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lirisl loul-incfusi/
CHRIST
EST
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TOUTES LES REALITES

ET CHOSES

SPIRITUELLES

WATCHMAN NEE
TABLE DES MATI È RES

Chapitre Page

Introduction 5

1 Christ est le chemin, la vérité et la vie 7

2 Christ est la résurrection et la vie 11

3 Christ est le pain de vie et l a lumière de la vie 31

4 Christ est les réalités et les choses de Dieu 45

5 Christ seul - non les réalités ou les choses 61


INTRODUCTION

EST-CE CHRIST OU
EST-CE QUELQUE CHOSE D'AUTRE?

Les cinq chapitres qui suivent sont des messages donnés il y a


quelque temps par le serviteur du Seigneur. Si nous les avons
publiés aujourd'hui, c'est parce que tous les saints du monde
entier ont un besoin urgent de ce genre de messages.
Selon Son désir, Son plan et Sa rédemption, Dieu a voulu que
Son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, soit toutes les réalités et
les choses spirituelles. Quand un homme Le touche, il touche la
réalité de toutes les réalités et les choses spirituelles. Lorsqu'un
homme L'a reçu, il a reçu toutes les réalités et les choses spiri­
tuelles que Dieu a préparés pour lui. Mais l'homme a substitué à
Dieu beaucoup de choses prétendument spirituelles. Bien que
toutes ces choses, aux yeux humains, fassent partie de Dieu, elles
ne sont pas Lui. Elles prennent plutôt Sa place. C'est pourquoi
elles ne sont pas une aide efficace pour l'homme dans sa vie spiri­
tuelle.
Nous sommes face à un problème grave ! Que recherchons­
nous ? Que savons-nous et qu'avons-nous reçu dans le domaine
spirituel ? Est-ce Christ ou est-ce quelque chose d'autre ? Si c'est
Christ, nous touchons la réalité que Dieu a voulue pour nous. Si
c'est quelque chose d'autre, même quelque chose de bon et qui a
de la valeur, nous ne touchons que des choses vaines et peu profi­
tables !
Aujourd'hui Christ est en E sprit. Pour Le toucher, nous devons
être dans l'esprit. Nous pouvons faire appel à notre intelligence.
Mais pour Le toucher, Lui, nous devons utiliser l'esprit. Pour tou­
cher les choses qui sont en-dehors de Lui, nous avons uniquement
besoin de zèle et d'ingéniosité humains. Mais pour Le toucher
Lui, nous avons besoin de la révélation de Dieu. Nous devons
nous tourner vers Lui pour qu'Il nous accorde Sa miséricorde et
Sa grâce !

Witness Lee
CHAPITRE UN

CHRIST EST LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE

Référence biblique : Jean 14.6

Le Seigneur Jésus a dit : « Je suis le chemin, la vérité et la


vie. » Cette déclaration est très claire. Quel est le chemin que
Dieu nous a donné ? C'est Christ. Quelle est la vérité que Dieu
nous a donnée ? C'est Christ. Quelle est la vie que Dieu nous a
donnée ? C'est Christ. Christ est notre chemin, Christ est notre
vérité et Christ est notre vie. Par Lui, nous avons accès au Père.
Aux yeux de Dieu, tout ce qui Le concerne est Christ, qui est Son
Fils. C'est pourquoi notre Seigneur a dit : « Je suis le chemin, l a
vérité e t la vie ; n u l ne vient au Père que par moi. » Tout c e que
Dieu nous a donné est uniquement Christ. Il ne nous a pas donné
beaucoup de choses en-dehors de Christ. Souvent, dans le domaine
spirituel, nous ne voyons que des choses et ce que nous touchons
sont de simples choses. Celles-ci ne sont que des notions, des mots
pour nous, sans valeur spirituelle. Que le Seigneur ouvre nos
yeux, pour que nous puissions connaître le Fils de Dieu ! Les
caractéristiques de la foi chrétienne, sa racine et toute sa profon­
deur et ses richesses résident dans la connaissance du Fils de
Dieu. Il ne s'agit pas de connaître de nombreuses méthodes ou
doctrines, ou d'avoir de la puissance. Ce qui importe vraiment,
c'est la profondeur de notre connaissance du Fils de Dieu. Si nous
connaissons le Fils de Dieu, nous avons le chemin, nous avons l a
vérité e t nous avons la vie. Notre puissance provient de notre
connaissance du Fils de Dieu. Dieu nous a donné Son Fils, et non
pas toute une série de choses en-dehors de Lui. L'essentiel réside
dans notre connaissance du Fils de Dieu. Voyons à présent ce que
signifie : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. »
8 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

CHRIST EST LE CHEMIN

« Je suis le chemin. » Un chemin peut être considéré comme


une méthode. Le Seigneur voulait dire qu'il est le moyen de nous
approcher du Père. Il est la méthode par laquelle nous pouvons
accéder au Père. Si nous L'avons, nous avons le moyen. Si nous ne
L'avons pas, nous n'avons pas le moyen. Si nous L'avons, nous
avons la méthode. Si nous ne L'avons pas, nous n'avons pas la
méthode. Tout croyant authentique a expérimenté au moins une
fois que le Seigneur Jésus est le chemin, Il est la méthode. Si vous
êtes sauvé, vous avez accédé au Père en passant par le Seigneur
Jésus en tant que votre chemin. Vous avez au moins fait cette
expérience. Il est le chemin et nul ne peut accéder au Père sinon
par Lui. Tout chrétien authentiquement sauvé sait que c'est là le
seul chemin pour accéder au Père. Que le Seigneur soit loué de ce
que beaucoup de chrétiens ont au moins appris une leçon, à
savoir, qu'il faut s'approcher de Dieu au travers de Son Fils, Jésus
de Nazareth ! Il est notre chemin. Nous l'avons emprunté au
moins une fois. Ce chemin n'est autre que Christ Lui-même, ce
n'est pas une méthode indépendante de Christ. Nous devons com­
prendre non seulement que nous sommes venus à Dieu par
l'intermédiaire du Seigneur Jésus au moment de notre salut,
mais que le Seigneur Jésus reste ce chemin chaque fois que nous
nous approchons de Dieu. Il n'existe pas quelque autre méthode
en-dehors de Lui.
Certains chrétiens se contentent de rechercher des méthodes
pour parvenir à la spiritualité. Un homme opposait un jour dans
une prédication la victoire par Christ à la victoire par nous­
mêmes. Après son message, un autre frère leva la main et dit :
« J'ai échoué durant toutes ces années. Mais aujourd'hui, tout va
bien. » Quand le prédicateur lui demanda pourquoi, il répondit :
« Je cherchais une méthode pour être victorieux. Dieu merci, je
l'ai trouvée ! La victoire s'obtient par Christ, et non par nous­
mêmes ! »Le prédicateur lui répondit sans mâcher ses mots : « Si
vous avez trouvé une méthode, vous échouerez encore. » Que cela
signifie-t-il ? Le Seigneur Jésus nous a dit : « Je suis le chemin. »
En d'autres termes, le Seigneur Jésus est la méthode. Une
CHRIST EST LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE 9

méthode n'est pas quelque chose en-dehors du Seigneur Jésus.


Elle est l e Seigneur Lui-même. Si ce que nous avons se ramène à
une méthode, celle-ci sera inefficace. Dieu ne nous a pas donné
une méthode, Il nous a donné Son propre Fils. Nous entendons
souvent parler des expériences d'autrui et sommes admiratifs.
Mais nous ne comprenons pas que ces personnes ont touché le
Seigneur, alors que pour notre part, nous avons seulement vu une
méthode. Par conséquent, nous échouons constamment.La raison
essentielle est que nous n'avons pas conscience que le Seigneur
Jésus est le chemin.
Nous ne devons pas oublier que croire au Seigneur et croire en
une formule sont deux choses différentes. Des chrétiens font l'ex­
périence de la grâce de Dieu et leurs yeux s'ouvrent. Ils voient le
genre de personnes qu'ils sont, ils renoncent à eux-mêmes et ils
croient au Seigneur. Ils ont la foi que l e Seigneur peut faire ce
dont eux-mêmes sont incapables. Par conséquent, ils sont satis­
faits en Dieu et libérés. Quelque temps après, arrivera peut-être
un autre homme qui a entendu le témoignage du premier groupe
et demande à recevoir également la lumière de Dieu. Il prie Dieu
de lui montrer son indignité et il apprend à Lui faire confiance, à
être humble et à renoncer à lui-même. Mais étrangement, le pre­
mier groupe de personnes expérimente la délivrance, mais pas cet
homme. Le groupe est libéré, mais cet homme ne l'est pas. La
raison en est que les frères du premier groupe ont foi en Dieu, ils
ont touché le Seigneur. Cependant, l'autre homme n'a pas l a foi. Il
s'est contenté de copier la formule de la foi. Il n'a pas reçu Dieu,
mais une formule de la foi. En d'autres termes, il a reçu une
méthode du groupe de frères. Il n'a pas reçu le Seigneur. Les
méthodes ne contiennent aucune puissance, elles sont inefficaces.
Les méthodes sont mortes parce qu'elles ne sont que des choses,
elles ne sont pas Christ Lui-même.
N'oublions pas que dans les questions spirituelles, tout ce qui
est en-dehors de Christ est du domaine de la mort. Certains
frères et sœurs disent : « Je trouve étrange que Dieu exauce la
prière d'autres qui ont la foi. Je crois comme eux, mais Dieu n'a
répondu à aucune de mes prières. Lorsque d'autres s'approchent
du Seigneur, Il leur manifeste Sa grâce. Je fais comme eux, mais
10 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

Dieu ne fait pas preuve de la même grâce envers moi. » Ils ont
l'air de rejeter la faute sur Dieu. Ce dont ils n'ont pas conscience,
c'est qu'ils croient en une chose. Par conséquent, leur foi est
morte. Une formule est sans valeur, une méthode est vaine. C'est
seulement lorsque nous avons Christ que tout est vivant. Même si
vous avez appris toutes les méthodes, cela ne fait pas de vous un
chrétien. Les enfants de Dieu sont produits par l'engendrement
et non par l'enseignement.
Le Seigneur Jésus a dit : « Je suis le chemin. » Christ est le
chemin, Il est l a méthode. Frères et sœurs, votre chemin est-il
Christ ? Vos méthodes sont-elles Christ ? Ou votre chemin est-il un
simple chemin, et votre méthode une simple méthode ? Louez le
Seigneur ! Si votre méthode est Christ, tout ira bien pour vous.
Mais si votre méthode n'est qu'une méthode, même si elle est très
bonne et peut-être même la meilleure et la mieux fondée, elle n'en
est pas moins morte et privée de toute valeur spirituelle. Beau­
coup de prières n'obtiennent pas de réponse et de nombreux
témoignages de croyants restent sans effet sur nous parce que
nous n'avons pas touché le Seigneur. Nous nous sommes conten­
tés de copier les méthodes d'autres. Nous n'avons pas touché le
Seigneur personnellement.
Un frère prêchait un jour sur Romains 6 - 8. Un autre frère,
qui l'avait entendu, dit : « Auj ourd'hui, je connais le chemin vers
la victoire. Je suis au clair. Je crois que je n'échouerai plus comme
avant. » Un troisième frère s'approcha et secoua la tête. Au prédi­
cateur qui lui en demandait la raison, il répondit : « Je ne peux
pas dire comme ce frère. Le Seigneur m'a ouvert les yeux, mais je
n'ose pas affirmer que je L'ai vu, ni que j e ne L'ai pas vu. » Le
deuxième frère n'avait pas reçu une méthode, mais le Seigneur
Lui-même et avait pu se tenir debout. Mais le frère qui avait
pensé qu'il ne tomberait j amais finit par chuter par ce qu'il avait
seulement reçu une méthode. Il n'avait pas reçu le Seigneur. C'est
pourquoi elle se révéla inefficace.
Souvent, nous nous trompons même dans notre façon d'écou­
ter un message. Nous ne demandons pas au Seigneur qu'Il
nousaccorde Sa révélation et nous ne demandons pas à Le voir.
Nous employons plutôt notre intelligence pour nous rappeler une
CHRIST EST LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE 11

méthode. E n fait, même si nous suivions la méthode à la lettre,


nous ne verrions aucun résultat. Nous pouvons penser parfois
que nous n'avons pas vu grand-chose et nous n'oserions pas dire
que nous avons vu le Seigneur. Mais en réalité, nous L'avons vu.
Cette vue opérera un réel changement en nous. Remercions le
Seigneur qu'il en soit ainsi. Nous n'avons pas appris une méthode,
mais nous connaissons le Seigneur. Chaque fois que nous enten­
dons un message ou un témoignage, nous devrions nous demander :

« Ai-j e rencontré le Seigneur, ou ai-j e simplement compris une


méthode ? » Le simple fait de comprendre une méthode ne nous
sauvera pas. Seulement la connaissance du Seigneur comme
notre méthode nous donnera le salut. Le témoignage de quelqu'un
qui raconte comment il a fait confiance au Seigneur ne nous sau­
vera pas, seule notre propre confiance au Seigneur a ce pouvoir.
Les mots peuvent être les mêmes dans les deux cas, mais les faits
sont considérablement différents. Le Seigneur est le Seigneur de
la vie. Ceux quiLe touchent, touchent la vie, et seuls ceux quiLe
touchent vivront.

CHRIST EST LA VÉRITÉ

Le Seigneur a dit qu'il est le chemin et Il a aussi dit qu'il est


la vérité. La vérité n'est rien d'autre que Christ Lui-même. La
vérité ne consiste pas en paroles sur Christ. Elle ne réside pas
dans des doctrines à Son sujet. La vérité est Christ Lui-même.
Les chrétiens considèrent souvent les présentations et les expli­
cations de Christ comme la vérité. En fait, la vérité n'est pas l a
présentation de quelque chose.La vérité est ChristLui-même. Le
Seigneur a dit : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous
rendra libres » (Jean 8.32). Frères et sœurs, considérons combien
de vérités nous ont rendus libres. La Parole de Dieu affirme que
la vérité nous rendra libre, qu'elle nous affranchira. Mais bien
souvent, la vérité n'est qu'une simple doctrine pour nous, elle
n'est pas Christ. Nos yeux n'ont pas été ouverts pour nous per­
mettre de voir Christ. Quel dommage que nous ayons prêché tant
de doctrines pendant dix ans, sans pourtant voir ! Cela fait
peut-être dix ans que nous entendons quantité de doctrines, et
nous en voyons toujours pas. Des hommes peuvent parler de la
12 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

doctrine de la co-crucifixion, mais les autres ne voient pas la puis­


sance de la crucifixion en eux. Ils peuvent parler de la vie de
résurrection, mais les autres ne voient pas la puissance de la
résurrection en eux. Si ce que nous prêchons se résume à des doc­
trines, nous n'avons que des choses mortes, sans rien de vivant.
Une personne a écrit un jour la lettre suivante à un frère :
« Un frère m'a offensé. Je ne sais pas si je dois lui pardonner et
c'est pourquoi je t'écris. Mon cœur est neutre. Si tu me dis que j e
dois l u i pardonner, je le ferai. Si t u me conseilles de n e pas lui
pardonner, je ne lui pardonnerai pas. » Frères et sœurs, que
pensez-vous d'un tel chrétien ? Imaginez qu'un de mes êtres chers
meurt et que j'écris la lettre suivante à mes amis : « Quelqu'un
que j'aimais est mort. Dois-je pleurer ? Si vous me dites que je
dois pleurer, je le ferai. Si vous me dites que je ne dois pas pleurer,
je ne pleurerai pas. » Une telle question vous ferait sûrement rire,
parce qu'elle est ridicule. Si quelqu'un pleure parce que d'autres
lui ont dit de pleurer ou ne pleure pas parce qu'ils lui ont dit de
ne pas pleurer, ses pleurs ou son absence de pleurs n'est qu'une
œuvre morte, dénuée de vie. Soit vous pardonnez à votre frère,
soit vous ne lui pardonnez pas. Si vous dites: « Je lui pardonnerai
si je sais que je dois le faire » et inversement, votre acte est une
œuvre morte basée sur un enseignement mort, c'est même de
l'hypocrisie.
Frères et sœurs, si le Seigneur ne vit pas en nous et si ce n'est
pas Lui qui est notre vérité, si c'est un enseignement qui déter­
mine nos actes, ceux-ci ne sont qu'une œuvre morte. Ils ne sont
pas la vie et ils ne sont pas vivants. Voyez-vous la différence ?
Elle est considérable ! Agir selon un comportement imposé exige
que nous exercions notre mémoire, mais la vie ne demande rien
de tel. Lorsque nous prononçons une parole de vie, nous ne le
faisons pas parce que notre mémoire nous le demande, elle j aillit
d'une puissance qui opère en nous. C'est le Seigneur qui nous con­
trôle et nous dirige, et non une doctrine. Le jour viendra où le
Seigneur ouvrira nos yeux et nous permettra de voir que la réa­
lité spirituelle n'est pas en-dehors de Christ. Ce ne sont pas des
doctrines que nous présentons aux autres, nous les conduisons à
Christ Lui-même. Nous n'avons pas besoin de nous rappeler une
CHRIST EST LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE 13

doctrine avant d'agir. C'est a u contraire Christ qui vit e n nous et


qui devient notre vérité.
Un j our, un frère en offensa un autre. Celui qui avait subi le
préj udice, incapable de contrôler ses sentiments, lui adressa
de vifs reproches. Après cela, sa conscience ne le laissant pas en
paix, il sentit qu'il devait s'excuser. Pourtant, quand il pensait à
l'affront de l'autre frère, il ne pouvait empêcher la colère de
remonter en lui. Il avait néanmoins le sentiment qu'il devait s'ex­
cuser. Il prépara donc une lettre pour l'offenseur. La première
chose qu'il lui dit fut : « J'ai eu tort de te réprimander. » Mais sa
colère resurgit à nouveau dès qu'il repensa à la façon dont l'autre
l'avait traité. Au bout d'un moment, il reprit son stylo et poursui­
vit sa lettre. Mais tout en écrivant, il fut incapable de réprimer l a
haine et l a colère qu'il ressentait. Il alla néanmoins poster s a
lettre, toujours furieux. En apparence, cette lettre était digne
d'un chrétien. Mais en réalité, elle émanait uniquement d'un
enseignement et non de la vie. Malgré les excuses qu'il avait for­
mulées, il y avait toujours de la colère dans son cœur. S'il avait
rencontré l'autre frère, il aurait pu le saluer et lui serrer la main,
mais au fond de lui, il ne lui avait pas pardonné et ses paroles
n'auraient pas été sincères. Frères et sœurs, saisissez-vous la dif­
férence ici ?Le Seigneur est la vérité. Si ce que nous faisons obéit
à un enseignement et non au Seigneur, ce n'est qu'une œuvre
morte. Nous devons comprendre que les choses spirituelles n'ont
la vie en elles que si le Seigneur est présent et qu'elles sont
mortes si le Seigneur n'est pas là. Quand le Seigneur brille en
nous, que c'est Lui qui agit en nous et que nous comprenons cela
intérieurement, nous avons la vie.

CHRIST EST LA VIE

Le Seigneur a dit qu'il est le chemin et la vérité. Il a ajouté


qu'il est la vie. Nous avons évoqué brièvement ce que signifie que
Christ est le chemin et la vérité. Voyons à présent ce que veut
dire que Christ est notre vie.Là où il y a la vie, les œuvres surgis­
sent spontanément. Mais celles-ci ne peuvent pas remplacer l a
vie. Nous devons comprendre très clairement que l e s œuvres n e
sont p a s l a vie.L a vie n e demande aucun effort de notre part. L a
14 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

vie est Christ Lui-même. Beaucoup redoublent d'efforts et dépen­


sent une énergie considérable pour être chrétiens. Ils s'efforcent
quotidiennement à atteindre ce but j usqu'à l'épuisement. Pour
eux, les doctrines sont strictes : il faut être humble, doux, aimant,
prompt à pardonner et patient. Ces enseignements sont littérale­
ment épuisants. Ils pensent qu'être chrétien est quelque chose de
difficile. C'est particulièrement vrai pour de j eunes chrétiens, qui
découvrent que plus ils s'efforcent, plus ils ont du mal à vivre en
chrétiens. Frères et sœurs, si Christ n'est pas la vie, nous devons
tout faire par nous-mêmes. Mais si Christ est la vie, nous n'avons
rien à faire. Permettez-moi de répéter : la vie est Christ Lui­
même et les œuvres ne peuvent pas remplacer la vie.
Le plus grand malentendu parmi les enfants de Dieu consiste
à croire que leurs efforts sont la vie et que celui qui ne s'applique
pas de toutes ses forces n'a pas la vie. Mais nous devons com­
prendre que là où est la vie, toute œuvre est inutile. S'il y a la vie,
tout sera vécu spontanément. Considérez comment vos yeux
voient ou comment vos oreilles entendent. Vos yeux voient spon­
tanément, et vos oreilles entendent spontanément, parce que l a
vie est e n eux. La vie est tellement spontanée. Nous devons bien
comprendre que là où il y a la vie, les œuvres découlent spontané­
ment. Cependant, les œuvres ne peuvent pas remplacer la vie.
Certaines œuvres prouvent au contraire l'absence de vie, ou sa
faiblesse. Si la vie est présente, elle produira assurément un bon
comportement moral. Mais un bon comportement moral ne peut
pas se substituer à la vie. Supposez qu'un frère est très bon, il ne
parle pas beaucoup et il n'est ni trop doux ni trop dur. Certains
diront peut-être : « Ce frère a une bonne vie '" mais ils auront
employé le mauvais terme. Le Seigneur a dit : « Je suis la vie. »

Bien que ce frère soit doux et paisible, son comportement n'est


pas la vie s'il ne découle pas de Christ. Tout ce que vous pouvez
dire, c'est que cet homme a bon caractère. Vous pouvez dire qu'il
ne cause j amais d'ennuis, ou qu'il est poli avec les autres, qu'il ne
discute pas et ne se querelle pas. Mais vous ne pouvez pas dire
qu'il a une bonne vie. Vous ne pouvez pas dire que ses qualités
découlent de Christ, parce qu'elles sont naturelles, ce n'est pas la
vie et ce n'est pas Christ.
CHRIST EST LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE 15

Une autre opinion a également cours chez certains. Ceux-là


pensent que l a vie est synonyme de puissance et que le fait que le
Seigneur est leur vie signifie qu'Il leur donne l a puissance pour
faire le bien, pour se comporter correctement et être de bons chré­
tiens. Ils pensent que c'est cela la vie. Mais Dieu nous a montré
que la puissance n'est pas une chose. Notre puissance est Christ:
c'est une personne. Notre puissance n'est pas un effort pour
accomplir quelque chose, notre puissance est une personne. C'est
Christ se manifestant au travers de nous. Ce n'est pas nous qui
utilisons Christ pour manifester la bonté que nous désirons avoir.
Ces deux notions sont totalement différentes et il convient de les
distinguer très nettement.
Un frère se rendait à une certaine réunion quand un chrétien,
plus âgé, lui demanda : « Pourquoi t'es-tu rendu à cet autre
endroit ? » Il répondit: « Parce qu'il y a la vie. » L'aîné lui demanda
encore : « Notre réunion n'est-elle pas aussi bruyante que l'autre ? »
Il répondit : « Non, cette dernière n'est pas bruyante du tout. »
« Que veux-tu dire ? » , voulut savoir l'homme plus âgé. « Si elle
n'est pas bruyante, comment peut-elle avoir l a vie ? » L'autre lui
dit: « Elle n'est pas du tout enthousiaste, et pourtant elle a l a vie.
La vie ne se mesure pas à l'enthousiasme ou à l'émotion mani­
festée. La vie n'est pas une atmosphère chaleureuse ou bruyante. »
L'aîné dit encore : « Peut-être les jeunes aiment-ils l'enthousiasme,
mais pour ma part, je préfère les messages réfléchis. Chaque fois
que j'entends un tel message, je touche la vie. Pour moi, c'est ça, l a
vie. » Le jeune frère répliqua : " J'ai aussi entendu le genre d e
messages dont t u parles. Mais je n'ai pas touché l a vie. » Frères e t
sœurs, cette conversation nous montre que l a vie, c e n'est pas for­
cément des manifestations émotionnelles, de bonnes pensées, des
paroles sages, des propos intelligents, des raisonnements logiques
ou des paroles réfléchies. Tout cela peut ne pas être la vie.
Certains diront peut-être : « Voilà qui est étrange. Si la vie, ce
n'est ni l'enthousiasme, ni des messages réfléchis, qu'est-elle
alors ? Que considérez-vous comme étant la vie ? » Nous recon­
naissons que nous n'avons pas de meilleurs mots pour décrire l a
vie. Nous pouvons seulement dire qu'il existe quelque chose de
plus profond que les sentiments ou que les pensées. Lorsque nous
16 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

touchons ce quelque chose, nous devenons ravivés. Ce quelque


chose est la vie. Frères et sœurs, qu'est-ce que la vie ? La vie
est quelque chose de plus profond que les pensées. Celles-ci ne
peuvent être comparées à la vie. Qu'est-ce que la vie ? La vie est
quelque chose de plus profond que les sentiments, ceux-ci ne peu­
vent être comparés à l a vie. Les pensées et les sentiments sont
des choses extérieures. Qu'est-ce que la vie, alors ? Le Seigneur a
dit : « Je suis . . . la vie. » On ne rencontre pas la vie quand on entre
dans une ambiance survoltée ou dans un environnement haute­
ment spirituel. Il convient de se demander quelle est la source
d'une telle ambiance. L'expérience nous montre qu'un grand
nombre de ceux qui sont très douées pour créer une ambiance
survoltée connaissent très peu le Seigneur. Beaucoup de ceux qui
s'enthousiasment facilement ont une connaissance superficielle
du Seigneur. Christ, et rien d'autre, est la vie.
Nous devons apprendre à connaître la vie. La vie n'est pas
une question d'enthousiasme ou d'idées réfléchies. La vie est une
expression du Seigneur Lui-même. Nous devons connaître le
Seigneur. Rien ne peut se comparer à notre connaissance du Sei­
gneur. Quand nous connaissons le Seigneur, nous touchons la vie.
Nous devons comprendre devant le Seigneur ce que signifie que
Christ est la vie. Ceux qui s'enthousiasment facilement ou qui
sont intelligents ne sont pas nécessairement ceux qui connaissent
le Seigneur. Mais quand des personnes connaissent le Seigneur
d'une manière particulière et savent à quoi ressemble le Seigneur,
leur discernement spirituel et leur connaissance du Seigneur leur
indiqueront que Christ est la vie. Si nous avons un tel discerne­
ment et une telle connaissance, nous serons changés. Si nous
savons que le Seigneur est la vie, nous comprendrons que dans
les questions spirituelles, l'énergie naturelle est inutile. Si nous
connaissons le Seigneur en tant que vie, nous fixerons nos regards
sur Lui seulement. Lorsque nous sommes venus à Dieu, nous ne
savions pas ce que signifiait fixer les regards sur Lui. Mais après
avoir appris quelques leçons, nous nous sommes mis à fixer les
regards de plus en plus sur Lui, parce que nous avons vu que
tout dépendait de Christ, et non de nous. Au début de notre vie
chrétienne, nous recherchions des choses individuelles et nous ne
CHRIST EST LE CHEMIN, LA VÉRITÉ ET LA VIE 17

mettions pas notre confiance dans le Seigneur. Après avoir appris


quelques leçons, nous avons commencé à comprendre peu à peu
que nous devions apprendre àLui faire confiance. Faire confiance
au Seigneur ne signifie pas attendre de Lui qu'il nous donne des
choses individuelles, mais croire qu'il fera ce dont nous sommes
incapables. Au début de notre vie chrétienne, nous avions le sen­
timent de devoir faire quelque chose, faute de quoi les choses
s'effondreraient et tout s'écroulerait. Nous cherchions continuel­
lement à tout accomplir par nous-mêmes. Mais une fois que nous
découvrons que Christ est notre vie, nous prenons conscience que
tout dépend de Christ et non de nos œuvres. Nous apprenons
alors à nous reposer et à nous attendre à Lui seul.
Frères et sœurs, souvenons-nous que Dieu ne nous donne pas
des choses individuelles, une à une. Il nous a donné Son Fils.
Nous devrions toujours redresser l a tête etLui dire : « Tu es mon
chemin, Tu es ma vérité, Tu es ma vie. Seigneur, c'est à Toi seul
que je veux regarder, et non aux choses qui font partie de Toi. »

Frères et sœurs, que le Seigneur nous fasse la grâce de nous


montrer que les choses spirituelles ne sont rien d'autre que le Sei­
gneur, qu'elles ne sont rien d'autre que Christ ! Jour après jour,
nous devons comprendre que le chemin ne doit être rien d'autre
que Christ-même. La vérité ne doit être rien d'autre que Christ­
même et la vie ne doit être rien d'autre que Christ Lui-même.
Pourtant, comme il est facile pour nous de considérer le chemin,
la vérité et la vie comme des choses séparées. Nous appelons vie
une ambiance animée. Nous appelons vie un bon raisonnement.
Nous appelons vie la manifestation d'émotions. Nous appelons vie
le comportement extérieur. En réalité, rien de tout cela n'est l a
vie. Il nous faut savoir que le Seigneur est la vie. Christ est notre
vie. C'est le Seigneur qui vit Sa vie en nous. Que le Seigneur nous
délivre des choses extérieures et partielles afin que nous puis­
sions Le toucher ! Que nous puissions voir le Seigneur en toutes
choses et que nous comprenions que notre connaissance du Sei­
gneur est notre chemin, notre vérité et notre vie. Puisse le
Seigneur nous ouvrir les yeux, et puissions-nous être délivrés
de toutes les choses extérieures afin que nous voyions le Fils de
Dieu. Que nous vivions en Lui et qu'il vive en nous ! Amen !
CHAPITRE DEUX

CHRIST EST LA RÉSURRECTION ET LA VIE

Référence biblique : Jean 1 1.25

CE QU'IL FAIT OPPOSÉ À CE QU'IL EST

Le chapitre onze de l'É vangile de Jean nous montre comment


le Seigneur Jésus a ramené un mort à la vie, il nous montre com­
ment le Seigneur Jésus a ressuscité quelqu'un d'entre les morts.
Le Seigneur est capable de ressusciter un homme, mais Il n'a pas
dit : « Je ressusciterai les morts. » Il a dit au contraire : « Je suis la
résurrection. » Après avoir prononcé ces paroles, Il a ressuscité
un homme. Marthe et Marie étaient toutes deux présentes ce
j our-là. Pour elles, il aurait été préférable que le Seigneur Jésus
dise : « Ce n'est pas grave que votre frère soit mort, Je peux le res­
susciter. » C'est le genre de paroles que nous aimons entendre.
Nous désirons et espérons que le Seigneur fasse quelque chose
pour nous. Il nous arrive souvent de prier, d'espérer et d'attendre
que Dieu dise une parole concernant ce qu'Il va faire pour nous.
Mais le Seigneur ne veut pas nous montrer ce qu'Il va faire. Il
veut nous montrer qui Il est. Ce qu'Il peut faire est basé sur ce
qu'Il est. Marthe croyait en la puissance du Seigneur. Elle a dit à
Jésus : « Seigneur, si Tu avais été ici, mon frère ne serait pas
mort » (v. 2 1 ) . Marthe croyait en la puissance de Dieu, et elle
croyait aussi en la puissance de Jésus, mais elle n'a pas compris
que le Seigneur Lui-même est la résurrection et la vie. Nous
devons voir que tout ce que Dieu peut faire est inclus dans ce que
Dieu est. Si un homme n'a pas la puissance de Dieu, c'est parce
qu'il ignore ce qu'est Dieu. « Il faut que celui qui s'approche de
Dieu croie que Dieu existe, et qu'il récompense ceux qui le recher­
chent avec diligence » (He 1 1 .6). Toute la puissance de Dieu est
fondée sur ce qu'Il « est ».
20 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

Dans Jean 1 1 .25, le Seigneur Jésus ne dit pas qu'il peut pré­
server la vie d'un homme, mais qu'il est Lui-même la vie. Il ne
nous parle pas de Sa capacité à ressusciter les hommes, mais du
fait qu'il est Lui-même la résurrection. Que Dieu ouvre nos yeux
pour nous permettre de voir qui est le Seigneur ! Nous devons
savoir qu'aux yeux de Dieu, Christ est notre tout. Une fois que
nous avons ce genre de compréhension, il est possible d'expéri­
menter une croissance authentique dans les choses spirituelles. Il
nous faut prendre conscience qu'aux yeux de Dieu, il n'existe
pas quelque autre objet, le seul objet est Christ Lui-même !
Notre croissance spirituelle dépend du fait que nous ayons ou
non véritablement touché la réalité spirituelle. Autrement dit,
connaissons-nous simplement les choses individuelles que Dieu a
faites, ou connaissons-nous Dieu Lui-même ?
Jean 1 1 ne dit pas que le Seigneur Jésus a ressuscité Lazare.
Ce texte dit plutôt que le Seigneur Jésus a été la résurrection
pour Lazare. Voyez-vous la différence frères et sœurs ? Le Sei­
gneur a été la résurrection pourLazare, après quoi ce dernier est
ressuscité. Le Seigneur n'a pas donné la résurrection à Lazare
comme une chose, Il est devenu la résurrection pour lui. En
d'autres termes, ce que le Seigneur fait n'est que l'apparence
extérieure. La réalité est ce qu'il est. Nous ne disons pas que le
Seigneur n'a pas ressuscité Lazare. Nous affirmons que Lazare
est ressuscité parce que le Seigneur a été la résurrection pour lui.
Il faut nous rappeler que tout ce que Dieu fait en Christ obéit
à ce principe. Lorsque le Seigneur est quelque chose pour moi, ce
quelque chose vient à l'existence. D'abord Il « est >>, puis Il « a ».

Beaucoup de chrétiens séparent Celui qui donne la grâce de la


grâce donnée par Dieu. Nous découvrirons un jour que Celui qui
donne la grâce est le don même de Dieu. Dieu ne nous a pas
donné une multitude de choses, Il nous a seulement donné le Sei­
gneur Jésus Lui-même. Toutes les choses spirituelles et tous les
dons de Dieu ne sont autres que Christ Lui-même. Dieu ne nous
donne pas quelque chose morceau par morceau. Dieu nous a
donné Christ Lui-même. Le jour viendra où Dieu ouvrira nos
yeux pour que nous puissions voir que tout est en Christ. Que ce
sera merveilleux de voir cela !
CHRIST EST LA RÉSURRECTION ET LA VIE 21

E n déclarant qui I l est, l e Seigneur a dit : « Je suis l a résurrec­


tion et la vie. ,, Il est la résurrection. C'est pourquoi le fait qu'Il ne
soit pas venu tout de suite n'était pas un problème dans la résur­
rection de Lazare. En ressuscitant Lazare, le Seigneur cherchait
à amener les hommes à la connaissance de Lui-même. La résur­
rection de Lazare n'était pas le plus important.Le plus important
est de savoir que le Seigneur Jésus est la résurrection. Beaucoup
croient que le Seigneur Jésus est Celui qui donne la vie. Mais
c'est autre chose que de croire que le Seigneur Jésus Lui-même
est la vie. Il n'est pas seulement Celui qui donne la vie : Il est
aussi la vie. Il est Celui qui donne la vie et Il est la vie qu'Il
donne. I l n'est pas seulement le Seigneur qui ressuscite. Il est la
résurrection elle-même. Une fois que vous aurez compris cela,
vous verrez que tout en Christ est vivant. Dieu a uniquement
donné Christ à l'homme. Nous espérons qu'au moins un peu de
lumière brillera s ur nous pour que nous puissions savoir que le
Seigneur est tout et Le connaître comme tel . Il est Celui qui
donne la grâce et Il est aussi la grâce donnée. Notre Seigneur a
dit : « Je suis la résurrection et la vie. » La Bible toute entière est
englobée dans la résurrection et la vie. Il est merveilleux de
connaître la résurrection et la vie. Voyons à présent ce qu'est l a
vie.

CHRIST EST LA VIE

Dieu a placé l'homme qu'il a créé dans le j ardin d'É den.


L'homme avait deux choix possibles : l'un était de recevoir l a vie,
l'autre était de mourir. S'il mangeait du fruit de l'arbre de la
connaissance du bien et du mal, la conséquence serait la mort.
Mais s'il mangeait du fruit de l'arbre de vie, il recevrait la vie.
L'homme créé par Dieu était bon, mais il restait une question non
résolue : celle de la vie et de la mort. Dans le j ardin d'É den,
l'homme était capable de penser et d'agir, mais il n'avait pas la
vie. Nous n'affirmons pas qu'il ne fût pas vivant. En ce qui concer­
nait sa vie naturelle, il était bien vivant. Genèse 2. 7 parle de lui
comme d'un « être vivant » . Néanmoins, en ce qui concernait la vie
représentée par l'arbre de vie, l'homme n'avait pas encore la vie.
La vie dont nous parlons est celle qui est représentée par l'arbre
22 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

de vie. Au moment de Genèse 2, bien que l'homme fût vivant, il


n'avait pas la vie. Il avait des pensées et des sentiments sains (les
deux composantes les plus importantes de l'âme humaine ) , mais
il n'avait pas la vie représentée par l'arbre de vie. Nous voyons par
là que la vie est plus profonde que les sentiments et les pensées.
Dans la chrétienté, il existe des contrefaçons à tout. Il y a la
fausse repentance, la fausse confession, le faux salut, le faux zèle,
le faux amour, les fausses œuvres spirituelles et les faux dons spi­
rituels. Tout peut être contrefait, même la vie. Beaucoup de
chrétiens pensent que les bons sentiments sont la vie. Ils pensent
qu'une ambiance survoltée et beaucoup de bruit sont la vie. Si
vous leur demandez ce qu'est la vie, ils ne différencient pas
celle-ci des sentiments. Ils mélangent toujours les deux. Ils ne
comprennent pas que la vie est plus profonde que les sentiments.
D'autres chrétiens ne pensent pas que les sentiments sont la vie,
mais que c'est l'activité mentale qui est la vie. Cela signifie que si
un message comporte suffisamment d'idées pour faire appel à
l'activité mentale, assez de mots pour éveiller l'intérêt et assez de
doctrines pour susciter l'admiration, ils pensent que c'est cela l a
vie. Mais ceux qui ont une certaine expérience e t qui ont appris
certaines leçons nous disent que la vie est plus profonde que les
sentiments et l'activité mentale. La vie n'est pas non plus une
forme d'activité. Nous ne pouvons pas dire que du simple fait
qu'une personne est pleine de vitalité, énergique et active, elle a
la vie. Ce ne sont là que des activités, et non la vie. C'est la mani­
festation de certaines activités, et non l'expression de la vie. Nous
n'affirmons pas que la vie ne s'exprime pas dans des activités
mentales, des sentiments ou des actions. Nous disons que la vie
n'est pas les activités mentales, les sentiments ou les actions. Les
paroles qui sortent de la bouche d'une personne peuvent être la
vie, alors que les mêmes bonnes paroles dans la bouche de quel­
qu'un d'autre ne sont peut-être que de belles idées. L'on peut
toucher simplement l'enthousiasme chez l'un, mais la vie chez un
autre. Beaucoup de frères pensent que lorsqu'ils ressentent les
choses d'une certaine façon, ils ont l a vie. Mais un frère qui a de
l'expérience vous dira que ce n'est pas la vie. Beaucoup de frères
pensent que lorsqu'ils ont une certaine idée, ils ont la vie. Mais
CHRIST EST LA RÉSURRECTION ET LA VIE 23

un frère expérimenté vous dira que ce n'est pas la vie. Deux frères
peuvent comprendre et commenter un texte biblique de la même
manière, mais ce qui est curieux, c'est qu'un frère expérimenté
sentira une différence. L'un a à la fois la pensée juste et la vie,
tandis que l'autre n'a que la pensée juste. Il est vrai que l'on peut
souvent toucher la vie et les pensées en même temps. Mais il ne
faut pas croire que toucher l'intelligence et toucher la vie sont
identiques. Ce sont deux choses différentes. Beaucoup pensent que
du fait que deux personnes disent la même chose, elles sont iden­
tiques. Mais ce n'est pas nécessairement vrai. Il est possible d'avoir
l'intelligence chez une personne, et ne pas avoir l'intelligence
chez une autre, mais la vie. La vie est beaucoup plus profonde que
l'activité mentale. Elle est quelque chose de plus profonde que les
idées j ustes. Le Seigneur a dit : « Je suis la vie. » La vie est le Sei­
gneur. La vie n'est pas quelque chose d'autre que Christ. Si c'est
une chose, elle est morte ; ce n'est pas la vie. Pour beaucoup de
chrétiens, la vie est quelque chose qu'ils peuvent produire hors
d'eux-mêmes. Mais le Seigneur nous a dit queLui seul est la vie.
Nous avons besoin de la miséricorde du Seigneur pour com­
prendre cette question. Nous pouvons identifier quelque chose
comme de l'activité mentale, comme des sentiments ou encore
comme des œuvres. Mais nous ne pouvons pas identifier ce qu'est
la vie, il n'existe pas de mot pour décrire la vie de manière claire.
Nous pouvons seulement demander au Seigneur de nous montrer
ce qu'est la vie. Frères et sœurs, le jour viendra où le Seigneur
ouvrira nos yeux, nous connaîtrons alors ce qu'est la vie et nous
toucherons le Seigneur spontanément.

CHRIST EST LA RÉSURRECTION

Revenons sur ce qu'est la résurrection. La résurrection est


tout ce qui a connu la mort et qui continue d'exister. La résurrec­
tion est ce qui résiste à la mort et qui endure la mort. Une fois
que l'homme eut mangé du fruit de l'arbre de la connaissance du
bien et du mal, la mort fit son apparition et l'homme mourut.
Ceux qui sont mis dans le tombeau n'en sortent plus j amais. Une
fois qu'ils y sont, ils n'en sortent pas. Dans tout l'univers, de tous
les hommes qui ont existé, un seul est sorti de la mort. C'est notre
24 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

Seigneur. Le Seigneur a dit: « Je suis . . . le vivant ; je fus mort, e t


voici j e suis vivant aux siècles d e s siècles » (Ap 1 . 17- 18). L e Sei­
gneur est le Seigneur ressuscité. La résurrection est ce qui passe
par la mort mais qui n'est pas retenu prisonnier par elle. Dans l a
Bible, l'autorité d e la mort est décrite comme une sorte d'empri­
sonnement. Emprisonner quelqu'un, c'est l'enfermer et l'empêcher
de sortir. Une fois que l'homme entre dans la mort, il ne peut plus
en sortir. La mort emprisonne tous ceux qui y entrent. Mais l a
mort n e peut pas L'emprisonner, Lui. Telle est l a signification d e
la vie e t celle d e la résurrection. L a résurrection est l a vie qui
passe par la mort et qui transcende la mort. Notre Seigneur Jésus
est la vie. Il est mort et Il est allé dans le Hadès. Il était au plus
profond du séjour des morts. Mais la mort n'a pas pu L'emprison­
ner. Elle était incapable de Le retenir. Il est sorti de la mort ! La
résurrection, c'est lorsque la vie passe par la mort et qu'elle n'est
pas retenue prisonnière par elle.
La résurrection signifie qu'une vie porte l a marque de la mort,
et que pourtant elle vit. Elle est vivante, cependant elle porte
aussi la marque de la mort. C'est ce que signifie la résurrection.
Beaucoup se demandent pourquoi, après Sa résurrection en
Jean 20, le Seigneur a laissé les marques des clous et de l'épée
dans Ses mains et Son côté pour que Thomas puisse les toucher
(v. 27). Nous devons savoir que c'est j ustement là la signification
de la résurrection. Le Seigneur n'a pas montré à Thomas un corps
qui n'avait j amais été blessé et n'était j amais mort. Il voulait que
Son disciple voie qu'Il avait été blessé mais qu'Il était désormais
vivant. Il voulait que Thomas voie qu'Il était mort mais qu'Il
vivait désormais. Le Seigneur porte la marque de la mort dans
Son corps et pourtant Il vit maintenant. C'est le sens de la résur­
rection.
Nous pouvons nous appliquer ce principe. Il y a en nous beau­
coup de choses qui ne portent pas la marque de la mort. On ne
peut pas parler de résurrection à leur sujet. La résurrection doit
être quelque chose qui porte la marque de la mort, et qui pour­
tant continue de vivre. Ne pensez pas que du moment que vous
êtes éloquent, intelligent et talentueux, tout ira bien. Il est pos­
sible que votre éloquence ne porte pas la marque de la mort. Il est
CHRIST EST LA RÉSURRECTION ET LA VIE 25

possible que votre sagesse ne porte pas la marque de l a mort et il


est possible que votre talent ne porte pas l a marque de la mort.
Ce qui détermine si nous avons ou non la résurrection, c'est le fait
que les autres voient ou ne voient pas la marque de la mort dans
notre éloquence, dans notre intelligence et dans notre talent. Un
frère peut être très compétent, capable et apparemment plein de
vitalité. Cependant, il a trop confiance en lui et il est trop sûr de
lui. Il pense que tout ce qui est placé dans ses mains sera bien
géré. Il n'y a aucune marque de la mort chez cette personne, on ne
discerne pas cette marque dans sa compétence. Bien qu'il ait
confiance en lui, qu'il soit sûr de lui et plein d'énergie, on ne
trouve pas en lui la marque de la mort. Cela ne signifie pas qu'un
homme qui est passé par la résurrection n'a aucune capacité en
lui. Cela signifie simplement qu'un tel homme porte la marque de
la mort. Il peut continuer à faire des choses, mais il n'ose plus
avoir confiance en lui-même et il a perdu toute assurance. Son
énergie propre s'est affaiblie. C'est cela, la résurrection.
Paul a écrit à l'église à Corinthe en disant : « J'étais avec vous
dans la faiblesse, l a crainte et dans un grand tremblement » ( 1 Co
2.3). Ces paroles ont été écrites par un homme qui connaissait
Dieu. Quel dommage qu'il existe tant de chrétiens forts et sûrs
d'eux ! Voil à pourtant un homme qui dit avoir été « dans la fai­
blesse, la crainte et dans un grand tremblement ». Son corps
portait la marque de la mort, le sceau de la mort.
C'est pourquoi la résurrection ne peut j amais être dissociée de
la croix. La croix nous dépouille de tout. Beaucoup de choses qui
viennent du moi ne se relèvent plus une fois qu'elles sont passées
par la croix, elles sont englouties dans l a mort. Tout ce qui reste
après être passé par la mort, et tout ce qui porte la marque de l a
mort e t e s t encore vivant, c'est cela la résurrection. La résurrec­
tion doit être quelque chose qui est passée par la mort, et tout ce
qui est passé par la mort doit avoir connu la privation et la perte.
Frères et sœurs, si vous comprenez vraiment ce qu'est la résur­
rection, vous comprendrez ce qu'est la croix. Vous reconnaîtrez le
pouvoir de dépouillement de la croix. Si vous savez vraiment ce
qu'est la résurrection, vous constaterez que beaucoup de choses
vous sont enlevées alors que vous passez par la croix. Si vous
26 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

savez réellement ce qu'est la résurrection, vous deviendrez quel­


qu'un d'autre. Vous serez dépouillé de beaucoup de choses. Seules
ce qui a la vie ressuscitera. Sans l a vie il n'existe aucune possibi­
lité de résurrection. Supposez que nous coupons un bout de bois
en petits morceaux que nous enterrons. Au bout d'un certain
temps, ils se décomposeront et ne seront plus bons à rien. Cepen­
dant, si nous coupons un rameau d'un arbre et que nous le
plantons en terre, après un certain temps il finira par germer.
Dans un cas, les bouts de bois pourrissent. Dans l'autre, le rameau
germe. Tout ce qui est mort pourrit et tout ce qui a la vie ressus­
cite après être passé par la mort. C'est pourquoi la résurrection
du Seigneur était basée sur Sa vie. Du fait qu'il a en Lui la vie
incorruptible, l a mort ne peut pas Le retenir prisonnier. Puisqu'il
y a en Lui quelque chose qui ne peut pas mourir, la mort était
chassée alors même qu'il était mis à mort. Lorsque nous faisons
l'expérience de passer par la croix, beaucoup de choses restent
dans la mort et n'en ressortent pas. Seules les choses qui sont de
Dieu ressusciteront. Quand nous touchons la croix, nous-mêmes
disparaîtrons. La croix agit comme un grand signe « moins » : elle
soustrait beaucoup de choses.
Beaucoup de frères et de sœurs demandent souvent : « Com­
ment puis-je savoir si je suis mort ou non ? Qu'est-ce qui me dit
que le Seigneur a fait quelque chose en moi au travers de la
croix ? » Il est facile de répondre à cette question. Si le Seigneur a
agi en vous, vous avez perdu beaucoup de choses. Mais si vous
êtes resté le même depuis le jour de votre salut, et si vous êtes
toujours aussi plein de vous-même qu'avant, la croix n'a rien
accompli en vous. Si la croix a réellement agi en vous, vous cons­
taterez qu'un grand travail d'élimination a été fait. Vous verrez
que le Seigneur a procédé à un grand nettoyage en vous. Le résul­
tat est que vous ne pouvez plus faire les choses dont vous étiez
capable avant. Vous n'êtes plus sûr de ce qui faisait autrefois votre
assurance. Là où vous étiez courageux, vous devenez craintif.
C'est la preuve que le Seigneur a agi en vous. Si la résurrection
est en vous, vous avez laissé beaucoup de choses dans le tombeau,
parce que celles-ci étaient incapables de passer avec succès le test
de la mort. Rien de ce qui est en Adam ne peut vivre après être
CHRIST EST LA RÉSURRECTION ET LA VIE 27

passé par la mort. Tout ce qui appartient à la résurrection appar­


tient à la vie du Seigneur, la vie qui est passé par la mort et qui
est sortie de la mort. Certaines choses sont perdues dans la mort,
mais elles nous sont rendues par le Seigneur. C'est comme lors­
qu'on coupe un rameau d'un arbre. Le rameau paraît mort. Mais
lorsqu'on le plante en terre, au bout d'un moment, il pousse à
nouveau. C'est cela, la résurrection. Quand nous disons que notre
corps porte la marque de la mort, cela ne signifie pas que nous
sommes devenus incapables de parler ou de bouger. Cela signifie
plutôt que lorsque nous parlons et bougeons, nous ne sommes
plus aussi légers et sûrs de nous-mêmes qu'auparavant. Si un
homme a été touché par le Seigneur et a été traité par l a croix, il
sera faible, craintif et tremblant. Il ne dira pas : « j e vais le faire »,

« je peux le faire » ou « je réussirai ». À partir de ce moment-là, il


travaillera toujours, mais avec la crainte du Seigneur. I l mar­
chera toujours, mais devant Dieu, tout comme Abraham marchait
pas à pas avec Dieu. Vous verrez la marque de la croix sur un tel
homme. Il aura été pénétré et percé par Dieu. Il ne sera plus
aussi fort qu'avant. Son corps portera la marque de la croix. C'est
cela, la résurrection.
Dieu communique aujourd'hui avec l'homme dans la résurrec­
tion. Pourtant cette résurrection inclut la croix. C'est pourquoi
rien de ce que nous avons ne peut contacter Dieu sans passer par
la mort. Tout ce qui appartient au domaine naturel doit passer
par la mort. Si nous ne sommes pas en résurrection, Dieu ne
peut pas avoir de communion avec nous. Il ne peut pas entrer en
contact avec nous en-dehors de la résurrection. Par conséquent,
nous devons passer par la mort pour entrer en résurrection. La
vie que nous avons reçue est l a vie de résurrection et tout ce qui
concerne notre relation avec Dieu est en résurrection.
Un des problèmes que l'on rencontre souvent dans le domaine
spirituel est que le service que l'homme accomplit pour Dieu
s'appuie souvent sur des choses naturelles. Le service de l'homme
est rarement basé sur des choses en résurrection. Beaucoup font
preuve d'un grand enthousiasme, mais rares sont ceux qui ont un
enthousiasme en résurrection, un enthousiasme qui est passé
par l a mort et qui est touj ours vivant. Beaucoup ont le premier
28 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

enthousiasme, et non le second. Nous pouvons trouver de nom­


breux frères zélés et compétents, mais leur compétence est l a
première compétence, e t non la seconde. Elle n'est jamais passée par
la mort. Si nous vivons devant Dieu selon les choses qui appartien­
nent à la sphère naturelle, nous ne vivons pas en résurrection .
Certains ont demandé ce qu'est le Corps de Christ. Le Corps
de Christ n'est rien d'autre que le lieu où l'on rend témoignage de
Sa résurrection. En d'autres termes, tout ce qui n'est pas en
résurrection ne peut avoir aucune part dans le Corps de Christ.
L'église n'est pas le lieu où vous apportez une chose et moi une
autre. L'église n'est pas le lieu où vous participez par votre intelli­
gence et moi par mon ingéniosité. L'église n'est pas le lieu où vous
apportez quelque chose de naturel et où moi j'apporte quelque
chose de naturel. L'église exclut tout ce qui est naturel et n'accepte
que ce qui appartient à la résurrection. Si des choses naturelles
font leur entrée dans l'église, elle n'est plus l'église. Nous ne pou­
vons rien avoir dans l'église qui n'appartienne pas à la résurrec­
tion. Beaucoup de frères demandent comment l'église peut être
une. Nous devons savoir que l'unité n'est j amais le fait des
hommes. Il ne peut y avoir d'unité dans l'église que si les enfants
de Dieu connaissent la croix et traitent la chair et les choses
naturelles. Si un homme ne connaît pas la croix, tout ce qu'il
entreprend est inutile. Si l'église a recours à des moyens naturels
et humains, elle n'aboutira à rien. L'église ne peut pas avoir la
chair, ni rien qui soit naturel. Si la chair et les choses naturelles
entrent dans l'église, l'église ne sera plus l'église. Il est vrai que
l'église a besoin de personnes qui se consacrent et qui sont utiles,
mais celles-ci doivent porter la marque de la mort. Lorsque nous
sommes utiles et que nous portons également la marque de la
mort, nous avons la résurrection. Nous devons voir que non seule­
ment le Seigneur est ressuscité, mais qu'il désire aussi une église
en résurrection.
Pour vivre de telles expériences, nous devons laisser Dieu
œuvrer en nous. Nous pouvons connaître à fond beaucoup de doc­
trines, mais si le Seigneur n'affiige pas un coup mortel, nous
resterons les mêmes. Parfois nous tombons et souffrons, mais
cette souffrance ne dure que quelques jours ou quelques mois.
CHRIST EST LA RÉSURRECTION ET LA VIE 29

Mais si Dieu nous brise d'une manière radicale et profonde, nous ne


souffrirons pas pendant quelques jours ou quelques mois, mais
garderons une cicatrice à vie. Nous resterons infirmes aux yeux
de Dieu pour le restant de nos jours et la marque de la croix sera
toujours avec nous. Paul a eu la vision une seule fois au cours de
son voyage. Des années plus tard, il témoignait encore : « Je n'ai
pas été désobéissant à la vision céleste » (Ac 26. 19). Si le Seigneur
nous fait un jour miséricorde et nous afflige un coup sérieux,
notre moi ne se relèvera plus j amais et nous porterons toujours l a
cicatrice. Nous pouvons toucher l e s marques des clous e t d e l'épée
dans les mains et le côté du Seigneur ressuscité. Aujourd'hui, ceux
qui connaissent le Seigneur et qui L'expérimentent comme leur
résurrection personnelle, portent aussi des cicatrices. Celles-ci ne
disparaîtront pas et elles les dépouilleront de tout leur orgueil .
Ils n'oseront plus avoir confiance en eux-mêmes et ils ne seront
plus trop sûrs d'eux ou fiers de leur propre force. Une fois qu'un
homme a été brisé par le Seigneur, il ne se relèvera plus j amais.
Notre espérance est que l a marque de la croix devienne de plus
en plus visible sur nous. Cela ne sera pas quelque chose que nous
ferons par nous-mêmes ou que nous ferons semblant de faire.
Tout ce que nous faisons par nous-mêmes ou que nous faisons
semblant de faire est inutile. Tout ce que nous faisons par nous­
mêmes est vite oublié peu de temps après. Cependant, une fois
que nous aurons été placés sur l'autel et transpercés par le couteau,
nous ne pourrons plus jamais nous relever. Si nous subissons un
coup radical, nous nous rendrons compte que nous ne pouvons
rien faire, que nous ne sommes rien et que c'en est fini de nous. Si
la marque de la mort est sur nous, celle-ci sera une preuve que
nous connaissons la résurrection. Ceux qui connaissent la croix
connaissent la résurrection. La résurrection est ce qui reste après
le passage par la croix. Beaucoup de choses ne se relèveront jamais
après la croix. Elles ont disparu à j amais. La résurrection est ce
qui peut passer par la croix. Seules ces choses ont une valeur spi­
rituelle. Beaucoup de choses sont portées dans le tombeau et y
restent. Elles sont mortes. Cependant, beaucoup d'autres passent
par le tombeau et ressortent de l'autre côté. Elles portent l a
marque d e l a croix e t c e sont l e s choses d e l a résurrection.
30 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

Que le Seigneur nous accorde la véritable connaissance de


Christ comme notre résurrection. Que nous connaissions non seu­
lement Christ comme notre vie, mais aussi comme notre résur­
rection. Que le Seigneur élimine tout ce qui fait partie de
nous-mêmes. Qu'Il nous donne non seulement plus de vie et plus
de ce qui est de Lui, mais qu'Il élimine aussi tout ce que nous ne
devrions pas avoir. Souvent, nous vivons encore par notre vie
naturelle et n'avons pas été brisés par Dieu. Nous n'avons pas
subi la discipline de Dieu et nous ne sommes pas passés par la
croix. Que le Seigneur ait pitié de nous ! Que ce qui est naturel en
nous soit éliminé toujours plus et que ce qui est de la résurrection
s'exprime de plus en plus. Que la vie et la résurrection soient un
fait et non un idéal pour nous. Chaque fois que nous voulons agir
par nous-mêmes, que le Seigneur nous montre que ce n'est pas la
résurrection, mais uniquement la vie naturelle et la chair. Qu'Il
nous fasse voir la chair au moyen de la résurrection. Si nous ne
voyons pas cela, que le Seigneur ait pitié de nous et qu'Il nous
accorde Sa grâce. Amen !
CHAPITRE TROIS

CHRIST EST LE PAIN DE VIE ET


LA LUMIÈRE DE LA VIE

Références bibliques : Jean 6.35 ; 8 . 1 2


Nous avons déj à vu brièvement que toutes les réalités et les
choses spirituelles sont Christ. Dieu nous donne Christ pour qu'Il
soit nos réalités et nos choses spirituelles. C'est le point essentiel
de la vie spirituelle. Notre expérience n'est-elle qu'une simple
expérience ? Ou notre expérience est-elle Christ ? Notre justice
n'est-elle qu'une simple j ustice ? Ou notre justice est-elle Christ ?
Notre sainteté n'est-elle qu'une simple sainteté ? Ou notre sain­
teté est-elle Christ ? Notre rédemption n'est-elle qu'une simple
rédemption ? Ou notre rédemption est-elle Christ ? Nous parlons
souvent du chemin, mais le chemin dont nous parlons n'est
peut-être pas Christ Lui-même ? Nous parlons souvent de l a
vérité, mais nous n'avons p a s conscience que Christ Lui-même est
la vérité. Nous parlons souvent de la vie, mais la vie dont nous
parlons n'est peut-être pas Christ Lui-même. En d'autres termes,
nous avons beaucoup de choses autres que Christ. C'est là le plus
grand problème spirituel parmi les enfants de Dieu. Nous disons
avec notre bouche que Christ est le centre de toutes choses, mais
dans notre façon de vivre nous conservons beaucoup de choses
autres que Christ, comme si celles-ci pouvaient nous aider à vivre
notre vie chrétienne. Nous devons inverser cette notion. Il nous
faut comprendre que Dieu ne veut pas que nous gardions toutes
ces choses prétendument spirituelles autres que Christ. Dans Sa
providence souveraine, il existe des réalités et des choses, mais
les réalités et les choses de Dieu sont uniquement Christ. Christ
est toutes les choses spirituelles. Il est notre justice. Il ne nous
donne pas une j ustice en-dehors de Lui-même. Il est notre sain­
teté. Il ne nous donne aucune puissance hors de Lui-même qui
32 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

nous permette d'être saints. Il est notre rédemption. Il ne nous


donne pas de rédemption en-dehors de Lui-même. Il est le
chemin. Il ne nous donne aucun chemin en-dehors de Lui-même.
Il est la vérité. Il ne nous présente pas une vérité en-dehors de
Lui-même, en nous demandant ensuite de la comprendre. Il est la
vie. Il ne nous donne rien qui s'appelle l a vie en-dehors de
Lui-même. Frères et sœurs, plus nous avancerons dans les voies
de Dieu, plus nous découvrirons qu'il n'existe qu'une seule grâce
parmi toutes les grâces de Dieu. Il n'existe qu'un seul don au
nombre de tous les dons de Dieu. La grâce est Christ et le don est
Christ. Grâces Lui soient rendues de ce qu'il nous montre que
Christ inclut tout, jour après j our. Autrefois, nous pensions au
Seigneur comme à notre Sauveur. Auj ourd'hui nous pouvons dire
qu'il est non seulement notre Sauveur, mais aussi notre salut.
C'est incroyable et pourtant c'est un fait. Au moment de notre
salut, nous avons cru au Seigneur Jésus comme à notre Sauveur.
Nous pouvons dire à présent que le Seigneur Jésus est également
notre rédemption et notre salut. Nous découvrons de plus en plus
que Christ est toutes les réalités et les choses spirituelles.
Si nous pensons à tort que ce que le Seigneur Jésus donne est
différent du Seigneur Jésus Lui-même, et que l a grâce est diffé­
rente de Celui qui donne la grâce, ces erreurs nous feront beaucoup
de tort spirituel. Elles nous couperont de la source de la vie. C'est
pourquoi nous devons approfondir cette question de Christ en
tant que nos réalités et nos choses. Dans Jean 6.35 et 8 . 12, le Sei­
gneur nous dit qu'il est le pain de vie et la lumière de la vie.
Voyons d'abord comment Il est le pain de vie.

CHRIST EST LE PAIN DE VIE

Le Seigneur Jésus a dit : « Je suis le pain de vie. » I l l'a dit à


ceux qui Le cherchaient à Capernaüm. Ils attendaient que le Sei­
gneur leur donne de la nourriture, et Il leur a dit : « Je suis le pain
de vie ». Cela signifie qu'il est non seulement Celui qui donne le
pain de vie, mais qu'il est le pain de vie Lui-même. Celui qui
donne et le don sont un, et non deux. Dieu merci, Christ n'est pas
seulement le donateur, Il est aussi le don de Dieu.
Quelle est la signification du pain dans l a Bible ? Dans la
C HRIST E ST LE PAIN DE VIE 33

Bible, le pain représente la satisfaction. La Bible utilise l'image


de la faim pour évoquer l'insatisfaction de l'homme. Pour répondre
à son insatisfaction, l'homme doit recevoir du pain. Que les enfants
de Dieu aient ou non la force de continuer dépend de la satisfac­
tion ou de l'insatisfaction intérieure. Aujourd'hui, si nous nous
sentons satisfaits intérieurement, nous sommes forts. Si nous
nous sentons vides comme un pneu dégonflé, personne ne peut
nous faire avancer. Nous ne pouvons pas dire que nous n'avons
pas la vie, mais nous pouvons être sans force. La satisfaction nous
donne de la force. Elle nous permet de marcher. Une satisfaction
aussi inexplicable fait que nous nous sentons bien.
Voyons ce qu'est le pain des enfants de Dieu. Le Seigneur
Jésus a dit : « Je suis le pain de vie. » Le Seigneur Jésus donne la
vie et Il l a maintient aussi. Beaucoup de chrétiens pensent que le
pain ne signifie rien d'autre qu'une heure de prière ou une heure
de lecture de la Bible. Ils ne comprennent pas que le pain est le
Seigneur Jésus Lui-même. Nous ne voulons pas dire par là que
la prière et la lecture de la Bible sont inutiles, mais nous devons
nous rappeler que le Seigneur Jésus a dit : « Je suis le pain de
vie » . Cela veut dire que le pain de vie est simplement Lui-même.
Il arrive souvent que les enfants de Dieu soient insatisfaits parce
qu'ils ne comprennent pas que Christ est le pain de vie. Nous ren­
controns souvent des personnes affamées, celles qui ne sont pas
satisfaites des choses spirituelles. Elles ne sont pas satisfaites de
ci et elles ne sont pas satisfaites de ça. Chaque jour elles sont aux
prises avec l'insatisfaction. Nous n'encourageons pas les gens à
être orgueilleux et satisfaits d'eux-mêmes. L'orgueil et l'autosa­
tisfaction sont une chose, mais manger à satiété et être satisfait
en sont une autre. Certains ont été traités par Dieu, ils vivent
devant Lui dans la crainte et ils sont faibles et tremblants. Ils ne
sont pas orgueilleux et pourtant ils ont touché le Seigneur et
mangé à satiété. Ils sont satisfaits devant Dieu et cette satisfac­
tion est leur puissance.
Comment alors pouvons-nous être rassasiés ? Comment
pouvons-nous être satisfaits ? Il nous faut savoir que toute satis­
faction est reliée à Christ et que toute satisfaction est dans la vie.
Christ est le pain de vie. Chaque fois que nous touchons vraiment
34 CHRIST E S T TOUTES LES RÉALITÉS

la vie, nous sommes immédiatement satisfaits: Chaque fois que


nous offensons la vie, nous nous sentons immédiatement effon­
drés intérieurement. Citons quelques exemples concrets pour voir
comment l'homme peut être satisfait.
Certains frères disent : « J'ai beaucoup travaillé pendant plus
d'une année, à courir de-ci, de-là. J'ai été tellement occupé que
tout mon être est épuisé. J'ai faim et j'espère pouvoir aller en
retraite spirituelle quelque part. » Mais lorsque nous lisons Jean 4,
nous nous rendons compte que ces paroles ne sont pas justes. Le
Seigneur Jésus, fatigué de Son voyage, s'assit près du puits de
Jacob. Les disciples étaient allés à la ville pour acheter à manger,
ce qui montre que le Seigneur avait faim. Là, au puits, Il rencon­
tra une Samaritaine. La volonté de Dieu était que le Seigneur lui
parle et la sauve, ce qu'Il fit. Lorsque les disciples revinrent avec
la nourriture qu'ils avaient achetée, ils invitèrent le Seigneur à
manger, mais Celui-ci dit : « J'ai à manger une nourriture que
vous ne connaissez pas » (v. 32). Les disciples pensèrent que quel­
qu'un d'autre Lui avait donné à manger. C'est pourquoi Il leur dit
dans les versets suivants : « Ma nourriture est de faire la volonté
de Celui qui m'a envoyé et d'accomplir Son - œuvre » (v. 34) .
Nous voyons là que l e travail devrait uniquement nous rassa­
sier, travailler ne devrait pas nous affamer. Le travail spirituel
devrait nous rassasier chaque fois que nous l'accomplissons. Si
nous avons faim chaque fois que nous travaillons, il y a sûrement
un problème quelque part. Si nous nous sentons faibles ou vides
quand nous avons travaillé, ou si nous sommes sur le point de
nous effondrer, cela montre qu'il y a un problème avec notre tra­
vail. Si notre travail n'est pas hors de la volonté de Dieu et s'il
n'est pas selon nous-mêmes, chaque fois que nous travaillons,
nous ne nous effondrerons pas, mais nous serons au contraire
plus forts. Souvent, nous ne sommes pas convenablement prépa­
rés devant le Seigneur et nous nous mettons au travail parce que
le besoin est grand ou que les autres nous pressent. Quand nous
travaillons dans de telles circonstances, quelque chose en nous
s'écroule et nous manquons de force. Après un tel travail, il ne
reste plus aucune force en nous, parce qu'il y a un problème entre
le Seigneur et nous. Plus nous nous engageons dans un travail
CHRIST EST LE PAIN DE VIE 35

en-dehors d e la volonté d e Dieu, plus nous sommes affamés. Pour


être rassasiés, nous devons suivre la volonté de Dieu.
Nous devons prendre conscience que Christ est notre pain.
Notre pain, ce ne sont pas des retraites ou des doctrines spirituel­
les. Nous ne travaillons pas j usqu'à ce que nous soyons vides et
ensuite nous nous reposons, ce n'est pas cela notre pain. Christ
est notre pain. Nous ne prêchons pas jusqu'à ce que nous n'ayons
plus d'enseignements à dispenser, et ensuite nous allons chercher
quelque nouvelle doctrine, ce n'est pas cela notre pain. Notre pain
est Christ. Que nous soyons ou non occupés, si nous avons une
parole et l a force en nous, chaque fois que nous nous lèverons
pour parler au nom de Christ, non seulement les auditeurs seront
rassasiés, mais nous le serons nous aussi. C'est ce qui arrive
quand le Seigneur travaille en nous et dans notre vie. C'est pour­
quoi nous touchons le Seigneur. Et quand nous aurons terminé,
nous ne ressentirons aucun vide. Nous aurons au contraire l'im­
pression d'avoir pris un bon repas et d'être rassasiés. I l est faux
de penser que la satisfaction dépend du repos, de l'écoute de mes­
sages ou de retraites spirituelles. Nous sommes nourris lorsque
nous laissons le Seigneur faire ce qu'Il veut en nous. Le Seigneur
est en nous. Touchons Sa vie et nous serons satisfaits.
Dans les questions spirituelles, l'on n'est pas nourri lorsqu'on
se repose, mais lorsqu'on est occupé. Pendant que nous nous affai­
rons, nous sommes nourris. Dans le domaine spirituel, quand
nous marchons dans la volonté du Seigneur, plus nous sommes
occupés, plus nous nous nourrissons. Ce ne sont pas nos emplois
du temps chargés qui auront raison de nos forces et ce ne sont pas
ces activités qui nous videront. Je crois que de nombreux frères et
sœurs peuvent l'attester. Supposez que vous parlez à quelqu'un
aujourd'hui, mais que Dieu ne vous a encore donné aucune impul­
sion dans ce sens, Il n'a pas parlé en vous. Même si vous parlez
avec enthousiasme, après cinq ou dix minutes, vous sentirez que
quelque chose ne va pas. Vous essaierez peut-être d'imprimer une
autre direction à la conversation, parce que vous sentez que vous
ne pouvez pas continuer. Et quand vous quittez enfin cette per­
sonne, vous êtes vide au-dedans de vous. Il n'y a aucun problème
avec vos paroles, ce que vous avez dit est juste, votre attitude
36 CHRIST E ST TOUTES LES RÉALITÉS

aussi a été juste et vous avez fait de votre mieux pour aider. Mais
la chose étrange est que plus vous parlez, plus vous vous videz et
plus vous sentez que quelque chose s'est effondré à l'intérieur de
vous. Lorsque vous quittez la personne, vous vous sentez comme
si vous aviez commis un gros péché. Vous constaterez peut-être
parfois quelques résultats extérieurs et vous penserez que vous
avez fait un bon travail. Mais quand cette impression aura passé,
vous vous sentirez aussi vide et affamé au-dedans de vous. Chaque
fois que vous agirez par vous-même, même si extérieurement il
semble que vous ayez réussi, intérieurement vous vous sentirez à
plat. Frères et sœurs, avez-vous déjà eu cette impression d'être à
plat ? Si vous n'accomplissez pas votre travail devant le Seigneur,
si vous ne suivez pas le Seigneur avec crainte, mais que vous
agissez par vous-même, même avec les meilleures motivations et
intentions, vous vous sentirez à plat et vidé de toute vigueur spi­
rituelle. Vous aurez l'impression que plus vous travaillez, moins
les choses ont de sens et plus tout est creux. Dans de telles cir­
constances, plus les autres parleront de votre succès, plus vous
vous sentirez mal au-dedans de vous. Plus ils feront vos éloges et
parleront de l'aide que vous leur avez apportée, plus vous éprou­
verez de haine à votre égard. Cela montre que votre travail n'est
pas une sorte de pain, parce qu'il ne vous rassasie pas. Frères et
sœurs, ceux qui connaissent le pain sont ceux qui ont trouvé
satiété dans le Seigneur. Seul Christ est le pain de vie . Seul
Christ peut vous rassasier. N'importe quel travail vous laissera
un sentiment de faim s'il ne vous permet pas de toucher le Sei­
gneur. Si vous touchez le Seigneur, vous touchez la vie et si vous
touchez la réalité spirituelle, que vous soyez ou non occupé, vous
pourrez dire : « Grâces soient rendues au Seigneur et loué soit-Il !
J'ai le pain. Le Seigneur est mon pain. ,, Frères et sœurs, avez­
vous vu cela ? Il ne s'agit absolument pas de quelque chose d'exté­
rieur. La question n'est pas de savoir où vous êtes allés, ce que
vous avez fait, quel message vous avez prêché ou combien de
temps vous avez consacré à vos exercices de piété. La question est
de savoir si vous avez ou non touché le Seigneur au-dedans de
vous. Quiconque touche le Seigneur est rassasié.
Des frères et sœurs demanderont peut-être : « Que dois-je
C HRIST E ST LE PAIN DE VIE 37

faire ? Le Seigneur ne m'a pas appelé à prêcher ou à parler où que


ce soit. Ceux qui dispensent des messages ou qui travaillent ont
l'occasion d'être rassasiés. Mais nous ne sommes pas des prédica­
teurs ni des ouvriers professionnels. Allons-nous souffrir de l a
faim ? » Frères e t sœurs, remercions Dieu de c e que nous n'ayons
pas à souffrir de la faim. Peut-être n'accomplissons-nous que les
plus petites des œuvres, ne disons-nous que dix ou vingt phrases
aux autres ou ne leur parlons-nous que dix ou vingt minutes.
Mais du moment que cela vient du Seigneur, et du moment que
nous faisons ces choses conformément à l'opération du Seigneur
en nous, nous sommes soulagés et rassasiés quand nous avons
terminé. C'est le Seigneur qui nous donne un fardeau et une fois
que nous nous en sommes déchargés, nous nous sentons rassasiés
et remplis au-dedans de nous. Une fois que nous touchons Dieu,
nous sommes rassasiés et nourris. C'est pourquoi, frères et sœurs,
le droit de manger n'est pas réservé aux ouvriers, tout le monde a
l'occasion de se nourrir. Chaque jour nous avons l'occasion de
manger, et chaque jour nous avons aussi l'occasion d'être rassa­
siés. Christ est notre pain. Quand nous Le touchons, nous avons
le pain.
Permettez-moi de vous donner un exemple plus profond. Nous
pensons souvent qu'une chose est bonne ou spirituelle, mais
celle-ci n'est pas selon la volonté du Seigneur. Quand nous l'ac­
complissons, nous nous sentons vides au-dedans de nous. Nous
pouvons uniquement être rassasiés si nous suivons le Seigneur.
Un frère vit un jour un autre frère suivre un mauvais chemin. Il
ressentit plusieurs fois le besoin de lui montrer clairement que le
chemin sur lequel il était engagé n'était pas un chemin d'édifica­
tion, mais était au contraire un chemin de corruption. Mais il
voulait faire preuve de douceur. Il songea que le meilleur moyen
de convaincre son frère était de lui sourire et de lui adresser quel­
ques paroles agréables. Mais chaque fois qu'il parlait ainsi, il se
sentait comme un verre dont le fond était percé - tout le contenu
s'était échappé. À vue humaine, il avait bien agi, il s'était montré
doux et avait cherché à ne blesser personne. À vue humaine, il
avait réussi. Pourtant, il se sentait affamé et insatisfait. Au bout
de deux ou trois mois, il sentit qu'il avait tort et s'approcha du
38 C HRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

Seigneur pour être éclairé. Il Lui demanda de lui montrer ce qu'il


avait mal fait. Un jour il dit à Dieu : « Seigneur, je ferai tout ce
que Tu me demanderas. » Le Seigneur entendit sa prière et lui
montra ce qu'il devait faire. Lorsque l'autre frère revint quelques
temps après, notre homme le reprit sévèrement. Sa nature vou­
lait que lorsqu'il prononçait une parole sévère envers un autre, il
en souffrait pendant plusieurs jours. Mais cette fois-ci, curieuse­
ment, plus il parlait sévèrement, plus il sentait qu'il touchait le
Seigneur. Par ailleurs, il ne ressentit pas le besoin de se confesser,
ce qu'il faisait pourtant chaque fois qu'il avait repris quelqu'un. Il
put au contraire louer le Seigneur. Après qu'il eut repris le frère,
il se sentit comme s'il venait de faire un bon repas. Cela ne veut
pas dire que nous pouvons réprimander les autres comme bon
nous semble. Il n'est pas juste de reprendre quelqu'un comme
nous en avons envie. Mais cela signifie que lorsque nous faisons
quelque chose selon la volonté du Seigneur, nous sommes rassa­
siés intérieurement et plus forts que jamais. Cela nous montre un
fait : le bien que nous pouvons accomplir par nous-mêmes n'est
pas une nourriture pour nous. Nous pouvons penser que du
moment que nous faisons preuve de douceur, tout ira bien. Mais
l'expérience nous montre que même si nous sommes doux, c'est
uniquement l'homme extérieur qui agit ainsi. C'est un accomplis­
sement de notre homme extérieur, ce qui ne peut pas devenir
notre nourriture. C'est seulement quand le Seigneur œuvre en
nous et que nous agissons selon Sa volonté que nous pouvons
recevoir de la nourriture. Chaque fois que nous touchons la vie,
nous recevons de la nourriture et chaque fois que nous touchons
le Seigneur, nous sommes rassasiés.

CHRIST EST LA LUMIÈRE DE LA VIE

Le Seigneur n'a pas seulement déclaré qu'Il est le pain de vie,


mais Il a aussi dit qu'Il est la lumière de la vie. La nourriture
nous rassasie, alors que la lumière nous permet de voir. Celui qui
est rassasié a la force et celui qui voit peut marcher. Nous avons
vu comment Christ est le pain de vie. Considérons à présent com­
ment Il est la lumière de la vie.
Il nous faut souligner tout d'abord que la lumière de la vie n'est
CHRIST E ST LE PAIN DE VIE 39

pas la connaissance de la Bible. Tout le monde sait qu'en tant que


chrétiens, nous devrions lire la Bible comme il se doit. Mais si
nous la lisons comme un livre de connaissances, un manuel de
théologie, tout ce que nous acquerrons, ce sera du savoir. Si nous
lisons la Bible ainsi, nous apprendrons peut-être à connaître des
doctrines qui sont véritablement scripturaires. Mais tout cela n'est
que la lettre. À l'époque de la naissance du Seigneur à Bethléhem,
de nombreux prêtres et scribes étaient capables de mémoriser les
livres des prophètes, mais ils ne connaissaient pas Christ.
Aujourd'hui, même si nous possédons un livre de plus qu'eux, le
Nouveau Testament, il est toujours possible de ne connaître que
la lettre de la Bible, et non Christ. Nous n'affirmons pas qu'il ne
faille pas lire la Bible. Mais nous devons comprendre que lorsque
nous la lisons, il est possible de n'en retirer que des connaissan­
ces au lieu de découvrir Christ. Beaucoup de prêtres et de scribes
n'avaient que la connaissance morte. Ils ne connaissaient pas le
Seigneur vivant. Beaucoup pensent que la lumière de la vie se
résume à la connaissance, les doctrines, la théologie ou les
dogmes de l'église. Certains affirment avoir reçu de la lumière,
mais la lumière dont ils parlent n'est pas nécessairement la
lumière de la vie. Il peut s'agir uniquement des explications de
certains versets ou enseignements. Au mieux ils apportent un
peu plus de connaissance biblique aux autres. La lumière de la
vie n'est pas la connaissance ni quoi que ce soit d'autre que le Sei­
gneur Lui-même. Le Seigneur a dit qu'il est la lumière de la vie.
La lumière de la vie est le Seigneur Lui-même.
Frères et sœurs, beaucoup peuvent nous dire par expérience
que ce qu'ils voient dans la lumière de la vie est souvent difficile à
exprimer clairement. Il est intéressant de remarquer que ceux
qui la voient ne peuvent pas réellement dire ce qu'ils ont vu. Un
homme a parlé un jour avec une sœur pour savoir si elle était
sauvée. Il lui a posé plusieurs questions. Elle a répondu : « Lorsque
j 'ai été sauvée, je ne savais pas ce qui m'arrivait, mais je savais
que j'étais sauvée. Si vous croyez que je suis sauvée, je suis
sauvée et si vous ne croyez pas que je suis sauvée, j e le suis tou­
jours. » Ce qu'elle disait était vrai. Elle était effectivement
sauvée, mais ne pouvait pas expliquer comment. Elle le savait,
40 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

mais était incapable de l'expliquer. C'est pourquoi, quand la


lumière vient, nous ne sommes pas forcément capables d'exposer
beaucoup de doctrines aux autres. Ce ne sera peut-être que deux
ou trois ans plus tard que nous pourrons présenter des doctrines
et des enseignements. Cette lumière est le Seigneur Lui-même.
Quand nous voyons le Seigneur, nous voyons la 1 umière.
Quelle différence cela fait-il pour nous que nous voyions ou ne
voyions pas la lumière ? Que cela changera-t-il si nous la voyons ?
La différence est considérable. Si nous voyons véritablement la
lumière, nous tombons par terre. La lumière ne se contente pas
de nous éclairer, elle nous tue aussi. Avant que Paul ne reçoive l a
lumière, i l n'était pas facile d e l e mettre à terre. Mais une fois
éclairé, il tomba au sol. Certains veulent toujours être humbles.
Ils s'y essaient de toutes leurs forces, ils font les humbles dans
leur façon de parler et dans leur façon de se comporter. Mais ce
genre d'humilité est épuisant, même les autres se sentent fati­
gués pour eux. C'est comme un petit enfant qui essaie de soulever
un gros dictionnaire. Le livre n'est peut-être pas très lourd, mais
l'effort est épuisant pour l'enfant. Il n'est pas facile pour un
homme orgueilleux d'être humble. Il n'est pas facile de dégringo­
ler du trône de l'orgueil. Mais une fois que la lumière du Seigneur
nous éclaire, nous tombons aussitôt. Nous ne pouvons pas l'expli­
quer, mais dès que la lumière paraît, nous tombons à terre.
Les enseignements sont impuissants à faire s'abaisser un
homme. Une personne peut entendre huit ou dix enseignements,
et peut même arriver à les réciter de façon claire et compréhen­
sible, elle restera la même. Un message qui devrait nous faire
pleurer, ou qui devrait toucher notre être charnel et nous précipi­
ter à genoux peut devenir un simple obj et d'étude, et une
personne peut penser qu'elle a reçu quelque chose de spirituel.
Quand une doctrine, un enseignement ou des paroles devient une
chose, le résultat est la mort et non la lumière. Un frère était
tellement heureux après avoir entendu un enseignement sur
Romains 6 qu'il eut l'impression d'avoir vu Romains 6. Mais quel­
ques jours plus tard, sa femme et lui eurent une grave dispute. Le
Romains 6 qu'il avait vu était une chose, ce n'étaient que des
mots d'un livre, ce n'était pas la lumière. S'il avait vu la lumière,
CHRIST EST LE PAI N DE VIE 41

il ne serait pas resté l e même. Il serait tombé à terre à l a


lumière. L a lumière est perçante, elle peut accomplir c e dont un
homme est incapable. Un enseignement n'y arrivera pas, les
frères et sœurs ne seront pas capables d'aider et notre propre
effort n'y parviendra pas. Mais à l'instant où la lumière brille,
tout est résolu. Nous sommes peut-être têtus, mais dès que l a
lumière brille, nous devenons souples. Lorsque Jean vit la lumière,
il devint comme mort (Apocalypse 1 . 1 6- 1 7 ). Quand Daniel vit l a
lumière, il tomba comme mort (Daniel 1 0 .5-9). Personne n e peut
voir le visage du Seigneur sans tomber à terre, et nul ne peut voir
le Seigneur sans devenir comme mort. Il est difficile de nous faire
mourir nous-mêmes ou de nous humilier. Mais une fois que l a
lumière brille, tout le reste suit. La lumière d u Seigneur tue.
Celui qui la reçoit tombe à terre.
Le Seigneur Jésus Lui-même est la lumière. Par conséquent,
lorsqu'un homme rencontre le Seigneur, il voit. Lorsqu'un homme
rencontre le Seigneur, il tombe à terre et devient faible comme s'il
était mort. Chez beaucoup de chrétiens, leur ancienne personna­
lité est têtue et n'a j amais été brisée. Personne ne peut changer
leur personnalité, pas même eux-mêmes. Cependant, une fois
que la lumière du Seigneur brille sur eux, ils voient et sont des
hommes brisés. Chaque fois qu'un homme voit le Seigneur, il
devient faible. Chaque fois qu'un homme voit le Seigneur, il est
brisé et ne peut pas survivre. C'est là la signification de la
lumière. Frères et sœurs, nous ne devons j amais substituer autre
chose à la lumière. Ce que nous appelons généralement lumière
n'est pas nécessairement la lumière elle-même. La plupart des
choses ne sont que des enseignements et une prétendue vérité.
Elles n'ont aucune valeur spirituelle pour nous. Un frère qui
aimait beaucoup le Seigneur rencontra un jour un homme qui lui
dit : « Je suis très content parce que j'ai découvert la doctrine du
péché dans Romains. » Quand le frère entendit cela, il demanda :

« Mon frère, as-tu découvert cette doctrine seulement aujourd'hui ?


Il me semble que tu aurais dû constater la réalité du péché en toi
depuis longtemps déjà. » Beaucoup de personnes recherchent des
doctrines, mais elles n'ont pas découvert la réalité. Les doctrines
42 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

ne sont que des mots, et elles sont l a mort. Elles ne sont pas la
lumière, elles ne sont pas la vie, elles ne sont pas Christ.
Lorsque la lumière j aillit, la première chose qu'elle fait est de
tuer. Nous ne devrions pas penser que la lumière nous permet
simplement de voir. Au contraire, lorsque la lumière jaillit, elle
commence par nous ôter la vue. La lumière nous permet de voir,
mais dans un deuxième temps seulement. Au début, elle nous
aveugle et nous fait tomber. Après, nous voyons. Tout ce qui ne
peut pas nous faire tomber à terre n'est pas la lumière. Tout ce
qui ne peut pas nous rendre humbles n'est pas la lumière. Paul
vit la lumière, il tomba à terre et resta aveugle pendant trois
jours (Actes 9.8-9). Dans un premier temps, quand nous rencon­
trons la lumière, nous ne savons plus où nous en sommes. Quand
un homme plongé dans les ténèbres voit la lumière, il ne dis­
tingue rien. Il est dérouté. Quiconque a confiance en lui et pense
tout savoir a besoin de la miséricorde de Dieu, parce qu'un tel
homme n'a jamais vu la lumière. Tout ce qu'il sait n'est que doc­
trines et connaissances. Une fois qu'il verra la véritable lumière,
il dira : « Seigneur, que sais-je ? Rien du tout. » Plus la révélation
est grande, plus l'on est aveuglé et plus le coup que l'on subit est
rude. La lumière rend une personne humble, elle la fait tomber à
terre. C'est seulement après que cette personne verra. Si nous
n'avons jamais reçu de coup et n'avons j amais été rabaissés, si
nous n'avons jamais été déroutés et pensé que nous ne savions
rien, nous n'avons jamais rencontré la lumière et nous sommes
touj ours dans les ténèbres. Que le Seigneur ait pitié de nous afin
que Sa lumière enlève notre confiance en nous-mêmes et que nous
ne soyons pas tellement assurés d'avoir raison et de connaître
beaucoup de choses. Que nous puissions dire devant le Seigneur :
« Seigneur, Tu es la lumière. Je sais maintenant que ce que je
voyais auparavant n'était rien que des choses. »

La lumière n'est pas quelque chose d'abstrait, c'est au con­


traire quelque chose de très concret. Le Seigneur Jésus est la
lumière. Quand Il était parmi nous, Il était lumière au milieu de
nous, la lumière même marchant parmi nous. Quel dommage que
tant de choses soient abstraites pour un si grand nombre de chré­
tiens ! Ils entendent de nombreuses doctrines, mais tout leur
CHRIST E ST LE PAI N DE VIE 43

paraît abstrait. Ils ne connaissent que des doctrines abstraites,


mais ils n'ont reçu aucune aide pratique.
Un frère a étudié dans une école paroissiale quand il était
jeune. Il allait souvent à l'église et a souvent entendu l'enseigne­
ment sur le salut. Pourtant il n'a j amais rencontré quelqu'un qui
fût sauvé, et n'était pas sauvé lui-même. Il rencontra un jour un
homme qui prêchait l'évangile. Lorsqu'il entendit ce message, il
fut sauvé. Il n'avait pas été sauvé plus tôt parce qu'il n'avait
entendu que des doctrines abstraites. Ce jour-là, il rencontra une
personne authentiquement sauvée, il rencontra quelque chose de
concret et il fut sauvé.
Un frère rapporta un jour l'expérience suivante concernant
l'étude de la Bible. Il dit : « J'avais entendu beaucoup de frères et
de sœurs parler de la sanctification et je me mis à étudier la doc­
trine de la sanctification. Je trouvai plus de deux cents versets
dans le Nouveau Testament qui parlaient de la sainteté. Je les
mémorisai tous et les classai dans un ordre adéquat. Pourtant je
ne savais touj ours pas ce qu'était la sanctification. Elle n'avait
aucun sens pour moi. C'est alors que je rencontrai une sœur plus
âgée, qui était une personne réellement sanctifiée. Ce jour-là mes
yeux s'ouvrirent et je vis ce qu'était la sanctification. Je rencon­
trai une personne qui était la sanctification. La lumière était si
vive qu'elle me faisait mal, je ne pouvais pas m'y soustraire. La
lumière me montra la signification de la sanctification. »

Ces expériences nous montrent que la lumière est quelque


chose de concret, de vivant et d'efficace. Si vous ne transmettez
que des doctrines aux autres, il n'y aura que des doctrines en eux.
C'est une chose morte et ce n'est pas la lumière de la vie. La
lumière de la vie brillera dans leur vie et resplendira depuis eux.
Nous devons nous souvenir qu'avec le Seigneur Jésus, la lumière
est quelque chose de concret. Avec nous, elle est aussi quelque
chose de concret. Cette lumière est une personne vivante. Lorsque
cette lumière paraît, elle est aussi quelque chose de vivant en
nous.
Frères et sœurs, pourquoi l a Parole de Dieu semble-t-elle avoir
perdu sa puissance ces temps-ci ? Pourquoi paraît-elle tellement
faible et abstraite ? La seule raison est qu'il y a trop de doctrines !
44 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

Il y a trop de « vérité » et trop de connaissance de la théologie !


Nous devons prendre conscience que seul le Seigneur vivant peut
produire des êtres vivants. Que le Seigneur ait véritablement
pitié de nous et qu'il nous montre, alors que les jours passent, que
toutes choses sont mortes et que seul le Seigneur est vivant. Dans
la chrétienté, même les choses les plus belles et les plus agréables
à entendre et les choses que les hommes considèrent comme les
plus spirituelles sont mortes si elles sont en-dehors de Christ. Le
Seigneur Lui-même devrait être tout en nous. Il est Lui-même
tout. Lui seul est vivant. Il vit en nous et lorsque nous Le trans­
mettons à d'autres, Il vit également en eux. Que le Seigneur ait
pitié de nous afin que nous nous prosternions devant Lui. En fai­
sant cela, nous Le connaîtrons d'une manière différente qu'avant.
CHAPITRE QUATRE

CHRIST EST LES RÉALITÉS ET


LES CHOSES DE DIEU

Références bibliques : Jean 1 . 29 ; 6.53 ; 8 . 12, 24, 28 ; 1 1 . 25 ; 14.6 ;


1 Co 1 . 30 ; Col 3.4 ; 1 Tm 1 . 1 ; Ps 2 7 . 1

LE BUT ET LES MOYENS DE DIEU - CHRIST

Le but de Dieu est Christ et Christ est aussi le moyen de Dieu.


Dieu utilise Christ comme moyen pour atteindre Son but, qui est
Christ. Ce sont surtout les épîtres aux É phésiens et aux Colos­
siens qui nous permettent de connaître et de voir le but de Dieu.
Dans ce message, nous aimerions examiner le but de Dieu selon
ces deux épîtres. Il y a une seule différence entre elles : É phésiens
nous montre que selon l'économie de la plénitude des temps, Dieu
veut réunir toutes choses en Christ, les choses qui sont dans les
cieux et les choses qui sont sur la terre ( 1 . 1 0 ) . Colossiens nous
montre que Dieu a non seulement donné Christ comme Tête sur
toutes choses, mais Dieu L'a aussi fait tout et en tous ( 1 . 18 ;
3. l lb). Colossiens nous montre que le but de Dieu est Christ, et
Son moyen est également Christ. Le but de Dieu est que Christ
soit la Tête sur toutes choses. Pour parvenir à ce but, Dieu doit
faire que Christ soit tout. Il doit être tout et en même temps Il
doit être en tous. Alors seulement toutes choses seront réunies
sous Sa Tête, car si Christ est tout et si Christ est en tous, toutes
choses seront réunies sous Sa Tête spontanément. Rappelez-vous
qu'aux yeux de Dieu, il n'existe pas de nombreuses choses. Aux
yeux de Dieu, il y a seulement Christ. Aux yeux de Dieu il n'y
a pas de réalités ni de choses, mais uniquement Christ. Ce que
nous considérons généralement comme des réalités et des choses
n'existe pas aux yeux de Dieu. Nous pouvons penser qu'il y a
beaucoup de réalités et de choses dans ce monde. Dans notre
46 C HRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

conception terrestre, il existe des réalités et il existe des choses.


Mais aux yeux de Dieu, Christ est tout. Il n'y a pas de réalités et
il n'y a pas de chose. Christ est l'ensemble des réalités et des
choses et Christ est toutes les choses. Le jour où Christ sera dans
toutes les réalités et dans toutes les choses, le dessein éternel de
Dieu sera accompli.
J'espère que vous voyez que Christ a réuni en Lui-même
toutes choses sous Sa Tête. Cela ne commencera pas dans l'avenir
quand le dessein éternel de Dieu sera accompli, cela commence
auj ourd'hui au travers de l'église.
Je ne souhaite pas trop approfondir ce soir, je n'effleurerai que
brièvement ce sujet. Dieu a ordonné que toutes les réalités et
toutes choses soient réunies sous la Tête de Christ à l'avenir.
Comment cela est-il possible ? Dieu dit que Christ est toutes
choses. Il est tout et en même temps, Il est en tous. Quand cela
arrivera, nous verrons uniquement Christ dans le monde. Nous
ne verrons plus de réalités ni de choses, parce que toutes les réali­
tés et toutes les choses auront disparu.
Auj ourd'hui dans l'église, Dieu commence à nous montrer que
Christ est toutes les réalités et les choses. Lorsque l'église verra
cela, elle commencera à vivre dans la sphère de l'esprit. Si les yeux
de l'église sont uniquement fixés sur les réalités et les choses, elle
n'a pas encore vu Christ.
Les réalités dont j e parle ne sont pas celles du monde, et les
choses dont je parle ne sont pas celles du monde. Il s'agit de
toutes les réalités et choses spirituelles.

LA RÉVÉLATION DE UÉVANGILE DE JEAN

Christ est les choses de D i eu

J'aimerais souligner quelque chose de très intéressant ici.


L' É vangile de Jean est le plus profond des É vangiles. C'est aussi
le dernier qui a été écrit. C'est le dernier livre du Nouveau Testa­
ment à avoir été écrit. Beaucoup d'épîtres et de livres ont été
écrits avant l'É vangile de Jean. Jean a écrit son É vangile en der­
nier. Il a écrit beaucoup de choses qui ne se trouvent pas dans les
autres É vangiles. Il a dit à la fin que notre compréhension de
CHRIST EST LES RÉALITÉS ET LES CHOSES DE DIEU 47

Christ devrait être la même que la compréhension qu'a Dieu


de Christ.
Ce que nous voyons dans ce livre n'est pas l'exigence de Dieu
pour un agneau ou Son don du pain de la vie. Nous ne voyons pas
simplement que Dieu a pourvu à un chemin, une vérité ou une
vie. Il ne s'agit pas de la puissance du Seigneur pour rétablir l a
vie, c e n'est p a s u n e question d e résurrection. Le sujet n'est pas
que le Seigneur Jésus est capable de donner la lumière, de rendre
la vue et de faire sortir des ténèbres ceux qui Le suivent. Dans
tout l'Évangile, nous voyons un seul fait important. Ce fait est
que Christ est toutes choses. L' É vangile de Jean dit qu'il est l a
lumière du monde, il n e nous dit pas qu'il nous donne la lumière.
Il dit qu'il est le pain de vie, il ne dit pas qu'il nous donne le pain
de vie. Il dit qu'il est le chemin, il ne dit pas qu'il peut nous mon­
trer le chemin. Il dit qu'il est la vérité, il ne dit pas qu'il peut
nous enseigner une vérité. Il dit qu'il est la vie, il ne dit pas qu'il
peut nous donner l a vie. Lorsque Lazare est mort, le Seigneur n'a
pas dit à Marthe et à Marie qu'il avait le pouvoir de ressusciter
leur frère, Il a dit qu'il est la résurrection.
Souvenez-vous que le pain de vie est une chose, de même que
la lumière, le chemin, la vérité, la vie, la résurrection et l'agneau.
Mais dans l a foi chrétienne, nous ne trouvons pas de choses indi­
viduelles. Dans l a foi chrétienne, il n'y a que Christ ! Tout tourne
autour de Christ.
Nous devons voir auj ourd'hui une chose devant le Seigneur.
Nous devons comprendre que dans notre expérience il n'y a pas
beaucoup de réalités et de choses. Dans notre expérience, il y a
uniquement Christ. Il ne nous donne pas la lumière, Il est notre
lumière. Il ne nous dirige pas vers un chemin, Il est notre chemin.
Il ne nous donne pas la vie, Il est notre vie. Il ne nous apprend pas
à comprendre une vérité, Il est la vérité. Mes frères, voyez-vous l a
différence ? Tout c e que Dieu nous a donné est Christ Lui-même.
J'ai enseigné un jour un fait spirituel à un groupe de person­
nes. Tandis que je parlais, beaucoup d'yeux ont commencé à
me fixer. Je disais : « Laissez-moi vous dire un fait essentiel : le
Christ de Dieu est les réalités de Dieu. Dieu n'a pas de réalités, Il
a seulement Christ. Il ne nous a pas donné l a lumière, Il nous
48 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

a donné Christ. Il ne nous a pas donné la nourriture, Il nous a


donné Christ. Il ne nous a pas donné un chemin, une vérité et une
vie, Il nous a donné Christ. Le Christ de Dieu est toutes les
choses. En-dehors de Christ, Dieu n'a rien. »

CE QUE PAUL SAVAIT

Christ est notre espérance

J'aimerais souligner que non seulement la propre parole du


Seigneur atteste cela, mais que Paul l'a aussi affirmé. Il connais­
sait le Seigneur et il nous a montré quelque chose de très
intéressant. Il a dit à Timothée : « Christ Jésus notre espérance »
( 1 Tm 1 . 1 ). J'aime cette parole. Et vous ? Il n'a pas dit que notre
espérance est en Christ Jésus. Il a dit au contraire que Christ
Jésus est notre espérance. Nous ne plaçons pas notre espérance
en Lui, pas plus que nous ne tirons notre espérance de Lui. C'est
plutôt Christ Jésus qui est notre espérance.

Christ est notre vie

Il a aussi dit aux Colossiens : « Quand Christ, notre vie, sera


manifestée . . . » (Col 3.4). Il n'a pas dit : « Quand Christ sera mani­
festé '» mais : « Quand Christ, notre vie, sera manifesté. » Il a dit
que Christ est notre vie. Un chrétien n'a pas beaucoup de réalités,
un chrétien a uniquement Christ.

Christ est notre sagesse :


j ustice, sanctification, rédemption

Ce n'est pas tout. Le verset que nous soulignons plus que n'im­
porte quel autre dans ces messages est 1 Corinthiens 1 .30. Que
dit-il ? Ceci : « Mais c'est de lui que vous êtes en Christ Jésus, qui
est devenu sagesse de la part de Dieu pour nous : j ustice, sanctifi­
cation et rédemption. » Dieu ne nous a pas donné la justice. Il
nous a donné Christ. Christ est notre j ustice. Dieu ne nous a pas
donné la sanctification. Il nous a donné Christ. Christ est notre
sanctification. Dieu ne nous a pas donné la rédemption, Il nous a
donné Christ. Christ est notre rédemption. Dieu ne nous a pas
donné la sagesse, Il nous a donné Christ. Christ est notre sagesse.
CHRIST EST LES RÉALITÉS ET LES CHOSES DE DIEU 49

C'est pour cela que nous disons que le Christ de Dieu est les
choses de Dieu. Le Christ de Dieu est les réalités et les choses de
Dieu. En-dehors de Christ, Dieu n'a aucune réalité ni chose.

Christ est notre justice


Si Dieu nous déclarait : « J'ai fait du Seigneur Jésus le Sei­
gneur de j ustice ; Il est celui qui vous justifie '» que diriez-vous ?
Vous diriez : « Oui, Il nous a justifiés. » Mais Dieu n'a pas demandé
au Seigneur Jésus d'être le Justificateur. Il a demandé au Sei­
gneur Jésus d'être notre j ustice. Est-ce bien ? C'est excellent. Il
n'est pas le Justificateur, mais notre justice. Il est notre j ustice.

Christ est notre sanctification


Paul n'a pas dit que le Seigneur Jésus est devenu « Celui qui
sanctifie "· Il a dit au contraire que Christ est sanctification. Le
Seigneur Jésus ne nous sanctifie pas. Il devient Lui-même notre
sanctification. Dieu a fait du Seigneur Jésus notre sanctification.
Notre sanctification est Christ. Elle n'est pas une chose. Elle n'est
pas un acte ou un comportement. Notre sanctification est une
personne : Christ.

Christ est notre rédemption


Là encore, Paul n'a pas dit que le Seigneur est notre Rédemp­
teur. Il a dit qu'il est notre rédemption. N'est-ce pas étrange ? Un
Corinthiens 1 .30 ne dit pas dit que Dieu a voulu que le Seigneur
Jésus soit un Rédempteur. Ce verset dit au contraire que le Sei­
gneur Jésus est rédemption.
Dieu soit remercié de ce que notre Rédempteur est Christ et
que notre rédemption est également Christ. Celui qui sanctifie
est Christ, et notre sanctification est aussi Christ. Celui qui jus­
tifie est Christ, et notre j ustification est aussi Christ. Celui qui
donne la sagesse est Christ, et cette sagesse est aussi Christ !

CE QUE DAVID SAVAIT

Christ e st notre salut

Si je me tiens debout ici et vous dis : « Le Seigneur Jésus est


50 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

notre Sauveur », vous me répondrez : « C'est vrai, le Seigneur


Jésus est notre Sauveur. » Mais le Psaume 27 . 1 nous dit que le
Seigneur est notre salut. Il nous montre que le Seigneur est notre
salut et non pas notre Sauveur. C'est un fait que le Seigneur est
notre Sauveur. Mais Dieu a montré à David que le Seigneur est
notre salut. Le Seigneur est notre Sauveur, mais Il est aussi notre
salut. Il est cette chose même. Le Seigneur Jésus est les choses de
Dieu. Il est les réalités et les choses de Dieu. Le Seigneur Jésus
Lui-même est la chose que Dieu nous a donnée.
Je n'ai pas l'intention de consacrer trop de temps à présenter
ce que dit la Bible. Je pose simplement un fondement. Si vous
passez du temps à étudier la Parole de Dieu, vous verrez que
Christ est les choses de Dieu. Dieu ne nous L'a pas seulement
donné pour être notre Sauveur et notre Rédempteur. Il ne nous
L'a pas seulement donné pour être le Seigneur de sanctification et
le Seigneur de justice. Il nous a donné Christ pour qu'Il soit nos
choses. La justice est une chose, l a sanctification est une chose et
l a j ustification est une chose ou une notion. Mais Christ est ces
notions ou choses.

IL N'EXISTE QU'UNE SEULE PERSONNE


DANS LE CHRISTIANISME DE VIE

Vous me demanderez peut-être : « Frère, pourquoi faut-il que


nous passions tellement de temps sur tout cela ? » Je dois vous
dire que c'est là que réside l a différence entre un christianisme de
vie et un christianisme de comportement. La différence entre les
deux est énorme. L'abîme qui les sépare est très grand. L'un est
spirituel, tandis que l'autre ne l'est pas. L'un est de Dieu, tandis
que l'autre est issu de l'intellect de l'homme. Ce sont deux choses
totalement différentes. Si vous étudiez la Parole de Dieu , vous ne
trouverez qu'une personne dans Sa Parole. Il n'y a pas beaucoup
de choses. Il y a uniquement la personne. Il n'y a pas de réalités ni de
choses. Il n'y a qu'une personne : le Seigneur Jésus. À part cette per­
sonne, l'on ne saurait trouver aucune autre réalité ou chose.
Le plus grand problème avec les enfants de Dieu auj ourd'hui
est que le christianisme qu'ils connaissent est un christianisme
fragmenté. Tel reçoit un peu de grâce, tel autre un petit don. Un
CHRIST EST LES RÉALITÉS ET LES CHOSES DE DIEU 51

troisième reçoit l e parler en langue, tandis qu'un quatrième cons­


tate des changements dans son comporteménT. C ertains ont de
l'amour, d'autres de la patience et d'autres encore de l'humilité.
Vous pouvez considérer cela comme étant le christianisme. C'est
en effet le christianisme dont beaucoup parlent aujourd'hui. Mais
en réalité, ce n'est pas le christianisme. Le christianisme est uni­
quement Christ. Ce n'est pas un don, ce n'est pas Christ qui vous
donne quelque chose. Le christianisme est uniquement Christ
Lui-même. Comprenez-vous la différence entre les deux ? Ce sont
deux voies totalement différentes. Le christianisme n'est pas
Christ qui vous donne quelque chose. Le christianisme est Christ
qui Se donne Lui-même à vous. Le problème est que dans le chris­
tianisme actuel , l'homme pense seulement en termes de dons de
Christ. Lorsqu'il était encore pécheur, Christ lui a donné la grâce
et la miséricorde. Maintenant qu'il est devenu chrétien, Christ lui
donne la patience et Christ lui donne l'humilité et la douceur. On
a l'impression que Christ lui donne beaucoup de choses.

IL Y N'A PAS DE CHOSES NON-PERSONNIFIÉES


DANS LE CHRISTIANISME

Ce qui est important aux yeux de Dieu, ce ne sont pas les dons
de Christ. Aux yeux de Dieu, Il nous a donné Christ Lui-même.
Dieu ne nous a pas donné l'humilité ou la patience, Il nous a
donné Christ tout entier. Christ devient notre humilité et Christ
devient notre patience et notre douceur. C'est Christ, le Seigneur
vivant. C'est cela, le christianisme.
Rappelez-vous qu'il n'y a pas de choses non-personnifiées dans
le christianisme. Nous ne devons j amais recevoir simplement une
chose non-personnifiée. Dans le christianisme, toutes les choses
sont personnifiées, et cette personne est Christ. En d'autres
termes, notre patience n'est pas une chose, elle est une personne.
Notre sanctification n'est pas une expérience, elle est une per­
sonne, quelque chose qui est personnifié. Notre justification n'est
pas une expérience, elle est une personne. Notre j ustice n'est pas
un acte, elle est une personne. Notre rédemption et notre déli­
vrance ne sont pas quelque chose que nous recevons à un moment
donné, elles sont une personne. Notre patience, notre humilité,
52 C HRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

notre douceur, notre amour, etc. sont le Seigneur Lui-même, ce ne


sont pas des choses. C'est cela, le christianisme. Christ est tout
pour les saints aujourd'hui. Il est inutile d'attendre un jour futur
où ce sera le cas.
Beaucoup demandent comment nous pouvons affirmer que
Christ est tout. Si vous connaissez le christianisme de vie, vous
reconnaîtrez qu'Il est tout. Il ne nous donne pas tout, mais Il est
tout. Ce sont deux principes entièrement différents.
Pourquoi les enfants de Dieu chutent-ils tellement aujourd'hui ?
Parce qu'ils ont seulement reçu un don devant le Seigneur. Ils
n'ont pas reçu Christ. Ils ont reçu des choses fragmentaires
devant le Seigneur. Ils n'ont pas reçu le Christ que Dieu leur a
donné. Ils n'ont reçu que des réalités et des choses, ils n'ont pas
reçu une personne. J'ignore combien vous avez vu devant le Sei­
gneur. Mais je peux vous dire que lorsque cette question sera
réglée, toutes les questions seront réglées.
À leur conversion, beaucoup d'entre nous ont entendu la
Parole de Dieu, qui dit qu'Il a tant aimé le monde qu'Il a donné
Son Fils unique, afin que nous ne périssions pas, mais que nous
ayons la vie éternelle. En entendant une telle parole, nous avons
ressenti notre besoin de salut. Nous nous sommes donc approchés
de Dieu et Lui avons dit : « Seigneur, Tu m'as aimé et Tu T'es
donné pour moi. Peux-Tu aussi me donner Ton salut ? Tu es devenu
mon Sauveur. Peux-Tu aussi me donner Ton salut ? » Comme
nous étions stupides ! Nous pensions qu'Il ne suffisait pas d'avoir
un Sauveur et que nous avions aussi besoin du salut ! Nous
sommes nombreux à avoir réagi ainsi. Et que faisons-nous dans
notre prédication de l'évangile ? Nous disons que Dieu nous a
donné le Sauveur, et pourtant, lorsque nous nous repentons, nous
prions : « Dieu, accorde-moi Ton salut. » Mais Dieu n'a qu'un Fils,
et ce Fils est le salut. Quand nous avons le Sauveur, nous avons le
salut. Avons-nous quand même besoin de demander le salut ?
Seul un homme insensé dirait : « Dieu, Tu m'as donné un Sau­
veur. Donne-moi le salut maintenant, s'il Te plaît. »

" JE SUIS ... .,

Auj ourd'hui, nous sommes chrétiens, et nous sommes sauvés.


CHRIST EST LES RÉALITÉS ET LES CHOSES DE DIEU 53

Dieu nous a donné Christ pour être notre vie. Mais nous sommes
constamment en train de demander une chose après l'autre, nous
demandons une, deux, trois, dix, cinquante, cent, dix mille, un
million et dix millions de choses. Nous pensons que ces choses
individuelles sont importantes. Mais Dieu nous montre que Christ
est notre tout.
C'est la raison pour laquelle la Parole de Dieu nous montre
que le nom de Christ est : « Je suis. » Peut-être ne devrais-j e pas
parler autant de ce sujet en-dehors de la Bible et considérer davan­
tage ce que la Bible en dit.

La nourriture

Dans l 'É vangile de Jean, Jésus dit qu'Il est le pain de vie.
Nous demandons souvent à Dieu de nous donner de l a nourriture,
nous pensons qu'il existe quelque chose appelé nourriture. Nous
avons faim et nous disons à Dieu : « Donne-nous à manger. » Mais
étrangement, ceux qui demandent de la nourriture n'en reçoivent
j amais. Ceux qui demandent de la nourriture ont toujours faim.
Ceux qui supplient Dieu de leur donner de la nourriture sont
ceux qui ont toujours faim. Je ne peux pas dire que je sers le Sei­
gneur depuis longtemps. Mais je peux au moins dire que je L'ai
servi depuis un certain nombre d'années. Durant ces années, j e
n'ai j amais rencontré personne qui ait demandé d e l a nourriture
et qui l'ai reçue. Vous pouvez objecter : « Cela signifie-t-il que la
Parole de Dieu se trompe ? Luc 1 . 53 ne dit-il pas que Dieu rassa­
siera les affamés ? » À ceux-là, je répondrai qu'il est vrai que ceux
qui ont faim seront rassasiés de bonnes choses. Mais avec quoi
seront-ils rassasiés ? Nous devons comprendre que ce qui nous
rassasie, ce n'est pas de la nourriture, mais Christ. Nous avons
souvent faim et nous ressentons un besoin. Nous nous sentons
vides et nous croyons que Dieu a la nourriture pour nous. Alors
nous prions et nous espérons recevoir à manger. Mais nous igno­
rons comment nous pouvons recevoir la nourriture. Tout ce que
nous savons, c'est que nous devons nous approcher du Seigneur,
croire davantage, recevoir plus et profiter de plus. Mais chose
étrange, quand nous croyons plus, recevons plus et nous atten­
dons plus à Lui, nous ne recevons pas la nourriture que nous
54 C HRIST E S T TOUTES LES RÉALITÉS

avions espérée, et pourtant nous sommes rassasiés. Nous ne rece­


vons pas la nourriture que nous nous attendions à recevoir. Mais
en fixant nos regards sur le Seigneur, en Le contactant et en Le
recevant, nous sommes rassasiés. La nourriture de Dieu est Christ.
Sa nourriture n'est pas une simple nourriture. Dieu n'a pas de
notions, Sa nourriture est simplement Christ. Les Chinois ont
une expression idiomatique « Chien-pien-yi-lu » qui signifie : « mille
pages de la même chose » . Il n'est pas bon que ce soit toujours l a
même chose. Mais devant le Seigneur, toutes l e s choses d e Dieu
sont « mille pages de l a même chose » . Quoi que ce soit que nous
recherchions devant le Seigneur, ce qu'Il nous donne est la même
chose : Christ. Il est « mille pages de la même chose ». Il est Celui
qui comble notre besoin, les choses ne comblent pas notre besoin.

La j u stice et la sanctification

Souvent, je peux louer Dieu et me réjouir pour une seule


raison : ma j ustice n'est pas ma conduite, ma justice est une per­
sonne, qui est le Seigneur Jésus. Parce que le Seigneur Jésus est
devenu ma justice, à chaque fois que je mentionne ma j ustice, j e
peux dire non seulement que j'ai l a j ustice ou l a justification,
mais je peux aussi parler à ma Justice, louer ma Justice et rendre
gloire à ma Justice. N'est-ce pas là une parole merveilleuse ? Vous
vous demandez peut-être comment on peut donner gloire à sa jus­
tice. Oui, j e donne souvent gloire à ma Justice, parce que ma
Justice est le Seigneur Jésus. Ma sanctification n'est pas mon tra­
vail. Quand je loue ma Sanctification, je ne loue pas mon travail .
Non, je déteste mon travail . Et pourtant je peux dire que je loue
ma Sanctification, parce que ma sanctification est mon Seigneur.
C e sont là deux choses entièrement différentes. Comprenez-vous
cela ? Ce ne sont pas des choses, mais le Seigneur.

DIEU ARRACHE ET CONSTRUIT

Notre expérience spirituelle nous permet de constater un fait.


C ertains sont chrétiens depuis un, deux, trois, cinq ou même vingt
ou trente ans. La chose étrange est qu'au moment où ils sont deve­
nus chrétiens, ils étaient très patients. Mais plus ils avançaient
dans leur vie chrétienne, moins ils étaient capables de contrôler
CHRIST EST LES RÉALITÉS ET LES CHOSES DE DIEU 55

leur caractère et plus mauvais ils devenaient. Je me souviens que


beaucoup de chrétiens m'ont dit qu'au début, ils étaient très
patients. Ils étaient capables de pardonner, ils priaient et ils sup­
portaient n'importe quel traitement venant des autres. Ceux-ci
pouvaient les traiter comme ils voulaient à l'école, à la maison et
au travail. Mais maintenant, ils ne peuvent plus tolérer le même
genre de choses. Avant, ils pouvaient tout faire. Maintenant, ils
en sont incapables. Parfois ils arrivaient à réfréner leur mauvaise
humeur, mais quelque chose en eux demandait vengeance. Nous
avons vu trop d'exemples de ce genre. Je peux vous raconter cent
et même dix mille histoires comme cela. Beaucoup peuvent témoi­
gner qu'autrefois ils étaient humbles, mais qu'ils ne le sont plus.
Ou qu'ils étaient patients mais ne le sont plus. Autrefois ils
aimaient, mais ils n'aiment plus. Ils étaient doux, mais sont deve­
nus têtus. Ils étaient zélés, mais sont auj ourd'hui froids. Ils ne
parviennent pas à expliquer ce changement.
Frères, nous devons nous rappeler que Dieu doit enlever tout
ce que nous avons. Quand nous sommes venus au Seigneur, nous
avons senti que nous manquions d'amour, et nous avons demandé
à Dieu de nous en donner. Pour le dire simplement, Dieu nous a
donné une « dose » d'amour, ou un « paquet » d'amour, pour que nous
puissions aimer. C'était une chose pour nous. Peut-être avons-nous
reçu beaucoup de ces choses. Mais Dieu ne peut pas tolérer que
l'amour reste toujours une chose en nous. Il doit mettre Christ en
nous. C'est pourquoi Il enlève cet amour. Beaucoup avaient mau­
vais caractère avant de venir au Seigneur, ils s'emportaient
facilement. Lorsqu'ils ont reçu de la patience, celle-ci est devenue
une chose, un don, un salut ou une pièce détachée pour eux. Aussi
longtemps qu'ils l'avaient, tout allait bien. Au cours de la pre­
mière, de la deuxième ou de la troisième année, ces choses leur ont
peut-être suffi. Cependant, vers la cinquième année, ou peut-être
dès la troisième, la situation a commencé à changer. Les choses
elles-mêmes avaient disparu. Auj ourd'hui, Dieu accomplit cette
même œuvre chez beaucoup de Ses enfants. Il enlève toutes les
choses. Il enlèvera non seulement les choses du monde, mais
aussi les spirituelles. Avant que vous ne soyez sauvé, les réalités
et les choses du monde prenaient la place de Christ. Une fois que
56 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

vous avez été sauvé, ce sont les réalités et les choses spirituelles
qui ont pris la place de Christ. Le jour viendra où Dieu vous mon­
trera que « Christ est le monde entier pour vous ». Autrefois, Dieu
vous a enlevé les réalités et les choses du monde. À présent, I l vous
enlève les réalités et les choses spirituelles. Il enlèvera votre
patience, votre amour, votre puissance, votre douceur, votre humi­
lité et tout ce que vous avez. I l vous montrera que vous ne vivez
pas par la patience, mais par une personne. Vous serez patient
parce que vous aurez reçu une personne, et non parce que vous
avez reçu une puissance. Vous serez humble, non parce que vous
avez reçu une puissance, mais parce que vous aurez reçu une per­
sonne. Toutes les choses spirituelles doivent disparaître.
Pour cette raison, l'œuvre de démolition de Dieu, de même que
celle de construction, se poursuivent quotidiennement chez beau­
coup de Ses enfants. Chaque jour, des « choses » sont arrachées et
Christ est édifié. C'est ainsi que Dieu traite avec Ses enfants.
Par le passé, Dieu vous a peut-être donné une chose, Il vous a
peut-être donné la capacité d'être patient. Vous étiez tellement
certain de cette expérience que vous pouviez presque affirmer par
écrit : « Mon combat avec l'impatience est terminé. » Puis vous
avez été confronté à la question de l'humilité et Dieu vous a
donné autre chose. Il vous a donné la force de vous humilier et
vous avez pu dire que le problème de l'humilité était aussi réglé.
Lorsqu'un autre problème se présente, vous priez chaque j our le
Seigneur de le régler. Vous êtes toujours occupé à régler tel ou tel
problème. Vous êtes toujours en train de gérer telle ou telle ques­
tion. Vous cherchez toujours à résoudre des problèmes isolés.
Frères, Dieu enlèvera un grand nombre de « choses » de vous. Il
ne vous en donnera qu'une seule. Il vous donnera uniquement
une personne. Celle-ci sera votre humilité, votre patience, votre
douceur et votre amour. Il est Celui qui est. Quand vous L'avez,
vous pouvez dire véritablement ; « Dieu, Tu es le Je suis. » C'est
cela le christianisme. Dieu est continuellement en train d'arra­
cher et de construire. Il poursuivra cette œuvre jusqu'au jour où
nous pourrons affirmer que Christ est tout. Un jour, l'univers
entier confessera que Christ est tout. Mais Dieu veut d'abord que
nous confessions en nous-mêmes que Christ est tout.
CHRIST EST LES RÉALITÉS ET LES CHOSES DE DIEU 57

Pardonnez-moi de parler de moi-même. Je me préoccupe beau­


coup des autres et je porte lourdement la responsabilité de leur
condition spirituelle. Lorsque j e rencontrais un frère qui avait
tort, j'essayais souvent de l'exhorter. Mais je ne pouvais que lui
dire : « Frère, tu manques d'amour. La prochaine fois, tu dois
aimer ton frère. » Peut-être avait-il réussi à aimer et peut-être
ai-je été content de voir des résultats de mon travail. Mais en
réalité, ce qu'il avait acquis, c'était l'amour et non Christ. Pour ce
frère, l'amour n'était pas une personne, mais une chose, un com­
portement. C'est là un christianisme de comportement. C'est un
comportement humain. C'est un homme qui travaille, qui s'ef­
force, qui espère, qui prie, qui reçoit et qui acquiert quelque chose
qui s'appelle l'amour. C'est pour cela que je dis que l'amour est
uniquement une chose et un comportement pour lui. Mais si cet
amour est Christ, c'est une histoire totalement différente. Christ
seul est tout, ce n'est pas l'homme. Christ est amour, ce n'est pas
lui qui aime. Cela fait de l'amour une loi de la vie et non plus un
acte de volonté. Nous avons l à un type différent de christianisme.
Je ne sais pas si vous avez vu la différence. Que ressentez­
vous quand vous aidez un frère, que vous lui ouvrez les yeux et
l'aidez à avancer avec le Seigneur ? La chose l a plus difficile à
laquelle nous sommes confrontés auj ourd'hui est que beaucoup de
personnes sont simplement impliquées dans les choses du chris­
tianisme. Elles ne connaissent pas Christ et n'ont pas compris
que la chose de Dieu est uniquement Christ.

LA SECONDE ÉTAPE DE LA CONNAISSANCE

Que veut dire connaître Christ ? Je peux dire que connaître


Christ, c'est Le connaître au travers des réalités et des choses.
Que cela signifie-t-il ? C'est savoir que Christ est nos réalités et
que Christ est nos choses. Certains peuvent dire qu'ils connais­
sent Christ comme leur patience, Christ comme leur amour ou
Christ comme leur humilité. C'est cela, connaître Christ. Une fois
qu'une personne a cette connaissance, elle expérimentera un chan­
gement total. Une fois qu'elle aura connu ce changement, elle dira
que ce monde ne consiste plus en choses. Je crois que certains
parmi nous peuvent affirmer cela et savent ce que cela signifie.
58 CHRIST E S T TOUTES L E S RÉALITÉS

Dans mon monde, mon monde spirituel, il n'existe pas beaucoup


de choses. Dans mon monde spirituel, il y a uniquement Christ.
Je n'ai aucune sainteté, j'ai uniquement Christ. Mais cela ne veut
pas dire que je ne suis pas saint. Cela veut dire que Christ est
devenu ma sainteté. Si vous avez fait cette expérience, vous verrez
immédiatement que Christ est Celui qui est. C'est le centre de
toutes choses : Christ est Celui qui est. Si vous avez fait cette
expérience, vous serez délivré de toutes les choses extérieures. La
seule question à présent est de savoir si vous connaissez ou non
Christ. Ce n'est pas une affaire de prière, d'exhortation ou d'en­
couragement.
Je souhaite que mes collaborateurs attachent davantage d'im­
portance à ce sujet. Ce n'est pas une question d'exhortation ou
d'encouragement. Si vous essayez d'encourager quelqu'un, vous
réussirez tout au plus à le pousser à faire quelque chose par
lui-même. Mais la seule chose qui compte est que Dieu ouvre les
yeux de l'homme pour qu'il puisse voir Christ. Même si j e répétais
ce que j'ai déj à dit une centaine de fois, ce serait inutile. Si Dieu
ouvre nos yeux pour que nous puissions voir que Christ est Celui
dont nous avons besoin, tout est réglé. Beaucoup connaissent
Christ comme le Seigneur de la j ustification, mais ils continuent
à craindre Dieu et ne savent pas que Christ est leur j ustice. Beau­
coup connaissent Christ comme Celui qui sanctifie, mais ne sont
pas encore sanctifiés. La raison en est qu'ils pensent qu'ils man­
quent de sanctification. Ils pensent que le Seigneur est Celui qui
les sanctifie, et ils Lui demandent le leur donner l a force d'être
sanctifiés. Ils veulent être sanctifiés. Mais alors qu'ils font cela,
ils se rendent compte qu'ils en sont incapables. Ils ne peuvent pas
le faire, ils ne peuvent pas être sanctifiés. Dieu leur ouvre alors
les yeux et leur donne la lumière suffisante pour voir que Christ
est leur sanctification. Dieu ne leur demande pas d'être sancti­
fiés, Il ne leur donne pas la force d'être sanctifiés. Mais c'est
Christ qui devient leur sanctification . Christ en eux est devenu
leur sanctification. Lorsque tel est le cas, tous les problèmes dis­
paraissent parce qu'Il est le « Je suis " · Je peux me permettre de
perdre ma puissance. Mais je ne peux pas me permettre de perdre
Christ. Ma sanctification n'est pas quelque chose que j'accomplis
CHRIST EST LES RÉALITÉS ET LES CHOSES DE DIEU 59

en moi-même. Ma sanctification est quelque chose qu'Il a accom­


pli en moi . Une fois que j e sais ce que Christ est pour moi, tous les
problèmes sont résolus. Christ est Celui qui est. Je n'ai rien d'autre
à dire. Je n'ai qu'une seule chose à vous dire : Christ est Celui qui
est.
Malheureusement, bien que nous soyons nombreux à savoir
que Christ est notre Seigneur, nous ignorons que Christ est nos
réalités et nos choses. Tous ceux qui Le connaissent uniquement
comme le Rédempteur, le Justificateur, le Sanctificateur ou quelque
autre nom en « eur ,, connaissent seulement Son œuvre. Ils igno­
rent ce qu'Il est. Mais Dieu veut que nous Le connaissions comme
rédemption, sanctification et justice.
Permettez-moi de vous poser cette question : Le Seigneur
Jésus que vous connaissez est-Il votre Sauveur ou votre salut ? Le
Seigneur que vous connaissez est-Il votre Rédempteur ou votre
rédemption ? Est-Il votre Libérateur ou votre libération ? Est-Il
votre Sanctificateur ou votre sanctification ? Est-Il votre Justifi­
cateur ou votre j ustice ? Ceux qui Le connaissent comme leur
« eur ,, n'ont de Lui qu'une connaissance superficielle. Ceux qui
Le connaissent comme les réalités et les choses accèdent à un
deuxième niveau de connaissance, plus élevée et plus profonde.
Le problème parmi les enfants de Dieu est qu'il y a trop de
choses. Lorsque nous connaîtrons notre Seigneur comme Celui qui
est, nos choses deviendront une personne et tout sera réglé. Alors
le dessein de Dieu, qu'Il accomplira parfaitement dans l'éternité,
sera accompli en nous.
Si notre sainteté, notre rédemption, notre régénération, notre
puissance, notre grâce et notre talent restent uniquement des
choses, nous touchons à peine l a périphérie du christianisme.
Lorsque nous ne verrons plus tout cela comme des choses, mais
comme le Seigneur Lui-même, nous commencerons à connaître
Dieu. Nous entrerons alors dans le dessein éternel de Dieu. De là,
nous ne verrons plus les multiples choses du monde. Nous verrons
le Seigneur seul. Il deviendra Celui autour duquel s'articulent
toutes choses.
C'est pour cela que j'ai dit au début que beaucoup ont des
choses qui sont mortes. C'est seulement lorsqu'ils comprendront
60 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

ce dont nous parlons ici que leurs choses seront personnifiées.


C'est Lui. Notre régénération n'est pas une chose, mais une per­
sonne. Nous avons quelqu'un qui est personnifié, et non une
chose. Tout ce que j'ai est personnifié, parce que tout ce que j'ai
est le Seigneur. D'abord, le Seigneur nous amène à Le connaître.
Puis Il nous fait comprendre qu'Il est nos choses. Lorsque nous Le
connaîtrons Lui comme toutes choses, nous serons délivrés de
notre propre vie, et nous serons même délivrés du monde spiri­
tuel et des choses spirituelles. À compter de ce j our, nous dirons
véritablement que le Seigneur est tout et en tous. Nous dirons
véritablement qu'Il est tout dans notre vie. Si je suis patient
aujourd'hui, ce n'est pas moi qui suis patient, mais c'est Christ
qui est ma patience en moi. Si j'aime aujourd'hui, je ne suis pas
celui qui essaie d'aimer. La puissance de l'amour n'est pas en moi,
mais c'est une personne qui aime en moi. Si je suis capable de
pardonner aujourd'hui, ce n'est pas parce que je suis indulgent, ce
n'est pas parce que j'ai fait un effort par moi-même et ce n'est pas
parce que je suis capable. Si je peux pardonner aujourd'hui, c'est
parce qu'il y a Quelqu'un en moi qui pardonne touj ours. Il est
mon pardon. Nous sommes humbles, non pas parce que nous nous
sommes commandés intérieurement de ne pas être trop orgueil­
leux et d'être humbles. Nous ne devenons pas humbles en suppri­
mant notre orgueil ou en décidant de l'être. C'est plutôt une
personne qui vit l'humilité en nous, Il est notre humilité. C'est
pour cela que nous pouvons être humbles. C'est là la loi de la vie
dont nous avons parlé au cours des mois passés. La loi de la vie n'est
rien d'autre que Christ devenant nos choses et Christ devenant
notre vie.
Frères et sœurs, puisse le Seigneur ouvrir nos yeux. Nous prions
qu'Il ouvre véritablement nos yeux pour que nous puissions voir.
Toutes les choses finiront par passer, et Lui seul demeurera. C'est
pourquoi, ici, nous ne devrions avoir que Lui seul.
CHAPITRE CINQ

CHRIST SEUL - NON LES RÉALITÉS


OU LES CHOSES

Références bibliques : Jean 8.28 ; Col 3.3-4 ; 1 . 16-20

LES PENSÉES ET LES EXIGENCES DE L'HOMME

Le premier don que nous avons reçu de Dieu était le Fils de


Dieu, qui est Christ. Mais les degrés de connaissance de Dieu
varient selon les personnes. Certains parmi les enfants de Dieu
connaissent le Seigneur Jésus comme un des nombreux dons de
Dieu, alors que d'autres Le connaissent comme le don unique
de Dieu. Beaucoup confessent que le Seigneur Jésus est le don de
Dieu, ce qui signifie qu'ils Le reconnaissent comme le don unique
de Dieu. Mais beaucoup d'autres acceptent le Seigneur Jésus uni­
quement comme leur premier don. Ils voient beaucoup d'autres
dons en-dehors du Seigneur Jésus. Il y a le premier don, mais il y
a aussi le deuxième, le troisième, le quatrième, le cinquième, le
dixième, le millième et même le dix-millième don.
Lorsque beaucoup de gens croient au Seigneur, ils L'acceptent
et sont sauvés. Mais une fois sauvés, ils constatent qu'en dépit
de leur salut, ils ont encore beaucoup de manquements et de
besoins.
Certains trouvent qu'ils ont mauvais caractère. Bien que
sauvés, ils continuent à s'emporter. Certains trouvent qu'ils sont
très orgueilleux. Bien qu'ils soient sauvés, leur orgueil continue à
les suivre. Beaucoup trouvent qu'ils sont faibles et timides. Bien
que sauvés, ils restent timides.
C'est pourquoi nous constatons que beaucoup d'enfants de
Dieu, une fois qu'ils ont été sauvés, espèrent, demandent, croient
et prient devant le Seigneur, et reçoivent par conséquent de
62 CHRIST E S T TOUTES LES RÉALITÉS

nombreux dons. Ils considèrent l e Seigneur Jésus comme un de


leurs nombreux dons. Ils voient le Seigneur Jésus comme un parmi
les nombreux dons de Dieu. C'es t-à-dire qu'Il n'est pour eux que
le premier de nombreux dons.
Il est intéressant de constater qu'au début de notre recherche
du Seigneur, nous voyons beaucoup de besoins en nous. Nous pen­
sons que, puisque nous sommes chrétiens, nous ne devrions pas
faire telle et telle chose. Nous sommes certains d'être d'authenti­
ques chrétiens et pourtant nous avons beaucoup de manquements.
La nature de ces manquements importe peu, du moment qu'il
s'agit de manquements, nous les considérons comme mauvais et
nous faisons tout pour nous en débarrasser. Pour cette raison,
nous prions devant Dieu, nous espérons, nous croyons et nous lut­
tons, et nous finissons par recevoir quelque chose. Quand c'est le
cas, nous avons l'impression d'avoir surmonté nos manquements
et nous nous réjouissons dans notre cœur d'avoir acquis un don.
Ainsi, beaucoup d'enfants de Dieu se mettent à penser que le
but des dons et de la grâce de Dieu est simplement de pallier nos
manquements. En entendant cela, certains demanderont peut-être :

« Si la grâce de Dieu n'est pas là pour combler mes manquements,


à quoi sert-elle ? » Beaucoup pensent que la grâce de Dieu est
là pour combler leurs manquements. C'est comme une Bible qui
comporte deux mille pages. S'il manque une page, nous essayons
de compenser cette absence. C'est ce que nous faisons lorsque
nous essayons d'utiliser la grâce de Dieu pour combler nos man­
quements. En d'autres termes, nous pensons qu'il nous manque
simplement une partie. Nous pensons que nous avons un tout
petit manque et que, si nous pouvons le compenser, nous serons
parfaits. Certains ont dit qu'il leur manquait cinq choses et pen­
sent que dès qu'ils auront ces cinq choses, ils seront satisfaits.
Certains ont dit qu'il leur manquait dix choses et pensent que dès
qu'ils auront ces dix choses, ils seront satisfaits. Certains diront
peut-être qu'ils ont de l'amour et qu'il leur manque j uste un petit
peu plus d'humilité, de patience et quelques autres choses. Dès
qu'ils auront tout cela, disent-ils, tout ira bien. L'homme pense
uniquement en termes de manque et de besoin. Que fait-il ? Il
prie Dieu de lui donner ce qui lui manque.
C HRIST SEUL - N O N LES RÉALITÉS OU LES CHOSES 63

Mais le problème est que beaucoup d'entre nous ont pris cons­
cience que ce dont nous pensons manquer et que nous demandons
au Seigneur ne sont que des choses. Notre besoin et nos prières
tournent tous autour des réalités et des choses. Ce sont des obj ets
individuels, dénombrables. Nous disons que nous manquons de
ceci ou de cela , et que si Dieu comble cette lacune, tout ira bien.
Nous manquons de patience. Mais quel genre de patience
recherchons-nous ? La plupart du temps, nos yeux ne regardent
pas vers le ciel. Si c'était le cas, nous regarderions vers le haut.
Mais la plupart du temps, nous sommes incapables de regarder
en haut, nous ne voyons que ce qui est autour de nous. Nous sou­
pirons en disant que certaines personnes sont bonnes, mais que
nous ne sommes pas comme elles. Elles ont de l a patience, alors
que nous avons mauvais caractère. Elles sont douces, alors que nous
sommes orgueilleux. Nous aimerions pouvoir être aussi patients
et doux qu'elles. J'ai demandé un jour au Seigneur - c'était
peut-être ma première prière - qu'il me donne une Bible comme
celle que j'avais vue entre les mains d'un certain frère. Nous pou­
vons prier uniquement pour des choses que nous voyons. Nous
pouvons seulement prier une fois que nous avons vu quelque
chose et nous pouvons seulement prier pour ce que les autres ont
déjà. Nous ne pouvons pas prier pour quelque chose du ciel que
nous n'avons jamais vu. Par conséquent, lorsque nous prions, nous
demandons la même patience que telle personne, ou l a même
humilité que telle autre. Dans notre intelligence, nous avons déj à
une image d e c e que sont l'humilité e t l a patience.
Si, au moment de notre conversion, Dieu nous avait dit qu'Il
allait prendre l a patience chez Untel pour nous la donner,
n'aurions-nous pas été fous de joie ? Si nous avions pu avoir l a
patience e t l'humilité par-dessus tout c e que nous avions déj à ,
nous aurions été satisfaits e t nous aurions pensé que nous étions
parfaits.
La patience est une chose pour nous, c'est une chose que d'au­
tres possèdent. Il existe parmi les frères et les sœurs une chose
appelée l a patience et nous l a voulons. Nous nous détestons sou­
vent nous-mêmes et nous en voulons à nos parents de nous avoir
conçus avec un si mauvais caractère. Nous aimerions ressembler
64 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

à certaines personnes, parce qu'elles ont quelque chose que nous


n'avons pas. Beaucoup d'enfants de Dieu recherchent la patience
comme une chose. Ils veulent quelque chose qui les empêchera de
se mettre en colère. Ils pensent qu'ils ont besoin de quelque chose
qui s'appelle la patience. Pour beaucoup, la patience est une chose.
Dieu a cette chose, et elle se trouve en beaucoup d'endroits sur la
terre, mais ils ne l'ont pas. Ils pensent qu'ils ont besoin de cette
chose appelée patience, pour qu'ils deviennent quelqu'un de patient.
C'est là que réside la différence essentielle entre le chris­
tianisme authentique et le christianisme contrefait. Beaucoup
d'enfants de Dieu recherchent des choses dont ils pensent qu'elles
se trouvent partout sauf en eux. Ils pensent qu'elles se trouvent
en M. Chang, en M. Li ou en M. Hsu, ou encore chez tel ou tel,
mais pas en eux. Ils recherchent quelque chose qui peut se trou­
ver sur la terre. C'est ce qu'est le christianisme dans la pensée de
beaucoup. Ils aspirent à des choses, ils les recherchent maladive­
ment, et ils ont acquis des choses. Beaucoup acquièrent unique­
ment une chose, pourtant leur cœur se réjouit et ils remercient le
Seigneur pour cela.

IL Y A UNIQUEMENT CHRIST DANS LE MONDE SPIRITUEL

Beaucoup de chrétiens n'ont pas vu qu'il n'y a pas beaucoup de


choses dans le monde spirituel. Il y a uniquement Christ. Il n'y a
pas la patience dans le monde spirituel , il y a uniquement Christ.
Il n'y a pas l'humilité, la sanctification ou la lumière dans le
monde spirituel. Il y a uniquement Christ. Il n'y a pas un grand
nombre de choses dans le monde spirituel, seul Christ existe.
Le Seigneur doit accomplir une œuvre fondamentale en nous.
C'est ce dont nous avons besoin devant le Seigneur. Si vous ne me
comprenez pas mal, je dirai que nous avons besoin d'un deuxième
salut. Dans notre premier salut, nous avons vu que notre besoin
était Christ et non les œuvres. Nous avons vu que nous étions
sauvés par Christ et non par nos œuvres. Nous avons besoin à
présent d'une vision plus forte et plus globale : nous n'avons
pas besoin de choses, nous avons besoin de Christ. Nous devons
vivre une expérience aussi complète et aussi profonde que notre
premier salut, et nous avons besoin que Dieu nous enlève autant
C HRIST SEUL - NON LES RÉALITÉS OU LES CHOSES 65

de choses qu'au moment de notre conversion. Au moment de leur


premier salut, beaucoup ont été dépouillés de nombreuses choses
et ont gagné Christ. De la même manière, ils doivent être dépouil­
lés de beaucoup de choses aujourd'hui. La différence est que ce
dont ils ont été dépouillés la première fois étaient des choses liées
au péché, alors que celles qui doivent leur être enlevées mainte­
nant sont des choses spirituelles. La première fois, leur orgueil,
leur j alousie, leur vanité, leur mauvais caractère et d'autres
péchés ont été enlevés. À présent, ce sont leur patience, leur
humilité et leur prétendue sainteté qui doivent être enlevées.
Tout cela doit être enlevé pour qu'ils puissent voir que Christ est
leur vie et qu'Il est Celui qui est. Ce christianisme intérieur est
entièrement différent du christianisme auquel croient la plupart
des gens.
Je ne voudrais pas vous offenser, mais j'aimerais vous parler
franchement. Par le passé, de nombreux frères et sœurs sont
venus me poser beaucoup de questions. Je ne pouvais que leur
dire : « Vous vous trouvez peut-être meilleur que beaucoup, mais
j'ai peur que vous ne demeuriez tel que vous êtes ce soir pour le
restant de votre vie. Vous avez beaucoup de choses. Vous avez
beaucoup de patience et d'humilité. Vous êtes une personne très
compétente et de qualité. Vous êtes aimant, serviable et prompt à
pardonner. Vous êtes prêt à faire ceci et cela . Humainement par­
lant, il est difficile de trouver un chrétien comme vous. Mais je
dois être honnête avec vous : vous avez uniquement des choses.
Vous devez comprendre que ce qui est véritablement spirituel
devant le Seigneur, ce ne sont pas des choses, mais le Seigneur
Jésus-Christ. Ce que vous êtes, ce que vous êtes capable de faire
ou ce que vous avez ne compte pas : seul Christ compte. La seule
chose qui ait une valeur spirituelle est ce que Christ a accompli en
vous. » Dans le monde spirituel, il n'y a pas quantité de choses, il y a
uniquement Christ. Christ est les réalités et les choses de Dieu.

TOUCHER CHRIST, C'EST TOUCHER LA VIE

Peut-être puis-je évoquer quelques expériences pratiques. Veuil­


lez m'excuser de parler de mes propres expériences. Au cours des
jours passés, un frère a été victime d'un accident à l a maison. Du
66 C HRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

fait de ma responsabilité, j 'aurais normalement dû lui rendre


visite. J'aurais pu lui faire part de ma sollicitude à son égard et
aussi m'épargner beaucoup de travail par la suite - nous devrions
soit désirer être un chrétien aimant, soit ne pas être chrétien du
tout. Mais étrangement, lorsque j'ai décidé d'aller rendre visite à
ce frère, j'ai senti que je devenais de plus en plus froid au-dedans
de moi à mesure que je m'approchais de chez lui. Aucun écho ne
semblait résonner en moi. J'ai immédiatement compris que j'es­
sayais par moi-même d'accomplir un acte d'amour. Je cherchais à
accomplir un acte d'amour fraternel, mais ce faisant, je touchais
la mort. J'avais fait ce que je pensais devoir faire. C'était une
bonne chose, mais ce n'était pas Christ. C'était moi-même qui le
faisais. Et l e résultat en a été une mort intérieure. J'ai touché la
mort au-dedans de moi et j e suis devenu froid. J'ai touché un acte,
je n'ai pas touché la vie. C'était un acte d'amour, mais je n'ai pas
trouvé le Seigneur dans cet acte. Je pouvais simplement dire que
c'était moi qui aimais. Chaque fois que nous touchons Christ et
non une œuvre, nous touchons la vie. Mais chaque fois que nous
touchons une œuvre, nous mourrons sûrement. Chaque fois que
nous essayons de faire quelque chose par nous-mêmes, nous mour­
rons sûrement.
Nous devons comprendre que le christianisme est uniquement
Christ. La vie chrétienne est uniquement Christ. Nous ne devons
pas accumuler un millier de bonnes choses que nous appellerions
la vie chrétienne. Même si nous rassemblions toute la patience,
toute l'humilité et les myriades de bonnes choses qui existent sur
terre, cela ne ferait pas de nous un chrétien. Si nous rassemblions
les myriades de choses, nous ne verrions qu'une liste de choses,
nous ne verrions pas Christ.
Il y a quelques années, mes collaborateurs se moquaient tou­
jours de moi parce que j'essayais de « sauver la face ». J'essayais
non seulement de sauver 9 mienne, mais aussi celle des autres.
Je n'aime pas exposer les ·autres et je n'aime pas qu'ils se sentent
mal à l'aise en quittant ma maison. Je n'aime pas les embarrasser
par mes propos. Avant que les autres ne soient embarrassés, je le
suis déj à pour eux. J'aime être quelqu'un de gentil, mais quand
j 'essaie d'être bon et gentil devant mes frères, quelque chose en
C H RIST SEUL - NON LES RÉALITÉS OU LES CHOSES 67

moi me dit souvent que je suis mort. Je suis immédiatement mort


en moi-même. Il n'y a plus de vie en moi et je touche la mort. La
seule raison en est que l a gentillesse est une chose, c'est quelque
chose que j'ai acquis. Ce n'est pas Christ. C'est pour cela que
je tombe immédiatement dans la mort. Je touche un cadavre. Je
deviens faible et impuissant. Quelque chose en moi s'effondre et
me dit que tout est perdu. Le problème est qu'aux yeux de Dieu,
chaque fois que nous sommes impliqués avec une chose, nous tou­
chons aussitôt l a mort parce que nous n'avons pas Christ. Mais si
nous touchons Christ, nous toucherons immédiatement la vie, parce
que Christ est la vie.

SEUL L'ARBRE DE VIE EST VIVANT

Nous sommes souvent accusés dans notre travail. Ceux qui


servent le Seigneur veulent Le servir davantage. C'est une chose
bonne et juste que de servir le Seigneur. Notre service pour le Sei­
gneur exige souvent que nous souffrions, que nous fassions le
sacrifice de nous-mêmes et que nous dépensions notre énergie et
notre argent. Mais l a chose étrange est qu'en faisant ces choses,
souvent nous ne touchons pas la vie. Nous touchons au contraire
la mort, nous nous affaiblissons et nous sentons que quelque chose
ne va pas en nous. Quelque chose en nous nous dit que nous fai­
sons erreur. Pourquoi nous trompons-nous ? Pendant que nous
servons le Seigneur, pendant que nous travaillons et que nous pro­
j etons de faire ceci et cela pour le Seigneur, nous sommes affaiblis
et quelque chose en nous nous reprend fortement. Souvent, nous
sommes moins fortement repris du fait du péché que lorsque nous
accomplissons beaucoup de bonnes choses.
Beaucoup pensent que le Seigneur en eux ne les reprend que
lorsqu'ils pèchent. Mais non ! Le Seigneur nous reprend souvent
pendant que nous faisons le bien. Le bon principe aux yeux de
Dieu n'est pas celui de l'arbre de la connaissance du bien et du
mal, mais celui de l'arbre de vie. Il ne suffit pas de savoir distin­
guer entre le bien et le mal . Tout tourne autour de la vie. Tous
ceux qui mangent du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et
du mal mourront sûrement le jour où ils en mangeront. Seul
l'arbre de vie est vivant.
68 C HRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

DEUX TYPES DE VIE CHRÉTIENNE

Il existe deux types de vie chrétienne parmi les enfants de


Dieu. L'un est rempli de choses et l'autre est uniquement Christ.
Extérieurement, les deux types paraissent également bons. On ne
distingue pas grande différence entre les deux. L'un parle d'humi­
lité, l'autre parle également d'humilité. L'un parle de douceur et
l'autre parle également de douceur. L'un parle d'amour et l'autre
parle également d'amour. L'un parle de pardon et l'autre parle
également de pardon. Extérieurement, ils sont plus ou moins iden­
tiques. Ils se ressemblent. Mais avec l'un, nous avons une liste de
choses alors qu'avec l'autre, nous avons Christ. En réalité, les
deux sont totalement différents.

AVEC CHRIST, IL Y A LE BESOIN DE LA CROIX

J'aimerais souligner que lorsque nous avons des choses, nous


n'avons plus besoin de la croix. Avec Christ, nous avons besoin de
la croix. La croix nous préserve non seulement du péché, mais
aussi de notre propre activité. La croix non seulement nous dit
que nous ne devons pas pécher, mais nous empêche d'accomplir
nos propres activités. Le problème avec les enfants de Dieu est
qu'ils pensent que tout va bien du moment qu'ils font quelque
chose de bien. Ils n'ont pas vu que les bonnes choses ne sont que
des choses. Ce qui importe à Dieu, c'est Christ. Christ est la bonne
chose par excellence. Il est la vie. S'il n'agit pas, nous ne pouvons
pas agir. Il nous est facile de dire un grand nombre de paroles
réconfortantes aux autres. Mais si Christ ne les a pas dites, nous
devrions nous taire, sous peine de toucher la mort, nous serons
affaiblis, dégonflés intérieurement et nous nous effondrerons.
Nous pouvons aider les autres de bien des manières. Nous pou­
vons être très gentils et les autres peuvent considérer que nous
sommes des gens de qualité. Mais lorsque nous agissons ainsi,
quelque chose en nous s'effondre et nous sommes affaiblis. Nous
voyons ici le besoin de la croix. Les nombreuses choses que nous
gagnons par nos œuvres bonnes n'ont pas besoin de la croix.
Lorsque nous laissons le Seigneur vivre en nous et être notre
tout, et qu'il devient nos choses, nous avons besoin de la croix.
C HRIST SEUL - NON LES RÉALITÉS OU LES C HOSES 69

Lorsqu'il n'agit pas, nous ne pouvons pas agir. Nous devons


demander au Seigneur de nous délivrer des actes bons et j ustes,
autant que nous Lui demandons de nous délivrer des péchés. Il
nous est facile de demander à Dieu de nous délivrer des péchés,
parce que nous avons déj à condamné ceux-ci. Mais il n'est pas
facile d'être délivrés de la vie naturelle, parce que beaucoup d'entre
nous n'ont pas condamné la vie naturelle en eux. Nous n'avons
pas vu la vie naturelle, et nous ne l'avons pas rejetée.

CHRIST EST LA GUÉRISON

Que signifie que Christ est nos réalités et nos choses ? Que
signifie avoir Christ comme nos réalités et nos choses ? Je pense
que nous pouvons tirer une bonne analogie de notre corps phy­
sique. Beaucoup sont malades physiquement. Ils demandent à
Dieu de les guérir. Il y a trois types de résultats ou trois types de
foi dans cette demande. Certains croient que Dieu est Celui qui
les guérit. D'autres croient que Dieu leur donnera la santé et les
guérira. Mais d'autres croyants encore pensent que Dieu est leur
guérison.
Comment un homme prie-t-il lorsqu'il est malade ? Que
recherche-t-il ? Il attend de Dieu qu'il soit Celui qui le guérit. Dieu
est vivant et un malade veut qu'il soit Celui qui le guérit, qu'il le
touche de Sa puissance, qu'il soit son médecin et qu'il manifeste
Sa puissance de guérison. Si tel est le cas, le Dieu de cet homme
est aussi loin de lui que l'est le médecin. Je me demande si vous
avez compris ce que je viens de dire. C'est une parole extrême­
ment importante. Beaucoup veulent que Dieu soit Celui qui les
guérit, mais la distance entre Dieu et de telles personnes est
aussi grande que la distance entre elles et leur médecin terrestre.
D'autres sont un peu meilleurs. Ils veulent que Dieu les gué­
risse et leur donne la santé. Et un j our Dieu les guérit et ils vont
mieux. Beaucoup prient, font des supplications et attendent des
guérisons. Mais pourquoi sont-ils continuellement malades ? Il y
a beaucoup de malades parmi nous aujourd'hui. Beaucoup atten­
dent de Dieu qu'il soit Celui qui les guérit ou qu'il les guérisse.
Mais ce sont là des expériences extérieures, ce sont uniquement
des choses.
70 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

Quelle est l a conséquence de ces expériences ? Dieu est sou­


vent prêt à nous guérir. Je ne dis pas que Dieu ne nous guérira
pas. Dieu peut agir ainsi pour de petits enfants. Mais souvent, ce
n'est pas ainsi qu'Il agit avec nous. Quand nous sommes venus au
Seigneur, Dieu était peut-être prêt à être Celui qui nous guérit, et
Il était peut-être prêt à nous guérir. Mais quand nous aurons
marché avec Lui pendant un certain temps, Il nous placera dans
Ses mains et Il nous éduquera et nous enseignera. Alors Dieu ne
sera plus Celui qui nous guérit et Il ne nous guérira plus. Dieu
réserve le meilleur à ceux qu'Il considère comme les meilleurs, Il
devient la guérison pour eux. Il ne leur donne pas la guérison,
mais devient guérison pour eux. Il ne devient pas pour eux le Dieu
qui guérit, Il devient le Dieu vivant qui est la guérison pour eux.
Dieu est notre guérison. Je ne sais pas comment mieux le dire. Je
peux seulement dire avec infiniment de respect devant le Sei­
gneur que Christ est notre guérison.
Le problème est que beaucoup considèrent uniquement la gué­
rison comme une chose. Ils pensent qu'elle est quelque chose
en-dehors de Christ et que tout est terminé une fois qu'Il a opéré
la guérison. Vous vous souvenez peut-être de l'histoire de l a
femme qui a touché Jésus et comment Jésus a senti qu'une puis­
sance était sortie de Lui. La Bible dit qu'Il a perçu que de l a
puissance était sortie d e Lui (Luc 8.46). J e prends la liberté d'in­
sister sur cette parole en disant que Christ Lui-même est sorti.
Il n'a pas opéré une guérison. Il a plutôt été la guérison. Lorsqu'Il
devenait la guérison, les hommes étaient guéris .
Nous sommes souvent faibles e t beaucoup souffrent toujours
d'affections physiques. Mais nous pouvons lever la tête et dire au
Seigneur : « Seigneur, je n'attends pas que Tu sois Celui qui me
guérit, uniquement pour m'éloigner de Toi une fois que ma maladie
a disparu. Je n'attends pas que Tu me guérisses, pour constater
que Tu es parti mais que la maladie est toujours là. Seigneur, j'at­
tends que Tu sois ma guérison. Il est vrai que Tu es Celui qui
me guérit, mais je veux que Tu sois Celui qui guérit en moi. Il
est vrai que Tu es ma guérison, mais je veux que ma guérison
soit personnifiée. Ma guérison doit être une personne. C'est une
personne qui devient ma santé. » Dieu devient ma santé. Christ
C HRIST SEUL - NON LES RÉALITÉS OU LES CHOSES 71

devient m a santé. Y a-t-il une différence entre être guéri et


connaître Christ comme ma guérison ? Elle est énorme ! Quand
j'ai appris cette leçon, j'ai découvert que j e possédais non seule­
ment quelque chose appelé la guérison, mais que j e possédais une
personne qui est devenue vie pour mon corps. Une fois que j'ai vu
cela, tous les problèmes ont été résolus, et j'ai vu que mon corps
était très lié au Seigneur. Quand j'ai un problème avec le Sei­
gneur, mon corps a aussitôt un problème avec Lui. S'il veut nous
mettre à l'épreuve ou faire quelque autre chose avec nous, il n'est
rien que nous pouvons faire pour Lui résister. Tout ce que nous
avons dépend du Seigneur. Nous ne pouvons rien faire d'autre
que regarder à Lui. Tout cela est très différent de la guérison
considérée comme une chose.
Je remercie le Seigneur de m'avoir guéri bien des fois. Je peux
témoigner que j'étais malade un certain jour d'une certaine
semaine d'un certain mois, et que Dieu m'a guéri un certain jour
d'une certaine semaine d'un certain mois. Je peux donner beau­
coup d'exemples attestant que Dieu m'a guéri à une certaine
heure d'un certain jour d'un certain mois d'une certaine année. Je
peux dénombrer beaucoup de cas de guérison. Mais ces guérisons
étaient de petites guérisons. C'étaient des actes isolés qui peu­
vent être dénombrés. Qu'il y ait un, deux, dix ou vingt cas, il est
possible de les compter. Mais je peux aussi vous raconter une
autre histoire selon laquelle à une certaine heure d'un certain
jour d'un certain mois d'une certaine année, Dieu m'a ouvert les
yeux pour me permettre de voir que Christ est ma guérison. C'est
là quelque chose qui ne peut se répéter, qui ne peut être quantifié.
Une fois s uffit. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut compter.
C'est une personne, une guérison personnifiée. Ma guérison est
une personne qui est continuellement en moi comme la guérison.
Je loue le Seigneur de ce que ce soit un fait. Que Dieu me guérisse
et qu'il soit ma guérison sont deux réalités totalement différen­
tes. L'une est une chose, tandis que l'autre est une personne.
Paul n'a pas été guéri, mais il a reçu la guérison. Voyons-nous
la différence entre les deux ? Paul a montré dans 2 Corinthiens
12.9 qu'il n'a pas été guéri. Il n'a pas reçu la chose que nous appe­
lons la guérison. Mais avec Paul, nous voyons Celui qui était
72 C HRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

continuellement sa guérison. Il a conservé ses infirmités, mais


aussi sa guérison. Sa maladie était chronique, mais sa guérison
était permanente. Qu'est-ce qu'une guérison ? Po ur nous, une
guérison est la suppression de quelque chose. C'est faux. Une gué­
rison n'est pas une suppression, mais une acquisition. La
guérison n'est pas la suppression de la maladie, mais l a présence
de la force.
Au début que j'étudiais cette question, la lumière m'est venue
très lentement, parce que mon esprit était rempli de choses. Tout
autour de moi était une chose. Je ne comprenais pas que le Sei­
gneur voulait être ma chose, et j'ignorais que la guérison n'était
pas une chose. Je savais seulement que le Seigneur m'avait promis
quelque chose, je ne savais pas que le Seigneur voulait être ma
guérison. Je connaissais uniquement la promesse du Seigneur, je
ne connaissais pas le Seigneur comme ma guérison. Un jour, j'ai
lu l'histoire de Paul dans 2 Corinthiens. J'ai trouvé cela très
étrange. Il aurait été facile au Seigneur de lui accorder cette gué­
rison. Il était aussi facile au Seigneur d'enlever une épine qu'à un
médecin de neutraliser des microbes. Mais pourquoi le Seigneur
n'a-t-il pas guéri Paul ? J'ai prié à ce sujet et pendant que je
priais, le Seigneur m'a montré quelque chose. En 1923, le frère
Weigh m'avait invité à prêcher dans un certain lieu. Pour m'y
rendre, j'ai dû emprunter un petit bateau sur le fleuve Min. Il
arrivait souvent que les bateaux s'enlisent dans le lit de la rivière
parce que l'eau n'était pas assez profonde et qu'il y avait de gros
rochers. Le propriétaire du bateau devait souvent descendre sur
la berge pour le tirer. Pendant que je priais, cette scène m'est sou­
dain venue à l'esprit. J'ai dit : « Seigneur, il Te serait facile d'ôter
les rochers. Ne serait-ce pas merveilleux si Tu les enlevais et que
le bateau puisse flotter librement ? » J'ai lu 2 Corinthiens 12 et
j'ai compris que c'était exactement ainsi que Paul avait prié.
L'eau n'était pas assez profonde et les rochers étaient bien visi­
bles. Paul avait prié que Dieu enlève les rochers pour qu'il puisse
à nouveau voguer. Mais Dieu lui avait répondu qu'il n'ôterait
pas les rochers. Il a plutôt fait monter le niveau de l'eau. Quand
l'eau monte, le bateau peut passer sur les rochers. C'est ce que
Dieu fait. Notre problème et notre prière sont que nous désirons
CHRIST SEUL - NON LES RÉALITÉS OU LES CHOSES 73

seulement une chose : la guérison. Mais Sa réponse consiste à


être notre guérison. Quand Il est présent, nous pouvons glisser
sur nos problèmes. La maladie de Paul était toujours là, il n'a pas
fait appel à sa propre force pour la combattre. S'il avait lutté par
ses propres forces, il aurait seulement pu dire que sa force s'était
dressée comme un tabernacle sur lui. Mais c'était la puissance
de Christ qui s'était dressée comme un tabernacle sur lui (v. 9).
C'était Dieu qui était à l'œuvre. Il y a une différence fondamentale
ici. D'un côté Dieu me donne une chose, de l'autre Dieu Lui-même
devient ma chose. Dieu en moi devient la chose dont j'ai besoin.
Dieu Lui-même est cette chose.

LES « CHOSES ,, NE PEUVENT PAS


DURER ÉTERNELLEMENT

Cette vérité s'applique aussi aux choses spirituelles. Que dési­


rent et recherchent beaucoup de gens ? Ils veulent une « chose » .
Beaucoup d e sœurs sont venues m e trouver pour me dire qu'elles
désiraient la patience. J'ai souvent pensé que le terme de
« patience ,, était trop petit pour elles. Elles souhaitent pouvoir
être patientes. Elles pensent que ce serait merveilleux si Dieu
leur donnait une dose de patience, il leur suffirait de la prendre
pour devenir patientes. Elles recherchent la patience. C'est une
dose pour elles, et elle leur tiendra entre trois et cinq jours. Mais
il y a une date d'expiration inscrite sur l'emballage. Au bout d'un
moment, le mot « patience » devient de plus en plus petit, et un
beau jour, il est épuisé. S'il s'agit d'une chose, elle finira touj ours
par s'épuiser. Même si c'est quelque chose que l'on reçoit par la
prière, il finira toujours par s'épuiser. Parfois, pour répondre au
besoin immédiat de Ses enfants et pour satisfaire leur sottise,
Dieu exauce leurs prières. Mais Dieu n'exauce pas toujours de
telles prières. Il n'agit pas continuellement ainsi.
Dans le monde de Dieu, il n'y a pas beaucoup de « choses ».

Christ est tout e t e n tous. Dieu a uniquement Christ. Il n e peut


pas permettre que la patience, l'humilité ou l'amour continuent
éternellement à exister par elles-mêmes sur cette terre comme
des choses. Que veut-Il ultimement ? Il veut nous montrer que
Christ est patience, que Christ est humilité et que Christ est amour.
74 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

Il donne Christ, et non des « choses ». Le jour où notre relation


avec le Seigneur sera adéquate, la question de la patience sera
réglée. C'est une question de Chris t, non de patience. Une fois que
notre relation avec Christ sera telle que Dieu veut qu'elle soit, l a
question d e la patience sera réglée, l a question de l'orgueil, ainsi
que dix mille autres seront réglées. Le résultat est Christ, ce ne
sont pas des « choses » .

CONNAÎTRE CHRIST

C'est pourquoi, aux yeux de Dieu, tout dépend de la connais­


sance que nous avons de Christ. Que signifie connaître Christ ?
Certains connaissent Christ comme leur amour. D'autres comme
leur humilité. Les uns Le connaissent plus et les autres moins.
Quelque « chose » que soit Christ pour vous, cette « chose » devient
votre connaissance de Christ. C'est ce que signifie connaître
Christ. La « connaissance de Christ » n'est pas un terme abstrait,
ce n'est pas quelque chose d'objectif. Notre connaissance de Christ
est positive et substantielle. Nous accédons à cette connaissance
en Le connaissant comme les diverses « choses >> , nous savons
qu'Il est ceci et cela pour nous.
Certains d'entre vous peuvent se lever pour témoigner : « J'igno­
rais ce que signifiait être pur, parce que tout en moi, de mon cœur
jusqu'à ma tête et mes pensées, était impur. Mais Dieu soit
remercié parce que Christ est devenu ma pureté ! Dieu L'a fait
pureté pour moi. » Vous pouvez voir immédiatement que cette
« chose » n'est pas quelque chose que vous avez. Cette « chose » est
Christ. Quand Christ vit en vous, Il apporte avec Lui cette
« chose ». Ce n'est pas quelque chose que vous avez en vous-même.
C'est l à le christianisme authentique.
Je dois dire franchement que si un enfant de Dieu n'a pas les
yeux ouverts pour voir que Christ est ses choses, il n'est pas d'une
grande utilité, parce que tout ce qu'il a, c'est un comportement.
C'est toujours lui qui agit. Même s'il prie et que Dieu lui donne
quelque chose, il n'a que des choses temporaires qui n'ont aucune
valeur spirituelle pour Dieu.
Pour certains, la grâce de Dieu se présente sous la forme de
choses individuelles et séparées. Pour d'autres, qui ont aussi fait
C HRIST SEUL - NON LES RÉALITÉS OU LES CHOSES 75

l'expérience d e la grâce, leur grâce s e présente sous l a forme


d'une personne, qui est le Fils de Dieu. Un jour vous direz à Dieu :

« Je Te remercie et Te loue parce que la grâce que j'ai reçue est


Christ. Ma grâce est une personne, elle est personnifiée. »

Lorsque vous discernez cette différence, vous connaissez la


différence entre l a vie et l a mort. Beaucoup de frères sont unique­
ment capables de discerner entre ce qui est bien et ce qui est mal,
ils ne discernent pas l a différence entre l a vie et l a mort. Ils dis­
tinguent uniquement entre le bien et le mal. I l n'y a qu'une
explication à cela, et elle est simple : ils ne voient pas que tout est
en Christ. Lui, la personne, est la réalités essentielle. Lui, la per­
sonne, est la chose. Dans la sphère spirituelle, il y a uniquement
Christ, il n'y a pas beaucoup de réalités ou de choses.
Si Dieu vous ouvre un jour les yeux, vous verrez dès que vous
les toucherez que ceci et cela sont des choses. C'est très étrange et
pourtant très réel. Un homme peut être rempli de beaucoup de
choses. Il peut être patient, doux, humble, fidèle, aimant, chaleu­
reux, prompt à pardonner et miséricordieux, il peut être rempli
de beaucoup de choses. Mais ce que vous voyez n'est qu'un amas
de choses. Vous voyez au moins la différence entre la bague d'un
homme et son doigt. Vous voyez au moins la différence entre le
chapeau d'un homme et sa tête, ses lunettes et ses yeux, ou ses
habits et son corps. Si vous voyez l a différence entre ces choses,
vous devriez être capable de discerner celle qui existe entre une
chose et Christ. Si vous n'avez jamais vu cela, mes paroles vous
surprendront. Mais si vous l'avez déj à vu, vous constaterez que
c'est très simple. Tout ce qui est une chose est mort en soi-même
et extérieurement ne produit que la mort. Cette chose est morte
en elle-même et lorsque vous accomplissez cette chose, si vous
avez quelque sens spirituel, vous ressentirez aussi la mort. Pen­
dant que vous agirez extérieurement, vous sentirez que le résultat
est la mort et non la vie.
La seule chose que vous pouvez dire concernant certaines per­
sonnes est qu'elles sont très bonnes. Vous discernez uniquement
le bien et le mal en elles, vous ne voyez rien de spirituel. Vous
pouvez seulement dire que certains frères sont bons, que ce sont
des gens de qualité, qu'ils ont bon caractère, qu'ils sont patients
76 CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS

et capables de souffrir et de renoncer à eux-mêmes. C'est tout ce


que vous pouvez dire. Si la patience, l'endurance, le déni de soi,
l'humilité et l'amour ne sont que des choses, vous pouvez les
aimer, mais à l'instant où vous les touchez, vous mourez intérieu­
rement et quelque chose s'effondre en vous. C'est là une réaction
contre ces choses. La vie a un fort pouvoir réactif. Il arrive qu'une
personne dise quelque chose de très gentil et pourtant, c'est une
parole qui n'aurait pas dû être prononcée et qui suscite immédia­
tement une opposition très vive en vous. Prenez la réunion de
prière comme exemple. Quelle est l a signification de votre
« amen » ? Il veut dire que vous êtes touché par la vie. Quand un
frère prie et que sa prière touche votre vie, vous réagissez sponta­
nément en disant « amen '" D'autres prières peuvent être très
sincères, leurs mots bien choisis et le ton très élevé, et pourtant,
plus le frère prie, plus vous vous sentez froid au-dedans de vous.
Vous aimeriez que la prière s'arrête parce qu'elle est exactement
comme la personne qui prie. Il y a peut-être une chose, mais elle
n'apporte rien d'autre que l a mort. De l a même manière qu'une
chose est morte en vous, elle l'est également chez les autres. Les
choses n'ont absolument aucune valeur spirituelle, parce que c'est
l'homme qui fait tout le travail.
Si ce que j'ai dit est vrai, il n'est rien d'autre que nous puis­
sions faire devant le Seigneur. Nous ne pouvons que fixer notre
regard sur Lui, nous ne pouvons rien faire ni accomplir aucune
œuvre. Frères et sœurs, nous devrions comprendre de plus en
plus que les œuvres sont une abomination aux yeux de Dieu. Si
c'est vraiment le Seigneur qui nous conduit dans ce chemin, nous
découvrirons assurément une chose : Dieu hait le péché, tout
comme Il hait les œuvres. Quand l'homme pèche, Dieu dit qu'il
périra. Quand l'homme accomplit des œuvres, Dieu dit qu'il ne
peut pas être sauvé. Dieu rejette les œuvres autant qu'Il rejette le
péché. Dieu n'accepte qu'une chose : Son Fils Jésus-Christ. Seul
ce que Christ a fait en nous compte. Remercions Dieu de ce que ce
soit Lui et non pas nous. Ce n'est pas nous qui sommes humbles,
mais Lui. Il ne nous donne pas la puissance : Il est notre puis­
sance.
Frères et sœurs , j e ne sais que dire. J'espère que ceux qui vien-
C HRIST SEUL - NON LES RÉALITÉS OU LES CHOSES 77

nent d'être sauvés considéreront attentivement cette question.


Dès que vous serez délivré des choses spirituelles, vous toucherez
le Seigneur. Plus tôt vous serez délivré, mieux ce sera. Plus vous
attendrez, moins vous verrez . Ceux qui ont beaucoup de choses
empilées sur eux ont des difficultés pour voir. Dieu aura beau­
coup de travail pour vous châtier et pour vous abaisser. Il peut
vous enlever beaucoup de choses avant que vous ne revêtiez
Christ. Néanmoins, alors que vous avancerez dans votre vie chré­
tienne, Dieu vous enlèvera des choses j our après jour pour qu'il
puisse vous donner Christ.
J'espère que ce jour viendra. Un jour toutes les choses qui sont
au ciel et sur la terre seront réunies sous la Tête de Christ. Un
j our, la Parole de Dieu s'accomplira et Christ sera tout. Ceux qui
ignorent aujourd'hui que Christ est tout ne pourront j amais s'at­
tendre à ce que Christ soit tout. Auj ourd'hui, Christ est déj à
toutes mes choses. Il e s t déj à toutes choses pour moi . Dieu nous a
déjà donné Son Fils. Il s'est donné Lui-même à nous. Voilà ce qu'il
nous a donné. Auj ourd'hui Christ doit être tout en nous. Il ne doit
y avoir aucune différence entre Christ et les choses. Rien ne peut
être considéré comme une chose spirituelle en soi. Seul Christ est
tout. Toutes choses sont Christ. Christ est tout et en tous. Cela
doit commencer dans l'église, cela doit commencer par nous
aujourd'hui. Nous pouvons déclarer qu'Il est tout parce que nous
savons et reconnaissons qu'Il est tout. Nous pouvons aussi décla­
rer qu'il est en tout. Il est dans notre patience, I l est dans notre
douceur et Il est dans notre amour parce qu'il est en tout. Un jour
(et nous espérons que ce sera bientôt) le Fils de Dieu sera tout et
réunira toutes choses sous Sa Tête parce qu'Il est tout et en
tous ! Ce jour-là, nous saurons que ce que nous avons appris
aujourd'hui est pour ce j our. Que le Seigneur bénisse chacun de
nous !

PRIÈRE

Seigneur, nous prions pour la grâce devant Toi . Seigneur,


nous confessons que nos yeux sont aveugles, nous ne voyons pas
assez clairement. Nous connaissons des choses, mais nous ne
connaissons pas Christ. Notre Seigneur semble si loin de nous.
78 C HRIST E S T TOUTES LES RÉALITÉS

Les choses nous paraissent si réelles, alors que Christ ne nous


paraît pas réel. Seigneur, nous prions que Tu ouvres nos yeux afin
que Christ devienne réel pour nous, pour que les choses dispa­
raissent et que la vie nous remplisse. Seigneur, nous prions que
Tu nous délivres des nombreuses choses, afin que nous puissions
connaître le Seigneur comme une personne. Que le Seigneur qui
est notre personne devienne nos choses, pour que tout en nous
soit vivant et plein de vie, et que les autres voient Christ en
voyant les choses. Seigneur, nous savons que ces deux chemins
sont entièrement différents. Combien est différent le chemin du
pécheur de celui du juste ! De la même manière, combien est dif­
férent le chemin de l'authentique chrétien de celui du faux
chrétien ! Beaucoup de choses doivent être brisées. Tu dois nous
briser. Ne permets pas que nous nous séduisions nous-mêmes en
pensant que nous l'avons vu quand nous ne l'avons pas vu, que
nous avons touché la bonne voie quand nous ne l'avons pas
touchée, que nous sommes remplis de vie alors que nous sommes
remplis d'œuvres, et que nous sommes pleins de Christ alors que
nous sommes pleins de choses. Touche-nous, Seigneur. É difie-Toi
en nous avec puissance, pour que tout en nous et hors de nous soit
uniquement Christ, uniquement Toi.
Seigneur, bénis ces paroles afin qu'elles portent du fruit et
ramènent les hommes à Toi d'une manière riche. Exprime ce que
nous ne pouvons pas exprimer. Couvre les faiblesses de l'homme
et pardonne ses folies. Que Tu grandisses parmi nous. Nous avons
besoin d'être dépouillés. Que ce soir beaucoup soient dépouillés,
qu'ils se voient comme Tu les voies. Qu'un peu de lumière entre
en nous et qu'elle éclaire toute erreur et tout accomplissement
humain afin que nous voyions les contrefaçons et tout ce qui n'est
pas Toi. Bénis Ta propre parole et glorifie Ton nom. Dans le nom
du Seigneur Jésus. Amen.
LA V I E C H RÉTI E N N E EST C E NT R É E S U R OBTE N I R

C H RJ ST, ET N O N S U R L E GA I N D E C H OS ES , M Ê M E

DE CHOSES S P I RITU E L L E S. CON FORM ÉM E NT AU

D É S I R ET AU P LAN DE D I EU, I L A P RESC RIT QV E

SON F I LS , NOTRE S E I G N E U R J ÉSU S-C H RI ST, SOIT


TOUTES LES RÉALITÉS ET L E S C H O S E SPI RJTU E LL E S .

LORSQVE L E S C ROYANTS CONTACT E N T C H RI ST, I LS

CONTACT E N T E N V É RJTÉ TOUTES L E S RÉALITÉS ET

LES C HOSES S P I R I TU E L L E S , ET LORSQV E LES

C ROYANTS L'OBTI E N N E N T, I LS REÇOIVENT TOUT C E

QV E D I EU A P R É PARÉ P O U R C E UX QV I L'A I M E NT.

SAN S U N E VISION DU C H RIST TOUT- I N C LUS I F,

M Ê M E NOTRE R EC H E RC H E LA P LUS S I N C È RE D E

D I E U PEUT S E L I M I T E R A U D ÉS I R D E RECEVO I R D E

BONS E N S E I G N E M E NTS, D E S V E RTUS E XC E L L E NT E S

E T LA C ROI SSANCE S P I RITU E L L E . TANT D E C H OS E S

QV I PEUVENT ÊTRE D I STI NCTES DE C H RI ST QV I EST

L E C H E M I N , LA V É R J T É ET LA RÉALITÉ. L E L I V R E

CHRIST EST TOUTES LES RÉALITÉS ET CHOSES SP/RJ­


TUELLES S E COMPOSE DE C I N Q M E SSAG E S R E P RÉ­
S E NTATI FS DU C E NTRE M Ê M E DU M I N I ST È R E DE

WATC H MAN N E E . C E S M E SSAG E S D É F E N D E NT ET

EXALTENT LA P R É É M I N E N C E D E C H RI ST DAN S LA

B I B L E ET DANS Ù X P É RI E N C E D E S C ROYANTS.

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