.G. , op.cit. p.272.
21
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

2 -2 - Caractéristiques de l’alphabet arabe :


Comme il a été signalé ci-dessus l’alphabet arabe compte 28 lettres
en plus de quelques signes diacritiques. L’usage de cet alphabet est soumis
aux principes suivants ( 6 0 ) :

• L’arabe se lit et s’écrit de droite à gauche.


• Il n’existe pas de majuscule dans l’écriture arabe.
• Pour éviter la confusion entre les lettres de la même forme, on
fait recours à des points diacritiques (ex : ‫ ب‬،‫ ت‬،‫ ث‬،‫ ف‬،‫ ق‬... .. ).
• La majorité des lettres s’accrochent entre elles, pour former des
légatures. C’est la raison pour laquelle une même consonne peut
revêtir 04 formes différentes ; selon qu’elle est : indépendante
(isolée), liée (initiale) médiane ou finale (ex : ‫ ع ـ‬، ‫ ــ‬، ‫ ـ‬.... ).
• Il existe 06 lettres de l’alphabet avec lesquelles on ne peut rien
accrocher, on les appelle les lettres ‘dwâr’. Ces lettres ne se
manifestent que sous deux formes graphiques : finales et isolées,
ce sont : ( ‫ ز‬، ‫ ر‬، ‫ د‬، ‫ ذ‬، ‫ و‬، ‫)ا‬.
• On distingue en arabe trois voyelles brèves (a, i, u) et trois autres
longues correspondantes aux voyelles brèves (a:, i:, u:).
• Les voyelles brèves sont indiquées par :

o Un trait au dessus de la consonne (fatha  ) pour le (a).

o Un trait au dessous de la consonne (kasra  ) pour le (i).

o Un petit « waw » au dessus de la consonne (dhamma   )

pour le (u).
• Pour les voyelles longues (a:, i:, u:), elles sont indiquées

respectivement par un ‘alif’ (  ), ‘waw’ ( ‫ ) و‬et ‘ya’ ( ‫) ي‬.

(60)
Ces principes sont tirés des deux livres :
- CANAMAS, C. et al. Cours d'arabe magribin, ed, l'Harmatan,1987.
- MUIDERE, M. , Arabe. Grammaticalement correcte : Grammaire alphabétique de l'arabe, ed,
Ellipres,Paris,2001.
22
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

• L’écriture arabe se sert aussi d’autres signes complémentaires


pour noter :
• L’attaque glottale (notée par (‫( )ء‬hamza) : Son écriture est
soumise à des règles précises qui dépendent de la place qu’elle
occupe dans le mot (ex : ‫ ا‬،‫ ئ‬،‫ ء‬، ، )

• La tension d’une consonne est notée par un petit trois couché au


dessus de la lettre « ّ » dit (chadda).
• L’absence de la voyelle est notée avec un petit rond inscrit au
dessus de la lettre ( ° ) (Sukun).
• Tanwin : les mots qui se terminent par les désinences (un, in,

un) sont notés respectivement par (02 flatha ً. 02 Kasra ٍ.. , et

02 dhemma ٌ.. ).

• La madda ; si deux « alifs » se suivent (support de « hamza » et


« alif » - voyelle longue), on écrit le 2 è m e sur le 1 e r comme dans
l'exemple ‫ " '&أان‬écrit " ‫" '&(ن‬.

Remarque :
Pour transcrire les sons qui n’existent pas en arabe tels (g, v, p…)
plusieurs nouvelles graphies sont apparues, cela on ajoutant des points
diacritiques, soit au dessus ou au dessous des lettres existantes.

Ex : - ‫چ‬ pour noter [g].

-‫ پ‬pour noter [p].

-‫ژ‬ pour noter [dz]

-‫ق‬ pour noter [g] ‫… گ‬..

23
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

1-3- Tableau de l’alphabet arabe :


Le tableau suivant représente toutes les lettres du système d’écriture
arabe dans l’ordre alphabétique avec les différentes graphies, et la
transcription latine des berbèrisants de chaque lettre.

24
Chapitre I : Ecriture et systèmes d'écriture

Graphie
Lettre Nom Transcription
Isolée Initiale Médiane Finale
‫ا‬ Alif ‫ا‬ ‫ا‬ .‫ــ‬ .‫ــ‬ a
‫ب‬ Ba’ ‫ب‬ ‫ـ‬/ ‫ـ‬0‫ـ‬ 1‫ـ‬ b
(‫ت)ة‬ Ta’ ‫ت‬ ‫ـ‬3 ‫ـ‬4‫ـ‬ 5‫ـ‬ t
‫ث‬ Ta ‫ث‬ ‫ـ‬6 ‫ـ‬7‫ـ‬ 8‫ـ‬ t
‫ج‬ Jim ‫ج‬ ‫ـ‬: ‫ـ;ـ‬ <‫ـ‬ o
‫ح‬ Ha’ ‫ح‬ ‫>ـ‬ ‫ـ?ـ‬ @‫ـ‬ ê
‫د‬ Dal ‫د‬ ‫د‬ A‫ـ‬ A‫ـ‬ d
‫ذ‬ D al ‫ذ‬ ‫ذ‬ B‫ـ‬ B‫ـ‬ d
‫ر‬ Ra’ ‫ر‬ ‫ر‬ &‫ـ‬ &‫ـ‬ r
‫ز‬ Zay ‫ز‬ ‫ز‬ C‫ـ‬ C‫ـ‬ z
‫س‬ Sin ‫س‬ ‫ـ‬E ‫ـ‬F‫ـ‬ G‫ـ‬ s
‫ش‬ Chin ‫ش‬ ‫ـ‬I ‫ــ‬J‫ـ‬ K‫ـ‬ c
‫ص‬ Sad ‫ص‬ ‫ـ‬M ‫ـ‬N‫ـ‬ O‫ـ‬ û
‫ض‬ Dad ‫ض‬ ‫ـ‬Q ‫ـ‬R‫ـ‬ S‫ـ‬ v
‫ط‬ Ta’ ‫ط‬ ‫ط‬ U‫ـ‬ U‫ـ‬ î
‫ظ‬ Da’ ‫ظ‬ ‫ظ‬ W‫ـ‬ W‫ـ‬ v
‫ع‬ ain ‫ع‬ ‫ـ‬ ‫ــ‬ ‫ـ‬ ε
‫غ‬ Ghin ‫غ‬ ‫ـ‬Y ‫ـ‬Z‫ـ‬ [‫ـ‬ $
‫ف‬ Fa’ ‫ف‬ ‫\ـ‬ ‫ـ]ـ‬ ^‫ـ‬ f
‫ق‬ Qaf ‫ق‬ ‫'ـ‬ ‫ـ_ـ‬ `‫ـ‬ q
‫ك‬ Kaf ‫ك‬ ‫آـ‬ ‫ـ‬c‫ـ‬ d‫ـ‬ k
‫ل‬ Lam ‫ل‬ ‫ـ‬f ‫ـ‬g‫ـ‬ h‫ـ‬ l
‫م‬ mim ‫م‬ ‫ـ‬j ‫ـ‬k‫ـ‬ l‫ـ‬ m
‫ن‬ Nun ‫ن‬ ‫ـ‬m ‫ـ‬n‫ـ‬ o‫ـ‬ n
‫هـ‬ Ha’ q ‫هـ‬ ‫ـ‬r‫ـ‬ s‫ـ‬ h
‫و‬ Waw ‫و‬ ‫و‬ t‫ـ‬ t‫ـ‬ w
‫ي‬ Ya’ ‫ي‬ ‫ـ‬u ‫ـ‬v‫ـ‬ w‫ـ‬ y
‫ء‬ Hamza ‫ء‬ ‫ء‬ ‫ء‬ ‫ء‬ ʔ

25
Aspect phonologique et systèmes
graphiques
Chappitre II : Aspeects phonoloogiques et syystèmes graaphiques

I- P résentati on des syystèmes p honologiq


ques.

1- Le
L systèm e phonoloogique du
u françaiss :

Le fra nçais estt une lanngue à vocalisme


v riche (116 voyellles) et
conssonantism
me relativeement pau vre (21 co
onsonnes)).

• Le sy stème voccalique :

• Le sy stème con
nsonantiq
que :

Sontt indiquéees ici touttes les op positions pertinenttes possibbles. Il va de soi


que tous les l ocuteurs ne
n les praatiquent paas

27
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Bilabiales Labio- Dentales Post- Palatales Vélaires Uvulaire

dentales alvéolaires

Occlusives /p/ /b/ /t/ /d/ /k/ /g/

Nasales /m/ /n/ /ɲ/

Fricatives /f/ /v/ /s/ /z/ / ʃ / / / /r/

Spirante /j/

Spirante /l/

latérale

Labio- Labio-

palatale vélaire

Spirantes /ɥ/ /w/

2- Le système phonologique kabyle :

Jusqu'à maintenant aucune étude n'a été effectuée pour établir un


système phonologique kabyle à partir de l'étude de tous les parlers, les
systèmes existants ont été élaborés en étudiant des parlers à part, nous
pouvons citer comme exemple le système établit par S. chaker dans son

28
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

(1)
étude du parler d'Ait Iraten , et celui élaboré par R. KAHLOUCHE dans
son étude phonologique du parler de Makouda ( 2)
.

C’est ce dernier système que nous avons retenu pour notre étude, car il
est le système le plus récent.
Voici le système phonologique kabyle tel qu’il est présenté par R.
KAHLOUCHE :

Le système vocalique :

Au même titre que l’arabe le kabyle présente un système vocalique


pauvre (trois voyelles) mais un système consonantique très riche :

/i/ /u/
[∂]
[a]

(1)
CHAKER, S. , Un parler berbère d'Algérie (kabyle); t h è s e d e D o c t o r a t d ’ é t a t , A i x - e n P r o v e n c e , 1 9 8 3 .
(2)
Présenté in : « l’indicent de l’arabe et du français sur le système phonologique de Berbère (Kabyle)»,
publié dans Lucien TESNIERE aujourd’hui, Actes, du colloque international C.N.R.S URA 446- Université
de Rouen 16.17 et 18 Novembre 1998.

29
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Le système consonantique :

l d v s l c p u p l
a e i i a h a v h a
b n b f t u l u a r
i t r l é i a l r y
a a a a r n t a y n
l l n n a t o i n g
e e t t l a - r g a
s s e e e n v e a l
s s s t é s l e
e l e s
s a s
i
r
e
s

Non emphatiques Sonores v d r z l z g $ ε h


Sourdes f t s s k
Empatiques Sonores d ®ô é
Sourdes û
Labiovélaires Sonores gw $w
Sourdes kw xw
Affriquées Sonores dz
Sourdes t s
t$
Nasales m n
Semi-voyelles w y
Non emphatiques Sonores b d g
Sourdes p t k q
emphatiques î
Labiovélaires sonores gw
sourdes kw qw
Non sonores B D R Z L Z G £ ∑
emphatiques H
sourdes F T S S K Q H
emphatiques sonores R è
sourdes T S
Labiovélaires sonores Pw Gw

3- Le système phonologique de l’arabe classique :


L’arabe classique est une langue à vocalisme pauvre, il ne compte
que trois voyelles (/a/, /i/, /u/). Ces voyelles peuvent aussi se présenter

30
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

sous formes de voyelles longues (/a:/, /i: /, /u: / ), et à consonantisme riche


(25 phonèmes).

Les tableaux ci-dessous présentent tous les phonèmes constituant le


système phonologique de l’arabe classique.

Les phonèmes, sont notés par paire, sourde d'abord puis sonore. La
deuxième ligne représente la transcription latine des berbèrisants, la
troisième est la lettre arabe équivalente. La transcription phonétique est en
API.

Labio- Post- Phar Glot


Bilab. Dent. Alvéol. Palat. Vél. Uvul.
dent. alvéol. yng. .

31
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

[t] ~
Occlusives [b] [k] [q] [ʔ]
[d]

b t ~ d k q

‫ب‬ ‫ت ~ د‬ ‫ك‬ ‫ق‬ ‫ء‬

Nasales [m] [n]

m n

‫م‬ ‫ن‬

[θ] ~ [s] ~ [x] ~


Fricatives [f] [ʃ] [ħ] [h]
[ð] [z] [ɣ]

f ṯ ~ ḏ s ~ z c x ~ $ ḥ h

‫ف‬ ‫س ~ ز ث ~ ذ‬ ‫ش‬ ‫غ~ خ‬ ‫ح‬ ‫ﻩ‬

Affriquées [ ]

32
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

‫ج‬

Vibrantes [r]

‫ر‬

Spirantes [j] ([w])

y w

‫ي‬ ‫و‬

Latérales [l]

‫ل‬

II- Principes de transcription :

33
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

1- Principes de transcription du berbère en caractères latins :


Les romains ont été les premiers à utiliser les caractères latins pour
transcrire le berbère, c’était pour transcrire des toponymes, des noms de
fleuves et des noms de personnes, mais ce type de matériaux déclare M. A.
HADDADOU, « ne permet pas de parler d’un système de transcription » ( 3 ) .

A partir de la fin du XIX° siècle commence une nouvelle période


pour la transcription du berbère en caractères latins. Les missionnaires, les
militaires et divers chercheurs occidentaux, ont commencé à noter le
berbère en latin. Au départ le système était reproduit sur l’orthographe de
la langue française. Au début de XX° siècle on assiste à une tentative de
simplification, ce fut par l’adjonction de signes diacritiques pour noter
quelques phonèmes particuliers au berbère. La multiplication de signes
diacritiques illustre que la transcription du berbère à cette époque était
phonétique.

Vers la fin de la première moitié du XX° siècle des aménagements


ont été apportés aux systèmes existants. Le Fichier de Documentation
Berbère (F.D.B) a eu le mérite d’uniformisation progressive des systèmes
de transcription (pour le kabyle).

Le système F.D.B a été repris par MOULOUD MAMMERI, qui l’a


popularisé via son œuvre d’enseignement ( 4 ) , amélioré par la suite par
S.CHAKER, pour en faire un système de notation usuel, adapté à la
phonologie berbère, qui est utilisé dans tous les niveaux de l’enseignement,
et pour différentes productions en langue berbère. C‘est avec ce dernier
système de notation que le manuel scolaire de la première année moyenne,
d’où nous extrairons notre corpus, est transcrit.

Le système proposé par S.CHAKER :

(3)
HADDADOU, M.A. ,L'alphabet berbère, Des inscriptions libyques aux transcriptions modernes, éd ,
Azur, 2004, p. 79.
(4)
MAMMERI, M. , Précis de grammaire, ed, INNA-YAS, Tizi Ouzzou,1992.

34
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

L’atelier organisé à Paris par le centre de Recherche Berbère (C.R.B)


de l’Institut National des Langues et Civilisation Orientales « INALCO » le
24 et 25 juin en 1996, sur la notation usuelle du berbère à base de
caractères latins, a abouti à des propositions (synthétisées par S.
(5)
CHAKER) dans lesquelles on a opté pour l’usage d’un système de
notation à tendance phonologique qui se base sur le principe : «un seul
caractère pour chaque son»

1-1 – La notation des voyelles :


Le système vocalique berbère note 3 voyelles fondamentales |i |, |a|,
|u |, et une voyelle neutre [ ∂ ] notée "e" « Très fréquente et très
instable » ( 6 ) , mais dans la notation elle garde toujours sa position dans le
mot isolé.

1-2- La notation des consonnes :

1-2-1- Spirantes et occlusives simples :


La spirantisation, « non ou très faiblement distinctive » ( 7 ) , n’est pas
notée. Les occlusives et les spirantes correspondantes sont notées avec le
même caractère (b.d.g.k.t).

b Æ [b] , [b]
d. Æ [d] , [d]
g Æ [g], [g]
k Æ [k] , [k]
t Æ [t], [t ]

1-2-2- Phonèmes non –homogènes :

(5)
CHAKER, S., Proposition pour la notation usuelle à base latine du berbère, INALCO, Paris , Juillet 1996.
(6)
Ibid. p. 10.
(7)
Ibid. p. 6

35
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

*/Les affriquées :
* Les affriquées [ts] et [dz] ne sont pas notées, parce qu'elles n’existent
pas dans tous les dialectes berbères, « elles seront ramenées
systématiquement aux phonèmes dont elles sont phonétiquement ou
(8)
morphologiquement issues» .
tsÆ tt Æ ou ss (issu de s )
zd Æ zz (issu de z).

Ex : [ yexsi] (v. éteindre au prétérit) Æ "yexsi"


[ixetsi] (v. éteindre à l'A I) Æ "ixessi"
[yegzem] (v. couper au prétérit) Æ " yegzem"
[igedzem] (v. couper à l'A I) Æ "igezzem"

* L'affriquée dentale sourde [tt] de la finale de certains noms féminins est


notée avec un « t » simple pour conserver l’unicité des marques de féminin
(t….t).

Ex : [ tidett] ( la vérité) Æ " tidet"


[ tamacahutt] ( un conte) Æ " tamacahut"

* Les autres affriquées [tʃ] et [dj] sont notées respectivement « č » et


« ğ ».
Ex: [ yeçça] ( il a mangé) Æ "yeçça"
[ yeooa] ( il a laissé) Æ"yeooa"

*/Les laibio-Vélarisées :
La labio-vélarisation n’est pas notée, dans les rares contextes où elle
est distinctive, elle peut être représentée par un petit rond (°) en exposant.
Ex-[meqqer] ( du moins) Æ "meqq°er" ( grand)

*/Les pharyngalisées (emphatiques et emphatisées)

(8)
Ibid , p. 7.

36
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Les emphatiques non conditionnées (ayant statut de phonèmes) sont


notées avec un point au dessous de la lettre, (î .é .v .û)
Ex : "tiî " Æ l'œil
" avar "Æ pied
"iéri " Æ la vue
" taûebêit" Æ la matinée
- Pour le [ô] l’emphase n’est notée que dans les cas ou il y a opposition,
c'est-à-dire là où il peut être pertinent.

1-3 : les semi-voyelles :


Deux semi-voyelles sont à reconnaître dans le système phonologique
kabyle /w/, /y/, notées respectivement dans le système de notation à base
latine "w", "y", quand elles sont brèves. Leurs équivalentes tendues aussi
ont un statut phonologique, notées "w w", "y y".

1-4- Les assimilations dans la chaîne :


Quant il y a un phénomène d’assimilation qui se produit aux
frontières de morphèmes, dans la notation usuelle, ces assimilations
(consonantiques ou vocaliques), doivent être rétablies dans leur forme
canonique (phonologique et syntaxique).
On écrit : "awal n wergaz " ( la parole de l'homme)
Même si on dit : [awal wwergaz] ou [awal bbwergaz].

1-5- Quelques problèmes graphiques

*/ Les chuintantes : «j» et «ch» pour des raisons typographiques


sont notées respectivement « j »et « c ».
Ex : " ajgu" Æ pont
" aqcic" Æ un garçon
*/ Les vélaires :
La sonore « gh » est notée $ (lettre grecque).
La sourde « kh » est notée x.
Ex : "ti$ri" Æ un appel
" axxam" Æ maison

37
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

*/ Les pharyngales :
- La sonore [â] est notée « ε » (lettre grecque)
- La sourde [ê] est notée « ê ».
Ex : "aεawdiw" Æ un cheval
" aêday" Æ un garçon
1-6- L’usage du trait d’union
L’usage du tiret est préconisé entre les noms, les verbes, les
prépositions, autres unités grammaticales (les interrogatifs…) et leurs
affixes mobiles.
Ex : - "yenna-as" Æ il lui a dit.
" arraw-is" Æ ses enfants
" gar-asent" Æ entre elles
" Anda-t ? " Æ il est où ?
"yusa-d" Æ il est venu
" tameîîut-agi Æ cette femme
1-7- quelques conventions d’usage : ponctuations, majuscules, noms
propres.
*/ Les noms propres berbères doivent être conservés dans leur forme
phonétique courante locale.
*/ Les noms propres non berbères devront faire l’objet d’une codification
systématique ultérieure.
*/ utiliser les majuscules pour la 1 è r e lettre d’un nom propre, et au début
d'une phrase.
* Les signes de ponctuation seront employés dans les conditions habituelles
pour les langues à notation latine, notamment l’utilisation de la virgule
« pour marquer les ruptures intonatives, particulièrement importantes
comme indice syntaxique en berbère » ( 9 ) .

(9)
Ibid, p 16.

38
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

1 -8- Présentation du système de notation :

Voila le système de notation à base latine tel qu'il est présenté par S. Chaker.
Voyelles i e u ( "ou" français)
a

Semi-voyelles y ("j" de l' A.P.I.)


w

Consonnes
Labiales b [b/b] ibawen "fèves"
f tafat " lumière"
p apaki "paquet"(emprunt
français)
m am " comme"

Dentales d [d/d] da "ici"


t [t/t] ta " celle-ci"
v iv " nuit"
î aîas " beaucoup"
n ini " dire"

Sifflantes z izi "mouche"


s as " jour"
é aé " s'approcher"
s ssabun "savon"

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Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Pré-palatales j jji " guérir"


c iccew "corne" ( "ch"
français)
ç eçç "manger"
o eoo " laisser"

Vélaires g [g/g] taga " cadre"


k [k/k] akal "terre"
$ i$i " petit-lait"("gh")
x axxam " maison" (" kh")

Pharyngales
ε yeεya " il est fatigué"
ê êudd " protéger"
Laryngales
h ih "oui"

Liquides r tarwa " progéniture,


enfant"
r rwi$ "je suis rassasie"
l ali "monter"

2- Principes de transcription à base tifinagh :


L’écriture berbère existait depuis l’antiquité, mais les berbères ne
l’ont guère utilisée comme support qui aurait véhiculé leur culture et leur
civilisation. Le seul témoignage qui nous est parvenu de l’antiquité sur
l’existence de cette alphabet, sont des textes brefs ou des bribes de phrases,
comme les inscriptions dédicatoires et funéraires (telle celle découverte à
Douga), des gravures repèstes et des stèles à travers l’immense territoire
(Maghreb, l’ouest Egyptien, les Iles Canaries, Maltes….).

Même sans passé littéraire ou scientifique l’alphabet berbère a


survécu des milliers d’années, le mérite revient aux touaregs, qui
l’utilisaient pour écrire de courts messages, ou à l’apposition d’initiales sur
des objets ( 1 0 ) , (c'est-à-dire son usage était limité)
Néanmoins, Pendant ces dernières décennies, l'usage du tifinagh
devient de plus en plus intense. Plusieurs tentatives d’aménagement de
l’alphabet ont eu lieu, ce qui a donné naissance à une production assez
importante, nous pouvons citer comme exemples

(10)
Cf. AGHALI ZAKARA, M. , 1993,op.cit, p. 146-147.

40
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

*/ Les textes publiés en tifinagh dans des journaux officiels au Niger, qui,
selon M, AGHALI-ZAKARA ( 1 1 ) , traitent de différents thèmes : économie,
médecine, littérature….

- Isalan Dagh Tamajaq slnl O


-Albishirinku / Isalan n alkhir. sln tm

*/ Les deux livres de R. AT MANSOUR, en kabyle, écrit en tifinagh avec


une translitération en caractères latins :
- ti$ri. Ti$ri : Izlan, ed, L'Armattan, 1996.
- iI s efra n at zik. Isefra n at zik, Poèmes kabyles, d'antan,
ed, Ibis Press, Paris, 1998.
Comme le tifinagh est un alphabet consonantique, on n'y compte que
la voyelle «a » [a]. La majorité des essais d’aménagement avaient tenté de
vocaliser l’alphabet, au Mali par exemple les Kel.Antessar, depuis les
années 60 représentaient les voyelles (a, i, u) en utilisant des diacritiques
arabes (fatha, kasra, dhama.. َ. .. . ، ِ. . ، ُ ) au dessus/ dessous de la consonne
tifinagh ( 1 2 ) .

Voilà l'exemple d'un texte touareg écrit en tifinagh avec les voyelles
brèves arabes :
(Extrait de M. Aghali-Zakara, in EDB, 11,p 113)

(11)
Cf. AGHALI ZAKARA, M. , "Graphies berbères et dilemme de diffusion, interaction des alphabets latins, ajani et
tifinagh" , publié dans Etudes et documents berbères N° 11, Edisud, 1994, p. 114
(12)
Ibid. p.147.

41
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Certains d’autres représentaient les voyelles avec les lettres tifinagh


tels S. Chaker et le groupe de l’académie berbère ( a, e, i,u………)

Parmi ces alphabets aménagés, l’alphabet le plus courant et le plus


diffusé dans les milieux kabyles sont les néo-tifinagh, qui englobent
également quelques variantes "venues développer ou corriger certaines

imperfections de l'alphabet de l'Académie Berbère. C'est le cas des


variantes de Tamazgha (Tam), Afus deg Ufus (FF), Arabia Ware Benelux
(Awb)" ( 1 3 ) .
C'est à cette variante de l'association Afus deg Ufus (FF) que R. AT.
MANSOUR a fait subir quelques modifications pour l'adopter pour la
transcription de son recueil de poèmes.

Voilà quelques principes de transcription que nous avons pu y extraire :

2-1-La notation des voyelles :

(13)
AMEUR, M. et al. "Initiation à la langue amazighe" , in Manuels- N° 1, Rabat 2004, p 29.

42
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Les néo – tifinagh notent 3 voyelles :


- « a » Æ /a/
- «u » Æ /u/
- « i » Æ /i/
Le schwa est noté « e »

2-2 – La notation des consonnes :


*/ Les spirantes : Les consonnes spirantes sont notées de la même
manière que leurs correspondantes occlusives.
- « b »Æ [b] ,[b]
- V B « d »Æ [d] ,[d]
- « g » Æ[g], [g]
- « k » Æ [k], [k]
- « t » Æ [t] ,[t]

*/ Les affriquées :on ne note que :


- « g » Æ /o/
- «t » Æ /tt/
- «zz » Æ /zz/
/ç/ est notée de la même manière que /c/.
« c » Æ /c/, /ç/.
*/ Les emphatiques : on note :
- «D » Æ /v/
- « s » Æ /û/
- « EtF» Æ /¨ ¨ î /
- « z# » Æ /é/
- « r » Æ /ô/

*/ Les consonnes tendues sont notées avec un dédoublement de la


lettre correspondante.

43
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

*/ La labio-vélarisation est représentée par un "w" qui suit la


consonne affectée de labio-vélarisation
2-3-La notation des semi-voyelles :
- « : » Æ /w/
- « y » Æ /y/

2-4- La segmentation des énoncés :


Dans les inscriptions antiques en tifinagh, il n'y avait pas de
séparation entre les mots, "les mots se suivent sans coupure" ( 1 4 ) . Dans
quelques textes on relève " des points et plus rarement des tirets qui font
office des séparateurs" ( 1 5 ) .
Jusqu'à maintenant il n'y a pas eu d'études scientifiques sur l'analyse
syntactique des énoncés en utilisant le tifinagh, les adeptes de ce système
d'écriture font toujours recours soit aux principes de transcription utilisés
par les usagers de la graphie latine, ou aux principes des usagers de la
graphie arabe (tel qu'il le montre le texte dans l'annexes N o : 02)
Parfois on garde l'ancien principe à savoir celui des inscriptions
antiques, tels les textes présentés dans les manuels scolaires utilisés à
présent.
R. AT MANSOUR propose les principes suivants pour transcrire
tamazight en tifinagh :
- Les mots sont séparés par les blancs typographiques.
- Les pronoms personnels régime direct ou indirect, les particules
de direction, de négation et de non-réel sont séparés des verbes.
- Les prépositions, les adverbes sont écrits séparés.
- les possessifs, les démonstratifs sont séparés des noms.

2-5- Les assimilations dans la chaîne :


Quant il y a un phénomène d’assimilation qui se produit aux
frontières de morphèmes, ces assimilations (consonantiques ou vocaliques),
ne sont pas rétablies dans leur forme canonique (phonologique et
syntaxique).

(14)
HADDADOU, M.A. , op.cit. p21
(15)
Ibid, p 21

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Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

2-6 : Présentation du système de transcription :

Voilà l'alphabet utilisé par R. AT MANSOUR dans son livre :

a/ε b/v c/ç d v e f g o h ê i j k l m


a b c d E e f g g H H i j k l m

n q r ô s û t î p u/w x y z é $
Nn q r r s s t t t u x y z z $

3- Principes de transcription à base de caractères arabes :


Comme nous l'avons mentionné ci-dessus, la langue berbère a été
transcrite avec la graphie arabe dès le Moyen-Âge.

Les transcriptions traditionnelles étaient phonétiques. On notait tous


les sons prononcés, cependant les transcripteurs ne se sont servis d’aucune
lettre étrangère à l’alphabet arabe. Pour noter les sons spécifiques au
berbère, on faisait recours aux signes diacritiques, un, deux, ou trois points
au dessous ou au dessus de la lettre. Quand aux voyelles « a », « i », « u »,
elles étaient notées par les consonnes qui représentent les voyelles longues
de l’arbre : alif (‫)ا‬, waw (‫ )و‬et ya (‫)ي‬.

Les systèmes modernes sont plus adaptés à la phonologie berbère.


Plusieurs systèmes ont été élaborés par les mzabs, les touaregs, et les
chleuhs au Maroc, et le système utilisé pour la transcription des manuels
scolaires en kabyle.

45
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Voila quelques règles de transcription du kabyle en caractères arabes,


que nous avons pu extraire du manuel scolaire de la première année
moyenne.

3-1 : La notation des voyelles et les semi-voyelles :


• Pour noter les trois voyelles (a), (i), (u) on s’est servi des voyelles
longues de l’arabe.

o Le alif ( ‫ )ا‬Æ pour le (a)

o Le waw ( ‫ )و‬Æ pour le (u)

o Le yaa ( ‫ ) ي‬pour le (i)


Ex:
‫ أﺿﺎد‬Æ [avad] (doigt)
‫ ﺗﻴﺨﺴﻲ‬Æ[ tixsi] (brebis )
‫ أﻓﻮس‬Æ[afus] ( la main)
• Quand un mot commence par une voyelle, cette dernière est notée
par une « hamza " au dessus :
o D’un « Alif » ‫أ‬ Æ pour le (a)
o D’un « waw » ‫ؤ‬ Æ pour le (u)

o D’un « yaa » ‫ ئ‬Æ pour le (i)


Ex :
‫أﻟﻐ ﺂ م‬ Æ [ al$em] (chameau)

‫ؤد ﺁ م‬ Æ [udem] (visage)

‫ﺋﺰﺁم‬ Æ [izem] (lion)

• Le schwa est noté par le signe " ‫ﺁ‬ ".

Ex : ‫ﺋﻀﺂس‬ Æ [ ives] (le sommeil)

‫أﻟﻐ ﺂ م‬ Æ [ al$em] (chameau)

3-2 : La notation des consonnes :


• La labio-vélarisation n'est pas notée.

46
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

• La tension est notée par un signe diacritique dit "chadda" ( ّ ) au


dessus de la consonne tendue.
• Les consonnes emphatiques sont notées comme suit :
" ‫"ض‬ Æ [v]

"‫"ط‬ Æ [î]

"‫ص‬ Æ [û]

"‫" ز‬ Æ [é]
• Les affriquées sont notées :
"‫" ج‬ Æ [ğ]

"‫"س‬ Æ [č]

"‫" ّت‬ Æ [tt]


• Les consonnes spirantes :
- [b], [k], [g], sont notées de la même manière
que leurs correspondantes occlusives [b], [k], [g],
"‫" ب‬ Æ[b], [b],

"‫" ق‬ Æ[g], [g]

"‫" ك‬ Æ[k], [k]


- [d], [t] sont notées différemment de leurs
correspondantes occlusives [d], [t]

"‫"د‬ Æ[d]
"‫"د‬ Æ [d]
" ‫" ث‬ Æ[t]

" ‫" ت‬ Æ[t]

3-3- La segmentation des énoncés : les mêmes règles adoptées lors de la


transcription en caractères latins sont reprises en caractères arabes.

3-4 : Présentation du système de transcription :

Voici le système de transcription utilisé dans le manuel :

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Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

a b/v c ç d d v e f g o h ê i j k l m
‫ا‬ ‫ب‬ ‫ش‬ ‫س‬ ‫د‬ ‫د‬ ‫ض‬ ‫ﺁ‬ ‫ف‬ ‫ق‬ ‫ج‬ ‫ﻩ‬ ‫ح‬ ‫ي‬ ‫ج‬ ‫ك‬ ‫ل‬ ‫م‬

n q r ô s û t t î p u w x y z é $ ε
N‫ن‬ ‫ق‬ ‫ر‬ ‫ر‬ ‫س‬ ‫ص‬ ‫ت‬ ‫ث‬ ‫ط‬ ‫ت‬ ‫و‬ ‫و‬ ‫خ‬ ‫ي‬ ‫ز‬ ‫ز‬ ‫غ‬ ‫ع‬

II- La phonologie kabyle et les trois systèmes d'écriture :

1- La graphie latine :

1-1 : La représentation du système vocalique :


La phonologie berbère présente trois timbres vocaliques /a/, /i/, /u/
dont le rôle phonologique, (tel qu'il est présenté dans les paires minimales
ci-dessous) n'est pas à négliger, et leur représentation demeure
indispensable.
[ tamurt] ( la terre) ~ [ tamart] ( le menton)
[ivan] (les chiens) ~ [ uvan] ( les nuits]

Ces voyelles sont notées respectivement "a", "i", "u".


Aqcic [ aqcic] Æ le garçon..
Tafsut [ tafsut] Æ le printemps.
imi [ imi] Æ la bouche.

*/ Le schwa [∂ ] dont le statut phonologique n'est pas encore


déterminé est noté par "e". Sa notation sert à séparer un groupement
consonantique de plus de trois consonnes, ce qui permet un décodage plus
facile et plus immédiat d'un mot.

Ex : ruên Æ ruêen " ils sont parti"

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Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

zmrn Æ zemren " ils peuvent"


mddn Æ medden " les gens"
çç Æeçç "manger"

Parfois sa réalisation n'est pas prise en compte au niveau de l’écrit ;


quand par exemple un verbe ou un nom est suivi d'un pronom affixe, même
si [∂] ne garde pas la même position au niveau de l'oral, sa notation, à
l'écrit, est maintenue telle qu'elle est quand ces derniers ne sont pas suivis
d'un affixe personnel.

Or, dans ce cas on attribut à "e" le statut d'un phonème.

Ex : igzem Æ "il a coupé"


igzem-as Æ "il lui a coupé"

Même si on dit : [ igezmas] on écrit : igzem-as "


Ssqef Æ "le toit"
ssqef-is Æ "son toit"

Même si on dit : [sseqfis] on écrit : ssqef-is

*/ Dans les recommandations de l'INALCO, La durée vocalique dans


les dialectes où elle peut être pertinente, est notée par la voyelle brève
correspondante accompagnée de deux points :
"a:"Æ [a:].
"u:" Æ [u:].
" i:" Æ [i:].

Cette transcription facilite la distinction entre voyelles brèves et


voyelles longues, ce que n'est pas le cas lors de la transcription en
caractères arabes, d'une part, mais elle risque une confusion avec les deux
points de ponctuation de l'autre. C'est la raison pour laquelle il est
préférable de les noter comme suit :

49
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

" â "Æ [a:].


" û " Æ [u:].
" î " Æ [i:].

Æ La représentation du système vocalique kabyle (voir même


berbère), avec toutes ses nuances articulatoires ne présente pas de
difficultés lors de sa représentation en caractères latins, quand à la
représentation de schwa, elle dépend de la définition de son statut
phonologique.

1-2- La représentation du système consonantique :

Soixante deux phonèmes consonantiques sont représentés avec 27


graphèmes dans la notation du kabyle à base latine ; 25 graphèmes de
l'alphabet latin et 2 lettres ($, ε ) de l'alphabet grec.

- Le gamma ($ ) Æ pour noter la vélaire sonore [gh].


-L' epsilon ( ε ) Æpour noter la pharyngale sonore [â].

Une question se pose dans ce cas : Si on opte pour une transcription


plus ou moins phonologique du kabyle ? Comment un tel nombre réduit de
graphèmes pourra représenter toutes les oppositions corrélatives de ce
parler ? Ou, la phonologie n'est-elle pas nécessaire pour la reconnaissance
de la forme écrite d'une langue ?

50
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

1-2-1- L'opposition : spirant/occlusif


La phonologie kabyle oppose cinq consonnes spirantes à leurs
correspondantes occlusives :
/b/ ~ /b/
/d/ ~ /d/
/g/ ~ /g/
/k/ ~ /k/
/t/ ~ /t/.

Sur le plan lexical l'opposition est très peu ou non corrélative.


Selon R. Kahlouche " le statut phonologique des occlusives est fragile.
Leur opposition aux spirantes n'est établit, pour la plus part, que par des
recoupements contextuels. Les paires minimales franches existent, mais
sont rares" ( ( 1 6 ) .C'est pourquoi la notation usuelle du kabyle à base de
caractères latins ne prend pas en considération cette opposition, les
consonnes spirantes et leurs correspondantes occlusives sont notées avec le
même caractère. Pour en rendre compte sur le plan grammatical la où elle
(17)
peut être corrélative tel dans les exemples ci-dessous , on fait recours à
la segmentation :

[adawiγ] ( je prends) ~ [adawiγ] (je ramène vers là)


[adruêe$] (je pars) ~ [adruêeγ] (je viens, je viendrai)
[akmuddaγ] (je te donne quelque chose) ~ [akmuddaγ]( je te donne
toi)
[akefkaγ] (je te donne quelque chose) ~ [akefkaγ] ( je te
donne toi).
Leur notation sera comme suit :
(16)
KAHLOUCHE, R. , op,cit. p. 33.
(17)
Il est fort probable que c'est l'opposition spirant/ tendu qui rend compte de ces paires
minimales. Selon R. KAHLOUCHE, l'opposition nette spirant/ occlusif dans des paires comme
celles-ci, "semble être le résultat d'une perturbation, dans leur distribution, due à
l'augmentation de la fréquence de [d] consécutive à l'affaiblissement de son partenaire tendu

/D/"( KAHLOUCHE, R. ,op.cit. p . 39)

51
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Ex :
La transcription phonétique la notation usuelle.
1- [adawi$] (je ramène vers là) Æ ad d- aw i $
[adawi$] ( je prends) Æ ad aw i $
2- [akefka$] ( je te donne toi) Æ ad k-fke$
[akefka$] (je te donne quelque chose) Æ ad ak-fkeγ

Dans les syntagmes (1): quand il y a une particule de direction "d"


qui se place entre le verbe et la particule de non-réel "ad", [d] issue de
l'assimilation (ad +d) est prononcée occlusive, quand le verbe suit
directement la particule de non-réel "ad", "d" de "ad" est prononcée
spirante.
Dans les syntagmes (2), lorsque le pronom personnel affixe (du 1 e r e
pers. masc) se place entre le verbe et la particule de non-réel "ad" est de
régime direct, le [k] issue de l'assimilation (ad +k) est prononcée
occlusive, quand il est de régime indirect, [k] est prononcée spirante.
Parfois même dans les contextes où il peut avoir confusion de sens
quand les consonnes sont prononcées de la même manière tel dans
l'exemple ci-dessous (3) la segmentation en rend compte.

Dans les syntagmes (3) : quand le "t" est pronom personnel affixe
ème
(du 3 pers.masc) il est séparé du verbe par un trait d'union, quand il fait
partie de l'indice de personne (3 è m e pers fem.plur) il est attaché au verbe.
3- [wwtent] ( on l'a tapé) ~ [wwtent] (elles ont tapé)
[wwtent] ( on l'a tapé) " wwten-t"
[wwtent] (elles ont tapé) " wwtent"
Æ S'il y a une possibilité de faire une distinction entre une consonne
spirante et sa correspondante occlusive dans la lecture, suite à la
segmentation des unités, là où elle est pertinente, il n’y a pas nécessité de
la mentionner sur le plan graphique. Cela pour ne pas surcharger le système
de notation avec des signes diacritiques. Là on soutient l'idée de FROST

52
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

(1992 :257) qui dit que " la compréhension orthographico-visuelle est plus
rapide, et plus directe que la compréhension phonologique" ( 1 8 ) .

1-2-2- L'opposition : emphatique/non emphatique :


Le système phonologique kabyle compte cinq consonnes
emphatiques.
La notation usuelle du kabyle à base latine, note l'emphase avec un point
souscrit : v, î, û, é , ô
Ex:
Yerza (rendre visite à quelqu'un) ~ yeréa (casser)
Yuza ( pincer) ~ yuéa ( se rapprocher)
Izri (le passer) ~ iéri ( la vue)
izrem (serpent) ~ iérem (intistin)
zdem ( ramasser du bois) ~ édem (attaquer)
zwer ( précéder) ~ éwer ( être adroit)
ttar (vengeance) ~ îîar ( le mal)
Adrar (montagne) ~ avrar ( ligne, trait)
Adil (couverture) ~ avil (raisin)
Sser (charme) ~ ûûer (sorte d'eczéma)
Nnefs (un souffle) ~ nnefû ( la moitié)
Ssed (appuyer) ~ ssev ( se rager)
*/ La vibrante sonore emphatique [ŗ], n'est notée que dans les contextes
où elle peut être pertinente. Quand elle est conditionnée (emphatisée) par
le voisinage des consonnes uvulaires :$, q, x ou emphatiques : v , î, û , é
elle n'est pas notée.
Ex :
[a$ôom] Æ a γ r u m (pain)
[a vaô] Æ ava r (pied)
[a é a ô] Æ a éa r (racine)
[yeqqoô ] Æ yeqqur ( sec, il est devenu sec).

(18)
Cité par SAVAGE, A., Les voyelles touarègues à l'écrit. Avantages et inconvénients des trois graphies :
arabe, tifinagh et latine, Recherche faite dans le cadre de l'obtention d'une mîtrise en linguistique à
l'Université de New Englend, Australie, décembre 2000. p. 111

53
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Néanmoins dans le manuel [ŗ] apparaît même dans les contextes où il


n y a pas opposition tel dans :
[Rebbi] Æ " dieu "
[ feôze$] Æ " je vois "
Dans les propositions de l'INALCO, 1996, on ne cite que deux paires
minimales qui permettent d'opposer les deux phonèmes /r/ et /ô/ qui sont :
[ rwi$] (je suis/ai remué) ~ [ ôwi$] ( je suis rassasié)
[reggem]( insulter à l'A I) ~ [ôeggem]( promettre).

Mais, mis à part ces deux paires minimales, Y en a-t-il d'autres ?


C'est la question sur laquelle on doit répondre si on veut contribuer à
la normalisation d'une orthographe pour la langue berbère. Un transcripteur
ne connaît pas forcément tout le lexique de la langue en question.

Par exemple, dans le manuel on enregistre une autre paire qui est :

[icceô] "ouvert " ~ [iccer] "angle"


Cependant, si le mot [ iccer] est dérivé de la racine "ccr" qui selon
((19)
At Zerrad est une évolution morphologique de la racine "skr",ce
dernier peut être noté "isker", et [icceŗ] serra noté "iccer" car il n'y aura
pas risque de confusion.
[icceô] "ouvert " Æ iccer
[iccer] "angle " Æ isker

Æ Sans prendre en considération le volet technique ou pratique de la


notation le point souscrit semble être une solution évidente pour
représenter l'emphase en kabyle, surtout que l'opposition emphatique /non
emphatique joue un rôle considérable dans le lexique de la langue.

1-2-3-L'opposition labio-vélarisé/ non labio-vélarisé :


La labio-vélarisation en kabyle affecte les consonnes g, $, q, x, k.
Elle est non ou très faiblement distinctive.

(19)
Cf. AIT-ZERRAD, K. , Dictionnaire des Racines Berbères, ( formes attestées) II , ed, PEETERS, Paris,
1999, p. 238.

54
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Dans le système de notation usuelle à base latine la labio-


vélarisation n'est pas notée, sauf dans les cas où elle peut être pertinente,
elle est représentée par un petit rend en exposant : (°).

Ex : transcription phonétique natation usuelle


[ag°en s] (parterre) Æ agens ( parterre)
[ak°er] (voler) Æ aker (voler)
[meq°q°er] ( grand) Æ meqqer (grand)
[eg°g°] (pétrir) Æ [egg] (pétrir).
Cette règle n'est pas appliquée dans le manuel. Même dans les
contextes où la labio-vélarisasion est distinctive, cette dernière n'est pas
notée.
Par exemple le mot [ak°bal] " maïs" est noté " akbal".
Alors que ce même mot forme une paire minimale avec le mot [akbal] (le fait
de fermer, couvrire)
[akbal] (le fait de fermer , couvrire, cacher) ~ [ak°bal] (maïs)

Æ La notation de la labio-vélarisation n'est pas utile dans les cas où


elle n'est pas corrélative, mais parfois le non respect de la règle de sa
représentation dans les contextes où elle est corrélative provoque la
confusion de sens. Là aussi on doit définir tous les contextes où elle doit
être notée.
En voilà quelques exemples :
[akbal] (le fait de fermer les yeux d'un mort, cacher) Æ[ak°bal] (maïs)
[Meqqer] (Du moins) Æ [Meq°q°er] (Grand)
[teqerqer] ( il y a de la sécheresse) Æ [ te q°er q°er]( elle n'arrive pas à bouger)
[itegg] (faire à l'A I ) Æ [iteg°g°] (pétrir à l'A. I)
[ûker](être ivre) Æ [ûk°er] (fermer)
[ ireggel] (boucher à l'A I) Æ [iregg°el] ( se fuir à l'A. I)
[izegger] (traverser à l'A I ) Æ [izeg°g°r] (précéder à l'A. I).
[yebbi] ( pincer, couper au prétérit Æ [yebb°i] ( ramener au prétérit)

55
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Dans les trois dernières paires minimales la labiovélarisation est issue


de la tension de la consonne [w], c'est pour quoi elle doit être notée par
"ww" (consonne dont elle est issue)
[iregg°el] (se fuir à l'A. I) Æ "irewwel"
[yebb°i] ( ramener au prétérit) Æ "yewwi"
[izeg°g°er] (précéder à l'A. I). Æ"izewwer"

Parfois ces consonnes labio-vélaires sont issues du phénomène


d'assimilation, dans ce cas aussi la labio-vélarisation ne serra pas notée
(tous les cas d'assimilation sont désassimilés et rétablis dans leur forme
phonologique au niveau de l'écrit).

Ex: [awal bb°ergaz] ( la parole de l'homme) s'écrit : " awal n wergaz"


[ yiwen bb°eqcic] ( un certain garçon) s'écrit : " yiwen n weqcic"
[ gg°aman] (dans l'eau) s'écrit " deg waman"
[gg°a$rum] ( dans le pain) s'écrit " deg we$rum"

1-2-4-L'opposition : tendu/ non tendu :

Phénomène largement répondu en kabyle, la quasi-totalité des


oppositions tendu / non tendu sont corrélatives, chaque consonne brève a
une correspondante tendue.
Ex : [izi] ( mouche) = [izzi] ( se tourner)
[ ili ] ( être) = [illi] ouvert)
Le rôle grammatical et lexical de la tension consonantique en kabyle
n'est pas à négliger, elle permet en grande partie de distinguer l'aspect des
verbes par exemple.
Ex : Le verbe à l'infinitif Le verbe à l'A I
[lêu] (marcher ) = [l êêu]
[gen] (dormir ) = [ggan]
[zhu] (être heureux) = [zehhu]
[zdem] (ramasser du bois) = [zeddem]

56
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

La représentation de la tension dans le système de notation usuelle à


base des caractères latins dans le manuel, est préconisée par un
dédoublement consonantique
Ex : Transcription phonétique notation usuelle
[i m a l] se pencher Æ i m a l
[i mm a l] montrer à l'A I Æ i m m a l
[lêu] marcher Æ lêu
[leêêu] marcher à l'A I Æ l eêêu
Æ Sur le plan graphique la notation de la tension consonantique par
un dédoublement consonantique est plus pratique, et plus facile à
reconnaître par le lecteur que d'utiliser un signe diacritique. Mais cette
notation n'est pas une solution évidente pour N. TIGZIRI, car, les
consonnes tendues, représentent un phonème unique : ceci nous incite à les
représenter avec un seul caractère. Cette notation pose problèmes surtout
au niveau de la syllabation. Pour elle, «l'utilisation d'un dédoublement de
consonnes conduit certains berbérisants à faire une syllabation incorrecte
dans l'étude, par exemple, de poésie» ( 2 0 ) .

Elle cite cet exemple extrait d'un poème : H. Genevois p.193.


Lmut tebbwv-ed $ef tfednin,
Leεvam-iw heggan t-tizedmin;
Bdant andab tulawin
Cet extrait de poème pourrait être syllabé au niveau des mots
comportant une tension comme suit :
teb /bwv
heg/gan.
Alors qu'on phonétique et phonologie berbère les consonnes tendues sont
considérées comme un seul phonème.

Ce qu'il faut définir aussi, sont les cas de la représentation des


consonnes tendues dans le mot, c'est-à-dire : quand est ce que représenter
une consonne comme étant une consonne tendue ?

(20)
TIGZIRI, N. ," Phonétique et phonologie du berbère", in Actes des stages de perfectionnement pour les
enseignants de tamazight, éd, HCA, mars 2004. pp. 14-15

57
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Car, parfois une même consonne peut être articulée tendue dans un mot par
un locuteur, et non tendue dans le même mot par un autre locuteur.

Pour en faire, il faudra une étude diachronique du lexique de la langue,


voir même de la syntaxe.
Voilà par exemple un principe que nous avons extrait du manuel
scolaire de la première année moyenne qui dit : les mots dérivés à partir
d'une racine qui contienne une consonne tendue doivent garder cette
tension au niveau de l'écrit, même si cette dernière ne se maintient pas au
niveau de l'oral.
Ex : ssn Æ savoir
[tusna] Æ "le savoir"Æ doit être écrit : "tussna"
[amusnaw]Æ " sage, savant"Æ doit être écrit : "amussnaw"
[ddukkel Æ " s'accompagner"
[amedakel] Æ "accompagnant, ami "Æ doit être écrit " ameddakkel".
[tadukli]Æ"accompagnement, union"Ædoit être écrit "taddukkli"
[tidukla] Æ "association" Æ doit être écrit "tiddukkla"
[dder$el Æ " être aveugle"
[ader$al] Æ "aveugle "Æ doit être écrit " adder$al".
[tider$elt]Æ"cécité" doit être écrit "tidder$elt".
Une question se pose dans ce cas : Peut-on partir dans le sens
contraire ? C'est-à-dire, est-ce que la consonne tendue dans un mot doit
être forcement tendue dans la racine dont ce dernier est dérivé ?
Comme le montrent les exemples ci-dessus, nous supposons que le
principe de garder la tension pour tous les dérivés ne doit pas être
généralisé, car la tension consonantique joue un rôle très important dans
les procédés de dérivation (verbale et/ou nominale) en berbère.

[zdm] Æ ramasser du bois


[azdam] Æ le fait de ramasser du bois
[ azeddam] Æ celui qui ramasse du bois
[êbs] Æ (s')arrêter
[aêbas] Æ le fait de (s') arrêter
[aêebbas] Æ obstacle, arrêt

58
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

1-2-5-La notation des affriquées :


Le système phonologique kabyle compte quatre consonnes semi
occlusives qui ont le statut des phonèmes /č/, /ţ/, /ğ/, /dz/.

Dans le système de notation usuelle à base latine dans le manuel on


note les deux consonnes [č] et [ğ].
[ç] Æ ç
[o] Æ o
[dz] est noté "zz" par ce qu'elle provient de l'allongement de "z".

Ex :
igzem ( couper au prétérit)Æ igezzem ( couper à l'aoriste intensif)
igzer ( au prétérit) Æ igezzer (à l'aoriste intensif )
[tt] est rarement notée par un dédoublement de "t" ou de "s", consonnes
dont elle est parfois historiquement ou morphologiquement issue.

Ex :
[ifsi] (dénouer, fondre au prétérit) Æ [ifetti] ( à l'A.I) Æ ifessi
[ifser] (éteindre au prétérit) Æ [ifetter] ( à l'A.I) Æ ifesser.
[ixsi] ( éteindre au prétérit) Æ [ixetti] ( à l'A.I) Æ ixessi
Quand [tt] provient de l'assimilation de "d" + "t"; "d" de la particule de
non-réel et "t" indice de personne 2 è m e .pers, ou de l'actualisateur "d" et "t"
du nom féminin, elle n'est pas notée.
Ex :
[attruê] (elle va partir) Æ ad truê
[ attef$em] ( vous allez sortir) Æ ad teff$em
[ttaqcict] ( c'est une fille) Æ d taqcict.

Quand [tt] est pronom personnel affixe de 3 è m e pers fem. sing régime
direct, ou il fait partie du schème d'un verbe à l'aoriste intensif, elle est
notée "tt".

Ex :

59
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

[yuratt] (il l'a (la) écrite) Æ yura-tt


[yeççatt] (il l'a(la) mangée ) Æ yeçça-tt.
[yettawi] ( ramener à l'A I) Æ yettawi
[yettarra] (rendre à l'A I) Æ yettarra.

Æ L'occurrence de [tt] est très fréquente en kabyle, son rendement


fonctionnel est très important. Il est vrai que, d'un côté, sa notation en
double "t" permet d'éviter sa confusion avec la consonne "t" dans quelques
contextes où il peut avoir confusion, comme dans les exemples suivant :

Ex :
[yeççat] (il l'a(le) mangé) Æ yeçça-t
[yeççatt] (il l'a(la) mangée) Æ yeçça-tt.

Mais, d'un autre côté, cet usage provoque une confusion entre
l"affriquée [p] et la consonne tendue non affriquée [tt]. C'est la raison pour
laquelle il est préférable de la noter "p", quand elle n'est pas issue d'une
assimilation quelconque.
Quand elle est issue de l'assimilation de "d" + "t", la segmentation
en rend compte.
Ex :
[attili] ( elle sera) Æ ad tili
[ttameslayt] ( c'est une langue) Æ d tameslayt.
Quand "tt" est à la finale d'un mot féminin, on la note avec un seul
"t", cela pour conserver le modèle de formation du féminin en berbère
(t………..t), alors que le nombre des noms féminins de cette forme
(t…………tt), n'est pas à négliger.
En voila quelques exemples :
[ tamacahutt] ( un conte) Æ tamacahut
[tasarutt ] ( une clef) Æ tasarut
[ turett] (un poumon) Æ turet
[tidett] ( la vérité) Æ tidet
[tayemmat] ( la mère) Æ tayemmat
[tacemmatt] (un scandale) Æ tacemmat

60
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

[ taqaεett] ( le parterre) Æ taqaεet


[tiferrett] (une aile) Æ tiferret.
[tizizwitt] ( une abeille) Æ tizizwit.
[tafednett] ( un orteil) Ætafednet
[tagnitt] (la cour, une occasion) Ætagnit
[talmatt] (une plaine) Ætalmat
[tizditt] (un palmier) Æ tizdit
[tawizett] (un bijoux) Æ tawizet
[taelgett] (une poupée) Æ taelget
[taneqlett] ( un figuier) Æ tneqlet
[tazekett] (la queue) Æ tazeket
[tagmatt] (fraternité) Æ tagmat
[tanegmatt] (la belle sœur) Æ tanegmat
[tajenwitt] ( un couteau) Æ tajenwit
[tizitt] ( une moustique) Æ tizit
1-3- La représentation des semi-voyelles :
Deux semi-voyelles sont à reconnaître dans le système phonologique
kabyle /w/, /y/, notées respectivement dans le système de notation à base
latine "w", "y", quand elles sont brèves. Leurs équivalentes tendues
aussi ont un statut phonologique, notées "w w", "y y".
Même si ces semi-voyelles ont parfois du mal à se conserver comme
telles sur le plan phonétique, au niveau de la notation, elles doivent être
maintenues.
Ex:
[ tabburt] ( la porte) écrit " tawwurt
[ yebbwa] (il est cuit, mûre) écrit " yewwa"
[ yebbwi] ( il a ramené) écrit " yewwi"
[ iôeggwi] (rassasier à l'A I) écrit " iôewwi"
Dans ce cas même le mot [azeggwa$] qui signifie "rouge", dérivé de la
racine "zw$" doit être noté "azewwa$", alors que dans la manuel il est
noté "azegga$".
Æ L'usage des deux lettres "y" et "w" pour représenter les semi-
voyelles 'y' et 'w' semble adéquat pour le kabyle, afin de ne pas les

61
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

confondre dans quelques contextes avec les deux voyelles "i" et " u",
comme est le cas lors de l'usage de la graphie arabe

2- L'alphabet tifinagh :

2-1- La représentation du système vocalique :

Les essais de vocaliser le système d'écriture berbère sont sûrement dus


à l'influence des graphies arabe et latine, le libyco-berbère ne notait que la
voyelle [a] en finale. Les tifinaghs qui ont été en usage chez les touarègues
au Mali et au Niger dans des journaux locaux, selon AGHALI-ZAKARA,
étaient consonantiques. Cependant « les lecteurs de ces journaux lisent
aisément ces publications en dépit du caractère exclusivement
consonantique de l'écriture» ( 2 1 ) , mais «pour le non-initié, la lecture n'est
pas aisée, notamment dans les cas de néologismes ou de termes très
spécialisés voire trop techniques» ( 2 2 ) .

En dépit de cela, le système vocalique en berbère joue un rôle


considérable sur le plan morphologique, syntaxique, et lexical. Une grande
partie de ces disciplines est fondée sur le système vocalique. C'est la raison
pour laquelle la représentation des voyelles est indispensable.

Les trois voyelles du système phonologique kabyle sont représentées


dans les néo-tifinagh à l'aide de trois graphèmes.

(21)
AGHALI -ZAKARA, M. , 1994, op.cit. p. 111
(22)
Ibid. p. 111

62
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

/a/ Æ a
/u/ Æ u
/i/ Æ i

EEx : aman Æ [aman] " l'eau"


Uul Æ [ul] " cœur"
I i $i Æ [ i$i] "petit –lait"

Le schwa [∂ ] le "e" de la graphie latine, est noté " e "

Ex : sel Æ [sel] " écouter"


Y y emma Æ [yemma] " ma mère"

Dans plusieurs contextes aux voisinages de [ε], nous trouvons des


confusions dans l'usage de [a] et [e] :

Ex : ur yaalim Hed Æ [ ur yaεlim êed] "personne ne sait"


au lieu de ur yealim Hed Æ [ ur yeεlim êed]

ur naadil yides Æ [ur naεdil yides] "on ne s'entend


pas avec lui (elle)

au lieu de ur neadil yides Æ [ur neεdil yides]


aaassas n uxxam Æ [aεassas n uxxam] " le gardien de la
maison"

au lieu de : aaessas n uxxam Æ [aεessas n uxxam]

Æ Le schwa [∂ ] avait une grande contribution, lors de la notation en


graphie latine, à faciliter la tâche aux lecteurs lorsqu'ils rencontrent un

63
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

groupement consonantique dans un mot. En plus de ce rôle, en tifinagh,"e"


sert aussi à éviter des confusions dans certains contextes entre :
- [u] et [w] qui sont représentées par le même graphème "u": Quand
la lettre "u" est suivie ou précédée par "e" cela veut dire qu'elle est une
semi-voyelle, car les voyelles ne se suivent dans un mot en berbère.
-[a] et [ε] qui sont aussi notés avec le même graphème "a": Q Q uand "e"
précède ou suit la lettre "a", on reconnaît facilement que cette dernière
représente la consonne[ε].

2-2-La représentation du système consonantique :

Les 62 phonèmes du système phonologique kabyle sont notés avec 31


graphèmes de l'alphabet tifinagh.

2-2-1- L'opposition : spirant/occlusif :


AT MANSOUR ne fait pas de distinction dans la notation des
consonnes spirantes et les occlusives correspondantes.

/b/ ~ /b/ Æ b
/d/ ~ /d/ Æ d
/g/ ~ /g/ Æg
/k/ ~ /k/ Æk
/t/ ~ /t/ Æ t

Sur le plan lexical, l'opposition spirant/occlusif est non ou très


faiblement distinctive, sa représentation au niveau de l’écrit n'est pas utile.
Mais sur le plan syntaxique, si on ne fait pas de distinction entre la
consonne spirante et l'occlusive correspondante, au niveau de la
segmentation, comme lors de la notation en caractères latins, on risque des
confusions de sens dans quelques contextes, comme dans cet exemple ( voir
aussi la partie II-1-2-1 )

I i ru H ê d gma s [Iruê d gmas] Æ il est parti avec son frère.

64
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

I i ru H ê d gma s [Iruê d gmas] Æ son frère est venu/ est arrivé.

2-2-2- L'opposition : emphatique / non emphatique.


Les cinq consonnes emphatiques, ayant le statut des phonèmes,
présentées dans le système phonologique kabyle : î, v, û , é , ô, sont
transcrites par AT MANSOUR comme suit :

[v] Æ E
[û] Æ s
[î] Æ t
[é] Æ z
[ô] Ær

Ex :
asemmi E [asemmiv] Æ "le froid"
zer [ éer] Æ voir
ssber [ûûbeô] Æ la patience
ttir [ îîir] Æ un oiseau.

L L à, on ignore pour quoi AT MANSOUR fait recours aux signes


diacritiques au dessous des consonnes non emphatiques [s], [t], [z], [r]
pour noter les emphatiques correspondantes, et il utilise, pour noter
l'emphatique [v], une lettre autre que celle qui sert à noter sa
correspondante non emphatique avec un point au dessous.

Parfois il note l'emphase même si elle est conditionnée.


Ex :
A s urdi [aûuôdi] Æ l'argent
ruH [ôuê] Æ partir

65
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

ser$ [seô$] Æ brûler

Æ Si l'opposition emphatique /non emphatique joue un rôle très


important dans le lexique de la langue, et le libyco-berbère contient des
graphèmes pour noter ces consonnes emphatiques différemment de leurs
correspondantes non emphatiques, pour quoi faire recours alors, aux signes
diacritiques pour les noter (voir l'annexe N° :01, 04, 05)

2-2-3- L'opposition labio-vélarisé / non labio-vélarisé :


Le libyque, les tifinaghs traditionnels ne notaient pas la labio-
vélarisation, S .CHAKER a gardé la même tradition. Dans l'alphabet
standard du libyco-tifinagh les consonnes affectées de labio-vélarisation
sont notées de la même manière que leurs correspondantes non labio-
vélarisées.

Au cas où il y a une nécessité de les transcrire à cause de leur


pertinence, ou pour noter une spécificité phonétique d'un parler, Chaker
propose de les noter avec un petit rond en exposant (°) ex : °, ≡°…).

R. AT MANSOUR transcrit la labio-vélarisasion dans tous les


contextes où elle apparaît, même si elle n'est pas distinctive, avec un "w'
après la consonne affectée de labio-vélarisation.

Ex :
N n ekkuw n i [ nekkwni] Æ nous
A a kw u [akw] Æ tous, tout le monde
M m eqquw e r [meqqwer] Æ grand

Æ La labio-vélarisation est non ou très faiblement distinctive, une


même consonne dans un même monème peut se réaliser comme labio-
vélarisée dans un parler, et non labio-vélarisée dans un autre, c'est-à-dire

66
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

cette opposition se neutralise dans la plupart des cas. Donc, mis à part dans
des contextes très rares où elle peut être pertinente sa transcription ne
serait pas utile.

Dans les cas où sa représentation est nécessaire, il est plus pratique


est plus économique de la transcrire avec un petit rond en exposant (°)
qu'avec un "w", cela permet de ne pas confondre la labio-vélarisation avec
la semi-voyelle [w]

Ex :
[ akbal] (fermer, couvrir) ~ [ak °bal]" maïs"
[meqqer] " du moins" ~ [meqq°r]" grand"

2-2-4- Les affriquées :

Les consonnes affriquées sont répandues en kabyle, R. AT


MANSOUR représente :
• la chuintante et la sifflante sonores [tt] et [ğ] avec les graphèmes qui
servent à noter respectivement [t] et [g] en leur rajoutant des signes
diacritiques
[tt] Æt
[ğ] Æg

M M M ême dans les cas où elle est issue de l'assimilation " d+t ", [tt] est
notée "t". Alors que, avec une telle transcription on ne mit pas en évidence
les différents constituants du syntagme en question, il s'agit d'une
transcription phonétique pas morpho-syntaxique.

Ex:
- "a teccem" [atteççem] Æ vous allez manger.
Dans cette exemple [tt] est issu de l'assimilation de "d" de la particule de
ème
non réel "ad" et l'indice de personne ( 2 pers. masc. Plur)"t".

67
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

- " t-timsal " [ttimsal] Æ ce sont des affaires

Dans cet exemple [tt] est issu de l'assimilation de "d" actualisateur et "t"
marque du féminin en kabyle.

• La chuintante sourde [č] est notée avec le même graphème que [c],
disant qu'elle est moins fréquente en kabyle

[č], [c] Æc

Voilà tous les contextes où [ç] apparaît dans notre corpus :

-C " cci$" [çÇ ç i$], "ccan" [ççan], "tecca" [teçça], "tecciP" [teççiv] Æ
"manger au prétérit"

-"a teccem" [atteççem) , "ad cce$" [ad ççe$] "ad tecceP" [ad teççev]
Æ"manger à l'aoriste"

-"icceê ê H " [iççeê] Æ "bouder à l'aoriste"

-"uci" [uççi] Ænourriture

-"macci" [maççi] Æ "ce n'est pas"

-"ccuren" [ççuren] Æ "remplir au prétérit"

-ad iccar" [ad iççar] Æ"remplir à l'aoriste "

-"kecc" [keçç], "keccini" [keççini] Æ pronom personnel de deuxième


personne du singulier masculin.

68
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Mis à part dans deux contextes : "ad tecceP" [ad teççev], et "ccan"
[ççan], la substitution de [ç] par [c] dans tous les autres contextes ne
provoque pas de confusion de sens.

"ad tecceP" [ad teççev] "manger à l'aoriste" ~ "ad tecceP" [ad teccev]
"(se) glisser à l'aoriste".
"ccan" [ççan] "manger au prétérit" ~ "ccan" [ccan] ( valeur )

En plus de ces deux paires minimales, [ç] et [c] peuvent apparaître


dans les mêmes environnements, (tel dans les exemples suivant), ce qui
attribut à [ç] le statut d'un phonème :

C " cci$" [ççi$](j'ai mangé é ) ~ "ccix" [ccix](un vieux, un sage, un


enseignent )

"kecme$" [kecme$] (rentrer au prétérit) ~ "keccme$" [keççme$] (rentrer àà l' A I ).

De cela il n y a pas lieu de négliger sa notation.

• [dz] est notée avec un dédoublement de "z.


[dz] Æ zz

Sa correspondante tendue n'est pas notée. Là, AT MANSOUR soutient


l'idée de S. CHAKER qui dit que : "à l'exception de [dz] et [Dz], toutes
les autres affriquées se distinguent nettement des phonèmes occlusifs et
constrictifs correspondants" ( 2 3 ) .
[dz] n'apparaît dans notre corpus que dans trois mots, où elle est issue de
la tension de [z]

"$ezzif" [$ezzif] (il est long) Æ adjectif dérivé du verbe d'état "i$zif"
"agezzar" [ agezzar] (boucher) Æ nom d'agent dérivé du verbe "gzer"
"igezzem" [igezzem ](couper à l'A I).Æ forme de l'A I du verbe "gzem"

(23)
Chaker, S. , 1978, op.cit. p. 57.

69
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Æ [dz] est peu fréquente en kabyle, elle est généralement issue de la


tension de [z], c'est pour quoi il n'y a pas d'inconvénient de la transcrire
avec un dédoublement de "z", consonne dont elle est morphologiquement
issue.

La notation de ces trois consonnes semi-occlusives [tt]. [č]. [ğ] exige


la définition de leur statut phonologique au sein de chaque dialecte, pour
cela il faut une étude phonologique (phonématique, et acoustique) plus
approfondie de tous les dialectes l’un indépendamment de l’autre. Si on
opte pour leur transcription, il est préférable de les représenter avec des
lettres autres que celles de leurs correspondantes non affriquées
accompagnées de signes diacritiques.

2-2-5- La pharyngale sonore [ε] :


La fréquence de la pharyngale sonore [â] «ε» dans notre corpus est très
élevée, elle apparaît en grande partie dans des emprunts à la langue arabe
Malgré cela, cette consonne est représentée par R. AT MANSOUR
avec le signe graphique qui sert à noter la voyelle [a].

Cependant :

- Si elle n’est pas notée parce qu’elle est toujours considérée comme un
emprunt à l’arabe, sa fréquence et son rendement fonctionnel montrent son
intégration dans le système phonologique kabyle : voir les paires minimales
suivantes :
[awin] (ramène) ~ [aεwin]( la provision)
[izri] passé ~ [iεezri]( jeune homme)
[mmi] (mon fils) ~ [εemmi] ( mon oncle paternel )

-Si elle est notée "a", parce qu’elle est prononcée comme une voyelle
longue dans quelques parlers kabyles, dans ce cas le système vocalique

70
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

kabyle doit être revu en y intégrant les trois voyelles longues /a:/, /u:/,
/i:/.
Ex:
[awin] (ramène) ~ [a:win] ( la provision)
[izri] passé ~ [iεezri]( jeune homme)

Ainsi la notation de [ε] et [a] avec le même graphème risque de les

confondre, comme elle neutralise dans certains contextes l'opposition :

[aε] ~ [εa].

Ex :
laaqel : peut être lit :
[ laεqel] " la raison, la sagesse"
Ou : [lεaqel] " le sage"
aaziz : peut être lit :
[aεziz] " une personne chère"
Ou : [εaziz] " prénom"

laamer : peut être lit :


[laεmer] "âge"
Ou : [Lεamer] " le sage"

2-3- La représentation des semi-voyelles :

On distingue dans le système phonologique kabyle deux semi-


voyelles : la bilabiale sonore [w] et la palato-vélaire sonore [y], et leurs
correspondantes tendues.
Les deux semi-voyelles sont représentées par AT MANSOUR comme
suit :
[w] Æ u ( lettre qui sert à noter la voyelle [u])
[y] Æ y

71
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Une question s'impose dans ce cas : est ce que AT MANSOUR


attribut à [y] le statut d'un phonème, et considère [w] comme une variante
combinatoire de la voyelle [u] ? Ou, par économie graphique, il note deux
phonèmes différents par un même graphème ?

Evidemment, [u] et [w] peuvent se substituer dans certains contextes


sans altérer le sens des mots ou des phrases
Ex :
yeçça weqcic " le garçon a mangé"
yeçça uqcic " le garçon a mangé"

Mais elles peuvent s'opposer aussi dans d'autres contextes, tel dans
ces paires minimales :
[ aru] "écrire" [arew] "enfanter"
[ssu] "étendre" [ssew] " abreuver"

Pour S. CHAKER l'opposition voyelle et semi-voyelle n'est


neutralisée en contexte vocalique "où seules les semi-voyelles peuvent
apparaîtrent" ( ( 2 3 , selon ce dernier, " les données grammaticales incitent à
considérer /w/ et /y/ comme des consonnes" ( 2 4 )

Ainsi, cette notation neutralise l'opposition : [uw] ~ [wu] dans


certain contextes. Notamment avec l'usage de la lettre "a" pour noter la
pharyngale sonore [ε]. Un non-initié à la lecture ne saura pas lire
correctement les mots suivants :

"lw u aad" peut être lu : [lwaεd] ou: [luεad]


"w w u umi" [wumi] [uwmi]
"uasif" [wasif ] [uεsif]
" anua" [ anwa] [ anuε]

(23)
Ibid. p. 62.
((24)
Ibid. p. 63.

72
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

3- La graphie arabe :

3-1- La représentation des voyelles et les semi-voyelles :

L’écriture arabe est considérée depuis longtemps comme une écriture


consonantique où les mots sont représentés par leurs consonnes qui, elles
portent le sens, et les voyelles «servent principalement à la distinction de
formes grammaticales »TAYLOR et OLSON 1991 : 21 (cité par ANDRE
SAVAGE ( 2 5 ) .)

Cependant selon BAUER (1996, 561) « la description de l’arabe


comme une écriture ‘consonantique’ est incorrecte » ( 2 6 ) . Pour lui malgré le
fait que l’arabe ne possède pas de caractères pour noter les voyelles brèves,
les voyelles longues sont toujours représentées à l’aide des lettres / ‫ ي‬/ ,

/‫و‬/,/‫ ا‬/ . Ces lettres représentent aussi les consonnes : [y]. [w] et [ʔ]).

« ‫» و‬ Æ [u :], [w]

« ‫» ي‬ Æ [i :], [y]

«‫» ا‬ Æ [a :], [ ʔ]

La durée vocalique n’est pas pertinente en kabyle, son système


phonologique compte trois voyelles brèves : /a/, /i/, /u/. Elles sont
représentées, dans le manuel, en graphie arabe avec les lettres qui servent à
noter les voyelles longues de l’arabe.

[a] Æ ‫ « أ‬alif »
[u] Æ ‫ « و‬waw »
[i] Æ ‫ « ي‬ya »
Ex :
‫أذﻟﻴﺲ‬ Æ [adlis] ( livre )

(25)
SAVAGE, A. , Op.cit. p. 90.
(26)
Cité par SAVAGE, A. , op.cit. p. 90.

73
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

‫أﻓﻮس‬ Æ [afus] (la main)

‫أﻣﺎن‬ Æ [aman] ( l'eau )

‫ﺗﺎﻗﺸﻴﺸﺖ‬ Æ [taqcict] ( fille).

• Quand un mot commence par une voyelle, cette dernière est notée
par une « hamza » au dessus :
o D’un « Alif » ‫أ‬ Æ pour le (a)
o D’un « waw » ‫ؤ‬ Æ pour le (u)
o D’un « yaa » ‫ ﺋ‬Æ pour le (i)

Ex : ‫أﻟﻐ ﺂ م‬ Æ [ al$em] (chameau)

‫ؤد ﺁ م‬ Æ [udem] (visage)

‫ﺋﺰﺁم‬ Æ [izem] (lion)

Cette distinction dans la transcription de ces voyelles n'a aucun apport


pour l'orthographe du kabyle, plutôt elle risque de tremper le lecteur. Car
avec une telle transcription on risque de le faire croire que l'attaque

vocalique " ‫ء‬ " est une consonne qui a un statut phonologique, comme est
le cas dans le système phonologique de l'arabe.

• Le schwa est noté : " ‫" ﺁ‬

Ex : ‫ﺋﺰﺁم‬ Æ [izem] (un lion)

‫أﺱﺂﻗﺎس‬ Æ [aseggas] (une année)

‫أﻵن‬ Æ [allen] (les yeux)

‫ﺛﻤﺂﺱﻼیﺚ‬ Æ [tameslayt] ( la langue )

• Les deux lettres " ‫ " ي‬et "‫" و‬ servent aussi à noter les deux semi-
voyelles kabyles [y] et [w], ce qui peut provoquer des confusions
entre ces dernières et les voyelles correspondantes :
[w], [u] Æ ‫و‬

74
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

[y], [i] Æ ‫ي‬

Ex : ‫أﺱﻮیﺮ‬ Æ [aswir] (niveau).

‫أوال‬ Æ [awal] (mot, parole )

‫یﺂﻣﺎ‬ Æ [yemma] ( ma mère )

Dans la notation en caractères latins, la représentation du schwa


sert à séparer des groupements consonantiques de plus de trois consonnes,
ce qui permet un décodage plus facile et plus immédiat d'un mot. En
graphie arabe, en sus de se rôle, [e] sert aussi à éviter dans certains
contextes, des confusions entre les voyelles [i], [u] et les semi-voyelles [y]
et [w] (qui sont représentées avec les mêmes graphèmes)

Voir par exemple les mots ci-dessous :

Quand le schwa n'est pas représenté :

"‫ [ "أزول‬azul ] (salut) ~ "‫[ "أزول‬azwel ] ( titre)


" ‫ [ " أﻏﻴﻮل‬a$yul] ( âne) ~ " ‫ [" أﻏﻴﻮل‬a$iwel] (faire vite)

" ‫[ " ویﻦ اد ﺋﻴﺴﻘﺰون‬win ad isegzun] ( celui qui éxplique) ~


" ‫[ " ویﻦ اد ﺋﻴﺴﻘﺰو ن‬win ad isgezwen]( celui qui va devenir bleu)

Quand il est représenté :

"‫ [ "أزول‬azul ] (salut) ~ "‫[ "أزوﺁل‬azwel ] ( titre)


" ‫ [" أﻏﻴﻮل‬a$yul] ( âne) ~ " ‫ [ " أﻏﻴﻮﺁل‬a$iwel] (faire vite)

" ‫[ " ویﻦ اد ﺋﻴﺴﺂﻗﺰون‬win ad isegzun] ( celui qui éxplique) ~


" ‫[ " ویﻦ اد ﺋﻴﺴﻘﺂزوﺁ ن‬win ad isgezwen]( celui qui va devenir bleu)

75
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Ainsi l'usage des mêmes graphèmes pour noter les deux voyelles [u],
[i] et les semi-voyelles correspondantes [w], [y] neutralise dans quelques
contextes les oppositions suivantes :

[wi] " ‫" وي‬ ~ [uy] " ‫" وي‬

[yu] " ‫" یﻮ‬ ~ [iw] " ‫" یﻮ‬

[wu] " ‫" وو‬ ~ [uw] " ‫" وو‬

Ex : peut être lu: ou :

‫ﻣﻴﻮﻃﺎﻓﻦ‬ [myuîîafen]( il se sont accrochés) [miwîafen]

‫اﻣﺰروي‬ [amezruy](l'histoire) [amzerwi]

‫ﺋﺴﻮي‬ [iswi] (but) [isuy]

‫ﺗﻴﻔﺴﻨﻴﻮیﻦ‬ [tifesniwin]( degré) [tifsnyuyen]

‫زریﻦ‬ [zrin] (passer) [zeryen]

‫ﺛﺘﻴﻮریﻎ‬ [ ittiwri$ ]( il devient jaune) [ ittyuri$ ]

‫ﺛﻴﻼویﻦ‬ [tilawin] (les femmes) [tilawyen]

‫اﻣﺎیﻨﻮث‬ [amaynut] (nouveau] [amaynwet]

Cependant, comme il a été signalé ci-dessus, quand l'un de ces

graphèmes " ‫ " و‬ou " ‫ " ي‬est précédé ou suivi d'un schwa, et que ce dernier
soit noté, l'opposition se maintient et la semi-voyelle est reconnue
facilement.

Voir ces exemples :

- Sans la notation de [e] "‫ "ﺁ‬:


peut être lu: ou:
‫ﺋﺮول‬ [ irwel] (il s'est enfuit) [irul]

‫اﺱﻮﺱﻦ‬ [asewsen] (publicité) [asusen]

‫اﻓﺮیﻮن‬ [afriwen] (les ails) [aferyun]

76
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

- Avec la notation de [e] on aura :

‫ﺋﺮوﺁل‬ [ irwel] (il s'est enfuit)

‫اﺱﺂوﺱﺂن‬ [asewsen] (publicité)

‫اﻓﺮیﻮﺁن‬ [afriwen] (les ails)

M. CHAFIK ( 2 7 ) propose (pour le parler chleuh) de ne pas noter le


schwa. Pour lui, cette difficulté de distinguer les voyelles des semi-
voyelles, bien qu'elles soient notées avec les mêmes lettres, est
surmontable.

Pour ne pas confondre les voyelles [i] et [u] notées " ‫" ي‬, " ‫ " و‬avec les

semi-voyelles [y] et [w] notées à leur tour respectivement " ‫ "ي‬, " ‫ "و‬, il
propose de mettre un « Sukoun » (°) au dessus de la lettre qui précède la
semi-voyelle, si elle est une consonne. Si elle est précédée par une voyelle
on met le « soukoun » au dessus de la semi-voyelle (la 2 è m e voyelle). Au
bien, on allonge le trait de liaison de la consonne qui précède la semi-
voyelle.

Donc selon ce dernier les lettre " ‫ " ي‬et " ‫ " و‬peuvent être déduites :
elles sont semi-voyelles si elles sont :

• Précédées par une consonne qui porte un « sukun » (28)


.
Ex :
‫ﻥ ﺴْﻮا‬ Æ [neswa] ( on a bu)

‫ﻥ ﺮْوا‬ Æ [narwa] (on est rassasié)

‫ﻣﻴﻮﻃﺎﻓﻦ‬ Æ [myuîîafen]( il se sont accrochés)

(27)
Cf. CHAFIK, M. , A r b a ' a t u n w a ' a r b a ' u n d a r s a n f i l - l u g h a a l - a m a z i g h y y a, e d , A n n a c h r a l -
a r a b i a l i f r i q i , R a b a t , 1 9 9 1 , ( = q u a r a n t e q u a t r e l e ç o n s d e l a n g u e a m a z i g h ) pp. 11-12.

(28)
Le sukun , indique l’absence vocalique en arabe.

77
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

• Précédées par une voyelle, et elles portent un soukoun


Ex :
‫ أﻣﺎیﺎس‬Æ [amayas] ( un tigre)
‫ أﻣﺎوال‬Æ [amawal] (lexique)

• Précédées par une consonne dont le trait de liaison à la lettre


suivante est allongé :
Ex :

‫ أ ﺱـ ویﺮ‬Æ [aswir] ( niveau)

‫ یﻐـ وي‬Æ [ye$wi]

‫ ﺋﺴـ وي‬Æ [iswi]( but)

Les propositions de M. CHAFIK ne permettent pas tout à fait de


résoudre le problème de distinction entre les voyelles [i] et [u], et les semi-
voyelles [y] et [w], non seulement cette transcription demande aux lecteurs
et aux transcripteurs de fournir plus d’efforts et de réflexion. Elle donne
naissance à une autre confusion : on ne saura pas si le soukoun représente
la semi-voyelle ou le "schwa" ( 2 9 ) .
ÆBien que le rôle du schwa sur le plan phonologique est quasiment
nul en kabyle, il semble difficile de s'en passer au niveau de l'écrit, parce
qu'il sert à rendre le décodage des énoncés plus aisé.

3- 2- La représentation du système consonantique :

3- 2-1- L’opposition : spirant/ occlusif.

Les consonnes spirantes :


- [b], [k], [g], sont notées de la même manière
que leurs correspondantes occlusives [b], [k], [g],

(29)
Le schwa, dans la transcription de CHAFIK, généralement n’est pas noté si non pour des contraintes
orthographiques il le note par un « sukun ».

78
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

"‫" ب‬ Æ[b], [b],

"‫" ق‬ Æ[g], [g]

"‫" ك‬ Æ[k], [k]


- [d], [t] sont notées différemment de leurs
correspondantes occlusives [d], [t]
"‫"د‬ Æ[d]
"‫"د‬ Æ [d]
" ‫" ث‬ Æ[t]

" ‫" ت‬ Æ[t]

C'est-à-dire que les consonnes spirantes sont notées quand elles


existent dans l'alphabet arabe.
Parfois la distinction dans la notation des consonnes : [d]et [d], [t]et [t]

dans le manuel est phonétique. On note " ‫ث‬ " et " ‫د‬ " quand elles sont

prononcées spirantes, " ‫ " ت‬et " ‫ " د‬quand elles sont prononcées occlusives.
Parfois cette distinction n'est basée sur aucune règle, les consonnes
spirantes et occlusives se substituent d'une manière aléatoire. Une même
consonne dans un même contexte peut être notée différemment :

Ex : Le [t] dans le mot [tamazi$t] est noté :

- "‫"ث‬ " ‫" ﺛﺎﻣﺎزیﻐﺚ‬ dans la page 16

- "‫"ت‬ " ‫" ﺛﺎﻣﺎزیﻐﺖ‬ dans la page 19

Le [d] de la particule de non réel "ad" est noté :

" ‫ " د‬dans : ‫أد ﺗﺮوﺣﺂض‬ [attruêev] p 26

" ‫ " د‬dans ‫أد ﺗﺂرﻓﻮض‬ [atterfuv] p 26


Æ Le rendement fonctionnel de l'opposition spirant/ occlusif est très faible
en kabyle, sa représentation au niveau de l'écrit n'est pas nécessaire. La où
il peut avoir des confusions de sens au niveau de certains énoncés, la
segmentation en rend compte.

79
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Ex :
‫ﺋﺮوح د ﻗﻤﺎس‬ Æ [ iruh d gmas] " il est parti avec son frère".

S'écrit : ‫ﺋﺮوح د ﻗﻤﺎس‬

‫ﺋﺮوح د ﻗﻤﺎس‬ Æ [ iruh d gmas] "son frère est venu"

S'écrit : ‫ د ﻗﻤﺎس‬-‫ﺋﺮوح‬

‫أدروﺣﻎ‬. Æ [adruhe$ ] " je pars"

S'écrit : ‫ أد روﺣﻎ‬.

‫ أدروﺣﻎ‬. Æ [adruhe$ ] " je viendrai"

S'écrit : ‫ روﺣﻎ‬-‫ أد د‬.

‫أآﺠﺎغ‬ Æ [akeooe$ ] " je te laisse"

S'écrit : ‫ ﺝﺎغ‬-‫أد ك‬

‫أآﺠﺎغ‬ Æ [akeooe$ ] " je te laisse ou je te garde


quelque chose"
S'écrit : ‫ ﺝﺎغ‬-‫أد أك‬

3-2-2- L’opposition : emphatique/ non emphatique :

Les trois consonnes emphatiques kabyles /û/, /î/ et /v/ existent en


phonologie arabe, leur transcription ne pose pas de difficultés parce que
l’alphabet arabe possède des graphèmes pour les noter.

/ v / Æ ‫ض‬
/î/ Æ ‫ط‬
/û/ Æ ‫ص‬

La sifflante emphatique [é] n’a pas de statut phonologique en arabe,


c’est la raison pour laquelle elle est notée lors de la transcription du kabyle

80
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

en caractères arabes avec un signe diacritique au dessus de la sifflante non


emphatique [z].
[é] Æ ‫ز‬
La vibrante emphatique [ô] aussi n’est pas pertinente dans la
phonologie arabe, elle est représentée avec un signe diacritique au dessus
La vibrante non emphatique [r].
La transcription de la sifflante et la vibrante emphatiques [é] et [ô]
avec des signes diacritiques surcharge le système graphique arabe et rend
sa pratique plus difficile, notant que le rendement fonctionnel de
l'opposition [z] ~ [é] est très important en kabyle, de ce fait il n'y a pas
lieu de négliger sa notation.

La notation de l'emphase dans le manuel est parfois phonétique. Dans


plusieurs contextes, les réalisations emphatiques (conditionnées ou non)
sont notées même s'il n y a pas opposition.

Ex : ‫ﺋﺮوح‬ [iôuê] " il est parti"

‫أزار‬ [ aéaô ] " racine"

‫ﻻﻗﺼﺂر‬ [leqûer] " nom d'un village"

‫ﺛﺎﺹﺂدارث‬ [taûeddart] "paragraphe"

‫أﻣﻐﺎر‬ [ am$aô] " un vieillard "

3- 2-3- L’opposition : tendu/non tendu.


La tension consonantique en arabe est représentée par un signe
diacritique dit « schadda » ( ّ ) au dessus de la consonne, les adeptes de la
graphie arabe pour transcrire le berbère ont préféré garder le même
principe pour noter la tension en berbère au lieu de la représenter avec un
dédoublement consonantique, comme en latin ou en tifinagh.
Ex : ‫ﺗ ﺎ دّارت‬ Æ [taddart] "village"

‫ﺋ ﺪّا‬ Æ [idda] " il est parti avec"


3-2-4- L’opposition : labio-vélarisé /non labio-vélarisé :
La labio-vélarisation n'est pas notée dans le manuel même dans les
contextes où elle est corrélative, tel dans l'exemple suivant :

81
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

‫ ﺋﺲ د أآﺒﺎل‬-‫أﻣﺰور‬ [amzur-is d ak°bal]


Le mot [ak°bal] "maïs" s'oppose au mot [akbal] "le fait de fermer, couvrir"
Bien que la labio-vélarisation ne soit pas représentée dans cet énoncé, ce
dernier peut être décodé correctement. Cela, dépend du contexte
d’apparition du mot portant la labio-vélarisation, ainsi que sa nature et sa
fonction syntaxique dans l’énoncé. Mais cette lecture ne sera pas aisée pour
un non natif de la langue.

3-2-5 - Les affriquées :


Parmi les quatre consonnes affriquées comptées dans le système
phonologique kabyle, la phonologie arabe n’en reconnaît que [ğ], notée

" ‫ " ج‬. [tt], [ç] et [zz] sont notées respectivement " ّ‫" ت‬, " ‫ " س‬et " ‫" ز‬
Ex:
‫ﺗﺎﺝﺎﻟﺖ‬ Æ [taooalt] "une veuve"

‫ﻥﺂﺗﺎ‬ Æ [netta] "lui"

‫یﺂﺱﺎ‬ Æ [yeçça] " il a mangé"

‫أآﺂزار‬ Æ [agezzar] boucher

*/ L'affriquée [o] est notée par le même graphème que la chuintante [j]

Voilà la plupart des contextes où elle apparaît dans le manuel :

‫ﺛﺎﺝﺎﻟﺖ‬ [taooalt] "une veuve"

‫ﺛﺎﺝﺂﺝﻴﻘﺚ‬ [ tajeooigt] " une fleur"

‫یﺂﺝﺎ‬ [yeooa] "laisser au prétérit"

‫یﺂرﺝﺎ‬ [yeroa] "attendre au prétérit"

‫ﺝﺂﺝﻴﻘﺎ‬ [jeooiga] "prénom kabyle"

‫س ﻟﺠﺂﻣﻼ‬ [s loemla] " en gros"

‫وﺁرﺝﻴﻦ‬ [weroin] " jamais"

‫أﻓﺂﻥﺠﺎل‬ [afenoal] " un verre"

82
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

‫ﻵﺱﻔﺂﻥﺞ‬ [lesfeno] " les galettes"

‫ﻟﺠﺂﻥﺂث‬ [loennet ] " le paradis"

‫ﻟﺠﻴﻬﺎ‬ [loiha] " coté, endroit"

‫ﺛﺂﺝﺂل‬ [teooel] "devenir veuve"

‫یﺂﺗﻔﺂﺝﻴﺞ‬ [yettfeooio] "éclairer à l' A I"

‫أﺝﺂو‬ [aoew] "acheter"

‫ﻟﺠﻴﺐ‬ [loib] "poche"

‫ﻟﺠﺎر‬ [loar] "voisin"


‫ﺟﻮﺟﻖ‬ [oouog] "fleurir"
‫ﻟﺠﺎﻣﻊ‬ [loameε] "mosquée"
‫ﺣﻮاج‬ [êwao] "avoir besoin
Sur ces 19 mots, 10 sont des emprunts à la langue arabe. La
substitution de [o] par [j] dans tous ces mots ne provoque aucune confusion
de sens.
Cela confirme ce que R. KAHLOUCHE dit à propos de l'affriquée
sonore [o]. Pour lui, l'opposition de cette consonne à sa correspondante non
affriquée /j/ ne s'inscrit pas dans des paires minimales franches, et [o] n'est
pas fréquente dans le parler kabyle. Néanmoins, "l'importation de vocables
arabes a augmenté la fréquence de la variante combinatoire [o] de la
chuintante /j/ (devant /n/) et a étendu son apparition à d'autres contextes,
de sorte que sa distribution se recoupe actuellement avec celle de /j/ : A
[îruo] 'escalier' ~ B [amruj] 'trou" ; A [lmuja] 'vague' ~ B [lxuoa]
'secrétaire'(….)" ( 3 0 ) .
De ce fait il est préférable de noter /o/ et /j/ avec deux graphèmes
différents.

Le système de transcription du kabyle à base de caractères arabes


utilisé dans le manuel est mal adapté à la langue kabyle, cela apparaît dans
la notation des voyelles et semi-voyelles, la notation de la spirantisation,
l'emphase et les consonnes affriquées.

(30)
KAHLOUCHE, R. , 1992, op.cit, p.338

83
Chapitre II : Aspects phonologiques et systèmes graphiques

Conclusion:

L’alphabet arabe présente un peu plus de difficultés quand à son


adaptation à la phonologie berbère, par rapport à l’alphabet latin et
tifinagh. En plus des problèmes de la représentation des voyelles et semi-
voyelles, l’alphabet arabe adapté au berbère est surchargé de signes
diacritiques.

84
Inventaire des classes de monèmes et
segmentation.
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Cette partie sera précédée d'une synthèse et/ou une présentation brève
des classes de monèmes ( 1) du kabyle et de leur morphologie ( 2) , c’est pour
nous permettre de mieux maîtriser la segmentation des énoncés dans la
partie suivante.

On se réfère dans cette présentation en grande partie au travail de S.


CHAKER ( 3) (car l’objet de son travail et celui de mon étude est commun, à
savoir le kabyle), cela tout en faisant recours aux travaux d’autres
linguistes de ce domaine s’il y a nécessité.

(1)
- L e M o n è me : U n i t é mi n i ma l e d e p r e mi è r e a r t i c u l a t i o n . D a n s l a t e r mi n o l o gi e d e A.
M a r t i n e t , l e mo n è me « e s t l ’ u n i t é s i gn i fi c a t i ve é l é me n t a i r e . C e p e u t ê t r e u n mo t s i mp l e , u n
r a d i c a l , u n a f f i xe , u n e d é s i n e n c e ». (Dic de la linguistique, 1973, p. 322).
O n d i s t i n gu e d i f f é r e n t e s c l a s s e s d e mo n è me s : mo n è me a u t o n o me , fo n c t i o n n e l ,
d é p e n d a n t … P o u r A. M A R TI N E T, l e mo n è me n ’ e s t p a s u n s yn o n yme d u mo t mo r p h è me .
- L e M o r p h è me : P l u s i e u r s d é fi n i t i o n s o n t é t é a c c o r d é e s a u mo t « M o r p h è me », e l l e s
d i f f è r e n t d ’ u n e é c o l e l i n gu i s t i q u e à u n e a u t r e .
Selon A. Martinet, le mot morphème « est réservé aux éléments grammaticaux, comme les désinences
verbales, et casuelles, les affixes, etc. » (Ibid. p. 325). Pour lui, le morphème s’oppose au lexème « le terme regroupant
ces deux ensembles est celui de monème »(Ibid. p. 325)
(2)
- M or p h ol og i e :
S i l a p h o n o l o gi e t r a i t e d e s u n i t é s d e l a d e u xi è me a r t i c u l a t i o n , l a mo r p h o l o g i e
s ’ o c c u p e d e s u n i t é s d e p r e mi è r e a r t i c u l a t i o n .
E n gr a mma i r e t r a d i t i o n n e l l e l a mo r p h o l o gi e e s t l a p a r t i e d e l a gr a mma i r e q u i n e t r a i t e q u e d e l a
fo r me d e s mo t s , d e l e u r s d i v e r s e s c a t é go r i e s ( v e r b e s , n o ms , a d j e c t i f s , p r o n o ms … ) e t d e s
d i f f é r e n t e s f o r me s d e f l e xi o n ( c o n j u g a i s o n , d é c l i n a i s o n ) . « E l l e e s t l a f a ç o n d o n t s o n t
c o n s t i t u é s l e s mo t s ». (MARTINET, A. , 1985, p. 93).
L a mo r p h o l o gi e s e d i s t i n g u e d e l a s yn t a xe q u i e s t « l a f a ç o n d o n t l e s mo t s s e c o mb i n e n t
p o u r fo r me r d e s p h r a s e s ». (Ibid. p. 93).
L e s f o n c t i o n n a l i s t e s n e s ’ é c a r t e n t p a s d e l a d é f i n i t i o n t r a d i t i o n n e l l e , p o u r M A R TI N E T ,
l a mo r p h o l o gi e e s t u n c h a p i t r e d e l a g r a m ma i r e «o ù l ’ o n t r a i t e d e s v a r i a n t e s fo r me l l e s d e s
s i gn i fi a n t s »(Ibid . p. 99). M a i s e l l e n ’ e s t p a s l ’ é t u d e d e n ’ i mp o r t e q u e l l e s va r i a t i o n s d e
s i gn i fi a n t s , ma i s d e s v a r i a t i o n s d e s i gn i fi a n t s p o u r u n mê me s i gn i f i é .
(3)
CHAKER, S., Un parler berbère d’Algérie (kabyle), syntaxe, thèse de Doctorat d’état, Aix-en Provence, 1983.

89
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Les principes de base de la segmentation d’un énoncé d’une langue


donnée doivent se référer à l’anal yse morphosyntaxique ( 4) des unités
monématiques de cette langue, y compris : les unités lexicales et les unités
grammaticales.

(4)
L a mo r p h o s y nt ax e : La difficulté de séparer les deux disciplines morphologie et syntaxe pour certains
linguistes ; tel que Saussure qui dit dans ses cours de linguistique générale : « linguistiquement, la morphologie n’a pas
d’objet réel et autonome ; elle ne peut constituer une discipline distincte de la syntaxe » (SAUSSURE, F. , op.cit.
p. 162) ; est à l’origine de la naissance d’une nouvelle discipline qui serait la morphosyntaxe.
L a mo r p h o s y nt ax e : E s t « l a d e s c r i p t i o n ( 1 ) d e s r è g l e s d e c o mb i n a i s o n d e s mo r p h è me s p o u r
fo r me r d e s mo t s , d e s s yn t a g me s e t d e s p h r a s e s , e t ( 2 ) d e s a f f i x e s fl e xi o n n e l s ( c o n j u ga i s o n ) ».
(Dic de linguistique. 1973, op.cit. p. 326)

90
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

I- Inventaire des classes de monèmes et morphologie :

Le berbère oppose deux classes fondamentales :

Les verbes ~ Les nominaux.

( 5)
1- Le verbe et ses modalités : Il se distingue du nom par sa fonction ;
C’est un monème « spécialisé dans les emplois prédicatifs » ( 6 ) , le verbe, à
la différence du nom qui est « plurifonctionnel », est « unifoncionnel »; et
par ses compatibilités, le verbe se combine avec des modalités qui lui sont
spécifiques.

Le verbe peut être déterminé par des modalités obligatoires (elles


l’accompagnent obligatoirement), on en distingue les indices de personne
et les modalités aspectuelles, ou par des modalités facultatives dont la
présence est liée aux besoins de communication.

(5)
F onc t i o n s y n t ax i q ue : C e q u e l e s fo n c t i o n n a l i s t e s d é s i gn e n t p a r f o n c t i o n s yn t a xi q u e n e
d i f f è r e p a s d e c e q u e l ’ o n d é s i gn a i t t r a d i t i o n n e l l e me n t c o mme fo n c t i o n gr a mm a t i c a l e s , .l a
fo n c t i o n s ’ o p p o s e à « n a t u r e ». E l l e e s t c e q u i r a t t a c h e u n mo n è me a u c o n t e xt e d a n s l e q u e l i l
fi gu r e (Cf. MARTINET, A. , op.cit. p. 171). C 'e s t - à - d i r e o n d é s i gn e p a r f o n c t i o n l e s r a p p o r t s
q u ’ e n t r e t i e n n e n t e n t r e e u x l e s mo n è me s d a n s u n é n o n c é . U n mo t n ’ a p l u s d e fo n c t i o n s ’ i l e s t
h o r s c o n t e xt e ( i s o l é ) .
P o u r A. M A R TI N E T, « l e s fo n c t i o n s s o n t d e s u n i t é s d e l a l a n gu e a u mê me t i t r e q u e l e s
mo n è me s . E l l e s o n t c o mm e e u x, u n s e n s e t u n e fo r m e i d e n t i fi a b l e » ( Ibid. p. 172). E l l e s
s ’ e xp r i me n t p a r r a p p o r t à u n p r é d i c a t ( n o ya u ) .
-(6) MARTINET, A. , Syntaxe générale, Ed, Armand Colin, Paris, 1985 , p. 123

91
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Morphologiquement on distingue les modalités suivantes :

1-1- Modalités centrales : amalgamées ou intimement liées aux verbes :

Le verbe en berbère est construit d’un thème + indice de personne.

1-1-1- Le thème : est un amalgame de :


• Une racine lexicale, généralement consonantique porteuse de sens.

• Un schème, signifiant de la modalité d’aspect.

Forme verbale

Indice de personne Thème

Racine lexicale Schème


(Modalité aspectuelle)

La distinction entre ces thèmes est marquée généralement par des


alternances. On distingue essentiellement quatre t ypes morphologiques
pour le verbe, qui sont opposés comme suit :

Aoriste (A) ~ Aoriste intensif (A. I)


Prétérit (P) ~ prétérit négatif (P. N)

92
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Quelques verbes n’opposent que 3 thèmes

A ~ A. I
P
Ou :
A ~ A. I
P .N

Parfois 2 thèmes.

A ~ A. I

Ex :
Le verbe : ruê : La racine : rê

Thème 1 thème 2 thème 3 thème 4


(Aoriste) (Prétérit) (Prétérit négatif) (A. Intensif)
ruê ruê ruê ttruêu

Schème 1 Schème 2 Schème 3 Schème4


--u-- --u-- --u-- tt--—u-u--

*/ Le thème d’un verbe dérivé comporte en plus de la racine lexicale


et de schème, un morphème dérivationnel : m-, ss-, myu-…….

1-1-2-Les indices de personne : concerne la majorité des verbes quelque


soit son aspect, il est déterminé par la personne, le nombre, et le
genre.

93
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

En voilà la morphologie :
Verbe
1ère pers v (masc. fém.) ---- --γ « je »

Singulier 2ème pers (masc., fém.) t ------v « tu »

3ème pers (masc) i/y------ « il »

3ème pers (fèm) t-------- « elle »

1ère pers (masc. femme) n-------(t) « nous »

2ème pers (masc.) t-------m « vous »

Pluriel 2ème pers (fèm) t-------mt « vous »

3ème pers (masc.) --------n « ils »

3ème pers (fem ) -------nt « elles »

• i / y ( 3ème pers. masc ) sont deux variantes contextuelles.


« y » : apparaît devant : [ - c1 c² --] Ou [ -C1-- ]
« i » : apparaît devant : [-- c1 v ---]

• les indices de personnes peuvent connaître d’autres variantes morphologiques suite


aux phénomènes d’assimilation :
Ex : ad +t tt.
ad+ n n.

• L'indice de personne des verbes d'état : Un certain nombre de


verbes d’état ont un indice de personne particulier au thème de
prétérit:
Singulier :
1ère pers ------ $

94
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

2ème pers ------ v

3ème pers masc ------

3ème pers fém. ------ t

Pluriel :
1ère pers
2ème pers --- it

3ème pers

• L’impératif :
Le thème impératif se combine aux indices de personne suivants :

Singulier :
2ème pers -------- (marque zéro)

Pluriel :
2ème pers masc. -------- t

2ème pers fém. -------- mt

L’indice de 2ème personne du masculin pluriel peut connaître plusieurs variantes :


----- aw.
----- at.
------t.
------at.

• L'indice de personne du participe :


C’est la seule forme incompatible avec les modalités personnelles elle est construite
sur la 3ème personne du masculin singulier, sa forme de base en kabyle est : y --- n.

La forme négative est : n--------

95
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Pour les verbes d’états : ---- n

1-2- Modalités pré-verbales : (Modalités aspectuelles) : ad (de non-

réel) : connaît plusieurs variantes contextuelles issues du phénomène


d’assimilation.

a : quand elle précède l’indice de personne (n ---) de 1ère personne

de pluriel, un pronom personnel affixe, ou une modalité d’orientation


spatiale.

dd : après le subordonnant propositionnel ‘ar’ (jusqu’à ce que).

En plus d’autres variantes : ara, a, la …..

1-3- Modalités dérivationnelles : (ou modalités d’orientation syntaxique du


verbe)
Ces modalités sont toujours directement préfixées au radical
verbal, elles ne sont pas obligatoires. On distingue trois modalités : l’actif
transitif, le passif et le réciproque.

1-3-1- L’actif transitif : Reconnu morphologiquement par la préfixation de


la sifflante sourde [s].

Selon le contexte de son apparition [s] peut se manifester sous


formes d’autres variantes conditionnées.

Ł [s] brève : s’il précède directement la consonne.

Ł [s] tendue : s’il précède directement la voyelle.

Ł [z] ou [zz] : devant un radical verbal (comportant une sifflante

sonore [z].

96
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Ł [é] ou [è] devant un radical verbal comportant une sifflante

sonore emphatique [ é].

On peut aussi rencontrer d’autres réalisations [zz] [ç], mais elles


sont rares.

1-3-2- Le passif : Connaît plusieurs nombres de variantes : ttwa, tt, m

(mm), n (nn).

Ł ttw : fréquente souvent devant les verbes trilitères, et bilitères à


voyelle zéro.

Ex : ssen ttwassen

Ł "ttwa" peut se réaliser comme "ttu" directement devant une

consonne.

Ex : heggi ttuheggi

Ł n : peut se réaliser [nn]

Ex :
rnu nnern

1-3-3- Le réciproque : On distingue les variantes : my, m, ms

my : devant les verbes à radical court

m : devant les verbes à radical long

ms : qui est à distinguer des morphèmes des dérivés combinés : m+s.

1-3-4- Les modalités combinées :

Ł Le réciproque de l’actif-transitif : m + s

97
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Ł L’actif transitif de réciproque : s+ m

Ł Le passif de l’actif transitif : ttw + s

1-4 - Les modalités périphériques du verbe : ou modalités


d’orientation spatiale :
Elles indiquent l’orientation de l’action par rapport au locuteur et
l'auditeur

Ł d : se réalise le plus souvent non tendue

Ł n : nasale non tendue

Ł les variantes « id » et « in » apparaissent lorsqu’elles sont


précédées par un pronom affixe de régime direct.

Ex :
yuγa-d

Yuγa-as-id

2-Les nominaux : à l'intérieur de cette classe on oppose :

2-1- Les sous-catégories lexicales : qui comprennent :

- Les substantifs.
- Les adjectifs. NOMS
- Les numéraux.

Le nom est une unité qui appartient à un paradigme ouvert, elle est
plurifonctionnelle et peut assurer les fonctions suivantes :
- Expansion référentielle.

- Expansion directe.

98
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

- Expansion indirecte.

- Indicateur de thème

- Prédicat dans un syntagme à auxiliaire de prédication.

- Déterminant indirect d’un autre nom, le nom peut être aussi adjectif,
relatif ……

Morphologiquement le nom berbère est défini par l’association d’une


racine lexicale, d’un schème nominal et de marques obligatoires.

2-1-1 Les modalités centrales du nom :

a- Le genre : masculin ~ féminin :

Cette opposition recouvre aussi :


Mâle ~ femelle
Normal ~ petit
Grand ~ normal
Collectif ~ individu (générique)

(7)
Sur un plan morphologique BASSET et PICARD , opposent la
forme du féminin (marquée t---t) à une forme non marquée " indice zéro

pour le masculin".
Cependant, pour CHAKER le nom berbère à l’état libre oppose une
marque du masculin qui est généralement une voyelle, à une marque du
féminin : tv---(t).

(7)
Cf. B AS S E T, A. P I C A R D , A. , E l é m e n t s d e g r a m m a i r e b e r b è r e ( k a b y l e ) , I r j e n , Al g e r , 1 9 5 4 .

99
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Il présente l’opposition comme suit : (quand le nom est au singulier).


v ---- ~ t v ----- (t).

Le nom féminin se termine généralement avec un (t) mais celle-ci n’est


pas une évidence, on peut retrouver d'autres mots qui se terminent aussi
bien avec une voyelle qu’une autre consonne.

Le féminin d’un certain nombre de noms est construit sur des racines
différentes.
Ex : argaz ~ tameîîut

Quand le nom est à l’état d—annexion l’opposition masculin ~ féminin

serait :
w/u ---- ~ t----t

b-Le nombre : singulier ~ pluriel :

Le pluriel se forme sur la base du singulier, auquel en fait subir


certaines modifications, affectant soit l’initial et/ou le corps du nom.
Selon la procédure de formation on distingue :

• Le pluriel externe : résulte de la suffixation d’un ou de plusieurs


éléments au nom masculin.

Singulier Pluriel

Masc -------------- ~ ---------- n


Fém -------------- ~ ----------- i n
Masc -------------- ~ ----------- a n
Fém -------------- ~ ----------- i n
Masc -------------- ~ ----------- w a n
Masc -------------- ~ -----------(a)wen

100
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Fém -------------- ~ ----------- (i)win

• Le pluriel interne : obtenu sur la base d’alternances vocaliques et/ou


consonantiques au sein du nom, ces alternances peuvent être simples
ou complexes.

L’alternance fondamentale est :


Sing pluriel
/i/, /u/, / e / /a/
L’alternance complexe :
Sing pluriel
--- v 1 ---- v 2 (-) v 1 ---------- v 2 (-)
/a/ /i/ /u///i/ /a/
/u/
[e]
• Le pluriel mixte : combinaison de suffixation et des alternances
internes.

Ex :
singulier pluriel
a – u i – a - n
i – i i – a – n

• Quelques lexèmes nominaux empruntés à l’arabe gardent leur pluriel


d’origine

Ex : leqlam leqlamat

nniyya nnyyat

• Un certain nombre de pluriel est formé sur des racines lexicales


étrangères à celles du singulier.
Ex : tafunast tistan

tixsi ulli

c- L’état : le nom berbère oppose deux formes d’état.

101
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Etat libre (E. L) ~ état d’annexion (E . A)

Un nom à l’état libre peut subir des modifications qui touchent à sa


voyelle initiale et/ou en lui préfixant une des semi-voyelles « y » ou « w »,
dans ce cas il passe à l’état d’annexion.

Voila le schéma des différentes variantes de l’état d’annexion


présentées par S. Chaker :
Initiale de nom : E.L ~ E.A.
a--- w ----
u -----
(v. c) w ----
i ---- y -----
(v.c) yi ---
(i --- (E.A.-))
u ---- (v.c) w u ---
ta ---- t -----
(v.c) (ta ---- (E.A. -))
ti ---- t ----
(v.c) (ti --- (E.A.-))
tu ---- (v.c) (tu --- (E.A .-))
(E.A.-) : Etat d’annexion non marqué
(v.c) : Voyelle initiale constante.

2-1-2-Les modalités dérivationnelles du nom :


La dérivation en berbère est un procédé de formation lexical très
important. A basse d’un verbe on peut dériver plusieurs nominaux

a- Le nom d’action verbale : (N.A.V) :


Les procédés de formation sont variés, selon la nature du verbe
(verbes à radical court ou long), la dérivation se fait soit par préfixation
de "a" ou "u", soit par préfixation de "a" et suffixation de "i/u", ou autres.
.

102
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

*/ A base des verbes à radical long et des verbes dérivés : la dérivation se


fait généralement par la simple préfixation de « a ».
*/ A base des verbes à radical court : la procédure de dérivation pour ces
verbes est plus variée et plus aléatoire.

b-Le nom d’instrument : se forme par la préfixation de (a) s-------

c-Le nom d'agent : se forme généralement par la préfixation de am-------

d-L’adjectif : se forme à partir des verbes d'états dans la plupart des cas.

• les morphèmes adjectiveurs bu/m--- : préfixés directement au

nom.
m /bu + nom à l’état d’annexion.
war + nom à l’état libre.

d- Les adjectifs numéraux ordinaux :


A l’exception de :
amzwaru ( tamezwarut ) « premier (e) »

angaru (tanegarut ) « dernier (e) »

• Les adjectifs ordinaux numéraux sont formés par préfixation de :


wi-s (masculin) ~ ti- s (féminin) aux noms de nombre

wi-s tlata. « (le) troisième »

ti-s tlata « (la) troisième ».

e- Les noms de nombre : ils sont toujours suivis d’un nom à l’état
d’annexion. Entre 11 et 19 le fonctionnel " n" « de » s’introduit entre le
nom de nombre et le nom.

2-1-3- Modalités péréfériques du nom :

103
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

a- Modalités locatives (déictiques) : ce sont ceux qu’on appelait


traditionnellement « démonstratifs», ils sont toujours suffixés au nom.
- Les déictiques de proximité :-a, -agi , -agini,- ad (variante archaïque ).

- Les déictiques d’éloignement : - nna , -ihin , -in (v archaïque).

- Les déictiques d’absence : - nni (n)

Les modalités à initiale vocalique (a,i -) reçoivent une semi–voyelle


après un nom à finale vocalique.

b- Modalités personnelles (possessifs) ou les compléments du nom :

1 è r e pers. com (i) w /in-u « de moi »

Singulier : 2 è m e pers.masc. (i) k /in- k. « de toi » (max)

2 è m e pers fém. (i) m /in- m « de toi » (fém.)

3 è m e pers. com (i) s / in- s. « de lui »

1 è r e pers masc. nn-$ « de nous »( masc.)

1 è r e pers fém. nn-t$. « de nous » (fém)

Pluriel 2 è m e pers masc. nn-wn « de vous » masc.

2 è m e pers fém. nn-knt « de vous » (fém.)

3 è m e pers masc nn-sn « de eux »


3 è m e pers fém. nn-snt « de elle »

Après les noms de parenté les affixes personnels prennent les formes
suivantes :
1 è r e pers com. ….

104
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

2 è m e pers masc. -k
Singulier 2 è m e pers fém. -m

3 è m e pers com. -s

1 è r e pers masc. -tn$.

1 è r e pers fém. -tnte$.

Pluriel 2 è m e pers masc. -twn

2 è m e pers fém. -tknt

3 è m e pers masc. -tsn

3 è m e pers fém. -tsent

c- Modalités d’altérité :
L’unique monème est : "nniven". Il peut avoir des allomorphes après

les substituts déictiques définis de la série de base :

wa-yv et wi-yiv

(après singulier) (après pluriel)

d- Les pré-déterminants du nom : ces unités précèdent un nom à l’état


libre (mis à part « yir ») : haca, siwa, ala, xas, ula d, yal, lal, yir, m-ad.

2-2- Les sous-catégories pronominales : (substituts grammaticaux du


nom) : ils se subdivisent en :

*/ Substituts indépendants : pronoms personnels indépendants, les


substituts non-personnels indépendants (déictiques, indéfinis et
interrogatifs)

105
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

*/ Substituts affixes : on en distingue :


- Les pronoms personnels affixes du verbe.
- Les pronoms personnels affixes de préposition.
- Les pronoms personnels affixes du nom.

3- Les fonctionnels.

En plus des deux classes citées ci-dessus le berbère connaît d’autres


(8)
types d'unités «historiquement souvent issues du NOM ou du VERBE » ,
ils se repartissent en deux sous-catégories :

*/ Les fonctionnels introduisant un syntagme nominal, (prépositions).

*/ Les fonctionnels introduisant un syntagme prédicatoide (fonctionnels


propositionnels)

II-La segmentation :

En berbère, la segmentation d'énoncés constitués d'unités lexicales ne


pose pas de problèmes. Néanmoins, elle pose des difficultés quand un
énoncés contient des unités grammaticales (fonctionnels, modalités,

(8)
CHAKER . S. , op cit. p. 76.

106
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

substituts indépendants….). C’est la raison pour laquelle quelques


berbèrisants ont fait recours à l’usage d’un tiret « le trait d’union », pour
relier/séparer quelques affixes aux unités auxquelles ils se rapportent.
Pour S. Chaker l'usage du trait d'union permet de mettre en relief les
groupements syntaxiques et de faire apparaître les différents constituants
d’un syntagme qui semble présenter un ensemble homogène; les unités
rattachées (les affixes), entretiennent des rapports prioritaires avec les
unités dont elles dépendent; ce qui facilite grandement le travail du lecteur.
Car, le décodage d'un énoncé « ne se fait pas par addition des unités
successives, mais par intégration des rapports existants entre les
(9)
syntagmes » .
Il propose de relier les affixes mobiles/facultatifs aux unités
auxquelles ils se rapportent : noms, verbes, prépositions, et autres unités
grammaticales.

1-la segmentation et la notation usuelle à base latine :


Dans le manuel on a suivi indéniablement les recommandations de
l'INALCO de 1996 en ce qui concerne la segmentation des énoncés.

1-1- Les unités écrites isolées :

On note séparément les unités suivantes :

• Les verbes : constitués de modalités centrales : le thème


(amalgame racine consonantique et d'un schème), et l'indice de
personne et parfois des modalités dérivationnelles.
Ex : yelêa il a marché

Indice de personne : "y"

Le thème de prétérit : lêa.

la racine : lê.

Le schème : --a--

(9)
Ibid. p. 14.

107
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

ileêêu il marche souvent.

L'indice de personne : i.

Le thème de l'aoriste intensif : leêêu.

La racine : lê.

le schème : ---u
Ad yelêu il marchera.

L'indice de personne : y.

Le thème : lêu.

La racine : lê

Le schème :....u
la modalité de non-réel : "ad".

iselêa il a fait marché.

L'indice de personne : i / y .

le thème du prétérit actif : selêu.

La racine : lê.

Le schème : ……a
Modalité dérivationnelle du réciproque : "s".

Là, on peut se demander pour quoi la modalité dérévationnelle est


écrite rattachée au verbe, malgré qu'elle soit facultative ? Car, avec une
telle natation, on n'a pas respecté le principe sur lequel se base l'usage
du trait d'union, à savoir le critère facultatif et la mobilité syntaxique.

Cela peut être justifié par le fait que cette modalité fait partie de la
forme verbale, parfois elle peut même s'introduire au milieu du thème
verbal après le morphème "tt", qui fait partie de schème de l'aoriste
intensif.
Ex : myewwaten. ils se sont frappés

108
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

ttemyewwaten. ils se frappent récéproquement.

La modalité dérivationnelle est "mye-"

• Les modalités aspectuelles ou pré-verbales (ad, ur ara) sont

écrites aussi séparées du verbe.

"Ad " particule de l'aoriste.

"ur ara" particule de négation.

Ex :
[adruêe$] "ad ruêe$ " ( je pars)

[adruêev] "ad d-truêev' ( tu viendras)

[ uruêe$ara] " ur ruêe$ ara" ( je ne suis pas parti).

Ces particules ne peuvent pas être rattachées aux verbes, parce que elles
ne le précèdent pas toujours immédiatement, d'autres unités peuvent
s'introduire entre eux, tel dans ces exemples :

Ad fell-as yeεfu Rebbi " que dieu lui pardonne"

Ur as-yenni ara " il ne lui a pas dit"

• Les nominaux : les nominaux (substantifs, adjectifs et numéraux)


sont toujours écrits en un seul mot entre deux blancs (amalgame
d'une racine lexicale, un schème nominal, et des modalités
centrales : le nombre, le genre, l'état, parfois des modalités
dérivationnelles ).
Ex :

axxam maison

taxxamt chambre

109
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

ixxamen les maisons

tixxamin les chambres

wexxam "maison" à l'état d'annexion

texxamt " chambre" à l'état d'annexion.

*/ Les modalités centrales du nom :

a- Le genre : masculin ~ féminin :

Le nom féminin se termine généralement avec un (t) mais celle-ci


n’est pas une évidence, on peut retrouver d'autres mots qui se terminent
aussi bien avec une voyelle qu’une autre consonne.
Ex :
axxam maison ( nom masculin)

taxxamt chambre (nom féminin)

Tasa le foie

Lala la fontaine

Tame$ra la fête

Le féminin d’un certain nombre de noms est construit sur des racines
différentes.
Ex : txsi ( brebis) ~ ikerri ( mouton)

b-Le nombre : singulier ~ pluriel :

Le pluriel se forme sur la base du singulier, auquel en fait subir


certaines modifications, affectant soit l’initial et/ou le corps du nom.

Ex : Le pluriel externe.

adlis (un livre) ~ idlisen (les livres)

izem (un lion) ~ izmawen (les lions)

110
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

taqcict (une fille) ~ tiqcicin (les filles)

x : Le pluriel interne
ayaziv (un coq) ~ iyuzav (les coqs)

adrar (une montagne) ~ idurar (les montagnes)

tu$mest (une dent) ~ tu$mas (les dents)

ex : Le pluriel mixte :
afus (une main) ifassen (les mains)

ul (un cœur ) ulawen (les cœurs)

avad (un doit) ivudan (les doits)

c- L’état : le nom berbère oppose deux formes d’état.

Etat libre (E. L) ~ état d’annexion (E . A)

Un nom à l’état libre peut subir des modifications qui touchent à sa


voyelle initiale et/ou en lui préfixant une des semi-voyelles « y » ou « w »,
dans ce cas il passe à l’état d’annexion.
Cette modification ne doit pas être négligée au niveau de l'écrit, car
elle joue un rôle syntaxique très important dans l'énoncé, le changement de
l'état d'un nom, provoque le changement de sa fonction syntaxique, tel dans
ces exemples :
Yeçça aqcic "il a mangé le garçon"

Yeçça weqcic "le garçon a mangé"

Tedda d tislit "elle s'est mariée"

Tedda d teslit "elle a accompagné la mariée"

Aqcic : c'est un nom à l'état libre, il est expansion directe.

weqcic : c'est un nom à l'état d'annexion, il est expansion

référentielle.

111
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

tislit : c'est un nom à l'état libre, il est prédicat.

teslit : c'est un nom à l'état d'annexion, il est expansion

prépositionnelle.

*/ Les modalités dérivationnelles : Ces modalités aussi ne sont pas


détachées des noms
Ex :

amezde$. l'habitant ( nom d'agent)

(am- modalité dérivationnelle, zde$ : habiter).

La procédure de dérivation en berbère ne se fait pas uniquement par la


simple préfixation, elle est très variée et très aléatoire. C'est la raison pour
laquelle ces morphèmes dérivationnels ne peuvent pas être détachés des
noms bien qu'ils soient facultatifs.

• Les substituts des noms autonomes ou indépendants (pronoms


personnels indépendants substituts non personnels indépendants,
déictiques indéfinis et interrogatifs).

a-Pronoms personnels indépendants (autonomes, isolés) :

Singulier :
1 è r e pers com. nekk « moi »

2 è m e pers masc. keçç « toi »

2 è m e pers. fém. kemm « toi »

3 è m e pers. Masc. netta « lui »

3 è m e pers. Fém. nettat « elle »

Pluriel :
1 è r e pers. masc. nekkni « nous »

112
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

1 è r e pers. fém. nekkenti « nous »

2 è m e pers. Masc. kunwi « vous »

2 è m e pers fém. kunnemti « vous »

3 è m e pers. Masc. nitni/nutni « eux »

3 è m e pers. Fém. nitenti/nutenti « elles »

b- Substituts non-personnels (indépendants) :

b-1- Substituts déictiques : Ils se constituent de deux catégories : définis


et indéfinis.

Le système de base :
Défini (proximité) ~ indéfini ( éloignement/ absence)
Masc. wa « celui-ci » wi/win « celui là »

Fém. ta « celui-ci » ti/tin « celle là »

Masc. wi « ceux-ci » wid « ceux-la »

Fém. ti « celles-ci » tid « celles-là »

Les formes « win » et « tin » sont des formes composées de wi-n / ti-

n (-n, modalité locative d’éloignement/ absence).

Le système étoffé :
Défini (proximité) :

1- Forme de base 2- Forme renforcée 1 3-Forme renforcée 2


(+ mod de proximité (a)-gi) (+mod de Proximité (a)gi-ni)
wa « celui-ci » wa-gi wa-gi-ni

ta « celle-ci » ta-gi ta-gi-ni

wi « ceux-ci » wi-gi wi-gi-ni

113
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

ti « celles-ci » ti-gi ti-gi-ni

Indéfini ( éloignement / absence)

Absence éloignement (1) éloignement (2)


(+ n) (+(i) nna (+(i) hi(n)

« en question » « là-bas » « au loin»


Singulier
wi « celui » wi-n wi-nna wi-hin

ti « celle » ti-n ti-nna ti-hin

Pluriel
wid « ceux » wid-nni wi-hi-d

tid « celle » tid-nni ti-hi-d

Il existe d’autres variantes :


Wi-ga-d wi-ga-d-nni wi-ga-d-ihin

Ti-ga-d ti-ga-d-nni ti-ga-d-ihin

wid-ak wid-ak-nni wid-ak-ihin

tid -ak tid-ak-nni tid-ak-ihin)

Dans le manuel, quand la forme de base d'un substitut déictique est


courte elle est écrite soudée avec la modalité locative (de proximité,
d'absence, ou d'éloignement): wigi, tin, winna… Par contre ces modalités

sont reliées aux formes de base par un trait d'union quand ces dernières
sont longues : widak-nni, wigad-nni…

Ces formes renforcées des déictiques n'étaient pas évoquées dans les
synthèses de S. CHAKER. De l'autre, à propos de ses recommandations sur
l'usage du trait d'union, il écrit : « cette proposition s'applique aux affixes
mobiles/facultatifs du nom, du verbe, des prépositions et autres unités

114
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

grammaticales » ( 1 0 ) . Si on comprend par là que toutes les modalités


(d'éloignement ou de proximité, d'absence) seront liées à la forme de base
des déictiques par un trait d'union. On écrit ces formes renforcées des
déictiques comme suit :
wi « celui »

wi-n « celui en question»

wi-nna, wi-hin «celui là»

wi-hi-d « ceux-là»

On aura aussi ces formes


widak-nni wigad-nni «ceux en question »

wigad-ihin wigad-ihin « ceux-là».

Ces unités (forme de base plus modalités) parfois forment un


ensemble figé qui est un démonstratif, et les modalités ne sont pas
mobiles, alors il est préférable de les écrire rattachées, et les
considérer comme une seule unité. Dans ce cas on écrit
wi « celui »

win « celui en question»

winna, wihin « celui là»

wihid « ceux-là»

widaknni ( ceux en question).

b-2-Substituts indéfinis :

kra « chose, quelque chose »

wi- nnat « un tel »

ti-nnat « une telle »

ayi « ce que ».

(10)
Ibid. p. 15.

115
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Malgré que ces deux formes ( wi-nnat, ti-nnat ) sont formées de

deux unités, il n y pas nécessité de les séparer avec un trait d'union


de moment qu'elle présente une seule unité monématique, qui est un
substitut indéfini.

c- Substituts interrogatifs

1-Série à composant an- :

-Locatif
Anda, anida « où, de quel endroit ? »

-ansi « d’où, de quel endroit ? »

-sani « vers où ? »

-aniγer « vers où ? »

-aniwer « vers où ? »

-Personnels déictiques :
-anwa « qui, lequel ? »

-anta « la quelle ? »

-anwi « qui, lequel ? »

-anti « la quelle ? »

2-Série à composant u- :

- u$ur « chez qui ? »

- ukud « avec qui ? »

- umi « pour qui »

3-Série à initiale a-- :

116
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

- annect « combien, quelle quantité

- acu « quoi, qu’est ve que c’est ? »

- achal « combien ? »

- acimi « pour quoi ? »

- acu$er « pour quoi ? »

- acuγef « pour quoi ? »

- ayen « pour quoi ? »

- amek « comment ? »

4-Synthèmes à composant « ay » (l’indéfini)

- ayγer « pour quoi, pour quelle raison »

- $ef way deg « sur quoi, pour quoi ? »

- deg way deg « dans quoi ? »

- seg way deg « d’où ? »

- s way s « avec quoi ? »

- melmi « quand ? »

• Modalités négatives non-verbales : servent de négation de


prédicat non-verbale et de phrase : maççi

- Modalités négatives secondaires :


-uroin « jamais »

-urεad « pas encore ».

• Modalités d’altérité :
L’unique monème est : nniven.

Parfois, dans le manuel, ce monème est lié au nom avec un trait


d'union

117
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Amdan-nniven "une autre personne"

Akken-nniven "d'une autre manière"

Cependant, quand cette modalité détermine un nom, parfois elle ne le


suit pas directement, on peut trouver d'autres unités (lexicales ou
grammaticales) qui s'insèrent entre eux.
Axxam nnsen nniven " leur autre maison"

Aqcic ameéyan nniven "l'autre petit garçon"

De ce fait, cette modalité doit être écrite isolée.

Il peut avoir des allomorphes après les substituts déictiques définis


de la série de base :
-yv et yiv

(après singulier) (après pluriel)


Ex : wa-yv " l'autre"

Wi-yev " les autres"

Ces unités composées d'un substitut déictique défini de la série de


base et d'une modalité d’altérité sont notées soudées en un seul mot. Le fait
de les séparer par un trait d'union n'a aucune opportunité pour
l'orthographe de la langue.
Ex :
Wayev, tayev " l'autre"

Wiyev, tiyev " les autres"

• Fonctionnels non-propositionnels : ces fonctionnels relient les


nominaux, ou un nominal à un noyau prédicatif.

118
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

1- Les prépositions fonctionnelles non-propositionnelles spécifiques :


Parmi ces prépositions.
- d « avec »

- ukud, akked « avec »

- deg « dans, en, parmi »

- di « dans, en, parmi »

- s (+E.A) « au moyen de, avec »

- $er « vers, à »

- γur « chez, auprès de »

- γef « sur, au sujet de »

- ger « entre, parmi, au milieu de »

- seg « de à partir de »

- ddaw « sous »

- nnig « au dessus »

- am « comme »

- i « a, pour »

- n « de »

La morphologie de quelques fonctionnels change quant ils sont relies


aux pronoms affixes.
- d yid-s

- akked akkid-s

2-Fonctionnels non-propositionnels non-spécifiques :(Déterminants autonomes,


adverbes), ces unités ne mettent en relation que des nominaux ou, un
nominal et un noyau prédicatif.

En voila quelques exemples de ces fonctionnels.

119
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

- deffir « derrière »

- sdat « devant »

- uqbel « avant »

- sufella « au dessus de »

- daxel « au dessous de »

- tama n « à coté de »

- annect n « de la taille de »

- akter n « plus que/ de »

• Fonctionnels propositionnels : ces monèmes établissent des


relations entre propositions, ils introduisent des syntagmes
prédicatoïdes :

- ar « jusqu’à ce que, que »

- akken « afin que »

- acku « parce que »

- imi « puisque »

- mi « lorsque, quand »

- segmi « depuis que »

- amzun « comme si »

- ma « si »

- lemmer « si »

- xas « même si »

• Les coordonnants :
- neγ « ou bien »

- ahat « peut être, sans doute »

120
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

- amar « peut être »

- daγ, daγen « à nouveau, encore »

- dγa « alors »

- tili « en ce cas, dans cette hypothèse »

- waqila « peut être »

- ihi « donc, alors »………..

• Eléments prédicatifs divers :

*/ L’auxiliaire de prédication"d" : suit immédiatement le nominal.

*/ Les présentatifs : deux variantes (aql, ha) se combinent d’une


manière complémentaire avec les affixes personnels.

Signifiant du monème affixe personnel


Présentatif
aql i, iyi « me voici » 1 è r e pers. Sing.

aql ak « te voici » 2 è m e pers. Masc.

aql aken « te voici » 2 è m e pers. Fém.

ha/(a) t « le voici » 3 è m e pers. Masc.

ha/(a) tt «la voici » 3 è m e pers fém. sing.

aql aγ « nous voici » 1 è r e pers. Plur.

aql aken « vous voici » 2 è m e pers.masc.pl

aql akkent « vous voici » 2 è m e pers.fém.plur

ha/a ten (id) « les voici » 3 è m e pers.masc.plur.

ha/a tent (id) « les voila » 3 è m e pers fém.plur

121
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Les présentatifs peuvent se combiner avec les modalités d’orientation


spatiales, auxquelles ils sont reliés par un trait d'union dans la notation
usuelle.
- aqli-i (yi) (-) -in

- aql-ak (-) -in

- ha/a-t a/ -aya - an —

Les présentatifs ne sont jamais libres, ils se combinent toujours


d’une manière complémentaire avec les affixes personnels, ils forment avec
eux un ensemble figé. C'est pour quoi il est préférable de les transcrire
soudés en un seul mot.

*/ synthèmes prédicatifs négatifs : (ula+interrogatif)

- ulac « il n’y a pas »

- ulayγer « il n’y a pas de raison »

- ulamek « il n’ y a pas moyen »

- ulawumi « il n’ y a pas d’utilité »

Quelques synthèmes prédicatifs négatifs comme (ulac, ulaêed,

ulawumi...) se combinent parfois avec les affixes personnels, dans ce cas

ils sont reliés par un trait d'union.


Ex : ulac-it , ulaêed-it « il n'est pas là»

Ulawumi-ken « je n'ai pas besoin de vous»

*/ Mots phrases prédicatifs :


- Prédicats mono-monématiques spécifiques.
- dir « c’est il est mal/ mauvais »

- kifkif « c’est pareil/ semblable »

122
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

- mazal « cela dure / encore »

- cwi « c’est heures, sauf »

- ccah « c’est bien fait »

- ttif « il vaut mieux/ cela vaut mieux »

- axir « il vaut mieux/ cela vaut mieux »

- ttif, ttifxir « mieux vaut ….que……. »

- axir, wala « mieux vaut ….que……. »

- fiêel « cela n’est pas la peine/ il n’est pas

Nécessaire.

- Prédicats mono-monématiques non spécifiques :

- aîas « beaucoup »

- drus « peu »
- xas « il est/ cela est permis/ possibles »

Quelque monèmes de cette catégorie tels: berka, dir, kifkif— peuvent

aussi se combiner avec les affixes personnels, dans ce cas ils sont reliés par
un trait d'union.

Ex : berka-kem « cela vous sufait »

Dir-ik «tu n'est pas bon »

Kifkif-iten « ils sont pareils»

• Les pré-déterminants du nom : ces unités précédent un nom à l’état


libre (mis à part « yir ») : haca, siwa, ala, xas, ula d, yal, yir—.

123
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

1-2- l’usage du trait d’union :


Le trait d'union est préconisé pour relier les affixes mobiles/facultatifs
aux unités auxquelles ils se rapportent : noms, verbes, prépositions, et
autres unités grammaticales.

• Les modalités d’orientation spatiales aux verbes.

Ces modalités indiquent l’orientation de l’action par rapport au


locuteur et l’auditeur.
Ł d : se réalise le plus souvent non tendue

Ł n : nasale non tendue

Ł les variantes « id » et « in » apparaissent lorsqu’elles sont


précédées par un pronom affixe de régime direct ou indirect.

Ex : yuγa-d " il a acheté"

Yuγa-as-id " il lui a acheté"

Yu$a-t-id " il l'a acheté"

La particule de direction est une modalité facultative du verbe, elle


désigne l’orientation de l’action par rapport au locuteur et le récepteur, elle
suit ou précède immédiatement le verbe, parfois elle peut s’introduire entre
le verbe et son pronom affixe. Elle se relie dans le manuel à chacune de ces
unités par un trait d’union.

Ex : - yusa-d " il est venu" (l'action et orientée vers le locuteur)

- yusa-n " il est venu" (l'action et orientée vers le récepteur)

- ad d-yas "il viendra " (l'action et orientée vers le locuteur)

- ad n-yas "il viendra" (l'action et orientée vers le récepteur)

124
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Relier la modalité d’orientation spatiale au verbe par un trait d’union


permet d’éviter la confusion entre ces unités et les prépositions "d", "n",
et l'indice de personne "n" ( 3 è m e . Pers. Masc. plur ) ou avec "n" du
participe dans quelques énoncés, ou il y a risque de confusion.

Ex : - yenna d gma. « il a dit, c’est mon frère » (1)

- yenna-
yenna - d gma « mon frère a dit » (2)

- iruh d baba-s « il est parti avec son père»

- iruh-d baba-s «son père est venu »

- ruêen « ils sont parti »

- ruê-n « viens là bas»

- iruê-n « il est venu chez toi ».

- Win iruêen « celui qui est parti »

Remarque: Quoi qu'il y'ait l’intonation qui distingue aussi les deux
énoncés (1) et (2), et que "d" connecteur est prononcé spirant, et "d"
particule de direction est prononcé occlusif, cela ne peut pas être déduit en
lisant l'énoncé hors de tout contexte.

• Les pronoms personnels affixes :

a- Du verbe :

-Série direct :

Singulier :
1 è r e pers com. -yi « me »
2 è m e pers masc. -k « te » (masc.)
2 è m e pers fém. -kem « t » (fém.)
3 è m e pers. Masc. -t « le »
3 è m e pers. Fém. -tt « la »

125
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Pluriel :
1 è r e pers com. -aγ-aneγ « nous »
2 è m e pers masc. -kem « vous »
ème
2 pers fém. -kent « vous »
3 è m e pers. Masc. -ten « les »
3 è m e pers. Fém. -tent « les »
Ces affixes ; mis à part aγ /aneγ ; connaissent une variante à voyelle
initiale (i) quand le verbe se termine par une consonne, et que ces derniers
lui succèdent directement.

-Série indirecte :

Singulier :
1 è r e pers com. -(i) yi « moi »
2 è m e pers masc. -ak « à toi »
2 è m e pers fém. -am « à toi »
3 è m e pers. Masc. -as « à lui/elle »

Pluriel :
1 è r e pers. Com. -aγ/anγ « à nous »
2 è m e pers. masc. -awen « à vous »
2 è m e pers fém.. -awent « à vous »
3 è m e pers. masc. -asen « à eux »
3 è m e pers. fém. -asent « à elles »

Les affixes à initiale vocalique connaissent une variante à semi-


voyelle palatale après un verbe à finale vocalique.

ak yak
aγ yaγ

Les pronoms affixes peuvent être pré- ou post-posés au verbe, ils se


suivent dans l’ordre :

126
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Verbe + pronom affixe indirect + pronom affixe direct


Comme ils se suivent dans l’ordre :
Pronom indirect + pronom direct + verbe.

Le pronom personnel affixe du verbe est une unité indépendante qui


vient remplacer le nom en y assurant les mêmes fonctions syntaxiques. Il
est pré- ou post-posé au verbe, dans tous les cas, dans le manuel, il est
relié au verbe qu'il précède ou suit par un trait d’union.

Ex : ad as-yini

yenna-as

ur asen-t-yuri ara

yura-asen-t

L'usage du trait d'union pour séparer les pronoms affixes (rég.


Direct ou indirect) du verbe répond aux deux critères sur lesquels se base
l'usage de ce trait, à savoir, le critère facultatif des unités et leur
mobilité ( 1 1 ) syntaxique

Ainsi, le rôle syntaxique des pronoms affixes (rég. direct ou


indirect) n’est pas à négliger, ils sont des substituts du nom, c’est la raison
pour laquelle, le fait de le séparer du verbe par un trait d’union semble une
idée évidente. En d’autres termes, l’usage du trait d’union dans ce cas
permet de reconnaître d’une manière plus facile et plus rapide les
constituants d’un syntagme verbal.

Ex :

Sans l’usage du trait d’union :


ad asententidawin " ils les leur ramènerons vers là"

Avec l'usage du trait d'union.

(11)
Le critère de mobilité désigne les morphèmes susceptibles de se déplacer et qui admettent un élément
pouvant s’introduire entre eux et l’élément qu’ils déterminent.

127
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

ad asen-tent-id-awin (ils les leur ramèneront vers là).

Sans l'usage du trait d'union dans quelques contextes, on risque des


confusions entre pronom personnel affixe et indice de personne, tel qu'ils
le montrent ces exemples :

ooant [ooant] ( elles ont laissé)

u$ant [u$ant] ( elle ont acheté)

ooan-t [ooant] ( on l'a laissé)

u$an-t [u$ant] ( on l'a acheté).

b- Du nom (possessifs) ou les compléments du nom :


Singulier
1ère pers com. (i)w / inu « de moi »
ème
2 pers masc. (i) k /inek « de toi »
2ème pers fém. (im) inem « de toi »
3ème pers. Masc. (i) s / ines « de lui /elle »

Pluriel :
1ère pers. masc. nneγ « de nous »
1ère pers. fém. nnteγ « de nous »
2ème pers. Masc. nnwen « de vous »
ème
2 pers fém.. nnkent « de vous »
3ème pers. Masc. nnsen « d’eux »
3ème pers. Fém. nnsent « d’elles »

Après les noms de parentés les affixes personnels prennent les formes
suivantes :
1 è r e pers com. ….
2 è m e pers masc -k
Singulier 2 è m e pers fém. -m

128
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

3 è m e pers com -s

1 è r e pers masc -tn$


1 è r e pers fém -tnt$
ème
Pluriel 2 pers masc -twn
2 è m e pers fém. -tknt.
3 è m e pers masc. -tsn.
3 è m e pers fém. -tsent

Les possessifs sont largement amalgamés au fonctionnel "n" ( 1 3 ) ,


c'est-à-dire, ils ne suivent pas immédiatement le nom qu’ils déterminent,
parfois on relève des déictiques ou des adjectifs qui s’introduisent entre
eux.
Ex: - axxam-n-k

- axxam-n-wen

Ou : - axxam-agi-nnek

- axxam-agi-nnwen

- axxam nnes ameqqran, peut se réaliser :

- axxam ameqqran nnes : dans ce cas "nnes " doit être écrit isolé

Les cas où le possessif succède directement au verbe sont rares.

Ex :
- axxam-ik

- axxam-is.

Disons que cette forme n’est pas connue dans certains parlers
kabyles ( 1 4 )

(12)
Cf. CHAKER, S . , 1983. op.cit. p. 152.
(13)
Tel dans la majorité des parlers de la wilaya de Boumerdes.

129
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Néanmoins, dans la notation usuelle à base latine dans le manuel, ce


morphème est relié au nom par un trait d’union.

L'usage du trait d'union pour relier ces unités aux noms qu'elles
déterminent, répond aux deux critères sur lesquelles se base son usage.
Mais, dans ce cas le critère de mobilité syntaxique n'est pas dans l'intérêt
de cet usage, il incite plutôt à écrire séparément le nom et l'indice de
possession qui le détermine. Car, en plus des unités grammaticales, des
unités lexicales aussi peuvent s'introduire entre eux. Parfois ces unités
peuvent se retrouver seules comme des morphèmes libres.
Ex : nnes, nnwen……..

De ce fait, il n’y a pas donc utilité de relier ces morphèmes aux noms
qu’ils déterminent avec un trait d’union, surtout que leur séparation ne
provoque aucune confusion avec les autres unités de l’énoncé.

S. Chaker fait une distinction sémantique entre les deux énoncés :


- idrimen-ines « son argent »

- idrimen ines « l’argent est à lui »

Alors que, du point de vue syntaxique, il s’agit de la même unité,


dans les deux énoncés « ines » est un possessif, leur différence sémantique

relève du fait de l’intonation.

Les deux énoncés peuvent être écrits de la manière suivante :


- idrimen ines « son argent »

- idrimen, ines « l’argent est à lui »

On pourra faire exception pour les affixes qui suivent toujours


directement le nom, en les reliant avec un trait d'union ; il s'agit de : -iw,

-ik, -is, -im.et leur variantes contextuelles : -w, -k, -s, -m.

130
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Ex :
axxam-ik. "ta maison"
Axxam-im "ta maison"
Axxam-is. "sa maison"
Axxam-iw. "ma maison"
Ayla-k. "ton bien"
Ayla-m "ton bien"
Ayla-s. "son bien"
Ayla-w. "mon bien"

En ce qui concerne les noms de parenté, ces derniers peuvent être


notés soudés avec leurs indices de possession, c'est-à-dire en un seul
monème, du moment qu'il n’y a aucune autre unité qui pourra s'introduire
entre eux.
Ex :
- gma "mon frère"
- gmak "ton frère"
- gmam "ton frère"
- gmas "son frère"
- gmatne$ "notre frère"

- gmatnte$ "notre frère"

- gmatwen "votre frère".


- gmatkent "votre frère".
- gmatsen "leur frère".
- gmatsen "leur frère".

c- Les pronoms personnels affixes de préposition :

Se relient aux fonctionnels non-propositionnels suivants : deg, γar,

γer, d/ukd, s, ddaw, γef, ger, tama, deffir, sdat.

Singulier

131
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

1 è r e pers com. i
2 è m e pers masc. (a) k
2 è m e pers fém. (a) n
3 è m e pers. Masc. (a) s

Pluriel :
1 è r e pers. masc. /a/ neγ /aγ (tuf)
1 è r e pers. fém. (a) ntγ
2 è m e pers. Masc. (a) awen (twen)
ème
2 pers fém.. (a) kent (tkent)
3 è m e pers. Masc. (a) sn (-tsn)
3 è m e pers. Fém. (a) snt (-tsnt).

La variante à voyelle (a) apparaît après:


fl « sur »

gar « entre »

La variante à initiale (t) apparaît après les prépositions à finales


vocaliques.
tama « à coté »

ddaw « sous »

Ces pronoms affixes sont reliés aux prépositions dont ils


dépendent par un trait d’union.

Ex : - deg - s

-γur-m

- fell-asen

- seg-sen

Les prépositions sont des unités grammaticales, qui précèdent


généralement des substantifs, quant ces derniers sont substitués par un

132
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

pronom personnel, ils y assurent les mêmes fonctions syntaxiques. Ces


pronoms suivent immédiatement les prépositions, ils n'admettent aucune
autre unité pouvant s'introduire entre eux, parfois ils forment un ensemble
figé ; la préposition "fell-" par exemple, ne peut jamais être dissociée du
son pronom affixe. En cet effet, il n’y a pas utilité de les séparer.

• Les noms et les déictiques :


Les déictiques sont ceux qu’on appelait traditionnellement
(démonstratifs).Les déictiques, (définis ou indéfinis) suivent toujours
immédiatement le nom ou le démonstratif.
- Les déictiques de proximité: - a, - agi, agini, - ad (variante archaïque).

- Les déictiques d’éloignement : - nna, yin, in (v. archaïque).

- Les déictiques d’absence : - nni (n)

Les modalités à initiale vocalique (a, i -) reçoivent une semi-voyelle après


un nom à finale vocalique.

Dans le manuel ces déictiques sont reliés aux noms par un trait
d’union.
Ex :
-axxam-a "cette maison"

- aqcic-agi "ce garçon"

- aqcic-inna "ce garçon là"

- ass-nni "l'autre jour"

Parfois ces déictiques forment un ensemble figé avec les noms qu’ils
déterminent, dans ce cas ils sont transcrits en un seul mot.

Ex :
- assa "ce jour, aujourd'hui"

- imira " ce moment, maintenant"

133
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

- imiren "ce moment là"

Dans le parler berbère chleuh on relève le déictique "ad" ( 1 4 ) , qui est


l’équivalent de "agi" du kabyle.

Ex : - ayis-ad ‘cet étalon’ ( 1 5 )

Selon S. CHAKER, ce déictique est une variante archaïque dans le


kabyle. La prophétie suivante, attribuée à Cikh Mouhend Oulhoussine en
prouve l'existence (cité par S. CHKER ( 1 6 ) ) :

Ad ak-yeldi Rebbi tiwwura gemmav-in gemmav-ad.

[a k yeldi ôebb°i tibb°ura gemm°avin, gemmavav] " Que dieu t'ouvre

toutes les portes, sur cette rive (Algérie) comme sur l'autre (France)."

Ce déictique s'il n'est pas relié au nom qu'il détermine avec un trait
d'union, il peut être confondu avec la modalité aspectuelle du verbe, « ad ».

Ex : - aqcic-ad iruê « ce garçon, il est parti »

- aqcic ad iruê « le garçon part ».

Pour éviter ce genre d’ambiguïté, et par le fait qu'aucune autre unité


ne peut s’introduire entre le nom et sa modalité locative, l'usage du trait
d'union s'avère nécessaire dans ce cas.

• Les morphèmes adjectiveurs bu / m--- : préfixés directement au


nom à l'état d'annexion, n'ont pas été évoqués dans les propositions

(14)
Cf. ELMEDLAOUI, M. , Principes d’orthographe berbère, en graphie arabe ou latine, ‘ed, PLLSH –
Oujda, 1999, p. 61.
(15)
Ibid. p. 61
(16)
CHAKER, S . ,1983, op.cit. p. 106

134
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

de S. Chaker. Dans le manuel ils sont liés au nom avec un trait


d'union.

Ex :
bu-uεebbud " celui qui a un grand ventre, ou celui qui

mange beaucoup"
bu-uqerru "celui qui est têtu, celui qui a une grande tête"

Ces morphèmes sont facultatifs mais pas mobiles, ils précèdent


le nom qu'ils déterminent, et il n'y a aucune autre unité qui peut
s'insérer entre eux, ils forment avec le nom un ensemble figé. De ce
fait il n’y a pas nécessité de les détacher du nom.

Ex :
[mleε y un] " celle qui a de beaux yeux" peut être écrit "mleε y un"

[mtismin] "celle qui éprouve la jalousie" peut être écrit " mtismin"

L’usage du trait d’union selon S.Chaker se base, comme on


l’a déjà signalé ci-dessus, sur deux critères : le critère
facultatif et la mobilité syntaxique des unités, cependant
l’application de ces critères est relative.

Le critère de mobilité est loin de faire un référent quand on relie par


un trait d’union, les pronoms affixes aux prépositions, ou les déictiques
aux noms qu’ils déterminent, sachant que ces affixes ne sont jamais pré-
posés aux noms ou aux prépositions, ainsi il n’y a aucune unités
grammaticales ou lexicale qui peut s’introduire entre ces unités, (c'est-à-
dire elles ne sont pas mobiles).

Le critère facultatif ne fait pas aussi référent quand on écrit les


modalités dérivationnelles soudées aux verbes bien qu'elles soient
facultatives.

135
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

On écrit : myuîîafen ou lieu de : myu-îîafen.

Sseçç ou lieu de : ss-eçç.

Le rôle que les deux critères ont joué lors de l'usage du trait d'union
était relatif. Il y en a d'autres critères qui sont intervenus, et d'autres que
nous devrons faire intervenir, tel, les relations qu'entretiennent les affixes
avec les unités dont ils dépendent, et les signifiants des unités
monématiques composées de forme de base et affixes.

2-3- Les assimilations dans la chaîne :

Le phénomène d'assimilation phonétique se produit aux frontières des


morphèmes, il peut se produire au niveau d'un mot isolé, ou au niveau
d'une chaîne monématique.
Ces réalisations phonétiques résultantes du phénomène d'assimilation
ne sont pas prises en considération au niveau de l'écrit dans le manuel, tous
les cas d'assimilation (vocalique ou consonantique) sont désassimilés et
rendus dans leur forme canonique phonologique et/ou syntaxique.

Voilà la notation usuelle de quelques cas d'assimilation :

L'assimilation entre la préposition "n" + y :

Kra n yilmeéyen [kra y-ylmeéyen]

[kra g-glmeéyen]

ixef n yizem [ixef y-yizem]

[ixef g-gizem]

L'assimilation entre la préposition "n" + w :

136
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

tameddit n wass [ tameddit b-bwass]

[ tameddit w-was]

[ tameddit p-pwas]

[ tameddit g-g was]

tama n warraw-is [tama b-bwarraw-is]

[tama w-warraw-is]

[tama p-pwarraw-is]

[tama g-gwarraw-is]

Takemmict n wakal [Takemmict b-bwakal]

[Takemmict w- wakal]

[Takemmict g-gwakal]

[Takemmict p-pwakal]

L'assimilation entre la préposition "n" + b :

ta$iwant n Bu$ni [ta$iwant b- bu$ni]

L'assimilation entre la préposition "n" + t :

di tallit n tegrest [di tallit t-tegrest]

yiwet n teflewt n tisent [yiwet t-teflewt t-tisent]

imawlan n teêdayt [imawlan t-teêdayt]

L'assimilation entre la préposition "n" + l :

137
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

yiwen n lxela [yiwen l-lxela]

annect n leqher [annect l-leqher]

aman n lebêer [aman l-lebêer]

L'assimilation entre la préposition "n" + r :

inebgi n rebbi [inebgi r-rebbi]

L'assimilation entre la préposition "n" + u :

Tallit n welqav n uzemmur [tallit b-bwelqav uzemmur]

zzit n uzemmur [zzit uzemmur]

tasabt n uwa$zniw [tasabt n uwa$zniw]

L'assimilation entre la préposition "$ef" + nom

I$elli-d $ef tuyat-is [i$elli-d af tuyat-is]

Ad yibεid $ef tlawin [ad yibεid af tlawin ]

$ef ujerriv [af ujerriv]

L'assimilation entre la préposition "$er" + nom

$er tebêirt [ar tebêirt]

$er leqbayel [ar leqbayel]

$er yimdanen [ar yimdanen]

138
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

$er yimazi$en [ar yimazi$en]

L'assimilation entre la préposition "deg" +nom :

Yiwen deg yirgazen [yiwen g-girgazen]

deg waîas [g-gwaîas]

deg tazwara [egg tazwara]

L'assimilation entre l'actualisateur ou la préposition "d"et le "t" du


féminin:

d tamazi$t [t-tamazi$t]

d tamurt [t-tamurt]

tam$rt d teslit [tam$rt d teslit]

L'assimilation entre "d" de la particule de non-réel et "t" indice de


personne (2éme pers, et 3 éme pers, fém, sing) :

Ad truêev [at-truêev]

Ad tecfuv [at-tecfuv]

Ad teêkuv [at-teêkuv]

Ad taruv [at-taruv]

L'assimilation entre "d" de la particule de non-réel et "n" indice de


personne (1éme pers, com, plur) :

139
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Ad neddukel [an-neddukel]

Ad nemmager [an-nemmager]

ad naf [an-naf]

L'assimilation entre la particule de direction "d" et "t" indice de personne


(2éme pers, et 3 éme pers, fém, sing) :

Amek iyi-d-teslu$ev [amek iyi-dslu$ev]

Acu i d-temmal [acu i demmal]

$af wacu i d-tewwi [$af wacu i dewwi]

L'assimilation entre "i" et "i"/ y" du participe ou indice de personne ( 3éme


.pers.masc.sing)

D setti i iferqen [d setti i gferqen]

Nekk i yellan [nekk i gellan]

Anda i ilul [anda i glul]

L'assimilation entre "d" de la particule de non-réel et le pronom personnel


affixe :

ad t-yeîîef adt-yezlu [a tyeîîef a tyezlu]

ad ak-d-ttazne$ [akttazne$]

ad asent-$lin isennan [a sent-$lin isennan]

ad k-ceggεe$ [ak ceggεe$]

ad a$-teçç [ a$ teçç]

140
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

ad as-tini [as tini]

ad iyi-dtawiv [ayi d awiv]

ad t-tegzem [a ttegzem]

Ad iyi-d-taruv [ayi d-taruv]

L'assimilation entre "v" indice de personne (2éme pers,com, sing) et "t"

pronom personnel affixe régime direct :

tesrewsev-t [tesrewseî]

twalav-t [twalaî]

L'assimilation à la fin des noms féminins entre "v" et "t" du féminin : ces

cas d'assimilation ne sont pas toujours désassimilés dans le manuel.

Tamnavt [tamnaî]

Timecrevt [ timecreî]

tayazivt [tayaziî ]

tamnavt [tamnaî]

S. CHAKER propose de ne pas opérer la restitution phonologique


pour ces assimilations lexicalisées, c'est -à-dire à l'intérieur du mot, car,
"dans tels cas, la désassimilation ne présenterait strictement aucun intérêt
informatif " ( 1 7 )
Cependant, si on note l'affriquée dentale sourde [tt] de la fin de certains

(17)
Chaker, S. , 1996 ,op.cit, p. 13

141
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

nom féminins avec un [t], pour conserver l'unicité des marques de féminins
(t…….t), pour quoi ne pas faire pareil dans ce cas d'assimilation.

Ex :
Ayziv ~ tayazivt

Aεebbuv ~ taεebbuvt

Le traitement des hiatus :


Quand deux voyelles appartenant à deux morphèmes distincts, se
succèdent dans un syntagme, ces dernières gardent toujours leurs formes
normales, au niveau de l'écrit, telles qu'elles étaient dans le mot isolé.
Ex :
Mi ara d-yas " lorsqu'il viendra" réalisé : [ mara d-yas]

La désassimilation de tous les cas d'assimilation au niveau de


l'écrit, permet de faire apparaître les différents constituants du syntagme et
donc de jeter la lumière sur la structure réelle de la phrase. Ce qui facilite
la segmentation des énoncés. Car mieux représenter la structure de la
phrase, mieux en délimiter les différents constituants.

2-la segmentation et le système de transcription tifinagh :

2-1- La représentation des unités monématiques :

142
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Dans la transcription de R. AT MANSOUR toutes les unités


monématiques (lexicales et grammaticales) sont notées isolées :
- Les verbes : constitués de modalités centrales : le thème
(amalgame d’une racine consonantique et d'un schème), et
l'indice de personne, parfois des modalités dérivationnelles.

Ex : itij iuw i$li $er ccerq [iîij iw i$li $er cceôq] "mon soleil

se couche vers l'est"

i$li tomber au prétérit.


Indice de personne : " i "
Le thème de prétérit : $li .

la racine : $l
Le schème : --i
- Les nominaux : les nominaux (substantifs, adjectifs et
numéraux) sont toujours écrits en un seul mot entre deux blancs
(amalgame d'une racine lexicale, un schème nominal, et des
modalités centrales : le nombre, le genre, l'état, parfois des
modalités dérivationnelles ).

Ex :E
E z ed$en di tzeguw a am luHê u c [zed$en di téegwa am luêuc]

" ils habitent dans les forêts des animaux sauvages"

tzeguw a : est un nom féminin pluriel à l’état d’annexion.

- Les prépositions, les adverbes, les substituts du nom (personnels,


non personnels, interrogatifs) sont écrits séparés.

Ex :
deg fus ayeffus [deg fus ayeffus]" dans la

143
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

main droite"

aql a$ la nteddu am lmal [aql a$ la nteddu am lmal]"

nous voici marchons comme un troupeau"

aA m a ssaad n bu leHsan [ama ssaεd n bu leêsan]

"heureux celui qui fait du bien"

a mmi d kecc i gelHan [a mmi d keçç i gelhan]

"mon fils, tu es le meilleur"

am assa a ten tekkateP [ am assa a ten tekkatev]

"tu sera le plus fort"

am nitni [am nitni ] "comme eux"

ansi d kkiP [ansi d kkiv] "tu est venu

d'où?"

acu tufiP [acu tufiv] " qu'est ce que tu

as trouvé?"

t-tin ay s ilaqen [t-tin ay s ilaqen] " c'est

celle-là qui lui convient"

atayen ay igenni [atayen ay igenni] " le voilà,

ciel"

annect a deg ass [annect a deg ass]"de cette quantité

par jour"

144
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

- Les pronoms personnels régime direct ou indirect, les particules


de direction, de négation et de non-réel sont séparés du verbe.

Ex :
U î u i iyi aassen d axellaq [wi iyi ε assen d axellaq]

" celui qui me surveille c'est le dieu"

ur tufiD w u i t iî î t turô u n [ ur tufiv w i t iîîuôun]

"personne ne lui fait du mal"

A a syadi ad auw e n ikkes [a syadi ad awen ikkes]

Messieurs, il vous enlèvera"

a tala efk iyi d aman [a tala efki iyi d aman]

" Fontaine, donne moi de l'eau"

ay ul iuw ur t tettu [ay ul iw ur tt tettu]

" Mon cœur, ne l'oublie pas"

A a qli deg uxxam ueHci [aqli deg uxxam weêdi]

"Je suis à la maison tout seul"

neî î t tamaaε nugi a nayes ε nugi a nayes]


[neîîamaε

"On a toujours de l'espoir"

di laamer is ur iccucef [di l—ε


ε amer is ur iccucef]

"Il ne s'est pas douché pendant toute sa vie"

A a d aw u en izeddem is$aren [ad awen izeddem is$aren]

"Il vous ramènera du bois"

145
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

issufe] iyi di laaqel iu [issufe$ iyi di lε


ε aqel iw] "Il

m'a mis hors de moi"

*/ Les modalités pré-verbales "ad" et "ur" ne précèdent pas toujours


immédiatement le verbe, d'autres unités grammaticales peuvent
s'introduire entre eux , c'est pour quoi elles doivent être notées isolées :

Ex :

iî t tî i j ad fellak icerreq [iîîij ad fell ak icerreq]

"Que le soleil sur toi soit levé"

A a d aw u en izeddem is$aren [ad awen izeddem is$aren]

"Il vous ramènera du bois"

*/ Les particules de direction "d", "n" et leurs variantes contextuelles "id",


"in" sont notées séparées du verbe. Néanmoins, cette orthographe prête à
confusion ces unités et les prépositions "d" et "n" ( voir la partie II-1-2)
*/ Comme nous l'avons signalé dans la partie précédente les pronoms

affixes du verbe sont des substituts du nom, ils y assurent les mêmes
fonctions syntaxiques, ils sont pré ou post-posés au verbe. Le fait de les

notés séparés du verbe ne provoque pas des confusions de sens. Mais, dans
ce cas, la particule de direction doit être forcement notée, elles aussi,
séparées du verbe, car cette dernière peut s'introduire entre le verbe et le
pronom affixe. Alors que cette orthographe prête à confusion ces particules
avec les prépositions "d" et "n" dans certains contextes (voir la partie II-1-
2)

- Les possessifs, les démonstratifs sont séparés des noms.

ul iuw [ul iw] " mon cœur"

arrauw iu [arraw iw ] " mes enfants"

146
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

aqcic agi [aqcic agi] " ce garçon"

lueqt agi [lweqt agi ] " ce temps"

*/ Les possessifs peuvent être séparés du noms qu'ils déterminent, car,


parfois ils ne le suivent pas immédiatement, d'autre unités (lexicals et/ou
grammaticales) peuvent s'introduire entre eux ( voir la partie II-1-2)

*/ les démonstratifs suivent toujours immédiatement le nom, aucune unité


ne peut s'insérer entre eux, il est préférable de les relier aux noms qu'ils
déterminent avec un trait d'union, comme s'était le cas lors de la
transcription en caractères latins, pour éviter tout risque de confusion de
sens là où il y a risque de confusion ( voir la partie II-1-2)

- Les pronoms affixes sont écrits soudés en un sel mot avec les
prépositions :

Ex :

yides yides

yidi yidi

yidem yidem

felli felli

fellam fellam

*/ Les prépositions sont des unités grammaticales, qui précèdent


généralement des substantifs, quant ces derniers sont substitués par des
pronoms personnels, ils y assurent les mêmes fonctions syntaxiques. Le
pronom affixe suit immédiatement la préposition, il n y a aucune autre
unité qui peut s'introduire entre eux, parfois ils forment un ensemble figé ;
la préposition "fell-" par exemple ne peut jamais être dissocié du son

147
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

pronom affixe. En cet effet, il n’ya pas utilité de les séparer, le fait de les
transcrire soudés en un seul bloc semble une idée évidente.

-Les pronoms affixes sont séparés des présentatifs et les


interrogatifs :

A n da ken [ anda ken] "où êtes vous?"

aql i di lê e Hs [ aql i di lêebs] " je suis dans la

prison, me voici dans la prison "

aql ak tef$eD [ aql ak tef$ev] "tu es sorti, te voici

sorti"

*/ Les présentatifs : deux variantes (aql, ha), qui ne sont jamais libres, ils

se combinent toujours d’une manière complémentaire avec les affixes


personnels, ils forment avec eux un ensemble figé. C'est pour quoi il est
préférable de les transcrire soudés en un seul mot, au lieu de les séparer
par un trait d'union.

On aura ces formes :

A A a A q liA A A A Aqli

aA q lak Aqlak

aA q lakem Aqlakem

H at hat

148
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

H att hatt

H aten haten

H atent hatent

- Les pronoms affixes sont séparés des interrogatifs:

Ex : anda ken ? anda ken? "Vous êtes où?"

*/ Les interrogatifs sont des substituts indépendants du nom, à eux


seuls peuvent former un énoncé. Quelques interrogatifs peuvent se
combiner avec des pronoms affixes, sans altérer leur forme, et aucune autre
unité ne peut s'introduire entre eux. En conséquence, pour assurer une
lecture plus facile et une reconnaissance plus immédiate de ces éléments
dans un énoncé, il est préférable de relier le pronom affixe au substitut
interrogatif par un trait d'union, que de les noter séparés.
On écrit :
aA n da-t anda-t

aA n w a -ten anwa-ten

A a cu-tent acu-tent

2-2- Les assimilations dans la chaîne :

Quant il y a un phénomène d’assimilation qui se produit aux


frontières de morphèmes, ces assimilations (consonantiques ou vocaliques),
ne sont pas rétablies dans leur forme canonique (phonologique ou
syntaxique).
Ex :
N e kkini t-tifirellest [Nekkini t-tifirellest]

[tt] est issu de l'assimilatin de l'actulisateur "d" et "t" du féminin.

149
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

L'assimilation "d" + "t" est toujours indiquée par un trait d'union.

ul iuw $uô s i gettili [ul iw $uô s i gettili]

[g] est issu de l'assimilation de "i" et l'indice de personne "y".

a tHuzzem [a tthuzzem]

a teccem [a tteççem]

a teHzum [a ttezhum]

[tt] est issu de l'assimilation de "d" de la particule de l'aoriste "ad" et

l'indice de personne "t"

t-tzallit [t-téallit]

[tt] est issu de l'assimilation de l'actualisateur "d"et "t" du féminin

a nenejmaa [a nenejmaε
ε]

[n] est issu de l'assimilation de "d" de la particule de l'aoriste"ad" et "n"

indice de personne.

a d DHer tafat [a d vher tafat ]

[d] est issu de l'assimilation de "d" de la particule de non réel "ad" et la

particule de direction "d".

150
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

N n usa d a k nHê e l [ nusa d a k nêel]

A a ken recde$ [a ken recde$]

A a k a—agben w u ssan [a k ε —aoben wussan]

A a k isellek [a k isellek]

[k] est issu de l'assimilation de "d" de la particule de non réel "ad" et le


pronom affixe régime direct "k".

A a ten id iqleb [a ten id iqleb]

[t] est issu de l'assimilation de "d" de la particule de non réel "ad" et le

pronom affixe de régime direct "ten".

a t imlek [a t imlek]

[t] est issu de l'assimilation de "d" de la particule de non réel "ad" et le

pronom affixe régime direct "t".

iI u li f s$ersif [ yuli f s$ersif]

[f] est issu de l'assimilation de la préposition "$ef" et le nom.

I I i gelHan d leqniaa [i gelhan d leqniε


ε a]

151
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

[g] est issu de l'assimilation du fonctionnel propositionnel "i" et "y" du

participe passé.

$er rebbi i gella [$er rebbi i gella]

[g] est issu de l'assimilation du fonctionnel propositionnel "i" et l'indice

de personne "y".

tiqqad t-tmes [tiqqad t-tmes]

[t] est issu de l'assimilation de la préposition "n" et "t" du nom féminin

C a ccmaa g itij [a ccmaa g itij]

[g] est issu de l'assimilation de la préposition "n" et le nom.

t-tablaî t [t-tablaî]

Dans cet énoncé on trouve deux cas d'assimilation :

-Assimilation: "d"+ "t" [tt]

- assimilation : "v" + "t" [î]

L'assimilation est un phénomène phonétique, très fréquent en


kabyle, il "a pour conséquence de masquer la structure réelle de la phrase
ou du syntagme" ( 1 8 ) . Parfois un même cas d'assimilation peut avoir
plusieurs réalisations: l'assimilation "n"+ "w" par exemple, selon les
parlers, peut se réalisée: [bbw], [ww] ou [ggw].

(18)
Ibid. p. 11.

152
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

De ce fait le rétablissement de tous les cas d'assimilation, dans leur


forme phonologique et syntaxique, au niveau de l'écrit s'avère nécessaire.
Une transcription morpho-syntaxique a l'avantage de restituer l'unité de la
langue, ainsi de mettre en évidence les différents constituants des
syntagmes.

3- La segmentation et le système de transcription à base de caractères


arabes :
Les mêmes règles qui ont été adoptées lors de la transcription du
contenu du manuel en caractères latins sont reprises en caractères arabes.
De ce fait nous n'allons pas revenir sur l'anal yse de ces règles dans cette
partie.

3-1-Les unités écrites isolées :

*/ Le verbe : constitué des modalités centrales et parfois des modalités


dérivationnelles.

Ex

ر أ‬ [yeqqar avris] "il lit le texte"


ر‬ : il lit, il étudie

Indice de personne : " ‫" ي‬

Le thème de l'aoriste intensif : ‫ ر‬.


La racine : .

Le schème : -- ‫ا‬--



د ز‬ [yesselmad tamazight] " il enseigne tamazight"


د‬ il enseigne

L'indice de personne : ‫ي‬.


le thème de l'aoriste intensif actif : ‫ د‬.

153
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

La racine : .

Le schème : … ‫… ا‬

Modalité dérivationnelle du réciproque : " ‫" س‬.

*/ Les modalités aspectuelles ou pré-verbales (ad, ur ara) :

‫
ت أز"آ‬$ ‫أد ' وح ر‬ [ad nruê $er Bgayet azekka] " on part

demain à Bougie "

‫ؤر ؤ*)( أرا‬ [ uf ufi$ ara] " je n'ai pas trouvé"

*/ Les nominaux et leurs modalités (genre, nombre, état, et modalités


dérivationnelles):

‫ ه او‬/ -‫أزم‬ [azmam-is hraw] " son cahier est large"

‫ أزم‬: nom masculin singulier à l'état libre .

‫ ا‬-
"‫ ث و‬-01‫د ا‬ [d acu-t wevris-a] "quel est le t ype de ce

texte?"


"‫و‬ : nom masculin singulier à l'état d'annexion.

*/ Les substituts du nom (personnels, non personnels, interrogatifs), les


fonctionnels :


-705 ‫ض د"ق‬4‫ا‬05 ‫ ئ‬01‫دا‬ [d acu twalav deg tugna-ya ] "que

vois-tu dans cette image?"

‫ن‬5‫ [ 'زد"غ د"ق أث


) ا‬nezde$ deg At Yiraten ] " on habite à Ayt

Iraten"

‫غ‬5 -‫ر‬0 ‫ ؤن‬-‫)<; ئ د‬/ [ ivelli i d-usan $ur-ne$] "c'est hier

qu'ils sont venus chez nous"

154
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

3-2- l’usage du trait d’union :


Le trait d'union est préconisé pour relier les affixes mobiles/facultatifs
aux unités auxquelles ils se rapportent : noms, verbes, prépositions, et
autres unités grammaticales.

‫ز'غ أزول د أ ان‬-‫د‬-‫أد أك‬ [ ad ak-ttazne$ azul d ameqqran]

"je t'envoie un grand bonjours"

‫ 'غ‬-‫ر‬0 ‫ د‬-‫م‬5 [ tettasem-d $ur-ne$] "vous veniez chez nous"

‫ ؤ?غ‬-‫أد د‬ [ad d-u$ale$] "je reviens" .

$0
0/ -‫@م‬/ [isem-iw Yuba] "je m'appelle Yuba".

@'‫ ; * ا‬$$ 0


-‫ ا ئ د‬-‫أس‬ [ass-a i d-yusa baba si Fransa] "

son père est venu de France aujourd'hui".

‫ ا؟‬-
‫ث ؤ‬01‫د ا‬ [d acu-t uvris-a? ]" quel est le t ype de ce texte"

3-3- Les assimilations dans la chaine : Les cas d’assimilation sont


rétablis dans leur forme phonologique.
Ex :

‫ئ و"زو‬B)5 ‫ن ر‬C‫رو‬ " ruêen $er Tizi Wezzu"

Réalisé : [ ruêen ar tizi wezzu]

‫ل‬D
‫أد‬ " ad yeqbel"

réalisé : [ayeqbel]

‫ز‬$‫أد 'دوآل ر ؤر‬ "ad neddukkel $er u$erbaz"

réalisé: [aneddukkel ar u$erbaz]

‫
ث‬$ ‫ أو
( ر‬-‫أد أك‬ "ad ak-awi$ $er Bgayet"

réalisé : [akkawi$ ar bgayet]

155
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

Comme nous l'avons signalé dans le premier chapitre , une même


consonne dans l'alphabet arabe peut revêtir quatre formes différentes ;
selon qu’elle est : indépendante (isolée), liée (initiale) médiane ou finale
(ex : F‫ ع ـ‬، ‫ـ‬J‫ ـ‬، ‫ـ‬K .... ). La majorité des lettres s'accrochent entre elles
pour former des légatures. Mais il existe six lettres de l’alphabet avec
lesquelles on ne peut rien accrocher; les lettres ‘dwâr’; ces dernières ne se
manifestent que sous deux formes graphiques : finales et isolées, ce sont :
( ‫ ز‬، ‫ ر‬، ‫ د‬، ‫ ذ‬، ‫ و‬، ‫)ا‬.
Quand une de ces lettre‘dwâr’ figure au milieu d'un mots, ce
dernier sera découpé en deux bloc, ce qui rend l'identification des mots
ardue. D'autant plus qu'en berbère un grand nombre d'unités monématiques
sont composées d'une seule ou deux lettres.

Cependant, l'identification des segments d'un énoncé est primordiale


pour une lecture efficace, comme le souligne A, EL MONTASSIR: " une
lecture efficace dépend de la façon dont on identifie les mots" ( 1 9 ) . Pour lui
plus l'identification est aisée plus la lecture est facile, car "le lecteur ne
peut pas reconnaître un non-mot qu'il rencontre pour la première fois même
s'il peut reconnaître les lettres qui le compose. Ceci prouve qu'au moment
de la lecture, l'œil ne traite pas individuellement lettre par lettre, mais
identifier le mot comme une entité" ( 2 0 ) . IL confirme cette idée en se
referant à A. MARTINET : pour ce dernier, "la vraie lecture ne consiste
pas à reconnaître les phonèmes, mais les mots, c'est-à-dire des notions ou
des groupes de notions" ( 2 1 ) .

Voir par exemple comment la segmentation de ces énoncés, peut être


difficile notamment pour un non natif de la langue :

‫ا؟‬-
‫ث ؤ‬01‫د ا‬ [d acu-t uvris-a?]

(19)
E L M O N T A S S I R , A. , "De l'oral à l'écrit, de l'écrit à la lecture, Exemple des manuscrits chleuhs en
graphie arabe", in E.D.B, N 11, 1993, p. 152.
((20)
Ibid. p. 154
(21)
MARTENET, A. , Le français sans fard, P. U. F Paris,1969, p. 66.

156
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

‫'غ أزول د أ ان‬B-‫د‬-‫أد أك‬ [ ad ak-ttazne$ azul d ameqqran]

‫ز‬$‫أد 'دوآل ر ؤر‬ [ad neddukkel $er u$erbaz]

Conclusion :
Les recommandations de l'INALCO de 1996 adoptées dans la
transcription du manuel de la première année moyenne, reflètent mieux la
structure morpho-syntaxique du kabyle, que les principes de segmentation
adoptés par R. AT MANSOUR lors de la transcription de son recueil de
poèmes. Cela parait dans le traitement des différents cas d'assimilation, le
traitement des hiatus, et l'usage du trait d'union
Quoi que l’usage du trait d’union parait encombrant et moins
esthétique, son rôle de mettre en relief tous les morphèmes constituants un
syntagme complexe, facilite le décodage des énoncés. Cependant, son

157
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

usage doit être limité, notamment dans la transcription en tifinagh, car cet
alphabet est composé d'un grand nombre de consonnes représentées par des
traits qui risquent d'être confondus avec ce trait d'union.

III- Quelques propositions :

Dans ce qui suit quelques propositions, avec lesquelles nous souhaitons


contribuer à l'amélioration des systèmes de transcription et l'orthographe
de la langue berbère (kabyle).

1-La segmentation :

*/ Toutes les unités monématiques (lexicales et grammaticales)


seront écrites isolées.

158
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

*/On n'utilise le trait d'union que pour relier :


o Les affixes personnels aux : verbes.
o Les affixes personnels aux interrogatifs, mots phrases
prédicatifs.
o Les affixes personnels du singulier ( -iw, -ik, -im, -is, et
leurs variantes contextuelles, -w, -k, -m, -s) aux noms
o Les noms et les déictiques.
o Les modalités d’orientation spatiales aux verbes.

*/ Les prépositions et les présentatifs seront écrits soudés avec


leurs affixes personnels

*/ Les cas d’assimilation (vocalique ou consonantique) seront


rétablis dans leur forme phonologique.

*/ La succession de voyelles : quand deux voyelles appartenant à


deux morphèmes distincts, se suivent dans un syntagme, ces
dernières garderont toujours leurs formes normales telles qu'elles
étaient dans le mot isolé.

2-Les systèmes de transcription :

2-1-Les voyelles :

La voyelle Le caractère Le caractère Le caractère


latin arabe tifinagh
[a] a ‫ا‬ a

[u] u ‫و‬ u
[i] i  i

159
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

[∂] e  e

2-2-Les semi-voyelles :

La semi-voyelle Le caractère latin Le caractère Le caractère


arabe tifinagh
[w] w °‫و‬ w

[y] y ° y

2-3-Les consonnes :

La consonne Le caractère latin Le caractère Le caractère


arabe tifinagh
[b] b ‫ب‬
[ch] c ‫ش‬
[tch] ç T

[d] d ‫د‬
[v] v ‫ظ‬
[f] f ‫ف‬
[g] g 
[h] h W ()
[ê] ê ‫ح‬
[j] j ‫ج‬
[k] k 
[l] l 
[m] m ‫م‬

160
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

[n] n ‫ن‬
[p] p 
[q] q ‫ق‬
[r] r ‫ر‬
[ô] ô
[s] s ‫س‬
[û] û ‫ص‬
[t] t ‫ت‬
[î] î ‫ط‬
[ts] ţ 
[x] x ‫خ‬
[z] z ‫ز‬
[é] é ‫ز‬
[dz] zz
‫ز‬
[gh] [$] ‫غ‬
[â] ε ‫ع‬

*/ La labio-vélarisation peut être notée dans les trois systèmes, arabe et


latin avec le signe diacritique ( ° ) en exposant. Et on ne s'en sert que dans
les cas ou elle peut être distinctive.

*/ La tension consonantique sera notée par un dédoublement


consonantique dans le cas de l'alphabet latin et tifinagh, et par le signe

161
Chapitre III : Inventaire des classes de monèmes et segmentation

diacritique dit" schedda" au dessus de la consonne dans le cas de

l'alphabet arabe.

Pour une transcription phonétique, ou pour noter une variation régionale :


*/ Les voyelles longues peuvent être notées comme suit :
L'alphabet latin:

"â" [a:]
"û" [u:]
"î" [i:]

L'alphabet arabe :

"""" [a:]
"‫"وو‬ [u:]
";
" [i:]

L'alphabet tifinagh:

"a" [a:]
"u " [u:]
"i " [i:]

162
Conclusion générale

En guise de conclusion, nous pouvons dire que le berbère (le kabyle)


peut être transcrit avec les trois systèmes d'écriture, arabe, latin ou
tifinagh. Il suffit de les faire adapter à sa structure phonologique, morpho-
syntaxique et lexicale. Cela peut se faire par l'adjonction de signes
diacritiques, ou en créant des digrammes pour représenter les phonèmes
que ces systèmes graphiques ne notaient pas. Ainsi en élaborant une
orthograghe qui répond au fonctionnement de la langue, notamment en ce
qui concerne la segmentation des énoncés.

Cependant, le degré d'adaptabilité de ces trois systèmes graphiques à


la structure de la langue kabyle diffère d'un système à un autre.
L'adaptation du système arabe par exemple présente beaucoup plus de
difficultés, par rapport à l'alphabet latin et tifinagh. La graphie arabe
représente mal le système phonologique berbère, notamment le système
vocalique. Par là, nous faisons allusion aux risques de confusion entre les
voyelles /i/ et /u/ et les semi-voyelles /y/ et /w/ dans certains contextes, et
la difficulté dans la représentation des différents timbres vocaliques du
touareg, a savoir le /o/, /e/…. En plus le système consonantique est
surchargé de signes diacritiques (ex : …).

Le système de notation à base latine n'échappe pas tout à fait à ce


problème de signes diacritiques (ex : ç, o, é, v, ê….), ce qui ne facilite pas
l'accès de la langue à l'outil informatique. La solution qui parait évidente
pour se passer de ces signes diacritiques, est de créer des digrammes pour
représenter les sons notés actuellement avec les lettres diacritées. Mais,
dans ce cas nous serrons confrontés à un autre problème :
Comment reconnaître si le digramme représente un seul ou deux sons
différents?

Par exemple, si on note la spirante sonore [d] avec le digramme "dh", ou


la chuintante [o] avec le digramme "dj", un problème se pose dans ce cas:
-"dh" représente-t-il une seule consonne, qui est la spirante sonore
[d]? Ou, une association de deux consonne [d] et [h]?

158
Conclusion générale

-"dj" représente-t-il l’affriquée sonore [o], ou une association de


deux consonnes [d] et [j] ?
Seules des études en phonétique combinatoire pourront résoudre ce
problème de la combinaison des sons.

Le seul alphabet qui pourra échapper le plus aisément à ce problème de


signes diacritiques, est le tifinagh, vu sa richesse en matière de graphèmes.
En dépit de cela, R. At Mansour a fait recours aux signes diacritiques
(point, cédille, chevrons au dessus ou au dessous des lettres), pour
représenter l'emphase et les consonnes affriquées ( ex : ).

Concernant la segmentation, les énoncés transcrits en caractères


latins et tifinagh sont plus faciles à segmenter ainsi qu’à identifier leurs
différents constituants, que les énoncés transcrits en caractères arabes.
Cela, parce que quelques lettres de l'alphabet arabe, appelées lettres
‘dwâr’, ne se relient pas entre elles. Quand une de ces lettres figure dans
un mot, ce dernier ne se présente pas en un seul bloc, ce qui rend son
identification dans un énoncé ardue. D'autant plus qu'en berbère un grand
nombre d'unités monématiques sont composées d'une seule ou deux lettres.

Tout de même, nous devons signaler que la segmentation dépend


plus de la morphologie et la syntaxe de la langue que des graphèmes qui
sont en usage. Dans ce sens, comparées aux propositions de R. At Mansour,
celles adoptées dans le manuel scolaire de la première année moyenne,
proposées par l'INALCO, reflètent mieux la structure morpho-syntaxique
de la langue, cela parait dans le traitement des différents cas
d'assimilation, le traitement des hiatus et l'usage du trait d'union.

La standardisation d'un système d'écriture pour le berbère selon des


règles conformes, à la phonologie et la grammaire de la langue nécessite
des études encore plus approfondies dans le domaine de la phonétique
(combinatoire et acoustique), la morphologie, la syntaxe et le lexique.

159
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165
Résumé du mémoire en tamazight

Acu n yisekkilen iwilmen i tira n tmazi$t?

Tettwassen tutlayt n tmazi$t s timawit acku ur tettwaru ara si zik. Xas


akken tesεa agemmay iwumi qqaren tifina$, agemmay-agi uroin
yettwasemes i tira n kra n tsekla , ne$ kra n yevrisen n tussna. Ayen i a$-d-
yiwwven n zik seg wayen yettwarun s yisekkilen-a, d kra n tefyar ne$ kra n
yimeslayen yettwarun $ef yiéekwan ne$ $ef t$awsiwin n tala$t. £ef ay-agi,
wid iεerven ad arun tamazi$t rran lewhi nnsen $er yisekkilen n tmeslayin
nniven, wid ye$ran tutlayt n taεrabt ttarun-tt s yisekkilen n taεrabt, ma d
wid ye$ran tutlayt n tefransist ttarun-tt s yisekkilen n tlatinit.

D ayagi i yeooan ass-a tamazi$t tettwaru s tlata n yigemmayen : tifina$,


isekkilen n taεrabt, isekkilen n tlatinit. Seg temnavt $er tayev, seg umyaru
$er wayev yettemgarad ugemmay i semrasen. Ar ass-agi, ur d-yelli ufran d
useqεed n yiwen seg igemmayen-agi s wudem unsib akken ad arun s-iys
tutlayt-a. Ula deg uselmed n tutlayt n tmazi$t deg yi$erbazen yemgarad
ugemmay semrasen seg temnavt $er tayev , di temnavt n Leqbayel d
amedya selmaden-tt s yisekkilen n tlatinit, kra deg yimzabiyen akked
yicawiyen selmaden-tt s yisekkilen n taεrabt, ma d wid isemrasen
isekkilen n tifina$ ur ggten ara.

Limmer ad d-yili useqεed n tlata n yigemmayen-agi i tira n tmazi$t


(taqbaylit), wissen ma ad yili yiwen deg-sen ar ad iwilm uger n wiyev i tira
tutlayt-agi ?

D wagi i d asteqsi i$ef neεrev ad d-nerr deg tezrewt-agi nne$.


I wayagi nefren tlata n yigemmayen i$ef ad tebnu tezrewt:
- Agemmay n tifina$ : d win i yessemres Remvan AT MENSUR, deg
udlis ines "Isefra n at zik".
- Agemmay n teεrabt : d win yettusmersen deg udlis n tmazi$t n
useggas amezwaru n ulmud alemmas.
- Agemmay n tlatinit d win yettusmersen deg udlis n tmazi$t n useggas
amezwaru n ulmud alemmas.
167
Résumé du mémoire en tamazight

Tazrewt-agi tebva $ef tlata n yixfawen :


Deg yixef amenzu neεrev ad d-nsegzi kra n yimeslayen i nezra wilmen
i tegzi n tezrewt, nemmeslay-d deg-s da$en $ef umezruy n tlata n
yigemmayen-a : tifina$, taεrabt, talatinit.

Deg yixef wis sin neεrev ad nwali anwa deg igemmayen-a i yeff$en
$ef tesnalsit n tutlayt n tmazight (taqbaylit). Di tazwara nkenna ger imesla
yellan di tesnalsit n tlata tutlayin : taqbaylit, tafransist, d tarabt, akked
igemmayen nnsent. Dagi nufa d akken aîas n yimesla yellan deg tutlayt n
teqbaylit ulac-iten deg tutlayt n teεrabt ( am : p, ç, é.), ne$ deg tutlayt n
tefransist ( am : p , v , ê , x, o.), $ef ayagi i d-llan wuguren deg tira nnsen.
Akken ad ten-arun, ttarran tineqqivin ne$ d ijervan s ufella ne$ s
ddaw n usekkil : Ama deg ugemmay n tlatinit: é, o ,p ,v, ê, î.
Ama deg win n taεrabt am:
- [zz] 
- [g] 
- [ç] 
Anect-a yerra agemmay-agi ééay i tira, acku deg ugemmay n
taεrabt llan yakan isekkilen yesεan tineqqivin :  ,  ,  ..........

Ula deg ugemmay n tifinagh, ulamma agemmay-agi d amerkanîi. R.


AT MENSUR, akken ad yaru tirgalin tufayin [î] ,[v], [û], [ô], [é]
yettara agaz ddaw n yisekkilen wi-s yettaru tirgalin [t], [d], [s], [r], [z].
Yettra da$en akafu nnig n tergalt [g] akken ad yaru targalt tazgenagga$t
[o].
- [é] z
- [û] s
- [ô] r
- [î] t
- [o] g

168
Résumé du mémoire en tamazight

Ma yella d tira n ti$ra ur d-yelli ara wugur mi ttwarunt s yisekkilen


n tifina$ akked tlatinit acku tlata n ti$ra yellan deg tutlayt n tmazi$t (a,
i, u ) ttwarunt deg yigemmayen-agi. Ugur yella-d deg usemres n
ugemmay n taεrabt, imi ti$ra [u] akked [i] ttwarunt s yiwen n usekkil
akked d tergalin [w] akked [y]. Ayagi yezmer ad yeoo ame$ri ur itegg
ara amgarad, di kra n wawalen, gar ti$ra akked tergalin-a yettwarun s
yiwen usekkil.
o waw (
) [u], [w]
o yaa ( ) [i], [y]

Amedya:
 nezmer ad t-id-n$er : [myuîîafen],
ne$ : [miwîîafen]
‫ا زروي‬ nezmer ad t-id-n$er : [amezruy],
ne$ : [amzerwi]
‫ي‬ nezmer ad t-id-n$er : [iswi],
ne$ : [isuy]

Deg yixef wis tlata neεrev ad nexdem taslevt i yilugan n tira : anwa
deg-sen i d-ibeyynen uger taseddast n tutlayt ?
D ilugan n tira n tmazi$t s yisekkilen n:
- tlatinit akked taεrabt i smersen deg udlis n tmazi$t n useggas
amezwaru n ulmud alemmas.
Ne$ wid n :
- tifinagh i isemres R. AT MENSUR deg udlis-is "Isefra n at zik".

Dagi iban-a$-d dakken ilugan i smersen deg udlis n tmazi$t n


ulemmud alemmas ifen wid n AT MENSUR deg wayen yeεnan abeggen
n tseddast n tutlayt, lad$a deg tira n temsertit deg tefyar akked usemres
n ujerriv n tuqqna ( tizdit) akken ad yeqqen:
- Imqimen iwsilen $er wemyag.
- Tizel$iwin n tnila $er wemyag .

169
Résumé du mémoire en tamazight

- Imqimen iwsilen $er umattar.


Am akken ad nwali deg imedyaten-agi:
D tamazi$t [t-tamazi$t]
Ad nruê [annruê]
Ad ten-awin [atenawin]
ad as-yini [asyini]
yenna-as [yennayas]
ur asen-t-yuri ara [usentyuriyara]
yura-asen-t
yusa-d.
Anida-ten ?

Ma yella d R. AT MENSUR, yettaru tamsertit akken d-tettili deg


ususru. Da$en ur isemres ara ajerriv n tuqqna, yura i yiman nnsen :
imqimen iwsilen, tinza$, tizel$iwin n tnila.
Amedya :
a mmi d kecc i gelHan [a mmi d keçç i gelhan]

t-tin ay s ilaqen t-tin ay s ilaqen

am assa a ten tekkateP [ am assa a ten tekkatev]

ansi d kkiP [ansi d kkiv]

U î u i iyi aassen d axellaq [wi iyi ε assen d axellaq]

ur tufiD w u i t iî î t turô u n [ur tufiv w i t iîîuôun]

a syadi ad auw e n ikkes [a syadi ad awen ikkes]

ay ul iuw ur t tettu [ay ul iw ur tt tettu]

Maca uguren n tira n tmazight ur ten-frin ara akk walugen-agi, mazal


wilment tzerwin tiyyev lad$a deg tseddast d tesnalsit.

Agemmuv u$ur nessawev deg tezrewt nne$ d wa : Yal tutlayt tezmer ad


tettwaru s yal agemmay, ama d agemmay ines anasli ne$ d win n tutlayt

170
Résumé du mémoire en tamazight

nniven, yewwi-d kan ad issinen wid ad t-yesmersen amek ad t-sqeεden


$ef leêsab n tesnalsit d tseddast n tutlayt i ran ad arun. Maca ttilin
igemmayen iwilmen uger n wiyev i tira n yiwet n tmeslayt. Am tutlayt n
tmazi$t, nezmer ad tt-naru ama s yisekkilen n tfina$ ama s wid n teεrabt
ne$ n tlatinit. Acu kan, tira d t$uri-is teshel uger s yisekkilen n tlatinit
akked tfina$.

171
Annexes

Au début des années 1990 Yanis Harala mbo us , ayant co mme object ifs de
nor maliser infor mat iquement le t ifinagh, a réalisé un syst ème TEX pour la
langue ber bère, pour en faire il adopt e les néo -t ifinaghs proposés par S.
Chaker.
Voilà la t ables des caract ères e t classificat io n proposée par Yanis
Haralambous, in, EDB, 1994,11, p46.
LA : la t ranscr ipt ion lat ine.
SC: les car act ère t ifinagh proposés par S. Chaker.
AB : les caract ères t ifinagh propo sés par l'Académie ber bère.
AR: les caract ères ar abes.

173
Annexes

Annexe N°: 01
EDB ,1994,11, p 48

174
Annexes

Voici le même t ext e écr it en caract ères ar abes , in EDB, 11,p 49

175
Annexes

La t raduct ion du t ext e en langue fran çaise :

Annexe N°: 02

176
Annexes

Ext rait de A. FERRAH, L'amazigh, écr ire le ber bèr e, éd, Mar inoor,99,p
236.

Annexes N:3

177
Annexes

Annexe N°: 04

178
Annexes

Annexe N: 05

179
Table des matières

Introduction ............................................................................... 1

Le premier chapitre : Ecriture et systèmes d'écriture …..…..6

I- Quelques définitions ............................................................... 7


1- Ecriture .................................................................................. 7
2- S ystème d'écriture .................................................................... 8
3- Différents t ypes de système s d'écriture ...................................... 8
4- Alphabet .................................................................................. 9

II- Rappel historique sur les trois systèmes d'écriture : arabe, latin,
tifinagh : ..................................................................................... 10
1-L'écriture latine …………………………………………………………10
1-1-L'origine de l'alphabet latin …………………………………………..10
1-2-Principes d'utilisation de l'alphab et latin .................................. .13

2- L'alphabet berbère …………………………………………………….13


2-1-Le libyque ............................................................................. 13
2-1-1-La découverte du libyque ..................................................... 14
2-1-2-Son origine ......................................................................... 14
2-2-Le tifinagh ............................................................................. 17
2-3- L'ét ymologie du terme tifinagh .............................................. 17
2-4-Les néo-tifinaghs .................................................................... 18
2-5-Le libyco-tifinagh .................................................................. 19

3- L'écriture arabe ...................................................................... 19


3-1-L'origine de l'alphabet arabe. .................................................. 19
3-2- Les caractéristiques de l'alphabet arabe ................................... 22
3-3- Tableau de l'alphabet arabe .................................................... 24

168
Table des matières

Le deuxième chapitre : Aspect phonologique et systèmes


graphiques………………………………………………………………….2 6

I- Présentation des systèmes phonologiques : ............................... 27


1- Le s ystème phonologique du français ......................................... 27
2- Le s ystème phonologique du kabyle. .......................................... 28
3- Le s ystème phonologique d e l'arabe. .......................................... 31

II- Principes de transcription : ................................................... 34

1- Principes de transcription de tamazight à base de caractères


latins………………………………………………………………………...3 4
1-1 : La notation des voyelles ...................................................... 35
1-2 : La notation des consonnes ..................................................... 35
1-3 : La notation des semi -voyelles………………………………………37
1-4 : Les assimilations dans la chaîne …………………………………… 37
1-5 : Quelques problèmes g raphiques……………………………………. 37
1-6 : L'usage du trais d'union …………………………………………….. 38
1-7 : Quelques conventions d'usage ………………………………………38
1-8 : Présentation du système de notation ………………………………. 40

2- Principes de transcription de tamazight à base de caractères tifinaghs ... 41


2-1 : la notation des voyelles ........................................................ 43
2-2 : la notation des consonnes ...................................................... 43
2-3 : la notation des semi -voyelles………………………………………. 44
2-4 : La segmentation des énoncés ………………………………………. 44
2-5 : Les assimilations dans la chaîne …………………………………....45
2-6 : Présentation du système de transcription : ………………………..45

3-Principes de transcription de tamazight à base de caractères


arabes………………………………………………………………………. 46
3-1 : La notation des voyelles et les semi -voyelles ........................ 46
3-2 : La notation des consonnes ..................................................... 47
3-3 : La segmentation des énoncés ………………………………………. 48

169
Table des matières

3-4 : Présentation du système de transcription : ………………………..48

III-La phonologie kabyle et les différents systèmes d ’écriture…….49

1- La graphie latine : .................................................................. 49


1-1 : La représentation du système vocalique .................................. 49
1-2 : La représentation du système consonantique ........................... 51
1-3 : La représentation des semi -voyelles……………………………….63

2- Le tifinagh .............................................................................. 64
2-1 : La représentation du système vocalique .................................. 64
2-2 : La représentation du système consonantique ........................... 66
2-3 : La représentation des semi -voyelles…………………………….…73

3- La graphie arabe ..................................................................... 74


3-1 : La représentation des voyelles et les semi-voyelles ................. 74
3-2 : La représentation du système consonantique ........................... 80
Conclusion………………………………………………………………… .87

Le troisième chapi tre : Inventaire des classes monématiques


et segmentation……………………………………………………………. 88

I- Inventaire des classes monématiques et morphologie ............... 91

1- Le verbe et ses modalités………………………………………………91


1-1- Les modalités centrales du verbe…………………………………… 92
1-1-1-Le thème……………………………………………………………… 92
1-1-2- L'indice de personne……………………………………………….. 93
1-2- Modalités pré-verbales : (Modalités aspectuelles )………………..95
1-2- Les modalités dérivationnelles du verbe…………………………... 96
1-2-1- L’actif transitif……………………………………………………… 96

1-2-2- Le passif……………………………………………………………… 96

1-2-3- Le réciproque ………………………………………………………... 97

170
Table des matières

1-2-4- Les modalités combinées …………………………………………… 97

1-2- Les modalités périphériques du verbe………………………………. 97

2 -les nominaux……………………………………………………………………....98
2-1- Les sous-catégories lexicales et les modalités du nom …………...98
2-1-1 Les modalités centrales du nom (le genre, le nombre, l'état )…...98

2-1-2-Les modalités dérivationnelles du nom …………………………….102

2-1-3- Modalités péréfériques du nom………………………………… …103


2-2- Les sous-catégories pronominales ........................................... ..105

3- les fonctionnels . ...................................................................... ..105


3-1- les fonctionnels non -propositionnels……………………………… ..105
3-1- les fonctionnels propositionnels ……………………………………..105

II- La segmentation : ................................................................... .106

1- La segmentation et le système notation latin. .......................... .106


1-1- Les unités écrites isolées…………………………………………… ..106
1-2- L'usage du trait d'union…………………………………………… ….121
1-3- Les assimilation s dans la chaîne ……………………………….…..133

2- La segmentation et le système de transcription tifinagh . ......... 138


2-1- La représentati on des unités monématiques ………………………138
2-2- Les assimilations dans la chaîne : …………………………………..144

3- La segmentation et le système de transcription à base de caractères


arabes ………………………………………………………………………. ..147
3-1- Les unités écrites isolées…………………………………… …………147
3-2- L'usage du trait d'union………………………………………………. .149
3-3- Les assimilations dans la chaîne : …………………………………….150

Conclusion. ............................................................................... ..152

171
Table des matières

III - Quelques propositions ………………………………………………. 153


1-La segmentation……………………………………………………… …...153
2-Les s ystèmes de transcription……………………………………………...154
2-1- La notation des voyelles ……………………………………………….154
2-2- Les semi-voyelles………………………………………………… …….154
2-3- Les consonnes …………………………………………………… ……..154

Conclusion générale ................................................................... ...157


Bibliographie………………………………………………………………….1 61
Table des matières……………………………………………………………1 67
Résumé du mémoire en tamazight.........................…………………….. 173
Les annexes……………………………………………………………… ……180

172

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